lundi 23 juin 2025

jacques halbronn Linguistique. Phonologie. Pour une théorie générale des affixes et la question de l'état neutre en sémiologie. Morphosémantique.

jacques halbronn Linguistique. Phonologie. Pour une théorie générale des affixes et la question de l'état neutre en sémiologie. Morphosémantique. Etat de la question wikipedia" "En morphologie, domaine de la linguistique, un affixe (du latin ad-fixus > affixus, « (qui est) fixé contre ») est un morphème en théorie lié qui s'adjoint au radical ou au lexème d'un mot. Des affixes peuvent se lexicaliser et donc devenir des morphèmes libres : c'est par exemple le cas pour le préfixe ex- dans une expression comme mon ex, à savoir mon ex-mari / -petit ami, etc. Selon la norme ISO 4:1997, un affixe est un « morphème, à l'exclusion des radicaux et des désinences, qui se fixe au début ou à la fin d'un radical pour en modifier le sens ou la catégorie lexicale ou grammaticale ». Cette norme distingue le préfixe, « affixe qui précède un radical ou un autre préfixe », du suffixe, « affixe qui suit un radical ou un autre suffixe ». Les affixes sont principalement de deux natures : les affixes grammaticaux et flexionnels et les affixes de dérivation". Selon nous, la notion d'affixe suppose un stade premier de neutralité dans la mesure ou un affixe peut signifier des valeurs opposées, ce qui est d'ailleurs, peu ou prou, lié à la dualité du préfixe et du suffixe. Cela apparait notamment, dans nos récents travaux, au niveau des marqueurs de passé et de futur. En français, le suffixe associé à un infinitif détermine le mode futur tandis que le préfixe concernerait, assez logiquement, le passé. Un principe d'ailleurs non respecté dans les langues sémitiques où le préfixe est lié au futur et le suffixe au passé. Il importe, selon nous, d'élargir les acceptions du mot "affixe" en ce que cela n'implique pas que celui-ci soit "collé" au mot qu'il précéde ou qu'il suit. Cela permet ainsi d'englober le futur des verbes, dans les langues germaniques ( will, wird) ainsi que les marqueurs négatifs (ne/pas) placés devant le terme à traiter; La question des préfixes englobe notamment la prononciation des "nasales". "Les règles de nasalisation du français transforment la prononciation des voyelles lorsqu'elles sont suivies d'une consonne nasale, créant ainsi des sons uniques qui font partie intégrante de la langue française. Ce processus phonétique est essentiel pour distinguer les mots, car il implique que le flux d'air soit redirigé par le nez. La compréhension de ces règles améliore la prononciation du français, et il est donc essentiel que les apprenants maîtrisent les voyelles nasales pour une communication claire et précise". Un préfixe peut en effet marquer négativement une proposition. Mais dans bien des cas, il aura perdu sa "nasalisation" et le français aura su maintenir celle-ci à la différence des autres langues latines (vamos, allons) ou germaniques (nein) non L'anglais, certes, distinguera pour l'article indéfini le "a" (bird (un oiseau) et le "an" (eye, un oeil), selon qu'il procéde un consonne ou une voyelles. Cette distinction n'est d'ailleurs plus en vigueur en français si ce n'est en tant que marqueur de genre, à l'oral du fait de la diphtongue (un/une, le "a" anglais dérivant du "un" français) Ce qui montre que les articles peuvent tout à fait être qualifiés d'affixe. D'ailleurs, en hébreu comme en arabe, l'article défini est attaché au mot qu'il désigne, ce qui explique que des emprunts à l'arabe aient englobé le 'al" (comme pour alcool, hasard etc) Il en est de même pour les "pronoms" -comme leur nom l'indique placés avant le nom. C'est ainsi qu'en hébreu et en arabe, les préfixes marquant le passé et le futur sont dérivés des pronoms personnels, avec d'ailleurs des exceptions pour la première personne du singulier (Katavti (j'ai écrit) au lieu de Katavni, par référence à 'Ani"(Je, moi) tout comme Katavnou (nous avons écrità renvoie correctement, cette fois, à Anahnou.(nous) qui comporte le même radical qu'au singulier avec le N comme marqueur tout comme le Thav est marqueur de la deuxiéme personne du singulier et du pluriel. Nous avons signalé la possibilité de considérer le verbe (auxiliaire) avoir comme pouvant servir de pronom personnel de par sa terminaison qui se retrouve dans la conjugaison du passé (en préfixe) et du futur (en suffixe) D'ailleurs, dans les autres langues latines, l'usage du pronom personnel est bien moins courant, à juste titre, qu'en français. (Yo)Te Quiero, je t'aime) On aura compris que la question des consonnes nasales autour de la consonne "N" (et accessoirement de la consonne "M") est absolument majeure et constitue une perte pour la plupart des langues ici référées. On a a ainsi la trace d'un processus tombé en désuétude en tant que marqueur du positif et du négatif. Prononcer "impossible" à la française est à comparer avec le traitement tant en anglais qu'en espagnol tout comme la forme "vamos" a perdu le "n" , alors qu'initialement on devait entendre, comme en français, le son "on"? Le tilde montre bien à quel point cette lettre avait un statut à part. Encore au XVIe siècle, le tilde annonçait la nasale associée à la voyelles. (cf "combien" dans la Préfacé à César dans les Centuries de Nostradamus). On aura compris que l'affixe, dès lors qu'il n'est pas spécifié, correspond à un état neutre, en puissance, indéterminé et pouvant inverser symétriquement l'acception d'un "radical", tout et son contraire. C'est dire toute l'importance qu'il convient de lui accorder en renforçant ses variations, au niveau phonologique. (morpho-phonologie) Ajoutons que les substantifs font appel à la suffixation: finales en "ment" (en anglais en ly), en té (en anglais en ty), en ure (aventure) etc En anthropolinguistque, nous dirons que selon le phénoméne de cyclicité, l'on est voué, périodiquement, à basculer d'une tendance A à une tendance B qui en prend le contre-pied, ce qui suppose des marqueurs suffisamment repérables, à l'oreille (phonologie). Les langues qui ne disposent plus de marqueurs suffisamment accentués sont en état de dysfonctionnement et présentent une ergonomie médiocre; avec des conséquences pouvant se révéler très significatives. En ce qui concerne la question des liaisons, c'est une cause de confusion pour le passage de l'"écrit à l'oral en ce que cela génére une certaine indétermination, ce qui expliquerait le flottement existant quant à la prononciation des consonnes finales puisqu'avec la liaison, le "r" de l'infinitif se fait entendre devant une voyelle mais pas devant une consonne. (cf notre mémoire Linguistique de L'erreur Et Epistemologie Populaire. Mémoire sur les emprunts linguistiques, sous la direction de Louis Jean Calvet . Paris V 1987/.. Dans ce mémoire, il y a près de 40 ans, nous accordions une certaine importance à l'erreur. C'est ainsi que la régle des affixes a pu affecter des cas non concernés par la dite régle. On aura ainsi traité un début de mot sans tenir compte de l'existence ou non d'un préfixe (pronom, négation (privatif), démonstratif, article, auxiliaire avoir comme marqueur du passé etc) Le fait de coller une consonne contre un radical implique que nous ayons affaire à deux mots au départ distincts (comme article plus radical) Exemple; "un p'tit peu" n'est pas acceptable car il ne s'agit pas alors de combiner deux facteurs. En fait, les préfixes jouent un rôle déterminant sur le plan sémantique. Une grande partie de la signification d'un mot étant tributaire de son préfixe, ce qui relativise singulièrement l'importance à accorder au radical, ce dernier étant voué à changer de sens selon le préfixe qui lui est attaché et qu'il partage avec toute une série de radicaux. Tous les mots commençant par le même préfixe présentent des points communs et ce sont ceux-ci qui déterminent le sens à assigner au dit préfixe. On pense au préfixe "pré" dans prévoir, prédire, prémonition, préférer, présenter, prénom, présage, prévenir etc , il indique bien ce qui vient avant ou ce qui est annoncé avant. Le seul fait de connaitre le sens du préfixe suffit à se faire une première idée du mot ainsi concerné; Voir aussi, les préfixes "en" et "dé", entre autres. A contrario, les suffixes ne sont pas spécialement porteurs de sens et ne jouent qu'un rôle morphologique. D'où la discipline de "morphosémantique" qui englobe les divers affixes.(https://fr.linkedin.com/pulse/morphos%C3%A9mantique-des-pr%C3%A9fixes-et-suffixes-jacques-halbronn) En ce qui concerne la didactique des langues, la méthode des affixes que nous préconisons nous semble promise à un bel avenir. il convient de décomposer systématiquement le mot en faisant apparaitre ses affixes. Si l'on prend, par exemple, le mot "Renaissance", on relévera le préfixe "re" et le suffixe 'ance", ce qui permettra de dégager le verbe naitre, le participe "né". Mais ajoutons que l'usage du Shewa vaut aussi pour les suffixes, en français: c'est notamment le cas pour la formation du futur à partir de l'infinitif. En italien, nous trouvons abbiamo mangiato et mangeremo. mais il n'y a pas de recours au shewa.Quant à l'espagnol, il utilise volontiers le verbe "tener" pour "avoir! /Le suffixe utilisant le verbe avoir, comporte un shewa à l'oral; manger, je mang(e) rai) pour la première conjugaison. On note que le français fait un usage du shewa à l'oral plus systématique que l'hébreu. Il nous faut signaler en français une particularité du passé composé, lequel fait appel dans certains cas à l'auxiliaire "être": il a tué et il s'est tué, il a trompé, il s'est trompé. Cela concerne la forme réflexive. Mais l'on trouve "il est parti" et non pas "il a parti". Bibliographie Blogger.com http://editionsgrandeconjonction.blogspot.com › 2023/10 "La fonction morphologique et phonologique des diphtongues." Unblog.fr http://nofim.unblog.fr › 2023/12/22 › jacques-halbronn... "Pour nous, une langue doit comporter des marqueurs phonologiquement forts tout comme une société, les deux plans étant interdépendants." JHB 23 06 22

samedi 21 juin 2025

jacques halbronn Diversité des dieux, des lois, des sociétés, des peuples.

jacques halbronn Diversité des dieux, des lois, des sociétés, des peuples. Il y a divers types de lois et de dieux, les lois et les dieux émanant des sociétés et des lois et des dieux issus de la Nature ou de la SurNature. Feuerbach affirmait que les dieux étaient des créations des humains. Il importe absolument de ne pas confondre ces différents niveaux, on a d'un côté des fabrications humaines en matière de lois et de dieux et de l'autre des dieux et des lois qui ne dépendent pas des sociétés humaines mais les impactent. Mais il importe également de ne pas confondre les rassemblements de population, constitués artificiellement et ceux qui, en quelque sorte, préexistent, "naturellement". Dans l'Ancien Testament, on trouve d'une part un dieu premier créateur du Ciel et de la Terre et des dieux liés à des peuples spécifiques selon la formule: tu est mon peuple et je serai ton Dieu. On admettra que chaque peuple peut générer un certain dieu avec lequel se constituera un lien exclusif. Abordons à présent le cas de rassemblements artificiels, c'est le cas du Suffrage Universel où l'on invite à voter au même moment des populations extrémement variées spatialement à la différence des élections par circonscriptions, pour des populations bien circonscrites: Le cas de la Shoah est caractéristique de "concentration" non spontanée de populations, pour un espace temps donné, qui ne forment pas pour autant société. Auschwitz est le cas d'un rassemblement artificiel, décrété par les nazis, à la différence du génocide arménien (1915) qui visait une région bien précise, marquée par des pratiques sociales locales, linguistiques communes. En ce sens, force est de constater que le XXe siècle aura produit, à propos des Juifs, doublement des artefacts, d'une part avec la mise en place de "camps de concentration" et de l'autre, en instaurant un "Foyer Juif" pour une population hétérogéne dispersée parmi les nations. Nous dirons qu'il existe trois idées de "Dieu", celle spinoziste d'un Dieu à l'origine de l'univers (Deus sive Natura), un dieu lié à un certain peuple et entre les deux, un Dieu créateur de notre monde "terrestre", tel que décrit dans Genése I. Les Juifs se répartissent entre ces trois idées: les uns à la suite de Spinoza, d'autres sont liés à un Dieu s'adressant aux "Enfants (Beney) d'Israel" (Livre de l'Exode) et restent fidéles à l'idée d'une Terre Promise (sionisme). Pour notre part, nous penchons vers un dieu vénu formater notre Humanité et notre Terre, ce qui correspond à l'esprit d'un judaisme diasporique, selon lequel une certaine humanité incarne le programme du plan divin en rapport avec la prophétie de Jérémie sur la "Nouvelle Alliance" (Ch XXXI, 31), notion récupérée abusivement par le christianisme et son " Nouveau Testament" JHB 21 06 25

Jacques halbronn: son CV dressé par la Faculté Libre d'Anthropologie de Paris

Faculté Libre d'Anthtopologie de Paris Jacques Halbronn Ses origines juives ont marqué son itinéraire et sa production. En 1978, il a fondé le Centre d'Étude et de Recherche sur l'Identité Juive (CERIJ). En 1979, il soutient une thèse de 3e cycle sur "le monde juif et l'astrologie". Parallèlement, il développe un autre pôle d'activités, consacré justement à l'astrologie. En 1975, il fonde le Mouvement Astrologique Universitaire et organise dans ce cadre pendant un quart de siècle un grand nombre de colloques tant en France qu'à l'étranger. Il aura ainsi conféré à la vie astrologique en France un impact international pendant une dizaine d'années (1974-1984) qu'elle n'avait pas connu précédemment et qu'elle ne connaîtra probablement plus à l'avenir. En tant que chercheur, il a soutenu en 1999 une thèse d'État "Le texte prophétique en France", à Paris X Nanterre, dans laquelle il a notamment repensé complètement la bibliographie attribuée à Nostradamus. Enfin, il s'est consacré à la question des cycles qui est pour lui un élément essentiel pour l'épistémologie des Sciences Humaines. Il a animé à la Faculté Libre d'Anthropologie de Paris, au début des années 1990 un séminaire de linguistique. Il collabore comme responsable de rubrique avec l'équipe éditoriale de Hommes et Faits. Travaux et publications Livres et mémoires académiques NB Cette liste ne comporte pas les articles parus dans divers cadres, ni les activités de congrès ni les livres que nous avons suscités en tant directeur de collection aux Editions Guy Trédaniel et responsable des Éditions de la Grande Conjonction.. 1976 Introduction à la réédition des Remarques Astrologiques de Jean Baptiste Morin de Villefranche, Paris, Retz 1976 Clefs pour l’astrologie, Paris, Seghers 1976 Maîtrise d'Hébreu . Paris III 1977 Traduction du Livre des Fondements Astrologiques d'Abraham Ibn Ezra, Préface G. Vajda, Paris, Retz 1979 Dir. Aquarius ou la Nouvelle Ere du Verseau Ed Albatros 1979 Doctorat en Etudes Orientales( Paris III et Ecole Pratique des Hautes Etudes Ve section.) La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age espagnol. 1979 Recherches dans le cadre du CNRS (Institut de Recherche et d'Histoire des Textes.) 1981 DEA Linguistique Lille III sur les Jugemens astronomiques d’Auger Ferrier (1550) 1981 Le Grand Livre du Sagittaire Ed Tchou 1981 Dir. L'âge d'or ou la fin des temps in Le Grand Livre des Prédictions Ed Balland 1982 Dir. Collection Zodiaque Ed Solar 1983 Mathématiques Divinatoires, préface J. Ch. Pichon, Ed Trédaniel 1984 Le guide de la Vie Astrologique , Préface R. Changeux, Ed Trédaniel 1985 Le Monde Juif et l'Astrologie, histoire d’un vieux couple, Milan, Arché 1986 (avec S. Hutin) Histoire de l'Astrologie Ed Artrfact Henry Veyrier 1990 (avec A. Rose et A. Kieser) Eloge de l'Erreur etc., Paris, Le Lierre et le Coudrier 1990 (avec D. Labouré) Ed. Introduction au Jugement des Astres de Claude Dariot, Ed Pardès 1991 Catalogue de la Bibliotheca Astrologica Ed La Grande Conjonction. 1992 (avec Guy Le Clercq) Etudes sur Michel Gauquelin (à la suite des Personnalités Planétaires ) Ed Trédaniel 1992 Réédition Collection Zodiaque Ed Solar et France Loisirs. 1992 (avec P. Curry et N. Campion) La vie astrologique il y a cent ans . Ed Trédaniel 1993 Clefs pour l'Astrologie . Nlle. Ed Seghers 1993 Etudes autour des Editions ptolémaïques de Nicolas Bourdin (avec le Commentaire du Centilogue de Ptolomée) Ed Trédaniel 1993 Recherches sur l'Histoire de l'Astrologie et du Tarot (avec Etteilla L'Astrologie du Livre de Thot) Ed Trédaniel 1994 Astrologie et prophétie. Merveilles sans images, Catalogue de l’exposition organisée à la Réserve de la Bibliothèque Nationale, Paris, Imprimerie Nationale 1995 La vie astrologique, années trente cinquante, Paris, Trédaniel 1995 Le milieu astrologique, ses membres, ses structures, DESS, Paris VIII 1997 Guide astrologique, Paris, O. Laurens. 1999 Le Texte prophétique en France. Formation et fortune, thèse d’Etat, Paris X 2001 Catalogue alphabétique des textes astrologiques français (CATAF), Site CURA.free.fr 2002 Le Texte prophétique en France. Formation et fortune, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion 2002 Documents inexploités sur le phénomène Nostradamus; Feyzin, Ed. Ramkat 2002 Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle, préface H. Gabrion, Feyzin, Ed. Ramkat 2002 Audition pour la chaire des « Courants ésotériques dans l’Europe Moderne et Contemporaine », Paris, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Ve section.

jeudi 19 juin 2025

Le tétramorphe – une appropriation chrétienne d’une figure cosmique par Patrick Peccatte ·

Le tétramorphe – une appropriation chrétienne d’une figure cosmique par Patrick Peccatte · 2. Une figure cosmique analogue : les quatre ‘signes fixes’ du zodiaque Cette partie résume aussi simplement que possible les recherches contemporaines sur les origines des constructions culturelles que sont les constellations et le zodiaque. Bien qu’elles semblent a priori éloignées du sujet, ces études sont indispensables pour comprendre les caractéristiques cosmiques du tétramorphe et d’autres figures analogues, et pour cela, il a paru nécessaire d’y faire figurer quelques rappels d’astronomie élémentaire. Quelques rappels d’astronomie Une constellation est un groupe d’étoiles sur la sphère céleste auquel on a donné un nom et qui représente vaguement une figure. Les étoiles d’une même constellation n’ont aucun lien physique, elles peuvent être très éloignées les unes des autres et à des distances très différentes de la Terre. Un astérisme est également un groupe d’étoiles représentant une figure, mais il est formé d’une partie seulement d’une constellation ou à partir d’étoiles appartenant à plusieurs constellations. Pour simplifier notre propos, les noms grecs et mésopotamiens des constellations ainsi que leurs noms latins standardisés ont été omis ici, seuls sont mentionnés leurs noms français équivalents. Le zodiaque est une zone de la sphère céleste située de part et d’autre de l’écliptique, le cercle représentant la trajectoire annuelle du Soleil vue depuis la Terre, nommé ainsi parce qu’on y observe les éclipses. C’est la zone où se déplacent la Lune et les cinq planètes connues dans l’Antiquité : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. L’astronomie partage le zodiaque en treize constellations de grandeurs très inégales que le Soleil traverse tout au long d’une année, tandis que l’astrologie le découpe en douze signes, c’est-à-dire en douze espaces égaux mesurant chacun 30 degrés. Les douze signes retenus sont : le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Chaque signe du zodiaque emprunte son nom à une constellation qui était proche à l’origine, mais la constellation ancienne d’Ophiuchus (ou le Serpentaire), entre le Scorpion et le Sagittaire, pourtant traversée par l’écliptique, n’a pas été retenue comme signe. Lecteur vidéo Media error: Format(s) not supported or source(s) not foundTélécharger le fichier: https://dejavu.hypotheses.org/files/2020/02/zodiaque-13.mp4?_=1 00:00 00:00 Vidéo – Mouvement de la Terre autour du Soleil et positions apparentes du Soleil dans le zodiaque. Adapté de la page Constellations du zodiaque sur le site eduMedia -Sciences La précession des équinoxes est le lent changement de direction de l’axe de rotation de la Terre qui décrit un cône en 26 000 ans environ. Une des conséquences de ce mouvement est que la position des étoiles sur la sphère céleste change lentement au cours des siècles. De ce fait, les signes du zodiaque ne correspondent plus avec les constellations de mêmes noms. Le premier d’entre eux par exemple, le signe du Bélier, marque toujours l’équinoxe de printemps vers le 20 mars alors que la constellation du Bélier est actuellement traversée par le Soleil du 19 avril au 14 mai. Depuis Claude Ptolémée, au 2e siècle de notre ère, on distingue les ‘signes fixes’ du zodiaque situés au milieu des quatre saisons : le Taureau (printemps), le Lion (été), le Scorpion (automne) et le Verseau (homme versant de l’eau ; hiver)1. La coïncidence entre trois de ces ‘signes fixes’ et trois des faces du tétramorphe a donné lieu à de multiples commentaires hasardeux2. La relation entre les ‘signes fixes’ et le tétramorphe est en effet une question complexe qui ne peut se satisfaire d’une simple mise en correspondance. Il est nécessaire de remonter aux origines lointaines des constellations et de la constitution du zodiaque pour la comprendre. Ces études relèvent à la fois de l’histoire de l’astronomie, en interrogeant des textes anciens divers, et de l’archéoastronomie, une discipline relativement récente qui s’appuie notamment sur l’analyse des configurations passées du ciel. Les origines des constellations Au 8e siècle avant notre ère, Homère et Hésiode mentionnent déjà les constellations de La Grande Ourse et d’Orion3. Dans la fameuse description du bouclier d’Achille de l’Iliade, souvent présentée comme l’une des premières représentations circulaires des constellations4, Homère mentionne également les Pléiades et les Hyades, deux astérismes remarquables situés dans la constellation du Taureau5. L’archéologue John Tristan Barnes soutient par ailleurs qu’un vase grec daté de 625 avant notre ère comporte plusieurs représentations de constellations6. La Grèce antique nous a transmis la moitié environ des constellations modernes qui sont attestées chez les astronomes grecs dès le 4e siècle avant notre ère. La plupart d’entre elles remontent à Eudoxe (4e s.) et Aratos (3e s.)7. Ouvrage de référence durant de nombreux siècles, l’Almageste de Ptolémée recense ainsi 48 constellations ; 38 d’entre elles figurent sur l’Atlas Farnèse, la plus ancienne représentation de la sphère céleste qui date de la même époque (2e s. de notre ère)8 : image 30 – L’Atlas Farnèse (détail) – le Verseau, les Poissons, le Bélier et le Taureau dans le zodiaque représenté comme une bande avec en son centre l’écliptique, au-dessus : les constellations de Persée et d’Andromède, au-dessous : la constellation de l’Éridan ; 2e siècle, Musée archéologique national de Naples, Wikimedia Commons, photo Sailko On lit fréquemment que les constellations héritées des Grecs remontent aux civilisations anciennes de la Mésopotamie. En réalité, selon les spécialistes, seules quelques-unes des 48 constellations de l’Almageste proviennent de Babylone et ont été transmises aux Grecs. Ce sont celles du zodiaque et quatre constellations dites para-zodiacales représentant des animaux : l’Hydre, le Corbeau, l’Aigle et le Poisson Austral, proche du Verseau9. Plusieurs autres constellations non zodiacales sont probablement antérieures aux plus anciennes mentions chez les astronomes grecs ; ces derniers en auraient hérité de traditions astrales qui les ont précédées mais qui demeurent largement inconnues10. La chronologie d’apparition des constellations dans le domaine mésopotamien mérite d’être précisée. L’astronome britannique John H. Rogers distingue une première phase qui remonte aux Sumériens, sans doute vers 3200 avant notre ère. Taureaux et lions deviennent très communs dans l’art mésopotamien à partir de cette époque. Un peu plus tard, à partir de 2600 avant notre ère, l’homme versant de l’eau, le scorpion et l’homme-scorpion deviennent à leur tour des motifs courants. Ces premières figurations d’animaux, le taureau, le lion, et le scorpion, sont alors décrites comme des constellations, et avec l’homme versant de l’eau, elles marquent les quatre points cardinaux11. La seconde phase intervient entre 1350 et 1000 avant notre ère avec la dynastie Kassite qui introduit une toute nouvelle tradition pictographique sur des stèles de pierre, nommées kudurrus, qui figuraient des donations. Huit des figures zodiacales peuvent être retrouvées sur ces stèles12. De même, le grand poème babylonien des origines du monde, l’Enuma Elish, que l’on date du 12e siècle avant notre ère, mentionne des créatures engendrées par la divinité Tiamat dont certaines sont hybrides : “Elle créa la vipère, le dragon rouge et le sphynx, le grand lion, le chien enragé, l’homme-scorpion, de furieux démons, l’homme-poisson, le centaure, porteurs d’armes impitoyables et sans peur au combat.”13. Dans le texte de l’Enuma Elish comme sur les kudurrus, seules quelques figures zodiacales peuvent être retrouvées, et l’on est encore très éloigné du zodiaque en tant que système. Pour les périodes suivantes, l’une des sources fondamentales est fournie par la paire de tablettes écrites en cunéiforme dite Mul.Apin qui constituait une sorte de manuel d’astronomie. Le texte de Mul.Apin est daté de 687 avant notre ère, mais il aurait été compilé bien avant, vers 1000 avant notre ère. Par une méthode de datation reposant sur l’analyse de la précession des équinoxes, l’astronome Bradley Shaefer affirme même que la plus ancienne observation rapportée dans ces tablettes remonte à 1370 avant notre ère14. Les tablettes comportent une liste de 71 étoiles et constellations. Hormis certaines figures zodiacales et les quatre constellations para-zodiacales déjà citées, seules trois constellations de cette liste ont été transmises aux Grecs : Orion, Persée et Andromède15. La constitution du zodiaque Au 7e siècle avant notre ère, la plupart des astérismes qui deviendront les constellations zodiacales sont donc attestées dans les textes babyloniens. Ce n’est pas un système zodiacal, mais un ensemble de figures de tailles très inégales, pas encore au nombre de douze, projetées dans le ciel. Les observations les plus anciennes, antérieures au 12e siècle avant notre ère, étaient réalisées par rapport au plan empirique de l’horizon de l’observateur. Le système zodiacal repose par contre sur l’écliptique, c’est-à-dire la ligne qui figure le trajet annuel du soleil sur la sphère céleste. L’élaboration conceptuelle de l’écliptique nécessite des observations rigoureuses et un raisonnement abstrait pour reconnaître que la place occupée par le soleil dans le ciel à un certain moment de l’année est identique à celle que l’on observe quelques mois plus tard en pleine nuit. Elle requiert ensuite des mesures précises de son inclinaison sur le plan de l’équateur, et un découpage mathématique en parties égales pour concevoir le zodiaque. Selon Pline l’Ancien, c’est Anaximandre (vers 550 avant notre ère) qui aurait découvert l’inclinaison de l’écliptique et Cléostrate de Ténédos un peu plus tard qui aurait introduit sa division en douze parties égales. Pour Eudème de Rhodes cité par Théon de Smyrne, c’est par contre Œnopide de Chios (5e s. avant notre ère) qui aurait découvert et mesuré l’inclinaison de l’écliptique, idée qu’il aurait peut-être empruntée à Pythagore. Ces sources, assez tardives puisqu’elles datent du 1e siècle de notre ère, attribuent une grande ancienneté à la conception de l’écliptique chez les Grecs. Elles sont en réalité assez confuses et peu crédibles. Il est certainement trop tôt pour parler d’écliptique au 5e siècle avant notre ère en Grèce. Seules certitudes, Anaximandre avait reconnu le trajet oblique de la Lune et du Soleil par rapport à l’équateur céleste, et, bien plus tard, Eudoxe (vers 370 avant notre ère) connaissait parfaitement le zodiaque à douze signes16. Comme pour les origines des constellations, la constitution du système zodiacal en tant que référentiel reposant sur l’écliptique doit être recherchée dans les civilisations de la Mésopotamie qui l’ont transmis ensuite aux Grecs. L’une des étapes cruciales a été l’abandon du plan empirique de l’horizon comme référentiel des observations. Vers le 12e siècle avant notre ère en effet, les textes astronomiques babyloniens se réfèrent désormais au plan de l’équateur céleste et rapportent les observations à trois séries d’étoiles organisées par ‘chemins’17. On est cependant encore loin de l’écliptique puisque ce dernier est incliné de plus de 23 degrés par rapport à l’équateur céleste. Le texte des tablettes Mul.Apin, vers 700 avant notre ère, marque une nouvelle étape puisqu’il est alors fait mention d’observations par rapport au ‘chemin de la lune’, c’est-à-dire le plan orbital de la Lune qui n’est incliné que de 5° par rapport à l’écliptique. Les positionnements sont alors exprimés par rapport à une série de 32 étoiles proches de ce ‘chemin de la lune’. La faible inclinaison de ce nouveau référentiel par rapport à l’écliptique permet alors de définir une bande du ciel scandée par 17 astérismes de tailles inégales qui renferment ces étoiles de référence. Le texte de Mul.Apin précise que ce n’est pas seulement la Lune mais aussi le Soleil et les planètes qui se meuvent le long de cette bande18. Par la suite, cet ensemble a été réduit à douze constellations en regroupant les astérismes des Pléïades et des Hyades à la constellation du Taureau et en écartant les constellations trop éloignées de l’écliptique comme Orion, Persée et le Cocher. Les douze figures subsistantes ont reçu des positions précises dans le ciel, ainsi que des contours et des dénominations stables. Cette étape cruciale est attestée en 463 ou en 475 avant notre ère selon les spécialistes19. Désormais, les observations ne sont plus rapportées à des groupes d’étoiles, elles se réfèrent à un espace abstrait construit autour de l’écliptique. Le premier zodiaque divisé en douze parties égales est attesté en 419 avant notre ère. Il est subdivisé en 360 unités correspondant approximativement à la progression du soleil dans le ciel durant une journée20. Quelques explications fantaisistes sur le rapport entre le Scorpion zodiacal et l’Aigle du tétramorphe Si trois des ‘signes fixes’ du zodiaque – le Taureau, le Lion, L’Homme versant de l’eau – correspondent à trois des quatre faces des Chérubins bibliques, la discordance entre le Scorpion et l’Aigle du tétramorphe a suscité plusieurs interprétations plus ou moins farfelues. Les ‘explications’ concernant ce hiatus Scorpion/Aigle reposent fréquemment sur des arguments spécieux à propos des origines des deux constellations et de leurs relations. Pour Michel Fromaget, par exemple, le Scorpion était autrefois nommée constellation de l’Aigle21. Cette allégation formulée avec aplomb et sans références est évidemment totalement extravagante. Comme on l’a rappelé plus haut, le Scorpion et l’Aigle figurent l’une comme l’autre parmi les plus anciennes constellations, et elles n’ont jamais été confondues ; l’une deviendra zodiacale, l’autre ne l’a jamais été puisqu’elle est située loin de l’écliptique. Dans un article de l’Encyclopaedia Universalis, l’historien et astrologue Jacques Halbronn quant à lui suggère carrément une reconstruction de l’histoire en déplorant que l’astrologie se soit alignée sur l’astronomie : “le Scorpion n’a pas été initialement inscrit dans le schéma astrologique. Il fut mis en place à un stade antérieur en tant que constellation et, d’ailleurs, la disposition des étoiles évoque assez bien cet animal, et notamment sa queue venimeuse. Deux signes auraient dû le remplacer : la Balance et l’Aigle. Pour ce qui est de l’Aigle, les astrologues ne purent aboutir, en raison de l’habitude bien ancrée de désigner cette région du ciel sous le nom de Scorpion. Au contraire, c’est le Scorpion qui va s’intégrer au symbolisme astrologique et évincer l’Aigle.”22. Dans un ouvrage aussi sérieux que l’Universalis, une telle argumentation controuvée relevant de principes obscurs est pour le moins surprenante. L’historienne de l’art polonaise Zofia Ameisenowa, citant le philologue et historien de l’astronomie Franz Boll, propose en 1949 un détour curieux par la constellation Pégase. Elle mentionne les signes zodiacaux des quatre points cardinaux, le Taureau, le Lion, l’homme du Verseau et “l’Aigle, l’étoile la plus brillante de la constellation Pégase (changée à une période inconnue pour le sinistre Scorpion)”23. Or la constellation Pégase n’est absolument pas dans la région du Scorpion puisqu’elle côtoie les Poissons et le Verseau. Qui plus est, toutes ses étoiles les plus brillantes possèdent des noms – d’origine arabe comme c’est très souvent le cas – qui se rapportent au cheval Pégase, aucune n’évoque un aigle. En 1795, l’érudit Charles-François Dupuis publie son Origine de tous les cultes, un ouvrage qui eût une grande renommée dans lequel il tente de démontrer l’origine astrale de toutes les religions. Il y soutient notamment que l’Aigle s’est substitué au Scorpion, signe redouté pour sa terrible influence supposée, parce que c’est un paranatellon de ce dernier [un paranatellon est une étoile ou une constellation qui se lève au moment où le soleil entre dans l’un des signes du zodiaque]24. Dupuis est aussi à l’origine d’une autre ‘explication’ qui fait appel aux “quatre étoiles royales de la Perse”. Selon cette conjecture, dans la Perse ancienne, quatre étoiles remarquables gardaient le ciel en marquant les équinoxes et solstices, c’est-à-dire les changements des saisons : Aldébaran dans la constellation du Taureau, Régulus dans le Lion, Antarès dans le Scorpion, et Fomalhaut dans le Poisson austral, au sud du Verseau. Ces étoiles sont brillantes et faciles à repérer, mais comme Fomalhaut, très au sud, n’est pas toujours visible, on lui aurait préféré Altaïr, l’étoile la plus brillante de l’Aigle25. La première difficulté de cette conjecture est évidente ; l’Aigle se substituerait alors au Verseau et non au Scorpion. Mais surtout, la construction séduisante des “étoiles royales de la Perse” s’est révélée être une fable comme l’a démontré l’astronome George A. Davis Jr.26. Elle provient d’une interprétation erronée par Jean Sylvain Bailly, dans son Histoire de l’Astronomie (1775), de la première traduction de l’Avesta, texte sacré du mazdéisme. Pour que les étoiles mentionnées marquent les solstices et équinoxes, on doit se projeter très loin dans le passé en vertu de la précession des équinoxes. L’erreur a ensuite été largement enjolivée par Dupuis à qui l’on doit la “dénomination pompeuse d’étoiles royales” [sic]27. La légende sera reprise de bonne foi et popularisée par de nombreux vulgarisateurs, notamment par François Arago et Camille Flammarion. Elle repose sur l’hypothèse fantaisiste que l’astronomie existait en Perse à une époque aussi reculée que 3000 ans avant notre ère alors même que l’on ne sait rien des Perses avant le 10e siècle avant notre ère28. Pour terminer, mentionnons encore une interprétation d’un tout autre ordre. Les commentaires symboliques associent parfois le Scorpion à d’autres animaux capables de muer, comme le serpent. Cette capacité de renouvellement a permis aussi d’y associer le mythique phénix, et l’aigle que l’on dit également doté du pouvoir de se régénérer et de rajeunir29. D’un point de vue symbolique, en somme, le Scorpion aurait tout aussi bien pu s’appeler Serpent, Phénix, ou Aigle, si ces noms de constellations n’avaient pas déjà été pris… Deux figures cosmiques analogues mais bien distinctes Les tentatives pour expliquer l’Aigle du tétramorphe à partir du Scorpion zodiacal (ou inversement) sont vaines. La raison en est évidente. Ézéchiel a vécu au 6e siècle avant notre ère, et l’origine des faces des Chérubins dans sa vision est à rechercher dans les figurations d’animaux hybrides à Babylone où il a été déporté. À cette époque, le zodiaque n’existait pas. Par contre, les constellations qui deviendront zodiacales, ainsi que l’Aigle, sont présentes depuis longtemps déjà dans les représentations babyloniennes du ciel. Leurs noms et descriptions sont en relation avec les figurations de divinités diverses, attestées dans différents écrits et sur des stèles et monuments. La structuration progressive du zodiaque et la vision d’Ézéchiel transcrite dans la Bible sont des processus culturels totalement indépendants bien qu’ils procèdent de sources similaires. Les faces des Chérubins n’ont rien à voir avec le système zodiacal. Mais, par l’intermédiaire des statues qui gardaient les temples mésopotamiens et peut-être les symboles figurant sur les stèles-frontières babyloniennes30, ces quatre faces ont très probablement un rapport avec trois des constellations qui formeront le zodiaque au terme d’une évolution historique difficile à préciser, et avec une autre constellation extra-zodiacale majeure, l’Aigle – ce qui n’est pas du tout la même chose qu’une relation immédiate avec le système zodiacal tel que nous le connaissons. Pour le dire autrement, les quatre composantes de la vision d’Ézéchiel sont vraisemblablement en corrélation avec l’organisation figurative du ciel sous la forme d’astérismes apparus dans le même contexte culturel babylonien bien avant l’émergence du zodiaque. La vision des Chérubins chez Ézéchiel est une vision cosmique grandiose qui s’appuie sur une quadripartition symbolique et figurative du cosmos. Entre le tétramorphe et les quatre ‘signes fixes’ du zodiaque, il n’existe pas de correspondance exacte ni aucune solution de continuité historique, à travers par exemple une explication ou un ‘chaînon manquant’ qui nous aurait échappé ; ce sont des figures cosmiques analogues mais bien distinctes. À l’issue de cette analyse, nous pouvons préciser maintenant cette notion que nous retrouverons. Une figure cosmique analogue au tétramorphe, c’est : un ensemble de figurations, décrites dans des textes ou représentées en images, qui sont organisées comme un tout cohérent, comme une structure ; la structure possède un caractère cosmique fort ; trois composantes figuratives au minimum de la structure sont semblables à celles du tétramorphe (homme, lion, taureau, aigle) ; il n’existe aucune relation historique directe, aucune influence mutuelle attestée entre le tétramorphe et la structure en question ; l’analogie évoquée demeure formelle. Selon cette terminologie, les quatre ‘signes fixes’ du zodiaque forment une figure cosmique analogue au tétramorphe. On peut définir aussi une ‘version forte’ d’une telle structure où les composantes figuratives correspondent manifestement à des constellations remarquables attestées depuis l’Antiquité ; dans ce cas, le modèle cosmique formé par les constellations doit être historiquement et culturellement vraisemblable. Le zodiaque est bien sûr le prototype d’une figure cosmique en ‘version forte’. Nous aurons l’occasion de rencontrer d’autres figures cosmiques analogues en ‘version faible’, c’est-à-dire pour lesquelles on ne peut pas soutenir la vraisemblance d’une relation historique et culturelle avec un modèle antérieur formé par des constellations. [sommaire] Plus exactement, Ptolémée qualifiait ces signes de “solides”, cf. Claude Ptolémée, La Tétrabible ou Les quatre livres des jugements des astres, traduit par Nicolas Bourdin, L’Arbre d’Or, Genève, octobre 2006, p. 35. Voir aussi : Germaine Aujac, Claude Ptolémée. Astronome, astrologue, géographe. Connaissance et représentation du monde habité. Paris : éditions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (C.T.H.S.). Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, 1993, p. 82. [↩] Deux exemples suffiront. Dans un livre consacré aux origines du zodiaque, Rupert Gleadow justifie le découpage du zodiaque en douze parties par la théorie des archétypes de Jung, et il estime que l’Aigle du tétramorphe à la place du Scorpion zodiacal pourrait représenter “l’aspect supérieur de cette constellation calomniée”, cf. Rupert Gleadow, Les origines du zodiaque, Stock, 1971, p. 26 et p. 148. Et dans l’ouvrage de Michel Fromaget que nous avons déjà mentionné, la parenté entre les quatre Vivants et les figures du zodiaque est évoquée uniquement à travers la vision ésotérique qu’en donne l’occultiste Rudolf Steiner, cf. Michel Fromaget, op. cit., pp. 101-102. [↩] Roslyn M. Frank, The origins of Western constellations, in Clive L.N. Ruggles (ed.), Handbook of Archaeoastronomy and Ethnoastronomy, New York, Springer Verlag, 2015, p. 151 ; voir aussi : John H. Rogers, Origins of the ancient constellations. I. The Mesopotamian traditions, Journal of the British Astronomical Association, vol.108, no.1, pp. 9-28, February 1998 ; II. The Mediterranean traditions, Journal of the British Astronomical Association, vol.108, no.2, pp. 79-89, April 1998. [↩] Angélique Ferrand, Du Zodiaque et des hommes. Temps, espace, éternité dans les édifices de culte entre le IVe et le XIIIe siècle, Thèse, Université de Bourgogne Franche-Comté, 2017, p. 246. [↩] “Et [Héphæstos] fit d’abord un bouclier grand et solide, aux ornements variés, avec un contour triple et resplendissant et une attache d’argent. Et il mit cinq bandes au bouclier, et il y traça, dans son intelligence, une multitude d’images. Il y représenta la terre et l’Ouranos, et la mer, et l’infatigable Hélios, et l’orbe enflé de Séléné, et tous les astres dont l’Ouranos est couronné : les Pléiades, les Hyades, la force d’Orion, et l’Ourse, qu’on nomme aussi le Chariot qui se tourne sans cesse vers Orion, et qui, seule, ne tombe point dans les eaux de l’Okéanos.” Iliade, chant XVIII, traduction de Leconte de Lisle. Voir aussi : Sylvie Vilatte, Art et polis : le bouclier d’Achille, in : Dialogues d’histoire ancienne, vol. 14, 1988. pp. 89-107. [↩] John Tristan Barnes, Asteras Eipein: An Archaic View of the Constellations from Halai, Hesperia – The Journal of the American School of Classical Studies at Athens, Volume 83, 2014. [↩] Roslyn M. Frank, art. cit., p. 148 ; John H. Rogers, art. cit. II, p. 4. [↩] Bradley E. Schaefer, The epoch of the constellations on the Farnese Atlas and their origins in Hipparchus’s lost catalogue, Journal for the History of Astronomy, Vol. 36, Part 2, No. 123, 2005, pp. 167-196. [↩] Roslyn M. Frank, art. cit., pp. 150 et 156 ; John H. Rogers, art. cit. I, p. 25 [↩] Roslyn M. Frank, art. cit., p. 151 et 154. [↩] John H. Rogers, art. cit. I, p. 10 et p. 24 [↩] John H. Rogers, art. cit. I, pp. 11-15. [↩] Paul Garelli et Marcel Leibovicci, La naissance du monde selon Akkad. In Sources orientales. Tome 1, La naissance du monde. Paris : Éditions du Seuil, 1959, p. 136 ; voir aussi John H. Rogers, art. cit. I, p. 15. [↩] Voir la page de Bradley Shaefer, Louisiana State University, Department of Physics and Astronomy. Par calcul de la précession des équinoxes, l’analyse des positions d’étoiles relevées dans des textes anciens peut permettre de retrouver la date des observations. [↩] John H. Rogers, art. cit. I, p. 21 [↩] D’après Bartel Leendert van der Waerden, History of the Zodiac, Archiv für Orientforschung, Volume 16, 1953, p. 216. Cette étude pourtant assez ancienne, que l’on doit à un mathématicien éminent, demeure incontournable. [↩] Roland Laffitte, Naissance et diffusion du zodiaque mésopotamien, in Étoiles dans la nuit des temps, Paris : L’Harmattan, collection Eurasie n° 18, 2008, p. 115 ; John H. Rogers, art. cit. I, p. 16 sq. [↩] Voir : Roland Laffitte, art. cit., p. 116 ; B. L. van der Waerden, art. cit., pp. 218-219 ; John H. Rogers, art. cit. I, pp. 17-18. [↩] Respectivement selon Roland Laffitte, art. cit., p. 163 et John H. Rogers, art. cit. I, p. 23. [↩] B. L. van der Waerden, art. cit., pp. 220. [↩] Michel Fromaget, op. cit., p. 102 [↩] Jacques Halbronn, article Astrologie, section L’Aigle et le Scorpion, Encyclopaedia Universalis, 2002. [↩] Zofia Ameisenowa, Animal-Headed Gods, Evangelists, Saints and Righteous Men, London : Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, Vol. 12 (1949), p. 36. [↩] Charles-François Dupuis, Origine de tous les cultes, ou Religion universelle, Paris : À la librairie historique d’Émile Babeuf, 1822 (réédition de 1795), p. 152 sq., Gallica-BnF [↩] John H. Rogers, art. cit. I, p. 24. [↩] George A. Davis Jr., The so-called royal stars of Persia, Popular Astronomy, Vol. 53, p. 149 sq., April 1945. [↩] Charles-François Dupuis, op. cit., pp. 257-259. [↩] George A. Davis Jr., art., cit., p. 152. [↩] Voir par exemple L’aigle : roi des cieux sur Bestiaire – les animaux au Moyen Âge (projet dirigé par Emanuele Arioli), et l’article Scorpio (astrology) sur Wikipedia/En. [↩] “Nous pouvons laisser ouverte la question de savoir si les symboles figurant sur les bornes-frontières babyloniennes [kudurrus] représentent des constellations ou si elles représentent des dieux qui ont été transférés ensuite dans le ciel.” B. L. van der Waerden, art. cit., p. 226. [↩]

lundi 16 juin 2025

jacques halbronn Astrologie Septénale. La sensibilité gaulliste de Macron. Le temps Hessed 1958 -1965, 2017, 2024/ L'alternance

jacques halbronn Astrologie Septénale. La sensibilité gaulliste de Macron. Le temps Hessed 1958 -1965, 2017, 2024/ L'alternance En juillet 2024, alors que Saturne était en phase Hessed, alors que Macron, en décrétant la dissolution de l'Assemblée Nationale redonnait la parole au "peuple" en tant qu'ensemble, il s'agissait de passer dans un registre quantitatif. De fait, pendant la moitié du temps, c'est bien ce critère là qui doit compter, trancher. Mais cela n'a qu'un temps car cela doit forcément alterner avec un autre critère, celui d'une assemblée composée de personnalités et non celui de statistiques, de sondages. Deux vérités, légitimités sont donc en présence. Mais la dissolution de l'Assemblée n'était-elle pas un coup porté à une certaine élite, classe? Deux systémes, cultures, sont donc bien là en présence, face à face. Pour certains, la vérité est ce qui émane du peuple, de chacun de ses membres anonymes qui en serait le dépositaire. Pour d'autres, en revanche, la vérité est l'apanage, le privilége des plus "Sages".https://www.les-philosophes.fr/la-republique-de-platon.html Il revient à ce petit nombre de protéger la Cité de l'erreur, de la corruption (cf Livre de la Genése au sujet du petit nombre de Justes qui aurait permis d'épargner Sodome). Selon l'Astrologie Septénale, les temps changent,et ce qui faisait référence en un certain temps ne le fait plus à un autre (cf Livre de l'Ecclésiaste), ce n'est plus le même Zeitgeist qui a le dessus. C'est prévu, organisé ainsi selon le "système", la "matrice" (cf le film des frères/soeurs Warshowski, 1999). L'astrologie serait-elle la vraie Matrice? Nous ne sommes pas loin de le penser/ La question qui se pose est la suivante: est ce que nous évoluons selon les phases ou bien est ce que nous sommes liés à une certaine phase et à sa cyclicité, son retour? Il semble bien, au prisme de nos recherches, que nous serions dès notre naissance de type "Hessed" (bas de gamme) ou de type "Din" ( haut de gamme) mais pour une raison ou pour une autre, il se peut que nous soyons influencés par des valeurs aliénantes, L'élection de Macron s'est préparée en 2016, quand Saturne était en phase Hessed , il y restera jusqu'à la fin de 2017. Et en 2024, sept ans après, Macron s'inscrira dans le même contexte astral. Il serait donc de sensibilité Hessed, ce qui explique son appartenance à la mouvance socialiste. Ce qui montre l'erreur du quinquennat. En 2024, on a corrigé le tir, en retrouvant, en quelque sorte, l'intervalle de 7 ans. En 2018, au lendemain de l'élection à la présidence de la République de 2017, Macron va entrer- comme tout le monde - dans une phase DIN. C'est un moment de crise, de doute, comme on l'a exposé plus tôt, les excés de la phase Hessed qui avaient permis à Macron de l'emporter en bousculant les hiérarchies et cénacles politiciens - ce qui aura conduit Macron à la dissolution de l'Assemblée nationale, autre façon de déstabiliser la classe politique de type DIN, seront à expier d'une façon ou d'une autre. Ce qui s'est passé en 2018, il y a 7ans, devrait nous mettre sur la voie de ce qui se produira dans les mois qui viennent. Revenons donc sur l'Affaire Benalla lequel avait bénéficié de passe-droits. Web "A 31 ans, Alexandre Benalla a associé son patronyme à l'affaire la plus embarrassante du premier quinquennat Macron, dont les répliques ont enrayé la bonne marche du pouvoir.. Après avoir accompagné un temps Martine Aubry, M. Benalla travaille brièvement pour Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif: "Je m'en suis séparé au bout d'une semaine après une faute professionnelle d'une première gravité: il avait provoqué un accident de voiture en ma présence et voulait prendre la fuite", avait-il raconté. M. Benalla débarque en macronie début juillet 2016, recruté par Ludovic Chaker, alors secrétaire général d'En Marche. D'abord bénévole, il est embauché à l'automne par le mouvement pour assurer la sécurité d'Emmanuel Macron et devient rapidement une figure connue et appréciée du premier cercle du candidat. "Il a été repéré comme quelqu'un qui réglait les problèmes pratico-pratiques de manière très efficace. Il pense à tout, c'est le couteau suisse", témoigne un pilier de la campagne. "Il était là tout le temps. Il venait ouvrir le bureau à 6H30 si personne n'avait pris le +slot+ de la permanence de sécurité. C'est lui qui faisait la nuit si personne d'autre ne le faisait", abonde un autre. En campagne, dans certaines situations tendues comme à l'usine Whirlpool d'Amiens, M. Benalla est aussi celui qui dit au candidat "c'est possible" quand les policiers chargés de la protection de M. Macron renâclent. En cela, le chef de l'Etat lui restera reconnaissant: "Quoiqu'il advienne dans cette affaire, je n'ai pas à oublier cet engagement", lance M. Macron quand le scandale éclate. - "Gadgets" - Récompensé par un poste de chargé de mission à la chefferie de cabinet, dédié aux déplacements du président, M. Benalla s'immisce dans les failles du système: "il voulait tous les gadgets", soupire un conseiller du Palais. Passeports diplomatiques, badge d'accès à l'hémicycle de l'Assemblée, voiture de fonction... Réserviste dans la gendarmerie dans l'Eure, où il officia aux côtés du futur ministre des Armées Sébastien Lecornu, il obtient aussi en 2017 le grade élevé de lieutenant-colonel. Et un port d'arme lui est alloué, malgré un premier refus du ministère de l'Intérieur. Il cultive, avec Vincent Crase, un ami de dix ans, lui aussi employé à la sécurité de la campagne et salarié d'En Marche, des amitiés troubles, comme avec l'homme d'affaires Alexandre Djouhri. Jusqu'à être soupçonné d'avoir conclu en juin 2018 un juteux contrat de protection pour la famille d'un sulfureux oligarque russe. Un "deal" désormais au coeur d'une enquête du Parquet national financier. Sa chute a commencé lorsqu'il a été identifié dans une vidéo, filmée lors des défilés du 1er mai 2018 et diffusée par Le Monde en juillet. Il y est identifié en train de violenter un manifestant." 2018 -2025: il y a réitération septénale alors qu'au bout de 3 ans et demi, il y a contrepied, choc en retour Passage de la croix des saison (équinoxes/solstices) à la croix des étoiles fixes royales. Il y a 60 ans, De Gaulle était réélu pour un nouveau mandat. Saturne était en poissons et 7 ans plus tôt, il était en sagittaire. Il rappelait en 1965 " il s'agit d'éviter que l'État soit à la disposition des partis" Le suffrage universel (imposé en 1962 pour l'élection du président de la République) est un instrument pour soumettre les politiciens à la volonté populaire. Mais en 1969, trois ans plus tard, De Gaulle va devoir partir à la suite d'un référendum - véritable suicide politique. Saturne est passé en Bélier, en phase DIN tout comme il était passe en 1961 en capricorne.. web " Le 27 avril 1969, les Français rejettent le référendum sur la régionalisation et la « rénovation » du Sénat. Désavoué, Charles de Gaulle quitte ses fonctions de président de la République, comme il s’y était engagé. L'arrivée d'une nouvelle phase DIN devrait conduire Macron soit à la démission, à l'instar du général De Gaulle, soit à un compromis historique avec les leaders. Il importe de respecter la dialectique cyclique (cf notre récent texte sur Barbault sur ce thème). Cela implique de faire alterner des périodes où l'on se met en tort et celles où ce sont les autres qui sont sur la sellette. Offensives et contre- offensives. Si vis pacem, para bellum. JHB 16 06 25

dimanche 15 juin 2025

jacques halbronn Barbault . La théorie dialectique des aspects chez André Barbault

jacques halbronn Barbault . La théorie dialectique des aspect chez André Barbault En 1976, lors de la première édition française de Clefs pour l'astrologie (p. 146) nous écrivions ; "Il faut faire la distinction entre le seuil d'une phase et son paroxysme, en plein milieu de la phase considérée" Cela revenait à mettre l'accent sur le milieu d'une phase, soit 45°, moitié de 90° On notera qu'au football, sur un match de 90 minutes, on a deux mi-temps de 45 minutes. Idem pour le rugby. web "Un match de football standard se déroule sur une durée de 90 minutes, divisée en deux mi-temps de 45 minutes chacune. Entre ces deux périodes, les joueurs bénéficient d'une pause de 15 minutes pour récupérer." On aurait donc affaire ici à une équivalence degrés/minutes comme il en est une entre jours lunaires (28 jours) et années saturniennes.(28 ans) Revenons à présent sur les travaux d'André Barbault tels que parus entre 1955 (Grasset) et 1965 (Albin Michel) qui semblent tout ignorer de la crise Berlin et de Cuba de 1961-1962, aussi bien en perspective qu'en rétrospective.. Paradoxalement, si Barbault se manifestera au lendemain de la chute du Mur de Berlin (1989), il ne se prononce guère sur le moment de sa construction (1961), 28 ans plus tôt, soit un cycle sidéral de Saturne. D'un côté, un certain succés, de l'autre, un échec prévisionnel cuisant, ce qui apparait clairement avec le recul du temps. De nos jours, en 2025, on ne veut retenir de Barbault que la conjonction Saturne-Neptune alors que la relecture des deux ouvrages de notre corpus, "Défense et illustration de l'astrologie", et "1964.La crise mondiale de 1965. Prévisions astrologiques" montre que Barbauilt accordait une importance certaines à la succession des aspects du sextil au semi-carré, du trigone au sesqui-carré etc. Barbault met en évidence les revirements et les retournements résultant des aspects de Saturne à Neptune. ( Défense et illustration, pp. 190 et seq), Crise Mondiale, pp 91 et seq) Ne se servant guère des positions sur le Zodiaque, Barbault investit la succession des apects. Pour lui, les aspects entre planétes seraient plus réels que le découpage de l'écliptique en signes. Le changement d'aspect pour cet auteur prévaut sur les considérations saisonnières (quadruplicités). L'on sait que nous avons au contraire, mis en avant le passage d'une seule planéte, Saturne, au sein de chaque quadrant de 90°, débutant chaque fois par un signe cardinal. (cf notre Astrologie Septénale) Oe. Il va en 1967 (Les astres et l'Histoire. Ed Pauvert) abandonner le cycle Saturne-Neptune et son découpage en aspects(semi carré compris) pour un autre modéle, légué par Henri Gouchon, qui ne tient plus compte de la succession des aspects ave la domination de la seule conjonction, mettant les autres aspects dans le même sac dans le cadre de son "indice cyclique' (indice de concentration planétaire) avec en perspective les guerres mondiales du XXe siècle, y compris une troisiéme, annoncée pour le début des années 80, dont on sait ce qu'il en est advenu. Avec le recul, c'est bien dans les années 61-62 que l'on aura bel et bien frisé une nouvelle guerre mondiale. Mais l'on sait aussi que la chute du Mur de Berlin fut une divine surprise pour Barbault qui se rappellera alors ce qu'il avait écrit dans les années 50-60 dans l'attente de la conjonction de Saturne à Neptune en 1989. (pp. 186-189). D'ailleurs, paradoxalement, Barbault semble avoir fini par parier sur l'échec de l'URSS face aux USA et 1989 en est la manifestation la plus flagrante, à commencer par l'annonce du premier homme sur la Lune que Barbault voyait à l'Est et non à l'Ouest, du côté communiste et non du côté capitaliste. Force est de constater une très grande ambivalence dans les prévisions de Barbault, ce qui, au demeurant, reléve de la dualité même du discours astrologique, lequel ne se prête pas à une approche unitaire. Barbault jongle avec la Dialectique marxiste qui lui permet d'élaborer une théorie des aspects. On regrettera que son approche dialectique des aspects n'ait pas fait école. Défense et illustration 1955 DIALECTIQUE " Les cycles Saturne - Neptune marquent une progression constante du mouvement révolutionnaire" (p. 187) (..) En 1952-53, nouvelle conjonction (Saturne - Neptune) : la mort de Staline inaugure un nouveau cycle pour le communisme russe et mondial (..)Staline meurt et l'URSS est en pleine métamorphose: elle engage un nouveau cycle qui la conduit à l'échéance capitale de 1989" On peut parler avec Barbault d'une approche dialectique du monde exprimée astrologiquement par l'alternance même des "bons" et des "mauvais" aspects, la conjonction maintenant, rétablissant périodiquement le cap pour une arrivée en tête. C'est la "théorie des contradictions (thèse-antithèse-synthèse)", le mauvais aspect étant l'antithèse. Etrangement, dans l'indice cyclique, les conjonctions sont sources de tensions extrémes, un accouchement dans la douleur. On peut certes saluer au sujet de l'indice cyclique une simplification de la théorie des aspects sous une forme duelle. La crise mondiale 1963 p. 98 EUPHORIE " Le grand essor" " l'URSS est partie pour une brillante célébration du cinquantième anniversaire de la Révolution d'Octobre (en 1967) (..) Tout (sic) donne finalement à penser qu'arrivée à l'opposition de 1971-72 l'URSS vivra un temps de dépassement en ayant "doublé" "les USA" " L'astronautique représente l'avant garde de l'aventure humaine. Or, que les Russes soient à la tête de la course à l'espace es symbolique du proche avénement de l'URSS en tant que leader du monde" Rappel: en 1969, le premier homme sur la Lune viendra des USA. En 1992, démembrement de l'URSS.(cf nos articles sur ce sujet)

vendredi 13 juin 2025

jacques halbronn L'astrologie doit traverser le temps et l'espace. Réponse à Roger Héquet.

9 jacques halbronn conservateur chez bibliotheca astrologica/ Parisc L'astrologie doit traverser le temps et l'espace. Réponse à Roger Héquet. Il y a deux sensibilités en astrologie, l'une féminine, l'autre masculin. L'une attirée par l'astrologie individuelle qui paradoxalement est une astrologie gazeuse faite de juxtapositions spatiales, horizontales et l'autre par l'astrologie mondiale qui appréhende le monde dans sa synchronie et sa verticalité. Roger Héquet est l'astrologue de la féminité tout comme Didier Geslain. Cela correspond à une conscience primaire du monde, chaotique, du péle méle. Michel Gauquelin et André Barbault ont incarné une astrologie de la masculinité qui constitue un stade supérieur d'évolution et nous appartenons pleinement à cette mouvance de la simplicité. L'astronomie est féminine, l'astrologie est masculine. Les astrologues de la carte du ciel ont un psychisme féminin. Autrement dit, ces astrologues féminins conduisent à une involution de l'astrologie, à sa régression et leur position est rejetée à la fois par les astrologues masculins et par les astronomes. Le fer de lance de l'anti-astrologie, c'est la mise en accusation de l'astrologie du thème natal. Mais même André Barbault s'est fourvoyé en cherchant à montrer que tel cycle planétaire concernait telle région du monde, comme la Russie (pour Saturne-Neptune) alors que l'astrologie est "mondiale", concerne la sphère publique de l'Histoire et non la sphère privée de l'alcove où seul le client dispose des données, d'où la consultation individuelle. Il est clair que l'astrologue du thème natal n'a pas besoin du bagage de connaissances générales de l'astrologue de la Mondiale. Or, qui ne voit que la mort de Staline ne saurait être à elle seule une quelconque preuve de la valeur du cycle Saturne Neptune? Qui ne voit que dans les années cinquante, toutes sortes d'événéments, de par le monde, convergent (Crise de Suez, Traité de Rome, Accords d'Evian, Budapest etc). Il faut avoir des oeillères pour ne pas faire les rapprochements synchroniques qui s'imposent! Manifeste CURA's Association cura.free.fr

jacques halbronn Le monde juif et l'astrologie. Ed Arché 1985

Catégories Ostéopathie Archè Milano Éditions de la Tarente Plus Domicile Le Monde Juif et l'Astrologie. Histoire d'un vieux couple. Le Monde Juif et l'Astrologie. Histoire d'un vieux couple. Le Monde Juif et l'Astrologie. Histoire d'un vieux couple. Le Monde Juif et l'Astrologie. Histoire d'un vieux couple. Le Monde Juif et l'Astrologie. Histoire d'un vieux couple. de Jacques Halbronn Les Juifs et l'Astrologie appartiennent à un passé très lointain et traversent les siècles et les cultures, suscitant tour à tour méfiance et fascination. Mais, par-delà ce parallèle formel, existe-t-il quelque relation entre ce “peuple” et cette “science” qui ne sont ni tout à fait un peuple, ni vraiment une science ? Référence: 9788872520827 Disponible en stock 3 Produits Vite ! 3 Produits en stock 66,00 € TTC Livraison entre 3 et 5 jours ouvrés en France Derniers articles en stock jacques halbronn Le monde juif et l'astrologie. Ed Arché 1985 Les Juifs et l'Astrologie appartiennent à un passé très lointain et traversent les siècles et les cultures, suscitant tour à tour méfiance et fascination. Mais, par-delà ce parallèle formel, existe-t-il quelque relation entre ce “peuple” et cette “science” qui ne sont ni tout à fait un peuple, ni vraiment une science ? Jacques Halbronn, qui avait déjà consacré une étude au Livre des Fondements Astrologiques d'Abraham Ibn Ezra, élève du regretté Georges Vajda, propose ici un panorama aussi vaste que possible des liens qui unissent Astrologie et Judaïsme, depuis les positions les plus favorables jusqu'à celles qui veulent radicalement séparer les deux approches du monde, comme étant incompatibles. Le constat est que le monde juif n'est jamais resté indifférent à l'égard de l'Astrologie. Elle fut toujours, dialectiquement, un parte-naire privilégié. Et la chose n'est pas si fréquente. En outre, ce qui complexifie l'étude tient à ce que les passions ne sont pas éteintes aujourd'hui. Le Juif contemporain doit, lui aussi, s'interroger sur la place à accorder à l'Astrologie, en cette fin du XXe siècle. Il faut éviter l'anachronisme, sans pour autant plaquer sur le passé les préjugés ou les libertés actuels. Il s'agit donc, en définitive, d'un dossier. Chacun y trouvera une dimension susceptible de l'intéresser et de féconder sa recherche ou sa réflexion, du Juif à l'astrologue, en passant par le philosophe, le sociologue ou l'historien. Commentaires (0)

Pierre Lagrange Bibliographie raisonnée des travaux consacrés à l’ésotérisme, l’occulte et les « parasciences »

Éditions de la Bibliothèque publique d’information Bibliographie raisonnée des travaux consacrés à l’ésotérisme, l’occulte et les « parasciences » Pierre Lagrange Cette bibliographie comporte trois grandes parties. La première décrit le contexte anthropologique dans lequel se situe l’étude des littératures ésotériques, les différentes recherches qui rendent possible leur analyse. L’évolution de l’anthropologie, de l’histoire culturelle, permet aujourd’hui une approche revue de ces sujets. La deuxième partie est consacrée aux divers domaines académiques qui se sont constitués autour de ces sujets : histoire de l’ésotérisme, histoire sociale des sciences, etc. La troisième partie liste un certain nombre de travaux en fonction des grands domaines de l’ésotérisme (astrologie, alchimie, etc.) Des redondances seront inévitables entre les deuxième et troisième parties. Anthropologie de la croyance « La beauté du mort » Entreprendre une analyse anthropologique des littératures ésotériques, « paranormales », etc., implique de faire le point sur les outils développés par les sciences sociales. Souvent ces domaines sont considérés comme relevant de la « croyance », de formes « populaires » de cultures, de ce que les sociologues anglo-saxons nomment des « rejected knowledges ». Or l’anthropologie a opéré un retour critique sur ces notions, retour critique dont on ne peut faire l’économie si l’on veut se pencher sur notre sujet. Plus précisément, il est impensable d’entreprendre une étude sur les littératures ésotériques sans faire référence à un article célèbre paru en 1970. Michel de Certeau, Dominique Julia et Jacques Revel publient alors un texte retentissant : « La Beauté du mort » (repris dans de Certeau (Michel), La Culture au pluriel, Paris, Christian Bourgois, 1980) dans lequel ils critiquent l’approche adoptée par les historiens, à commencer par Charles Nisard qui, au milieu du xixe siècle, fut à la fois historien et censeur des littératures de colportage, de la Bibliothèque bleue. Mais ils visent aussi les historiens actuels qui ne savent étudier ces littératures qu’une fois muséographiées et devenues inoffensives. Pourquoi citer cet article en tête d’une étude sur la réception des littératures ésotériques ? Comment ne pas penser à cette Bibliothèque bleue lorsque l’on regarde aujourd’hui une autre bibliothèque, celle formée par ces petits ouvrages à couverture rouge et dorée, « L’aventure mystérieuse », publiée chez J’ai Lu dans les années soixante-dix ? Par-delà les époques, de la Bibliothèque bleue aux collections de livres ésotériques, et notamment à une collection comme « L’aventure mystérieuse », on trouve d’intéressantes ressemblances particulièrement dans le rapport qu’elles entretiennent avec les formes de savoirs dominants. Ce serait donc une erreur d’aborder l’étude des réceptions de ces littératures en oubliant les enseignements des trois historiens. Nous ne sommes pas là pour juger cette littérature mais pour comprendre son usage. Pensée magique, croyance, culture populaire L’époque qui a vu la publication de cet article historique de Michel de Certeau et al. est aussi celle où Jeanne Favret-Saada a bouleversé la notion de croyance en allant étudier les sorts dans la campagne de Mayenne. Les ethnographes ont montré qu’il n’y avait pas de raison d’opposer la pensée paysanne à celle des citadins [Favret-Saada (Jeanne), Les Mots, la Mort, les Sorts, Paris, Gallimard, 1977]. C’est celle où Carlo Ginzburg a analysé l’univers d’un meunier frioulan avec le même intérêt, le même respect et les mêmes outils méthodologiques que ceux qui ont été utilisés pour étudier la cosmologie de Giordano Bruno [Ginzburg (Carlo), Le Fromage et les vers, l’univers d’un meunier du xvie siècle, Paris, Flammarion, 1980]. Les travaux de Roger Chartier sont aussi au centre de cette réflexion (« Culture populaire », dans A. Burguière éd., Dictionnaire des sciences historiques, Paris, Presses Universitaires de France, 1986, p. 174-179). C’est l’époque où paraît le grand livre de Jack Goody, La Raison graphique (Paris, Minuit, 1979), qui propose d’expliquer de façon concrète, par l’analyse de changements dans les pratiques (d’écriture notamment), le passage de la pensée magique à la pensée scientifique. Goody montre que pour comprendre ce changement il n’est pas besoin de grandes causes intellectuelles (le fameux grand partage) mais que suffit l’accumulation de petites causes matérielles. Nous avons cité les travaux de Jack Goody, mais le domaine a été profondément renouvelé par la réflexion de chercheurs comme Robin Horton (voir à son propos La Pensée métisse : croyances africaines et rationalité occidentale en question, sous la direction d’Yvonne Preiswerk et Jacques Vallet, Paris / Genève, PUF /Cahiers de l’iued, 1990). À ces travaux il faut ajouter un certain nombre d’articles importants sur la notion de croyance, de la part de Gérard Lenclud (« Vues de l’esprit, art de l’autre », Terrain, Carnets du Patrimoine ethnologique, n° 14, mars 1990, p. 5-19, et dans Gradhiva), de Jean Bazin (« Les fantômes de Mme Du Deffand. Exercice sur la croyance », Critique, n° 529-530, juin-juillet 1991, p. 492-511) et de Alain Bourreau (« La croyance comme compétence », ibid., p. 512-526). Sociologie des sciences C’est enfin, point indispensable pour qui prétend étudier des littératures qui discutent, d’une façon ou d’une autre, notre rapport aux sciences, l’époque où les premières études d’histoire sociale et de sociologie des sciences « symétriques » ont commencé à paraître. Par symétrique on entend des études qui appliquent les mêmes principes d’analyse aux différents discours et pratiques, qu’il s’agisse de savoirs acceptés comme les sciences ou de savoirs rejetés par les porte-parole de la connaissance, comme l’ésotérisme ou les parasciences. L’étude de savoirs contemporains des sciences comme l’ésotérisme ou les « parasciences » ne peut se faire sans une interrogation sur les sciences. Il n’y a pas de sociologie des parasciences possible sans une sociologie des sciences. Dans ce domaine aussi la question du grand partage a été posée par Bruno Latour (« Comment redistribuer le Grand Partage ? », Revue de synthèse, vol. 104, avril-juin 1983, p. 203-236). Les études sur la croyance doivent prendre en compte le principe de symétrie et accorder la référence à tous les acteurs : Latour (Bruno), « Quand les anges deviennent de bien mauvais messagers », Terrain, n° 14, mars 1990. Les études sur les sciences ont fait un sort à l’opposition savant-ignorant [Bensaude-Vincent (Bernadette), La Science contre l’opinion : histoire d’un divorce, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond / Seuil, 2003]. L’étape suivante a consisté à étudier les prétendues parasciences. On sait déjà, à la lueur des travaux que nous venons d’énoncer, qu’il y a peu de chance d’y trouver de l’irrationnel, de la pensée magique, de l’ignorance, etc. Mais elles posent un problème redoutable car, contrairement aux autres situations étudiées, à l’exception notable des sciences, les parasciences ne constituent pas un de ces terrains exotiques d’emblée placés à distance de l’ethnographe. Avec les parasciences, l’ethnographe est déjà sur le terrain. Son problème n’est donc pas d’y avoir accès mais de parvenir à se mettre à distance de tous les acteurs avec lesquels il interagit car, face à ce sujet, même ses collègues sont plus spontanément acteurs qu’anthropologues. Les différents domaines d’étude de l’ésotérisme Après avoir décrit le contexte qui légitime une approche renouvelée, penchons-nous sur les différents domaines au sein desquels les notions d’ésotérisme, d’occulte, de parasciences, ont été étudiées. Histoire des sciences / de l’ésotérisme Il y a en France, dans le domaine de l’histoire de l’ésotérisme, une exception culturelle. Alors que les Anglo-Saxons traitent à l’aide des mêmes outils, et souvent dans les mêmes ouvrages, l’histoire des sciences normales et celle des « pseudosciences1 », les Français séparent les deux domaines qui semblent alors totalement étrangers l’un à l’autre. Le phénomène est encore renforcé en France par le fait que l’histoire de l’ésotérisme est à peu près exclue des catalogues des éditeurs universitaires pour se retrouver chez les éditeurs d’ésotérisme. Et lorsqu’il s’agit de traiter de l’histoire de ces domaines dans des ouvrages de référence on a fait longtemps appel à des ésotéristes plutôt qu’à des historiens. Ainsi, Serge Hutin – tout d’abord attaché de recherche au CNRS en histoire des idées avant de devenir écrivain à plein temps dans le domaine de l’ésotérisme, un domaine qui le passionnait visiblement au-delà de sa seule dimension historique – a-t-il écrit l’article sur l’ésotérisme dans le volume de la Pléiade consacré à l’histoire des religions et dans les premières éditions de l’Encyclopaedia Universalis. Alors que chez les historiens anglo-saxons ce sont souvent les mêmes historiens qui traitent à la fois d’histoire des sciences et de l’ésotérisme (ou plutôt des sciences occultes puisque la catégorie ésotérisme créée au xixe siècle constitue un anachronisme), en France, chaque domaine a ses spécialistes et les deux milieux se mélangent peu. Pourquoi isoler ces travaux les uns des autres alors que les historiens des sciences ont montré que la coupure entre les vieilles sciences occultes et les jeunes sciences expérimentales était une illusion liée à la philosophie des Lumières plus qu’une véritable coupure historique ? Pourtant les historiens de l’ésotérisme ont tendance à ignorer les travaux en histoire des sciences à quelques exceptions près, comme les travaux de Frances Yates et ceux de D.P. Walker. Quoiqu’il en soit de cette situation, voici une bibliographie commentée des principaux travaux, présentés ici justement avec l’intention d’éviter cette sectorisation préjudiciable, nous semble-t-il, à la bonne compréhension de ces domaines. Commençons par les études classiques d’historiens qui constituent les références incontournables. Au départ, il y a bien sûr l’important travail en huit volumes de Lynn Thorndike, A History of Magic and Experimental Science, New York-Londres, Columbia University Press, 1923-1958. Parmi les études pionnières dans ce domaine on retiendra encore le livre de Daniel Pickering Walker, La Magie spirituelle et angélique : de Ficin à Campanella, Paris, Albin Michel, 1988. Et les livres de Frances Yates, Giordano Bruno et la tradition hermétique, Paris, Dervy, 1988 et La Philosophie occulte à l’époque élisabéthaine, Paris, Dervy, 1987. La plupart des œuvres de Frances Yates, publiées en Amérique dans des collections consacrées à l’histoire des idées et des sciences, sont passées, une fois traduites en français, dans des collections ésotériques. Ainsi, le traducteur des deux livres qui précèdent a-t-il cru judicieux de traduire systématiquement l’expression « rosicrucian » par « R + C », leur donnant ainsi un ton « initiatique » emprunté aux sociétés rosicruciennes contemporaines dont l’auteur tenait pourtant très clairement à se démarquer. Frances Yates a toujours affirmé son incompétence en matière initiatique et sa volonté de demeurer historienne. Seul l’ouvrage consacré à L’Art de la mémoire, publié dans la prestigieuse « Bibliothèque des Histoires » dirigée par Pierre Nora (Gallimard, 1975), a échappé à cette récupération. Les éditions Retz avaient fait paraître en 1973, dans une collection d’ésotérisme dirigée par Louis Pauwels, sa célèbre étude The Rosicrucian Enlightenment, sous le titre La Lumière des Rose-Croix, mais de l’avis de l’historien Didier Kahn, le nombre de contresens introduits par la traduction rend nécessaire une sérieuse révision de celle-ci. Ces travaux, auxquels on rajoutera Wayne Shumaker, The Occult Sciences in the Renaissance : A Study in Intellectual Patterns, Berkeley, University of California Press, 1972 – même si Yates en fait une critique virulente –, ont donc ouvert la voix hors de France à de célèbres études sur le rôle de l’occulte dans l’histoire des sciences. Citons, parmi les plus importantes : - Righini-Bonelli (Maria Luisa) et Shea (William R.) ed., Reason, Experiment and Mysticism in the Scientific Revolution, New York, Science History Publications, 1975. - Debus (Allan G.) ed., Science, Medecine and Society in the Renaissance : Essays to Honor Walter Pagel, Londres, Heinemann, 1972. - Vickers (Brian) ed., Occult and Scientific Mentalities in the Renaissance, Cambridge, Cambridge University Press, 1984. - Wallis (Roy) ed., On the Margins of Science : The Social Construction of Rejected Knowledge, Keele, University of Keele, 1979 (Sociological Review Monograph ; 27). Les trois premiers ouvrages traitent d’histoire, le dernier y ajoute des études consacrées aux controverses actuelles sur la parapsychologie et l’ufologie. Mais ces travaux sont inconnus en France. Et, une fois de plus, lorsque certains ont été traduits en français c’est pour se retrouver chez des éditeurs d’ésotérisme ignorés de la critique universitaire. C’est le cas de l’étude classique de Betty Jo Teeter Dobbs sur Newton (Les Fondements de l’alchimie de Newton ou « La chasse au lion vert », Paris, Guy Trédaniel / Éditions de la Maisnie, 1981). On notera encore que dans l’œuvre de certains historiens, certains ouvrages sont traduits, alors que d’autres non. Le cas d’Anthony Grafton est particulièrement significatif. Ses ouvrages sur l’érudition, sur le faux, ont été publiés par de grands éditeurs parisiens, tandis que les volumes qu’il a consacrés à Jérôme Cardan ou à l’alchimie ne sont pas disponibles en français (Cardano’s Cosmos, Cambridge, Harvard University Press, 1999 ; avec William R. Newman, Secrets of Nature : Astrology and Alchemy in Early Modern Europe, Cambridge, MIT Press, 2001). Encore une fois, les éditeurs français recréent ainsi une frontière qui n’existe pas dans l’histoire sociale des sciences de langue anglaise. La publication récente de la traduction du livre de Burton, Anatomie de la mélancolie (José Corti, 2004) présenté par Jean Starobinsky, ou la traduction plus ancienne de l’étude de Raymond Kiblansky, Erwin Panofsky et Fritz Saxl, sur Saturne et la mélancolie (Gallimard, 1989, coll. « Bibliothèque des Histoires ») constituent des exceptions dont on peut espérer qu’elles marquent une évolution dans la façon de concevoir l’histoire des sciences. Un certain nombre d’ouvrages récents permettent de comprendre les liens complexes, ou plutôt l’absence de séparation entre sciences occultes et sciences expérimentales au moment de la révolution scientifique. Steven Shapin est l’auteur d’une introduction tout à fait utile sur la formation des sciences modernes (La Révolution scientifique, Paris, Flammarion, 1996). L’ouvrage contient une excellente bibliographie commentée sur les travaux d’histoire des sciences. On lira aussi du même auteur, avec Simon Schaffer, Leviathan et la pompe à air, Paris, La Découverte, 1993, ainsi que le livre de Lorraine Daston et Katharine Park, Wonders and the Order of Nature : 1150-1750, New York, Zone Books, 2001. Histoire de l’ésotérisme, France Les travaux des historiens français ont donc paru soit dans des collections d’ésotérisme, soit dans des volumes consacrés à l’histoire des religions. Pourquoi ? Sans doute parce que, au départ, ces études ont été délaissées par les historiens des sciences. La lecture du volume de la Pléiade consacré à l’histoire des sciences illustre cette démarcation. Il n’y a pas de place dans cet ouvrage pour ces sujets (théosophie, etc.) qui sont renvoyés aux volumes d’histoire des religions. Les volumes dirigés par René Taton aux PUF confirment la volonté d’adhérer à l’image rationaliste de l’histoire des sciences. Cause ou résultat de cette attitude, la plupart des études consacrées à l’histoire de l’occultisme et de l’ésotérisme ont commencé par être le fait d’ésotéristes. Ainsi, l’entrée consacrée à l’occultisme dans l’Encyclopædia Universalis par René Alleau ou par Serge Hutin. Ce qui n’empêche pas ces travaux d’être à l’occasion intéressants. Ainsi, une remarque qui aurait dû être le fait d’historiens des sciences apparaît sous la plume de René Alleau dans sa préface au livre de Grillot de Givry Mages, Le Musée des sorciers, mages et alchimistes (Tchou, 1966). Alleau écrit justement : « En langue française, au xxe siècle, aucune histoire sérieuse de l’astrologie n’a été publiée. On attend encore celle de l’alchimie. Malgré leurs mérites, les ouvrages de Seligman et de Ribadeau-Dumas sur la magie sont insuffisants. Le seul traité encyclopédique moderne qui ait été consacré aux rapports historiques entre la magie et les sciences expérimentales, six volumes publiés en ving-cinq ans par l’université de Columbia et que l’on doit à l’un des plus grands érudits de notre temps, Lynn Thorndike, n’a pas été traduit et il n’est connu que de rares spécialistes. Les remarquables recherches de Singer et de Needham ne sont pas moins généralement ignorées. Dans une publication universitaire française récente, une histoire générale des sciences depuis la préhistoire jusqu’à notre époque, c’est à peine si l’on a mentionné les théories et les pratiques de la magie et de l’astrologie. Sur les quatorze cent pages, moins d’une vingtaine leur ont été réservées et qui contiennent autant d’erreurs. De telles libertés avec la méthode historique n’étonnent pas quand les occultistes en abusent. Mais si d’éminents spécialistes ne s’en privent point afin de justifier leurs thèses rationalistes, elles nous surprennent et elles nous gênent. » Lorsqu’un éditeur comme Albin Michel a lancé une collection consacrée à l’histoire de l’hermétisme, elle est codirigée par un historien, Antoine Faivre, et par un littéraire, Frédérick Tristan, et mélange auteurs universitaires et ésotéristes (précisons qu’il ne s’agit pas de rejeter des travaux qui seraient dus à des non-universitaires, il s’agit juste de discuter le mélange de travaux aux orientations différentes voire divergentes). La situation aurait pu se calmer avec le temps mais, au moment du rachat des éditions Dervy par Albin Michel, la collection s’est retrouvée, sans doute pour des questions de cohérence administrative peu soucieuses du contenu des ouvrages, parmi les collections ésotériques de Dervy, entretenant ainsi la confusion. Le milieu académique français se trouve ainsi à la traîne, et même à contre-courant, d’un mouvement qui a profondément révolutionné l’histoire des sciences depuis plus de cinquante ans. La situation évolue lentement. Les travaux d’Antoine Faivre, un des principaux représentants de cette histoire de l’ésotérisme, témoignent de la démarginalisation de ce thème. Voici quelques-uns de ses titres dans une bibliographie abondante : L’Ésotérisme au xviiie siècle en France et en Allemagne, Paris, Seghers (« La Table d’émeraude »), 1973 ; L’Ésotérisme, Paris, PUF (« Que sais-je ? »), 1992 ; Accès de l’ésotérisme occidental, 2 vol., Paris, Gallimard, 1996 ; « Aspects de l’ésotérisme chrétien. xviiie siècle », dans Marie-Madeleine Davy (éd.), Encyclopédie des mystiques, Paris, Seghers, 1977, vol. 2, p. 306-367 ; « L’ésotérisme chrétien du xve au xxe siècle », dans Henri-Charles Puech (éd.), Histoire des religions, vol. 2, Paris, Gallimard (« Encyclopédie de la Pléiade »), 1972, p. 1304-1 362 (l’ouvrage a été réédité dans la collection « Folio Essais » en 1999, il comporte des corrections et une mise à jour de l’orientation bibliographique). Tout un courant s’est formé autour d’un historien comme Faivre. Mentionnons les principaux ouvrages qui en sont issus : - Corsetti (Jean-Paul), Histoire de l’ésotérisme et des sciences occultes, Paris, Larousse, 1992. - Laurant (Jean-Pierre), L’Ésotérisme chrétien en France au xixe siècle, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1992. - Laurant (Jean-Pierre), Le Regard ésotérique, Paris, Bayard, 2001. - Riffart (Pierre. A.), L’Ésotérisme, Paris, Robert Laffont, 1990, (« Bouquins »). - Servier (Jean), Dictionnaire critique de l’ésotérisme, Paris, PUF, 1998. - Sladek (Mirko), L’Étoile d’Hermès : fragments de philosophie hermétique, Paris, Albin Michel, 1993. À noter que la majorité de ces travaux sont consacrés à l’histoire de l’ésotérisme et non à des domaines contemporains. Les quelques revues consacrées à ces questions en France, comme Aries (Archè), Crysopeia ou Politica Hermetica (L’Âge d’homme) privilégient aussi le plus souvent les formes historiques d’ésotérisme. Crysopeia est publiée par la Société pour l’histoire de l’alchimie et les éditions Archè. Politica Hermetica, qui vient de faire paraître son quatorzième numéro, est une revue annuelle où sont publiés les actes de différents colloques consacrés à l’histoire de l’ésotérisme et de l’occultisme. Le niveau est généralement excellent même si la présence de certains textes ou contributeurs peut surprendre ; ses sommaires mêlant souvent de remarquables études sociologiques et historiques à des réflexions d’acteurs de ces domaines, dont certains ont des parcours complexes (comme Alain de Benoist ou Alexandre Douguine). Comme s’il fallait donner une excuse supplémentaire aux universitaires qui rejettent ces questions. L’excellente revue Aries (Association pour la recherche et l’information sur l’ésotérisme, Éd. Archè/ » La Table d’émeraude »), dirigée notamment par Roland Edighoffer et Antoine Faivre, rend compte avec érudition des travaux en histoire de l’ésotérisme. La première revue dans le domaine fut La Tour Saint-Jacques, héritière de la série de la Revue métapsychique (IMI) éditée par Robert Amadou, à la fois ésotériste et historien de ce domaine. Dans cette revue se croisaient des passionnés d’ésotérisme et des historiens. Amadou fut aussi à l’origine de colloques à Royaumont et Saint-Paul-de-Vence dans les années cinquante où l’on pouvait croiser des parapsychologues, des occultistes et des historiens comme Mircea Eliade (encore que son statut pourrait être questionné : ésotériste ou historien ?) ou Ernesto De Martino2. Histoire littéraire La situation a évolué malgré tout. Sur deux fronts, celui de l’histoire littéraire et celui de l’histoire sociale des sciences. Pour trouver quelques études sur l’histoire de l’ésotérisme, c’est encore vers le domaine des études d’histoire littéraire qu’il faut se tourner. Comme si traités sous forme de littérature ces domaines perdaient de leur dangerosité. - Pierssens (Michel), « Le syndrome des tables tournantes », Les Temps modernes, n° 528, juillet 1990 ; « Littérature et tables tournantes », Critique, tome XLII, n° 473, 1986, p. 999-1 015. - Muray (Philippe), Le xixe siècle à travers les âges, Paris, Gallimard, 1999, (« Tel ») [Denoël, 1984]. Le roman vrai de l'occulto-socialisme comme religion du progrès. - Vadé (Yves), L’Enchantement littéraire, Paris, Gallimard, 1990. Histoire sociale des sciences À l’opposé des études françaises d’histoire des sciences traditionnelles qui maintiennent un partage malgré l’évidence, certains historiens ont fait évoluer la discipline. Le premier à avoir osé mêler les deux domaines est l’historien des sciences Pierre Thuillier (Le Petit savant illustré, Paris, Seuil, 1980 ; Les Savoirs ventriloques ou comment la culture parle à travers la science, Paris, Seuil, 1983 ; La Revanche des sorcières : l’irrationnel et la pensée scientifique, Paris, Belin, 1997). Plus récemment, l’émergence de la sociologie des sciences a permis la publication de certains travaux de langue anglaise. Ainsi, la première anthologie jamais parue en français de travaux d’histoire et de sociologie des sciences de langue anglaise, d’abord publiée sous la forme de deux anthologies autoéditées par l’association Pandore, et reprise à La Découverte sous une nouvelle version [Callon (Michel) et Latour (Bruno) éd., La Science telle qu’elle se fait : anthologie de la sociologie des sciences de langue anglaise, Paris, La Découverte, 1991] mêle des travaux sur les « vérités » scientifiques à d’autres sur les sciences rejetées (rejected sciences), études empruntées notamment à l’anthologie de Roy Wallis déjà citée. Signalons une des rares études dirigée par des historiennes des sciences et consacrée à l’histoire de l’occulte : Bensaude-Vincent (Bernadette), et Blondel (Christine) éd., Les Savants face à l’occulte, 1870-1940, Paris, La Découverte, 2002, ainsi que : - Méheust (Bertrand), Somnambulisme et médiumnité, 2 vol., Le Plessis-Robinson, Paris, Institut Synthélabo pour le progrès de la connaissance / Seuil, 1998 (Les Empêcheurs de penser en rond) - Méheust (Bertrand), Un voyant prodigieux : Alexis Didier, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond / Seuil, 2003 - Méheust (Bertrand), Cent mots pour comprendre la voyance, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond / Seuil, 2005 Signalons quelques autres ouvrages consacrés à l’histoire des sciences, à celle des rapports entre sciences et sociétés : - Bensaude-Vincent (Bernadette), L’Opinion publique et la science, Paris, Institut d’édition Sanofy-Synthélabo, 2000 (Les Empêcheurs de penser en rond). - Licoppe (Christian), La Formation de la pratique scientifique : le discours de l’expérience en France et en Angleterre (1630-1820), Paris, La Découverte, 1996. - Rossi (Paolo), La Naissance de la science moderne en Europe, Paris, Seuil, 1999. - Witkowski (Nicolas), Dictionnaire culturel des sciences, Éditions du Regard / Seuil, 2001. Il est le premier à prendre en compte la nouvelle histoire des sciences en contraste avec le très académique Dictionnaire d’histoire et philosophie des sciences dirigé par Dominique Lecourt (Paris, PUF, 1999). Ethnologie de l’occulte Plusieurs numéros spéciaux de revues d’anthropologie ont été publiés sur l’occulte et les parasciences depuis une quinzaine d’années. En 1990, la revue Terrain a consacré son numéro 14 à « L’incroyable et ses preuves ». Dirigé par Gérard Lenclud, il a accueilli des travaux sur les sorts, les apparitions de la Vierge, la communication avec les morts, les anges, la croyance médiévale, les soucoupes volantes. Au même moment, la revue Communications consacrait son numéro 51 aux « Rumeurs et légendes contemporaines » sous la direction de Véronique Camion-Vincent et Jean-Bruno Renard. On y trouvait aussi une série d’études sur les soucoupes volantes et sur la croyance (Bertrand Méheust). En 1993, un numéro d’Ethnologie française a été consacré au thème : « Sciences-parasciences : preuves et épreuves » (vol. 23, n° 3, septembre 1993, dirigé par Pierre Lagrange). Dix ans plus tard, un autre numéro de la même revue, dirigé par Christine Bergé, s’est penché sur le thème : « Voix, Visions, Apparitions ». La même année, Elisabeth Claverie publiait chez Gallimard son livre tant attendu sur les apparitions de la Vierge [Les Guerres de la Vierge, Paris, Gallimard (« Essais »), 2003]. Malgré toutes ces études on constate que les travaux sur l’occulte contemporain ont beaucoup de mal à s’affranchir de deux travers. Premier travers : une nette tendance des travaux consacrés à des sujets ésotériques ou paranormaux à se concentrer sur des sujets « morts » et à délaisser tout ce qui est vivant, actuel. On commence à voir se multiplier les études sur le spiritisme du xixe siècle, mais les études sur la croyance aux soucoupes volantes ou la parapsychologie actuelle sont peu nombreuses, ou bien elles donnent lieu à de vives discussions sur la nécessité de « ne pas y croire », soupçonnant ceux qui s’y intéressent de sympathie coupable : voir notamment les débats entre Giordana Charuty et Bertrand Méheust dans la revue L’Homme, en 2003, ainsi qu’entre Paul Jorion et Wiktor Stockowski dans la même revue (comme si le problème le plus important n’était pas plutôt de cesser de croire aux sciences, un danger qui n’est jamais évoqué par les analystes). Si on relit l’article de M. de Certeau, D. Julia et J. Revel en se penchant sur les collections ésotériques on peut difficilement manquer l’actualité de leur propos. L’autre travers, symétrique de celui qui implique la critique ou l’absence d’intérêt, est le fait de se focaliser sur les aspects nobles, savants de ces littératures. Ainsi, on va consacrer de passionnantes et parfois passionnées études à René Guénon, aux littératures alchimiques « savantes » dans des études qui marquent dans le même temps très nettement leurs distances avec les littératures parascientifiques « populaires » sur l’alchimie comme « super-science extraterrestre » ou sur la tradition comme savoir héritée d’une Atlantide supertechnologique ou apportée par des « dieux » extraterrestres. Que les acteurs du domaine ésotérique construisent des partages, cela se comprend aisément, que les historiens les reprennent à leur compte, voilà qui est plus problématique. Histoire et sociologie des religions et des sectes Dans la foulée de toute une série de travaux parus dans les années soixante-dix sur les sectes, le Nouvel Âge et l’Occult Revival des années soixante, des études de sociologie des religions se sont développées. En France, on ne retient bien souvent de ces travaux que le livre de Harvey Cox, L’Appel de l’Orient et les essais d’Eliade sur l’occulte et le monde contemporain. En fait, on peut considérer l’ouvrage de Leon Festinger, Henry Riecken, Stanley Schachner, L’Échec d’une prophétie, Paris, PUF, 1993 (la version originale est parue en 1956), comme une borne dans ce domaine. Il s’agit d’une étude sur un groupe d’Américains « en contact » avec les extraterrestres, qui attendaient la fin du monde pour l’automne 1954 : c’est le récit des avatars d’une des premières sectes soucoupiques. Par la suite, des auteurs comme Brian Wilson (Les Sectes religieuses, Paris, Hachette, 1970) ou Roy Wallis ont commencé à se pencher sur des phénomènes contemporains des sectes, comme la dianétique et la scientologie [Wakllis (Roy), The Road to Total Freedom : A Sociological Analysis of Scientology, New York, Columbia University Press, 1977 ; « The Aetherius Society : A Case Study in the Formation of a Mystagogic Congregation », The Sociological Review, vol. 22, n° 1, 1974, p. 27-44]. En France, toute un courant est apparu dans le sillage des travaux de Danièle Hervieu-Léger et Françoise Champion. On est alors à la croisée des chemins entre les études sur les sectes et les études sur le Nouvel Âge. - Champion (Françoise) et Hervieu-Léger (Danièle), De l’émotion en religion : renouveau et traditions, Paris, Centurion, 1990. - Champion (Françoise) et Cohen (Martine) dir., Sectes et démocratie, Paris, Seuil, 1999. - Hervieu-Léger (Danièle) avec la collab. de Champion (Françoise), Vers un nouveau christianisme : introduction à la sociologie du christianisme occidental, Paris, Cerf, 1986. - Hervieu-Léger (Danièle), La Religion en miettes ou la question des sectes, Paris, Calmann-Lévy, 2001. Les différents domaines de l’ésotérisme et de l’occulte Intéressons-nous maintenant aux différents thèmes qui constituent le vaste domaine de l’ésotérisme et du paranormal afin de lister les principales études qui leur ont été consacrées. Astrologie et divination L’astrologie et la divination font partie, avec l’alchimie, des sujets à propos desquels on dénombre le plus d’études historiques. Elle ont suscité d’importantes analyses (malgré certains jugements de valeur déplacés), dès la fin du xixe siècle, notamment par A. Boucher-Leclerq (Histoire de la divination dans l’Antiquité, Jérôme Million, 2003 ; L’Astrologie grecque, Paris, 1899, rééd., Bruxelles, 1963). Mais ces analyses deviennent caricaturales lorsqu’il s’agit de traiter l’époque actuelle [voir, par exemple : Adorno (Theodor), Des étoiles à terre, Paris, Exiles Éditeur, 2000]. Anthony Grafton a justement critiqué ce manque de méthode dans l’introduction de Secrets of Nature (op. cit.). Exception notable, l’étude de Jacques Maître parue dans Diogène en 1963 (« La consommation d’astrologie dans la France contemporaine »), et celle de Philippe Defrance, Claude Fischler, Edgar Morin, et Lena Petrossian, Le Retour des astrologues : diagnostic sociologique, édité par les Cahiers de l’Obs, 1971, Cahier n° 3. Signalons pour l’histoire de l’astrologie antique les travaux de Jean Bottero, (« L’Astrologie est née en Mésopotamie », L’Histoire, n° 141, février 1991 ; Mésopotamie : l’écriture, la raison et les dieux, Paris, Gallimard, 1987). L’astrologie – tant décriée aujourd’hui comme une forme d’irrationnel et de pensée magique préscientifique – correspond historiquement aux premières manifestations de la pensée scientifique. Signalons aussi, pour l’histoire de la divination antique, l’ouvrage dirigé par Jean-Pierre Vernant, Divination et Rationalité, Paris, Seuil, 1974, dans lequel on retrouve une contribution de Bottero. Pour l’histoire de l’astrologie à la Renaissance, on se reportera aux travaux d’Eugenio Garin (Moyen Âge et Renaissance, Paris, Gallimard, 1969 ; Le Zodiaque de la vie : polémiques antiastrologiques à la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 1991). Pour la France moderne l’ouvrage de Hervé Drévillon est incontournable [Lire et écrire l’avenir : l’astrologie dans la France du Grand Siècle (1610-1715), Seyssel, Champ Vallon, 1996]. Cette étude, qui prend en compte l’évolution récente des travaux sur l’astrologie en histoire des sciences et des mentalités, permet de comprendre pour quelles raisons culturelles et politiques – et non pas scientifiques – l’astrologie a été disqualifiée au xviie siècle. Dès qu’il s’agit de la place de l’astrologie chez les fondateurs de la science moderne, les travaux en français se font rares, à l’exception notable de l’étude classique de Gérard Simon sur Kepler (Kepler astronome astrologue, Paris, Gallimard, 1979) qui déploie tout de même des trésors d’analyse pour séparer l’astrologie et l’astronomie keplérienne, parce qu’elles ne relèveraient pas, selon l’historien, des mêmes catégories cognitives. Autre exception notable : Pierre Thuillier, « Le temps des astrologues », L’Histoire, n° 55, avril 1983. Pierre Thuillier y prône une attitude nuancée qui tienne compte de l’histoire des débats qui ont entouré cette discipline considérée naguère comme un savoir légitime. Et lorsque certains travaux de langue anglaise sur l’histoire des ramifications contemporaines de la discipline sont traduits, c’est pour paraître chez un éditeur ou dans des collections d’ésotérisme et passer ainsi totalement inaperçus de la critique. C’est le cas de l’important ouvrage de Ellic Howe, Le Monde étrange des astrologues, qui traite notamment de la place de l’astrologie pendant la guerre [Paris, Robert Laffont (« Les énigmes de l’univers »), 1968]. C’est aussi le cas d’un livre regroupant des essais de Patrick Curry, N. Campion et Jacques Halbronn, La Vie astrologique il y a cent ans, Paris, Guy Trédaniel /La Grande Conjonction, 1995. Jacques Halbronn est un astrologue devenu historien de sa discipline. On lui doit d’intéressantes contributions à l’histoire de l’astrologie au XXe siècle, notamment : La Vie astrologique, années trente-cinquante : de Maurice Privat à Dom Néroman, Paris, Guy Trédaniel/La Grande Conjonction, 1995. Patrick Curry est l’auteur ou le compilateur d’études d’histoire des sciences sur l’astrologie (notamment Astrology, Science and Society : Historical Essays, Woodbridge, The Boydell Press, 1987). Dans le domaine de l’épistémologie, signalons l’ouvrage de Paul Feyerabend, Dialogues sur la connaissance, Paris, Seuil (« Science ouverte »), 1996. Dans ce dynamique dialogue imaginaire, le célèbre philosophe défait les arguments rationalistes opposés à l’astrologie. Le lecteur n’en devient pas pour autant partisan de l’astrologie mais saisit mieux les nuances qu’il convient d’apporter à la discussion lorsqu’il s’agit de traiter de la scientificité des savoirs. L’épistémologie de Karl Popper utilise souvent l’astrologie comme exemple de discours imperméable à la critique et formulé de telle façon qu’il ne se prête pas à la réfutation. En réponse aux arguments de Popper, Thomas Kuhn montre, dans un article intitulé « Logique de la découverte ou psychologie de la recherche ? » (dans La Tension essentielle, Paris, Gallimard, 1990), que l’astrologie est moins non scientifique qu’on le croit ; il compare notamment, pour une même époque, la façon dont deux savoirs aussi fragiles au départ, astrologie et météorologie, ont abouti à l’exclusion de l’un et à l’admission de l’autre au sein des sciences. Indice clair du fait que l’exclusion de l’astrologie est certainement due à des arguments autres que scientifiques. Nostradamus Nostradamus s’est vu consacrer un certain nombre d’études érudites depuis une vingtaine d’années mais on notera avec intérêt que ces études ont débuté dans le cadre d’associations d’amateurs où se côtoyaient des universitaires, des érudits et des auteurs de livres ésotériques comme Serge Hutin. Ainsi de la série des Cahiers Nostradamus, dirigée par Michel Chomarat (six numéros parus entre 1984 et 1988, publiés par l’association des Amis de Nostradamus). Signalons toute une série d’études écrites par des amateurs érudits ou par des universitaires et qui permettent de replacer Nostradamus dans son contexte. - Amadou (Robert) éd., L’Astrologie de Nostradamus, Poissy, ARRC. Très intéressante collection de travaux consacrés à Nostradamus avec notamment la traduction française de lettres adressées au médecin-astrologue ou rédigées par lui pour ses clients (publiées en latin par Jean Dupèbe, Nostradamus, lettres inédites, Genève, Droz, 1983). Malheureusement diffusé de façon confidentielle. - Benazra (Robert), Répertoire chronologique nostradamique (15451989), Paris, La Grande Conjonction / Guy Trédaniel, 1990. Ce livre de près de sept cents pages recense les nombreuses rééditions des prophéties de Nostradamus et les ouvrages consacrés au célèbre astrophile entre 1555 et 1989. Incontournable. - Brind’amour (Pierre), Nostradamus astrophile, Ottawa-Paris, Presses de l’université d’Ottawa / Éditions Klincksieck, 1993. L’historien québécois, trop tôt disparu, restitue la place de Nostradamus dans le contexte du travail de l’astrologue du xvie siècle. - Chevignard (Bernard), Présages de Nostradamus, Paris, Seuil, 1999. Nostradamus n’est pas simplement l’auteur des Prophéties. Il a aussi rédigé des présages dans le cadre de ses almanachs et pronostications annuels. Recueillis en 1589 par Jean-Aimé de Chavigny, le secrétaire de Nostradamus, ils sont aujourd’hui réédités et accompagnés d’une analyse très sérieuse de Bernard Chevignard. - Chomarat (Michel), avec la collaboration de Laroche (Jean-Paul), Bibliographie Nostradamus, Baden-Baden & Bouxwiller, Éditions Valentin Koerner, 1989. Le spécialiste lyonnais et collectionneur de documents nostradamiques, Michel Chomarat, y établit une liste de plus de quatre cents éditions des différents ouvrages de Nostradamus parus entre le xvie et le xviiie siècles. Difficile à se procurer et d’un coût prohibitif mais indispensable. - Chomarat (Michel), Dupèbe (Jean) et Polizzi (Gilles), Nostradamus ou le savoir transmis, Lyon, Éditions Michel Chomarat, 1997. Une série d’études sérieuses sur le mage et tout particulièrement une estimation du contenu de la bibliothèque de l’astrophile. - Dumézil (George), « … Le moine noir en gris dedans Varennes » : sotie nostradamique…, Paris, Gallimard, 1984. Exercice de « physique seconde » à propos du quatrain des Prophéties censé évoquer la fuite de Louis XVI à Varennes par le célèbre spécialiste des études indo-européennes. - Halbronn (Jacques), Prophetica Judaica Aleph : documents inexploités sur le phénomène Nostradamus, Feyzin, Éditions Ramkat, 2002. Cette étude importante et controversée de Halbronn est suivie d’une série de « documents nostradamiques » tels que les Trois épitres pour l’An 1557 de Nostradamus, Les Prophéties dédiées à la puissance divine d’Antoine Crespin, dit Archidamus ou encore les Prophéties présentées au Roy Henry le Grand par Noël Léon Morgard. - Leroy (Edgar), Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre. Nouvelle édition corrigée et annotée, Marseille, Laffitte Reprints, 1999. - Prévost (Roger), Nostradamus, le mythe et la réalité : un historien au temps des astrologues, Paris, Robert Laffont, 1999. Alchimie On peut faire sur l’alchimie les mêmes remarques que sur l’astrologie : respectable sous sa forme historique, elle est méprisée sous sa forme actuelle. Le gros volume dirigé par Michel Blay et Robert Halleux (La Science classique. xvie-xviie siècles : dictionnaire critique, Paris, Flammarion, 1998) contribue à changer un peu les mentalités mais, à lire certaines de ses contributions, on se demande s’il s’agit d’un mouvement volontaire ou contraint. En effet, lorsqu’ils évoquent le rôle de l’alchimie dans l’œuvre de savants comme Newton, un sujet qui a émergé après la publications de l’article célèbre de John Maynard Keynes (voir infra) et de travaux comme ceux de Teeter Dobbs, les auteurs ne manquent pas d’expliquer que ces faits étaient connus depuis longtemps. Mais pourquoi alors avoir tant tardé à le dire ? Il existe de nombreuses études en français sur l’histoire de l’alchimie, pour la plupart assez anciennes. Mais si l’on veut échapper au cliché d’une histoire de la chimie pensée comme une rationalisation de l’alchimie on se reportera au livre de Bernadette Bensaude-Vincent et Isabelle Stengers, Histoire de la chimie, Paris, La Découverte, 1993. Pour des études de cas, voir Bernadette Bensaude-Vincent, Lavoisier, Mémoires d’une révolution, Paris, Flammarion, 1993, et Michel Bougard, La Chimie de Nicolas Lemery, Turnhout, Brepols, 1999. L’image choquante pour nous d’un Newton alchimiste, longtemps cachée, a pourtant éclaté après-guerre grâce au rachat par l’économiste John Maynard Keynes d’une collection de manuscrits alchimiques de Newton, rachat suivi de la publication d’un article retentissant en anglais mais ignoré ici. Grâce à la revue Alliage, fondée par Jean-Marc Lévy-Leblond, un des rares physiciens français à prendre au sérieux l’histoire sociale des sciences et les épistémologues contestataires comme Feyerabend, l’article de Keynes est aujourd’hui disponible en français : « Newton le dernier des alchimistes », Alliage, n° 22, printemps 1995. On décrit souvent Isaac Newton comme « le plus grand et le premier scientifique des Temps modernes ». Et s’il avait plutôt été le dernier des représentants d’une vision du monde préscientifique, le dernier magicien ? Ce texte remet en fait en question de façon efficace notre vision du progrès scientifique partagée entre les Lumières et l’obscurantisme. Newton appartenait aux deux mondes. Un intéressant article d’Isabelle Stengers sur Newton (« Newton redécouvert », dans La Mort de Newton, Paris, Maisonneuve et Larose, 1996, p. 133-143) permet de récapituler le débat qui oppose les historiens autour de l’alchimie de Newton. On dispose aussi désormais de la biographie monumentale de Westfall qui révolutionne les connaissances sur Newton [Westfall (Robert N.), Newton, Paris, Flammarion, 1994], et à laquelle on peut ajouter : Verlet (Loup), La Malle de Newton, Paris, Gallimard, 1993. Il s’agit de la fameuse malle rachetée par John Maynard Keynes et dans laquelle se trouvaient les manuscrits alchimiques de Newton. Dans un scénario écrit pour une fiction télévisée, qui n’a jamais été tourné, Isabelle Stengers imagine les raisons profondes de la dispute entre Newton et Leibniz (La Guerre des sciences aura-t-elle lieu ? Scientifiction, Paris, Les Empêcheurs de penser en rond / Seuil, 2001). Il n’existe rien en français sur la sociologie ou l’anthropologie de l’alchimie. Personne n’a pris la peine d’étudier ces milieux très secrets et d’en faire une ethnographie. Seule exception, un petit article de Pierre Thuillier, « Petit vade-mecum de l’alchimiste du xxe siècle », La Recherche, n° 29, décembre 1972. L’historien Pierre Thuillier présente l’alchimie telle qu’elle a survécu dans notre xxe siècle, loin du moment historique où elle était une forme de connaissance légitime. Ce n’est pas d’hier. Histoire parallèle et archéologie fantastique Le domaine des histoires et archéologies parallèles offre un champ d’étude vaste et riche. Pourtant, lorsque les historiens s’y intéressent c’est plus pour défendre leur discipline contre les pseudo-historiens que pour faire l’histoire sociale de ces courants. Mais, comme le remarquait Daniel Milo à propos de la question de l’an mil, les sujets comme l’Atlantide ou les pistes de Nazca sont des sujets pour le sociologue ou l’historien du monde contemporain et non pour l’archéologue ou l’historien de l’Antiquité. La première étude en français qui prenne au sérieux les thèses des archéologues parallèles est celle de Wiktor Stoczkowski, Des hommes, des dieux et des extraterrestres : ethnologie d’une croyance moderne, Paris, Flammarion, 1999. On pourra y ajouter une étude antérieure : Stoczkowski (Wiktor), « Origines de l’homme : quand la science répète le mythe », La Recherche, n° 244, juin 1992. Sur l’imaginaire archéologique, voir enfin : Poulot (Dominique) et Voisenat (Claudie) dirs., L’Imaginaire archéologique, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, à paraître. Parmi les nombreux thèmes qui relèvent d’une archéologie parallèle, prenons l’exemple de l’Atlantide. L’existence supposée de ce continent disparu a suscité de nombreux commentaires s’agissant de Platon, mais beaucoup moins concernant les controverses contemporaines, les auteurs étant surtout occupés à découvrir le noyau des faits sous la légende, trait commun aux passionnés d’archéologie fantastique comme aux archéologues « officiels ». Exception notable, les travaux de l’historien Pierre Vidal-Naquet, et notamment son livre L’Atlantide (Paris, Les Belles Lettres, 2005). On pourra consulter aussi quelques autres études de l’historien parues dans Le Chasseur noir (Paris, La Découverte, 1991 [Paris, Maspero, 1981]) ou dans La Démocratie grecque vue d’ailleurs : essais d’historiographie ancienne et moderne (Paris, Flammarion, 1990). Signalons enfin : « Le mythe de l’Atlantide », L’Histoire, n° 111, mai 1988. Dans cet entretien, Pierre Vidal-Naquet révèle un aspect insolite de son travail : son intérêt pour l’Atlantide. Occasion pour l’historien de discuter les rapports entre science et idéologie à travers l’usage nationaliste de la légende platonicienne. Plus récemment, un livre de Chantal Foucrier, Le Mythe littéraire de l’Atlantide 1800-1939 : l’origine et la fin, Grenoble, Ellug, 2004, vient combler une lacune. À propos du catharisme Sur l’exemple du catharisme, on trouvera quelques pistes de recherche dans une série de travaux consacrés aux réécritures de l’histoire du catharisme. - Catharisme : l’édifice imaginaire, Actes du 7e colloque du Centre d’études cathares / René Nelli, Carcassonne, 29 août-2 septembre 1994. Présentés par Jacques Berlioz et Jean-Claude Hélas, Heresis, « collection d’histoire des dissidences ». - Cathares : au-delà des mystères…, Nice, Éditions SPH, 2003 (sous la direction du magazine Les Temps médiévaux). Il s’agit en fait de la reprise d’une partie des articles parus dans les actes du colloque « Catharisme : l’édifice imaginaire ». - « Historiographie du catharisme », Cahiers de Fanjeaux, n° 14, Toulouse, Éditions Privat, 1979. - Martel (Philippe), Les Cathares et l’histoire : le drame cathare devant les historiens (1820-1992), Toulouse, Privat, 2002. Anomalies scientifiques Dans le domaine de la sociologie des sciences, les études ont moins porté sur les parasciences, sur des disciplines aux marges de la science, que sur les phénomènes rejetés, les anomalies scientifiques, et la question de leur rejet ou non hors des sciences. Dans ce domaine, il faut mentionner les études du sociologue américain Ron Westrum, pionnier du domaine : « Social Intelligence About Anomalies : The Case of UFOs », Social Studies of Science, vol. 7, 1977, p. 271-302 ; « Science and Social Intelligence About Anomalies : The Case of Meteorites », Social Studies of Science, vol. 8, 1978, p. 462-486 ; « Knowledge About Seaserpents » dans Wallis (Roy) ed., On the Margins of Science : The Social Construction of Rejected Knowledge, op. cit., p. 293-314 ; « Sasquatch and Scientist : Reporting Scientific Anomalies », dans Halpin (Marjorie) et Ames (Michael M.), Manlike Monsters on Trial : Early Records and Modern Evidence, Vancouver / London, University of British Columbia Press, 1980, p. 27-36 ; « Social Intelligence About Hidden Events : Its Significance for Scientific Research and Social Policy », Knowledge : Creation, Diffusion, Utilization, vol. 3, n° 3, March 1982, p. 381-400. Parmi les phénomènes étranges, citons également les combustions spontanées. Signalons l’une des rares études ethnologiques sur ce sujet (la seule ?) : Voisenat (Claudie), « Feux d’entrailles : alcool, corps-alambic et combustions spontanées », Terrain, n° 19, octobre 1992, p. 17-38. Parapsychologie Une « parascience » a suscité plus d’études que d’autres, il s’agit de la parapsychologie. La raison en est simple : il ne s’agit pas, malgré ce que voudraient laisser croire les auteurs rationalistes, d’une parascience – donc constituée en marge des sciences acceptées –, mais d’une discipline scientifique, c’est-à-dire disposant de chercheurs, de laboratoires, de publications, de colloques, d’une association membre de l’AAAS. Les controverses dont elle est l’objet ne sont d’ailleurs pas à proprement parler scientifiques mais reflètent les débats qui l’opposent à des milieux rationalistes, plus proches par leur façon de fonctionner des groupes d’action citoyenne que des institutions savantes. Ainsi, les scientifiques qui interviennent contre la parapsychologie ne le font-ils pas en tant que chercheurs mais en tant que rationalistes, militants, citoyens. Avant de donner des références consacrées à cette discipline, rappelons l’un des travaux importants pour resituer ce domaine par rapport à l’histoire de la psychologie et de la psychiatrie : Ellenberger (Henri), Histoire de la découverte de l’inconscient, Paris, Fayard, 1993. - Collins (Harry M.) et Pinch (Trevor J.), Frames of Meaning : The Social Constuction of Extraordinary Science, London, Routledge & Kegan Paul, 1982. - Collins (Harry M.) et Pinch (Trevor J.), « En parapsychologie, rien ne se passe qui ne soit scientifique », dans Callon (Michel) et Latour (Bruno) éd., La Science telle qu’elle se fait, op. cit., p. 297-343. - Edelman (Nicole), Voyantes, guérisseuses et visionnaires en France, 1785-1914, Paris, Albin Michel, 1995. - Méheust (Bertrand), Somnambulisme et médiumnité, 2 vol., Le Plessis-Robinson / Paris, Institut Synthélabo pour le progrès de la connaissance / Seuil, 1998 (Les Empêcheurs de penser en rond), op. cit. - Pinch (Trevor J.), « Normal Explanations of the Paranormal : The Demarcation Problem and Fraud in Parapsychology », Social Studies of Science, vol. 9, 1979, p. 329-348. - Pinch (Trevor J.) et Collins (Harry M.), « Private Science and Public Knowledge : the Committe for the Scientific Investigation of the Claims of the Paranormal and Its Use of the Literature », Social Studies of Science, vol. 14, n° 4, November 1984, p. 521-546. - Stengers (Isabelle), « Conditions pour une histoire », Ethnologie française, vol. 23, 1993 (spécial « Science-parascience »). Quelles sont les conditions posées par la science pour cesser de discuter la question de la réalité des phénomènes parapsychologiques ? Et quelles sont les conditions réelles qui pourraient conduire à mettre fin à cette contestation de la réalité ? - Wallis (Roy) ed., On the Margins of Science : The Social Construction of Rejected Knowledge, op. cit. - Wallis (Roy), « Science and Pseudoscience », Social Science Information, vol. 24, n° 3, September 1985, p. 585-601. Ovnis Les controverses sur les ovnis ont suscité aussi quelques études. Tout d’abord, une bibliographie indispensable : Eberhart (George M.), UFOs and the Extraterrestrial Contact Movement : A Bibliography, 2 vol., Metuchen, N.J. & London, The Scarecrow Press, 1986 (les thèses, les articles de sociologie, etc., y sont recensés. Au total plus de quinze mille références). La première étude sociologique sur le phénomène, ou tout au moins l’étude pionnière, est celle de Robert Hall, ancien directeur du département de sociologie de l’University of Illinois. Elle a paru sous la forme d’un chapitre de l’ouvrage sur les ovnis publié sous la direction de Carl Sagan et Page Thornton, UFO’s : A Scientific Debate, Ithaca, N.Y., Cornell University Press, 1972 (réed. : New York, W.W. Norton & Company, 1974). Il s’agit des actes d’un colloque de l’American Association for the Advancement of Science (Association américaine pour l’avancement des sciences) qui s’est tenu à Boston en 1969. Un autre ouvrage, dirigé par Richard F. Haines, UFO Phenomena and the Behavioral Scientist, (Metuchen, NJ, The Scarecrow Press, 1979), comprend notamment des études de sociologues, dont celles de Westrum déjà citées. Je me permets de renvoyer à quelques-uns de mes propres travaux sur ce sujet : Lagrange (Pierre), « Enquêtes sur les soucoupes volantes », Terrain, n° 14, mars 1990, p. 92-112 ; « L’affaire Kenneth Arnold », Communications, n° 52, octobre 1990, p. 283-309 ; « La science et l’irrationnel, le cas des ovnis », dans L’État des sciences et des techniques, Witkowski (Nicolas) dir., Paris, La Découverte, 1991, p. 112-114. Médecines parallèles La délicate question des médecines parallèles a suscité quant à elle de nombreuses études qui se sont surtout concentrées sur les médecines traditionnelles « populaires ». On retiendra, dans une abondante bibliographie, quelques travaux récents : - Nathan (Tobie) et Stengers (Isabelle), Médecins et sorciers, manifeste pour une psychopathologie scientifique : le médecin et le charlatan, Le Plessis-Robinson, Synthélabo, 1995 (Les Empêcheurs de penser en rond). Tobie Nathan a publié plusieurs ouvrages chez Odile Jacob. L’Influence qui guérit vient de reparaître en poche. - Pignarre (Philippe), Les Deux médecines : médicaments, psychotropes et suggestion thérapeutique, Paris, La Découverte, 1995. - Zimmerman (Francis), Généalogie des médecines douces : de l’Inde à l’Occident, Paris, PUF, 1995. Sur un thème un peu décalé, celui de la mémoire de l’eau, l’une des meilleures analyses est due à un journaliste scientifique : de Pracontal (Michel), Les Mystères de la Mémoire de l’eau, Paris, La Découverte, 1990. Les rationalistes Il reste un thème lié à celui des parasciences qui n’est pas étudié, c’est celui des rationalistes. Comment peut-on étudier les controverses sur les parasciences sans décrire le rôle des rationalistes et leur épistémologie, leur « logique de la recherche scientifique » ? L’étude la plus remarquable sur la logique du discours rationaliste est sans doute celle de Trevor J. Pinch et Harry M. Collins, « Science privée et connaissance publique : le csicop et son usage de la littérature », dans Ethnologie française « Science-parascience : preuves et épreuves », septembre 1993. Lorsqu’ils contestent les parapsychologues et les astrologues, les rationalistes font appel à une rhétorique de la science très efficace. Ils évoquent notamment cette extraordinaire méthode scientifique qui, à partir d’un test, permet de valider ou d’invalider les théories (para) scientifiques. Mais que se passerait-il si, au lieu de se contenter d’en parler, les rationalistes devaient mettre en pratique leur définition de la science ? Il se passerait ce qui est arrivé aux rationalistes américains qui ont cru que leur discours sur la méthode était le reflet de la vraie vie des sciences. Dans ce texte unique en son genre, Pinch et Collins décrivent et analysent les déboires des rationalistes qui ont cru naïvement que la science fonctionnait comme dans les manuels. L’historienne et philosophe Bernadette Bensaude-Vincent a consacré un ouvrage à l’un des fondateurs du rationalisme contemporain, Paul Langevin. (Langevin : science et vigilance, Paris, Belin, 1987). Le Nouvel Âge Le phénomène du Nouvel Âge a suscité des études dès son apparition, tant et si bien qu’on ne sait plus parfois si ces études ont analysé le problème ou contribué à le produire (comme le célèbre livre de Marilyn Ferguson). Il est aussi souvent difficile de faire la différence chez un même auteur entre la posture du sociologue et celle d’acteur des controverses. Ainsi, en France, le seul ouvrage un peu synthétique sur le Nouvel Âge est-il dû à l’ancien porte-parole de l’épiscopat, Jean Vernette. Là encore, on note une nette différence entre le domaine français et les études de langue anglaise. En France, les travaux sont rares sur ces sujets ou bien se concentrent sur la question des sectes. - Cox (Harvey), L’Appel de l’Orient, Paris, Seuil, 1979. op. cit. - Durand (Jean-Yves), « Des Lumières aux “illuminés” ? Le regain des ésotérismes », dans Bromberger (Christian) dir., Passions ordinaires : du match de football au concours de dictée, Paris, Bayard éditions, 1998, 499-521. - Eliade (Mircea), « L’occulte et le monde moderne », dans Eliade (Mircea), Occultisme, sorcellerie et modes culturelles, Paris, Gallimard, 1978, p. 65-92. - Hanegraaf (Wouter J.), « Nouvel Âge », dans Servier (Jean), Dictionnaire critique de l’ésotérisme, op. cit., p. 942-946. - Hanegraaf (Wouter J.), New Age Religion and Western Culture : Esotericism in the Mirror of Secular Thought, Leyde / New York / Cologne, Royal E.J. Brill, 1996. - Kerr (Howard) et Crow (Charles L.) eds., The Occult in America : New Historical Perspectives, Urbana / Chicago, University of Illinois Press, 1986. - Melton (J. Gordon), compiled by, Magic, Witchcraft, and Paganism in America : a Bibliography, New York & London, Garland Publishing, Inc., 1982. - Melton (J. Gordon), compiled by, Bibliographical Dictionary of American Cult and Sect Leaders, New York & London, Garland Publishing, Inc., 1986. - Melton (J. Gordon), compiled by, Encyclopedic Handbook of Cults in America, New York & London, Garland Publishing, Inc., 1986. - Tiryakian (Edward A.) ed., On the Margin of the Visible : Sociology, the Esoteric, and the Occult, New York, John Wiley & Sons, 1974. - Truzzi (Marcello), « The Occult Revival as Popular Culture : Some Random Observations on the Old and the Nouveau Witch », The Sociological Quarterly, vol. 13, n° 1972, p. 16-36. - Vernette (Jean), Le New Age, Paris, PUF, 1993. - Wallis (Roy) ed., On the Margins of Science : The Social Construction of Rejected Knowledge, op. cit. Les sectes Le phénomène des sectes ou des nouveaux mouvements religieux est aussi le sujet d’une bibliographie abondante. On retiendra ici quelques titres parmi les plus importants. - Wilson (Brian R.), Les Sectes religieuses, Paris, Hachette, 1970. Dans cet ensemble vaste, un certain nombre de travaux ont été consacrés aux « contactés » : - Festinger (Leon), Riecken (Henry W.) et Schachter (Stanley), When Prophecy Fails, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1956. Tr. fr. : L’Échec d’une prophétie, op. cit. Les travaux de Balch et Taylor ont connu un grand retentissement au moment de leur première publication. Ils avaient étudié de l’intérieur le groupe de Bo et Peep qui est devenu tristement célèbre au moment du suicide collectif de ses membres lors du passage de la comète Hale-Bopp. - Balch (Robert W.) et Taylor (David), « Seekers and Saucers : The Role of the Cultic Milieu in Joining a UFO Cult », American Behavioral Scientist, vol. 20, n° 6, July-August 1966, p. 839-860. - Balch (Robert W.) et Taylor (David), « Le culte des ovnis », Psychologie, n° 85, février 1977, p. 35-38, 40-41. D’autres chercheurs se sont penchés sur les contactés. C’est le cas de David Stupple, de Roy Wallis et de David Swift, de l’université de Hawaï qui s’est à la fois intéressé aux contactés et à la sociologie des chercheurs impliqués dans le programme Seti (Search for extraterrestrial intelligence). - Stupple (David) et McNeece (William), « Contactees, Cult, and Culture », MUFON Symposium Proceedings, 1979, p. 47-61. - Stupple (David) et Dashti (Abdollah), « Flying Saucers & Multiple Realities : A Case Study in Phenomenological Theory », Journal of UFO Studies, vol. 2, 1980, p. 21-32. - Swift, (David W.), « Scientist’s Selection of New Research Topics : UFOs vs SETI », Journal of UFO Studies, vol. 3, 1983, p. 62-75. - Wallis (Roy), « The Aetherius Society : A Case Study in the Formation of a Mystagogic Congregation », The Sociological Review, vol. 22, n° 1, 1974, p. 27-44. - Wallis (Roy), The Road to Total Freedom : A Sociological Analysis of Scientology, New York, Columbia University Press, 1977. Il faut rajouter à cette liste le nom de Marcello Truzzi qui s’est penché sur le phénomène de l’Occult Revival des années soixante. - Truzzi (Marcello) ed., Sociology and Everyday Life, Englewood Cliffs, N.J., Prentice Hall, 1968. - Truzzi (Marcello), « The Occult Revival as Popular Culture : Some Random Observations on the Old and the Nouveau Witch », The Sociological Quarterly, vol. 13, n° 1972, p. 16-36. Texte repris dans Tiryakian (Edward A.) ed., On the Margin of the Visible : Sociology, the Esoteric, and the Occult, New York, John Wiley & Sons, 1974, op. cit. J. Gordon Melton a apporté à ce domaine sa connaissance encyclopédique des mouvements religieux contemporains. - Melton (J. Gordon), compiled by, Magic, Witchcraft, and Paganism in America : a Bibliography, op. cit. - Melton (J. Gordon), compiled by, Bibliographical Dictionary of American Cult and Sect Leaders, op. cit. - Melton (J. Gordon), compiled by, Encyclopedic Handbook of Cults in America, op. cit. Ces auteurs définissent donc un champ qui couvre les pratiques spirituelles issues de la modernité. Sur l’ésotérisme au xxe siècle Nous avons donné plus haut un certain nombre de références de travaux français consacrés à l’histoire de l’ésotérisme. Il existe bien sûr de nombreux travaux en langue anglaise. Voici deux titres dus à un érudit amateur, James Webb, documentés mais critiques : The Flight From Reason, London, MacDonald, 1971 (volume I of The Age of the Irrational) ; The Occult Establishment, Glasgow, Richard Drew Publishing, 1981 (volume II of The Age of Irrational). Une partie de ces travaux concerne l’histoire des liens supposés entre nazisme et occultisme. C’est Le Matin des magiciens qui a popularisé l’idée mais elle remonte avant-guerre (notamment au petit livre de Saby). Nicholas Goodrick-Clarke a écrit un ouvrage important sur ce thème, Les Racines occultistes du nazisme, (Puiseaux, Pardès, 1989, trad. française de The Occult Roots of Nazism, Londres, Aquarian Press, 1985), qui contient un appendice consacré à la littérature qui a fleuri à partir du Matin des magiciens. L’édition allemande comporte en outre une annexe bibliographique très complète due à Hans Thomas Hakl, qui recense les sources liées à la connexion nazisme-occultisme. Cette annexe a été traduite en anglais par Goodrick-Clarke et publiée sous le titre : Unknown Sources : National Socialism and the Occult (Edmond, Wa, Holmes Publishing Group, 2000). En France, conformément à la règle que nous avons énoncée au début, ce travail universitaire à été ignoré par les éditeurs académiques. Il a donc été publié dans une édition par ailleurs très soignée, chez un éditeur d’extrême droite, Pardès. Signalons enfin, de Jocelyn Godwin, l’ouvrage intitulé Arktos. Le mythe du pôle dans les sciences, le symbolisme et l’idéologie nazie, Milan, Archè, 2000. Notes de bas de page 1 Le terme « pseudoscience » renvoie en fait le plus souvent aux savoirs qui ont précédé l’apparition de la science expérimentale au xviie siècle, autrement dit la philosophie occulte. C’est la revue d’histoire des sciences Isis qui regroupe ces domaines sous l’expression « pseudosciences ». 2 Voir chapitre I. Auteur Pierre Lagrange