Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
jeudi 27 août 2026
jacques halbronn Linguistique. Les relations franco-latines.
jacques halbronn Linguistique. Les relations franco-latines. Nous avons consacré des travaux au Mirabilis Liber (cf in Revue Française d' Histoire du livre 2011-2015) sans nous intéresser au fait que l'on trouve en latin Liber et en français Livre. Tout au long de l'histoire de la langue française, l'amuïssement a joué un rôle extrêmement important, davantage encore que dans les autres langues romanes, qui ont globalement mieux conservé leur consonantisme. La plupart des mots étant accentués sur la syllabe pénultième en bas-latin, la dernière syllabe est le plus souvent amuïe en français. Ce processus rend une des raisons du nombre pléthorique de mots français qui contiennent maintenant des lettres muettes, généralement en position finale. Les amuïssements les plus évidents sont ceux qui touchent les accords (-e, -s, -ent, etc.), la graphie actuelle rendant encore compte des lettres anciennement prononcées, qui conservent un rôle capital dans la grammaire et la syntaxe de la langue écrite et, dans une plus faible mesure, de la langue orale, avec le système des liaisons. Cependant, il ne faut pas oublier que les accords furent prononcés pendant des siècles. Par exemple, le e dit "caduc" fut prononcé en position finale jusqu'au XVIe siècle en France mais accentué de manière de plus en plus faible. On prononçait encore, par exemple, "tuée" [tɥeə], à l'époque de Clément Marot (1496-1544). Lors de la Conquête normande de l'Angleterre, au XIe siècle, le s final des désinences casuelles et de nombre et des suffixes était encore prononcé [s]. C'est pourquoi le vocabulaire de l'ancien anglais intègre les mots romans d'origine continentale qui conservent encore le [s] articulé comme dans les pluriels en s, qui ont été tout naturellement assimilés aux pluriels anglo-saxons en -as (nominatif pluriel), et le suffixe d'adjectif -ous (variante de -eus > -eux) conserve encore le [s] final de l'ancien français." Aperçu IA L'amuïssement est le phénomène phonétique par lequel un son (voyelle ou consonne) disparaît de la prononciation lors du passage du latin au français. Ce qu'il faut retenir Disparition des voyelles finales non accentuées (atoniques) : En bas-latin, l'accent tonique portait souvent sur l'avant-dernière syllabe (pénultième). La dernière syllabe s'est donc progressivement amuïe en français (ex. : murum > mur, portam > porte). Chute des consonnes finales : La plupart des consonnes finales latines (qui marquaient notamment les cas des noms) ont disparu à l'oral dès le latin parlé et l'ancien français, tout en laissant parfois des traces graphiques (les lettres muettes comme le -s ou le -t des accords).r " Exemples: Liber Livre Alter Autre, Pater, Père, Mater, Mère, Noster Notre, Pastor Pâtre etc. Nous avons déjà pointé le passage de centre à center, d'autre à other, dans la relation du français à l'anglais. Possible rendu à l'oral de l'anglais possibel. Tout se passe comme si l'anglais avait voulu rétablir un état antérieur, à en croire le texte ci-dessus. Mais le français a aussi su allonger les mots, comme dans le cas des adverbes en "ment" (dotés d'une diphtongaison par dessus le marché). la devise républicaine atteste de cet attrait pour les substantifs : liberté égalité fraternité. Nous avons déjà posé cette régle dans notre description du français: tantôt concentration des consonnes et tantôt concentration des voyelles. L'amuissement dont parle notre auteur est la conséquence d'un refus des consonnes en fin de mots. Ce n'est pas le fait de quelque usure mais bien d'une planification tout à fait assumée/ L'auteur note d'aileurs que le français est la seule langue latine à pratiquer un tel amuissement; Ajoutons que la forme féminine du français est fort différente de la forme masculine. Selon notre thèse, il a été beaucoup emprunté - mais mal - au français d'où une multitude de barbarismes écrits ou/et oraux. Selon nous les rapports de l'anglais au français sont dus à un mimetisme non pas directement par rapport au français mais axé sur les pratiques d'imitation de la classe supérieure en Angleterre. Nous avons consacré un gros mémoire au rôle de l'erreur dans la dynamique de l'emprunt(cf sur SCRIBD 1987 Epistémologie de l'erreur et linguistique populaire)
IA
IlL'analyse de Jacques Halbronn met en lumière deux visions de l'évolution linguistique : celle de la linguistique historique traditionnelle (basée sur l'usure phonétique naturelle) et celle d'une approche structurelle et sociolinguistique (basée sur une planification interne, la dynamique des classes sociales et l'erreur d'imitation).Voici une synthèse structurée des arguments clés de ce texte.1. Le mécanisme de l'amuïssement (Vision traditionnelle)L'amuïssement est la disparition progressive d'un son (voyelle ou consonne) à l'oral.Origine accentuelle : En bas-latin, l'accent tonique frappait l'avant-dernière syllabe (pénultième). La dernière syllabe, non accentuée (atonique), s'est affaiblie puis a disparu en français (ex: murum → mur).Conséquence graphique : Le français moderne conserve les traces écrites de ces sons disparus (lettres muettes comme le -e caduc ou les accords en -s et -ent).Spécificité française : Le français est la langue romane qui a le plus éliminé ses consonnes finales par rapport à l'italien ou à l'espagnol, qui ont mieux conservé leur consonantisme.2. Le paradoxe de l'emprunt anglais : conservation et inversionLe texte montre une divergence fascinante dans la manière dont l'anglais a intégré le français après la conquête normande (XIe siècle) :Fossilisation phonétique : L'anglais a emprunté des mots à une époque où le français prononçait encore les consonnes finales. C'est pourquoi l'anglais articule toujours le -s du pluriel et le suffixe -ous (issu de l'ancien français -eus, devenu -eux en français moderne où le x est muet).Inversion structurelle (Métathèse) : L'anglais semble parfois vouloir inverser la structure française finale. Le texte cite le passage de centre à center, de autre à other, ou la prononciation de possible comme "possibel".3. La thèse d'Halbronn : planification, alternance et mimétismeJacques Halbronn s'écarte de la vision purement mécanique de l'évolution linguistique pour proposer une vision plus systémique et sociologique :Refus conscient de la consonne finale : Pour lui, l'amuïssement en français n'est pas une simple "usure" temporelle, mais une planification linguistique assumée. Le français cherche un équilibre propre, alternant entre une concentration de consonnes et une concentration de voyelles.Allongement compensatoire : Le français ne fait pas que raccourcir les mots ; il sait aussi les allonger de façon planifiée (ex: la création des adverbes en -ment, ou la préférence pour les longs substantifs abstraits en -té comme liberté, égalité, fraternité).Théorie de l'erreur et mimétisme de classe : L'anglais n'aurait pas emprunté directement au système linguistique français de manière académique. Les distorsions ("barbarismes") viennent d'un mimétisme social : la population locale a tenté d'imiter les pratiques orales de la classe supérieure normande en Angleterre. Ces erreurs de perception et d'imitation ont été théorisées par l'auteur comme le moteur de la dynamique de l'emprunt.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire