Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
jeudi 18 janvier 2024
Jacques halbronn Sur le "Papus" d'Arnaud de l'Estoile. Ed Pardés 2006
Jacques halbronn Sur le « Papus » d’Arnaud de l ‘Estoile. Ed Pardés 2006
En 1992, nous avions traité de Papus- dont nous avions reproduit une photo- dans La Vie astrologique, il y a cent ans d’Alan Leo à Barlet (Ed Trédaniel) ouvrage que ne mentionne pas l’auteur du « Papus. que suis-je? » paru en 2006:(pp 121 et seq) Le personnage de Papus, né en 1865, n’est pas sans faire écho à notre propre parcours dans le dernier quart du XXe siècle. Papus décéda prématurément à l’âge de 51 ans en 1916 (cf nos études sur la Société Astrologique de France, fondée en 1909, en ligne sur SCRIBD)
Quelques exemples propices à un certain paralléle avec notre propre parcours En 1889, Papus (alias Gérard Encausse) publiait chez Georges Carréé Le Tarot des Bohémiens,à l’âge de 24 ans. En 1891, il participe à la fondation avec Barlet du Groupe indépendant d’études ésotériques GIEE (cf p. 26) Il ouvre un local au 29 , rue de Trévise, à Paris
En 1891, Papus dirige une Bibliographie méthodique de la science occulte ainsi que la Kabbale (tradition secréte de l’Occident(chez Georges Carré. En 1900, il anime le Congrès international de psychologie/ En 1913, dans sa revue Mysteria(1913-1914), il aborde la question de l’Ere du Verseau.(http://iapsop.com/archive/materials/mysteria/mysteria_v1_n1_jan_1913.pdf)
Récemment nous avons exhumé un texte de Papus consacré à la précession des équinoxes qui avait échappé à la vigilance d’un Robert Amadou, paru dans l’éphémére revue Mystéria. (cf R. Amadou et l’ère du Verseau, etc)
La consultation de nos Bottins et Guides (1980-2006), celle de notre CATAF (Catalogue Alphabétique des Textes Astrologiques Français) étaierait un tel paralléle dans le domaine de l’édition et de l’organisation de structures (Faculte libre d’astrologie de Paris, Centre providence, Ed de la grande Conjonction, Colloques internationaux etc) Rappelons tout de même, la parution en 1976 de notre Astrologie parue dans la prestigieuse Collection Clefs (Ed Seghers)à 28 ans ou en 1979 le collectif « Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau (ed Albatros-Autre Monde), la publication en 1985 du Monde juif et l’Astrologie Ed Arché. On notera chez Papus comme chez nous une forte connaissance des langues dont l’hébreu. En ce qui concerne nos origines, on rappellera que du côté maternel, nous sommes marqués par la Provence et les Pyrénées, notre grand père maternel s’appelait Edmond Carcassonne et était de la lignée des « Juifs du Pape ». Nous mêmes avons consacré de nombreux travaux à Nostradamus, né à St Rémy de Provence. Sans fausse modestie, nous pensons avoir joué un rôle de catalyseur comparable à celui de Papus, un siècle plus tôt. Laissons aux historiens de demain le soin d’apprécier, d’autant plus que nous n’avons pas dit notre dernier mot.
JHB 18 01 24
mercredi 17 janvier 2024
jacques halbronn sur l'ouvrage de Gérald Messadié Réalités et mystificaions du parananormal
Jacques halbronn sur l'ouvrage de Gérald Messadié Réalités et mystifications du paranormal. Ed L'Archipel 2015
On s'intéressera avant tout aux propos de l'auteur sur l'Astrologie (pp. 19-38) qui ouvrent d'ailleurs son livre. Messadié se présente comme un spécialiste des "impostures", invraisemblances et contradictions en tout genre, ce qui, a priori, nous rapprocherait. Ce qui nous géne chez la plupart des critiques de l'astrologie, c'est leur façon de figer le discours ainsi visé. Ils en traitent comme s'il s'agissait d'une langue à prendre impérativement dans sa totalité tant dans le temps que dans l'espace Les astrologues seraient nécessairement solidaires les uns des autres et devraient répondre de tout ce qui a pu s'écrire sur le sujet, dans la longue durée! La mentalité propre à ce genre de réquisitoire exclue que l'anti-astrologue engage une quelconque recherche en réponse aux objections. On nous répondra que ce n'est point là son rôle. Messadié ne se rend pas compte de l'incompatibilité entre elles des positions auxquelles il s'attaque. et il refuse à l'astrologue le droit d'opérer un tri. Son cheval de bataille depuis longtemps est la précession des équinoxes et le Zodiaque, confondant astrologie et astronomie sous un même pavillon.
Selon nous, le socle de l'astrologie, c'est le cycle des 4 saisons et les signes du Zodiaque n'en sont qu'un avatar corrompu qui ne correspond même plus à son référentiel d'origine puisque l'on n'y trouve pas le cochon, attesté aussi bien dans les Travaux d'Hercule (Sanglier d'Erymanthe) que dans les Très Riches Heures du Duc de Berry sans parler du zodiaque chinois. Le tort des astrologues, c'est justement de suivre de trop près le métalangage des astronomes avec les constellations zodiacales et le nom mythologique des planétes. En effet, cela conduit à un double décrochage par rapport aux saisons, aggravé par Ptolémée, dans sa Tétrabible qui associe les dieux planétes aux signes zodiacaux. (les Maitrises). En fait, les maitrises auront contribué à couper l'astrologie de ses bases saisonnières dans la mesure où les dieux n'ont rien à voir avec les saisons, pas plus que les constellations. Il convient de rappeler que le seul usage que les astrologues ont accordé aux étoiles est justement d'indiquer les axes équinoxiaux et solsticiaux et ce sont les astrologues qui selon nous auront mis en évidence le processus de la précession car ils étaient les premiers à être concernés. Il y a là un paradoxe que n'a pas compris Messadié (p. 22), à savoir que dans précession des équinoxes, il y a le mot équinoxes, à savoir un paramétre astrologique de toute première importance alors que cette question était un épiphénoméne pour les astronomes. Que dire des statistiques astrologiques jugées par Messadié (pp. 31 et seq)? Il trouve étrange qu'il n'y ait pas de résultats pour Mercure, Neptune, Pluton ou Uranus. Cela ne devrait pas être si étonnant que cela vu que ces astres sont invisibles à l'oeil nu : Mercure en raison de sa trop grande proximité avec le Soleil et les transsaturniennes parce qu'elles échappaient à la perception humaine naturelle. Messadié se place d'un point de vue astronomique et non pas anthropologique: alors que l'homme est la mesure de toute chose. (cf notre étude en 1986 La Pensée astrologique avec l'Histoire de l'astrologie de Serge Hutin). Selon nous, Gauquelin a mis en évidence l'astrologie d'une humanité primitive que nous distinguons nettement de l'astrologie plus sophistiquée et plus tardive liée aux axes saisonniers et non aux axes horizon-méridien. En conclusion, nous dirons que Messadié s'est perdu dans le labyrinthe spatio-temporel de l'astrologie en voulant y voir une unité inexistante qu'il aura ainsi plaquée avec une certaine incurie sans disposer d'un fil d'Ariane.
JHB 17 01 23
mardi 16 janvier 2024
Jacques halbronn Méthodologie de la critique nostradamique et linguistique
La critique nostradamique
Pour illustrer notre méthodologie, nous aborderons, en paralléle avec le corpus biblique, le corpus "centurique", bien plus récent (fin XVIe siècle)/ Une des questions qui se posent à ce niveau est celui des contrefaçons antidatées. Le cas de Nostradamus offre des similitudes avec le cas de Moïse. Dans les deux cas, l'on aura voulu n'avoir qu'un seul auteur pour le corpus considéré. En fait, il nous a été possible de montrer que certains quatrains avaient été composés sous La Ligue, autour de 1588 et à l'approche du couronnement d'Henri IV en 1594. Nous avons montré que la Préface au Pape Pie IV (1561) avait été remplacée par une nouvelle Epitre adressée au Roi Henri II (Valois), recyclant une précédente épitres à l'intention du même souverain.
César de Nostredame et la fabrication des Centuries.
A la fin du XVIe siècle, trente ans après sa mort en tournoi, en 1559, Henri II, fils de François Ier, va finir par occuper une place significative dans l’élaboration de la « légende dorée » de Nostredamus et cela sous deux formes, celle du commentaire d’un certain quatrain d’une part (voir CORPUS NOSTRADAMUS 51 — par Patrice Guinard « Le décès du roi Henry II deux fois présagé par Nostradamus ») ainsi que celle de l’ Epitre introductive au second volet des « Prophéties ».
I Le quatrain fatal
sur Internet
»Nombres de ses prédictions furent d’ailleurs publiées dans ses Centuries (1555), dont la prédiction de la mort du roi Henri II…
Voici ce qu’on lit à ce sujet dans son œuvre :
“Le lyon jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle
Dans Cage d’or les yeux luy crèvera
Deux classes une, puis mourir, mors cruelle”
Centurie I, quatrain 35
« Or, le roi décède en 1559, à la suite d’un tournoi (ce qui rappelle étrangement le singulier duel dont parlait l’astrologue royal), organisé en l’honneur d’un double mariage. «
Comme le note Yves Boisson, le rapprochement entre ce quatrain et la fin du Roi n’aura été formulé que par César de Nostredame, son fils, lequel d’ailleurs est lui- même utilisé pour ouvrir le premier volet des dites prophéties (Préface) On ne saurait en effet exclure la participation du fils de Michel de Nostredame, âgé en 1588 de 35 ans, dans la mise en oeuvre posthume des Prophéties (antidatées), en puisant notamment dans les documents tant manuscrits qu’imprimés, de la bibliothèque de son père, ce qui vaudra pour le recyclage de l’Epitre à Henri II, dont la première mouture figure dans les Présages Merveilleux pour 1557 (voir notre reproduction en 2002 dans Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus)
Nostredame, César de (1553-1629)
: Histoire et chronique de Provence
: Lyon, S. Rigaud, 1614; Reprint Marseille, Laffitte, 1971
Preface
de
M. Michel Nostradamus
a ses Propheties
Ad Caesarem Nostradamus filium, Vie et félicité.
II Le recyclage de l’Epitre à Henri II de 1556
Nous avons déjà signalé cette affaire dans de précédents articles en soulignant qu’initialement c’est l’Epitre au pape Pie IV qui aurait du ouvrir le seconde volet des Centuries, ce qui est attesté par la présence de quatrains de la centurie VIII qui en dérivent (voir VIII, 76 et seq). Cette épitre sera remplacée à par une fausse Epitre au Roi datée cette fois de 1558, calquée sur celle de 1556.
C’est dire à quel point le roi Henri II va se retrouver propulsé en position centrale à la charnière du XVIIe siècle, dans la fortune et la postérité de Nostradamus.
Par ailleurs, la guerre de religion qui sèvit dans le Royaume de France n'est pas sans évoquer le "Schisme" ayant conduit à l’instauration de deux Royaumes (Israel et Judah), pratiquant des cultes fort différents comme c’était le cas entre Catholiques et Protestants (Réformés) C'est ainsi que le corpus centurique constitué de deux volets, comporte des propos contradictoires, les uns favorables à la Ligue, annonçant la ruine de Tours, qui avait accueilli l'alliance d'Henri III et d'Henri de Navarre, les autres annonçant la chute de la maison de Lorraine (les Guises). On annonce dans les dernières centuries le triomphe de Mendosus, anagramme de Vendôme,(ou plus clairement "Le ranc lorrain fera place à Vendosme," Henri de Navarre étant duc de Vendome .
On instrumentalise les Centuries en les antidatant pour leur faire annoncer la victoire ou la défaite de tel camp, en associant tel personnage à l'Antéchrist. D'aucuns voudront y voir la preuve que les Centuries prophétisaient longtemps à l'avance alors qu'il s'agit de composition post eventum! Le premier commentaire des Dix Centuries (Le « Janus françois » c 1594), prises dans leur ensemble est attribué à Jean Aimé de Chavigny et il semble bien que celui-ci se soit peu ou prou retrouvé (ce qui ira dans le sens de l’Edit de Nantes de 1598) dans la situation des scribes qui eurent pour mission d’unifier les différents courants en présence, ne serait- ce qu’en les faisant cohabiter au sein d’un même corpus On pense au personnage d’Esdras au Ve siècle avant JC lequel va compiler toutes sortes de documents pour en faire un tout hétérogène associé à Moïse. Le Livre d’Esdras revient sur le rôle de Cyrus, dès son premier chapitre et là encore, c’est bien de Jérusalem et de Juda si ce n’est qu’il n’en est pas moins référé au verset 3 aux Elohei Israel, ce qui dénote bien là quelque forme de syncrétisme.
Les contrefaçons des almanachs de Nostradamus.
La prise en compte des almanachs nostradamiques nous semble fondamentale. D'une part, parce qu'il a existé des éditions pirates comme l'ont rappelé Chomarat et Benazra comportant des quatrains mais aussi de l'autre des vignettes en page de titre (imitant les vignettes des Pronostications), ce qui est le modéle suivi par les faussaires, ce qui explique à la fois les vignettes des éditions 1555 et 1557 des "¨Prophéties" et le format même des centuries de quatrains: Ce serait donc à partir de ces faux almanachs que les faussaires auraient conçu et mis en oeuvre le corpus centurique lequel puisera en différentes sources, comme l'ont montré Liaroutzos et Brind'amour;
Nostradamus et l’Antéchrist
En 1561, Nostradamus (qui allait décéder en 1566) s’adresse au Pape Pie IV pour lui annoncer la naissance d’un personnage qui semble correspondre à l’Antéchrist et qu’il nomme Marcelin. Il annonce sa naissance pour 1567. Ce texte aurait du figurer en tête du second volet des Centuries mais il sera remplacé par une refonte d’une Epitre à Henri II, décédé en 1559. On peut mettre en évidence la substitution dans le fait que certains quatrains reprennent en les versifiant des passages de la dite Préface au Pape (cf VIII, 76), alors que cela ne fait pas écho dans l’Epitre au monarque français. Or, l’on trouve au début du dit second volet un quatrain assez étonnant faisant référence à une durée de 27 ans. Or, si l’on ajoute 27 à 1567, année de naissance du dit Antéchrist (VIII, 77), l’on tombe sur 1594, date du couronnement ç Chartres d’Henri IV A l’évidence, ce quatrain aura été composé à ce moment- là, juste avant ou juste après. On note la mention de Chartres dans la Centurie IX. Mais l’on sait que le quatrain concerné est pris d’une source (La guide des Chemins de France de Charles Estienne) dans laquelle figurait non pas Chartres mais Chastres (Arpajon), ce qui montre que le texte aura été ajusté pour être en phase avec le lieu du couronnement (qui ne fut pas cette fois Reims) C’est d’ailleurs à ce moment -là comme il a été rappelé plus haut que parait le premier Commentaire des 10 centuries.
• 76.
• Plus Macelin que roy en Angleterre,
• Lieu obscure nay par force aura l'empire:
• Lasche sans foy sans loy saignera terre,
• Son temps s'approche si presque je soupire.
•
• VIII, 77.
•
• L'antechrist trois bien tost annichilez,
• Vingt et sept ans sang durera sa guerre:
• Les heretiques mortz, captifs, exilez,
• Sang corps humain eau rogi gresler terre.
•
Centuries (Nostradamus) et tarot : des cases à remplir par tous moyens
Dans notre étude sur le Tarot (cf Revue Française d'Histoire du Livre, 2015), nous avons montré que certaines arcanes majeurs du Tarot étaient issues du Kalendrier et Compost des Bergiers (fin XVe siècle); à partir des vignettes représentant l'Enfer ; le Diable, la roue des damnés devenue Roue de Fortune etc. Il semble également que le tarot ait emprunté (le Pape, l'Empereur, l'Amoureux etc), puisé dans l'iconographie des 12 maisons astrologiques (cf nos recherches parues en 1993, en post-face à L'Astrologie du Livre de Toth. Ed Trédaniel (cf sur Aby Warburg, le mémoire de Laurence Garneau"CRITIQUE D'UNE HISTOIRE DE L' ART POUR UNE APOLOGIE DU DÉTAIL. L'ARBRE DANS LE CYCLE ASTROLOGIQUE AU PALAZZO DELLA RAGIONE (PADOUE, IT.) UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL, 2017.
Pour les concepteurs du Tarot, s'alignant sur les 22 lettres de l'alphabet hébraique, il convenait de trouver, à tout prix, 22 motifs et il leur fallu recourir au symbolisme véhiculé par les almanachs et autres livres d'heures (cf Les Très Riches Heures du Duc de Berry). Le même défi se présenta, à une autre échelle, pour la mise en chantiers des Centuries, puisque le mot Centurie renvoie au nombre 100. (cf Anna Carlstedt La poésie oraculaire de Nostradamus :, 2005)
Si 4 centuries attribuées à Nostradamus se présentent comme parues à Lyon, chez Macé Bonhomme, en 1555, cela tient à la parution, bien réelle celle-là, de la sortie en 1555 chez le dit libraire des "Considerations des quatre mondes, a sauoir est: Diuin, Angelique, Celeste, et Sensible: comprinses en quatre centuries de quatrains, contenans la cresme de diuine & humaine philosophie. Par Guillaume de la Perriere tolosan" L'on imagine le travail de compilation qu'il fallut accomplir pour remplir autant de cases afin de produire autant de quatrains. Quelle besogne! Chantal Liaroutzos ( Les prophéties de Nostradamus : suivez la guide in Revue Réforme Humanisme Renaissance, 1986 et Pierre Brind'amour (Nostradamus astrophile, 1993 ont mis en évidence divers emprunts) sans pour autant mettre en doute le fait que Michel de Nostredame ait lui même ou de son propre chef commandité un tel travail. Or, c'est précisément sur ce point que nous entendons insister!
Revenons donc sur le carcan des quatrains lequel conduisit à la production de quatrains supplémentaires, additionnels.(cf notre étude, en 2005, sur Ramkat.free.fr Du nombre initial de quatrains des Centuries V, VI et VII, texte complet en appendice) complétés par la suite pour respecter le cadre centurique. Il convient d'une part de discerner l'apport de quatrains de circonstance, évoquant des événements du moment, ce qui permet de dater les dits quatrains ainsi que les éditions qui les comportent (cf notre étude Les prophéties et la Ligue. Garde toi Tours de ta proche ruine (IV, 46), Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V. L. Saulnier, 15, Paris, Presses de l'Ecole Normale Supérieure, 1998), le dit quatrain figurant justement dans l'édition 1555 Macé Bonhomme dont Brind'amour livra une édition critique en 1996 ( Droz). Le second volet des Centuries ne comporte pas de tels ajustements successifs car il est fait d'une seule pièce avec ses trois centuries pleines constituées de la récupération de diverses sources, telles celle signalées par Liaroutzos ou prises dans tel texte en prose du dit Nostradamus lui -même (cf notre étude autour de la Préface au Pape Pie IV, 1561) avec des quatrains hostiles à la maison de Lorraine- Guide ou favorables à celle de Vendome-Navarre, faisant ainsi pendant, contre poids au premier volet favorable à la Ligue, bien au delà de 1566, date de la mort de Nostradamus, soit postérieurs de plus de 20 ans. Passage obligé de la prose à la poésie des quatrains (puis des sixains, cf nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002, Prophetica Judaica Aleph).
D'entrée de jeu, l'entreprise des centuries de quatrains se condamnait - elle à de tels expédients tout comme la confection à la fin du XIXe siècle des faux Protocoles des Sages de Sion (cf notre étude "Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle", Ed Ramkat 2002, prophetica judaica beith) à partir de l'oeuvre de Maurice Joly, sous le Second Empire. Mais, cette fois, sans le procédé de versification.
En fait, il y avait eu des précédents, du vivant même de Nostradamus, puisque une douzaine de quatrains accompagnèrent ses Almanachs (on les désignera par la suite sous le nom de "présages, et déjà il ne nous semble pas que ceux-ci aient été dus à la plume de Nostradamus. (cf notre post doctorat Le Dominicain Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Ve section, 2007)
lundi 15 janvier 2024
dimanche 14 janvier 2024
jacques halbronn Sur les Mytères de l''Occulte et de l'Etrange de Jean Vernette (Presses de la Renaissance 1998)
jacques halbronn sur Les Mystères de l’Occulte et de l’Etrange de Jean Vernette (Presses de la Renaissance 1998)
On se limitera ici aux propos de l’auteur à propos de l’Astrologie. (pp. 73 et seq) » L’astrologie postule que la disposition des astres dans le ciel révéle certaines influences sur le comportement et donc l’avenir de chacun (…) L’astrologue (« sérieux », « véritable ») ( commence par établir votre ‘thème astral » (..) Celle-ci est devenue en tout cas un fait de société (..) L’horoscope a permis à l’astrologie comme art divinatoire d’atteindre massivement depuis 1935l’ensemble de la population » De nos jours, constate Vernette , l’on vise à la connaissance de la personnalité et non plus à la prédiction des événements, sociaux ou individuels. (…) Non pas des prédictions mais des prévisions » Mais l’auteur met en garde contre les « dérapages » (p. 87) avec l’émergence d’une « nouvelle religion » et l’annonce de la « proche fin du christianisme appelé à disparaitre avec l’ère des Poissons sous laquelle il est né et l’entrée dans la nouvelle ère du Verseau à l’approche de l’an 2000″ Il est un fait que les théories précessionnelles qui prirent leur essor, à la fin du XVIIIe siècle (cf notre Texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion, 1999) visaient à déconstruire le christianisme. (avec notamment Charles François Dupuis et son Origine de tous les Cultes) et l’on pourrait en dire de même de la Prophétie des Papes de Saint Malchie (cf notre ouvrage Papes et prophéties, Ed Axiome, 2005)
Cela dit, l’astrologie devrait selon nous, une place centrale au niveau théologique en tant que représentation du Plan Divin qu’elle sous-tendrait. Mais il ne s’agit point là de cette astrologie décrite par Vernette au sujet du thème astral,lequel semble vouloir substituer à une approche théologique une description sociologique. Question épistémologique : comment déterminer la véritable raison d’être de tel ou tel dispositif traditionnel? Est il possible de l’appréhender par delà les pratiques existantes? C’est l’opposition, selon nous, entre structures et coutumes. Nous ne pensons pas que les usagers, les praticiens et les pratiquants sont les gardiens légitimes d’un savoir religieux ou linguistique.
JHB 14 01 24
jacques halbronn Sur l'ouvrage de René Guy F. Guérin L'Astrologie (Ed Le Cavalier Bleiu (Idées reçues 2008=
jacques halbronnn Sur l’ouvrage de René Guy F. Guérin L’astrologie (Ed Le Cavalier Bleu (Idées reçues 2008)
Trente ans après nos Clefs pour l’astrologie (Ed Seghers 1976), parait cet ouvrage dans une collection également généraliste et non pas ésotérique. On peut regretter que Fabrice Guérin ne signale pas (pp. 124 et seq) notre publication (rééditée en 1993) pas plus que nos travaux en Histoire (Morin de Villefranche, Abraham Ibn Ezra, Nicolas Bourdin etc) et Sociologie de l’Astrologie (La vie astrologique 1992, 1995), à commencer par la série de nos Guides sur le milieu astrologique (1981 – 1984-1997-2006), sans parler de notre article Astrologie dans l’Encyclopaedia Universalis (1993)
Cet auteur avait publié en 1980 une Astrologie solaire. aux éditions du Rocher, avec Annick Cozannec. près de 30 ans plus tard, il reste marqué par un certain corporatisme propre aux astrologues professionnels formés à l’interprétation du thème natal : il écrit ( p. 16) L »horoscope de presse est une simplification abusive et trompeuse. Il ne retient comme facteur d’interprétation qu’un seul élément du thème natal: le signe zodiacal, lieu où se trouvait le Soleil ai moment de la naissance. L’horoscope de presse réduit la population à douze catégories » Le principe de cette collection consiste à passer en revue une série d’idées reçues sur un certain sujet. Guérin revient notamment sur l’interdiction de l’Astrologie en 1666 par l’académie Royale des Sciences (p. 75)et il n’aura pas pris connaissance de nos travaux à ce sujet dans notre édition consacrée à Nicolas Bourdin (Ed Trédaniel, 1993, question déjà abordée par nous en 1975 dans notre édition des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin (Ed Retz) , deux publications absentes de son recensement. Dans son débat sur l’astrologie en tant que « fausse science »(pp85 et seq), Guérin écrit » Si l’astrologie devenait une science exacte et opérationnelle toutes ses prédictions se réaliseraient. Mais s’adresserait-elle-encore à des êtres humains ou à des machines programmées comme les objets de la mécanique céleste? » La question qui se pose est la suivante: quelle est la raison d’être principale de l’Astrologie par delà les usages et coutumes qui s’y sont agrégés? Pour notre part, nous pensons que l’astrologie étudie avant tout la dimension mécanique de la condition humaine et qu’elle dévierait de son objet en voulant sortir de ce créneau, ce sur quoi insiste Thomas d’Aquin qui entend la cantonner au corps humain.En ce qui concerne la condamnation de l’Astrologie dans la Bible (pp. 47 et seq), il convient de comprendre que certains conseils adressés aux Hébreux par Moïse, repris dans le Deutéronome, traitent du probléme posé par l’arrivée dans un territoire déjà occupé et aménagé. Il s’agit de ne pas se laisser impacter par les croyances locales des populations ainsi envahies au milieu desquelles les Hébreux auront à demeurer. Mais, théologiquement, une astrologie, bien comprise,nous semble inséparable de l’Ordre, du Plan divin.
Guérin aborde (p. 31) la question des repéres zodiacaux en astrologie. C’est bien là une affaire cruciale.Faut-il aligner l’astrologie sur les axes saisonniers (axes équinoxiaux/solsticiaux) ou se fonder sur l’attribution des signes à telle ou telle divinité associée à telle ou telle planéte? Quid de la précession des équinoxes? Devrait- on plutôt se repérer sur les conjonctions entre planétes?
JHB 14 01 24
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