lundi 12 avril 2021

Jacques Halbronn Observations autour de ses deux thèses de 1999 et 2007 sur le prophétisme.

Observations autour de ses deux thèses de 1999 et 2007 sur le prophétisme par Jacques Halbronn Les deux thèses couvrent respectivement 1200 pages et 950 pages environ. Ce sont des « pavés » chacun en trois tomes. Le travail que nous nous proposons de produire ici en quelques pages vise à constituer notamment une introduction à leur lecture mais aussi à nous réapproprier une somme dont nous avons parfois tendance à vouloir nous délester, ce qui permet de se vider pour d’autres entreprises. Mais il vient un temps où, par une phase d’hypermnésie dont nous avons traité ailleurs, le besoin se fait sentir de faire le « tour du propriétaire ». En route, donc, pour la visite de ces deux « monuments ». qui font pendant à nos publications proprement astrologiques et à d’autres d’ordre linguistique (cf sur SCRIBD), constituant ainsi comme un triptyque sans parler du projet en cours qui dépasse nettement les 1000 pages I la thèse d’Etat de 1999 Le texte prophétique en France . Formation et fortune (paru aux Presses Universitaires du Septentrion). Il recouvre une période de plusieurs siècles, soit de la fin du Xve siècle jusqu’au début du Xxe. On est donc dans la longue durée.. En quelque sorte, il atteste de la permanence et l’entretien d’une certaine fièvre prophétique tout au long en mettant notamment l’accent sur les modes de recyclage des textes de notre corpus. De cette thèse sortirent plusieurs publications papier dont six en particulier : Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle qui forment le diptyque intitulé : Prophetica judaica (ed Ramkat 2002) respectivement autour de Michel de Nostredame et de Theodor Herzl. et Papes et prophéties. Décodages et Influence (ed Axiome 2005) sur la prophétie de saint Malachie (ou des papes) plus trois études parues dans la Revue Française d’Histoire du Livre entre 2011 et 2015 « De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien », Revue Française d’Histoire du Livre, n° 134 (2012) « Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique », in Revue Française d’Histoire du Livre, 2011). « Histoire des Livres d’Heures. La fortune du Kalendrier et Compost des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500; » Revue française d’histoire du livre, numéro 136 (2015) L’accent était mis sur les contrefaçons antidatées qui sont un des traits les plus notables de la littérature prophétique.Quelque part, nous rejoignions ainsi notre thèse de troisième cycle de 1979 -soutenue 20 ans plus tôt parue en 1985 sous le titre « Le monde juif et l’astrologie. Histoire d’un vieux couple ». Au prophétisme biblique faisait ainsi pendant un néo-prophétisme. II Le post doctorat de 2007 Le dominicain Giffré de Rechac (1604-1660) et la naissance de la critique nostradamique au xVIIe siècle. Ce travail se voulait en principe bien plus circonscrit, borné dans le temps et centré sur Nostradamus et non sur un corpus prophétique bien plus foisonnant même si le dossier Nostradamus figurait déjà dans la thèse d’Etat, notamment en son tome III.. A la différence de la Thèse d’Etat, les publications dérivant du post doctorat et le complétant sont sur Internet cf le site propheties.it. Le titre même de l’ouvrage paru anonymement de ce Dominicain était tout un programme : « Eclaircissement des véritables quatrains ». En pratique, on glissait du XVIe siècle vers le XVIIe et d’ailleurs, notre approche de Nostradamus était axée sur la fin du XVIe siècle -temps de la Ligue – bien plus que sur son milieu pour ceux qui s’en tiendraient aux dates indiquées sur les éditions (1555, 1557, 1568), un XVIIe siècle que nous avions déjà abordé autour de Jean-Baptiste Morin et de Nicolas de Bourdin à propos de la décennie 1650. (cf nos éditions de 1975 et 1993, à 18 ans d’intervalle), étant venu en quelque sorte du XVIIe vers le XVIe, étant au fond plus dix – septiémiste que seiziémiste. Nous avions évidemment pour tâche de préciser l’identité de l’auteur de cet Eclaircissement de 1656. Il nous fallut retrouver la trace du manuscrit conservé aux Archives Nationales. En vérité, notre approche était marquée par un travail critique que nous avions nous mêmes engagé sur le sujet et le dominicain nous apparaissait comme une sorte de précurseur de la « critique nostradamique », comme l’indiquait l’intitulé même du post-doctorat ; Or, le XVIIe siècle était aussi celui de la naissance de la « critique biblique « . Au bout du compte, ce post doctorat entendait exposer toute la problématique de la critique « nostradamique » telle qu’elle nous apparaissait au début du XXIe siècle en remontant jusqu’au XVIIe. Autant dire que quelque part, nous rejoignions ainsi l’esprit de notre thèse d’Etat sur la longue durée. Au demeurant, le titre de la thèse « naissance de la critique nostradamique » s’avèrait assez ambigu en ce qu’il entendait « remonter » jusqu’au dominicain pour y déceler des prémisses d’une critique qui se déploierait jusqu’à nos jours et non pas se cantonner à l’oeuvre de Giffré de Réchac.. L’ambiguité de notre post doctorat tenait, on l’ a dit, au fait que nous nous en étions pas tenus à l’oeuvre du seul dominicain. Dans d’autres domaines, notre démarche aurait pu sembler tout à fait banale dans la mesure où l’on était en mesure de signaler divers ouvrages s’étant succédé appartenant au courant étudié. Mais, ici, le cas de figure était différent dans la mesure où une grande partie du dit courant correspondait à nos propres recherches ! JHB 12.04 21

jeudi 8 avril 2021

Jacques Halbronn Réflexions sur "Nostradamus ou le savoir transmis" Colloque Salon de Provence 1994

Jacques Halbronn Réflexions sur « Nostradamus ou le savoir transmis » Ed. Michel Chomarat, 1997 Relisons cet ensemble de trois études paru, à Lyon, réunissant trois chercheurs, Michel Chomarat, Jean Dupébe et Gilles Polizzi Il s'agit des Actes d'un Colloque qui s'est tenu en 1994 - il y a donc plus d'un quart de siècle, à Salon de Provence : La transmission du savoir au XVIe siècle, organisé par le Musée Nostradamus (dir.. Jacqueline Allemand) Dès la quatrième de couverture, nous rencontrons une difficulté puisqu'il y est fait référence aux « lectures et influences qui décidèrent (sic) Nostradamus à publier en 1555 à Lyon la première édition de ses (sic) «Prophéties » Le recueil s'ouvre en une page de garde sur deux vignettes : l 'une est ainsi présentée ; « Nostradamus dans son cabinet de travail à Salon de Provence : bois gravé utilisé sue la page de titre de ses ouvrages imprimés à Lyon en 1555 (« Les Prophéties », en 1557 et 1558 (« La Paraphrase de Galien sur l'exortation de Ménodote » et l'autre «  Nostradamus dans son cabinet de travail à Salon de Provence , entouré du zodiaque : bois gravé utilisé sur la page de titre de ses ouvrages imprimés à Lyon en 1554 (« Pronostication pour 1555 » et à Paris en1559 (« Les Significations de l'Eclipse ». La première étude, due à Chomarat, concerne la bibliothèque de Michel de Nostredame. Il eut été intéressant de déterminer si les ouvrages mentionnés auraient pu servir à la composition de certains quatrains centuriques puisque certaines éditions se référent à une bibliothèque.(cf Recherches sur Nostradamus le Jeune, n°101, sur site propheties.it). On reléve notamment en 1571 «  Présages pour treize ans (…) recueillies de divers auteurs & trouvée en la bibliothèque de défunct maistre Michel de Nostredame », Paris, Nicolas du Mont (cf RCN p. 98) La deuxième étude, due à Jean Dupébe, mentionne (p. 39) « l' épitre dédicatoire à Henri II de ses Prophéties de 1558 » Rappelons que l'on connait une première épitres au Roi, datée de 1556 (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002)en tête des Présages Merveilleux pour 1557, qui jette un doute sur l'authenticité de celle de 1558  d'autant que celle de 1558, par inadvertance ou par ignorance de la part des faussaires, ne mentionne point la première. Il nous faut réagir à la présentation des deux vignettes qui ouvrent en quelque sorte le volume. Il est clair, pour nous, que la première vignette est reprise des almanachs contrefaits paraissant sous le nom de Nostradamus dans les années soixante, comme le signalent les bibliographies de Chomarat (1989) et de Benazra (Répertoire Chronologique nostradamique, Ed Trédaniel, 1990,pp 58-59) citées par Dupèbe (.p. 41) C'est la seconde vignette au zodiaque qui signe les textes authentiques qui paraissent alors. Notons que la vignette qui orne l' édition du RCN correspond à la première vignette. En tant qu'éditeur nous avions insisté sur l'épithète  de « nostradamique » qui couvre un champ plus large que « Bibliothèque Nostradamus ». (sur ces questions iconographiques , cf notre post doctorat Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, EPHE Ve section) On notera que la « bonne » vignette porte le nom M de Nostredame, pas l'autre et c'est cette vignette qui d'ailleurs orne la page de titre des dits Actes. Passons à la troisième étude « Lac Trsmenien portera témoignage » ou de l »usage de l »Histoire Romaine dans les Centuries » par Gilles Polizzi. L'auteur annonce : »Dans un texte qui se donne pour « prophétique », la présence d'emprunts aux sources latines est tout à l a fois paradoxale et naturelle » (p  47) Ce Collloque de 1994 consacré aux influences ne pouvai ignorer les recherches de Chantal Liaroutzos (1987) ou de Pierre Brind'amour (1993-1996) A propos du premier texte mettant en évidence les emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, Polizzi écrit « Elle a montré de manière convaincante que l'auteur des Centuries avait emprunté ses toponymes en piochant dans les itinéraires » fournis par la « Guide » Polizzi , d'ailleurs, avait employé la formule « l'auteur des Centuries » (p. 70) mais apparemment il ne s'est pas tenu à une telle prudence de formulation et laisse bien entendre au final que le dit « auteur des Centuries » serait bien Michel de Nostredame. En vérité, comme il eut été plus simple d'admettre que précisément, il ne s'agit pas de Michel de Nostredame mais des faussaires (pour la bonne cause???),peut être de l'entourage de celui-ci d'ailleurs- car ceux-ci, surtout quand ces contrefaçons sont postétieures d'une vingtaine d'années à la mort du dit sieur de Nostredame-n'ont pas évidemment pas les mêmes motivations pour « remplir » ces Centuries. Signalons le cas des Protocoles des Sages de Sion, utilisant les Dialogues de Maurice Joly (cf notre ouvrage Prophética Judaica Beith. Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle, Ed Ramkat 2002) Et que dire des emprunts à des imitateurs de Nostradamus comme Antoine Cespin dont on reprend les propos hostiles aux Juifs à propos de leur statut à Avignon (cf notre communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Jérusalem, 2005, cf notre thèse d'Etat Le texte prophétique en France, 1999, Presses Universitaires du Septentrion) Il y a là comme un point aveugle dans ce Colloque de 1994 : à cette date, on n'arrive pas à penser que les Centuries puissent être d'un autre auteur et d'une autre époque. Or, traiter des influences que les Centuries ont eu à subir  impliquait aussi une influence non pas du passé mais du futur du fait des éditions antidatées. Rappelons que ces Centuries ont des quatrains par imitation de ceux des Almanachs de Nostradamus, lesquels quatrains étaient composés – pas forcément d'ailleurs par l'auteur- à partir de ses prédictions en prose. Comme on l'a signalé, autour d'un Mi de Nostradamus le Jeune, il est question d'éléments trouvés dans la bibliothèque du « défunt » A ce propos, on sera surprise de noter que la prétendue édition de 1568, Lyon, Benoist Rigaud, ne prend la peine de signaler en son titre la mort du dit Nostradamus survenue en 1566 alors qu'en 1571, cela sera signalé !. Visiblement, lors de la fabrication de ce faux tardif puisqu'englobant les dix centuries, au plus tôt peu de temps avant la parution du Janus Gallicus de 1594 (cf RCN pp. 130 et seq) qui en commente des versets, toutes centuries confondues,, on ne savait plus très bien quand était décédé Michel de Nostredame.Il ne faudrait pas surestimer l'habileté des faussaires dans le choix des vignettes ni dans celui des emprunts assez grossiers,à des sources connues et guère compatibles avec le principe de Prophéties, quoi qu'en dise Polizzi... JHB 08 04 21

mardi 6 avril 2021

Jacques Halbronn Le Colloque en Histoire de l'Astrologie. Paris, Eglise Sainte Année 1991

LE COLLOQUE EN HISTOIRE DE L'ASTROLOGIE PARIS Ste Anne 1991 par Jacques Halbronn Ce Colloque aura été le pendant de celui que nous avions susciité à Londres, sept ans plus tôt, en 1984, au Warburg Institute et dont les actes parurent, en anglais en 1987 sous la direction de Patrick Curry, : Astrology Science and Society. Le Colloque de 1991 fit l'objet d'Actes sous le titre « L'Astrologie en terre française (1539-1730) », 1993, accessible sur la plateforme SCRIBD) avec des contributions de Cécile Dumont-Fillon, Sylviane Bokdam, Pierre Brind'amour, Yali Haran, Patrice Guinard et nous mêmes. Mais il y eut d'autres interventions commme celles de René Alleau, d'Amanda Phillimore, d'Yves Marquer, de Jean Deweer, de Jean Patrice Boudet et de Marie Delclos. En fait comme pour les Actes du Colloque Ere du Verseau (cf Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, Paris, Albatros, 1979), qui se tint au Foyer d'Accueil de Paris en 1977, cela ne refléte pas exactement les intervenants présents : certains intervenants n'ayant pas donné leur contribution et certaines contributions s'étant ajoutées par la suite au stade des Actes. Nous passerons en revue les communications du Colloque de 1991, qui se tint il y a maintenant 30 ans. Cela consistera le plus souvent en des observations à caractère bibliiographique, venant compléter la teneur des contributions. Cécile Dumont-Fillon Rayonnement de l'Astrologie du Moyen Age à la Renaissance au travers des tapisseries (pp. 7 -56) Observations Nous accordons la plus grande importance aux données iconographiques. On peut regretter que l'auteur n'ait pas abordé, semble-t-il, la question des rapports complexes entre le cycle saisonnier et la symbolique zodiacale, notamment, ce qui aurait posé un certain nombre de questions sur les sources de la dite symbolique (cf nos Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du Tarot, avec Etteilla L'astrologie du Livre de Toth (1788). Collection Bibliotheca Astrologica. Ed Trédaniel, 1993) Michel Vital Le Bossé Rabelais et l'Astrologie (pp. 57-83) Observations. Il semble que l'auteur confonde les Centuries de Nostradamus avec sa production annuelle laquelle est bien plus proche des satirres que Rabelais fait du genre, d'autant que les dites Centuries n'apparaissent en réaité qu'à la fin des années 1580. (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Feyzin, Ed Ramkat 2002) On relévera un passage qui nous interpelle chez Rabelais : » La plus grande folie du monde est penser qu'il y ait des astres pour les Roys, Papes et gros seigneurs, plustost que pour les pauvres et souffreteux comme si de nouvelles estoiles avaient esté créés depuis le temps du Déluge (…) mais toute ceste erreur ne procède que par défault de vraie foi catholique. Tenant doncques pour certain que les astres se soucient aussi peu des Roys comme des gueux et des riches comme des marauds je laisserai à aultres folz prognostiqueurs à parler des Roys et riches et parlerai des gens de bas estat » (cf Pronostication ch. VI), En vérité, il s'agit bien là d'un débat fondamental pour l'Histoire de la Pensée Astrologique. Pierre Brind'amour L'Astrologie chez Nostradamus (pp. 85 -96) Observations : on peut regretter que Brind'amour n'ait pas signalé que les quatrains des almanachs consistaient en des versifications de ses prédictions en prose, ce que nous mettrons en évidence en 2007 dans notre post-doctorat (EPHE Ve Section) Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle. (accessible sur propheties.it et sur SCRIBD. Ce sont les quatrains des almanachs qui auront inspiré la composition de Centuries, lesquelles ne reposent quasiment jamais sur des données astronomiques et qui ne sont aucunement l'oeuvre de Michel de Nostredame.. Sylviane Bokdam Pontus de Tyard et l'Astrologie (pp ; 95-113) Observations : On regrettera que Sylviane Bokdam ne se soit pas davantage intéressée au personnage de l'astrologue Auger Ferrier et à sa polémique avec le juriste Jean Bodin avec lequel il échangera des arguments dans les années 1580 -cf notre étude La fortune d'un manuel d'astrologie » -CURA.free.fr , NOFIM.unblog.fr, voir aussi notre mémoire de DEA de 1981, Université Lille III (accessible sur SCRIBD) sur la traduction anglaise des Jugements Astronomiqueq sue les nativitez de son traité paru en 1550 et plusieurs fois réédité. Cela anticipe sur le débat au XVIIe siècle entre Morin de Villefranche et Pierre Gassendi. Cf aussi notre étude dans ces Actes.(c f aussi Actes du Colloque de Londres « History and Astrology. Clio and Urania confer » Dir. Annabella Kitson , 1989. communicatin de Nicholas Campion. Astrological Historiography in the Renaissance, cf Halbtonn, Collioque de Londes 1984. Astrology, Science and Society, 1987 dir P. Curry,) «  The revealing process of translation and Criticism in the History of Astrology » Yali Haran Astrologie et prophétie politique en France au XVIIe siècle (pp. 115-131) Observations Il semble que Yali Haran ait négligé le corpus associé à Johannes Lichtenberger du fait de a fortune française du recueil prophétique du Mirabilis Liber –cf notre étude dans la Revue Française d'Histoire du Livre. 2013, Nº. 134 -*De l'agencement des recueuils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien , pp. 7-34. et notre Thèse d'Etat Le texte prophétique en France.Formation et fortune. Paris X, 1999 paru aux Presses Universitaires du Septentrion ct aussi notre Catalogue d'exposition Astrologie et prophéties. Merveiles sans images. Ed de la Bibliothèque Nationale, 1994) Patrice Guinard L'astrologie et le débat scientifique en France à la fin du XVIIe siècle (pp 133-145) Observations : On note l'indigence des références bibliographiques dans cette étude ainsi que l'absence de mention de notre Bibliothèque Astrologique grâce à laquelle Guinard aura puisé l'essentiel de sa documentation. Il est clair notamment que sans nous Guinard n'aurait pu aborder l'oeuvre d'Eustache Lenoble. Attitude d'autant plus surprenante qu'elle concerne un texte s'inscrivant dans les Actes d'un Colloque dont nous avons été l'instigateur. Il est vrai que nous n'avons publié nos travaux sur Lenoble qu'en 1993.( cf Etudes autour des éditions ptolémaiques de Nicolas de Bourdin (1640-1651). Collection Bibliotheca Astrologica, Ed Trédaniel avec le reprint du Centilogue de Bourdin. Cf aussi notre éditions des Remarques Astrologiques de Morin sur le commentaire du Centilogue. Paris, Retz, 1975) « t Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du Tarot, Collection Bibliotheca Astrologica. Avec le reprint de Etteilla L'astrologie du Livre de Toth, comportant une étude sur une réédition méconnue de l'Uranie de Lenoble) cf notre Catalogue Alphabétique des textes astrologiques français, site CURA. Free.fr et le Catalogue des photocopies de la Bibliotheca Astrologica, sur SCRIBD) et notre Introduction bibliographique à l'étude de l'Astrologie Française de la fin du XVIe siècle à la fin du Xxe siècle, 1987. D'ailleurs dès 1987 Guinard avait publié sur cet auteur dans la revue Astralis. Jacques Halbronn Bibliographie de la littérature anti-astrologique française, d'Oresme à Voltaire. (pp. 147 -184) Ci desssous l'intrduction à cette étude. «  Ce travail complète celui que nous avions effectué lors d'un colloque intitulé « La comète de Halley et l'influence sociale et politique des astres: actes du colloque tenu à Bayeux, au Centre Guillaume le Conquérant » en octobre 1986 ; plateforme books google.fr) et qui s'intitulait  « les variations d'impact des comètes en France. Etude bibliographique (fin Xve-fin XVIIIe siècles) » Autrement dit, il s'agit d'une bibliographie introduite par un découpage des périodes et une recherche des causes de l'accroissement ou de la diminution de la production. Il s'agit ici de rassembler un maximum de références à des textes ayant un contenu anti-astrologique, c'est à dire regrettant son empire et souhaitant en diminuer ou en limiter le rayonnement.Ls textes que nous avons choisis pour notre corpus ne sont pas nécessairement parus sous un titre se référant à l'astrologie , il peut s'agir de chapitres au sein d'ouvrages traitant d'autres sujets  (cf. J..Halbronn. Catalogue alphabétique des Textes astrologiques Français), site du CURA et Anthologie des textes astrologiques de langue française (complément du CATAF),plateforme SCRIBD) On ne saurait exagérer l'importance de l'étude approfondie de la littérature anti-astrologique pour l »Histoire de l'astrologie. De même qu'on ne contestera point la nécessité de prendre en ligne de compte les productions divinatoires plus ou moins abâtardies pour cerner l'évolution du statut de l'astrologie , de même les textes anti-astrologiques constituent un contre point éminemment précieux pour éclaire les positions de l'Astrologie à travers les siècles.Au demeurant, les études modernes consacrées aux anti-astrologues sont plus abondantes que celles consacrées aux traités proprement dits ; Tout comme pour notre travail sur les cométes, nous accorderons de l'importance aux réactions provoquées par ces publications. Notamment provoquées par les astrologues. Pour les comètes, la démarche était dans l'ensemble inverse puisque la croyance en la comète était la donnée première et que les critiques et les attaques étaient en réaction., à Jean François.

vendredi 2 avril 2021

jacques Halbronn Nouvelles recherches en iconographie divinatoire

Nouvelles recherches en iconographie divinatoire Par Jacques Halbronn L'iconographie nous apparaît depuis longtemps comme un outil fort précieux pour l'historien des textes car nombreux sont les textes, les ouvrages comportant des éléments sous forme d'images. Rappelons notre exposition à la Bibliothèque Nationale Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images. L'appareil iconographique dans la littérature divinatoire française au xVIe siècle «  Ed Bibliothèque Nationale, 1994. Nous avons consacré des Recherches sur l'Histoire du Tarot (Trédaniel 1993) en postface de notre réédition de l'Astrologie du Livre de Toth. Voir également nos études entrre 2011 et 2015 dans la Revue Française d'Histoire du Livre) Voire aussi nos Mathématiques Divinatoires, Trédaniel 1983) et notre « tarot sephirotique » (Revue L'Autre Monde, 1977) Nous débuterons notre exposé par la critique nostradamique que nous avons engagée en ce qui concerne les éditions antidatées et abusivement attribuées à Nostradamus en montrant que les vignettes utilisées pour les prétendues rééditions des Centuries dans les année 1588-90 émanaient de fausses éditions des almanachs réalisées de son vivant alors que ses almanachs n'en comportaient pas, à la différence de ses Pronostications. Erreur fatale des faussaires tombés victimes sur une génération antérieure de faussaires. Par ailleurs, l'on sait que plusieurs quatrains ont été composés à partir de textes en prose traitant, par exemple, de guides de voyages, recopiés texto pour arriver, en principe, au nombre de quatrains souhaité, à savoir cent par centurie, comme leur nom l'indique. On notera par ailleurs la carence en culture iconographique chez la plupart des praticiens dans le champ zodiacal, tarologique, notamment. Ainsi, lesr références aux Livres d'Heures et plus spécialement aux Très Riches Heures du Duc de Berry sont très rares dans les ouvrages consacrés aux signes du zodiaque.Zoé Fachan traite de cette source dans l'Homme Zodiaque L'astrologie témoin des noces de l'homme et de l'univers, Marseille, AGEP, 1991) sans que cela la conduise à une approche critique deu corpus zodiacal. Dans la série des petits livres du Zodiaque parus aux Ed. Du Seuil en 1957, l'iconographie des mois de l'année ne figure pas ! Dans notre article Astrologie de l'Encyclopaedia Universalis, 1994, nous montrons que le signe des Gémeaux était à l'origine issu d'images de couples hommes/femmes, en rapport avec le mois de Mai qui était celui des fiançailles, donc plus vénusien que mercurien, contrairement au dispositif des domiciles du septénaire planétaire. On retrouve dans la frise zodiacale des Pronostications de Nostradamus, dans les années 1550-1560 une iconographie de couple. La découverte de sources est toujours excitante mais cela ne doit pas nous induire en erreur car celles- ci peuvent être instrumentalisées dans un sens qui ne leur correspond pas, ce qui ne signifie aucunement que la source doit avoir le dernier mot!C'est ainsi que lorsque nous signalons (dans la RFHL) que dans le Kalendrier et compost des Bergers, l'on aurait la source de l'Arcane de la Roue de Fortune avec la Roue des Damnés, il est clair que cela n'implique pas d'en revenir à cet état premier de la figure. Dans le cas du Tarot, il est clair que le Bateleur dérive du banquet correspondant aux mois d'hiver, où les gens se réunissent à l'intérieur et non à l'extérieur, ce qui correspond au signe du verseau (verse-eau à partir d'un récipient), avec Ganyméde l'échanson des dieux, selon la formule de Paul Le Cour dans son ouvrage sur l'Ere du Verseau. Quid des maisons astrologiques, ont-elles une iconographie qui leur soit propre. ? Généralement, les astrologues déclarent que cela n'existe pas à la différence des signes du Zodiaque. Or, si l'on considére certaines « roues » juxtaposant différentes séries : signes zodiacaux, planètes (cf l e Nativität Kalender, de Leonhard Reymann ; Nuremberg,1515) l'on observe qu'une série recoupe la signification des maisons VI, VII et VIII., avec successivement une personne alitée, un mariage et la mort d'autant que ces images sont dument numérotées  (cf nos Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du tarot, op ; cit. pp. 48-49). Autrement dit, depuis des siècles l'iconographie des maisons astrologiques aura disparu de la production dans ce domaine, réduite au seul énoncé d'un numéro d'ordre, généralement rendu en chiffres romains ! Or, on retrouve certaines des images des maisons astrologiques dans les arcanes majeurs du Tarot. On pense à l'arcane de la Mort (XIII) ou à celle de la Roue de Fortune, correspondant à la maison XI dans le document de 1515 sus nommé. Quant à l'arcaneVI, l'Amoureux, elle ressemble terriblement à l'image de la maison VII du mariage. Comment expliquer cette circulation des images  et dans quel sens cela a-t-il eu lieu, qui a influencé qui ? En effet, le travail iconographique n'exclue nullement le recours à l'emprunt. Prenons le cas du travail d'élaboration des images des maisons, il aura bien fallu puiser quelque part pour l'accomplir et tout l'intérêt de l'approche iconographique, c'est qu'elle permet des rapprochements frappants plus encore que dans le cas de texte, comme on l'a vu pour les sources des vignettes des éditions centuriques. C'est ainsi que le Kalendrier des Bergers peut fort bien avoir été utilisé pour constituer certaines séries iconographiques, quand il traite de l'Enfer avec le Diable, la Roue des Damnés. Cf notre étude sur les Livres d'Heures, dans la RFHL) ; La maison V offre une représentation qui n'est pas sans évoquer le mois de mai des amourettes et des compter fleurette et la maison II-toujours dans le document de 1515- est à rapprocher de l'arcane du bateleur ou la maison III de celle de l'Hermite du Tarot. Mais même l'iconographie des maisons varie du fait de la multiplicité des significations propres à chaque maison ; dans le thema genethliacum de Conrad Heingarten (cf notre catalogue pp 10-11), la maison IX, des voyages au loin, est illustrée par un homme à cheval mais chez Reymann, on pense plutôt au Pape du Tarot, la IX ayant aussi une connotation religieuse. La maison XII chez Heingarten pourrait avoir inspiré l'arcane Le Mat, si l'on remplace le chien sur les trousses de l'homme par un assassin Si l'on en revient aux sources de la symbolique zodiacale, la comparaison entre son état actuel et sa source dans les Livres d'Heures est assez troublante et les astrologues qui nous parlent des liens du symbolisme zodiacal avec le cycle saisonnier se contentent de quelques idées générales alors que cette iconographie zodiacale s'enracine dans la vie quotidienne des gens, au fil des saisons et non dans la dimension purement « photopériodique » selon la formule de Jean-Pierre Nicola. Or, à partir des mois d'automne, cela ne va plus très bien et le décalage se creuse entre les deux séries, celle du Zodiaque et celle des livres d'Heures. On ne trouve pas le cochon dans le Zodiaque alors qu'il marque deux mois dans lesTrès Riches Heures. A la place, on a le Sagittaire, c'est à dire l'Archer (combiné au Centaure). Comment expliquer une telle substitution ? Qu'est ce qui aurait motivé l'exclusion du porc ? A noter que le porc fait partie de ce qu'on appelle le Zodiaque chinois, basé sur un cycle de 12 ans qui est celui de Jupiter. L' archer pourrait être Hercule avec ses 12 travaux qui font écho aux 12 signes. On a le Sanglier d'Erymanthe (cf Clefs pour l'Astrologie, Seghers, 1976), les Oiseaux du Lac de Stymphale qui correspondrait à l'Aigle du tétramorphe que l'on trouve dans le Livre d'Ezékiel, Ancien Testament), animal qui a lui aussi disparu du Zodiaque, remplacé par le Scorpion qui, selon Volguine, renverrait à l'archer, dont les fléches seraient des dards, parfois appelé « homme scorpion ».(Le symbolisme de l'aigle) En revanche, le signe du Lion n' a rien à voir avec les livres d'Heures et correspondrait à une autre composante du tétramorphe avec le taureau et l'Homme.(assimilé au Verseau). Autant de signes « fixes ». On serait là en présence d'une division en 4 qui aurait été complétée par la suite par l'apport de huit autres figures pour baliser l'écliptique. Il serait bon, en tout cas, de restituer un Zodiaque mieux ancré dans le vécu saisonnier que celui qui nous est parvenu et qui est visiblement altéré, corrompu Tout cela n'aurait d'ailleurs pas grande importance si les astrologues n'y attachaient quelque valeur en matière d'interprétation typologique, psychologique alors qu'ils disposent par ailleurs des triplicités, quadruplicités et autres maitrises planétaires. A propos de l'iconographie des planétes qui figure dans les documents signalés, force est de constater qu'elle puise mais n'épuise pas les sources mythologiques. Pourquoi telle divinité serait associée à telle planète et pas telle autre ? Il est vrai que si l'on ne dispose que de sept astres, le choix s'impose et à mesure que l'on découvrait de nouvelles planètes, c'est l'ensemble de l'Olympe qui allait se retrouver mobilisé. Dans nos « Mathématiques Divinatoires » (préface Jean Charles Pichon, pp.47 et seq) nous avions tenté de rapprocher dix arcanes majeurs (en raport avec les 10 sefiroth) en associant des arcanes totalisant deux par deux, chaque fois, le nombre 22 (nombre de lettres de l'alphabet hébraique) En ce qui concerne la signification des maisons astrologiques, leur rapprochement avec les signes du Zodiaque nous semble très discutable. En fait, ces deux séries relévent de deux astrologies différentes, l'une rotationnelle, au niveau du mouvement diurne et l'autre cyclique, en lien avec les vitesses de révolution respectives, d'apparition plus tardive. La répartition des significations nous semble aléatoire. D'ailleurs,dans la Tétrabible, on retrouve cette « check list » des sujets à traiter mais sans reférence aux maisons. Ce serait dans un deuxième temps que l'on aurait opéré une telle distribution. Le probléme, c'est qu'avec le temps, l'on aura fini par intégrer dans la définition des signes les « correspondances » numériques avec les maisons  dans le genre Sagittaire maison IX et tutti quanti, ce qui aura contribué à brouiller les descriptions zodiacales, si ce n'est que la confusion va également concerner les Quatre Eléments qui ne respectent guère la symbolique zodiacale : pourquoi le verseau est il un signe d'air et non un signe d'eau comme le voudrait son nom ? Pourquoi les Gémeaux sont ils régis par Mercure alors que leur symbolique de base est vénusienne. En fait, il semble que ces différents classements n'aient tenu aucun compte de la symbolique zodiacale et se soient plaqués dessus selon des critères géométriques. Quant au référentiel astronomique, il n'est guère respecté par la Tétrabible de Ptolémée, puisque on y attribue à Mercure deux signes dont l'un ne correspond pas à la réalité de l'élongation maximale de la planète par rapport au Soleil, soit 28° ! Idem dans le cas de la planéte Vénus ne pouvant s'éloigner du soleil de plus de 48°. On aura compris à quel point il serait vain de chercher à justifier et à corréler ces diverses attributions au nom d'un structuralisme naif cherchant à tout harmoniser. JHB 02 04 21

jeudi 1 avril 2021

La mystique des trois nouvelles planètes dans la vie astrologique des années 30-40 du XXe siècle

La mystique des trois nouvelles planètes dans la vie astrologique des années 1930-1940. par Jacques Halbronn Nous avons consacré en 1995 un ouvrage à la période des Années trente cinquante (Ed Trédaniel) de Néroman à Maurice Privar. Nous entendons compléter ce travail à propos de quatre ouvrages conservés à la Bibliotheca Astrologica, à savoir le Manuel d’Astrologie Médicla de G . B. de Surany parue aux Éditions des Cahiers Astrologiques, à Nice, Verlaine et les astres de Dom Néroman –(mars 1944 donc avec la présence allemande).avec une préface de François Porche dans la collection « Les connaissances supranormales ».Un autre livre de Dom Néroman a depuis longtemps retenu ,notre attention , Grandeur et Pitié de l’Astrologie, Ed. Fernand Sorlot avec une préface de J. H. Rosny Ainé.(1940) Enfin, nous traiterons d’une traduction de l’allemand « La nouvelle planète Pluton » -1937. On commencera avec le Manuel de Geza de Surany -qui épousera la future Marguerite de Surany., sœur de Mme de Longchemp (cf les Ed. Sorlot) Avant même d’étudier cet ouvrage observons les annonces de l’éditeur, Alexandre Volguine, le fondateur des Cahiers Astrologiques. On y propose la « collection complète des quinze premiers numéros parus (1938- 1940). La parution s’en était interrompue du fait de la guerre. Dans le catalogue sont proposés des textes de Jean Hiéroz sur Manilius, de A/ Massot (Le Zodiaque et les maisons), d’André Costeséque sur les transits, d ‘André Tanner (Le Sepher de Moise et la typocosmie) et quelques ouvrages de Volguine lui même (Astrologie Lunaire, Le symbolisme de la vie de Moïse plus une série d’ Éphémérides Astronomiques quotidiennes pour 1941, 1942, 1943 Plutôt qu’à l’astrologie médicale, intéressons-nous d’abord à ce que Sunrany dit des « nouvelles » planètes , ce qui était particulièrement le cas pour Pluton ; découvert récemment en 1930 : « Uranus : La tradition ne nous fournir pas de renseignements sur l’action de cette planète découverte à une date relativement récente. Il est fort probable qu’Uranus fut connu des Anciens : mon très estimé confrère KRAFFT a contribué à l’établissement de cette hypothèse vraisemblable dans un article publié dans les Cahiers Astrologiques mais rien n’est resté mais rien n’est resté eu égard de ses effets. ¨Pourtant, l’expérience, la logique et ce qu’on appelle à tort l’intuition permettent les observations suivantes (p. 63) Passons à Neptune « comme Uranus, est de découverte récente : la Tradition est muette à cet égard. Mais en près de 100 ans on a quand même eu le temps de l’étudier et de constater ses effets (…)Il est exalté dans le Lion » (Uranus était indiqué exalté en Scorpion) et enfin Pluton : « Pluton n’est connu que depuis 1930.En douze ans,(on est donc en 1942) il n’a évidemment pas été possible e » juger de son action et de son influence plus que superficiellement. En ce laps de temps, on a pu toutefois constater qu’il n’est pas maléfique. Les données suivante sont les fruits d’observations de plusieurs astrologues bien connus. Pluton gouverne le Sagittaire (sic) (..) son lieu d’exaltation semble bien se placer dans le Lion » Surany place donc l’exaltation de Pluton dans le même signe que pour Neptune et ne propose pas le signe du scorpion pour son domicile, comme cela est entendu depuis plusieurs décennies. Nous retiendrons la façon dont Surany traite de l’astrologie dans son « Avant Propos » : »Au moment où n’ait l’individu, la position qu’occupent les planètes dans l’écliptique se trouve gravée sur l’impérissable Akasha. : l’horoscope n’est autre que l’inscription dans les cieux en hiéroglyphes que seul un Astrologue peut déchiffrer (…)Dire que les astres inclinent et n’obligent pas quand la Science Astrologique nous donne quotidiennement des preuves nouvelles du bien-fondé de ses enseignements est aussi justifié que de prétendre échapper à la conséquence de nos actions, à la loi de la causalité » Signalons des références au Congrès international astrologique de 1937. Comparons ce texte avec ce qui figure dans le Verlaine aux mains des dieux. Commençons avec la Préface de François Porché qui n’est pas astrologue, mais auteur d’un ouvrage sur Verlaine, ce qui fait justement l’intérêt de son témoignage : on y apprend qu’était paru juste avant le Traité d’astrologie rationnelle de Dom Néroman. On ne pense pas que le dit Néroman a pu souscrire à certains propos de son préfacier tels que celui-ci : »Comme il y a beaucoup de mauvais astrologues, peut être sied il de remarquer que les erreurs qu’ils commettent ne sont pas imputables à la science dont ils se réclament faussement pas plus que les diagnostics erronés des mauvais médecins ne portent condamnation contre la médecin. L’astrologue peut se tromper. L’astrologie ne se trompe jamais » Or, Dom Néroman pensait au contraire qu’il fallait réformer, refonder l’astrologie. Cette façon de parler de l’astrologie comme d’un savoir « accompli » n’est vraiment pas à notre goût. Pas plus d’ailleurs que lorsque Porché insiste sur la nécessité de la précision des données de naissance (pp. 4-5) : »Une erreur de quelques minutes suffisant parfois à fausser tout le problème ». On appréciera davantage la formule suivante : « La masse des ignorants se divise en deux classes : les crédules et les négateurs. Les premiers sont peut être les plus nombreux mais je n’en suis pas sûr. »Quant aux « négateurs » « ils refusent sans examen toute adhésion à l’astrologie scientifique ».. Jetons à présent un coup d’œil sur le copieux « lexique » (pp. 242-255) qui accompagne ce texte extrait du Traité Rationnel: On note que Néroman définit l’aspect comme un multiple de 30° On note que le mot « étoile » ne figure pas comme entrée dans le dit lexique, ce qui fait que Néroman n’intègre pas cette donnée dans son astrologie. On ne s’arrêtera qu’à l’entrée « Axe Lunaire’ qui est un apport de Dom Néroman en ce qu’il met l’accent sur les nœuds lunaires, importants pour ce qui s’appellera l’Astrologie Karmique. -(p ; 243) : « En symbolisme, le premier (axe) s’appelle le Dragon et le second Lilith »Sut Lilith, on lit « Lilith est le foyer vide de l’orbite lunaire : on l’appelle aussi la lune Noire (..)¨Par extension, on appelle Lilith l’axe lunaire tout entier mais, correctement, Lilith est le côté de l’apogée de cet axe ; celui de la périgée est Priape ,élément mâle du couple « . A l’entrée « nœud lunaire, » on lit : » La ligne des nœuds s’appelle le Dragon, » Jean Carteret sera certainement marqué par l’œuvre de Dom Néroman et il en témoignera des années durant notamment lors des réunions du Centre International d’Astrologie puis dans nos Colloques. Passons à Grandeur et Pitié de l’Astrologie, paru dès 1940. On s’en tiendra ci au premier chapitre intitulé « La poussée du ciel » qui commence ainsi « Nous vivons l’aurore d’une humanité nouvelle (…) l’ère des Poissons, née avec le Christ, est au bord de sa tombe et c’est parce que l’ère du Verseau est proche que l’humanité se dégage -douloureusement toujours- de ses tendances actuelles et tourne un visage d’espoir vers d’autres idéaux(..) Cet irrésistible courant vers la Science du Ciel s’accompagne de tous les remous imaginables ; c’est un torrent tumultueux de purs élans, de forfanteries, de naïvetés (..) qui font à la foi la grandeur et la misère de l’astrologie renaissante . C’est ce torrent que je voudrais décrire tant que son flot désordonné roule par la ville avant de faire place au fleuve puissant au fleuve puissant ; calme, majestueux auquel s’abreuvera bientôt une humanité rajeunie d’avoir reclassé ses notions » On pense à Paul Le Cour dans sa réédition de son ouvrage sur Ganymède (cf notre « vie astrologique, années trente cinquante ») Tout cela nous semble bel et bien marqué par ce qui se passe en Allemagne à l’époque. Cela nous conduit à évoquer un autre ouvrage de nos collections : La nouvelle planète Pluton de F. Brunhubner (ed A. Kotulla, 1937), traduit de l’allemand (qui sera réédité dans les années Cinquante Que nous dit le « message de Pluton » pp136 et seq) qui nous présente le trio des nouvelles planètes ? » :’On peut nommer Uranus et Neptune les précurseurs de Pluton. Uranus, la première des nouvelles planètes apporte évolution et révolution ( ;;)L’effet d’Uranus n’est pas encore purement spirituel mais plutôt matériel -spirituel/ En continuation de l’action d’Uranus – ce premier réveil d’une nouvelle époque-Neptune causa d’abord -puisque incomprise- des troubles et le chaos dans la vie humaine Plus tard, lorsque l’homme s’efforça de comprendre les variations subtiles et fines de Neptune, cette planète l’amena à la méditation et l’approfondissement des ptobléme spirituels : la mystique. Maintenant, sous les rayons de Pluton dont l’intensité augmente de plus en plus ; ce ne sont plus les isolés qui les sentent mais nous tous Quelque chose de nouveau et d’inconnu arrivera (..) quelque chose de très redouté des uns mais attendu avec un désir ardent par les autres : l’ère nouvelle ! (…)Pluton est le phytopte et le messager d’un temps nouveau (..)La révolution allemande de 1933 représente un des centres des événements révolutionnaires du monde et je crois devoir dire que l’on peut regarder Pluton comme l’aspect cosmique du troisième empire (Reich) (..)Que l’Allemagne actuelle soit influencée par Pluton est incontestable. On put facilement le prouver par les différents horoscopes de ses chefs et les événements principaux des dernières années. » A propos de l’entrée de Pluton en Lion on trouve exposée l’idée du chef:(p.67) « Dans les années 1937 à 1957 le principe du chef (..) arrivera à sa plus forte expression Des États formés de partis deviendront -semblables à Allemagne et à l’Italie – des États conduits par un seul maître car partout dans le monde entier, on appelle un chef » Que penser de ce corpus de 4 ouvrages relatifs à l’astrologie parus durant l’avènement et la domination des nazis ? On y trouve une convergence entre l’affaire des trois trans saturniennes qui fait penser aux cavaliers de l’Apocalypse et celle de l’Erre du Verseau (signe qui se verra associé à Uranus) Sur le moment, il est clair que le milieu astrologique put quelque peu s’exalter. Certains parièrent pour le fascisme, d’autres, comme Barbault, pour le communisme (avec le cycle Saturne-Neptuue) Les congrès astrologiques furent une caisse de résonance , comme celui de 1933, que signale Brindhübner p 9) au lendemain de la découverte de Pluton,n précédant ceux de Bruxelles -1935) et Paris (1937, cette série de congrès « internationaux » étant gouvernée depuis Dusseldorf par Hubert Korsch. En 1974, le congrès de Paris permit à l’indice cyclque de Barbault d’alerter la presse au sujet des échéances des années 1982-83 Or cet indice cyclique était surtout marqué par les trois planètes Uranus, Neptune et Pluton, lequel indice avait été élaboré par Henri Gouchon à la fin des années 1940.(cf Les astres et l’Histoire, Pauvert, 1967) sous le nom d’indice de concentration planétaire. L’astrologie du Xxe siècle se montrait ainsi marquée par des paramètres inconnus de la tradition astrologique antique, que ce soit pour la théorie des ères précessionnelles ou pour les planètes au delà de Saturne. Les astronomes devenaient par leurs découvertes successives -une par siècle -les prophétes de temps nouveaux. Bien plus, le politique s’alliait à l’astrologique, de façon spectaculaire avec l’avénement du Troisième Reich ce qui n’était en revanche pas nouveau au prix d’une instrumentalisation mutuelle. C’est toute une génération d’astrologues qui se trouvera impactée comme ce fut le cas au lendemain de la Chute du Mur de Berlin, en 1989 au tour d’une prévision datant des années Cinquante (conjonction Saturne-Neptune) avec à nouveau un focus sur l’Allemagne vouée à se réunifier. Nous mêmes en 1979, nous avons publié « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau », Actes d’un Colloque tenu deux ans plus tôt à Paris. Et puis n’oublions pas le changement de millénaire autour de l’An 2000 ! Pour notre part, nous optons pour une « astrologia perennis « , une astrologie éternelle, non sujette aux découvertes astronomiques ni aux mystiques politiques de gauche comme de droite. L’idée même de l’apparition de nouvelles planaires renvoie à la croyance aux comètes. Quant à Uranus, l’astrologie n’en a nul besoin pour annoncer un changement et déjà au Xe siècle Albumasar y parvenait fort bien avec les conjonctions de Jupiter et de Saturne. Il est vrai que les Évangiles nous parlent de l’étoile des Mages, sur Bethléem. JHB 01 04 21

mercredi 31 mars 2021

Jacques !halbronn Enquéte sur la composition des Origines de l'astrologie de Denis Labouré, Ed du Rocher 1997

Jacques Halbronn. Enquéte sur la composition des « Origines de l’astrologie » de Denis Labouré. Ed du Rocher, 1997 « Le geai paré des plumes du paon » Cet ouvrage paru il y a déjà quelque temps,il y aura bientôt 25 ans a retenu notre attention et le hasard aura voulu que nous soyons retombés dessus récemment sur cet ouvrage dont nous avions oublié certaines dimensions quelque peu scandaleuses, car on a là un bel exemple de déni systématique du travail de recherche que nous avons accompli depuis des décennies, notamment en ce qui concerne quatre astrologues, Abraham Ibn Ezra, Claude Dariot, Morin de Villefranche et Eustache Lenoble, tous les quatre commentés et utilisés par Denis Labouré – et notamment notre traduction française d’Abraham Ibn Ezra. Or, quand on examine la bibliographie de l’ouvrage en question, notre nom n’y figure en aucune de ces occasions. Nous en ignorons la cause. Cela ne tient peit être pas à Denis Labouré mais cela pourrait être le fait de son éditeur le directeur des Editions du Rocher chez qui nous devions faire paraître une nouvelle édition de notre Guide de la Vie Astrologique en cette même année 1997. Bien entendu, ces incidents mis à part, l’ouvrage méritera certainement quelques observations de fond au regard de l’Histoire de l’Astrologie. Il est bon de comparer l’attitude de Labouré à celle d’un Jean-Pierre Brach devenu par la suite en 2002 titulaire de la chaire des Courants Esotériques à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Ve section des Sciences Religieuse, dans son édition du Livre de l’Etat et Mutation de Richard Roussat où notre nom est cité à plusieurs reprises dans son « Introduction au Livre de l’estat et mutation des temps »(Gutenberg reprints, 1981), dont l’exemplaire dédicacé note que « JH connait ces choses mieux que moi ou dans son étude sur L’astrologie à la Renaissance (in Cahiers de l’Hermétisme, numéro consacré à l’Astrologie, Ed Albin Michel, 1985) tout au long des pages 122 à 130. Donc, livrons-nous à cet exercice un peu morbide consistant à relever toutes les omissions de Denis Labouré à nos dépens, certaines plus étonnantes d’ailleurs que d’autres. D’ailleurs, un tel comportement n’est pas unique et nous pensons notamment à Hervé Drévillon, dans sa thèse de 1994 et dans son ouvrage paru en 1996 chez Champvallon sur l’astrologie au XVIIe siècle, sans oublier d’autres cas, assez troubles, comme l’édition de Pierre Brind’amour des Centuries, censées parues chez Macé Bonhomme en 1555 en cette même année 1996, chez Droz, l’année précédant l’ouvrage de Labouré.. Première observation : aucune mention de notre nom sinon de nos travaux dans la bibliographie (pp. 229 à 235) pour un ouvrage couvrant une si longue période remontant aux « origines de l’astrologie ». Au moins, Drévillon nous avait-il cité dans sa bibliographie mais toutefois pas dans le corps de son livre. p. 230 Dariot, Claude Introduction au jugement des astres, Pardés, Puiseaux, 1990 L’étonnant, ici, est que nous étions l’auteur de la Postface de cette réédition dont Labouré avait été le maitre d’oeuvre, dans des conditions d’ailleurs assez problématiques.. D’ailleurs, p. 19 ; Labouré note « Avec Chantal Etienne, je redonnai vie (sic) à l’Introduction au jugement des astres de Claude Dariot ». Il oublie de dire que nous étions à l’origine de cette découverte importante poir l’Astrologie Horaire. Labouré cite Dariot, p. 99. On note, en tête de l’ouvrage « Du même auteur : Introduction au jugement des astres , »annoté et commenté » par Denis Labouré et Chantal Etienne, oubliant de signaler notre postface sur la fortune du traité alors que les « commentaires » signalés ne traitaient même pas de l’astrologie au xVIe siècle ! Bibliographie pp. 231 et 233 Ibn Ezra Abraham Le livre des fondements astrologiques, Retz 1977. Aucune mention de notre nom ni de notre préfacier Georges Vajda mais utilisation du titre que nous avions choisi pour notre traduction française, ce qui est un comble ! On notera aussi que Labouré ne cite pas notre « Monde Juif et l’Astrologie sur le Moyen Age » (Milan Arché, 1985) Labouré cite par ailleurs dans le corps du livre Eustache Lenoble (pp. 178-179) alors que nous avions consacré toute une étude en 1993 (Ed Trédaniel) Recherches sur l’Histoire de l’astrologie et du Tarot, avec l’Astrologie du Livre de Toth) sans parler de l’étude de Patrice Guinard dans Astralis (année 1987) qu’il avait réalisée à la suite de la connaissance qu’il avait acquise de notre part de cet auteur publiant à la toute fin du XVIIe siècle, Guinard ne signalant d’ailleurs pas ses sources. Il se servira abondamment de nos informations pour sa thèse de doctorat de 1993.-en ligne sur le site du CURA).. On se demande d’où vient la connaissance chez Labouré d’un auteur jusque là assez peu connu si ce n’est, comme pour Dariot, de la fréquentation de notre Bibliothèque. La page 103 du livre de Labouré vaut le détour car Labouré compare la prose d’Eustache Lenoble à celle d’Abtaham Ibn Ezra, en se servant carrément du texte de notre traduction (comme il le fera page 148) mais sans nous citer, à propos des domiciles de planétes, sujet que nous avons traité abondamment (Clefs pour l’Astrologie, 1976, réédition 1993 chez Seghers et Mathématiques Divinatoires, préface de Jean Charles Pichon, Ed Trédaniel 1983) Et puis page 150, Labouré compare Dariot à Ibn Ezra, et l’on voit à quel point notre contribution occulte à ces Origines de l’Astrologie aura été précieuse !. / Labouré cite (p. 128) également la Brihat Jataka, le Grand Livre des Nativités, de Varahamihira que nous avions mentionné dans notre édition d’Abraham Ibn Ezra et qui était annoncé à paraître, ce qui ne s’est pas fait du fait de l’interruption de la collection de René Alleau.. Nous avions ramené des éditions de ce traité à la suite de notre voyage en Inde de 1976.,Nous avons la faiblesse de croire que Labouré se sera intéressé à cette œuvre par notre intermédiaire.. Et puis, il y a toute l’attention accordée à Jean-Baptiste Morin de Villefranche dont nous avions publié en 1975 les Remarques Astrologiques, autre ouvrage fort peu connu alors et dont Barbault parlera en 1975 (dans Connaissance de l’astrologie, Paris, Seuil) sans nous citer alors que nous lui avions fait part de notre découverte, paru dans la même collection Bibliotheca Astrologica, dirigée par Réné Alleau que le Livre des Fondements d’Abraham Ibn Ezra.. Labouré ne signale pas notre édition du Commentaire du Centiloque de Ptolémée par Nicolas Bourdin (Trédaniel 1993) comportant des « Etudes autour des éditions ptolémaiques de Nicolas Bourdin » dont pourtant Labouré avait publié la traduction de la Tétrabible ».L’Uranie de Messire Nicolas Bourdin, chevallier, seigneur de Villennes ou La Traduction des quatre livres de lugements des astres » (1985) Labouré aurait d’ailleurs pu mentionner le collectif « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau » (Ed Albatros, 1979) que nous avions dirigé et qui comportait des contributions assez savantes sur le Zodiaque comme celle de Robert Amadou et de Fernand Shwartz pas plus que notre réédition de l’Histoire de l’Astrologie de Serge Hutin (Ed Artefact 1986) ni notre article « Astrologie » dans l’Encyclopaedia Universalis (1994) ou encore notre catalogue de l’exposition Astrologie et Prophéties, Merveilles sans images (Ed bibliothèque Nationale, 1994) Il est clair que ces Origines de l’Astrologie auront contribué à la crédibilité de Denis Labouré, ce qui lui aura ouvert des portes comme on peut l’en féliciter au vu de sa bibliographie des vingt dernières années ! Nous notons d’ailleurs que dans son récent ouvrage sur Astrologie et Religion au Moyen Age, 2019, Labouré aura persévéré dans ses pratiques dont nous avons démonté, au cours de notre enquéte, le passionnant mécanisme. JHB 30. 03 21

vendredi 26 mars 2021

Jacques Halbronn : La fortune d'un manuel d'astrologie: Les Jugements Astronomiques sur les Nativités d'Auger Ferrier

La fortune d'un manuel d'astrologie: Les Jugements Astronomiques sur les Nativités d'Auger Ferrier par Jacques Halbronn N. Éd. : Ce texte est livré "tel quel". Jacques Halbronn est l'auteur d'une thèse d'État, Le texte prophétique en France, soutenue en 1999 à l'université Paris X - Nanterre. Présentation de l'article Dans l'Homme Rouge des Tuileries (1863) de Paul Christian, l'on reproduisait la Préface d'Auger Ferrier à Catherine de Médicis. Mais l'on y faisait du médecin toulousain le propagateur d'une astrologie ésotérique à base de degrés monomères qui ne correspondait nullement au contenu du traité ainsi introduit en 1550. Jacques Halbronn s'est intéressé à ce traité qui connaîtra une carrière très longue tant en France qu'en Angleterre et il en profite pour examiner l'Age d'Or de l'Astrologie Française au milieu du XVIe siècle qui exercera, de façon assez étonnante, son influence sur le siècle suivant. Ce travail constitue un diptyque avec celui consacré à l'Introduction de Claude Dariot. Introduction Le milieu du seizième siècle aura été un âge d'or pour l'astrologie française. Quatre médecins astrologues à savoir Michel de Nostredame, Antoine Mizauld, Auger Ferrier et Claude Dariot s'y côtoient, du moins sur l'étal des Libraires [1] . Tous sont voués à dépasser de par leur réputation et leurs publications les frontières du royaume et celle de leur siècle. Nous consacrerons l'essentiel du présent travail au Toulousain Auger Ferrier (1513-1588) D'abord, nous montrerons quel fut le rayonnement d'un manuel paru pour la première fois à Lyon en 1550 [2] et les problèmes linguistiques liés à ses tribulations. Nous étudierons dans quelle mesure ce manuel emprunte à d' autres et quelle aura été son influence (Première Partie) Puis, nous aborderons certains aspects de la vie du médecin astrologue toulousain, notamment sa polémique avec Jean Bodin et son influence dans le domaine médical. (Deuxième Partie) Avec Auger Ferrier, médecin "tolosain" (toulousain) et fils de chirurgien [3] seigneur de Castillon, c'est le Sud Ouest aussi que nous abordons, autour du libraire Jacques Colomiez chez qui Ferrier fait paraître sa Prognostication Nouvelle sous un anagramme, celui de Frager Rivière [4] . Cette ville largement citée dans les Centuries[5] est aussi celle d'un Guillaume de La Perrière, écrivain et poète. lequel publie aussi à Lyon, chez Macé Bonhomme et à Paris, auteur de centuries à l'époque même où Michel de Nostredame compose les siennes.[6] Il ne faut évidemment pas confondre Auger Ferrier avec Saint Vincent Ferrier [7] , Ferrier n'étant ici que la francisation de Ferrer- un prophète espagnol de Valence qui évolua dans les milieux pontificaux à la fin du XIVe et au début du XVe siècles, Ferrier étant ici une francisation de Ferrer. [8] Ce manuel, pour des raisons que nous essaierons d'analyser par la suite, a connu une carrière remarquable (section I) ,on se demandera si le texte a subi de ce fait, pour perdurer des changements (section II) comme c'est le cas notamment au niveau du texte prophétique. En plaçant l'étude du livre, du texte, avant celle de son auteur, nous posons une certaine priorité méthodologique: les aventures de Ferrier nous semblent moins significatives que celles de sa production. Toutefois, force est de constater que le personnage de Ferrier ne se réduit pas à celui d'un astrologue, d'un ésotériste comme ce sera le cas chez un Etteilla, à la fin du XVIIIe siècle. Sa polémique avec un homme de la stature de Bodin l'Angevin [9] ne se concevra plus par la suite. Enfin, la production de Ferrier ne concerne pas que la seule astrologie, nous avons affaire à un médecin diplômé de Montpellier, en un temps où effectivement la frontière entre astrologie et médecine n'était pas aussi tranchée pas plus d'ailleurs qu'elle ne l'était avec la science politique. Une astrologie ,certes contestée, mais qu'un homme comme Kepler (1571-1630) [10] à l'instar d'un Bodin [11] (1530-1596) pensera pouvoir encore sauver à l'aube du XVIIe siècle. Socialement, Ferrier n'est pas un marginal ,pas plus que ne le sera Jean Baptiste Morin, professeur au Collège Royal (notre Collège de France), lui même passé par la médecine. Section I. Les tribulations d'un manuel Le traité d'Astrologie de Ferrier est un ouvrage technique qui ne s'embarrasse guère de développements sur la nature de cette science. Il faudra précisément certaines attaques pour que l'apologétique conduise à une réflexion plus en profondeur quant aux fondements.[12] Pourtant, dès le XIIe siècle-au XIIIe siècle en traduction latine [13] un Abraham Ibn Ezra avait il accompagné son traité, le Commencement de la Sapience, d'un volet explicatif, le Livre des Fondements, Liber rationum [14] On fera d'abord remarquer une certaine ambiguïté terminologique dans la mesure où si le titre du traité est bien Jugemens astronomiques sur les nativitez et si c'est également le cas en tête de chacune des parties, en revanche, les hauts de page comportent une mention différente "Jugemens d'Astrol." et non d'Astron. (1582) .Il ne s'agit pas d'une coquille: l'édition de 1550, toute en italique, porte Astrologie en toutes lettres. mais l'abréviation ajoute à l'ambiguïté. Le titre a très légèrement évolué entre 1550 et 1582, éditions qui toutes deux parurent chez Jean de Tournes, avec la même marque d'imprimeur: Des Iugemens astronomiques sur les nativitez devient-orthographe plus moderne-Iugements astronomiques sur les nativités outre le changement orthographique du prénom de l'auteur, Oger devenant Auger. En fait, à l'examen de ses publications respectivement en latin et en français, la pratique ait voulu qu'en latin on écrivît Augerius et en français Oger. Il semble que par la suite, on soit revenu à un certain purisme. Pour l'historien des textes astrologiques, les Jugements astronomiques/astrologiques interpellent du fait même de leur maintien durant une centaine d'années. Comment ,en effet, un manuel paru en 1550 peut il encore intéresser le public français des années Vingt du siècle suivant ou les lecteurs anglais de la Christian Astrology de William Lilly, dans les années Quarante du même siècle? N'est ce pas là le signe d'une certaine sclérose de la pensée astrologique? La carrière française Bien que l'ouvrage paraisse à Lyon en 1550, il sera promptement publié à Paris comme en témoigne une édition d'Etienne Grouleau en 1555 ,comportant en sus l'"Epitome des trois premiers livres d'Artémidore Daldianus, traitant des Songes. Ensemble le livre d'Augustin Hyphe (sic) des Divinations & Augures par Antoine du Moulin" [15] C'est précisément dans le cadre d'un tel recueil qu'interviendra l'édition de 1625. Sur cette première édition lyonnaise, Auger Ferrier apporte dans ses Advertissements de 1580 (cf infra) les précisions suivantes: " Depuis la première impression faite à Lyon l'an MDXLIX (l'imprimeur Tournes y a mis l'an après comme est la coustume)" Il faudrait donc dater la publication des Jugements de 1549. De fait, le privilège est du 13 Septembre 1549. [16] Ferrier a à l'époque environ 35 ans. En tout état de cause, Ferrier publia d'autres ouvrages chez Jean de Tournes mais cette fois en latin [17] en cette année 1549 qui fut par ailleurs celle où Jean Calvin publia son Avertissement contre l'Astrologie Judiciaire à savoir un De Diebus decretoriis et un Liber de Somniis. Dès 1548, le Toulousain avait publié dans le même cadre ses Remèdes préservatifs et curatifs de peste. (BNF 8° Te30 39) Faut il y voir dans le titre Jugemens Astronomiques sur les Nativités une volonté de ne pas se servir d'un terme suspect? Bien qu'on ait tendance à affirmer que les deux termes sont indifféremment employés, nous sommes amenés à penser que nous assistons là à un certain processus de différenciation. Le terme Astronomie est apparemment plus prisé [18] et c'est d'ailleurs ce terme que Ferrier utilise dans son Epître à l'épouse d'Henri II tout comme c'est celui qui figure au Privilège. Quant à Ferrier, il se présente comme médecin et non comme astrologue ou astrophile. La table des matières ne fait pas apparaître le terme Astrologie. Le fait que cependant, le mot Astrologie apparaisse comme subrepticement en haut des pages ne fait que renforcer notre impression. N'aurait ce pas été une tentative plus ou moins avortée de substituer une formule à une autre? En revanche, on trouve le mot Astrologue. Au demeurant, une telle association ne saurait surprendre dans la mesure où Ferrier lui même publiera sur ces autres sujets. Si nous comparons les éditions successives du manuel, l'on est amené à aborder la question de la langue: on sait que le français a évolué au cours de la seconde partie du XVIe siècle, comment cela se manifeste-t-il en l'occurrence? Par ailleurs, est ce que la science astrologique a subi durant ce laps de temps une quelconque évolution qui aurait pu rendre l'ouvrage caduc? En tout cas l'Epître à Catherine de Médicinal Princesse Madame Catherine Royne de France- dont il aurait été effectivement le médecin -introduit par son compatriote Jean Bertrandi- figure en tête des diverses éditions [19] et sera maintenue jusqu'au temps de Marie de Médicis malgré son caractère nécessairement de circonstance.[20] L'adresse elle même suffit à montrer l'importance que Ferrier accordait alors à ce texte. Une telle dédicace princière fascinera au XIXe siècle l'auteur de l'Homme Rouge des Tuileries.[21] Paul Christian (alias Pithois) tentera d'user du patronage de l'astrologue toulousain pour légitimer une astrologie onomantique, en reproduisant la dite préface. Il aurait été mieux inspiré de faire référence à un de ses contemporains, Antoine Mizauld de Montluçon [22] lequel édita le Livre d'Arcandam, avec une méthode liée au nom de l'utilisateur de la méthode. De fait, l'astrologie prônée par Christian est elle celle des degrés monomères (ou myriogénèses) propre à Firmicus Maternus (IVe siècle) et à sa Mathesis, il s'agit d'images souvent pittoresques attribuées à chacun des 360° du zodiaque [23] Or Ferrier est l'auteur d'un ouvrage latin sur les degrés critiques, notion sensiblement différente. liée à l'astrologie médicale. C'est précisément l'édition décrite dans l'Homme Rouge des Tuileries que nous reproduisons, celle de Paris, de 1582. "J'ai mémoire, écrit il, qu'à travers les flots de docte poussière qu'il me fallait agiter, je pêchai ,certain jour, un infiniment petit volume à physionomie elzévirienne, parfumé de cette odeur sui generis qu'adorent les bibliophiles et relié en parchemin vierge avec un fermoir en argent etc" ( pp 8-9) La carrière anglaise C'est à la fin du seizième siècle, en 1593, qu'un certain Thomas Kelway, trompette de son état comme il le note dans son Epître au Comte Henri de Northumberland prend l'initiative de faire connaître au lecteur anglais le traité de Ferrier, ignorant peut - être que celui - ci est paru pour la première fois en 1550 et s'appuyant vraisemblablement sur une édition plus tardive. Il l'appelle ainsi: A learned astronomical discourse of the judgment of nativities. Kelway qui précise que l'oeuvre est dédiée à " Katharine, the French Queen" [24] par son médecin, s'adresse ainsi au lecteur anglais : "Il ne s'agit pas d'un livre d'une lecture commune et il ne faut pas le lire avec dérision." Le fait d'avoir ajouté au titre français le terme "learned" -qui signifie en quelque sorte savant- celui qui a appris- indique le choix d'un certain élitisme sinon d'un snobisme . Caractéristiques de l'édition anglaise En 1642 on maintient la dédicace de Kelway allusion à Henri III, assassiné en 1589. Toujours est- il que la dernière édition anglaise du traité de Ferrier cohabite avec la parution de la Christian Astrology d'un William Lilly. De fait cette dernière édition est contemporaine des oeuvres de Morin de Villefranche [25] datant de 1642 (cf National Union Catalog USA) toujours sous le même titre A learned astronomicall discourse of the judgement of nativities. Elle paraît à Londres ,imprimé par R. Cotes chez L. Chapman et R. Minn comme celle de 1635. (British Library 718 948) Signalons une édition pirate mais réalisée par le même libraire anglais qui publia les éditions officielles, Lawrence Chapman, d'où le nom de Ferrier est évacué, attribuée à un fictif John Poole, sous le nom de Country Astrology [26] Astrologie champêtre en quelque sorte. Elle parait en 1650.[27] Elle se présente comme la somme des expériences de cet astrologue anglais imaginaire. (British Library E 607 C 6J) Il ne s'agit plus du tout désormais de présenter ce texte comme learned, seul terme non latin du titre (en dehors de la préposition upon) Le traité de Ferrier ne jouira cependant pas d'un impact comparable à celui de Dariot qui en plein XVIIe siècle ressortira sous le titre Dariotus redivivus et qui marquera certainement un Lilly.[28] Observations sur la traduction anglaise Comment s'est opérée la traduction et à quelle concurrence s'est elle trouvée confrontée alors que l'on atteignait le milieu du dix septième siècle? Il est de tradition en Angleterre de puiser dans le fonds français pour garder le contact avec le continent. C'est ainsi que le Kalendrier des Bergers sera traduit au tout début du XVIe siècle en anglais, ce qui relativise tout de même l'idée selon laquelle les Anglais lisaient le français avec aisance. Parfois ces publications en anglais sont produites sur le sol français. Traduction qui serait plutôt une adaptation assez libre [29] tant les termes français abondent à l'identique [30] ce qui ne saurait au demeurant étonner tant les emprunts de l'anglais au français sont massifs, sans parler de l'accès direct à cette langue chez le public britannique cultivé de l'époque. Le français marque en effet la terminologie astrologique anglaise au même titre que la terminologie arabe marque le texte de Ferrier. Le titre comporte déjà Iudgements et Nativitie pour ne pas parler d'astrological. C'est aussi le cas de Revolution, d'Ascendant, d 'Aspect, de signification, de Conjunction, de fortune et infortune, de latitude, de Celestial figure, de Dragon lunary (l'axe des noeuds de la Lune) [31] de part etc . Certains soutiendront qu'il pourrait plutôt s'agir d'une influence latine mais s'il est évident que le français dérive largement du latin, il est assez flagrant que l'anglais n'a pas été ici directement marqué par le latin [32] d'autant que certains textes arabes ou hébreux furent traduits en français (roman) avant de l'être en latin ,parfois à partir du dit français. Ainsi, étant donné que les termes arabes qui figurent chez Ferrier sont maintenus dans la version anglaise, le traité anglais se voit truffé de termes français et arabes. Par rapport au XIIIe siècle, le latin souvent reprend ses droits sur le français.[33] Toutefois, ce traducteur improvisé n'est pas sans commettre quelques contre sens qui ne seront pas corrigés dans les éditions anglaises suivantes.[34] Les traductions ont joué un rôle essentiel dans la transmission du savoir astrologique: il convient toutefois de distinguer deux catégories de traductions: celles qui relient deux langues foncièrement différentes entre elles comme l'arabe et le latin et celles qui concernent des langues relativement proches comme le français et l'anglais. Une fois la traduction du premier type réalisée, elle donne naissance à diverses traductions du second, qui sont le fait de traducteurs généralement moins patentés ou en tout cas à la portée d'un plus grand nombre d'opérateurs. Pour ceux qui douteraient de la proximité du français et de l'anglais, la traduction de Kelway ou plutôt sa façon de l'aborder, devrait les édifier. En effet, plusieurs centaines de mots français sont conservés à peu près tels quels par le traducteur au point de donner l'impression que l'anglais serait une sorte de français peu ou prou germanisé. Nous ne portons pas de jugement sur l'état de l'anglais à la fin du XVIe siècle mais, outre que nous supposons qu'une telle prose francisée quand bien serait elle excessive et marquée par son modèle français était tout de même lisible de la part du lecteur anglais lequel lui ne disposait pas de la référence d'origine, et cela pendant un bon demi siècle où la traduction fut rééditée, nous observons que le texte français pourrait presque être reconstitué à partir du texte anglais. encore qu'à certains moments, le traducteur exprime quelque résistance à reproduire trop fidèlement la chaîne des signifiants français. Comment par ailleurs le dit lecteur gérait il les erreurs de sens commises par le traducteur? Prenons le dernier paragraphe du Chapitre II (p.4): - Français: "Aucuns pour cette vérification dressent & garnissent des mouvements des planettes quatre figures. L'une de l'heure estimative de la nativité, l'autre de la précédente conjonction ou opposition des luminaires, la tierce de la vérification par l'animodar, la quatrième de la conception. Lesquels outre l'inutile et superflu labeur errent grandement, cuidans ranger le temps de la conception par l'animodar de Ptolomée/ Ce que l'expérience de jour en jour démontre estre faux & n'y a aucun autheur ancien qui se soit aidé ou ait faict mention de cette nouvelle doctrine pleine d'ostentation & de desprouveue vérité" - Anglais: "Divers for this verification do dresse and garnish the motions of the Planets foure figures. One of that houre estimative of the nativitie, the other of the precedent conjunction or opposition of the brightednesse (sic), the third of the verification of the animodar, the fourth of the conception. The which besides the unprofitable and superfluous labour, erre greatly, thinking to find out the time of the conception by the Animodar of Ptolomy, the which experience from day to day sheweth to be false and that is hath no ancient Author to maintaine it, or hath made mention of this new doctrine being full of contention (sic) and disproved veritie" On notera d'une part l'emploi presque systématique d'un terme quasiment identique au français en anglais ,du moins au niveau écrit. D'autre part, dans un des rares cas où Kelway préfère une racine différente -brightedness qui n'est pas sans pouvoir être rapprochée de brillance- il commet justement un contre sens car il s'agit là des luminaires, à savoir le Soleil et la Lune et non d'une brillance au singulier qui déterminerait....des aspects planétaires. Il s'agit bien entendu pour Ferrier de la pleine (opposition) et de la nouvelle Lune (conjonction) dans ses rapports avec le Soleil. Il ne s'agit pas là simplement d'un transfert de quelques termes techniques, c'est en fait l'ensemble de la langue qui est ainsi touché. On pourrait dire que dans ce cas de figure, l'emprunt terminologique n'existe que parce qu'il se situe dans un contexte de proximité plus général alors que pour l'arabe, il est resté limité au jargon astrologique. Les faux sens de Kelway Signalons un certain nombre d'erreurs de la traduction anglaise [35] qui se seront maintenues d'une édition à l'autre puisque nous les relevons dans l'édition de 1642. Nous nous sommes cantonnés aux Livres I et II. Livre I Ch III - Français: "La plupart des Astrologues les aiment plus prendre de l'égale partition de l'écliptique que de la section horizontale" - Anglais: "The most part of the Astrologians desire more to take of the equall portion of the eclipse than of the horizontall sect." Livre I ch X - Français: "Ceux qui augmentent le nombre des dits ans sont Jupiter, Vénus, le Soleil, la Lune & Mercure fortifié. Lesquels fortunés , regardant le donneur des ans d'aspect d'amitié, adioustent leurs moindres années."[36] - Anglais: "They which augment the number of the said years are Jupiter, Venus, the Sunne, the Moone and Mercury fortified, the which fortunately regarding the giver of years with an amiable aspect adding to their small years." Livre I Ch XII - Français: "Si c'est Saturne bien disposé, signifiera l'homme d'un grand & profond scavoir, de bon conseil, de bonne gravité, de forte opinion, caut, secret, solitaire, dissimulant son bien & son mal, amateur de gens iustes & de bons vieillards." - Anglais: "If it be Saturn well disposed, shall signifie the man of a great & profound knowledge,of good counsell & of good gravity, or a strong opinion: close, secret, solitary dissembling his good and evill, a lover of just men & of good age." (p.24 Ed 1642) - Français: "S'il (le Soleil) est infortuné, il excite une grande superbe, une excessive ambition & tyrannie & fait nourrir la pance." - Anglais: "If it (the Sun) be unfortunate it sheweth great pride,excessive ambition, and tyranny and doth nourish the thought." Ch XIV - Français: "Ceux qui (...) apprêteront friandises, odeurs & parfums de cette maison tirent bien souvent leur profit" - Anglais: "Those (...) making ready delicates, odours & perfumes of this house, they very suddenly draw their profit" Les ajouts du Chapitre XX du Livre I Ce chapitre intitulé "Des serviteurs" ,en anglais Of Servants, comporte une addition (pp.38-39 de l'ed 1642) ne figurant pas dans les éditions françaises et intitulée "What kind of conditions every Planet doth yeeld" On y étudie le cas de chaque planète selon qu'elle est fortunée ou infortunée dans le thème. Livre II Ch IV - Français: "La conjonction de Saturne & de Mercure le rend vagabond, poure, indigent, de nul métier, duquel la langue est empeschée." - Anglais: "The conjunction [37] of Saturne and Mercury doth yeeld him a poore vagabond, needy, of no mistery, the which hath an impediment in his speech" Le déficit lexical anglais Si nous avons pu observer à quel point Kelway disposait d'un nombre important de signifiants équivalents à ceux qu'il rencontrait dans le texte français, il n'en est pas moins des cas-ce qui doit relativiser le sentiment d'un parallélisme systématique- où c'est le même verbe anglais qui revient pour correspondre à des verbes français différents à moins de supposer que cela soit dû à l'intervention d'un autre traducteur moins familier avec le franglais de l'époque. Prenons le cas du verbe "set down" au tout début du traité: Ch III set down pour dresser (un thème): anglais: he manner to set downe perfectly the said figure verified , pour - Français: La manière de dresser parfaitement la dite figure vérifiée Et encore, dans le même sens "to set downe plainly the celestial figure" pour Ch I Pour dresser donques facilement la figure céleste mais le même verbe français-dresser- est aussi traduit autrement sans recours à set down et pourtant dans une phrase quasiment identique: - Anglais: It is convenient first to explain the celestial figure - Français: Il convient premièrement dresser la figure céleste l Est ce que "explain" est le mot qui convient, au demeurant? "Divers for this verification do dresse and garnish the motions of the planets foure figures pour (Ch II) Aucuns pour cette vérification dressent & garnissent des mouvements des planètes quatre figures En revanche, le dit verbe set down, verbe un peu passe partout apparemment, sert, dans le même chapitre pour rendre un autre verbe français, accomoder: "the number of the hours and minutes, you must set down after the manner (..) of the Astrologers" pour compter "Always set down the hours after-noone" Le cas Chapman L'historien Sidney Lee [38] nous fournit le cas du plagiat de Georges Chapman à l'égard du poéme français de Gilles Durant, le Zodiaque Amoureux.de 1587 [39] lorsqu'il compose son Amorous Zodiake en 1595. Lee note: "Chapman dépend totalement de Durant (...)Les efforts de Chapman pour angliciser les épithètes français de Durant lui produisent parfois quelque embarras. Il devait exister, comme entre le français et l'italien au seizième siècle, un système assez sommaire d'adaptation d'une langue vers une autre. Mais encore fallait il qu'ensuite le lecteur puisse suivre et cela durant plusieurs décennies...A moins de supposer que le dit lecteur cultivé ait été plus ou moins bilingue et s'y soit retrouvé de toute façon au sein de pratiques qui n'étaient pas nécessairement normatives. Précisons qu'au moins dans le champ de la littérature astrologique, il n'y avait guère de réciprocité à la Renaissance de l'anglais vers le français Section II. La littérature didactique La vogue de l'astrologie est volontiers jaugée à l'aune de la production de traités d'astrologie, critère qui pourrait être discuté, d'autant qu'il peut exister une transmission orale. Il reste que nous pouvons considérer que nombre de futurs astrologues ou astrologisants ont du apprendre leur art au moyen d'une telle lecture, à condition de ne pas oublier que de tels ouvrages n'expliquaient pas nécessairement les rudiments du montage d'un thème, ce qui relevait d'un autre genre, plus spécifiquement astronomique. La division entre astrologie et astronomie, à la Renaissance, ressort d'ailleurs d'un tel distinguo. Fonction du manuel A la différence des ouvrages de vulgarisation de type pronostication, le manuel astrologique a pour vocation de former sinon des astrologues du moins des amateurs en astrologie [40] la présence ou l'absence, la fréquence ou la rareté de tels ouvrages semblent devoir constituer un critère pour mesurer la cote de l'astrologie pour une époque donnée. Ainsi, le fait que les Jugements aient été réédités aussi souvent témoigne à la fois de leur valeur que nous apprécierons plus loin et de la rareté des produits de ce type. Que l'on compare la situation dans le dernier tiers du XVIe siècle avec celle qui régnera cent ans plus tard, force sera de constater que le nombre de manuels sera nettement plus élevé par la suite.[41] Autant dire que, de ce point de vue, la situation de l'Astrologie en France vers 1580, à l'époque de la polémique avec Bodin, n'est point si brillante. Quel autre ouvrage l'étudiant en astrologie-entre 1560 et 1610 peut il trouver, s'il n'a pas accès au latin [42] Que l'on juge de la situation par le fait qu'encore dans les Années Vingt du dix septième siècle, un Antoine de Villon devra se contenter de traduire du latin un étranger comme Origanus pour réaliser son Usage des Ephémérides. Carence d'autant plus saisissante que les attaques en français contre l'Astrologie se multiplient alors. Ainsi, le nombre de personnes connaissant favorablement les principes de l'astrologie tend - il alors à décroître à moins qu'il ne faille supposer quelque transmission orale plus ou moins initiatique... Il importe surtout de ne pas maintenir une vision linéaire du développement de l'Astrologie française: elle ne décline pas progressivement jusqu'au milieu du XVIIe siècle, elle retrouve au contraire un nouveau souffle à ce moment là. Cela dit, si les manuels français, pris dans leur ensemble, connaissent à la fin du seizième siècle, un meilleur sort Outre Manche qu'en France, que dire de la parution à Lyon du volumineux Speculum Astrologiae de Franciscus Giuntinus dit Junctin de Florence [43] ? Lyon n'est pas tout à fait la France et le latin n'occupe plus tout à fait la place qui fut la sienne. A n'en pas douter, le contraste amène à nuancer sensiblement le propos quant à la santé de l'astrologie au niveau européen. Tout se passe comme si la Somme junctinienne, d'abord parue en Italie, n'avait trouvé à Lyon qu'un relais de fabrication plutôt qu'un accès au marché français de la consommation d'astrologie. Non pas que l'astrologie n'occupe une certaine place en France alors mais pas au point que l'on s'efforce d'en divulguer les techniques pour former de nouveaux praticiens. Nostradamus et ses imitateurs sont un peu l'arbre qui cache une forêt en piètre état. On trouve ainsi dans la production française des prophéties perpétuelles n'exigeant guère de savants calculs et des almanachs qui exigent une certaine inspiration peu ou prou astrologique et qui reparaîtront au XVIIIe siècle, sous le nom de Moult [44] lorsqu'une nouvelle crise de l'enseignement de l'astrologie sévira. En revanche, il ne faudrait pas négliger la publication d'ouvrages astronomiques à destination de ceux qui veulent dresser des cartes du ciel, dont le plus célèbre est la Sphère de Sacrobosco [45] aux maintes additions, les travaux de Jacquinot et de Bassentin, outils indispensables complétant le manuel. et qu'il importe de prendre en ligne de compte pour faire un bilan. En tout état de cause, ce clivage reflète la différence nettement ressentie déjà à l'époque entre astrologie et astronomie, même si le distinguo terminologique n'est pas tranché. La symétrie entre ces outils et le manuel de Ferrier est renforcée par le fait qu'une épître à Catherine de Médicis figurera également en tête de l'Usage de l'Astrolabe.(Paris G. Cavellat 1559) [46] de Dominique Jacquinot, Champenois, faisant pendant à l'Usage de l'Ephéméride : A Très Illustre et Tres Chrestienne Princesse Katherine de Médicis, Royne de France. En 1555, Jean de Tournes le libraire d'Auger Ferrier, publie une Paraphrase de l'Astrolabe de Jacques Focard (BNF V 20814) qui s'appuie également sur Monteregio/ Regiomontanus. Notre CATAF (sur le site du CURA) signale une précédente édition du même ouvrage chez le même libraire, dès 1546 (BNF V 20812) Certes, les premières décennies du dix-septième siècle voient l'essor d'une sorte de magie astrologique coupée des données astronomiques tant il est vrai que le déclin de l'astrologie correspond à l'émergence de formes simplifiées plutôt qu'à une disparition pure et simple. Situation qui aboutit à ce que le dit déclin conduise à des formes de plus en plus irrecevables du point de vue scientifique., aboutissant aux Curiosités Inouïes d'un Gaffarel. Il n'en reste pas moins que les outils du siècle précédent reparaissent: l'Astronomique Discours de l'Ecossais Jacques Bassentin, paru en 1557 chez Jean de Tournes, est réédité dans la deuxième décennie du XVIIe siècle, tout comme L'usage de l'astrolabe. Construction du traité Pour un ouvrage amené à une telle fortune, l'on est frappé par un certain nombre de défauts, dans l'agencement des sujets abordés, dans l'importance accordée à des notions apparemment secondaires, dans certaines erreurs astronomiques dénoncées mais non corrigées d'une édition à l'autre. Ouvrage qui, avec le temps, deviendra de plus en plus archaïque tant dans le fonds que dans la forme. Mais il importe de prendre en compte qu'il n'était qu'un complément aux Ephémérides et ne se suffisait pas à lui même. L'usage des Ephémérides Quelles vertus possèdent les Jugements? Certes, on y trouve une sorte d'"usage des éphémérides" permettant d'apprendre à dresser une carte du ciel à condition toutefois que l'on se procure les documents nécessaires.[47] Il reste que Ferrier prend la peine de prendre son lecteur "par la main" et peut être le reste de l'ouvrage est il moins recherché? Mais il ne s'agirait là que des chapitres I et III lesquels ne couvre que quelques pages curieusement s'adressant directement au lecteur tout comme il s'exprime à la première personne tout au long du livre: " Je suivrai présentement la méthode d'Hermès par longue expérience approuvée" (p.8) "Pour savoir l'heure exacte de ladite figure ;vérifiez premier les dites ascensions" (p.13 Ed 1582) Le chapitre II est d'emblée consacré à la rectification de l'heure et le chapitre IV s'intitule "Des parties des nativités" (p.13): "Après avoir bien rangé les planètes en la dite figure vérifiée, il faut continuer là dessus certaines proportions des planettes & parties du ciel, prinses de leurs distances ainsi que s'ensuit". Pour Ferrier , le calcul des "parts" prime sur celui des aspects chers à Ptolémée, domaine où Ferrier se fera d'ailleurs épingler par Bodin. Les aspects n'ont droit qu'au chapitre V du premier livre, on les place après les parts. et l'exposé des cas de figure est remis au Livre II Ch IV p.110. Des aspects des planettes entre eux. Ferrier expose dès les premières lignes l'importance qu'il leur accorde: "Pour juger des horoscopes & nativités selon la tradition des anciens & sçavans astrologues, il convient premièrement dresser la figure céleste & en icelle appliquer les sept planettes avec la teste & queue du dragon lunaire ensemble la partie de fortune & la partie de l'âme & autres plus appartenantes aux hautes & notables significations des astres" (Livre I Ch I) Ne conviendrait il pas de rapprocher Ferrier d'Estienne Tabourot, lui aussi auteur un peu à l'improviste d'un texte voué à connaître au XVIIe siècle un succès étonnant? Si Ferrier n'est pas un novice en matière d'astrologie, son bagage est pour le moins limité et il trouve dans l'élaboration de ce manuel son seuil de compétence. Tout se passe comme si Ferrier avait appris à pratiquer une astrologie des parts et qu'il n'avait exposé celle des aspects que pour être complet, commettant, chemin faisant, quelques bévues, d écrivant l'opposition impossible de Vénus et de Mercure (p;123) après avoir abordé l'opposition du Soleil & de Vénus & de Mercure. (Livre II p.12 Ed 1582) L'erreur ne sera au demeurant jamais corrigée en dépit des nombreuses éditions. Il faut bien comprendre que l'on ne peut suivre les instructions de Ferrier sur l'étude du thème si l'on n'a pas préalablement positionné les différentes parts au nombre d'une cinquantaine qui chargent considérablement le thème. Est ce là une simplification de l'interprétation? En 1551, l'année suivante, Oronce Finé publie à Paris,chez Regnaud Chaudière (BNF V 21376), une Briefve & isagogique Introduction sur la Judiciaire Astrologie. Elle sera rééditée en 1557 chez G. Cavellat (BNF V 21377). Il n'y est pas question de ces parts si déterminantes pour Ferrier. En 1556, Mizauld publie à Paris, chez J. Kerver, d'une part les Ephémérides d'Antoine Mizauld, de l'autre, chez le même éditeur, une Explication, usage et practique de l'Ephéméride céleste d'Antoine Mizauld comme aussi de tous les autres" (BNF Res pV 791).[48] Il est le seul à publier un tel diptyque. Au siècle suivant, Jean Baptiste Morin fera paraître en latin de Ephemerdes avec en annexe une sorte de manuel. Paradoxe que ce retour au latin vers 1640... Signalons que le terme Ephéméride (en latin ephemeris) est vers 1550 synonyme d'almanach qu'il ne faut pas associer systématiquement avec une activité astrologique. Oronce Finé précise d'ailleurs "Canons & documents très amples touchant l'usage & practique des communs Almanachz que l'on nomme Ephémérides" (1551) C'est la Pronostication qui initialement accompagnant l'Almanach, y apporte des éléments prédictifs. Michel de Nostredame, en plaçant ses quatrains, au sein de l'almanach, rendra la frontière plus floue. En 1558, à Lyon, chez Roy et Pesnot, Claude Dariot de Beaune est tout aussi muet à ce sujet dans son Introduction au Jugement des Astres.[49] Ainsi, la fortune des Jugemens Astronomiques aura-t-elle permis à des techniques qui allaient être pour longtemps évacuées à partir du XVIIe siècle, de perdurer tant en France qu'en Angleterre. Est ce à dire que les lecteurs s'intéressèrent particulièrement à de tels développements ? Rien n'est moins sûr.... Mais force est donc de constater que ce manuel n'est pas sans bizarreries, sans un certain désordre des matières traitées. Au demeurant, les Jugements s'achèvent abruptement sur quelques conseils en matière de révolution solaire. Ainsi, les Jugements véhiculent - ils durant plus d'un demi siècle une astrologie arabisée, non seulement en raison du nombre de termes arabes qu'ils comportent mais aussi par les techniques qu'ils introduisent et que l'astrologie moderne ne retiendra en général point. Le modèle tétrabiblien Il n'en reste pas moins que Ferrier reste fidèle au classement préconisé par la Tétrabible (les 4 Livres) . Son premier "livre" recoupe les "livres" III et IV, soit le second volet de l'oeuvre de l'Alexandrin [50] , le deuxième livre des Jugements correspondrait peu ou prou au Livre I du Quadripartit et le troisième livre au Livre II du texte grec. Toujours est - il que les questions à traiter sont les mêmes, pas les méthodes. Nous avions déjà signalé dans notre texte postface à l'Astrologie du Livre de Thot que le mode de tirage pouvait changer sans affecter la physionomie du thème natal calculé dès lors se lon d'autres procédés; La différence entre Ptolémée et Ferrier réside cette fois non pas dans le mode de calcul astronomique mais dans la différence de traitement des Maisons. La méthode de lecture de Ferrier, précisons le, est plus proche des pratiques d'aujourd'hui. Les rubriques sont fondamentalement les mêmes ,pas les méthodes pour fournir les réponses. Ptolémée confère aux planètes le rôle principal, les signes et les maisons ayant des effets plus ou moins favorables aux dites planètes. Mais Ptolémée n'en utilise pas moins un protocole identique. sans pour autant proposer une description des maisons. Voilà qui tendrait à prouver qu'un tel dispositif aurait pu être élaboré pour la consultation astrologique puis greffé sur la signification des Maisons. Mais la thèse inverse pourrait être aussi bien soutenue à savoir que ce protocole aurait été établi selon un certain raisonnement analogique à base diurne/nocturne. Tout se passe donc comme si Ferrier gardait le découpage exposé par Ptolémée mais le traitait par d'autres méthodes. Ptolémée qui ne tient pas compte de la signification des Maisons et combine surtout les significateurs planétaires, n'en utilise pas moins un cadre qui recoupe les domaines traditionnellement attribués à celles ci. Le Traité de Boulainviller de 1717 En dépit du grand nombre d'ouvrages didactiques qui paraissent dans le dernier tiers du XVIIe siècle, le comte veut publier un nouvel ouvrage et n'y parvient pas. Sa Pratique ne pourra circuler qu'en manuscrit tout comme son Traité d'Astrologie Mondiale. Nous avons observé au demeurant que Bodin avait souligné certaines invraisemblances du manuel de Ferrier, soulignant ainsi le caractère éminemment spéculatif et systématique propre à la rédaction de tels ouvrages didactiques. Henry de Boulainviller s'inspirera d'un tel découpage, le titre de son traité resté manuscrit y fait d'ailleurs implicitement référence: Pratique Abrégée des Jugements Astronomiques sur les Nativitez (1717).[51] Titre à l'évidence calqué sur celui du manuel de Ferrier, ce qui laisserait entendre que le manuel poursuivit sa carrière dans les bibliothèques faute de continuer à être réimprimé.[52] Au demeurant, la Réserve des livres rares et précieux de la BNF possède une édition de 1582 que nous reproduisons suivie d'un cahier de notes se référant à l'année 1700: "Ces estoiles là ont été supputées pour l'année 1700", époque à laquelle précisément le Comte devait élaborer sa Pratique Abrégée. Il suffit de noter que la troisième partie du traité de Boulainviller est intitulé "Des Directions" ,alors que le troisième livre des Jugements se présente comme "contenans(sic) les directions & révolutions. Mais on y abandonne la référence à Regiomontanus [53] car entre temps, ont paru à la fin du XVIIe siècle les travaux de Placidus (le Père Italien Placide de Titis) [54] qui ont modifié les principes de la domification. Eustache Lenoble s'y était déjà intéressé. Leur accueil Outre Manche fut alors présenté comme une véritable révolution et le système reste encore largement utilisé de nos jours. Il convient de préciser que la domification n'avait pas uniquement pour but de permettre une meilleure mise en place du thème natal mais aussi de réaliser des prévisions grâce aux techniques des directions. Or, si une pointe de maison ne se situe pas au même endroit selon tel ou tel mode de domification, c'est la datation des événements qui s'en trouvera changée. Il suffisait donc de se convaincre que grâce au Père Placide, l'astrologue avait enfin les moyens de prévoir juste. L'astrologie étant dépendante de l'astronomie, toute découverte concernant l'une était censée affecter l'autre, les diverses notions étant le plus souvent communes aux deux disciplines. Certes, le Comte, affirme-t-il d'emblée ne pas commencer son exposé à la façon de Ferrier mais n'est ce pas justement par référence à celui ci. "Je ne prétends donner ni la méthode de dresser ou de calculer un thème céleste, ni le détail des premières qualités supposées dans les planètes ou les signes du Zodiaque ni même celui des significations des douze maisons du ciel. Je suppose tous ces principes connus aussi bien que ceux de la sphère et des mouvements des étoiles". (p.5 Reed Pratique Abrégée) Section III. Les influences subies L'Astrologie française a connu deux grandes vagues d'influence, l'une au XIIIe siècle en provenance d'Espagne, dans le domaine arabe mais aussi hébreu puis au XVIe siècle, en provenance d'Allemagne et dans une moindre mesure d'Italie par le biais du latin. L'influence allemande Ferrier ne renvoie pas son lecteur à des Ephémérides Françaises, apparemment celles de Mizauld ne sont pas encore disponibles lors de la première publication mais par la suite, bien qu'elles aient été sur le marché, le texte continuera à renvoyer ses lecteurs aux tables de l'astronome Johannes Mueller alias Regiomontanus.[55] On se demande d'ailleurs si ces tables étaient encore disponibles trente ans plus tard, il semble qu'elles aient été remplacées par celles de Leovitius. Le troisième" livre" ou volet des jugemens se présente comme une sorte d'adaptation des ouvrages de Regiomontanus: "L'art des Directions est si diligemment traictée (sic) par Jean de Regiomonte qu'il n'y a plus lieu d'en faire autre propos, excepté que avec l'aide de Dieu, nous avons proposé de traduire en françois ses problèmes & documents appartenant à la dite matière." Encore faut il ajouter qu'au Livre I, Ferrier conseille à son lecteur pour dresser le thème astral "le livre de Jean de Regiomonte" Ainsi la traduction anglaise des Jugements véhiculera-t-elle la traduction française d'un texte latin paru en Allemagne. Le français joue ici pour l'anglais le rôle d'interface avec le latin alors qu'au moyen Age il joua parfois ce même rôle entre le latin et les langues sémitiques. Au XVIIe siècle, les emprunts de l'astrologie française se poursuivront lorsque Antoine de Villon, on l'a noté, traduira Origanus. L'arrivée d'un Jean Baptiste Morin sonnera le règne d'une astrologie française plus maîtresse d'elle même, ce qui confirme que c'est bien le XVIIe siècle qui serait le grand siècle de l'Astrologie Française après un premier âge d'or dans les années cinquante du XVIé siècle autour notamment de Nostradamus, Dariot, Ferrier, Mizauld et Finé. L'influence arabe Même si Ferrier ne mentionne le nom d'aucun astrologue arabe alors qu'il cite abondamment les astrologues allemands, on ne saurait pour autant contester le poids de l'astrologie arabe ne serait ce qu'au niveau des termes techniques. souvent débutant par " al", l'article défini mal séparé du mot proprement dit: Premier Livre "Du donneur de vie ,nommé des Arabes Hyleg VIII Du donneur des ans, dit des Arabes, Alcocoden IX Troisième Livre Du séparateur ou bourneur [56] dit des Arabes Algebuthar II Des ans gouvernez par les planettes nommez des Arabes Fridarie VI [57] Ferrier ne se contente donc pas d'user d'un tel langage, il précise sa source et il en donne un équivalent en français: c'est dire que l'origine arabe contribue à un certain prestige du savoir astrologique, que l'on n'a pas encore oublié tout ce que l'Occident Chrétien doit à l'Islam. En ce qui concerne ses sources, il pourrait s'agir du Liber Astronomiae de l'Italien Guido Bonatti [58] notamment pour ce qui est des parts. Le procédé des parts n'est pas exposé amplement au sein des autres manuels de l'époque en langue française.[59] Celui ci véhicule notamment cette technique chère aux astrologues arabes [60] , au demeurant dédaignée par les astrologues français du XVIIe siècle [61] et par conséquent, c'est cette conception particulière d'une astrologie des parts qui se répandra de par la fortune de ce livre, tout comme le manuel de Dariot, également traduit en anglais, avait, avant Lilly, popularisé les préceptes de l'Astrologie des Interrogations.[62] En bref, à l'instar du manuel du médecin bourguignon et réformé Dariot, qui traite d'astrologie des interrogations mais aussi des maisons dérivées plutôt que d'astrologie judiciaire stricto sensu, celui du médecin catholique pyrénéen Ferrier est surtout un traité des parts plutôt qu'un simple exposé généthliaque au point que l'on peut se demander si un traité en bonne et due forme, sans ce que l'on pourrait appeler des déviances ou des hérésies, fut publié en France en français au XVIe siècle. laquelle sera traduite en anglais au seizième siècle mais non rééditée au siècle suivant Dès le XIIIe siècle, circulèrent en français des manuscrits traduits de l'hébreu du Commencement de la Sapience des Signes d'Abraham Ibn Ezra.[63] Le neuvième chapitre en est consacré aux "97 sorts" [64] chiffre qui recoupe celui d'Albumasar dans le De Magnis conjunctionibus. Ibn Ezra rédigea un commentaire de son propre traité sous le nom de Livre des Fondements Astrologiques [65] Les parts constituent un système de dérivation à partir du symbolisme de base des planètes et des maisons [66] au nombre de plus d'une centaine, en fait, il y a des parts pour chaque sujet. Pourquoi dès lors l'astrologie moderne y-a-t-elle renoncé sauf pour la "part de fortune" comme elle a d'ailleurs renoncé à toutes sortes de considérations qui truffent l'Astrologie Médiévale? L'exposé de Ferrier sur les Parts "Après avoir bien rangé les planettes en la dite figure vérifiée, il faut considérer la dessus certaines proportions des planètes & parties du ciel prinses de leur distances" Dans quelle mesure Ferrier suit il ou non la présentation de Guido Bonatti? En tout état de cause, Ferrier est plus concis. Il ne retient (Ch III pp 13-20) que certaines parts liées aux maisons, soit un total d'une cinquantaine, soit la moitié du nombre de 97. Le cas de Ptolémée est le seul où Ferrier cite un auteur pour ce qui est des parts: "La partie de fortune ,de jour depuis le Soleil jusques à la Lune par l'ascendant, de nuit au contraire. Ptolomée la prend tant d e jour que de nuit depuis le Soleil jusques à la Lune" (p.14) Au Livre III de la Tétrabible, on trouve le passage suivant (trad Bourdin): "Tant de jour que de nuit,vous tirerez la part de Fortune du nombre des degrés qui sont depuis le Soleil jusqu'à la Lune: c'est à savoir de telle sorte qu'autant que le Soleil et la Lune sont éloignés ,autant selon la succession des signes, il faut mettre d'intervalle entre l'horoscope (l'ascendant) et la part de fortune et où ce compte finira, ce degré du signe et ce lieu sera la part de Fortune. Ainsi la même position qu'a le Soleil à l'horoscope (ascendant), la Lune l'a de même à la part de Fortune et cette part de Fortune sera lunaire Ferrier place la Pars Fortunae en Maison II à la différence de Bonatti. qui en fait la part des Luminaires sans lien avec les Parts des Maisons. Dans certains cas, Ferrier signale d'autres appellations. Ainsi précise -t-il que la partie de l'âme relevant de la Maison I est aussi la "partie du Soleil" et sa constitution est l'inverse de celle de la Lune, c'est à dire qu'elle fait appel aux deux luminaires. En revanche, Ferrier ne se réfère pas à la partie de la Lune à propos de la Part de Fortune. On peut en tout cas se poser les questions suivantes à propos des parts chez Ptolémée. S'agit il de l'esquisse du système des parts ou au contraire d'un vestige? Ptolémée appelle cette part non point part de la Lune mais part de fortune. Pourquoi ne propose -t-il pas la part du Soleil sur le principe inverse.? Quid des parts des autres planètes dans la Tétrabible?. Si la pars futurorum peut se placer en maison I ,en revanche, la pars fortunae n'est pas habituellement mise en relation avec la maison II. encore qu'une telle formule ne soit pas absurde: le Soleil et la maison I , la Lune et la maison II. Sylvain Trébucq en 1914 publiera dans la revue L'Influence Astrale [67] des extraits des Jugemens, tirant ainsi de l'oubli le Toulousain, un des rares astrologues français du XVIe siècle à rester dans la mémoire collective des astrologues, aux côtés du médecin provençal juif converti Michel de Nostredame. Ferrier aura ainsi échappé à l' oubli grâce à un certain nombre de concours de circonstance: grâce aux traductions, aux polémiques, aux compilations, aux apologies, aux citations etc Ferrier sera présent au XVIIe siècle, atteindra l'orée du XVIIIe et reparaîtra sous le Second Empire grâce à son Epître à la Reine, dans un ouvrage qui sera réédité au XXe siècle....Et la présente réédition ne fait évidemment que confirmer cette étrange postérité. Auger Ferrier ne sera pas uniquement l'auteur de textes astrologiques, iatromathématicien c'est à dire médecin astrologue-il se fera également un nom comme médecin, après avoir été étudié à Montpellier comme Michel de Nostredame son aîné de sept ans. par delà les Alpes et la Manche. Son contemporain Dariot sera le propagateur de Paracelse en France. Ferrier, qui a approché les Grands, est en outre concerné par le droit et c'est aussi en cela qu'il s'opposera à Bodin en 1580. Le traité astrologique du Toulousain ne passera pas en Italie mais Auger Ferrier est aussi, avons nous signalé, l'auteur dès 1548 d'un traité sur la peste et ses remèdes qui sera, quant à lui, traduit en italien, une autre sur la "maladie espagnole" Il y étudie les causes de l'épidémie de 1543 [68] qu'a bien connue Michel de Nostredame, dans ses "Remèdes préservatifs et curatifs de la peste" (BNF 8° Te30 39) En 1619, on réédite Les causes de la peste de 1548 in Remèdes préservatifs et curatifs de peste à Paris, chez Meunier (BNF 8° Te30 39 A) Encore en 1720 -reparaissent à Toulouse les Remèdes chez Lecamus (BNF 8° Te30 39 B) C'est très certainement cette édition française de 1619 qui aboutit à l'édition italienne de 1630: "Rimedi preservati e curativi in tempo di peste composti dali eccelente medico Oger Ferrier ,Tolosano, tradotti dalla lingua francese nell italiano, Sienne (BNF 8° Te30 40) Ferrier franchit donc allégrement le cap du XVIIe siècle mais c'est en Angleterre qu'il parvient au milieu du dit siècle. Dans le recueil de Nicholas Culpeper qui parait, dans les années cinquante du XVIIé siècle et qui est voué à de nombreuses éditions, la part consacrée à Auger Ferrier n'est pas négligeable bien que congrue. On y puise dans son traité des degrés critiques, quitte à changer son nom en Perrerius! Le médecin anglais publie plusieurs éditions d'une Semeiotica qui prendra le titre d' Astrological Judgment of Diseases from the Decumbiture of the sick.[69] Au chapitre XVI du Livre II on trouve "certain observations taken out of Cardan and other expert Physitians. The first observation is from Augerius Pererius (sic)" :le texte ne couvre qu'une page.Il s'agit d'un extrait de son ouvrage sur les jours critiques paru en 1549 -le Liber de diebus decretoriis secundum pythagoricam doctrinam et astronomicam observationem Lyon Jean de Tournes (BNF 8° Td19 11) Le passage traite de l'évolution d'une fièvre tierce. Le prognostic est essentiellement fondé, selon le principe pseudo-hippocratique lié aux aspects de la Lune lors de la décumbiture-c'est à dire lorsque la personne se met au lit (71). Conclusion Doit-on s'étonner de la présence de médecins astrologues du XVIe siècle dans la production du siècle suivant? On aurait pu penser que les progrès tant de l'astrologie que de la médecine sans parler de l'astronomie, auraient rendu ces ouvrages obsolètes. Voilà qui souligne donc, selon nous, le caractère assez figé de cette littérature. Le fait que des erreurs de traduction de l'anglais vers le français ou des bévues en astronomie n'aient pas été corrigées d'une édition à l'autre est également assez édifiant. Iconographie Première édition des Jugements de Ferrier Édition de la République de Bodin La première édition des Jugements, parue en 1550. Un ouvrage de jeunesse, assez mal construit, que Ferrier trente ans plus tard sera tenté de renier mais qui sera un best seller dans le genre. Une édition de la République relevant l'opposition Mercure-Vénus dans les Jugements et comportant une Apologie, en réponse aux attaques de Ferrier. Dernière édition des Jugements (1625) Édition anglaise des Jugemens La dernière édition connue, en 1625, trois quarts de siècle plus tard. Elle est contemporaine de l'Usage des Ephémérides d'Antoine de Villon et des premières publications latines de Morin de Villefranche. A la fin du XVIe siècle, la première édition anglaise de la traduction des Jugemens, qui connaîtra d'autres éditions sous le nom de Ferrier mais aussi sous d'autres noms (John Poole) au milieu du XVIIe siècle, bouclant ainsi un siècle de présence de l'ouvrage, des deux côtés de la Manche. Avertissement de Ferrier à Jean Bodin Manuscrit d'Henri de Boulainvillers Réplique de Ferrier qui avait été pris à parti par Jean Bodin dans sa République. Par une Apologie, signée René Herpin, Bodin répondra aux attaques qu'il avait suscitées. Cette Apologie figurera par la suite dans nombre d'éditions de la République, telle celle que nous reproduisons par ailleurs. Page de titre d'un manuscrit, en date de 1717, qui ne sera pas donné à l'impression ... avant la seconde moitié du XXème siècle, d'un ouvrage d'Henri de Boulainvillers, reprenant le titre mais aussi en partie la substance et l'agencement du manuel astrologique d'Auger Ferrier de 1550. Notes et Références [1] Sur Finé, cf catalogue de l'exposition à la Bibliothèque sainte Geneviève. « Texte [2] A la différence de celui de Dariot, il ne connaîtra pas d'édition latine. « Texte [3] Sévole de Sainte Marthe, Gallorum Doctrina Illustrium Augostoriti Pictonum 1602 Dassier: Eloge historique et critique d'Auger Ferrier, médecin toulousain (1513-1588) Toulouse, 1847.. « Texte [4] P. Brind'amour, Nostradamus, astrophile, Ottawa, 1993. « Texte [5] J. Halbronn Le texte prophétique en France, Thèse Paris X., 1999 « Texte [6] La Perrière publie chez le même libraire Macé Bonhomme qui en 1555 aurait fait paraître les Prophéties de Michel Nostradamus cf R. Benazra Introduction au Reprint des Prophéties (ed. Lyon 1555), Ed. Cahiers Nostradamus, 1984. La Perrière fait paraître coup sur coup:Les Considérations des Quatre Mondes (à Lyon et à Toulouse, chez Jean Perrin) en 1552, La Morosophie en 1553, Le Miroir politique en 1555. « Texte [7] cf Desroche Dictionnaire des messianismes « Texte [8] Ne pas confondre non plus avec Ferrero « Texte [9] Certains ont cru qu'"Angevin" faisait partie du nom de Bodin, il s'agit bien évidemment d'une simple indication d'origine. « Texte [10] J. Halbronn, "Les historiens des sciences face à l'activité astrologique de Kepler", Congrès National des Sociétés Savantes, Comptes rendus du 104e Congrès national des Sociétés Savantes, Bordeaux, 1979, Paris, Bibliothèque Nationale; 1979 « Texte [11] J. Halbronn "The revealing process of translation and criticism in the History of Astrology", in Astrology Science and Society , dir. P. Curry, 1987. « Texte [12] cf l'Apologie in Speculum Astrologiae de Junctin de Florence reprise par Antoine Villon en français en 1624, dans son Usage des Ephémérides.. Thomas d'Aquin y sert volontiers de caution. « Texte [13] cf Le Livre des fondements astrologiques , Ed Retz, Paris, 1977 et "Le diptyque astrologique d'Abraham Ibn Ezra" dans la Revue des Etudes Juives; Vol CLV, 1997, sur la traduction de ce texte en latin. Voir aussi J. Halbronn, Le monde juif et l'astrologie, Milan, 1985.. « Texte [14] cf Le Livre des Fondements Astrologiques, op. cit. « Texte [15] Le même phénomène est observable à propos des almanachs et pronostications de Michel de Nostredame cf R. Benazra, Répertoire Chronologique Nostradamique, Paris, Ed. G. Trédaniel- Grande Conjonction, 1990. « Texte [16] Ferrier aura donc précédé Michel de Nostredame dans son adresse à Catherine de Médicis. « Texte [17] Dariot en 1557-1558 publiera un traité du même ordre en latin et en français.cf nos études sur le sujet. « Texte [18] l'intérêt de Ferrier pour les Parts le rapproche de Bonatti auteur d'un Liber Astronomiae qui en traite,.cf la traduction anglaise de Zoller « Texte [19] Sur les adresses à Catherine de Médicis, la première dans notre domaine semble être celle adressée par le premier traducteur français de la Sphère de Sacrobosco alors que celle ci n'était encore que Dauphine, à la fin du règne de François Ier. aussi notre Postface au Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin, ùParis, Ed G. Trédaniel, 1993 . Pour les adresses de Michel de Nostredame à divers personnages cf le Répertoire Chronologique Nostradamique de R. Benazra, op. cit.. Sur Catherine de Médicis protectrice des sciences occultes cf l'ouvrage classique de E. Defrance. « Texte [20] De la même façon, l'Epître à Henri II, époux de Catherine, figurera dans un grand nombre d'éditions des Centuries jusqu'à nos jours. « Texte [21] L'homme rouge des Tuileries, Paris, 1863, Réédition, Paris, La Maisnie-Trédaniel 1977 « Texte [22] cf la thèse de Jean Dupèbe Paris X, 1999, sur Mizauld, astrologue.. « Texte [23] L'origine de ces représentations n'a pas fait l'objet de recherches approfondies. Il pourrait,selon nous, s'agir d'un reste de magie astrologique comme en témoigne Charle Sorel "L'on peut faire encore diverses figures, ,non seulement à chaque signe du Zodiaque mais à chaque degré, comme aussi à chacun des vingt huict jours de la Lune & pareillement à l'intention de chaque jour de la sepmaine, observant les heures & les moments selon qu'ils sont dediez à chaque Planète."(Secrets de l'Astrologie, Paris, 1636) « Texte [24] Précisons que Catherine de Médicis épousa un homme qui n'était pas voué à régner et donc elle non plus, elle ne deviendra dauphine qu'à la mort de l'aîné de François Ier.Cela explique pourquoi elle sera d'abord comtesse de Dreux, fief des Orléans. La fille des Médicis n'aura donc accédé au trône de France que par accident. « Texte [25] cf notre édition des Remarques Astrologiques de 1654 de J.B. Morin, Paris, Coll. Bibliotheca Hermetica, Ed. Retz, 1975 « Texte [26] La présentation prétendument rustique fait songer au Kalendrier et Compost des Bergers cf notre Postface au Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin opus cité « Texte [27] 1650 - Contry Astrology, in three books, being the many years of Astrologica experiments and painful collections of John Pool ... student in Astrology and Physick. A work very useful for all such as are lovers of Astrology and do delight in the serious study of calculating Nativities, Londres, Lawrence Chapman ( British Library Londres :E 607 C 6 J) « Texte [28] Voir notre étude sur Dariot, op. cit. « Texte [29] cf nos observations in Collectif P. Curry Astrology science and Society, op. cit. « Texte [30] Sur les problèmes de traduction, J. Halbronn, "Réshit Hokhmah d'Abraham Ibn Ezra. Problèmes de traduction au Moyen Age", Proceedings of the Eleventh World Congress of Jewish Studies, Jérusalem, 1994 et notre postface au Commentaire du Centiloque de N. Bourdin op. cit. « Texte [31] On note la présence inhabituelle en anglais de l'adjectif après le nom. « Texte [32] la terminologie anglaise moderne a conservé en partie une telle empreinte « Texte [33] cf notre travail sur le Commencement de la Sapience des Signes d'Abraham Ibn Ezra, Paris, Retz, 1977 « Texte [34] J. Halbronn, "Réshit Hokhmah d'Abraham Ibn Ezra. Problèmes de traduction au Moyen Age" op. cit. « Texte [35] J. Halbronn, "The revealing process etc", op. cit. « Texte [36] Chaque planète correspond à une certaine longévité qui peut varier selon les configurations. Ferrier en fournir le tableau cf nos études sur Abraham Ibn Ezra. « Texte [37] Le signe spécifique de la conjonction n'a pas été repris par le traducteur qui utilise le mot en toutes lettres « Texte [38] "Chapman's Amorous Zodiake" in Modern Philology 1905 et French Influence in Renaissance England p.465 « Texte [39] Le poème français était paru d'abord anonymement puis en 1594 sous le nom de son auteur. « Texte [40] cf notre étude in La Vie Astrologique il y a cent ans, Paris, Ed Trédaniel, 1992 « Texte [41] cf H. Guinard (Grindau-Ghânir) "Apogée de l'astrologie française à la fin du XVIIè siècle" in Revue Astralis, 19, Lyon, 1987 « Texte [42] cf notre C.A.T.A.F., (Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français) « Texte [43] cf l'édition partielle aux Cahiers Astrologiques. « Texte [44] cf notre thèse Le texte prophétique opus cité « Texte [45] cf notre postface au commentaire du Centiloque opus cité « Texte [46] date de la première édition « Texte [47] cf La Vie Astrologique Années Trente Cinquante, Paris, Ed Trédaniel, 1995. « Texte [48] D'où les deux volumes .Ceux qui ont l'habitude de travailler avec d'autres éphémérides n'acquerront que l'Explication. C'est par erreur apparemment que figure au catalogue des imprimés de la BNF une édition du même libraire, J. Kerver, pour 1616 (Res pV 788(2) « Texte [49] J. Halbronn, "La fortune de l'Introductio de Claude Dariot", op. cit. « Texte [50] cf notre étude in postface au Commentaire du Centiloque de Bourdin opus cité « Texte [51] Reed. Ed du Nouvel Humanisme, Garches, 1947 « Texte [52] Cet intérêt pour Ferrier est d'autant plus insolite que les manuels ne manquaient pas à la fin du XVIIe siècle, tels l'Uranie d'Eustache Lenoble mais aussi d'autres plus faciles d'accès cf notre postface au Commentaire du Centiloque de Ptolémée, op. cit. « Texte [53] L'édition moderne de la Pratique Abrégée écrit "astrologue parisien" au lieu de "prussien" p.329. « Texte [54] Voir l'édition de la FDAF du traité de Placidus. « Texte [55] traduction latine de la ville de Koenigsberg. Il ne s'agit pas cependant de la ville de Kant.devenue Kaliningrad en Prusse Orientale.cf Zinner . « Texte [56] Kelway traduit par "burner", celui qui brûle! « Texte [57] Le terme alfridaire est aussi répandu. « Texte [58] La Bib. Arsenal en conserve une traduction française manuscrite. Une impression latine du traité de Bonatti parait en cette même année 1550 à Bâle: De astronomia tractatus X universum quod ad judiciarium rationem Nativitatum Aeris, tempestatum, attinet comprehendetes, Pars IV, pp 626 et seq ( BNF V 1897) J. Halbronn, "L'itinèraire astrologique de trois Italiens du XIIIe siècle: Pietro d'Abano, Guido Bonatti, Thomas d'Aquin", L'Homme et son univers au Moyen Age, VIIe Congrès international de philosophie médiévale, 1982, Louvain, 1986. « Texte [59] cf un bref exposé in Oronce Finé avec sa Brieve & isagogique introduction sur la Judiciaire Astrologie de 1551 « Texte [60] cf Robert Zoller The lost key to Prediction. The arabic parts in Astrology. ITI New York, 1980 . Zoller semble ignorer que Ferrier tant en français qu'en anglais a répandu le système des parts. Trad. Française de Zoller. « Texte [61] cf le traité latin de Campanella, Astrologia, Lyon, 1629-1630, hostile aux inventions des Arabes. Morin traite des parts au Livre 22 de son ouvrage posthume, l'Astrologia Gallica, La Haye, 1661 « Texte [62] La formule Astrologie "horaire" prête à confusion car elle évoque la technique des heures planétaires laquelle ne se fonde pas sur les positions astronomiques des planètes. « Texte [63] cf "Réshit Hokhmah d'Abraham Ibn Ezra: problèmes de traduction au Moyen Age" Proceedings of the Eleventh World Congress of Jewish studies Jérusalem 1994 « Texte [64] Zoller ignore les chapitres de l'auteur juif espagnol sur la question des parts. « Texte [65] cf art Revue des Etudes Juives, op. cit.. Pour une traduction de la version courte, The Book of Reasons trad. Meira B. Epstein Edit. Robert Hand Project Hindsight Hebrew track, Vol. I, The Golden Hind Press, Berkeley Springs 1994, pp. 59-65 cf . notre traduction de l'hébreu en français, Le Livre des Fondements Astrologiques, op. cit.,.pp 199 et seq et pp.288 et seq « Texte [66] Entre autres parts, l'on dispose des parts des planètes et des parts des maisons. « Texte [67] Bib Arsenal Fonds Lambert. La Grande Guerre en interrompra la publication « Texte [68] cf Dassier, Eloge historique, opus cité « Texte [69] On connaît une autre édition italienne avec Argenterio - Rimedi piu veri et approvati à Milan chez Battista Cerri BNF 8° Te30 154. Reed American Federation of Astrology c 1959. J. Halbronn, "Le manuscrit 7321A de la Bibliothèque Nationale de France et les traductions française ptolémaïques et hippocratiques", Bulletin de Philosophie Médiévale, n?, Louvain la Neuve. "La résurgence du savoir astrologique au sein des textes alchimiques dans la France du XVIIe siècle", Actes du Colloque Aspects de l'Alchimie au XVIIe siècle, Dir F. Greiner, Université de Reims, 1998. « Texte Référence de la page : Jacques Halbronn : La fortune d'un manuel d'astrologie: Les Jugements Astronomiques sur les Nativités d'Auger Ferrier http://cura.free.fr/decem/10halbr3.html ----------------------- Tous droits réservés © 2001 Jacques Halbronn ACCUE