Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
vendredi 19 juin 2026
Jacques halbronn Juifs et colonialisme: quelle « terre »?
Jacques halbronn Juifs et colonialisme: quelle « terre »?
En hommage à Marc Bloch
Selon nous, la mission colonialiste des Juifs est d’une envergure universelle et ne saurait se cantonner à une terre particulière ou à un peuple particulier. Vouloir limiter l’objectif colonisateur des Juifs à une région donnée conduirait à les détourner de leur destination
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Pourquoi parle-t-on des «délices de Capoue»? Retour sur l’origine antique d’une expression
Être retenu par les délices de Capoue, c’est se laisser distraire d’objectifs importants – ou mal s’y préparer – à cause d’une vie de confort et de plaisirs aisés. L’expression, souvent reprise dans un registre littéraire, trouve son origine au temps des guerres puniques, duels sans merci entre Rome et Carthage. Explications.
Août -216. Rome est en danger. À Cannes, dans les Pouilles actuelles, l’armée de la République s’oppose à celle d’Hannibal, brillant général carthaginois. La confrontation est terrible et extrêmement meurtrière. Son verdict est sans appel : les troupes romaines sont écrasées.Dès lors, que doit faire Hannibal ? Certains assurent que la meilleure solution aurait été, pour donner à son triomphe une allure définitive, d’aller au plus vite attaquer et soumettre la ville de Rome. Mais le chemin n’est pas si court… Après avoir renoncé à s’emparer de Naples, le fier Carthaginois fait halte un peu plus au nord, dans l’opulente Capoue, qui se donne à lui. Là, un ennemi tapi en pleine lumière aurait attendu ses hommes : le plaisir des sens. »
Car, à en croire l’historien latin Tite-Live, cette ville de Campanie n’est pas connue pour encourager la tempérance: « Portée de tout temps à l’extrême mollesse, non seulement par la dépravation des esprits, mais encore par l’affluence de voluptés et l’action énervante des délices que lui offraient la terre et la mer, Capoue alors [...] s’abandonnait avec une telle fureur à tous les excès, qu’il n’y avait de bornes ni à ses caprices ni à ses dépenses. » Et c’est justement dans ce piège de contentements par trop accessibles que les troupes d’Hannibal se seraient laissé entraîner… Retenues par les « délices de Capoue », elles auraient perdu leur morgue, leur discipline de vie et laissé à Rome la possibilité de reconstituer des forces mieux parées au combat. Finalement, après bien des péripéties, la république parviendra à reprendre le dessus face aux Carthaginois, qui perdront cette deuxième guerre punique ».
Les Juifs auraient-ils été détournés de leur mission? La Palestine est-elle comparable à Capoue? Notons que pour Herzl, le sionisme n’était pas le « retour » en Palestine. Dans « Du Judenstaat au Discours de Bâle de 1897 ( cf notre publication « Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle », Ed Ramkat 200, pp 53 et seq) nous signalions que « Herzl n’hésite pas à déclarer (…) que pour lui le sionisme est le fait de renouer avec le monde juif(Heimkehr zum Judentum). Le sionisme de Herzl n’est pas lié dans son discours à la Palestine qu’il désigne avec l’Argentine comme un lieu d’expérimentation’(Colonisation versuchen). »" De même que le terme » Teshouva » (shouv, le retour) ne signifie pas retour à un quelconque lieu mais bien à une croyance, à une mission; En 1978, lors de notre création du CERIJ (Cercle d’Etude et de recherche sur l’identité juive), nous mettions en garde contre toute forme de localisaion (Etat d’Israel, synagogue).La judéo laïcité ne vise pas un pays quel qu’il soit si ce n’est que ponctuellement, cette mission peut être amenée à une certaine focalisation dans le temps et dans l’espace. D’où la nécessité de réfléchir sur la notion de retour: aucune occupation n’est définitive, ni aucune immigration d’ailleurs.
Certes, le fait de se fixer en un lieu donné, pour une durée indéfinie, tend à estomper la notion d’occupation en renvoyant le probléme très en amont. Il nous semble préférable d’assumer une occupation récente et temporaire à une présence de très longue durée, immémoriale, implantation si ancienne que l’on en a oublié jusqu’à l’origine. D’ailleurs, si l’occupation fait sens, pourquoi ne pas en faire profiter tout le monde, même si cela peut etre qualifié d’impérialisme. En pratique, la colonisation à la française se sera inscrite dans un certain temps tout comme la britannique.Il importe que le colonisateur varie et renouvelle ses objectifs, faute de quoi on finira par oublier son rôle. Décoloniser n’est ce pas reconnaire qu’il y a eu colonisation, à la fois pour le colonisateur et pour le colonisé?
Selon nous, la « terre » que les « Juifs » ont à conquérir, qui leur aura été promise, c’est bien la Planéte Terre, telle qu’elle est mentionnée au premier chapitre du Livre de la Genése, et il revient à Adam , lui aussi créé au même chapitre, d’accomplir cette tâche universelle. Encore faut-il que le ne confonde pas le colonisateur et le colonisé, ce qui constitue une symbiose. Les Juifs ne sauraient être captifs des peuples et des terres qu’ils ont colonisés. Le passé ne saurait boucher l’avenir. En ce sens, toute idée de retour à un statu quo anté nous apparait comme toxique. Parler des Juifs ne signifie pas les enfermer dans quelque ghetto, dans quelque ‘camp »,mais se rapporter à des individus ayant un profil comparable. On pense à la notion de « génie », à celle de « grand homme », comme il est gravé sur le Panthéon, à Paris. AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE. Telle devrait être l’autre devise de la France en contrepoint de « Liberté, Egalité, Fraternité’Les Juifs ont vocation à rasembler de « grands hommes » dans la Diaspora, à savoir la qualité et non la quantité. On aura compris qu’un judaisme vivant doit assumer une certaine verticalité et ne pas prendre pour modéle un modéle national!
JHB 19 06 26
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