Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
vendredi 26 mars 2021
jeudi 25 mars 2021
samedi 20 mars 2021
mardi 16 mars 2021
L'origine des quatrains nostradamiques/centuriques :sources internes et externes par Jacques Halbronn
L'origine des quatrains nostradamiques/centuriques :sources internes et externes.
Par Jacques HALBRONN
Dans le débat sur l'authenticité des Centuries dans l'oeuvre de Michel de Nostredame, il conviendrait- ce qui ne semble pas encore avoit été le cas, de comparer les « vrais » quatrains parus dans les almanachs de Nostradamus -du moins ceux qui ne sont pas le fait de faussaires avérés comme ceux produits par Barbe Regnault – avec les quatrains centuriques. Dans son édition du Recueil des Présages Prosaiques, Bernard Chevignard ne nous paraît pas avoir abordé cette problématique (Bernard Chevignard Présages de Nostradamus. Présages en vers 1555-1567 Présages en prose 1550-1559 Paris, Seuil, 1999 (le second tome ne sortira pas) qui paraît en juin après notre soutenance de thèse d'Etat, en janvier 1999, sur le Texte Prophétique en France). On notera que Pierre Brind'amour dans son étude des sources des quatrains centuriques( Pierre Brind'amour Nostradamus astrophile. Presses Universitaires d'Ottawa . Ed. Klincksieck 1993) repère un certain nombre de sources, notamment à partir de Chroniques alors que Chevignard ne traite pas de l'origine des quatrains des almanachs, dont nous avons traité dans notre post-doctorat soutenu en 2007,(EPHE Ve section Le dominicain Jean de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle) qui comprenait un jury dont faisait partie Bernard Chevignard. En effet, nous y montrions que les dits quatrains (appelés présages dans les éditions « complètes » des Centuries) étaient issus de la prose de Nostradamus dans les almanachs correspondants, ce qu'indique d'ailleurs Brind'amour (p 248) à propos du quatrain pour Juillet 1557 : « Le quatrain trouve ces échos dans la pronostication de l'almanach pour 1557 On y retrouve les mêmes mots comme lion, chien,pucelle (pour Vénus), retourné (pour rétrogradation), ville. Nous donnons dans notre post doctorat bien d'autres exemples de recoupement avec des sources « internes » c'est à dire issues de la production même de Nostradamus.
. Chevignard, a contrario, ne soulevait pas cette question en 1999. Quant au Janus Gallicus, mis en œuvre par Chavigny, ouvrage bilingue français-latin(Janus François) de 1594 (à Lyon), il est flagrant qu'il s'efforce de mettre tous les quatrains, ceux des almanachs et ceux des centuries, sur le même pied et c'est peut être même l'enjeu principal de l'entreprise d'uniformisation et d'intégration. Chavigny avait projeté de publier le Recueil des Présages Prosaïques comportent les textes des publications annuelles de Nostradamus (cf la page de titre du manuscrit du dit Recueil) et devait disposer des diverses éditions des Centuries parues dans les années qui précédèrent (à partir de 1588
On aura compris que si l'on peut montrer que le mode de composition de ces deux « familles » de quatrains est sensiblement différent, cela laisserait aisément entendre que leur auteur n'en est pas le même. Or,ce point crucial, n'aura pas éte exploité et cela semble être un point aveugle.
Il importe de distinguer sources internes et sources externes en ce qui concerne les deux séries de quatrains, ceux des almanachs d'une part, ceux des centuries de l'autre. On a vu que pour les amanachs, il s'agissait surtout de sources internes, reprises de la prose de Nostradamus, lequel, par ailleurs,dans ses textes en prose, a pu puiser dans des sources externes. Mais avec les quatrains des centuries, nous ne disposons pas d'un original en prose « interne » comme pour ceux des almanachs. Or, Brind'amour a mis en évidence des sources « externes » des quatrains centuriques, à la suite de Chantal Liaroutzos avec l'emprunt à la Guide des Chemins de France (RHR) qu'étrangement Brind'amour ne signale pas dans sa bibliographie p. 545) Son article « Les prophéties de Nostradamus : suivez la guide » était paru en 1986 dans la même revue Réforme, Humanisme, Renaiisance, (pp. 35-40) où était paru notre étude en décembre 1991 que signale Brind'amour : « Une attaque réformé oubliée conre Nostradamus ? Cette étude de Liaroutzos fournit un excellent exemple des sources « externes » des quatrains centuriques. L'on y note que plusieurs quatrains sont repris d'un Guide de voyage de Charles Estienne, sans aucun rapport avec des considérations astronomiques ou historiques, et c'est d'ailleurs ainsi que le quatrain comportant le nom de Varennes sera construit, lequel quatrain inspira Georges Dumézil.
Cet oubli de la part de Pierre Brind'amour est facheux car la lecture de ce texte aurait pu conduite le chercheur canadien à mieux différencier les deux séries de quatrains. Cela dit, Brind'amour apporte sa contribution à la mise en évidence de sources « externes »[(pp ; 187 à 245)
Enumérons les chapitres concernés :
« les grandes conjonctions » « les périodes de Saturne », « les deux éclipses du printemps 1540 », « Tentative d'empoisonement en 1546 ? », « Le tremblement de terre du 4 mai 1549 « « Le dix kalende d'avril » « Cométes et météores »
Etrangement, Brind'amour va parler de « prédiction à rebours » (p. 227), ce qui montre l'incongruité du procédé de fabrication des quatrains centuriques à propos du tremblement de terre en mai 1549 et il fournir toute une série de quatrains répartis dans diverses centuries, ayant puisé au même évenement.
Ainsi, Brind'amour avait il traité des deux séries sans mettre en évidence ce qui les distinguait, à savoir que l'une- celle des quatrains centuriques- était « à rebours » alors que l'autre traitait de configurations à venir dans l'année de parution de l'almanach concerné.Il passe ainsi d'une série à l'autre (entre la page 245 à 247 sans signale la différence du processus de fabrication ! Et apparemment, Chevignard n'avait même pas pris en compte les observations de Brind'amour sur les sources « internes » des quatrains -présages alors même qu'il présentait le corpus adéquat pour mener ce type de rapprochement entre les vers et la prose !
Malgré un développement sur les « présages en prose » (pp 106 et seq) D'ailleurs, le sous titre même de son ouvrage y aurait du conduire « Présages en vers, présages en prose » si ce n'est que ce sont les présages en prose qui générent les présages en vers.
Pour notre part, nous avons montré que certains quatrains des Centuries, en tout cas celui comportant la mention « macelin » -VIII, 76) venait d'un ouvrage de Nostradamus assez peu connu, que l'on ne connaît qu'en manuscrit réédité au début du siècle dernier ; Des éléments de ce texte se retrouvent en italien (cf Benazra, RCN, pp ; 67-68)
Reproduction très fidéle d'un manuscrit inédit de M. de Nosredame dédié à SS ke pape Pie IV, Mariebourg 1906), dossier que nous avions déjà abordé dans notre étude déjà citée de 1991, parue dans RHR, cf Benazra Répertoire Chronologique nostradamique, pp. 52 et seq) Il semble bien que les faussaires ont pu avoir accès à sa bibliothèque, mettant ainsi en vers divers documents s'y trouvant comme des récits de voyage. Mais ce document est axé sur les annés 1566-1567 et donc décalé par rapport à la production centurique, plus tardive. On s'est souvent interrogé sur l'intérêt qu'il pouvait y avoir eu à se référer à des événements anciens dans la rédaction de prophéties. La thèse des faussaires nous semble la plus crédible, ceux-ci faisant flèche de tout bois pour remplir des pages et des pages, procédé qui ne nous semble pas vraisemblable appliqué à Michel de Nostredame. Il n'est d'ailleurs pas certain que les quatrains des almanachs ait été son œuvre. Il est probable d'ailleurs que ce travail besogneux ait été délégué à quelque versificateur calquant la production en prose de l'année et c'est d'ailleurs l'existence même des quatrains des almanachs qui aura été à l'origine de la production centurique pseudo nostradamique. Sans les dits quatrains, cela n'aurait pas eu lieu, ce qui montre que le succès, la fortune des almanachs aura dépendu des dits quatrains.
JHB
16 03 21
lundi 15 mars 2021
dimanche 14 mars 2021
jacques Halbronn "Roy de Bloys en Avignon regner." The Centuries and the Avignon context of the years 1560-1570"
7 - "Roy de Bloys en Avignon regner"
The Centuries and the Avignon context of the years 1560-1570 (site proohéties.it
Confèrence donnée au Congrès mondial des Etudes Juives, Jerusalem. 2005
By Jacques Halbronn
The progression and extension of the frontiers of the French Kingdom have always generated a certain number of problems which have been solved in various ways. As a result of annexions, the case of Provence, for instance, at the end of the XVth Century has been treated differently from the case of Alsace, later on, i n the XVIIth Century. As a matter of fact, every State having an antijewish attitude, from Spain in the XVIth century to Germany in the XXth century was to solve such problems when confronted with new possessions as Spain in Italy or Germany in Poland. Any movement of population by colonization, conquest, immigration creates new social problems especially when Jews are involved, the main reason being the extreme diversity of jewish conditions and attitudes, sometimes hardly compatible, existing from one place to another, a point well noticed by Theodor Herzl in his 1896, Judenstaat. (see our book Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siecle, Ed, Ramkat, 2002). It can involve the arrival of new non Jewish populations as well as Jewish.
France was actually confronted with a rather specific question created by the transmission, as early as the XIIIth century, of a certain territory to the pontifical State, that is Avignon and the Comtat Venaissin, as a result of the Crusade against the Cathars (Albi), which eventually produced the so called Western Schism. When Languedoc then Provence fell under the authority of the French Kings, many Jews flew to the Church Territories which became a sort of Refuge to them, but there were already Jews since a long time in Avignon and the arrival of what we could call New Jews, that is Jews from another area did influence the situation of the local Jews. Hence names among the Pope Jews as Carcassonne which precisely seems to have been the name of Michel Nostradamus's grand father before taking the name of Nostredame.. Finally, the Avignon area became an enclave within the Kingdom with a rather significant Jewish minority, a fact which had to be tolerated by the French kingdom. As a matter of fact, it was not foreign in two ways since it was under the juridiction of the Pope of Rome and it was the only place where Jews could live without conversion, even though it was in difficult and humiliating conditions as having to wear a yellow hat. A pontifical enclave and a Jewish enclave, then.
In 1566, was published a Description des misères et calamitez des derniers temps, de la consommation du monde, du royaume de l'Antechrist & du second advènement de nostre Seigneur Jésus Christ" (BNF) which is a French translation by Nicolas Le Clerc dit de Juvigné, of the De Consummatione mundi ac de Antichristo & secundo adventu Domini nostri Iesu Christi, published in Cologne, in 1563 at Maternus Cholin (BNF). The book claims that the "le Pape souffre les Juifs à Rome et y fait brûler les vrays Chrétiens".
In 1569, for some reason, Pope Pie V decided to forbid the presence of Jews in the French area, they were asked to move to Rome (on the Mediteranean Sea) or to Ancona (on the Adriatic Sea), the only cities where Jews would still be authorized to stay within the Church States, this was the purpose of the Bulla Hebraeorum Gens, taken on the 25th of February. But the operation became not that easy to be fulfilled especially because of financial ties between the Jews and the Christians in the Avignon area.( see the testimony of a provencal Jew, Joseph Hacohen, in his Emek ha-bakha, 1575) One does not know if the Pope pronounced such an interdiction under the pressure of the French but what is certain is that the delays which came concerning such an application concerning the departure or the conversion of the Jews dwelling in the Pope States were not well accepted. The fact that Popes, in the next decades, changed their mind towards their Jews is indeed probably explained by foreign influences, which also came from the fact that the election of the Popes was in itself depending on various factors (see J. Halbronn, Papes et Propheties, decodages et influence. Ed. Axiome, 2005). The very fact that the 1569 Bulla did not even consider one reserved City in the French part of the Papal States, for the Jews seems rather suspect and a sign of a French intervention. In the future, Jews will be tolerated in four towns of the Comtat Venaissin, that is Carpentras, Cavaillon, Lisle (sur Sorgue) and of course Avignon.
Among the reasons to expulse Jews, one which was often given was their superstitions, their use of magic, rather than their Judaism strictly speaking, in other words some form of corruption of their original message. (see J. Halbronn, Le monde juif et l’ astrologie, Milan, Arche, 1985). Such creeds responded to individual and pratical needs which might attract populations far from a submission to God s plans.
Crespin and the French Avignon problem
An important source of antisemitism but also sometimes of philosemitism is eschatology, prophetism and speculations, jewish and non jewish, about the end of the world, including the necessity for Jews to convert or/and to gather in Palestine.
We would like to study a rather neglected aspect of the Avignon problem, in the first years of the 1570's, which belongs to the field of the "nostradamic" and "antinostradamic" literature and which involves a sort of French prophet named Antoine Crespin of whom not much is known apart from his work.
If we trust the official nostradamic bibliography, Antoine Crespin used certain lines in his work and specially two connected with Avignon, appearing at the begining of his Demonstracion de l'Eclipce lamentable du Souleil que dura le long du jour de la Seint Michel dernier passé 1571 etc , Paris, Nicolas Dumont,(BNF) which was precisely dedicated to the Pope.
It starts with those six lines:
Le Roy de Bloys dans Avignon regner
Une autre foys le peuple emnopolle
Esleu sera renard ne soucent (sic) mot
Faisant le S. public uivant (sic) pain d'orge
Tirannizer après tout à ung cop
Mectant à pies des plus grands sur la gorge
followed by
A nostre S. Père le Pape par l'astrologue du treschrestien Roy de France & de Madame la Duchesse de Savoye. Salut
Crespin in this booklet and in some others (cf infra), on that occasion, attacks the Jews and the New Christians: ”nous en cognoissons un que tient des benefices dans la Comte d’Avignon tant temporels que spirituals encores (…) qu’il y a sept ou huict ans que feust baptisé que auparavant tenoit la loy des faulx iuifz insecrables (sic, pour exécrables) vella (sic pour voilà) pourquoy le peuple se met en erreur ».
Integration of Crespin's verses within the Centuries
Curiously enough, those lines also appear with the Nostradamus Centuries which are generally considered as having been published before the 1570s when they appear in Crespin's work :
VIII, 38
Le Roy de Bloys dans Avignon régner
Un autrefois le peuple emonopole
Dedans le Rhosne par murs fera baigner
Jusques à cinq le dernier pied de Nole.
Translation and annotation by Theophile de Garencières in The true propheties or Prognostications of Michael Nostradamus (London, 1672)
The King of Blois in Avignon shall Reign
Another time the people do murmur
He shall cause in the Rhosne to be bathed through the Walls
As many as five, the last shall be near Nole
"This fortelleth that a King of France shall take Avignon, which is a City of France belonging to the Pope. And that some of the People beginning to murmur and mutiny, he shall cause five of them to be thrown over the Walls into the Rhosne which is a swift River taht passeth by. Nole must be some place thereabouts"
It sounds obvious to the commentator that "Roy de Bloys" means the French King, since Blois was an important location fot the Court on the river Loire, with its château.
VIII, 52
Le Roy de Blois dans Avignon régner
D'Amboise & Séme viendra le long de Lindre
Ongle à Poitiers saintes aisles ruiner
Devant Bony (sic)
The King of Blois shall Reign in Avignon
He shall come from Amboise and Seme along the Linder (sic, read the Indre)
A Nail at Poitiers shall ruine the Holy Wings
Before Bony.
annot:
The first Verse and the interpretation is easie. Amboise is a Town in France upon the River of Loire. The two last verses being imperfect admits of no interpretation, onely to let the Reader know that Poitiers is a very great City in France and Capital of the Province of Poitou.
A third reference can be found in IX, 41
“Le grand Chyren soy saisir d’Avignon
De Romme (sic) letres (lettres) en miel plein d’amertume
Letre (Lettre) ambassade partir de Chanignon
Carpentras pris par duc noir rouge plume”
Translation by Garencière;
The great Chyren shall seize upon Avignon
Letters from Rome shall come full of bitterness
Letters and Embassies shall go from Chanignon
Carpentras taken by a Black Duke with a red Feather
Garencières gives an interesting commentary, since he considers as granted that some quatrains have a prophetical value. So he does not hesitate - in his True Propheties of 1672 - to see in this third quatrain the prediction of a XVIIth century event connected with Avignon :
Annot :
This did happen lately, viz, some five or six years ago, when the Duke of Crequy Embassadour at Rome was affronted by the Corses which are the Popes Guard; for which the King of France demanded reparation and seized upon Avignon, till the Pope granted him that all the said Corses should be banished and a Pyramid erected in Rome to the perpetual infamy of that Nation.
The connection of Crespin with the centurical canon seems, at first sight, to be reinforced by the fact that he is using some lines of the Centuries, although he never referred explicitly to the Centuries most probably because they did not exist yet - is the use of the first quatrain of the first Century in the centurical canon.
Estant assis de nuict secret estude
Seul reposé sus la selle d'airain
Flambe exigue sortant de solitude
Fait prospérer qui n'est à croire vain
translation by Garencières:
Sitting by night in my secret study
Alone resting upon the Brazen Stool
A slight flame breaking forth out of that solitude
Makes me utter what is not in vain to believe
Crespin uses several times this quatrain as another neonostradamic author also did before and one would imagine with difficulty the fact of using such a quatrain if it had been published before at the very begining of the said Centuries. Our thesis is that this quatrain had not yet been associated with the name of Michel de Nostredame, at the beginning of the 1570s.
If it is true for this quatrain, it can also well be true for the Avignon quatrains which are concentrated within a same group of Centuries, that is the one comprehending Centuries VIII, IX, X which had a specific statute in many editions. As a matter of fact, one finds dozens of lines common between Crespin and the Centuries. It certainly is tempting to think that Crespin borrowed verses from the Centuries in the same way as he declares being himself Nostradamus. But we think that he wanted to prove that he was as good as Nostradamus more than just borrow part of his published work.
If the Avignon lines, at least, are the work of Crespin, how come that it appears in the centurical canon which carries, ipso facto, a certain form of Antijudaism, reinforced by the presence of another verse about the Synagogue, still in the same VIIIth Century.
VIII, 96:
La synagogue sterile sans nul fruit
Sera receu entre les infidels
De Babylon la fille du porsuit
Misere & triste luy trenchera les aisles.
with an English translation by Theophile de Garencières and a short commentary
The synagogue barren, without fruit
Shall be received among the Infidels
In Babylon,the daughter of the persecuted
Miserable and sad shall cut her wings
Annot. :
A Synagogue is a place where the Jews assemble for Divine Worship, as the Christians do in Churches or Temples, the said Jews Synagogue is threatened here to be unfruitful and barren, and chiefly, in Babylon, by the means of a woman, daughter of one persecuted, belike of some of their own tribe, whom the rest did persecute (p. 351)
The answer to this surprising issue concerning such texts has to do with the making of the centurical canon in the 1570s. Neonostradamism has been used to constitute the centurical corpus, in quite a syncretic way, gathering all sorts of documents, especially among those who belonged as Crespin obviously did to the nostradamic sphere. Crespin, imitating Nostradamus was a good recruit to be included within a nostradamic collection.
It is interesting to mention, however, another explanation concerning those Avignon lines, proposed by Louis Schlosser ( La vie de Nostradamus, Paris, Belfond, 1985, p. 36) :
"François Ier tenta à plusieurs reprises d'accroitre ses droits sur Avignon et sur le Comtat Venaissin; il n'y réussit que partiellement , comme le prouve l'ordonnance de Villers- Cotterets de 1539. En effet, le roi substitua le français au latin dans tous les actes de justice de ces territoires provençaux du Saint Siége. Nostradamus se fit l'écho de cette situation (..) dans deux de ses quatrains prophétiques où curieusement on voit revenir le même vers "Le Roy de Blois dans Avignon régner"
But why Nostradamus publishing not earlier than in the 1550s, according to the lowest chronological evaluation, would have mentioned in a prophetic text an event already known of 1539? On the contrary, we believe that prophetism has to do with the future and quite often with a very near future, that one expects and which does not necessarily arrives as expected. This was the case with Crespin announcing an action which was not fully accomplished neither concerning the French power which never passed a certain level nor the Jewish presence which never totally ceased. Actually, we think that such an anachronism was due to the use of old documents that had not been properly identified by forgers and attributed to Nostradamus without being conscious of the chronological problem.
Of course, later on, the 1569 Avignon events will belong to the past as the 1539 events but the question is : when the text appeared at first? With Crespin Demonstration of the 1571 Eclipse, do we have a commentary of a quatrain taken from already existing Centuries or do we have lines constituting a sort of political formula? One has believed that the Centuries were at least a versification of historical data but it seems that even the versification was largely borrowed and was just more or less redistributed, reshuffled, sometimes awkawardly as precisely in the case of "Roy de Bloys dans Avignon régner", which comes twice, within the same VIIIth Centurie.....
Attacks againt New Christians
The case of Nostradamus himself is an interesting example of the situation of the New Christians in France, in the middle of the XVIth Century. On century after the conversion, in 1455, of his grand father Guido Gassonnet, then becoming Pierre de Nostre dame, the physician and astrologer Michel, born in 1503, will be invited at the French Court for consultation with the royal couple, Henry de Valois and Catherine de Médicis. As a matter of fact, in 1550, Henry II had taken measures favorable to the presence of New Converts in Bordeaux. In any case, one could hardly assert that there were no Jews in France in the XVIth Century. The integration of the "conversos" seems to have been more successful than in Spain. One has to underline, however, that those New Christians were also, New Jews, since they were Jews coming from other cultures.
Crespin did, indeed, adopt the name of a "Nouveau Chrestien", of a olim judaeus, Nostradamus, later to be changed in Archidamus. And one can wonder if he was conscious and aware of Nostradamus's Jewish origins. Probably not. How could he attack the Jews, including the maranos, using for himself the name of a convert?
The Nostredame family is actually a good example of the integration of New Christians in the second part of the XVIth century, in France. The brother of Michel, Jehan de Nostredame contributed by his writings to a better knowledge of Provence and the elder son of Michel, César de Nostredame - bearing a first name far from being Jewish - was also a productive French poet and historian of Provence and called himself a "Gentilhomme provençal", though he was still living in Salon (de Provence) 50 years after his father's death (1566)..In 1602, he will publish, at Aix, J. Tholosan, L'Entrée de la Royne en sa ville de Salon, in honour to Marie de Médicis, just married to Henri IV. Indeed, the activity of this family was by no means focused on Jewish culture. There was a real process of integration through several generations. Conversion was indeed a fair way to fully participate to the French Culture and language. As a matter of fact, the Nostredame -Jean and Cesar - when they spoke about their ancestors did not mention explicitly their Jewish origins although acknowledging that some knew hebrew among other languages.
Michel de Nostredame did not hesitate to dedicate his Présages Merveilleux pour 1557 to the King Henri II -( Paris, J. Kerver) - letter which also appears, with some changes including a new date of the epistle, in the Centuries. César de Nostredame, his son, dedicated his Histoire et chronique de Provence, Lyon, Simon Rigaud, 1614, to the young King Louis XIII.
If Crespin did not know, apparently, about the Nostredame's pedigree, some seem to have been quite aware of it. Michel de Nostredame had enemies and quite a few booklets were published against him, his astrological skill being questioned; one of them alludes to his judaism :
Jean de la Daguenière in his Le Monstre d'Abus which is a joke on the name of Nostradamus : monster of abuse (cf Benazra, Répertoire Chronologique Nostradamique pp. 33-34) shows indeed that his jewish origins were not forgotten although he was grandsone of a convert, speaking of his almanachs as having a Jewish flavor :
“de nous vouloir persuader ces tant evidentes menteries descrites en vos petits pacquectz annuelz, qui sentent encores leur Judaisme a pleine gorge” (fol. C1
La Daguenière use the word "retaillat" which means circumcised:
“retaillat terme se me semble dequoy on use fort peu souvent ailleurs qu’en Provence. Et qui n’est propre qu’à ceux qui sont yssus, descendus, & extraictz des tribus & races de Judee” (fol. D3v)
Among the sources of the Protocols of the Elders of Zion, one usually mentions a Letter of the Jews of Arles to their brothers in Constantinople. In the 1880s, the then beginning Revue des Etudes Juives dedicated a few studies to this text and H. Graetz wrote an article, in 1889 : "But réel de la correspondance échangée vers la fin du XVe siècle entre les Juifs espagnols et provençaux et les Juifs de Constantinople". According to Graetz, this letter was translated from spanish to french with the same aim, to créate a feeling of disconfidence towards the New Christians. The letter from Arles was supposed to have been written at the time Provence was to be included within the French Kingdom . The Letter sent from Constantinople cynically encourages conversion but also marranism since it is the only way to remain in Provence or to stay in France. It is precisely an Abbé from Avignon, Bouis, who gave in 1641 a certain impact to this forged letter in his Royalle Couronne des Roys d'Arles. We can say that accusations of marranism prepared the move from antijudaism to anti-Semitism, since the religious change tended progressively to become not significant.
Crespin's Antijudaism and Antipapism
Behind the attacks by Crespin against the Jews, one wonder if he is not attacking the Pope. It is quite a typical strategy to associate an ennemy with the Jews in order to bring discredit to him. It is a classical polemical trick to connect an adversary with the Jews as it will be done in the XIXth Century with Free Masons, supposedy controled by Jews, which gave birth to the Protocols of the Elders of Zion.
Prophéties dédiées à la Puissance Divine, Lyon, 1572:
Au Pontife Romain salut
Le Roy de Bloys dans Avignon regner. (...)
Le Saint Siége sera remis au corps spirituel qui sera tenu pourt vray siége, la terre aride en siccité croistra & grand déluge sera aperceu soudain qui sera faict par despit de marrans & juifs, qui tiennent une loy à sainteté contraire
Crespin
Aux faux Juifz exécrables & marrans
Car vous serez déceuz (c'est à dire trompez du pontife Romain).
In 1574, after the Saint Barthelemy, Crespin still connects the Jews with the Pope in his Epistre de Profétie de paix qui doit venir au Royaume de France sans dissimulation qui régnera plus de trois cens ans etc :
"Moy Archidamus & Astrologue du dict Roy, je vous annonce que la vérité est telle qu'en brief temps, ceux qui auront mal vescu avec toutes leurs loix.. (...) comme le vieux testament a esté aboli qu'il n'y a plus que les Juifz qui le tiennent mais en ce temps qui doit venir, il n'y aura point de ceulx qui veullent convivre en leur meschante doctrine: il n'y aura Prince sur la terre qui les puisse sauver (..) et par le Pape de Rome maintenant entretenus & conservez en grand honneur lesditcz Juifz mais en ce temps qui doit venir & sommes bien proches de y estre, il n'y aura nuls qui aient méschante vie qui puissent estre sauvez & de mesme lesdictz faux Iuifz leur seront compagnie s'ils ne délogent subitement hors de la Chrestienté car le pouvoir dicelui qui les soustient ne sera de les soustenir".
Are those words "The Pope of Rome" coming from a good Catholic? One can doubt very much. Is Crespin a Protestant? The fact is that he is the prophet of a slaughter of the Jews and not of the Protestants...We rather believe that Crespin is an advocate of gallicanism and that this gallicanism cristalised around the Avignon problem. Actually, was he really against the Jews or did he try before all to weaken the legitimity of the presence of the Pope in Avignon? One should add that in the vicinity of Avignon, was a Protestant enclave, at Orange, which gave its name to the Dutch dynasty. Later on, this area became a refuge for the Jesuits, rejected from the French Kingdom, under Louis XV.
Eventually, the Avignon problem decreased and remained most of the time until the French Revolution outside the control of the French Kings. The Cardinal de Bourbon, cousin of the King of France was appointed in Avignon so that the prediction was only fulfilled under Louis XVI.
Eschatological antijudaism in the XVI th Century
Crespin, being connected with the political level as well as with the prophetical one, combines several sorts of antijudaisms. He might also have been influenced by texts published in French in the years 1530-1560s, containing attacks against the Jews although there were absent from France. But French was not limited to the Kingdom of France and some French speaking areas did have jewish minorities at least until they were integrated, sooner or later, for some of them, within the Kingdom, one of those areas being actually the Comtat Venaissin and Avignon.
Indeed the French States of the Pape did belong to the French cultural sphere. Many books in French were printed in Avignon, as the almanach of Nostradamus for 1563, by Pierre Roux, dedicated in French and Italian to François Fabrice de Serbellon, a military delegate of the Pope in Avignon. The same Pierre Roux, with Ian Tramblay, had published in 1558, an attack against Nostradamus, Declaration des abus ignorances et seditions de Michel Nostradamus, de Salon de Craux en Provence. In 1574, was published in Lyon, Jean Patrasson, a Brief Discours de quelques pluyes de sang advenues au Comté de Venaissin , by A. De Blegers de la Sale. Avignon will often be mentioned as a place of edition for the Nostradamus Centuries and in the XVIIIth Century, it will become a central nostradamic point, producing antidated forgeries as a Pierre Rigaud edition, Lyon, 1566.
Turrel
Le Période, c'est à dire la fin du monde contenant la disposition des choses terrestres par la vertu & influence des corps célestes. (1531)
"Or regardes Juif infideles & malheureux si le vrai Messias n'est point venus, puis que naves point de Royaume (...) mais vous avez des précheurs qui vous abusent mesmement Emmanuel delatis fil de Bonnet delatis, lequel ay ouy à vous prescher que le vray Messias vous viendroit bientost visiter etc'
Roussat
Livre de l'Estat et mutation du monde, Lyon, Guillaume Rouillé (1550)
"que les faulx, inhumains & meschans tirans Iuifz n'ont pu descirer " p. 178
La première partie du Recueil des Propheties et revelations tant anciennes que modernes, Paris, R. Le Mangnier, 1561. New edition, Troyes, P. Chevillot, 1611, Paris, Delarue, 1866.
Ch XXVII L'Estat et disposition des Juiifz infidéles est déclaré comment ils seront disposez (pp. 64 et seq)
"Et maintenant n'avez nulz prophetes, ne Roy, ne Prestre mais estes mesprisez de tout le monde en désolation perpetuelle (...)
"Vers la fin du monde peu de Juifz seront convertis à la foy car ils seront seduictz par l'Antéchrist
In the case of this last text, one should underline the fact that it was to republished several times, including 1611, but even in 1866 and both cases under the same cover as the Nostradamus Centuries. It is indeed important to notice that the Centuries, being a remarkable best selling during centuries have perpetuated, including the XIXth and XXth Centuries, some elements of Crespin's antijudaism and antipapism.
Astrology serving Antijudaism
In his Pronostication et prédiction pour 1572 qui seront conclus Mars estant seigneur pour le temps présent de la grande révolution du monde & suivra ses effectz jusques à l'an 1616 selon les mouvemens agiles du firmament, BNF, V 21370), Antoine Crespin gives a great importance to the coming "grand conjunction" of Jupiter and Saturn in Aries, which only occurs every 800 or 900 hundred years - a conjunction taken quite seriously by Jean Bodin, in his Republique, published in the 1570s.
"....Quand toutes les planètes seront enjointes au signe d'Aries, alors vous vous pouvez assurer d'estre du tout ruinez ensemble tous vos supposts & lesdites choses sont bien proches à venir. O quel déplorable advenement quand les vespres Siciliennes seront exécutées incontinent plus rudement qu'elles n'ont esté faites au pays des Suysses par lesquels j'en suys grandement fasché avoir descouvert les dites choses au ciel" " (Lyon, Melchior Arnoullet
The time for this fatal conjunction to come is fixed by Crespin in 1584. It is true, however, that Jews, like Abraham Bar Hiyya, also speculated upon the next coming of the Messiah especially for the end of the XVth Century and Turrel, in 1531, alluded, in his Période, to the prophecies of Emmanuel de Lattes.
It remains that many historians of nostradamism, like Pierre Brind'amour, do continue to attribute the whole centurical corpus to Michel de Nostredame, including the antijewish elements, especially the attack against the Synagogue which is a quite obvious line. Of course, some new Christians were capable to be very agressive towards the faith of their ancestors. The fact that Nostradamus, born in Saint Remy, returned, at the end of his life, in the vicinity of Avignon, in Salon de Provence, city from which a part of his family came, makes such a statement rather improbable.
Conclusions
Progressively, in the XVI th Century, the idea of a ghetto took place which had not been considered in Spain. One main point was to distinguish between Jews and non Jews and there was an attempt to do it by imposing a specific sign like the yellow colour in Avignon but that was not always considered as enough. This ghetto solution had been actually applied in XVIth century s France towards the Protestants who had certains towns attributed to them like La Rochelle. Comparatively, the ghetto, in the sense of a reserved town then, more specifically, of a reserved street (carriere) or quarter, might appear indeed, retrospectively, as an acceptable alternative to expulsion or to conversion. In the first case, the expulsion of Jews created problems for the communities which received them with a certain risk of antijudaism and in the second case, the converted Jews remained suspect of heresy and were under the threat of Inquisition. There was a derived solution which was to integrate new Christians coming from Spain and Portugal and to forget, as it were, their Jewish origin, that is what happened in Bordeaux, it afforded the French authorities to accept Jews without having to change their laws.
As a matter of fact, what happened in Provence, an area which belongs not that obviously to the so called sephardic world, could be considered within the History of the solutions of the Jewish Question - which is the subtitle of Herzl ‘s Judenstaat- zionism being one of those solutions, It is to be remarked that Palestine, in its old geographic and mandatory sense, has also to do with the Church concerns -the Popes were directly connected with the Crusade-for Christians to reapropriate what had been lost by the Byzantine Empire. So in a certain sense, Palestine - and especially Jerusalem - could be considered as a sort of new Avignon. In any case, the Avignon jewish enclave does symbolize the fact that the Jewish people are often considered as an intellectual enclave, as a problem which cannot be solved by the usual procedures.
As to the strange repetition of the formula - like a leitmotiv - “Roy de Bloys dans Avignon régner”, in the Centuries, and the fact that the last verse of one of the quatrains bearing the said formula is uncompleted, we think that it is a clear sign that the Centuries were at first presented as a posthumous and unfinished work which by no means could have been published during the life of Michel de Nostredame.
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Avignon, Ed. A. Barthélémy, 1991
Eric PLatel d'Armoc alias Eric Mardoc auteur de " Nostradamus. Bases et Décryptages"
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Biographie de Nostradamus par Mireille Huchon, Gallimard
Le Cours de l'histoireÉpisode : Que nous réserve l’avenir ? Nostradamus répond
Portrait de Michel de Nostredame, dit Nostradamus par son fils, César de Nostredame (1553-1630?). Bibliothèque Méjanes, Aix-en-Provence, France. (Wikipédia).
Le 12/03/2021
Que nous réserve l’avenir ? Nostradamus répond
À retrouver dans l'émission
Le Cours de l'histoire par Xavier Mauduit
La notoriété du Nostradamus prédicateur a traversé les siècles, mais Michel de Nostre-Dame (1503-1566) était aussi apothicaire, médecin, écrivain voyageur. Il a laissé une œuvre complexe qui révèle les préoccupations d'un homme de la Renaissance, témoin d'une époque violente et tourmentée.
Portrait de Michel de Nostredame, dit Nostradamus par son fils, César de Nostredame (1553-1630?). Bibliothèque Méjanes, Aix-en-Provence, France. (Wikipédia).
Portrait de Michel de Nostredame, dit Nostradamus par son fils, César de Nostredame (1553-1630?). Bibliothèque Méjanes, Aix-en-Provence, France. (Wikipédia).
La question se pose au moment des périodes troublées et incertaines, celles des guerres et des épidémies. Bien entendu, il y a beaucoup de fantasmes autour de cet homme du XVIe siècle. Certains lui font dire tout et n’importe quoi. Ils surinterprètent ses prophéties. Pourtant, Nostradamus est très clair dans ce qu’il écrit. Ainsi la Centurie V : « Le successeur de la Duché viendra. Beaucoup plus outre que la mer de Tosquane : Gauloise branche la Florence tiendra, Dans son giron d'accord nautique Rane. » Tout cela est très clair : dans ce quatrain, il y est question de Toscane qui est Anne-Toscane qui prépare l’émission avec Marion Dupond et Maïwenn Guiziou. Nostradamus parle de Gauloise, la Gaule, la France, donc de France Culture. Dans cette Centurie du XVIe siècle, Nostradamus annonce clairement la venue du Cours de l’histoire sur France Culture !
Xavier Mauduit
Il n’a cessé d’affoler les imaginations avec ses prophéties sur l’avenir et sur les malheurs de l’humanité. Ses prédictions se sont prêtées à toutes les interprétations au gré des chaos de l’histoire. Qui est Michel de Nostredame (1503-1566), réinventé en "Nostradamus", le devin-astrologue provençal, objet d’idolâtrie ou d’exécration ?
Dans une nouvelle biographie, Mireille Huchon revient sur cette figure d’un XVIe siècle inquiet, marqué par la Réforme et de multiples crises de mortalité.
Au confluent du platonisme, de l’occultisme et du christianisme, elle suit ses tribulations d’apothicaire, son combat contre la peste et raconte ses succès et déboires d’interprète des astres et des prodiges.
Avec Mireille Huchon, professeure émérite Sorbonne Université. Elle est notamment l'autrice de Histoire de la langue française (Le Livre de Poche, 2002), Louise Labé : Une créature de papier (Droz, 2006), Le français au temps de Jacques Cartier (Tangence, 2009), Rabelais (Gallimard, 2011) et de Nostradamus (Gallimard, 2021).
Ce sont les prophéties de Nostradamus qui nous fascinent. Mais l'ouvrage les Prophéties n'a pas eu un grand succès lorsqu'il est paru. Ce sont ses almanachs, ses pronostications qui faisaient son succès, qu'on attendait chaque année avec beaucoup d'attention, avec frénésie. Mireille Huchon
Mireille Huchon, "Nostradamus", Gallimard, 2021, p. 287. Il y a un peu d'Apollinaire chez Nostradamus...
Mireille Huchon, "Nostradamus", Gallimard, 2021, p. 287. Il y a un peu d'Apollinaire chez Nostradamus...
Sons diffusés :
Archive - 14/09/1966 - RTF/ORTF - Michel Polac.
Archive - 16/05/1981 - Temps X - Jeu sur le temps avec les frères Bogdanoff.
Archive - 1999 - JT FR2 - Les prédictions de Paco Rabanne.
Musique - Monteverdi - Lauda, Jerusalem, Dominum -
Musique - Les Frères Jacques - La confiture.
mardi 9 mars 2021
dimanche 7 mars 2021
Jacques Halbronn Eléments de sa bibliographie scientifique
Halbronn (J.), Remarques astrologiques de Jean-Baptiste Morin sur le commentaire du Centiloque de Ptolémée, ou la seconde partie de l’«Uranie» de Messire Nicolas Bourdin, Marquis de Villennes, Paris, 1975, 303 pp.
Halbronn (J.), ‘Les historiens des sciences face à l’activité astrologique de Kepler’, in Comptes Rendus du 104e Congrès National des Sociétés Savantes (Bordeaux, 1979), Sciences, Paris, 1979, fasc. 4, pp. 135–145.
Halbronn (J.), ‘The Revealing Process of Translation and Criticism in the History of Astrology’, in Astrology, Science and Society: Historical Essays, ed. P. Curry, Woodbridge, 1987, pp. 197–217.
Halbronn (J.), ‘Pierre Gasendi et l’astrologie judiciaire: approche bibliographique’, Quadricentenaire de la Naissance de Pierre Gasendi, 1592-1655. Annales de Haute-Provence 113 (1993), pp. 255–270.
Halbronn (J.), ‘L’empire déchu ou l’astrologie au XVIIe siècle’, Politica Hermetica 11 (1997), pp. ?–?.
Halbronn (J.), ‘Les résurgences du savoir astrologique au sein des textes alchimiques dans la France du XVIIe siècle’, in Aspects de la tradition alchimique au XVIIe siècle. Actes du colloque international de l’Université de Reims-Champagne-Ardenne (Reims, 28 et 29 novembre 1996), ed. F. Greiner, Paris-Milano, 1998, pp. 193–205.
Halbronn (J.), ‘L’astrologie sous Cromwell et Mazarin’, Politica Hermetica 17 (2003), pp. 70–94.
Halbronn (J.), ‘The Importance of Comets for the Cause of Astrology: the Case of Pierre Bayle in the Years 1680-1705’, in Astrology and the Academy. Papers from the Inaugural Conference of the Sophia Centre, Bath Spa University College, 13-14 June 2003, eds N. Campion, P. Curry, M. York, Bristol, 2004, pp. 181–201.
mardi 2 mars 2021
Jacques Halbronn Méthodologie de l'HIstoire des textes. La technique de l'Ascendant implique une astrologie stellaire
Méthodologie historique. La technique de l’Ascendant implique une astrologie stellaire
par Jacques Halbronn
Notre conception de l’Histoire de l’astrologie peut être qualifiée d’archéologique en ce qu’un document doit être scrutée en vue d’en dégager des couches, des strates successives comme on le ferait pour le site d’une ville. Nous avons déjà illustré récemment notre méthodologie à propos de la Tétrabible de Ptolémée en mettant en oeuvre une démarche systémique, c’est à dire en recherchant une cohérence initiale susceptible de s’être dégradée, altérée au fil des âges. Cette fois, nous revenons sur la technique de l’Ascendant que les astrologues actuels ne sont guère en mesure de justifier dès lors qu’ils ont renoncé, pour la plupart, au référentiel stellaire. Nous aborderons enfin le cas des résultats statistiques de Gauquelin concernant le « lever » des planètes.
La première chose à ne pas oublier, c’est que sur le trajet de l’écliptique, l’on trouve bien plus d’étoiles que de planètes, lesquelles sont l’exception. La preuve en est que l’on aura été en mesure de constituer des constellations tout au long de l’écliptique, ce qui ne pouvait avoir été envisagé que sur la base d’un « matériau » stellaire abondant car il n’y a pas de fumée sans feu. Rien n’était plus facile que de repérer quelle étoile était présente dans le ciel lors d’une naissance. On dit d’ailleurs « etre né sous une bonne étoile » A propos de constellation, il n’existe pas que la division en 12 mais aussi la division en 28. Le problème de la division en 12 secteurs, c’est qu’elle aura fait croire que l’astrologie aurait un fondement « tropicaliste », tentation que l’on n’aura point avec la division en 28 secteurs (appelés nakshatras en astrologie/astronomie indienne. En effet, parler de division en 12 renvoie à la symbolique des 12 mois de l’année terrestre bien que cette division n’a rien à voir avec le cycle des saisons : on ne change pas de signe à la nouvelle Lune! Il est vrai que la date de la Fête de Paques combine ces deux paramètres. « C’est le concile de Nicée, en 325, qui a souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l’équinoxe de printemps ». En fait, quel que fut le mode de découpage, à base 12 ou 28, l’étoile se levant serait la même. Certes, ce que l’on appelle Zodiaque renvoie peu ou prou à l’iconographie des 12 mois de l’année, chaque saison se voyant représentée par trois « signes ». On attribua ainsi à chaque groupe de trois signes des représentations propres à la saison correspondante
Ce que beaucoup de chercheurs ne parviennent apparemment pas à comprendre, c’est que ces différents modes de découpage sont totalement arbitraires et interchangeables. Même le fait de débuter un cycle à l’équinoxe de printemps n’est jamais qu’un critère commode, ni plus, ni moins, ce qui relativise d’autant l’importance à accorder en astrologie aux axes équinoxiaux et solsticiaux. Il est clair que le passage d’une planète d’une division (signe, constellation, nakshatra etc) à une autre ne saurait valoir en soi pour l’astrologie. C’est un épiphénomène. A contrario, les aspects apparaissent comme un facteur bien plus fiable pour l’astrologie, ne dépendant pas de la précession des équinoxes, comme l’avait compris Kepler (cf notre étude « Les historiens des sciences face à l’activité astrologique de Kepler », Congrès National des Sociétés Savantes, Bordeaux, 1979, Gérard Simon, Kepler, astrologue astronome, Gallimard 1977),
Ainsi, dans le cas de l’Ascendant, l’on repérait l’étoile fixe natale ascendante (birthstar comme dirait William J. Tucker). Or, qu’en est-il de nos jours? On nous annonce que telle personne est née avec, sous tel signe ascendant mais sans aucune référence stellaire, ce qui est totalement abstrait, qu’il y ait ou non une planète à l’ascendant. Sommes nous ici dans de l’astrologie « rotationnelle » ou dans de l’astrologie cyclique, liée aux révolutions des planètes? Il y a là quelque ambiguité car les deux astrologies se servent du zodiaque mais pas de la même façon. L’astrologie rotationnelle se contentera de noter que telle étoile se lève, est en ascension, à telle heure, en tel lieu, à la naissance en la situant dans un système de coordonnées à base 12 ou à base 28. Quant à l’astrologie des divers cycles planétaires, le Zodiaque permet de situer telle planète à tel moment de son cycle. En définitive, force est de constater que l’astrologie des cycles n’a que faire de l’étoile ascendante à la naissance, laquelle reléve de la rotation terrestre. On est donc ici face à un phénomène de syncrétisme, c’est à dire de mélange de plusieurs systèmes astrologiques censés, au départ, s’exclure mutuellement. Bien plus, l’astrologie rotationnelle aura été bien antérieure dans son émergence à l’astrologie des cycles car pour situer une planète dans le ciel, en mouvement diurne, la durée de révolution ne joue pas et la Lune progresse aussi vite que toute autre « planète » et c’est d’ailleurs pour cela que cette astrologie rotationnelle traite toutes les planètes à la même enseigne, comme on le voit pour le dispositif des maitrises planétaires, figurant dans la Tétrabible. Cette astrologie rotationnelle ne disposait donc pas au départ d’une technique prévisionnelle sinon à l’échelle d’une journée, d’où le recours à une cyclicité fictive, fondement de la technique des « directions ». Quant au thème astral, natal, il est utilisé par les deux formes d’astrologie, l’une apportant le découpage en maisons – et là encore peu importe en combien de sections, 12 ou 8 (selon Patrice Guinard) et encore autrement chez Gauquelin – et l’autre la technique des aspects, inhérente à l’astrologie cyclique.
Cela dit, cette astrologie rotationnelle était certainement à l’origine stellaire comme on s’en est expliqué plus haut, les étoiles défilant tour à tour et sans le stellaire, l’ascendant est une coquille vide. Quant à l’astrologie cyclique, il est tout aussi évident que les étoiles fixes permettaient de suivre la courses des planétes et même de déterminer leur temps de révolution, de retour « sidéral ». Le tort des sidéralistes (Dorsan etc) aura été de ne pas être stellariste, si ce n’est quant à la fixation du point de départ, relevant de l’Ayanamsa (décalé de plus de 20° par rapport à l’équinoxe de printemps (0° bélier tropique). Ils seront notamment passés à coté des Nakshatras et du découpage en 28 demeures, en dépit de leur intérêt pour l’astrologie indienne, ce qui leur aurait évité le piège saisonnier lié au 12.
Passons à présent aux travaux de Gauquelin qui ne sont pas sans poser quelque problème.(cf notre ouvrage avec Serge Hutin, L’étrange histoire de l’astrologie, 1986, notamment la Préface à Marie Delclos (non nommée) Selon nous, le dispositif qu’aura mis en lumière Michel Gauquelin, malheureusement décédé en 1991, à la veille de la publication des Personnalités Planétaires, 1992), implique que l’enfant déclenche sa sortie du ventre de sa mère, ce qui suppose qu’il attende que « sa » planète se profile à l’horizon pour que cela ait lieu et Gauquelin s’est plaint des accouchements médicalement provoqués, pour cette raison. En revanche, dans le système décrit plus haut, l’enfant serait marqué par les étoiles sous lesquelles il est né, ce qui peut se produire à tout moment puisque -avec les étoiles – l’on n’est pas limité par le petit nombre de planètes. On voit que là encore deux visions cohabitent voire trois: celle de la planète déclenchant l’accouchement selon l’astrologie rotationnelle, celle des étoiles marquant le né à sa naissance selon la même astrologie rotationnelle – mais les deux approches s’excluent mutuellement - et enfin celle, le plus souvent en vigueur de nos jours – d’une astrologie cyclique -à commencer par le soleil passant d’un signe à l’autre – et qui se réfère à l’ascendant comme faisant sens en dépit, éventuellement, de la présence d’une planète dans ce secteur ou d’une étoile, ce qui -on l’ a dit, est quand même le comble de l’abstraction voire d’une certaine forme de fiction! Mais toutes ces contradictions s’expliquent par le syncrétisme qui conduit à mélanger, à mixer indistinctement tout ce qui ressemble à de l’astrologie. C’est dans ce piège que sont tombés Jean-Pierre Nicola et ses disciples, de Richard Pellard, Bernard Blanchet à Patrice Guinard, cherchant à tout prix à préserver de façon factice, son « unité » , quitte à passer par de savantes reformulations voire à une nouvelle terminologie ( à l’instar d’un Dom Néroman, dans les années 30-40 avec son Fatum, ses plexus et ses antennes)..en conservant pêle-melle signes, maisons, aspects, planètes – mais surtout pas les étoiles fixes – se privant ainsi d’une pièce essentielle du puzzle
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