Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mardi 2 août 2022
lundi 1 août 2022
jacques Halbronn Cyclologie de l'identité juive
jacques Halbronn Cyclologie de l'identité juive
Pour un spécialiste en cyclologie, il serait malséant de ne pas mettre les choses en perspective et de s'en tenir à une vision figée et statique de la question. En d'autres termes, nous dirons que notre rapport à la judaïcité est voué à passer par deux phases en alternance, celles que nous appelons équinoxialité et solsticialité, sur la base du cycle des saisons. Pour nous, comme dans le songe de Pharaon (Livre de l'Exode), il y a deux phases contraires, chacune de 7 ans, celle des vaches grasses et celle des vaches maigres.
Si l'on admet que l'équinoxialité correspond à une levée des barrières nationales alors que la solsticialité renforce celles-ci, on comprendra qu'en phase équinoxiale, la conscience juive pésera plus lourd qu'en phase solsticiale et que dès la fin d'une phase équinoxiale, la judéité prendra une autre tournure, un autre air.
Entendons par là que la période 1967-1973, qui est équinoxiale du fait du passage de Saturne sur l'axe bélier-balance (printemps-automne, ce qui correspond aux fêtes de Pessah (Paques) et de Rosh Hashana( Nouvel An, littéralement, début, tête de l'année) aura eu pour effet de renforcer cette appartenance supranationale et de susciter un certain repli identitaire vers Israël, de nos jours ou vers la synagogue ou vers toute autre structure "communautaire"'(association, mouvement) plus ou moins radicale ou encore vers l'étude de la culture juive, de l'hébreu etc. Et c'est bien ce qui se produisit avec les retombées de la dite "Guerre des Six Jours" (juin 1967) avec un rapprochement entre la Diaspora et l'Etat Hébreu.
Mais 28 ans plus tôt, soit un cycle complet de Saturne, le même type de phase équinoxiale se manifesta d'une autre façon, mais toujours avec le sentiment d'une différence entre Juifs et non Juifs, ce qui conduisit notamment à la Shoah, aux camps de concentration (voir le récent film "Dossier Auschwitz")
Inversement, en phase solsticiale, en alternance, les Juifs tendront à affirmer leur appartenance à telle ou telle nation en refoulant l'expression de leur identité juive, ce qui peut expliquer qu'à partir de 1944, la communication sur la période qui venait de s'écouler fut quelque peu occultée, car le Zeitgeist avait changé, cycliquement. Il est clair aussi que l'antijudaisme et l'antisémitisme sont tributaire de la dite cyclicité et que cela est assez prévisible désormais. Il faut donc s'attendre que lors de la prochaine phase équinoxiale, le fait juif revête une importance nouvelle ou renouvelée. On ne peut certes prévoir exactement la façon dont cela se fera mais les réponses à un tel stimulus cyclique seront certainement aisément identifiables, non pas nécessairement au tout début de la phase mais de manière croissante jusqu'en son milieu, au bout de 3 ans 1/2 pour s'atténuer et s'essouffler en fin de phase, comme c'est le cas pour la dynamique des saisons ou des phases de la Lune, du premier croissant jusqu'à la pleine Lune. Pour l'historien du judaisme, il peut se révéler fort utile d'explorer chacune de ces phases de 7 ans dont il aurait pu ne pas capter toute la portée, dans un premier temps; Il lui reviendra de se poser certaines questions quant aux effets du passage d'une phase à une autre. On nous objectera que nos propos tendent à supposer que le phénoméne juif n'est pas réductible à une simple question d'appartenance nationale comme on pourrait être tenté de le penser au prisme de l'idéologie sioniste, sauf dans le cas ambigu de la citoyenneté israélienne qui diffère de la conscience juive diasporique. En ce sens, nous dirons que l'ouverture de l'Etat Hébreu (en)vers la diaspora est susceptible de varier au prisme des dites phases tout comme son rapport à la population non juive en son sein En phase équinoxiale, une certaine radicalité peut jouer dans un certain sens et évoluer, se modifier en phase solsticiale.. Si l'on étudie la question cyclologique lors de la création de l'Etat d'Israel( novembre 1947-mai 1948), force est de constater que l'on traverse alors une phase solsticiale, à savoir une grande importance accordée à la question des frontières, de la souveraineté des Etats à l'oppose d'une approche équinoxiale, supranationale. On aura pu remarquer que sous l'Occupation, la question de la nationalité française des Juifs (cf les lois prises par le régime de Vichy dès 1940) était devenue assez secondaire tout comme d'ailleurs la "collaboration" avec un autre Etat, puisqu'on était en phase équinoxiale. Actuellement, en phase solsticiale, toute référence à la relation de Pétain avec les Juifs de France ne pouvait être jugée que sur la base du Droit, en occultant ipso facto la réalité complexe propre à la judéité, ce qui revient à un certain déni. Il serait heureux de ne pas isoler la question juive et d'englober dans notre schéma notamment la question des femmes. Ce n'est pas par hasard que le MLF se constitua en 1968; en phase équinoxiale car en cette période, le distinguo entre les sexes s'imposait dans les esprits. Inversement, en phase solsticiale, la tendance sera plus à la parité, comme on l'a vu lors de la dernière composition du gouvernement français, la parité qui est bel et bien déni de différence. Chaque phase se caractérise par un certain type de déni: en phase équinoxiale, déni de l'Etat-Nation et en phase solsticiale, déni des différences de sexe, de race etc. Opposition entre barrière culturelles et barrières naturelles, les unes étant le fait des sociétés, les autres d'un autre ordre, qui est à la fois flagrant et peu explicable par la "Science" si bien qu'en phase équinoxiale, le religieux l'emportera sur le scientifique. C'est l'occasion de préciser que la cyclologie elle même est voué à vivre au rythme des dites phases et que les phases équinoxiales sont plus favorables en principe à l'astrologie que les phases solsticiales.
JHB 01 08 22
Jacques halbronn Réflexions sur l'astrologie zodiacale de Lisa Morpurgo (1923-1998)
Jacques Halbronn Réflexions sur l’astrologie zodiacale de Lisa Morpurgo. (1923-1998)
Nous avons rencontré Lisa Morpurgo en 1971 à Aalen (RFA) lors d’un Congrès « Ebertin » et elle est venue à l’un de nos premiers Colloques, à Paris, quelques années plus tard. Nous avions trouvé des points communs dans notre approche des domiciles des planétes en recourant notamment à deux planétes au delà de Pluton,notamment autour de l’hélice de l’ADN dans un souci de corriger certaines altérations des dispositifs traditionnels.
. En 1974, Lisa Morpurgo avait vu son livre paraitre en français, dédié à Paul Colombet, chez Hachette sous le titre Introduction à la Nouvelle Astrologie, le texte italien datant de 1971. Elle avait reçu, conjointement avec Daniel Verney, le Prix « Morin de Villefranche », décerné lors du Congrès de Paris de 1974. Le sous titre de son traité était révélateur de son ambition « Le déchiffrement du Zodiaque » Dans une Introduction remarquable (pp.11 et seq),l’auteur expose ses idées. En 1976, nous publierons Clefs pour l’astrologie, où nous exposions les résultats de nos recherches. Notre ouvrage paraitra en espagnol en 1978: las claves de la Astrologia.
Ci dessous, un extrait de sa notice Wikipedia;
« Lisa Morpurgo a cherché à lier les observations expérimentales aux symbologies zodiacales en se proposant de réfuter, ou de confirmer, les croyances et les hypothèses astrologiques anciennes au moyen d’une observation rationnelle des phénomènes observés. Elle a donc revisité les théories astrologiques classiques en reconfigurant le système des maisons qu’elle supposait mal compris et celui des exaltations planétaires, avec l’objectif de reconstruire le schéma originaire, qu’elle estime retrouver via la structure de la double hélice d’ADN co-découverte par James Dewey Watson2.
La conséquence a été la réévaluation de certaines théories astrologiques sur l’existence de deux autres planètes au-delà de Pluton, qu’elle désigne, entre autres noms, comme X-Proserpine et Y-Éole. La première impliquerait en elle la signification du grand principe féminin, s’opposant de façon complémentaire aux significations de Pluton, tandis que la seconde serait le grand régulateur du temps lent et inexorable, maitre des phénomènes météorologiques et géologiques et opposé aux métamorphoses de Neptune
Elle a proposé une nouvelle liaison entre les parties du corps humain et le zodiaque.
Elle a fait l’hypothèse de l’existence de 2 systèmes zodiacaux :
A (ce qui s’utilise dans la pratique astrologique)
B (plus ésotérique et où les maisons et les exaltations sont différentes)
Chaque système zodiacal se subdiviserait en 2 sous-zodiaques : l’un masculin, où le soleil est l’étoile, et l’autre féminin où l’étoile est Saturne (appelé Athéna). Dans la description des caractéristiques du signe elle se fonde principalement sur la structure du zodiaque A masculin avec l’adjonction de l’influence de la planète exaltée dans le système B appelé « transparence »
Nous retiendrons pour notre part. le passage suivant de son Introduction: « Ce n’est que maintenant , grâce aux dernières découvertes astronomiques que les cases déjà prêtes peuvent être complétées par certains points importants qui faisaient jusqu’ici défaut (..) L’astrologie du Zodiaque prouve que le savoir scientifique, dans sa totalité, existait bien avant les premiers balbutiements de la Science ». L’Italienne Morpurgo parle d’un Mystère, dans un sens assez proche de celui du Christianisme.
Quarante ans après notre rencontre en Allemagne, nous avons pris nos distances avec ce Zodiaque, à la sauce Mendeleev et nous pensons que l’importance accordée aux 12 signes était une fausse piste ne serait ce que parce que le Zodiaque a une matrice à base 4 (les 4 saisons, le tétramorphe). Pour nous, l’astronomie aura surtout dévoyé l’astrologie plutôt qu’elle ne l’aura guidée et en tout état de cause, nous pensons qu’il faut impérativement distinguer entre les planétes et les secteurs et que c’est par erreur que l’on aura cru bon de baptiser les planétes de noms de dieux issus des panthéons mythologiques. En effet, les noms de dieux visaient à qualifier les signes et non les planétes.
En revanche, nous rejoignons Lisa Morpurgo quant au message ésotérique délivré par la tradition astrologique car nous ne pensons pas que l’astrologie reléve de la Nature mais d’une Surnature et ce n’est pas le savoir zodiacal qui nous retient ici mais bien la programmation de notre Humanité au prisme de Saturne (cf L’Astrologie selon Saturne, 1994) Il nous aura fallu du temps,il est vrai, pour découvrir la véritable clef de la théorie des maitrises planétaires avec aux extrémités les trois « curseurs », soleil, lune et Saturne (qui a les mêmes chiffres que la Lune) et au centre les 4 planétes en rapport avec les 4 saisons.Apparemment, Morpurgo n’avait pas compris la nécessité de cette dialectique propre à toute cyclicité entre ce qui est en mouvement (prometteurs) et ce qui est fixe.(significateurs), ce qui reléve pourtant de cette logique élémentaire dont elle se targuait..
jacques Halbronn Les faux amis de l'astrolgie, astronomie, thème, informatique
Jacques Halbronn Les faux amis de l’astrologie: astronomie, thème de naissance, informatique, précision indue
Dans cette étude, nous établirons un diagnostic de quelques « plaies » – la liste n’est pas exhaustive- qui entrainèrent la « chute » de l’astrologie et la dévoyèrent alors même que l’on avait cru qu’ils la sauveraient.
I L’astronomie
Commençons par l’astronomie. On a souvent entendu certains astrologues se lamenter sur le faible niveau de culture astronomique chez leurs « confrères ». En réalité, l’astrologie aura surtout souffert de ses relations avec l’astronomie en raison – ce qui peut sembler contre intuitif – notamment des emprunts de l’astronomie à l’astrologie. Le phénoméne de l’emprunt a souvent exercé des effets toxiques et aura conduit dans bien des cas à du syncrétisme, à de faux rapprochements.
Quand les astronomes font appel à la mythologie pour désigner les planétes qui entourent, géocentriquement, la Terre, ils vont puiser dans la littérature astrologique. Le recours à la mythologie ne concerne pas les planétes en astrologie mais les signes du zodiaque par lesquels passent les luminaires, soleil et lune, connus bien avant les planétes longtemps confondues avec les étoiles fixes.. Et par la suite, ce sont les astrologues qui s’aligneront sur les astronomes par le biais de la mythologie, et cela vaudra pour les transsaturniennes, jusqu’à nos jours.
En effet, l’usage des dieux par l’astrologie permettait de préciser la tonalité des secteurs car ce n’est pas le nom des signes qui faisait foi, lequel relevait d’une certaine iconographie populaire assez altérée et lacunaire des mois de l’année. Les 4 dieux de l’Olympe, Mercure, Vénus, Mars et Jupiter correspondaient en fait aux 4 saisons. D’où l’importance que nous accordons au distinguo entre prometteurs et significateurs, comme base de la cyclologie dont l’astronomie n’avait cure, à son niveau.
II Le thème astral Un autre « faux ami » est le besoin de fixer un instant précis pour constituer le cliché de la « carte du ciel » et là encore ce qui pouvait être utile à l’astronomie ne l’était pas à l’astrologie, laquelle fut entrainée vers un polyplanétarisme de mauvais aloi, ce qui est la cause de la pléthore de données, de signifiants, dont elle est victime. La carte du ciel est l’ennemi par excellence de la cyclicité laquelle n’a pas le même rapport au temps. Cela aura poussé maint astrologue à exagérer l’importance de tel ou tel moment alors que l’astrologie a vocation à couvrir des périodes, des phases : une saison ne se réduit pas à l’instant de l’équinoxe ou du solstice; elle n’atteint sa maturité qu’en son milieu et non à ses margnes qu »‘elle partage avec la saison qui précéde comme avec la saison qui suit. Il est donc bien imprudent de vouloir, au nom de la précisio, déterminer un événement au moment même d’un changement de phase qui est une sorte de Janus à double face, comme le mois de Janvier qui porte son nom.(fin d’année ou nouvel an?
III L’informatique
Le troisiéme faux ami est le recours à l’informatique laquelle aura fait céder les barrière du « bon sens ». Dans les années soixante, quand l’informatique ne s’était pas encore mis au service de l’astrologie, les astrologues se méfiaient des usines à gaz et bien des techniques étaient laissées de côté de ce fait et puis, avec le progrès informatique, l’on devint moins regardant puisque c’était la machine qui faisait le « job » et servait le « plat tout prêt à consommer. Les écoles d’astrologie n’eurent plus, au cours des dernières décennies à inculquer l’usage des éphémérides et des tables de maisons. On basculait dans une forme d’anachronisme complétement décalé par rapport aux pratiques anciennes et l’astrologie moderne adoptera volontiers les nouvelles données, les nouvelles techniques, inaccessibles aux astrologues de l’Antquité. Peu d’astrologues occidentaux auront su résister à de tels mirages annonciateurs d’un accomplissement de l’Astrologie, grâce aux découvertes inouies des astronomes..
JHB 01 08 22
dimanche 31 juillet 2022
Jacques Halbronn Réflexions sur le sytéme RET de Jean Pierre Nicola et de l'Astrologie Conditionnaliste
Jacques Halbronn Réflexions sur le systéme RET de Jean Pïerre Nicola et de l'astrologie conditionaliste
Pour compléter notre panorama de l'Ecole française d'astrologie, avant l'émergence au X (né en 1928) dont nous avions fait la connaissance il y a plus d'un demi siècle, lors des réunions du Centre International d'Astrologie (CIA), au Musée Social, rue Las Cases . Paris VIIe, peu après la parution de sa "Condition Solaire". On notera, à l'aune de nos dernières recherches sur l'évolution de la pensée astrologique (cf notre texte en préambule de l'Histoire de l'Astrologie (avec Serge Hutin), Artefact, 1986) une confusion entre le statut de prometteur et celui de significateur comme il ressort de la présentation Wikipedia:
"Coupant court aux explications symboliques et mythologiques des signes - contrairement à certains astrologues selon lesquels, à la limite, la mythologie ne serait qu'un aide-mémoire bâti par des astrologues - Jean-Pierre Nicola a cherché un modèle théorico-scientifique de l'astrologie validant le fait qu'il ne s'agirait pas d'un ensemble de projections humaines illusoires sur les planètes. L'astrologie conditionaliste tente ainsi de reconstruire le discours astrologique à partir des données astronomiques (distance des planètes au Soleil pour ce que Jean-Pierre Nicola appelle le R.E.T. en particulier) et neuro-biologiques (théories de Ivan Petrovitch Pavlov notamment sur l'excitation et l'inhibition
L'astrologue Yves Lenoble résume ainsi les travaux de Jean-Pierre Nicola sur le R.E.T. : « il a réparti les planètes en fonction de critères purement astronomiques (distance des planètes au Soleil, diamètre apparent et gravité à la surface des planètes). Cette répartition s’effectue selon un système ternaire qui regroupe :
– les trois premières planètes dans le groupe “R” (Représentation) qui correspond à la sociabilité ;
– les trois planètes intermédiaires dans le groupe “E” (Existence) qui correspond au concret ;
– les trois dernières planètes dans le groupe “T” (Transcendance) qui correspond à l’ailleurs.
Chacun des trois groupes est l’objet d’une semblable division : la planète la plus volumineuse est “r” (représentation) ce qui correspond à la synthèse ; l’intermédiaire est “e” (existence”), ce qui correspond au ressenti ; la plus petite est “t” (transcendance) et correspond à l’analyse, à la complexification » On peut dire que Nicola aura jeté le bébé avec l'eau du bain au moyen d'un syncrétisme entre ces deux notions complémentaires de prometteur et de significateur, qui auront notamment perduré avec la technique dite des "directions" dont le nom même est tout un programme, à savoir qu'il s'agit de "diriger" un prometteur vers un significateur, confondant notamment les luminaires avec les planétes dotées de noms de divinités de la mythologique; Or, malgré l'existence d'un dieu du soleil (Apollon) et d'un dieu de la Lune (Artémis), tant l'astronomie que l'astrologie n'ont pas cru bon de recourir à de telles dénominations, si bien que le nom des luminaires varie d'une langue à l'autre. Lune en français, Moon en anglais etc. Essayons de restituer le mode de raisonnement - son Euréka- qui aura été, peu ou prou, celui de Nicola dans sa volonté de "moderniser" l'Astrologie (cf Pour une astrologie moderne, Ed Seuil, 1977), ce qui l'aura, au final, fourvoyé. Il faut rappeler que Michel Gauquelin, dès 1955, avait prétendu (L'influence des astres) avoir validé, par le calcul des probabilités -les "significations" de plusieurs planétes du Septénaire, à commencer par Mars, Jupiter et Saturne, ce qui ouvrait la voie à la confusion prometteur-significateur. Sur ces entrefaites, Nicola exigera le tout astronomique comme fondement des significations des planétes "mythologiques" mais aussi des transsaturniennes, englobant le Soleil dans son dispositif (groupe R avec Mercure et Vénus), ce qui était déjà assez problématique, même s'il conférait à la Lune un statut à part. Pourtant, une astrologie "populaire" - celle qui déterminait sous quel "signe" on était né - lui donnait le bon exemple d'un Soleil dépendant du signe où il se trouvait à un instant T et dans ce cas, le Soleil n'était pas un significateur mais un prometteur! Mais, apparemment, cette astrologie solaire ne faisait pas référence pour Nicola et c'était au Soleil de s'intégrait au sein des planétes du systéme qui portait son nom. Pour Nicola, comme le rappelle un de ses disciples, Yves Lenoble (né en 1947), il s'agissait de traduire la terminologie mythologique en un code astronomique qui la sous-tendrait, ce qui aurait consisté en une contribution remarquable de la part d'un astrologue au langage astronomique.
Le probléme, c'est que l'astronomie avait emprunté à l'astrologie sa terminologie, et comme, bien souvent, dans le cas des emprunts, avait commis un contre-sens. Certes, la Tétrabible de l'astronome Ptolémée (IIe siècle) avait placé au sein d'un même schéma les luminaires au sein d'un Septénaire.(Notons que Lenoble aura participé- il y a une vingtaine d'années - à une édition de la Tétrabible, dirigée par Pascal Charvet) Mais toute la question est bien celle du "bon" mode d'emploi du dit dispositif. Or, selon nous, le dispositif sépare les luminaires des 5 planétes mythologiques mais s'agit-il même de "planétes"? Le réflexe de l'astrologue ordinaire est de connecter d'office mythologie et astronomie, oubliant que jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, nombre de dieux du Panthéon n'avait pas servi à nommer des planétes pour l'excellente raison qu'il y avait plus de dieux que de planétes, jusques alors. Le poéme de Manilius (Ier siècle)nous montre d'ailleurs que l'astrologie pouvait faire appel à d'autres dieux que ceux dont se servirait l'astronomie.
Autrement dit, les astronomes avaient utilisé les appellations mythologiques de l'astrologie pour nommer les planétes alors que pour les astrologues d'antan, ces appellations désignaient les 4 secteurs du Zodiaque, découpées par les équinoxes et les solstices. Le cas de Saturne ne sera pas abordé ici (cf nos précédentes études) un dieu qui ne figure pas dans l'Olympe.On aura compris que pour nous, les appellations mythologiques servirent de significateurs, voués à être activées par les luminaires, servant de prometteurs -comme dans le cas sus mentionné du rapport Solel- signes zodiacaux. Pour les astronomes, on était dans le métalangage, c'est à dire que le fait de nommer mythologiquement des planétes n'entrainait pas les mêmes effets que pour les astrologues, tout comme pour les dénominations des transsaturniennes et des astéroides, effectuées par les astronomes et non par les astrologues, il s'agissait d'une simple convention commode. Il ne faut pas se méfier au métalangage est une instrumentalisation, donc un détournement d'une fonction initiale! (cf notre préambule déjà cité sur la Pensée astrologique, Ibidem 1986) Il en est d'ailleurs de même pour les noms des signes du Zodiaque qui ont été empruntés à l'iconographie des mois de l'année de façon très lacunaire et l'on comprend que les astrologues se soient défiés de telles appellations. Or, dans la Tétrabible; le nom des signes est sans importance puisque ce sont les appellations mythologiques qui s'y superposent. Autrement dit, la mythologie n'aura pas servi au départ à baptiser les planétes mais les signes du Zodiaque, et notamment les quadrants saisonniers qui en sont la matrice.
. Il faudrait s'interroger sur la technique prévisionnelle préconisée par Nicola puisque la dialectique prometteurs-significateurs est d'abord à usage prévisionnel (cf les "directions") Il semble que la technique des aspects - et cela vaut pour le travail d'André Barbault- se soit carrément substituée au référentiel zodiacal -on notera que Nicola se déleste complétement du dispositif des domiciles (maitrises) planétaires) . Le passage d'une planéte dans un secteur zodiacal (à base 12) ou saisonnier (à base 4) est sans incidence prévisionnelle pour l'astrologie conditionaliste mais ne vaut que pour le thème natal (Nicola a participé à l'experience 'Astroflash" aux côtés de Barbault et de Lenoble) Nicola y précise que "Le zodiaque possède sa propre réalité qui ne doit rien aux Constellations, ni aux saisons". Or, la symbolique des saisons est précisément la clef de toute la sémantique des significateurs en astrologie, tant les notions d'équinoxe et de solstice sont parlantes, sans laquelle le discours astrologique s'en trouve sensiblement appauvri.
JHB 31 07 22
samedi 30 juillet 2022
Jacques Halbronn Sur l'astrologie humaniste selon Alex Ruperti
jacques halbronn Sur l’astrologie Humaniste selon Alex Ruperti
En 1981 parait aux Ed. du Rocher la traduction d’un ouvrage de Ruperti sous le titre « Les cycles du devenir ». Cinq ans plus tôt, nous avions fait paraite dans la Collection « Clefs pour », le volume sur l’Astrologie. La comparaison entre ces deux publications met en scéne un débat autour du « thème natal », essentiel pour Ruperti, né en 1913 et son maitre Rudhyar et tout à fait dispensable pour le jeune Halbronn. Les deux hommes se connaissant puisqu’en 1974, ils avaient suscité le Congrès de Paris de l’International Society for Astrological Research -(ISAR) présidée par Julienne Mullette- Sturm. Ruperti naquit en 1913, Halbronn, en 1947. Sur la quatrième de couverture des Cycles du devenir, on lit que l’astrologie doit ‘aider l’individu à comprendre et à développer le potentiel constitué par le thème de naissance » alors que sur la 4e de couverture des Clefs, parues 5 ans plus tôt, le thème natal est désigné comme ce dont l’astrologie doit impérativement se délester.
Pour Ruperti, l’astrologie doit répondre à la demande d’individuation, ce serait sa fonction, sa mission qui s’inscrit dans une problématique de psychologie personnelle, marquée par des enjeux karmiques proches d’Alice Bailey, première éditrice de Dane Rudhyar. Pour Halbronn, seuls les cycles collectifs importent et peuvent valider l’astrologie, ce qui va dans le sens des recherches d’André Barbault. (Les astres et l’Histoire, 1967) Par la suite, Halbronn, ira jusqu’à affirmer qu’un seul cycle planétaire, celui de Saturne suffit à organiser le discours astrologique (cf L’astrologie selon Saturne, 1994) alors que Ruperti entend mobiliser toutes les planétes, déjà constitutives du thème natal. On pense à l’opposition entre polythéisme et monothéisme.
Pour Ruperti, la complexité du thème et la combinatoire des cycles est la garantie de l’individualité, aucun thème n’étant réductible à un autre mais pour Halbronn, une telle complexité rend l’astrologie insaisissable au regard de l’exigence scientifique, ce qui rejoint peu ou prou la démarche statistique d’un Michel Gauquelin (né en 1928). Pour Gauquelin, qui ne prend en compte que le mouvement diurne, un individu dépend d’une seule planéte- se levant ou culminant- et cette planéte se retrouve, en toute probabilité, au sein d’une même profession. On est bien loin d’un individualisme à la Rudhyar (né en France, Chenevière). Pour Ruperti, le fait d’utiliser un même schéma pour plusieurs personnes reviendrait à supposer que ces personnes seraient comparables et vivraient certains événements de façon ‘ »répétitive », ce qui serait le cas si l’on ne se servait que d’un seul cycle planétaire tout au long d’une vie. On voit donc à quel point l’astrologie de Ruperti est marquée par une certaine philosophie voire une théosophie. Pour Ruperti, l’astrologie aurait vocation à nous protéger contre un certain conditionnement imposé par la Société, elle servirait donc, en quelque sorte, à se déconditionner en lui substituant un conditionnement astral bien plus respectueux de notre personnalité. L’influence orientale est ici assez manifeste.
Quarante ans plus tard, la méthode préconisée par Halbronn n’a toujours pas emporté la conviction des milieux astrologiques et l’astrologie mondiale d’un barbault n’aura pas non plus convaincu, laissant le champ libre à l’astrologie du thème natal, ce à quoi préparent les diverses écoles d’astrologie. En revanche, il y a tout un pan du public qui continue à adhérer au « signe » natal avec ses 12 possibilités, déterminées par le seul passage du Soleil à travers le Zodiaque et il semble bien que l’obsession d’un destin individuel ne soit pas si prégnante que l’on voudrait nous le faire croire. En fait, Halbronn irait dans le sens de cette astrologie articulée sur un seul curseur astral et un nombre limité de phases, même s’il n’accorde pas d’importance à la date de naissance puisque chaque phase est vécue collectivement. Mais au lieu de structurer le parcours du Soleil en 12 variations, Halbronn se limite aux 4 saisons, qui sont la matrice du Zodiaque et au lieu de se baser sur le cycle du Soleil à travers les saisons, il se sert d’un autre curseur 30 fois plus lent, à savoir Saturne.
JHB 29 07 22
vendredi 29 juillet 2022
jacques Halbronn Le mystère de la semaine
Jacques Halbronn Le mystère de la semaine
On observera que le soleil et la lune constituent des cycles concurrents même s’ils se combinent, d’où le terme de soli-lunaire. Tous deux présentent une division en 4, les saisons pour le soleil, les phases (nouvelle Lune, pleine lune) pour la Lune. On peut aussi considérer que la « course » du soleil est structurée par les 12 « signes » (et.ou constellations) et les 12 mois et que dans une année, l’on trouve 12 « lunaisons » Mais tous ces facteurs ne coincident pas nécessairement entre eux. Le début des saisons ne correspond pas à une conjonction soleil lune, sinon exceptionnellement, ce qui vaut aussi pour les 12 signes solaires, dérivés des 4 saisons subdivisées. L’historien se perd en conjectures sur le processus de découpage de l’écliptique en 12 : cela tient-il aux saisons ainsi subdivisées ou aux lunaisons? Lors de la Fête de Pâques, il semble que l’on ait affaire à un syncrétisme:
« Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge le 21 mars ou immédiatement après. »; le 21 mars correspondant peu ou prou à l’équinoxe de printemps, dans l’hémisphère nord.
Quant à la semaine, elle semble être liée aux phases de la Lune mais cela vaut surtout pour le calendrier hébraique dont le début de chaque mois correspond à une nouvelle Lune (idem pour l’Islam). Mais nul ne sait actuellement selon quels critères le Shabbat est fixé, et d’ailleurs, il s’aligne de nos jours sur la semaine généralement pratiquée dans le monde, sans plus se référer aux phases de la Lune, le premier jour du mois ne servant pas ou plus, à enclencher une nouvelle semaine. Il y a là un décrochage alors même que les notions de Shabbat et de Dimanche ( Jour du Seigneur) sont sacralisées! Il serait temps de ré-astronomiser le calendrier à commencer par les jours de la semaine.
JHB 29 07 22
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