Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mardi 10 août 2021
Jacques Halbronn Sur le traitement du Judenstaat de Theodor Herzl
Sur le traitement du Judenstaat de Herzl.
Par Jacques Halbronn
Il y a près de 20 ans, nous avions publié dans Prophetica Judaica, des documents concernant Theodor Herzl ( ed Ramkat 2002) –Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. Nous nous proposons ici, avec le recul, de revisiter ce dossier notamment quant à la question de la chronologie des éditions et du titre français.
Claude Klein écrit (L’Etat des Juifs, La Découverte, 2003, p. 7) : » La Première édition française suivit de quelques mois seulement l’édition originale. Elle parut dans la Nouvelle Revue Internationale en deux parties, la première le 31 décembre 1896, la seconde le 15 janvier 1897. Quelques semaines plus tard, cette même traduction paraissait en brochure séparée comme Extrait de la Nouvelle Revue internationale. Cette première traduction à l’impression très serrée ne couvre que quarante- trois pages. Curieusemenement, aucune indications n’est fournie quant au nom du traducteur » ‘ L’édition allemande date du 15 février 1896 : Der Judenstaat, Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage soit près d’un an avant la publication du texte en français sous le titre de l’Etat Juif.
On peut se demander pourquoi Claude Klein propose une traduction française de l’allemand alors qu’il existe une tra-duction française d’époque, du temps de Herzl lui-même, qu’il aura probablement supervisée , la dite traduction ayant été reproduite dans notre édition de 2002 avec pour titre l’Etat Juif.
Le probléme, c’est que la question de la traduction se pose à deux reprises dans le titre, ce qui conduit Klein à une cer-taine gesticulation : « L’Etat des Juifs. Contribution à une solution moderne de la question juif ». Donc dans un cas, on rend Judenstaat par « Etat des Juifs » et dans l’autre « Judenfrage » par « Question Juive ! Klein se garde bien sur la page de titre de mentionner le sous- titre quelque peu embarrassant. Il substitue en quelque sorte, de facto, le sous -titre d’origine en annonçant un ‘essai sur le sio-nisme ». Il est vrai que l’usage même du mot « solution » est génant,(Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage ) puisque cela fait songer à la « solution finale » des nazis. Endlösung. D’ailleurs, Claude Klein note (p. 6) que ce titre (Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage ) avait été choisi au départ par Herzl et restera comme sous- titre par la suite. Klein se garde bien de noter (p. 7) sous quel titre parut la traduction française d’ailleurs validée –par erreur ? - par Herzl lui-même lequel demeura à Paris un certain temps.
Dans son journal, Herzl rcconnait qu’il lui aura fallu près d’un an (tout au long de 1896) pour « caser » la traduction française (L’Etat juif, suivi de Extraits du Journal, Préface de Moché Scharf, Ed Stock, 1981, p. 176) On peut penser que la forme « Etat Juif » posait moins probléme que « l’Etat des Juifs » si tant est que ce point ait été même évo-qué. Curieusement, la « Question des juifs » nous apparait comme « passant » mieux que la « Question juive » alors que l’Etat Juif « passerait » mieux que l’Etat des Juifs car ici « des » a la portée d’une possession, d’une appartenance.
Se pose d’ailleurs la question du sens même du mot « Etat ». On pense à Vichy avec son « Etat Français » comme on dit « République Française » et non République des Français. Quant à Louis Philippe, il sera qualifié de « Roi des Français » et non roi de France. On connait la formule « la France aux Français » ou encore «Algérie Française. » Selon nous la qualification de l’Etat est déterminante et n’est nullement exclusive d’une certaine diversité des populations, ce qui devient restrictif sous la forme « Etat des Juifs », c’’est à dire « pour les Juifs » On sait d’ailleurs de quelle façons la question est devenue cruciale ces dernières années et peu compatible avec une ouverture. En ce sens, l’adjectif ‘Juif » se situe plus sur un plan philosophique alors que la forme « des Juifs » serait plus d’ordre ethnique.( cf Claude Raphael Samama, Réflexions nouvelles sur des questions juives . Du singulier à l’universel, Paris, ed. Maisonneuve & Larose, 2007) Ainsi, nous aurions tendance à traduire le titre de Herzl : l’Etat Juif, essai de solution de la question des Juifs !
1. En fait, il convient de constater le mode de passage du français vers l'allemand et vice versal/ Pour dire « langue maternell e » en allemand, cela devient « Muttersprache », la langue de la mère et pour dire taches solaires, cela devient en allemand Sonnenflecke/ Dans les deux cas l'adjectif français est rendu en allemand par un nom et donc l'Etat Juit devient en allemand « Judenstaat », l'Etat des Juifs si l'on devait traduire littéralement tout comme l'on dirait – à tort- la langue de la mère ou les tâches du Soleil/ Tiergarten le jardin des animaux devient en français jardin zoologique, avec la formation d' un adjectif ais signe zodiacal.
JHB
06 08 21
Jacques Halbronn Contribution à l'histoire de la critique biblique. De Gaffarel à Spinoza
Contribution à l’histoire de la critique biblique De Gaffarel à Spinoza
par Jacques Halbronn
Cette étude entend compléter notre post-doctorat (2007) consacré à la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle autour du dominicain Jean de Réchac et de son Eclaircissement des véritables quatrains (1656)
Est ce une coincidence si la traduction latine des Curiositez Inouyes de Gaffarel (qui décédera en 1681) paraît en 1678 à Hambourg et à Amsterdam Curiositates Inauditae de Figuris Persarum talismanicis. Horoscopo Patriarchum et Charac-teribus Coelestibus Hambourg et Amsterdam (BNF) au len-demain de la parution de l'édition posthume des œuvres de Spinoza (mort en cette même année 1677) dont le Tractatus Theologico Politicus, considéré comme une œuvre pionnière de la critique biblique ?
1. On comparera des extraits des tables des matières des deux ouvrages en prenant pour base la traduction fran-çaise du Tractatus (Bib. Arsenal) parue sous le titre « La Clef du Sanctuaire » en 1678 à Leyde (Hollande- habituée à publier en français on pense à Nostradamus dont les quatrains paraissent chez le même éditeur que pour Gaffarel en latin :.Les Vrayes Centuries et Prophéties de maistre Mi-chel Nostradamus, Amsterdam, Jean Jansson [...], 1668, soit dix ans plus tôt. Cette édition en langue française-anonyme- sous ce titre « Clef du Sanctuaire » -aura certainement rendu plus accessible la pensée de Spinoza quasi simultanément avec la parution en la-tin. :
Spinoza Clef du Sanctuaire table des chapitres
I de la prophétie II Des prophétes IIIde la vocation des Hébreux & si le don de prophétie ne se trouvait que parmi eux IV De la loy divine Les raisons pourquoy les ceremo-nies ont été instituées & de la foy des histoires à scavoir en quel sens & à qui elles sont nécessaires
VI des miracles VII de l'interprétation des Escritures
VIII Que les cinq premiers livres de la Genése n'ont pas esté escrits par Moyses ni ceux de Josué, des Juges, de Rois de Samuel par ceux dont ils portent le nom
X examen du Vieux Testament
XII Du véritable original de la loy divine
XX Que dans une République libre il doit estre permis d'avoir telle opinion que l'on veut et mesme de la dire
Gaffarel Curiositez Inouyes 1631
1. Partie ch I Qu'on a faussement imposé plusieurs choses auc Hébreux & au reste des Orientaux qui ne furent jamais
Sommaire :
1. 1 Arguments contre les Orientaux , sur quoy fondez
2 Juifs faussement accusez par Apion, Plutarque, Strabon, etc d'avoir adoré des asnes, des ceps de vigne & des nuées
3 Naissance de ces resveries. D'où tirée
4 Faux, que les Syriens adoraient les poissons. Xénophon, Cicéron etc réfutez
5 Dagon mais en forme de Triton Fable descouverte
6 Samaritains nullement idolastres non plus que Aaron & Jéroboam pour avoir dressé des veaux d'or
7 Chérubins non en forme de jeunes hommes contre tous les Autheurs grecs & Latin et la plupart des Hébreux
8 Arguments pour l'innocence des Samaritains
9 Raisons des Hébreux & de Caietan touchant la figure des chérubins nulles
10 Faux, que les Hébreux brulassent leurs enfants à l'idole de Moloch & d'où est venue la coutume de sauter par dessus les feux de la Saint Jean
seconde partie
Ch III
qu'à tort, on a blasmé les Persans & les curiositez de leur magie, sculpture & astrologie
1 Mauvaise coutume de blasmer les Anciens
Raisons qu'on apporte contre les Persans& leur magie exa-minées & trouvées nulles. Erreurs ensuite du Pseudo Bérose etc touchant Zoroastre
5 Erreurs (…) touchant Séraphins . Contes grotesques de Philon
sur ce sujet
7 Choses merveilleuses & admirables qui ont prédit les mal-heurs qu'on a vu naistre
Ch IV Qu'à faute d'entendre Aristote on a condamné la puissance des figures & conclu beaucoup de choses & contre ce Philosophe & contre toute bonne philosophie.
1 Erreur que l'ignorance des langues a causé dans les lettres
2 non pas
3 !faux qu'il faille dire
4 faux, mal entendue
5 Sotte interprétation
6 Erreur que l'on commet es mots
7 Faux qu'on tire d'Aristote que le feu soit humide, contre Du Villon
9 Fausse interprétation
Ch VI
1 Vanité intolérable de quelques demy savants
7 Faux que le veau d'or & le serpent d'airain fussent des ta-lismans
Ch VII Que les objections qu'on fait contre les figures talis-maniques n'ostent rien de leur puissance
sur les objections
6 quatriesme objection réfutée
7 cinquiesme objection nulle
8 Faux que l'opération des talismans vienne des secrétes vertus de la pierre
9 Faux que la vertu des astres ne descende aussi bien sur le scorpion vivant que sur son image
15 Objections contre les Figures par cy devant incognues & leur response.
Troisiesme Partie
Ch VIII Qu il est faux que l'Astrologie des Anciens ait donné commencement à l'Idolatrie. Sommaire
3 mescompte de Pline à ce sujet
4 astrologie comment bonne ou mauvaise
8 Raisons qui prouvent l'innocence de cette curieuse anti-quité
Quatriesme Partie Des estoilles et de tout ce qui est en l'air
8 contre les rabbins
L'on perçoit aisément des convergences de ton entre les deux auteurs.
Revenons sur l’organisation des Curiositez Inouyes. On note que la première partie est celle qui vise à démonter, à dé-construire les attaques et objections, d’où son titre « De la défence des Orientaux ». Or ce titre ne figure point au titre de l’ouvrage qui met en avant l’intitulé de la deuxiéme par-tie sans mentionner celui de la première partie. Et c’est pré-cisément cette première partie qui aura retenu ici notre at-tention et justifié le rapprochement avec le début du Traité théologico-politique de Spinoza. La deuxiéme partie, en de-hors de son premier chapitre (III Qu’on a tort de blasmer etc’ »), n’offre pas ce même caractère apologético-critique. Par ailleurs, la deuxième partie se termine par la formule « Concluons etc », ce qui nous améne à penser que les troi-siéme et quatriéme partie auront été rajoutées, ce qui ressort d’ailleurs de la disposition de la page de titre qui fournit les intitulés des troisiéme et quatriéme parties au lieu de les repértorier dans le corps de l’ouvrage. Dans l’édition latine de Hambourg 1678 (BNF), la disposition reste la même avec des différences typographiques marquantes au titre de l’ensemble entre la présentation de la deuxième partie et celle des troisiéme et quatrième parties.
On signalera que Gaffarel recourt fréquemment à l'hébreu dans son texte et que Spinoza est l’auteur d’une Grammaire hébraïque – il met notamment en question la validité de la vocalisation du texte biblique, qu’il trouve sujette à caution-
Spinoza, dans sa Préface au TTP, s’en prend aux supersti-tions et à la crainte qui les alimente. Il met l’accent sur la problématique du prophétisme.
On se contentera de citer les têtes des premiers cha-pitres qui donnent une assez bonne idée de la méthode de Gaffarel, laquelle combine apologétique et critique : « « Du premier chapitre des Curiositez Inouyes qui sert à monstre qu’on a faussement imposé plusieurs choses aux Hébreux & au reste des Orientaux qui ne furent jamais »
Du second chapitre ; pour monstrer qu’on a estimé plusieurs choses ridicules & dangereuses dans les livres des Hébreux qui sont soustenues sans blasme parles Docteurs Chrestiens
Du troisiesme chapitre pour montrer qu’à tort on blasme les Persans & les curiositez de leur Magie, Sculpture & Astrolo-gie »
L’ouvrage de Gaffarel comporte en sa troisiéme partie une défense de l’astrologie reprise dans l’édition latine de Ham-bourg 1678. : « Qua Orientales defenduntur ». « Falsum as-trologia veterum « L’astrologie des Anciens, y affirme-t-on, ne saurait se voir imputer l’idolatrie. Sous le terme Orien-tales, on s’est demandé si cela ne désignait pas en particulier les Hébreux.
En 1637, Gaffarel avait publié à Paris en italien de Léon de Modène (1571-1648)
Historia de gli riti hebraici, dove si ha' breve e total relatione di tutta la vita, costumi, riti et osservanze de gl'Hebrei di questi tempi, di Leon Modena,...
accompagné d'une lettre de sa plume en latin. L'ouvrage pa-raitra en français en 1674 et aura suscité l'intérêt de Ri-chard Simon, le père de la critique biblique. Cérémonies et coutumes qui s'observent aujourd'huy parmy les juifs, Tra-duites de l'Italien de Léon de Modene, Rabin de Venise. Avec un supplément touchant les sectes de Caraïtes & des Samaritains de nostre temps par Don Recared Sçimeon (Ri-chard Simon), Paris, Chez Louis Billaine, 1674,
Un collectif remarquable parut en 2014 comprenant di-verses contributions : Jacques Gaffarel Between Magic and Science/ Edited Hiro Hirai. ¨Pise Rome Fabrizio Serra 2014 /
Mais si la dimension apologétique est soulignée, il ne semble que la dimension critque l’ait été suffisamment, ce qui nuit à la perception d’un Gaffarel impulsant une démarche cri-tique. Or, celle-ci est intimement liée à l’apologétique dans la mesure où il convenait de discréditer toutes sortes d’arguments traités par Gaffarel de « faux », de « nuls » etc Il convient par ailleurs de préciser que les Curiositez Inouyes ont fait l’objet d’additions à savoir Horoscope des Patriarches et Lecture des Etoiles qui ne sont que des appendices que l’on aura fini par considérer-à tort- comme faisant partie du projet initial des Curiositez Inouyes.
Abordons briévément la critique de Charles Sorel (Sieur D. L.) dans Des Talismans, ou Figures faites sous certaines constellations, pour chasser les bestes nuisibles, détourner les orages, guerir les maladies, & accomplir d'autres effets merveilleux [Texte imprimé] ; Avec des observations contre le livre des curiositez inouyes de M.I. Gaffarel ; Et un traicté de l'unguent des armes ou unguent sympathetique & cons-tellé,... : le tout tiré de la seconde partie de la Science des choses corporelles / par le sieur de l'Isle en 1636 donc avant la publication de 1637 en italien de Léon de Modéne (cf supra); puis en 1640 in Secrets astrologiques (…) a quoy l’on a rajouté des Observations contre le livre des Cu-riositez Inouyes de M. J. Gaffarel, chez Antoine de Somma-ville lequel libraire publiera en 1659 l’Astrologie Naturelle de Blaise de Pagan.(cf nos études à la suite du reprint du Commentaire du Centilogue de Nicolas Bourdin, Paris, Tré-daniel, 1993)
Bibliographie : textes extraits de “Jacques Gaffarel; Bet-ween Magic and Science” (cité plus haut):
Peter Foshaw Concealed Mysteries and Unheard of Curi-osities :Jacques : Gaffarel’s Defence of Celestial Writing and divine Kabbalah.
S. Taussig La réception des Curiositez Inouies par Gassen-di et Mersenne L’auteur cite à propos de Gaffarel notre Monde Juif et l’astrologie. Milan, Arché 1985
Images, Talismans and Medicine in Jacques Gaffarels » Unheard of Curiosities Hiro Hirai
JHB
10 08 21.
vendredi 6 août 2021
jacques Halbronn Les trois mouvances centuriques: Paris, Lyon, Rouen (Anvers Avignon)
Les trois mouvances centuriques : Paris, Lyon, Rouen-Anvers
par Jacques Halbronn
Le corpus Nostradamus du second XVIe siècle ne peut s’appréhender correctement qu’à condition de diviser le dit corpus en trois entités se développant parallélement dans le temps et dans l’espace.
Le sous-corpus le plus authentique est parisien, les documents le constituant correspondant à la formation progressive du « premier volet » à sept centuries/
Les deux autres sous-corpus visent à se substituer au sous corpus parisien en éliminant certaines traces attestant de la dite formation.
Le sous corpus Rouen-Anvers -Avignon ne comporte aucune production antidatée à la différence du sous-corpus Lyon même s’il se référe à une impression de 1555, à Avignon,. (à la fin de l’édition Anvers)
Le sous-corpus Lyon, en revanche, n’est constitué que d’éditions antidatées (1555 à 1568), il s’est constitué à partir des autres sous-corpus et emprunte –(par erreur) la vignette du titre des éditions 1555 et 1557 à celle des almanachs pirates des années 1560.-(cf RCN de R. Benazra, pp. 58-59) alors que les « vrais » almanachs de Nostradamus ne comportent pas de vignettes, ce qui est réservé à ses Pronostications.
A Le sous-corpus parisien
Il nous fournit une représentation fidéle de la véritable formation du premier volet des Centuries. Ses exemplaires portent tous le titre de Prophéties, titre qui sera adopté par le sous-corpus lyonnais. On y trouve notamment l’indication d’une addition à la Ive Centurie, au-delà du quatrain 53. (cf RCN, pp. 118-122) Cette indication ne figure pas dans le sous-corpus lyonnais Antoine du Rosne 1557 qui présent la centurie IV en ses 100 quatrains comme s’il n’y avait pas eu une édition Macé Bonhomme 1555 avec une Ive Centurie à seulement 53 quatrains. Il y a donc un déphasage, une discontinuité entre Lyon 1555 et Lyon 1557
Par ailleurs, le sous-corpus parisien comporte des titres se référant à une édition de 1561 avec addition de 39 article à la « dernière Centurie », soit la Centurie VI, cette addition sera qualifiée de Centurie VII dans les éditions Lyon 1557 alors que cette Centurie ne dépasse pas 42 quatrains (exemplaire Bibl Utrecht). Cette mention de 1561 indique une volonté de conférer au dit corpus une ancienneté remontant au vivant de Nostradamus, mort en 1566.
B Le sous corpus Rouen-Anvers-Avignon
La Préface à César y est datée de juin 1555 alors que dans les autres sous corpus, c’est mars 1555 qui est indiqué. Le titre de ces éditions (tant de Rouen que d’Anvers n’est pas « Prophéties » mais « Grandes et Merveilleuses Prédictions » Ce n’est donc pas ce titre qui aura servi pour le sous corpus Lyon qui utilise « Prophéties ». L’édition Anvers 1590 ne fournit pas le quatrain 100 de la Centurie VI de façon à ne pas entériner le stade d’un ensemble se terminant à la Vie (et dernière) Centurie, ce qui permet de présenter les 35 quatrains de la VIIe Centurie comme faisant partie intégrante des éditions et non comme une addition. On retrouve la même problématique que pour la Centurie IV (cf supra) On note que le nombre de quatrains de la Centurie VII n’est pas de 40 et 42 comme dans le sous corpus Lyon mais de seulement 35, ce qui indique des additions supplémentaires pour des éditions dont dériveraient les éditions antidatées Lyon 1555-1557
L’édition Anvers 1590 mentionne pour l’impression 1555 le libraire Pierre Roux, à Avignon et non Macé Bonhomme, Lyon. Voilà qui met en évidence l’existence de deux scénarios paralléles d’éditions antidatées avec des dates différentes pour la Préface à César. La date de mars 1555 est reprise du sous-corpus parisien dont le titre est récupéré : Prophéties.
C Le sous-corpus Lyon
Ce corpus se distingue en ce qu’il n’est pas attesté d’édition lyonnaise parmi les éditions « ligueuses » mais seulement Paris, Rouen, Anvers et en ce qu’il a le monopole des éditions antidatées qui nous soient parvenues à ce jour. C’est en fait, paradoxalement , le plus tardif. Si on compare Macé Bonhomme 1555 à l’édition du sous corpus Rouen 1588, l’on note que la centurie IV à 53 quatrains comporte un ajout de plusieurs quatrains (cf RCN pp. 122-123) ) à savoir ceux qui portent dans l’édition Lyon 1555 les numéros 44 à 47 (cf à ce sujet notre communication au Colloque Prophétes et prophéties de 1997 « Les Prophéties et la ligue ») En ce qui concerne les éditions Lyon Antoine du Rosne 1557 nous avons déjà signalé plus haut qu’elles ne font aucune mention d’un ajout survenu à la Ive centurie après le quatrain 53 comme l’indiquent les éditions parisiennes. Ces éditions lyonnaises ne signalent pas davantage une addition à la centurie VI, comme l’indiquent également les éditions parisiennes se référant à 1561 et les 39 articles ajoutés à la « dernière centurie ». On a vu que l’édition Anvers 1590 saute le quatrain latin terminal correspondant à la fin de la Vie et dernière Centurie. Il en sera de même pour l’édition antidatée Benoist Rigaud 1568 en son premier volet avec une épitre à Henri II datée de 1558 (et reprenant une précédente épitre au dit Roi, en tête des Présages Merveilleux pour 1557 cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat, 2002).
On voit qu’à deux reprises, des additions à la IIIe et à la Vie centuries ont été la base des Ive et VIIe centuries. La question des 58 sixains ne pouvant être étrangère à l’existence d’une centurie IV à 42 quatrains (exemplaire Bibliothèque Utrecht) Ces sixains ne seront raccordés au corpus centurique qu’au début du XVIIe siècle.(cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, 2002)
On peut penser que le modèle de départ impliquait des séries de trois centuries, ce qui sera le cas du groupe VIII-IX X dont on ne connait aucune édition intermédiaire à la différence du premier volet.
Il est clair que des scénarios relatifs à des publications centuriques pour les années 1550 furent élaborés sous la Ligue visant à occulter les processus additionnels à la IIIe et à la Vie centuries ce qui allait conduire à une chronologie fictive constituée de deux éditions lyonnaises 1555 et 1557, à 4 et à 7 centuries dont on continue à nous abreuver dans la plupart des travaux paraissant autour de Nostradamus.(cf les parutions chez Gallimard, successivement de Drévillon-Lagrange et de Mireille Huchon)
JHB
06 08 21
jeudi 5 août 2021
Gaffarel et Spinoza pionniers de la critique biblique.
par Jacques Halbronn
Est ce une coincidence si la traduction latine des Curiositez Inouyes de Gaffarel (qui décédera en 1681) paraît en 1678 à Hambourg et à Amsterdam
Curiositates Inauditae de Figuris Persarum talismanicis. Horoscopo Patriarchum et Characteribus Coelestibus Hambourg et Amsterdam (BNF) au lendemain de la parution de l’édition posthume des œuvres de Spinoza (mort en cette même année 1677) dont le Tractatus Theologico Politicus, considéré comme une œuvre pionnière de la critique biblique ?
On comparera des extraits des tables des matières des deux ouvrages en prenant pour base la traduction française du Tractatus (Bib. Arsenal) parue sous le titre « La Clef du Sanctuaire » en 1678 à Leyde (Hollande- habituée à publier en français on pense à Nostradamus dont les quatrains paraissent chez le même éditeur que pour Gaffarel en latin :.Les Vrayes Centuries et Prophéties de maistre Michel Nostradamus, Amsterdam, Jean Jansson [...], 1668, soit dix ans plus tôt.
Spinoza Clef du Sanctuaire table des chapitres
I de la prophétie II Des prophétes IIIde la vocation des Hébreux & si le don de prophétie ne se trouvait que parmi eux IV De la loy divine Les raisons pourquoy les ceremonies ont été instituées & de la foy des histoires à scavoir en quel sens & à qui elles sont nécessaires
VI des miracles VII de l’interprétation des Escritures
VIII Que les cinq premiers livres de la Genése n’ont pas esté escrits par Moyses ni ceux de Josué, des Juges, de Rois de Samuel par ceux dont ils portent le nom
X examen du Vieux Testament
XII Du véritable original de la loy divine
XX Que dans une République libre il doit estre permis d’avoir telle opinion que l’on veurt et mesme de la dire
Gaffarel Curiositez Inouyes 1631
Partie ch I Qu’on a faussement imposé plusieurs choses auc Hébreux & au reste des Orientaux qui ne furent jamais
Sommaire :
1 Arguments contre les Orientaux , sur quoy fondez
2 Juifs faussement accusez par Apion, Plutarque, Strabon, etc d’avoir adoré des asnes, des ceps de vigne & des nuées
3 Naissance de ces resveries. D’où tirée
4 Faux, que les Syriens adoraient les poissons. Xénophon, Cicéron etc réfutez
5 Dagon mais en forme de Triton Fable descouverte
6 Samaritains nullement idolastres non plus que Aaron & Jéroboam pour avoir dressé des veaux d’or
7 Chérubins non en forme de jeunes hommes contre tous les Autheurs grecs & Latin et la plupart des Hébreux
8 Arguments pour l’innocence des Samaritains
9 Raisons des Hébreux & de Caietan touchant la figure des chérubins nulles
10 Faux, que les Hébreux brulassent leurs enfants à l’idole de Moloch & d’où est venue la coutume de sauter par dessus les feux de la Saint Jean
seconde partie
Ch III
qu’à tort, on a blasmé les Persans & les curiositez de leur magie, sculpture & astrologie
1 Mauvaise coutume de blasmer les Anciens
Raisons qu’on apporte contre les Persans& leur magie examinées & trouvées nulles. Erreurs ensuite du Pseudo Bérose etc touchant Zoroastre
5 Erreurs (…) touchant Séraphins . Contes grotesques de Philon
sur ce sujet
7 Choses merveilleuses & admirables qui ont prédit les malheurs qu’on a vu naistre
Ch IV Qu’à faute d’entendre Aristote on a condamné la puissance des figures & conclu beaucoup de choses & contre ce Philosophe & contre toute bonne philosophie.
1 Erreur que l’ignorance des langues a causé dans les lettres
2 non pas
3 !faux qu’il faille dire
4 faux, mal entendue
5 Sotte interprétation
6 Erreur que l’on commet es mots
7 Faux qu’on tire d’Aristote que le feu soit humide, contre Du Villon
9 Fausse interprétation
Ch VI
1 Vanité intolérable de quelques demy savants
7 Faux que le veau d’or & le serpent d’airain fussent des talismans
Ch VII Que les objections qu’on fait contre les figures talismaniques n’ostent rien de leur puissance
sur les objections
6 quatriesme objection réfutée
7 cinquiesme objection nulle
8 Faux que l’opération des talismans vienne des secrétes vertus de la pierre
9 Faux que la vertu des astres ne descende aussi bien sur le scorpion vivant que sur son image
15 Objections contre les Figures par cy devant incognues & leur response.
Troisiesme Partie
Ch VIII Qu il est faux que l’Astrologie des Anciens ait donné commencement à l’Idolatrie. Sommaire
3 mescompte de Pline à ce sujet
4 astrologie comment bonne ou mauvaise
8 Raisons qui prouvent l’innocence de cette curieuse antiquité
Quatriesme Partie Des estoilles et de tout ce qui est en l’air
8 contre les rabbins
L’on perçoit aisément des convergences de ton entre les deux auteurs. On signalera que Gaffarel recourt fréquemment à l’hébreu dans son texte et que Spinoza est Juif. On y trouve en fait un mélange de critique et d’apologétique car pour désarmer certains arguments il convenait d’en faire la critique
JHB
05 08 21.
e
dimanche 1 août 2021
la question du colonisé et autres thèmes compliqués
La question du colonisé, entre deux chaises
par Jacques Halbronn
La Colonisation qu'elle soit subie ou désirée, à l'instar de l'emprunt génére des situations hybrides difficiles à gérer sociologiquement, politiquement, psychologiquement., linguistiquement. Nous aborderons le probléme dans la Bible comme au prisme de l'histoire contemporaine. Rien de nouveau sous le Soleil et il est bon de traiter de sujets récurrents et non de partir de particularités propres à une époque donnée, comme les guerres mondiales ou les pandémies.
La colonisation est donc un facteur de confusion et l'on pense à l'image de la chauve souris dans les fables de La Fontaine. Je suis oiseau, voyez mes ailes etc.
Nous avons accordé beaucoup de temps dans nos recherches à l'emprunt linguistique et notamment à l'empreinte du français sur l'anglais. Mais plus récemment nous avons voulu traiter de la situation dans l'Histoire de la « Palestine », depuis le temps de Salomon jusqu'à celui de Jésus et notamment autour du mot « Israel » qui figure dans le « credo » juif avec le 'Ecoute (shema) Israel » Rappelons cette formule des Evangiles : Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d'Israel, ce qui renvoie expressément, dans les Livres des Prophétes aux population du Royaume du Nord appelé Royaume d'Israel.
Selon nous, ces populations auront été colonisées par les fondateurs de la Maison de Juda siége de la royauté de David et Salomon.Et à la mort de Salomon, les dites populations demandèrent un changement du « contrat » de vassalisation. Mais ce que l'on appelle la Bible est essentiellement marqué par Israel, tant pour l'Ancien que pour le Nouveau Testament et c'est ce que les « Juifs » d'aujourd'hui ne comprennent pas, ce qui est source de bien des malentendus.
Le cas de l'Algérie illustre bien une telle problématique d'une colonisation qui crée une configuration particulière, réductible ni à l'étranger ni au colonisateur tout comme la langue anglaise n'est ni du français ni une langue « étrangère » stricto sensu. De même l'Algérien avant l'indépendance et même après, à plus d'un titre, et par delà les critères purement juridiques, linguistiques et géographique, ne serait ni vraiment français ni vraiment étranger. Dans l'Epitre aux Hébreux, dans le Nouveau Testament, qui reprend un passage du Livre de Jérémie (ch. XXXI) autour de la question de l'Alliance ancienne et nouvelle, l'on perçoit bien cette situation « invivable » de citoyens de seconde zone qui entretient du ressentiment de par un mélange de proximité et de différence. On est dans le « presque », dans le pas tout à fait, pas pleinement. Jésus, on l'a vu, s'était attaché au sort des descendants du Royaume d'Israel, détruit au VIIIe siècle et s'étant en partie repliés vers le Royaume du Sud.
Abordons un autre point d'ordre théologique à propos de la « divinité « de Jésus. De quel type de dieu reléve Jésus ? Selon nous, il est le fils des créateurs de notre Terre et de notre Ciel (cf Genése I) et non du Dieu premier de l'Univers. Il se situe donc en troisiéme position, ce qui correspond au statur de Jupitérien,selon notre anthropocosmologie. Le Jupitérien est celui qui a vocation à générer du nouveau et donc à produire de l'ancien. Cette dialectique ancien -nouveau qui se retrouve avec l'Ancien et le Nouveau Testaments, l' Ancienne et la Nouvelle Alliances, est au cœur de la démarche « jupitérienne ».
Abordons, pour terminer, un dernier point qui concerne la dialectique de l'individuel et du collectif : c'est le probléme de la poule et de l'oeuf . Est ce le collectif qui impacte l'individuel ou bien l'inverse ? Actuellement, la question se pose avec une intensité particulière dans le rapport Israel/synagogue d'une part et Diaspora et judéité de l'autre. Nous pensons que la première exprérience est individuelle (Connais-toi toi même), à tous les niveaux et qu'elle ne revêt une dimension collective que dans un second temps. Mais par un biais cognitif, le stade individuel apparaît comme telescopé par le stade collectif et par voie de conséquence, cela conduit à un certain désaroi, flottement existentiel qui se manifeste autour de la théorie du genre laquelle tend à minimiser le stade premier de la découverte de ses propres potentialités.
JHB
01 08 21
vendredi 30 juillet 2021
Jacques Halbronn La crise identitaire du monde contemporain. La question juive
La crise identitaire du monde contemporain La question juive
Par Jacques Halbronn
Tout se passe de nos jours comme si l’on voulait mettre en doute tous les repéres identitaires passés, présents et à venir. On dévalue ceux d’hier et l’on ne donne pas cher de ceux de demain, ce qui fait qu’on ne sait plus qui est qui, si ce n’est au moyen de certaines étiquettes interchangeables et dont on nous souligne toute la relativité. On ne sait plus de quoi, de qui on parle et peut être ne veut-on pas le savoir.
Or, relisons le dialogue entre Dieu et Abraham à propos de So-dome, dans le Livre de la Genése. « Mais peut-être des cinquante justes en manquera-t-il cinq : feras-tu, pour cinq, périr toute la ville ? » Il répondit : « Non, si j'y trouve quarante-cinq justes. » Abraham reprit encore la parole et dit : « Peut-être n'y en aura-t-il que quarante », et il répondit : « Je ne le ferai pas à cause des quarante. »
La question que nous posons est la suivante : comment Abraham peut-il détecter les Justes ? On ne prend pas la peine de nous l’expliquer comme si leur identification allait de soi, que l’on sa-vait de quoi l’on parlait. Imaginons un tel débat de nos jours : ces justes qu’il nous faut dénombrer, comment les retrouver ?
On a l’impression étrange que là où nous aurions de déterminer des critères, l’on n’en dispose guère et là où certains critères sem-blent pouvoir s’offrir à nous, l’on s’empresse de nous expliquer à quel point ils sont discutables comme avec la « théorie du genre ».
La thèse que nous défendrons ici est celle d’une perte de percep-tion. Du temps de Sodome, on savait qui était et qui n’était pas « juste ». Aujourd’hui, on dira a posteriori qu’Un tel est un « gé-nie ». Le génie reste une valeur plus sûre que celle de « dieu » ou de « juste ».
L’astrologie pourrait se présenter comme permettant de se repérer à partir des signes zodiacaux et des planétes selon certaines con-figurations. Mais l’on sait à quel point, elle est mise à l’écart dans tant d’enceintes et de cénacles.
On peut certes être tenté par le recours à certaines « étiquettes » de provenance, par l’appartenance d’un individu à un groupe donné. L’on a même parfois recours à des signes ostensibles que les gens adoptent ou qu’ils sont contraints d’adopter. ( port de la rouelle, de l’ étoile jaune pour les Juifs). L’on peut évidemment utiliser des critères juridiques, géographiques, linguistiques.
Rappelons que selon le passage de la Genése relatif au salut de Sodome, les Justes ne seraient qu’une minorité, une aiguille dans un meule de foin mais tout de même repérables justement du fait de leur rareté. Il semble, en tout état de cause, que l’on soit jugé sur ses œuvres, ses « bonnes » actions, son bilan et donc après coup, avec du recul.
Pourtant, certaines sociétés ont montré que la « valeur n’attendait pas le nombre des années » (Cid de Corneille) et que l’on parve-nait à distinguer assez tôt l’élite à venir, par un processus de sélection voire d’élection, quand on donne leur chance à de nouveaux venus.
Pour nous centrer sur la question juive, est-il possible d’attribuer aux Juifs des aptitudes particulières propres à tous ceux qui se-raient marqués par une telle origine ? Est-ce que ces aptitudes se-raient liées à une certaine culture, à une certaine pratique tradi-tionnelle apprise, acquise, reçue ou bien, au contraire, l’individu Juif s’affirmerait-il en dehors de tout cadre « judaique » de façon innée ? Dans ce cas, on se contenterait de noter statistiquement que la proportion de « Juifs » au sein de l’élite, dans les domaines les plus divers, est assez « remarquable », ce qui déterminerait une certaine probabilité, une propension, quant à cette population, à voir apparaitre des personnalités d’exception. Autrement dit, le fait d’apprendre que la proportion de Juifs – forcément minoritaires- au sein d’une certaine société forcément « non juive »- est élevée, pourrait conditionner l’image que le jeune Juif se fait de lui-même, en dehors de toute considération « religieuse ». Mais ne faut -il pas penser qu’au sein même du monde juif, seule une minorité pourrait faire l’affaire à moins de soutenir que c’est le monde juif dans son ensemble qui constituerait un « vivier » de génies, ce qui correspondrait à une certaine idée du « peuple élu » ? Pour notre part, nous pensons que le type « jupitérien » tel que nous l’avons cerné, au sein d’une anthropocosmologie » correspondrait à ce personnage du « Juste » d’autant plus que le nom hébraique de la planéte Jupiter est en corrélation étymologique avec celui de Juste : Tsadiq et Tsédeq.
Il nous semble que le Juste a le pouvoir de renouveler les struc-tures de façon à éviter leur sclérose, de faire bouger les lignes et c’est cela qui permettrait de le repérer, de l’identifier. Et en même temps, comment le Juste ne rencontrerait-il pas de résistance comme le fera un patient que l’on veut opérer sans anesthésie ? On comprendrait alors que le Juste peut générer une certaine hostilité.
Nous avons proposé en vue de repérer le Jupitérien un critère cy-clique, celui d’une « recharge », d’un nouvel élan, impact, tous les 12 ans (durée du cycle de cet astre). Reste un certain nombre de points en suspens dans le rapport entre Juif-Juste-Jupiter-Génie sur lequel nous travaillons depuis plus d’un demi-siècle.
JHB
30 07 21
mercredi 28 juillet 2021
mardi 27 juillet 2021
Le péril d’une astrologie hérétique
Par Jacques Halbronn
La notion de pandémie, de virus nous apparait comme un élément moteur de l’impact astrologique collectif à condition de se situer sur le plan de la diffusion des rumeurs, de proche en proche mais surement pas en ce qui concerne les maladies physiques. Une telle diffusion prend nécessairement du temps pour se déployer pleinement et reléve d’un processus de phases et non d’événements ponctuels.
Il y a deux types de phases, l’équinoxiale et la solsticiale, alterna-tivement de sept ans en sept, à l’image d’un septennat. Selon nous, la clef d’une telle alternance reléve des fonctions mémorielles avec à tour de rôle l’amnésie et l’hypermnésie, le désir d’oublier ou celui de se souvenir. Telles sont, selon nous, les bornes, les li-mites de la prévision astrologique digne de ce nom, en termes de précision. Il y a un juste milieu à trouver entre la prévision trop vague et la prévision trop ponctuelle, trop précise. Barbault semble, tout au long de sa carrière, avoir oscillé entre ces deux extrémes.
Dans un récent article paru dans l’Yonne Républicaine (L'astro-logue André Barbault, né à Champignelles, avait-il prédit la pandémie actuelle ?), journal alors d’obédience communiste, où Barbault avait publié, il y a plus de soixante -cinq ans, en date du Ier janvier 1953 un article sur la conjonction Saturne –Neptune, le journaliste signale notre point de vue : « A propos de la chute de l’empire soviétique, Jacques Halbronn, historien de l’astrologie, se dit "très sceptique sur la possibilité de l’astrologie de prévoir si longtemps à l’avance, alors que des échéances comparables ont lieu régulièrement selon la théorie du cycle de 7 ans qui est, selon nous, la véritable loi fondamentale de l’astrologie mondiale et de l’astrologie tout court. Et on a vu que Barbault, quelques années à peine avant les fameuses conjonctions du début des années 80, avait fait chou blanc. Alors, 36 ans à l’avance, cela ne passe pas."
Citons le texte d’ André Barbault sur les pandémies en 2011 :
« Pour revenir aux pandémies et en remontant le siècle écoulé, les quatre crises de 1918, 1954, 1968 et 1982 sau-tent aux yeux, les deux considérables ayant été la première, la fameuse «grippe espagnole» qui a fait, dit-on, 25 millions de morts, et la dernière où s’est installé le Sida, lequel est encore plus dévastateur et continue d’être meurtrier. Depuis, il y eut aussi une faible poussée grippale en 2009, tout contre le dernier indice cyclique le plus bas (2010). Il se pourrait bien que nous soyons sérieusement menacés d’une nouvelle pandémie au cap de 2020-2021, à la pointe la plus basse de l’indice cyclique de tout ce XXIe siècle, avec le quintette des lentes rassemblées sur une centaine de degrés, une conjonction Jupiter-Saturne-Pluton pouvant plus particulièrement, et même spécifi-quement, se prêter au «tissu» de ce déséquilibre. Il n’en demeure pas moins que cette configuration puisse aussi transférer son noyau de dissonances au terrain des catas-trophes géophysiques, sans épargner en dernier lieu la scène des affaires internationales, Nature et Société étant indistinctement touchées. »
Yves Lenoble commentera ainsi en 2019 :
"André Barbault a effectué des projections sur le XXIe siècle dès les années 90,. Il annonce que la période actuelle de 2020 marquée par la triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton sera une période de crise et de sinistrose, notre con-tinent européen y étant plus particulièrement sensible. Mais cette période de crise de 2020 se résout en 2026 quand Uranus devient sextile à Saturne-Neptune en Bélier et tri-gone à Pluton en Verseau."
Le pari hérétique de Barbault aura été , en astrologie mondiale, de ne pas tenir compte du cycle des saisons- les axes équinoxiaux et solsticiaux- et de privilégier les aspects entre planétes, y com-pris les planétes qui n’ont été découvertes entre la fin du XVIIIe siècle avec Uranus et l’Entre -Deux Guerres, au XXe siècle, avec Pluton. Au lieu de suivre le cycle « naturel » d’une planéte, Bar-bault crée un artefact qui ne correspond à aucune réalité astrono-mique stricto sensu.
Son idée –sa gageure - était de générer un cycle unique à partir d’un quintet planétaire alors que nous choisissions de ne tenir compte que d’une seule planéte (L’astrologie selon Saturne, 1994. Ed La Grande Conjonction) dont l’impact varierait au passage des dits axes « tropiques » d’où notre réussite prévisionnelle pour l’année 1995, en termes de mouvement social majeur – ce qui n’a fait que se confirmer avec le nécessaire recul du temps- laquelle réussite, à notre connaissance, n’a pas été saluée par Barbault dans sa revue L’Astrologue. Eh oui, il faut du recul pour prendre la pleine mesure d’une prévision et ce d’autant plus que l’impact peut s’étendre bien au-delà du moment de formation de la configuration déterminante –ce que signalait déjà en 1649 Nicolas Bourdin dans sa Défense face aux attaques du Jésuite Nicolas Caussin. C’est ainsi que le véritable impact de la conjonction Saturne-Neptune ne se produisit pas à l’est de l’Europe, dans la période initiée en 1952 avec la conjonction Saturne-Neptune-mais dans les années 1954-57 à l’Ouest de l’Europe, avec notamment le traité de Rome.La mort de Staline en 1953 aura certes coincidé peu ou prou avec la dite conjonction mais là encore l’astrologie est-elle censée traiter de la maladie ou de la pandémie, au sens physique du terme ?. Il est vrai qu’en 1982, faute de guerre mondiale, on a eu droit au SIDA. Barbault aura donc changé – ce qui est assez ingénieux - ses critères en préférant se baser sur les pandémies plutôt que sur les enjeux géopolitiques.
Certes, l’indice cyclique « monte » et « descend » - sur la base d’une répartition des planétes (cf l’article « Répartition » dans le Dictionnaire de Gouchon, 1935 mais déjà dans les Secrets du Zo-diaque avec Robert Dax (alias Enkin), l’année précédente, se référant à Caslant et à Wronski) mais comment traduire ce « gra-phique » dans un langage sociologiquement pertinent ? Or, rien n’oppose davantage la formation de l’Union Européenne en 1957 (entre les ennemis de la veille) et la dislocation du Bloc commu-niste dans les « pays de l’Est » en 1989. Ce sont bien là deux cas de figure alternatifs liés au passage de Saturne d’abord sur l’axe équinoxial (bélier- balance) et ensuite sur l’axe solsticial (Cancer capricorne) Là encore, nous opposerons une approche orthodoxe tant du point de vue astronomique que politique à une approche hérétique, préconisée par Barbault, (indice cyclique pluriplanétaire, inconsistante au regard de la sociologie politique au prisme de la formation et de la décomposition des empires) doublement irrecevable, la notion de pandémie ne s’inscrivant pas dans une dialectique viable avec un temps A et un temps B.
De même que le cycle Saturne –Neptune ne se voit confirmer que par sa coincidence fortuite avec le passage de Saturne aux équi-noxes et aux solstices, de même, les pointes de pandémie doivent certainement pouvoir s’expliquer autrement qu’au moyen de quelque indice cyclique bricolé. On voit que l’astrologie mondiale est à la merci de ce genre de superposition et d’occultation des vrais paramétres. D’ailleurs, Barbault ne sera jamais parvenu à intéresser les historiens à son modèle en un demi-siècle, depuis 1967 parce qu’au niveau conceptuel, il n’aura pas su proposer un niveau de lecture des sociétés qui soit compatible tant avec l’observation du monde d’en bas, celui des sciences sociales, que du monde d’en haut, celui des astronomes.
Barbault, en tout état de cause, aura opté pour une astrologie « ponctuelle » qui ne vaut que pour le moment où se forme une configuration au lieu d’adopter le modèle des phases. Son choix aura certainement été dictée par une certaine idée de la « préci-sion » scientifique. Ce qui va à l’encontre d’un Albumasar qui dé-coupait le temps en périodes et ne se polarisait pas sur le seul ins-tant d’une conjonction Jupiter-Saturne. Il est vrai que Barbault aura été victime de l’inflation planétaire contemporaine. Il lui fallait absolument répartir le temps entre toutes les planétes ‘lentes », ce qui exigeait que chaque configuration ait un temps limité d’impact, qu’elle ne tire pas toute la couverture à elle. C’est ainsi qu’au début de 1954, Barbault annonçait déjà la fin de l’impact de la conjonction Saturne-Neptune, passant le relais à la conjonction Jupiter-Uranus. Pour notre part, dans l’Astrologie selon Saturne, nous nous étions contenté de noter que Saturne chaque fois qu’il passait à proximité du point vernal (fin poissons-début bélier), cela enclenchait une nouvelle période tout comme Albumasar relevait dans quelle triplicité la conjonction Jupiter-Saturne se tenait. Barbault aura décidé de faire abstraction du repérage zodiacal- suivant en cela, à sa manière, les directives d’un Kepler, ce qui lui aura interdit l’accès à la dialectique si parlante pour tout le monde équinoxe-solstice. D’ailleurs, son indice cyclique, non seulement fait abstraction de la diversité zodiacale mais aussi de la diversité planétaire, mettant tous les signes dans le même sac et idem pour les planètes. C’est ainsi qu’avec son remède de cheval, Barbault aura pensé « sauver » l’astrologie de son symbolisme, tendance qu’à sa façon, un autre « maitre » de l’après-guerre, aura prôné, à savoir Jean-Pierre Nicola mais Barbault aura été encore plus radical, ré-volutionnaire et extrême que Nicola, son cadet
JHB
27 07 21
lundi 26 juillet 2021
Jacques Halbronn Le Janus Gallicus et l'actualisation du texte prophétique
Le Janus Gallicus et l’actualisation du texte prophétique
Par Jacques Halbronn
La thèse de l’actualisation du texte pro-phétique était au cœur de notre thèse d’Etat – Le texte prophétique en France. Formation et fortune. Presses Universitaires du Septentrion 1999. Nous en trouvons une assez remarquable illustration dans La Première Face du Janus françois contenant sommairement les troubles, guerres civiles & autres choses memorables advenuës en la France & ailleurs dés l’an de salut M. D. XXXIIII. jusques à l’an M. D. LXXXIX. fin de la maison Valesienne. Extraite et colligée des centuries et autres commentaires de M. Michel de Nostredame, jadis Conseillier & Medecin des Rois Tres-Chrestiens Henry II. François II. & Charles IX. A la fin est adjousté un discours de l’advenement à la Couronne de France, du Roy Tres-Chrestien à present regnant : ensemble de sa grandeur & prosperité à venir. Lyon, par les héritiers de Pierre Roussin, 1594.
On notera cette addition présentée comme telle : « A la fin est adjousté un discours de l’advenement à la Couronne de France, du Roy Tres-Chrestien à present regnant : ensemble de sa grandeur & prosperité à venir » Cela concerne le couronnement d’Henri IV au début de l’an 1594 Le nom d’Henri IV ne figure d’ailleurs pas expressément. Mais ce point est précisé plus loin « A très Heureux et victorieux et très Chrestien Henri IIII Roy de France & de Navarre.
Or, la « première face » s’arrête à 1589. Autant dire que cette Première Face ne traite que marginalement du nouveau roi de France, ce qui est prévu pour une « Seconde Face » ce qui est sous entendu par le titre « Première Face ».
« Quant au second, qui est encore sous l’enclume & n’est achevé, il sera presque plein de vos gestes, Sire, de vos trophées & victoires sur vos ennemis, de vos expéditions et conquestes »
On voit donc Chavigny ajouter des élé-ments à son ouvrage de façon à se mettre en accord avec l’évolution des événements, notant la « fin de la maison valésienne » et donc constatant, par la force des choses, l’avénement de la maison des Bourbons..
Rétroactivement, cela met en perspectives la succession des additions incessantes en ce qui concerne le « premier volet » au cours des années 1588-1589 tout particulièrement.
Il importe de comprendre que le « Janus Gallicus » est composé de plusieurs do-cuments et pas seulement des éditions cen-turiques. D’où le sous -titre « Extraite et colli-gée des centuries et autres commentaires de M. Mi-chel de Nostredame ». Ces ‘autres commentaires » ce sont notament ce qui est contenu dans le Recueil des Présages Prosaiques, dont le manuscrit qui nous est parvenu est datée de 1589, à Grenoble et c’est dans ce Recueil que le Janus a trouvé nombre de quatrains d’almanachs de Nostradamus jusqu’en l’an 1567. D’ailleurs, le Janus se référe explicitement à l’almanach pour l’an 1563 dont il cite des passges en prose. Signalons aussi que certaines éditions des Centuries comportent des quatrains tirés de l’almanach pour 1561 (cf R. Benazra, Répertoire Chronologique Nostradamique), ce qui implique un certain usage du Recueil des Présages Prosaïques.
Reste la question des quelques quatrains figurant dans le Janus et pris des Centuries VIII à X. Si l’on peut admettre que ces Centuries circulaient alors, cela ne signifie aucunement qu’existait alors un volume rassemblant en son sein les « dix centuries ». Il est bien plus probable que le Janus ait intégré des quatrains appartenant à ce groupe mais ce serait aller un peu vite en besogne que de conclure déjà à ce moment là à l’existence d’une édition compléte du genre de celle de Benoist Rigaud 1568 ! C’est selon nous, au lendemain de l’édit de Nantes de 1598 que l’air du temps se prétait à joindre des centuries correspondant à des positions opposées politiquement, dynastiquement, religieusement.
Mais déjà dans la Première Face, l’on aura placé le quatrain VIII, 60 lequel s’en prend à la maison de Guise –d’où l’anagramme Norlaris pour Lorrain, comme il est d’ailleurs expliqué en note dans le Ja-nus, ce qui montre une certaine mise à jour au sein même du Janus à partir des Centuries du camp opposé à celui de la Ligue.
8:60
Premier en Gaule, premier en Romanie,
Par mer & terre aux Angloys & Paris,
Merveilleux faitz par celle grand maisnie,
Violant terax damnera Norlaris.
alors que le quatrain III, 51, tout comme le quatrain IV, 46 s’en prend à Tours, ville honnie par la Ligue..
3:51
Paris conjure un grand meurtre commetre
Blois le fera sortir en plain effect:
Ceux d'Orleans voudront leur chef remettre
Angers, Tours, Langres leur feront un meffait.
On peut ainsi se faire une idée de la fabrication du « Corpus Nostradamus » dans les années 1588-1594.
Terminons notre étude avec la question des 58 sixains (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostra-damus, 2002), lesquels semblent bien avoir eu comme rai-son d’être de venir compléter les 42 quatrains ajourés à la Vie centurie de façon à former, au final, une centurie sep-tiéme faisant le raccord entre les six premières et les trois dernières. Il semble que ce « raccord » doive être daté des années 1600-1605. Il est précédé d’une épitre à Henri IV si-gnée d’un « parent » de Nostradamus. On ignore pourquoi il s’agit cette fois de sixains et non plus de quatrains mais cela peut tenir à la récupération de l’œuvre de Morgard (cf nos Documents Inexploités) vouée à être recyclée au sein de l’ensemble centurique, le fait qu’il s’agit de sixains montre qu’il s’agit là d’une récupération comme dans le cas d’Antoine Crespin.(cf nos Documents inexploités, op. Cit)
Ainsi, cette centurie VII aurait été un sas entre les deux volets et il faudrait donc dater l’épitre à Henri II se référant à une « milliade » de quatrains de ces années 1600 et sui-vantes, ce qui n’exclue nullement que les centuries qui prendront par la suite les numéros VIII à X n’aient point circulé plus tôt dans les dernières années du XVIe siècle, sans ce numéro d’ordre et sans la dite épitre à Henri II mais dans ce cas, comment le Janus François serait-il en mesure de fournir le numéro de la centurie et du quatrain ? Voilà qui pose, décidément, la question d’une interpolation dans le Janus par rapport à son édition initiale. Il est vrai que le nombre de quatrains issus du « second volet » dans le Ja-nus est des plus faible, cela expliquerait le caractère com-posite des dernières années couvertes par le dit Janus.
JHB
26 07 21
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