mercredi 7 juin 2023

Patrice Peccatte Le tétramorphe. une appropriation chrétienne d'une figure cosmique

Le tétramorphe – une appropriation chrétienne d’une figure cosmique [2/8] PAR PATRICK PECCATTE · PUBLIÉ 28 FÉVRIER 2020 · MIS À JOUR 22 AVRIL 2020 [sommaire] 2. Une figure cosmique analogue : les quatre ‘signes fixes’ du zodiaque Cette partie résume aussi simplement que possible les recherches contemporaines sur les origines des constructions culturelles que sont les constellations et le zodiaque. Bien qu’elles semblent a priori éloignées du sujet, ces études sont indispensables pour comprendre les caractéristiques cosmiques du tétramorphe et d’autres figures analogues, et pour cela, il a paru nécessaire d’y faire figurer quelques rappels d’astronomie élémentaire. Quelques rappels d’astronomie Une constellation est un groupe d’étoiles sur la sphère céleste auquel on a donné un nom et qui représente vaguement une figure. Les étoiles d’une même constellation n’ont aucun lien physique, elles peuvent être très éloignées les unes des autres et à des distances très différentes de la Terre. Un astérisme est également un groupe d’étoiles représentant une figure, mais il est formé d’une partie seulement d’une constellation ou à partir d’étoiles appartenant à plusieurs constellations. Pour simplifier notre propos, les noms grecs et mésopotamiens des constellations ainsi que leurs noms latins standardisés ont été omis ici, seuls sont mentionnés leurs noms français équivalents. Le zodiaque est une zone de la sphère céleste située de part et d’autre de l’écliptique, le cercle représentant la trajectoire annuelle du Soleil vue depuis la Terre, nommé ainsi parce qu’on y observe les éclipses. C’est la zone où se déplacent la Lune et les cinq planètes connues dans l’Antiquité : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. L’astronomie partage le zodiaque en treize constellations de grandeurs très inégales que le Soleil traverse tout au long d’une année, tandis que l’astrologie le découpe en douze signes, c’est-à-dire en douze espaces égaux mesurant chacun 30 degrés. Les douze signes retenus sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Chaque signe du zodiaque emprunte son nom à une constellation qui était proche à l’origine, mais la constellation ancienne d’Ophiuchus (ou le Serpentaire), entre le Scorpion et le Sagittaire, pourtant traversée par l’écliptique, n’a pas été retenue comme signe. Lecteur vidéo 00:00 00:31 Vidéo – Mouvement de la Terre autour du Soleil et positions apparentes du Soleil dans le zodiaque. Adapté de la page Constellations du zodiaque sur le site eduMedia -Sciences La précession des équinoxes est le lent changement de direction de l’axe de rotation de la Terre qui décrit un cône en 26 000 ans environ. Une des conséquences de ce mouvement est que la position des étoiles sur la sphère céleste change lentement au cours des siècles. De ce fait, les signes du zodiaque ne correspondent plus avec les constellations de mêmes noms. Le premier d’entre eux par exemple, le signe du Bélier, marque toujours l’équinoxe de printemps vers le 20 mars alors que la constellation du Bélier est actuellement traversée par le Soleil du 19 avril au 14 mai. Depuis Claude Ptolémée, au 2e siècle de notre ère, on distingue les ‘signes fixes’ du zodiaque situés au milieu des quatre saisons : le Taureau (printemps), le Lion (été), le Scorpion (automne) et le Verseau (homme versant de l’eau ; hiver)1. La coïncidence entre trois de ces ‘signes fixes’ et trois des faces du tétramorphe a donné lieu à de multiples commentaires hasardeux2. La relation entre les ‘signes fixes’ et le tétramorphe est en effet une question complexe qui ne peut se satisfaire d’une simple mise en correspondance. Il est nécessaire de remonter aux origines lointaines des constellations et de la constitution du zodiaque pour la comprendre. Ces études relèvent à la fois de l’histoire de l’astronomie, en interrogeant des textes anciens divers, et de l’archéoastronomie, une discipline relativement récente qui s’appuie notamment sur l’analyse des configurations passées du ciel. Les origines des constellations Au 8e siècle avant notre ère, Homère et Hésiode mentionnent déjà les constellations de La Grande Ourse et d’Orion3. Dans la fameuse description du bouclier d’Achille de l’Iliade, souvent présentée comme l’une des premières représentations circulaires des constellations4, Homère mentionne également les Pléiades et les Hyades, deux astérismes remarquables situés dans la constellation du Taureau5. L’archéologue John Tristan Barnes soutient par ailleurs qu’un vase grec daté de 625 avant notre ère comporte plusieurs représentations de constellations6. La Grèce antique nous a transmis la moitié environ des constellations modernes qui sont attestées chez les astronomes grecs dès le 4e siècle avant notre ère. La plupart d’entre elles remontent à Eudoxe (4e s.) et Aratos (3e s.)7. Ouvrage de référence durant de nombreux siècles, l’Almageste de Ptolémée recense ainsi 48 constellations ; 38 d’entre elles figurent sur l’Atlas Farnèse, la plus ancienne représentation de la sphère céleste qui date de la même époque (2e s. de notre ère)8 : image 30 – L’Atlas Farnèse (détail) – le Verseau, les Poissons, le Bélier et le Taureau dans le zodiaque représenté comme une bande avec en son centre l’écliptique, au-dessus : les constellations de Persée et d’Andromède, au-dessous : la constellation de l’Éridan ; 2e siècle, Musée archéologique national de Naples, Wikimedia Commons, photo Sailko On lit fréquemment que les constellations héritées des Grecs remontent aux civilisations anciennes de la Mésopotamie. En réalité, selon les spécialistes, seules quelques-unes des 48 constellations de l’Almageste proviennent de Babylone et ont été transmises aux Grecs. Ce sont celles du zodiaque et quatre constellations dites para-zodiacales représentant des animaux : l’Hydre, le Corbeau, l’Aigle et le Poisson Austral, proche du Verseau9. Plusieurs autres constellations non zodiacales sont probablement antérieures aux plus anciennes mentions chez les astronomes grecs ; ces derniers en auraient hérité de traditions astrales qui les ont précédées mais qui demeurent largement inconnues10. La chronologie d’apparition des constellations dans le domaine mésopotamien mérite d’être précisée. L’astronome britannique John H. Rogers distingue une première phase qui remonte aux Sumériens, sans doute vers 3200 avant notre ère. Taureaux et lions deviennent très communs dans l’art mésopotamien à partir de cette époque. Un peu plus tard, à partir de 2600 avant notre ère, l’homme versant de l’eau, le scorpion et l’homme-scorpion deviennent à leur tour des motifs courants. Ces premières figurations d’animaux, le taureau, le lion, et le scorpion, sont alors décrites comme des constellations, et avec l’homme versant de l’eau, elles marquent les quatre points cardinaux11. La seconde phase intervient entre 1350 et 1000 avant notre ère avec la dynastie Kassite qui introduit une toute nouvelle tradition pictographique sur des stèles de pierre, nommées kudurrus, qui figuraient des donations. Huit des figures zodiacales peuvent être retrouvées sur ces stèles12. De même, le grand poème babylonien des origines du monde, l’Enuma Elish, que l’on date du 12e siècle avant notre ère, mentionne des créatures engendrées par la divinité Tiamat dont certaines sont hybrides : “Elle créa la vipère, le dragon rouge et le sphynx, le grand lion, le chien enragé, l’homme-scorpion, de furieux démons, l’homme-poisson, le centaure, porteurs d’armes impitoyables et sans peur au combat.”13. Dans le texte de l’Enuma Elish comme sur les kudurrus, seules quelques figures zodiacales peuvent être retrouvées, et l’on est encore très éloigné du zodiaque en tant que système. Pour les périodes suivantes, l’une des sources fondamentales est fournie par la paire de tablettes écrites en cunéiforme dite Mul.Apin qui constituait une sorte de manuel d’astronomie. Le texte de Mul.Apin est daté de 687 avant notre ère, mais il aurait été compilé bien avant, vers 1000 avant notre ère. Par une méthode de datation reposant sur l’analyse de la précession des équinoxes, l’astronome Bradley Shaefer affirme même que la plus ancienne observation rapportée dans ces tablettes remonte à 1370 avant notre ère14. Les tablettes comportent une liste de 71 étoiles et constellations. Hormis certaines figures zodiacales et les quatre constellations para-zodiacales déjà citées, seules trois constellations de cette liste ont été transmises aux Grecs : Orion, Persée et Andromède15. La constitution du zodiaque Au 7e siècle avant notre ère, la plupart des astérismes qui deviendront les constellations zodiacales sont donc attestées dans les textes babyloniens. Ce n’est pas un système zodiacal, mais un ensemble de figures de tailles très inégales, pas encore au nombre de douze, projetées dans le ciel. Les observations les plus anciennes, antérieures au 12e siècle avant notre ère, étaient réalisées par rapport au plan empirique de l’horizon de l’observateur. Le système zodiacal repose par contre sur l’écliptique, c’est-à-dire la ligne qui figure le trajet annuel du soleil sur la sphère céleste. L’élaboration conceptuelle de l’écliptique nécessite des observations rigoureuses et un raisonnement abstrait pour reconnaître que la place occupée par le soleil dans le ciel à un certain moment de l’année est identique à celle que l’on observe quelques mois plus tard en pleine nuit. Elle requiert ensuite des mesures précises de son inclinaison sur le plan de l’équateur, et un découpage mathématique en parties égales pour concevoir le zodiaque. Selon Pline l’Ancien, c’est Anaximandre (vers 550 avant notre ère) qui aurait découvert l’inclinaison de l’écliptique et Cléostrate de Ténédos un peu plus tard qui aurait introduit sa division en douze parties égales. Pour Eudème de Rhodes cité par Théon de Smyrne, c’est par contre Œnopide de Chios (5e s. avant notre ère) qui aurait découvert et mesuré l’inclinaison de l’écliptique, idée qu’il aurait peut-être empruntée à Pythagore. Ces sources, assez tardives puisqu’elles datent du 1e siècle de notre ère, attribuent une grande ancienneté à la conception de l’écliptique chez les Grecs. Elles sont en réalité assez confuses et peu crédibles. Il est certainement trop tôt pour parler d’écliptique au 5e siècle avant notre ère en Grèce. Seules certitudes, Anaximandre avait reconnu le trajet oblique de la Lune et du Soleil par rapport à l’équateur céleste, et, bien plus tard, Eudoxe (vers 370 avant notre ère) connaissait parfaitement le zodiaque à douze signes16. Comme pour les origines des constellations, la constitution du système zodiacal en tant que référentiel reposant sur l’écliptique doit être recherchée dans les civilisations de la Mésopotamie qui l’ont transmis ensuite aux Grecs. L’une des étapes cruciales a été l’abandon du plan empirique de l’horizon comme référentiel des observations. Vers le 12e siècle avant notre ère en effet, les textes astronomiques babyloniens se réfèrent désormais au plan de l’équateur céleste et rapportent les observations à trois séries d’étoiles organisées par ‘chemins’17. On est cependant encore loin de l’écliptique puisque ce dernier est incliné de plus de 23 degrés par rapport à l’équateur céleste. Le texte des tablettes Mul.Apin, vers 700 avant notre ère, marque une nouvelle étape puisqu’il est alors fait mention d’observations par rapport au ‘chemin de la lune’, c’est-à-dire le plan orbital de la Lune qui n’est incliné que de 5° par rapport à l’écliptique. Les positionnements sont alors exprimés par rapport à une série de 32 étoiles proches de ce ‘chemin de la lune’. La faible inclinaison de ce nouveau référentiel par rapport à l’écliptique permet alors de définir une bande du ciel scandée par 17 astérismes de tailles inégales qui renferment ces étoiles de référence. Le texte de Mul.Apin précise que ce n’est pas seulement la Lune mais aussi le Soleil et les planètes qui se meuvent le long de cette bande18. Par la suite, cet ensemble a été réduit à douze constellations en regroupant les astérismes des Pléïades et des Hyades à la constellation du Taureau et en écartant les constellations trop éloignées de l’écliptique comme Orion, Persée et le Cocher. Les douze figures subsistantes ont reçu des positions précises dans le ciel, ainsi que des contours et des dénominations stables. Cette étape cruciale est attestée en 463 ou en 475 avant notre ère selon les spécialistes19. Désormais, les observations ne sont plus rapportées à des groupes d’étoiles, elles se réfèrent à un espace abstrait construit autour de l’écliptique. Le premier zodiaque divisé en douze parties égales est attesté en 419 avant notre ère. Il est subdivisé en 360 unités correspondant approximativement à la progression du soleil dans le ciel durant une journée20. Quelques explications fantaisistes sur le rapport entre le Scorpion zodiacal et l’Aigle du tétramorphe Si trois des ‘signes fixes’ du zodiaque – le Taureau, le Lion, L’Homme versant de l’eau – correspondent à trois des quatre faces des Chérubins bibliques, la discordance entre le Scorpion et l’Aigle du tétramorphe a suscité plusieurs interprétations plus ou moins farfelues. Les ‘explications’ concernant ce hiatus Scorpion/Aigle reposent fréquemment sur des arguments spécieux à propos des origines des deux constellations et de leurs relations. Pour Michel Fromaget, par exemple, le Scorpion était autrefois nommée constellation de l’Aigle21. Cette allégation formulée avec aplomb et sans références est évidemment totalement extravagante. Comme on l’a rappelé plus haut, le Scorpion et l’Aigle figurent l’une comme l’autre parmi les plus anciennes constellations, et elles n’ont jamais été confondues ; l’une deviendra zodiacale, l’autre ne l’a jamais été puisqu’elle est située loin de l’écliptique. Dans un article de l’Encyclopaedia Universalis, l’historien et astrologue Jacques Halbronn quant à lui suggère carrément une reconstruction de l’histoire en déplorant que l’astrologie se soit alignée sur l’astronomie : “le Scorpion n’a pas été initialement inscrit dans le schéma astrologique. Il fut mis en place à un stade antérieur en tant que constellation et, d’ailleurs, la disposition des étoiles évoque assez bien cet animal, et notamment sa queue venimeuse. Deux signes auraient dû le remplacer : la Balance et l’Aigle. Pour ce qui est de l’Aigle, les astrologues ne purent aboutir, en raison de l’habitude bien ancrée de désigner cette région du ciel sous le nom de Scorpion. Au contraire, c’est le Scorpion qui va s’intégrer au symbolisme astrologique et évincer l’Aigle.”22. Dans un ouvrage aussi sérieux que l’Universalis, une telle argumentation controuvée relevant de principes obscurs est pour le moins surprenante. L’historienne de l’art polonaise Zofia Ameisenowa, citant le philologue et historien de l’astronomie Franz Boll, propose en 1949 un détour curieux par la constellation Pégase. Elle mentionne les signes zodiacaux des quatre points cardinaux, le Taureau, le Lion, l’homme du Verseau et “l’Aigle, l’étoile la plus brillante de la constellation Pégase (changée à une période inconnue pour le sinistre Scorpion)”23. Or la constellation Pégase n’est absolument pas dans la région du Scorpion puisqu’elle côtoie les Poissons et le Verseau. Qui plus est, toutes ses étoiles les plus brillantes possèdent des noms – d’origine arabe comme c’est très souvent le cas – qui se rapportent au cheval Pégase, aucune n’évoque un aigle. En 1795, l’érudit Charles-François Dupuis publie son Origine de tous les cultes, un ouvrage qui eût une grande renommée dans lequel il tente de démontrer l’origine astrale de toutes les religions. Il y soutient notamment que l’Aigle s’est substitué au Scorpion, signe redouté pour sa terrible influence supposée, parce que c’est un paranatellon de ce dernier [un paranatellon est une étoile ou une constellation qui se lève au moment où le soleil entre dans l’un des signes du zodiaque]24. Dupuis est aussi à l’origine d’une autre ‘explication’ qui fait appel aux “quatre étoiles royales de la Perse”. Selon cette conjecture, dans la Perse ancienne, quatre étoiles remarquables gardaient le ciel en marquant les équinoxes et solstices, c’est-à-dire les changements des saisons : Aldébaran dans la constellation du Taureau, Régulus dans le Lion, Antarès dans le Scorpion, et Fomalhaut dans le Poisson austral, au sud du Verseau. Ces étoiles sont brillantes et faciles à repérer, mais comme Fomalhaut, très au sud, n’est pas toujours visible, on lui aurait préféré Altaïr, l’étoile la plus brillante de l’Aigle25. La première difficulté de cette conjecture est évidente ; l’Aigle se substituerait alors au Verseau et non au Scorpion. Mais surtout, la construction séduisante des “étoiles royales de la Perse” s’est révélée être une fable comme l’a démontré l’astronome George A. Davis Jr.26. Elle provient d’une interprétation erronée par Jean Sylvain Bailly, dans son Histoire de l’Astronomie (1775), de la première traduction de l’Avesta, texte sacré du mazdéisme. Pour que les étoiles mentionnées marquent les solstices et équinoxes, on doit se projeter très loin dans le passé en vertu de la précession des équinoxes. L’erreur a ensuite été largement enjolivée par Dupuis à qui l’on doit la “dénomination pompeuse d’étoiles royales” [sic]27. La légende sera reprise de bonne foi et popularisée par de nombreux vulgarisateurs, notamment par François Arago et Camille Flammarion. Elle repose sur l’hypothèse fantaisiste que l’astronomie existait en Perse à une époque aussi reculée que 3000 ans avant notre ère alors même que l’on ne sait rien des Perses avant le 10e siècle avant notre ère28. Pour terminer, mentionnons encore une interprétation d’un tout autre ordre. Les commentaires symboliques associent parfois le Scorpion à d’autres animaux capables de muer, comme le serpent. Cette capacité de renouvellement a permis aussi d’y associer le mythique phénix, et l’aigle que l’on dit également doté du pouvoir de se régénérer et de rajeunir29. D’un point de vue symbolique, en somme, le Scorpion aurait tout aussi bien pu s’appeler Serpent, Phénix, ou Aigle, si ces noms de constellations n’avaient pas déjà été pris… Deux figures cosmiques analogues mais bien distinctes Les tentatives pour expliquer l’Aigle du tétramorphe à partir du Scorpion zodiacal (ou inversement) sont vaines. La raison en est évidente. Ézéchiel a vécu au 6e siècle avant notre ère, et l’origine des faces des Chérubins dans sa vision est à rechercher dans les figurations d’animaux hybrides à Babylone où il a été déporté. À cette époque, le zodiaque n’existait pas. Par contre, les constellations qui deviendront zodiacales, ainsi que l’Aigle, sont présentes depuis longtemps déjà dans les représentations babyloniennes du ciel. Leurs noms et descriptions sont en relation avec les figurations de divinités diverses, attestées dans différents écrits et sur des stèles et monuments. La structuration progressive du zodiaque et la vision d’Ézéchiel transcrite dans la Bible sont des processus culturels totalement indépendants bien qu’ils procèdent de sources similaires. Les faces des Chérubins n’ont rien à voir avec le système zodiacal. Mais, par l’intermédiaire des statues qui gardaient les temples mésopotamiens et peut-être les symboles figurant sur les stèles-frontières babyloniennes30, ces quatre faces ont très probablement un rapport avec trois des constellations qui formeront le zodiaque au terme d’une évolution historique difficile à préciser, et avec une autre constellation extra-zodiacale majeure, l’Aigle – ce qui n’est pas du tout la même chose qu’une relation immédiate avec le système zodiacal tel que nous le connaissons. Pour le dire autrement, les quatre composantes de la vision d’Ézéchiel sont vraisemblablement en corrélation avec l’organisation figurative du ciel sous la forme d’astérismes apparus dans le même contexte culturel babylonien bien avant l’émergence du zodiaque. La vision des Chérubins chez Ézéchiel est une vision cosmique grandiose qui s’appuie sur une quadripartition symbolique et figurative du cosmos. Entre le tétramorphe et les quatre ‘signes fixes’ du zodiaque, il n’existe pas de correspondance exacte ni aucune solution de continuité historique, à travers par exemple une explication ou un ‘chaînon manquant’ qui nous aurait échappé ; ce sont des figures cosmiques analogues mais bien distinctes. À l’issue de cette analyse, nous pouvons préciser maintenant cette notion que nous retrouverons. Une figure cosmique analogue au tétramorphe, c’est : un ensemble de figurations, décrites dans des textes ou représentées en images, qui sont organisées comme un tout cohérent, comme une structure ; la structure possède un caractère cosmique fort ; trois composantes figuratives au minimum de la structure sont semblables à celles du tétramorphe (homme, lion, taureau, aigle) ; il n’existe aucune relation historique directe, aucune influence mutuelle attestée entre le tétramorphe et la structure en question ; l’analogie évoquée demeure formelle. Selon cette terminologie, les quatre ‘signes fixes’ du zodiaque forment une figure cosmique analogue au tétramorphe. On peut définir aussi une ‘version forte’ d’une telle structure où les composantes figuratives correspondent manifestement à des constellations remarquables attestées depuis l’Antiquité ; dans ce cas, le modèle cosmique formé par les constellations doit être historiquement et culturellement vraisemblable. Le zodiaque est bien sûr le prototype d’une figure cosmique en ‘version forte’. Nous aurons l’occasion de rencontrer d’autres figures cosmiques analogues en ‘version faible’, c’est-à-dire pour lesquelles on ne peut pas soutenir la vraisemblance d’une relation historique et culturelle avec un modèle antérieur formé par des constellations. [sommaire] Plus exactement, Ptolémée qualifiait ces signes de “solides”, cf. Claude Ptolémée, La Tétrabible ou Les quatre livres des jugements des astres, traduit par Nicolas Bourdin, L’Arbre d’Or, Genève, octobre 2006, p. 35. Voir aussi : Germaine Aujac, Claude Ptolémée. Astronome, astrologue, géographe. Connaissance et représentation du monde habité. Paris : éditions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (C.T.H.S.). Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, 1993, p. 82. [↩] Deux exemples suffiront. Dans un livre consacré aux origines du zodiaque, Rupert Gleadow justifie le découpage du zodiaque en douze parties par la théorie des archétypes de Jung, et il estime que l’Aigle du tétramorphe à la place du Scorpion zodiacal pourrait représenter “l’aspect supérieur de cette constellation calomniée”, cf. Rupert Gleadow, Les origines du zodiaque, Stock, 1971, p. 26 et p. 148. Et dans l’ouvrage de Michel Fromaget que nous avons déjà mentionné, la parenté entre les quatre Vivants et les figures du zodiaque est évoquée uniquement à travers la vision ésotérique qu’en donne l’occultiste Rudolf Steiner, cf. Michel Fromaget, op. cit., pp. 101-102. [↩] Roslyn M. Frank, The origins of Western constellations, in Clive L.N. Ruggles (ed.), Handbook of Archaeoastronomy and Ethnoastronomy, New York, Springer Verlag, 2015, p. 151 ; voir aussi : John H. Rogers, Origins of the ancient constellations. I. The Mesopotamian traditions, Journal of the British Astronomical Association, vol.108, no.1, pp. 9-28, February 1998 ; II. The Mediterranean traditions, Journal of the British Astronomical Association, vol.108, no.2, pp. 79-89, April 1998. [↩] Angélique Ferrand, Du Zodiaque et des hommes. Temps, espace, éternité dans les édifices de culte entre le IVe et le XIIIe siècle, Thèse, Université de Bourgogne Franche-Comté, 2017, p. 246. [↩] “Et [Héphæstos] fit d’abord un bouclier grand et solide, aux ornements variés, avec un contour triple et resplendissant et une attache d’argent. Et il mit cinq bandes au bouclier, et il y traça, dans son intelligence, une multitude d’images. Il y représenta la terre et l’Ouranos, et la mer, et l’infatigable Hélios, et l’orbe enflé de Séléné, et tous les astres dont l’Ouranos est couronné : les Pléiades, les Hyades, la force d’Orion, et l’Ourse, qu’on nomme aussi le Chariot qui se tourne sans cesse vers Orion, et qui, seule, ne tombe point dans les eaux de l’Okéanos.” Iliade, chant XVIII, traduction de Leconte de Lisle. Voir aussi : Sylvie Vilatte, Art et polis : le bouclier d’Achille, in : Dialogues d’histoire ancienne, vol. 14, 1988. pp. 89-107. [↩] John Tristan Barnes, Asteras Eipein: An Archaic View of the Constellations from Halai, Hesperia – The Journal of the American School of Classical Studies at Athens, Volume 83, 2014. [↩] Roslyn M. Frank, art. cit., p. 148 ; John H. Rogers, art. cit. II, p. 4. [↩] Bradley E. Schaefer, The epoch of the constellations on the Farnese Atlas and their origins in Hipparchus’s lost catalogue, Journal for the History of Astronomy, Vol. 36, Part 2, No. 123, 2005, pp. 167-196. [↩] Roslyn M. Frank, art. cit., pp. 150 et 156 ; John H. Rogers, art. cit. I, p. 25 [↩] Roslyn M. Frank, art. cit., p. 151 et 154. [↩] John H. Rogers, art. cit. I, p. 10 et p. 24 [↩] John H. Rogers, art. cit. I, pp. 11-15. [↩] Paul Garelli et Marcel Leibovicci, La naissance du monde selon Akkad. In Sources orientales. Tome 1, La naissance du monde. Paris : Éditions du Seuil, 1959, p. 136 ; voir aussi John H. Rogers, art. cit. I, p. 15. [↩] Voir la page de Bradley Shaefer, Louisiana State University, Department of Physics and Astronomy. Par calcul de la précession des équinoxes, l’analyse des positions d’étoiles relevées dans des textes anciens peut permettre de retrouver la date des observations. [↩] John H. Rogers, art. cit. I, p. 21 [↩] D’après Bartel Leendert van der Waerden, History of the Zodiac, Archiv für Orientforschung, Volume 16, 1953, p. 216. Cette étude pourtant assez ancienne, que l’on doit à un mathématicien éminent, demeure incontournable. [↩] Roland Laffitte, Naissance et diffusion du zodiaque mésopotamien, in Étoiles dans la nuit des temps, Paris : L’Harmattan, collection Eurasie n° 18, 2008, p. 115 ; John H. Rogers, art. cit. I, p. 16 sq. [↩] Voir : Roland Laffitte, art. cit., p. 116 ; B. L. van der Waerden, art. cit., pp. 218-219 ; John H. Rogers, art. cit. I, pp. 17-18. [↩] Respectivement selon Roland Laffitte, art. cit., p. 163 et John H. Rogers, art. cit. I, p. 23. [↩] B. L. van der Waerden, art. cit., pp. 220. [↩] Michel Fromaget, op. cit., p. 102 [↩] Jacques Halbronn, article Astrologie, section L’Aigle et le Scorpion, Encyclopaedia Universalis, 2002. [↩] Zofia Ameisenowa, Animal-Headed Gods, Evangelists, Saints and Righteous Men, London : Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, Vol. 12 (1949), p. 36. [↩] Charles-François Dupuis, Origine de tous les cultes, ou Religion universelle, Paris : À la librairie historique d’Émile Babeuf, 1822 (réédition de 1795), p. 152 sq., Gallica-BnF [↩] John H. Rogers, art. cit. I, p. 24. [↩] George A. Davis Jr., The so-called royal stars of Persia, Popular Astronomy, Vol. 53, p. 149 sq., April 1945. [↩] Charles-François Dupuis, op. cit., pp. 257-259. [↩] George A. Davis Jr., art., cit., p. 152. [↩] Voir par exemple L’aigle : roi des cieux sur Bestiaire – les animaux au Moyen Âge (projet dirigé par Emanuele Arioli), et l’article Scorpio (astrology) sur Wikipedia/En. [↩] “Nous pouvons laisser ouverte la question de savoir si les symboles figurant sur les bornes-frontières babyloniennes [kudurrus] représentent des constellations ou si elles représentent des dieux qui ont été transférés ensuite dans le ciel.” B. L. van der Waerden, art. cit., p. 226. [↩]

Jacques halbronn La solsticialité parie sur le poids et l'indifférenciation, l'équinoxialité sur la specificité et la cohérence

jacques halbronn La solsticialité parie sur le poids et l'indifférenciation, l'équinoxialité sur la spécificité et la cohérence La mentalité solsticiale a pour valeur majeure la masse d'où l'importance accordée à toutes les formes de mobilisation : les grèves, les foules, les manifestations, les élections, les sondages d'opinion. Or, ce critère vaut en phase solsticiale mais non en phase équinoxiale. En phase solsticiale, on a affaire à des foules anonymes et on n'est pas très sélectif. Cela peut être de la "chair à canon". La Shoah aura été marquée, en phase solsticiale, par la réduction des déportés à des numéros tatoués sur le bras. Quand on passe en phase équinoxiale, au bout de 7 ans, d'un aspect de carré avec la position précédente de Saturne sur l'axe gémeaux-sagittaire, cette mobilisation entre en crise et on va attendre l'avénement d'un nouveau temps solsticial, qui doit se produite tôt ou tard (cf Mélanchon, déclarant qu' "son heure (re)viendra" (interview 20 minutes 5 juin 2023. La formation de la NUPES avec son aspect hétéroclité en ses composantes nous apparait comme typiquement solsticiale, 'idée étant de "peser" à n'importe quel prix. La phase équinoxiale ne permet pas une telle indifférenciation des composantes. Grammaticalement, la solsticialité correspond au pluriel, au futur inconnu et l'équinoxialité au singulier et au passé balisé. L'équinoxialité est condensée, la solsticialité diluée. Astrologiquement, d'aucuns diraient que l'une est saturnienne, ouverte l'autre jupitérienne, ouverte. 'En phase solsticiale, il n'est donc pas question de condamner l'immigration car celle-ci fait nombre et c'est le déclin démographique qui entraine un encouragement à l'immigration.(cf en 2015, Angela Merkel, en début de phase solsticiale, (Crise migratoire de 2015: l’acte historique d’Angela Merkel récompensé à Genève. C’est ce lundi que l’ex-chancelière allemande reçoit le Prix Nansen attribué par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Sa décision d’accueillir près d’un million de réfugiés syriens en 2015, alors que l’Europe fermait ses frontières, restera dans les annales comme un acte moral fort" Pourtant, l'on connait le probléme posé par une immigration étrangère massive issue de populations ethniquement et religieusement différentes de la population d'accueil . En 1917, en phase solsticiale, on a la Déclaration Balfour qui propose d'accueillir une large population juive en Palestine mais on ne s'étonnera pas des revirements dans la politique britannique qui ne manqueront pas de se produire normalement en phase équinoxiale. Pendant la Première Guerre mondiale, en phase solsticiale, l'on alla recruter des hommes dans les "colonies" (tirailleurs sénégalais).On sait qu'actuellement en phase équinoxiale l'on prépare en France une "loi immigration" pour lutter contre les arrivées "irrégulières". . Au niveau de la pensée astrologique, il est claire que le thème natal est un phénoméne de type solsticial de par la diversité de ses composantes alors que notre Astrologie EXOLS serait typiquement équinoxiale; Un cas intéressant est l'indice cyclique d'André Barbault qui a développé une approche quantatitative et indifférenciée des planétes, que l'on jauge en quelque sorte au kilo. Barbault expose son systéme dès 1963 dans sa Crise mondiale (Ed Albin Michel) en phase solsticiale et ne fait en 1967 que le développer.(Les astres et l'Histoire. ed Pauvert) en phase équinoxiale. Le Traité de Rome qui fonde l'"Europe des Six "est signé en 1957 en phase solsticiale alors même que la France cherche encore à conserver ses départements algériens, tant son appétit d'expansion est grand. En phase solsticiale, on ne veut renoncer à rien et l'arrivée de De Gaulle conforte un temps dans ce sens ("Je vous ai compris") D'ailleurs, en phase solsticiale, les empires se perpétuent. C'est .la Communauté française , '"association politique entre la France et son empire colonial, alors en voie de décolonisation. Proposée par le général de Gaulle, elle est créée en 1958 par la Constitution de la Cinquième République pour remplacer l'Union française."'(Wikipedia) Quant à l'URSS, elle laisse la place à une CEI, Communauté des Etats Indépendants, comportant la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine, (décembre 1991 .)" (Wikipedia) Ce n'est que par la suite, que de tels ensembles tendent à se dissoudre, en phase équinoxiale. Autant dire qu'il convient de ne pas s'en tenir à des diagnostics trop abrupts en matière de géopolitique, les choses ne se défaisant que progressivement non sans possibilité de retour en arrière, ce qui est propre à toute cyclicité. . JHB 07 06 23

jacques halbronn Le triple échec du judaisme contemporain

jacques halbronn Le triple échec du judaisme contemporain En ce début de XXIe siècle, il est temps de souligner les divers échecs et les occasions manquées dont le judaisme aura été victime et qui auront miné son processus de renaissance (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle Ed Ramkat 2002) et cela à plusieurs titres, linguistique, religieux, politique. I La « renaissance de l’hébreu » Ceux qui ont présidé à cette reprise de l’hébreu n’auront pas su réformer une langue qui aura connu bien des avatars. Nous avons montré qu’il y avait eu une forme d’incurie et une occasion manquée d’évacuer certaines scories. On pense notamment au marqueur de genre. On n’aurait pas dû raisonnablement laisser en circulation cette aberration du « At.Ata », où la forme « Ata » désigne un homme et non une femme!, ce qui va infecter l’imparfait bâti avec les pronoms personnels. Pourtant, on aurait pu croire que l’hébreu aurait pu/su être particulièrement attentif aux marqueurs de genre quand on sait que la conjugaison du verbe varie selon le sexe de l’interlocuteur:(Tahshov (M), Tahshevi (F), tu penseras) Le fait d’avoir voulu préserver l’alphabet hébraique au lieu d’adopter l’alphabet latin, comme a su le faire le turc, ne convenait pas vraiment dans la perspective d’une immigration de masse en provenance de pays dont les ressortissants européens pratiquaient l’alphabet latin ou le cyrillique. En tout état de cause, le français aurait été la meilleure solution en ce que cette langue aura su préserver une certaine intégrité dans son rapport Ecrit/oral sans parler de son influence sur l’anglais et l’allemand (comme nous l’avons montré dans notre travail sur l’Etat Juif d Herzl (cf le sionisme et ses avatars, Ibidem, op.cit). On ne peut que regretter que l’on ait accordé le mandat sur la Palestine au Royaume Uni.(cf Déclaration Bafour, 1917, beaucoup trop dépendant du monde arabe et qui cédera in fin à leur pression pour limiter l’arrivée des juifs en Palestine..Par la suite, l’arrivée des juifs d’Afrique du Nord, de culture francophone ne fera que mettre en évidence une telle attribution. Pour nous, d’ailleurs, le lien entre l’hébreu et le monde juif ne doit pas être exagéré. I(cf infra) II La « critique biblique » Un autre point à signaler concerne déjà en soi le choix du nom « Israel » pour désigner le nouvel Etat Hébreu. C’est bien là le symptome d’une méconnaissance de l’histoire juive du temps de Salomon et des Prophétes. La formule « Ecoute Israel » nous rappelait pourtant à quel point le monde israélite était en rupture avec le monde juif. Le processus de réforme du judaisme – le mouvement dit libéral- aura perpétué une telle confusion dans sa liturgie hebdomadaire, un tel syncrétisme alors qu’il était censé réformer. Ce judaisme n’aura pas su notamment prendre ses distances avec le Livre de l’Exode tout entier tourné vers le Monde israélite, les « Benay Israel ». Ce faisant, les rapports entre judaisme et christianisme n’ont pu trouver de références appropriées, étant entendu que le christianisme s’inscrit, selon nous, dans la continuité de l’israélisme d’où la formule attribuée à Jésus:: « Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d’Israel » et son action dans la région correspondant au dit Royaume d’Israel, comme le Lac de Tibériade, la Galilée et la Samarie. En fait, la dénomination » Ancien Testament » reléve d’une littérature largement antidaté,produite pour sous tendre le « Nouveau Testament ». III Le rassemblement des Juifs. Quant à l’idée « sioniste » d’un rassemblement des juifs sur une seule et même terre. En tout état de cause, la création d’un Foyer Juif en Palestine n’aura pas empéché la mise en oeuvre de la Shoah , de la Solution Finale, alors que les Britanniques s’étaient engagés à protéger les Juifs.(cf Déclaration Balfour); Mais l’on sait que les Evangélistes américains tenaient absolument que les Juifs se retrouvent en Palestine pour que certaines prophéties puissent se réaliser. (cf Le sionisme chrétien : paroles de romantiques, épées de combattants, influence d’évangélistes Frédéric Encel. Dans Hérodote 2005/4 (no 119), pages 41 à 4)7 Lord Balfour à Lord Rothschild, 1917 « J’ai le grand plaisir de vous transmettre, de la part du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration suivante de sympathie avec les aspirations juives sionistes, qui a été soumise au cabinet et approuvée par lui. Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour les Juifs et fera tout ce qui est en son pouvoir pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, soit aux droits et au statut politique dont les Juifs disposent dans tout autre pays. Je vous serais obligé de porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste ». Rappelons que la France aura été le pays de l’Emancipation des Juifs d’Europe (cf Abbé Grégoire, Motion en faveur des Juifs, décembre 1789) On peut regretter que des puissances coloniales telles que la France et la Grande Bretagne ne soient parvenus à accueillir les juifs d’Euroe menacés en leurs immenses terreitoires (cf le projet Madagascar et aussi l’affaire de l’Exodus) Rappelons que Herzl avait accepté en 1903 la proposition britannique sur l’Ouganda et que la création de l’Etat d’Israel faillit bien conduire à une continuation du génocide de la part des Arabes. Wikipedial Finalement « le septième Congrès Sioniste, qui se réunit en 1905, rejette le projet dans son ensemble, à une forte majorité, se référant au fait que « toute tentative d’implantation en dehors de la Terre d’Israël va à l’encontre des principes décidés à Bâle Le projet Ouganda soulève une vive et amère opposition au sein du mouvement sioniste. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme une trahison envers la terre d’Israël, unique patrie du peuple juif. L’« affaire Ouganda » provoque une scission au sein du mouvement sioniste. Certains des adeptes du projet quittent le Congrès et l’Organisation sioniste mondiale et fondent le mouvement territorialiste. » Encore une occasion manquée! JHB 07 06 23

Jacques Halbronn Linguistique. L'orthographe, interface entre l'écrit et...