Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
jeudi 29 janvier 2026
jacques halbronn Astrologie et politique. La recherche périodique de solutions aux crises
jacques halbronn Astrologie et politique. La recherche périodique de solutions aux crises
solve et coagula alchimie
Solve et coagula en alchimie
Selon nous, la meilleure définition de l'Astrologie est liée à la recherche de solutions, plus ou moins bonnes, à des moments précis cycliquement, à savoir l'entrée de Saturne en signe cardinal ou le passage de Saturne à 15° d'un signe fixe, soit 8 fois en 28 ans, donc tous les 3 ans et demi. Dans le premier cas, la solution sera plutôt heureuse, dans la seconde, plutôt douteuse, aventureuse, hasardeuse. Le leader providentiel est celui qui proposera une solution à une crise, permettant, en principe, de la résoudre. Il y a de vraies et de fausses solutions qui alternent à un rythme rapide d'où l'importance d'en connaitre par avance le calendrier et le timing. Rappelons que la solution peut vite devenir le probléme.
“Le problème, c'est la solution” est une phrase de Paul Watzlawick qui résume magistralement l'approche interactionnelle. D'après Paul Watzlawick et l'équipe de chercheurs avec qui il a travaillé à Palo Alto, les problèmes humains, lorsqu'ils perdurent, sont le résultat de tentatives de solution qui ont échoué.
sur le web SOLUTION
"Nom commun formé ;par adjonction d'un suffixe "-tion"à partir du verbe latin "solvo" dont le participe passé est "solutus" et qui signifie " je délie" puis je désagrège, dissous"Ce verbe latin se décompose lui-même en deux éléments :
" luo" qui signifie " délier,désagréger, laver, effacer", racine issue du grec (ce qui explique qu'on la retrouve en français sous la forme "ly-", le u grec ayant été transcrit en français par y ;
"se" préfixe indiquant la séparation ."
Ce mot est apparu en Français au XIVème siècle. D’après son étymologie solution signifie donc « action d’effacer en séparant ».
Le terme "Solution" - en allemand Lösung est lié à la Question Juive.
Titel von "Der Judenstaat" (die Juden'); ein Pamphlet geschrieben von Theodor Herzl und im Februar 1896 in Leipzig und Wien veröffentlicht. Er gilt als einer der wichtigsten Texte des frühen Zionismus. Wie
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Titel von "Der Judensta
On le retrouve en 1896 et en 1941 lors du passage de Saturne à la moitié du Scorpion en 1896-97 et à la moitié du Taureau en 1941-42, doit deux débuts de périodes HESSED. Nous avons publié un ouvrage concernant l'Etat Juif de Théodor Herzl et le Congrès de Bâle (Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Ed Ramkat 2002) Herzl proposait l'Essai d'un solution moderne de la Question Juive, ce qui conduira à la création de l'Etat d'Israel (1947-4, dans la cadre de l'ONU) avec Saturne à la mi-Lion, donc en phase Hessed.En 1941, en phase Hessed, les nazis proposeront une "Solution finale de la Question Juive", ce qui conduira à la Shoah et à l'extermination de milions de Juifs.
Il importe toutefois de savoir qu'il y a eu des étapes et que l'extermination en fut la dernière (cf "Le procès Eichmann et les étapes de la solution de la question juive"Par Joseph Billig, cf aussi un docxument commenté par Goring, au tribunal, repris dans le film "Nurenberg" 2025
En 1944, le Débarquement "allié" aura lieu lors . de l'entrée de Saturne en Cancer, donc en début de phase Din et cette "solution" aura eu des effets positifs, conduisant à la capitulation allemande et au démantélement (bien tardif) des camps de concentration (Auschwitz etc)
Der Judenstaat: Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage : Herzl, Theodor: 1896 En 1958, la bonne/vraie solution pour la France, était bien De Gaulle et le projet de nouvelle constitution mais en 1962 avec Saturne passant de Din à Hessed, la mauvaise solution pour la France fut choisie pour le conflit algérien avec les Accords d'Evian, Saturne étant passé dans la seconde partie du signe fixe du Verseau. 7 ans plus tôt, en 1955, avec Saturne à la mi-Scorpion est renversé et il n'est pas rappelé à la tête du gouvernement par le Président Coty lequel en revanche, en 1958, accueillera De Gaulle en tant que président du Consei, en phase Din.
1981 était la bonne solution pour la France, 1983 et le tournant de la rigueur était la mauvaise solution. En 1989, Gorbatchev, sous Saturne en Capricorne (Din) décidera de ne pas intervenir mais en 1992, quand Saturne passe à 15°du Verseau, il démissionne
Il ressort que la recherche de solutions, à toutes les époques, aura été probablement liée au passage périodique de Saturne sur les 8 points signalés plus haut. On retrouve la question du traitement des crises dans le document suivant avec l'usage du mot SOLUTION,
Sur le web
"Face à l’accélération des crises climatiques, agricoles, sanitaires et environnementales, et à l’urgence de transformations profondes des systèmes agricoles, alimentaires et forestiers, INRAE présente sa stratégie scientifique à l’horizon 2030. Philippe Mauguin, PDG d’INRAE, et Carole Caranta, DG déléguée Science et Innovation, lancent les 15 défis “Recherche et Innovation” de la stratégie scientifique de l’institut. Objectif : produire pour les 5 enjeux prioritaires, d’ici 3 à 5 ans, des solutions concrètes et mobilisables par les acteurs socio-économiques, les filières et les pouvoirs publics. "
Nous proposerons donc, désormais que l'astrologie mondiale se focalise sur l'émergence de solutions comme enjeu politique majeur de nos sociétés, tout en ayant conscience de la diversité de celles-ci, la phase Din étant vouée à corriger le solutions adoptées en phase Hessed, 3 ans et demi plus tôt, ce qui vaut pour la période actuelle où la phase Din qui se profile avec Saturne en bélier vient amender les effets de la phase Hessed de 2022 où émergea la NUPES. On peut penser qu'en son temps, Jésus a pu penser apporter une "solution" à la conflictualité affectant les relations entre le monde judéen et le monde de la Maison d'Israel. On comprend mieux la formule de la Genése:, chapitre III Le serpent a raison: la connaisance liée à cet arbre confère à l'homme un pouvoir considérable qui lui évite de commettre des fautes.
ד וַיֹּאמֶר הַנָּחָשׁ, אֶל-הָאִשָּׁה: לֹא-מוֹת, תְּמֻתוּן. 4 Le serpent dit à la femme: "Non, vous ne mourrez point;
ה כִּי, יֹדֵעַ אֱלֹהִים, כִּי בְּיוֹם אֲכָלְכֶם מִמֶּנּוּ, וְנִפְקְחוּ עֵינֵיכֶם; וִהְיִיתֶם, כֵּאלֹהִים, יֹדְעֵי, טוֹב וָרָע. 5 mais Dieu (Elohim) sait que, du jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés (lire décillés, de cil), et vous serez comme Dieu (Elohim), connaissant le bien et le mal."
Or, paradoxalement, on nous présente ce passage comme celui de la faute d'Adam alors que c'est l'antidote à la faute qui lui est offert par le serpent, lequel trahit d'une certaine façon Elohim, à l'instar de Lucifer. En ce sens, l'astrologie est perçue comme la libération d'Adam si ce n'est que cet arbre de la connaissance du bien et du mal ne sera offert à l'Humanité qu'à l'Ere du Verseau, c'est à dire à présent seulement.
JHB 29 01 26
Joseph Billig Le procès Eichmann et les étapes de la solution de la question juive
Le procès Eichmann et les étapes de la solution de la question juive
Par Joseph Billig
Plan
L’antc-judaisme nazi
Premiere partie : emigration juive
Deuxieme etape : sous le signe de la reserve juive dans le gouvernement general
Troisieme etape : sous le signe de la reserve juive a madagascar
Quatrieme etape : deportation pour l’extermination dans les regions sovietiques occupees
Cinquieme etape :
LE procès d’Eichmann a commencé à s’engager à fond. On aperçoit déjà la ligne de défense d’Eichmann : obéissance aux ordres d’Hitler arrivant jusqu’à lui, Eichmann, par la stricte voie hiérarchique et l’obligeant à exécuter une action qui lui faisait horreur. L’opinion publique attend cependant que, dans le feu des débats, se dessine peu à peu la vraie personnalité de ce lieutenant-colonel S.S., de ses supérieurs et de ses collaborateurs. Cette attente est animée par la conviction qu’ainsi se prépare un acte de justice qui aura à statuer sur le sort d’un homme qui, d’après le témoignage d’un de ses proches collaborateurs, lui aurait déclaré qu’il « sauterait joyeusement dans sa tombe à la pensée d’avoir été l’exécuteur de cinq millions de Juifs » (Le reste est à porter au compte des formations spéciales S.S. en U.R.S.S. et des exécutions sporadiques en Pologne).
Mais le procès d’Eichmann promet encore tout autre chose. L’historien est aux aguets dans l’espoir que les interrogatoires et les débats apporteront une contribution essentielle à la connaissance de ce qu’a été réellement le pouvoir dictatorial nazi. Ds l’apporteront en mettant à nu son facteur le plus caractéristique et le plus démentiel : le culte de l’anti-judaïsme.
Ce n’est pas que le sens de l’histoire de l’Allemagne, de janvier 1933 à avril 1945, ait été simplement la persécution mortelle des Juifs, dont pourtant l’ampleur est sans précédent. Le régime national-socialiste est un phénomène historique beaucoup plus vaste. Il donna satisfaction à la volonté effrénée d’expansion dominatrice de l’Allemagne, en même temps qu’il camoufla et étouffa la crise sociale, en attirant les masses allemandes dans l’aventure guerrière par l’exaltation du mythe de leur supériorité prédestinée dans le monde. Tout cela ne se réduit pas à l’extermination des Juifs.
Il n’en reste pas moins que l’action anti-juive a été un des principaux leviers psychologiques, sinon le principal, utilisé pour canaliser les masses allemandes dans le sens de la politique nazie. Par ce facteur caractéristique du nazisme peuvent être révélées la nature et la structure de la dictature hitlérienne qu’on est trop souvent tenté de simplifier en mettant tout ce qui se faisait d’important dans le Reich sur le compte des initiatives du Führer.
On arrivera peut-être à démystifier Hitler. Evidemment, démystifier ne veut pas dire embellir ou blanchir le personnage.
Les documents que nous connaissons permettent d’anticiper dans une certaine mesure sur ce que nous attendons du procès dans son ensemble. Essayons d’esquisser les linéaments qui se dégagent, d’ores et déjà, de la documentation sur la persécution des Juifs par le nazisme. Il faut s’attendre à ce que les résultats provisoires que nous formulerons seront complétés et corrigés par les révélations qu’on espère obtenir d’Eichmann.
L’antc-judaisme nazi
DANS son curriculum vitae, rédigé en juillet 1937, Eichmann précise: « Après avoir été, pendant cinq ans, membre du Front Germano-Autrichien, à l’époque organisation de lutte anti-marxiste, j’entrai au Parti National-Socialiste Autrichien, le 1er avril 1932. A la même date, j’entrai dans la S.S. »
Employé au Sicherheitsdienst (service de renseignements, abréviation S.D.) de la S.S., son travail s’orienta vers les questions franc-maçonniques auxquelles se rattachaient les questions juives et se fixa, définitivement, en 1936, sur celles du judaïsme, plus spécialement du sionisme, mouvement propice à l’émigration juive.
A cette époque, dans les pays allemands, la lutte contre les forces révolutionnaires prend volontiers la forme de la lutte contre le judaïsme. On peut éclairer ce sujet par les paroles qu’Hitler prononça, en février 1926, au Hamburger Nationalklub. Nous en tirons quelques phrases significatives :
« La connaissance est, pour la masse, une plate-forme instable. Ce qui est stable, c’est le sentiment, la haine (souligné par l’auteur J.B.) … Ce que la masse doit sentir, c’est le triomphe de sa force, le mépris de l’adversaire (souligné par l’auteur J.B.) …Cette masse, large et obtue, qui, trompée, obstinée, lutte pour le marxisme, est Punique arme pour le mouvement qui veut briser le marxisme… »
Les nazis eux-mêmes, et Hitler à leur tête, appartiennent à cette masse dont ils sont en même temps les meneurs. Ce qu’Hitler en dit s’applique à lui-même et à ceux qui luttent dans son mouvement. Ainsi, nous apprenons de la bouche d’Hitler que l’esprit nazi est marqué par le besoin d’affronter son adversaire par la haine et en l’ayant rendu auparavant méprisable.
L’adversaire méprisable, sur qui se fixera le culte de la haine, est trouvé d’avance. C’est le Juif, bouc émissaire de l’histoire. Substituant son odieuse et déformante caricature aussi bien à l’agitation honnie des révolutionnaires qu’aux vices des possédants qui, sans le Juif, deviendraient d’honnêtes « Betriebsführer » (Führers d’entreprises) dévoués au bien commun, le Parti nazi appellera ses militants à surmonter, par l’action contre les Juifs, tous les troubles sociaux. Responsable à droite et à gauche, le Juif sera aussi responsable de l’attitude hostile de l’Ouest et de l’Est envers l’Allemagne, consciente de sa supériorité. Du même coup, l’agression à l’extérieur reçoit une justification : le judaïsme étant mondial, il faut que l’Allemagne domine le monde. Ainsi se créera la société allemande, libre de tout conflit à la tête de l’humanité, promesse suprême pour les masses allemandes aigries.
La haine du Juif, le nazi la partage avec une multitude de mouvements populistes allemands d’après 1918. Il aura le don de lui conférer une puissante efficacité politique. Des antisémites aussi passionnés, aussi agités, qu’Hitler ou ses acolytes, pullulaient en Allemagne. A ce point de vue, l’esprit du nazisme n’était pas plus démoniaque que celui de toute cette multitude haineuse. Mais alors que les autres mouvements populistes se dépensaient en agitation désordonnée, Hitler sut mettre par l’organisation du Parti nazi et par une intuition souple de l’opportunité, sa passion anti-judaïque au service d’une action disciplinée de haute politique confiée no » pas aux masses mais au contingent des militants. Ce sens politique valut au Parti nazi d’être soutenu par les forces sociales dont les intérêts étaient puissamment servis par les intentions du culte nazi de l’anti-judaïsme. Disposant d’un Parti puissant, et ensuite du pouvoir de l’Etat, le nazisme mettra son point d’honneur à remplir la condition fixée pour l’avénement de sa société dominatrice libre de conflits, cette condition étant la suppression du Juif. Les nazis, entraînés par leur fable de haine, s’y dévoueront sans restriction
Leur doctrine présentera le Juif comme une entité profondément concrète : il est la malédiction biologique de l’humanité. L’action contre lui devient d’autant plus passionnelle et persuasive. L’adversaire méprisable est soigneusement défini et dosé avec précision. Il ne reste qu’à le frapper. Les S.S. constituent la troupe de choc pour cette œuvre de l’Etat nazi.
Premiere partie : emigration juive
POURTANT, les mesures anti-juives dans le IIIe Reich d’avant 1938 ne correspondaient pas encore à la vigueur de la propagande anti-juive nazie. Ces mesures représentaient plutôt l’aggravation du classique antisémitisme d’Etat de l’époque d’avant 1914 : régime discriminatoire pour les Juifs transformés en citoyens de basse catégorie, régime truffé d’excès et de spoliations partielles. Il était cependant déjà placé par les lois raciales de Nuremberg de 1935, sous le signe de l’anti-judaïsme biologique : interdiction du mélange des « races » allemandes et juives. Mais l’action anti-juive radicale n’était pas à l’ordre du jour. Elle s’y inscrit dès que le Reich nazi entreprit la série de ses conquêtes, à savoir à partir du rattachement de l’Autriche.
Les contingents étaient prêts, dans la S.S., pour lancer la seule action anti-juive à la mesure de l’esprit nazi — l’exclusion physique du Juif de la nation allemande. Adolf Eichmann, ainsi que son chef Heydrich, chef de la Sicherheitspolizei de l’Etat et du S.D. de la S.S., en furent les protagonistes. Sous l’impulsion de ce couple devait s’organiser, pour la première fois dans l’histoire nazie, ce qui fut officiellement appelé au Ministère des Affaires Etrangères du Reich « Solution radicale de la question juive ». Cette première étape du chemin dont la dernière était l’extermination, n’était cependant rien d’autre que l’organisation de l’émigration juive, organisation où les Juifs fortunés étaient obligés de financer le départ de leurs confrères indigents. Dans cette action, rentrait également le moment de spoliations individuelles. En 1938, Eichmann, doté d’un Office spécial, organisa sur cette base, avec succès, l’émigration des Juifs d’Autriche et il réussit à remettre au Reich des sommes énormes. Pourtant, en comparaison avec la suite, ces mesures paraissent bien inoffensives malgré les sérieux dommages d’ordre matériel et moral dont elles s’accompagnaient.
C’est en novembre 1938 que nous assistons à la confrontation des deux lignes de l’action anti-juive dans le IIIe Reich : d’une part, aggravation et généralisation des mesures de spoliations et de vexation, d’autre part, la « solution radicale » de Heydrich et Eichmann.
Immédiatement après l’assassinat du diplomate vom Rath, à Paris, par Grynspan, suivi de la fameuse Kristallnacht (pogromes organisés dans le Reich par le Parti nazi), Hitler chargea Göring, chef de l’économie allemande, de trouver « une solution de la question juive dans son ensemble et d’une manière ou d’une autre ». Göring réunit à cet effet, le 12 novembre 1938, une grande conférence interministérielle. L’attention est centrée sur les mesures de spoliation et de vexation. On discute aussi de la création des ghettos. Mais voilà qu’Heydrich intervient et sa proposition paraît presque anodine sur le fond des autres mesures adoptées. Il dit: « A côté de toute éviction des Juifs de la vie économique, le problème de fond reste, en fin de compte, quand même d’obtenir que le Juif quitte l’Allemagne. Permettez que je fasse une proposition ?… » Et il proposa à Göring d’organiser dans le Reich l’émigration juive d’après le modèle expérimenté par Eichmann en Autriche. Sans enthousiasme, Göring, ironique et condescendant, accepta et en chargea Heydrich, par arrêté du 24 janvier 1939. Cet arrêté fut l’instrument qui, beaucoup plus tard, en juillet 1941, devait servir de base à laquelle se rattachera un autre arrêté qui sanctionnait implicitement la solution finale par l’extermination.
Tel fut le premier chaînon de la solution de la question juive confiée à la Gestapo et au S.D. De novembre 1938 à fin 1939, Eichmann n’a pu rien entreprendre d’essentiel dans le Reich dans le cadre de la mission. Il a cependant exercé ses méthodes de plus en plus brutales, méthodes d’émigration sous menace, en Tchécoslovaquie tombée sous la domination du Reich.
Il fallait être prophète pour prévoir, à ce moment, que la mission obtenue de Göring par Heydrich pour Eichmann devait aboutir à l’extermination pure et simple. Hitler a-t-il été ce prophète ? Une vision obscure hantait son esprit. Dans son discours du 30 janvier 1939, au Reichstag, il déclara que si une guerre devait éclater, la finance juive en serait fautive et ajouta, à titre de prophétie, qu’elle aboutirait non pas au triomphe du bolchévisme, donc du judaïsme dans le monde, mais à l’anéantissement (Vernichtung) de la race juive en Europe. Et pourtant, le Führer n’était rien moins que fixé sur le sens d’une solution de la question juive, comme en témoigne Göring à la réunion interministérielle du 12 novembre 1938, dont nous venons de parler. La menace proférée par Hitler était l’expression, non pas d’une décision mais d’un état agité de l’esprit du démagogue coutumier de se déverser en menaces. La suite immédiate de son discours en témoigne. Il déclare, en enchaînant, qu’il allait anéantir (vernichten) les prêtres politiques et que si cette situation ne plaisait pas à l’Eglise, il n’y avait qu’à faire la séparation entre l’Eglise et l’Etat, autrement dit, il menaçait l’Eglise de lui couper les vivres. Ce contexte et le fait général que l’action d’Hitler contre l’Eglise ait été pleine de prudence indique qu’il n’a pas employé dans ce cas l’expression « anéantir » pour qu’elle fût comprise littéralement. On n’est donc pas en droit d’interpréter littéralement le même vocable employé, presque au même moment, au sujet des Juifs. Comme toutes les prophéties, celle-ci était obscure pour le prophète lui-même.
En janvier 1939, la solution de la question juive était, pour Hitler, dans le vague. Par contre, nous avons vu que sur le fond des persécutions des Juifs — par discriminations, spoliations, vexations, Heydrich et Eichmann posaient avec netteté et insistance le principe de la véritable solution nazie, dont le but était de rejeter physiquement les Juifs des territoires allemands. Ce principe traduisait la volonté nette et ferme de devoir extirper le judaïsme par le moyen le plus efficace possible dans les conditions données.
Deuxieme etape : sous le signe de la reserve juive dans le gouvernement general
NOUS arrivons à la deuxième étape de la « solution » pratiquée par le couple Heydrich-Eichmann.
En septembre 1939, la Pologne est vaincue. Elle est en partie annexée au Reich, en partie transformée en Gouvernement général sous la direction de Hans Frank.
Le pouvoir nazi est confronté avec un nouveau problème, celui du judaïsme polonais. C’est un problème particulier, alors que le problème central, dont s’occupe Eichmann, est la présence des Juifs dans la sphère de la vie allemande. Le sort du. judaïsme polonais est entre les mains d’Himmler, spécialiste en chef de la politique-raciale nazie en général et chef de toute la Police allemande. Il traite le problème du judaïsme polonais dans le cadre des plans de regroupement des populations en Pologne. Hitler approuve son plan dans son discours du 6 octobre 1939, prononcé pour célébrer la première victoire de la guerre nazie. Heydrich doit exécuter les plans d’Himmler. Il s’agit, pour les Juifs polonais, de la création de ghettos avec transfert d’un ghetto à l’autre pour obtenir une centralisation progressive qui devait aboutir à la concentration du judaïsme polonais dans une réserve juive quelque part dans le Gouvernement général. Un « but final et lointain » est annoncé par Heydrich à ses chefs de police en Pologne. Etant donné les méthodes qu’élaborent les services raciaux d’Himmler, il est fort probable que ce but expressément annoncé comme lointain, fut l’application d’un régime de dégénérescence progressive de la race honnie qui sera confinée dans la réserve.
Depuis quelques semaines, en septembre 1939, Eichmann était nommé chef de la section des affaires juives à la Gestapo. Les affaires dans le Gouvernement général ne l’intéressent pas directement. Heydrich y dispose de détachements spéciaux de la Police de Sécurité. Mais le plan d’une réserve juive change le cours des idées sur la « solution radicale ». Cette réserve conçue pour les Juifs polonais quelque part dans le Gouvernement général où doivent être déportés également les Juifs des régions polonaises annexées par le Reich (ceci est déjà une tâche d’Eichmann), cette réserve ne pourrait-elle pas devenir une réserve de tous les Juifs encombrant la vie allemande ?
Effectivement, dans les services d’Eichmann, l’émigration est presque oubliée. Le principe d’émigration est remplacé par celui de déportation dans le Gouvernement général. Par les soins d’Eichmann, des dizaines de milliers de Juifs sont ainsi déportés des nouveaux et des anciens territoires du Reich dans des conditions de misère souvent mortelles.
Cependant, l’action acceptée, en principe, par Hitler et exécutée par Eichmann, sous l’autorité de Heydrich, contrarie aussi bien Göring que le Gouverneur général Frank. Elle inquiète le Ministère des Affaires Etrangères du Reich qui reçoit des protestations de l’étranger. Elle n’est que froidement, semble-t-il, tolérée par Himmler.
Aucune réaction d’Hitler n’apparaît dans les documents, alors que Göring bloque l’action, en mars 1940. Le Führer n’a pas de position nettement déterminée. Lorsque, fin 1940, le Reichsstatthalter de Vienne, von Schirach, insiste pour que soient reprises les déportations dans le Gouvernement général pour y évacuer tous les Juifs de Vienne, Hitler hésite, cède et donne un ordre dans ce sens. Mais cet ordre n’est aucunement exécuté. La déportation de Vienne n’aura Jieu qu’en octobre 1941, dans le cadre d’une autre phase de la « solution ».
En attendant, la ghettoïsation de la Pologne se développe. Il incombe à Eichmann de s’en occuper dans les territoires polonais rattachés au Reich. Aussi bien c’est à Lodz, ville devenue « allemande », qu’est organisé le premier ghetto.
Troisieme etape : sous le signe de la reserve juive a madagascar
IINTERRUPTION dans le développement de la « solution » par une réserve juive ne sera pas longue.
En juin 1940, la mainmise nazie sur les pays de l’Ouest élargit soudainement le problème. Nous entrons dans la troisième étape de la solution. Les pays de l’Ouest, dignes de figurer dans la sphère de l’espace vital allemand, doivent être « libérés des Juifs ». En même temps, l’emprise sur la France rend tangible le vieux projet d’une installation des Juifs à Madagascar. Le Ministère des Affaires Etrangères du Reich met en avant ce projet, dont l’élaboration est confiée à Eichmann. Hitler l’accepte, et des pourparlers s’engagent avec le Gouvernement de Vichy. C’est pour désigner ce plan qu’est employée pour la première fois l’expression fatidique de « solution finale de la question juive ».
Il n’est pas exact de voir dans le projet « Madagascar » une feinte inventée pour camoufler des projets secrets. Si on voulait camoufler les mesures macabres qui bientôt commenceront à se préciser, ce plan n’aurait pas été décommandé précisément à l’époque où ces dernières mesures fuient décidées et appliquées.
Dans nos archives se trouve unè lettre de Bormann, de novembre 1940. C’est une réponse à Rosenberg qui avait demandé à Hitler s’il était permis de parler publiquement du projet « Madagascar ». Notons qu’à cette époque s’étaient engagés des pourparlers avec Vichy sur ce sujet. Hitler fait savoir à Rosenberg que la chose est encore prématurée, mais que dans quelques mois le public pourra en être informé. Par contre, à la suite d’une demande réitérée de Rosenberg en mars 1941, alors -que l’idée d’extermination des Juifs surgit brusquement au niveau d’Hitler, comme -nous allons le voir, Rosenberg a pu parler d’une réserve juive, mais seulement en la fixant quelque part dans le monde. Rappelons aussi le discours d’Hitler du 30 janvier 1941, au Reichstag. Il parla de la question juive. Le mot « anéantissement » proféré deux ans plus tôt n’est plus prononcé. Hitler déclare qu’il avait prédit qu’en cas de guerre générale, le judaïsme aura terminé son rôle en Europe (seine Rolle in Europa ausgespielt haben wird) et que cette prophétie se réalisera dans les -mois et les années à venir. Cette déclaration s’accorde parfaitement avec le plan « Madagascar » prévu pour les Juifs dans toute l’Europe dominée par le Reich et dont l’exécution était conçue précisément pour durer quelques années.
Le plan « Madagascar » est resté théorique. Par contre, ce plan donna un essor -au développement du service d’Eichmann à la Gestapo. A partir de fin 1940, ses agents s’implantèrent en France, en Belgique, dans les satellites du Reich, dans le centre et le sud-est de l’Europe pour provoquer et intensifier la ségrégation de la population juive dans la perspective de la future déportation. Ces émissaires d’Eichmann exerçaient dans ce sens des pressions sur les autorités militaires allemandes d’occupation ou directement sur les autorités politiques autochtones. Le dispositif d’Eichmann sera bien en place dans toutes ces régions lorsque débutera la « solution finale » par l’extermination.
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