dimanche 25 avril 2021

jacques Halbronn La recension des textes astrologiques français et l'obstacle du latin

La recension des textes astrologiques français et l’obstacle du latin par Jacques Halbronn Certaines lacunes bibliographiques semblent liés à la question d’un bilinguisme français-latin se perpétuant tout au long du XVIIe siècle. Au cours de nos recherches s’étalant sur un demi-siècle, quelques cas nous apparaissent comme emblématiques. On s’intéressera successivement à Jean-Baptiste Morin, à Pierre Gassendi et à Pierre Petit dans le cadre de la littérature astrologique au sens large, à savoir englobant autant les défenses que les critiques de l’Astrologie et des astrologues.. Le cas de Morin de Villefranche Jusqu’au début des années 70 du siècle dernier, Morin était considéré comme un auteur ayant produit son œuvre en latin. Plusieurs traductions vers le français avaient d’ailleurs été publiées, sur plusieurs décennies, par les soins de H. Selva et de Jean Hiéroz, à partir de chapitres de son énorme « Astrologia Gallica » posthume (La Haye 1661) Et puis, un beau jour de 1971, nous fimes la découverte à la Bibliothèque de l’Arsenal des Remarques Astrologiques sur le Centiloque, dans une réédition posthume de 1657 (Paris, Pierre Ménard), la première édition étant parue chez l’auteur-éditeur en 1654..Ce fut un choc pour le milieu astrologique de s’apercevoir que l’on était passé à côté de deux éditions d’un travail de Morin censé servir de préambule à la dite Astrologia Gallica. En 1975, nous publiames cet ouvrage, en en ayant modernisé la langue (Ed Retz. Collection Bibliotheca Hermetica, dir. René Alleau) Le cas Gassendi Gassendi fut un adversaire déclaré de Morin, professeur au Collége Royal et cela fut l’occasion de recueil de lettres des amis de Gassendi contre l’astrologie et plus spécialement contre Morin, dans les années cinquante. Mais l’essentiel de l’oeuvre de Gassendi était parue en latin et ce dès les années 1630. Or, en 1992, au Colloque Gassendi de Digne, nous avons montré que Mersenne, à l’intérieur de ses Préludes à l’Harmonie Universelle (1636) avait traduit en français un assez long texte sur l’astrologie. Mais ces deux cas sont déjà de l’histoire ancienne et nous nous arrêterons plus spécialement sur le personnage de Pierre Petit, dont l’oeuvre relative à Nostradamus sera passée totalement inaperçue des nombreuses bibliographies consacrées au corpus Nostradamus, depuis une quarantaine d’années, si l’on débute avec Daniel Ruzo et son Testament de Nostradamus (Ed Rocher, 1982) et continue avec Michel Chomarat, Robert Benazra, Patrice Guinard, Mario Gregorio.Et la raison de cette lacune, on la devine, c’est qu’il s’agit d’un texte d’un auteur français paru en latin, à Leipzig, en 1686, à savoir le De Sibylla libri tres, ouvrage qui ne comporte en son titre aucune mention de Nostradamus lequel n’occupe d’ailleurs qu’un chapitre, soit tout de même une bonne douzaine de pages. Hervé Drévillon, dans sa thèse de 1994(EHESS) Lire et écrire l’avenir. Astrologie, prophéties et prédictions dans la France du XVIIe siècle (1610-1715) signale deux textes de Pierre Petit, en français, dont notamment un texte relatif à l’Eclipse de 1654,L’éclipse du Soleil, du 12 d’août 1654, ou Raisonnements contre ses pronostiques, Ed Pierre Gomboust , Paris ,Paris, A. Lesselin,1654. affaire à laquelle Elisabeth Labrousse consacra un ouvrage (La Haye, Nijhoff, 1974, dont nous fimes la critique), « L’Entrée de Saturne au Lion ». Or Blaise Pascal qui s’était intéressé à ce phénoméne était en relation avec ce Pierre Petit. Mais ce n’est que 30 ans plus tard que le même Petit, en 1586, à l afin de sa vie (il décédera l’année suivante) produisit son étude sur la Sibylle, incluant le développement mentionné consacré à Nostradamus et à ses Centuries, sous le titre : De Michaele Nostradamo & fatidicis ejus Centuriis iudicium » (chapitre IX du Livre III, voir aussi fin de son chapitre VIII) L’ouvrage de Pierre Petit n’est d’alleurs nullement absent parmi les numérisations : https://books.google.fr/books?id=HpJTAAAAQAAJ&pg=PA333&lpg=PA333&dq=de+sibylla+libri+tres+pierre+petit Nous avions signalé en 1988 l’ouvrage de Pierre Petit de 1686, dans un mémoire resté inédit, « Introduction Bibliographique à l’étude de l’astrologie françaises de la fin du Xve siècle à la fin du XX siècle » mais signalé dans sa bibliographie par H. Drévillon lequel mentionne dans sa bibliographie (p. 469) le texte de Petit sur l’éclipse de 1654 mais aussi un autre sa Dissertation sur la nature des cométes,Avec un discours sur les pronostiques des éclipses et autres matières curieuses Paris, Thomas Jolly/ 1665 mais ne signale pas l’ouvrage du même Petit de 1686. Mais en 1991 nous avions fait une communication lors d’un Colloque d’Histoire de l’Astrologie dont étaient sortis des Actes « L’Astrologie en terre de France » (SCRIBD) ; « Bibliographie de la littérature anti-astrologique française » où nous signalions, entre autres, les deux textes de Pierre Petit. Du texte de Pierre Petit, en vérité, il semble qu’il ait largement repris, comme il le reconnaît lui même, l’Apologie figurant dans l’Eclaircissement des véritables quatrains, paru anonymement en 1656 – et Petit se référe, à plusieurs reprises, à cet ouvrage comme étant celui de l’Anonyme. Nous savons qu’il s’agissait en fait du dominicain Jean de Réchac (et non d’un certain Etienne Jaubert cf notre post doctorat sur la naissance de la critique nostradamique, 2007), dont le texte français aurait été ainsi rendu en latin en 1686. Jusqu’à notre travail, les nostradamologues n’avaient pas effectué les investigations nécessaires. Mais Benazra (RCN, note de bas de page, p. 231)signale le nom de Giffré de Réchac alias Jean de Sainte Marie. Nous avons retrouvé grâce à certains recoupements le manuscrit aux Archives Nationales, à Paris sous le titre de « Nostradamus glosé ». dont seule une partie avait fait l’objet de l’impression de 1656. JHB 24 04 21 Bibliographie: Halbronn J. Pierre Gassendi et l’astrologie judiciaire : approche bibliographique. Quadricentenaire de la naissance de Pierre Gassendi (1592-1992) / Actes du colloque international Pierre Gassendi, Digne-les-Bains, 18-21 mai 1992 ; Société scientifique littéraire des Alpes de Haute-Provence. Halbronn J. Remarques Astrologiques sur le Commentaire du Centiloque de Ptolémée par Nicolas de Bourdin, Paris, Retz 1975 Habronn J. Questions autour du texte sur l »éclipse de 1654 attribué à Gassendi. in Gassendi et la modernité, Dir Sylvie Taussig, Brepols 2008 Halbronn J. « Les variations d’impact des cométes en France.Etude bibliographique fin XVe-fin XVIIIe siècles » in La Cométe de Halley et l’influence sociale et politique des astres, Actes du Colloque de Bayeux 1986, Dir R Pillorget, Bayeux, 1991

Jacques Halbronn La fabrication d''un Nostradamus bis. César, Henri I...

samedi 24 avril 2021

Jacques Halbronn Le premier Nostradamus et le Nostradamus bis.

Le premier Nostradamus et le Nostradamus bis par Jacques Halbronn Quand Daniel Ruzo dans l’édition française de son Testament de Nostradamus (Rocher, 1982 exemplaire dédicacé par l’auteur) reproduit en hors textes des reproductions, des Présages merveilleux de Nostradamus pour 1557 »Dédiés au Roy Ttres Chtestien Henri deuxiéme de ce nom » (Paris, Jacques Kerver 1557) et met en vis à vis la première pages de l’épitre au Roi dans les deux versions, celles de 1556 et celle de 1558, il nous mettait sur une piste que n’auront pas voulu suivre les nostradamologues depuis. On avait là ce que l’on pourrait un Nostradamus premier et un Nostradamus bis.Or, l’épitre de 1558 ne mentionne par celle de 1556 (cf reproduit dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) De même, la connaissance des quatrains des almanachs de Nostradamus – qui d’ailleurs figurent sous le nom de « présages » dans certaines éditions sans parler de l’édition du Recueil des Présages Prosaîques par Bernard Chevignard (Présages de Nostradamus, Paris, Seuil, 1999) aurait du faire considérer que les quatrains des Centuries pouvaient bien être, après tout, des imitations de cette première série de quatrains et que sans ces premiers quatrains, on n’aurait point songer à en produire de nouveaux. Mais arrivons-en au troisième cas sur lequel nous mêmes avons pu trébucher, celui de la Préface à César. Apparemment, cette fois, nous n’avons pas sous la main deux versions de ce texte daté de 1555. Mais dans ce cas, pourquoi avoir choisi de produire une Préface à César dans des éditions datées de 1588 surtout si, comme nous le pensons, il n’y avait pas eu d’éditions des Centuries jusque là ? Certes, mais il existe les « Prophéties du Seigneur Du Pavillon les Lorris» d’Antoine Couillard de 1556 ( Paris, Jean Dallier) qui reproduisent que les bibliographes ont identifié comme étant des passages calqués sur une Préface à César . Il faudrait dans ce cas montrer que ces passages ne sont pas exactement identiques à ceux leur correspondant dans la dite Préface figurant en tête de toutes les éditions centuriques. Avouons que nous-même, nous avions jusque là opté pour une contrefaçon des années 1580-90 visant à étayer l’authenticité d’une édition 1555. Mais avec le recul, la thèse d’une précédente préface ayant servi pour un autre ouvrage que les Centuries a fait sont chemin, d’autant que c’est ce qui s’est passé -sans le moidre doute cette fois pour l’Epitre à Henri II. Avant d’aller plus loin, reconnaissons que Ruzo avait montré le chemin et que son avertissement aura été tout simplement occulté et ignoré. Benazea, en 1990, commente ainsi de façon assez obscure (‘pp.21-22): »Il existe un autre almanach (sic) ne contenant point de vers prophétiques et dont la dédicace, comme la précédente datée également du 13 janvier 1556 est aussi adressée à Henri II » Dans les notes de Benazra sur les éditions de 1568, les premières, officiellement, à comporter une Epitre au Roi, nous n’avons pas trouvé de renvoi la mouture d 1556 ? Benazra doute que l’on ait pu publier une Epitre au Roi après sa mort en 1559 (RCN p .36. Il fallait donc qu’elle datât au plus tard de 1558. Inversement, notons que l’édition de 1568 qui comporte cette Epitre au Roy ne la mentionne pas en son titre, à la différences des Présages Merveilleux 1557. Mais il semble avoir fait peu de cas de la première version de l’Epitre au Roi, ce qui fait que le lecteur du RCN n’aura pas été suffisamment sensibilié au problème lié à un tel doublon. Mais venons en à la Préface à César et à ce qu’il en reste dans les Prophéties de Du Pavillon dont Benazra indique (RCN, p. 18) qu’il s’agit d’une « parodie des Centuries » alors même qu’on n’y trouve aucun quatrain. A contrario, on est en droit de s’interroger sur ce qui figure dans les Prophéties de 1556 et qui ne figure pas dans l’édition Macé Bonhomme de 1555. Couillard fait référence (fol 27 v) dans ses Prophéties à un délai de « deux cens trente cinq ans », ce qui ajouté à 1554, donne 1789, année avancée par Pierre d’Ailly en 1414. Or, l’édition lyonnaise des Centuries est de 1555 et non de 1554. Autrement dit, l’ouvrage dont il s’agit serait de 1554. Bien des éléments semblent d’ailleurs, correspondre à un almanach plutôt qu’à des éditions centuriques, deux genres bien différents, on en conviendra. Et c’est bien là que le bât blesse : « Et si ce n’est en Borgongne, Flandres ou Picardie ce sera en Piedmont, Italie, Naples ou autres regions contentieuses »Or, on ne trouve rien de tel dans les Centuries alors que c’est chose courante dans les almanachs et autres pronostications. Quant à la mention de l’an 3797 que l’on trouve dans les deux documents, elle reléve du genre des Prophéties Perpetuelles et non de celui des Centuries. On ne s’est pas assez soucié du décalage existant entre la Préface à César et les quatrains centuriques ! Le Recueil de Présages prosaiques fourni par Chevignard nous donne amplement témoignage de la localisation géographique : » Présages de l’an 1555 (Chevignard p. 223, n° 182),on retrouve « le pais de Bourgongne » figurant dans les Prophéties de Du Pavillon. Notons que les présages pour l’an 1555 ont fort bien pu être introduits par une « préface » datée de 1554. Mais les Présages pour 1554 comportent le mot « Picardie » que l’on trouve aussi dans les dites Prophéties (Chevignard, p. 197, n° 403) Il semble que le dit Recueil de Présages ne comporte pas les Epitres introductives qui devaient relever d’un autre type de travail. D’ailleurs, à partir des Présages pour 1556, le style des Présages annuels n’est plus le même et Nostradamus n’a plus la même préoccupation géographique dans ses textes comme le montre nettement la suite du Recueil de Présages Prosaiques. En quelque sorte, le dit Recueil, édité par Chavigny en 1589, nous aura aisé à mettre en évidence la supercherie. Nous pouvons donc, avec suffisamment de probabilité, conclure que le texte dont Couillard fait le pastiche est bien de Nostradamus mais qu’il ne s’agissait pas – et pour cause- des Centuries mais du genre « annuel » marqué par une certaine précision géographique régionale faisant pendant à la précision uranographique et qu’il s’agit très probablement d’une publication pour l’an 1554. Le puzzle est complet : nous disposons là des « sources » du Nostradamus bis, celui du revival. On pense au Dariotus redivivus; or, A briefe introduction conducing to the judgement of the stars Imprint: London, A. Kemb, 1653, concernant l’édition d’un traité de 1558. (cf notre travail sur la fortune anglaise du traité de Dariot, Ed Pardés, 1990) Sources non pas externes mais internes, tout comme nous avons montré dans notre post doctorat (2007) que certains quatrains centuriques dérivaient de textes en prose du « premier Nostradamus ». JHB 24 04 21

jeudi 22 avril 2021

Jacques Halbronn et Patrice Guinard Présentation du CATAF Catalogue Alphabétique des textes astrologiques français.

Note éditoriale (Patrice Guinard) Jacques Halbronn représente à lui seul depuis 25 ans l'essentiel de la recherche française en histoire de l'astrologie. Un certain nombre d'auteurs, universitaires pour la plupart, ont publié quelques études éparses, sans que celles-ci ne s'inscrivent dans une recherche continue. Leurs auteurs (notamment Elisabeth Labrousse (1974), Luigi Aurigemma (1976), Gérard Simon (1979), Henri Stierlin (1986), Sylviane Bokdam (1990), Germaine Aujac (1993), Jean-Patrice Boudet (1994), Hervé Drévillon (1996), et René-Guy Guérin) ont vite fait de s'intéresser à d'autres sujets - l'histoire de l'astrologie restant en France le tabou que l'on sait. Se consacrer exclusivement à la recherche historique, et a fortiori philosophique, en astrologie, relève toujours, compte tenu des préjugés et des pressions académiques, d'une sorte d'idéalisme inconscient, et ce malgré le travail colossal accompli par l'américain Lynn Thorndike jusqu'en 1965. Je connais Halbronn depuis 1983, et il y a près d'une dizaine d'années que je l'encourage à publier son CATAF. Je me réjouis d'avoir le privilège d'éditer cette bibliographie de l'astrologie française moderne, la plus importante jamais publiée sur le sujet, outil de travail indispensable et sans équivalent pour tout chercheur en histoire de l'astrologie. L'auteur a suivi à la trace l'histoire des différentes éditions d'un même texte, et il est effectivement probable que cette méthode contribue à résoudre certaines questions d'emprunts. Plus généralement, les conditions de production et de transmission d'un texte ne sont pas sans rapport avec son contenu et font partie intégrante de son exégèse. Cette approche est complémentaire de celle du philosophe qui a tendance à ne considérer que le produit fini, et pour qui la réflexion sur le contenu prime sur l'appareillage critique. Le CATAF est livré "tel quel", avec ses innombrables coquilles et avec ses notes de recherche, parfois juste ébauchées, parfois même personnelles. Cette forme me plaît, car on peut y suivre et comprendre les méthodes de travail d'un chercheur. Je signale cependant que la présentation et la mise en page m'ont pris un temps considérable, plus que pour tout autre texte publié par le CURA. Les lecteurs qui voudraient corriger les erreurs, vérifier les références dans les catalogues, et me présenter en fin de compte une version améliorée sont priés de me contacter . Ceux qui voudraient réagir à ce texte afin de signaler des omissions ou d'ajouter des commentaires peuvent aussi joindre Jacques Halbronn à l'adresse mouvementastro@yahoo.fr . P.G. (Paris, le 11 février 2001) Présentation du CATAF (Jacques Halbronn) Le développement des catalogues informatisés, dans les différentes bibliothèques n'est que d'une aide relative pour le chercheur, notamment pour les ouvrages anonymes. Le besoin est grand de catalogues thématiques et interbibliothèques comme se veut l'être le CATAF. En effet, il convient de ne pas surestimer la compétence de ceux qui sont en charge de la mise en place de catalogues de bibliothèques: ignorance des éditions disponibles ailleurs, incapacité à vérifier les dates de publication et de signaler les faux. D'ailleurs, ceux qui en ont la charge se contentent souvent de puiser dans les travaux de certains chercheurs indépendants. Les catalogues 'Matières' des bibliothèques sont généralement très incomplets et l'essor de l'informatique tend à se satisfaire de mots clefs dans le titre des ouvrages. Or, dans le domaine qui nous intéresse, dans bien des cas, le texte astrologique retenu figure dans un ouvrage qui ne fait pas explicitement référence à l'astrologie. Un cas remarquable est celui d'Eustache Lenoble dont le traité astrologique figure au sein d'un ensemble plus large. Nous avons mis une douzaine d'années à réaliser le CATAF, en gros de 1980 à 1992. On n'y trouvera que partiellement nos recherches bibliographiques ultérieures consacrées au prophétisme et au corpus nostradamique. Nous renvoyons pour cela à notre thèse d'Etat, Le texte prophétique en France (Paris X, 1999). Pour ce qui est de Nostradamus, nous renvoyons au Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN) de Robert Benazra, que nous avons édité, en 1990, aux Ed. de la Grande Conjonction. Le CATAF constitue ainsi un diptyque avec le RCN. Notre travail s'est effectué dans un grand nombre de bibliothèques tant en France qu'à l'étranger. Citons notamment la bibliothèque du Warburg Institute, à Londres, et la Bibliothèque Wolfenbüttel. Il ne prétend pas être exhaustif mais il est susceptible de se faire une idée assez précise de la production astrologique française, au delà des limites des collections de telle ou telle bibliothèque aussi prestigieuse que l'est notamment la Bibliothèque Nationale de France (BNF). Notre inventaire aura été assez extensif et en fait concerne autant l'astronomie que l'astrologie pour la période concernée. Le CATAF ne se limite pas à la littérature astrologique parue en français. Nous avons également inclus les textes latins parus sur le sol français, notamment à Lyon, ainsi que les textes allemands parus en Alsace. En outre, nous avons pris en compte les éditions étrangères d'auteurs français, notamment les traductions, ainsi que les traductions d'auteurs étrangers en France. Notre recension ne concerne que des ouvrages dont la première édition est antérieure à 1800, mais nous avons suivi la carrière des ouvrages concernés jusqu'à nos jours. Étant donné que nous recensons les ouvrages tant astrologiques qu'astronomiques, nous avons pensé qu'au delà de 1800, la divergence entre astrologie et astronomie était trop affirmée. Le Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français n'est donc pas constitué sur une base purement linguistique mais il obéit aussi à des critères géographiques et historiques. Le CATAF est essentiellement un travail personnel mais je dois remercier certaines personnes qui m'ont secondé depuis 1980, Catherine Lavigne, Catherine Pilliot, et particulièrement Antonia Leibovici, responsable du catalogue de la Bibliotheca Astrologica de 1988 à 1993, qui en a fait la mise en page et qui s'était chargée en 1989 de la préparation technique du Répertoire Chronologique Nostradamique. Disons quelques mots de la façon dont ce catalogue a été réalisé: on notera le nombre considérable d'auteurs sélectionnés. Notre travail n'a donc pas grand chose à voir avec l'étude de la production liée à un seul auteur, comme c'est le cas du RCN. On ne peut écrire aux bibliothèques et leur demander ce qu'elles ont de tel ou tel auteur. Pour augmenter le nombre de nos auteurs, il convenait de consulter des classements par matière, comme c'est généralement le cas dans les anciens catalogues imprimés des bibliothèques municipales françaises ou les classements par fiches dans de nombreuses bibliothèques, comme la Mazarine, l'Arsenal ou Sainte-Geneviève à Paris. Curieusement, la BN ne comporte pas un tel classement, même à la Réserve, et souvent c'est après avoir trouvé la trace d'un ouvrage dans le catalogue matières d'une autre bibliothèque que nous avons pu ensuite le localiser à la BN! Une autre façon de trouver de nouveaux documents est d'examiner les textes déjà accessibles et de vérifier si d'autres oeuvres du même auteur ou d'un autre auteur n'y sont pas mentionnés. On peut aussi dépouiller des périodiques comme le Journal des Savants ou les Mémoires de Trévoux qui comportent des compte rendus d'ouvrages. Le CATAF, émanation de la Bibliotheca Astrologica, a débouché, au fil des années, sur un certain nombre de publications; citons notamment les Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin ( Ed. Retz, 1976), l'Introduction au Jugement des Astres de Claude Dariot ( Ed. Pardès, 1990) ou encore le Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin ou enfin l'Astrologie du Livre de Toth d'Etteilla (tous deux aux Ed. Guy Trédaniel, 1993). Paradoxalement, les fichiers de textes anonymes ont longtemps constitué une piste intéressante avant l'avénement des catalogues numérisés. En effet, étant donné qu'ils sont classés d'après les premiers mots du texte, on peut trouver des séries d'ouvrages marqués par un terme à consonance astrologique et dont l'auteur n'est pas connu de la bibliothèque. En revanche, quand un ouvrage est attribué à un auteur, il devient plus difficile à localiser dès lors qu'on ignore l'existence de cet auteur ou le fait qu'il ait écrit sur l'astrologie. On peut bien entendu sur les catalogues informatisés travailler par mots clefs. On peut aussi, sachant que tel libraire/éditeur a publié des ouvrages que nous avons recensés, s'intéresser à la production de ce libraire pour voir s'il n'aurait pas publié d'autres textes du même genre. Enfin, il va de soi que l'on peut recourir à des sources secondaires, à des thèses, à des articles, à des communications dans les colloques, à des travaux historiques, souvent riches en références bibliographiques, ainsi qu'à des catalogues de libraires, des catalogues de ventes, des bibliographies spécialisées en astronomie ou en astrologie, comme Houzeau & Lancaster ou encore dans les almanachs comme celle de Grand Carteret. C'est donc en combinant ces divers modes d'investigation que le CATAF a pris forme au cours des années. Il ne semble pas qu'un tel travail concernant la production astrologique ait été conduit pour les domaines des autres grandes langues européennes, notamment en anglais, allemand, italien et espagnol. Souhaitons que notre exemple soit suivi. La constitution du CATAF fut par ailleurs l'occasion de rassembler une importante iconographie, essentiellement constituée de pages de titres. C'est ce que nous avons appelé la D.A.P. (Documentation Astrologique et Prophétique) que nous sommes en train de numériser et qui sera prochainement accessible sur le web. Le fait de placer le CATAF sur un site Internet devrait permettre de l'enrichir grâce aux corrections et compléments des lecteurs. L'édition numérisée du CATAF rend les index inutiles car chacun peut y circuler comme il l'entend et conduire des recherches selon les critères qu'il peut concevoir. Souhaitons que la mise à la disposition du public de ce catalogue suscite de nombreuses études en Histoire de l'Astrologie. J. H. (Paris, le 15 novemb

jacques Halbron La question des étoiles fixes "royales" en astrologie. Précession des équinoxes et ère précessionnelles.

La question des étoiles fixes « royales » en astrologie. Précession des équinoxes et ères précessionnelles.* par Jacques Halbronn L'astrologie stellaire telle que nous la concevons implique que les étoiles servent à situer notamment les axes équinoxiaux et solsticiaux et ce serait d'ailleurs ainsi que l'on aurait pu mettre en évidence le phénoméne de la précession des équinoxes. Les quatre étoiles fixes royales auraient pu servir à une certaine époque à marquer ces axes équinoxiaux et solsticiaux. Le calcul de l'Ayanamsa généralement admis, à savoir le décalage précessionnel, comme étant de l'ordre de 24°, ce qui correspond à la moyenne de l'écart séparant ces 4 étoiles des positions axiales définies plus haut. Si l'on prend le cas de l'axe Aldébaran-Antarés, placé à 8° Gémeaux-8° Sagittaire, actuellement, cela donne 22° environ par rapport à 0° Cancer-0° Capricore  soit l'axe solsticial et en ce qui concerne l'autre axe Régulus-Fomalhaut, situé à 0° vierge et 0° poissons, un écart de 30° par rapport à l'axe équinoxial à 0° balance-0° Bélier . La question qui se pose est la suivante est-ce que du fait de la précession, il n'aurait pas fallu choisir de nouvelles étoiles fixes pour correspondre aux axes en question ? Ou bien, est ce que les sociétés traditionnelles ne se seraient pas accoutumées à considérer ces étoiles fixes royales, de sorte que le décalage précessionnel n'aurait pas eu d'impact  sur la suite des événements ? Mais dans ce cas, convient-il d'étudier Saturne en son passage sur les dits axes équinoxiaux et solsticiaux ou bien plutôt en son passage successivement sur les 4 étoiles fixes royales susnommées? Est-ce que les travaux en astrologie mondiale concernant le cycle de Saturne peuvent nous aider à trancher une telle question ? Pour trancher sur ce sujet, encore faudrait-il bien définir le dit cycle de Saturne quant à sa durée d'action ? En1994, nous avons publié L'Astrologie selon Saturne (en ligne sur SCRIBD) en précisant les zones impliquées à savoir une fourchette allant de 342° à 353° soit 12° -23° du signe des poissons. Si l'on prend 342°, on est à 18° du 0° bélier.Or, Saturne reste 7 ans dans chacune des phases délimitées par les dits axes. Il reste que le fait d'avoir observé un décalage de 18° entre le début de la fourchette évenementielle et le 0° bélier, comme point de départ de la phase est assez significatif. C'est pourquoi, nous avions opté par la suite pour la prise en compte des étoiles fixes royales (cf le MUC (modèle unicyclique) exposé dans notre Livre Blanc de l'astologie, en ligne sur SCRIBD) On peut conclure qu'il est conseillé de situer le changement de phase de Saturne avant son passage sur les axes équinoxiaux et solsticiaux à environ une vingtaine de degrés en amont, ce qui décale tout le dispositif d'autant. Rappelons que la théorie des ères précessionnelles (cf Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, Ed Albatros, 1979, accessible sur SCRIBD) s'articule -d'où son nom – sur la ditre précession des équinoxes, du fait que l'étoile correspondant au point vernal (0° bélier) n'est plus la même qu'autrefois. Cette théorie va à l'encontre de la thèse de la pérennité de la référence stellaire ancienne axée sur les étoiles fixes royales et d'ailleurs dans Aquarius, il semble qu'aucun des co-auteurs ne se soit référe aux dites étoiles fixes royales, si ce n'est que nous avions choisi comme vignette de l'ouvrage un Sphinx (notre introduction avait pour titre « le sphinx des astrologues »). Or, le sphinx est lié aux 4 signes fixes, lesquels sont liés aux 4 étoiles royales, liées aux constellations en rapport avec les dits signes fixes.(taureau, lion, scorpion, verseau). Iconographiquement, on parle du tétramorphe, être à 4 formes que l'on retrouve dans le Livre d'Ezékiel (sous le nom de Hayoth, êtres vivants) et associé aux 4 Evangélistes, entre autres (cf aussi l'arcane Le Monde du Tarot) Autrement dit, si l'on accorde de l'importance aux étoiles fixes royales qui furent, à un certain moment, les marqueurs des axes équinoxiaus et solsticiaux, l'on ne peut accepter la théorie des ères précessionnelles mais est-ce que cette théorie est si déterminante que cela ? Il y a un certain flou quant au passage d'une ère à une autre et notamment la référence aux constellations nous semble bien moins claire que celle aux étoiles royales, vu que le contour des constellations semble fort artificiel. Dans ce cas, l'attente d'une ère du Verseau ne pourrait être retenue dans la mesure où les étoiles fixes royales auraient laissé une trace indélébile dans l'Inconscient Collectif de l'Humanité. Rappelons que les critiques de l'astrologie auront agité l'argument selon lequel du fait de la précession des équinoxes, les anciens repéres stellaires ou plutôt constellationnels seraient caducs. Il est assez étrange que ces critiques jouent aux astrologues et fassent les questions et les réponses car il ne faudrait pas négliger la question de l'instrumentalisation du ciel par les sociétés humaines (cf notre manifeste « La pensée astrologique » in L'étrange Histoire de l'astrologie avec Serge Hutin, Paris, Artefact, 1986) il resterait donc à prouver que les étoiles dotées d'une certaine portée stratégique, n'ont pas gravé leur présence de façon indélébile dans le dit Inconscient. 21. 04 21

mercredi 21 avril 2021

Jacques Halbronn L'apport crucial de l'Ecole Française d'Astrogie (1950-2020)

L'appprt capital de l'Ecole Franoaise d' Astrologie (1950-2020) par Jacques Halbronn L'Homo Astrologicus (cf notre article de 1969 « Portrait de l'homo astrologicus ») ne se détermine pas de façon conjoncturelle mais de façon structurelle, non pas selon les circonstances du moment mais selon une programmation établie de longue date, depuis le momenr de la naissance pour les jupitériens. C'est d'ailleurs ce qui se produit avec les élections lesquelles ont lieu à des dates prédéterminées et réputées immuables(sauf dans le cas d'une démission ou d'une dissolution, on se souvient de celle de 1997 en France, sous Chirac ou, près de 30 ans plus tôt, celle de 1968 sous De Gaulle) En bref, contrairement à ce que beaucoup s'imaginent, nos décisions, tant individuelles que collectives ne dépendent pas des circonstances, de quelque contexte que ce soit mais bien d'une « voix intérieure », d'une horloge interne. Autrement dit, c'est assez vainement que l'on s'enquerrait de tel facteur qui aurait déclenché tel comportement de notre part. Mais evidemment on se débrouillera avec les moyens du port, c'est mieux que rien ! Nous proposons ici une synthèse de nos recherches et de celles d'André Barbault autour de Jupiter et de Saturne. Nous avons d'une part Saturne qui est la planète du peuple et de l'autre Jupiter celle du chef. On associera analogiquement Saturne à la Lune, du fait de la simitude numérique de leurs cycles : 28 et 7 années/jours et Jupiter au Soleil, autour du 12 : 12 ans de révolution, et 12 retours de la Lune en une année solaire/terrestre. Saturne donne le « la » des mentalités sociales, collectives alors que Jupiter est le baromètre des leaders, à un niveau individuel, personnel (cf notre Astrologie Relativiste), sur la base des aspects de Jupiter au Soleil natal du chef lequel est en contrepoint du cycle collectif et seul en mesure de l'accompagner, de le contrebalancer. En effet les cycles des planète les plus lointaines, parmi celles que l'on peut suivre à l'oeil nu, parlent la même langue, celui de l'amnésie et de l'hypermnésie, alternativement.(cf le débat entre Bergson et Ribot à la fin du XIXe siècle sur la Mémoire). La phase d'amnésie (passage de Saturne sur les équinoxes, passage de Jupiter en transit, au carré du soleil natal) permet d'unifier puisqu'elle déleste du passé alors que la phase d'hypermnésie (passage de Saturne sur les solstices, passage de Jupiter en transit à la conjonction ou à l'opposition au soleil natal) renforce les clivages, restaure les différences. C'est ainsi qu'en 1989-91, Saturne était passé dans une phase solsticiale qui aura été fatale pour l'empire soviétique. Pour limiter les dégats, il aurait fallu un leader en phase d'amnésie, en mesure de relativiser les mémoires historiques. D'où l'importance extrème du choix du chef à la tête d'une société donnée en connaissance de cause. Comme nous le disions, d'entrée de jeu, nous sommes en présence d'une humanité éminemment prévisible et fonctionnant comme une horloge, une humanité qui obéit à sa programmation intérieure et non à la conjoncture, comme le croient les analystes politiques. Meme le leader n'est pas maitre du temps mais l'on peut le placer au bon moment, au bon endroit (right man, right place, right time) Nous avons affaire à un véritable système imposé depuis des millénaires à notre Humanité et dont nous connaissons désormais le mode d'emploi de façon explicite. A nous d'agir en conséquence, pour le mieux. Il existe un troisième niveau que l'on pourra qualifier de « martien » - puisque les trois planètes de l'astrologie sont, à des titres divers, Mars, Jupiter et Saturne, les 3 planètes que Michel Gauquelin avait mis en évidence dans son premier ouvrage L'influence des astres (Ed du Dauphin, 1955), correspondant à une structure en triade des sociétés humaines (cf les travaux de Georges Dumézil sur les castes), à savoir trois modes d'activité socio-professionnelle. Cette astrologie martienne ne comporte pas de cyclicité (Mars a un cycle trop court) et vaut au regard de l'espace social. D'ailleurs, on note que Mars est exclu de l'indice cyclique de Gouchon-Barbault. Il y a là une certaine cohérence en ce que cette constante spatiale fait pendant à la cyclicité jupitéro-saturnienne. Il n'empeche que le Saturnien est plus sur le long terme de par sa plus lente révolution. On retrouve ici les travaux de Jean-Pierre Nicola avec son système RET, Représentation, Existence Transcendance  alors que le Martien fonctionne sur un rythme bien plus vif et entre les deux, le jupitérien. Mais ne nous y trompons pas, les planètes de Gauquelin déterminent une typologie psycho-sociologique d'un tout autre ordre que les planètes de l'astrologie mondiale telles que Barbault et nous mêmes les avons définies. D'ailleurs, l'astrologie décryptée par Gauquelin reléve du mouvement diurne, - elle est « rotationnelle »- alors que l'astrologie prévisionnelle s'articule sur le cycle des révolutions planétaires. L'astrologie selon Gauquelin se joue à quelques heures près alors que l'autre forme d'astrologie dispose d'une toute autre forme de temporalité, sur des périodes sensiblement plus amples, ce qui rejoint la cyclicité des constitutions élaborées depuis la fin du XVIIIe siècle. A ce propos, on notera que le cycle Saturne-Neptune de Barbault se réduit au final à un cycle saturnien passant alternativement de l'axe équinoxial à l'axe solsticial.(cf aussi notre Astrologie selon Saturne, Paris, 1994 où nous avions pu annoncer le mouvement social de 1995, de type équinoxial, c'est à dire refusant les différences) Notons aussi qu'en 1953, le passage de Saturne en phase équinoxial, a eu surtout des effets sur la construction européennes (CECA, Traité de Rome) et non sur le destin de la Russie et que les phases de Saturne ne se limitent pas à une année donnée mais à une phase de 7ans. Il reste que sans les travaux de chercheurs français entre les années cinquante et les première décennies du XXIe siècle, un tel tableau de synthèse n'aurait pu être dressé. 21. 05.21

mardi 20 avril 2021

jacques Halbronn Quelle est la "maison d'Israel" dans l'Ancien et le Nouveau Testaments?

Quelle est la « maison d’Israël » (Beyt Israel) et quelle est la « Nouvelle Alliance » (Brith Hadasha) dans la Bible. ? Par Jacques Halbronn Ce serait un grave contre-sens de comprendre le texte de Matthieu 10:6 « mais allez plutot vers les brebis perdues de la maison d’Israel. » -( King James Bible « But go rather to the lost sheep of the house of Israel » ; en grec avec le mot « Oikon Israil», maison (qui a donné économie écologie) dans la version grecque du dit Evangile :. πορεύεσθε δὲ μᾶλλον πρὸς τὰ πρόβατα τὰ ἀπολωλότα οἴκου Ἰσραήλ. mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël comme désignant le « peuple juif » dans son ensemble. La forme « maison d’Israel » a généralement été mal comprise, délibérément ou non. En fait, cette expression doit être rapportée aux Livres des Prophétes et notamment à celui de Jérémie (XXXI, 30-32) : l’on y oppose les deux « maisons » au verset 30, si ce n’est qu’au verset 32, seule figure, est mentionnée la « maison d’Israel ». Rappelons que l’Ancien Testament tel que nous le connaissons aura été, selon nos travaux, considérablement le fait de la dite maison d’Israel et c’est d’ailleurs probablement pour cette raison qu’il aura été adjoint au Nouveau pour le désigner globalement sous le nom de ‘Bible » (terme qui en grec signifie simplement livre). Selon nous, Jésus s’était mis en tête de réunir les deux « maisons » (cf notre étude Le « Juste » et le « Témoin » dans la Bible. Genése XVIII) Jérémie : XXXI ל הִנֵּה יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יְהוָה; וְכָרַתִּי, אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל וְאֶת-בֵּית יְהוּדָה–בְּרִית חֲדָשָׁה. 30 Voici, des jours vont venir, dit Yahwé où je conclurai avec la maison d’Israël (Beyt Israel) et la maison de Juda (Beyt Yehouda) une alliance nouvelle, (Brith Hadasha) לא לֹא כַבְּרִית, אֲשֶׁר כָּרַתִּי אֶת-אֲבוֹתָם, בְּיוֹם הֶחֱזִיקִי בְיָדָם, לְהוֹצִיאָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם: אֲשֶׁר-הֵמָּה הֵפֵרוּ אֶת-בְּרִיתִי, וְאָנֹכִי בָּעַלְתִּי בָם–נְאֻם-יְהוָה. 31 qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont rompue, eux, alors que je les avais étroitement unis à moi, dit Yahwé. לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם. 32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, (Bayt Israel) au terme de cette époque, dit Yahwé: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai. En ce qui concerne la formule « Nouvelle Alliance » qui ne figure d’ailleurs que dans le Livre de Jérémie, pour ce qui est de l’Ancien Testament. Cette alliance n’est nullement déclarée rompue mais va partir sur de nouvelles base lesquelles ne laisseront plus au Juifs la même latitude que par le passé. Cela sera désormais comme une science infuse, « gravée » au sens de « programmée « au moyen de quelque logiciel voire comme une sorte de « puce » comme on dirait de nos jours. Mais comme nous le faisions remarquer dans Jérémie XXXI, 32, ce traitement serait réservé à la seule « Maison d’Israel » pour qu’elle ne risque plus de fauter, de pécher, comme par le passé. D’où le fait que cette formule du « gravage » est reprise, du moins dans les traductions car dans le texte hébraique, il est simplement écrit que Yahwé les »ordonne (Metsavékha -(Bar (Mitzwa) dans ton coeur », dans le « Shema Israël » récité aux Offices synagogaux. Tu aimeras l’Éternel ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens Veahavta ett Ado-naï Elo-hekha, bekhol levavekha, ouvkhol nafchekha, ouvkhol meodekha וְאָהַבְתָּ, אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ וּבְכָל-נַפְשְׁךָ, וּבְכָל-מְאֹדֶךָ.ּ Que les commandements que je te prescris aujourd’hui soient gravés dans ton cœur Vehayou hadevarim ha’èlè acher Anokhi metsavekha hayom al levavekha וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם–עַל-לְבָבֶ La traduction Segond est plus littérale : « Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. 6 Les commandements que je te donne aujourd’hui seront dans ton coeur » alors que les traductions judaiques de ce verset donnent « gravé », ce qui est la formule de Jérémie : le passage en question du Deutéronome est reprise de Jérémie mais le verbe pour écrire a disparu et a été remplacé par la notion de Mitzwa ( commandement) qui est une version édulcorée. On note que dans Deutéronome VI, au verset 3, qui précéde le Shema Israel du verset 4, c’est le nom d’Israel qui est mis en avant mais ce verset 3 ne figure pas dans le texte du Shema qui commence au verset 4. Grammaticalement, d’ailleurs, les deux versets différent : au verset 3, note l’usage du Vav conversif « VeShamata Israel » alors qu’au verset 4, l’usage n’est pas maintenu, d’où la forme »Shema Israel » D’un verset à l’autre, dans le Deutéronome, on n’a pas le même type d’hébreu, ce qui trahit des interpolations, la forme la plus archaique étant la plus authentique. Deutéronome VI ג וְשָׁמַעְתָּ יִשְׂרָאֵל, וְשָׁמַרְתָּ לַעֲשׂוֹת, אֲשֶׁר יִיטַב לְךָ, וַאֲשֶׁר תִּרְבּוּן מְאֹד: כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר יְהוָה אֱלֹהֵי אֲבֹתֶיךָ, לָךְ–אֶרֶץ זָבַת חָלָב, וּדְבָשׁ. {פ} 3 Tu écouteras (VeShamata) donc, Israël, et tu observeras avec soin, afin de prospérer et de multiplier sans mesure, ainsi que l’Éternel, Dieu de tes pères, te l’a promis, dans ce pays ruisselant de lait et de miel. ד שְׁמַע, יִשְׂרָאֵל: יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָד. 4 Ecoute (Shema), Israël: l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un! ה וְאָהַבְתָּ, אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ וּבְכָל-נַפְשְׁךָ, וּבְכָל-מְאֹדֶךָ. 5 Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. ו וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם–עַל-לְבָבֶךָ. 6 Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur. Jérémie XXXI לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם. 32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. לג וְלֹא יְלַמְּדוּ עוֹד, אִישׁ אֶת-רֵעֵהוּ וְאִישׁ אֶת-אָחִיו לֵאמֹר, דְּעוּ, אֶת-יְהוָה: כִּי-כוּלָּם יֵדְעוּ אוֹתִי לְמִקְּטַנָּם וְעַד-גְּדוֹלָם, נְאֻם-יְהוָה–כִּי אֶסְלַח לַעֲוֺנָם, וּלְחַטָּאתָם לֹא אֶזְכָּר-עוֹד. {ס} 33 Et ils n’auront plus besoin ni les uns ni les autres de s’instruire mutuellement en disant: « Reconnaissez l’Eternel! » Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit l’Eternel, quand j’aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu’au souvenir de leurs péchés. où l’on trouve le verbe signifiant « écrire », donc graver (racine kotev que l’on retrouve dans le Mektoub musulmna) Le Deutéronome VI 4-9) se serait donc calqué sur Jérémie XXXI qui serait la véritable source du « Shema Israel », ce qui n’aurait rien d’étonnant vu que cette interpellation se retrouve à plusieurs reprises dans les Livres des Prophétes non pas s’en prenant aux Judéens mais aux Israélites. En fait, le Deutéronome brouille les pistes. Or, il semble qu’il y ait eu une tradition orale qui serait restée fidéle au texte de Jérémie alors que la tradition écrite correspondrait au texte du Deutéronome. Or, on retrouve le même mélange de mode de conjugaison, dans Deutéronome VI et dans Genése I Le premier verset ne pratique pas le Vav conversif alors que le troisième verset s’y conforme : א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 1 Au commencement, Dieu créa (bara)le ciel et la terre. ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם. 2 Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux. ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר. 3 Dieu dit: (Vayomer) « Que la lumière soit! » Et la lumière fut. Pour en revenir à la « nouvelle alliance » telle qu’exposée dans le Livre de Jérémie, l’interprétation de cette formule pour indiquer un changement de partenaire vaudrait pour la maison d’Israel mais non pour des populations étrangères, paiennes, ce que n’est pas la maison d’Israel même si son culte difffère quelque peu de celui pratiqué par la maison de Juda. La formule dans Mathieu indiquant que Jésus est venu pour la maison d’Israel et ses « brebis perdues » est généralement entendue pour « sauver » les Juifs. Or, ce sont les ressortissants de la maison d’Israel qui doivent être sauvés et pardonnés, comme nous le confirme constamment la lecture des Livres des Prophétes ! Il est au demeurant remarquable que cette expression « maison d’Israel » ait été utilisée dans Mathieu car cela nous met sur la piste de la source prophétique. Malheureusement, pour une certaine exégèse, c’est bel et bien le mot maison d’Israel qui figure dans Mathieu (oikon dans la version grecque) et pour un habitué de la lecture des Prophétes, cette formule fait pendant à la « maison de Juda » et ne saurait donc, en aucune façon, l’englober ! 20 04 21

Jacques Halbronn Méthodologie du choréme et du chronéme. Nostradamus e...

lundi 19 avril 2021

Jacques Halbronn Histoire de la critique nostradamique

Histoire de la critique nostradamique par Jacques Halbronn En 2007, il y a 14 ans, nous avons soutenu à la Sorbonne un post-doctorat de plus de 900 pages en 3 tomes (Histoire du Catholicisme, EPHE Ve section, dir. Louis Chatelier (Nancy) sous le titre « Le dominicain Jean Giffré de Réchac (1604-1660) et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle » et nous voudrions ici réfléchir sur la fortune de cette « critique » depuis cette époque, née en quelque sorte, en même temps que la « critique biblique » En réalité, on aura surtout assisté à l'essor d'une apologétique nostradamique. Cf nos « Réflexions sur les méthodes de travail des nostradamologues » (2014). Le dominicain avait publié anonymement un commentaire des Centuries en 1656 sous le titre d'Eclaircissement des véritables quatrains de Maistre Michel Nostradamus etc (Amsterdam) cf le Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra (Trédaniel-La Grande Conjonction, 1990, pp 231 et seq) En 1663, sept ans plus tard, David Derodon dans son Discours contre l'Astrologie Judiciaire, à Genève), ouvrage non signalé par les bibliographes du corpus Nostradamus qui ne retiennent que les ouvrages portant en leur titre le nom de Nostradamus, écrivait : « Plusieurs esprits libertins font des vers semblables à ceux de Nostradamus & y prédisent des choses qui sont déjà arrivées & puis les font ajouter à ses Centuries lorsqu’on les imprime de nouveau. » On atteignait alors un sommet de la critique nostradamique. Témoignage d'autant plus intéressant qu'il était encore assez proche de la période de parution des Centuries, laquelle nous situons dans les années 1580 pour les premières (I-VII) et 1590 pour les centuries VII-X. Jean de Réchac, quant à lui, avait mis en cause les 58 sixains qui seraient ajoutés avec une troisième préface. Nous avons pu montrer que ces sixains étaient parus sous le nom de Morgard (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat, 2002) dans un ouvrage trouvé à la Bibliothèque Mazarine.(Paris) sans la moindre référence explicite à Nostradamus. Il s'agit d'auteurs qui écrivent dans le style de Nostradamus et qui par la suite seront récupérés par les « éditeurs » des Centuries. C'est là un des acquis de la critique nostradamique. Comme les « nostradamologues », on l'a dit, n'ont retenu que les ouvrages mentionnant en leur titre le mot « Nostradamus », ils n'auront pas identifié ce type de procédé pratiqué à la fois par les imitateurs et par les fabricants de faux quatrains qu'ils attribueront bel et bien à Nostradamus.Des générations de faussaires se seront succédé depuis le temps de Nostradamus et sur ce point il faut reconnaître un certain succès de la critique nostradamique du Xxe siècle à propos de faux almanachs de Nostradamus des années 1560, de son vivant. (cf Benazra, RCN, pp ; 58-59 qui parle d'une « édition apocryphe » à propos d'un Almanach pour l'an 1563 , Paris, pour Barbe Regnault) Les modernes bibliographes du corpus disposaient au demeurant d'une chronologie très abondante dont probablement Réchac ne connaissait point avec notamment une interruption tout à fait étonnante d'une vingtaine d'années (1568-1588) assez peu explicable si ce n'est au moyen de la thèse de contrefaçons antidatées en ce qui concerne les éditions centuriques antérieures à 1588. Ils auraient pu également observer que les vignettes utilisées pour ces éditions supposées des années 1550 étaient prises -par erreur- des almanachs pirates des années 1560. Par ailleurs, la critique nostradamique aurait du suspecter certains ouvrages censés avoir été publiés par des « témoins » de la parution des dites éditions des Centuries comme les deux Antoines, un Couillard Du Pavillon les Lorriz (Prophéties 1556) et un Crespin-Archidamus (Prophéties 1572), auteurs ayant bien existé mais dont on utilisera les noms en vue d'attester de l'ancienneté des premières éditions. Ce sont de telles entreprises très poussées de validation qui auront convaincu, jusqu'à ce jour, tant de nostradamologues dans une posture apologétique où tous les moyens étaient bons pour sauver la mise ! En 1986, Chantal Liaroutzos, historienne des guides, ouvrait la voie à un renouveau de la critique nostradamique, dans la revue Réforme Humanisme Renaissance dans un article intitulé « Les prophéties de Nostradamus : Suivez la guide » qui montrait que certains quatrains avaient été des mises en vers de certains itinéraires « touristiques » du milieu du XVIe siècle, dus à Charles Estienne. Cette étude ne fut pas signalée par Benazra dans le RCN . A la décennie suivante, le Québécois, Pierre Brind'amour travaillera sur les sources de certains quatrains, notamment dans diverses Chroniques et se demandera pourquoi un ouvrage prophétique reprendrait des récits du passé ! (Nostradamus, astrophile, Ottawa, 1993) Ce qui vint apporter de l'eau au moulin du camp « apologétique » fut la localisation des éditions centuriques des année 1550. On retrouvera l'édition Macé Bonhomme, Lyon, 1555) et des éditions Antoine du Rosne, Lyon, 1557) En 1984, R. Benazra présente un fac simile d'une édition découverte à la Bibliothèque Municipale d'Albi avec cette mention 'La Ire édition enfin retrouvée'-Ed des Amis de Michel Nostradamus » En 1993, c'est le tour de l'édition de 1557 et en 2000 de l'édition 1568, Benoist Rigaud, à dix centuries (Lyon, Michel Chomarat). Quant à Brind'amour,(il décéde à ce moment là), en 1996, il publie chez Droz une édition critique : Nostradamus. Les ^premières cenruries ou prophéties(édition Macé Bonhomme 1555) qui s'appuie notamment sur les écrits d'Antoine Crespin reproduisant un grand nombre de versets issus des dix centuries.(ces Prophéties de Crespin seront reproduites en 2002 dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostadamus, ibidem, cf aussi notre thèse d'Etat, Le texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion, 1999) Mais en1997, dans une communication dans le cadre des Journées Verdun Saulnier (Cahiers n°15) Prophétes et Prophéties au XVIe siècle,, Presses de l'Ecole Normale Supérieure, intitulée « Les prophéties et la Ligue »en nous appuyant sur un exposé figurant dans le RCN de Benazra (pp 122-123) où il était indiqué à propos d'une édition des Grandes et Merveilleuses Prédictions de M. Michel Nostradamus, Rouen,Raphaël du Petit Val, 1588, selon une description de Daniel Ruzo d'un ouvrage actuellement non localisé (Testament de Nostradamus, Ed du Rocher 1982) : »Il manque les quatrains 44, 45, 46, 47 de la Centurie IV (..) Cette édition comporte donc 349 quatrains pour se terminer typographiquement à la dernière page du dernier cahier », nous montrions que le quatrain46 se référait à la ville de Tours : « Garde toi Tours de ta proche ruine ». Or ce quatrain figure dans l'édition Macé Bonhomme 1555  et apparaitra dans les éditions faisant suite à ces Grandes et Merveilleuses Prédictions ! On est tout à fait dans le scénario décrit par David Derodon en 1661 ! Or, Tours est la capitale du camp opposé à la Ligue, et l'on est ici en pleine actualité après la fuite d'Henri III.. Par la suite, nous montrerons (cf notre post doctorat en ligne sur SCRIBD) ) qu'un quatrain désignant la ville de Chartres comme celle du couronnement d'Henri IV au début de 1594, avait modifié un passage de la Guide des Chemins de France (cf article de Liaroutzos) qui comportait dans un de ses itinèraires le nom de Castres (Arpajon). Encore un quatrain de circonstance ! Force est de constater que les nostradamologues auront souvent préféré échafauder les scénarios les plus alambiqués pour « sauver » les « premières » éditions des Centuries et notamment l'étrange succession des éditions sous la Ligue. (cf Patrice Guinard, Corpus Nostradamus, site du CURA) allant même jusqu'à qualifier de « canular » la thèse des contrefaçons antidatées.(cf encore il y a peu la biographie de Nostradamus, Gallimard, de Mireille Huchon) qui entérine la version d'une première parution en 1555 , préférant mettre sur le compte des facultés prophétiques de Nostradamus les quatrains suspects. JHB 19 04 21

lundi 12 avril 2021

Jacques Halbronn Observations autour de ses deux thèses de 1999 et 2007 sur le prophétisme.

Observations autour de ses deux thèses de 1999 et 2007 sur le prophétisme par Jacques Halbronn Les deux thèses couvrent respectivement 1200 pages et 950 pages environ. Ce sont des « pavés » chacun en trois tomes. Le travail que nous nous proposons de produire ici en quelques pages vise à constituer notamment une introduction à leur lecture mais aussi à nous réapproprier une somme dont nous avons parfois tendance à vouloir nous délester, ce qui permet de se vider pour d’autres entreprises. Mais il vient un temps où, par une phase d’hypermnésie dont nous avons traité ailleurs, le besoin se fait sentir de faire le « tour du propriétaire ». En route, donc, pour la visite de ces deux « monuments ». qui font pendant à nos publications proprement astrologiques et à d’autres d’ordre linguistique (cf sur SCRIBD), constituant ainsi comme un triptyque sans parler du projet en cours qui dépasse nettement les 1000 pages I la thèse d’Etat de 1999 Le texte prophétique en France . Formation et fortune (paru aux Presses Universitaires du Septentrion). Il recouvre une période de plusieurs siècles, soit de la fin du Xve siècle jusqu’au début du Xxe. On est donc dans la longue durée.. En quelque sorte, il atteste de la permanence et l’entretien d’une certaine fièvre prophétique tout au long en mettant notamment l’accent sur les modes de recyclage des textes de notre corpus. De cette thèse sortirent plusieurs publications papier dont six en particulier : Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle qui forment le diptyque intitulé : Prophetica judaica (ed Ramkat 2002) respectivement autour de Michel de Nostredame et de Theodor Herzl. et Papes et prophéties. Décodages et Influence (ed Axiome 2005) sur la prophétie de saint Malachie (ou des papes) plus trois études parues dans la Revue Française d’Histoire du Livre entre 2011 et 2015 « De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien », Revue Française d’Histoire du Livre, n° 134 (2012) « Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique », in Revue Française d’Histoire du Livre, 2011). « Histoire des Livres d’Heures. La fortune du Kalendrier et Compost des Bergers en Angleterre et en Italie autour de 1500; » Revue française d’histoire du livre, numéro 136 (2015) L’accent était mis sur les contrefaçons antidatées qui sont un des traits les plus notables de la littérature prophétique.Quelque part, nous rejoignions ainsi notre thèse de troisième cycle de 1979 -soutenue 20 ans plus tôt parue en 1985 sous le titre « Le monde juif et l’astrologie. Histoire d’un vieux couple ». Au prophétisme biblique faisait ainsi pendant un néo-prophétisme. II Le post doctorat de 2007 Le dominicain Giffré de Rechac (1604-1660) et la naissance de la critique nostradamique au xVIIe siècle. Ce travail se voulait en principe bien plus circonscrit, borné dans le temps et centré sur Nostradamus et non sur un corpus prophétique bien plus foisonnant même si le dossier Nostradamus figurait déjà dans la thèse d’Etat, notamment en son tome III.. A la différence de la Thèse d’Etat, les publications dérivant du post doctorat et le complétant sont sur Internet cf le site propheties.it. Le titre même de l’ouvrage paru anonymement de ce Dominicain était tout un programme : « Eclaircissement des véritables quatrains ». En pratique, on glissait du XVIe siècle vers le XVIIe et d’ailleurs, notre approche de Nostradamus était axée sur la fin du XVIe siècle -temps de la Ligue – bien plus que sur son milieu pour ceux qui s’en tiendraient aux dates indiquées sur les éditions (1555, 1557, 1568), un XVIIe siècle que nous avions déjà abordé autour de Jean-Baptiste Morin et de Nicolas de Bourdin à propos de la décennie 1650. (cf nos éditions de 1975 et 1993, à 18 ans d’intervalle), étant venu en quelque sorte du XVIIe vers le XVIe, étant au fond plus dix – septiémiste que seiziémiste. Nous avions évidemment pour tâche de préciser l’identité de l’auteur de cet Eclaircissement de 1656. Il nous fallut retrouver la trace du manuscrit conservé aux Archives Nationales. En vérité, notre approche était marquée par un travail critique que nous avions nous mêmes engagé sur le sujet et le dominicain nous apparaissait comme une sorte de précurseur de la « critique nostradamique », comme l’indiquait l’intitulé même du post-doctorat ; Or, le XVIIe siècle était aussi celui de la naissance de la « critique biblique « . Au bout du compte, ce post doctorat entendait exposer toute la problématique de la critique « nostradamique » telle qu’elle nous apparaissait au début du XXIe siècle en remontant jusqu’au XVIIe. Autant dire que quelque part, nous rejoignions ainsi l’esprit de notre thèse d’Etat sur la longue durée. Au demeurant, le titre de la thèse « naissance de la critique nostradamique » s’avèrait assez ambigu en ce qu’il entendait « remonter » jusqu’au dominicain pour y déceler des prémisses d’une critique qui se déploierait jusqu’à nos jours et non pas se cantonner à l’oeuvre de Giffré de Réchac.. L’ambiguité de notre post doctorat tenait, on l’ a dit, au fait que nous nous en étions pas tenus à l’oeuvre du seul dominicain. Dans d’autres domaines, notre démarche aurait pu sembler tout à fait banale dans la mesure où l’on était en mesure de signaler divers ouvrages s’étant succédé appartenant au courant étudié. Mais, ici, le cas de figure était différent dans la mesure où une grande partie du dit courant correspondait à nos propres recherches ! JHB 12.04 21

jeudi 8 avril 2021

Jacques Halbronn Réflexions sur "Nostradamus ou le savoir transmis" Colloque Salon de Provence 1994

Jacques Halbronn Réflexions sur « Nostradamus ou le savoir transmis » Ed. Michel Chomarat, 1997 Relisons cet ensemble de trois études paru, à Lyon, réunissant trois chercheurs, Michel Chomarat, Jean Dupébe et Gilles Polizzi Il s'agit des Actes d'un Colloque qui s'est tenu en 1994 - il y a donc plus d'un quart de siècle, à Salon de Provence : La transmission du savoir au XVIe siècle, organisé par le Musée Nostradamus (dir.. Jacqueline Allemand) Dès la quatrième de couverture, nous rencontrons une difficulté puisqu'il y est fait référence aux « lectures et influences qui décidèrent (sic) Nostradamus à publier en 1555 à Lyon la première édition de ses (sic) «Prophéties » Le recueil s'ouvre en une page de garde sur deux vignettes : l 'une est ainsi présentée ; « Nostradamus dans son cabinet de travail à Salon de Provence : bois gravé utilisé sue la page de titre de ses ouvrages imprimés à Lyon en 1555 (« Les Prophéties », en 1557 et 1558 (« La Paraphrase de Galien sur l'exortation de Ménodote » et l'autre «  Nostradamus dans son cabinet de travail à Salon de Provence , entouré du zodiaque : bois gravé utilisé sur la page de titre de ses ouvrages imprimés à Lyon en 1554 (« Pronostication pour 1555 » et à Paris en1559 (« Les Significations de l'Eclipse ». La première étude, due à Chomarat, concerne la bibliothèque de Michel de Nostredame. Il eut été intéressant de déterminer si les ouvrages mentionnés auraient pu servir à la composition de certains quatrains centuriques puisque certaines éditions se référent à une bibliothèque.(cf Recherches sur Nostradamus le Jeune, n°101, sur site propheties.it). On reléve notamment en 1571 «  Présages pour treize ans (…) recueillies de divers auteurs & trouvée en la bibliothèque de défunct maistre Michel de Nostredame », Paris, Nicolas du Mont (cf RCN p. 98) La deuxième étude, due à Jean Dupébe, mentionne (p. 39) « l' épitre dédicatoire à Henri II de ses Prophéties de 1558 » Rappelons que l'on connait une première épitres au Roi, datée de 1556 (cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002)en tête des Présages Merveilleux pour 1557, qui jette un doute sur l'authenticité de celle de 1558  d'autant que celle de 1558, par inadvertance ou par ignorance de la part des faussaires, ne mentionne point la première. Il nous faut réagir à la présentation des deux vignettes qui ouvrent en quelque sorte le volume. Il est clair, pour nous, que la première vignette est reprise des almanachs contrefaits paraissant sous le nom de Nostradamus dans les années soixante, comme le signalent les bibliographies de Chomarat (1989) et de Benazra (Répertoire Chronologique nostradamique, Ed Trédaniel, 1990,pp 58-59) citées par Dupèbe (.p. 41) C'est la seconde vignette au zodiaque qui signe les textes authentiques qui paraissent alors. Notons que la vignette qui orne l' édition du RCN correspond à la première vignette. En tant qu'éditeur nous avions insisté sur l'épithète  de « nostradamique » qui couvre un champ plus large que « Bibliothèque Nostradamus ». (sur ces questions iconographiques , cf notre post doctorat Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, EPHE Ve section) On notera que la « bonne » vignette porte le nom M de Nostredame, pas l'autre et c'est cette vignette qui d'ailleurs orne la page de titre des dits Actes. Passons à la troisième étude « Lac Trsmenien portera témoignage » ou de l »usage de l »Histoire Romaine dans les Centuries » par Gilles Polizzi. L'auteur annonce : »Dans un texte qui se donne pour « prophétique », la présence d'emprunts aux sources latines est tout à l a fois paradoxale et naturelle » (p  47) Ce Collloque de 1994 consacré aux influences ne pouvai ignorer les recherches de Chantal Liaroutzos (1987) ou de Pierre Brind'amour (1993-1996) A propos du premier texte mettant en évidence les emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, Polizzi écrit « Elle a montré de manière convaincante que l'auteur des Centuries avait emprunté ses toponymes en piochant dans les itinéraires » fournis par la « Guide » Polizzi , d'ailleurs, avait employé la formule « l'auteur des Centuries » (p. 70) mais apparemment il ne s'est pas tenu à une telle prudence de formulation et laisse bien entendre au final que le dit « auteur des Centuries » serait bien Michel de Nostredame. En vérité, comme il eut été plus simple d'admettre que précisément, il ne s'agit pas de Michel de Nostredame mais des faussaires (pour la bonne cause???),peut être de l'entourage de celui-ci d'ailleurs- car ceux-ci, surtout quand ces contrefaçons sont postétieures d'une vingtaine d'années à la mort du dit sieur de Nostredame-n'ont pas évidemment pas les mêmes motivations pour « remplir » ces Centuries. Signalons le cas des Protocoles des Sages de Sion, utilisant les Dialogues de Maurice Joly (cf notre ouvrage Prophética Judaica Beith. Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle, Ed Ramkat 2002) Et que dire des emprunts à des imitateurs de Nostradamus comme Antoine Cespin dont on reprend les propos hostiles aux Juifs à propos de leur statut à Avignon (cf notre communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Jérusalem, 2005, cf notre thèse d'Etat Le texte prophétique en France, 1999, Presses Universitaires du Septentrion) Il y a là comme un point aveugle dans ce Colloque de 1994 : à cette date, on n'arrive pas à penser que les Centuries puissent être d'un autre auteur et d'une autre époque. Or, traiter des influences que les Centuries ont eu à subir  impliquait aussi une influence non pas du passé mais du futur du fait des éditions antidatées. Rappelons que ces Centuries ont des quatrains par imitation de ceux des Almanachs de Nostradamus, lesquels quatrains étaient composés – pas forcément d'ailleurs par l'auteur- à partir de ses prédictions en prose. Comme on l'a signalé, autour d'un Mi de Nostradamus le Jeune, il est question d'éléments trouvés dans la bibliothèque du « défunt » A ce propos, on sera surprise de noter que la prétendue édition de 1568, Lyon, Benoist Rigaud, ne prend la peine de signaler en son titre la mort du dit Nostradamus survenue en 1566 alors qu'en 1571, cela sera signalé !. Visiblement, lors de la fabrication de ce faux tardif puisqu'englobant les dix centuries, au plus tôt peu de temps avant la parution du Janus Gallicus de 1594 (cf RCN pp. 130 et seq) qui en commente des versets, toutes centuries confondues,, on ne savait plus très bien quand était décédé Michel de Nostredame.Il ne faudrait pas surestimer l'habileté des faussaires dans le choix des vignettes ni dans celui des emprunts assez grossiers,à des sources connues et guère compatibles avec le principe de Prophéties, quoi qu'en dise Polizzi... JHB 08 04 21

mardi 6 avril 2021

Jacques Halbronn Le Colloque en Histoire de l'Astrologie. Paris, Eglise Sainte Année 1991

LE COLLOQUE EN HISTOIRE DE L'ASTROLOGIE PARIS Ste Anne 1991 par Jacques Halbronn Ce Colloque aura été le pendant de celui que nous avions susciité à Londres, sept ans plus tôt, en 1984, au Warburg Institute et dont les actes parurent, en anglais en 1987 sous la direction de Patrick Curry, : Astrology Science and Society. Le Colloque de 1991 fit l'objet d'Actes sous le titre « L'Astrologie en terre française (1539-1730) », 1993, accessible sur la plateforme SCRIBD) avec des contributions de Cécile Dumont-Fillon, Sylviane Bokdam, Pierre Brind'amour, Yali Haran, Patrice Guinard et nous mêmes. Mais il y eut d'autres interventions commme celles de René Alleau, d'Amanda Phillimore, d'Yves Marquer, de Jean Deweer, de Jean Patrice Boudet et de Marie Delclos. En fait comme pour les Actes du Colloque Ere du Verseau (cf Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau, Paris, Albatros, 1979), qui se tint au Foyer d'Accueil de Paris en 1977, cela ne refléte pas exactement les intervenants présents : certains intervenants n'ayant pas donné leur contribution et certaines contributions s'étant ajoutées par la suite au stade des Actes. Nous passerons en revue les communications du Colloque de 1991, qui se tint il y a maintenant 30 ans. Cela consistera le plus souvent en des observations à caractère bibliiographique, venant compléter la teneur des contributions. Cécile Dumont-Fillon Rayonnement de l'Astrologie du Moyen Age à la Renaissance au travers des tapisseries (pp. 7 -56) Observations Nous accordons la plus grande importance aux données iconographiques. On peut regretter que l'auteur n'ait pas abordé, semble-t-il, la question des rapports complexes entre le cycle saisonnier et la symbolique zodiacale, notamment, ce qui aurait posé un certain nombre de questions sur les sources de la dite symbolique (cf nos Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du Tarot, avec Etteilla L'astrologie du Livre de Toth (1788). Collection Bibliotheca Astrologica. Ed Trédaniel, 1993) Michel Vital Le Bossé Rabelais et l'Astrologie (pp. 57-83) Observations. Il semble que l'auteur confonde les Centuries de Nostradamus avec sa production annuelle laquelle est bien plus proche des satirres que Rabelais fait du genre, d'autant que les dites Centuries n'apparaissent en réaité qu'à la fin des années 1580. (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Feyzin, Ed Ramkat 2002) On relévera un passage qui nous interpelle chez Rabelais : » La plus grande folie du monde est penser qu'il y ait des astres pour les Roys, Papes et gros seigneurs, plustost que pour les pauvres et souffreteux comme si de nouvelles estoiles avaient esté créés depuis le temps du Déluge (…) mais toute ceste erreur ne procède que par défault de vraie foi catholique. Tenant doncques pour certain que les astres se soucient aussi peu des Roys comme des gueux et des riches comme des marauds je laisserai à aultres folz prognostiqueurs à parler des Roys et riches et parlerai des gens de bas estat » (cf Pronostication ch. VI), En vérité, il s'agit bien là d'un débat fondamental pour l'Histoire de la Pensée Astrologique. Pierre Brind'amour L'Astrologie chez Nostradamus (pp. 85 -96) Observations : on peut regretter que Brind'amour n'ait pas signalé que les quatrains des almanachs consistaient en des versifications de ses prédictions en prose, ce que nous mettrons en évidence en 2007 dans notre post-doctorat (EPHE Ve Section) Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle. (accessible sur propheties.it et sur SCRIBD. Ce sont les quatrains des almanachs qui auront inspiré la composition de Centuries, lesquelles ne reposent quasiment jamais sur des données astronomiques et qui ne sont aucunement l'oeuvre de Michel de Nostredame.. Sylviane Bokdam Pontus de Tyard et l'Astrologie (pp ; 95-113) Observations : On regrettera que Sylviane Bokdam ne se soit pas davantage intéressée au personnage de l'astrologue Auger Ferrier et à sa polémique avec le juriste Jean Bodin avec lequel il échangera des arguments dans les années 1580 -cf notre étude La fortune d'un manuel d'astrologie » -CURA.free.fr , NOFIM.unblog.fr, voir aussi notre mémoire de DEA de 1981, Université Lille III (accessible sur SCRIBD) sur la traduction anglaise des Jugements Astronomiqueq sue les nativitez de son traité paru en 1550 et plusieurs fois réédité. Cela anticipe sur le débat au XVIIe siècle entre Morin de Villefranche et Pierre Gassendi. Cf aussi notre étude dans ces Actes.(c f aussi Actes du Colloque de Londres « History and Astrology. Clio and Urania confer » Dir. Annabella Kitson , 1989. communicatin de Nicholas Campion. Astrological Historiography in the Renaissance, cf Halbtonn, Collioque de Londes 1984. Astrology, Science and Society, 1987 dir P. Curry,) «  The revealing process of translation and Criticism in the History of Astrology » Yali Haran Astrologie et prophétie politique en France au XVIIe siècle (pp. 115-131) Observations Il semble que Yali Haran ait négligé le corpus associé à Johannes Lichtenberger du fait de a fortune française du recueil prophétique du Mirabilis Liber –cf notre étude dans la Revue Française d'Histoire du Livre. 2013, Nº. 134 -*De l'agencement des recueuils prophétiques. De la Pronosticatio de Lichtenberger au Mirabilis Liber parisien , pp. 7-34. et notre Thèse d'Etat Le texte prophétique en France.Formation et fortune. Paris X, 1999 paru aux Presses Universitaires du Septentrion ct aussi notre Catalogue d'exposition Astrologie et prophéties. Merveiles sans images. Ed de la Bibliothèque Nationale, 1994) Patrice Guinard L'astrologie et le débat scientifique en France à la fin du XVIIe siècle (pp 133-145) Observations : On note l'indigence des références bibliographiques dans cette étude ainsi que l'absence de mention de notre Bibliothèque Astrologique grâce à laquelle Guinard aura puisé l'essentiel de sa documentation. Il est clair notamment que sans nous Guinard n'aurait pu aborder l'oeuvre d'Eustache Lenoble. Attitude d'autant plus surprenante qu'elle concerne un texte s'inscrivant dans les Actes d'un Colloque dont nous avons été l'instigateur. Il est vrai que nous n'avons publié nos travaux sur Lenoble qu'en 1993.( cf Etudes autour des éditions ptolémaiques de Nicolas de Bourdin (1640-1651). Collection Bibliotheca Astrologica, Ed Trédaniel avec le reprint du Centilogue de Bourdin. Cf aussi notre éditions des Remarques Astrologiques de Morin sur le commentaire du Centilogue. Paris, Retz, 1975) « t Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du Tarot, Collection Bibliotheca Astrologica. Avec le reprint de Etteilla L'astrologie du Livre de Toth, comportant une étude sur une réédition méconnue de l'Uranie de Lenoble) cf notre Catalogue Alphabétique des textes astrologiques français, site CURA. Free.fr et le Catalogue des photocopies de la Bibliotheca Astrologica, sur SCRIBD) et notre Introduction bibliographique à l'étude de l'Astrologie Française de la fin du XVIe siècle à la fin du Xxe siècle, 1987. D'ailleurs dès 1987 Guinard avait publié sur cet auteur dans la revue Astralis. Jacques Halbronn Bibliographie de la littérature anti-astrologique française, d'Oresme à Voltaire. (pp. 147 -184) Ci desssous l'intrduction à cette étude. «  Ce travail complète celui que nous avions effectué lors d'un colloque intitulé « La comète de Halley et l'influence sociale et politique des astres: actes du colloque tenu à Bayeux, au Centre Guillaume le Conquérant » en octobre 1986 ; plateforme books google.fr) et qui s'intitulait  « les variations d'impact des comètes en France. Etude bibliographique (fin Xve-fin XVIIIe siècles) » Autrement dit, il s'agit d'une bibliographie introduite par un découpage des périodes et une recherche des causes de l'accroissement ou de la diminution de la production. Il s'agit ici de rassembler un maximum de références à des textes ayant un contenu anti-astrologique, c'est à dire regrettant son empire et souhaitant en diminuer ou en limiter le rayonnement.Ls textes que nous avons choisis pour notre corpus ne sont pas nécessairement parus sous un titre se référant à l'astrologie , il peut s'agir de chapitres au sein d'ouvrages traitant d'autres sujets  (cf. J..Halbronn. Catalogue alphabétique des Textes astrologiques Français), site du CURA et Anthologie des textes astrologiques de langue française (complément du CATAF),plateforme SCRIBD) On ne saurait exagérer l'importance de l'étude approfondie de la littérature anti-astrologique pour l »Histoire de l'astrologie. De même qu'on ne contestera point la nécessité de prendre en ligne de compte les productions divinatoires plus ou moins abâtardies pour cerner l'évolution du statut de l'astrologie , de même les textes anti-astrologiques constituent un contre point éminemment précieux pour éclaire les positions de l'Astrologie à travers les siècles.Au demeurant, les études modernes consacrées aux anti-astrologues sont plus abondantes que celles consacrées aux traités proprement dits ; Tout comme pour notre travail sur les cométes, nous accorderons de l'importance aux réactions provoquées par ces publications. Notamment provoquées par les astrologues. Pour les comètes, la démarche était dans l'ensemble inverse puisque la croyance en la comète était la donnée première et que les critiques et les attaques étaient en réaction., à Jean François.

vendredi 2 avril 2021

jacques Halbronn Nouvelles recherches en iconographie divinatoire

Nouvelles recherches en iconographie divinatoire Par Jacques Halbronn L'iconographie nous apparaît depuis longtemps comme un outil fort précieux pour l'historien des textes car nombreux sont les textes, les ouvrages comportant des éléments sous forme d'images. Rappelons notre exposition à la Bibliothèque Nationale Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images. L'appareil iconographique dans la littérature divinatoire française au xVIe siècle «  Ed Bibliothèque Nationale, 1994. Nous avons consacré des Recherches sur l'Histoire du Tarot (Trédaniel 1993) en postface de notre réédition de l'Astrologie du Livre de Toth. Voir également nos études entrre 2011 et 2015 dans la Revue Française d'Histoire du Livre) Voire aussi nos Mathématiques Divinatoires, Trédaniel 1983) et notre « tarot sephirotique » (Revue L'Autre Monde, 1977) Nous débuterons notre exposé par la critique nostradamique que nous avons engagée en ce qui concerne les éditions antidatées et abusivement attribuées à Nostradamus en montrant que les vignettes utilisées pour les prétendues rééditions des Centuries dans les année 1588-90 émanaient de fausses éditions des almanachs réalisées de son vivant alors que ses almanachs n'en comportaient pas, à la différence de ses Pronostications. Erreur fatale des faussaires tombés victimes sur une génération antérieure de faussaires. Par ailleurs, l'on sait que plusieurs quatrains ont été composés à partir de textes en prose traitant, par exemple, de guides de voyages, recopiés texto pour arriver, en principe, au nombre de quatrains souhaité, à savoir cent par centurie, comme leur nom l'indique. On notera par ailleurs la carence en culture iconographique chez la plupart des praticiens dans le champ zodiacal, tarologique, notamment. Ainsi, lesr références aux Livres d'Heures et plus spécialement aux Très Riches Heures du Duc de Berry sont très rares dans les ouvrages consacrés aux signes du zodiaque.Zoé Fachan traite de cette source dans l'Homme Zodiaque L'astrologie témoin des noces de l'homme et de l'univers, Marseille, AGEP, 1991) sans que cela la conduise à une approche critique deu corpus zodiacal. Dans la série des petits livres du Zodiaque parus aux Ed. Du Seuil en 1957, l'iconographie des mois de l'année ne figure pas ! Dans notre article Astrologie de l'Encyclopaedia Universalis, 1994, nous montrons que le signe des Gémeaux était à l'origine issu d'images de couples hommes/femmes, en rapport avec le mois de Mai qui était celui des fiançailles, donc plus vénusien que mercurien, contrairement au dispositif des domiciles du septénaire planétaire. On retrouve dans la frise zodiacale des Pronostications de Nostradamus, dans les années 1550-1560 une iconographie de couple. La découverte de sources est toujours excitante mais cela ne doit pas nous induire en erreur car celles- ci peuvent être instrumentalisées dans un sens qui ne leur correspond pas, ce qui ne signifie aucunement que la source doit avoir le dernier mot!C'est ainsi que lorsque nous signalons (dans la RFHL) que dans le Kalendrier et compost des Bergers, l'on aurait la source de l'Arcane de la Roue de Fortune avec la Roue des Damnés, il est clair que cela n'implique pas d'en revenir à cet état premier de la figure. Dans le cas du Tarot, il est clair que le Bateleur dérive du banquet correspondant aux mois d'hiver, où les gens se réunissent à l'intérieur et non à l'extérieur, ce qui correspond au signe du verseau (verse-eau à partir d'un récipient), avec Ganyméde l'échanson des dieux, selon la formule de Paul Le Cour dans son ouvrage sur l'Ere du Verseau. Quid des maisons astrologiques, ont-elles une iconographie qui leur soit propre. ? Généralement, les astrologues déclarent que cela n'existe pas à la différence des signes du Zodiaque. Or, si l'on considére certaines « roues » juxtaposant différentes séries : signes zodiacaux, planètes (cf l e Nativität Kalender, de Leonhard Reymann ; Nuremberg,1515) l'on observe qu'une série recoupe la signification des maisons VI, VII et VIII., avec successivement une personne alitée, un mariage et la mort d'autant que ces images sont dument numérotées  (cf nos Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du tarot, op ; cit. pp. 48-49). Autrement dit, depuis des siècles l'iconographie des maisons astrologiques aura disparu de la production dans ce domaine, réduite au seul énoncé d'un numéro d'ordre, généralement rendu en chiffres romains ! Or, on retrouve certaines des images des maisons astrologiques dans les arcanes majeurs du Tarot. On pense à l'arcane de la Mort (XIII) ou à celle de la Roue de Fortune, correspondant à la maison XI dans le document de 1515 sus nommé. Quant à l'arcaneVI, l'Amoureux, elle ressemble terriblement à l'image de la maison VII du mariage. Comment expliquer cette circulation des images  et dans quel sens cela a-t-il eu lieu, qui a influencé qui ? En effet, le travail iconographique n'exclue nullement le recours à l'emprunt. Prenons le cas du travail d'élaboration des images des maisons, il aura bien fallu puiser quelque part pour l'accomplir et tout l'intérêt de l'approche iconographique, c'est qu'elle permet des rapprochements frappants plus encore que dans le cas de texte, comme on l'a vu pour les sources des vignettes des éditions centuriques. C'est ainsi que le Kalendrier des Bergers peut fort bien avoir été utilisé pour constituer certaines séries iconographiques, quand il traite de l'Enfer avec le Diable, la Roue des Damnés. Cf notre étude sur les Livres d'Heures, dans la RFHL) ; La maison V offre une représentation qui n'est pas sans évoquer le mois de mai des amourettes et des compter fleurette et la maison II-toujours dans le document de 1515- est à rapprocher de l'arcane du bateleur ou la maison III de celle de l'Hermite du Tarot. Mais même l'iconographie des maisons varie du fait de la multiplicité des significations propres à chaque maison ; dans le thema genethliacum de Conrad Heingarten (cf notre catalogue pp 10-11), la maison IX, des voyages au loin, est illustrée par un homme à cheval mais chez Reymann, on pense plutôt au Pape du Tarot, la IX ayant aussi une connotation religieuse. La maison XII chez Heingarten pourrait avoir inspiré l'arcane Le Mat, si l'on remplace le chien sur les trousses de l'homme par un assassin Si l'on en revient aux sources de la symbolique zodiacale, la comparaison entre son état actuel et sa source dans les Livres d'Heures est assez troublante et les astrologues qui nous parlent des liens du symbolisme zodiacal avec le cycle saisonnier se contentent de quelques idées générales alors que cette iconographie zodiacale s'enracine dans la vie quotidienne des gens, au fil des saisons et non dans la dimension purement « photopériodique » selon la formule de Jean-Pierre Nicola. Or, à partir des mois d'automne, cela ne va plus très bien et le décalage se creuse entre les deux séries, celle du Zodiaque et celle des livres d'Heures. On ne trouve pas le cochon dans le Zodiaque alors qu'il marque deux mois dans lesTrès Riches Heures. A la place, on a le Sagittaire, c'est à dire l'Archer (combiné au Centaure). Comment expliquer une telle substitution ? Qu'est ce qui aurait motivé l'exclusion du porc ? A noter que le porc fait partie de ce qu'on appelle le Zodiaque chinois, basé sur un cycle de 12 ans qui est celui de Jupiter. L' archer pourrait être Hercule avec ses 12 travaux qui font écho aux 12 signes. On a le Sanglier d'Erymanthe (cf Clefs pour l'Astrologie, Seghers, 1976), les Oiseaux du Lac de Stymphale qui correspondrait à l'Aigle du tétramorphe que l'on trouve dans le Livre d'Ezékiel, Ancien Testament), animal qui a lui aussi disparu du Zodiaque, remplacé par le Scorpion qui, selon Volguine, renverrait à l'archer, dont les fléches seraient des dards, parfois appelé « homme scorpion ».(Le symbolisme de l'aigle) En revanche, le signe du Lion n' a rien à voir avec les livres d'Heures et correspondrait à une autre composante du tétramorphe avec le taureau et l'Homme.(assimilé au Verseau). Autant de signes « fixes ». On serait là en présence d'une division en 4 qui aurait été complétée par la suite par l'apport de huit autres figures pour baliser l'écliptique. Il serait bon, en tout cas, de restituer un Zodiaque mieux ancré dans le vécu saisonnier que celui qui nous est parvenu et qui est visiblement altéré, corrompu Tout cela n'aurait d'ailleurs pas grande importance si les astrologues n'y attachaient quelque valeur en matière d'interprétation typologique, psychologique alors qu'ils disposent par ailleurs des triplicités, quadruplicités et autres maitrises planétaires. A propos de l'iconographie des planétes qui figure dans les documents signalés, force est de constater qu'elle puise mais n'épuise pas les sources mythologiques. Pourquoi telle divinité serait associée à telle planète et pas telle autre ? Il est vrai que si l'on ne dispose que de sept astres, le choix s'impose et à mesure que l'on découvrait de nouvelles planètes, c'est l'ensemble de l'Olympe qui allait se retrouver mobilisé. Dans nos « Mathématiques Divinatoires » (préface Jean Charles Pichon, pp.47 et seq) nous avions tenté de rapprocher dix arcanes majeurs (en raport avec les 10 sefiroth) en associant des arcanes totalisant deux par deux, chaque fois, le nombre 22 (nombre de lettres de l'alphabet hébraique) En ce qui concerne la signification des maisons astrologiques, leur rapprochement avec les signes du Zodiaque nous semble très discutable. En fait, ces deux séries relévent de deux astrologies différentes, l'une rotationnelle, au niveau du mouvement diurne et l'autre cyclique, en lien avec les vitesses de révolution respectives, d'apparition plus tardive. La répartition des significations nous semble aléatoire. D'ailleurs,dans la Tétrabible, on retrouve cette « check list » des sujets à traiter mais sans reférence aux maisons. Ce serait dans un deuxième temps que l'on aurait opéré une telle distribution. Le probléme, c'est qu'avec le temps, l'on aura fini par intégrer dans la définition des signes les « correspondances » numériques avec les maisons  dans le genre Sagittaire maison IX et tutti quanti, ce qui aura contribué à brouiller les descriptions zodiacales, si ce n'est que la confusion va également concerner les Quatre Eléments qui ne respectent guère la symbolique zodiacale : pourquoi le verseau est il un signe d'air et non un signe d'eau comme le voudrait son nom ? Pourquoi les Gémeaux sont ils régis par Mercure alors que leur symbolique de base est vénusienne. En fait, il semble que ces différents classements n'aient tenu aucun compte de la symbolique zodiacale et se soient plaqués dessus selon des critères géométriques. Quant au référentiel astronomique, il n'est guère respecté par la Tétrabible de Ptolémée, puisque on y attribue à Mercure deux signes dont l'un ne correspond pas à la réalité de l'élongation maximale de la planète par rapport au Soleil, soit 28° ! Idem dans le cas de la planéte Vénus ne pouvant s'éloigner du soleil de plus de 48°. On aura compris à quel point il serait vain de chercher à justifier et à corréler ces diverses attributions au nom d'un structuralisme naif cherchant à tout harmoniser. JHB 02 04 21

jeudi 1 avril 2021

La mystique des trois nouvelles planètes dans la vie astrologique des années 30-40 du XXe siècle

La mystique des trois nouvelles planètes dans la vie astrologique des années 1930-1940. par Jacques Halbronn Nous avons consacré en 1995 un ouvrage à la période des Années trente cinquante (Ed Trédaniel) de Néroman à Maurice Privar. Nous entendons compléter ce travail à propos de quatre ouvrages conservés à la Bibliotheca Astrologica, à savoir le Manuel d’Astrologie Médicla de G . B. de Surany parue aux Éditions des Cahiers Astrologiques, à Nice, Verlaine et les astres de Dom Néroman –(mars 1944 donc avec la présence allemande).avec une préface de François Porche dans la collection « Les connaissances supranormales ».Un autre livre de Dom Néroman a depuis longtemps retenu ,notre attention , Grandeur et Pitié de l’Astrologie, Ed. Fernand Sorlot avec une préface de J. H. Rosny Ainé.(1940) Enfin, nous traiterons d’une traduction de l’allemand « La nouvelle planète Pluton » -1937. On commencera avec le Manuel de Geza de Surany -qui épousera la future Marguerite de Surany., sœur de Mme de Longchemp (cf les Ed. Sorlot) Avant même d’étudier cet ouvrage observons les annonces de l’éditeur, Alexandre Volguine, le fondateur des Cahiers Astrologiques. On y propose la « collection complète des quinze premiers numéros parus (1938- 1940). La parution s’en était interrompue du fait de la guerre. Dans le catalogue sont proposés des textes de Jean Hiéroz sur Manilius, de A/ Massot (Le Zodiaque et les maisons), d’André Costeséque sur les transits, d ‘André Tanner (Le Sepher de Moise et la typocosmie) et quelques ouvrages de Volguine lui même (Astrologie Lunaire, Le symbolisme de la vie de Moïse plus une série d’ Éphémérides Astronomiques quotidiennes pour 1941, 1942, 1943 Plutôt qu’à l’astrologie médicale, intéressons-nous d’abord à ce que Sunrany dit des « nouvelles » planètes , ce qui était particulièrement le cas pour Pluton ; découvert récemment en 1930 : « Uranus : La tradition ne nous fournir pas de renseignements sur l’action de cette planète découverte à une date relativement récente. Il est fort probable qu’Uranus fut connu des Anciens : mon très estimé confrère KRAFFT a contribué à l’établissement de cette hypothèse vraisemblable dans un article publié dans les Cahiers Astrologiques mais rien n’est resté mais rien n’est resté eu égard de ses effets. ¨Pourtant, l’expérience, la logique et ce qu’on appelle à tort l’intuition permettent les observations suivantes (p. 63) Passons à Neptune « comme Uranus, est de découverte récente : la Tradition est muette à cet égard. Mais en près de 100 ans on a quand même eu le temps de l’étudier et de constater ses effets (…)Il est exalté dans le Lion » (Uranus était indiqué exalté en Scorpion) et enfin Pluton : « Pluton n’est connu que depuis 1930.En douze ans,(on est donc en 1942) il n’a évidemment pas été possible e » juger de son action et de son influence plus que superficiellement. En ce laps de temps, on a pu toutefois constater qu’il n’est pas maléfique. Les données suivante sont les fruits d’observations de plusieurs astrologues bien connus. Pluton gouverne le Sagittaire (sic) (..) son lieu d’exaltation semble bien se placer dans le Lion » Surany place donc l’exaltation de Pluton dans le même signe que pour Neptune et ne propose pas le signe du scorpion pour son domicile, comme cela est entendu depuis plusieurs décennies. Nous retiendrons la façon dont Surany traite de l’astrologie dans son « Avant Propos » : »Au moment où n’ait l’individu, la position qu’occupent les planètes dans l’écliptique se trouve gravée sur l’impérissable Akasha. : l’horoscope n’est autre que l’inscription dans les cieux en hiéroglyphes que seul un Astrologue peut déchiffrer (…)Dire que les astres inclinent et n’obligent pas quand la Science Astrologique nous donne quotidiennement des preuves nouvelles du bien-fondé de ses enseignements est aussi justifié que de prétendre échapper à la conséquence de nos actions, à la loi de la causalité » Signalons des références au Congrès international astrologique de 1937. Comparons ce texte avec ce qui figure dans le Verlaine aux mains des dieux. Commençons avec la Préface de François Porché qui n’est pas astrologue, mais auteur d’un ouvrage sur Verlaine, ce qui fait justement l’intérêt de son témoignage : on y apprend qu’était paru juste avant le Traité d’astrologie rationnelle de Dom Néroman. On ne pense pas que le dit Néroman a pu souscrire à certains propos de son préfacier tels que celui-ci : »Comme il y a beaucoup de mauvais astrologues, peut être sied il de remarquer que les erreurs qu’ils commettent ne sont pas imputables à la science dont ils se réclament faussement pas plus que les diagnostics erronés des mauvais médecins ne portent condamnation contre la médecin. L’astrologue peut se tromper. L’astrologie ne se trompe jamais » Or, Dom Néroman pensait au contraire qu’il fallait réformer, refonder l’astrologie. Cette façon de parler de l’astrologie comme d’un savoir « accompli » n’est vraiment pas à notre goût. Pas plus d’ailleurs que lorsque Porché insiste sur la nécessité de la précision des données de naissance (pp. 4-5) : »Une erreur de quelques minutes suffisant parfois à fausser tout le problème ». On appréciera davantage la formule suivante : « La masse des ignorants se divise en deux classes : les crédules et les négateurs. Les premiers sont peut être les plus nombreux mais je n’en suis pas sûr. »Quant aux « négateurs » « ils refusent sans examen toute adhésion à l’astrologie scientifique ».. Jetons à présent un coup d’œil sur le copieux « lexique » (pp. 242-255) qui accompagne ce texte extrait du Traité Rationnel: On note que Néroman définit l’aspect comme un multiple de 30° On note que le mot « étoile » ne figure pas comme entrée dans le dit lexique, ce qui fait que Néroman n’intègre pas cette donnée dans son astrologie. On ne s’arrêtera qu’à l’entrée « Axe Lunaire’ qui est un apport de Dom Néroman en ce qu’il met l’accent sur les nœuds lunaires, importants pour ce qui s’appellera l’Astrologie Karmique. -(p ; 243) : « En symbolisme, le premier (axe) s’appelle le Dragon et le second Lilith »Sut Lilith, on lit « Lilith est le foyer vide de l’orbite lunaire : on l’appelle aussi la lune Noire (..)¨Par extension, on appelle Lilith l’axe lunaire tout entier mais, correctement, Lilith est le côté de l’apogée de cet axe ; celui de la périgée est Priape ,élément mâle du couple « . A l’entrée « nœud lunaire, » on lit : » La ligne des nœuds s’appelle le Dragon, » Jean Carteret sera certainement marqué par l’œuvre de Dom Néroman et il en témoignera des années durant notamment lors des réunions du Centre International d’Astrologie puis dans nos Colloques. Passons à Grandeur et Pitié de l’Astrologie, paru dès 1940. On s’en tiendra ci au premier chapitre intitulé « La poussée du ciel » qui commence ainsi « Nous vivons l’aurore d’une humanité nouvelle (…) l’ère des Poissons, née avec le Christ, est au bord de sa tombe et c’est parce que l’ère du Verseau est proche que l’humanité se dégage -douloureusement toujours- de ses tendances actuelles et tourne un visage d’espoir vers d’autres idéaux(..) Cet irrésistible courant vers la Science du Ciel s’accompagne de tous les remous imaginables ; c’est un torrent tumultueux de purs élans, de forfanteries, de naïvetés (..) qui font à la foi la grandeur et la misère de l’astrologie renaissante . C’est ce torrent que je voudrais décrire tant que son flot désordonné roule par la ville avant de faire place au fleuve puissant au fleuve puissant ; calme, majestueux auquel s’abreuvera bientôt une humanité rajeunie d’avoir reclassé ses notions » On pense à Paul Le Cour dans sa réédition de son ouvrage sur Ganymède (cf notre « vie astrologique, années trente cinquante ») Tout cela nous semble bel et bien marqué par ce qui se passe en Allemagne à l’époque. Cela nous conduit à évoquer un autre ouvrage de nos collections : La nouvelle planète Pluton de F. Brunhubner (ed A. Kotulla, 1937), traduit de l’allemand (qui sera réédité dans les années Cinquante Que nous dit le « message de Pluton » pp136 et seq) qui nous présente le trio des nouvelles planètes ? » :’On peut nommer Uranus et Neptune les précurseurs de Pluton. Uranus, la première des nouvelles planètes apporte évolution et révolution ( ;;)L’effet d’Uranus n’est pas encore purement spirituel mais plutôt matériel -spirituel/ En continuation de l’action d’Uranus – ce premier réveil d’une nouvelle époque-Neptune causa d’abord -puisque incomprise- des troubles et le chaos dans la vie humaine Plus tard, lorsque l’homme s’efforça de comprendre les variations subtiles et fines de Neptune, cette planète l’amena à la méditation et l’approfondissement des ptobléme spirituels : la mystique. Maintenant, sous les rayons de Pluton dont l’intensité augmente de plus en plus ; ce ne sont plus les isolés qui les sentent mais nous tous Quelque chose de nouveau et d’inconnu arrivera (..) quelque chose de très redouté des uns mais attendu avec un désir ardent par les autres : l’ère nouvelle ! (…)Pluton est le phytopte et le messager d’un temps nouveau (..)La révolution allemande de 1933 représente un des centres des événements révolutionnaires du monde et je crois devoir dire que l’on peut regarder Pluton comme l’aspect cosmique du troisième empire (Reich) (..)Que l’Allemagne actuelle soit influencée par Pluton est incontestable. On put facilement le prouver par les différents horoscopes de ses chefs et les événements principaux des dernières années. » A propos de l’entrée de Pluton en Lion on trouve exposée l’idée du chef:(p.67) « Dans les années 1937 à 1957 le principe du chef (..) arrivera à sa plus forte expression Des États formés de partis deviendront -semblables à Allemagne et à l’Italie – des États conduits par un seul maître car partout dans le monde entier, on appelle un chef » Que penser de ce corpus de 4 ouvrages relatifs à l’astrologie parus durant l’avènement et la domination des nazis ? On y trouve une convergence entre l’affaire des trois trans saturniennes qui fait penser aux cavaliers de l’Apocalypse et celle de l’Erre du Verseau (signe qui se verra associé à Uranus) Sur le moment, il est clair que le milieu astrologique put quelque peu s’exalter. Certains parièrent pour le fascisme, d’autres, comme Barbault, pour le communisme (avec le cycle Saturne-Neptuue) Les congrès astrologiques furent une caisse de résonance , comme celui de 1933, que signale Brindhübner p 9) au lendemain de la découverte de Pluton,n précédant ceux de Bruxelles -1935) et Paris (1937, cette série de congrès « internationaux » étant gouvernée depuis Dusseldorf par Hubert Korsch. En 1974, le congrès de Paris permit à l’indice cyclque de Barbault d’alerter la presse au sujet des échéances des années 1982-83 Or cet indice cyclique était surtout marqué par les trois planètes Uranus, Neptune et Pluton, lequel indice avait été élaboré par Henri Gouchon à la fin des années 1940.(cf Les astres et l’Histoire, Pauvert, 1967) sous le nom d’indice de concentration planétaire. L’astrologie du Xxe siècle se montrait ainsi marquée par des paramètres inconnus de la tradition astrologique antique, que ce soit pour la théorie des ères précessionnelles ou pour les planètes au delà de Saturne. Les astronomes devenaient par leurs découvertes successives -une par siècle -les prophétes de temps nouveaux. Bien plus, le politique s’alliait à l’astrologique, de façon spectaculaire avec l’avénement du Troisième Reich ce qui n’était en revanche pas nouveau au prix d’une instrumentalisation mutuelle. C’est toute une génération d’astrologues qui se trouvera impactée comme ce fut le cas au lendemain de la Chute du Mur de Berlin, en 1989 au tour d’une prévision datant des années Cinquante (conjonction Saturne-Neptune) avec à nouveau un focus sur l’Allemagne vouée à se réunifier. Nous mêmes en 1979, nous avons publié « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau », Actes d’un Colloque tenu deux ans plus tôt à Paris. Et puis n’oublions pas le changement de millénaire autour de l’An 2000 ! Pour notre part, nous optons pour une « astrologia perennis « , une astrologie éternelle, non sujette aux découvertes astronomiques ni aux mystiques politiques de gauche comme de droite. L’idée même de l’apparition de nouvelles planaires renvoie à la croyance aux comètes. Quant à Uranus, l’astrologie n’en a nul besoin pour annoncer un changement et déjà au Xe siècle Albumasar y parvenait fort bien avec les conjonctions de Jupiter et de Saturne. Il est vrai que les Évangiles nous parlent de l’étoile des Mages, sur Bethléem. JHB 01 04 21

mercredi 31 mars 2021

Jacques !halbronn Enquéte sur la composition des Origines de l'astrologie de Denis Labouré, Ed du Rocher 1997

Jacques Halbronn. Enquéte sur la composition des « Origines de l’astrologie » de Denis Labouré. Ed du Rocher, 1997 « Le geai paré des plumes du paon » Cet ouvrage paru il y a déjà quelque temps,il y aura bientôt 25 ans a retenu notre attention et le hasard aura voulu que nous soyons retombés dessus récemment sur cet ouvrage dont nous avions oublié certaines dimensions quelque peu scandaleuses, car on a là un bel exemple de déni systématique du travail de recherche que nous avons accompli depuis des décennies, notamment en ce qui concerne quatre astrologues, Abraham Ibn Ezra, Claude Dariot, Morin de Villefranche et Eustache Lenoble, tous les quatre commentés et utilisés par Denis Labouré – et notamment notre traduction française d’Abraham Ibn Ezra. Or, quand on examine la bibliographie de l’ouvrage en question, notre nom n’y figure en aucune de ces occasions. Nous en ignorons la cause. Cela ne tient peit être pas à Denis Labouré mais cela pourrait être le fait de son éditeur le directeur des Editions du Rocher chez qui nous devions faire paraître une nouvelle édition de notre Guide de la Vie Astrologique en cette même année 1997. Bien entendu, ces incidents mis à part, l’ouvrage méritera certainement quelques observations de fond au regard de l’Histoire de l’Astrologie. Il est bon de comparer l’attitude de Labouré à celle d’un Jean-Pierre Brach devenu par la suite en 2002 titulaire de la chaire des Courants Esotériques à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Ve section des Sciences Religieuse, dans son édition du Livre de l’Etat et Mutation de Richard Roussat où notre nom est cité à plusieurs reprises dans son « Introduction au Livre de l’estat et mutation des temps »(Gutenberg reprints, 1981), dont l’exemplaire dédicacé note que « JH connait ces choses mieux que moi ou dans son étude sur L’astrologie à la Renaissance (in Cahiers de l’Hermétisme, numéro consacré à l’Astrologie, Ed Albin Michel, 1985) tout au long des pages 122 à 130. Donc, livrons-nous à cet exercice un peu morbide consistant à relever toutes les omissions de Denis Labouré à nos dépens, certaines plus étonnantes d’ailleurs que d’autres. D’ailleurs, un tel comportement n’est pas unique et nous pensons notamment à Hervé Drévillon, dans sa thèse de 1994 et dans son ouvrage paru en 1996 chez Champvallon sur l’astrologie au XVIIe siècle, sans oublier d’autres cas, assez troubles, comme l’édition de Pierre Brind’amour des Centuries, censées parues chez Macé Bonhomme en 1555 en cette même année 1996, chez Droz, l’année précédant l’ouvrage de Labouré.. Première observation : aucune mention de notre nom sinon de nos travaux dans la bibliographie (pp. 229 à 235) pour un ouvrage couvrant une si longue période remontant aux « origines de l’astrologie ». Au moins, Drévillon nous avait-il cité dans sa bibliographie mais toutefois pas dans le corps de son livre. p. 230 Dariot, Claude Introduction au jugement des astres, Pardés, Puiseaux, 1990 L’étonnant, ici, est que nous étions l’auteur de la Postface de cette réédition dont Labouré avait été le maitre d’oeuvre, dans des conditions d’ailleurs assez problématiques.. D’ailleurs, p. 19 ; Labouré note « Avec Chantal Etienne, je redonnai vie (sic) à l’Introduction au jugement des astres de Claude Dariot ». Il oublie de dire que nous étions à l’origine de cette découverte importante poir l’Astrologie Horaire. Labouré cite Dariot, p. 99. On note, en tête de l’ouvrage « Du même auteur : Introduction au jugement des astres , »annoté et commenté » par Denis Labouré et Chantal Etienne, oubliant de signaler notre postface sur la fortune du traité alors que les « commentaires » signalés ne traitaient même pas de l’astrologie au xVIe siècle ! Bibliographie pp. 231 et 233 Ibn Ezra Abraham Le livre des fondements astrologiques, Retz 1977. Aucune mention de notre nom ni de notre préfacier Georges Vajda mais utilisation du titre que nous avions choisi pour notre traduction française, ce qui est un comble ! On notera aussi que Labouré ne cite pas notre « Monde Juif et l’Astrologie sur le Moyen Age » (Milan Arché, 1985) Labouré cite par ailleurs dans le corps du livre Eustache Lenoble (pp. 178-179) alors que nous avions consacré toute une étude en 1993 (Ed Trédaniel) Recherches sur l’Histoire de l’astrologie et du Tarot, avec l’Astrologie du Livre de Toth) sans parler de l’étude de Patrice Guinard dans Astralis (année 1987) qu’il avait réalisée à la suite de la connaissance qu’il avait acquise de notre part de cet auteur publiant à la toute fin du XVIIe siècle, Guinard ne signalant d’ailleurs pas ses sources. Il se servira abondamment de nos informations pour sa thèse de doctorat de 1993.-en ligne sur le site du CURA).. On se demande d’où vient la connaissance chez Labouré d’un auteur jusque là assez peu connu si ce n’est, comme pour Dariot, de la fréquentation de notre Bibliothèque. La page 103 du livre de Labouré vaut le détour car Labouré compare la prose d’Eustache Lenoble à celle d’Abtaham Ibn Ezra, en se servant carrément du texte de notre traduction (comme il le fera page 148) mais sans nous citer, à propos des domiciles de planétes, sujet que nous avons traité abondamment (Clefs pour l’Astrologie, 1976, réédition 1993 chez Seghers et Mathématiques Divinatoires, préface de Jean Charles Pichon, Ed Trédaniel 1983) Et puis page 150, Labouré compare Dariot à Ibn Ezra, et l’on voit à quel point notre contribution occulte à ces Origines de l’Astrologie aura été précieuse !. / Labouré cite (p. 128) également la Brihat Jataka, le Grand Livre des Nativités, de Varahamihira que nous avions mentionné dans notre édition d’Abraham Ibn Ezra et qui était annoncé à paraître, ce qui ne s’est pas fait du fait de l’interruption de la collection de René Alleau.. Nous avions ramené des éditions de ce traité à la suite de notre voyage en Inde de 1976.,Nous avons la faiblesse de croire que Labouré se sera intéressé à cette œuvre par notre intermédiaire.. Et puis, il y a toute l’attention accordée à Jean-Baptiste Morin de Villefranche dont nous avions publié en 1975 les Remarques Astrologiques, autre ouvrage fort peu connu alors et dont Barbault parlera en 1975 (dans Connaissance de l’astrologie, Paris, Seuil) sans nous citer alors que nous lui avions fait part de notre découverte, paru dans la même collection Bibliotheca Astrologica, dirigée par Réné Alleau que le Livre des Fondements d’Abraham Ibn Ezra.. Labouré ne signale pas notre édition du Commentaire du Centiloque de Ptolémée par Nicolas Bourdin (Trédaniel 1993) comportant des « Etudes autour des éditions ptolémaiques de Nicolas Bourdin » dont pourtant Labouré avait publié la traduction de la Tétrabible ».L’Uranie de Messire Nicolas Bourdin, chevallier, seigneur de Villennes ou La Traduction des quatre livres de lugements des astres » (1985) Labouré aurait d’ailleurs pu mentionner le collectif « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau » (Ed Albatros, 1979) que nous avions dirigé et qui comportait des contributions assez savantes sur le Zodiaque comme celle de Robert Amadou et de Fernand Shwartz pas plus que notre réédition de l’Histoire de l’Astrologie de Serge Hutin (Ed Artefact 1986) ni notre article « Astrologie » dans l’Encyclopaedia Universalis (1994) ou encore notre catalogue de l’exposition Astrologie et Prophéties, Merveilles sans images (Ed bibliothèque Nationale, 1994) Il est clair que ces Origines de l’Astrologie auront contribué à la crédibilité de Denis Labouré, ce qui lui aura ouvert des portes comme on peut l’en féliciter au vu de sa bibliographie des vingt dernières années ! Nous notons d’ailleurs que dans son récent ouvrage sur Astrologie et Religion au Moyen Age, 2019, Labouré aura persévéré dans ses pratiques dont nous avons démonté, au cours de notre enquéte, le passionnant mécanisme. JHB 30. 03 21