Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mardi 5 mai 2026
jacques halbronn Réflexions sur le collectif conditionaliste « L’astrologie universelle » (1986)
jacques halbronn Réflexions sur le collectif conditionaliste « L’astrologie universelle » (1986) Albin Michel)
L'astrologie Universelle de françoise hardy Format Relié
Il y a 40 ans, la chanteuse Françoise Hardy présentait un volume de près de 600 pages sous le titre ‘l’astrologie universelle » Le Zodiaque comme vous ne l’avez jamais vu, « avec la participation de Bernard Blanchet, Jean-Pierre Nicola, Richard Pellard et Philippe Pinchon ». On y célébrait la parution quelque 20 ans plus tôt (1984) de La Condition Solaire.
La première erreur de cette Astrologie Universelle aura été de valider la division en 12 de l’écliptique, donnée fournie par les astronomes. Ce nombre 12 ne s’explique, historiquement, par la prise en compte de six astres, à savoir les luminaires plus un quatuor de planétes, Mercure, Vénus, Mars et Jupiter, cette demi -douzaine disposant de deux « domiciles », un diurne et un nocturne ‘cf la Tétrabible de Ptolémée). Saturne ne s’ajoutera que par la suite, bousculant une belle symétrie, forçant la Lune hivernale placée à l’opposé du Soleil estival à se mettre à côté du Soleil pour laisser la place à Saturne, dont le rôle d’astre central, de curseur, n’était plus respecté. Inversement, l’astrologie conditionaliste allait attacher beaucoup trop d’importance aux planétes situées au delà de Saturne, à savoir Uranus, Neptune et Pluton (depuis 20 ans déclassé). Jean Pierre Nicola allait carrément considérer que ces trois transsaturniennes étaient destinées à constituer un groupe homogéne de trois planétes, faisant suite à un autre groupe de 3 planétes, Mars, Jupiter et Saturne, plus un premier groupe Soleil, Mercure, Vénus, la Lune étant mise à part. (cf Les représentations et les tests RET, pp. 65 et seq)
Cette division en 12 de l’écliptique n’est pas compatible avec la division en 4 saisons car elle introduit un diviseur impair (4×3) alors que la logique voudrait que l’on divisât en deux chaque quadrant et non en trois, ce qui donne 8 secteurs et non 12. Dans son Introduction, Françoise Hardy insiste sur la nécessité pour l’Astrologie de s’aligner sur l’astronomie, seule garantie de scientificité. Il fallait donc bien, selon son approche ne pas s’éloigner des acquis de l’astronomie, des plus anciens aux plus récents(cf supra), d’où la prise en compte obligée de planétes restées inconnues et invisibles, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle et au delà, ce qui constituerait la base, le fondement même du thème natal.
En 1976, dix ans plus tôt, nous avions publié dans la célébre série des Clefs (dirigée par Luc Decaunes) un volume sur l’astrologie qui rejetait carrément le thème natal et structurait les cycles planétaires en 8 secteurs, sur la base des équinoxes et des solstices. François Hardy insiste sur la double dimension de l’astrologie, à la fois céleste et terrestre mais elle pose mal la problématique car ce qui est terrestre, c’est le cycle des saisons, constituant un encadrement pour les cycles planétaires, d’où l’importance du 8 et non du 12. Les travaux statistiques de Michel Gauquelin ,dès 1955, ne retiendraient pas Uranus, Neptune et Pluton. Le plan terrestre, c’est évidemment celui de l’humain lequel ne perçoit pas à l’oeil nu les transsaturniennes et qui n’aura pas été en mesure; sur la plus grande partie de l’Histoire de l’Humanité, d’aligner la vie de la Cité sur des astres imperceptibles, ce qui conduit l’astrologie conditionnaliste à ne pas être assez à l’écoute, en prise avec le paramétre terrestre! Il y a là une sorte de mysticisme astrologique accordant aux astronomes modernes la mission d’éclairer l’Humanité par le biais de leur panoplie telescopique, quelque peu anachronique, on en conviendra, apportant ainsi à l’astrologie les clefs qui lui manquaient cruellement. On en revient au probléme posé plus haut, à savoir la détermination de la fonction centrale de Saturne qui aura été évacuée par les astronomes avant Ptolémée, lequel intègra bien à tort Saturne sur le même plan que les six autres astres du systéme céleste connu de l’Antiquité, générant ainsi une situation anarchique qui aura embrouillé l’astrologie jusqu’à nos jours.
Etrangement, l’ouvrage est focalisé sur les saisons et sur le phénoméne solaire (d’où d’ailleurs la Condition Solaire), ce qui implique une centralité avec le Soleil passant d’un signe à l’autre, ce qui ne correspond pas au thème natal. Il y a donc là deux formes d’astrologie qui sont présentées. La montagne accouche d’une souris. On retrouve l’astrologie de la presse… Tout ça pour ça! On a droit (pp. 582 et seq) à tout un discours sur le nom des signes définis selon une « division de 30 degrés » dérivée des repéres astronomiques décalés par rapport au cycle saisonnier, lesquels repéres permettaient de localiser commodément les planétes circulant sur l’écliptique.
Nous avons montré plus haut que la division saisonnière était non pas à base 12 (4×3) mais à base 8 (4×2) . Par ailleurs, cette division en 12 était fonction d’un sénaire planétaire incompatible avec les 10 astres du sytéme RET revendiqué par ailleurs! Nous avons montré que les notions d’équinoxialité et de solsticialité étaient seules pertinentes et constituaient une dialectique féconde et que l’on pouvait diviser chaque saison en deux phases contradictoires, ce qui est amplement suffisant. Par ailleurs, le systéme RET n’accorde pas au Soleil un rôle central. Au niveau prévisionnel, qui est la base même de la pratique astrologique bien plus que la caractérologie zodiacale préconisée dans l’ouvrage en question, le cycle solaire ne fait pas le poids en raison de sa briéveté et c’est bien le cycle de Saturne de 28 ans qui se révéle opérationnel, passant tous les 7 ans d’un axe à un autre et tous les 3 ans et demi, d’une dynamique à une autre. Il y a bien là un ratage total d’une réforme pertinente et cohérente de l’astrologie. On ne s’étonnera pas que J. P. Nicola ait participé à l’aventure d’Astroflash (1968) et du traitement informatique des thèmes. (http://nofim.unblog.fr › 2021/01/22 › jacques-halbronn…)
Dès 1976, dans « Astrologie Sensorielle » (in Magazine Cosmopolitan, de décembre), donc 10 ans avant cette ‘Astrologie Universelle », nous avions proposé une nouvelle astrologie populaire, à base de tests de sensibilité (vue, ouie, goût, odorat) et de 4 courbes planétaires (Mars, Jupiter, Saturne, Uranus) avec une division à base 8. Mais, par la suite, le différentiel hommes/femmes (dont François Hardy ne semble pas se préoccuper) nous est apparu majeur et nous avons opté pour une astrologie saturno-centrée (cf la réédition revue et corrigée en 1993 de nos Clefs). Comme nous le signalions plus haut, il importe de partir d’une anthropologie pouvant servir de socle à l’Astrologie et non de procéder à l’inverse, glissant vers une astrologie hors sol, ne prenant pas en compte l’Histoire politico-religieuse de l’Humanité.
. JHB 05 05 26
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