LA REVUE ASTRO-PROPHETIQUE
Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
vendredi 6 mars 2026
jacques halbronn Critique astrologique: le dispositif des maitrises/trônes dans la Tétrabible de Ptolémée. (IIe siècle après JC)
jacques halbronn Critique astrologique: le dispositif des maitrises/trônes dans la Tétrabible de Ptolémée. (IIe siècle après JC)
Il y a 50 ans, dans Clefs pour l'Astrologie, nous avions consacré une grande partie du texte au décryptage des "rulerships' , un peu à la façon d'une Lisa Morpurgo (1974 Introduction à la Nouvelle Astrologie; Ed Hachette).(cf aussi nos Mathématiques Divinatoires, Ed Trédaniel -Grande Conjonction, 1983). Nous n'avions pas abordé correctement la diachronie d'une telle présentation, axée sur le septénaire planétaire (Repris dans les 7 jours de la semaine). En fait, il aurait fallu exclure Saturne du dit dispositif puisque pour nous Saturne était le curseur principal (à l'instar du soleil en astrologie "solaire") Or, un curseur (un prometteur, selon la terminologie des "directions) ne saurait être mis sur le même plan que les "significateurs" Nous proposons ci après une reconstitution du dispositif original axé sur la dialectique des luminaires; le Soleil et le solstice d'Eté (cancer-lion) et la Lune et le solstice d'Hiver (capricorne/verseau) Selon la description du Tetrabiblos, il est pourtant évident que les deux luminaitee étaient vouées à s'opposer et non à se joindre au sein d'une même saison)/
Tétrabible (traduction Nicolas Bourdin)
"Il est certain que le Soleil a la vertu d’échauffer et
de dessécher modérément. Ses effets se reconnaissent
très facilement en raison de sa grandeur et des évidentes
mutations qu’il cause dans les saisons de l’année,
car plus il se trouve proche du zénith plus il nous
donne de chaleur et de sécheresse. Quant à la Lune,
elle excelle en humidité, parce qu’elle est plus proche
de la Terre et plus voisine des humides vapeurs. Aussi
voit-on clairement qu’elle affecte les corps, leur donnant
une mollesse suivie le plus souvent d’une pourriture
qu’elle a coutume d’engendrer. Elle ne laisse
pas néanmoins d’échauffer quelque peu, à cause de la
lumière qu’elle tire du Soleil"
Bel exemple d'incohérence et de compilation de cette Tétrabible!
Par la suite, on aura voulu ,par erreur, introduire Saturne au sein du dit dispositif, ce qui conduisit faire passer la lune de l'hiver à l'Eté! Dès lors, on avait les luminaires n'occupant qu'un seul signe à la différence de Mercure, Vénus, mars et Jupiter. Mais alors on générait un déséquilibre avec Saturne tout seul face aux deux luminaires, aux deux extrémités du dispositif. Ce déséqulibre sera corrigé au XIXe siècle, quand on attribuera la nouvelle planéte baptisée Uranus, au signe du Verseau, générant ainsi un couple Soleil-Lune face au couple Saturne-Uranus. Dispositif qui sera à nouveau remis en cause après 1846 et la découverte de Neptune qui sera associé au signe des Poissons, venant après celui du Verseau. Des spéculations transneptuniennes suivront au début du XXe siècle avec l'école de Hambourg puis après 1930, autour de Pluton et des transplutoniennes.
En fait, la division en 12 de l'écliptique n'est jamais que la multiplication de 4 planétes plus 2 luminaires ( luminaires, Mercure Vénus, Mars et Jupiter) par deux (doubles domiciles, diurne et nocturne, cf les lettres doubles dans le Sefer Yetsira (livre de la Formation/Création et notre étude dans Clefs pour l'Astrologie. Ed Seghers 1976 où nous signalons que la grammaire hébrapique ne comporte que Six lettres doubles, le Resh n'en faisant pas partie))à partir du moment où l'on écarte Saturne de cette roue et que l'on instaure un axe Soleil-Lune. Il est aberrant d'associer les deux luminaires à une même saison., ce qui est incompatible avec une logique météorologique. Le Soleil ne saurait correspondre à l'Hiver et à la Nuit ni la lune à l'Eté ou au Jour! Le passage du 6 au 7 est dû à l'introduction indue de Saturne. Ce qui prête à confusion tient au fait que chaque phase de Saturne et de la Lune donne le chiffre 7 (28/4) De même, le fait qu'il y ait 12 conjonctions (lunaisons) Soleil- Lune n'est pas la cause de l'importance accordée au 12. Dans notre article "Astrologie", dans l'Encyclopaedia Universalis (1993/2006), nous avions souligné les liens entre le symbolisme zodiacal et la dimension mythologique des astres qui étaient assignés aux signes, notamment en montrant que les Gémeaux avaient une valeur non pas mercurienne mais vénusienne (tout comme d'ailleurs la Vierge, autre signe présenté comme mercurien!), ce qui était déjà la marque d'une corruption.
Essayons de restituer les stades de formation du Zodiaque. Dans un premier temps, un dispositif à 4 planétes(Mercure, Vénus, Mars et Jupiuter) et 2 luminaires placés aux antipodes (cf Le collectif Soleil Lune, dirigé par André Barbault) puis adjonction de Saturne qui conduit à placer la Lune avec le Soleil et donc Saturne à l'opposé de la Lune!.
Selon nous, les 12 signes sont issus d'un tel dispositif diurne-nocturne soit 4x2 + 2x2/. On devrait se contenter par conséquent de ne retenir que les attributions astro-mythologiques sans tenir compte du symbolisme zodiacal stricto sensu qui n'est qu'un épiphénoméne. On retiendra surtout la place des 4 planétes disposées initialement entre les deux luminaires, ces 4 planétes se dédoublant (diurne (soleil)- nocturne(lune), ce qui recoupe notre astrologie septénale où chaque période de 7 ans se divise en deux temps de 3 ans et demi ( Hessed lié à la Lune, Din au Soleil)
En fait, tout indique que la dénomination des signes s'est produite à une époque où l'on plaçait Vénus plus près du Soleil que Mercure. En ce qui concerne Mercure, la balance et le taureau renvoient à une activité commerciale et il est donc ridicule que des astrologues aient cru bon d'associer ces facteurs à la déesse Vénus! Par ailleurs, il est clair que le symbolisme zodiacal quand il s'est mis en place ne connaissait pas encore Saturne, dont on a dit qu'il avait été rajouté. Le signe du verseau renvoie à une activité ancillaire, celle de l'échanson Ganyméde-(comme le dit Paul Le Cour dans son ouvrage sur l'Ere du Verseau) Si le soleil correspond au maître, le verseau correspond au serviteur, ce qui correspond à la Lune. Quant au capricorne, il désigne Amalthée, une nourrice, donc une domestique.
Amalthée, mère nourricière de Zeus, un mythe du Capricorne
Publié par Viviane Caroline
L'éducation de Jupiter (1652) - Jacob Jordaens (1593-1678)
JHB 06 03 26
Jacques halbronn L'astrologie selon Kepler et Jakob Böhme/
Jacques halbronn L'astrologie selon Kepler et Jakob Böhme/
Dans les premières années du XVIIe siècle, deux auteurs liés au monde germanique viennent au secours de l'astrologie , Kepler et Böhm. Dans les années 1630, Descartes rejettera dans son Discours de la Méthode cette "science" en ne lui voyant aucun avenir.(sous l'influence de Mersenne et de Gassendi)
En 1800, 200 ans après la première publication, Louis Claude de Saint Martin publiait une traduction française l'Aurore Naissante de Jacob Böhme."L'Aurore naissante, ou la Racine de la philosophie, de l'astrologie et de la théologie... Traduit de l'allemand, de Jacob Bêhme, sur l'édition d'Amsterdam, de 1602, par le philosophe inconnu (L.-C. de Saint-Martin).(sur Gallica)
. L'oeuvre de Böhme nous a longtemps échappé et nous ne l'avons point mentionnée dans nos travaux alors qu'en 1800, en était parue une traduction françiase de son Aurore Naissante, avec un sous titre se référant explicitement à l'Astrologie. (cf nos Recherches sur l'Astrologie et le Tarot avec L'astrologie du Livre de Toth d'Etteilla (1785)
Pour Bölm, le lien entre Théologie et Astrologie était incontournable bien qu'il reconnaisse ne pas avoir étudié l'Astrologie en profondeur. Quant à Kepler, l'astrologie doit être sérieusement réformée..(cf Jacques halbronn) « Les historiens des sciences face à l'activité astrologique de Kepler ... Bordeaux, 1979, Paris, Bibliothèque Nationale; 1979 Gérard Simon Kepler, astronome, astrologue.
En 1946, Robert Amadou avait publié un ouvrage sur Böhm (1946, Ed Du Griffon d'Or)— ‘Malgré l'enseignement d'Antoine Faivre, à l'EPHE Ve section, à partir de 1986 et la fréquentation de Robert Amadou) nous étions restés étrangers à l'oeuvre de Böhme quant à son rapport à l'astrologie (cf l' Avant-propos’ de Faivre, in "Jacob Böhme", Paris, Albin Michel (‘Cahiers de l’Hermétisme’), 1977, 9. En collaboration avec Frédérick Tristan.) Pour Böhme, il fallait attendre quelque révélation par le truchement du Saint Esprit pour recevoir les clefs de l'Astrologie.
JHB 06 02 26
Mariel Mazzocco La réception d’un penseur énigmatique (Jakob Böhme)
Mariel Mazzocco
La réception d’un penseur énigmatique (Jakob Böhme)
1 Jacob Boehme, L’aurore naissante, ou la racine de la philosophie, de l’astrologie et de la théologi (...)
1En 1800, dans sa préface à la première édition française de l’Aurora de Jacob Boehme, Louis Claude de Saint-Martin avouait que la doctrine du théosophe allemand « pénètre dans des régions où nos langues manquent si souvent de mots pour s’exprimer »1.
2 Saint-Martin s’était servi de l’édition allemande des œuvres de Boehme parue en 1682 à Amsterdam. U (...)
3 Louis-Claude de Saint-Martin, Mon portrait historique et philosophique (1789-1803), 427, Paris, R. (...)
2C’est durant un long séjour à Strasbourg vers la fin du xviiie siècle que Saint-Martin, dit le Philosophe Inconnu, avait découvert l’œuvre du Philosophus Teutonicus. Séduit par la dimension métaphysique de Boehme, Saint-Martin se lança dans une entreprise à la fois compliquée et délicate : traduire les livres du cordonnier mystique de Görlitz. Il se consacra à cette tâche avec un tel enthousiasme qu’il dut interrompre momentanément la rédaction de ses propres ouvrages pour se dédier exclusivement au travail de traduction2. L’auteur de L’homme de désir et de Ecce homo trouva dans les écrits de Boehme des convergences avec sa propre pensée, notamment au sujet de l’accès à la connaissance divine. Plongé dans ces écrits mystiques, le fondateur du Martinisme vit une saison spirituelle très féconde et entre dans la « paix de la régénération », qui était, d’après le penseur allemand, indispensable pour atteindre la Divinité. « Malheur à celui qui ne fonde pas son édifice spirituel sur la base solide de son cœur en perpétuelle purification et immolation par le feu sacré, écrivait Saint-Martin dans son Portrait historique et philosophique3, c’est à mon incomparable Boehme que je dois d’avoir fait cette réflexion sur moi-même ».
4 À ce propos, voir par exemple P. Laubriet, L’intelligence de l’Art chez Balzac, Genève, Slatkine, 1 (...)
3Saint-Martin prit ainsi la décision de rendre accessible au public français les puissantes thèses métaphysiques du théosophe allemand. Dans l’espace de quatre ans il avait traduit quatre ouvrages. Deux seront publiés du vivant de Saint-Martin (« L’Aurore naissante » en 1800 et « Des trois principes de l’essence divine » en 1802), les deux autres à titre posthume (« Quarante questions sur l’origine, l’essence, l’être, la nature et la propriété de l’âme » en 1807 et « De la triple vie de l’homme » en 1809). Par l’intermédiaire de Saint-Martin les œuvres de Boehme commencèrent à circuler en France, en alimentant maintes générations d’intellectuels en quête de l’insaisissable, entre autres Honoré de Balzac, qui, déjà influencé par Swedenborg, dans la bibliothèque de sa mère avait découvert les œuvres de Saint-Martin ainsi que sa traduction de Boehme4.
5 L’Aurore naissante, p. 17.
4Il faut donc reconnaître l’immense mérite de Saint-Martin concernant la diffusion de la pensée du cordonnier de Görlitz en France, d’autant plus qu’au fil des siècles personne n’a plus eu le courage d’entreprendre une nouvelle traduction française de l’Aurora. Nous devons d’ailleurs admettre que la langue de Boehme est particulièrement difficile ; Saint-Martin lui-même avouait avoir choisi de « faire une traduction exacte et fidèle, plutôt qu’une traduction élégante »5. En outre Boehme était bien connu pour ses créations linguistiques, difficilement traduisibles dans une autre langue. Il suffit d’évoquer des termes tels que Salitter, Turba, Urkund, qui occupaient une place majeure dans l’architecture cosmologique boehmienne.
5Si traduire les œuvres de Jacob Boehme s’avère délicat, l’interprétation de sa doctrine soulève plusieurs questions, souvent difficiles à résoudre d’une manière univoque. Boehme ne pense pas par notions distinctes mais par antithèses et symboles. Sa pensée ne se fige pas, elle est en mouvement, toujours in fieri. Conscient de toutes ces difficultés, en 1802, dans le Ministère de l’homme-esprit, Saint-Martin se sentait en devoir de mettre en garde le lecteur :
6 Louis-Claude de Saint-Martin, Le ministère de l’homme-esprit, Paris, Migneret, 1802, p. 29-31. Voir (...)
Je croirai rendre un service au lecteur en l’engageant à faire connaissance avec cet Auteur ; mais en l’invitant surtout à s’armer de patience et de courage pour n’être pas rebuté par la forme peu régulière de ses ouvrages, par l’extrême abstraction des matières qu’il traite, et par la difficulté qu’il avoue lui-même avoir eue à rendre ses idées, puisque la plupart des matières en question n’ont point de noms analogues dans nos langues connues. […] Lecteur, si tu te détermines à puiser courageusement dans les ouvrages de cet auteur, qui n’est jugé par les savants dans l’ordre humain, que comme un épileptique, tu n’auras sûrement pas besoin des miens6.
7 Voir G. W. F. Hegel, Vorlesungen über die Geschichte der Philosophie, in Werke, éd. E. Moldenhauer (...)
8 Cf. Franz von Baader, Vorlesungen über Jacob Böhmes Theologumena und Philosophema, in Sämtliche Wer (...)
9 Alexandre Koyré, La philosophie de Jacob Boehme, Paris, Vrin, 1971 (2e éd.), p. XV.
6Abstraits et paradoxaux, ces ouvrages se prêtent à des interprétations divergentes. Considéré à la fois comme « le premier philosophe allemand »7 et un grand philosophe chrétien8, un idéaliste et un panthéiste, Boehme demeure encore aujourd’hui l’« un des penseurs les plus énigmatiques de l’univers »9.
10 Émile Boutroux, Le philosophe allemand Jacob Boehme, Paris, F. Alcan éditeur, 1888, p. 5.
11 Honoré de Balzac, Histoire intellectuelle de Louis Lambert (1832), XXXI, 81.
12 La philosophie de Jacob Boehme, p. 11.
7Comme l’avait bien saisi Émile Boutroux, l’œuvre de Boehme est « un mélange confus de théologie abstruse, d’alchimie, de spéculations sur l’insaisissable et l’incompréhensible, de poésie fantastique et d’effusions mystiques : c’est un chaos étincelant »10. D’ailleurs déjà Balzac avouait aimer à se plonger dans ce « monde mystérieux, invisible aux sens où chacun se plaît à vivre, soit qu’il se le représente sous la forme indéfinie de l’avenir, soit qu’il le revête des puissantes formes de la Fable »11. En outre, comme le remarquait Koyré, étudier Boehme est particulièrement difficile car « chacune de ses œuvres est une exposition complète de tout son système ; et les redites sont aussi fréquentes que les contradictions »12.
8Pour tenter d’éclairer l’énigmatique pensée du Philosophus teutonicus il faudrait plutôt s’insérer dans le sillage des écrivains mystiques (notamment Angelus Silesius et Emmanuel Swedenborg, ainsi que Saint-Martin) qui avaient su déceler son message secret. Ce message, caché dans les replis clairs obscurs d’une écriture souvent difficile et d’une doctrine parfois contradictoire, consiste dans le thème de la régénération (Wiedergeburt) de l’homme qui est au cœur de l’anthroposophie de Boehme. Par rapport à une cosmologie et une théologie confuses, dont le langage d’inspiration paracelsiste dérange le lecteur moderne, sa réflexion anthropologique anime la quête identitaire de l’homme déchiré entre le bien et le mal. Écriture d’un non-lieu, l’œuvre de Boehme ne saurait que l’esquisse d’une topographie de l’âme perdue dans les chemins invisibles du ciel ou égarée dans les ténèbres.
9Laissons donc en arrière-plan le spectacle de l’univers peint par le théosophe allemand, et assistons à celui plus intime qui se consomme sur la scène de l’esprit, au fond du cœur.
Lumières et ténèbres : deux mondes inconciliables ?
13 Voir L’Aurore naissante, XVI, 26, p. 269 : « Quand tous les arbres seraient des écrivains ; toutes (...)
14 J. Boehme, Mysterium Magnum (1623), trad. fr. S. Jankélévitch, Paris, Aubier, 1945, ch. 28, p. 335.
15 Saint Augustin, De natura boni, I, 17 : « Non ergo mala est, in quantum natura est, ulla natura ; s (...)
16 Voir Pierre de Bérulle, Œuvres de piété, n° 227, Œuvres complètes, vol. IV, Paris, Cerf, 1996, p. 1 (...)
17 Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie, p. 1310.
10La question de l’origine du mal dans l’œuvre de Boehme est très compliquée, voire confuse. S’il privilégie la thèse de la chute originelle provoquée par la révolte de l’ange rebelle brisant l’ordre divin13 (à ses yeux, la prévarication d’Adam est donc moins grave), Boehme soutient également que le mal est coexistant à Dieu. Dans la sagesse divine, lumières et ténèbres, amour et colère cohabitent, car Dieu « a introduit ensemble le feu et la lumière, le bien et le mal dans le Fiat, dans une libre volonté où la volonté peut se former dans le Bien ou le Mal »14. Contrairement à ses prédécesseurs, Valentin Weigel et Sébastien Franck, qui, s’inscrivant dans la tradition augustinienne du mal comme privation du bien15, avaient insisté sur son inconsistance ontologique, Boehme conçoit le mal comme une entité surgie de l’Imagination créatrice divine. Alors qu’au début du xviie siècle, notamment en France avec le courant bérullien, on définissait le péché comme un néant16, Boehme l’inscrit dans la région de l’être. Dans la mesure où Dieu comprend toute chose, le bien et le mal ne sont pas deux mondes inconciliables, au contraire, l’un ne peut être pensé sans l’autre. Comme le remarquait Hegel, Boehme s’efforce de maintenir toutes les choses dans une unité supérieure : « l’unité divine absolue et l’unification de tous les opposés en Dieu »17. L’opposition bien-mal ne suppose pas une séparation ontologique, ce sont plutôt les deux aspects différents mais complémentaires d’une même réalité en mouvement. Sous la plume du cordonnier mystique, la lumière surgit des ténèbres, le mal manifeste le bien :
18 Mysterium Magnum, ch. 8, p. 102.
La force dans la lumière est le feu d’amour de Dieu et la force dans les ténèbres est le feu de l’ire divine et pourtant il ne s’agit que d’un seul feu. Mais il se scinde en deux principes, afin que l’un se manifeste en l’autre. Car la flamme de la colère est la révélation du grand amour ; c’est dans les ténèbres qu’on connaît la lumière, sinon elle ne se manifesterait pas18.
19 N. Berdiaeff, L’Ungrund et la liberté, in Mysterium Magnum, p. 5. Au sujet des éventuelles traces d (...)
20 J. Boehme, Sex puncta theosophica (1620) ; trad. fr. de L.-C. de Saint-Martin, De la base sublime e (...)
11On a considéré Boehme comme « l’un des plus grands gnostiques chrétiens »19. La question certes est complexe, pourtant dans l’œuvre du théosophe allemand il n’y a pas un véritable dualisme ontologique. C’est en tant que principe absolu et origine première de toutes choses que Dieu comprend le mal. « Source de colère et d’amour » Dieu a tout créé « dans une essence créaturelle et figurative, bonne et mauvaise, selon l’éternelle source »20. Ce n’est que virtuellement, et non de manière active, que Dieu contient le mal. Dans son bouillonnement, l’essence divine « imagine » le mal, sans l’incarner. Le mal est un monde possible que seule la volonté créée peut choisir d’habiter. Boehme saisit très bien la misère et la grandeur de la volonté humaine ayant le pouvoir de déformer et noircir l’âme ou de la transformer en un ange de lumière :
21 J. Boehme, Psychologia vera (1620) ; trad. fr. de L.-C. de Saint-Martin, Quarante questions sur l’o (...)
La volonté peut donner à l’esprit même une autre forme, ainsi qu’il suit : quand même l’esprit serait un ange, une image de Dieu, la volonté peut néanmoins faire de lui un démon insensé, de même que d’un démon faire un ange, pourvu qu’il se précipite dans la mort, dans l’humilité sous la croix, et qu’il se plonge de nouveau dans l’esprit de Dieu, en sorte qu’il se soumette à son gouvernement21.
22 P. de Bérulle, Œuvres de piété, n° 168, p. 10.
23 Blaise Pascal, Pensées, pansée 358, éd. Léon Brunschvicg, in Œuvres, vol. XIII, Paris, Hachette, 19 (...)
12En lisant ce passage on ne peut ne pas songer à Pierre de Bérulle, qui, à la même époque, dans ses opuscules de piété écrivait que l’homme « est céleste d’une part et terrestre de l’autre. Il est spirituel d’une part et corporel de l’autre. C’est un ange, c’est un animal ; c’est un néant, c’est un miracle »22. Plus connue est la célèbre pensée de Pascal, qui dans des termes semblables (il connaissait les œuvres complètes de Bérulle éditées par Bourgoing en 1644) chantait l’homme « ni ange ni bête »23.
24 Courte explication des six points, in De la base sublime et profonde des six points, p. 443.
25 Voir en particulier Paracelse, Philosophia sagax, livre II, § 2, in Œuvres, éd. Huser, Bâle, 1589, (...)
26 Quarante questions, 18, 3, p. 165.
13D’après Boehme « la vie humaine est l’angle entre la lumière et la ténèbre ; celui auquel elle se donne, est celui dans lequel elle brûle »24. Si l’âme demeure dans l’extérieur, elle est dans « l’enfer ». Il faut donc regarder ailleurs, se réfugier dans les recoins secrets du cœur, car le paradis se cache au fond de l’âme. L’âme peut donc choisir où aller, si entrer en elle-même et trouver le paradis, ou sortir à l’extérieur et habiter l’enfer. Mais comment trouver le Paradis sans s’égarer dans le labyrinthe obscur du mal ? Influencé par Paracelse25, le théosophe allemand soutient que l’âme, en tant qu’« image de l’universel », est un microcosme et un « microtheos » qui englobe l’univers et Dieu. Dans l’œuvre de Boehme tout est un jeu de reflets et de miroirs, car « tous les êtres sont magiques » (alle wesen magisch sind), et « l’un est le miroir de l’autre »26. Enfer et Paradis ne se trouvent pas ailleurs, ils sont coextensifs à l’espace, immanents à l’univers intérieur ainsi qu’au monde extérieur qui scelle les vestiges d’un Dieu présent en tout.
27 Voir J. Boehme, Epistolae theosophicae (1618-1624), XVIII, 13 ; trad. fr., de B. Gorceix, Les Épîtr (...)
28 L’Aurore naissante, XXV, 19-20, p. 422.
29 J. Boehme, De Tribus Principiis (1619) : « Der rechte Himmel, da Gott innen wohnet, ist überall an (...)
30 Voir Valentin Weigel, Vom Ort der Welt (Hall in Sachsen, 1613) chap. X et XIV, où Valentin Weigel d (...)
31 Quarante questions, XXI, 20, p. 181.
14La notion d’espace est très importante dans l’œuvre du théosophe de Görlitz. En 1612, dans l’Aurora, son premier traité « conçu dans un esprit presque magique »27, Boehme avouait que personne ne peut savoir combien est « étendu et profond le lieu de ce monde », et il ajoutait que « le vrai ciel est par-tout, dans ce temps actuel » ainsi que « la maison de la colère de l’enfer »28. En 1619 il revient sur cette thèse dans le traité De Tribus Principiis, précisant que « le vrai ciel où Dieu demeure est partout en tout lieu, ainsi qu’au milieu de la terre. Il comprend l’enfer où le démon demeure, et il n’y a rien hors de Dieu »29. Une année plus tard, en 1620, probablement inspiré par les thèses Weigeliennes30, Boehme écrit encore que « chaque âme est dans sa propre contrée [lande], et n’est point liée à la place [Stelle] qu’occupe le corps ; mais elle peut aller où elle veut. Quelque part où elle soit, elle est ou dans Dieu, ou dans les ténèbres »31.
15Il ne faut donc pas aller loin pour trouver le Paradis :
32 L’Aurore naissante, p. 315 (Aurora, XIX, 23-24 : « Wenn du deine Gedanken von dem Himmel fassest, w (...)
Si vous voulez considérer ce qu’est le ciel, où il est, ou bien comment il est ; vous n’avez pas besoin d’élancer votre pensée à plusieurs milliers de milles d’ici. Car cet espace ou ce ciel n’est pas votre ciel […] Car le vrai ciel est par-tout, même dans le lieu où vous êtes et où vous marchez. Lorsque votre esprit atteint la génération la plus intérieure de Dieu, et qu’il pénètre au travers de la génération sidérique et charnelle, dès-lors il est dans le ciel32.
16En lisant ce beau passage de l’Aurora on songe immédiatement au célèbre distique de Silesius :
33 Angelus Silesius, Pèlerin chérubinique (Cherubinischer Wandersmann), trad. fr. de H. Plard, Paris, (...)
I,82. Le ciel est en toi.
Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi :
et chercher Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours33.
34 À ce propos nous renvoyons à Jean Orcibal, La Formation spirituelle d’Angelus Silesius (1624-1677). (...)
35 En ce qui concerne le thème de la transmutation spirituelle d’inspiration alchimiste, voir notammen (...)
36 Pèlerin chérubinique, I, 205, p. 92-93 : « Der Ort ist dass Wort. Der ort und’s Wort ist Eins, und (...)
37 L’Aurore naissante, XXIII, 71, p. 400.
17Par ces mots, et bien d’autres éparpillés dans le Cherubinischer Wandersmann, l’on mesure l’influence de Boehme sur Silesius34. On sait que le mystique silesien avait commencé à lire l’œuvre du Philosophus Teutonicus durant son séjour en Hollande et cette influence s’était exercée encore à Oels, où Frankenberg, le biographe de Boehme, lui avait parlé de son maître. Sous la plume du poète baroque allemand nous retrouvons quelques-unes des idées caractérisant la pensée spirituelle de Boehme35. Pour tous les deux « le lieu est Dieu »36 et cet espace lui-même se trouve dans l’âme. Nul besoin alors de chercher le ciel : « Il est dans notre cœur. Ouvrez-le seulement : la clef vous en est montrée ici »37.
Une renaissance magique
18Pourtant Boehme est contraint de reconnaître que la plupart des gens ne trouvent pas ce chemin vers le ciel et préfèrent se confondre dans la turba. D’après lui pour habiter les régions de la Divinité il faut s’ouvrir à Dieu, choisir une autre vie et se transformer. Comment atteindre cette régénération ? Et, surtout, pourquoi est-elle indispensable aux yeux du luthérien Jacob Boehme alors que selon la position de Martin Luther par son sacrifice sanglant le Christ avait obtenu le pardon des péchés ? Böhme ne veut sans doute pas nier l’efficacité de la justification : l’homme ne suffit pas à soi et ne peut pas se passer de la Grâce, mais pour s’avérer efficace la Grâce ne doit pas être acceptée passivement, mais activement. Si l’œuvre du salut n’est plus à attendre, néanmoins pour renaître en Jésus-Christ il faut que l’homme s’ouvre à l’Autre et se libère de la pesanteur du « moi » afin de laisser à l’Esprit la possibilité de le régénérer.
38 J. Boehme, De signatura rerum (1622), De la signature des choses, trad. fr. P. Deghaye, Paris, Gras (...)
39 De la signature des choses, VII, ch., p. 124.
40 Courte explication des six points, p. 440.
41 Ibid., p. 454.
19Ainsi par ses écrits le cordonnier mystique souhaitait allumer « la faim de l’âme avide de naître de nouveau »38. Il s’agit de mourir à soi pour renaître dans le Christ. Cette renaissance est souvent décrite par le biais d’images empruntées à la doctrine alchimiste. La régénération de l’âme est assimilée à la transmutation des métaux. Tel un « mage alchimiste »39, l’homme doit faire en sorte que l’élément divin se répande dans l’organisme spirituel : l’âme n’étant qu’un « feu magique »40, elle peut brûler et se changer en or. S’exprimant en termes d’alchimie spirituelle, le théosophe conçoit la transformation intérieure de l’âme comme relevant d’une opération quasi magique. Le mot Magie en effet occupe un rôle important dans l’œuvre de Boehme. Mais qu’est-ce que la magie ? « La vraie magie n’est aucun être – explique-t-il – mais l’esprit désirant l’être »41.
42 Cf. La philosophie de Jacob Boehme, p. 481-482.
43 De la signature des choses, VIII, 11, p. 146.
20Selon Boehme la puissance magique par excellence est l’imagination (Einbildung), car elle peut transformer l’âme dans l’image qu’elle imite. Koyré écrivait que l’Imaginatio est une puissance plastique qui coule l’homme dans la forme imaginée par lui42. Dans l’imitatio Christi l’homme incarne en lui l’image de la Divinité, et dans cette image (vorbild) désirée, il reconstruit sa propre identité. On dira alors, d’après la formule de Boehme, que « tout naît par l’imagination et le désir »43.
44 Augustin, Enarrationes in Psalmos, In Psalmo 30, Sermo 3, chap. 11, PL 36, col. 254.
45 J. Tauler, Sermons, Paris, Éd. du Cerf, 1991, p. 71.
21Le processus de régénération est une opération constructive, transformante, et non destructive ou annihilante. Bien qu’il reprenne le thème de la mort spirituelle, la Gelassenheit, cher à la mystique allemande, Boehme ne conçoit pas la renaissance de l’âme en termes d’anéantissement. D’une certaine manière il rompt avec la tradition rhéno-flamande qui, s’inspirant de l’adage augustinien Funde ut implearis44 invitait l’homme à s’anéantir pour être rempli de l’essence divine. C’est le cas notamment de Tauler, que Boehme connaissait par l’intermédiaire de Weigel : dans ses sermons il avait montré quel degré d’« anéantissement illimité »45 il faillait atteindre pour être possédé par la Divinité.
46 Œuvres de piété, n° 168, p. 10. Voir aussi La Perle évangélique (1602), éd. D. Vidal, Grenoble, J. (...)
47 Selon la formule employée par l’abbé Bremond dans son Histoire littéraire du sentiment religieux en (...)
48 Courte explication des six points, p. 443.
49 Voir par exemple Tauler, Sermons, p. 356.
50 Sur la doctrine de ces auteurs nous renvoyons à A. Koyré, Mystiques, spirituels, alchimistes du xvi (...)
22À la même époque de Boehme, le cardinal de Bérulle, inspiré par la lecture de la Perle Évangélique, abordait le thème délicat du « néant capable de Dieu »46. Alors qu’en France, au début du xviie siècle, « l’invasion mystique »47 avait décrété le succès du langage abstrait nihiliste, à Görlitz le cordonnier mystique faisait preuve d’originalité. Si l’âme se « donne dans un rien (ou l’abnégation absolue), écrivait-il en 1620, alors elle est dénuée de désir »48. Ce rejet du thème de l’anéantissement a des enjeux importants. Si les mystiques du Nord se plaisaient à invoquer l’abîme sans fond49 (abgrund), Boehme préfère chercher un Dieu vivant se répandant dans le monde. Pendant les sept années de silence où on lui avait interdit d’écrire suite à la condamnation de l’Aurora le 30 juillet 1613, il avait plongé dans la lecture de Paracelse, Kaspar Schwenkfeld, Sébastian Franck et Valentin Weigel50.
51 Maître Eckhart, Deutsche Predigten und Traktate, éd. J. Quint, Munich, Hanser Verlag, 1995, Predigt (...)
23Par l’intermédiaire de Franck et Weigel, c’est avec les grands mystiques rhéno-flamands (Eckhart, Tauler, Ruusbroec) qu’il était entré en contact. Pourtant si ces lectures le marquent, c’est pour s’en distinguer. Certes, il puise dans le langage de la mystique abstraite, mais il réinterprète le sens des mots et des notions à sa façon. S’inscrivant dans la tradition apophatique du Pseudo-Denys, Maître Eckhart et ses disciples (Tauler et Suso) avaient considéré le « Néant surressentiel »51 (überseiende Nichtheit) la sublime expression de la Divinité. C’est justement cette primauté du Rien sur l’Être que Boehme conteste.
52 Idem, Sermons, vol. 3, Sermon 71, p. 75. Voir aussi Die Predigten Taulers, éd. Ferdinand Vetter, Be (...)
53 Psychologia vera, I,16 : « Also siehet der Ungrund in sich und findet sich selber » (voir Quarante (...)
54 Mysterium Magnum, I, 2, vol. 1, p. 55. Sur ce « sans fond » qui est « un éternel rien », voir aussi (...)
55 Von des Menschwerdung Jesu Christi (1620), II, 1-8.
24Si pour le Maître Thuringien « ce néant était Dieu »52, pour le Philosophus Teutonicus l’abîme sans fond n’est qu’un germe de l’Absolu. Employé pour la première fois dans la Psychologia vera, le mot ungrund53 indique la source primitive, l’absolu, origine de toute chose. Cependant le sans-fond, qui est un éternel rien, ne peut pas être la meilleure expression de la Divinité, car il est caractérisé par une absence totale de détermination. Bref, le « Rien éternel » (ein ewig Nichts)54, indéterminé, aux yeux de Boehme n’est pas Dieu. Il ne possède aucune essence (wesen) et ne comporte ni lumière ni ténèbres : il est avant tout une « magie », écrit-il dans le De Incarnatione Verbi55.
56 Mysterium Magnum, V, 12, vol. 1, p. 63. Au sujet de la génération éternelle de Dieu, voir P. Deghay (...)
25La Divinité doit surgir de l’abîme. Le cordonnier mystique aborde cette question dans son ouvrage le plus systématique, Mysterium magnum, composé en 1623. « Le Néant, remarque Boehme, a faim du Quelque chose (Nichts hungert nach dem Etwas), et la faim est le désir, sous la forme du premier Verbum fiat »56. Le Rien doit donc se fixer dans quelque chose.
26Cette dialectique du désir est le moteur d’un devenir divin. Boehme ne paralyse pas la Divinité dans le vide. Le Dieu de Boehme n’est pas détaché du monde, mais c’est un Dieu personnel caractérisé par un dynamisme secret. Dieu évolue intemporellement, Il est vivant, Il se développe dans l’infini ainsi que dans le monde qui nous environne. Le corps spirituel de Dieu est partout. L’espace est en Dieu et Dieu dans chaque point de l’espace. On a accusé Boehme de panthéisme, sans comprendre qu’en réalité pour le cordonnier de Görlitz Dieu est partout et nulle part, car il est immanent et transcendant à la fois l’univers.
57 Cf. De electione gratiæ (1623), I, 21.
27Pourquoi rentrer dans le brouillard de l’inconnaissance alors que Dieu se manifeste dans le monde ? Le monde est une expression de Dieu, les créatures, les animaux, la nature sont des Signatura où résonne le Verbe divin. Et si l’homme veut vraiment connaître Dieu en soi, dans son essence, Boehme donne ce conseil : « enlève la nature et la créature, ce qui reste est Dieu en soi »57.
58 Gerhard Wehr, Jakob Böhme in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Hamburg, Rowohlt, 1971 (trad. fr. (...)
28Le vide n’est pas le lieu de la rencontre entre Dieu et l’âme. Le refus d’un dieu Néant a des conséquences importantes sur l’anthropologie boehmienne. L’âme n’est pas appelée à s’anéantir pour se perdre dans l’abîme sans fond de la Divinité où les distinctions se raréfient jusqu’à disparaître. Il n’y a pas chez Boehme une mystique de la fusion en Dieu, ni une absorption identitaire dans le fond de l’âme. L’homme n’est pas invité à s’abandonner passivement à une volonté divine imperscrutable, mais à oser un changement radical de son existence. Animé par le désir d’aller au-delà de ses limites, « l’homme est en devenir »58.
59 Voir Marguerite Porete, Le miroir des simples âmes anéanties, Grenoble, J. Millon, 1991, p. 88 et 1 (...)
29Alors que les béguines du Moyen Âge invitaient l’âme à perdre son nom59 dans l’essence divine, Boehme encourage l’homme à devenir un « autre », à revivifier l’image céleste afin d’incarner le Christ en terre. L’âme ne doit pas s’anéantir, mais se réaliser ; elle ne doit pas abandonner les limites de sa personnalité, mais revêtir le corps divin dans ce monde.
60 J. Boehme, De triplici vita (1620) ; trad. fr. L.-C. de Saint-Martin, De la Triple vie de l’homme, (...)
30Selon Boehme on renaît dans la chair, et la personne nouvelle qui va surgir au cours de cette renaissance spirituelle est l’homme intérieur (« notre homme secret »60) qui s’est substitué à l’homme extérieur. La régénération dans le Christ est donc un procès de transformation personnelle accomplie dans la foi, dont la visée est de faire revivre l’âme en Dieu et non de disparaître pour être englouti dans le gouffre insondable d’une divinité abstraite. La mystique du théosophe de Görlitz n’est pas une mystique fusionnelle, mais une mystique de la rencontre entre une âme régénérée qui acquiert une nouvelle identité et un Dieu vivant qui remplit le lieu de ce monde ainsi que l’espace spirituel. Enfin l’âme renaît dans l’Autre, en Dieu, qui est partout et nulle part :
61 Quarante questions, XXI, 4, p. 176 ; et quelques lignes plus haut : « Là où elle se trouve elle est (...)
Quand elle cheminerait l’espace de mille milles, elle serait néanmoins dans le point d’où elle serait partie, car dans Dieu il n’y a aucune limite. Près et loin ne sont qu’une même chose. Elle est aussi rapide qu’une pensée des hommes. Elle est magique. Elle demeure dans ses merveilles. C’est là son habitation61.
62 De la signature des choses, XV, 24, p. 304.
31Et dans ces espaces infinis l’âme découvre la liberté de l’Origine, car « celui qui est né au fond de son âme, engendré par le Verbe céleste, se meut librement dans l’éternité »62.
63 Ibid., ch. VIII, 52, p. 157.
32Accablé par l’hostilité de ses adversaires – notamment du pasteur luthérien Gregorius Richter – qui n’avaient pas compris la portée de ses révélations, malgré la censure, l’exil, et toutes les épreuves qu’il avait dû surmonter, le cordonnier mystique de Görlitz demeura néanmoins convaincu que l’homme est en mesure de pouvoir se régénérer et montrer Dieu ; car l’homme d’après Boehme « est un buisson hérissé d’épines meurtrières. Mais parmi ces épines une rose fleurira et elle révélera le trésor caché »63.
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Notes
1 Jacob Boehme, L’aurore naissante, ou la racine de la philosophie, de l’astrologie et de la théologie, traduite par Louis-Claude de Saint-Martin, Paris, Imprimerie de Laran, 2 vol., 1800, avertissement du traducteur (nous ferons ici référence à la réimpression publiée à Milan, chez Archè, collection Sebastiani, en 1977).
2 Saint-Martin s’était servi de l’édition allemande des œuvres de Boehme parue en 1682 à Amsterdam. Une autre édition des œuvres complètes de Boehme avait paru en 1715, puis en 1730, sous le titre Theosophia Revelata. Une réimpression en fac-similé de l’édition de 1730 a été publiée sous le titre Jacob Böhme : Sämtliche Schriften (11 vol.) à Stuttgart en 1955-1961.
3 Louis-Claude de Saint-Martin, Mon portrait historique et philosophique (1789-1803), 427, Paris, R. Julliard, 1961, p. 221.
4 À ce propos, voir par exemple P. Laubriet, L’intelligence de l’Art chez Balzac, Genève, Slatkine, 1980, en particulier le chapitre « La postulation mystique », p. 286-318.
5 L’Aurore naissante, p. 17.
6 Louis-Claude de Saint-Martin, Le ministère de l’homme-esprit, Paris, Migneret, 1802, p. 29-31. Voir aussi la lettre envoyée au baron Kirchberger en 1792 : « C’est avec franchise, monsieur, que je reconnais n’être pas digne de dénouer les cordons des souliers de cet homme étonnant, que je regarde comme la plus grande lumière qui ait paru sur la terre après Celui qui est la lumière même » (La Correspondance inédite de L. C. de Saint-Martin dit le Philosophe Inconnu et Kirchberger, baron de Liebistorf, Ouvrage recueilli et publié par L. Schauer et A. Chuquet, Paris, E. Dentu, 1862, Lettre du 8 février 1792, p. 9).
7 Voir G. W. F. Hegel, Vorlesungen über die Geschichte der Philosophie, in Werke, éd. E. Moldenhauer et K. M. Michel, 20 voll., Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1971-1981, vol. XX, p. 94 ; trad. fr. P. Garniron, Leçons sur l’histoire de la philosophie, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 1985, t. VI, p. 1304. Rappelons que Hegel possédait un exemplaire de l’édition des œuvres complètes de Boehme publiée à Hambourg en 1715.
8 Cf. Franz von Baader, Vorlesungen über Jacob Böhmes Theologumena und Philosophema, in Sämtliche Werke, t. III, Leipzig, 1852, p. 357 suiv.
9 Alexandre Koyré, La philosophie de Jacob Boehme, Paris, Vrin, 1971 (2e éd.), p. XV.
10 Émile Boutroux, Le philosophe allemand Jacob Boehme, Paris, F. Alcan éditeur, 1888, p. 5.
11 Honoré de Balzac, Histoire intellectuelle de Louis Lambert (1832), XXXI, 81.
12 La philosophie de Jacob Boehme, p. 11.
13 Voir L’Aurore naissante, XVI, 26, p. 269 : « Quand tous les arbres seraient des écrivains ; toutes les branches, des plumes ; toutes les montagnes, des livres ; et toutes les eaux, de l’encre, ils ne pourraient pas encore suffire pour décrire la misère et les souffrances que Lucifer avec ses anges a apportées dans la place qu’il occupait ».
14 J. Boehme, Mysterium Magnum (1623), trad. fr. S. Jankélévitch, Paris, Aubier, 1945, ch. 28, p. 335.
15 Saint Augustin, De natura boni, I, 17 : « Non ergo mala est, in quantum natura est, ulla natura ; sed cuique naturae non est malum nisi minui bono. » Voir aussi la définition du mal comme « corruptio vel modi, vel speciei, vel ordinis naturalis ».
16 Voir Pierre de Bérulle, Œuvres de piété, n° 227, Œuvres complètes, vol. IV, Paris, Cerf, 1996, p. 140.
17 Hegel, Leçons sur l’histoire de la philosophie, p. 1310.
18 Mysterium Magnum, ch. 8, p. 102.
19 N. Berdiaeff, L’Ungrund et la liberté, in Mysterium Magnum, p. 5. Au sujet des éventuelles traces de manichéisme et de gnosticisme dans la doctrine de Boehme, cf. F. Ch. Baur, Die christliche Gnosis, Tübingen, 1835, p. 586 suiv. et A. Stöckl, Geschichte der Philosophie des Mittelalters, III, Mainz, 1866, p. 583 et suiv.
20 J. Boehme, Sex puncta theosophica (1620) ; trad. fr. de L.-C. de Saint-Martin, De la base sublime et profonde des six points, Paris, Migneret, 1807, I, 2, p. 331.
21 J. Boehme, Psychologia vera (1620) ; trad. fr. de L.-C. de Saint-Martin, Quarante questions sur l’origine, l’essence, l’être, la nature et la propriété de l’âme, Paris, Migneret, 1807, VI, 14, p. 111.
22 P. de Bérulle, Œuvres de piété, n° 168, p. 10.
23 Blaise Pascal, Pensées, pansée 358, éd. Léon Brunschvicg, in Œuvres, vol. XIII, Paris, Hachette, 1904. Cf. aussi pensée 418 : « Il ne faut pas que l’homme croie qu’il est égal aux bêtes, ni aux anges, ni qu’il ignore l’un et l’autre, mais qu’il sache l’un et l’autre ».
24 Courte explication des six points, in De la base sublime et profonde des six points, p. 443.
25 Voir en particulier Paracelse, Philosophia sagax, livre II, § 2, in Œuvres, éd. Huser, Bâle, 1589, vol. X, p. 263 et De generatione stultorum, in Œuvres, vol. IX, p. 29.
26 Quarante questions, 18, 3, p. 165.
27 Voir J. Boehme, Epistolae theosophicae (1618-1624), XVIII, 13 ; trad. fr., de B. Gorceix, Les Épîtres théosophiques, Paris, Éditions du Rocher, 1980.
28 L’Aurore naissante, XXV, 19-20, p. 422.
29 J. Boehme, De Tribus Principiis (1619) : « Der rechte Himmel, da Gott innen wohnet, ist überall an allen Orten, auch mitten in der Erden : Er begreift die Hölle, da die Teufel wohnen, und ist nichts ausser Gott » ; trad. fr. L.-C. de Saint-Martin, Des trois Principes de l’essence divine, ou de l’éternel engendrement sans origine, Paris, Imprimerie de Laran, 1802, p. 94.
30 Voir Valentin Weigel, Vom Ort der Welt (Hall in Sachsen, 1613) chap. X et XIV, où Valentin Weigel développe sa notion d’espace qui pourrait être résumée en ces mots : omnis locus est in mundo et mundus non est in loco.
31 Quarante questions, XXI, 20, p. 181.
32 L’Aurore naissante, p. 315 (Aurora, XIX, 23-24 : « Wenn du deine Gedanken von dem Himmel fassest, was der sei oder wo der sei, so darfst du deine Gedanken nicht viel tausend Meilen von Hinnen schwingen, denn derselbe Locus oder Himmel ist nicht dein Himmel […]Denn der rechte Himmel ist allenthalben, auch an dem Orte, wo du stehest und gehest. Wenn dein Geist die innerste Geburt Gottes ergreift und durch die Siderische und fleischliche Hindurchdringet, So ist er schon im Himmel »). Cf. aussi plus loin, XXIII, 9, p. 390 : « Lorsque vous considérez l’espace, les étoiles et la terre, alors vous voyez votre Dieu ; vous vivez, et vous êtes dans ce même Dieu, et ce même Dieu vous gouverne aussi, et c’est de ce même Dieu que vous tenez également vos pensées ».
33 Angelus Silesius, Pèlerin chérubinique (Cherubinischer Wandersmann), trad. fr. de H. Plard, Paris, Aubier, 1946, p. 74-75 : « Der Himmel ist in dir. Halt an wo lauffstu hin, der Himmel ist in dir : / Suchstu Gott anderswo, Du fehlst Ihn für und für ».
34 À ce propos nous renvoyons à Jean Orcibal, La Formation spirituelle d’Angelus Silesius (1624-1677). Mystique et Contre-Réforme, Mémoire de l’École Pratique des Hautes Études (exemplaires dactylographiées), Paris, 1937.
35 En ce qui concerne le thème de la transmutation spirituelle d’inspiration alchimiste, voir notamment les distiques I, 202-203 ; I, 244 ; III, 118. Au sujet des images musicales, je me permets de renvoyer à mon étude « Entre silence et vibrations sonores : la poésie mystique d’Angelus Silesius », in Rivista di Storia e Letteratura Religiosa, Firenze, Olschki, vol. 49, n° 2, 2013, p. 443-456.
36 Pèlerin chérubinique, I, 205, p. 92-93 : « Der Ort ist dass Wort. Der ort und’s Wort ist Eins, und wäre nicht der ort, / (Bey Ewger Ewigkeit !) es wäre nicht dass Wort » ; « Le Lieu est Dieu. Le lieu et Dieu sont un ; s’il n’y avait le Lieu (par toute étérnité !) il n’y aurait pas Dieu ».
37 L’Aurore naissante, XXIII, 71, p. 400.
38 J. Boehme, De signatura rerum (1622), De la signature des choses, trad. fr. P. Deghaye, Paris, Grasset, 1995, XI, 69, p. 230.
39 De la signature des choses, VII, ch., p. 124.
40 Courte explication des six points, p. 440.
41 Ibid., p. 454.
42 Cf. La philosophie de Jacob Boehme, p. 481-482.
43 De la signature des choses, VIII, 11, p. 146.
44 Augustin, Enarrationes in Psalmos, In Psalmo 30, Sermo 3, chap. 11, PL 36, col. 254.
45 J. Tauler, Sermons, Paris, Éd. du Cerf, 1991, p. 71.
46 Œuvres de piété, n° 168, p. 10. Voir aussi La Perle évangélique (1602), éd. D. Vidal, Grenoble, J. Millon, 1997, p. 292 : « Là alors sera l’essence comprise de l’essence. Là ce rien, c’est-à-dire Dieu, est rencontré de cet autre rien, c’est-à-dire de l’âme. Là rien, qui est cette âme, est enveloppée et noyée dedans le rien, c’est-à-dire Dieu. Là enfin le rien est absorbé et englouti du rien. »
47 Selon la formule employée par l’abbé Bremond dans son Histoire littéraire du sentiment religieux en France (Paris, Bloud et Gay, 1921, nouvelle éd. sous la direction de F. Trémolières, Grenoble, Jérôme Millon, 2006 ; voir le tome intitulé « L’invasion mystique »). Sur ce thème, voir aussi Sophie Houdard, Les Invasions mystiques. Spiritualités, hétérodoxies et censures au début de l’époque moderne, Paris, Les Belles Lettres, 2008.
48 Courte explication des six points, p. 443.
49 Voir par exemple Tauler, Sermons, p. 356.
50 Sur la doctrine de ces auteurs nous renvoyons à A. Koyré, Mystiques, spirituels, alchimistes du xviie siècle allemand, Paris, Gallimard, 1971.
51 Maître Eckhart, Deutsche Predigten und Traktate, éd. J. Quint, Munich, Hanser Verlag, 1995, Predigt 42, p. 353 ; voir Sermons, trad. J. Ancelet-Hustache, Paris, Seuil, 1979, t. III, p. 152.
52 Idem, Sermons, vol. 3, Sermon 71, p. 75. Voir aussi Die Predigten Taulers, éd. Ferdinand Vetter, Berlin, Deutsche Texte des Mittelalters, vol. XI, 1910, [rééd. Dublin/Zurich, 1968], Predigt 32, p. 120. Voir aussi Henri Suso, Vie, dans Œuvres complètes, éd. J. Ancelet-Hustache, Paris, Seuil, 1977, p. 303. Sur ce thème je me permets de renvoyer à mon étude : « Suressentiel. Aux sources d’un langage mystique », Revue de l’histoire des religions, 4, 2013, pp. 609-627.
53 Psychologia vera, I,16 : « Also siehet der Ungrund in sich und findet sich selber » (voir Quarante questions, p. 7 : « Ainsi le sans-fond voit en soi et se trouve lui-même »). Au sujet des nuances entre ungrund et abgrund dans l’œuvre de Boehme, et sur l’emploi de ces mots par rapport à la tradition rhéno-flamande, voir par exemple l’étude de Virginie Pektaș, Mystique et philosophie : Grunt, abgrunt et Ungrund chez Maître Eckhart et Jacob Böhme, Amsterdam-Philadelphia, B. R. Grüner, 2006.
54 Mysterium Magnum, I, 2, vol. 1, p. 55. Sur ce « sans fond » qui est « un éternel rien », voir aussi Mysterium pansophicum (1620), trad. fr. de L.-C. de Saint Martin, Instruction fondamentale sur le mystère céleste et terrestre, in Quarante questions, p. 461.
55 Von des Menschwerdung Jesu Christi (1620), II, 1-8.
56 Mysterium Magnum, V, 12, vol. 1, p. 63. Au sujet de la génération éternelle de Dieu, voir P. Deghaye, La naissance de Dieu, ou la doctrine de Jacob Boehme, Paris, Albin Michel, 1985.
57 Cf. De electione gratiæ (1623), I, 21.
58 Gerhard Wehr, Jakob Böhme in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten, Hamburg, Rowohlt, 1971 (trad. fr. P. Kessler, in Jacob Böhme, Cahiers de l’Hermétisme, Paris, Albin Michel, 1977, p. 78).
59 Voir Marguerite Porete, Le miroir des simples âmes anéanties, Grenoble, J. Millon, 1991, p. 88 et 171.
60 J. Boehme, De triplici vita (1620) ; trad. fr. L.-C. de Saint-Martin, De la Triple vie de l’homme, selon le mystère des trois principes de la manifestation divine, Paris, Migneret, 1809, VI, 30.
61 Quarante questions, XXI, 4, p. 176 ; et quelques lignes plus haut : « Là où elle se trouve elle est dans le monde (abissal) insondable, où il n’y a ni fin ni limite dans lesquelles elle doive aller. »
62 De la signature des choses, XV, 24, p. 304.
63 Ibid., ch. VIII, 52, p. 157.
jeudi 5 mars 2026
jacques halbronn Anthropolinguistique. Epistémologie d'une théologie structurelle. La dualité des pronoms personnels;
jacques halbronn Anthropolinguistique. Epistémologie d'une théologie structurelle. La dualité des pronoms personnels;
Notre idée d'une théologie structurelle implique une chose et son contraire, un nécessaire revers à la médaille, ce qui tend à égarer les chercheurs. D'aucuns veulent croire que le plan divin ne prévoit pas de dialectique et que s'il y a revirement, cela tient à quelque erreur ou accident de parcours venant fragiliser le dit plan; Attitude que nous jugeons blasphématoire. Il importe, tout au contraire, de faire apparaitre toute manifestation de dualité, tout changement de registre, de clef (au sens de la notation musicale)
Nous appliquerons ce principe à la description des pronoms personnels en français en montrant la diffèrence de traitement entre la première et deuxième personnes, pour les pronoms personnels au singulier comme au pluriel, d'une part et entre la troisiéme personne du singulier et du pluriel. C'est ainsi que dans le premier groupe, on ne distingue par l'homme et la femme, logés sous une même enseigne alors que dans le second groupe, on trouve les formes "il (s)" et "elle(s)" On est donc en face d'un dispositif quaternaire (pair) et non pas ternaire (impair)
Grammaticalement, ces deux groupes de deux vont fonctionner bien différemment. Le je et le tu, tout comme le nous et le vous sont des pronoms commençant par une consonne alors que il (s) et elle (s) sont des pronoms commençant par une voyelle, i ou e. On aura la proposition "tu manges" qui comporte une diphtongue à valeur vocalique (An) face à une consonne (Tu) alors que pour le second groupe, c'est la voyelle qui intervient en premier et la consonne en second il mange et dans ce second cas, mange ne sera pas traité comme une diphtongue vocalique. Il reviendra au locuteur de trancher dans un sens ou dans un autre, soit en insistant sur la consonne, soit en l'éclipsant. Donc "tu manges" devra s'entendre sans la consonne écrite "g" mais comme "tu man(ges)". On pourra donc dire je pen (se) avec finale vocalique mais on dira " elle pense", avec finale consonantique.
On expliquera cette différence de statut quant au passage du je et tu vers le il et elle, en ce que le je et le tu reléve du dialogue entre deux personnes placées en vis à vis alors que le "il(s)" ou le "elle(s)", surtout au pluriel, sont moins déterminés. Psychologiquement, il s'agit du passage de la psychologie féminine à la psychologie masculine, l'une se fixant sur des personnes bien définies (moi et toi, nous et vous) et l'autre traitant de problématiques plus générales, moins personnelles.
JHB 05 02 26
Jacques halbronn Phonologie L'équilibre oral sons voyelles et sons consonnes en français. L'écrit n'est qu'une matière première
Jacques halbronn Phonologie L'équilibre oral sons voyelles et sons consonnes en français. L'écrit n'est qu'une matière première
Pour mener à bien une bonne description du français, il importe de se situer au niveau oral où les finales écrites constituées par des consonnes sont en réalité à être classées comme "vocaliques":portez, porter se prononcent pareillement dans un registre vocalique, tout comme d'ailleurs, le participe "parted" qui a laissé place à "parté", l'écrit s'algnant alors sur l'oral, tout comme pour l'usage des apostrophes en début de mot, ce qui équivaut à un shewa.(cf infra) Approcher le français par le biais de l'écrit reléve d'un contre sens/obstacle épistémologique majeur/
La logique intrinséque au français passe par la répartition égale, l'alternance des sons voyelles et des sons consonnes, à l'oral mais pas forcément à l'écrit, l'oral ayant vocation à avoir le dernier mot.; C'est ce qui le place au dessus des autres langues que nous qualifierons de pré-adamiques et qui s'accommodent d'un certain désordre, d'une anarchie. propre au modéle évolutionniste darwinien -se livrant au hasard,, sorte de loi de la jungle. Le modéle créationniste (Intelligent Design) est duel, donc en quête d'équilibte et d'équité. La régle du français telle que nous la décrivons à la façon dont Kepler a décrit la dynamiques des sphères, au début du XVIIe siècle, veut qu'à un groupe consonantique féminin fasse pendant un groupe vocalique masculin. mais pour parvenir à produite un tel effet, cela impliqe de recoourir au "shewa" et à l'apostrophe, c'est à dire à 9 prépositions préfixales en de, le, se, me, que, re,,ce,je, ne, C'est ainsi que l'on écrira en français "je ne veux pas d'eau", ce qui se prononcera j'n'veux pas d'eau. là où en d'autres langues, on dira no quiero agua. en absence de shewa. La négation étant en "no" et non en "ne", par exemple. La combinatoire "j'n"" trouve son pendant dans "veux pas", puisque le français utillise une double négation "ne - pas" De même on dira en français "je veux de l'eau" soit à l'oral "j'veux d'l'eau" et non comme dans d'autres langues Give me water en l'asbence de prépositions, ce qui ne permettra pas de combiner deux consonnes entre elles "jv" et "dl" dans l'exemple donné. La forme "eau" constitue de son côté un groupe vocalique en "o" équilibrant ainsi symétriquement le groupe consonantique. Pour celui qui apprend le français autrement que par l'immersion propre à la langue maternelle, le seul effort rédactionnel demandé à l'écrit pour ajuster les prépositions n'aura d"égal que celui consistant en réaliser la proposition à l'oral. Véritable casse tête pour l'émetteur faisant pendant au casse tête du récepteur, surtoiu si l'on ajoute la liaison. C'est ainsi que dans le métro, il est indiqué "prière de ne rien oublier". qui se prononcera "prière d'n' rien -oublierr", avec liaison entre rien et oublier! On notera que dans son ouvrage Initiation à la langue latin et à son système, (Ed Sedes, 2011), Simone Deléani ne fait aucune référence d'ordre structurel à la dialectique consonnes- voyelles., ce qui semble indiquer que cette question aura été largement négligée pour servir à la description des langues.
Or, pour nous, la langue adamique s'articule sur l'alternance consonnes féminines, (antérieures) voyelles masculines (postérieures), ce qui disqualifie les marqueurs de genre de type o ou a. Autrement dit, il importe de remplacer la dialectique de l'écrit entre consonnes et voyelles par celle de l'oral entre sons -consonnes et sons -voyelles puisque la diphtongue est assimilée à un son voyelle bien que comportant la consonne "n" tout comme les finales en er, ez, et la conjonction et ont valeur de voyelle à l'oral. C'est l'oral qu détermine la valeur voyelle ou consonne.
JHB 05 03 26
mercredi 4 mars 2026
jacques halbronn Epistémologie de l'Histoire. Le sens de la vraisemblance.
jacques halbronn Epistémologie de l'Histoire. Le sens de la vraisemblance.
Nos travaux auront abordé parallélement sinon conjointement- sur un demi-siècle les champs de l'Histoire des texes et de la linguistique. Nous pensons que l'historien doit se détacher des documents qui lui sont parvenus -ce qui reléverait d'une diachronique basique - pour s'appliquer à la pratique d'une diachronie structurelle, ce qui implique de déterminer un modéle, un paradigme de référence. En ce sens la diachronie passe par la synchronie, ce qui vaut notamment dans le cas de figure de l'Intelligent Design. entendons par là qu'il s'agit d'admettre l'existence d'un plan logique, symétrique, cohérent qui aura certes pu se corrompre, ce qui implique que l'historien aunthentique se doit de mettre en évidence toute structure sous-jacente.
sur le web
« Synchronie » et « diachronie », introduites dans la linguistique par le linguiste suisse Ferdinand de Saussure, fondateur du structuralisme, et traitées dans son Cours de linguistique générale publié après sa mort, en 1916[1], se réfèrent à deux dimensions d’une langue. La synchronie est l’état d’une langue à un moment donné, et son étude synchronique se réfère à tous ses aspects à ce moment-là, effectuée par la linguistique descriptive. Son étude diachronique est pratiquement l’histoire de la langue, l’étude diachronique faisant l’objet de la linguistique historique[
Selon nous, il y a récurrence statistique des fondamentaux, des paradigmes. Rien de nouveau sous le Soleil (Ecclésiaste). Cette récurrence ne reléve pas de la longue durée comme on a pu le croire et en fait, tout est circonscrit sur des périodes de 7 ans.En ce sens, la diachronie doit se soumettre à la synchronie. Il importe que l'historien ait un sens aigu de la vraisemblance, tel est l'axe de notre Discours de la Méthode. Pour paraphraser Descartes, le sens de la vraisemblance de ce qui peut être ou ne pas être serait la chose du monde la plus répandue car nul ne se plaint d'en manquer. Et pourtant. Boileau mettait en garde :"Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. Mais toute la question est de déterminer ce que l'on appelle le vrai. Selon nous, un faux peut avoir les apparences du vrai, ce qui est propre aux contrefaçons mais au nom de la vraisemblance, il peut tout à fait devoir être rejeté. Les hommes disposant du sens du vraisemblable -antidote par rapport au "vrai" sont des Justes, au sens du Livre de la Genése (cf le sort de Sodome) et une société qui aura échoué à les recenser, à les recruter, sera éminemment vulnérable et prendra des vessies pour des lanternes, en raison d'une telle forme de cécité mentale. A contrario, l'homme doté de l'esprit de vraisemblance verra juste, il disposera d'un fil d'Ariane qui lui évitera de se perdre dans le labyrinthe des faux semblants, des fausses pistes. Cela exige évidemment de savoir raisonner et de savoir raisonner autrui,lui faire entendre raison.
JHB 04 03 26
jacques halbronn Pour une théologie dialectique et structurelle Vers une nouvelle liturgie du temps du Shabbat
jacques halbronn Pour une théologie dialectique et structurelle Vers une nouvelle liturgie du temps du Shabbat
Les premiers verset du Livre de la Genése mettent en évidence la dualité de la Création en Six Jours. S'il y a Nuit et Jour, c'est bien qu'il est prévu dès le commencement -comme dirait Jakob Boehme-une telle forme d'organisation. En ce sens, notre Astrologie Septénale qui fait alterner deux phases opposées, s'inscrit dans une telle représentation ( Weltanschaung) La phase Hessed précéde la phase Din, comme le Soir précéde le Matin (cf Genése I, 5) Il fut soir, il fut matin. De même le Shabbat commence-t-il à la suite de la tombée de la nuit (Erev Shabbat) et l'apparition des premières étoiles dans le Ciel. Le second temps du Shabbat a lieu à l'aube et ce point n'est pas respecté dans la pratique liturgique en vigueur comme s'il s'agissait de rendre hommage à la Nuit!
ה וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד. {פ} 5 Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir (Erev), il fut matin (Boker), un jour.
Nous dirons que la Sephira Hessed doit être comprise comme le temps de la Tentation, quand on veut se faire plaisir, à tout prix. Voilà pourquoi, nous n"admettons pas que ce qu'on appelle le Mal correponde à quelque accident inopiné de parcours, à un imprévu puisque Genése I, 5 nous dit que Dieu entendait bel et bien intégrer la nuit dans son plan; C'est pourquoi nous parlerons de théologie structurelle s'opposant à la thèse d'une théologie conjoncturelle.
Sur le web
"Le shabbat est un jour de repos pratiqué dans la religion juive. Il débute le vendredi soir, avant le coucher du soleil… et se termine le samedi soir, après le coucher du soleil, dès qu'on voit au moins trois étoiles dans le ciel"
Or, une telle formulation nous semble porter à confusion car l'apparition de trois étoiles détermine également le début du Shabbat, le vendredi soir, 24h plus tôt..
Sur le web;
'Shabbat commence le vendredi soir quand le Soleil disparaît de l’horizon et se termine le samedi, au début de la nuit, au moment où trois étoiles se distinguent dans le ciel. '
Nous pouvons souscrire à une telle présentation à condition que l'on admette que le Shabbat est un lieu de confrontation entre deux dimensions tout comme en Astrologie Septénale, une période de 7 ans (et non de 7 jours) va englober l'action de la phase Din pour évacuer les effets de la phase Hessed qui l'a précédée. La fête de Pourim, célébrée actuellement, met en scéne un affrontement entre Haman (hué) et Mordekhay (Mardochée/Mardouk). A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
On ne peut donc que regretter que cette dialectique se soit estompée: il n'est pas acceptable que la partie nocturne du Shabbat soit la seule qui soit respectée. Certes, le samedi matin, l'on lit la Torah, sur un rouleau manuscrit et c'est aussi le temps des Bar Mitzwahs. On devrait en principe débuter l'office du samedi au lever du Soleil. On peut même se demander si le vendredi soir ne s'adresserait pas plutôt aux non juifs et ce serait alors qu'il faudrait réciter le Shema Israel et c'est dans Ezékiel chapitre VI que cela prend tout son sens;
Ezekiel VI
א וַיְהִי דְבַר-יְהוָה, אֵלַי לֵאמֹר. 1 La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes:
ב בֶּן-אָדָם, שִׂים פָּנֶיךָ אֶל-הָרֵי יִשְׂרָאֵל; וְהִנָּבֵא, אֲלֵיהֶם. 2 "Fils de l'homme, tourne ta face vers les montagnes d'Israël et prophétise sur elles.
ג וְאָמַרְתָּ--הָרֵי יִשְׂרָאֵל, שִׁמְעוּ דְּבַר-אֲדֹנָי יְהוִה: כֹּה-אָמַר אֲדֹנָי יְהוִה לֶהָרִים וְלַגְּבָעוֹת לָאֲפִיקִים ולגיאות (וְלַגֵּיאָיוֹת), הִנְנִי אֲנִי מֵבִיא עֲלֵיכֶם חֶרֶב, וְאִבַּדְתִּי, בָּמוֹתֵיכֶם. 3 Tu diras: Montagnes d'Israël, écoutez la parole du Seigneur Dieu! Ainsi parle le Seigneur Dieu aux montagnes et aux collines, aux torrents et aux vallées: Voici, je vais amener sur vous le glaive et je ruinerai vos hauts-lieux
En conclusion, dans notre projet de réforme de la liturgie judaïque on récitera le Shema le vendredi soir en s'adressant aux non juifs et notamment aux Chrétiens qui seront invités à y participer et on lira la Torah, le samedi matin. Il est clair que pour nous, le judaisme libéral aura manqué une occasion de remettre sur les rails une pratique juive égarée (comme dirait Maimonide) Nous sommes en outre favorable à une lecture en français du Ecoute Israel.
Dans son ouvrage "L'Aurore naissante ou la Racine de la Philosophie de l'Astrologie et de la Théologie.( 1800 trad. Louis Claude de Saint Martin) Boehme (1575-1624) suit Paul (Epître aux Corinthiens) à propos de ceux qui sont inspirés par le Saint Esprit et sont chargés de veiller à la bonne connaissance du Plan de la Création. Mais, il accorde une trop grande importance à Lucifer qu'il présente comme un adversaire du Créateur alors que celui-ci a clairement annoncé la nécessité d'une dualité. Par ailleurs, Boehme insiste sur l'androgynat d'Adam tel qu'exposé dans le cours du premier chapitre de la Genése, un Adam crée à l'image du Créateur.
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JHB 04 03 26
mardi 3 mars 2026
jacques halbronn Linguistique et théologie (structurelle, conjoncturelle).. La fortune du préfixe négatif "male(ficius)" (latin) et mal chance(français). Les affixes
jacques halbronn Linguistique et théologie (structurelle, conjoncturelle).. La fortune du préfixe négatif "male(ficius)" (latin) et mal chance(français). Les affixes
Selon nous, la préfixation de "Mal" est assimilable à l'instauration d' un préfixe négatif, parfois remplacé par "in", "un" (anglais, allemand), alors que dans la Bible, le Mal renverrait à une certaine puissance associée au Diable. Le mot utilisé dans Genése II ne sert pas de préfixe en hébreu.וָרָע (ra) pas plus d'ailleurs que son opposé le "bon" טוֹב (tov) En fait, tout se passe comme s'il s'agissait d'un préfixe négatif en dialectique avec un préfixe positif. On a affaire ici à une théologie structurelle et non point conjoncturelle comme une certaine exégése biblique tendrait à le faire accroire. Entendons par là la mise en oeuvre d'une alternance cyclique entre présence (bon) et absence (mal) qu'il ne s'agit pas de prendre à la lettre du Bien et du Mal.
Genèse III
כב וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, הֵן הָאָדָם הָיָה כְּאַחַד מִמֶּנּוּ, לָדַעַת, טוֹב וָרָע; וְעַתָּה פֶּן-יִשְׁלַח יָדוֹ, וְלָקַח גַּם מֵעֵץ הַחַיִּים, וְאָכַל, וָחַי לְעֹלָם. 22 L'Éternel-Dieu dit: "Voici l'homme devenu comme l'un de nous, en ce qu'il connait le bien et le mal. Et maintenant, il pourrait étendre sa main et cueillir aussi du fruit de l'arbre de vie; il en mangerait, et vivrait à jamais."
sur le web
"Selon la Bible (Livre de la Genèse, ch. 2 et 3), l'arbre de la connaissance du bien et du mal se situait dans le jardin d'Éden, où vivaient Adam et Ève. Dieu interdit à Adam de manger du fruit de ce seul arbre et le prévint que le jour où il en mangerait il en mourraitl.
En français, l'usage du préfixe "mal" est courante avec une connotation négative, l'idée d'un manque, d'une erreur. Un nom préfixé tend à perdre son sens premier. Le corpus ci- dessous illustre toute la diversité des usages du '"mal"(devenant parfois "mé" ou "mis" (en anglais)
« Honi soit qui mal y pense » (en français dans le texte) est une devise anglo-normande. Elle est la devise de l'ordre de la Jarretière,
Corpus du Mal
Malchance, méfait, malgré bon an mal an, malédiction, maléfice, maugréer malentendu, malversation, malfunction, mécréant, mal élevé, mal appris, malheur Bienvenue, mauvais, malin, maladroit, malchenaceux, mécontent, malveillance, mal parti,méconnu, mépris/méprise, mal voyant, malhabile, mal séant, mauvais choix, médire, mistake, misfortune, misdeed;, mismatch; misfit, malformation mauvaise action, mauvais geste, mal toléré, mal comporté, unfair, unable, incapable, mauvaise augure, se donner du mal, maladie, Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. L devient U. Avoir mal à la tête etc
Corpus du Bon Bonne nuit, bonne chance, bon voyage, bon appétit, bonne santé, bonne soirée, bonne année, bonne journée etc
sur le web
Quelle est la difference entre les préfixes "més-" et "mal-"?
Pendant la lecture de quelques livres, j'avais vu assez des mots liées au préfixe "més", tel comme mécontent, mésuser, méprendre, méconnaissance...
Pourtant, c'est aussi habituel de trouver mots avec le préfixe "mal", malheureuse, malchance...
Parfois il paraît que "més" parle d'une chose qui manque, tandis que "mal" est placé pour créer un adjectif expressif d'une chose mauvaise, mais je ne suis pas sûr.
/ JHB 03 03 26
dimanche 1 mars 2026
jacques halbronn Le XIIIe arrondissement de Paris et les mouvements spiritualistes.
jacques halbronn Le XIIIe arrondissement de Paris et les mouvements spiritualistes.
Chateau de la Reine Blanche Paris XIII
Nous montrerons que cet arrondissement aura connu à partir des années soixante dix une activité remarquable dans le champ spiritualiste, avec d'une part un volet Astrologique et de l'autre un volet " messianique".
I Astrologie
En 1975, le Mouvement Astrologique organise un premier congrès au Foyer International d'Accueil de Paris, rue Cabanis, à la lisière du XIIIe arrondissement. Mais dès 1974, fut installé a 225 rue de Tolbiac la Bibliotheca Astrologica laquelle sera transférée en 1979, au 8, rue de la Providence, lors de la création du Centre Providence, où se tiendront des cours d'astrologie, dans le cadre de la Faculté Libre d'Astrologie de Paris (FLAP). En 1987, se tiendra un Colloque MAU, au Couvent dominicain Saint Jacques, rue des Cordeliers dans l'arrondissement et en 1991 il y aura un Congrès en Histoire de l'Astrologie. dans la Crypte de l'Eglise Sainte Marie de la Butte aux Cailles. En 1988 se tiendra à l'Hotel Urbis (devenu Ibis), rue de Tolbiac avant que les colloques ne se tiennent à la Maison des Associations du XIIIe, rue Caillaux; où fut organisé en 2000 un congrès MAU- CURA (Centre Universitaire de Recherche astrologique) . En 2004, un un congrès national de grande envergure, célébra les 30 ans de la création du M. A. U. En 2008, fut créee la Télévision Astrologique, du nom de Teléprovidence avec ses studios rue de la Providence, prenant la suite de Télé Urania, initié par Roger Hecquet, installé, rue de Patay.. Sur le web. La Bibliothèque comporte un important fonds Nostradamus. Teléprovidence prendra par la suite le titre de Télé de la Subconscience (sur You Tube), du fait notamment d'une place importante accordée à des interviews de voyants. Le MAU a pris le nom d'Association La Vie Astrologique. Le Centre Providence est également le siège social des Editions de la Grande Conjonction.
Sur le web paru en 2018:
Notre « Mouvement Astrologique Unifié » a crée une télévision astrologique depuis dix ans, une des premières dans le monde, appelée « Téléprovidence ».
Notre télévision en ligne permet de promouvoir des astrologues et des voyants et cela permet au public d'avoir une opinion sur leurs prestations en regardant leur vidéo de présentation.
Nous disposons de 7000 vidéos au jour d'aujourd'hui.
Vous pouvez également faire un emprunt, acheter ou consulter sur place des livres anciens dans notre bibliothèque située à Paris, rue de la Providence."
II Messanisme
Sur le web
"En 1978, l’Eglise de l’Unification, connue sous le nom de « secte Moon » s’installait dans le 13e arrondissement de Paris créant alors un « Home-Church » (un foyer église). Jean-François Moulinet, responsable national du mouvement, se rappelle qu’à cette époque, la secte Moon « visitait »beaucoup de familles. « Il y en avait près de 400 dans le 13e ».
Aujourd’hui, les rangs moonistes se sont « effondrés » et la Miviludes rapporte qu’il n’y aurait guère plus que 200 à 300 adeptes en France. L’appellation « Home-Church » a disparu… mais l’Eglise de l’Unification a réinvesti le 13e arrondissement. Elle est désormais installée rue Domrémy, sous l’appellation d’Espace Culture et Paix. L'association est logée depuis 2000, au 98 rue Barrault, dans le même arrondissement, non loin de la rue de la Providence. Elle se présente comme Fédération française des familles pour la paix
On trouve des antécédents avec dès 1913, la construction d'un Temple antoiniste.
Sur le web
"Dans le 13ème arrondissement, dans le quartier de la Butte aux Cailles, à hauteur du 34 rue Vergniaud, en intersection avec la rue Wurtz, vous découvrirez cette petite église qui en fait est un Temple. Sa construction s'est faite en 1913 sous la coupe de l'architecte genevois Julien Flegenheimer. Il possède un clocheton à flèche. Il s'agit d'un Temple Antoiniste. Ce culte a été fondé par Louis Antoine dit le Père, une religion basée sur la Foi et la guérison des souffrants."
En 1393, à l'Hotel de la Reine Blanche, (6, rue Geffroy, 75013 Paris) eut lieu un événément connu sous le nom de Bal des Ardents auquel participa le roi Charles VI "Le Fou". lequel faillit y perdre la vie par le feu. On parle d'un Tarot de Charles VI. (https://www.histoires-de-paris.fr/tarot-charles-vi/
Représentation du bal des ardents dans la chronique de Jean Froissart. Crédit BNF.
Le bal des ArdentsLe bal des Ardents | ©The British Library / Public domain
JHB 01 03 26
Jacques Halbronn Le paralléle des 10 séfiroth et des 10 commandements. Contribution à l’histoire de la formation de l’Arbre Sephirotique. Le paralléle avec les X Commandements.
Jacques Halbronn Le paralléle des 10 séfiroth et des 10 commandements.
Contribution à l’histoire de la formation de l’Arbre Sephirotique. Le paralléle avec les X Commandements.
par Jacques Halbronn
L’arbre de vie avec le nom des 10 Sephiroth et les 22 chemins en hébreu.
Nous avions recherché depuis longtemps la source des Séfiroth, persuadé qu’une telle série était en fait issu d’un seul et même document, à l’instar des devise pontificales de la prophétie de Saint Malachie (cf nos Papes et prophéties. Ed Axiome; 2005). Nous avions pressenti que les rituels de prière hébraïque devaient faire partie d’une telle recherche mais ce n’est que très récemment, que nous sommes parvenus à isoler le texte en rapport avec les Sephiroth. Ce texte est situé à un moment important du rituel liturgique puisqu’il concerne le moment de la « procession » liée à la sortie des rouleaux de la Torah, notamment durant l’Office du Samedi matin.
Nous reproduisons ce « chant de la procession » dans une traduction française:
« A toi Seigneur, la grandeur et la puissance, la gloire et la majesté ». Le rituel (cf Sidour Taher Libénou, Paris, MJLF, 2001, p. 185) ne donne pas la source de ce passage, qui se retrouve dans les Hagiographes (Chroniques I) ch. XXIX) et attribué à nul autre que le roi David:: « Alors David, en présence de toute l’assemblée, loua le Seigneur en s’exprimant ainsi: (…) A toi Seigneur, appartienennt la grandeur, la puissance, la gloire, l’autorité, et la majesté »( La Bible, trad. sous la dir. de Zadoc Kahn, Tome II, ) Paris, 1931, p. 574)
Il importe peu ici de s’arrêter sur la diversité des traductions françaises réalisées à partir de l’hébreu. Ce qui importe c’est que les termes hébraïque figurant dans ces deux textes – le rituel et les Chroniques- sont exactement ceux qui figurent sur l’arbre séphiorique. du moins pour 5 d’entre eux. On n’y trouve pas les trois premières séfiroth (Keter, Hokmah, Binah) et en cela cette disposition recoupe celle des Dix Commandements, dont les trois premiers sont nettement à séparer des 7 autres. Les cinq Séfiroth dont il s’agit ici constituent le centre de l’arbre: Guedoula et Guevoura, Netsah, Hod et au centre Tiféreth.
Les deux dernières Seforoth, Iesod et Malkhouth, se retrouvent néanmoins ; d’une part, on a « mamlakha », même racine que Malkhouth juste après l’énonce des 5 sefiroth de Chant de la procession « Ton empire est universel », ce qui se retrouve aussi dans le discours de David et d’autre part, dans un « autre chant pour la procession » que l’on entend très souvent : « Le monde repose sur trois choses: la Tora, le culte et la charité ». Le verbe « omed » est traduit ici par « repose », ce verbe donne aussi « amoud », pilier qui nous semble synonymé de ‘iesod », fondement.
Comment ce texte des Chroniques -qui avait déjà été signalé avant nous comme source des Séfiroth mais sans le relier au »chant de procession- en est-il arrivé à figurer dans les rituels de prières israélites et dans l’arbre séfirotique?
Ce que nous retiendrons c’est le paralléle qui s’offre dui fait que les trois premières séfiroth ne figurent pas dans les sources sus dites. En effet, nous pensons que les Dix Commandements doivent être appréhendés en paralléle avec les Dix Sefiroth, si l’on admet que les trois premiers commandements concernent le rapport à Dieu et les sept autres, les relations entre les hommes. Dans le cas des Sefiroth, ce serait l’inverse: les trois premières concerneraient selon nous les hommes et les sept autres décriraient Dieui.
C’est cette double dualité qu’il convenait de souligner et elle ne nous semble nullement fortuite. Forcre est de constater que l’on est dans les deux cas passé du sept au dix. Dans le cas de l’arbre séfirotique, un tel passage correspondrait donc à une addition au texte lié à David s’adressant à Dieu tout comme les Dix commandements comportent un basculement en sens inverse. Cela lie les deux séries de façon encore plus manifeste. Il nous semble assez clair que ces deux séries seraient composées de deux sources bien distinctes. On peut penser que le début des Dix Commandemnts recoupe largement les 5 sefiroth qui forment le cœur de ‘l’arbre séfirotique.
On remarquera en tout cas la dualité du début du texte des Dix Commandemnts. Ce Dieu nous est présenté comme celui de la rigueur;
« , je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival : je punis les fils pour la faute de leur père, jusqu’à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent »"
mais aussi celui de la miséricorde:
. « Mais j’agis avec amour jusqu’à la millième génération envers ceux qui m’aiment et qui obéissent à mes commandements. »
et l’on retrouve là aisément les deux facettes de l’arbre séfirotique:: Gevourah et Guedoulah.
Or, force est de constater que Guedoulah fait probléme au niveau de la traduction à telle enseigne que le terme a souvent été remplacé par « Hesed » qui indique bien cette idée de grâce, de générosité qui ne se retrouve pas vraiment dans « Guedoulah ».. Il est clair, en tout cas, que le début des Dix Commandements nous montre bien que l’image de Dieu est ici marquée par une dualité qui est assez proche de celle de Mars et de Vénus. Il importe de rééquilibrer les Sefiroth mais aussi le Chant de Procession liée à la sortie de la Torah, dans le sens d’une dualité qui n’apparait plus et cela est déjà le cas dans le passage signalé des Chroniques. Ajoutons que le Discours du roi David s’inscrit dans la perspective de la construction du (premier) Temple dont la réalisation sera dévolue à son fils et successeur.
En ce qui concerne les Dix Commandements, contrairement à l’opinion généralement admise selon laquelle ill s’agirait des bases toute vie sociale, nous pensons qu’au départ, en tout cas, ll s’agissait bien plutôt d’une liste d’exceptions à la régle. Ainsi, tu ne tuera point ne fait sens que pour poser une exception à la possiblité de tuer. Or, selon nous, le texte aura été tronqué et on aura supprimé l’exposé de l’exception restrictive alors que l’exposé est resté complet pour le Shabbat qui est une exception au fait de travailler. De même la notion de prochain nous apparait comme une exception, certains actes étant permis sauf à l’encontre du prochain, c’est à dire celui qui nous est proche, qui appartient au même clan, à la même secte, au même « club ». Nous pensons que les Dix Commandements ne nous sont parvenus que sous forme abrégée, allusive, comme une sorte de pense-bête. Les fidéles savaient de quoi il s’agissait par tradition orale mais lors de la rédaction, apparemment, le texte complet se perdit du moins pour plusieurs d’entre eux, réduits à des formules creuses. Il est étrange que les commentateurs n’aient pas jugé bon d’essayer d’en restituer toute la teneur. Ceci pourrait éventuellement expliquer l’absence des Commandements au sein du « Shéma Israel ».
Toutefois, il importe de signaler une anomalie: le 7 et le 3 se sont substitué au 6 et au 4, dans le Sefer Yetsira. Il y a 4 lettres mères et non 3, et six planétes au lieu de sept,Le soleil et la lune ne faisant qu'un (cf notre étude sur la Tétrabible de Ptolémée: les domciles). Il reste que les phase de Saturne sont bien de 7 ans: 28/4
JHB 02 03 26
samedi 28 février 2026
Jacques Halbronn Théologie et Astrologie.Le passage du Deux au Trois.
Jacques Halbronn Théologie et Astrologie.Le passage du Deux au Trois.
Selon nous, le plan divin s’articule sur le Deux comme en témoigne notamment le premier chapitre de la Genése. Tout semble devoir se diviser par deux et le Un apparait souvent comme un pluriel. D’où notre astrologie septénale, qui divise en deux les quadrants saisonniers (et certainement pas en trois) Chaque médaille a son revers. En ce sens, le trois serait une pièce ajoutée. On pense à Jacob, le troisiéme personnage de la généalogie biblique après Abraham (le Père) et Isaac (le Fils).Son surnom d’Israel est révélateur d’une addition, due aux rédacteurs à la solde de ce qui fut le Royaume d’Israel et qui perdura bien après sa destruction en tant que tel. La Trinité va dans le sens d’une telle addition avec le Saint Esprit, à la suite du Père et du Fils. On retrouve cette dialectique du Deux et du Trois à propose la division des 4 saisons en deux ou en trois secteurs.
Exode II
ו וַיֹּאמֶר, אָנֹכִי אֱלֹהֵי אָבִיךָ, אֱלֹהֵי אַבְרָהָם אֱלֹהֵי יִצְחָק, וֵאלֹהֵי יַעֲקֹב; 6 Il ajouta: « Je suis la Divinité (Noter le pluriel Elohey) de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob… »
On trouve l’apparition du Ternaire dans Genése XVIII :
א וַיֵּרָא אֵלָיו יְהוָה, בְּאֵלֹנֵי מַמְרֵא; וְהוּא יֹשֵׁב פֶּתַח-הָאֹהֶל, כְּחֹם הַיּוֹם. 1 Yahou se révéla à lui (Abram) dans les plaines de Mamré, tandis qu’il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.
ב וַיִּשָּׂא עֵינָיו, וַיַּרְא, וְהִנֵּה שְׁלֹשָׁה אֲנָשִׁים, נִצָּבִים עָלָיו; וַיַּרְא, וַיָּרָץ לִקְרָאתָם מִפֶּתַח הָאֹהֶל, וַיִּשְׁתַּחוּ, אָרְצָה. 2 Comme il levait les yeux et regardait, il vit trois (shlosha)personnages debout prés de lui. En les voyant, il courut à eux du seuil de la tente et se prosterna contre terre
Genése I est assez confus, mélant singulier et pluriel. Tantôt, Dieu s’exprime à la première personne du singulier , tantôt à la première personne du pluriel.(verset 26) Tantôt, il traite Adam au singulier et tantôt au pluriel et rappelons qu’Elohim est grammaticalement un pluriel mais est conjugué comme un singulier. Comment expliquer qu’au premier verset on n’utilise pas le vav renversif à la différence du verset 16?
א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
טז וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים, אֶת-שְׁנֵי הַמְּאֹרֹת הַגְּדֹלִים: אֶת-הַמָּאוֹר הַגָּדֹל, לְמֶמְשֶׁלֶת הַיּוֹם, וְאֶת-הַמָּאוֹר הַקָּטֹן לְמֶמְשֶׁלֶת הַלַּיְלָה, וְאֵת הַכּוֹכָבִים. 16 Va yaassé Elohim(ELohim fit) les deux grands luminaires: le plus grand luminaire pour la royauté du jour, le plus petit luminaire pour la royauté de la nuit, et aussi les étoiles.
יז וַיִּתֵּן אֹתָם אֱלֹהִים, בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם, לְהָאִיר, עַל-הָאָרֶץ. 17 Et Dieu les plaça dans l’espace céleste pour rayonner sur la terre;
יח וְלִמְשֹׁל, בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה, וּלְהַבְדִּיל, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב. 18 pour régner le jour et la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres. Dieu considéra que c’était bien.
כג וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם חֲמִישִׁי. {פ} 23 Le soir se fit, le matin se fit, – cinquième jour.
כו וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ; וְיִרְדּוּ בִדְגַת הַיָּם וּבְעוֹף הַשָּׁמַיִם, וּבַבְּהֵמָה וּבְכָל-הָאָרֶץ, וּבְכָל-הָרֶמֶשׂ, הָרֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ. 26 Dieu dit: « Faisons l’homme à notre image (beTsalménou), à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent. »"
כז וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם אֱלֹהִים בָּרָא אֹתוֹ: זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אֹתָם. 27 Dieu créa l’homme à son image (be Tsalmo); c’est à l’image de Dieu qu’il le créa. Masculin et Féminin, il les créa.
En ce quu concerne le nombtre 10 (Coommandemeys/Sefirothe), il doit se dévomposer en 3 + 7. tout comme 22 en 6 +12 +4. (cf Jacques Halbronn Le paralléle des 10 séfiroth et des 10 commandements. Contribution à l’histoire de la formation de l’Arbre Sephirotique. Le paralléle avec les X Commandements.Le nombre 10 serait donc le résultat d'une addition et ne vaudrait pas en tant que tel pas plus que le nombre 22 pour l'alphabet.
Sur le web
"On distingue couramment : entre les trois(Sefiroth) supérieures, de nature purement intellectuelle, et les sept inférieures, appelées sefirot d'édifice, qui jouent le rôle de causes secondaires par rapport au monde extradivin"
LES TROIS PREMIERS COMMANDEMENTS
ET L’AMOUR DE DIEU
Sœur Gaëtane DOMINI
Après avoir parlé hier de l’importance et du sens général du Décalogue,
nous entrons ce matin dans l’étude plus approfondie des deux tables de la Loi : la
première, composée des trois premiers commandements à l’égard de Dieu, et
la deuxième, composée des sept commandements concernant le respect des
autres et de sa propre dignité humaine.
JHB 01 03 26
Jacques halbronn : sur Paul (Saül de Tarse) Epitres aux 'Colossiens, aux Corinthiens etc)
Jacques halbronn : sur Paul (Saül de Tarse) Epitres aux 'Colossiens, aux Corinthiens etc)
La religion ne se limite pas à l'adhésion ("Amen") à tel ou tel texte sacré mais passe par l'accès à des vérités cachées, quand on a la grâce et le don. Le Juif Saül de Tarse alias Paul (cf son Chemin de Damas,Actes 9:3-8) ancre sa foi sur les dons "spirituels" qu'il a reçus:
Yvonne de Sike; dans son Histoire de la Divination (Larousse, 2001) écrit (pp 118-119)
"Paul inclut (...) parmi les neuf "dons" accordés par la grâce divine aux chrétiens baptisés le don de prophétie,associé au pouvoir de discernement et au don de l'interprétation. Il semblerait que l'apôtre désignait par "prophétie" l'aptitude à comprendre les passages obscurs des Ecritures et l'intelligence des signes annonciateurs de la fin des temps avec l'avénement du retour glorieux du Sauveur"
sur le web
Colossiens 1 : 26-27
26 le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, 27 à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l'espérance de la gloire.
Commentaire: Ce n'est que grâce à ce don particulier que (Paul) put pénétrer ces vérités cachées. Il n'aurait jamais pu les découvrir par l'étude ou la réflexion ou même la simple intuition donnée par l'Esprit. Paul reçut la révélation particulière de ces mystères comme on reçoit un cadeau ; sa seule part fut de s'ouvrir et de prendre soigneusement note de tout ce qui lui était ainsi apporté de façon surnaturelle.
sur le web
Corinthiens XII, 8-10
12 Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance.
2 Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers les idoles muettes, selon que vous étiez conduits.
3 C'est pourquoi je vous déclare que nul, s'il parle par l'Esprit de Dieu, ne dit: Jésus est anathème! et que nul ne peut dire: Jésus est le Seigneur! si ce n'est par le Saint Esprit.
4 Il y a diversité de dons, mais le même Esprit;
Commentaire :
Les 9 charismes mentionnés dans 1 Corinthiens 12. 8-10 se répartissent en trois groupes : Les dons de révélation : parole de sagesse, parole de connaissance"
Ces dons permettent de contribuer à une meilleure connaissance du monde, puisque ce monde est la Création du Créateur de Genése I. Tout comme Spinoza identifiait Dieu à la Nature (Deus sive Natura), de même la religion est-elle liée à la Science, dans tous les sens du terme et l'on sait que certains Juifs ont montré avoir été particulièrement inspirés, jusqu'à ce jour, ce qui démontre qu'ils n'ont pas subi quelque forme de déchéance. Ils ont accès psychiquement au Plan Divin.
En ce sens. ce serait une grave erreur que de ne pas le reconnaitre. Aucun peuple ne saurait se passer de leur présence et la France, notamment, a su les accueillir individuellement et non en tant que Nation (cf le discours de Clermont- Tonnerre) Il ne s'agit non pas de parler des Juifs comme un corps d'un seul tenant mais de montrer que des individus Juifs se retrouvent et se reconnaissent, ce qui est d' une toute autre dimension. C'est bien la contribution cumulée de Juifs à l'avancement des sciences qu'il importe de retenir.
JHB 28 02 26
vendredi 27 février 2026
jacques halbronn Critique biblique et Linguistique. Le critère des noms propres. Consonnes et voyelles
jacques halbronn Critique biblique et Linguistique. Le critère des noms propres. Consonnes et voyelles
Selon nos travaux, on se doit de distinguer les finales "consonantiques" des "vocaliques. C'est ainsi que pour le Pentateuque, on trouve des noms de héros se terminant par les unes ou par les autres. Ainsi, l'on observera chez les hommes qu'Abram (Abraham), Isaac (Ytshaq) et Jacob se terminent par une consonne alors que Moïse (Moshé), Josué (יֵשׁוּעַ, Yeshoua ) mais cela vaut aussi pour Jésus) sont des noms à terminale vocalique. En ce qui concerne les femmes, Sarah, Rébecca, Léa se terminent par une voyelle alors que Myriam,מרים, Miryām), la soeur de Moïse(Moshé) ainsi que la mère de Jésus est aussi une Myriam- portent un nom se terminant par une consonne. Dans les deux cas, on trouve un couple hommes -femmes , soit consonnes-voyelles, soit voyelles-consonnes.
Selon nous, on aurait ainsi la preuve d'une rédaction propre au Livre de la Genése, du fait même de sa généalogie des patriarches, laquelle rédaction tiendrait essentiellement à des rédacteurs d'obédience israélite. En revanche, le personnage de Moshé (avec sa finale vocalique) reléverait d'un autre registre. On note que le nom même d'Israel se termine par une consonne alors que celui de Judah (Yéhouda) se termine par une voyelle: יְהוּדָה et commence par une consonne.
On notera que nombre de diminutifs masculins remplacent la consonne finale par une voyelle: John/Johnny, Michael/Mickey, Pierre/ Pierrot, jacques Jaquot, jean jeannot. qui se distingue de Jeanne, se terminant par un son consonantique. En ce sens, les prénoms féminins se terminant par "a" sont les plus valables et donc Clara est préférable à Claire mais Anna a le tort de débuter par une voyelle.
JHB 27 02 26
jacques halbronn Théologie Les Hébreux et la question du peuple élu.
jacques halbronn Théologie Les Hébreux et la question du peuple élu.
Au début du Livre de l'Exode (ch III), on voit l'Hébreu, Moshé (Moïse) se diriger vers un espace qui n'est pas le sien, vers un peuple qui n'est pas le sien (les gens de Madian) et dans le cas de Jésus, un autre Hébreu, quelques siècles plus tard, déclarer vouloir avant tout s'occuper des "brebis perdues de la Maison d'Israel", cette formule ne désignant nullement les Juifs mais les descendants "con-damnés", bannis, du Royaume sécessioniste d'Israel.. Dans les deux cas, une menace aura plané sur leur survie à la naissance.(Pharaon, Hérode)
Ce qui nous conduit à penser que les Juifs ne seraient pas le peuple élu mais qu'ils auraient vocation à élire une certaine communauté. Ils seraient bien plutôt l'interface entre un certain dieu et un certain peuple. te feraient partie intégrante du systéme de la Création tel qu'exposé dans Genése I, ce seraient des Adamites, des envoyés. Le messager ne doit se confondre ni avec l'envoyeur, ni avec le destinataire du message, de la "Nouvelle"(Angelos). En ce sens, les Juifs - ou du moins certains d'entre eux dument désignés, tel Moïse (Buisson Ardent)- seraient à même d'élire un nouveau peuple comme les en menace Jésus.(cf Actes des Apotres, Mathieu) et selon nous la France aura été, à un certain stade, choisie pour "accomplir" le plan divin/ Nous avons montré (cf notre étude sur la France messianique). les titres soit justifiant cette élection soit conséquence et expression de cette élection. La diaspora met les Juifs au contact des peuples (goyim)entre lesquels ils doivent choisir. Les Juifs en ce sens sont de "grands électeurs" (cf l'élection impériale en Allemagne).
sur le web
"Après son entrée à Jérusalem (Matthieu 21,1-11) et l'expulsion des marchands du Temple (Matthieu 21,12-17), Jésus, revenant à Jérusalem le lendemain, discute avec les grands prêtres et les anciens qui veulent savoir au nom de quelle autorité il pose ces gestes spectaculaires et scandaleux (Matthieu 21,23-27). Sa réplique est cinglan-te. Elle comporte, entre autres élé-ments, l'histoire du propriétaire qui confie sa vigne à des vignerons (Matthieu 21,33-44). Il s'agit d'une allégorie transparente de l'histoire des infidélités du peuple d'Israël."
Il y a confusion, ici, plus ou moins délibérée, pensons nous, entre l'altercation avec les "hommes d'israel" (actes des apotres) et celle visant l'élite judéenne, à Jérusalem.(Mathieu XXI) Nous avons proposé dans un précédent article de se référer au passage de relais entre Jérusalem et Rome, sous Constantin mais nous pensons que la France aura finalement pris le relais de Rome, tout comme la langue français celui de la langue latine. Cette France qui accordera d'ailleurs une place éminente aux juifs lesquels s'intéresseront tout particulièrement à l'organisation de la Société, enjeu central du Plan divin.
Exode II
א וַיֵּלֶךְ אִישׁ, מִבֵּית לֵוִי; וַיִּקַּח, אֶת-בַּת-לֵוִי. 1 Or, il y avait un homme de la famille de Lévi, qui avait épousé une fille de Lévi.
ב וַתַּהַר הָאִשָּׁה, וַתֵּלֶד בֵּן; וַתֵּרֶא אֹתוֹ כִּי-טוֹב הוּא, וַתִּצְפְּנֵהוּ שְׁלֹשָׁה יְרָחִים. 2 Cette femme conçut et enfanta un fils. Elle considéra qu'il était beau et le tint caché pendant trois mois.
ג וְלֹא-יָכְלָה עוֹד, הַצְּפִינוֹ, וַתִּקַּח-לוֹ תֵּבַת גֹּמֶא, וַתַּחְמְרָה בַחֵמָר וּבַזָּפֶת; וַתָּשֶׂם בָּהּ אֶת-הַיֶּלֶד, וַתָּשֶׂם בַּסּוּף עַל-שְׂפַת הַיְאֹר. 3 Ne pouvant le cacher plus longtemps, elle lui prépara un berceau de jonc qu'elle enduisit de bitume et de poix, elle y plaça l'enfant et le déposa dans les roseaux sur la rive du fleuve.
ד וַתֵּתַצַּב אֲחֹתוֹ, מֵרָחֹק, לְדֵעָה, מַה-יֵּעָשֶׂה לוֹ. 4 Sa sœur se tint à distance pour observer ce qui lui arriverait.
ה וַתֵּרֶד בַּת-פַּרְעֹה לִרְחֹץ עַל-הַיְאֹר, וְנַעֲרֹתֶיהָ הֹלְכֹת עַל-יַד הַיְאֹר; וַתֵּרֶא אֶת-הַתֵּבָה בְּתוֹךְ הַסּוּף, וַתִּשְׁלַח אֶת-אֲמָתָהּ וַתִּקָּחֶהָ. 5 Or, la fille de Pharaon descendit, pour se baigner, vers le fleuve, ses compagnes la suivant sur la rive. Elle aperçut le berceau parmi les roseaux et envoya sa servante qui alla le prendre.
ו וַתִּפְתַּח וַתִּרְאֵהוּ אֶת-הַיֶּלֶד, וְהִנֵּה-נַעַר בֹּכֶה; וַתַּחְמֹל עָלָיו--וַתֹּאמֶר, מִיַּלְדֵי הָעִבְרִים זֶה. 6 Elle l'ouvrit, elle y vit l'enfant: c'était un garçon vagissant. Elle eut pitié de lui et dit: "C'est quelque enfant des Hébreux.
JHB 27 02 26
mercredi 25 février 2026
jacques halbronn Histoire de l'astrologie moderne. la double dérive de la fin du XVIIIe siècle : Uranus et les ères précessionnelles;
jacques halbronn Histoire de l'astrologie moderne. la double dérive de la fin du XVIIIe siècle : Uranus et les ères précessionnelles;
L'astrologie contemporaine aura subi, à la fin du XVIIIe siècle, deux déviances majeures qui auront certainement été un coup de grâce pour ce domaine, bien plus qu'en ce qui concerne la fin du XV IIe siècle, généralement signalé comme le temps de sa chute. C'est ainsi que Jean Patrice Boudet (in Les astrologues européens et la genése de l'Etat Moderne) conclut:
"Le but étant naturellement de vérifier la principale hypothèse de départ : la montée de l’influence des astrologues dans les sociétés politiques européennes du XIIe au XVe siècle, son apogée au XVIe et son déclin au siècle de Louis XIV" Nous montrerons qu'une telle représentation doit être mise en perspective au regard de l'évolution de l'astrologie jusqu'à nos jours, ce qui pose notamment la question des causes d'un tel déclin, présenté comme définitif et sans appel. Boudet a traité de la condition de l'Historien de l'occultisme, lequel risque d'être victime des préjugés du Zeitgeist en vigueur."Etre historien des sciences et de la magie médiévales aujourd'hui : apports et limites des sciences sociales"
Selon notre thèse, l'astrologie aurait été victime à la fin du XVIIIe siècle de fausses pistes qui l'auront empêché de se ressaisir et de passer le cap en question. Il est toujours risqué de ne pas aborder un phénoméne suffisamment en aval/ Inversement, le rebond de Nostradamus est à situer bien au delà du moment de sa mort en 1566 et l'on peut en quelque sorte y voir un processus en sens inverse; En fait, l'astrologie moderne a pu croire à un tel rebond entre la fin du xv IIIe siècle et celle du XIXe siècle (cf nos travaux La vie astrologique il y a cent ans, 1992 et Recherches sur l 'Histoire de l'astrologie et du tarot, à la suite de l'Astrologie du Livre de Toth (Etteilla 1785, Ed Trédaniel, 1993) La question des rapports entre Astrologie et Astronomie est au centre du débat depuis l'Antiquité, avec notamment la constitution de constellations zodiacales, calquées sur les "signes" du cycle saisonnier (point vernal), ce qui conduira à la théorie des ères précessionnelles, chère à un Charles François Dupuis dans son Origine de tous les cultes, présentée comme la clef de l'Histoire des Religions, à la fin justement du XVIIIe siècle. Un événement astronomique de première grandeur est la localisation par W. Herschell, depuis Bath (GB) d'un astre du systéme solaire situé au delà de Saturne (1781) et qui sera baptisé Uranus, après que l'on ait songé à l'appeler du nom de son inventeur hanovrien, pratique qui se poursuivra en 1801 avec la découverte des premiers astéroïdes (Cérés, Pallas, Junon, Vesta) pour aboutir au baptéme de Neptune (1846), le milieu astronomique recourant désormais volontiers à la Mythologie, ce qui ne sera pas sans conséquence pour l'astrologie contemporaine. (cf notre thèse d'Etat, Le texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion, 1999) A partir de la fin du XIXe siècle, l'astrologie aura intégré les "nouvelles" planétes dans son dispositif comme le note Boudet, citant notre communication de 1978 au Congrès National des Sociétés Savantes et Saturne perdra ainsi sa centralité . Parla suite, on trouvera un "indice cyclique" regroupant en un seul graphique les positions planétaires, de mars à Pluton (cf A. Barbault. Les astres et l'Histoire, Pauvert, 1967) A partir de la fin du XVIIIe siècle, Saturne va donc se trouver marginalisé à un double titre. Au cours du XXe siècle, Saturne sera englobé dans un indice cyclique, allant de Mars à Pluton, ce qui fait apparaitre une structure multiplanétaire, faisant pendant à la notion de constellation.En 1979, nous publierons Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau (Ed Albatros cf Paul Le Cour, sur Ganyméde, Atlantis 1937) qui donnera l'occasion à l"élite de la recherche astrologique de prendre position quant au début de la nouvelle ère.C'est ainsi que Ruperti évoiqera l'approche de Rudhyar s'intéressant au fait que telle étoile fixe change de sign zodiacal, comme Régulus entrant dans le signe de la Vierge/ .Mais en 1993, nous reviendrons sur la centralité de Saturne (Clefs pour l'Astrologie, Seghers, L'astrologie selon Saturne. 1994-95) et introduirons par la suite la notion d'astrologie septénale susceptible de ressourcer une astrologie dont il nous semble inconvenant épistologiquement de faire l'Oraison funébre. C'est dire à quel point fixer son "déclin" à la fin du XVIIe siècle, nous semble inadmissible au regard de ce qui s'est joué au cours des siècles suivants, même si l'on note que l'astrologie se sera fourvoyé, un siècle plud tard au lieu de recentrer, ce qui exigeait de la part du bon Historien de cette discipline, de pouvoir séparer le bon grain de l'ivraie et de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
Selon nous, l'avenir de l'astrologie se situe dans le court terme et non dans le long term, dans la précision du passage de Saturne sur le point vernal (et plus largement sur les axes) et non dans l'entrée du point vernal dans une constellation zodiacale, constituée d'une série d'étoiles fixes.
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JHB 25 02 26
mardi 24 février 2026
jacques halbronn Astrologie chronologie mondiale instrumentalisée et Guerres de Religion
jacques halbronn Astrologie chronologie mondiale instrumentalisée et Guerres de Religion
Dans nos travaux sur le prophétisme qui débouchèrent sur la soutenance de notre thèse d'Etat: Le texte prophétique en France. (Paris X 1999), nous avons pu observer quel usage était fait des chronologies de toutes sortes pour combattre un parti adverse., laissant notamment entendre que son temps était révolu. On pense à la théorie des grandes conjonctions Jupiter-Saturne, à celle des ères précessionnelles, sans oublier la prophétie malachique des Papes (cf Papes et prophéties, 2005) etc. En 1998, nous avions présenté l'oeuvre de .Pierre Du Moulin et le thème du Pape Antéchrist comme exemple d'une polémique entre camps opposés au XVIIe siècle. Le corpus centurique est traversé par le climat de la Ligue entre partisans et adversaires de la Ligue ou du Roi de Navarre On peut penser que les travaux consacrés à un changement d'ère précessionelle visaient à montrer , à la fin du XVIIIe siècle, que le Christianisme des Poissons touchait à son terme. Autrement dit, le discours prophétique doit être impérativement relié à un certain contexte parfois très en amont et parfois très en aval. il semble donc assez vain de tenter d'élaborer une quelconque théorie des âges déconnectée d'enjeux propres à telle ou telle époque.(cf en 1997, Les prophéties et la Ligue. Colloque Prophétes et prophéties) En 1979, nous avons dirigé un collectif (Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, Ed albatros) issu d'un Colloque tenu en 1977. C'était là un atout majeur de l'astro-prophétisme que de s'inscrire dans les polémiques politico-religieuses de tel ou tel siècle et ce serait une erreur majeure, de la part de l'historien, de ne pas en rendre compte dans l'idée de préserver la virginité du prophétique en se refusant à toute contextualisation. Patrice Guinard (Les éditions des prophéties à la fin du XVIe siècle, refusera cette méthologie:
"Il n'y a aucune raison de penser que cette édition (1588) ait pu censurer des quatrains ou des vers en apparence favorables aux ligueurs et hostiles à Henry IV dans le contexte politique des années 88-93 : "Par conflit roy, regne abandonera" (IV-45a) ou "Garde toy Tours de ta proche ruine" (IV-46b). Les quatre quatrains manquants ont été écartés pour des raisons de mise en page (32 ff.), car il sont reproduits dans l'édition de 1589. Ce fait prouve qu'on n'attachait pas une si grande importance à ces vers, ni en particulier au quatrain IV 46, ou en tout cas qu'on était loin de les interpréter à la lumière du contexte politique de la fin des années 80, contrairement aux affirmations de certains spéculateurs, puisqu'un éditeur rouennais, en principe favorable à la Ligue, n'hésite pas à les supprimer de son édition, à moins d'admettre que l'édition rouennaise se soit appliquée à reproduire exactement le texte Roux de la fin des années 50. La suppression de quatre quatrains afin de respecter la mise en page, est une nouvelle preuve en faveur de l'authenticité de l'édition Bonhomme de 1555, comprenant 353 quatrains" En réalité, il ne s'agit pas de suppression, de censure mais d'addition. Mais pour Guinard, le corpus centurique était déjà en place dès les années 1550!.
Une des raisons du désitérêt que rencontre l'astrologie de nos jours, nous semble tenir au fait qu'elle ne peut même plus faire l'objet de quelque instrumentalisation. Dans la Bible, l'on ne saurait ignorer les conflictualités qui la traversent, en ce qui concerne les tensions entre le Royaume d'Israel et celui de Juda (cf notamment Ezekiel ch 1) On saluera l'article "A propos de la supercherie de l'Ere du Verseau" d'Arnold Waldstein (parus dans notre Aquarius (1979, pp. 399 et seq) . L'idée d'attribuer une phase, une ère à un certain groupe religieux, politique est suspecte (cf la chorographie, géographie sacrée). Pour nous la cyclicité astrologique se limite à des phases de 7 ans;Faut-il se fier à la chronologie biblique qui produit actuellement une durée de près de 6000 ans pour le calendrier judaïque, débouchant sur une "fin des temps"? Nous préférons dédramatiser de tels comptes à rebours, que ce soit en bien ou en mal.Chaque période de 7 ans genére une certaine dramaturgie avec le passage de la phase Hessed à la phase Din, laquelle phase est celle du jugement (dernier).
Notre Bibliographie Extraits
Questions autour du texte sur l’éclipse de 1654 attribué à Gassendi
Gassendi et la modernité, 2008
De l'agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien
Sionisme et antis�mitisme dans les milieus occultistes fran�ais
Revue Des Etudes Juives, 1992
Une attaque r�form�e oubli�e contre Nostradamus (1561)
Revue De L Histoire Des Religions, 1991
Division E: Contemporary Jewish Society / חטיבה ה: החברה היהודית בת-זמננו || המושג של 'פרוטוקולים': מן הקונגרסים הציוניים לפרוטוקולים של ציון — התקבלותם של הפרוטוקולים הרוסיים במרכז אירופה לפני 1917 / THE TERM PROTOCOLS, FROM THE ZIONIST CONGRESSES TO \THE PROTOCOLS OF THE ELDERS OF ZION\ AND THEODOR HERZL 1997
Sionisme et antisémitisme dans les milieus occultistes français
Revue des Études Juives, 1992
Le monde juif et l'astrologie. Histoire d'un vieux couple Milan 1985
Histoire des Livres d'Heures. La fortune du Kalendrier et Compost des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500 RFHL
Le recours au langage astrologique dans la formulation de la pensée juive au Moyen Âge
Le texte prophétique en France : formation et fortune
La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age espagnol
Ecole Pratique Des Hautes Etudes Section Des Sciences Religieuses, 1980
De l'agencement des recueils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien
Revue Francaise D Histoire Du Livre, 2013
Le diptyque astrologique d'Abraham Ibn Ezra et les cycles plan�taires du Liber rationum
Revue Des Etudes Juives, 1996
Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique
Revue Francaise D Histoire Du Livre, 2011
Recherches autour de l'édition française du Splendor Solis (1612)
Revue Francaise D Histoire Du Livre, 2012
Le texte prophétique
Babel, 2000
Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561)
Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 1991
JHB 24 02 26
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