Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
vendredi 17 septembre 2021
jacques Halbronn Portrait de l'astrologie moderne au regard de l'Histoire des Sciences. Sur la méthodologie de l'astrologie (c 1975)
Jacques Halbronn Portrait de l'astrologie moderne, au regard de l'Histoire des Sciences. Sur la méthodologie de l'astrologie.(c 1975)
Nous avons retrouvé dans nos archives un "mémoire" rédigé dans le cadre d'une thèse d'Etat (non soutenue) sous la direction de Jacques Merleau-Ponty en épistémologie, Paris X, Nanterre. Ce texte est contemporain de la rédaction de nos Clefs pour l'Astrologie (Ed Seghers 1976, Dir/ de la Collection. Luc Decaunes). C'est d'ailleurs, en cette même université que nous soutiendrons en 1999 une thèse d'Etat sous la direction de Jean Céard, en Histoire non pas sur l'astrologie mais sur le prophétisme.
Nous ne reproduirons pas ce texte in extenso (il porte le numéro 3) mais nous contenterons d'en reprendre les passages les plus significatifs de notre point de vue. La thèse présentée s'intitulait alors "Idéalisme et rhétorique en Astrologie". En 1979, nous soutiendrons sous la direction de Georges Vajda une thèse de 3e cycle, (EPHE VE section) : la problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age Espagnol (qui paraitra en 1985 sous le titre LE monde juif et l'astrologie. Histoire d'un vieux couple. Milan, Ed Arché Dir.L. Toth)
Nous diasgnostiquions alors, le côté "hyperscientifique" du discours astrologique. L'astrologie, écrivions-nous "utilise une information à la fois simple et complexe. Complexe parce qu'elle repose sur un certain niveau de civilisation, simple parce qu'elle dispense d'un lourd travail de préparation et de traitement. Autrement dit, la complexité réside dans la nécessité de connaitre les données précises de naissance- ce qui n'est rendu possible que dans une société bureaucratique, institutionnalisée etc; Quant à la simplicité, elle tient à ce que cette information(...) une fois obtenue, le reste suit sur des rails (..) Le paradoxe, épistémologiquement, parlant, pour ce savoir considéré par la Cité scientifique comme paria tient à ce qu'il emprunte les attentes les plus caricaturale du scientisme. C'est un fait que si l'on ne tenait aucun compte des résultats obtenus mais simplement des méthodes, on pourrait placer l'astrologie au premier plan des sciences de l'homme. Avec l'astrologie, que d'énergie n'économise -t-on pas, que de longues heures- (...)l'astrologie n'épargne point quand on la compare au labeur du psychanalyste ou de l'historien"
Et nous insistions sur les résultats Gauquelin connus alors depuis une vingtaine d'années : " Le statisticien français a établi un rapport entre les catégories professionnelles et la présence de planétes distinctes pour chaque catégorie (...) Tant que des travaux statistiques significatifs et positifs n'avaient pu etre établis (...) avec quelle aisance, l'astrologue n'eut ils point démontré , au nom même de la Sciene, pourquoi on ne pouvait faire apparaitre le "fait astrologique"! Et voilà qu'il apparait que l'astrologie peut être appréhendée au niveau de catégories très générales. L'individu est certes unique mais les planétes semblent en mesure de saisir des lois propres à des groupes d'individus; (..) Nous voudrions montrer que globalisme et économie de recherche sur le terrain sont des traits tardifs, liés à une même cause, à une même inversion"
Nous entendions montrer qu'il y avait un contre sens dans l'usage des portraits astrologiques. ""Il faut se référer aux techniques actuellement répandues en astrologie indienne. Les astrologues indiens posent beaucoup de questions. Ils ont certes des définitions fort minutieuses mais celles-ci leur servent (..) à explorer le terrain et non à le deviner. (..) On passe en revue les diverses équations envisageables jusqu'à ce que l'on ait conclu que tel portrait se révélait dans l'ensemble plus ressemblant. (...) il s'agit de portraits somme toute plus ou moins généraux et qui visent moins à décrire qu'à identifier(..) La méthodologie astrologique serait ainsi passée d'une science de l'homme s'efforçant de baliser le terrain par des méthodes de classification, de répérage (...) à une pseudo-science dédaignant le long cheminement, la nécessaire décantation, pour divorcer d'avec le réel (..) Le concept d'horoscpie consiste à demander aux astres eux mêmes de fournir la réponse quant à l'astre régissant l'individu.(...) Le postulat sous jacent nous semble être le suivant : il y a solidarité entre l'ensemble des astres (..) L'on a introduit une série de critères permettant d'apprécier la force respective de chaque astres à la naissance. L'astre le plus "valorisé" sera celui qui gouvernera le sujet."
Et nous poursuivions: "Nous avons là une exemple caractéristique des difficultés du dialogue Astrologie Astronomie. (..) L'astrologie donne une importance prioritaire au fait astronomique. (..) Une part importante des mutations du savoir astrologique est due à des causes externes, à des nécessité de réajustement. Ainsi le passage de l'astronomie de position à une astronomie plus apte à décrire le mouvement des planétes a -t il constitué une révolution au moins aussi cruciale que la découverte de nouvelles planétes dans le systéme solaire. Mais cette révolution - comme c'est généralement le cas pour la pensée astrologique- n'évacue pas les acquis antérieurs même si
les causes ont disparu. L'astrologie (..) a du formuler se problématique prévisionnelle en faisant du long terme avec du court terme (..)
D'où la naissance de ce que l'on pourrait nommer "correspondances temporelles"(..)On conviendrait que, par exemple, un jour après la naissance indiquerait en fait la situation .....un an après la naissance." (..) Plutôt que de suivre un seul astre à la trace et d'apprécier toutes les nuances de son itinéraire, l'on va s'intéresser à tout un ensemble d'astres et s'interroger - ce que permet l'astronomie de position qui est "spatiale"- sur les interrelations qui y régnent. On a dénoncé ce tour de passe passe à propos de la détermination de la dominante (...) Il reste que l'astrologie joue avec beaucoup de persévérance son rôle d'exégéte de l'astronomie. " Nous parlions du syncrétisme astronomico-astrologique (...) L'astrologie ne saurait se voir reprocher de ne pas tenir un assez grand compte de l'astronomie et de ses bouleversements mais tout au contraire il conviendrait d'observer les méfaits d'un tel asservissement"
Quelques réflexions autour de ce "mémoire épistémologique" que nous avons produit il y plus de 45 ans. Nous apprécierons spécialement l'idée selon laquelle faute de suivre un seul astre dans son périple, l'on aura fait de nécessité vertu et décidé que l'important serait plutôt les relations entre planétes. Est ce que Barbault dans sa définition du cycle planétaire, impliquant deux planétes, ne reste pas marqué par une telle "solution"? Par ailleurs, nous percevons dans notre texte de jeunesse l'amorce d'une anthropocosmologie. D'ailleurs, dès la fin 1976, ,nous avions fait paraitre dans la revue Cosmopolitan un dossier intitulé "Astrologie sensorielle" (numéro de décembre) qui fixait le cycle de la personne sur la base de tests et non sur la date de naissance.
JHB
17 09 21
Jacques Halbronn La synergie MAU-CURA depuis 1999
Jacques Halbronn La synergie MAU- CURA, depuis 1999
Documentation Iconographique Astro-Prophétique
(DIAP 4: 1555-1597)
Patrice Guinard et Jacques Halbronn
Note P.G.: La plupart des documents présentés sur ces pages sont issus du fonds iconographique de la bibliothèque privée de Jacques Halbronn, duquel on pourra consulter le CATAF édité par moi-même au CURA, afin de les mieux situer. La Documentation Iconographique Astro-Prophétique (DIAP) sera utile aux curieux et chercheurs. J'avais initialement organisé le DIAP en six sections de 150 images au total (soit une moyenne de 25 images par page), réparties en ternaires (soit 27, 24, 21, 33, 15 et 30 images) dans les sections suivantes :
DIAP1: 1504-1554
DIAP2: Nostradamus: Almanachs & varia
DIAP3: Nostradamus: Centuries
DIAP4: 1555-1597
DIAP5: Nostradamus: adversaires, plagiaires et faussaires
DIAP6: 1600-1693
Seules les sections 1, 4 et 6 sont conservées dans cette nouvelle version : en effet, la première version du DIAP n'a plus de raison d'être, et en particulier les 60 images relatives aux ouvrages nostradamiens et nostradamiques. Concernant ce volet, la documentation était très partielle, souvent tronquée, et le support des images scannées de mauvaise qualité. En construisant le CORPUS NOSTRADAMUS depuis février 2006, je me suis efforcé d'acquérir une documentation de meilleure qualité (cf. en particulier la Biblio-iconographie du Corpus Nostradamus, qui se substitue aux trois sections supprimées, devenues obsolètes).
DIAP1: 1504-1554
DIAP4: 1555-1597
DIAP6: 1600-1693
Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français (C.A.T.A.F.) : Lettres A et B
par Jacques Halbronn, Docteur es Lettres
Note éditoriale (Patrice Guinard)
Présentation du CATAF (Jacques Halbronn)
Sigles des principales bibliothèques
C.A.T.A.F. LETTRE A
C.A.T.A.F. LETTRE B
C.A.T.A.F. LETTRES C et D
C.A.T.A.F. LETTRES E à K
C.A.T.A.F. LETTRES L et M (disponibilité avril 2001)
C.A.T.A.F. LETTRES N à R (disponibilité avril 2001)
C.A.T.A.F. LETTRES S à Z (disponibilité avril 2001)
Note éditoriale (Patrice Guinard)
Jacques Halbronn représente à lui seul depuis 25 ans l'essentiel de la recherche française en histoire de l'astrologie.
Un certain nombre d'auteurs, universitaires pour la plupart, ont publié quelques études éparses, sans que celles-ci ne s'inscrivent dans une recherche continue. Leurs auteurs (notamment Elisabeth Labrousse (1974), Luigi Aurigemma (1976), Gérard Simon (1979), Henri Stierlin (1986), Sylviane Bokdam (1990), Germaine Aujac (1993), Jean-Patrice Boudet (1994), Hervé Drévillon (1996), et René-Guy Guérin) ont vite fait de s'intéresser à d'autres sujets - l'histoire de l'astrologie restant en France le tabou que l'on sait. Se consacrer exclusivement à la recherche historique, et a fortiori philosophique, en astrologie, relève toujours, compte tenu des préjugés et des pressions académiques, d'une sorte d'idéalisme inconscient, et ce malgré le travail colossal accompli par l'américain Lynn Thorndike jusqu'en 1965.
Je connais Halbronn depuis 1983, et il y a près d'une dizaine d'années que je l'encourage à publier son CATAF. Je me réjouis d'avoir le privilège d'éditer cette bibliographie de l'astrologie française moderne, la plus importante jamais publiée sur le sujet, outil de travail indispensable et sans équivalent pour tout chercheur en histoire de l'astrologie.
L'auteur a suivi à la trace l'histoire des différentes éditions d'un même texte, et il est effectivement probable que cette méthode contribue à résoudre certaines questions d'emprunts. Plus généralement, les conditions de production et de transmission d'un texte ne sont pas sans rapport avec son contenu et font partie intégrante de son exégèse. Cette approche est complémentaire de celle du philosophe qui a tendance à ne considérer que le produit fini, et pour qui la réflexion sur le contenu prime sur l'appareillage critique.
Le CATAF est livré "tel quel", avec ses innombrables coquilles et avec ses notes de recherche, parfois juste ébauchées, parfois même personnelles. Cette forme me plaît, car on peut y suivre et comprendre les méthodes de travail d'un chercheur. Je signale cependant que la présentation et la mise en page m'ont pris un temps considérable, plus que pour tout autre texte publié par le CURA. Les lecteurs qui voudraient corriger les erreurs, vérifier les références dans les catalogues, et me présenter en fin de compte une version améliorée sont priés de me contacter . Ceux qui voudraient réagir à ce texte afin de signaler des omissions ou d'ajouter des commentaires peuvent aussi joindre Jacques Halbronn à l'adresse mouvementastro@yahoo.fr .
P.G. (Paris, le 11 février 2001)
Présentation du CATAF (Jacques Halbronn)
Le développement des catalogues informatisés, dans les différentes bibliothèques n'est que d'une aide relative pour le chercheur, notamment pour les ouvrages anonymes. Le besoin est grand de catalogues thématiques et interbibliothèques comme se veut l'être le CATAF. En effet, il convient de ne pas surestimer la compétence de ceux qui sont en charge de la mise en place de catalogues de bibliothèques: ignorance des éditions disponibles ailleurs, incapacité à vérifier les dates de publication et de signaler les faux. D'ailleurs, ceux qui en ont la charge se contentent souvent de puiser dans les travaux de certains chercheurs indépendants. Les catalogues 'Matières' des bibliothèques sont généralement très incomplets et l'essor de l'informatique tend à se satisfaire de mots clefs dans le titre des ouvrages. Or, dans le domaine qui nous intéresse, dans bien des cas, le texte astrologique retenu figure dans un ouvrage qui ne fait pas explicitement référence à l'astrologie. Un cas remarquable est celui d'Eustache Lenoble dont le traité astrologique figure au sein d'un ensemble plus large.
Nous avons mis une douzaine d'années à réaliser le CATAF, en gros de 1980 à 1992. On n'y trouvera que partiellement nos recherches bibliographiques ultérieures consacrées au prophétisme et au corpus nostradamique. Nous renvoyons pour cela à notre thèse d'Etat, Le texte prophétique en France (Paris X, 1999). Pour ce qui est de Nostradamus, nous renvoyons au Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN) de Robert Benazra, que nous avons édité, en 1990, aux Ed. de la Grande Conjonction. Le CATAF constitue ainsi un diptyque avec le RCN. Notre travail s'est effectué dans un grand nombre de bibliothèques tant en France qu'à l'étranger. Citons notamment la bibliothèque du Warburg Institute, à Londres, et la Bibliothèque Wolfenbüttel. Il ne prétend pas être exhaustif mais il est susceptible de se faire une idée assez précise de la production astrologique française, au delà des limites des collections de telle ou telle bibliothèque aussi prestigieuse que l'est notamment la Bibliothèque Nationale de France (BNF).
Notre inventaire aura été assez extensif et en fait concerne autant l'astronomie que l'astrologie pour la période concernée. Le CATAF ne se limite pas à la littérature astrologique parue en français. Nous avons également inclus les textes latins parus sur le sol français, notamment à Lyon, ainsi que les textes allemands parus en Alsace. En outre, nous avons pris en compte les éditions étrangères d'auteurs français, notamment les traductions, ainsi que les traductions d'auteurs étrangers en France. Notre recension ne concerne que des ouvrages dont la première édition est antérieure à 1800, mais nous avons suivi la carrière des ouvrages concernés jusqu'à nos jours. Étant donné que nous recensons les ouvrages tant astrologiques qu'astronomiques, nous avons pensé qu'au delà de 1800, la divergence entre astrologie et astronomie était trop affirmée. Le Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français n'est donc pas constitué sur une base purement linguistique mais il obéit aussi à des critères géographiques et historiques.
Le CATAF est essentiellement un travail personnel mais je dois remercier certaines personnes qui m'ont secondé depuis 1980, Catherine Lavigne, Catherine Pilliot, et particulièrement Antonia Leibovici, responsable du catalogue de la Bibliotheca Astrologica de 1988 à 1993, qui en a fait la mise en page et qui s'était chargée en 1989 de la préparation technique du Répertoire Chronologique Nostradamique.
Disons quelques mots de la façon dont ce catalogue a été réalisé: on notera le nombre considérable d'auteurs sélectionnés. Notre travail n'a donc pas grand chose à voir avec l'étude de la production liée à un seul auteur, comme c'est le cas du RCN. On ne peut écrire aux bibliothèques et leur demander ce qu'elles ont de tel ou tel auteur. Pour augmenter le nombre de nos auteurs, il convenait de consulter des classements par matière, comme c'est généralement le cas dans les anciens catalogues imprimés des bibliothèques municipales françaises ou les classements par fiches dans de nombreuses bibliothèques, comme la Mazarine, l'Arsenal ou Sainte-Geneviève à Paris. Curieusement, la BN ne comporte pas un tel classement, même à la Réserve, et souvent c'est après avoir trouvé la trace d'un ouvrage dans le catalogue matières d'une autre bibliothèque que nous avons pu ensuite le localiser à la BN! Une autre façon de trouver de nouveaux documents est d'examiner les textes déjà accessibles et de vérifier si d'autres oeuvres du même auteur ou d'un autre auteur n'y sont pas mentionnés. On peut aussi dépouiller des périodiques comme le Journal des Savants ou les Mémoires de Trévoux qui comportent des compte rendus d'ouvrages.
Le CATAF, émanation de la Bibliotheca Astrologica, a débouché, au fil des années, sur un certain nombre de publications; citons notamment les Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin ( Ed. Retz, 1976), l'Introduction au Jugement des Astres de Claude Dariot ( Ed. Pardès, 1990) ou encore le Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin ou enfin l'Astrologie du Livre de Toth d'Etteilla (tous deux aux Ed. Guy Trédaniel, 1993).
Paradoxalement, les fichiers de textes anonymes ont longtemps constitué une piste intéressante avant l'avénement des catalogues numérisés. En effet, étant donné qu'ils sont classés d'après les premiers mots du texte, on peut trouver des séries d'ouvrages marqués par un terme à consonance astrologique et dont l'auteur n'est pas connu de la bibliothèque. En revanche, quand un ouvrage est attribué à un auteur, il devient plus difficile à localiser dès lors qu'on ignore l'existence de cet auteur ou le fait qu'il ait écrit sur l'astrologie. On peut bien entendu sur les catalogues informatisés travailler par mots clefs. On peut aussi, sachant que tel libraire/éditeur a publié des ouvrages que nous avons recensés, s'intéresser à la production de ce libraire pour voir s'il n'aurait pas publié d'autres textes du même genre. Enfin, il va de soi que l'on peut recourir à des sources secondaires, à des thèses, à des articles, à des communications dans les colloques, à des travaux historiques, souvent riches en références bibliographiques, ainsi qu'à des catalogues de libraires, des catalogues de ventes, des bibliographies spécialisées en astronomie ou en astrologie, comme Houzeau & Lancaster ou encore dans les almanachs comme celle de Grand Carteret.
C'est donc en combinant ces divers modes d'investigation que le CATAF a pris forme au cours des années. Il ne semble pas qu'un tel travail concernant la production astrologique ait été conduit pour les domaines des autres grandes langues européennes, notamment en anglais, allemand, italien et espagnol. Souhaitons que notre exemple soit suivi.
La constitution du CATAF fut par ailleurs l'occasion de rassembler une importante iconographie, essentiellement constituée de pages de titres. C'est ce que nous avons appelé la D.A.P. (Documentation Astrologique et Prophétique) que nous sommes en train de numériser et qui sera prochainement accessible sur le web.
Le fait de placer le CATAF sur un site Internet devrait permettre de l'enrichir grâce aux corrections et compléments des lecteurs. L'édition numérisée du CATAF rend les index inutiles car chacun peut y circuler comme il l'entend et conduire des recherches selon les critères qu'il peut concevoir. Souhaitons que la mise à la disposition du public de ce catalogue suscite de nombreuses études en Histoire de l'Astrologie.
J. H. (Paris, le 15 novembre 2000)
SIGLES DES PRINCIPALES BIBLIOTHÈQUES
Ars: Bibliothèque de l'Arsenal, Paris
BA: Bibliotheca Astrologica, Paris
BAIU: Bibliothèque de l'Alliance Israélite Universelle, Paris.
BDIC: Bibliothèque de Documentation et d'Information Contemporaine, Nanterre.
BHPF: Bibliothèque de la Société Historique du Protestantisme Français, Paris.
BHR: Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance (revue)
BIC: Bibliothèque de l'Institut Catholique, Paris
BL: British Library, Londres.
BM: Bibliothèque Municipale (suivie de la ville, France).
BN ou BNF: Bibliothèque Nationale de France, site François Mitterrand, Paris.
BN: Bibliothèque Nationale (suivie de la ville, ex. Jérusalem)
BNC: Biblioteca Nazionale Centrale, Florence.
BPU: Bibliothèque Publique et Universitaire (Genève)
BSG: Bibliothèque Sainte-Geneviève, Paris.
BUS: Bibliothèque Universitaire de la Sorbonne, Paris.
CDJC: Centre de Documentation juive Contemporaine, Paris.
ENSBA: Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris.
FSL: Folger Shakespeare Library, Washington.
IRHT: Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, Paris.
LC: Library of Congress, Washington
Maz: Bibliothèque Mazarine, Paris.
NUC: National Union Catalog
Rés.: Réserve des livres rares et précieux
Vat. Bibliothèque Vaticane, Rome (Vatican).
WI: Warburg Institute, Londres
Actes du Colloque C.U.R.A./M.A.U. de Paris16-17 décembre 2000 : Frontières de l'Astrologie (De Nostradamus aux Gauquelin)
Compte-rendu du Colloque - par Patrice Guinard
Programme et Liste des intervenants présents
N.Éd.: J'ai conservé le format (RTF) et l'état des textes, tels qu'ils m'ont été communiqués.
Cartographie Astrologique - par Claudine Besset-Lamoine
Astrologie médicale - par le docteur Nguyen
Pour l'astrologie! Mais laquelle? - par Patrice Guinard
Le mythe du Modèle Astrologique Universel - par Jacques Halbronn
+ Schéma du cycle saturnien - de Jacques Halbronn
Datation de phénomènes météorologiques - par Valérie D'Armandy
L'astrologie contemporaine, sens et contresens - par Kieser ibn 'l Baz
Compte-rendu des 8 sessions du Colloque - par Jacques Halbronn
Compte-rendu du Colloque de Paris
Patrice Guinard a brièvement ouvert le colloque avant de passer la parole à Claudine Besset-Lamoine qui a souligné l'importance de la notion de territoire dans l'astrologie antique, et notamment dans les géographies zodiacales et planétaires, pour habilement introduire les débats sur la question même du colloque. Ainsi s'interroger sur les frontières de l'astrologie d'une part, et définir l'astrologie comme le savoir des territoires et des démarcations d'autre part, seraient-elles géographiques, revient à s'interroger sur la nature même de l'astrologie.
Session 1. L'histoire au service de l'exégèse du texte prophétique
La première session a été pilotée par Isabelle Le Berre qui a rappelé les récents travaux de l'invité principal de la session, Roger Prévost, historien et auteur de Nostradamus - Le mythe et la réalité (1999), lequel a de nouveau exposé -- après une émission de Bernard Pivot lors de la sortie de son ouvrage -- son interprétation des Quatrains, qui révèle un Nostradamus archiviste, historien, et peut-être aussi poète. A l'appui de sa démonstration: les quatrains IV 86 et VIII 2 des Centuries, qui utilisent un repérage astrologique, et font référence, l'un à des événements de 1495, l'autre aux incidents météorologiques (orages et précipitations) de 1561, tous deux attestés dans les chroniques locales des régions concernées. Roger Prévost aurait ainsi retrouvé les sources historiques, mais aussi littéraires et spéculatives (comme le traité de Richard Roussat, paru à Lyon en 1550, et déjà signalé par certains exégètes), de plus de 600 des 940 quatrains que comprennent les Centuries.
Patrice Guinard a fait remarqué que cette lecture implique que Nostradamus avait a sa disposition une bibliothèque considérable, composée à la fois d'ouvrages historiques, mais aussi d'archives, de bulletins et de chroniques locales. C'est cette bibliothèque essentiellement historique que Nostradamus aurait brûlée, et non une bibliothèque composée en grande partie d'ouvrages ésotériques et magiques.
Roger Prévost a également insisté sur la vision cyclique de l'histoire que Nostradamus partageait avec la plupart de ses contemporains, propos que Frank Hernandez, géographe, a illustré par un schéma cyclique montrant la récurrence supposée d'événements historiques qui se seraient déroulés, à plusieurs siècles d'intervalle, dans les mêmes lieux.
Reprenant cette idée de cyclicité, Jacques Halbronn, historien des textes prophétiques, a exposé sa conception de la mécanique prophétique, à savoir l'exploitation littéraire d'un corpus dont on pense que les événements décrits sont assez solides et judicieusement choisis pour avoir quelque chance de se reproduire, du moins en partie, dans le futur, en vue de valoriser, essentiellement, une situation politique proche, ou même déjà présente. Ainsi le prophète serait l'instrument d'un courant politique ou d'une mouvance idéologique, qui reste d'ailleurs à définir. Mais l'instrumentalisation du texte prophétique ne s'arrêterait pas là, puisque le corpus nostradamique serait en partie l'oeuvre de faussaires ultérieurs, assez doués pour imiter le style de Nostradamus, aussi bien celui de ses quatrains en vers que celui de sa première préface en prose, ce qui m'apparaît fortement improbable. [Je signale à Jacques Halbronn qu'il existe des départements de "Science des Textes et Documents" au sein de certaines universités, qui mettent en branle des techniques sophistiquées de dénombrement de vocables et des analyses comparatives diverses qui pourraient être utiles pour tester cette hypothèse.]
Le débat sur l'authenticité du corpus a été l'occasion pour Jacques Halbronn, qui nie l'authenticité des éditions 1555 et 1557 récemment "redécouvertes" et rééditées par Robert Benazra et Michel Chomarat, d'exposer certains des résultats de sa thèse d'État (1999) sur le texte prophétique en France, et notamment de proposer pour la parution des trois parties des Centuries, les dates de 1559 pour les 353 premiers quatrains, 1568 environ pour les centuries VIII, IX et X, et 1588-1590 pour les autres, ainsi que pour la préface à Henri II.
Finalement la question du phénomène prophétique en soi a été soulevée par Isabelle Le Berre, à savoir celle des capacités réelles ou contestées au prophète de Salon à avoir pu anticiper l'avenir. La vision sceptique des historiens Prévost et Halbronn n'a pas été entièrement concédée par les astrologues participant au débat, comme Tristan Lahary, invoquant certains travaux de Jacques Dorsan, qui s'est interrogé sur la possibilité pour Nostradamus d'avoir en réalité utilisé un repérage sidéral et non tropique pour les positions planétaires mentionnées dans les quatrains.
[Les conceptions de Jacques Halbronn et de Roger Prévost, quoiqu'en apparence complémentaires, soulèvent un problème crucial qui aurait mérité d'être davantage débattu et qui en fait met à jour leur absence de convergence, si ce n'est leur contradiction. Un nombre non négligeable de quatrains (I 5, I 66, III 41, III 68-69-70, IV 44-45-46-47, IV 49...) de la première édition des Centuries, parue vers 1559 selon Jacques Halbronn qui considère les éditions antérieures comme antidatées, interprétés par Roger Prévost à la lumière des documents historiques, se rapportent à des événements ultérieurs à cette date, par exemple le couronnement de Maximilien II en 1564 (quatrain I 43). Autrement dit, il faudrait repousser encore ce qui serait la première édition authentique d'au moins 5 ans, ou alors cesser de nier le caractère prophétique d'un phénomène qui échappe en grande partie aux limites de la rationalité moderne.]
Patrice Guinard a conclu le débat par une analyse comparative, pour le quatrain X 67 (Le tremblement si fort au mois de May), de l'interprétation de Roger Prévost (une forte pluie de grêle le 4 mai 1549 dans la région de Montélimar) avec celle de Vlaicu Ionescu (la brusque offensive allemande du 10 au 21 mai 1940), et tenté de montrer que, compte tenu des positions planétaires indiquées, les deux interprétations restaient plausibles, et que la recherche de la source textuelle comme celle de l'événement futur annoncé n'étaient pas irréconciliables. Ainsi les orages de 1549 pourraient aussi coder, par un jeu sur les dates (1549 «--» 1945), les événements de 1945 (les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki, marquant la fin de la guerre et le dernier vers du quatrain: Tombera gresle lors plus grosse qu'un euf). Chaque quatrain serait un texte à deux faces, l'une tournée vers le passé, l'autre vers le futur, et la base historique, littéraire ou simplement textuelle des quatrains coderait un avenir pressenti. C'est ainsi que la vision cyclique de Nostradamus trouverait sa consécration.
Session 2. Les fondements biologiques de l'astrologie et leur application à la médecine
Jean-Paul Citron, biologiste, a exposé les mécanismes déclenchés par le signal gravitationnel dans la cellule. Lors d'une variation gravitationnelle (et en particulier d'origine astrale), la molécule d'ADN se décompacte et se reconfigure. En outre les rythmes planétaires semblent mémorisés au niveau cellulaire, et par suite le signal astrologique se justifierait par sa nature gravitationnelle et par le fait qu'il agirait de manière rythmique.
Bernard Blanchet, astrologue conditionaliste, a demandé à Jean-Paul Citron d'expliciter son modèle biochimique pour les signaux à faible intensité, notamment ceux relatifs à Pluton, et Patrice Guinard a soulevé le problème des seuils, en demandant s'il existait une limite quant à l'enregistrement et la sensibilisation de la cellule aux rythmes d'origine cosmique, invoquant la récente découverte de planétoïdes de taille infime au-delà de Pluton-Charon.
Jean-Paul Citron a souligné la capacité de l'ADN à réagir à de très faibles intensités et admis la possibilité de l'existence de seuils minima, au-dessous desquels la réponse ne se produirait pas. La fameuse courbe de Gauss pourrait être le modèle formel illustrant ces mécanismes. Concernant l'origine du déclenchement de cette sensibilisation de la cellule aux rythmes planétaires, Jean-Paul Citron a mentionné un phénomène connu des biologistes, la re-méthylation du génome, qui se produit quelques jours après la naissance et qui serait un début d'explication à l'acquisition par le nouveau-né d'une sensibilisation à des rythmes planétaires spécifiques.
Bernard Biardeau a présenté un système de correspondances entre les signes zodiacaux et les méridiens de l'acupuncture, et exposé les résultats de son expérience homéopathique, tendant à souligner l'efficacité des substances homéopathiques susceptibles de contrebalancer les faiblesses et déséquilibres planétaires d'un thème natal.
Patrice Guinard a ensuite donné la parole à Valérie d'Armandy qui a exposé certains résultats de sa pratique et discuté le problème de l'assimilation des maladies aux facteurs planétaires et zodiacaux. Elle a insisté sur le caractère collectif de certaines maladies récentes, comme le cancer et le sida, qui seraient en quelque sorte intériorisées au niveau psycho-mental à travers les medias, et mis en avant l'observation suivant laquelle une maladie donnée serait moins liée à une dominante planétaire fixe qu'à une sensibilisation généralisée de l'organisme, d'abord d'origine psychique, et de nature neptunienne, et à une activation de cette sensibilisation par la planète Mars.
Le docteur Franck Nguyen a exposé avec circonspection son expérience en astrologie médicale, souligné ses limites et montré l'impossibilité de diagnostiquer une maladie à l'aide du seul thème natal. Les données astrologiques seraient à prendre en compte, corrélativement aux autres données d'ordre physique, biologique et organique, et ne relèveraient que d'un déterminisme relatif. Suite à une question de Jacques Halbronn concernant le déclin de l'astrologie médicale au cours du XVIIIè siècle, Franck Nguyen a montré que les techniques modernes avaient suppléé nombre d'outils astrologiques encore répandus à cette époque et devenus aujourd'hui inutiles. Enfin, Patrice Guinard a suggéré que l'efficace des influences astrologiques sur le plan médical pourrait être due principalement à la nature psychique, ou plus exactement psycho-somatique, des facteurs à prendre en compte, et notamment au niveau des transits planétaires.
Session 3. La spécificité de l'astrologie française
Pierre Barrucand, ex-mathématicien au C.N.R.S., a porté témoignage sur ses rencontres avec certains astrologues français des années 40 et 50, dont la plupart sont aujourd'hui décédés. Virginia Spica a évoqué les réunions bimensuelles animées du C.I.A. (Centre International d'Astrologie) dans les années 60 et son implosion au début des années 70 en raison de conflits de pouvoir. On peut regretter que ce creuset parisien de discussions fécondes n'ait plus aujourd'hui de véritable équivalent et que l'astrologue-consultant s'en tienne à sa pratique et à sa clientèle sans se soucier des éventuels progrès de la recherche. Jacques Halbronn a défini la période 1975-2000 comme étant celle de l'âge des congrès, soulignant son action au sein du M.A.U. pendant ces années, ainsi que l'activité de Patrice Louaisel dans le développement de réseaux régionaux.
Véronique Lepage a comparé la situation de l'astrologie française à celle de l'astrologie anglaise, et remarqué que l'expansion de l'astro-psychologie britannique, essentiellement d'orientation jungienne, suite à l'influence de Dane Rudhyar et de Liz Greene, pouvait être due à un besoin, comblant la faiblesse du développement de la psychanalyse britannique, contrairement au rayonnement de la psychanalyse française, de Jacques Lacan à Françoise Dolto.
A la suite de ces divers témoignages, Patrice Guinard a recentré le débat sur la question de l'éventuelle existence d'une spécificité de l'astrologie française, notamment au niveau des conceptions théoriques, si ce n'est des pratiques. José Fernández Quintano (Espagne) a fait part de l'écho important qu'a connu l'astrologie française dans son pays, et suggéré que sa spécificité était peut-être à rechercher en comparaison avec la philosophie, dont le courant structuraliste a connu en France un essor incomparable. Il a cependant conclu son intervention en soulignant que la véritable rupture moderne se serait faite avec l'américain Dane Rudhyar qui aurait débarrassé l'astrologie d'une certaine conception prédictive et ésotérique qui était encore celle en vogue au début du XXè siècle. [On pourrait cependant lui objecter que le français Paul Choisnard est décédé plusieurs années avant la parution des premiers ouvrages de Rudhyar, et qu'en 1935, l'Allemagne avait déjà derrière elle une activité de recherche incomparable].
Patrice Guinard a ensuite exposé ses idées concernant la tendance de l'astrologie française à restreindre le corpus astrologique à ses facteurs essentiels. Les planètes hypothétiques de l'école de Hamburg, les mi-points de Witte et Ebertin, les harmoniques de John Addey et d'autres inventions comparables ont connu un écho assez faible dans ce pays. Cette simplification des facteurs pris en compte dans le thème natal s'accompagne d'une technique d'interprétation mettant en jeu des orbes d'autant plus larges. Jacques Halbronn a suggéré que ce penchant serait plutôt dû à une volonté de restructurer le corpus et la tradition au niveau des fondements, d'où la forte tendance "structuraliste" de l'astrologie française, à commencer par Dom Néroman, alors que les allemands et les anglais auraient plutôt cherché à faciliter le travail de l'interprète.
Patrice Guinard a souligné que l'astrologie horaire, fort répandue outre-Manche et outre-Atlantique, était restée une pratique relativement marginale en France, ainsi que celle des orbes étroits, ce qui tendrait à montrer, comme l'a reconnu aussi Tristan Lahary, que les techniques ayant directement trait à la prédiction, ne connaissent pas en France le même engouement qu'ailleurs. Steffan Vanel (USA) a conclu la session en montrant que les astrologues américains étaient davantage attirés par la nouveauté que les astrologues du vieux continent, à commencer par les français, ce qui présente l'avantage d'une grande émulation, mais aussi l'inconvénient d'une certaine naïveté concernant la réalité du fait astrologique.
Session 4. Le thème astrologique comme mandala de la consultation
Jacques Halbronn a ouvert cette session en exposant ses théories, par ailleurs bien connues. Le thème natal, élément essentiel de la consultation, sert à produire du discours. L'instrumentalisation du thème, natal ou horaire, fonde la consultation astrologique. Il importe peu que l'astrologue ait derrière lui de longues années d'études, pourvu qu'il sache gérer le dialogue et maîtriser la situation de consultation. Il n'importe pas plus que la signification donnée aux divers éléments du thème soit ou non issue de recherches d'ordre physico-biologiques, puisque ces significations ne sont finalement que des conventions culturelles, que l'astrologue-consultant saura manier avec plus ou moins de dextérité.
Yves Haumont (Belgique), auteur d'une thèse sur la langue astrologique, a comparé le discours astrologique au discours alambiqué de la psychanalyse lacanienne. L'effet serait comparable, puisque le patient ressort sonné de la consultation. Et Roberto Renout a prolongé cette optique en montrant que le thème, projection du ciel sur une surface, n'était pas même nécessaire, et pouvait être remplacé par une série de boules sphériques et colorées, représentant l'ensemble des possibilités astrologiques, au sein desquelles le patient a le loisir, dans la consultation, de choisir ses options, et ainsi de découvrir un espace symbolique qui lui conviendrait, selon ses goûts et ses affinités.
Franck Nguyen et David Buffet se sont opposés à ces vues, soulignant le fait que l'astrologue ne produit pas n'importe quel discours, et que tout discours n'est pas interchangeable, comme semble le croire Halbronn. Le malade du poumon n'accepterait pas que le médecin propose de lui soigner le genou, comme l'a rappelé Franck Nguyen. David Buffet a souligné qu'il n'existait pas une uniformité psychologique entre individus, et illustré ses propos par sa pratique des degrés monomères, issue des travaux de Gilles Verneret, et impliquant au contraire une hyper-spécialisation de la lecture du thème.
José Fernández Quintano a regretté qu'il n'y ait pas davantage de consensus dans l'interprétation du thème. Steffan Vanel a défendu sa conception de la consultation, et justifié le couplage du thème astrologique avec les lames du tarot, limitant ainsi le penchant de l'astrologue à la projection. Fouzy Hamici a présenté sa pratique intuitive comme celle d'un artiste qui n'aurait pas besoin d'un lourd bagage livresque. Enfin Bernard Blanchet, consultant en entreprise, a disqualifié l'astrologie comme instrument fiable du recrutement, contestant au thème natal sa capacité à informer sur le niveau de compétence de l'individu.
[Il semblerait que Jacques Halbronn prenne le client de la consultation astrologique pour un imbécile. Si le patient reçoit une sorte de discours stéréotypé ou plus ou moins adapté à la situation du moment auprès d'un astrologue peu qualifié, ou même auprès d'un brillant artiste qui divague, il n'en résulte pas que la consultation lui ait été salutaire. Et par suite il peut avoir tendance à retourner voir le même astrologue ou un autre, comme dans le cas de la cure psychanalytique infinie à la Lacan. Ce qui fait marcher le commerce, et tous y trouvent leur compte -- qui peuvent remercier Halbronn qui donne ainsi son aval à ce que je serais tenté d'appeler l'incompétence. Mon expérience est tout autre. J'ai remarqué, lors des consultations que j'ai pu donner dans le passé, que si l'astrologue mettait le doigt sur le point sensible, et savait montrer au patient l'abîme existant entre son potentiel psychique et les représentations psycho-mentales qu'il peut s'être forgé de lui-même au cours du temps, démêler l'écheveau en quelque sorte et le guérir de ses illusions par une analyse critique, le résultat était spectaculaire. Le patient reçoit un véritable choc psychologique, comme le réclamait Jung pour la psychanalyse, qui lui donne des indications précieuses sur lui-même s'il sait les accepter. Rien à voir avec le discours d'un bonimenteur qui agit seulement au niveau verbal, à la surface de la conscience. Les conséquences peuvent être que le patient a compris quelque chose et ne désire plus consulter d'astrologue, parce que l'astrologue lui a donné les moyens de se passer de lui. La consultation n'est pas une affaire de description psychologique, mais de transformation psychique.]
Session 5. Le statut de l'astrologie
Cette session a commencé par un entretien entre Patrice Guinard et Françoise Gauquelin, laquelle a donné quelques précisions relatives à l'interprétation des travaux qu'elle a faits avec son mari Michel, aujourd'hui décédé. Ainsi l'abondance des recherches actuelles, surtout anglo-américaines, concernant la planète Mars et "l'effet Mars" ne signifie pas que cette planète aurait plus d'importance que les quatre autres planètes (Jupiter, Vénus, la Lune et Saturne) pour lesquelles des résultats statistiques ont été trouvés, mais serait due au renouvellement plus aisé des échantillons de sportifs, et donc à une plus grande facilité pour les expériences de replication. Franck Nguyen s'est interrogé sur l'absence de résultats concernant les autres planètes, en particulier Mercure, et suggéré que certaines planètes admettraient une adéquation moins évidente avec la notion de catégorie professionnelle.
Jean-Paul Citron a poursuivi son exposé de la veille et tenté d'élucider comment certaines corrélations entre les mécanismes biochimiques pouvaient éclairer certaines affirmations astrologiques: par exemple la corpulence de l'individu (gros ou maigre) qui pourrait être mise en relation avec une valorisation planétaire Jupiter/Lune chez les gros, et Saturne/Lune chez les maigres. Françoise Gauquelin s'est déclarée prête à tester statistiquement cette hypothèse, et Patrice Guinard a demandé si ces corrélations biologiques pouvaient être généralisées à d'autres planètes. Jean-Paul Citron a donné d'autres exemples, et admis que les progrès constants de la biologie demandaient à la fois une certaine prudence, mais permettaient aussi d'envisager de belles avancées dans l'avenir.
Patrice Guinard s'est interrogé sur le statut de l'astrologie, et nié que l'astrologie puisse devenir une science, même si les résultats statistiques d'une part, et les recherches d'ordre biologique d'autre part, pouvaient être d'un secours non négligeable quant à la compréhension du fait astrologique. Il a présenté l'astrologie d'abord comme une philosophie, peut-être une philosophie compréhensive des sciences humaines, avec aussi certaines exigences d'ordre astronomique et physique, mais une philosophie qui relève encore d'une certaine forme de croyance ou tout au moins de consentement. Le statut de l'astrologie est tout aussi ambigü pour les sceptiques et pour les historiens, puisqu'on retrouve l'astrologie, surtout ancienne, en appendice des encyclopédies historiques, que ce soit en astronomie, en philosophie ou dans l'histoire des religions.
José Fernández Quintano a précisé quelques points concernant un projet d'avenir pour l'astrologie: la formation pluridisciplinaire de l'astrologue, la nécessité d'un débat entre astrologues afin d'éviter l'implosion de l'astrologie en raison d'une pléthore de techniques disparates, et l'intérêt d'une étude attentive de la période babylonienne, encore peu connue, et cependant cruciale pour la compréhension de l'astrologie.
Patrice Guinard a essayé de montrer qu'il existait trois attitudes concernant l'astrologie: le "rien ne marche" des sceptiques qui interprètent l'astrologie comme un processus d'auto-suggestion, un simple effet placebo ; le "tout marche" du praticien qui se satisfait d'une technique qui n'a pas besoin de justification ; "il y a quelque chose qui marche" en raison de certaines résonances d'ordre physique, géo-magnétique et biologiques, et la tâche astrologique consiste à rechercher un modèle qui répond à ces exigences.
Jacques Halbronn a précisé que tout ce qui existe astronomiquement ne devait pas avoir forcément une signification astrologique, que tout ce que l'astrologie a accumulé au cours de son histoire ne devait pas avoir obligatoirement une utilité aujourd'hui, et que tout le vécu de la personne humaine ne concerne pas nécessairement l'astrologie. Finalement il a opté pour la troisième hypothèse exposée par Patrice Guinard, celle d'une certaine astrologie qui marche, mais non pas en raison d'une recherche d'ordre épistémologique ou d'une vraisemblance d'ordre physique, mais en vertu d'une sélection délibérée, d'un choix arbitraire de nature conventionnelle.
Pierre Barrucand est revenu sur la question des éventuelles corrélations entre les éléments astronomiques et les traits de caractère, et s'est interrogé sur l'attitude des scientifiques et sur leur fermeture d'esprit envers l'astrologie, d'autant plus "curieuses" qu'ils sont relativement bien disposés par ailleurs à tester des hypothèses dépourvues de preuves.
Pour Ioan Azimel, un ancien élève de Jacques Halbronn, le fait que l'astrologie ne soit pas unifiée serait une force, car elle devient inattaquable, ce qui renforce l'affirmation de son maître, à savoir que l'astrologie se maintient tant qu'elle existe dans l'esprit humain. Patrice Guinard a finalement fait observer qu'aucune recherche n'est possible avec de tels présupposés, et oublié de rappeler pour clore le débat une sentence de son Manifeste, à savoir: L'astrologie serait-elle totalement éradiquée de la culture, l'astral n'en continuerait pas moins à piloter la conscience humaine.
Conclusion
Pour les trois sessions suivantes, auxquelles je n'ai pu participer, je renvoie au compte-rendu de Jacques Halbronn. Ce colloque a été d'une excellente qualité, tant au niveau des interventions qu'au niveau des débats. La salle était composée essentiellement d'astrologues et de spécialistes, par exemple Paule Houdaille, Richard Pellard ou Christian Gourdain. Daniel Cobbi a été excusé, ainsi qu'Illel Kieser qui m'a adressé le texte de sa communication. Le succès du colloque méritait qu'un effort soit fait pour en rendre compte, et un document video est en préparation. Que tous soient remerciés pour leur participation, et aussi pour avoir compris qu'il n'est pas encore devenu inutile, à l'heure d'Internet, de dialoguer et de confronter ses conceptions de vive voix. Souhaitons que ce type de congrès, rassemblant des astrologues et spécialistes qui discutent entre eux, et non seulement des "professeurs d'astrologie" qui enseignent ex cathedra les résultats de leurs dernières trouvailles à leurs élèves, puisse perdurer, pour l'instant grâce essentiellement à l'entrain et à la générosité de Jacques Halbronn.
Patrice Guinard, directeur du C.U.R.A.
20 janvier 2001
Programme et Liste des intervenants présents* Colloque placé sous l'égide du C.U.R.A. (Patrice Guinard) et du M.A.U. (Jacques Halbronn)
* XXVème anniversaire de la fondation du M.A.U. (Mouvement Astrologique Unifié)
* Premier colloque astrologique du C.U.R.A.
* Direction des débats: Isabelle Le Berre (session 1), Patrice Guinard (sessions 2, 3 & 5), Jacques Halbronn (sessions 4, 6, 7 & 8).
Samedi 16 décembre 2000
Ouverture du colloque: Patrice Guinard et Claudine Besset-Lamoine
Session 1: Nostradamus et l'Astrologie. L'appel au prophétisme.
Pourquoi le médecin Michel de Nostredame, qui publiait sur l'astrologie, a-t-il choisi de passer à un autre registre, celui du prophétisme poétique? La part de l'astrologie dans les Centuries. Le prophétisme au secours de l'astrologie. Les astrologues face à Nostradamus (de Neptune à Chiron).
Avec Roger Prévost, Isabelle Le Berre, Patrice Guinard, Frank Hernandez, Jacques Halbronn, Tristan Lahary
Session 2: Astrologie et Médecine. Liens avec la biologie.
La médecine médiévale se raccordait à l'astronomie/astrologie. Puis elle s'en est écarté et l'a évacuée. La recherche biologique lui donne-t-elle tort ou raison? Quelle est sa place chez le médecin d'aujourd'hui? Un astrologue peut-il se situer sur le plan médical? Quelle déontologie?
Avec Jean-Paul Citron (C.O.M.A.C.), Valérie d'Armandy, Franck Nguyen (R.A.O.), Jacques Halbronn, Bernard Biardeau, Patrice Guinard
Session 3: Y a-t-il une école astrologique française?
Existe-t-il, dans chaque pays, une tradition astrologique spécifique? Quelles en sont les raisons? Quelle est et quelle a été la place de l'astrologie française dans le monde? Bilan de l'astrologie française au XXème siècle. Sa dépendance de l'étranger et son rayonnement.
Avec Patrice Guinard, Véronique Lepage, Pierre Barrucand, Virginia Spica, José Fernández Quintano (Espagne), Jacques Halbronn, Steffan Vanel (USA)
Dimanche 17 décembre 2000
Session 4: Le thème natal comme mandala et rituel. Quelle instrumentalisation?
Quels que soient les doutes que l'on puisse exprimer au regard de l'astrologie, le thème natal constitue un vecteur privilégié de communication et d'identification pour l'individu. L'astrologie, à ce niveau là, est-elle un langage ou un savoir? Comment se préparer au métier d'astrologue et comment l'exercer? Quelles relations avec les psys?
Avec Yves Haumont (Belgique), Jacques Halbronn, David Buffet (C.A.E.), Roberto Renout, Steffan Vanel, José Fernández Quintano, Marc Cohen, Fouzy Hamici, Bernard Blanchet (A.É.R.A.), Franck Nguyen
Session 5: L'astrologie comme savoir frontière. Quelle épistémologie?
L'astrologie se situe-t-elle dans le champ de la science ou à ses frontières? Peut-on la cerner par le moyen de la statistique sans l'appauvrir? Sa pérennité fonde-t-elle sa légitimité à se situer à part, sur un autre plan qui échappe aux outils d'investigation habituels? A quelles conditions pourrait-elle être reconnue par l'intelligentsia contemporaine? Quel sera son devenir au XXIème siècle?
Avec Françoise Gauquelin (Astro-Psychological Problems), Patrice Guinard, Jean-Paul Citron, Franck Nguyen, Pierre Barrucand, Ioan Azimel, José Fernández Quintano (Beroso)
Session 6: Astrologie et astronomie. Le sidéralisme.
A côté de la tradition astrologique zodiacale et tropique se sont développés d'autres façons de déchiffrer et de décoder le ciel qui nous renvoient à la question des origines de l'astrologie. Quel est le ciel de référence pour l'astrologie: celui des Anciens ou celui que nous connaissons aujourd'hui?
Avec Didier Massoulle (astronome), Christian Lazarides, Jacques Halbronn, Barbara de La Motte Saint-Pierre, Tristan Lahary, Bernard Blanchet, Franck Hernandez
Session 7: Astrologie et géographie. Chorographie. L'astrologie mondiale
Le modèle astrologique doit-il prendre en compte la diversité des peuples et des régions du monde? Comment savoir si une période sera ou non favorable à un pays? Bilan des prévisions politiques et sociales au XXème siècle.
Avec Jacques Halbronn, Franck Hernandez, Valérie d'Armandy, Fouzy Hamici, Barbara de La Motte Saint-Pierre, Michèle Gior, Éric Ruiz, Évelyne Latour, Xavier Faurelle, Yves Haumont
Session 8: Astrologie et clivages socio-culturels. L'homme et la femme dans l'équation astrologique.
Pertinence des clivages et typologies astro-psychologiques? Le clivage entre pro- et anti-astrologues révèle-t-il un fossé entre certaines catégories socio-culturelles? L'astrologie est-elle pour les femmes une contre-culture, une forme de protestation en tant que savoir non conforme, marginal, "paria", mais qui "marche"?
Avec Bernard Blanchet, Yves Haumont, Franck Nicolas, Jacques Halbronn, Véronique Lepage, Tristan Lahary, Marie-France Philip
L'oeuvre d'Eustache Le Noble fait partie des reproductions de la Bibliotheca Astrologica dont Patrice Guinard fut un usager assidu dans les années 1980-90.
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Eustache Lenoble (1643-1711): Un Bilan
sur l'Astrologie à son déclin
(Avec des extraits de son Uranie, ou les Tableaux des Philosophes)
par Patrice Guinard
Lenoble, d'après les indications qu'il donne sur son propre thème à divers endroits de son traité (Mars à 13 degrés du Sagittaire à la fin de la maison V, la Lune (sans parallaxe ?) à 23 degrés du Cancer à l'Ascendant, la pointe de la maison XII à 21 degrés des Gémeaux...), et comme il utilise probablement la domification Placidus, moins répandue que celle de Regiomontanus, mais plus commode (p.254), serait né à 17h45, le 26 décembre 1643 à Troyes (aucune heure n'est indiquée dans son acte de baptème à la page 162 du registre paroissial de Sainte-Madeleine de Troyes).[1]. Le biographe Philippe Hourcade ignore son jour de naissance, mais signale ses ancêtres : Marié à Perrette Michelin en 1668, il est le fils d'Eustache I Lenoble (1613-1688), président au bailliage de Troyes, et de Françoise Amiot (-1656) mariés en 1642, le petit-fils de Pierre II Lenoble (1574-1651) et de Simone de Mesgrigny mariés en 1612, l'arrière-petit-fils de l'écuyer Adam Lenoble et d'Etiennette Lamy mariés en 1571, et l'arrière-arrière-petit-fils de Pierre I Lenoble (-1590) et de Marguerite Le Marguenat (Hourcade, Entre Pic et Rétif, Eustache Le Noble (1643-1711), Paris, Aux Amateurs de Livres, 1990, p.37).
Thème natal d'Eustache Lenoble, rev. 2015
Eustache Le Noble, baron de Saint-Georges et de Tennelière, historien, physicien et astrologue, a surtout été un dramaturge d'une certaine importance, et ses oeuvres complètes ont été rééditées à titre posthume, en 20 volumes à Paris en 1718, puis à La Haye en 1726. Il a connu une vie passionnée et agitée (adonné aux raffinements libertins, il dilapide sa fortune en quelques années ; incarcéré, il s'évade pour rejoindre une femme avant d'être repris quelques années après), a été mêlé à la politique (il est nommé procureur général au parlement de Metz), et meurt le le 31 janvier 1711 dans la misère.[2]
Cet esprit éclectique a laissé deux textes astrologiques importants. La Dissertation chronologique et historique touchant l'année de la naissance de Jésus-Christ (Paris, 1693) reprend la théorie des Grandes Conjonctions énoncée par Kepler dans son traité De Stella nova (Prague, 1606). Ce thème a été largement débattu par les astrologues, depuis Abû Ma'shar jusqu'au récent ouvrage de Percy Seymour [3] , en passant par Albert le Grand, Guido Bonatti, Cecco d'Ascoli, Pierre d'Ailly, Luca Gaurico, Gerolamo Cardano, Kepler et d'autres.
Son second ouvrage, l'Uranie, ou les Tableaux des philosophes (Paris, G. de Luynes, 1694-1697, 3 vol.; rééd. Paris, Pierre Ribou, 1718) est un traité ambitieux, de nature astro-philosophique : les livres I et II traitent de la philosophie grecque (présocratiques, Platon, Aristote, Épicure...), les livres III et IV de la philosophie moderne (essentiellement Gassendi, Descartes, Copernic et Tycho Brahe), le livre V des fondements de l'astrologie, et le livre VI des jugements astrologiques.
Lenoble invite à partager sa vision critique de l'astrologie, dégagée des préjugés rationalistes comme des superstitions des esprits crédules. Si "cet Art ne peut jamais rien produire d'absolument certain" (p.127), il n'en résulte pas qu'il ne faille lui accorder aucune importance. L'impossibilité de produire des jugements prédictifs n'invalide pas le discours astrologique dans son ensemble. L'astrologie est une philosophie, et l'Uranie est précisément d'abord un abrégé de l'histoire de la philosophie, des Présocratiques à Kepler, astrologue-astronome.
Mais une philosophie ignorante de l'astrologie, comme celle de Descartes, repose elle-même sur des assises bien fragiles. Le Cogito par exemple, qui marque la séparabilité des consciences, n'est qu'une des postures possibles de l'esprit humain, que le savoir astrologique a précisément pour dessein de faire comparaître avec d'autres.
Lenoble reproche aux détracteurs de l'astrologie, penseurs, philosophes et théologiens, de confondre l'astrologie avec les pratiques abusives qui la dénaturent. Ce n'est pas parce que la littérature astrologique a produit un fatras d'affirmations superstitieuses et puériles, que l'astrologie en soi doive être écartée sans examen. Quant à la majorité des astrologues-consultants, ces "vendeurs de fumée" (p.301), ils semblent ignorer la véritable nature de l'astrologie.
Ainsi l'enjeu de l'Uranie est de présenter une vision épurée de l'astrologie, à l'usage des intellectuels comme du grand public : "les prétendus esprits forts qui la blâment et la méprisent sans la connaître seront convaincus de leur erreur, et auront pour elle quelque indulgence (...) les âmes faibles qui par une aveugle crédulité se rendent les dupes des charlatans qui outrent cette connaissance, et qui en passent les limites pour entreprendre des prédictions qui n'ont aucun fondement physique, ne se laisseront plus si facilement abuser par les impostures présomptueuses des astrologues." (p.127)
Au début du livre VI, Lenoble réfute les principaux arguments contre l'astrologie : inutilité des prédictions, divergences entre astrologues, argument des jumeaux, moment de conception, incertitude de l'heure de naissance et autres difficultés techniques, disproportion entre la limitation des qualités élémentales et la diversité de leurs effets sur les individus. Il tente de justifier par des principes physiques et "naturels", à l'instar de Ptolémée et de Kepler, la vraisemblance des structures astrologiques, par exemple l'attribution des qualités élémentales aux saisons et aux signes zodiacaux par des principes de nature climatologique, et ainsi d'adapter l'astrologie aux exigences de la rationalité de son temps.
Lenoble souligne que l'origine des noms des constellations zodiacales est à rechercher dans les phases du cycle solaire journalier (V 8), mais il semble avoir quelque difficulté à accéder à une conception véritablement cyclique du zodiaque, ce qui le conduit à supposer (comme Al-Kindî) une influence de la lumière stellaire : "Quoi qu'il en soit, il faut concevoir que tous ces noms ne servent qu'à distinguer et désigner les constellations, et qu'ils n'ont aucune efficace ni rapport aux influences que la lumière de ces étoiles nous peut apporter." (p.161). Ainsi l'interprétation mythologique doit être abandonnée au profit d'une vraisemblance d'ordre physique.
La source première des "influences" serait, pour Lenoble comme pour son aîné Placidus de Titis [4] , la lumière : "la lumière est l'unique canal de l'influence" (p.154), "nulle lumière, nulle influence" (p.208), "sans lumière il n'y a point d'influence." (p.233), "point d'influence sans lumière, et point de lumière sans corps" (p.258)...
Malgré son effort de rationalisation et son souci d'assainir le corpus astrologique (rejet des Termes ou Fins, acceptés par Ptolémée (p.232) et de la Part de Fortune, une "chimère" (p.256), des noeuds lunaires, des inventions et "arabesques" des astrologues Arabes, des aspects keplériens...), Lenoble reste prisonnier finalement, en dépit de son engagement en faveur de la représentation copernicienne du système solaire (V 4), de la conception physique "aristotélicienne" qui est encore celle qui prévaut à la fin du XVIIème siècle.
Ainsi tente-t-il de justifier les aspects (ici le trigone) par des considérations cycliques (chaque année la Lune progresse de 4 signes par rapport au Soleil et tous les 20 ans la conjonction Saturne-Jupiter progresse de 4 signes) et géométriques (trois trigones forment un triangle équilatéral) [5] , et les planètes et signes zodiacaux par des raisonnements d'ordre physico-météorologiques, à l'instar de Ptolémée et de Kepler. Cependant il reste conscient du relatif échec de cette approche, et semble admettre que ces considérations restent circonscrites par les limites de la connaissance physique de son époque. Contrairement à Kepler, il est persuadé de la validité du zodiaque, des maisons et même des domiciles. En ce qui concerne les signes, il écrit: "j'aime mieux croire que les anciens après de très-longues experiences ont reconnu dans quelques uns de ces signes quelque qualité dominante qui les a déterminés à cette division : ainsi quoi qu'à mon sens elle n'ait aucun fondement solide et naturel." (p.232)
Les explications rationalistes de Ptolémée restent souvent spécieuses.[6] L'approche de Kepler est extrêmement critique et sélective, et en abandonnant le Zodiaque et les Maisons, il semble bien, contrairement à la sentence du frontispice de son Tertius interveniens (1610), qu'il se soit débarrassé d'une partie de l'enfant avec "l'eau du bain". Le discours de Lenoble me semble plus juste. Les fondements physiques et naturels, maintes fois mis en avant dans son discours, ne serviraient tout au plus que de "raisons apparentes", du moins dans l'attente d'une physique qui soit susceptible d'entériner l'essentiel de la pensée astrologique, peut-être celle de l'astronome Percy Seymour.
Le thème de Lenoble explique assez bien son ambivalence, à savoir son souci de purifier le discours astrologique (Saturne au MC et Soleil en Capricorne), tout en préservant l'intégralité d'un corpus vraisemblable (Lune à l'Ascendant), essentiellement ce que j'ai appelé les structures astrologiques, image de la matrice astrale.[7] Car en astrologie, il n'y a pas comme en philosophie, d'origine, de centre, de foyer, visible ou caché, qui serait le point d'organisation des concepts et de développement du discours : tout est structure, tout commence et finit avec les structures. Le Zodiaque est une structure cyclique avant d'être une symbolique ; il opère comme archétype pour le psychisme et pour les découpages du réel qui en résultent. Les opérateurs astrologiques s'organisent dans des structures temporelles qui dépendent en amont du réel astronomique et génèrent en aval des significations et interprétations "métaphoriques". Lenoble l'a compris, même s'il n'a pas toujours su l'exprimer.
Notes
[1] Il est fréquent à cette époque pour les auteurs de traités d'astrologie de laisser des indications parsemées dans leurs ouvrages, afin que le lecteur averti puisse retrouver leurs coordonnées de naissance. Il en va ainsi d'Antoine de Villon dans son traité L'usage des éphémérides (Paris, 1624) ou encore de Nicolas de Bourdin dans son commentaire du petit recueil pseudo-ptoléméen, Le Centilogue [sic] de Ptolomee ou la seconde partie de l'Uranie, (Paris, 1651). Une lecture attentive de ce texte permet d'en déduire que cet auteur est né le 1er novembre 1603, et non en 1583 (!) comme l'indique, dans sa réédition en fac-similé de cet ouvrage (Paris, Trédaniel, 1993), Jacques Halbronn, qui confond Nicolas avec un parent. « Texte
[2] Sur Eustache Lenoble, cf. mon article, "Apogée de l'astrologie française à la fin du XVIIème siècle" (in Astralis, 19, Lyon, 1987) et aussi les "Recherches sur l'histoire de l'astrologie et du tarot", commentaire de Jacques Halbronn à sa réédition d'Etteilla, L'astrologie du Livre de Thot (Paris, Trédaniel, 1993, p.15-21). « Texte
[3] Percy Seymour, The birth of Christ (Exploding the myth), London, Virgin, 1998. Cf. aussi Ornella Pompeo Faracovi, Gli oroscopi di Cristo, Venezia, Marsilio, 1999. « Texte
[4] "La vertu influentielle des étoiles est la lumière." (Placidus de Titis, Primum mobile, traduction Claudine Besset-Lamoine, Paris, FDAF, 1998, p.2). « Texte
[5] Uranie, ou les Tableaux des philosophes, 5.21, p.216. « Texte
[6] Cf. notamment sa justification des Domiciles planétaires dans le Tetrabiblos : La Tétrabible ou Les quatre livres des jugements des astres, trad. Nicolas de Bourdin (1640) revue par René Alleau, Paris, Denoël / Culture, Arts, Loisirs, 1974, p.54-56 ; ou encore Le livre unique de l'astrologie, trad. Pascal Charvet, Paris, NiL, 2000, p.64-65. « Texte
[7] Sur ces notions d'opérateur astrologique, de structure astrologique et de matrice astrale, cf. mon Manifeste, http://cura.free.fr/01manif.html « Texte
ASTROLOGIE - ASTROLOGY
Catalogus Codicum Astrologorum Graecorum (CCAG)
CCAG, vol. 8.3 Codicum Parisinorum, éd. Pierre Boudreaux, Bruxelles, héritiers Henri Lamertin, 1912
CCAG, vol. 9.1 Codices Britannicos (codices oxonienses), éd. Stéphane Weinstock, Bruxelles, héritiers de l'Académie
CCAG, vol. 9.2 Codices Britannicos (codices londinenses, cantabrigienses et al.), éd. Stéphane Weinstock, Bruxelles
CCAG, vol. 10 Codices Athenienses, éd. Armand Delatte, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1924
CCAG, vol. 11.1 Codices Hispanienses I, éd. Carlo Oreste Zuretti, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1932
CCAG, vol. 11.2 Codices Hispanienses II, éd. Carlo Oreste Zuretti, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1934
CCAG, vol. 12 Codices Rossicos, éd. Mstislav Antonini F. Šangin, Bruxelles, héritiers Maurice Lamertin, 1936
3969 Heredity Data (Napoli) (new)
Digital International Astrology Library 2
Sloane Astrological Manuscripts
Christopher Heydon, A defence of judiciall Astrologie, Cambridge, 1603
Christopher Heydon, An Astrological Discourse, London, 1650
Astrologia Perennis, Sources des citations en début de chapitres (rev. Avril 2020)
"Qui a peur de l'Astrologie ?" 1e version [TH D Sorbonne, 1992-1993] + corrections ca. février 1997
"Qui a peur de l'Astrologie ?" 2e version [L'Astrologue, 1996-1997] + notes manuscrites Françoise Gauquelin au n° 113
L'Astrologie dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Daremberg et Saglio
Patrice Guinard: Conditions et réserves à ma "True and wonderful prediction for twenty years (2010-2030)"
Documents photocopiés de la Bibliothèque du CURA*******
NB****
Cette "Bibliothèque du CURA" comporte essentiellement des dossiers en provenance de la Bibliotheca Astrologica (Paris) qui ont été transférés sur Toulouse, siège du CURA. en 2010-2011
jeudi 16 septembre 2021
Jacques Halbronn Le syncrétisme centurique des quatrains et sixains
Jacques Halbronn
Le syncrétisme centurique des quatrains et sixains
Dans notre post doctorat consacré à la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (Ecole Pratique des Hautes Etudes
VE section) en 2007, nous avions signalé les doutes de l'auteur de l'Eclaircissement des véritables quatrains (1656).
Le corpus centurique est fortement marqué par le phénoméne du syncrétisme auquel nous nous consacrons sur plusieurs domaines, linguistique,biblique et astrologique notamment. Le syncrétisme se caractérise par le fait de mettre en vrac au sein d'un même corpus des données disparates, dans le temps et dans l'espace. Pour créer une impression d'unité, les expédients sont l'idée de synonymie, particulièrement exploitée dans le champ linguistique et morphosémantique et la technique du commentaire visant à traiter comme étant d'un seul tenant tout un corpus, comme ce fut le cas en 1594 avec Jean Aimé de Chavigny dans son Janus François puis dans le dit Eclaircissement du dominicain Jean de Réchac. Ajoutons, l'application d'un même formalisme comme pour les centuries de quatrains pour le corpus Nostradamus.
Certains auteurs se sont voués à nier l'existence d'un tel syncrétisme, comme dans le cas de Patrice Guinard pour qui la forme du quatrain est la preuve même de l'unité de la publication centurique, sa démarche visant notamment à mettre l'accent sur l'interprértion des dits quatrains. Si l'Histoire peut être recoupée par les divers quatrains, c'est la preuve que ces quatrains constituent un ensemble d'un seul tenant et en quelque sorte indivisible, selon Guinard lequel insiste sur la personne de Nostradamus seul et unique auteur d'un tel ensemble. L'historien du syncrétisme est habitué à une telle argumentation et notamment dans le champ du religieux - on pense à la prétendue unité de la "Bible" avec l'argument de la préfiguration et même à la pretendue unité de l'Ancien Testament et notamment du Pentateuque - et de sa pratique tout comme dans le champ de l'astrologique, dans lequel Guinard est également impliqué avec la même ferveur.
La thèse d'une unité d'inspiration du corpus centurique n'est plus guère tenable et nous avons montré que les "faussaires" auront intégré dans les Centuries des éléments disparates et souvent contradictoires On pense à Crespin dont les quatrains antijudaiques sur la Synagogue furent intégrés dans les Centuries tout comme la Guide des Chemins de France. (cf le travail de chantal Liaroutzos). En 1997, au Congrès Prophétes et prophéties, à la Sorbonne, nous avons montré que l'évolution du contenu des éditions parues dans les années 1588-89 suivait l'actualité politique. (cf notamment le quarain 46 de la IVe Centurie qui figure déjà dans la première éditions supposée de 1555! "Garde toi Tours de ta proche ruine". tout comme le couronnement d'Henri IV, début 1594 aura produit un quatrain comportant le nom de Chartres, lieu du dit couronnement. Guinard, évidemment, pourra toujours déclarer que tout cela avait été "prévu", "préfiguré" par Nostradamus! Il est vrai que le prophétisme se prête à de tels arguments (cf notre thèse d'Etat Le texte prophétique en France, formation et fortune, 1999, Presses Universitaires du Septentrion)
L'intégration des sixains dans le dit corpus aura fait tiquer plus d'un tout simplement parce qu'il ne s'agissait pas. de... quatrains. On voit à quoi tient le niveau critique des négateurs du syncrétisme. Nous avons découvert que ces 58 sixains avaient été l'oeuvre d'un certain Noel Morgard (auquel s'est intéressé par ailleurs Hervé Drévillon, Lire et écrire l'avenir. Ed Champ Vallon, 1996, à partir de sa thèse de 1994) La découverte de ces sixains (à la Bibliothèque Mazarine) aura mis en évidence le processus de récupération suivi par les "faussaires"..(cf Prophetica judaica Aleph : documents inexploités sur le phénomène nostradamique / par Jacques Halbronn. Suivi d'un dossier de documents nostradamiques comportant notamment Les trois épîtres pour l'an 1557 / de Michel de Nostredame. Les prophéties dédiées à la puissance divine / d'Antoine Crespin, dit Archidamus. Prophéties présentées au roy Henry le Grand / de Noël Léon Morgard, ED Ramkat 2002,. Cette découverte totalement nouvelle pour tous les "nostradamologues" (Ruzo, Chomarat, Benazra etc) ne nous avait été rendue possible que parce que nous ne nous sommes jamais cantonnés au seul corpus Nostradamus, circonscrit par l'usage au titre ou dans le texte du nom de Nostradamus, notamment dans le cadre de la réalisation de notre CATAF, Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français, mis en ligne sur le site du CURA dès sa création en 1999. Nous mêmes, nous avons cru qu'un Antoine Crespin s'était servi des Centuries- thèse reprise par Pierre Brind'amour dans son édition de 1996, chez Droz avant de comprendre que certes Crespin avait imité Nostradamus mais que c'est justement cela qui avait conduit à s'en servir.
JHB
16 09 21
Jacques Halbronn Le Zodiaque au coeur du syncrétisme astrologique
Jacques Halbronn Le zodiaque au coeur du syncrétisme astrologique.
Nous avons déjà salué en Antoine Pluche’né en septembre 1688) un sens( un génie) remarquable de la régénération des textes dont il expose la « méthode » dans son Histoire du Ciel.
Pluche aborde la question de l’Ascendant en Astrologie à la fin de son ouvrage, succéddant à son Spectacle de la Nature, au chapitre consacré à la Divination. (p. 452 et seq)
« On se figure que les noms expriment leurs fonctions & spécifient leurs influences. » Il aborde la question du « moment pivilégié » de la naissance., ‘celui où le signe montait à l’horizon ». C »est « le point ascendant d’une étoile ».
Pluche se veut ici historien de ce qu’il considére comme l’erreur astrologique avec un développement intitulé »Origine de l’astrologie judiciaire »
La question de l’ascendant en astrologie est une des plus confuses en raison du refus de l’astrologie contemporaine d’accorder un rôle significatif aux étoiles fixes. A la place de l’étoile se levant à l’horizon, l’on propose généralement une
sorte d’interface abstraite avec un ascendant où souvent on ne trouve ni étoile, ni planéte, mais l’on peut toujours aller voire du côté de la planéte domiciilée dans le « signe » ascendant.
En fait, selon nous, nous avons affaire à deux astrologies bien distinctes.
D’une part une proto-astrologie axée sur le mouvement diurne et dont Michel Gauquelin a circonscrit les cadre avec des planétes se levant à l’horizon, et donc « ascendantes ». on pourrait parler des « ascendants Gauquelin ». Mais l’on peut supposer que l’on ait pu accorder quelque importance par ailleurs à l’étoile se levant à l’horizon car il y a bien plus d’étoiles fixes que de planétes. Rappelons que le mot horoscope utilisé également implique une visiblité (scope) Pour Guauquelin, en 1955, il n »y avait que trois planétes à considrérer, Mars, Jupiter et Saturne, auxquelles sont venues se rajouter Lune et Vénus. il y avait donc peu de chances que l’une de ces planétes se levât à l’horizon de la naissance à moins d’admettre que l’on ait pu controler le moment de l’accouchement, comme on le fait plus ou moins de nos jours.
Mais cette astrologie est des plus frustres et nous parlerons de proto-astrologie car elle n’exige pas la connaissance des cycles planétaires dans leur diversité, mais seulement le moment de l’émergence d’une planéte au cours d’une journée, la Lune et Satyrne se retrouvant ainsi sur un pied d’égalité. En ce snes, au niveau des maisons, il est possible de se servir des planétes transsaturniennes puisque la durée de leurs révolutions respectives n’entre pas ici en ligne de compte.
En fait , nous avons deux conceptions du zodiaque qui cohabitent, syncrétiquement, l’une stellaire et l’autre saisonnière. Autrement dit, l’ascendant reléve d’une astrologie stellaire et la cyclologie planétaire d’une astrologie saisonnière.
La problématique du syncrétisme conduit à penser que ces deux plans peuvent et doivent cohabiter.
Cela dit,, nous n’excluons pas que l’on considére les rapports entre étoiles et cycle saisonnier vu que le cycle saisonnier avec ses axes équinoxiaux et solsticiaux n’offre pas de visibilité céleste. ..Ce qui nous renvoie à la découverte de la précession des équinoxes llaquelle résulte de l’attention que l’on avait pu porter à l’identification de l’étoile correspondant au point vernal à moins que cette étoile ne fût justement qualifiée de « point vernal ».
Autrement dit, il y aurait une astrologie primitive exhumée par Gauquelin et qui serait l’oeuvre des hommes et une astrologie « divine » qui serait celle des dieux et exigeant, à plusieurs titres, pour être mise en oeuvre un niveau technologique infiniment supérieur. L’une correspond à l’ascendant et aux maisons, l’autre reléve de l’astrologie mondiale; Quelque part, elles sont complémentaires mais le thème natal ne devrait en aucune façon positionner les planétes en signes. Il y a bien un Zodiaque des signes et un Zodiaque des constellations mais il vaudrait mieux parler d’un Zodiaque des étoiles et d’un Zodiaque des Quatre Saisons et abandonner complétement la division en 12 du zodiaque, aussi bien pour les constellations que pour les signes, laissant ce référentiel aux seuls astronomes.
JHB
16 09 21
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Jacques Halbronn Les prophétes Ezékiel et Jérémie comme source du Ecoute Israel: DABER, KOTEV, SHOMEA
jacques Halbronn les prophétes Ezékiel et Jérémie comme source du Ecoute Israel: DABER, KOTEV, SHOMEA
Il importe de bien prendre la mesure du Ecoute Israel qui est caractéristique du syncrétisme judaique.
Il est clair qu'Eézkiel ne s'adresse pas à la maison de Juda mais bien à la maison d'Israel
Dans Ezéchiel, ch. III, on emploie le même terme que dans le "Shéma Israel" à savoir le mot "Devarim". C'est sous cette appellation que l'on désigne dans la tradition hébraique les Dix Commandements, Asséret Hadibroth.
"Fils de l'homme, debout! Va auprès de la maison d'Israël et communique-leur mes paroles."
L'on traduit en français par "commandements" par l' hébreu est bien "ehayou hadevarim ha'èlè
acher Anokhi metsavekha hayom al levavekha C'est le verbe DABER qui se retrouve dans les deux passages.
Que les commandements que je te prescris aujourd'hui
soient gravés dans ton cœurc
ב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם. 32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d'Israël, au terme de cette époque, dit l'Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c'est dans leur coeur que je l'inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.
Ce texte du Shéma est également à rapprocher de Jérémie XXXI à propos de la Nouvelle Alliance: 3C'est dans leur coeur que je 'inscrirai" C'est le verbe KOTEV qui se retrouve dans les deux passages
On parlera de syncrétisme quand les utilisateurs de ces textes n'ont plus conscience de l'origine et de l'enjeu à la base. Ezékiel s'adresse aux ennemis de la maison de Juda et rappelons que Jésus déclare être venu uniquement pour les brebis perdues de la
maison d'Israel. Que le mot ISRAEL en soit arrivé à désigner de nos jours les juifs est source de bien des confusions car l'on interpréte les propos d'Ezékiel comme s'adressant aux Juifs!!!
On notera l'accent mis sur le Verbe SHOMEA écouter dans Ezékiel Ch3 "Ils ne veulent pas m'écouter"..
ז וּבֵית יִשְׂרָאֵל, לֹא יֹאבוּ לִשְׁמֹעַ אֵלֶיךָ--כִּי-אֵינָם אֹבִים, לִשְׁמֹעַ אֵלָי: כִּי כָּל-בֵּית יִשְׂרָאֵל, חִזְקֵי-מֵצַח וּקְשֵׁי-לֵב הֵמָּה. 7 Mais la maison d'Israël ne consentira pas à t'écouter, car ils ne veulent pas m'écouter; car la maison d'Israël tout entière a le front rétif et le coeur endurci.
Signalons que le Deutéronome, le cinquiéme de Pentateuque - commence par "Devarim" et est désigné ainsi dans la tradition juive
א אֵלֶּה הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה אֶל-כָּל-יִשְׂרָאֵל, בְּעֵבֶר, הַיַּרְדֵּן: בַּמִּדְבָּר בָּעֲרָבָה מוֹל סוּף בֵּין-פָּארָן וּבֵין-תֹּפֶל, וְלָבָן וַחֲצֵרֹת--וְדִי זָהָב. 1 Ce sont là les paroles que Moïse adressa à tout Israël en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Pharan et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahab.
La confusion dans les esprits vient du fait qu'il est ici question de Moise s'adressant à Israel, ce qui se retrouve dans le Livre de l'Exode. Cela tient au fait que le Pentateuque est largement constitué, selon nous, d'un narratif marqué par les tenants de la maison d'Israel. Le rôle de l'approche "régénérative" est de remédier aux effets du syncrétisme.
JHB
16 09 21
ל
mercredi 15 septembre 2021
Jacques Halbronn Patrice Guinard et son scoop sur l'astrologie à la fin du XVIIe siècle
Jacques Halbronn Patrice Guinard et son scoop sur l’astrologie à la fin du XVIIe siècle.
En 1987, Patrice Guinard publiait dans la revue Astralis un texte intitulé »Apogée de l’astrologie française à la fin du XVIIème siècle » (in Astralis, 19, Lyon ». Par la suite, on lira de lui sur son site du CURA, créé en 1999, l’étude suivante « Eustache Lenoble (1643-1711): Un Bilan sur l’Astrologie à son déclin (Avec des extraits de son Uranie, ou les Tableaux des Philosophes). » On notera le contraste entre les deux intitulés: apogée et déclin. Guinard tirait son savoir de la fréquentation depuis 1983 de notre Bibliotheca Astrologica (renommée depuis Bibliothèque Universitaire de Recherche Astrologique). En 1993, nous avions publié un travail consacré notamment à notre d’une réédition partielle de son Uranie de 1697 en 1785, par Etteilla (L’Astrologie selon le Livre de Toth, suivi de nos Recherches sur l’Histoire de l’Astrologie et du Tarot, Ed Trédaniel, La grande Conjonction,)
Or, on est surpris de noter que Guinard qui n’a pas à son actif le mérite d’avoir retrouvé la trace de l’Uranie d’Eustache Le Noble n’ait pas au moins pris la peine d’examiner la situation de l’astrologie en 1697 lors de la parution de l’ouvrage en question dont l’intérêt tenait notamment au fait qu’il paraissait 30 ans après le fameux édit de Colbert dont les histoires de l’astrologie ont fait leur point d’orgue, des décennies durant. Cela dit, parler d’apogée avec Le Noble est tout à fait abusif car Le Noble choisit plutôt de faire profil bas à la différence des rodomontades d’un Jean Baptiste Morin, un demi siècle auparavant.
Pourtant, il aurait suffi à Guinard de prendre connaissance du travail de Renée Simon, qui fit d’ailleurs l’objet d’une thèse d’Etat dans les années 1940. (cf le compte rendu de Paul Leulliot en 1949 dans les Annales :Renée Simon, Un révolté du Grand Siècle: Henri de Boulainvillers. Il aurait découvert qu’en 1696, un an avant la parution de l’Uranie de Le Noble, le Comte de Boulainviller, avait rédigé un Essai de justification de l’astrologie judiciaire, que reproduit et commente Renée Simon. Une comparaison entre le ton de Le Noble et celui du compte aurait eu certainement toute sa place , notamment autour de la question des « objections »
Rappel de quelques publications de Renée Simon:
Un révolté du Grand siècle, Henry de Boulainviller, avec un portrait, un autographe, un horoscope et quatre traités inédits (1948)
Henry de Boulainviller, historien, politique, philosophe, astrologue, 1658-1722 (1941)
A la recherche d’un homme et d’un auteur. Essai de bibliographie des ouvrages du Comte de Boulainviller (1941)
Les éditions du Nouvel Humanisme ont publié les oeuvres astrologiques de Boulainviller.
Pratique abrégée des jugemens astronomiques sur les nativités]. [Henri Boulainvilliers, comte … Publisher: Garches, 1947
et
Astrologie mondiale, histoire du mouvement de l’apogée du soleil, etc … R.Simon, Garches, Éditions du Nouvel humanisme, 1949, in8°.
Ces ouvrage datant de 1711 et 1717 ne furent pas imprimés et ils furent conservés à la Bibliothèque Municipale d’Angouléme, où vécut un certain temps Patrice Guinard.
On notera d’ailleurs que Renée Simon, de son côté ne mentionne pas l’Uranie d’Eustache Le Noble, baron de Saint Georges mort une dizaine d’années avant le comte de Boulainviller. Elle s’était pourtant intéressée à Pierre Bayle. Or, c’est la lecture de Bayle dans ses Pensées sur la Cométe qui nous avait conduit à Le Noble.
Selon nous, les personnes peu aptes à mener des recherches personnelles en bibliothèque devraient au moins compenser par une approche aussi compléte que possible des travaux existants pour une période donnée et par une certaine effort de synthèse.
JHB
15 09 21
Bibliographie de certaines de nos études!
“L’Empire déchu ou l’Astrologie au XVIIe siècle”, Paris, Politica Hermetica, n° 11. (1998.1)
Jacques Halbronn Bilan de son activité dans le champ de la bibliographie astrologique et prophétique depuis 1986 (édition augmentée)
Jacques Halbronn Sur les cycles planétaires selon Yves Lenoble
Jacques Halbronn Sur les cycles planétaires selon Yves Lenoble
En 1994, Yves Lenoble publiait son premier ouvrage, à 47 ans, Initiation à la pratique des cycles planétaires, dans le cadre des "éditions de l'ARRC' (à Poissy, 78)) qu'il avait fondées. Nous avons pensé qu'il serait intéressant et instructif de nous pencher sur cette publiction. C'est en cette même année que nous faisions paraitre "L'Astrologie selon Saturne" aux éditions de la Grande Conjonction.
Arrêtons nous sur une formule qui nous convient : "Signification de la division du cycle en 4" (p. 26) avec le premier carré formé entre deux planétes, et ainsi de suite, si ce n'est que selon nous la division en 4 ne saurait être fondée sur la technique des
aspects mais sur les relation d'une planéte donnée avec les axes équinoxiaux et solsticiaux
Nous suivrons Lenoble quand il signale que la notion de cycle est perceptible à différents niveaux, "au long de notre vie, en nous et autour de nous" ainsi que son rappel des "quatre saisons". Tout cela n'impliquant pas en soi un quelconque savoir
astrologique. Cela vaut aussi, note l'auteur pour les cycles économiques. Lenoble évoque également les "métamorphoses des groupes sociaux"
Le hic tient au passage vers les corrélations astronomiques (cf 'la dimension cyclique en astrologie") Lenoble constate:"C'est André Barbault qui, patiemment et minutieusement, met en corrélation dans Les Astres et l'Histoire les cycles des planétes lentes et les événements de l'histoire des XIXe et XXe siècles."On s'arrêtera sur le développement "Concordance des planétes et des âges" où la révolution de chaque planéte est mise en relation avec un certain âge de la vie. On commence par Uranus parce que la durée de son "cycle" "est prohe de la durée d'une vie humaine" (84 ans) mais Neptune n'est pas oublié (pp. 48- 49) pas plus que Pluton, à la suite.*
Dans sa bibliographie, Yves Lenoble ne signale pas nos deux éditions de Clefs pour l'astrologie, chez Seghers (1976 et 1993) alors que nous y traitions de ces questions, graphiques à l'appui.
Chez Lenoble; e lecteur se voit d'entrée de jeu imposé l'idée selon laquelle un cycle planétaire implique le recours à deux planétes du systéme solaire, à l'instar du cycle soli-lunaire. A aucun moment, il n'est mentionné la possibilité de commencer par une seule planéte, ce qui pourrait sembler être la base et ce qui constituait le fondement de nos "Clefs pour l'Astrologie" où à aucun moment nous ne traitons de la combinatoire de deux planétes. Or, la question des rapports entre planétes et âges se fonde sur la révolution de telle ou telle planéte et non sur le lien entre deux planéte. Prenons le cas de Saturne, son "cycle" est bien de 29 ans comme l'indique Lenoble (p. 34) et n'est pas à géométrie variable, de 20 ans quand il se combine avec Jupiter ou de 36 ans quand il se combine avec Neptune et tout à l'avenant! A moins d'avoir mal lu son ouvrage, à aucun moment, Lenoble ne prend même la peine de réfuter la thèse d'un cycle articulé sur la révolution d'une seule planéte. Pour lui, il va de soi, que la division en 4 passe par les aspects entre deux planétes et non par le passage d'une planéte sur les axes équinoxiaux et solsticiaux: 0+ bélier, 0° cancer, 0° balance, 0° capricorne, ce qui constitue une alternative tout à fait envisageable et qui respecte les "nombres" des planétes dont il traitait à propos des âges. Il est vrai que cette tradition combinant deux planétes a une longue histoire et une page glorieuse avec le couple Jupiter- Saturne mis en avant par Albumasar. Cela dit, il existe également une tradition qui s'intéresse au passage d'une planéte au travers des 12 signes du zodiaque et notre approche monoplanétaire ne fait que reprendre cette idée autour des axes équinoxiaux et solsticiaux qui encadrent les 12 signes (cf le classement en signes cardinaux, fixes et mutables) qui est bien plus satisfaisant que le classement en signes liés aux 4 Eléménts lequel ne respecte pas la structure 4x3 mais lui substitue une structure 3x4! On pense à Pluton, planéte lointaine. Corrélation de l'astrologie et de l'histoire, Paris, Ed Véga, 1958, ouvrage absent de la bibliographie de Lenoble qui se prétendait pourtant assez exhaustive. (pp. 178-180) mais c'est bien là le probléme chez cet auteur qui donne l'impression, l'illusion, d'être complet alors qu'il exclue toutes sortes de données comme on aura eu l'occasion de le montrer lors de la sortie de son Astrologie: L’Astrologie: le grand voyage en soi et dans l’avenir
JHB 15 09 21
lundi 13 septembre 2021
Jacques Halbronn Saturne équinoxial comme clef du christianisme et de la Shoah
On trouvera deux illustrations marquantes du climat équinoxial par lequel passe Saturne, la moitié du temps, l’autre moitié étant solsticiale, ce qui n’est pas sans nous faire penser à l’accord conclu entre Cérés et Pluton à propos de Proserpine divisant l’année en deux parts égales;
Wikipedia
Proserpine , » passe six mois aux Enfers, le chagrin de Cérès causant la mort des plantes sur la terre (ce qui symbolise notre automne et notre hiver), puis six mois avec sa mère, la joie de celle-ci redonnant vie aux cultures (ce qui correspond à nos printemps et été). »
L’équinoxe tend à abolir toutes les différences tant dans la verticalité que dans l’horizontalité. C »est en analogie avec l’aube et le crépuscule, ce qui rend les perceptions indistinctes.
L’idéologie du christianisme nous semble bien correspondre à l’équinoxialité en télescopant les hiérarchies tant entre les hommes qu’entre les dieux car Jésus reléve selon nous de plusieurs statuts de divinité, il est dans le « en même temps ».
Si l’on passe au XXe siècle, l’on trouve l’événement de la Shoah, de l’Holocauste qui se déroule pendant une période équinoxiale de Saturne et l’on peut supposer que certains textes de (saint) Paul auront été maqués au sceau d’une période équinoxiale (cf Epitre aux Galates, aux Hébreux etc)
Dès 1939, Saturne passe sur le point vernal, à 0° Bélier et la « solution finale » sera mise en oeuvre en 1941 Saturne passera à 0°cancer, donc en phase solsticiale, en juillet 1944, et c’est la fin du rêve européen si ce n’est que 7 ans plus tard, l’Union Européenne commencera à se mettre en place (1957 Le traité de Rome), ce qui réalise en quelque sorte, sous d’autres modalités, la configuration de la phase équinoxiale précédente.
Ce passage équinoxial de 1941 sera fatal pour les Juifs tout comme, dans un autre registre, l’émergence du christianisme. On aura compris que les Juifs sont plus favorisés par la solsticialité qui conforte les repéres et les clivages que par l’équinoxialité.
On notera que la Guerre des Six Jours en 1967 éclate au moment où Saturne passe en bélier, soit un cycle complet de Saturne après la Solution finale déclenchée en 1941 et la survie de l’Etat d’Israel aura certainement été en jeu à ce moment là.
On terminea en précisant que les configurations astres, en anthropocosmologie, ne permettent pas de connaitre à l’avance comment elles se traduiront exactement dans les faits. Il faut un Hitler ou un Nasser pour que les choses prennent telle ou telle tournure. Autrement dit, ce n’est aucunement la « rareté » d’une configuration qui déterminera la gravité d’un événement, ce qui peut tenter les astrologues qui se servent des planétes au delà de Saturne. C’est là une regrettable dérive.
JHB
13 09 21
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Jacques Halbronn Antoine Pluche et la méthode en histoire régénérative
Jacques Halbronn Antoine Pluche et la méthode en histoire régénérative
Posté par nofim le 13 septembre 2021
jacques Halbronn Antoine Pluche et la méthode en histoire régénérative
Par histoire régénérative, nous entendons une méthode visant à restituer un document « dégénére » dans son état premier, en remontant du complexe vers le simple/
En 1740, Antoine Pluche (1688-1761) publie une Histoire du Ciel (cf reprint BNF 1977) qui sera complétée par le Spectacle de la Neture.. On y trouve de fort judicieuses réflexions à l’intention de l’historien des traditions dont nous reproduirons ici quelques passages et don bien des chercheurs devraient prendre de la graine. Extrait de son chapitre sur ‘l’origine de la semaine »
« On commence par le simple (.) Le simple se charge ensuite, se défigure (..) il s’altère par des additions, par des broderie, par des commentaires »
« Tous les peuples (…)ont horriblement défigur » cette simplicité majestueuse en chargeant sans fin la créance d’opinions fausses et le cérémonial de pratique superstitieuse.
« Nous suivons donc la nature & l’expérience quand nous remontons du composé au simple
Ce ne fut que long temps après la naissance de ces nouveaux dieux qu’on s’avisa de leur assigner des places dans les planétes »
Pluche rappelle que Moise avait instauré avec le Décalogue le Shabbat. Mais en cela, il ne tient pas compte de la critique biblique qui remet en question l’authenticité de certains textes et de certaines attributions;
JHB
13 09 21
Bibliographie sur la fortune de l’oeuvre de Pluche
Nadine Vanwelkenhuyzen Langues des hommes, signes des dieux: Fréret et la mythologie · · Corpus: Revue de philosophie 29:63-73 (1995).
M. Davif. La notion de fétichisme chez Auguste Comte www.persee.fr › doc › rhr_0035-1423_1967_num_171_2_8486
Brian Juden, Traditions orphiques et tendances mystiques dans le romantisme français (1800-1855). Front Cover. Slatkine, 1984 -
jacques Halbronn La version de la maison d'Israel de l'édit de Cyrus
Jacques Halbronn La version de la maison d’Israel de l’édit de Cyrus, dans le Deutéro Isaïe,ouvrage signalé par la critique biblique comme ayant été « complété » par une addition en ses derniers chapitres, comme on le trouve également à propos des éditions successives des Centuries de Nostradamus.
Nous étaierons notre thèse selon laquelle l’Ancien Testament aurait été, sous la forme qui nous en est parvenue, l’oeuvre de transfuges de la Maison, du Royaume d’Israel. On note la mention « moi le Dieu d’Israel » puis « à cause de mon serviteur Jacob, d’Israel, mon élu. »
Isaïe 45, 1-4 ; 8
Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : Moi, je marcherai devant toi ; les terrains bosselés, je les aplanirai ; les portes de bronze, je les briserai ; les verrous de fer, je les ferai sauter.
Je te livrerai les trésors des ténèbres, les richesses dissimulées, pour que tu saches que Je suis le Seigneur, celui qui t’appelle par ton nom, moi, le Dieu d’Israël.
À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.
Cieux, distillez d’en haut votre rosée, que, des nuages, pleuve la justice, que la terre s’ouvre, produise le salut, et qu’alors germe aussi la justice. Moi, le Seigneur, je crée tout cela.
Ce texte entendait, selon nous, se substituer à l’énoncé du véritable documents
Edit de Cyrus (2 Chroniques 36.22-23)
22 La première année du règne de Cyrus sur la Perse, l’Eternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse, afin que s’accomplisse la parole qu’il avait prononcée par Jérémie, et celui-ci fit faire de vive voix, et même par écrit, la proclamation que voici dans tout son royaume:
23 «Voici ce que dit Cyrus, roi de Perse: L’Eternel, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre et m’a désigné pour lui construire un temple à Jérusalem, en Juda. Qui parmi vous fait partie de son peuple? Que l’Eternel, son Dieu, soit avec lui et qu’il y monte!» Segond 21 Copyright © 2007 – 2021 Société Biblique de Genève
Pas question ici d’Israel mais de Juda et de Jérusalem et de son templs. . Selon nous, la mention d’Israel aura été substituée à celle de Juda.
Le dernier verset du chapitre d’Isaie nous donne la clef en se référant aux « descendants d’Israël » Kol zéra Israel: toute la semence d’Israel.
ה בַּיהוָה יִצְדְּקוּ וְיִתְהַלְלוּ, כָּל-זֶרַע יִשְׂרָאֵל. 25 En l’Eternel seront justifiés et glorifiés tous les descendants d’Israël. »
Parmi ces « descendants » on trouvera certainement de nombreux Chrétiens que Jésus entendait réintégrer sur un pied d’égalite avec les descendants de Juda. Il reste que l’intégration de l’Ancien Testament dans la Bible chrétienne tient certainement à une telle « parenté ».
Revenons sur Chroniques II On y trouve la notion d’Alya au dernier verset de Chroniques II
כב וּבִשְׁנַת אַחַת, לְכוֹרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס, לִכְלוֹת דְּבַר-יְהוָה, בְּפִי יִרְמְיָהוּ–הֵעִיר יְהוָה, אֶת-רוּחַ כּוֹרֶשׁ מֶלֶךְ-פָּרַס, וַיַּעֲבֶר-קוֹל בְּכָל-מַלְכוּתוֹ, וְגַם-בְּמִכְתָּב לֵאמֹר. {ס} 22 Dans la première année de Cyrus, roi de Perse, à l’époque où devait s’accomplir la parole de l’Eternel, annoncée par Jérémie, l’Eternel éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse; et celui-ci fit proclamer, dans tout son royaume, par la voix [des hérauts] et aussi par des missives écrites, ce qui suit.
כג כֹּה-אָמַר כּוֹרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס, כָּל-מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ נָתַן לִי יְהוָה אֱלֹהֵי הַשָּׁמַיִם, וְהוּא-פָקַד עָלַי לִבְנוֹת-לוֹ בַיִת, בִּירוּשָׁלִַם אֲשֶׁר בִּיהוּדָה: מִי-בָכֶם מִכָּל-עַמּוֹ, יְהוָה אֱלֹהָיו עִמּוֹ–וְיָעַל. {ש} 23 »Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: L’Eternel, Dieu du ciel, m’a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c’est lui qui m’a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée. S’il est parmi vous quelqu’un qui appartienne à son peuple, que l’Eternel, son Dieu, soit avec lui, pour qu’il monte!… »
JHB
13 09 21
Bibliographie
Marc Vienot Cyrus et le livre d’Isaïe Annuaires de l’École pratique des hautes études Année 1998 107 pp. 551-553
vendredi 10 septembre 2021
Jacques Halbronn Astrologie. Le cycle de 15 ans et ses fondements. D'André Barbault à Roger Hecquet
jacques Halbronn Astrologie. Le cycle de 15 ans et ses fondements.
Le travail du chercheur en astrologie, en anthopocosmologie se situe à deux niveaux : celui de l’observation du monde terrestre et les corrélations avec le plan cosmique. On peut converger sur un plan et pas sur un autre. On peut constater les mêmes récurrences sur telle ou telle durée mais différer quant aux données célestes à faire jouer; L’inverse est également possible: utiliser les mêmes facteurs « dans le ciel » mais les appliquer à des domaines différents.
Mais, d’autres clivages existent quand on entend traiter du « Ciel ». Est-ce un ciel visible, observable à l’oeil nu ou bien un ciel comprenant des planétes restées inconnues, insoupçonnées, avant la fin du XVIIIe siècle? Quant aux mouvements que l’on prête aux astres, relévent ils de l’astronomie telle que la connaissent les astronomes ou bien d’une lecture particulière à laquelle ces derniers ne sauraient souscrire, comme la technique dite des « directions »?
Le cas de Roger Héquet retient notre attention en ce qu’il s’intéresse à un cycle de 15 ans, durée qui recoupe peu ou prou; le demi-cycle de Saturne que nous mettons en avant alors que Héquet ne fait pas intervenir comme facteur moteur le cycle de la planéte Saturne.
(cf notre texte de 2016 sur notre site Maqor (unblog)
« Quelle unité de temps astrologique ? 7 ans, 15 ans? Comment trancher?«
Héquert met en évidence un cycle de 15 ans
» Le T.S.V. (Temps Sidéral Vécu) est la force basique du système. Celle, première, que je découvris dés 1995.
Cette force fait progresser un point du thème natal et cyclique, ou l’ensemble de ces thèmes, de 4 minutes angulaires par jour. Ce qui fera donc, par extension, progresser chaque point autour du zodiaque (planètes et pointes de maisons) : de 24 degrés par année vécue et donc de 360° en 15 ans. De cette progression annuelle découle une progression mensuelle : de 2 degrés (24 degrés pour 12 mois). Ce qui nous permet d’effectuer pour cette force un calcul simple »
Roger Héquet
Traité pratique d’astrochronobiologie individuelle et mondiale Dervy 2008
ch V Le monde vu par l’astro-chronobiologie pp 79 et seq
Le temps pour la force de projection TSV de parcourir les 360° du cercle zodiacak (24° par an x 15 ans = 360°)
(…) 1973 Les pays arabes attaquent Israel
1988 Proclamation d’un Etat palestinien
2002 Seconde Inttifada
(.;) Ainsi, ce qui nous aura été « proposé d’être et d’exister à une date et période déterminée, nous le serait à nouveau quinze, trente, quarante-cinq ans après (…) Nous savons que nos deux principales forces : TSV et TSC ont un pas de progression, l’une de 24° par an, pour une révolution de quinze ans autour du zodiaque, l’autre de 4mn par an pour atteindre 1° au bout de quinze ans (…) Continuons dans cette même logique fondamentale pour concevoir une troisième force appelée : Temps sidéral universel ou TSU. Cette force fera progresser chaque point autour d’une carte du ciel : de 4mn de degré par cycle de quinze ans/ Il faudra dès lors quinze cycles : soit deux cents vingt cinq ans pour la faire évoluer de 1°/ » 225 = 15×15
En termes de coincidence, nous pensons au travail d’André Barbault avec la conjonction Saturne-Neptune dont le cycle est de 36 ans mais
qui recoupe également – de façon ponctuelle, la série des périodes de 7 ans, puisque 5x 7 = 35.
Voilà donc trois chercheurs qui disposent de techniques susceptibles de converger sur certains points /
Il est, somme toute, assez logique que certaines données
numériques puissent être observées au niveau sociologique et
anthropologique. C’est là un travail préalable qu’auront su
entreprendre André Barbault et quelques décennies plus
tard Roger Hécquet. En revanche, le passage de
l’anthropologie à la cosmologique pêche quelque peu d’une part
parce que Barbault se sert de Neptune planéte invisible et
par conséquent inconnue des Anciens et d’autre part
parce que Hecquet recourt à des données cosmographiques et
géocentriques (propres à notre Terre), qui n’ont pas de substrat astronomique.
Par ailleurs, le cycle de 15 ans englobe deux cycles de 7 ans
porteurs de valeurs antagonistes Qu’effectivement, selon
les remarques de Hecquet, les choses puissent se répéter
tous les 15 ans puissent faire sens est indéniable, empiriquement,maio
Mais l’on fait alors l’impasse sur ce qui se passe au bout de
7 ans. Quant à Barbault, son cycle Saturne-Neptune de 36
ans le fait « sauter » par dessus toute une série de périodes de
7 ans et en plus les 5 cycles qui constituent le cycle de 36 ans
aboutissent à des périodes opposées -puisque l’on a affaire à un noi et non à des répétitions
nombre impair, si bien que ce qui se passe lors d’une conjonction
Saturne Neptune sera d’une autre polarité que lors de la
cononction Saturne Neptune suivante.
HB
10 09 21
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