mercredi 10 juin 2026

jacques halbronn Réflexions sur l’article nostradamologique de Gilles Polizzi (1998)

jacques halbronn Réflexions sur l’article nostradamologique de Gilles Polizzi (1998) Il arrive que des textes défendant des approches sensiblement différentes du corpus Nostradamus cohabitent au sein d’Actes de Colloque ou dans une même revue, à quelques années d’intervalle. Cela aura été le cas entre nous et Patrice Guinard, dans la revue Française du Livre, entre 2008 et 2011 et cela l’avait été en 1998, entre nous et Gilles Poilizzi dans le volume ‘ »Formes du millénarisme en Europe à l’aube des temps modernes » ( Colloque de Marseille, Ed Champion 2001), ce dernier signant un texte initulé Le thème millénariste dans les prophétries de Nostradamus » aloss que le notre titrait » Pierre du Moulin et le thème du pape Antéchrist ». L’on pourrait également signaler le décalage dans les Actes du Colloque « Prophétes et prophéties » ( Paris 1997 Ed. ENS 1998) entre nous (Les prophéties et la Ligue) et Michel Chomarat. Dans le présent texte, nous n’opposerons pas nos deux textes de 1998 mais le texte de Polizzi de l’époque – l’auteur ayant pu évoluer entre temps- et nos positions actuelles, 28 ans plus tard. Mais déjà en 2002, dans Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Ed Ramkat, Feyzin)nous apporterions de nouveaux éléments sur la genése de l’Epitre à Henri II.Le thème de l’Antéchrist est d’ailleurs devenu central dans notre approche du corpus centurique au vu de l’Epitre de Nostradamus au pape Pie IV. Nous avions d’ailleurs publié en 1991, une étude dans la revue Renaissance, Humanisme Réforme (RHR), organisatrice du Congrès de Marseille, qui traitait déjà de la relation entre Nostradamus et le souverain pontife. » Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus. (1561) » Polizzi signale « Pour qu’il y ait imitation et contrefaçon, il faut bien qu’il y ait eu au préalable une matière à altérer et une technique à imiter ». répliquant ‘p; 435)à notre communication de l’année précédente. Polizzi semble tout ignorer de l’Epitre au Roi en tête des Présages Merveilleux pour 1557 (que nous reproduirons en 2002, 4 ans après le dit Colloque) , document aimablement fourni par Ruzo, dont nous avions fait la connaisance en 1985 lors d’un Colloque tenu à Salon de Provence. Tout comme il n’a pas connaissance de l’Epitre de Nostradamus à Pie IV (traduite en italien) et qui fixe l’année 1567 comme liée à l’Antéchrist. Pourtant cette Epitre avait été reproduite au début du XXe siècle. »; Manuscrit Inedit De Nostredame Dedie Au Pape Pie Iv .Magdebourg, Sub St Michaelis Invoc 1906). Selon nous (cf notre post doctorat, 2007 sur Giffré de Réchac et la naisssance de la critique nostramique au XVIIe siècle, EPHE Ve section), il faut chercher l’origine des quatrains (en vers) dans les prédictions annuelles en prose, y compris des introductions en prose aux Centuries. D’ailleurs Polizzi cite un quatrain de la Centurei VIII relatif à l’Antéchrist qui fait écho à la dite Epitre au pape. Le quatrain de la Centurie VIII joue sur le mot » Macelin » figurant dans l’epitre à Pie IV, ce qui nous a conduit à penser que le second volet des Centuries avait été introduit initialement par la dite Epitre à Pie iV et non par une Epitre à Henri II retouchée de celle de 1556 et redatée de 1558. En fait, la plupart des références signalées par Brind’amour – mais il faudrait aussi parler du travail de Chantal Liaroutzos, paru dans RHR, à propos des emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne- ne sont pas le fait de Nostradamus mais de faussaires chargés de produire des quatrains à la châine, au prix de plagiats que l’on ne saurait attribuer au dit Michel de Nostredame. Ces emprunts à une littérature antérieure au temps de Nostradamus, sont en fait l’oeuvre du Zeitgeist de la Ligue. Ces faussaires auront d’ailleurs été victimes des précédents faussaires du vivant de Nostradamus(comme signalé par M. Chomarat dans sa Bibliographie Nostradamus de 1989), de sorte que la vignette ornant les prétendues premières éditions centuriques (1555; 1557) reprend une vignette des almanachs pirates. En ce qui concerne la Préface à César dont on pourrait penser qu’elle a été pastichée par Antoine Couillard dans ses « Prophéties », il convient d’adopter l’hypothèse suivante, à savoir qu’elle n’introduisait pas le premier volet des Centuries mais un texte disparu tout comme l’EPitre à Henrii II s’inspirait d’une épitre de Nostradamus mais retrouvée en tête d’un texte sans rapport avec les Centuries.. Il nous faut, pour conclure, dire quelques mots sur notre propre communication de 1998 largement centrée en fait sur l’EPitre à Henri II. Nous y insistions sur le fait que les Centuries avaient été instrumentalisées par les camps en présence, sous la Ligue; Rappelons qu’en 1997, nous avions épinglé le quatrain IV, 46, impacté par la situation politique de la période en question, Garde toi Tours de ta proche ruine, ce quatrain se retrouvant dans l’édition Macé Bonhomme 1555, ce qui vient confirmer son antidatation anachronique. Nous insistions sur le clivage religieux entre Catholiques et Réformés, qui impacte les volets et leurs lieux de publication et sur l’interprétation à donner dans l’Epitre à Henri II à l’annonce de « persécutions de l’Eglise Chrétienne. » JHB 10 06 26

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