Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mardi 14 juin 2022
WIKIDECK Les Protocoles des Sages de Sion
Les Protocoles des Sages de Sion
Les Protocoles des Sages de Sion, en russe : Протоколы сионских мудрецов ou Сионские протоколы, est un texte inventé de toutes pièces par la police secrète du tsar et publié pour la première fois en Russie en 19031,2. Ce faux se présente comme un plan de conquête du monde établi par les Juifs et les francs-maçons. Traduit en plusieurs langues et diffusé à l'échelle internationale dès sa parution, il devient un best-seller.
Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf comme argument justifiant à ses yeux la théorie du complot juif et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich. Cet opuscule joue également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis. Il est devenu aujourd'hui tout à la fois un symbole de l'antisémitisme et de la falsification.
Historique
Premières publications en russe
Le texte connu actuellement sous le titre Protocoles des Sages de Sion, parfois surtitré Programme juif de conquête du monde, paraît en Russie en deux temps et deux versions : d'abord des extraits en 1903 dans le journal Znamia (Знамя), puis une version complète en 1905 éditée par Serge Nilus et, en 1906, par Gueorgui Boutmi, officier et écrivain nationaliste3, 4.
Dès avril 1902, l'existence de ce texte avait été évoquée et fait l'objet d'un article publié dans Novoïé Vrémia5. Il existait donc une version antérieure à 1903 et il est probable qu'elle ait circulé d'abord sous forme manuscrite ou en impression artisanale.
En 1905, Serge Nilus publie le texte intégral des Protocoles au douzième et dernier chapitre de la réédition de son livre, Velikoe v malom i antikhrist (Le Grand dans le Petit : La venue de l'Antéchrist et la règle de Satan sur Terre). Il y affirme que le texte provient du premier congrès sioniste tenu en 1897 à Bâle en Suisse6. Cette allégation de Nilus, reprise par d'autres promoteurs des Protocoles, est mensongère.
Traductions en allemand, anglais, français
Première édition anglaise du Jewish Peril - Protocols of the Learned Elders of Zion, Eyre & Spottiswoode Ltd. 1920
Les Protocoles sont traduits en allemand en 1909 et lus en séance au Parlement de Vienne7. Avec la Révolution d'Octobre en 1917 et la fuite de contre-révolutionnaires russes vers l'Europe de l'Ouest, leur diffusion s'élargit8. Ils deviennent internationalement connus lorsqu'ils paraissent en Allemagne en janvier 1920.
La notoriété de l'ouvrage s'accroît à la faveur d'un article du quotidien britannique The Times. Dans son édition du 8 mai 1920, un éditorial titré « Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d'enquête » évoque ce « singulier petit livre », et tend à démontrer le caractère authentique du texte9 en insistant sur sa nature de prophétie réalisée. Cet article est publié alors que les Russes blancs sont en train de perdre la guerre civile et que les « durs » du parti conservateur veulent discréditer les nouveaux maîtres du Kremlin en dénonçant une « Pax Hebraica »10. Les thèmes des Protocoles sont repris au cours des années suivantes dans de nombreux ouvrages antisémites (polémistes, savants ou de fiction) publiés à travers l'Europe9,11.
Les premières traductions françaises sont publiées en 1920 sous le titre Protocols. Procès-verbaux de réunions secrètes des sages d'Israël, édition de la revue La Vieille-France, Paris VIIe, 143 pages, tiré à 20 000 exemplaires, en 1922 par le prêtre catholique Ernest Jouin dans la Revue internationale des sociétés secrètes sous le titre Les Protocoles de 1901, en 1924 par le journaliste antisémite Urbain Gohier sous le titre Les Protocoles des sages d'Israël12, puis en 1932 sous le titre "Protocols" des sages de Sion. Édition définitive, par les Éditions Bernard Grasset avec une introduction de l'écrivain monarchiste Roger Lambelin. Jouin publie aussi une synthèse en français en 193213.
Protocoles de Sion, confisqués par la police bâloise sur plainte de Jules Dreyfus-Brodsky et Marcus Cohn, 1933, dans la collection du Musée juif suisse.
Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf comme argument justifiant à ses yeux la théorie du complot juif14, et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich15.
Aux États-Unis, le constructeur automobile Henry Ford les diffuse à travers son journal The Dearborn Independent. Pour Ford, les Protocoles des Sages de Sion sont un ouvrage « trop terriblement vrai pour être une fiction, trop profond dans sa connaissance des rouages secrets de la vie pour être un faux »16,17. Les Protocoles joueront également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis18.
Dénonciation comme un faux
Recension des articles de Philip Graves dans le New York Times du 4 septembre 1921.
Dès leur publication, Les Protocoles sont suspectés d'être un faux : un an après avoir présenté l'opuscule comme véridique, le Times de Londres revient sur le sujet, mais cette fois pour publier la preuve du faux sous le titre La fin des Protocoles. La présence de larges emprunts à Maurice Joly, auteur d'un pamphlet contre Napoléon III intitulé Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, publié à Bruxelles en 1864, vient corroborer le caractère fallacieux des Protocoles. La supercherie est évidente grâce à une comparaison ligne à ligne des deux textes. C'est ce que fait en 1938 le prêtre jésuite Pierre Charles dans son étude critique et comparative19. Le discours de Machiavel dans le Dialogue est transposé ; l'« internationale juive » y remplace l'empereur des Français. Jacques Bainville, dans l’Action française, fait écho à l'article du Times montrant la falsification vers 192120.
Umberto Benigni, grand promoteur des Protocoles, félicitant Ernest Jouin en 1921 pour sa campagne de diffusion du texte, lui confie : « Plus j'étudie la question et plus je me persuade de la non-authenticité formelle et de l'immense valeur réelle de ce document »21.
Malgré tout, Les Protocoles des Sages de Sion sont encore mentionnés par des groupes antisémites, voire certains régimes, comme preuve de l'existence d'un « complot juif international »22,23,24,25,26.
Origine du texte
Modèles
Le Juif errant par Eugène Sue, illustré par P. Gavarni, 1851
Selon Umberto Eco, le Protocole des Sages de Sion et, de façon plus générale, le mythe du complot juif, trouve son origine littéraire dans le roman-feuilleton français du xixe siècle27 :
« [le texte des Protocoles] révèle son origine romanesque car il est peu crédible, sauf dans l'œuvre de Sue, que les “méchants” expriment de façon si voyante et si éhontée leurs projets maléfiques […] : “nous avons une ambition sans limites, une cupidité dévorante, nous sommes acharnés à une vengeance impitoyable et brûlante de haine.” »
Le modèle du pamphlet de Maurice Joly contre Napoléon III, est le complot jésuite de Monsieur Rodin dans Le Juif errant et Les Mystères du peuple d'Eugène Sue27. Un autre modèle littéraire se trouve dans Joseph Balsamo d'Alexandre Dumas (1849) : Cagliostro y rencontre les Illuminés de Bavière pour ourdir le complot maçonnique de l'affaire du collier de la reine27.
En 1868, un auteur de libelles calomnieux ouvertement antisémites, Hermann Goedsche, publie, sous le pseudonyme de sir John Retcliffe, un roman populaire, Biarritz, où il plagie Dumas, en mettant en scène le Grand Rabbin annonçant son plan de conquête du monde aux représentants des douze tribus d'Israël réunis dans le cimetière juif de Prague. En 1873, le roman est repris par un pamphlet russe, Les Juifs, maîtres du monde, présenté comme une vraie chronique27. En 1881, la revue russe Le Contemporain le publie comme venant d'un diplomate anglais, sir John Readcliff (pseudonyme de Goedsche). En 1896, c'est le Grand Rabbin qui se nomme John Readcliff, dans Les Juifs, nos contemporains de François Bourmand. Le plan jésuite de Sue, mêlé à la réunion maçonnique de Dumas, attribué par Joly à Napoléon III, devient ainsi le complot juif, et sera repris sous diverses formes, avant la publication connue du grand public des Protocolei27.
Les dernières années du xixe siècle sont marquées par l'antisémitisme qui culmine en France de façon passionnelle avec l'affaire Dreyfus. En 1889, paraît Le Juif selon le Talmud, traduction du Talmudjude du professeur catholique August Rohling avec une préface du journaliste antisémite Édouard Drumont. Cet ouvrage a une influence considérable. Il prétend prouver que les juifs ont ordre de blesser et de tuer les chrétiens chaque fois que c'est possible, en vue d'assurer leur domination sur le monde. Selon Jacques Halbronn, les Protocoles constituent une tentative d'élaboration d'un Talmud laïc — d'où l'usage du mot de « Sages », qui a une connotation talmudique — permettant d'inclure les juifs non religieux au sein du camp antijuif. Rohling serait donc, au moins indirectement, une source des Protocoles ; son cadre, qu'il faudrait confronter avec le pamphlet de Joly, en constitue le contenu.
Attribution à Mathieu Golovinski
Depuis les années 1920, la paternité des Protocoles est régulièrement attribuée, par les adversaires du texte, à un agent de l'Okhrana : Mathieu Golovinski. Ce dernier aurait rédigé le faux, à Paris, sur ordre du chef de la police secrète tzariste en France : Pierre Ratchkovski. Cette origine, bien que séduisante, semble pour le moins fragile à l'examen de ses sources. La genèse des Protocoles demeure mystérieuse.
L'identification de Golovinski en tant que rédacteur des Protocoles est établie en 1917 par l'historien et juriste Serge C. Svatikov, ancien menchevik, alors commissaire du gouvernement provisoire russe chargé de démanteler les services secrets tsaristes à l'étranger, notamment à Paris. Il consigne dans son rapport le témoignage du français Henri Blint, supérieur hiérarchique de Golovinksi au sein de l'Okhrana et proche collaborateur de Ratchovski28. En 1921, la princesse Catherine Radziwill donne une conférence privée à New York, dans laquelle elle affirme que les Protocoles étaient un faux établi en 1904-1905 par les journalistes russes Mathieu Golovinski et (ru) Ivan-Fedorovitch Manasevich-Manuilov, sous la direction de Pierre Ratchkovski, chef des services secrets russes à Paris29.
Cette théorie se retrouve présentée lors du procès de Berne de 1933-1935, ouvert à la suite de la plainte de la (de) Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund et de l'(de)Israelitische Kultusgemeinde Bern, contre le (de) Bund Nationalsozialistischer Eidgenossendans, distributeurs suisses des Protocoles. Les plaignants et leurs témoins y déclarent que les Protocoles ont été initialement écrits en France à la fin des années 1890 par des agents de la police secrète russe, puis traduits en russe. Selon leur version, les principaux auteurs étaient le commandant de la police, Pierre Ratchkovski, et son collaborateur Mathieu Golovinski30.
Ces accusations à l'encontre de Ratchkovski se retrouvent en 1939 sous la plume d'Henri Rollin, membre du deuxième bureau français, dans L'Apocalypse de notre temps (réédité aux Éditions Allia en 2005) qui entend montrer le processus de création puis d'utilisation de ce texte par les courants d'abord pro-tsaristes, puis fascistes et nazis31.
En 1944, c'est au tour de l'écrivain allemand Konrad Heiden d'identifier Golovinski en tant qu'auteur des Protocoles32.
Cette théorie d'une rédaction par Mathieu Golovinski sous les ordres de Ratchkovski est relancée, en novembre 1999, par l'éditeur russe Mihkail Lepekhine qui affirma, dans l'hebdomadaire français L'Express, avoir trouvé les preuves de ces allégations33. Lepekhine considère les Protocoles comme faisant partie d'un stratagème visant à convaincre le tsar Nicolas II que la modernisation de la Russie était une manœuvre juive visant à abattre la Russie par un complot juif et à contrôler le monde.
Le rôle attribué à Golovinski dans la rédaction des Protocoles fut contesté par les historiens (en) Michael Hagemeister, (en) Richard S. Levy et (en) Cesare De Michelis, face à l'absence de source rendant le récit historiquement invérifiable34,35,6,36,37. En 2009, Pierre-André Taguieff, qui avait soutenu l'« hypothèse Golovinski »38 est lui-même revenu sur ses affirmations dans l'hebdomadaire Marianne28.
Un manuscrit français introuvable
Protocoles des Sages d'Israël , traduit par Sergueï Nilus, édité par Urbain Gohier, réédition de la Vieille France à Paris, 1924
Le chercheur italien, Cesare G. De Michelis étudie, dans son livre Il manoscritto inesistente «I Protocolli dei savi di Sion: un apocrifo del XX secolo» de 1998, les premières publications des Protocoles. Ces derniers sont mentionnés pour la première fois dans la presse russe en avril 1902 par le journal de Saint-Pétersbourg Novovye Vremya (Но́вое вре́мя - Le Nouveau Temps).
Dans un article intitulé « Des complots contre l'humanité », le publiciste conservateur (ru) Mihkail Menshikov décrit sa rencontre avec une dame — Yulianna Glinka — qui l'aurait imploré de se familiariser avec un mystérieux document, volé par un journaliste français à Nice. Après avoir lu des extraits de cette matrice probable des futurs Protocoles, Menchikov, sceptique quant à leur origine, ne les a finalement pas publiés. Si De Michelis révèle une possible origine ukrainienne du faux, comme en témoigneraient certains ukrainismes dans le texte, la question de l'existence d'un prétendu manuscrit original en langue française de la fin du xixe siècle demeure hypothétique. De Michelis montre que cet « original français » est un document extrêmement mystérieux, dont l'existence est supposée par presque tout le monde, mais que très peu de témoins de l'époque affirment en définitive avoir réellement vu.
Les importantes recherches de l'historien (en) Michael Hagemeister sur les origines des Protocoles l'ont également amené à douter de l'origine française du document et à rejeter l'implication de la police secrète russe dans la création du faux. Il met notamment en lumière le fait que le principal témoin à charge lors du procès de Berne, le comte Alexandre du Chayla (en) avait exigé une grosse somme d'argent pour son témoignage et que les plaignants eux-mêmes le considéraient comme hautement suspect39. Ces recherches historiques appuient l'analyse textuelle de Cesare G. De Michelis.
Les travaux d'Hagemeister ont été salués par le monde académique, l'historien spécialiste des mythes antisémites, (en) Richard S. Levy, allant jusqu'à qualifier l'universitaire d'« autorité suprême en la matière »35.
Les premières versions russes
Édition russe par Sergueï Nilus de 1905
Cesare G. De Michelis a identifié pour la période 1902-1906 neuf impressions de cinq éditions distinctes des Protocoles qui peuvent se réduire en réalité à trois textes40.
K : l'original ; un travail apparemment en cours.
X : deuxième rédaction.
Y : troisième rédaction.
La liste complète des premières impressions et éditions d'après les recherches de Cesare G. De Michelis est la suivante:
Q : source hypothétique proposée par De Michelis, fournissant la base de K et Y.
M : (ru) Mihkail Ossipovitch Menshikov (1902) - Première référence textuelle aux Protocoles, dans un article de journal d'extrême droite qui affirme qu'ils ont été volés par un « journaliste français » à Nice et en cite un extrait.
K : (en) Pavel Krusevan (1903) - De Michelis démontre qu'il s'agit de la version la plus ancienne du texte, publiée dans un périodique de qualité médiocre. Disparu des archives historiques jusqu'au procès de Berne de 1934, le texte n'a jamais été traduit. Sans titre, il se découpe en 22 chapitres non numérotés, et présente de nombreux ukrainismes.
L : Hippolytus Lutostansky (1904) - Citation directe de K ; sans révision du texte, mais avec des indications chronologiques utiles.
Z : rédaction hypothétique après K, mais avant X ou Y.
X : 27 Protocoles issus de Z.
A1: Anonyme (1905) - Publié anonymement par un éditeur gouvernemental russe blanc et fondé sur K.
B : Gueorgui Butmi (1906a) - Ressemble à A1, mais contaminé par croisement avec Y.
Y : 24 Protocoles, réédités, mais qui ne dérivent pas directement de Z -- impliquant l'existence d'un manuscrit Q.
A2 : Anonyme (1905) - Ressemble à A1, mais avec du matériau nouveau.
N : Sergueï Nilus (1905) - Réédition importante, utilisant apparemment A2 comme base, mais introduisant une grande quantité d'éléments empruntés à Maurice Joly. Base de la plupart des traductions.
I: Anonymous [1917] / [1996] - Un abrégé concis de N. attribue le texte à Theodor Herzl.
B3 : Butmi (1906a) - Butmi révise son propre texte pour y inclure des éléments de Y.
D : Demcenko (1906)
R : Document beaucoup plus court, partageant ses sources avec K et X, mais non pas avec Y.
R1 : G. Skalon ; Date d'origine inconnue [1996] - Publié en 1996 par Yuri Begunov41 qui a démontré par le truchement de la philologie l'existence de la branche R, affirmant qu'elle date du xixe siècle et qu'elle révélait une origine « juive ».
R2 : N. Mordvinov (1905) - Abrégé utilisant des sources similaires à R1.
R3 : Anonyme (1906) - Fermez copie de R2.
R4 : Anonyme (1906) - Copie de R2 avec des éléments supplémentaires.
Utilisations
Le Serpent symbolique du troisième protocole, dessin paru en France, environ 1920.
Au terme d'une de ses études sur les Protocoles, Pierre-André Taguieff propose cinq fonctions qu'ils peuvent remplir dans l'imaginaire — et dans la réalité, puisque la mise au jour d'un complot (n'existant que dans l'esprit de ses découvreurs) est souvent suivie de l'organisation bien réelle d'un contre-complot :
identifier les forces occultes à l'origine du prétendu complot — et confirmer qu'elles sont impitoyables ;
lutter contre ces forces en révélant les secrets qui les rendent puissantes ;
justifier la contre-attaque contre l'ennemi désormais identifié ;
mobiliser les foules (et/ou les autorités) en faveur de la cause opposée au complot ;
recréer un monde enchanté42.
Les Protocoles remplissent ces fonctions depuis leur diffusion dans les années 1920. Leur utilisation sans cesse réactualisée montre la recherche permanente d'explications prétendument rationnelles à la marche du monde43 : les Protocoles ont servi aux politiques antisémites, antisionistes, antiaméricaines ou antimondialistes.
Dans l'Allemagne nazie
Dans Mein Kampf, Adolf Hitler écrit15,14 :
« Les Protocoles des sages de Sion, que les Juifs renient officiellement avec une telle violence, ont montré d'une façon incomparable combien toute l'existence de ce peuple repose sur un mensonge permanent. « Ce sont des faux », répète en gémissant la Gazette de Francfort et elle cherche à en persuader l'univers ; c'est là la meilleure preuve qu'ils sont authentiques. Ils exposent clairement et en connaissance de cause ce que beaucoup de Juifs peuvent exécuter inconsciemment. C'est là l'important44. »
Pendant de nombreuses années, Joseph Goebbels n'utilise pas les Protocoles dans la propagande antisémite qu'il dirige. Ce n'est qu'après une lecture du texte et une discussion du 13 mai 1943 avec Hitler qu'il pense pouvoir les utiliser. Dans la recension qu'il fait de la discussion, Goebbels se dit « stupéfait » à la fois par la modernité du texte et par la rigueur dans l'exposition du projet juif de domination mondiale45.
En Union soviétique
Dans l'Union soviétique de Staline, dans les années 1933-1935, les journaux soviétiques gardent un silence total sur l'arrêt du procès de Berne, qui a conclu à la fausseté des Protocoles.
Pourtant les Izvestia dépêchent sur place Ilya Ehrenbourg. Celui-ci est chargé de suivre les développements du nazisme et de l'antisémitisme, questions spécialement débattues alors à la Société des Nations. L'article d'Ehrenbourg, dûment écrit et transmis, n'est jamais paru46.
Dans le monde arabo-musulman
Premières traductions
Les Protocoles en espagnol, 1930
Il existe au moins neuf traductions différentes en arabe du Protocoles des Sages de Sion, c'est-à-dire plus que dans n'importe quelle autre langue47.
La première traduction des Protocoles des Sages de Sion en arabe (à partir d'une version française) est publiée au Caire en 1925 puis à Jérusalem en 1926. Selon Gilbert Achcar, ils n'ont « néanmoins connu qu'une diffusion marginale dans les pays arabes avant 1948 » ; il souligne qu'elle a été le fait de chrétiens et non de musulmans48.
Muhammad Rashid Rida, que Gilbert Achcar décrit comme « le père spirituel de l'intégrisme islamique arabe moderne49 » s'en inspire dans un texte qui fait suite aux émeutes de 1929 en Palestine mandataire : son « argumentation anti-juive […] y puise à toutes les sources, combinant des arguments conformes à la tradition musulmane la plus hostile aux juifs »50.
Une traduction de 1951 est diffusée dans le monde musulman après « l'intense exacerbation du conflit palestinien de 1948 » et de la Nakba (« catastrophe », exode palestinien de 1948)48. En 1967, les Presses islamiques de Beyrouth publient la version française de Roger Lambelin sous le titre Protocoles des Sages de Sion : texte complet conforme à l'original adopté par le congrès sioniste réuni à Bâle (Suisse) en 189751.
Pour Achcar, les « insanités que contient ce pamphlet ont connu une diffusion beaucoup plus vaste que le pamphlet lui-même » et elles ont largement contribué à la « diffusion de l'antisémitisme dans le monde arabe48 ». Il insiste sur les différences de motivation des propagandistes des Protocoles en Europe, qui n'avaient que des desseins antisémites, et celle de leurs diffuseurs dans le monde arabe qui cherchaient à « excuser la défaite infamante […] des États arabes devant le mouvement sioniste et à expliquer pourquoi ce dernier avait pu gagner le soutien de l'ensemble des puissances du camp victorieux de la Seconde Guerre mondiale52 ».
Des personnalités arabes font référence aux Protocoles dans des rencontres officielles ou dans des écrits :
Par exemple, en 1929, à la suite de sa comparution devant la commission Shaw chargée d'étudier les causes des émeutes de 1929 en Palestine mandataire, le mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini se réfère aux Protocoles pour démontrer que les sionistes ont attaqué les Arabes53.
Tom Segev rapporte le cas d'un notable palestinien qui, bien que conscient du discrédit qui pèse sur les Protocoles, ne peut expliquer la défaite arabe dans la guerre de 1948 sans une collusion entre le sionisme et le communisme, dans le cadre d'un plan visant à la domination du monde54.
En septembre 1958, le président égyptien Gamal Abdel Nasser demande à un journaliste, lors d'un entretien, s'il connaît les Protocoles et lui en conseille la lecture, car ils démontreraient que « 300 sionistes, dont chacun connaît tous les autres, gouvernent le destin du continent européen et élisent leurs successeurs parmi leur entourage55. »
Cette littérature participe de la propagande antisémite diffusée internationalement par les pays arabes et s'est répandue dans d'autres pays musulmans comme le Pakistan, la Malaisie ou l'Indonésie47.
Usages et références actuels
La charte du Hamas fait référence aux Protocoles et à d'autres poncifs antisémites56,57. L'article 32 y indique que « le plan sioniste […], après la Palestine […] ambitionne[] de s'étendre du Nil à l'Euphrate […] dans « Les Protocoles des Sages de Sion » »58,59.
Gilbert Achcar rapporte cependant que la charte serait en cours d'amendement, se référant à Azzam Tamimi, un proche du Hamas qui, « sensible au dommage causé à l'image du mouvement palestinien [par l'antisémitisme de la charte] » a déclaré dans The Jerusalem Post en février 2006 que : « Toutes ces absurdités sur Les Protocoles des Sages de Sion et les théories du complot – toutes ces bêtises – seront éliminées » dans la version amendée60.
En Arabie saoudite, il est enseigné que Les Protocoles est un « document authentique » « approuvé lors du premier Congrès mondial du sionisme à Bâle » et même si les Juifs le nient, la preuve en est donnée par les changements géo-politiques, économiques et médiatiques qu'a connus le siècle passé, qui correspondent à ce qui est indiqué dans cet ouvrage61,62,63,64.
En 2003, la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie inaugure son musée de manuscrits où figure une traduction en arabe des Protocoles à côté de manuscrits de la Torah. Le directeur le justifie en déclarant : « Il se peut que le livre des Protocoles des Sages de Sion soit plus important pour les juifs que la Torah, puisqu'ils gèrent leur vie selon ses principes65. »
Le propos des Protocoles est également popularisé dans le monde arabe par divers feuilletons télévisés :
Un feuilleton télévisé égyptien, repris par de nombreuses télévisions arabes, Le Cavalier sans monture, évoque de façon centrale dans l'intrigue, les Protocoles des Sages de Sion présentés comme un écrit tenu secret par des Juifs, mais supposé authentique66.
Le feuilleton Ash-Shatat (en) ( الشتات, Diaspora), diffusé par Al-Manar, la télévision du Hezbollah, dépeint les Juifs se livrant à un complot visant à dominer le monde et reproduit les traditionnelles accusations de « crime rituel » perpétré sur des enfants chrétiens, afin d'utiliser leur sang pour fabriquer des matzot cashères67,68. Produit en Syrie sur des crédits du ministère de la sécurité, du ministère de la culture, du commandement de la police de Damas et du Département des antiquités et des musées67, ce programme est diffusé à la télévision libanaise Al-Manar, en Iran en 2004 et en Jordanie en 2005, sur le réseau satellite Al-Mamnou69. Al-Manar a suspendu la diffusion de la série après avoir constaté l'antisémitisme des premiers épisodes et présenté ses excuses à ses téléspectateurs70.
Une série télévisée Al-Sameri wa Al-Saher, sur Al-Alam Télévision, la télévision iranienne, qui comprend non seulement une dénonciation du supposé pouvoir des Juifs sur le monde, mais un négationnisme ouvertement exprimé à l'égard des crimes commis envers les Juifs.
En Afrique
Dans le documentaire Général Idi Amin Dada : Autoportrait du réalisateur suisse Barbet Schroeder, sorti en 1974, le dictateur ougandais Idi Amin Dada fait allusion au livre et présente les Protocoles des Sages de Sion en sa possession pour prétendre à l’existence d'un complot juif mondial.
Influence des Protocoles dans le temps
Influence internationale
Plusieurs auteurs, dont Pierre-André Taguieff et Catherine Nicault, ont mis en évidence les multiples utilisations des Protocoles à travers le temps : dénonciation de prétendus complots judéo-bolchéviques ou judéo-capitalistes, propagande fasciste ou nazie71.
Alain Goldschläger écrit en 1989 que cet ouvrage est un faux « avéré, dont les conséquences sont des actes de haine et de destruction »72.
Les complotistes s'appuient sur les Protocoles pour étayer leur propagande. Le britannique David Icke se défendant d'antisémitisme déclare que les Protocoles des Sages de Sion, qui inspirent certains de ses ouvrages, témoignent non d'un complot juif, mais d'un « complot reptilien »73. Alice Walker, militante anti-raciste et prix Pulitzer, devenue New Age, dit en 2018 apprécier la « liberté d'esprit » d'Icke, un homme « assez courageux pour poser les questions que d'autres craignent de poser »74,75,76. En 1991, le théoricien du complot Milton William Cooper republie Les Protocoles dans son ouvrage intitulé Behold a Pale Horse, où il accuse les Illuminati (souvent assimilés aux Juifs) et non les Juifs de vouloir établir un « Nouvel ordre mondial »77. En 2011, le conspirationniste chrétien New Age et antisémite Texe Marrs publie une édition des Protocoles avec des notes additionnelles par l'hitlérien américain Henry Ford78.
Le texte est encore diffusé, en particulier dans les milieux antisémites et/ou antisioniste et dans le monde arabo-musulman79,80. Bien que la preuve philologique que ce texte soit un faux ait été administrée, elle n'atteint pas les auteurs complotistes. « L’argument de ceux qui résistent étant que ce sont peut-être des faux matériellement, mais qu’ils sont authentiques selon l’esprit ; ou bien que l’on peut éliminer les Protocoles comme texte, mais qu’il y a bien un complot juif mondial visible à l’œuvre quotidiennement ; ou bien encore que si les Protocoles ne décrivent pas l’actualité, ils sont une prophétie81 ».
En droit français
Article détaillé : Liste de livres censurés en France#Contestations contentieuses de l'article 14 ou des interdictions.
Les Protocoles ont été interdits de diffusion en France pendant une vingtaine d’années, à la suite de l’arrêté du 25 mai 1990 du ministre de l’Intérieur français Pierre Joxe, « considérant que la mise en circulation en France de cet ouvrage est de nature à causer des dangers pour l’ordre public en raison de son caractère antisémite82. » Cette interdiction n'est plus en vigueur83 : la diffusion des Protocoles des Sages de Sion est légale en France.
Leur dernière parution est celle de 2010, éditée et présentée par Philippe Randa84, éditeur et militant politique d’extrême droite85. Le texte intégral est disponible en ligne (voir Liens externes ci-dessous).
Les Protocoles dans la littérature
La rédaction des Protocoles des Sages de Sion constitue l'ossature du roman d'Umberto Eco, Le Cimetière de Prague (2010).
Le Complot. L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion de Will Eisner (1917-2005), auteur américain de bande dessinée.
Ce livre a inspiré l'industriel antisémite américain Henry Ford pour son ouvrage Le Juif international (1920).
Notes et références
Le nom de Sion est souvent pris comme symbole de Jérusalem
Le titre varie en fonction des éditions en langue française, certaines sont intitulées Protocoles des Sages de Sion, sans l'article Les
Pour la généalogie et les différences entre versions, voir De Michelis 1997.
Walter Laqueur : L'antisémitisme dans tous ses états. Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, p. 117 & suiv., 127 & suiv., 2010, éd. Markus Haller, (ISBN 9782940427086)
Jacques Halbronn, « Le texte prophétique en France. Formation et fortune », thèse d'État, université Paris X, 1999.
(en) Cesare G. De Michelis, The Non-Existent Manuscript : a Study of the Protocols of the Sages of Zion, University Of Nebraska Press, 2004, 419 p. (ISBN 978-0-8032-1727-0, lire en ligne).
Halbronn 2002b.
Taguieff 2006, p. 120-121.
Taguieff 2006, p. 123.
Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth. Essai sur la désinformation, Paris, Calmann-Lévy, 1983, 194 p. (ISBN 2-7021-1240-4), p. 27.
Poliakov 1983, p. 27.
Édition de la Vieille France.
Ernest Jouin, Le péril judéo-maçonnique : les "Protocols" des sages de Sion : coup d'oeil d'ensemble, Paris, Revue internationale des sociétés secrètes. Émile-Paul frères., 1932, 24 p. (lire en ligne)
Adolf Hitler, Mein Kampf, p. 160 [lire en ligne].
(en) Norman Cohn, Warrant for Genocide : The Myth of the Jewish World-Conspiracy and the Protocols of the Elder of Zion, New York, Harper & Row Publishers, 1966, p. 32–36.
(en) Henry Ford, The International Jew.
(en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene: Historical Artifact or Current Threat? », dans Richard Allen Landes et Steven T. Katz, The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, 2012, p. 172-176.
(en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene: Historical Artifact or Current Threat? », dans Richard Allen Landes et Steven T. Katz, The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, 2012, p. 181.
Pierre Charles, « Les Protocoles des sages de Sion », Nouvelle Revue théologique, vol. 65, 1938, p. 56-78, 966-969, 1083-1084.
Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux, Paris, Fayard, 2004. (Taguieff ne donne pas la date mais il semble d'après le contexte que ce soit dès 1921). Il semble qu'il s'agisse d'un article paru le 19 août 1921, où Bainville reste néanmoins incertain et réaffirme une vision complotiste et antisémite de la Révolution russe.
Bibliothèque nationale de France, mss, FM7, 17, RISS, lettre de Benigni à Jouin du 9 février 1921.
Tristan Mendès France et Michaël Prazan, Une tradition de la haine : Figures autour de l'extrême-droite, Paris-Méditerranée, 1998, 153 p. (ISBN 978-2-84272-054-4), p. 14.
Jérôme Jamin, L'imaginaire du complot : discours d'extrême droite en France et aux Etats-Unis, Amsterdam, Amsterdam University Press, coll. « IMISCOE dissertations », 2009, 342 p. (ISBN 978-90-8964-048-2, lire en ligne), p. 60
« Reconnus comme un faux, les Protocoles des Sages de Sion ont donc malgré tout réussi à s'imposer au fil des années »
Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite : de 1945 à nos jours, vol. 43, Editions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle : Identités politiques européennes », 1991, 221 p. (ISBN 978-2-87027-404-0, lire en ligne), p. 42
« En Italie, la brochure publicitaire des éditions Europa tenues par la tendance Ordre Nouveau, circulait lors des congrès du MSI en 1970 et 1973 ; y figuraient la traduction de Mein Kampf, le texte des Protocoles des Sages de Sion […]. »
Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : Comment l'extrême droite remporte la bataille d'Internet, Flammarion, 2016, 318 p. (ISBN 978-2-08-135491-3, lire en ligne)
« Le visionnage de ces vidéos postées sur Youtube révèle ainsi un discours syncrétique, empruntant à toutes les traditions de l'antisémitisme : la vieille tendance « de gauche » qui identifie les juifs au système capitaliste ; une lecture complotiste plus ancienne encore, culminant autour des célèbres faux Protocoles des Sages de Sion ; […]. »
France Culture, « Mécanique du complotisme. Les Protocoles des Sages de Sion, le complot centenaire (1/3) : les faussaires du Tsar », sur www.franceculture.fr
Umberto Eco, De la Littérature, Grasset, 2003, p. 367-370.
Pierre-André Taguieff, « Qui a fabriqué des textes antijuifs ? », Marianne, numéro du 19 décembre 2009 au 1er janvier 2010.
(en) « PRINCESS RADZIWILL QUIZZED AT LECTURE », New-York Times, 4 mars 1921 (lire en ligne).
(en) Richard S. Levy, Setting the Record Straight Regarding The Protocols of the Elders of Zion : A Fool's Errand, Nexus 2 — Essays in German Jewish Studies, 2014, 200 p. (ISBN 978-1-57113-563-6, lire en ligne), p. 43-61.
Henri Rollin, L'Apocalypse de notre temps : les dessous de la propagande allemande d'après des documents inédits, Paris, Allia, 1991, 742 p. (ISBN 2-904235-32-9), p. 517-522.
(en) Konrad Heiden, Der Fuehrer : Hitler's Rise to Power, Boston, Houghton Mifflin Company, 1944, p. 1-18.
Éric Conan, « Les secrets d'une manipulation antisémite », L'Express, 16 novembre 1999.
(en) Michael Hagemeister, « The Protocols of the Elders of Zion: Between History and Fiction », New German Critique, vol. 35, no 1, printemps 2008, p. 83-95 (lire en ligne).
(en) Richard S. Levy, « Setting the Record Straight Regarding The Protocols of the Elders of Zion: A Fool's Errand? », Nexus: Essays in German Jewish Studies, Boydell & Brewer, Camden House, vol. 2, 2014, p. 45.
Urs Hafner, « Complot et contre-complot », Horizons, Fonds national Suisse, juin 2018, p. 22-24.
(en) « Dr Michael Hagemeister - The Protocols of the Elders of Zion The Facts Surrounding a Fiction », sur youtube, 4 novembre 2014 (consulté le 29 juin 2019).
Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des sages de Sion. Faux et usages d'un faux, Paris, Berg et Fayard, 2004, nouvelle éd..
(de) Michael Hagemeister, Die "Protokolle der Weissen von Zion" vor Gericht. Der Berner Prozess 1933-1937 und die "antisemitische Internationale", Zurich, Chronos, 2017, 645 p. (ISBN 978-3-0340-1385-7).
(it) Cesare De Michelis, Il manoscritto inesistente "I protocolli dei savi di Sion : un apocrifo del XX secolo", Venise, Marsilio, 1998 (2e ed. 2004).
(en) Cyril Hovorun, Political Orthodoxies: The Unorthodoxies of the Church Coerced, Fortress Press, 1er octobre 2018 (ISBN 978-1-5064-5311-8, lire en ligne)
Taguieff 2006, p. 192-193.
Taguieff 2006[Où ?].
Adolf Hitler, Mein Kampf, Nouvelles Éditions latines, chap. XI, p. 307.
Jeffrey Herf, L'Ennemi juif, p. 194.
Arkadi Vaksberg, Staline et les Juifs. L'antisémitisme russe : une continuité du tsarisme au communisme, Robert Laffont, 2003 p. 76.
Bernard Lewis, Semites and anti-Semites : an inquiry into conflict and prejudice, New York : Norton, 1986 (lire en ligne)
Achcar 2009, p. 183-184.
Achcar 2009, p. 179.
Achcar 2009, p. 185.
Taguieff 2006, p. 143.
Achcar 2009, p. 320.
Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, éditions Complexes, 1999, p. 134.
(en) Tom Segev, One Palestine. Complete, Holt Paperbacks, 1999, p. 508-511.
Selon Achcar 2009, p. 313-323, cette référence aux Protocoles marque plus un manque de culture que du racisme. Il resitue les mesures antijuives prises par Nasser dans le contexte du conflit israélo-arabe. Citation p. 319.
Achcar 2009, p. 374.
(en-GB) David Aaronovitch, « The new anti-Semitism », The Guardian, 22 juin 2003 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 11 janvier 2020)
Traduction française de la Charte du Mouvement de la Résistance Islamique - Palestine (Hamâs) publiée dans Jean-François Legrain, Les Voix du soulèvement palestinien 1987-1988, Le Caire, Centre d'études et de documentation économique, juridique et sociale (CEDEJ), 1991.
(en)Michael P. Arena, Bruce A. Arrigo, The Terrorist Identity: Explaining the Terrorist Threat, NYU Press, 2006, (ISBN 0-8147-0716-5), pp. 133–134.
Achcar 2009, p. 374-380.
(en) CMIP - CENTER FOR MONITORING THE IMPACT OF PEACE, « The Jews in World History » (version du 28 septembre 2007 sur l'Internet Archive), sur www.edume.org, 28 septembre 2007
(ar) Abdullah al-Tall, The Danger of World Jewry, Dar al-Qalam, Le Caire, 1964, p. 140-141
(en) Center for Religious Freedom of Freedom House, « Saudi Arabia's Curriculum of Intolerance: With excerpts from Saudi Ministry of Education, Textbooksfor Islamic Studies » (version du 24 juillet 2006 sur l'Internet Archive), sur www.freedomhouse.org, 24 juillet 2006
(en)Hadith and Islamic Culture, Tenth Grade (Boys). Kingdom of Saudi Arabia. Ministry of Education. Education Development, 1426-1427; 2005-2006, p. 103-104.
Taguieff 2006, chap. « Chronologie »..
Plot Summary: Horseman Without A Horse.
« UNHCR - U.S. Department of State Country Report on Human Rights Practices 2004 - Syria » (version du 1 septembre 2007 sur l'Internet Archive), sur www.unhcr.org, 1er septembre 2007
(en) ADL, « Satellite Network Recycles The Protocols of The Elders of Zion », 9 janvier 2004
« Franklin Lamb: The Israel Lobby's War on Al Manar TV » (version du 4 janvier 2010 sur l'Internet Archive), sur www.counterpunch.org, 4 janvier 2010
« Franklin Lamb : The Israel Lobby's War on Al Manar TV », sur Internet Archive (consulté le 24 octobre 2021).
Pierre-André Taguieff, « Les Protocoles des Sages de Sion, ou le plus célèbre des faux anti-juifs », Le Point Hors-série, no 21, janvier-février 2009, p. 88-89 ; Taguieff 2006 ; Catherine Nicault, « Le procès des protocoles des sages de sion, une tentative de riposte juive à l’antisémitisme dans les années 1930 », Vingtième Siècle, no 53, janvier-mars 1997, p. 68-84.
Alain Goldschläger, « Lecture d’un faux ou l’endurance d’un mythe : Les Protocoles des Sages de Sion », Cahiers de recherche sociologique, 1989, p. 91-101.
(en-GB) Jon Ronson, « Jon Ronson on David Icke », The Guardian, 17 mars 2001 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 7 janvier 2020)
Antoine Oury, « Le New York Times accusé de faire la promotion d'un auteur antisémite », sur www.actualitte.com, 21 décembre 2018 (consulté le 5 janvier 2020)
(en) Isaac Stanley-Becker, « New York Times assailed for Alice Walker interview endorsing ‘anti-Semitic’ conspiracy theorist », sur washingtonpost.com, 18 décembre 2018
(en) Ardie Geldman, « The color hate: Alice Walker's Israel controversy », sur The Jerusalem Post | JPost.com, 29 décembre 2018 (consulté le 4 janvier 2020)
(en) Arthur Goldwag, Cults, Conspiracies, and Secret Societies : The Straight Scoop on Freemasons, the Illuminati, Skull & Bones, Black Helicopters, the New World Order, and Many, Many More, Knopf Doubleday Publishing Group, 11 août 2009, 384 p. (ISBN 978-0-307-45666-3, lire en ligne)
« Power of Prophecy: Protocols of the Learned Elders of Zion » (version du 30 mai 2011 sur l'Internet Archive), sur www.texemarrs.com, 30 mai 2011
Alexandre Sulzer, « Islamisme radical et complotisme, une histoire d'amour », L'Express, 7 janvier 2016 (lire en ligne).
« Il était une fois, le solide succès des théories du complot », sur La Libre Belgique (consulté le 15 février 2018).
Emmanuel Taïeb, « Logiques politiques du conspirationnisme », Sociologie et sociétés, vol. 42, no 2, 2010, p. 272 (DOI 10.7202/045364ar).
Arrêté du 25 mai 1990 interdisant la circulation, la distribution et la mise en vente d’un ouvrage. NOR: INTD9000211A (JORF n°121 du 26 mai 1990), voir en ligne.
L'arrêté n’est plus en vigueur puisqu’il se basait sur l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881 relatif au contrôle de la presse étrangère, lequel article, après avoir été modifié à plusieurs reprises, notamment par le décret-loi du 6 mai 1939, fut définitivement abrogé à la suite de l'avis n° 380.902 du Conseil d’État rendu le 10 janvier 2008. (Voir le résumé des modifications concernant l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881.). Cet avis faisait suite à la décision n° 243634 du Conseil d’État en date du 7 février 2003, selon laquelle le décret-loi du 6 mai 1939, qui modifiait l'article 14 de la Loi du 29 juillet 1881, était abrogé par l'article 1er du décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004 (Décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004 portant abrogation du décret-loi du 6 mai 1939 relatif au contrôle de la presse étrangère. NOR: INTD0400141D. le texte).
Philippe Randa (dir.), Protocoles des Sages de Sion. Un paradoxe politique, théorique et pratique, Paris, Déterna, 2010.
« […] La majorité des livres diffusant les thèses d'extrême droite sont édités chez Dualpha. Son patron, Philippe Randa, est lui-même un ancien activiste de l'extrême droite musclée. Il assure la diffusion de ses propres livres et des auteurs qu'il édite (notamment la réédition d'ouvrages doctrinaux d'idéologues nazis comme Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg, un théoricien du IIIe Reich) », Martine Vandemeulebroucke, « L'extrême droite en un clic », Le Soir, mardi 8 janvier 2008.
Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Bibliographie
Henri Rollin, L'Apocalypse de notre temps, Allia, 1991 (1re éd. 1939).
Norman Cohn (trad. Léon Poliakov), Histoire d'un mythe : la « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion [« Warrant for genocide »], Gallimard, coll. « La Suite des temps », 1967, 300 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
Réédition : Norman Cohn (trad. de l'anglais par Léon Poliakov), Histoire d'un mythe : la « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion [« Warrant for genocide »], Paris, Gallimard, coll. « Folio / Histoire » (no 44), 1992, 302 p., poche (ISBN 2-07-032692-6).
Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme (de Voltaire à Wagner), Paris, Calmann-Lévy, 1968.
Léon Poliakov, La Causalité diabolique, Paris, Calmann-Lévy, 1980.
Renée Neher-Bernheim, Le Best-seller actuel de la littérature antisémite : les « Protocoles des Sages de Sion », Pardès, 1988.
Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, Paris, Berg International, 1992 :
Tome I : Un Faux et ses usages dans le siècle, 408 p. (2e édition revue et augmentée, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-62148-9)) ;
Tome II : Études et documents, 816 p. (ISBN 2-911289-57-9).
Pierre-André Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, coll. « Les Petits Libres », 2006, 213 p. (ISBN 2-84205-980-8).
Walter Laqueur : L'Antisémitisme dans tous ses états. Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, p.115 & suiv.; 2010, éd. Markus Haller; (ISBN 9782940427086).
Pierre-André Taguieff, « Hitler, les Protocoles des Sages de Sion et Mein Kampf », Revue d'histoire de la Shoah, Paris, Mémorial de la Shoah, no 208 « Les racines intellectuelles de Mein Kampf », mars 2018, p. 239-273.
Catherine Nicault, « Le procès des Protocoles des Sages de Sion : une tentative de riposte juive à l'antisémitisme dans les années 1930 », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, no 53, janvier-mars 1997, p. 68-84 (lire en ligne).
Cesare G. De Michelis, « Les Protocoles des sages de Sion : philologie et histoire », Cahiers du monde russe, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, vol. 38, no 3, juillet-septembre 1997, p. 263-305 (lire en ligne).
Will Eisner (trad. de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, préf. Umberto Eco), Le Complot : l'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion [« The Plot: the Secret Story of the Protocols of the Elders of Zion »], Paris, Grasset, 2005, 143 p. (ISBN 2-246-68601-6, présentation en ligne). — bande dessinée.
Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, Sindbad, 2009.
Jeffrey Herf (trad. de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat), L'ennemi juif : la propagande nazie, 1939-1945 [« The Jewish Ennemy: Nazi Propaganda during World War II and the Holocaust »], Paris, Calmann-Lévy, coll. « Mémorial de la Shoah : histoire », 2011, 349 p. (ISBN 978-2-7021-4220-2).
(en) Philip Graves, « The Truth about the Protocols: A Literary Forgery », The Times of London, 16-18 8 1921 (lire en ligne).
(en) Richard Landes (dir.) et Steven T. Katz (dir.), The Paranoid Apocalypse : A Hundred-Year Retrospective on The Protocols of the Elders of Zion, New York University Press, coll. « Elie Wiesel Center for Judaic Studies Series », 2012, 264 p., présentation en ligne.
Filmographie
Marc Levin a tourné un documentaire Les Protocoles de la rumeur sur l'usage du Protocoles des Sages de Sion dans l'antisémitisme moderne.
La vérité est ailleurs ou la véritable histoire des Protocoles des Sages de Sion, documentaire de Barbara Necek, prod. Doc en Stock. Diffusé le 6 mai 2008 sur Arte.
Articles connexes
The Secret Relationship Between Blacks and Jews : pseudo étude historique qui promeut l'idée que les Juifs sont les principaux instigateurs de la traite des noirs.
Prophétie de Franklin et Le Talmud démasqué : autres faux aux intentions antisémites.
Liens externes
Sur les autres projets Wikimedia :
Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuelBibliothèque nationale de France (données)Système universitaire de documentationBibliothèque du CongrèsGemeinsame NormdateiBibliothèque nationale d’IsraëlBibliothèque nationale tchèqueWorldCat
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Dizionario di StoriaEncyclopædia BritannicaEncyclopædia UniversalisEncyclopédie Treccani
[audio] « Les Protocoles des Sages de Sion, le complot centenaire », série produite par Roman Bornstein et réalisée par Alexandre Manzanarès, France Culture, 2 septembre 2020 : « 1 : les faussaires du Tsar » (16 min) ; « 2 : un passeport pour le génocide » (15 min) ; « 3 : du péril juif au complot sioniste » (15 min).
William Audureau, « Les Protocoles des sages de Sion », fake news antisémite à succès des années 1920 », Le Monde, 15 août 2021 (lire en ligne, consulté le 18 août 2021).
Robert Benazra L'élaboration de mythes pseudo-théologiques à partir du Talmud et du Choul'han Aroukh
BIBLIOTHECA HERMETICA
7
L’élaboration de mythes pseudo-théologiques,
à partir du Talmud et du Choul’han Aroukh
par Robert Benazra
La présente étude fait suite à la publication par nos soins de la deuxième partie de la thèse universitaire de Jacques Halbronn. L’ouvrage de l’historien de l’Esotérisme est ainsi consacré au Sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, et comporte essentiellement deux études approfondies, une sur le Judenstaat de Théodore Herzl et l’autre sur le Prologue qui introduisit les Protocoles des Sages de Sion (PSS). Une des thèses principales de notre auteur, c’est que les Protocoles, pour forger le mythe d’une “conspiration juive mondiale”, se sont fortement inspirés des Actes des premiers congrès sionistes, vers la fin du XIXe siècle - qu’on appelait d’ailleurs “protocoles” - associés à un antitalmudisme primaire, hérité du Moyen-Age. Pour conforter cet antijudaïsme, les auteurs anonymes du pamphlet ont apporté un certain nombre de citations - diffusées notamment par des Juifs convertis, plus ou moins lettrés, vers le milieu du XIXe siècle - dans lesquelles notamment, “les Juifs traitent les Gentils comme des animaux”, etc.
Il n’est pas dans notre intention de faire ici une étude complète sur la manière dont les non-Juifs (ou GOYIM1) sont “traités” dans les ouvrages législatifs des RABBANIM (ou rabbins érudits), qu’il s’agisse notamment du TALMUD, ouvrage le plus attaqué par les détracteurs du peuple juif, lesquels sont généralement dépourvus d’un quelconque bagage sur la connaissance des doctrines talmudiques, ou du CHOULKHAN AROUKH, ouvrage de prédilection, résumé beaucoup plus accessible pour la plupart des lettrés chrétiens qui se sont intéressés au Judaïsme, ou plus exactement qui ont recherché dans les doctrines juives de quoi alimenter une haine dont les causes réelles se perdent dans la nuit des temps. La Théologie fait partie de ces sciences humaines dont on ne peut parler et discuter sérieusement qu’entre initiés, un peu comme certaines branches ardues des Mathématiques, telle la Théorie des groupes par exemple, et qui ne sont pas accessibles au commun des mortels sans initiation préalable. Et “se mettre dans le contexte de l’époque” ne suffit pas toujours pour comprendre un état d’esprit dont la “cartographie” du langage même semble totalement désuète relativement au schéma linguistique utilisé par l’individu d’aujourd’hui.
Dans le texte russe, qui a servi de préface à la 1ère édition des Protocoles des Sages de Sion, on trouve plusieurs références chiffrées du Talmud et du Choul’han Aroukh (Even Ha’Ezer, transcrit Eben-Gaezar et Orakh ’Haïm transcrit Khopaïm, etc.). Jacques Halbronn a retrouvé la quasi-totalité des sources du Talmud et du Choul’han Aroukh contenues dans les nombreuses versions protocoliennes du faux antisémite, dans un ouvrage allemand de 1884, une sorte de Critique du Judenspiegel de Justus Briman, par un certain Dr. Jacob Ecker.
La recherche de Jacques Halbronn s’arrête ici, mais en tant qu’éditeur de ces textes “sensibles”, il m’a semblé utile de donner au lecteur, dans cette brève étude, quelques éléments de compréhension, notamment sur l’usage des citations talmudiques pour d’une part, compléter la thèse d’Halbronn, et d’autre part, apporter quelque lumière au lecteur néophyte, qui prendrait au pied de la lettre les dites citations. J’ai auparavant vérifié que ces citations (reproduites ci-après dans le texte original) étaient bien celles contenues dans les éditions courantes du Talmud et du Choul’han Aroukh.2 Avant de situer toutes ces citations, à partir des textes originaux tirés de la littérature talmudique, de les traduire et d’en expliquer le sens, tel que la tradition talmudique l’entend, nous voulons analyser brièvement les causes de l’antisémitisme, dont la résurgence inquiète certaines composantes de la communauté juive occidentale.
Il y a plusieurs causes à l’explosion antisémite à la fin du XIXe siècle en Europe. Mais le facteur essentiel, à mon sens, et qu’on doit nécessairement prendre en considération pour tenter une explication raisonnable du phénomène de judéophobie, est lié à la pure calomnie et à l’invention d’un mythe spécifiquement chrétien à la base, devenu un archétype qui hante les consciences universelles.
C’est la naissance du nationalisme qui a exacerbé à un très haut degré la xénophobie populaire, et bien évidemment, les Juifs - bouc émissaire idéal - en furent les premières victimes. L’essor formidable du Socialisme, qui allait de pair avec une nouvelle vision économique du monde, reportait sa haine indescriptible sur les banquiers juifs, en particulier sur l’un d’entre eux, Rothschild. Le Juif était un étranger pour le xénophobe européen, mais il était aussi un “parent” de Rothschild pour le prolétaire !
Au tournant du XXe siècle, le Juif, doublement honni, va être caricaturer jusqu’au grotesque. Et les antisémites les plus cultivés vont rechercher dans les textes législatifs des Juifs, des passages, qui une fois sortis de leur contexte, vont perdre leur signification ontologique. La vulgarisation de textes mal interprétés, dans la hâte de nuire, va conduire à l’élaboration du mythe de la “conspiration juive”, prenant le pas sur le reproche de déicide de l’antisémitisme chrétien d’origine. On va s’efforcer de démontrer que les Juifs jouissent d’une immense influence sur les rouages du monde. Dans cette quête, la raison semble des plus absente au profit d’un ésotérisme de façade. Dès 1869, l’expression “judéo-maçonnique” de Gougenot des Mousseaux, sera popularisé, une quarantaine d’années plus tard, par Mgr. Jouin.
Les antisémites vont désormais s’appuyer sur une explication quasi manichéenne de l’histoire, en invoquant, à l’appui de leur doctrine des documents historiques, notamment les fameux Protocoles des sages de Sion - vulgarisés quelques décennies plus tard par le Mein Kampf d’Adolf Hitler3 - ou même des notions hébraïques comme par exemple le Kahal, détourné de son sens par le Juif converti Jacob Brafman au début de la IIIe République, un terme propagé officiellement par le gouvernement russe, vers la fin du XIXe siècle, ou encore le terme goy qui par le même processus d’appropriation aura un succès médiatique plus prononcé et durable.
Le rejet du peuple juif, qu’un Edouard Drumont, auteur de la France juive, appellera le “peuple de Satan”, est un dogme pseudo-théologique et une constante de l’antijudaïsme chrétien. Il nous faut ainsi remonter à l’historien Flavius Josèphe qui notait, à propos des Egyptiens, que “notre piété diffère de celle qui est en usage chez eux, autant que l’être divin est éloigné des animaux privés de raison”.4 Josèphe reproche à Apion d’avoir inventé ce que nous retrouverons dans les PSS : “Il forge aussi un serment par lequel, prétend-il, en invoquant Dieu (…) nous jurons de ne montrer aucune bienveillance envers l’étranger…”5 Le mythe était en route et se forgera inlassablement au cours des siècles.
Les antisémites n’ont donc pas hésité à exploiter les passages littéralement rendus par le Talmud, notamment, pour accentuer ce reproche séculaire au peuple juif de sa haine du genre humain, à la dureté de sa loi - de la loi de ce peuple qui donna pourtant naissance au Jésus des Chrétiens, “un peuple qui demeure à part et qui ne peut être pensé parmi les nations”.6 Ainsi, l’antisémite présuppose une hostilité naturelle du Juif envers le non-Juif. Mais l’histoire de l’humanité ne montre-t-elle pas que c’est le peuple juif qui a été persécuté ?
Le peuple juif est un peuple rebelle, voilà sa vraie nature : une rébellion contre ceux pour qui l’instinct de survie serait le but essentiel de la vie, une rébellion contre la non-soumission au Créateur de l’Univers, une recherche permanente des “règles” de fonctionnement du monde tant matériel que spirituel, une quête permanente de l'indicible raison d'être.
Nous voulons ici rappeler le caractère particulier des recueils de textes rabbiniques qu’on a rassemblé sous le nom de Talmud. Il ne s’agit point d’une école de haine envers les non-Juifs, comme l’a répété pendant des siècles un virulent antitalmudisme, l’équivalent intellectuel de l’antijudaïque, devenu par la suite un pure produit démagogique avec l’antisémitisme, dont on observe aujourd’hui un surprenant renouveau associé à un antisionisme médiatique, qui se confond parfois avec un antimondialisme, voire un antiaméricanisme de circonstance : il s’agit toujours et encore de trouver un responsable aux malheurs de la planète, sans faire l’effort de comprendre, et surtout en exonérant habilement ceux vers qui devrait être tourné la réprobation générale : l’ignorance n’est-elle pas sœur du malheur des peuples ?
Tous les passages relatifs aux non-Juifs, et rapportés avec un malin plaisir, parfois par des Juifs renégats, ne devraient pas être ressortis de leur contexte, sans une “prise de conscience”, car il s’agissait pour les Rabbanim de se conformer aux prescriptions halakhiques7, c’est-à-dire à l’orthodoxie religieuse, notamment vis-à-vis des mariages mixtes et également de résister aux tentations syncrétistes issues de la fréquentation avec les non-Juifs.
L’athéisme, c’est-à-dire la négation - quelque part dogmatique - de l’existence d’une divinité, de la croyance en un Dieu unique, est certainement la source de toutes ces réflexions rabbiniques, que d’aucuns ont pu considérer comme blessantes ou insultantes à leur égard. Celui qui conteste l’existence d’un Créateur, ou plus exactement, celui qui refuse de croire qu’un esprit supérieur, même s’il existait, se soit intéressé à l’existence matérielle de ses créatures8, est nommé dans le Talmud, APIKOROS (ou “Epicurien”, par transfert linguistique), celui dont seule la perspective matérialiste, dans la recherche exclusive des plaisirs matériels lui procure une certaine satisfaction. L’exemple moderne de cet épicurisme a donné au philosophe juif Karl Marx de quoi alimenter ses thèses matérialistes. L’Epicurien nie donc le principe même de la religion, ce que les Rabbanim - dont rappelons-le, le “rabbi” Jésus de Nazareth (selon les Evangiles eux-mêmes) - ne pouvaient évidemment point admettre.9
En ce qui concerne toutes les interdictions contenues dans la Thorah, les Rabbanim enseignent : si on dit à un Juif : “Transgresse ces lois, et tu auras la vie sauve”, le Talmud (Sanhédrin 74 a) nous dit qu’il peut y consentir pour éviter la mort, à la condition expresse de ne commettre aucun des trois “péchés capitaux” suivants : AVODA ZARA (littéralement “culte des idoles”), c’est-à-dire l’idolâtrie, GUILOUILLE ARAYOTH (littéralement “révélation de la nudité”), c’est-à-dire les relations sexuelles illicites et CHEFIKHOUT DAMIM (littéralement “effusion de sang”), c’est-à-dire le meurtre, pour lesquels un Juif devra préférer la mort plutôt que la transgression de ces interdits.
Parmi les 613 Commandements qui incombe au Juif, le seul qui concerne directement notre relation avec un non-Juif est justement celui du devoir d’aimer l’étranger. La Thorah ordonne aux Juifs, en effet, de ne pas faire souffrir l’étranger de quelque manière que ce soit, et au contraire d’être toujours bienveillant envers la personne qui le représente, indépendamment de ses idées. Dans la Thorah, on appelle GUER toute personne originaire du peuple non-juif, et venu se joindre au Rassemblement d’Israël (QAHAL). C’est en parlant de lui que le texte dit : “Vous aimerez l’étranger”.10
Le non-Juif n’est pas tenu d’observer les lois alimentaires (KACHEROUT) que la Thorah stipule. C’est pourquoi, le Juif de la Thorah (généralement, mais pas toujours, celui qu’on nomme aujourd’hui “juif religieux”) ne fait pas participer le Goy au repas de PESSA’H (Pâque), par exemple. Nous lisons dans un verset de l’Exode (XII, 43) : “nul étranger n’en mangera”. Selon les Rabbanim, il s’agit de toute personne dont les actions sont comme étrangères à l’égard du Dieu de la Thorah. L’interdiction des Rabbanim, à la participation de Goyim au repas de Pessa’h, est inspirée par l’idée que le sacrifice de l’agneau pascal doit rappeler aux Hébreux et à leurs descendants leur libération, suivie de leur entrée dans l’Alliance du Sinaï, et donc, seuls ceux qui font partie de cette Alliance11, et qui l’ont accepté, pourront y participer, nous enseigne le traité talmudique de Shabbath (96 b).
Après ces préliminaires, nous allons fournir pour chacune des références rabbiniques citées - le texte hébreu contenu dans la Critique du Judenspiegel par Jacob Ecker dont Jacques Halbronn a montré qu’il s’agissait de la source même des citations dont se sont nourries les versions primitives des Protocoles des Sages de Sion - la référence tirée des éditions courantes du Talmud et du Choul’han Aroukh. La traduction des passages talmudiques est relativement délicate, en ce sens qu’une traduction mot à mot donnerait des textes quasi incompréhensibles. Pour nous aider dans cette tâche, nous avons fait appel aux connaissances talmudiques de M. Yaniv PEREZ.
Dans les ouvrages rabbiniques, on désigne parfois l’idolâtre par l’abréviation (AKOUM), c’est-à-dire, littéralement en hébreu : “Celui qui se prosterne devant les étoiles et les constellations“ : c’est donc le “païen”, proprement dit, qui est visé, et par extension, le “non-Juif”.
Les propos rabbiniques concernant l’AKOUM vise donc tout simplement l’idolâtre. Cela apparaît déjà dans le 1er Commandement divin : “Tu n’auras point d’autre Dieu”. L’Eternel est un Dieu “jaloux”, nous rappelle-t-on, d’où ces multiples allusions négatives à l’égard de ceux qui vénèrent les étoiles, et par extension, toutes formes d’idoles et leur “fan club”. Les Rabbanim font cependant une nette distinction avec ceux qui étudient les étoiles.
Nous avons dit précédemment que dans la Thorah il y a 613 MITSVOTH (ou Commandements), soit 248 commandements dits positifs (Tu feras) et 365 Commandements dits négatifs (Tu ne feras pas). Les 30 premiers Commandements négatifs concernent l’idolâtrie et les cultes païens, et les 29 suivants, la sorcellerie et les relations avec l’idolâtre12, c’est dire l’importance pour le Juif des prescriptions divines de la Thorah, l’Ancien Testament des Chrétiens.
Le Samaritain (KOUTI) est un Juif qui ne se réfère, en substance, qu’à la loi écrite, essentiellement la Thorah et le Livre de Josué. Les KOUTIM (pluriel de KOUTI) ont leurs propres prophètes qui ne sont évidemment pas reconnus par les Juifs “de la première heure”. A l’origine, on considérait les KOUTIM comme des Juifs, quoi qu’on s’en méfait certainement. On peut donner cet exemple, repris du Talmud : on ne pouvait répondre “Amen” à une bénédiction prononcé par un KOUTI que seulement si on entendait la totalité de la bénédiction, car on craignait, parfois à juste titre - et l’histoire allait donner raison à ses détracteurs - que cette bénédiction ne soit dédiée à une divinité étrangère. Et en effet, cela a duré jusqu’au jour où l’on a découvert que les Samaritains adoraient en secret une divinité en forme de colombe. A partir de ce jour, les KOUTIM ont été considérés comme des non-Juifs à part entière.13
Le Talmud distingue le KOUTI du Juif orthodoxe ou rabbinique, et les quelques réflexions désobligeantes qu’on peut trouver dans les nombreux traités talmudiques s’adressent d’ailleurs autant aux Samaritains qu’aux non-Juifs.14
I - Le Choul'han Aroukh
1ère référence
Even Ha 'Ezer (16,1)
Judenspiegel / Even Ha 'Ezer 16,1
Version du Judenspiegel
Choul'han Aroukh / Even Ha 'Ezer 16,1
Version du Choul'han Aroukh
Traduction et interprétation :
“Le Juif qui contracte un mariage avec une Samaritaine, ou bien une Juive qui épouse un Samaritain15, ne sont pas reconnus du point de vue de la Thorah, ainsi qu’il est écrit : Tu ne contracteras point de mariage avec eux”.16
On notera que l’auteur de la critique du Judenspiegel, utilise indifféremment, dans sa transcription des textes, le mot AKOUM à la place de celui de KOTI. On part ainsi, dans les textes authentiques, d’une expression particulière (le Samaritain, d’origine juive, rappelons-le) pour aboutir dans un texte à usage propagandiste, à une forme aussi généraliste que celle de AKOUM !17
2ème référence
Even Ha 'Ezer (44,8)
Judenspiegel / Even Ha 'Ezer 44,8
Version du Judenspiegel
Choul'han Aroukh / Even Ha 'Ezer 44,8
Version du Choul'han Aroukh
Traduction et interprétation :
“Le mariage rituel [d’un Juif avec] une Samaritaine ou une esclave [non juive] n’est pas valable. De même, le mariage rituel d’un Samaritain ou d’un esclave avec une Juive n’est pas admis.”18
Ainsi, pour un Juif qui contracte une alliance (charnelle ou autre) avec une KOUTITE ou une esclave (non-juive), le mariage ne sera pas pris en considération, car les partenaires ne sont pas aptes à recevoir les KIDDOUCHIN. Quant bien même les KIDDOUCHIN seraient établis, le mariage ne serait pas valable du point de vue de la Thorah. Et il en est de même avec un KOUTI ou un esclave qui a contracté un mariage avec une Juive.
3ème référence
Orakh 'Haïm (14,1)
Judenspiegel / Orakh 'Haïm 14,1
Version du Judenspiegel
Choul'han Aroukh / Orakh 'Haïm 14,1
Version du Choul'han Aroukh
Traduction et interprétation :
“Règles concernant les Tsitsith (franges rituelles) faits par un AKOUM ou par une femme :
Les Tsitsith fait par un idolâtre (AKOUM) ne sont point valables, comme le confirme l’Ecriture : Parles aux Enfants d’Israël…19 à l’exclusion des idolâtres…”.20
II - Le Talmud (dit de Babylone)
4ème référence
Yevamoth (61 a)
Judenspiegel / Yevamoth 61 a
Version du Judenspiegel
Talmud / Yevamoth 61 a
Version du Talmud
Traduction et interprétation :
“La tombe de l’AKOUM21 ne rend pas impur22 avec OHEL23, parce qu’il est dit : Quant à vous, vous êtes mon troupeau, le troupeau que je fais paître, vous êtes des hommes.24 On en déduit : vous, vous êtes appelé ADAM25, mais l’AKOUM n’est pas appelé ADAM.”
Ainsi, cette loi, qui provient directement des textes de la Thorah, nous dit que seul celui qui est appelé ADAM rend impur avec OHEL.
5ème référence
Yevamoth (98 a)
Judenspiegel / Yevamoth 98 a
Version du Judenspiegel
Talmud / Yevamoth 98 a
Version du Talmud
Traduction et interprétation :
“Thorah a rendu HEFQER (non valable)26 le sperme de l’idolâtre parce qu’il est écrit : dont la chair est celle des ânes et le sperme celui des chevaux”.27
Le problème de la Guemara, pour résumer le plus schématiquement possible, c’est de savoir si pour deux frères qui ne sont pas juifs et qui se sont pas convertis, on peut leur appliquer la loi de IBOUM et HALITSA.28 Même si ce sont des frères jumeaux (et donc le problème de la fraternité ne se pose pas), la loi de IBOUM et HALITSA n’est pas applicable sur eux. Alors le Talmud déduit de là la non-validité du sperme d’un idolâtre.
6ème référence
Qiddouchin (68 a)
Judenspiegel / Qiddouchin 68 a
Version du Judenspiegel
Talmud / Qiddouchin 68 a
Version du Talmud
Traduction et interprétation :
“Rabbi Hona dit : D'où sait-on [que lorsqu'on contracte une alliance avec une non-Juive, le mariage n'a aucune valeur juridique] ? Il est écrit dans la Thorah : Restez là avec (IM) l'âne29, un peuple (AM) qui ressemble à l'âne.30 On en déduit que les KIDOUCHIN ne sont pas valables avec une esclave non-juive.”
7ème référence
Sanhédrin (105 a)
Talmud / Sanhédrin 105 a
Version du Talmud
Rappelons que cette citation du traité Sanhédrin figure notamment dans l’ouvrage Acten und Gutachter (Vienne, 1890).
Traduction et interprétation :
“Rabbi Eliézer a dit : Les mécréants (RECHAIM) d’Israël [Juifs] et tous les GOYIM qui oublient Dieu retourneront en Enfer. Mais Rabbi Yéochoua n’est pas de cet avis car pour lui, les RECHAIM sont les GOYIM qui oublient Dieu, c’est-à-dire qu’un GOY mécréant ne peut pas accéder au monde futur.”
Nous avons par ailleurs ces deux enseignements des Rabbanim :
- Si on dit à propos du prophète païen BILAAM qu’il n’a pas de part au monde futur, on sous-entend qu’un autre non-Juif pourrait avoir une part au monde futur.
- Tout Juif a une part au monde futur.
8ème référence
Tossaphoth Sanhédrin (74 b)
Judenspiegel / Tossaphoth Sanhédrin 74 b
Version du Judenspiegel
Talmud / Tossaphoth Sanhédrin 74 b
Version du Talmud
Traduction et interprétation :
On peut noter deux interprétations de ce passage :
1 - “Aussi, il est enseigné dans la MEGUILAH (ou Rouleau) d’Esther (page 15) : Si je dois périr (de la maison de mon père), que je périsse”31
2 - “De la même manière que j’ai été perdue de la maison de mon père, ainsi j’ai été perdue de toi.”32
Et le texte poursuit :
“De la même manière, au sujet de son mari, on ne peut pas penser que la cohabitation avec un idolâtre est comme la couche d’un animal.33 Avec ce type de relations sexuelles (celles d’un non-Juif), une Juive ne peut pas se marier avec un Prêtre (COHEN), quant bien même que dans les relations sexuelles avec un animal, elle peut toujours l’être de par le fait qu’il n’existe pas de concept de ZENOUT (adultère, ou plus exactement relation interdite) avec les animaux, comme il est expliqué dans le chapitre du Traité Yevamoth (page 59) : La semence de l’idolâtre est comme celle de l’APICOROS. Lorsque la Thorah a rendu HEFQER la semence d’un non-Juif, c’est à propos de la vie spirituelle, mais quant à la relation sexuelle elle-même, la Thorah ne l’a pas rendue HEFQER, et donc cette relation sexuelle existe bien et on ne peut pas en faire abstraction, et puisqu’elle a été interdite au mari, elle aussi interdite à celui qui a eu avec elle des relations sexuelles.”
La suite du texte reprend le sujet principal et sort du cadre de la présente étude.
9ème référence
Tossaphoth Ketouvoth (3 b)
Judenspiegel / Tossaphoth Ketouvoth 3 b
Version du Judenspiegel
Talmud / Tossaphoth Ketouvoth 3 b
Version du Talmud
On remarquera que c’est quasiment le même texte que précédemment.
Traduction et interprétation :
“Aussi, dans la Meguillah il est enseigné : de la même manière que j’ai été perdue de la maison de mon père, ainsi j’ai été perdue de toi. On voit donc que vis-à-vis de son mari, les relations sexuelles d’un Egyptien34 ne sont pas considérées comme celles d’une animal et il en est de même pour celui avec lequel elle a eu des relations sexuelles, même si le concept de ZENOUT n’existe pas à propos des animaux et que les relations sexuelles avec une animal n’interdisent pas, dans l'absolu, de se marier avec un Cohen, comme il est dit dans le Traité Yevamoth : les relations sexuelles d’un Egyptien sont considérées comme de véritables relations sexuelles, et lorsque la Thorah a rendu HEFQER son sperme, c’était à propos de la vie “spirituelle”, et c'est la raison pour laquelle son sperme est considéré comme celui d’une animal.”
Voilà résumé brièvement les quelques citations qui ont servi à alimenter l'antisémitisme au tournant du XXe siècle, reposant sur une incompréhension volontaire de textes inaccessibles. Ainsi, des documents rabbiniques tel le Talmud - lequel fut pourtant imprimé au vu et au su de tout un chacun dès le début du XVIe siècle - devenaient “occultes” par la force des choses et finirent par être le substrat d'un mythe qui donna naissance à l'idée machiavélique d'une “conspiration juive mondiale”.
Robert Benazra
Nissan 5763
Notes
1 Le GOY représente pour les Juifs celui qui n’est pas juif, qu’il soit chrétien, musulman ou bouddhiste, mais un Juif “athée” reste juif, de même qu’un Juif converti au christianisme (Monseigneur Lustiger, par exemple) demeure toujours juif. En fait, le terme GOY, au sens général de la Thorah, désigne une nation, un peuple ou une organisation politique. Retour
2 Nous verrons que parfois Ecker utilise le mot KOTI (samaritain) à la place de AKOUM (idolâtre), peut-être pas innocemment d’ailleurs. Retour
3 Cf. l’étude de Jacques Halbronn dans cette même rubrique Retour
4 Cf. Contre Apion, I, § 224. Retour
5 Cf. Contre Apion, II, § 121. Retour
6 Cf. Nombres (XXIII, 9). Retour
7 La HALAKHA (littéralement, chemin à suivre), une des manifestations créatrices de la pensée rabbinique, concerne toutes les questions juridiques. Retour
8 Nous ne sommes pas très éloignés des conceptions du philosophe juif hollandais Baruch de Spinoza. Retour
9 Pour résumer, nous dirons que le terme APIKOROS dans le Talmud désigne soit celui qui nie l’existence de Dieu, soit celui qui croit en plusieurs dieux ou même un Juif qui s’éloigne des prescriptions de la Thorah. Retour
10 Cf. Deutéronome VIII, 19. Retour
11 Le symbole de cette Alliance est la circoncision. Ainsi, le Goy ne pourrait participer au sacrifice de l’Agneau que s’il est circoncit. Retour
12 Selon la nomenclature du Rambam (Maïmonide). Retour
13 M. Yaniv PEREZ nous précise cependant que la compilation de la Michna est postérieure à ce décret des Rabbanim, même si parfois on trouve dans ce recueil certaines lois concernant les KOUTIM datant d’avant le décret. Retour
14 Parfois, dans certains passages spécifiques du Talmud ou du Choulhan Aroukh, c’était généralement pour éviter les tensions et les persécutions permanentes avec l’Eglise florissante, que les Sages hébreux utilisaient les termes KOUTI et AKOUM à la place du terme GOY. Il est un fait que, sortis de leur contexte et point du tout replacés dans l’atmosphère des temps passés, certains passages du Talmud ont fait l’objet d’une polémique millénaire et ont alimenté pour des générations l’antisémitisme des Chrétiens, notamment. L’isolement religieux des Juifs se retrouve d’ailleurs dans la quasi totalité des écrits des Pères de l’Eglise. Retour
15 Il s’agit là d’une union par le biais des relations sexuelles, qui est une des trois façons de se marier, selon la Thorah, les deux autres étant la signature d'un contrat (KETOUBAH) et la dot remise directement à l'intéressé(e). Retour
16 Dans le Deutéronome (VIII, 3), Dieu ordonne aux Enfants d’Israël quelle devra être leur attitude vis-à-vis des sept nations qui occupent la Terre promise : Hittites, Guirgachites, Amorrhéens, Cananéens, Perizzites, Hiwwites et Jabouséens : “Tu ne contracteras point de mariage avec ces nations”. Retour
17 Cependant, nous précise Yaniv PEREZ, Rabbi Yossef Karo, l’auteur du Choulkan Aroukh, a cependant voulu inclure tous les non-Juifs dans cette loi, à la suite des persécutions permanentes de l’Eglise. Retour
18 L’expression consacrée pour le mariage rituel juive est “recevoir les KIDDOUCHIN”, c’est-à-dire, “sanctifié” l’union charnelle, ou plus exactement “réserver” une personne pour soi-même. En d'autres termes, avec les KIDDOUCHIN, l’homme s’engage à être fidèle et entier pour sa femme, et il en est de même pour la femme. Ainsi, les Rabbanim considèrent que cette “réception des KIDDOUCHIN” (ou sanctification) est un préalable obligatoire au mariage, sans lequel le mariage sera déclaré nul et non avenu, mais il n'est pas suffisant car même si les KIDDOUCHIN sont établis selon la forme, les conditions ne seront pas remplies avec un partenaire KOUTI notamment. Retour
19 Dans les Nombres (XV. 37 à 38), on décrit l’habit rituel que les Enfants d’Israël devront porter. Le texte débute ainsi : “Dieu dit à Moïse : Parles aux Enfants d’Israël; tu leur demanderas de confectionner une frange (ou une houppe, TSITSITH) aux pans de leurs habits, dans toutes les générations”. Retour
20 Le Talmud en déduit logiquement que ce Commandement sur les TSITSITH ne concerne donc que les Juifs. Par contre, une femme non-juive pourrait parfaitement fabriquer de tels habits ! Retour
21 Rappelons que l'AKOUM pour le Talmud est un idolâtre (non-juif), au sens le plus large du terme. Retour
22 Si quelqu’un ou quelque chose se trouve avec la tombe dans un même espace et que cet espace est couvert. Retour
23 Le terme OHEL désigne une tente, et au sens de la Halakha, c’est tout espace couvert d’au moins dix téphakhim, le téphah étant l’équivalent de la hauteur d’un poing fermé. Retour
24 Cf. Ezéchiel (XXXIV, 31). Le verset ajoute : “… et moi, je suis votre Dieu …” Retour
25 Dans la littérature talmudique, ADAM désigne l’homme au sens restreint du terme, celui qui a accepté le joug de la Thorah. Retour
26 Dans la littérature talmudique, on nomme HEFQER quelque chose qui n’appartient à personne et qui n’a pas d’existence spirituelle. Par extension, c’est un objet dont personne ne veut devenir le propriétaire. Retour
27 Cf. Ezéchiel (XXIII, 20). Retour
28 La loi hébraïque appelle IBOUM le fait qu’un homme se doit d’épouser la femme de son frère mort sans descendance (lévirat) et HALITSA (littéralement “retirer la chaussure”), c’est l’exception, lorsque l’homme ne veut pas épouser sa belle-sœur ou lorsque ce n’est pas possible, du fait qu’il soit un Prêtre (COHEN) par exemple. Retour
29 Ce verset est dans l'histoire de AQUEDAT ITSKHAQ (Sacrifice d'Isaac), lorsqu'Abraham est parti pour sacrifier Isaac sur le Mont Moriah. Il a dit à ses serviteurs (non-juifs) qui l'accompagnaient, de rester sur place avec l'âne qu'Abraham a amené et de l'attendre jusqu'à son retour. Cf. Genèse (XXII, 5). Retour
30 Il y a là un jeu de mot avec les termes hébraïques IM et AM qui comportent les mêmes lettres : “avec l'âne” (IM HAKHAMOR) et un “peuple qui ressemble à l'âne” (AM HAKHAMOR) ! Retour
31 Dans la Méguilah (IV, 16), Mardochée demande à Esther d’intervenir auprès du roi Assuérus en faveur des Juifs, menacés d’extermination par le vice-ministre Aman. Réticente au début, Esther fit cette réponse à Mardochée : “Demande au peuple juif de jeûner trois jours consécutifs. Je jeûnerai également et je demanderai audience au roi (sans attendre d’être convoqué, comme cela se pratique habituellement), si je dois périr, que je périsse.” Ce dernier propos, repris par le commentateur, KAACHER AVADTI AVADTI, a la même tonalité que celui prononcé par Jacob (Genèse XLIII, 14), lorsqu’il laisse partir son fils Benjamin pour l’Egypte : “Pour moi, si je dois être privé de mes enfants, que j’en sois privé” (VAANI, KAACHER CHAKHALTI CHAKHALTI). Cette résignation de Jacob, et ici, de la reine Esther, est simplement le résultat d’une confiance absolue en l’Eternel. Retour
32 C’est Esther qui parle à Mardochée, son mari, d’après cette interprétation, car le terme “perdue” est ici employé du fait qu’Esther, ayant eu des relations sexuelles avec Assuérus, ne pouvait plus être la femme de Mardochée. Retour
33 En d’autres termes, on constate donc que vis-à-vis de son mari, les relations sexuelles d’un non-Juif (Assuérus) ne sont pas considérées comme celle des animaux. Retour
34 Ici le terme Egyptien est synonyme de non-Juif au sens général. Retour
jacques halbronn L'impact astrologique est pluridimensionnel dans le temps et dans l'espace
jacques Halbronn L’impact astrologique est pluridimensionnel dans le temps et dans l »espace.
Nous avons mis en garde sur toute polarisation sur une date précise en astrologie, cette tendance étant liée au besoin de dresser un « thème », c’est à dire une « carte du ciel » pour un instant T Or, cette pratique ne correspond pas à l’esprit authentique de cette discipline. et est certainement responsable de bien des déconvenues prévisionnelles. Roger Hequet nous écrit :
« Ce qui « dure » : Les conséquences … Les faits sont immédiats, historiques comme individuels, instantanés, seules leurs conséquences durent, leurs « résonances ». Ne pas confondre « fait » et « conséquence »
A l’entendre, l’astrologie s’articulerait sur des moments ponctuels et chaque fois sur la base d’un « thème astral », mondial ou individuel.
Or, avec la notion de période (de 7 ans), nous changeons de paradigme et c’est ce que nous appellerons un phénoméne pluridimensionnel, se renouvelant et essaimant tout au long de la période, à partir d’une grande quantité de stimuli, étalés dans le temps et dans l’espace, générant un certain climat par delà les clivages géopolitiques. Nous dirons qu’il y a là comme un jet continu dans un même sens, ce qui signifie qu’il y a convergence des facteurs et des vecteurs ainsi impactés dans un seul et même but, celui du caractère équinoxial ou solsticial de la phase saturnienne considérée.( soit les deux axes saisonniers)
Entendons par là un surdéterminisme qui ne dépend pas d’une seule impulsion qualitative mais d’une grande diversité et répétition d’initiatives échelonnées dans le temps (quantitatif). En effet, du fait que nous ne tenons pas compte d’une quelconque équation personnelle- prenant ainsi le contre pied de Dane Rudhyar-tous les individus vont oeuvrer parallélement, ce qui est la clef d’une véritable synergie, synchronie.
Dès lors, il faut dire adieu à l’idée d’un point unique en un temps unique!
Il y a là une révolution copernicienne: la diversité ne se situe pas au niveau des planétes mais des personnes confrontées à des questionnements et des enjeux comparables mais auxquels chacun aura à répondre à sa manière, selon son histoire, son passé individuels, dans une optique anthropocosmologique. Il se peut fort bien que telle entreprise avorte, mais d’autres se poursuivront, ce qui va conférer à une phase donnée une tendance forte et statistiquement repérable. Une hirondelle ne fait pas le printemps! On ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. De même, la naissance d’un enfant doit être relativisée du fait du nombre de naissances et le destin de l’Humanité ne se joue pas sur un seul « coup »! Hequet semble projeter sur l’astrologie une certaine forme de précarité, de fragilité psychique, qui est celle d’un individu isolé, désocialisé qui ne peut compter que sur lui-même.
JHB 14 06 22
lundi 13 juin 2022
jacques Halbronn Epistémologie. Spécificité du temps astrologique.
Jacques Halbronn Epistémologie. Spécificité du temps astrologique
Dans un récent commentaire de nos textes, Roger Héquet introduisait une idée apparemment allant de soi selon laquelle tout serait une affaire de conséquence, ce qui renvoie à des perspectives étalées dans un temps indéfini à partir d'un point d'impact qui lui serait, au contraire, très nettement défini.
Or, en cette période d'élection, nous avons une illustration qui prend le contrepied d'une telle approche puisque le mandat du président comme des députés cesse à une date bien précise, laquelle ne doit rien à quelque contexte ambiant, tout comme l'âge du départ à la retraite.
Autrement dit, c'est bien la période qui est circonscrite très précisément tant en son début qu'en son aboutissement et le commencement de la phase est aussi ipso facto la fin de la phase précédente, du moins dans le cas d'une cyclologie comportant des phases de durée égale. Or, le probléme de la grande majorité des astrologues est l'inflation, la pléthore des facteurs, qui rend impossible le découpage périodique si bien que les astrologues sont bien obligés de rester dans le flou. et leur devise ne peut qu'être !Advienne que pourra. Qui vivra verra.
JHB 13 06 22
jacques Halbronn Astrologie EXOLS et vie politique: deux références oubliées 1924 et 1988
Jacques Halbronn Astrologie EXOLS et vie politique : deux références oubliées 1924 et 1988
Nous produisons ce texte dans l'entre deux tours des législatives de juin 2022.
Dans notre ouvrage L'astrologie selon Saturne ('1994-1995 Deuxiéme évidtion)); nous avions pointé une série de mouvements sociaux, entre 1789 et 1995 (prospective) , de trente ans en trente ans, sur la base du passage en train de se faire sur l'équinoxe de printemps. Nous avions notamment signalé la succession 1907-1936 mais ne nous étions pas intéressé au temps intermédiaire de 1924, correspondant au passage de Saturne sur le même axe équinoxial, mais cette fois pour l'automne. Ce qui eut lieu en 1924 n'est d'ailleurs pas sans évoquer la situation actuelle en 2022, à 102 ans d'écart en tant que "coalition électorale": la différence tient au fait qu'actuellement nous sommes en phase solsticiale alors qu'en 1924, on était en phase équinoxiale. Ce qui semble signifier qu'il s'agit actuellement d'une référence au passé (1924 et 1936) mais non d'un substrat approprié, d'où un processus prématuré.
wikipedia
".Le cartel des gauches est une coalition électorale, constituée dans une cinquantaine de départements, pour les élections législatives de 1924 entre les radicaux indépendants, le Parti radical et radical-socialiste, le Parti républicain-socialiste auquel se joignirent des socialistes indépendants, et la SFIO. Les radicaux emmenés par Édouard Herriot dominèrent la coalition victorieuse aux élections législatives de 1924"
Il nous faut également rappeler le paralléle entre les législatives de juin 2022 et celles de juin 1988 en France. On entend actuellement que c'est la première fois, sous la Ve République, que le président sortant ne retrouve pas une majorité absolue au Parlement, à la suite des législatives. Or, il nous faur rafraichir la mémoire de certains commentateurs:
Wikipedia
Les élections législatives françaises de 1988 ont lieu les 5 et 12 juin à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par François Mitterrand, afin d'élire la IXe législature de la Cinquième République. Intervenant dans la foulée de l'élection présidentielle qui voit la réélection du président socialiste, elles marquent la fin de la première cohabitation et le retour d'une majorité de gauche à l'Assemblée nationale.
Le Parti socialiste (PS) et ses alliés échouent cependant à obtenir une majorité absolue, mais redeviennent la première force à l'Assemblée nationale, au détriment du RPR et de l'UDF, qui gouvernaient depuis 1986. Les communistes refusant une alliance gouvernementale, les gouvernements socialistes sont contraints à un jeu de bascule entre le groupe communiste et les éléments modérés de l'opposition, surtout l'Union du centre (UDC), groupe parlementaire autonome issu de l'UDF.
Bibliographie
Histoire des mouvements sociaux en France; De 1814 à nos jours. Sous la direction de Michel Pigenet, Danielle Tartakowsky.: 2014; 800 p
JHB 13 06 22
dimanche 12 juin 2022
samedi 11 juin 2022
Jacques Halbronn Les Israélites sont un autre peuple (Am) que les Judéens.
Jacques Habronn Les Israélites sont un autre peuple (Am) que les Judéens.
Il est assez clair à la lecture du Livre des Rois que les tribus du Nord constituaient un "peuple" (Am) bien distinct de celui des Judéens, comme en témoigne le passage suivant :
Rois ch. XII, 28-32
ד אָבִיךָ, הִקְשָׁה אֶת-עֻלֵּנוּ; וְאַתָּה עַתָּה הָקֵל מֵעֲבֹדַת אָבִיךָ הַקָּשָׁה, וּמֵעֻלּוֹ הַכָּבֵד אֲשֶׁר-נָתַן עָלֵינוּ--וְנַעַבְדֶךָּ. 4 "Ton père (Salomon) a fait peser sur nous un joug trop dur. Toi maintenant, allège le dur traitement de ton père et le joug pesant qu'il nous a imposé, et nous t'obéirons."
ה וַיֹּאמֶר אֲלֵיהֶם, לְכוּ-עֹד שְׁלֹשָׁה יָמִים--וְשׁוּבוּ אֵלָי; וַיֵּלְכוּ, הָעָם. 5 Il leur répondit: "Allez, attendez encore trois jours et puis revenez." Et le peuple se retira.
ו וַיִּוָּעַץ הַמֶּלֶךְ רְחַבְעָם, אֶת-הַזְּקֵנִים אֲשֶׁר-הָיוּ עֹמְדִים אֶת-פְּנֵי שְׁלֹמֹה אָבִיו, בִּהְיֹתוֹ חַי, לֵאמֹר: אֵיךְ אַתֶּם נוֹעָצִים, לְהָשִׁיב אֶת-הָעָם-הַזֶּה דָּבָר. 6 Le roi Roboam consulta les vieillards qui avaient entouré Salomon de son vivant, et leur dit: "De quelle façon me conseillez-vous de répondre à ce peuple?"
ז וידבר (וַיְדַבְּרוּ) אֵלָיו לֵאמֹר, אִם-הַיּוֹם תִּהְיֶה-עֶבֶד לָעָם הַזֶּה וַעֲבַדְתָּם, וַעֲנִיתָם, וְדִבַּרְתָּ אֲלֵיהֶם דְּבָרִים טוֹבִים--וְהָיוּ לְךָ עֲבָדִים, כָּל-הַיָּמִים. 7 Et ils lui parlèrent ainsi: "Si aujourd'hui tu cèdes à ce peuple, si tu te montres conciliant à leur égard et leur donnes pour réponse de bonnes paroles, ils seront constamment tes serviteurs fidèles."
On retrouve le même mot 'am" pour peuple dans le Livre de l'Exode
Exode III, 7-12
ז וַיֹּאמֶר יְהוָה, רָאֹה רָאִיתִי אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם; וְאֶת-צַעֲקָתָם שָׁמַעְתִּי מִפְּנֵי נֹגְשָׂיו, כִּי יָדַעְתִּי אֶת-מַכְאֹבָיו. 7 L'Éternel poursuivit: "J'ai vu, j'ai vu l'humiliation de mon peuple qui est en Égypte; j'ai accueilli sa plainte contre ses oppresseurs, car je connais ses souffrances.
יב
י וְעַתָּה לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֶל-פַּרְעֹה; וְהוֹצֵא אֶת-עַמִּי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם. 10 Et maintenant va, je te délègue vers Pharaon; et fais que mon peuple, les enfants d'Israël, sortent de l'Égypte."
יא וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה, אֶל-הָאֱלֹהִים, מִי אָנֹכִי, כִּי אֵלֵךְ אֶל-פַּרְעֹה; וְכִי אוֹצִיא אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם. 11 Moïse-dit au Seigneur: "Qui suis-je, pour aborder Pharaon et pour faire sortir les enfants d'Israël de l'Égypte?"
יב וַיֹּאמֶר, כִּי-אֶהְיֶה עִמָּךְ, וְזֶה-לְּךָ הָאוֹת, כִּי אָנֹכִי שְׁלַחְתִּיךָ: בְּהוֹצִיאֲךָ אֶת-הָעָם, מִמִּצְרַיִם, תַּעַבְדוּן אֶת-הָאֱלֹהִים, עַל הָהָר הַזֶּה. 12 Il répondit: "C'est que je serai avec toi et ceci te servira à prouver que c'est moi qui t'envoie: quand tu auras fait sortir ce peuple de l'Égypte, vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même."
Il ressort que le tribus qui firent sécession au Xe sièce, au lendemain de la mort de Salomon ' n'étaient pas considérées comme faisant partie du même "peuple" que celui dont était issue la lignée de David et de Salomon. La thèse d'une origine commune de toutes les tribus serait une invention concoctée par les Israélites, notamment dans le Livre de l'Exode, ce dont nous avons déjà traité sur ce même blog NOFIM.unblog.fr Ce sont les descendants de ce "peûple" septentrional qui seront visés par Jésus : Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d'Israel. Les Chrétiens dérivent de cette mouvance asservie par les Judéens.
Deux mille ans plus tard, la conquête de Normands francophone, au XIe siècle, de l'Angleterre, générera pour longtemps une dépendance par rapport à la langue française; Le paralléle s'impose entre ces deux événements en ce que le christanisme entend se substituer au judaisme, sous des prétextes divesrs tout comme l'anglais au français.
JHB 11 06 22
jacques Halbronn Le judaisme laïc est la voie vers une nouvelle idée de Dieu et du Peuple.
Jacques Halbronn Le judaisme laïc est la voie vers une nouvelleidée de Dieu et du Peuple
En 1978, nous avions fondé le CERIJ (Centre d’Etude et de Recherche sur l’Identité Juive) lequel rejoindrait en 1989 la mouvance judéo-laïque avec notamment Liberté du Judaisme et l’AJHL (Association pour un judaisme humaniste et laïc) d’Albert Memmi. Nous avions affirmé vouloir nous émanciper des « modéles dominants » du sionisme et de la synagogue sans parvenir à établir une véritable doctrine, en raison d’une impasse qui semblait aller de soi par rapport à la théologie alors qu’il eut fallu ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. De même n’avions nous pas su tirer les leçons de la Shoah pour la connaissance de la présence juive au monde, du fait de la carence d’une lecture verticale et non plus horizontale, comme le proposait le sionisme..
I L’écueil théologique
Il nous est apparu qu’il fallait repenser l’idée de Dieu plutôt que d’adopter une position de rejet ou d’indifférence. Pour y parvenir, il était nécessaire de bien maîtriser les axes du judaisme en vigueur et d’en élaborer une critique, non pas à la façon d’un judaisme « libéral » (MJLF) ou « réformiste », non pas en instaurant une sorte de rabbinat laïc (secular Judaism) , comme aux Etats Unis mais en mettant en évidence certaines dérives conceptuelles. autour de l’idée même de Dieu.
Autrement dit, il ne s’agit pas de rejeter des notions instrumentalisées par tel ou tel mouvement mais de nous les réapproprier à partir d’une relecture des Ecritures en refusant notamment l’idée d’un Dieu universel, au sens aristotélicien et spinozien (Deus sive Natura). Il ne s’agissait pas de renoncer à certaines formulations sous prétextes qu’elles avaient pu être adoptées par le Christianisme comme celle de « Fils de Dieu » dont il s’agirait de repréciser le sens, par delà ce qui en est dit autour du personnage de Jésus et de la « Trinité ». Il s’agissait aussi de prendre en compte l’Astrologie qui est une clef de la théologie juive authentique, alors que le judaisme s’en était éloigné, notamment au XIXe siècle (cf notre ouvrage Le monde juif et l’astrologie. Histoire d’un vieux Couples, Milan, Ed Arché, 1985) Autant d’obstacles épistémologiques à désamorcer. D’ailleurs, l’antisémitisme apparaissait comme un révélateur de cette nouvelle identité /conscience juive, en ce qu’il relevait, soulignait précisément ce rôle des Juifs dans le monde moderne, notamment depuis la fin du XVe siècle.
II L’écueil nationaliste
En ce qui concerne la notion de « peuple » juif, là encore fallait-il repenser ce qu’il convenait d’entendre par là en remettant en question le schéma classique dont s’inspira le sionisme (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. ed Ramkat, 2002) La Shoah aurait du nous mettre sur la voie d’une nouvelle acception du mot peuple, plus verticale qu’horizontale, plus transnationale que nationale, plus diasporique que centrée sur Jérusalem (Sion). Il convenait d’aborder le judaisme à partir de la modernité, à savoir ce que l’on pouvait observer au vu de l’Histoire des derniers siècles et non en plaquant des textes d’un autre temps, dont la corruption pouvait être signalée. D’une part, en effet, les leçons de la Shoah laquelle avait montré que la judéité ne pouvait se réduire à quelque « confession mosaique » ou qu’elle ne disparaissait pas du fait de quelque conversion (cf le cas des Conversos, des « nouveaux chrétiens ») et de l’autre, la contribution remarquable d’individus Juifs à la pensée contemporaine, en tous ses aspects et là encore par delà une quelconque appartenance religieuse. Se dire juif ne signifiait plus avoir été formaté par quelque Yeshiva. La question de l’individu juif interpellait et l’on découvrait que de facto l’on pouvait vivre sa judéité par son rôle social au milieu d’un monde « non juif » et même que c’était la seule façon d’exister comme juif que d’être entouré de « non Juifs ».
JHB 11 06 22
vendredi 10 juin 2022
jacques halbronn Méthodologie. Le temps solsticial et les élections. Les législatives de 2022 et le spectre de 1978
Jacques Halbronn Méthodologie. Le temps solsticial et les élections. Les législatives de 2022 et le spectre de 1978
A la veille des élections législatives du prochain dimanche, pour le premier tour, se pose la question de la NUPES, initiée par Jean luc Mélanchon, alors que nous sommes, astrologiquement, en phase solsticiale, laquelle, en principe, n’est guère favorable ni à l’Union, ni à la Gauche. Normalement, il faudrait attendre 2025 pour une nouvelle phase équinoxiale. Du fait du passage du septennat au quinquennat, le calendrier électoral des alternances et des alternatives ne semble pas compatible avec notre cyclologie de 7 ans en 7 ans.Encore faudrait-il s’entendre sur le fondement même de la dualité Gauche Droite que, pour notre part, nous situons au niveau théologique. ¨ Rappelons que nous avons très tôt signalé toute l’importance du Premier Ministre et des législatives, ce dont ne traitait guère la campagne présidentielle. signalons aussi que la première cohabitation a bien failli se faire en 1978 bien avant 1986.
Pour nous, la solsticialité est le maintien et le respect des divers clivages religieux, politiques, frontaliers etc et le rejet des clivages « naturels » comme le critère sexuel, racial. géographique. Le programme de la NUPES est marqué par le respect de ses diverses composantes. On a vu que du fait de la guerre en Ukraine, les positions de Mélanchon auront singulièrement évolué vers une forme de nationalisme qui le rapproche singulièrement de l’Extréme Droite.
En ce qui concerne le phénoméne WOK, nous remarquons une grande importance accordée au Droit, à la Loi, d’où le projet d’une nouvelle Constitution pour une Sixiéme République. Un tel juridisme est partagé avec le Rassemblement National de Marine Le Pen, notamment à la naturalisation, à la nationalité. Le « wokisme » accorde aux sociétés humaines la puissance de se déterminer et refuse d’entériner tout phénoméne non maitrisé, non conçu et voulu par l’Homme. Mais quid du colonialisme qui pour nous est typiquement équinoxial en ce qu’il ne respecte pas les clivages « culturels », d’où l’impérialisme? Si Mélanchon s’en est pris au soir du premier tour des présidentielles à Marine Le Pen « pas une voix pour Marine Le Pen », cela ne tient-il pas précisément à la reconnaissance de l’existence de nombre de convergences, de rapprochements objectifs. C’est dire que la Gauche se sera logiquement « droitisée », solsticialisée au cours de cette période solsticiale.
Qu’est ce à dire? Que l’on ne traverse pas impunément telle ou telle phase, qu’on en est imprégné, impacté. Prenons le cas du Programme Commun , de l’Union de la Gauche PS-PC des années 70. Mitterrand échouera aux législatives de mars 1978 , en phase solsticiale mais triomphera aux présidentielles de 1981, en phase équinoxiale, avec cependant un "tournant" (de la rigueur) en 1983. Il semble bien que l’on soit en train de s’acheminer vers le même scénario en 2022 avant de réussir en 2025-2027. Dans les deux cas, Saturne, en 78 comme en 2022, est en phase solsticiale. L’on sait que l’on préfére l’original à la copie. La solsticialité exerce un effet nostalgique sur le passé -Union de la Gauche, Programme Commun, Mitterrand- mais l’histoire bégaie. Il se trouve que nous avons été aux premières loges en 1978 et avons participé, dans le XIIIe arrondissement de Paris, à la campagne de Paul Quilés. et à sa déception. La perspective d’une cohabitation était alors envisagée par Mitterrand:
Aticle Wikipedia
. « La gauche indique qu’elle ne souhaite pas demander la démission du président de la République en cas de victoire : elle s’inscrit dans la perspective d’une cohabitation avec Valéry Giscard d’Estaing. François Mitterrand déclare : « nous cohabiterons dans le même pays, désireux de préserver le tissu national commun, mais il y aura deux politiques pour la France : la sienne et la nôtre, et elles ne pourront être confondues ». Mais le second tour des législatives infirmera le premier tour:
Notice Wikipedia
»Tandis que la gauche sortait majoritaire du premier tour de scrutin le 12 mars - ce pour la première fois dans l’histoire de la Ve République -, elle s’effrite au second tour pour finalement consacrer la victoire de la majorité de droite sortante qui obtient 51,06 % des suffrages le 19 mars. «
On notera, en passant, la symétrie des deux dates par rapport à l'An 2000 : 1978 + 22 = 2000. En tout état de cause, il nous apparait que le systéme electoral en vigueur comporte une dimension bien aléatoire et que cela peut se jouer à fort peu de choses. Jusqu'à quel point l'astrologie peut-elle jouer sa validation sur de telles bases si ce n'est en faisant de nécessité vertu?. En tout état de cause, les deux binomes 1978-1981 et 2022-2025 sont à garder à l'esprit même si 2025 ne figure pas dans le calendrier du double quinquennat, présidentiel et parlementaire.
JHB 10 06 22
jeudi 9 juin 2022
jacques Halbronn Linguistique. L'écrit transcrivant l'oral ou l'oral prononçant l'écrit?
jacques halbronn Linguistique. L’écrit transcrivant l’oral ou l’oral prononçant l’écrit?
L’historien des langues ne saurait échapper à certains questionnements quant à la dialectique Oral/Ecrit. D’un point de vue scolaire, l’apprentissage de la « lecture » inciterait à conférer à l’écrit un statut matriciel et bien des facteurs semblent en effet aller dans ce sens si ce n’est que les cartes pourraient bien avoir été truquées, biseautées. On prendra le cas du français car il nous apparait que c’est la langue qui aura le mieux su résister à la dictature de l’écrit.
On sait qu’en français il est demandé, dans la plupart des cas, de ne pas « prononcer » les consonnes finales, ce qui suppose que l’on parte de l’écrit pour aller vers l’oral puisque cela suppose que le locuteur ait connaissance de l’écrit. Mais une autre approche nous semble envisageable, à savoir que les artisans de la mise par écrit auraient élaboré un tel dispositif et l’on sait à quel point l’orthographe du français aura subi un certain nombre d’élaborations artificielles en vue de s’aligner notamment sur le latin.
La thèse que nous soutiendrons ici -on l’aura compris- vise à insister sur la prééminence première de l’oral sur l’écrit, dans l’histoire de la langue française telle que nous entendons la restituer avec les méthodes structurelles qui sont les notres et notre pratique des contrefaçons et des antidatations qui peuvent égarer le chercheur.(cf le corpus centurique ou le corpus biblique).
Selon nous, la « non prononciation » des consonnes finales en français ne signifierait pas nécessairement une dépendance de l’oral par rapport à l’écrit mais correspondrait à un marqueur fondé sur la présence alternant avec l’absence de certains phonémes du français, à commencer par ce qui concerne le masculin et le féminin, le français se distinguant notamment des autres langues latines par le non usage du « o » et du ‘a » en tant que marqueurs de genre. En effet, le fait de ne pas « rendre » la consonne finale du mot masculin alors qu’au féminin, cette consonne s’entend, peut fort bien avoir été décidé à partir de l’oral et non point à partir de l’écrit. Ajoutons que l’absence phonique de la dite consonne va générer un son vocalique nouveau comme avec grande et grand. Dans un cas, le locuteur produira le son correspondant au « d » alors que dans l’autre, cela donnera le son « an » (diphtongue), sans même la production du son « d ». Que cela ait pu être rendu à l’écrit en faisant figurer la lettre « d » au masculin dans « grand » ne serait qu’une façon pour ceux chargés de la « traduction », de la transcription, de la notation, de procéder.
JHB 09 06 22
Jacques Halbronn La cyclologie astrologique et les changements immédiats de phase
jacques halbronn La cyclologie astrologique et les changements immédiats de phase.
Dans notre brochure de 1994-1995, L’Astrologie selon Saturne, nous avions déterminé des « fenêtres » à cheval sur le point vernal, ce qui correspondait à l’idée d’un certain continuum d’une période à l’autre, impliquait l’existence d’une orbe allant de la fin du signe des Poissons au début du signe du Bélier, à l’instar du glissement progressif d’une saison vers la suivante. Une telle approche nous apparait désormais insoutenable car précisément, le passage d’une phase à la suivante n’a rien de « progressif » mais serait plutôt à qualifier de « brusque », d’ »immédiat ». Dans un précédent article consacré à la « Révolution Française » (sur le même support NOFIM.unblog.fr), nous avions souligné le contraste entre 1789 et 1791, du fait du passage d’une phase solsticiale à une phase équinoxiale. En 1789, Louis XVI restait au pouvoir, en 1791, ce fut la « fuite à Varennes » suivie en 1793 de son éxécution. Il y a bien là deux temps contrastés.
On retrouve ce même contraste entre 1848 et 1849, soixante ans plus tard. En 1848, c’est le « printemps des peuples », expression typiquement solsticiale, qui n’est pas sans évoquer 1989 également liée à une phase solsticiale mais en 1989, c’était le début d’une telle phase de 7 ans, alors qu’en 1848, c’en est la fin et très vite ce sera la répression, avec le passage en 1849 à une phase équinoxiale, plus favorable aux empires qu’aux nations. D’où notamment la répression avec le président Louis Napoléon Bonaparte, sous la Seconde République, avant le coup d’Etat de 1851 qui aboutira au Second Empire, le mot Empire étant à tonalité équinoxiale et ne respectant pas les clivages historiques nationaux.(cf Ephémérides https://www.astro.com/swisseph/swepha_f.htm)
De même avons nous récemment montré que 1995 était la fin d’une phase solsticiale et pas encore le début d’une phase équinoxiale, laquelle verra se mettre en place une nouvelle cohabitation en 1997. Il est donc essentiel de bien séparer les deux phases et de souligner le caractère très marqué du passage d’une phase à une autre et c’est justement ce basculement brusque qui prouve l’astrologie telle que nous la formulons vu que le paradigme en vigueur tendrait plutôt vers une évolution progressive à l’instar du cycle saisonnier. Or, si le découpage en 4 temps du cycle planétaire fait bien écho au dit cycle, cela ne signifie aucunement que sa dynamque soit du même ordre. Il y a là comme une sorte de « miracle astrologique » du fait même d’un tel basculement remarquable qui n’est pas sans évoquer le premier chapitre de la Genése avec le Fiat Lux:
א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם. 2 Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.
ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר. 3 Dieu dit: « Que la lumière soit! » Et la lumière fut.
ד וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ. 4 Dieu considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres.
ה וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד. {פ} 5 Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir, il fut matin, un jour.
Le défaut de notre publication d’il y aura bientôt 30 ans, tient au fait que nous mettions de facto sur le même plan, une révolution des peuples se révoltant contre toute forme d’empire, de régime unique, et celle visant à unifier et à dépasser les clivages, ce qui risque d’hypothéquer la précision et la pertinence des prévisions. En fait, les deux processus s’enchainent et le risque tient à une telle ambivalence, à un tel télescopage car les deux phases successives se déploient en sens inverse!
JHB 09 06 22
mercredi 8 juin 2022
Jacques Halbronn Gougenot des Mousseaux et les Juifs selon les travaux de J. Halbronn et d'Emmanuel Kreis (2002-2017)
Jacques Halbronn Gougenot des Mousseaux et les Juifs selon les travaux de J. Halbronn et d’Emmanuel Kreis. (2002-2017)
Par curiosité, nous avons voulu étudier la façon dont Emmanuel Kreis se référe (ou pas) à nos travaux autour de la question juive et, si l’on peut dire, nous n’avons pas été déçu sur les moeurs propres à un certain milie où nous avions croisé E. Kreis, à plusieurs reprises (notamment aux réunions Politica Hermetica). Commençons par un petit rappel bibliographique:
1991 Antisémitisme et occultisme en France. aux XIXe et XX siècles. Revue des Etudes juives
1997 J. H. The term Protocols from the Zionist Congresses to the Protocols of the Wise Men of Zion and thereception of the Russian Protocols in Central Europe before 1917, Proceedings of the twelfth Congress og Jewish Studues, Jerusalem
1999 JH Le texte prophétique en France. Formation et fortune 3 tomes.
Thèse d’Etat Paris X et Presses Universitaires du Septentrion( 2002)
2002 JH. Prophetica Judaica Beith. Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. suivi d’un dossier de Documents sionistes et pseudo-sionistes comportant notamment L’Etat Juif de théodore Herzl (Paris, 1896) & Divers texes relatifs aux Protocoles des Sages de Siib, Préface de Hervé Gabrion 440 pages/Ed Ramkat.
Géostratégie des Protocoles des Sages de Sion – Baglis TV
https://www.baglis.tv › Esprit › Esotérisme
Réponse dans cette table ronde de 54 minutes animée par Jacques Halbronn avec les historiens Daniel Lindenberg, Emmanuel Kreis (doctorant) et Pierre Barrucand et filmée
2003-2011 Emmanuel Kreis. Thèse en Histoire des religions et Anthropologie religieuse – Histoire des courants ésotériques dans l’Europe moderne et contemporaine. Sujet : « Quis ut Deus ? » Antijudéo-maçonnisme et occultisme en France sous la IIIe République, sous la direction de Jean-Pierre Brach à l’École pratique des hautes études, section Sciences religieuses. Jury composé de MM. Steven Englund (rapporteur), Bertrand Joly (rapporteur), Jean-Pierre Laurant, Émile Poulat, Philippe Portier. Mention Très Honorable, avec les félicitations unanimes du jury
2009
EK Les puissances de l’ombre Juifs, Jésuites, franc-maçons, réactionnaires.. la théorie du complot dans les textes. CNRS Editions
2017 , 309 p.
EK Quis ut Deus? Antijudéomaçonnisme et occultisme en France sous la IIIe République. Paris, Belles Lettres. 760p.
Nos observations/ Si nous consultons les chapitres consacrés à Gougenot des Mousseaux dans la production d’Emmanuel Kreis,(pp. 76-88 dans les Puissances de l’ombre et pp. 85 -101 dans Quis ut Deus?) nous remarquons que nos travaux (notamment ceux de 2002, pp. 236-243) ne sont jamais signalés, tant en note, qu’en bibliographie ou dans le riche indes des noms de personnes (p. 746 756 de Quis ut Deus?) Nous n’avons pas vérifié si Kreis avait ou nom emprunté à nos publications mais il s’agit bien là, en tout état de cause, d’une lacune remarquable et qui suscite plusieurs hypothèses, d’autant plus que Kreis avait participé avant la soutenance de sa thèse à une table ronde que nous avions réunie animée et qui a été filmée (sur Baglis TV). Faut il y voir quelque forme de « complot »?
.
JHB 08 06 22
Jacques Halbronn La vie astrologique Astrologie EXOLS La naissance de TEleprocidence en phase solsticiale.
jacques Halbronn La vie astrologique Astrologie EXOLS La naissance de Teléprovidence en phase solsticiale.
En 2007-2008, Saturne, gravitait le Zodiaque en fin lion, début vierge. On était donc en phase solsticiale. Et le Colloque de Paris de novembre 2004, ouvrait la dite période qui allait s’étendre jusqu’en 2010-2011 et notamment le Printemps Arabe, en phase équinoxiale. On insistera ici sur le côté « rétro » de toute phase solsticiale, qui en est la marque de fabrique.
En effet.teléprovidence – et précédemment TVUrania fondé par Roger Hecquet – fut en partie l’occasion de mettre en ligne nos archives vidéo et audio constituées depuis 2007, du fait d’une suite de congrès, tant à Paris (1988- 1995-2004) qu’en province (Montluçon (1991), Dijon (1993) sans parler de films « muets » (sans le son) tournés en 1978-78 à Paris. Quant au grand congrès de 2004, il avait été l’occasion de retrouvailles entre divers acteurs de nos congrès « MAU », sur une trentaine d’années.
Inversement, en phase équinoxiale, le passé joue un rôle sensiblement moins marquant et l’on a tendance alors à vouloir tourner la page.C’est ce qui s »était notamment produit dans les années 1983-1986, avec les projets de fédération et l’émergence de nouvelles personnalités comme Daniele Rousseau et Denise Daprey, éclipsant quelque peu les vedettes des périodes antérieures. On parlait alors en politique d’un Ancien Régime, du fait de l’avénement de François Mitterrand en 1981, en phase équinoxiale. A contrario, le MAU, à ses débuts, en 1975, en phase solsticiale, avait été l’occasion de rendre hommage aux Anciens, avec une moyenne d’âge chez les intervenants fort élevée, ce qui contrastait d’ailleurs avec la jeunesse du président que nous étions. La nouvelle génération avait été marginalisée au profit de la vieille garde.
JHB 08 06 22
Jacques Halbronn Théologie et Astrologie. Rejet et reconnaissance. Un paradoxe
jacques Halbronn Théologie et Astrologie. Rejet et reconnaissance . Un paradoxe
Dans notre ouvrage paru en 1985, Le Monde Juif et l’Astrologie (issu de notre thèse de 1979, à l’EPHE) nous avions remarqué que le rejet de l’astrologie ne signifiait pas ipso facto la négation du phénoméne mais au contraire permettait de mettre en scéne une sorte de miracle, comme en témoigne la formule talmudique Ein Mazal le Israel. Israel n’a pas de Mazal (traité Shabbat). Sans l’existence de l’astrologie, un tel « miracle » n’aurait pu faire sens! Il importe de prendre conscience d’un tel dilemme: le rejet est reconnaissance.
Dans le cas de notre théorie cyclique, cela signifie que la phase équinoxiale peut aussi bien correspondre à une reconnaissnce qu’à un rejet puisque les deux notions sont intimement liées. Le cas de la Shoah est en ce sens emblématique: la volonté d’anéantir les Juifs suppose que l’on leur accorde une certaine importance. De même, parler, pour le marxisme, de « lutte des classes » pour annoncer qu’on veut à terme y mettre fin est bel et bien reconnaissance du phénoméne. Mais l’on peut tout aussi bien affirmer que cette « lutte » est nécessaire au bon fonctionnement de nos sociétés tout comme accorder aux Juifs, dans l’exemple précédent, un role central pour guider l’Humanité. En ce sens, l’antisémite ne nie pas nécessairement l’importance des Juifs et même exagèrerait celle-ci.
Autrement dit, aussi bien la phase équinoxiale que la phase solsticiale instaureront un débat et un clivage. Si l’on prend le cas du « wokisme », dont nous avons déjà eu l’occasion de traiter, l’on peut tout à fait reconnaitre la force de telles thèses tout en les combattant. La position la plus ambigue serait de combattre un phénoméne tout en niant son existence, ce qui rejoindrait un certain négationnisme. C’est ainsi que la plupart des astrosceptiques actuels rejettent l’astrologie en affirmant son inexistence si ce n’est dans l’esprit des gens. Mais précisément, on voit qu’ils ne la rejettent que parce qu’ils en relévent l’impact social sinon la réalité « scientifique ».
Dans le cas de l’athéisme, on peut aussi bien nier qu’il existe quelque forme de divinité transcendantale que combattre celle-ci, en connaissance de cause. L’athée peut aussi bien être celui qui nie Dieu que celui qui le renie. De même, pour l’anti-astrologie, cela peut être le cas de celui qui sait que cela existe mais qui entend la neutraliser à la façon d’un médecin qui combat un mal dont il étudie de près les effets, en décrit par le menu les manifestations.
JHB 08 06 22
Inscription à :
Articles (Atom)