dimanche 20 août 2023

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jacques halbronn Réflexions autour de la "critique biblique". L'oeuvre de Jean Astruc

jacques halbronn Réflexions autour de la "critique biblique". L'oeuvre de Jean Astruc En 2007, nous avons soutenu un mémoire post-doctoral (EPHE Ve section Sciences Religieuses) consacré à la problématique critique au XVIIe siècle dans le champ nostradamique, mais sans oublier le champ biblique.(cf Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique" en ligne). Depuis, nous nous sommes condidérablement consacré à la critique biblique, ce qui nous était facilité par notre formation aux Etudes hébraiques (thèse soutenue en 1979 déjà à l' EPHE et parue en 1985 sous le titre "Le monde juif et l'astrologie, Histoire d'un vieux couple. Ed Arché) Notice Wikipedia Critique biblique Les précurseurs "À partir du xviie siècle, plusieurs auteurs formulent l'hypothèse que le Pentateuque (ou Torah) n'est pas l'œuvre du seul Moïse, comme l'affirme la tradition, mais de plusieurs rédacteurs. Parmi eux, Spinoza estime que le Pentateuque forme un tout avec les Livres historiques et ne peut être antérieur à la fin du royaume de Juda1. Il écrit dans son Traité théologico-politique (1670) que « la règle universelle à poser dans l’interprétation de l’Écriture est de ne lui attribuer d’autres enseignements que ceux que l’enquête historique nous aura très clairement montré qu’elle a donnés ». Deux catholiques, l'oratorien Richard Simon et Jean Astruc (médecin de Louis XV), abordent à leur tour les problèmes que posent les doublets et les contradictions de la Bible. Dans son Histoire critique du Vieux Testament (1678), Richard Simon introduit la méthode historico-critique dans l'étude du Pentateuque, ce qui lui vaut les foudres de Bossuet suivies d'une mise à l'Index. Jean Astruc, pour sa part, considère que le Pentateuque est bien l'œuvre de Moïse1. Dans ses Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraoit que Moyse s'est servi pour composer le Livre de la Genèse (1753), Astruc opère une distinction entre les deux sources qu'aurait utilisées Moïse : le « mémoire A », où Dieu est appelé « Élohim », et le « mémoire B », où Dieu est appelé « YHWH »1. Ainsi pose-t-il les bases de ce qui deviendra l'hypothèse documentaire." Nous nous intéresserons particulièrement à la pensée de Jean Astruc, d'autant qu'une Esher Claire Astruc, née en 1842 (décédée en 1918) est entrée dans notre famille maternelle, épousant notre arrière grand père Menahem Edouard Carcassonne en 1863. Notre aieul " avait opèré une distinction entre les deux sources qu'aurait utilisées Moïse : le « mémoire A », où Dieu est appelé « Élohim », et le « mémoire B », où Dieu est appelé « YHWH » Ainsi pose-t-il les bases de ce qui deviendra l'hypothèse documentaire." Effectivement, nous avons suivi cette piste et ce critère pendant un certain temps et récemment nous avons travaillé sur la théophanie des chapitres III et VI du Livre de l'Exode, autour de la révélation du tétragramme; Dans le ch III, Yahvé ne révéle pas son nom à Moise. Certes, Yahwé figure-t-il dans le texte en voix off mais ce n'est qu'au chapitre VI, qu'il se présente comme tel à Moise, en reconnaissant que cela n'avait pas été le cas précédemment. Pour nous, le Livre de l'Exode qui contient les passages en question est axé sur les "enfants d'Israel", référence qui revient constamment et qui renvoie au Royaume d'Israel, constitué à la mort de Salomon, rupture qui est symbolisée par la "Sortie d'Egypte", le pharaon étant assimilé à la monarchie davidienne qui avait vassalisé, asservi, les populations qui vont se constituer en ce Royaume d'Israel concurrent désormais du Royaume de Juda. Nous avions également noté le doublet Yahvé Elohim qui apparait dès le milieu du chapitre II de la Genése mais seulement jusqu'au chapitre IV, ce qui donne lieu à des traductions alambiquées. Parfois Elohim est mis en apposition à Yahvé sous la forme d'un possessif, Yahwé Elohénou. On aura compris que cette dualité est l'expression d'un syncrétisme entre la religion judéenne et la religion israélite-jacobite, qui impacte tout l'Ancien Testament. Double dualité avec d'un côté Yahwé Elohim et de l'autre Jacob Esau, les deux fils jumeaux d'Isaac, ce dernier Esaü 'Admoni" (le "roux', à rapprocher de Adama, la Terre) correspondant selon nous à Adam; non pas le premier homme mais le nouvel homme; celui de la "nouvelle (seconde) Création". JHB 20 08 23

samedi 19 août 2023

Wikipedia histoire de l'Astrologie. (ref Halbron- Hutin)

L'histoire de l'astrologie (occidentale) est un fait civilisationnel lié à l'histoire sociale et culturelle de l'humanité. Ainsi, les noms des jours de la semaine proviennent des noms latins des planètes. De même, la fête de Pâques, située le premier dimanche suivant la première pleine Lune après l'équinoxe de mars, est déterminée astralement. On verra ici que le corpus de la doctrine astrologique s'est formé à partir d'emprunts divers, voire disparates1, de rajouts et modifications successifs datant d'époques différentes. La marche de l'histoire de l'astrologie (occidentale) est saccadée. Dans la Vallée du Tigre et de l'Euphrate Depuis les débuts de l'humanité, l'homme a observé le ciel, mais l'histoire se dissocie de la préhistoire avec l'invention de l'écriture. En Mésopotamie, entre les deux fleuves Tigre et Euphrate, l'observation des éclipses et autres phénomènes célestes [ciel particulièrement clair] fut associée à la maîtrise de l'écriture (sur tablettes d'argile, comme il convient à un pays riche en alluvions) pour laisser un témoignage écrit de génération en génération. Les premiers écrits que nous possédons concernant les astres remontent à 5 000 ans, et c'est à Sumer que l'on trouve la plus ancienne documentation écrite connue, avec celle de l’Égypte antique. Les Mésopotamiens étudiaient les étoiles tournant autour du pôle céleste, le Soleil tournant [apparemment] autour de la Terre, les cinq planètes visibles à l'œil nu et la Lune. Les « astres errants » se trouvant dans le voisinage de l'écliptique (la ligne formée par le trajet annuel du Soleil dans le ciel), les constellations d'étoiles bordant l'écliptique ont donné lieu aux douze arcs de 30° de notre zodiaque. On a trouvé les douze signes énumérés pour la première fois dans un texte babylonien datant de 419 av. J.-C.2. Plus superstitieux que leurs contemporains les Égyptiens, qui s'en tenaient à des observations à but pratique3, les Mésopotamiens observaient le ciel dans un but mystique, reliant un astre à chaque dieu (par exemple, le dieu Sîn était associé à la Lune, et Marduk à la planète Jupiter). Les astrologues étaient à la disposition du roi, dont le thème astrologique condensait le destin du pays : seul le monarque avait le droit de connaître l'avenir. Pour les Mésopotamiens, les astres étaient des signes et non des causes : il n'y avait pas pour eux de fatalité, car il était toujours possible de se concilier les dieux par des sacrifices en cas de mauvais présagesF 1. Durant l'Antiquité grecque Chez les Grecs, le corpus astrologique a emprunté des éléments disparates datant d'époques différentes : la théorie des aspects « bénéfiques » et « maléfiques » doit beaucoup à l'école de Pythagore (né vers 580 av. J.-C.)F 2 ; le concept des quatre éléments est créé par Empédocle d'Agrigente (ve siècle av. J.-C.)F 2. ; la notion des quatre tempéraments liée à ces quatre éléments est due à HippocrateF 3 (mort en 377 av. J.-C.). Au sujet d'Hippocrate, il estimait indispensable l'étude de l'astrologie pour les futurs médecins4. Enfin, Aristote (précepteur d'Alexandre le Grand) a fixé l'origine des quatre éléments dans les quatre qualités élémentales (chaud, froid, sec, humide)F 2. Ainsi, le goût des Grecs pour la critique, pour la logique et pour l'abstraction les conduisit à théoriser. Leur maîtrise des concepts mathématiques leur a fait bâtir une astronomie et une physique qui expliquaient tout à l'aide d'une Terre immobile ; c'était la physique d'Aristote : la notion de l'immobilité de la Terre constituait la pierre angulaire du système aristotélicien5. Les Grecs ont développé un modèle sphérique du cosmos qui était important pour les développements ultérieurs des systèmes de maisons astrologiques. Selon Robert Hand, la première trace de domification (soit une vision géocentrique du monde) remonterait entre 200 et 100 av. J-C.; il se serait alors agi du système des Maisons-Signes6,7. Par ailleurs, les stoïciens, persuadés que le destin était immuable, ont fait des planètes les dieux eux-mêmesF 4, alors que chez les Mésopotamiens les dieux faisaient seulement signe aux hommes à travers les astres. Claude Ptolémée, gravure. Dans ce qui restait de l'Empire d'Alexandre le Grand Article détaillé : Tetrabiblos. La ville d'Alexandrie était dotée d'une très grande Bibliothèque de 700 000 volumesF 3. Dans cette ville, vers l'an 140 apr. J.-C., Claude Ptolémée permit le maintien d'une partie [technique] de l'astrologie en laïcisant la synthèse qu'il en dressa (synthèse autant des connaissances techniques des Babyloniens que des éléments venus des Grecs anciens). Ptolémée a notamment mis en avant la notion de dignités planétaires. Pour Ptolémée, les astres étaient des causes, et non de simples signes. L'innovation majeure de Ptolémée est théorique: le choix du zodiaque tropical en lieu et place du zodiaque sidéral8. En effet, Ptolémée pensait que la Terre était immobile au centre du monde. Il affirmait que si la Terre tournait sur elle-même, tous les objets s'envoleraient, la Terre tournant plus vite que les objets qui sont dessus. Il en conclut que les points équinoxiaux et solsticiaux étaient fixes dans le ciel. Or Hipparque, prédécesseur de Ptolémée, avait observé qu'il existait un décalage entre les constellations9 et les points marquant le début des saisons. Ces points étant supposés immobiles, le mouvement ne pouvait qu'être dû aux étoiles10. Le Soleil régit le Lion, la Lune le Cancer. Château Rocca Borromeo di Angera (Province de Varèse). Salle de la Justice. Fresque illustrant l'Été. Dans l'Empire romain et dans l'Occident chrétien au Haut Moyen Âge L'astrologie est devenue extrêmement populaire dans l'Empire romain après son introduction au troisième siècle avant notre ère. Il est à noter qu'elle s'est très facilement mêlée aux doctrines philosophiques de l'époque (néoplatonisme, stoïcisme, gnosticisme...). Elle triomphe avec l'empereur Auguste, qui va jusqu'à faire graver son signe lunaire (le Capricorne) sur des pièces de monnaie (Auguste avait le Soleil en Balance)11. L'empereur Hadrien (ier / iie siècles apr. J.-C.) calculait régulièrement ses propres révolutions solaires12. Cependant, la popularité des prédictions de durée de vie a rapidement dégénéré en intrigues politiques, avec un marché pour les prédictions de la mort de l'empereur par les astrologues, augmentant ainsi le risque d'instabilité du pouvoir. En conséquence, dans l'Antiquité, les astrologues ont été bannis de Rome à plusieurs reprises. Soucieux d'assurer la cohésion de l'Empire romain autour d'une religion unique, l'empereur Constantin le Grand fut baptisé en 337 apr. J.-C. Par la suite, le catholicisme est devenu la religion officielle dans l'Empire, et l'astrologie a eu tendance à être de plus en plus réprouvée par les autorités. Attiré par l'astrologie dans sa jeunesse au milieu du ive siècle, Saint Augustin critiqua violemment cette pratique impie après sa conversion à la religion chrétienne, en partie parce que les astrologues considéraient les planètes comme des divinités, mais aussi pour des motifs rationnels comme les destinées divergentes des jumeaux. En 381, le Concile de Laodicée, par son canon 36, interdit aux membres du clergé de s'y intéresser13. Par la suite, les astrologues ont été pourchassés et se sont réfugiés en Perse, où était conservé l'esprit grec et où ils étaient au contact des ArabesF 5. Longtemps avant d'entrer en contact avec la culture gréco-arabe, l'Occident chrétien avait une astrologie primitive qui se fondait essentiellement sur le seul traité qui avait été conservé, rédigé par Firmicus Maternus (contemporain de Constantin), et sur des traductions latines de textes grecs d'astrologie populaire14. Cependant, la volte-face de Firmicus Maternus est notable : converti au christianisme, il a rédigé vers 348 apr. J.-C. un Traité de la fausseté des religions profanes (De errore profanarum religionum) où il condamnait vertement les convictions religieuses des païens et implorait l'empereur d'éradiquer les anciennes religions comme un devoir sacré qui serait récompensé par Dieu. Dans les empires perse et musulman Article détaillé : Astrologie arabe. Article connexe : Astrologie#Astrologie arabe. Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2021). Après la reddition d'Alexandrie aux Arabes au viie siècle et la fondation de l'empire abbasside au viiie siècle, les érudits islamiques ont reçu l'astrologie avec enthousiasme. Le deuxième Calife abbasside, Al-Mansur (754-775) a fondé la ville de Bagdad pour qu'elle serve de centre d'enseignement et y a inclus une bibliothèque-centre de traduction connue sous le nom « Bayt al-Hikma » (« Grenier de sagesse »), qui a continué à se développer sous ses successeurs et qui devait donner une impulsion déterminante à la traduction en arabe des textes astrologiques hellénistiques15. Parmi les premiers traducteurs figuraient Masha'allah ibn Atharî, qui a contribué à fixer la date de la fondation de Bagdad16, et Sahl ibn Bishr (en) (alias Zael ), dont les textes ont beaucoup influencé les astrologues postérieurs européens tels que Guido Bonatti au xiiie siècle, et William Lilly au xviie siècle17. L'un des astrologues de langue arabe (il était perse) les plus influents fut Albumasar, dont l'œuvre Introductorium in Astronomiam est devenue plus tard un traité populaire dans l'Europe médiévale18. Albumasar introduisit l'étude des grandes conjonctions, soit les conjonctions Jupiter-Saturne. Zodiaque arabo-musulman. Les Arabes accrurent considérablement les connaissances en astronomie, et beaucoup de noms d'étoiles toujours portés aujourd'hui, tels que Aldébaran, Altaïr, Bételgeuse, Rigel et Véga en sont les héritiers. Ils ont développé également la liste des parts hellénistiques à tel point qu'elles sont aujourd'hui dénommées parts arabes, alors qu'il s'agit d'un élément important de l'astrologie hellénistique (en). Au cours de l'avancée de la science islamique, certaines des pratiques astrologiques ont été combattues pour des raisons théologiques par des astronomes tels que Al-Farabi, Ibn al-Haytham et Avicenne. Leurs critiques ont fait valoir que les méthodes des astrologues étaient conjecturales et non empiriques, et qu'elles entraient en conflit avec les vues religieuses orthodoxes des oulémas dans la mesure où elles suggéraient que la volonté de Dieu peut être connue avec précision et prévue à l'avance19. Ces critiques concernaient principalement l'astrologie judiciaire (en) (incluant l'astrologie horaire), plutôt que l'astrologie médicale ou météorologique, qui étaient considérées à l'époque comme faisant partie des sciences naturelles. Par exemple, l'œuvre d'Avicenne « Réfutation de l'astrologie » (« Resāla fī ebṭāl aḥkām al-nojūm ») condamna la pratique de l'astrologie tout en soutenant le principe selon lequel les planètes agissaient comme agents de la causalité divine en exprimant le pouvoir absolu de Dieu sur la création. Avicenne a estimé que le mouvement des planètes influençait de manière déterministe la vie sur Terre, mais opinait qu'il était impossible de connaître exactement l'influence des astres20. Dans l'absolu, Avicenne n'a pas réfuté le dogme essentiel de l'astrologie, mais il a nié la capacité humaine à la maîtriser au point d'effectuer grâce à elle des prévisions précises et fatalistes21. Signes du zodiaque. Gravure sur bois de Johannes Regiomontanus (1512). Dans l'Occident au Moyen Âge et à la Renaissance Alors que l'astrologie prospérait en Orient, où les courants de pensée indien, perse et musulman se rejoignaient pour s'investir activement dans des projets de traduction, à la même époque, dans l'ancien Empire romain d'occident, l'astrologie était devenue « fragmentaire et peu sophistiquée », en partie à cause de la disparition des connaissances grecques en astronomie, et en partie à cause des condamnations de l'Église22. L'astrologie renaît au xiie siècle dans l'Occident chrétien après cinq cent ans d'éclipse avec l'introduction du savoir des Arabes23. Le Tetrabiblos de Ptolémée est traduit en Latin depuis la version arabe par Platon de Tivoli en 1138. Dans ce xiie siècle, le Dominicain Saint Thomas d'Aquin suit Aristote en proposant que les étoiles contrôlent le corps imparfait « sublunaire », tout en essayant de réconcilier l'astrologie avec le christianisme en déclarant que Dieu gouverne l'âme. De fait, jusqu'à la redécouverte de cette pensée au xiie siècle, et contrairement à la situation dans l'Empire byzantin et dans le monde islamique, l'accès aux œuvres d'Aristote était très restreint dans l'Occident chrétien depuis la fin de l'Empire romain. Au cours des quatre à cinq siècles qui ont suivi cette redécouverte, la pensée aristotélicienne a eu une grande influence sur la philosophie et la théologie occidentales, créant de nombreuses contradictions avec celle de Saint-Augustin. Les universités (de médecine notamment) se développent aussi à partir du xiie siècle, et la médecine médiévale s'appuie sur l'astrologie pour établir des diagnostics. Les souverains et les princes possèdent à leur cour un ou plusieurs astrologues aux soins desquels on se remet pour la médecineF 6. Ainsi, Catherine de Médicis avec, entre autres, Nostradamus. À partir de 1520, il existe une chaire d'astrologie à l'Université papaleF 6. Le pape Paul III nomme même évêque l'astrologue Luca Gaurico24. Cependant, le réformateur Martin Luther (1483-1546) a rejeté l'astrologie. Les Jésuites, qui sont devenus l'ordre le plus influent de l'Église catholique après la Contre-Réforme (xvie siècle), ont également rejeté l'astrologie. Au xviie siècle William Lilly. Lors de la période charnière du xviie siècle, le français Jean-Baptiste Morin de Villefranche approfondit autant que faire se peut l'interprétation astrologique (thème(s)) au moyen des maîtrises (domiciles)25. Au contraire, au cours de sa vie, l'astronome-astrologue allemand Johannes Kepler ne retint que les aspects astrologiques26. Lors de ce même siècle, le mathématicien italien Placidus érigea le premier des tables de maisons pour la méthode de domification qui porte son nom. À la même époque, William Lilly, toujours cité par les partisans de l'astrologie traditionnelle, a été selon l'historien de l'astrologie Wilhelm Knappich27 « le vrai père de l'astrologie britannique ». Après les honneurs, la déchéance vint rapidement pour l'astrologie, sauf en Grande-Bretagne, où régnait l'empirisme, et où les personnes éduquées n'éprouvaient pas le besoin de tout justifier théoriquement avant de passer à la pratique (à la différence de la situation en France, marquée par le Discours de la méthode de René Descartes paru en 1637). Lorsque Colbert créa l'Académie des Sciences en 1666, dix ans après la mort de Morin de Villefranche, il interdit expressément aux académiciens d'étudier cette discipline28,29. Pierre Thuillier affirme que « le déclin de l’astrologie au XVIIe siècle n’est pas le résultat d’une critique purement rationnelle, d’une démonstration en bonne et due forme. En fait, cette prétendue science n’a pas été réfutée ; elle est tombée en désuétude »30. La montée de l'esprit rationaliste et la glorification de la science (dont les limites voire le côté menaçant ont été mis en avant au début du xxe siècle, lorsque l'astrologie a resurgi) furent de fait indissociables de la décadence de l'astrologie. En particulier, au xviie siècle, Galilée a promu la révolution copernicienne ; cette dernière a introduit une nouvelle représentation du monde qui s'est épanouie au siècle des Lumières. En outre, selon Vittorio Hösle, la rupture entre l'homme et la nature s’est pleinement réalisée avec Descartes par l'établissement d’un dualisme âme-corps31, ce divorce entrant en pleine contradiction avec l'affirmation de la Table d'émeraude souvent revendiquée par les astrologues (« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas »). À l'époque contemporaine Au et à la suite du Siècle des Lumières En 1781 se produisit un événement qui fit l'effet d'un coup de tonnerre et posa un grand problème aux astrologues : la découverte, grâce au télescope, d'une nouvelle planète du système solaire, Uranus, ce qui vint détruire le septénaire planétaire, associé à la puissance mystique du nombre 7. En effet, en comptant les deux luminaires (Soleil et Lune, qui ont un domicile chacun : Lion pour le Soleil, et Cancer pour la Lune), le dispositif des dignités planétaires cadrait parfaitement avec le nombre des 5 planètes visibles à l'œil nu (Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne) qui se voyaient attribuer deux domiciles chacune (Mercure en Gémeaux et en Vierge, Vénus en Taureau et en Balance, Mars en Bélier et en Scorpion, Jupiter en Sagittaire et en Poissons et Saturne en Capricorne et en Verseau). Avec la découverte d'Uranus, ce système de l'astrologie traditionnelle volait en éclats : comment trouver un dispositif des maîtrises pour 8 astres ?. Les dignités planétaires ne retrouvèrent une certaine cohérence, bien après la découverte de Neptune (en 1846), qu'avec la découverte de Pluton en 1930 (Soleil domicilié en Lion, Lune en Cancer, Jupiter en Sagittaire, Saturne en Capricorne, Uranus en Verseau, Neptune en Poissons, Pluton en Scorpion, seules les deux planètes intérieures - situées entre le Soleil et la Terre - se voyant attribuer deux domiciles chacune : Mercure en Gémeaux et en Vierge, Vénus en Taureau et en Balance). À partir de la publication de l'Encyclopédie de - notamment - Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert, l'astrologie a oscillé entre ésotérisme et exotérisme. Entre l'astronomie et l'astrologie, le divorce fut finalement prononcé au xixe siècle, époque du rationalisme triomphant. L'astrologie ne fut plus transmise en France et en Allemagne que par l'intermédiaire d'écoles ésotériques, que ce soit des enseignements maçonniques tels que les Rose-Croix, ou des filiations plus discrètes de maître à élève. La différence est énorme avec la Grande-Bretagne, qui est la seule à avoir gardé de l'intérêt pour l'astrologie, dû à la publication d'almanachs de prédictions qui n'existaient nulle part ailleurs32. Les almanachs respectifs diffusés par deux astrologues ayant choisi pour pseudonymes des noms d'archanges33, Raphaël (William C. Wright) et Zadkiel (Richard James Morrison), ont eu pour effet, à la différence du continent européen, de désocculter la discipline, la rendant accessible au grand public34. Zadkiel a vulgarisé dans son ouvrage très remarqué35 Grammar of Astrology les méthodes d'établissement des thèmes astrologiques et Raphaël a diffusé des éphémérides annuelles36. Dans le même temps, les éphémérides n'étaient plus publiées en Europe continentale, ce qui nécessitait que les astrologues, pour dresser un thème, effectuent des calculs longs et compliqués, réservés aux personnes très éduquéesF 7. Au xxe siècle Alan Leo. Résurgence dans la culture populaire Le théosophe Alan Leo, adepte de la réincarnation, est considéré par beaucoup comme le père de l'astrologie moderne37. En Grande-Bretagne, les astrologues de l'époque victorienne et leurs prédécesseurs estimaient que l'astrologie était la science de la prédiction38. Alan Leo y mit le holà en insistant sur l'étude du caractère plutôt que de la destinée. La revue Modern Astrology qu'il a fondée en 1896 est la première grande revue d'astrologie au monde. Une grande partie des astrologues contemporains se réclament du principe de synchronicité formulé par le psychanalyste suisse Carl Gustav Jung. Alors que Freud voyait la libido comme une énergie uniquement sexuelle, Jung y a vu aussi une énergie psychique en lien avec l'ensemble des représentations de l'imaginaire humain, autrement dit l'inconscient collectif39. Ce psychanalyste qui dressait, pour obtenir un éclairage, le thème astrologique des patients pour lesquels il avait du mal à poser un diagnostic40, a eu une grande influence, via la notion d'archétypes, sur la pensée astrologique symboliste contemporaine, pour laquelle les astres sont de simples signes, et non des causes. Contrairement à l'Allemagne, où la renaissance de l'astrologie est en lien avec la théosophie41, en France, la résurgence de l'astrologie vers 1890 est contemporaine du monumental Traité méthodique de science occulte de Papus (Dr Gérard Encausse), qui éveilla un vif intérêt pour l'occultisme traditionnel42. Peu après, le nom de Paul Choisnard est à noter, car celui-ci a été le premier à mener des études statistiques sur les « influences » astrales. Cependant, le grand public ne s'intéressa vraiment à l'astrologie qu'à partir des années 1930 en raison de l'appui de la presse à grand tirage. C'est à travers les mass media (revues, journaux et émissions de radio notamment) que l'astrologie est revenue sur le devant de la scène. Marie-Louise Sondaz a popularisé les signes solaires43 : « jusqu'à la fin du xixe siècle44, la priorité dans l'interprétation du thème astrologique était donnée au signe ascendant, et non signe où se trouvait le Soleil. Ainsi, être né (par exemple) « sous le signe du Bélier » voulait dire avoir l'ascendant, et non le Soleil, dans ce signe45. La priorité n'a été donnée au cycle annuel par rapport au rythme journalier qu'avec l'essor de l'astrologie populaire (celle des médias de masse). » Au xxe siècle, Madame Soleil, qui tenait une fameuse émission sur la radio Europe 1, est devenue un personnage public, à tel point qu'un président de la République y a fait référence (« Je ne suis pas Madame Soleil » a répondu Georges Pompidou à une question de prospective incertaine lors d'une conférence de presse restée dans les annales). L'astrologie a aussi trouvé une place dans le mouvement New Age, qui annonce une nouvelle ère astrologique scandée par la précession des équinoxes. Cette ère du Verseau est censée prendre la suite de l'ère des Poissons dont Paul Le Cour, en 1937, fixa l'origine au début de l'ère chrétienne. L'astrologie karmique est un des résultats modernes de l'évolution de l'astrologie. Recherchant davantage de clés pour comprendre un thème astrologique, elle introduit de nouveaux facteurs d'analyse : les nœuds lunaires, la Lune noire. Représentation dans les pays francophones Deux auteurs français prolifiques, et notamment de traités d'astrologie toujours respectés, sont Hadès et André Barbault. Leurs œuvres figurent, avec le livre du belge Georges Antarès sur l'interprétation, parmi les trois manuels d'astrologie très répandus cités par le théologien belge Yves Haumont pour démonter la combinatoire interprétative46. La vie astrologique belge du xxe siècle fut aussi particulièrement marquée par la figure de Gustave Lambert Brahy, sous la houlette de qui la revue Demain atteignit une audience mondiale47. Expert-comptable de formation, il plaidait une astrologie scientifique s'abstenant de se référer à quelque système philosophique48. L'astrologie suisse fut quant-à elle marquée, avant qu'ils ne s'établissent au Québec en 1956, imprimant ainsi leur marque sur l'astrologie canadienne d'expression française49, par Werner Hirsig et son épouse Huguette Hirsig, qui éditèrent notamment la revue romande Destin50. Présence du côté éditorial Il est intéressant de suivre l'évolution des moutures du Que sais-je ? sur L'Astrologie (Presses universitaires de France). L'auteur de la première version, Paul Couderc (astronome membre du Comité d'honneur de l’Union rationaliste), conclut en 1951 son réquisitoire contre l'astrologie en la traitant de « pseudo-science » et de « dangereuse survivance, au xxe siècle, d'une antique superstition »51. Il écrit également : « Que vaut l'astrologie ? Rien, exactement rien »52. Cette condamnation sonna, a écrit Jacques Halbronn53 « comme une sorte de rejet de l'astrologie au sein des savoirs reconnus, un peu comparable, toutes proportions gardées, à l'absence de l'astrologie de l'Académie Royale des Sciences ». L'ouvrage fut réédité pendant plus de trente ans, jusqu'à la mort de Paul Couderc, et fut vendu à environ 50 000 exemplaires54. En 1989, cette version fut remplacée, sous le même titre, par un Que sais-je ? pro-astrologie écrit par Suzel Fuzeau Braesch (biologiste au CNRS et astrologue). Enfin, une troisième version parut en 2005 sous la plume de Daniel Kunth (astronome membre du CNRS) et Philippe Zarka (astrophysicien membre du CNRS), qui conclurent que l'astrologie se situe par sa nature-même « hors du domaine de la science, dans une sphère de pratique fondée sur une croyance ou une révélation »55. Notes et références Références issues du Que sais-je ? Livre dont sont issues ces références : L'astrologie, par Suzel Fuzeau-Braesch, Éditions des Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » no 2481 datant de 1995 (un nouveau Que sais-je ? lui a succédé en 2005, écrit par deux auteurs différents), (ISBN 978-21-30439-58-5). p. 32. p. 37. p. 38. p. 39. p. 49. p. 54. p. 62. Autres notes et références Jacques Halbronn, Serge Hutin, Histoire de l'astrologie, ed. Artefact, 1986, (ISBN 9782851-993892), page 20 Wilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, éd. Vernal/Philippe Lebaud, (ISBN 978-2-86594-022-6), 1986, p. 49. C'est notamment parce que le lever héliaque de Sirius rythmait la crue du Nil, et donc les travaux agricoles, que les Égyptiens ont créé un calendrier de 365 jours correspondant à cet intervalle entre deux levers, à l'Est, avant l'aube, de l'étoile la plus brillante du ciel après le Soleil. "Nul ne peut se prétendre médecin sans connaître l'astrologie" [archive] Ludwik Marian Celnikier, Histoire de l'astronomie, éd. Lavoisier/Tec & Doc, (ISBN 2-7430-0090-2), 1996, p. 54. ou système des signes entiers: la première maison débute au degré zéro du signe du zodiaque dans lequel se trouve l'Ascendant, la deuxième maison débute au commencement du signe suivant, et ainsi de suite. Robert Hand, Whole Sign Houses : The Oldest House System, ARHAT Publications, Las Vegas. à son époque, les deux zodiaques se superposaient du fait de la précession des équinoxes. Copernic, dont le système (vue héliocentrique) a remplacé celui de Ptolémée (vue géocentrique), a trouvé que c'est la Terre qui se déplace pour créer les saisons, et donc que les étoiles sont relativement fixes. Denis Labouré, Initiation à l'astrologie sidérale, Guy Trédaniel/Pardès, 1986, page 217. Élizabeth Teissier L'homme d'aujourd'hui et les astres 2001, p. 113. Teissier 2001, p. 113. Teissier 2001, p. 117. Wilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, p. 141. Houlding (2010) chap. 8 : 'The medieval development of Hellenistic principles concerning aspectual applications and orbs'; p. 12-13. Albiruni, Chronology (11th century) chap. VIII, ‘On the days of the Greek calendar’, re. 23 Tammûz; Sachau. Houlding (2010) chap. 6 : 'Historical sources and traditional approaches'; p. 2-7. « Introduction to Astronomy, Containing the Eight Divided Books of Abu Ma'shar Abalachus » [archive], sur World Digital Library, 1506 (consulté le 16 juillet 2013) Saliba (1994) p. 60, p. 67-69. Belo (2007) p. 228. George Saliba, Avicenna: 'viii. Mathematics and Physical Sciences'. Encyclopaedia Iranica, Online Edition, 2011, available at http://www.iranicaonline.org/articles/avicenna-viii [archive] Nick Kanas, Star Maps: History, Artistry, and Cartography, p. 79 (Springer, 2007) Paul Couderc, coll. « Que sais-je ? » sur l'astrologie, no 508, Presses universitaires de France, 1951, p. 96. Dizionario geografico-ragionato del Regno di Napoli, Lorenzo Giustiniani, T. V, Naples, 1802. Jacques Halbronn, Serge Hutin, L'étrange histoire de l'astrologie, éd. Artefact, 1986, (ISBN 9-782851-993892), p. 166. Jacques Halbronn, Serge Hutin, op. cit., p. 166. Wilhelm Knappich, Histoire de l'astrologie, ed. Vernal/Philippe Lebaud, 1986, (ISBN 9-782865-940226), p. 233. Jacques Halbronn, Serge Hutin, op. cit., p. 252. Wilhelm Knappich, op. cit., p. 223. D’Archimède à Einstein, Fayard, 1988. Vittorio Hösle, Philosophie de la crise écologique, p. 80. Ellic Howe, Le monde étrange des astrologues, éd. Robert Laffont, 1968, p. 53. La profession d'astrologue restait sous le coup de la « loi sur le vagabondage ». Serge Hutin, Histoire de l'astrologie : science ou superstition?, Marabout Université, 1970. Bernard Baudouin, Dictionnaire de l'astrologie, p. 58. Jean-Louis Brau, Dictionnaire de l'astrologie, p. 150. Nicolas Campion, Patrick Curry, Jacques Halbronn, La Vie astrologique il y a cent ans, d'Alan Leo à F. Ch. Barlet, Éditions La Grande Conjonction, 1992, (ISBN 9782857-075097). Ellic Howe, op. cit., p. 79. C. G. Jung, Aïon, études sur la phénoménologie du soi, Albin Michel, coll. « Bibliothèque jungienne », 1983. Jany Bessière, revue Astres no 600, p. 152. Christopher McIntosh, L'astrologie dévoilée, Éd. Fayard, 1974, p. 139. Ellic Howe, op. cit., p. 100. M.-L. Sondaz, Je suis astrologue, Éditions du Conquistador, 1961, p. 59. Serge Hutin, Histoire de l'astrologie : science ou superstition ?, Marabout Université, 1970, p. 18. Serge Hutin, op. cit., page 18. La langue astrologique, Éditions CEDRA (ISBN 2-907244000), 1988, p. 133-134, réédition modifiée : L'Astrologie, Éditions Cerf/Fides, 1992, (ISBN 978-22040-44561), où il ne cite plus qu'Hadès. Jacques Halbronn, Le Guide de la vie astrologique, éd. Guy Trédaniel/La Grande Conjonction, 1984, (ISBN 2-85-707-110-8), p. 173. Jany Bessière, revue Astres no 600 (avril 1998) spécial anniversaire, p. 154. Jacques Halbronn, Le Guide de la Vie Astrologique, p. 218. Jany Bessière, revue Astres no 600, page 155. Paul Couderc, L'astrologie, 1951, p. 119. Paul Couderc, op. cit., page 52. dans La vie astrologique : années trente-cinquante, Guy Trédaniel/La Grande Conjonction, 1995 (ISBN 9782857-077404), page 7. Jacques Halbronn, La vie astrologique : années trente-cinquante, page 147. Kunth, Zarka, (ISBN 9782130-548331), page 120. Liens externes

Jacques halbronn Les usagers de la Bibliotheca Astrologcia, de Patrice Guinard à Gilles Bucherie.

Jacques halbronn Les usagers de la Bibliotheca Astrologica, de Patrice Guinard à Gilles Bucherie. La présente étude est consacrée à l'utilisation de la Bibliotheca Astrologica (BURA: Bibliothèque Universitaire de Recherche Astrologique) -sise au 8, rue de la Providence, 75013 Paris, par des candidats à un diplome universitaire. Il s'agit du doctorat de troisiéme cycle de Patrice(Hervé) Guinard, soutenu en 1993, et du Diplome de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes Ve section, de Gilles Bucherie, soutenu en 2015. On s'efforcera de restituer l'usage qui aura été fait de nos collections, chez ces deux chercheurs et de l'impact qui en aura découlé, à tel ou tel titre.. I "L'astrologie : fondements, logique et perspectives" (1993) par Hervé Guinard Guinard - avec lequel nous étions en relation depuis 1983, emprunta un grand nombre d'ouvrage à notre centre, ce qui lui permit d'étoffer son travail de thèse,dans les années qui précédèrent la soutenance en 1993. Thèse de doctorat en Philosophie Sous la direction de Françoise Bonardel. Soutenue en 1993 à Paris 1 . On trouve cette description " Champ d'interactions magnétiques et gravitationnelles entre planètes, "impressionne" le système nerveux et le façonne selon une "matrice", forme quadruple des structures astrales (planétaires, sectorielles, cycliques et zodiacales), et paradigme combinatoire de l'"incidence" astrale que la psyché différencie selon quatre registres ou décompose selon quatre milieux conditionnels (énergie, espace, temps, structure). Ces fondements structuraux (planétaire, dominion, cyclade, zodiaque) s'harmonisent au sein d'un nouveau modèle ayant valeur de compréhension pour l'individuel (niveau éthique) comme pour le collectif (niveau anthropologique)"" Patrice (Hervé) Guinard né en 1957, décédé en 2020]. Fondateur du Centre Universitaire de Recherche en Astrologie. Le CURA publie divers types d'ouvrages : articles originaux, textes réédités en raison de leur intérêt particulier, bibliographies, fiches de travail, traductions et éditions de textes anciens. Citation « Si l'incidence astrale n'est pas un leurre, c'est-à-dire s'il existe, à quelque niveau de réalité que ce soit, quelque force, de quelque nature qu'elle soit, qui influe sur nos modes d'être et que la modernité veut ignorer, alors il n'est qu'une "pratique" possible de l'astrologie : l'astrologie radicale. Tout le reste est commerce et littérature. » - Présentation du CURA. ↑ Jacques Halbronn, Guide astrologique, ed. Laurens, 1997, ISBN 9-782911-838040, p. 133. ↑ Digital International Astrology Library.Digital International Astrology Library (DIAL) A Repertory of Ancient Astrological Works (FIRST SET : before 1400) by Patrice Guinard PhD C.U.R.A. Centre Universitaire de Recherche en Astrologie The International Astrology Research Center 1999-2021 Created by Patrice Guinard, PhD Philosophe, Astrophile, Nostradamiste, Ludologue II Gilles Bucherie " La vie et l’œuvre de F. C. Barlet (Albert Faucheux 1838-1921) : un occultiste entre science, astrologie et religion au tournant des xixe et xxe siècles »(2015) "En charge des imprimés à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Diplômé de l’EPHE (École Pratique des Hautes Études) pour une étude sur Barlet et le mouvement occultiste, il collabore à différentes revues dont la revue scientifique Politica Hermetica dans laquelle il vient de présenter pour son numéro consacré aux « Stratégies éditoriales et ésotérismes » (2020) une contribution sur « René Alleau : une pensée traditionnelle dans la modernité. » En vue de préparer un diplome de l'EPHe (Ve section Sciences Religieuses), sous la direction de Jean Pierre Brach, qu'il soutiendra en 2015, Bucherie avait pris contact avec la Bibliotheca Astrologica, sachant que nous étions l'auteur d'un ouvrage dont le titre se référait à Barlet, paru en 1992, Ed trédaniel La grande Conjonction. La vie astrologique il y a cent ans D'Alan Leo à Barlet (ouvrage collectif avec Patrick Curry et Nicholas Campion, dont nous traduisimes les contributions de l'anglais). cf Emile Poulat, son compte rendu dans les Archives de Sciences Sociales des Religions Année 1996 96 p. 15, En 2015 Bucherie présenta donc son travail intitulé « La vie et l’œuvre de F. C. Barlet (Albert Faucheux 1838-1921) : un occultiste entre science, astrologie et religion au tournant des xixe et xxe siècles », par Gilles Bucherie, diplôme soutenu le 30 juin 2015 mais sans nous inviter à la soutenance. Un ouvrage paraitra par la suite " F.-Ch. Barlet – Fragments d'une histoire secrète, Alcor Editions, octobre 2022," ... F.-Ch. Barlet Résumé: Malgré une œuvre littéraire conséquente, F.-Ch. Barlet – de son vrai nom Albert Faucheux (1838-1921) – n’a pas été jusqu’à ce jour sujet d’études. Il demeure pourtant l’une des personnalités majeures de l’histoire moderne de l’ésotérisme occidental. Par ses écrits et ses activités, Barlet permet d’étudier l’évolution de sociétés restées fort énigmatiques quant à leurs origines et projets. En lien aussi bien avec la H. B. of L. (Fraternité Hermétique de Louxor) dont il fut le représentant pour la France, qu’avec la Société Théosophique pour laquelle il oeuvra à son développement, Barlet, membre du premier Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste en 1891, fut aussi un proche du marquis de Saint-Yves d’Alveydre (1842-1909). Le choix des documents présentés ici, dont la plupart sont inédits, se rattachent à des sujets, des acteurs, des organisations qui vont animer le mouvement occultiste. Cette première étude sur F.-Ch. Barlet présente l’élaboration d’une oeuvre volumineuse et complexe, en grande partie encore manuscrite, dont les Entretiens sur les Nombres. » (cf compte-rendu par Victor-Emile Michelet et biographie essentielle de Gilles Bucherie.) JHB 19 08 23

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vendredi 18 août 2023

Jacques halbronn La phase équinoxiale permet de dépasser les barrières...

jacques halbronn Les Etats Unis, terre promise des syncrétismes.

jacques halbronn Les Etats Unis, terre promise des syncrétismes La French theory aura connu en son temps un certain impact Outre Atlantique. Sa tendance déconstructionniste y apparaissait comme une bouffée d’oxygéne dans une société minée par le syncrétisme, sous toutes ses formes. De fait, nos travaux liés au syncrétisme débouchent sur l’épicentre que sont les USA, à tous les points de vue et cela ne saurait être l’effet d’un pur hasard. jacques halbronn Les Etats Unis, terre promise des syncrétismes La French theory aura connu en son temps un certain impact Outre Atlantique. Sa ten-dance déconstructionniste y apparaissait comme une bouffée d’oxygéne dans une so-ciété minée par le syncrétisme, sous toutes ses formes. De fait, nos travaux liés au syn-crétisme débouchent sur l’épicentre que sont les USA, à tous les points de vue et cela ne saurait être l’effet d’un pur hasard. Déni de lerreur Comment, en véritén détecter quelque forme de syncrtisme sans se référer à la queston de l’erreur et en quoi doit-on, fustiger l’erreur, seait-ce là un enjeu écologique?Laisser une pppulation se baigner dans une culture infectée par le syncréisme est-il qualifiable de « criminel »? That is the question! Trois parties I constitutionalisme et Astrologie Quel type d’srologie serait en mesure de permettre au Droit constitutionnel de comporter une dimension plus scientifique que celle dont il dispose depuis plus de 200 ans? Certainemnent pas cette astrologie qui a pris en compte la découverte de planètes du systémee solaire au delà de Saturne, la planéte la plus lointaine connue de l’Antiquité. Etrangement, c’est en 1781 donc 6 ans avant la mise en service de la Constitution américaine que la planète baptisée Uranus fut repérée deouis un télesxooe situé en Angleterre, à bath. L’astrologie actuelle aura accordé une large place à cette nouvelle « génération » d’astres « télescopiques », incluant des astéroides.Cela nefaisait d’ailleurs que prolonger la démarche initiée dès le début du XVIIe siècle par Galilée avec sa « lunette »; Il est clair que l’asrologie telle qu’elle est devenue ne saurait convenir à un tel projet de réforme constitutionnel en ce qu’elle est, elle -meme, fortement « syncréisée » par l’asronomie avec laquelle on l’assimile un peu vite et cela n’aura pas attendu la fin du XVIIIe siècle. La Tétrabible de Claude Ptolémùée (IIe siècle après JC) comporte un dispositif remarquable qui aira fait l’objet de moult commentaires, il s’agot d’u tableau asspcoant planéres jusqu’à Saurne et signes zodiacaux.On parle alors de « maitrises planétaires ».C’est une sorte de « Pierre de Roserre » qu’il s’agit de décrypter, faute de quoi, l’on ne saurait accéder à la « vérité » de l’astrologie. Les diverses lectures de ce dispositif conduisent à différentes formes d’astrologies/. La plus répandue considére que chaque planéte -au nombre de 7 si l’on englobe les « luminaires, » soleil et lune) est liée à tel ou tel secteur du Zodiaque, ce qui pose la question suivante, est ce le signe ou la planéte qui est porteur de signoification ou si l’on préfére, quel est le signifiant et quel est le signifié, pour reprendre la terminologie saussurienne? II Langue anglaie et Français De nos jours, l’anglais occupe la première place en tant que langue que le public veut apprendre et pratiquer. Cela s’esy fait aux dépens du français. Mais le français et l’anglais comportent un grand nombre de similitudes, du fait même ue l’anglais moderne, depuis le XIe siècle, s’est constitué à partir du français à commencer par son lexique qui aura largement emprunté au français écrit,si ce n’est que ce faisant la transmission en aura été fortement défectueuse, ce qui aura permis à l’anglais, ce faisant, de se différencier du français, non point tant en raison de son génie propre mais par le biais de l’erreur dans la transmission des codes. Dans cette partie, nous montrerons ce que nous entendons par « erreur » dans le champ linguistique. La formule choquera certains pour qui la langue évolue comme elle l’entend, selon une dynamique que l’on pourrait qualifier de darwinienne. L’idée de restituer à une langue sa pureté originelle sera qualifiée de ridicule, de grotesque. Or, selon nous, une langue obéit au départ à un plan, à la façon d’un jardin à la française. Pour mettre en évidence l’état de délabrement de l’anglais, encore faut-il être en mesure de procéder à une description pertinente du français, par delà ce qu’il sera lui même devenu. C’est un peu la quadrature du cercle. Curieusement, dans certains cas, c’est l’anglais qui nous sera utile en ce qu’il aura emprunté et perpétué des états antérieurs du français. C’est ainsi que le partiipe et le prétérit des verbes français passés en anglais comportent tous une finale en « ed », ce qui ne se retrouve plus guère en français où le « ed » s’est changé en ‘ »é » selon la régle suivante non écrite, qu’une consonne précédé de le lettre « e » devient muerre et que le « e » se prononce dès lors « é ». Un exemple de l’impact de l’oral sur l’écrit et en effet, pour nous, la question des codes de prononciation d’une langue est cruciale et lorsqu’une langue n’est connue que par le biais de l’écrit, elle aboutit à une prononciation orale erronée, contraire au génie de la dite langue en ce qui concerne notamment les marqueurs de genre et de nombre. III Christianisme et Judaisme Le Christianisme s’appuie sur la Bible mais de quoi s’agit-il?On identifie un peu vite l’Ancien Testament avec le judaisme mais entre christianisme et judaisme, il y a ce que l’on peut appeler l’israélisme lequel aura considérablement impacté un tel ensemble que l’on qualifiera volontiers d’hybride au même titre que la langue anglaise. Ce qui se ressemble s’asemble, Le Livre de l’Exode qui natre la Sortie d’Egypte ne cesse de se référer et de s’adresser aux Beney Israel (Fils, enfants d’Israel-Jacob) et le moins étonnant n’est pas que les Juifs d’aujourd’hui- mais cela ne date pas d’hier- ne s’en formalisent nullement, invoquant un « Ecoute Israel » comme profession de foi. Nous proposerons de parler d’un israélo-christianisme face à un judaisme adamique car pour nous le livre de la Genése s’articule autour des deux fils d’Isaac, fils d’Abraham, à savoir Esaû et Jacob dès lors qu’Esaü est à associer à Adam et Jacob à Israel., le puiné. Il convient de rappeler qu’à la mort du roi Salomon se produisit une révolte de la part de populations qui entendaiennt se libérer du joug de la monarchie davidienne et le Livre d’l'Exode en traitant de la « Sortie d’Egypte » ne ferait, selon nous, qu’évoquer cette problématique. Documentation I Constitutionalisme et Astrologie La mécanique constitutionnelle établie aux USA à la fin du XVIIIe siècle tend à se substituer aux lois célestes (voir Yvon Seren « L’exemple américain dans les institutions issues de la Révolution française ; les déclarations américaines et la déclaration française des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest Année 1977 84-3 pp. 281-292) II Langue anglaise et Français La langue anglaise est batarde, marquée par un pillage massif du lexique français Sur Internet L’expansion de l’anglais grâce à la puissance du Royaume-Uni et des États-Unis « Après le grec, le latin mais aussi le français, très prisé à la Renaissance, c’est l’anglais qui s’est imposé comme langue universelle au cours des siècles. Il n’y a aucune raison purement linguistique à cela, il s’agit plus d’une question d’histoire, ce phénomène ayant été favorisé par la puissance de l’Empire britannique puis le modèle offert par le sauveur américain. » III Christianisme et Judaisme Le christianisme (notamment protestant) est lié à une lecture biblique impactée par le Royaume du Nord dit d’Israel. Sur Internet Fondamentalisme, christianisme, Amérique par Savinien de Rivet Dans Outre-Terre 2003/4 (no 5), pages 83 à 94 Les États-Unis sont, au sein du monde occidental, un cas unique quant au rapport de la population au religieux. Près de 94% des habitants se disent croyants [Sondage Newsweek : 13 et 14 avril 2000., taux infiniment plus élevé que dans n’importe quel autre pays industrialisé. Ils se singularisent également par l’importance donnée à la religion : selon un sondage paru en mars dernier et publié par le Pew reasearch center for the people and the Press, ils sont 59% à estimer la religion « très importante ]Sondage publié en mars 2003 par le Pew Reaseach center for the… », arrivant très largement en tête de tous les pays industrialisés (voir figure 1), ainsi que de la plupart des pays d’Europe centrale et orientale. Leurs voisins canadiens, par exemple, y accordent deux fois moins d’importance. De même, parmi les pays de la « nouvelle Europe », la Pologne, pourtant patrie de Jean Paul II, ne considère la religion très importante qu’à 36%. JHB 18 08 23

jeudi 17 août 2023

jacques halbronn Les Juifs gardiens du temps (2001)

jacques halbronn Les juifs gardiens du temps le paroxysme du racisme Un des principes de notre recherche anthropologique a toujours été de faire ressortir une fonctionnalité derrière les clivages socioculturels et autres, ce qui va à l’encontre de l’approche actuelle tendant à en estomper la portée, même lorsqu’il s’agit d’une différence aussi flagrante que la sexuation (cf. notre texte en ligne, sur ce site, sur l’Utopie Féministe). En ce qui concerne les Juifs, nous avons voulu modéliser, dialectiser, axialiser leur place dans le monde, en prenant le problème de diverses manières, jusqu’à ce que nous parvenions aux résultats que nous soumettons à présent. JACQUES HALBRONN En fait, ce qui nous a longtemps empêché de progresser dans notre réflexion, c’est ce qu’on pourrait appeler un tabou, selon lequel il serait inconcevable que les hommes ne pensent pas de la même manière, ce qui pourrait en effet sembler être le paroxysme du racisme. C’est d’ailleurs à cette même conclusion que nous étions parvenu concernant la différence entre l’homme et la femme, à savoir que nous ne percevons pas nécessairement le monde pareillement. Et il ne s’agit pas là d’une simple considération d’ordre culturel, ce serait d’un ordre plus profond, matriciel. C’est dans le milieu astrologique que ces approches différentes ressortent de la façon la plus frappante. Qu’on en juge, voilà justement des personnes partageant le même bagage intellectuel, disposant des mêmes techniques, du même référentiel et cependant qui ne perçoivent pas à l’identique le rapport de l’Homme aux astres, qui n’ont pas la même philosophie de l’astrologie. C’est bien qu’il y a quelque chose de plus radical qui sépare les astrologues les uns et les autres. Expliquons-nous, il y a ceux qui pensent que l’astrologie a d’abord à traiter du caractère, à assigner une appartenance à un type zodiacal, planétaire, ce que nous appellerons le découpage de l’espace social. Et puis il y a ceux qui soutiennent que l’astrologie est avant tout prédictive, qu’elle doit nous aider à connaître et à préparer l’avenir. Le débat est souvent rendu confus par le fait que, comme disent certains, le caractère forge un destin mais c’est bien là une façon subtile de subordonner le destin, qui est le temps, à une appartenance de nature caractérologique. Dialogue de sourds, il nous a longtemps semblé jusqu’au jour où nous nous sommes dit que peut être chaque protagoniste percevait autrement: en ce qui nous concernait, nous avions tendance à négliger tout l’attirail astrologique différenciateur, jusqu’à ne pas nous soucier du signe ou du thème, comme si c’était bien secondaire et en face de nous, on expliquait doctement et avec la même conviction que prévoir, c’est à dire annoncer le changement, était vanité des vanités! Or, cette controverse qui semble interne au milieu astrologique nous concerne tous, en réalité car les astrologues ne font qu’exprimer le ressenti de tout un chacun et d’ailleurs ne sont guère mieux lotis que les non astrologues, ce qui signifie que chaque astrologue apporte à l’astrologie son propre potentiel, le plus souvent plus qu’il ne reçoit d’elle. Si l’on analyse les réactions face aux événements du 11 septembre, on s’aperçoit à quel point l’humanité est sous le choc d’un événement non prévu et non annoncé; or les astrologues n’ont guère été plus avancés, en la circonstance, que le commun des mortels. CQFD. Dans mes discussions avec certains astrologues, comme le Français Patrice Guinard (né en 1957), nous avions vraiment l’impression que nous avions une représentation incompatible de l’astrologie. Lui, d’origine chrétienne, ne cessait d’insister, dans son “Manifeste” (http://cura.free.fr), sur l’aptitude des humains à penser la multiplicité, fondement des typologies astrologiques de toutes sortes et parallèlement il ironisait sur la prétention des astrologues à prévoir comme si, en fait, il avait le sentiment que les choses ne changeaient pas, absorbé qu’il était par les clivages socioprofessionnels et autres qui étaient une réalité beaucoup plus concrète et incontournable. A l’inverse, nous, d’origine juive, nous ne voulions même plus entendre parler du thème natal, soutenions que l’on pouvait faire de l’astrologie avec un seul et unique cycle planétaire que l’on pouvait diviser en phases alors que notre ami affirmait que l’astrologie devait faire son beurre de la totalité des planètes du système solaire. A la fin, le débat nous fit songer à celui opposant monothéisme et polythéisme et nous nous sentions farouchement monoplanétariste et contempteur des polyplanétaristes. Mais tout se passait comme si nous étions monothéiste dans l’âme, alors que jusque là notre intérêt pour la question du dieu unique était resté des plus tièdes. Car, en effet, il nous semblait que l’on pouvait transposer le débat théologique en un débat astrologique et qu’alors la polémique retrouvait une dimension beaucoup plus concrète. Désormais, il nous apparaissait que le fondement du monothéisme était la conviction qu’un seul dieu suffisait pour faire fonctionner le monde et cela était vrai si l’on pensait en terme de temporalité. Et en face, il y avait ceux qui étaient, tout autant persuadés, qu’il fallait plusieurs dieux-planètes pour conférer à chaque caste son totem, avec toutes les combinatoires qui pouvaient en découler. Deux astrologies face à face mais que le syncrétisme avait rapprochées artificiellement pour ne plus faire qu’un seul corps de doctrine. Il importait de refaire apparaître la ligne de clivage entre ces deux sensibilités, l’une spatiale, l’autre temporelle, ce qui recouvre d’ailleurs la différence entre astrologie individuelle et astrologie “mondiale”, c’est à dire s’intéressant au collectif. Ne pouvait-on en conclure que chaque astrologue devait se limiter au champ qui lui était le plus familier, qui trouvait le plus d’écho en lui-même? Car, quand bien même utiliserait-il telle ou telle technique pour accéder à une dimension qui lui était étrangère, il n’y aurait pas de miracle, il ne pourrait apporter que ce qu’il avait en lui-même. Mieux valait travailler, au bout du compte, en équipe, chacun se spécialisant dans ce qu’il percevait le plus instinctivement, le plus naturellement. Si l’on ajoute que dans le milieu astrologique, il y a très peu de juifs, en comparaison avec d’autres créneaux, on ne sera pas surpris des médiocres succès prédictionnels et de la tendance générale à privilégier, de façon parfois obsessionnelle et caricaturale, les différences individuelles, c’est à dire spatiales, horizontales par rapport aux différences de génération, de phase, soit verticales. Et en ce qui nous concernait, nous astrologue juif, nous étions en porte à faux avec notre planète unique qui nous suffisait à structurer le temps et à conférer à chaque phase une spécificité que la plupart des astrologues tendaient à brouiller en multipliant les cycles à l’infini. Autrement dit, trop de cycles tuent le cycle. Et à partir d’une telle prise de conscience, l’idée nous vint que juifs et chrétiens, au sens racial plus que proprement religieux, astrologues ou non, nous percevions des dimensions complémentaires sinon incompatibles. A partir d’un tel constat, nous parvenions enfin à toucher du doigt, phénoménologiquement, une différence qui sous tendait les seules appartenances socioculturelles plus qu’elle n’était constituée par elles. Si nous appliquons de telles grilles de lecture, nous comprenons ce que les uns et les autres tendent à minimiser et à relativiser. Pour les “spatiaux”, il est bien difficile de croire que le temps humain soit structuré autrement que par le cycle des saisons, qu’il y a des choses qui ne conviennent pas à une phase donnée, tant ces gens là sont branchés sur le découpage spatial, qui leur semble tellement plus réel que tous les cycles du monde lesquels n’auraient que très peu d’incidence sur ces structures basiques que sont les constantes de caractère. Pour les “temporels”, la notion d’individu apparaît comme un artefact, une exagération, une enflure ne résistant pas au cours de l’Histoire. On aura compris que chaque camp voit midi à sa porte et relativise les valeurs de l’adversaire. Dialectique espace/temps qui implique deux regards distincts et qui n’est pas sans rappeler l’alternative entre quanta et mécanique ondulatoire, c’est à dire que c’est l’un ou l’autre mais pas les deux à la fois. Certes, le “spatial” prétend savoir ce que c’est que le temps et le “temporel” ce que c’est que l’espace mais en pratique, c’est bien la portion congrue. On spatialise le temps ou on temporise l’espace car on ne peut totalement évacuer l’autre membre de l’équation. Les Juifs seraient ainsi les bâtisseurs du temps face aux bâtisseurs de l’espace, plus aptes à percer les secrets de l’Histoire tant passée qu’à venir, à respecter la spécificité d’une époque donnée sans tout écraser ou mélanger, en une sorte de bouillie anachronique. Ce peuple de prophètes prendrait les alternances de phase au sérieux, se projetterait sur un avenir à long terme sans se réfugier jamais dans la linéarité, mais cela se ferait aux dépends des autres hommes, vagues silhouettes, dont les préoccupations ne sauraient faire obstacle au sens de l’Histoire. N’est-ce pas ce qui se passe au niveau des relations israélo-arabes? Les Juifs seraient le peuple d’un seul dieu, le dieu du temps, Chronos, le Saturne latin qui est attribué à une planète, l’unicité étant avant tout un signe d’un découpage dans la durée. En face, les autres peuples, les goyim, les “gentils”, selon l’expression consacrée, occuperaient le plan de l’espace, en mettant à contribution le maximum de planètes. C’est dire que la controverse sur monothéisme et polythéisme n’est pas prête de se terminer et qu’elle va même trouver un second souffle. Il importe de comprendre les enjeux techniques et épistémologiques qui recouvrent et recoupent les enjeux théologiques et spirituels, ce qui conduit à faire de l’astrologie, en cette aube du XXIe siècle, un savoir très sensible et incontournable. On savait déjà que les astres avaient reçu des noms de dieux, on savait également que le mot “Ciel” désignait en fait le monde divin tant monothéiste que polythéiste. Mais on ne comprenait pas la véritable signification d’un débat qui semble de nos jours – faussement – dépassé, qu’il s’agisse d’ailleurs des astres ou des dieux. C’est pourquoi il est urgent de comprendre que ce débat reste tout à fait actuel, qu’il conditionne notre rapport au monde: si chacun d’entre nous n’est véritablement capable d’appréhender que le temps ou l’espace, on se rend compte à quel point nous sommes incomplets, ce qui fait éclater le concept même d’individu, éminemment syncrétique, et qui se nourrit de faux semblants. Nous prétendons être une totalité, en tant qu’individus, mais une partie de nous-même est factice. Le Juif est gardien du temps, le non Juif gardien de l’espace et ils ne le sont pas par choix, mais par une disposition naturelle de l’être. Au demeurant, la définition que nous proposons est plus souple qu’il peut sembler au premier abord: rien n’empêche de qualifier telle personne de “juive” ou de “non juive” quand bien même le doute existerait sur son pedigree mais désormais on peut sérieusement parler d’une philosophie juive et d’une philosophie non juive et réécrire l’Histoire de la Philosophie. La philosophie juive – par delà toute dimension judaïque, c’est à dire se référant explicitement au fait juif – est d’essence monothéiste en ce sens qu’elle refuse la dualité spatiale, il n’y a qu’un Créateur mais celui-ci peut se retirer, au septième jour, il n’y a qu’une Loi mais cette Loi prévoit qu’au septième jour de la semaine, on entre dans un autre temps, celui du Shabbat. Il y a aussi un temps où il faut suspendre les cultures agricoles.. Les exceptions se situent dans le temps, non dans l’espace. La pensée juive nous montre à quel point les hommes sont semblables en faisant ressortir, comme le fait Freud, ce qui est récurrent chez tous, avec notamment le complexe d’Oedipe qui est lié à un stade à franchir.. La philosophie non juive, pour sa part, perçoit des dualités, un manichéisme, le monde serait traversé, comme chez les Perses, par des forces contraires – le bien et le mal – alors que pour la pensée juive, il faudrait dépasser ce clivage et le resituer, comme le fait Marx, dans une dialectique thèse/antithèse et dépasser les clivages de classes. En ce sens, le rejet du communisme serait un rejet de la pensée juive. L’astrologie traditionnelle, celle des 12 signes du zodiaque, nous apparaît dès lors comme l’expression la plus marquante d’une pensée non juive et, dans sa thèse, Patrice Guinard (L’astrologie, fondements , logique, et perspectives, Université Paris I, 1993) a montré à quel point tout un pan de la philosophie allait dans le même sens, à savoir un besoin de découper le monde en catégories vouées à cohabiter. Mais l’astrologie que Guinard préconise reste éminemment syncrétique, c’est à dire qu’il n’évacue pas pour autant la dimension du temps et défend l’idée que chaque planète est aussi porteuse de changement dans son rapport dynamique avec le thème natal. L’astrologie qu’il endosse est multiple quant à ses acteurs planétaires mais chaque individu aurait son propre temps, ce qui correspond littéralement à une spatialisation du temps. Or, pour une astrologie juive, il est clair, tout au contraire, que le temps s’impose à tous dans la simultanéité, dans la synchronie, toutes distinctions confondues, la loi s’impose à tous, indistinctement, au même moment, ce qui implique de fait l’évacuation du thème natal qui viendrait moduler le rapport au temps. Guerre des astrologies qui ne fait que révéler un conflit plus profond, celui du Juif et du non Juif, ce qui est somme toute normal et où chacun veut faire basculer l’astrologie selon son sens. Pour notre part, nous ne contestons nullement l’existence d’une astrologie spatiale, que les travaux statistiques du Français Gauquelin (1929-1991) ont mis en évidence (cf. notre étude à la suite de ses Personnalités Planétaires, Paris, Trédaniel, 1992 et notre travail sur la Pensée astrologique, in Histoire de l’Astrologie de J. Halbronn et S. Hutin, Paris, Artefact, 1986) cette distribution d’un certain nombre de planètes selon les orientations professionnelles. En revanche, nous n’acceptons pas que l’on se serve du zodiaque comme référentiel du thème natal, mais seulement les “maisons”, sur la base du lieu et de l’heure de naissance, ce qu’a montré précisément Michel Gauquelin, à partir de 1955. Le Zodiaque est en effet une structure temporelle, permettant de baliser; sur l’écliptique, le parcours d’un astre privilégié qui, selon nous, est Saturne dont on dit qu’il a dévoré ses enfants, c’est à dire les autres astres. Dans ce mythe de Saturne/Kronos, nous prenons ainsi la mesure de cette opposition entre un dieu unique, le Temps (Kronos en grec signifie le temps) et le passage à une dimension spatiale exprimé par la multiplicité de sa progéniture qui veut écraser le temps, le châtrer, ce que fera Jupiter à l’encontre de son père. Saturne, l’astre le plus lent connu de l’Antiquité dont les phases sont de sept ans, ce qui sous tendrait l’interprétation par Joseph l’Hébreu du songe de Pharaon, concernant la succession des vaches grasses et des vaches maigres. Joseph, astrologue de cour, conduisant le souverain d’Egypte à comprendre que le temps n’est pas linéaire mais comporte des hauts et des bas. Certes, dans la Bible, est- il question des douze tribus entre lesquelles se répartirait le peuple juif mais il s’agit là selon nous d’un aspect syncrétique et parasite qui n’a jamais rempli de fonction précise. Tant que les Juifs n’ont pas démontré qu’ils avaient un rôle éminent à jouer, ils risquent soit l’assimilation, soit l’extermination. Soit, une forme de négationisme leur dispute tout droit à une différence radicale, ils ne seraient qu’un peuple parmi bien d’autres, soit, on les identifie aux forces du mal à anéantir, selon une forme de diabolisation typique de la pensée non juive. Le christianisme est-il réellement un monothéisme? On peut en douter. La dimension multiple y est flagrante, le Père, le Fils mais aussi la Vierge, mère immaculée de Jésus. Et si le Père était Kronos sacrifiant son Fils, une autre façon de le dévorer, tout comme Abraham fut amené à conduire Isaac sur l’autel, quand bien même serait-il sauvé in extremis….Et dans l’Évangile, Jésus survit à la crucifixion tout comme Jupiter échappe à la dévoration de Saturne. Décidément, ni l’astrologie, ni la mythologie ne peuvent être évacuées si l’on veut comprendre cette civilisation judéo-chrétienne qui, précisément, marie le Temps et l’Espace. Jacques Halbronn, Paris le 20/10/01

jacques halbronn L'errorisme américain La part du diable.

jacques halbronn L’errorisme américain. La part du Diable. Le terme « erroriste » a déjà été employé en Argentine et désigne une sort de protestation. Sur Internet « L’errorisme vient du mot erreur. Le concept d’errorisme nous vient d’Argentine..C’est un mélange réjouissant d’activisme urbain, de performances frondeuses, de théâtre de rue et de chômage heureux. Le système considérant que toute personne ne le respectant pas ou ne rentrant pas dans le moule est une erreur, les militants erroristes acceptent et revendiquent ce rejet de leur comportement par le système. 1. L’Errorisme base son action sur l’idée que l’erreur est le principe ordonnateur de la réalité. 2. L’Errorisme est une philosophie trompeuse, un rituel de la négation, une organisation désorganisée. Le quiproquo comme perfection, l’erreur comme réussite. 3. Le champ d’action de l’Errorisme embrasse toutes les pratiques qui tendent vers la libération de l’être humain et du langage. 4. Confusion et surprise – Humour noir et absurde sont les outils préférés des Erroristes. 5. Les lapsus et les actes manqués sont un délice erroriste. L’arTerrOriste : un art du caillou dans la chaussure, un art du grain de sable. L’arterrOriste : un art qui mord et qui fuit.. L’arterrOriste : un groupe de musique, un graffiti , un pochoir, une intervention…… L’arTerrOriste : un générateur d’erreurs. » Notre position se veut anti-erroriste et nous nous sommes intéressés depuis les années 80 à la notion d’erreur. (cf notre mémoire de 1987, sous la direction de Louis Jean Calvet, auteur notamment de « Linguistique et colonialisme » ititulé LINGUISTIQUE DE L’ERREUR ET EPISTEMOLOGIE Scribd https://fr.scribd.com › document › jacques-HALBRONN-…) L’errorisme voit dans l’erreur, en quelque sorte, une dimension « créative » (cf notre Eloge de l’erreur.dans le Collectif Éloge de la souffrance, de l’erreur et du péché – Anne Rose, Kieser, Halbronn, Ed Lierre & Coudrier 1990)(cf René guénon, L’Erreur spirite -) Celui qui imite mal, qui copie mal peut ainsi prétendre transcender son incompétence et présenter un pis aller comme un dépassement.(cf jacques halbronn . « Les Etats Unis, terre promise des syncrétismes. ») En vérité, l’imitateur est condamné à l’erreur, c’est son inévitable lot, qui est marque au coin de la corruption, de l’altération. Selon notre idée de la cyclicité, il y a la part du diable, ce qui renvoie à l’Antéchrist… La fabrication du diable ou pourquoi a-t-on besoin du diable ? Actes de la journée publiés aux Presses de l’université de Saint-Étienne Organisé par : Christian JÉRÉMIE Marie-Joëlle LOUISON-LASSABLIÈRE Yona DUREAU « Cette Journée d’études est destinée à constituer une synthèse diachronique et pluridisciplinaire sur la fabrication du diable. Il ne s’agit pas d’écrire une histoire de la figure diabolique : de nombreux ouvrages ont déjà été publiés sur la question. La démarche souhaitée consistera à cerner les différents usages dévolus au diable, autrement dit sa place dans l’écriture et dans la pensée. Est-il un contradicteur indispensable à la dialectique, une entité abstraite commode pour expliquer l’inexplicable, un personnage associé au fantastique ou une nécessité théologique ? On s’interrogera sur l’imaginaire qui produit la figure du diable : n’est-il qu’une vue de l’esprit ? L’écriture (voire l’Écriture) suffit-elle à le faire exister ? Jusqu’où le diable est-il le reflet de l’époque qui l’a conçu ? Qui engendre le diable et dans quel but ? Qui y recourt ? » Signalons un Colloque en 1997 auquel nous avons participer: (Actes parus Ed Dervy) DIRECTION : Jean-Claude AGUERRE, Antoine FAIVRE ARGUMENT : »Que Satan existe, la question est résolue de manière affirmative par la foi chrétienne ». Cette affirmation, tirée du liminaire de la revue Les Etudes Carmélitaines sur Satan (25/05/1948) est surchargée, dans l’exemplaire de la Bibliothèque Nationale, d’un rageur « NON ! » lui-même suivi d’un virulent « SI ». Le prince des enfers conserve ainsi à notre époque une place irréductible. Mais, plus la curiosité pousse le chercheur à se pencher sur lui, plus le personnage du Diable s’évanouit, ne laisse que d’incertaines traces dans les textes canoniques, perd en consistance.S’il reste insaisissable comme entité, le Diable n’en demeure pas moins repérable comme fonction. C’est cette fonction qui sera ici interrogée. L’historien, le théologien, le psychanalyste seront invités à établir ce que la fonction, le signifiant Diable, met en acte dans notre société. Nous mettrons à la question les textes canoniques, les écrits des mystiques, les manifestations de l’inconscient, les traces dans les arts pour dégager ce que l’ange déchu aux noms multiples, le singe de Dieu, exerce encore comme ministère, la manière dont il s’insère dans une structure et quelles marques il imprime dans notre monde. » Pour notre part,,le christianisme se situe du côté du Diable et de l’Erreur. Cycliquement, il y a un temps imparti à l’erreur et à l’illusion mais qui est contrebalancé par un temps de ressourcement,(voir nos travaux sur les notions d’Equinoxialité et de Solsticialité) d’où deix périodes de même durée, de sept années. Le Tsadiq, le « Juste », le « philosophe » est celui qui est capable, chargé de signaler (le Tikoun) l’erreur (cf le dialogue entre Dieu et Abraham au sujet de Sodome, Livre de la genése) On pense aussi au Livre de Job. Nous avons récemment réalisé que les syncrétismes majeurs que nous avions signalés convergeaient vers un seul et même territoire, celui des Etats Unis d’Amérique du Nord, d’où notre formule pour les désigner à savoir « terre promise des syncrétismes », triple syncrétisme, linguistique, religieux et cyclique avec chaque fois des faux semblants se projetant vers le futur alors que pour nous le Tsadiq est celui qui restaure le plan divin dans sa conception première.

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