par Jacques HalBronn
Lors de nos entretiens de novembre 2009 avec des astrologues d'un certain niveau (voir sur teleprovidence, notamment à Lyon, le 13. 11), nous avons pris conscience de l'existence de blocages que l'on pourrait qualifier d'idéologiques.
Il suffit pour faire apparaitre le blocage d'engager la discussion sur le terrain de la centralité, apparemment plus accessible que celui de la cyclicité.
A partir du moment où l'on a du mal à admettre ou à reconnaitre une centralité, au niveau socioculturel, sociopolitique, il est clair, selon nous, que l'on risque de mal vivre la problématique de la cyclicité.
De même, si l'on n'accepte pas l'idée selon laquelle les sociétés sont conduites par des chefs, des leaders entrainant dans leur sillage des populations entières...Rappelons la formule de l'Evangile: "rendons à César ce qui est à César!"
Au niveau même de l'organisation de la communauté astrologique, le refus de reconnaitre une certaine centralité fera aussi problème...
Bien entendu, on l'aura compris, toute centralité est vouée à la cyclicité, c'est à dire qu'elle passe par des phases de dissolution. On connait la formule de l'alchimie: solve coagula, qui est de nature cyclique: se dissoudre pour mieux s'agréger. Pour élire une assemblée, il faut la dissoudre...
Au demeurant, nos systèmes démocratiques ne sont-ils point marqués par un principe de cyclicité?
Qu'est-ce qui peut expliquer certains blocages rendant difficile l'appréhension pleine et entière de l'idée de cyclicité au point de chercher à la fausser, à la dénaturer?
L'histoire personnelle de l'astrologue peut nous aider à saisir la genèse de telles résistances face à un vrai besoin de renouvellement et donc, préalablement, de délestage.
Nous envisagerons deux cas de figure : l'immigration et la féminisation
I L'immigration
Toute situation marquée par l'immigration comporte certains stigmates et cela vaut non seulement pour l'immigration d'un pays vers un autre mais aussi d'une région vers une autre, notamment de la province vers la capitale. (Voir, sur le site hommes-et-faits.com notre "Psychanalyse de l'étranger")
On notera que nombreux sont les astrologues qui sont arrivés à Paris, en Ile de France, en provenance d'une autre région: on songe à André Barbault, à Jean-Pierre Nicola mais aussi à Yves Lenoble sans parler d'astrologues nés dans une famille asiatique comme Frank Nguyen. Plus largement encore, il faudrait tenir compte de la tension entre la province et la capitale, même quand il n'y a pas eu physiquement de migration mais seulement mentalement.
Force est de constater que ce sont là des conditions qui peuvent générer des blocages par rapport à la cyclicité, ce qui est particulièrement fâcheux en ce qui concerne l'engagement astrologique.
En pratique, on en arrive à des positionnements assez étranges dont une des manifestations les plus flagrantes consiste à brouiller les repères : quel cycle, quel centre, quel chef, demandera-t-on d'un air ingénu...comme si toute idée d'unicité s'avérait peu ou prou insupportable. A contrario, quel soulagement face à la diversité des pôles, à la multiplication des clivages!
On nous parlera alors de spirale, de modernité, de nouvelles planètes, de fin des temps, de théorie des âges....bref d'irréversibilité. Pas de retour en arrière, surtout, ce qui peut sembler un exercice improbable en matière d'astrologie. Bien entendu, de telles attitudes risquent fort de se répercuter au niveau de la consultation : que l'on n'attende pas de ces astrologues là qu'ils aident leurs clients à assumer pleinement la cyclicité de leur existence! Il est vrai que plus l'on descend dans l'échelle sociale, plus la cyclicité devient une abstraction, tant les personnes sont sujettes à une diversité d'influences de tous ordres et à la merci des contingences les moins maîtrisées!
II La féminisation
Sociologiquement, l'on connait la proportion des femmes dans les réunions astrologiques, du moins à un certain niveau, celui des cours et des séminaires d'astrologie, ce qui inclut les "colloques" organisés par des structures ayant en réalité un soubassement avant tout pédagogique et qui consistent à faire venir telle ou telle "sommité" pour un cours magistral.
Nous avons consacré, pour notre part, beaucoup de travaux à la question du féminin et la présence massive de l'élément féminin dans la vie astrologique ne nous apparait nullement comme dénuée de signification. (Voir nos textes sur le site grande-conjonction.org)
Cela dit, paradoxalement, il semblerait que cette question de la sexuation soit finalement assez peu traitée par le discours astrologique voir niée au nom des catégories astrologiques qui ne lui accordent, somme toute, qu'une portion congrue. Nous en avions d'ailleurs conclu (dans de précédents textes) que l'entrée en astrologie pouvait tenir à une difficulté existentielle face à la dualité. Et il est vrai que le "un" comme le "deux" sont plutôt noyés dans le propos astrologique ordinaire en quête d'une plus grande complexité.
En vérité, nombreux risquent d'être les astrologues soutenant que l'astrologie serait justement le dépassement du un et du deux, thème natal oblige! Même les 12 signes semblent contester en effet une telle simplification, réduction, de l'astrologie...
Nous dirons, d'entrée de jeu, que la femme capte mieux l'objet que le sujet, autrement dit les manifestations que leurs causes premières si l'on admet que l'objet dépende, soit fonction du sujet. Mais c'est là, au demeurant, tout l'enjeu du débat!
Nous voudrions montrer que toute fixation au niveau de l'objet nuit à la conscience de la cyclicité et qu'il n'est pas de cyclicité sans retour au sujet.
Soulignons d'abord que face à un objet nous ignorons a priori son origine, tout au plus pouvons-nous prétendre savoir qui le tient ou le détient, ce qui est une toute autre paire de manches. En effet, un objet s'acquiert, se transmet, on se le procure. Manquer le rapport sujet-objet, c'est passer à côté de la problématique de la causalité. Faire l'économie du sujet est une tentation simplificatrice, réductrice mais qui peut donner l'illusion d'une certaine cohérence, l'accès au sujet étant perçu comme une source sans fin de complication. Ainsi, la quête de l'unité, du centre peut passer, aux yeux de certains, pour chimérique à la façon d'un aveugle qui incapable de percevoir le soleil en mettrait en question jusqu'à l'existence...
Faire l'impasse sur le rapport sujet-objet, c'est s'abstraire du principe de causalité. Prenons le cas d'une personne qui parle trop fort dans le métro ou qui s'entretient sur son mobile avec une personne qui n'est même pas présente. A l'évidence, ce qu'elle dit n'intéresse pas tout le monde mais tout le monde est amené à entendre ce qu'elle dit. Il y a là une carence au niveau de la conscience causale, décalage. A partir du moment où cette personne incivile ne se demande pas si ce qu'elle dit intéresse ceux qui sont forcés de l'entendre, il y a problème. On peut fermer les yeux, pas les oreilles....La personne en question peut aussi considérer que si les autres ne parlent pas, ils n'existent pas et donc peu importe qu'ils l'entendent. Celui qui ne secréterait pas quelque chose n'aurait pas d'existence, serait vide et en parlant on le remplirait....Le silence fait problème à certaines personnes car il renvoie au mystère du sujet. A contrario, toute expression -ne serait-ce que visuelle- permettrait de circonscrire le dit sujet, de l'enfermer dans l'objet ainsi généré, de le réduire. On passerait ainsi, d'une seconde à l'autre, de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Le silence est d'or, la parole est d'argent. L'on comprend tout le prix du silence, de l'absence, en ce que cela ne permet pas à l'autre d'avoir prise sur nous. Or, le seul fait de connaitre le signe de quelqu'un, bien évidemment son thème, et déjà le sujet devient objet, on peut parler de lui, le disséquer sous réserve, certes, que l'information astrologique soit viable, ce qui est un présupposé que d'aucuns sont tout prêts à accepter pour les besoins de leur cause.
Un discours, faut-il le rappeler, est également un objet. Ce que dit quelqu'un n'est pas ipso facto l'auteur de ce qui est dit. Ce que dit quelqu'un ne définit donc pas la personne qui s'exprime mais tout au plus ses intentions, ses opinions. Or, pour les femmes, nos opinions nous définissent, c'est du moins une conclusion à laquelle nous sommes parvenus. Ce n'est pas, pour elles, le sujet qui définit l'objet mais l'objet qui situe le sujet. Les femmes rêvent, en leur for intérieur, d'une civilisation de l'objet où l'on choisirait ce que l'on veut être, au supermarché : une sorte de bal masqué. Un monde où le temps serait comme aboli, réduit à la portion congrue, où les échéances et les distances seraient raccourcies, où il ne s'agirait pas de pouvoir mais de vouloir. Qui veut, peut. Tout ne serait plus qu'affaire d'appropriation au prix du plus minime apport. Répéter ce qu'autrui a dit et ipso facto cela devient mien puisque c'est passé par moi, par le truchement de quelque transmutation alchimique.
Face à un texte, comment allons-nous l'appréhender? Allons-nous nous demander qui en est l'auteur ou bien allons-nous définir son auteur présumé à partir du dit texte? Est-ce que le même propos tenu par des personnalités différentes offrira un seul et même contenu? Est-ce que ce contenu ne sera pas tributaire de la connaissance que je puis avoir de la qualité de son auteur? Tel propos que l'on jugera banal dans la bouche de telle personne revêtira une signification autrement plus forte chez telle autre. On ne saurait donc à l'évidence réduire quelqu'un au discours qu'il tient, que ce soit pour l'élever ou l'abaisser. Et l'on pourrait en dire autant pour tel geste émanant de telle personne, ce geste devant être resitué par rapport à la personne concernée; il n'aura pas la même signification.
Or, chez les femmes, un tel travail d'identification du sujet derrière l'objet est souvent très limité voire jugé inutile. Il serait tellement plus simple que les gens soient jugés sur ce qu'ils ont que sur ce qu'ils sont ou si l'on préfère si l'on pouvait déterminer l'être de l'autre par son avoir, donc par son dire. Il suffirait ainsi de changer d'avoir pour changer d'être...
Nous avons ainsi pu remarquer dans des conversations à quel point les femmes semblaient ne pas tenir compte de la qualité de leur interlocuteur et ne pas prendre la peine de relier ce qu'elles voyaient ou entendaient à ce qu'elles pouvaient percevoir du dit interlocuteur, à un niveau, il est vrai, plus subtil...
Et c'est justement là que le bât blesse! On nous dira que l'on ne capte quelqu'un qu'au regard de ce qu'il exprime, donc de ce qu'il montre. Mais, dans l'Evangile, l'on nous parle de ceux qui ont des yeux et ne voient pas, des oreilles mais n'entendent pas...Tout le monde, apparemment, n'a pas accès au sujet et doit s'en tenir à l'objet, faute de mieux. D'ailleurs, l'astrologie ne prétend-elle pas, du moins à ce que d'aucuns le prétendent, à nous renseigner sur ce sujet qui nous échapperait, grâce notamment au thème natal? Seraient dès lors attirés vers l'astrologie, ceux qui ont un problème avec le sujet, ce qui les empêche de capter, à temps, les causes puisque c'est au niveau du sujet que les causes des effets à venir se situent et non au niveau de l'objet qui appartient déjà au passé. C'est ainsi que l'on peut dire que celui qui ignorent les causes ne sait où il va....à condition de ne pas assimiler le mot cause au mot passé....
Autrement dit, celui qui peine à parvenir au niveau du sujet peut-il vivre la cyclicité, la centralité, l'unité liée à la personne du chef? Il risque fort, celui-là, de s'arrêter en chemin et d'en rester au niveau de l'objet. Or, cet objet est par définition stérile, il n'engendre pas, à l'instar d'une feuille morte, il est condamné à pourrir, à la dégénérescence. Seul le retour au sujet est régénérateur. Selon nous, la femme entretient un rapport privilégié avec l'objet et en revanche elle fait l'impasse sur le sujet. Elle préférera le '"que suis-je?" au 'qui suis-je?" Autant elle dépensera de l'énergie pour décrire un objet, aussi fidèlement que possible, autant la question de l'origine de l'objet semble devoir lui échapper, si la dite origine n'est pas explicitement inscrite sur le dit objet, ce qui ne constitue pas une preuve décisive, au demeurant. Comme si le cordon ombilical entre sujet et objet était radicalement rompu...
Terminons par ces réflexions: l’astrologue est, aux yeux de son client, perçu d'abord comme sujet. Ce qu'il dit n'est entendu qu'au prisme de ce qu'il est supposé être. L'astrologue est ainsi chargé, doté de qualités qui confèreront aux objets dont il s'entoure une aura singulière encore que l'on puisse dire que ce sont certains objets spécifiques qui qualifieront l'astrologue en tant que tel. Il conviendrait dès lors de distinguer parmi les objets ceux qui sont qualifiants de ceux qui sont qualifiés. Dans le cas du thème natal, il semble que la perception soit double: le thème natal dans les mains de l'astrologue "ferait" l'astrologue mais ce que l'astrologue en tirerait en termes de conseil serait entendu du fait de sa qualité ainsi constituée d'astrologue, ce qui conduirait, évidemment, le client à accorder un certain crédit, une certaine crédibilité au propos tenu et à s'efforcer de correspondre, peu ou prou, au dit propos. Le même propos tenu par un autre que l'astrologue aurait été bien entendu perçu tout autrement et souvent rejeté. Le message est ici largement le messager.
Bien entendu, nous n'avons ici affaire qu'à un succédané de sujet dans la mesure même où le sujet, ici - l'astrologue- on l'a vu, est défini par l'objet qu'il détient....à savoir l'astrologie. Plus l'objet 'astrologie" est substantiel, plus le sujet 'astrologie" se verra "gonflé"/enflé dans son être. D'où la nécessité, éprouvée par nombre d'astrologues, de charger la barque de l'astrologie, faute de quoi le sujet astrologue deviendrait inconsistant. Mais comment dans ce cas alléger l'astrologie, la réformer, la libérer? Cercle vicieux!
Est-ce le thème astral, qui est un objet, qui permet d'accéder au sujet sous prétexte que le dit thème traite du sujet? Il semble qu'il y ait là comme un tour de passe-passe visant à inventer un objet qui ne ferait qu'un avec le sujet. Ce serait là le fantasme de la carte du ciel, notamment sous sa forme informatisée (lire sur la naissance d'Astroflash, dans le cadre des supermarchés "Intermarché" et de la marque de voitures SIMCA, l'ouvrage de R.G. F. Guérin, Paris, ed. Le cavalier bleu, 2008, pp. 89 et seq.), c'est précisément ce qui sensibilisa Suzel Fuzeau-Braesch (voir ses déclarations (en audio) reprises sur teleprovidence). Ayant enfin accès au sujet ou du moins à sa structure profonde, sous une forme graphique, l'astrologue n'a plus alors qu'à suivre le "patron" (pattern). Le thème est un chien d'aveugle. L'objet thème astral mettrait ainsi fin à la dualité sujet/objet, essence/existence....Mais en même temps, par sa diversité même -cela part dans tous les sens, surtout si l'on y greffe les transits - il reste pris dans les rets de l'anecdotique, du "factuel", du C. V. (curriculum vitae) que sont notamment les maisons astrologiques. L'interprétation du thème est inévitablement rétrospective et donc se fixe sur l'objectivation du sujet, ce qui tient à son foisonnement extrême, aux dissonances et aux contradictions qu'il présuppose, incompatible avec une approche ontologique...André Barbault a raison de voir dans le thème le miroir des accidents de la psyché, donc l'expression du contingent, faisant ainsi basculer l'astrologie vers le pathologique.
Autant donc de blocages, d'obstacles face à une véritable cyclicité, exigeant un retour au "vrai" sujet", au vrai moteur, celui qui met le monde en mouvement. Beaucoup s'arrêtent à mi-parcours et s'en contentent - victimes des délices de Capoue auxquels succomba le carthaginois Hannibal sur la route de Rome.(fin du IIIe siècle avant notre ère)
A dire vrai, le problème relève de la sémiologie- d'une neuro-sémiologie, dirons-nous plus précisément - indissociable du statut épistémologique de l'astrologie, tant en amont qu'en aval. Celui qui ne reconnait pas les signes ne parvient pas à la cause cosmique pas plus qu'il n'identifie les causes humaines, au niveau du sujet. En outre, celui qui ne comprend pas la force du sujet ne saisira pas la façon dont l'astrologie est née de par la volonté justement du sujet. Il voudra, comme on l'entend si souvent, dans la bouche des astrologues, présenter l'astrologie comme le fait d'une observation que les hommes auraient conduite des structures cosmiques et non comme l'œuvre législative et légiférante des hommes seuls capables de structurer le monde. D'où, de facto, un certain antihumanisme qui se cache derrière l'affirmation selon laquelle l'homme ne serait que partie prenante du cosmos, ce qu'il faudrait comprendre comme le comble de l'humanisme, l'homme devenant cosmos et le cosmos devenant homme....
JHB
23.11. 09
Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mercredi 23 décembre 2009
Réflexions sur la dialectique jour/nuit
par Jacques HalBronn
Pour nous, la nuit est en correspondance avec la conjonction (on ne voit pas la nouvelle lune), avec l'eau qui abolit les différences générées par l'élément terre et le jour. Mais l'eau est chaude, la terre, froide, l'on sait que c'est la chaleur qui transforme un solide (Terre) en liquide (Eau) puis en gaz (air).
Or, la nuit, il fait plus froid que le jour, ce qui peut sembler contradictoire avec ce que nous venons d'énoncer. Claude Lévi Strauss écrit (Le cru et le cuit, op.cit. p. 299) que "le feu de cuisine évite une disjonction totale, il unit le Soleil et la terre (...) mais cette présence est aussi interposée, ce qui revient à dire qu'elle écarte le risque d'une conjonction totale et d'où résulterait un monde brûlé". On notera cette dialectique disjonction/conjonction dont nous nous servons également dans nos travaux sur la cyclicité.
Dans les almanachs du Moyen Age, le feu joue un rôle important pour les mois d'hiver (janvier, février) -et nous avons déjà dit à quel point il était étrange que les signes d'hiver ne soient pas attribués au feu. Il y a certes un paradoxe en ce sens que le feu vient ainsi remplacer le soleil, d'où, a contrario, son absence durant les mois d'Eté dans l'iconographie des almanachs.
Le mois de février y est notamment représenté par une assemblée attablée, à proximité d'une vaste cheminée. Le mot "assemblée" est évidemment à rapprocher de celui de conjonction.
C'est la nuit que nous recherchons la chaleur chez nos semblables, le lit étant à la fois le support du sommeil et de l'acte sexuel. On dit "coucher avec quelqu'un".
Nous avons déjà indiqué (dans un autre texte de ce journal de bord) que la nuit favorise la parole laquelle n'exige pas une bonne visibilité mais se contente d'une pénombre : on peut parler dans le noir. A contrario, le jour peut profiter de ce qui est visible et pénalise moins les sourds/muets que ne le fait la nuit. On retrouve ici, aussi, le mythe du vampire, qui craint la lumière du jour.
Toutefois, l'astronomie est largement une activité nocturne -on ne perçoit pas les étoiles en plein jour - mais en même temps elle comporte une forte dimension visuelle, elle est une signalétique non pas auditive mais visuelle. Mais la brillance même des astres facilite leur visualisation. Nous dirons donc que la nuit a trois faibles lumières qui pourraient ne pas exister, dans l'absolu-on peut concevoir un monde sans lune, sans feu et sans firmament, surtout si l'atmosphère de la Terre était très dense, épaisse, opaque : la lune, le feu, les étoiles (planètes comprises) tandis que le jour est dominé par la puissance solaire qui rend obsolète les fragiles lumières nocturnes.
Avec le progrès technique, l'électricité a remplacé le feu et la nuit est de plus en plus solaire, ce qui fait que l'on observe mal le ciel dans les villes, en raison de l'éclairage artificiel des rues, ce qui affaiblit la dialectique jour/nuit et peut rendre caduques les veillées d'autrefois, avec la sociabilité qu'elles permettaient et impliquaient. Il semble que les priorités techniques furent de remédier à la mauvaise ouïe en inventant l'écriture, permettant à la vue de prendre le relais. L'écriture est à l'ouïe ce que seront, ultérieurement, les lunettes à la vue. Ne plus entendre fut, selon nous, longtemps socialement éliminatoire alors qu'une faible vue suffisait. Peu à peu, ceux qui entendaient mal furent conduits à renforcer leur vue et à préférer le jour à la nuit, sortant ainsi de la caverne, inventant d'autres modes de communication exigeant une vue toujours plus aigue. On pourrait imaginer une société clivée entre deux populations, voire deux humanités: ceux qui entendent bien (et mal voyants) et ceux qui voient bien (et sont malentendants), vivant plus ou moins en symbiose mais les bien entendants dominant longtemps les bien voyants, de par l'élaboration de leur pensée, liée à l'ouïe, la vue ne permettant qu'une élaboration mentale plus faible, l'écriture se calquant sur la parole. Le '"Parlement" est le lieu de la parole, de la vie sociale en un espace restreint alors que la vue permet des distances plus grandes au niveau des signaux. Lévi Strauss (dans le même ouvrage) a montré que la musique offrait une créativité supérieure à celle de la peinture, en ce qu'elle produit quelque chose qui ne préexiste pas dans la Nature. Ainsi, le feu, auquel Lévi Strauss accorde la plus grande importance, est-il une interface entre le jour et la nuit, entre le chaud et le froid, entre le cru et le cuit. Sans ces lumières ponctuelles, ces points dans le ciel et dans l'espace, l'humanité n'aurait probablement pas été ce qu'elle est devenue mais il semble bien que nous ayons perdu de tels repères, l'astrologie en manifestant probablement la nostalgie, notamment avec le thème natal.
JHB
20.11. 09
Pour nous, la nuit est en correspondance avec la conjonction (on ne voit pas la nouvelle lune), avec l'eau qui abolit les différences générées par l'élément terre et le jour. Mais l'eau est chaude, la terre, froide, l'on sait que c'est la chaleur qui transforme un solide (Terre) en liquide (Eau) puis en gaz (air).
Or, la nuit, il fait plus froid que le jour, ce qui peut sembler contradictoire avec ce que nous venons d'énoncer. Claude Lévi Strauss écrit (Le cru et le cuit, op.cit. p. 299) que "le feu de cuisine évite une disjonction totale, il unit le Soleil et la terre (...) mais cette présence est aussi interposée, ce qui revient à dire qu'elle écarte le risque d'une conjonction totale et d'où résulterait un monde brûlé". On notera cette dialectique disjonction/conjonction dont nous nous servons également dans nos travaux sur la cyclicité.
Dans les almanachs du Moyen Age, le feu joue un rôle important pour les mois d'hiver (janvier, février) -et nous avons déjà dit à quel point il était étrange que les signes d'hiver ne soient pas attribués au feu. Il y a certes un paradoxe en ce sens que le feu vient ainsi remplacer le soleil, d'où, a contrario, son absence durant les mois d'Eté dans l'iconographie des almanachs.
Le mois de février y est notamment représenté par une assemblée attablée, à proximité d'une vaste cheminée. Le mot "assemblée" est évidemment à rapprocher de celui de conjonction.
C'est la nuit que nous recherchons la chaleur chez nos semblables, le lit étant à la fois le support du sommeil et de l'acte sexuel. On dit "coucher avec quelqu'un".
Nous avons déjà indiqué (dans un autre texte de ce journal de bord) que la nuit favorise la parole laquelle n'exige pas une bonne visibilité mais se contente d'une pénombre : on peut parler dans le noir. A contrario, le jour peut profiter de ce qui est visible et pénalise moins les sourds/muets que ne le fait la nuit. On retrouve ici, aussi, le mythe du vampire, qui craint la lumière du jour.
Toutefois, l'astronomie est largement une activité nocturne -on ne perçoit pas les étoiles en plein jour - mais en même temps elle comporte une forte dimension visuelle, elle est une signalétique non pas auditive mais visuelle. Mais la brillance même des astres facilite leur visualisation. Nous dirons donc que la nuit a trois faibles lumières qui pourraient ne pas exister, dans l'absolu-on peut concevoir un monde sans lune, sans feu et sans firmament, surtout si l'atmosphère de la Terre était très dense, épaisse, opaque : la lune, le feu, les étoiles (planètes comprises) tandis que le jour est dominé par la puissance solaire qui rend obsolète les fragiles lumières nocturnes.
Avec le progrès technique, l'électricité a remplacé le feu et la nuit est de plus en plus solaire, ce qui fait que l'on observe mal le ciel dans les villes, en raison de l'éclairage artificiel des rues, ce qui affaiblit la dialectique jour/nuit et peut rendre caduques les veillées d'autrefois, avec la sociabilité qu'elles permettaient et impliquaient. Il semble que les priorités techniques furent de remédier à la mauvaise ouïe en inventant l'écriture, permettant à la vue de prendre le relais. L'écriture est à l'ouïe ce que seront, ultérieurement, les lunettes à la vue. Ne plus entendre fut, selon nous, longtemps socialement éliminatoire alors qu'une faible vue suffisait. Peu à peu, ceux qui entendaient mal furent conduits à renforcer leur vue et à préférer le jour à la nuit, sortant ainsi de la caverne, inventant d'autres modes de communication exigeant une vue toujours plus aigue. On pourrait imaginer une société clivée entre deux populations, voire deux humanités: ceux qui entendent bien (et mal voyants) et ceux qui voient bien (et sont malentendants), vivant plus ou moins en symbiose mais les bien entendants dominant longtemps les bien voyants, de par l'élaboration de leur pensée, liée à l'ouïe, la vue ne permettant qu'une élaboration mentale plus faible, l'écriture se calquant sur la parole. Le '"Parlement" est le lieu de la parole, de la vie sociale en un espace restreint alors que la vue permet des distances plus grandes au niveau des signaux. Lévi Strauss (dans le même ouvrage) a montré que la musique offrait une créativité supérieure à celle de la peinture, en ce qu'elle produit quelque chose qui ne préexiste pas dans la Nature. Ainsi, le feu, auquel Lévi Strauss accorde la plus grande importance, est-il une interface entre le jour et la nuit, entre le chaud et le froid, entre le cru et le cuit. Sans ces lumières ponctuelles, ces points dans le ciel et dans l'espace, l'humanité n'aurait probablement pas été ce qu'elle est devenue mais il semble bien que nous ayons perdu de tels repères, l'astrologie en manifestant probablement la nostalgie, notamment avec le thème natal.
JHB
20.11. 09
Le NOA et les niveaux involutifs
par Jacques HalBronn
S'il est relativement aisé de suivre le processus évolutif du NOA en sa phase évolutive, de 1 à 2, de 2 à 3, de 3 à 4, et qui passe par une diversification croissante des variantes, des dérivations, des ajustements, des adaptations, des emprunts de tous ordres, en revanche, le "retour" vers le niveau 1 semble faire sensiblement plus problème.
Si la description de la phase évolutive relève d'une série d'intégrations de diverses données, ce qui tend à faire perdre la conscience de l'unité originelle du modèle, celle de la phase involutive relève d'un processus d'abstraction qu'il convient ici de préciser.
On rappellera qu'au regard de la tradition astrologique, une telle phase en sens inverse se retrouve dans le dispositif des doubles domiciles, la phase involutive correspondant au passage de Saturne vers Jupiter, de Mars vers Vénus, de Vénus vers Mercure, si ce n'est que le recours à une division en 12 ne nous parait pas vraiment indispensable, division dont nous savons qu'il n'a d'ailleurs qu'une pertinence très relative, en analogie avec les 12 lunaisons englobées, non sans quelque difficulté, dans une année solaire sidérale.
Le retour, donc, de Saturne vers les luminaires fait exactement pendant à la phase précédente qui allait, quant à elle, des luminaires vers Saturne, selon un processus d'éloignement spatial croissant de la source représentée par les luminaires. La phase involutive, inversement, correspondra à un rapprochement croissant de la source..
L'intérêt du NOA, c'est qu'il n'est pas seulement un modèle épistémologique mais qu'il s'inscrit également dans une cyclicité qui comporte sa propre rythmicité. Autrement dit, la phase d'évolution tout comme la phase d'involution n'ont pas lieu à n'importe quel moment mais sont en rapport avec le modèle qui régit ce que nous avons appelé le niveau 1. Ce qui signifie que l'esprit d'involution ne se développe, en pratique, qu'au cours d'une phase d'involution en train de se produire et inversement pour l'esprit d'évolution. Il faut donc que les temps - et donc les esprits - soient mûrs pour que se déclenchent certains processus.
Cela dit, revenons à une telle problématique involutive en disant qu'elle vise à décloisonner progressivement des territoires découpés en phase évolutive. Nous pouvons parler d'un réchauffement qui va dissoudre les solides et les transformer en liquides puis en gaz. Cette chaleur croissante qui correspond en quelque sorte au rapprochement du soleil -dans le dispositif des domiciles signalé plus haut - est aussi le fait d'une plus grande grégarité, d'une multiplication des contacts, des rencontres, ce qui détermine un certain brassage et à terme une certaine fusion. Mais pour ce faire, il importe qu'ait lieu un certain délestage de ce qui avait pu s'incruster en phase évolutive et qui en quelque sorte va fondre du fait d'une chaleur croissante. En termes astrologiques, la terre cède le pas à l'eau puis à l'air -à noter que l'ordre astrologique -et zodiacal- des 4 Eléments feu- terre-air -eau ne semble pas satisfaisant au regard d'un tel processus de transformation de la matière.
Socialement parlant, nous insisterons sur la fin d'un certain isolement individuel triomphant à l'issue de la phase d'évolution, c'est à dire en phase 4 évolutive. Mais tout comme Saturne occupe deux signes successifs, nous dirons qu'il y a un Saturne évolutif qui cristallise et un Saturne involutif, lui succédant, qui réduit et amorce une remontée vers l'unité. En fait, l'on peut se demander s'il ne conviendrait pas de renverser le système des domiciles dans la mesure où l'unité est nocturne et non pas diurne, la nuit, dit-on, tous les chats sont gris. De même, comme nous l'expliquons dans un autre texte du présent "journal de bord", l'hiver est le temps d'une plus grande sociabilité, les gens venant se réchauffer au coin du feu et la parole n'exigeant pas une grande lumière pour circuler, elle qui fait avant tout appel à l'ouïe. En conséquence, la phase évolutive irait plutôt de Saturne vers le Soleil -ce qui débuterait analogiquement au solstice d'hiver - et la phase involutive du Soleil vers Saturne, de l'Eté vers l'Hiver, ce qui débuterait au solstice d'Eté.. Le niveau 1 serait ainsi saturnien et le niveau 4 solaire et non l'inverse.
Mais, ces considérations symboliques étant faites, revenons sur les obstacles épistémologiques qui constituent une résistance face au processus involutif de réchauffement -dont nous avons vu qu'il ne correspond aucunement à une symbolique solaire et diurne mais bien plutôt à une symbolique ignée, qui veut que l'on se (ré)chauffe quand il fait froid et que l'on s'éclaire quand il fait nuit. L'Elément Feu, un des Quatre Eléments, ne renvoie pas ici au soleil mais bien à une instance de substitution comme l'a montré Claude Lévi Strauss (Le cru et le cuit, op. cit). Le feu, que nous plaçons à part, est la force qui actionne le passage d'un des trois autres Eléments à l'autre, par sa force (en phase involutive) ou par sa faiblesse (en phase évolutive).
Le début d'une phase évolutive permet de garder le souvenir d'un point originel mais peu à peu une telle conscience du point de départ va s'estomper et les pistes vont progressivement se brouiller jusqu'à parvenir à une diversité décourageant l'analyse et les rapprochements entre des manifestations qui ne cessent de se complexifier, le cas extrême, en astrologie, étant celui de la consultation individuelle dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne se déroule pas dans la transparence au regard de ceux qui n'en sont pas partie prenante, à savoir l'astrologue et son client.
Comment donc, revenir en arrière après avoir goûté les délices de territoires personnels aussi restreints que fermés sur eux-mêmes? Comment un tel aboutissement de la phase évolutive va-t-il peu à peu faire faillite, ne plus être tenable? C'est bien là toute la question que nous posons dans le présent article. Comment sort-on d'un tel émiettement, d'un tel cloisonnement, d'un tel repli? Nous sommes au solstice d'Eté -et non d'Hiver- lorsque s'amorce un certain repli, un reflux vers le monde hivernal, nocturne; Rappelons que dans la religion juive, la "journée" commence à la tombée du jour et notamment dans le cas du septième jour, le Shabbat, qui exige un maximum d'indifférenciation, notamment la mise entre parenthèse de tout travail, lequel génère précisément un processus de différenciation, de division (du travail, de taylorisation, illustrée par les Temps Modernes de Chaplin)
Selon nous, la phase involutive passe par la mise en avant de chefs, de leaders qui feront l'unité autour d'eux, contrebalançant peu à peu ainsi les égoïsmes, les idiosyncrasies individuels. Sans chef, la phase involutive ne connaitra qu'une intensité médiocre et son bilan risque d'être assez maigre, tout comme sans relais, la phase évolutive aurait pu être également vouée à l'échec, puisqu'elle implique la diversification. En ce qui concerne l'astrologie, il n'y a pas à s'inquiéter quant à la phase évolutive, les astrologues étant tout à fait aptes à se constituer des spécificités les uns par rapport aux autres (notamment aux niveaux 3 et 4). On ne saurait en dire, autant, évidemment, pour ce qui est de la phase involutive que le NOA, précisément, s'efforce de renforcer.
Au cours de la phase involutive, certains chefs charismatiques se trouvent consacrés alors qu'au cours de la phase évolutive, ils sont remerciés, le temps de la multitude relayant celui du pouvoir solitaire. Si l'on traduit nos propos sur la base du cycle "Saturne 4 Etoiles" qui nous parait, jusqu'à nouvel ordre, asse bien convenir pour incarner le niveau 1, nous dirons que le basculement de l'évolutif vers l'involutif, correspondrait en gros au passage de Saturne dans les signe dits fixes -sans qu'il faille accorder à cette désignation la moindre signification- un tel passage étant propice à la désignation de leaders. A noter que dans bien des cas les élections organisés dans nos sociétés démocratiques, depuis la fin du XVIIIe siècle, n'ont pas lieu aux moments les plus opportuns pour dégager de vrais leaders. Les leaders élus en phase évolutive (Saturne étant en signe cardinal) sont surtout là pour faire barrage, manifester une certaine dissidence, ils n'ont pas forcément le profil voulu pour exercer l'autorité qui sera nécessaire en phase involutive aux fins d’instaurer un certain ordre, en dépassant les corporatismes.
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JHB
21.11. 09
S'il est relativement aisé de suivre le processus évolutif du NOA en sa phase évolutive, de 1 à 2, de 2 à 3, de 3 à 4, et qui passe par une diversification croissante des variantes, des dérivations, des ajustements, des adaptations, des emprunts de tous ordres, en revanche, le "retour" vers le niveau 1 semble faire sensiblement plus problème.
Si la description de la phase évolutive relève d'une série d'intégrations de diverses données, ce qui tend à faire perdre la conscience de l'unité originelle du modèle, celle de la phase involutive relève d'un processus d'abstraction qu'il convient ici de préciser.
On rappellera qu'au regard de la tradition astrologique, une telle phase en sens inverse se retrouve dans le dispositif des doubles domiciles, la phase involutive correspondant au passage de Saturne vers Jupiter, de Mars vers Vénus, de Vénus vers Mercure, si ce n'est que le recours à une division en 12 ne nous parait pas vraiment indispensable, division dont nous savons qu'il n'a d'ailleurs qu'une pertinence très relative, en analogie avec les 12 lunaisons englobées, non sans quelque difficulté, dans une année solaire sidérale.
Le retour, donc, de Saturne vers les luminaires fait exactement pendant à la phase précédente qui allait, quant à elle, des luminaires vers Saturne, selon un processus d'éloignement spatial croissant de la source représentée par les luminaires. La phase involutive, inversement, correspondra à un rapprochement croissant de la source..
L'intérêt du NOA, c'est qu'il n'est pas seulement un modèle épistémologique mais qu'il s'inscrit également dans une cyclicité qui comporte sa propre rythmicité. Autrement dit, la phase d'évolution tout comme la phase d'involution n'ont pas lieu à n'importe quel moment mais sont en rapport avec le modèle qui régit ce que nous avons appelé le niveau 1. Ce qui signifie que l'esprit d'involution ne se développe, en pratique, qu'au cours d'une phase d'involution en train de se produire et inversement pour l'esprit d'évolution. Il faut donc que les temps - et donc les esprits - soient mûrs pour que se déclenchent certains processus.
Cela dit, revenons à une telle problématique involutive en disant qu'elle vise à décloisonner progressivement des territoires découpés en phase évolutive. Nous pouvons parler d'un réchauffement qui va dissoudre les solides et les transformer en liquides puis en gaz. Cette chaleur croissante qui correspond en quelque sorte au rapprochement du soleil -dans le dispositif des domiciles signalé plus haut - est aussi le fait d'une plus grande grégarité, d'une multiplication des contacts, des rencontres, ce qui détermine un certain brassage et à terme une certaine fusion. Mais pour ce faire, il importe qu'ait lieu un certain délestage de ce qui avait pu s'incruster en phase évolutive et qui en quelque sorte va fondre du fait d'une chaleur croissante. En termes astrologiques, la terre cède le pas à l'eau puis à l'air -à noter que l'ordre astrologique -et zodiacal- des 4 Eléments feu- terre-air -eau ne semble pas satisfaisant au regard d'un tel processus de transformation de la matière.
Socialement parlant, nous insisterons sur la fin d'un certain isolement individuel triomphant à l'issue de la phase d'évolution, c'est à dire en phase 4 évolutive. Mais tout comme Saturne occupe deux signes successifs, nous dirons qu'il y a un Saturne évolutif qui cristallise et un Saturne involutif, lui succédant, qui réduit et amorce une remontée vers l'unité. En fait, l'on peut se demander s'il ne conviendrait pas de renverser le système des domiciles dans la mesure où l'unité est nocturne et non pas diurne, la nuit, dit-on, tous les chats sont gris. De même, comme nous l'expliquons dans un autre texte du présent "journal de bord", l'hiver est le temps d'une plus grande sociabilité, les gens venant se réchauffer au coin du feu et la parole n'exigeant pas une grande lumière pour circuler, elle qui fait avant tout appel à l'ouïe. En conséquence, la phase évolutive irait plutôt de Saturne vers le Soleil -ce qui débuterait analogiquement au solstice d'hiver - et la phase involutive du Soleil vers Saturne, de l'Eté vers l'Hiver, ce qui débuterait au solstice d'Eté.. Le niveau 1 serait ainsi saturnien et le niveau 4 solaire et non l'inverse.
Mais, ces considérations symboliques étant faites, revenons sur les obstacles épistémologiques qui constituent une résistance face au processus involutif de réchauffement -dont nous avons vu qu'il ne correspond aucunement à une symbolique solaire et diurne mais bien plutôt à une symbolique ignée, qui veut que l'on se (ré)chauffe quand il fait froid et que l'on s'éclaire quand il fait nuit. L'Elément Feu, un des Quatre Eléments, ne renvoie pas ici au soleil mais bien à une instance de substitution comme l'a montré Claude Lévi Strauss (Le cru et le cuit, op. cit). Le feu, que nous plaçons à part, est la force qui actionne le passage d'un des trois autres Eléments à l'autre, par sa force (en phase involutive) ou par sa faiblesse (en phase évolutive).
Le début d'une phase évolutive permet de garder le souvenir d'un point originel mais peu à peu une telle conscience du point de départ va s'estomper et les pistes vont progressivement se brouiller jusqu'à parvenir à une diversité décourageant l'analyse et les rapprochements entre des manifestations qui ne cessent de se complexifier, le cas extrême, en astrologie, étant celui de la consultation individuelle dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne se déroule pas dans la transparence au regard de ceux qui n'en sont pas partie prenante, à savoir l'astrologue et son client.
Comment donc, revenir en arrière après avoir goûté les délices de territoires personnels aussi restreints que fermés sur eux-mêmes? Comment un tel aboutissement de la phase évolutive va-t-il peu à peu faire faillite, ne plus être tenable? C'est bien là toute la question que nous posons dans le présent article. Comment sort-on d'un tel émiettement, d'un tel cloisonnement, d'un tel repli? Nous sommes au solstice d'Eté -et non d'Hiver- lorsque s'amorce un certain repli, un reflux vers le monde hivernal, nocturne; Rappelons que dans la religion juive, la "journée" commence à la tombée du jour et notamment dans le cas du septième jour, le Shabbat, qui exige un maximum d'indifférenciation, notamment la mise entre parenthèse de tout travail, lequel génère précisément un processus de différenciation, de division (du travail, de taylorisation, illustrée par les Temps Modernes de Chaplin)
Selon nous, la phase involutive passe par la mise en avant de chefs, de leaders qui feront l'unité autour d'eux, contrebalançant peu à peu ainsi les égoïsmes, les idiosyncrasies individuels. Sans chef, la phase involutive ne connaitra qu'une intensité médiocre et son bilan risque d'être assez maigre, tout comme sans relais, la phase évolutive aurait pu être également vouée à l'échec, puisqu'elle implique la diversification. En ce qui concerne l'astrologie, il n'y a pas à s'inquiéter quant à la phase évolutive, les astrologues étant tout à fait aptes à se constituer des spécificités les uns par rapport aux autres (notamment aux niveaux 3 et 4). On ne saurait en dire, autant, évidemment, pour ce qui est de la phase involutive que le NOA, précisément, s'efforce de renforcer.
Au cours de la phase involutive, certains chefs charismatiques se trouvent consacrés alors qu'au cours de la phase évolutive, ils sont remerciés, le temps de la multitude relayant celui du pouvoir solitaire. Si l'on traduit nos propos sur la base du cycle "Saturne 4 Etoiles" qui nous parait, jusqu'à nouvel ordre, asse bien convenir pour incarner le niveau 1, nous dirons que le basculement de l'évolutif vers l'involutif, correspondrait en gros au passage de Saturne dans les signe dits fixes -sans qu'il faille accorder à cette désignation la moindre signification- un tel passage étant propice à la désignation de leaders. A noter que dans bien des cas les élections organisés dans nos sociétés démocratiques, depuis la fin du XVIIIe siècle, n'ont pas lieu aux moments les plus opportuns pour dégager de vrais leaders. Les leaders élus en phase évolutive (Saturne étant en signe cardinal) sont surtout là pour faire barrage, manifester une certaine dissidence, ils n'ont pas forcément le profil voulu pour exercer l'autorité qui sera nécessaire en phase involutive aux fins d’instaurer un certain ordre, en dépassant les corporatismes.
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JHB
21.11. 09
La question des adjuvants en astrologie
par Jacques HalBronn
Le mot adjuvant désigne quelque chose qui est ajouté et qui va améliorer le produit ainsi traité. Si l'on s'en tient au modèle NOA, nous dirons que le passage de 1 à 2 et au delà passe par toute une série d'adjuvants. En effet, chaque signe zodiacal va ajouter une qualité spécifique et idem pour chaque maison astrologique et bien entendu chaque aspect planétaire. On ne cesse ainsi d'ajouter, de compléter, de combiner au point que l'on finit par se demander à quoi pouvait ressembler le produit initial.
C'est ainsi que lorsque l'on est parvenu au stade 4 de la phase évolutive, le produit initial risque fort d'être devenu totalement méconnaissable et ce d'autant plus qu'il se présente sous une infinité de variantes. On est alors vraiment passé de l'un au multiple.
Mais vient ensuite la phase involutive qui va consister à se séparer de tous ces atours pour parvenir à une certaine nudité. Or, les adjuvants risquent fort de masquer, de maquiller, les carences du produit de départ. Comme quelqu'un qui ne se déshabillerait jamais et dont on ne pourrait examiner directement le corps.
Reconnaissons qu'en astrologie comme ailleurs, les adjuvants permettent de "sauver "un modèle bancal - ce que de nombreux astrologues n'hésitent pas à qualifier de "validation" du dit modèle - comme si en ajoutant quelque sauce, l'on était tout content de pouvoir rendre mangeable une viande douteuse.
D'où l'intérêt, on l'aura compris, de dénuder périodiquement le modèle de façon à pouvoir le juger tel qu'il est, sans le secours et le recours à tel ou tel adjuvant, qui ferait passer la pilule. Ce faisant, régulièrement, l'on pourra tester un modèle pour ce qu'il vaut et non du fait de toutes sortes d'emprunts et d'additions qui donneraient le change. Attention à l'astrologie ketchup!
Il importe en effet- quand bien même serait-ce de façon schématique - qu'un modèle valle par lui-même, sans l'apport de tel signe zodiacal ou de tel aspect, de tel thème natal. Ce qui est central doit pouvoir exister en tant que centre, un immeuble existe même si les appartements sont inoccupés, ce ne sont pas les appartements et leurs occupants qui permettent à l'immeuble d'exister. Ils n'en sont que le prolongement. Le tronc ne disparait jamais complètement sous le feuillage et en automne, il ne reste plus d'ailleurs quasiment que le tronc. En hiver, la nature se dénude et ce faisant elle ne maintient que l'essentiel. La phase involutive est le passage de l'Eté vers l'Hiver. Dis-moi ce que tu manges et je te dirai quelle astrologie tu préconises...
JHB
21.11. 09
Le mot adjuvant désigne quelque chose qui est ajouté et qui va améliorer le produit ainsi traité. Si l'on s'en tient au modèle NOA, nous dirons que le passage de 1 à 2 et au delà passe par toute une série d'adjuvants. En effet, chaque signe zodiacal va ajouter une qualité spécifique et idem pour chaque maison astrologique et bien entendu chaque aspect planétaire. On ne cesse ainsi d'ajouter, de compléter, de combiner au point que l'on finit par se demander à quoi pouvait ressembler le produit initial.
C'est ainsi que lorsque l'on est parvenu au stade 4 de la phase évolutive, le produit initial risque fort d'être devenu totalement méconnaissable et ce d'autant plus qu'il se présente sous une infinité de variantes. On est alors vraiment passé de l'un au multiple.
Mais vient ensuite la phase involutive qui va consister à se séparer de tous ces atours pour parvenir à une certaine nudité. Or, les adjuvants risquent fort de masquer, de maquiller, les carences du produit de départ. Comme quelqu'un qui ne se déshabillerait jamais et dont on ne pourrait examiner directement le corps.
Reconnaissons qu'en astrologie comme ailleurs, les adjuvants permettent de "sauver "un modèle bancal - ce que de nombreux astrologues n'hésitent pas à qualifier de "validation" du dit modèle - comme si en ajoutant quelque sauce, l'on était tout content de pouvoir rendre mangeable une viande douteuse.
D'où l'intérêt, on l'aura compris, de dénuder périodiquement le modèle de façon à pouvoir le juger tel qu'il est, sans le secours et le recours à tel ou tel adjuvant, qui ferait passer la pilule. Ce faisant, régulièrement, l'on pourra tester un modèle pour ce qu'il vaut et non du fait de toutes sortes d'emprunts et d'additions qui donneraient le change. Attention à l'astrologie ketchup!
Il importe en effet- quand bien même serait-ce de façon schématique - qu'un modèle valle par lui-même, sans l'apport de tel signe zodiacal ou de tel aspect, de tel thème natal. Ce qui est central doit pouvoir exister en tant que centre, un immeuble existe même si les appartements sont inoccupés, ce ne sont pas les appartements et leurs occupants qui permettent à l'immeuble d'exister. Ils n'en sont que le prolongement. Le tronc ne disparait jamais complètement sous le feuillage et en automne, il ne reste plus d'ailleurs quasiment que le tronc. En hiver, la nature se dénude et ce faisant elle ne maintient que l'essentiel. La phase involutive est le passage de l'Eté vers l'Hiver. Dis-moi ce que tu manges et je te dirai quelle astrologie tu préconises...
JHB
21.11. 09
La priorité du 7 sur le 12 en astrologie
par Jacques HalBronn
Dans notre description du NOA, nous avons proposé de déterminer 4 niveaux évolutifs et 4 niveaux involutifs.
Cela correspond en quelque sorte à un niveau par année dans le cadre d'une phase de 7 années, intervalle entre deux conjonctions sidérales de Saturne avec les 4 étoiles fixes royales. On peut dire que chaque année qui passe est en rapport avec un niveau du NOA, lequel se renouvelle tous les 7 ans. Il n'y a donc guère de place pour le 12, si ce n'est en tant qu'étant quasiment le double de 7. D'ailleurs, le Zodiaque, s'il était bien défini, ne devrait-il pas apparaitre sous une forme évolutive (Bélier- vierge (Printemps/Eté) suivie par une forme involutive (balance-poissons (automne-hiver)?
Il n'en reste pas moins que le zodiaque à 12 signes peut se révéler gênant...La division en + ou - 28 de l'écliptique -attestée en Orient (Inde, Chine) - nous semble de loin préférable.(voir l'intervention de Frank Nguyen, lors de la rencontre du 13 novembre, à Lyon, sur teleprovidence) en ce qu'elle inclue les 4 phases de 7 ans dues que les 4 conjonctions de Saturne avec les 4 étoiles fixes royales découpent. Les 30° d'un signe sont d'ailleurs très proches du nombre lunaire/saturnien.
En fait, tout dépend si l'on s'intéresse d'abord au nombre de lunaisons dans l'année ou au nombre de jours dans une lunaison. Dans un cas, on a le 12, dans l'autre, le 28 et donc le 7 (le quart, le mot semaine vient du sept) et donc Saturne, en passant du jour à l'année, ce qui se retrouve dans le Premier Testament : "Vous avez mis 40 jours à explorer le pays, vous supporterez donc les conséquences de vos fautes pendant 40 ans, une année pour chaque jour. Ainsi vous saurez ce que c'est que d'être privé de ma présence" (Exode IX, 34)
A contrario, un découpage en 12 secteurs du Zodiaque serait très insuffisant, cela ne donnerait que 3 divisions par période de 7 ans, au lieu de 7, ce qui serait un découpage par trop grossier.
En revanche, le découpage en 12 du mouvement diurne nous semble assez bien convenir et l'on peut d'ailleurs penser que c'est d'abord au dit mouvement diurne que s'appliqua le système à 12 lunaisons du cycle saisonnier, les deux systèmes étant portés par le soleil, d'un point de vue rotationnel ou d'un point de vue révolutionnel (voir nos textes à ce sujet sur teleprovidence)
JHB
21. 11. 09
Dans notre description du NOA, nous avons proposé de déterminer 4 niveaux évolutifs et 4 niveaux involutifs.
Cela correspond en quelque sorte à un niveau par année dans le cadre d'une phase de 7 années, intervalle entre deux conjonctions sidérales de Saturne avec les 4 étoiles fixes royales. On peut dire que chaque année qui passe est en rapport avec un niveau du NOA, lequel se renouvelle tous les 7 ans. Il n'y a donc guère de place pour le 12, si ce n'est en tant qu'étant quasiment le double de 7. D'ailleurs, le Zodiaque, s'il était bien défini, ne devrait-il pas apparaitre sous une forme évolutive (Bélier- vierge (Printemps/Eté) suivie par une forme involutive (balance-poissons (automne-hiver)?
Il n'en reste pas moins que le zodiaque à 12 signes peut se révéler gênant...La division en + ou - 28 de l'écliptique -attestée en Orient (Inde, Chine) - nous semble de loin préférable.(voir l'intervention de Frank Nguyen, lors de la rencontre du 13 novembre, à Lyon, sur teleprovidence) en ce qu'elle inclue les 4 phases de 7 ans dues que les 4 conjonctions de Saturne avec les 4 étoiles fixes royales découpent. Les 30° d'un signe sont d'ailleurs très proches du nombre lunaire/saturnien.
En fait, tout dépend si l'on s'intéresse d'abord au nombre de lunaisons dans l'année ou au nombre de jours dans une lunaison. Dans un cas, on a le 12, dans l'autre, le 28 et donc le 7 (le quart, le mot semaine vient du sept) et donc Saturne, en passant du jour à l'année, ce qui se retrouve dans le Premier Testament : "Vous avez mis 40 jours à explorer le pays, vous supporterez donc les conséquences de vos fautes pendant 40 ans, une année pour chaque jour. Ainsi vous saurez ce que c'est que d'être privé de ma présence" (Exode IX, 34)
A contrario, un découpage en 12 secteurs du Zodiaque serait très insuffisant, cela ne donnerait que 3 divisions par période de 7 ans, au lieu de 7, ce qui serait un découpage par trop grossier.
En revanche, le découpage en 12 du mouvement diurne nous semble assez bien convenir et l'on peut d'ailleurs penser que c'est d'abord au dit mouvement diurne que s'appliqua le système à 12 lunaisons du cycle saisonnier, les deux systèmes étant portés par le soleil, d'un point de vue rotationnel ou d'un point de vue révolutionnel (voir nos textes à ce sujet sur teleprovidence)
JHB
21. 11. 09
L'astrologie: les références végétales et minérales
par Jacques HalBronn
Nous recevons, à la suite de notre interview avec Lisyanne Lacombe, ce mail de Mireille Petit (site Orphée-astro), disciple de l'astrologue italienne Lisa Morpurgo, auteur d'un ouvrage dont la traduction française (chez Hachette) fut couronnée en 1974 par un prix décerné lors du Colloque ISAR du Méridien (voir sur teleprovidence):
"J'aimerais vous faire remarquer en toute modestie que le Sagittaire correspond au début de la germination contrairement à ce que j'entends dans votre dialogue. A cette époque de l'année, la semence commence à s'adapter au milieu qui l'environne; la motte de terre qui la recouvre n'est plus tombe (Scorpion), mais ventre maternel (exaltation de la planète X), refuge protecteur et confortable (Jupiter), monde stimulant qui accueille le miracle de la métamorphose (Neptune). La première manifestation de vie de la semence en germination, est le mouvement tourbillonnant des cellules par lequel se développera la future plante (Neptune); l'attention se concentre sur l'activité physique, tandis que l'activité intellectuelle passe en second plan (exil de Mercure). L'adaptation au milieu est également une prise de possession, une installation; elle joint à l'inquiétude neptunienne un désir de stabilité (Jupiter, chute de Pluton).Voilà pourquoi le Sagittaire est considéré un signe "d'abondance" !
Cette façon d'associer signes et planètes-dieux nous parait, désormais, devoir être considérée avec quelque réserve. Vouloir conformer le rythme de la nature, au cours du cycle saisonnier, avec la succession des symboliques planétaires est probablement aussi vain que l'est la Théorie des Ages de J. P. Nicola, laquelle tente d'appliquer à la psychogénèse l'ordonnancement planétaire, selon une succession assez comparable. Pourquoi, d'ailleurs, ne pas appliquer ici le principe de réversibilité : on irait de la lune à Saturne puis de Saturne à la Lune, ce qui couvrirait une soixantaine d'années? L'on sait qu'avec l'âge, du fait d'une certaine décroissance, nous retombons peu à peu en enfance.... Certes, on peut toujours se prêter à un tel exercice, en forçant le trait des différents stades d'une cyclicité. On ne peut, cependant, se faire suivre, au sein même d'une même saison, une valeur jupitérienne et une valeur saturnienne - puissamment différenciées et allant symboliquement en sens inverse, par la tradition astrologique - comme le propose Mireille Petit. La sagesse veut de s'en tenir à un point de vue purement cinétique. Il est assez clair que ces deux planètes correspondent à des phases différentes ou qu'il ne faut les considérer que du seul point de vue astronomique, sans implication de signification archétypale, comme une sorte de système alphanumérique. Autrement dit, les 12 signes pourraient démarrer à partir de n'importe quel point tout comme l'on pourrait indiquer une série en se servant de l'ordre astronomique des planètes, comme ce fut selon nous le cas pour les domiciles. Un alphabet est un alphabet. Le nom des lettres importe peu, même quand il est associé à des valeurs numériques. Qui s'intéresse au fait que la lettre D vient du grec delta (dont elle est l'initiale), issu du phénicien pour désigner une porte (Délet) ou que le B vient de Bétha, "maison" dans les langues sémitiques? Aller au delà d'une simple terminologie ferait basculer dans la guématrie kabbalistique. On parlera donc ici d'un alphabet planétaire ou d'un alphabet zodiacal, applicable à tout support.
Avec Mireille Petit, interprète de Lisa Morpurgo, le problème se corse du fait du recours aux planètes transsaturniennes mais aussi transplutoniennes (X, Y); selon le principe- cher à Jean Carteret - qu'à 12 signes il faut faire correspondre 12 astres et dont J. P. Nicola ne veut pas entendre parler, s'en tenant à 10 astres. André Barbault, ouvert aux idées de Carteret, parlait à leur sujet, dans son Traité d'Astrologie Pratique, d'une octave supérieure, au delà donc du 7.
Nous avons récemment montré à quel point il importait d'évacuer du système des doubles domiciles les transsaturniennes vu que ces doubles domiciles indiquent l'idée majeure d'une réversibilité, d'un aller-retour, d'un retour d'ascenseur, d'une volonté de substituer à la cyclicité de la linéarité, de la spiralité, bref de permettre une fuite en avant, d''exil et non d'exode, de départ sans espoir de retour.
Mais il faut aussi souligner à quel point les planètes ne sont ici que des données en quelque sorte mathématiques, constituant une sorte de progression (voir la loi de Titius Bode, chère à J. P. Nicola, in Nombres et formes du cosmos). Que Jupiter indique un stade entre Mars et Saturne, d'accord, qu'il faille pour autant épiloguer sur la signification intrinsèque de Jupiter, c'est ouvrir la boîte à Pandore!
Il faut raison garder. La cyclicité astrologique doit rester simple. De quoi s'agit-il si ce n'est de la mis en adéquation d'un cycle végétal et d'un cycle minéral que les sociétés humaines prendraient pour modèle?
Ce cycle végétal est particulièrement perceptible quand on considère un arbre. Au printemps, l'arbre verdit et à l'automne, jaunir puis perdre ses feuilles. Le tronc de l'arbre - son squelette en quelque sorte- est ainsi recouvert, habillé, entouré de branches, d'un feuillage et à la fin du cycle, il en sera dépouillé, retrouvera sa nudité. Tout un programme!
L'Automne correspond au retour vers ce que nous appelons, dans le système NOA, le niveau 1, soit le solstice d'Hiver, lieu du plus grand dépouillement et étrangement célébré par l'arbre de Noël (du 25 décembre). puis avec l'Hiver, il y a déjà une recomplexification qui s'opère, encore que l'on se réchauffe grâce aux cheminées alimentées par des bûches, par des branches mortes. On parvient avec la fin du printemps à l'extrême du processus de diversification de la nature, le solstice d'été étant l'amorce de l'involution et ainsi de suite.
Maintenant, si l'on transpose tout cela au niveau du cosmos, il va falloir trouver un cycle. Or, il y a là l'embarras du choix! Toute la question sera donc de faire un choix parmi tous les candidats possibles. Or, nous savons que la plupart des astrologues - et Jean-Pierre Nicola ne fait pas exception- ont refusé de choisir, se contentant de poser certaines limites - on n'accepte pas les astres fictifs en astrologie conditionaliste (COMAC). Mais ce sont là des limites bien insuffisantes et bien timides qui n'assurent nullement la viabilité du système ainsi produit!
Selon nous, Saturne fut choisi comme matrice du cycle astronomique de référence, selon des critères forcément arbitraires, il ne restait plus alors que de ponctuer le dit cycle en conformité avec le cycle saisonnier, celui parcouru par "notre" arbre et là encore tout aussi arbitrairement. Un tel système avait l'avantage de "marcher" au sens organisationnel du terme -comme marche la constitution de la Ve République - et à partir de là il fut adopté et progressivement intégré, au cours des âges, dans les automatismes organiques des populations qui s'étaient branchées sur lui.
On relèvera évidemment le mot "arbitraire", plusieurs fois, sciemment, utilisé! Ce terme a le don de mettre mal à l'aise un grand nombre d'astrologues et même de penseurs de l'astrologie. Et c'est là que l'on peut parler, avec Bachelard, d'un obstacle épistémologique!
Nous dirons pour commencer qu'il y a des choix à faire.(voir le colloque de Marseille "Le(s) choix de l'Astrologie, 11. 11. 09, sur teleprovidence) que l'on ne peut refuser. Un astrologue qui refuserait l'idée de choix serait un bien piètre coach pour ses clients! En fait, soit l'on fait soi même un choix, soit le choix, la décision seront ou ont été dictés de l'extérieur, par d'autres. On reporte la question du choix à l'échelon supérieur ou à l'échelon inférieur. Pour notre part, il est essentiel de reporter certains choix en aval à partir du moment où le cadre a été fixé. Il est vrai aussi que nous ne sommes plus dans la situation de ceux qui ont fait ces choix en amont - car il importe que nous en prenions connaissance - mais évitons de nous projeter sur eux!
Le non-choix de la part de tant de penseurs de l'astrologie -et c'est là un trait constant de l'école française d'astrologie du XXe siècle - aura abouti à fausser totalement le parallèle entre cycle céleste et cycle végétal. En effet, l'ensemble du règne végétal est soumis à un seul et même super-cycle, déterminé par un nombre limité de paramètres, si ce n'est que c'est inversé dans l'hémisphère sud, tout en respectant le même schéma. Or, au niveau cosmique, il n'existe pas, à l'état naturel, de super-cycle de ce genre. Il aura donc bien fallu l'inventer!
Certes, il existe le cycle solaire mais on vient de voir que celui-ci sous-tendait le cycle saisonnier d'autant que sa périodicité annuelle - liée en réalité au géocentrisme - était précisément ce qui faisait problème, le but de l'opération étant de constituer un cycle d'une plus grande ampleur que l'année. (Voir nos études sur ce sujet, sur le journal de bord)
Le choix, selon nous , fut dicté par un fait très simple: Saturne était l'astre le plus lent que l'on connaissait alors parmi les planètes, il était le plus proche spatialement des étoiles fixes et qui plus est il offrait la même structure numérique que la Lune.(7/28), Saturne étant aux étoiles fixes ce que la Lune était au soleil, au niveau des conjonctions.
Pouvait-on adopter un cycle de 30 ans? C'était bien trop long! Elit-on un président pour 30 ans? La solution consista, selon nous, à couper le dit cycle en 4 et à considérer quatre périodes de 7 ans, environ, dont chacune serait vécue sur le modèle d'un cycle saisonnier complet. Autrement dit, en l'espace de 7 ans, l'on serait passé d'un solstice d'hiver au suivant : c'est l'ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Telle serait l'unité de temps de l'Humanité.
On aura compris à quel point un tel cycle cosmique était artificiel par comparaison avec le cycle saisonnier voire avec le cycle soli-lunaire. Dont acte.
Dilemme pour la pensée astrologique! Soit accepter que l'astrologie se serait ainsi constituée "artificiellement", à l'instar d'une langue ou d'un code (dans tous les sens du terme), soit que l'astrologie aurait décrit une cyclicité cosmique ingérable de par son intrication même. On a l'impression de parler de contraception, entre les partisans du "choix' et leurs adversaires qui n'acceptent pas que l'on puisse décider de la naissance d'un enfant.
Toute l'Histoire de l'Astrologie Moderne se résout dans la façon dont une telle problématique aura été traitée, au cours des siècles, par les uns et par les autres. C'est ainsi que d'aucuns insisteront sur le fait que chaque planète, de par son nom, de par sa position par rapport aux autres (RET de Nicola), offre une tonalité différente, qui ne se confond pas avec celle des autres, d'où une entreprise de différenciation dont on peut décrire touts les dérives et qui selon nous correspond à un habillement d'un supercycle absent, au feuillage d'un arbre fantôme, d'une chair sans squelette, sans colonne vertébrale. Une astrologie invertébrée! Quel fouillis! Quelle anarchie!
Anarchie, en effet, qu'une telle représentation des choses et qui aura fait se retourner dans leurs tombes les pères fondateurs de l'astrologie en quête au contraire d'un Ordre, d'une Unité qui certes se déclinerait, se conjuguerait, mais qui réaffirmerait périodiquement son pouvoir, sa puissance (dans tous les sens de ces termes)
De tels astrologues seraient-ils ainsi victimes de ce que les Hindous appelèrent la Maya? Cette diversité du monde qu'ils s'efforcent de faire se refléter dans le cosmos n'est-elle pas autre chose que des états subalternes et passagers de l'unité, tout comme le polythéisme ne serait que la somme des avatars du monothéisme, les objets que le total des secrétions du sujet?
Nous n'avons aucune objection à ce que la pensée astrologique s'ingénie à baliser la diversité du monde à condition qu'elle reste au service d'un projet unique et unifiant centré sur une configuration-reine.
JHB
24. 11. 09
Nous recevons, à la suite de notre interview avec Lisyanne Lacombe, ce mail de Mireille Petit (site Orphée-astro), disciple de l'astrologue italienne Lisa Morpurgo, auteur d'un ouvrage dont la traduction française (chez Hachette) fut couronnée en 1974 par un prix décerné lors du Colloque ISAR du Méridien (voir sur teleprovidence):
"J'aimerais vous faire remarquer en toute modestie que le Sagittaire correspond au début de la germination contrairement à ce que j'entends dans votre dialogue. A cette époque de l'année, la semence commence à s'adapter au milieu qui l'environne; la motte de terre qui la recouvre n'est plus tombe (Scorpion), mais ventre maternel (exaltation de la planète X), refuge protecteur et confortable (Jupiter), monde stimulant qui accueille le miracle de la métamorphose (Neptune). La première manifestation de vie de la semence en germination, est le mouvement tourbillonnant des cellules par lequel se développera la future plante (Neptune); l'attention se concentre sur l'activité physique, tandis que l'activité intellectuelle passe en second plan (exil de Mercure). L'adaptation au milieu est également une prise de possession, une installation; elle joint à l'inquiétude neptunienne un désir de stabilité (Jupiter, chute de Pluton).Voilà pourquoi le Sagittaire est considéré un signe "d'abondance" !
Cette façon d'associer signes et planètes-dieux nous parait, désormais, devoir être considérée avec quelque réserve. Vouloir conformer le rythme de la nature, au cours du cycle saisonnier, avec la succession des symboliques planétaires est probablement aussi vain que l'est la Théorie des Ages de J. P. Nicola, laquelle tente d'appliquer à la psychogénèse l'ordonnancement planétaire, selon une succession assez comparable. Pourquoi, d'ailleurs, ne pas appliquer ici le principe de réversibilité : on irait de la lune à Saturne puis de Saturne à la Lune, ce qui couvrirait une soixantaine d'années? L'on sait qu'avec l'âge, du fait d'une certaine décroissance, nous retombons peu à peu en enfance.... Certes, on peut toujours se prêter à un tel exercice, en forçant le trait des différents stades d'une cyclicité. On ne peut, cependant, se faire suivre, au sein même d'une même saison, une valeur jupitérienne et une valeur saturnienne - puissamment différenciées et allant symboliquement en sens inverse, par la tradition astrologique - comme le propose Mireille Petit. La sagesse veut de s'en tenir à un point de vue purement cinétique. Il est assez clair que ces deux planètes correspondent à des phases différentes ou qu'il ne faut les considérer que du seul point de vue astronomique, sans implication de signification archétypale, comme une sorte de système alphanumérique. Autrement dit, les 12 signes pourraient démarrer à partir de n'importe quel point tout comme l'on pourrait indiquer une série en se servant de l'ordre astronomique des planètes, comme ce fut selon nous le cas pour les domiciles. Un alphabet est un alphabet. Le nom des lettres importe peu, même quand il est associé à des valeurs numériques. Qui s'intéresse au fait que la lettre D vient du grec delta (dont elle est l'initiale), issu du phénicien pour désigner une porte (Délet) ou que le B vient de Bétha, "maison" dans les langues sémitiques? Aller au delà d'une simple terminologie ferait basculer dans la guématrie kabbalistique. On parlera donc ici d'un alphabet planétaire ou d'un alphabet zodiacal, applicable à tout support.
Avec Mireille Petit, interprète de Lisa Morpurgo, le problème se corse du fait du recours aux planètes transsaturniennes mais aussi transplutoniennes (X, Y); selon le principe- cher à Jean Carteret - qu'à 12 signes il faut faire correspondre 12 astres et dont J. P. Nicola ne veut pas entendre parler, s'en tenant à 10 astres. André Barbault, ouvert aux idées de Carteret, parlait à leur sujet, dans son Traité d'Astrologie Pratique, d'une octave supérieure, au delà donc du 7.
Nous avons récemment montré à quel point il importait d'évacuer du système des doubles domiciles les transsaturniennes vu que ces doubles domiciles indiquent l'idée majeure d'une réversibilité, d'un aller-retour, d'un retour d'ascenseur, d'une volonté de substituer à la cyclicité de la linéarité, de la spiralité, bref de permettre une fuite en avant, d''exil et non d'exode, de départ sans espoir de retour.
Mais il faut aussi souligner à quel point les planètes ne sont ici que des données en quelque sorte mathématiques, constituant une sorte de progression (voir la loi de Titius Bode, chère à J. P. Nicola, in Nombres et formes du cosmos). Que Jupiter indique un stade entre Mars et Saturne, d'accord, qu'il faille pour autant épiloguer sur la signification intrinsèque de Jupiter, c'est ouvrir la boîte à Pandore!
Il faut raison garder. La cyclicité astrologique doit rester simple. De quoi s'agit-il si ce n'est de la mis en adéquation d'un cycle végétal et d'un cycle minéral que les sociétés humaines prendraient pour modèle?
Ce cycle végétal est particulièrement perceptible quand on considère un arbre. Au printemps, l'arbre verdit et à l'automne, jaunir puis perdre ses feuilles. Le tronc de l'arbre - son squelette en quelque sorte- est ainsi recouvert, habillé, entouré de branches, d'un feuillage et à la fin du cycle, il en sera dépouillé, retrouvera sa nudité. Tout un programme!
L'Automne correspond au retour vers ce que nous appelons, dans le système NOA, le niveau 1, soit le solstice d'Hiver, lieu du plus grand dépouillement et étrangement célébré par l'arbre de Noël (du 25 décembre). puis avec l'Hiver, il y a déjà une recomplexification qui s'opère, encore que l'on se réchauffe grâce aux cheminées alimentées par des bûches, par des branches mortes. On parvient avec la fin du printemps à l'extrême du processus de diversification de la nature, le solstice d'été étant l'amorce de l'involution et ainsi de suite.
Maintenant, si l'on transpose tout cela au niveau du cosmos, il va falloir trouver un cycle. Or, il y a là l'embarras du choix! Toute la question sera donc de faire un choix parmi tous les candidats possibles. Or, nous savons que la plupart des astrologues - et Jean-Pierre Nicola ne fait pas exception- ont refusé de choisir, se contentant de poser certaines limites - on n'accepte pas les astres fictifs en astrologie conditionaliste (COMAC). Mais ce sont là des limites bien insuffisantes et bien timides qui n'assurent nullement la viabilité du système ainsi produit!
Selon nous, Saturne fut choisi comme matrice du cycle astronomique de référence, selon des critères forcément arbitraires, il ne restait plus alors que de ponctuer le dit cycle en conformité avec le cycle saisonnier, celui parcouru par "notre" arbre et là encore tout aussi arbitrairement. Un tel système avait l'avantage de "marcher" au sens organisationnel du terme -comme marche la constitution de la Ve République - et à partir de là il fut adopté et progressivement intégré, au cours des âges, dans les automatismes organiques des populations qui s'étaient branchées sur lui.
On relèvera évidemment le mot "arbitraire", plusieurs fois, sciemment, utilisé! Ce terme a le don de mettre mal à l'aise un grand nombre d'astrologues et même de penseurs de l'astrologie. Et c'est là que l'on peut parler, avec Bachelard, d'un obstacle épistémologique!
Nous dirons pour commencer qu'il y a des choix à faire.(voir le colloque de Marseille "Le(s) choix de l'Astrologie, 11. 11. 09, sur teleprovidence) que l'on ne peut refuser. Un astrologue qui refuserait l'idée de choix serait un bien piètre coach pour ses clients! En fait, soit l'on fait soi même un choix, soit le choix, la décision seront ou ont été dictés de l'extérieur, par d'autres. On reporte la question du choix à l'échelon supérieur ou à l'échelon inférieur. Pour notre part, il est essentiel de reporter certains choix en aval à partir du moment où le cadre a été fixé. Il est vrai aussi que nous ne sommes plus dans la situation de ceux qui ont fait ces choix en amont - car il importe que nous en prenions connaissance - mais évitons de nous projeter sur eux!
Le non-choix de la part de tant de penseurs de l'astrologie -et c'est là un trait constant de l'école française d'astrologie du XXe siècle - aura abouti à fausser totalement le parallèle entre cycle céleste et cycle végétal. En effet, l'ensemble du règne végétal est soumis à un seul et même super-cycle, déterminé par un nombre limité de paramètres, si ce n'est que c'est inversé dans l'hémisphère sud, tout en respectant le même schéma. Or, au niveau cosmique, il n'existe pas, à l'état naturel, de super-cycle de ce genre. Il aura donc bien fallu l'inventer!
Certes, il existe le cycle solaire mais on vient de voir que celui-ci sous-tendait le cycle saisonnier d'autant que sa périodicité annuelle - liée en réalité au géocentrisme - était précisément ce qui faisait problème, le but de l'opération étant de constituer un cycle d'une plus grande ampleur que l'année. (Voir nos études sur ce sujet, sur le journal de bord)
Le choix, selon nous , fut dicté par un fait très simple: Saturne était l'astre le plus lent que l'on connaissait alors parmi les planètes, il était le plus proche spatialement des étoiles fixes et qui plus est il offrait la même structure numérique que la Lune.(7/28), Saturne étant aux étoiles fixes ce que la Lune était au soleil, au niveau des conjonctions.
Pouvait-on adopter un cycle de 30 ans? C'était bien trop long! Elit-on un président pour 30 ans? La solution consista, selon nous, à couper le dit cycle en 4 et à considérer quatre périodes de 7 ans, environ, dont chacune serait vécue sur le modèle d'un cycle saisonnier complet. Autrement dit, en l'espace de 7 ans, l'on serait passé d'un solstice d'hiver au suivant : c'est l'ouroboros, le serpent qui se mord la queue. Telle serait l'unité de temps de l'Humanité.
On aura compris à quel point un tel cycle cosmique était artificiel par comparaison avec le cycle saisonnier voire avec le cycle soli-lunaire. Dont acte.
Dilemme pour la pensée astrologique! Soit accepter que l'astrologie se serait ainsi constituée "artificiellement", à l'instar d'une langue ou d'un code (dans tous les sens du terme), soit que l'astrologie aurait décrit une cyclicité cosmique ingérable de par son intrication même. On a l'impression de parler de contraception, entre les partisans du "choix' et leurs adversaires qui n'acceptent pas que l'on puisse décider de la naissance d'un enfant.
Toute l'Histoire de l'Astrologie Moderne se résout dans la façon dont une telle problématique aura été traitée, au cours des siècles, par les uns et par les autres. C'est ainsi que d'aucuns insisteront sur le fait que chaque planète, de par son nom, de par sa position par rapport aux autres (RET de Nicola), offre une tonalité différente, qui ne se confond pas avec celle des autres, d'où une entreprise de différenciation dont on peut décrire touts les dérives et qui selon nous correspond à un habillement d'un supercycle absent, au feuillage d'un arbre fantôme, d'une chair sans squelette, sans colonne vertébrale. Une astrologie invertébrée! Quel fouillis! Quelle anarchie!
Anarchie, en effet, qu'une telle représentation des choses et qui aura fait se retourner dans leurs tombes les pères fondateurs de l'astrologie en quête au contraire d'un Ordre, d'une Unité qui certes se déclinerait, se conjuguerait, mais qui réaffirmerait périodiquement son pouvoir, sa puissance (dans tous les sens de ces termes)
De tels astrologues seraient-ils ainsi victimes de ce que les Hindous appelèrent la Maya? Cette diversité du monde qu'ils s'efforcent de faire se refléter dans le cosmos n'est-elle pas autre chose que des états subalternes et passagers de l'unité, tout comme le polythéisme ne serait que la somme des avatars du monothéisme, les objets que le total des secrétions du sujet?
Nous n'avons aucune objection à ce que la pensée astrologique s'ingénie à baliser la diversité du monde à condition qu'elle reste au service d'un projet unique et unifiant centré sur une configuration-reine.
JHB
24. 11. 09
La domination zodiacale dans l'astrologie populaire
par Jacques HalBronn
Le Zodiaque est ce que le public connait de l'astrologie, encore que parfois il ne soit pas immédiatement associé à l'astrologie...
Mais pour le public, le zodiaque n'est pas un cycle. On ne se demande pas pourquoi l'on passe de tel signe à tel autre. C'est plutôt perçu comme une galerie de caractères, à l'instar de ceux de La Bruyère.
Or, au regard de l'astrologie, le zodiaque est d'abord un cercle, un cycle, ne serait-ce que par son étymologie, encore que celle-ci soit assez confuse. De fait, les astres du système solaire circulent dans une bande, d'une "ceinture", articulée autour de l'écliptique, ligne de parcours du soleil.
Quand quelqu'un dit qu'il est de tel signe, il ne sous-entend même pas que le soleil passait alors par ce signe, c'est dire à quel point les signes zodiacaux se sont individualisés et émancipés par rapport à toute idée de cyclicité. L'apport du signe zodiacal ascendant aura encore contribué à brouiller les pistes, encore que les gens comprennent que d'une heure à l'autre, l'ascendant puisse changer. Mais aucune exigence de continuité d'un signe au suivant n'est exprimée et il est d'ailleurs étonnant que les adversaires de l'astrologie n'aient pas souligné ce point (voir émission FR3 à Lyon, en 2000, reprise sur teleprovidence) car différenciation et cyclicité ne vont pas de pair quand on plaque sur les stades des valeurs qui, quant à elles, n'offrent aucun caractère de continuité, comme c'est le cas des planètes en domicile dans les signes ou, avec les Triplicités, les Quatre Eléments, où l'air précède l'eau au lieu de le suivre, comme le voudrait la physique.(solide/liquide/gaz)
Le Zodiaque populaire serait donc l'expression d'une spatialisation du temps, étant donné que nous sommes résignés à l'incohérence spatiale (des langues, des Etats), les gens étant intellectuellement beaucoup plus exigeants au niveau du temps. D'où l'intérêt qu'il y a, chaque fois que faire se peut, à passer du plan du Temps à celui de l'Espace pour neutraliser la critique.
L'astrologie moderne est marquée par un tel pli, d'où son recul par rapport à la prévision, l'astropsychologie se situant finalement dans un espace, le thème visant à spatialiser le cours des astres; privilégiant par rapport aux moments du cours d'un astre donné l'ensemble des astres à un moment donné.
Comment donc parler de l'astrologie, peut-on se demander à la lecture de certains ouvrages parus récemment (comme celui de l'historien R. G. Fabrice Guérin, "L'astrologie", Paris, Ed. Cavalier Bleu, ou le collectif codirigé (avec J. M. Pastré) par Charles Ridoux, 'L'astrologie, hier et aujourd'hui", Ed. Presses Universitaires de Rouen, 2008)? Ce dernier écrit (p. 17) en tête des actes d'un colloque réunissant historiens et praticiens de l'astrologie, qui se tint, près d'Abbeville, en 2002: " le fait astrologique était admis comme une réalité dont la pratique peut être objet d'étude comme toute autre activité de l'esprit".
Les astrologues devraient se méfier de la fréquentation des historiens ou- s'ils sont eux-mêmes formés à l'astrologie comme c'est le cas de Guérin et de Ridoux- de celle de l'Histoire. Car l'approche historique - et nous en savons quelque chose, étant docteur es lettres (voir notre notice sur wikipedia) - tend à figer l'objet qu'elle est censée étudier dans ses manifestations les plus contingentes et les plus aléatoires.
Certes, l'historien, en principe, a t-il vocation à essayer de comprendre le cours des choses mais, trop souvent, tel un élève paresseux qui connait par avance la solution d'un exercice, il se contente de décrire ce qu'il en est partant du principe que ce qui vient avant est la cause de ce qui vient après...ce qui pourrait constituer une sorte de postulat! Cela expliquerait pourquoi l'Histoire fut exclue de l'Académie des sciences au même titre que l'astrologie, comme le note Fabrice Guérin.
Pour notre part, nous préférons de loin la fréquentation de l'Anthropologie à celle de l'Histoire, même si nous avons consacré, par ailleurs, énormément de temps et d'énergie à la discipline historique. Ces deux disciplines sont d'ailleurs complémentaires, mais c'était déjà, n'est-ce pas, le point de vue de l'Ecole des Annales de Marc Bloch et de quelques autres.
Un des problèmes des historiens est d'être limité par le corpus dont ils disposent. Ils font au mieux avec les moyens du bord, s'interdisant de spéculer sur des états antérieurs ou des chainons manquants, comme le fit Mendeleïev, en chimie ou un Cuvier en paléontologie. Cela permet aux historiens de se mettre aisément d'accord puisqu'ils ne traitent que de ce qui nous est, plus ou moins par hasard, conservé, dans les bibliothèques. Mais d'un autre côté, tout ce qui est conservé les intéresse et cela sans opérer de tri. On prend tout en vrac. C'est un état d'esprit qui correspond à un certain profil mental...
L'on risque fort ainsi de manquer l'essentiel et de privilégier l'accessoire, ce qui a un certain côté baroque à ce petit monde. L'astrologue peut effectivement se sentir en affinité avec cette engeance qui n'est pas sans lien avec la brocante. Quant à l'historien de l'astrologie, il nous parle de Ptolémée (IIe siècle de notre ère) comme un point origine alors qu'il ne s'agit que d'un état tardif et syncrétique, même s'il est plus ancien relativement que l'essentiel de la littérature astrologique. Pour notre part, nous conseillons une approche archéologique du corpus astrologique, en mettant en évidence l'existence de couches successives. C'est ainsi que Fabrice Guérin quand il expose les différents pans du savoir astrologique ne souligne pas le fait que le mouvement diurne correspond à une toute autre forme d'astrologie et d'astronomie que le parcours zodiacal des planètes, qu'ils aient été confondus et intégrés par la suite au sein d'une seule et même structure n'est pas une excuse. D'ailleurs, Patrice Guinard ne procède pas autrement. On nous répliquera peut être: mais qu'en sait-on? C'est là que l'on observe à quel point la logique est une chose assez mal répartie chez les historiens. On en arrive ainsi à la présentation d'un objet astrologique informe et qui n'a pour lui que de perdurer et de servir, profitant d'une certaine rente de situation. Il est vrai que les objections des anti-astrologues auxquels répond Fabrice Guérin manquent souvent leur cible mais nous avons déjà dénoncé la tactique-prônée notamment par Joëlle de Gravelaine (voir ses interventions télévisées reprises sur teléprovidence) consistant à se contenter de souligner l'ignorance des adversaires.
Il suffirait ainsi que tel astrologue pratique d'une façon un peu différente de ses collègues pour pouvoir déclarer qu'il ne se sent pas visé par certaines attaques. C'est un peu facile! Certes, les astro-sceptiques ont-ils eux-mêmes le tort de ne pas s'en tenir à des objections générales qui vaudraient pour tous les discours astrologiques. Mais eux-mêmes préfèrent s'en prendre à un certain corpus qu'ils traitent sans méthode et sans ordre, ce qui les condamne à une certaine impuissance et les rend inoffensifs! Il serait donc souhaitable que dans un ouvrage sur l'astrologie, l'on ne s'en tienne pas à relever les objections qui trainent ici ou là mais que l'on pose - quand on est soi même astrologue - des questions de fond quant aux assises mêmes de l'astrologie. Sinon, c'est une victoire à la Pyrrhus, une politique de l'autruche.
JHB
24. 11. 09
Le Zodiaque est ce que le public connait de l'astrologie, encore que parfois il ne soit pas immédiatement associé à l'astrologie...
Mais pour le public, le zodiaque n'est pas un cycle. On ne se demande pas pourquoi l'on passe de tel signe à tel autre. C'est plutôt perçu comme une galerie de caractères, à l'instar de ceux de La Bruyère.
Or, au regard de l'astrologie, le zodiaque est d'abord un cercle, un cycle, ne serait-ce que par son étymologie, encore que celle-ci soit assez confuse. De fait, les astres du système solaire circulent dans une bande, d'une "ceinture", articulée autour de l'écliptique, ligne de parcours du soleil.
Quand quelqu'un dit qu'il est de tel signe, il ne sous-entend même pas que le soleil passait alors par ce signe, c'est dire à quel point les signes zodiacaux se sont individualisés et émancipés par rapport à toute idée de cyclicité. L'apport du signe zodiacal ascendant aura encore contribué à brouiller les pistes, encore que les gens comprennent que d'une heure à l'autre, l'ascendant puisse changer. Mais aucune exigence de continuité d'un signe au suivant n'est exprimée et il est d'ailleurs étonnant que les adversaires de l'astrologie n'aient pas souligné ce point (voir émission FR3 à Lyon, en 2000, reprise sur teleprovidence) car différenciation et cyclicité ne vont pas de pair quand on plaque sur les stades des valeurs qui, quant à elles, n'offrent aucun caractère de continuité, comme c'est le cas des planètes en domicile dans les signes ou, avec les Triplicités, les Quatre Eléments, où l'air précède l'eau au lieu de le suivre, comme le voudrait la physique.(solide/liquide/gaz)
Le Zodiaque populaire serait donc l'expression d'une spatialisation du temps, étant donné que nous sommes résignés à l'incohérence spatiale (des langues, des Etats), les gens étant intellectuellement beaucoup plus exigeants au niveau du temps. D'où l'intérêt qu'il y a, chaque fois que faire se peut, à passer du plan du Temps à celui de l'Espace pour neutraliser la critique.
L'astrologie moderne est marquée par un tel pli, d'où son recul par rapport à la prévision, l'astropsychologie se situant finalement dans un espace, le thème visant à spatialiser le cours des astres; privilégiant par rapport aux moments du cours d'un astre donné l'ensemble des astres à un moment donné.
Comment donc parler de l'astrologie, peut-on se demander à la lecture de certains ouvrages parus récemment (comme celui de l'historien R. G. Fabrice Guérin, "L'astrologie", Paris, Ed. Cavalier Bleu, ou le collectif codirigé (avec J. M. Pastré) par Charles Ridoux, 'L'astrologie, hier et aujourd'hui", Ed. Presses Universitaires de Rouen, 2008)? Ce dernier écrit (p. 17) en tête des actes d'un colloque réunissant historiens et praticiens de l'astrologie, qui se tint, près d'Abbeville, en 2002: " le fait astrologique était admis comme une réalité dont la pratique peut être objet d'étude comme toute autre activité de l'esprit".
Les astrologues devraient se méfier de la fréquentation des historiens ou- s'ils sont eux-mêmes formés à l'astrologie comme c'est le cas de Guérin et de Ridoux- de celle de l'Histoire. Car l'approche historique - et nous en savons quelque chose, étant docteur es lettres (voir notre notice sur wikipedia) - tend à figer l'objet qu'elle est censée étudier dans ses manifestations les plus contingentes et les plus aléatoires.
Certes, l'historien, en principe, a t-il vocation à essayer de comprendre le cours des choses mais, trop souvent, tel un élève paresseux qui connait par avance la solution d'un exercice, il se contente de décrire ce qu'il en est partant du principe que ce qui vient avant est la cause de ce qui vient après...ce qui pourrait constituer une sorte de postulat! Cela expliquerait pourquoi l'Histoire fut exclue de l'Académie des sciences au même titre que l'astrologie, comme le note Fabrice Guérin.
Pour notre part, nous préférons de loin la fréquentation de l'Anthropologie à celle de l'Histoire, même si nous avons consacré, par ailleurs, énormément de temps et d'énergie à la discipline historique. Ces deux disciplines sont d'ailleurs complémentaires, mais c'était déjà, n'est-ce pas, le point de vue de l'Ecole des Annales de Marc Bloch et de quelques autres.
Un des problèmes des historiens est d'être limité par le corpus dont ils disposent. Ils font au mieux avec les moyens du bord, s'interdisant de spéculer sur des états antérieurs ou des chainons manquants, comme le fit Mendeleïev, en chimie ou un Cuvier en paléontologie. Cela permet aux historiens de se mettre aisément d'accord puisqu'ils ne traitent que de ce qui nous est, plus ou moins par hasard, conservé, dans les bibliothèques. Mais d'un autre côté, tout ce qui est conservé les intéresse et cela sans opérer de tri. On prend tout en vrac. C'est un état d'esprit qui correspond à un certain profil mental...
L'on risque fort ainsi de manquer l'essentiel et de privilégier l'accessoire, ce qui a un certain côté baroque à ce petit monde. L'astrologue peut effectivement se sentir en affinité avec cette engeance qui n'est pas sans lien avec la brocante. Quant à l'historien de l'astrologie, il nous parle de Ptolémée (IIe siècle de notre ère) comme un point origine alors qu'il ne s'agit que d'un état tardif et syncrétique, même s'il est plus ancien relativement que l'essentiel de la littérature astrologique. Pour notre part, nous conseillons une approche archéologique du corpus astrologique, en mettant en évidence l'existence de couches successives. C'est ainsi que Fabrice Guérin quand il expose les différents pans du savoir astrologique ne souligne pas le fait que le mouvement diurne correspond à une toute autre forme d'astrologie et d'astronomie que le parcours zodiacal des planètes, qu'ils aient été confondus et intégrés par la suite au sein d'une seule et même structure n'est pas une excuse. D'ailleurs, Patrice Guinard ne procède pas autrement. On nous répliquera peut être: mais qu'en sait-on? C'est là que l'on observe à quel point la logique est une chose assez mal répartie chez les historiens. On en arrive ainsi à la présentation d'un objet astrologique informe et qui n'a pour lui que de perdurer et de servir, profitant d'une certaine rente de situation. Il est vrai que les objections des anti-astrologues auxquels répond Fabrice Guérin manquent souvent leur cible mais nous avons déjà dénoncé la tactique-prônée notamment par Joëlle de Gravelaine (voir ses interventions télévisées reprises sur teléprovidence) consistant à se contenter de souligner l'ignorance des adversaires.
Il suffirait ainsi que tel astrologue pratique d'une façon un peu différente de ses collègues pour pouvoir déclarer qu'il ne se sent pas visé par certaines attaques. C'est un peu facile! Certes, les astro-sceptiques ont-ils eux-mêmes le tort de ne pas s'en tenir à des objections générales qui vaudraient pour tous les discours astrologiques. Mais eux-mêmes préfèrent s'en prendre à un certain corpus qu'ils traitent sans méthode et sans ordre, ce qui les condamne à une certaine impuissance et les rend inoffensifs! Il serait donc souhaitable que dans un ouvrage sur l'astrologie, l'on ne s'en tienne pas à relever les objections qui trainent ici ou là mais que l'on pose - quand on est soi même astrologue - des questions de fond quant aux assises mêmes de l'astrologie. Sinon, c'est une victoire à la Pyrrhus, une politique de l'autruche.
JHB
24. 11. 09
Le processus de l'importation/emprunt en astrologie
par Jacques HalBronn
Il convient de se méfier des emprunts, qui sont autant de fausses pistes mais qui n'en sont pas moins inévitables. L'astrologie n'aura certes pas échappé à cette tentation de recourir aux savoirs les plus divers, ce qui risque fort d'égarer l'historien de ce domaine qui se retrouve incapable de dissocier le noyau de l'astrologie de ce qu'elle a pu récupérer ici ou là, au cours de sa longue carrière. Quand les dits emprunts correspondent à des savoirs prestigieux ou singulièrement cohérents, la tentation est grande pour l'astrologue de se les approprier définitivement, de les mettre sur le compte de l'astrologie. On entend ainsi tel astrologue défendre la présence et la pérennité de tel emprunt en astrologie en en décrivant l'intérêt, d'où souvent une accumulation, une juxtaposition de belles choses, de beaux objets, qui n'en constituent pas moins un ensemble hétéroclite et hétérogène. L'emprunt relève de l'avoir et non de l'être et il peut déformer, défigurer, dénaturer ce à quoi il s'applique. L'avoir est certes nécessaire à la manifestation de l'être - passage de la puissance à l'acte- mais il ne saurait être que supplétif, un moyen et non une fin.
Giuseppe Bezza ( « Historiographie de l'astrologie », Paris, EHESS, 2004, Ed. Brepols) soutient, à juste titre, que la symbolique zodiacale à laquelle recourt l'astrologie, serait issue de certaines représentations du cycle saisonnier (voir notre entretien avec Serge Bret Morel, à paraitre sur Teleprovidence.com).
A diverses reprises l'astrologie a été conduite à importer des subdivisions préexistant dans d'autres domaines ou à généraliser un processus au départ limité à l'une de ses branches, en vue de l'étendre à d'autres, non sans risquer de pratiquer ainsi quelque forme de placage. On pense aux degrés monomères littéralement plaqués sur l'astrologie de façon à conférer du sens à chacun des 360° du zodiaque. Dans ce domaine, l'on notera d'ailleurs une certaine créativité et de nombreuses propositions, comme celle de Gilles Verneret (récemment intervenu au Colloque du RAO, à Lyon) avec ses "degrés existentiels" laquelle diffère des "sabian symbols" de Rudhyar; de ceux de Sepharial (Volasfera), de Charubel (Robert Amadou a publié un travail à ce sujet pour des formes plus anciennes)
Par la suite, de tels emprunts vont s'incruster sans pour autant démontrer leur pertinence par delà une certaine commodité, une certaine euristique à la valeur très relative. On pourrait en dire autant probablement des maisons astrologiques dont les significations, liées aux âges de la vie, ont vraisemblablement préexisté à leur présence au sein du corpus astrologique. Emprunts donc au cycle annuel comme à celui du cycle de vie. Notons que c'est le sens même du mot zodiaque, ce qui pourrait donner à penser que le mot zodiaque a à voir, au départ, avec les significations des maisons astrologiques. A contrario, les significations des maisons astrologiques correspondent assez mal au découpage du mouvement diurne, si ce n'est au nom d'un certain système de correspondance, qui ne fait sens que dans le cadre des techniques prévisionnelles de direction..
On aura compris que, selon nous, tout habillage d'un cycle est arbitraire et relève de l'emprunt à d'autres domaines. On nous fera probablement remarquer que tout cycle est, de toute façon, dans l'absolu, arbitraire. Mais ce n'est pas le même niveau d'arbitraire, l'un servant visiblement de cadre à l'autre, qui lui est subalterne.
En conséquence de quoi, nous dirons que ces subdivisions sont interchangeables et peuvent être mises au goût du jour, comme l'a fait un Jean-Pierre Nicola, à partir des années soixante du siècle dernier.
Toute tentative de vouloir maintenir indéfiniment de tels emprunts au sein de l'astrologie relève d'une volonté de blocage, d'une résistance à un recentrage, à un ressourcement qui ne saurait se situer au niveau des emprunts, si ce n'est précisément en ce qui concerne la mise en place de configurations principales et maitresses, tout comme une langue, une fois débarrassée de ses emprunts se ressource dans ses racines originelles, dans tous les sens du mot racine.
Mais peut-on concevoir une astrologie dépouillée de ses emprunts à diverses cyclicités? Il est clair que l'astrologie emprunte à l'astronomie mais pas tout et pas n'importe quoi et disons-le elle le fera avec modération, sans avoir les yeux plus gros que le ventre.
Si l'astrologie emprunte à l'astronomie, elle devra en effet le faire avec discernement. Or, il arrive que des épigones, dès lors qu'une source a été identifiée, considèrent qu'ils peuvent puiser sans limites dans un tel vivier et cela explique les dérives du recours aux planètes transsaturniennes et aux divers astéroïdes, sous prétexte que c'est aussi de l'astronomie!
Nous pensons qu'il convient de signaler le cas des emprunts à la mythologie et à ce que l'on pourrait appeler une sorte de théomancie ou de panthéomancie dont chacun sait que l'astrologie est affectée. On en arrive à devoir entendre des déclarations d'astrologues selon lesquels l'astrologie serait fondée sur la mythologie et comme l'astronomie moderne recourt à la dite mythologie, l'on assiste à un amalgame entre astronomie et mythologie dans la tête de plus d'un astrologue de ce début de XXIe siècle. Or, quel que soit la qualité de l'agencement mythologique, on ne voit pas pourquoi l'astrologie devrait se résigner pour toujours à son incrustation, sans basculer dans une certaine forme d'aliénation.
Le problème, c'est qu'à force d'emprunter à gauche et à droite à toutes sortes de séries de termes, l'astrologie, comme le dit Serge Bret Morel, n'est plus qu'un patchwork, l'ensemble des dites séries ne constituant pas forcément un tout spécialement cohérent, ce qui n'empêche pas le dit SBM (voir son site L'astrologie et la raison) de qualifier de 'système" une telle collection, fortement syncrétique.(voir son texte sur le "savoir faire astrologique".
Il conviendrait enfin d'éviter l'anachronisme consistant à dater une discipline de l'apparition de tel ou tel de ses emprunts. Dater ainsi l'origine du zodiaque ne revient nullement à dater celle de l'astrologie laquelle peut lui être aussi bien antérieure que postérieure. Et il en est de même pour tout emprunt. On peut ainsi parfaitement concevoir une astrologie ayant précédé le zodiaque, du moins sous la forme généralement reconnue et il en est de même pour tous les emprunts susmentionnés, mythologie comprise. A cela, SBM pourra nous répondre que ce qui l'intéresse, c'est l'origine de l'astrologie actuelle, telle qu'elle se pratique de nos jours. Fort bien! Mais épistémologiquement, une telle position purement historiographique, nous parait bien limitée même si, à l'évidence, elle a l'avantage de disposer d'une très riche documentation comparée à celle dont on dispose pour des stades antérieurs.
Par quel retournement en est-on donc arrivé à ne plus rien savoir de ce qui est central et à être en surabondance de ce qui est secondaire? Tel est bien en effet le constat que l'on peut faire de l'état de l'astrologie actuelle, ce que l'on peut expliquer, somme toute, par le manque d'envergure de ceux qui de nos jours se consacrent à l'astrologie, plus doués pour les détails que pour retracer les grandes lignes, les axes majeurs.
On nous décrit sous le nom de "bases" non pas les structures nues mais leur habillement comme quelqu'un qui ne connaitrait autrui que par telle ou telle parure et non pour ce qu'il est en soi, si bien que dès qu'il voit la dite parure, il croit qu'il s'agit de telle personne et non pas de telle autre. Une astrologie à l'image d'une gastronomie qui s'intéresserait plus aux sauces et aux accompagnements qu'à la qualité du produit censé être ainsi assaisonné, comme si cela importait fort peu!
Certes, il existe une astrologie mondiale qui pourrait comporter un schéma de référence mais un divorce s'est fait entre les tenants de cette astrologie et ceux qui se sont spécialisés dans l'approvisionnement en ingrédients. Il serait temps de réconcilier ces deux branches, tout en faisant admettre la primauté de l'une sur l'autre.
On aura compris qu'au regard du NOA -le Nouvel Ordre Astrologique- un tel processus d'importation appartient à la phase évolutive du cycle, c'est à dire aux niveaux 2 à 4. Ces niveaux correspondent, en quelque sorte, à un processus d'endettement qui pèse sur notre liberté et il importe périodiquement de nous en libérer, tout comme de tout ce que nous avons pu générer ou proférer. Or, il y a une large population humaine qui voudrait, au nom d'une certaine éthique, que nous restions indéfiniment prisonniers de ce que nous avons émis et produit, de notre passé. Il importe de distinguer un passé contingent individuel, dans la durée brève, et un passé fondateur collectif, dans la longue durée. Le passé individuel risque fort d'empêcher de remonter, d'accéder à la source commune.
JHB
17. 11. 09
Il convient de se méfier des emprunts, qui sont autant de fausses pistes mais qui n'en sont pas moins inévitables. L'astrologie n'aura certes pas échappé à cette tentation de recourir aux savoirs les plus divers, ce qui risque fort d'égarer l'historien de ce domaine qui se retrouve incapable de dissocier le noyau de l'astrologie de ce qu'elle a pu récupérer ici ou là, au cours de sa longue carrière. Quand les dits emprunts correspondent à des savoirs prestigieux ou singulièrement cohérents, la tentation est grande pour l'astrologue de se les approprier définitivement, de les mettre sur le compte de l'astrologie. On entend ainsi tel astrologue défendre la présence et la pérennité de tel emprunt en astrologie en en décrivant l'intérêt, d'où souvent une accumulation, une juxtaposition de belles choses, de beaux objets, qui n'en constituent pas moins un ensemble hétéroclite et hétérogène. L'emprunt relève de l'avoir et non de l'être et il peut déformer, défigurer, dénaturer ce à quoi il s'applique. L'avoir est certes nécessaire à la manifestation de l'être - passage de la puissance à l'acte- mais il ne saurait être que supplétif, un moyen et non une fin.
Giuseppe Bezza ( « Historiographie de l'astrologie », Paris, EHESS, 2004, Ed. Brepols) soutient, à juste titre, que la symbolique zodiacale à laquelle recourt l'astrologie, serait issue de certaines représentations du cycle saisonnier (voir notre entretien avec Serge Bret Morel, à paraitre sur Teleprovidence.com).
A diverses reprises l'astrologie a été conduite à importer des subdivisions préexistant dans d'autres domaines ou à généraliser un processus au départ limité à l'une de ses branches, en vue de l'étendre à d'autres, non sans risquer de pratiquer ainsi quelque forme de placage. On pense aux degrés monomères littéralement plaqués sur l'astrologie de façon à conférer du sens à chacun des 360° du zodiaque. Dans ce domaine, l'on notera d'ailleurs une certaine créativité et de nombreuses propositions, comme celle de Gilles Verneret (récemment intervenu au Colloque du RAO, à Lyon) avec ses "degrés existentiels" laquelle diffère des "sabian symbols" de Rudhyar; de ceux de Sepharial (Volasfera), de Charubel (Robert Amadou a publié un travail à ce sujet pour des formes plus anciennes)
Par la suite, de tels emprunts vont s'incruster sans pour autant démontrer leur pertinence par delà une certaine commodité, une certaine euristique à la valeur très relative. On pourrait en dire autant probablement des maisons astrologiques dont les significations, liées aux âges de la vie, ont vraisemblablement préexisté à leur présence au sein du corpus astrologique. Emprunts donc au cycle annuel comme à celui du cycle de vie. Notons que c'est le sens même du mot zodiaque, ce qui pourrait donner à penser que le mot zodiaque a à voir, au départ, avec les significations des maisons astrologiques. A contrario, les significations des maisons astrologiques correspondent assez mal au découpage du mouvement diurne, si ce n'est au nom d'un certain système de correspondance, qui ne fait sens que dans le cadre des techniques prévisionnelles de direction..
On aura compris que, selon nous, tout habillage d'un cycle est arbitraire et relève de l'emprunt à d'autres domaines. On nous fera probablement remarquer que tout cycle est, de toute façon, dans l'absolu, arbitraire. Mais ce n'est pas le même niveau d'arbitraire, l'un servant visiblement de cadre à l'autre, qui lui est subalterne.
En conséquence de quoi, nous dirons que ces subdivisions sont interchangeables et peuvent être mises au goût du jour, comme l'a fait un Jean-Pierre Nicola, à partir des années soixante du siècle dernier.
Toute tentative de vouloir maintenir indéfiniment de tels emprunts au sein de l'astrologie relève d'une volonté de blocage, d'une résistance à un recentrage, à un ressourcement qui ne saurait se situer au niveau des emprunts, si ce n'est précisément en ce qui concerne la mise en place de configurations principales et maitresses, tout comme une langue, une fois débarrassée de ses emprunts se ressource dans ses racines originelles, dans tous les sens du mot racine.
Mais peut-on concevoir une astrologie dépouillée de ses emprunts à diverses cyclicités? Il est clair que l'astrologie emprunte à l'astronomie mais pas tout et pas n'importe quoi et disons-le elle le fera avec modération, sans avoir les yeux plus gros que le ventre.
Si l'astrologie emprunte à l'astronomie, elle devra en effet le faire avec discernement. Or, il arrive que des épigones, dès lors qu'une source a été identifiée, considèrent qu'ils peuvent puiser sans limites dans un tel vivier et cela explique les dérives du recours aux planètes transsaturniennes et aux divers astéroïdes, sous prétexte que c'est aussi de l'astronomie!
Nous pensons qu'il convient de signaler le cas des emprunts à la mythologie et à ce que l'on pourrait appeler une sorte de théomancie ou de panthéomancie dont chacun sait que l'astrologie est affectée. On en arrive à devoir entendre des déclarations d'astrologues selon lesquels l'astrologie serait fondée sur la mythologie et comme l'astronomie moderne recourt à la dite mythologie, l'on assiste à un amalgame entre astronomie et mythologie dans la tête de plus d'un astrologue de ce début de XXIe siècle. Or, quel que soit la qualité de l'agencement mythologique, on ne voit pas pourquoi l'astrologie devrait se résigner pour toujours à son incrustation, sans basculer dans une certaine forme d'aliénation.
Le problème, c'est qu'à force d'emprunter à gauche et à droite à toutes sortes de séries de termes, l'astrologie, comme le dit Serge Bret Morel, n'est plus qu'un patchwork, l'ensemble des dites séries ne constituant pas forcément un tout spécialement cohérent, ce qui n'empêche pas le dit SBM (voir son site L'astrologie et la raison) de qualifier de 'système" une telle collection, fortement syncrétique.(voir son texte sur le "savoir faire astrologique".
Il conviendrait enfin d'éviter l'anachronisme consistant à dater une discipline de l'apparition de tel ou tel de ses emprunts. Dater ainsi l'origine du zodiaque ne revient nullement à dater celle de l'astrologie laquelle peut lui être aussi bien antérieure que postérieure. Et il en est de même pour tout emprunt. On peut ainsi parfaitement concevoir une astrologie ayant précédé le zodiaque, du moins sous la forme généralement reconnue et il en est de même pour tous les emprunts susmentionnés, mythologie comprise. A cela, SBM pourra nous répondre que ce qui l'intéresse, c'est l'origine de l'astrologie actuelle, telle qu'elle se pratique de nos jours. Fort bien! Mais épistémologiquement, une telle position purement historiographique, nous parait bien limitée même si, à l'évidence, elle a l'avantage de disposer d'une très riche documentation comparée à celle dont on dispose pour des stades antérieurs.
Par quel retournement en est-on donc arrivé à ne plus rien savoir de ce qui est central et à être en surabondance de ce qui est secondaire? Tel est bien en effet le constat que l'on peut faire de l'état de l'astrologie actuelle, ce que l'on peut expliquer, somme toute, par le manque d'envergure de ceux qui de nos jours se consacrent à l'astrologie, plus doués pour les détails que pour retracer les grandes lignes, les axes majeurs.
On nous décrit sous le nom de "bases" non pas les structures nues mais leur habillement comme quelqu'un qui ne connaitrait autrui que par telle ou telle parure et non pour ce qu'il est en soi, si bien que dès qu'il voit la dite parure, il croit qu'il s'agit de telle personne et non pas de telle autre. Une astrologie à l'image d'une gastronomie qui s'intéresserait plus aux sauces et aux accompagnements qu'à la qualité du produit censé être ainsi assaisonné, comme si cela importait fort peu!
Certes, il existe une astrologie mondiale qui pourrait comporter un schéma de référence mais un divorce s'est fait entre les tenants de cette astrologie et ceux qui se sont spécialisés dans l'approvisionnement en ingrédients. Il serait temps de réconcilier ces deux branches, tout en faisant admettre la primauté de l'une sur l'autre.
On aura compris qu'au regard du NOA -le Nouvel Ordre Astrologique- un tel processus d'importation appartient à la phase évolutive du cycle, c'est à dire aux niveaux 2 à 4. Ces niveaux correspondent, en quelque sorte, à un processus d'endettement qui pèse sur notre liberté et il importe périodiquement de nous en libérer, tout comme de tout ce que nous avons pu générer ou proférer. Or, il y a une large population humaine qui voudrait, au nom d'une certaine éthique, que nous restions indéfiniment prisonniers de ce que nous avons émis et produit, de notre passé. Il importe de distinguer un passé contingent individuel, dans la durée brève, et un passé fondateur collectif, dans la longue durée. Le passé individuel risque fort d'empêcher de remonter, d'accéder à la source commune.
JHB
17. 11. 09
Le NOA (Nouvel Ordre Astrologique) : distinguer les niveaux 1 et 2
L'idée du NOA ne consiste nullement à régenter les pratiques astrologiques de A jusqu'à Z. Il n'est pas question ici d'un quelconque projet totalitaire, comme on pourrait le penser pour le système de J. P. Nicola voire de Rudhyar. Il s'agit, tout au contraire, d'un certain lâcher prise de la démarche théoricienne avec des contreparties, somme toute, assez mineures et que bien des praticiens semblent disposés à accepter. Avec le NOA, il n'est pas non plus question de prôner une déontologie déconseillant telle ou telle pratique, comme on a cru bon vouloir l'instaurer à la FDAF. Mais il ne s'agit pas non plus d'un complet laisser faire (se réduisant à un savoir faire, comme le propose un Serge Bret-Morel). Le NOA, c'est autre chose et comme pour l'œuf de Christophe Colomb, encore fallait-il y penser.
Ce que demande le NOA à ses membres, c'est d'admettre simplement de reconnaitre et d'admettre un certain modèle qui coifferait et organiserait les diverses approches de l'astrologie. Une fois le dit modèle accepté, chacun est libre de procéder comme il l'entend. Est-ce là trop demander pour permettre à l'Astrologie de trouver une certaine unité et une certaine scientificité, en amont et une efficacité sur le terrain en aval?
.Ce que demande le NOA à ceux qui reconnaissent son autorité, c'est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, les bœufs étant censés trainer la charrue et non l'inverse. Et qu'est ce qui traine et entraine l'astrologie, si ce n'est une cyclicité offrant une certaine transparence. Au NOA, on connait ce qui se passe dans la pratique et l'on sait pertinemment que les astrologues ne sont pas au clair avec la cyclicité, en dépit de leurs dires. Et il faut que cela change! Comme nous disons, au NOA, mettre en circulation trop de cycles tuent la cyclicité, noient le discours astrologique! Il ne semble pas qu'Yves Lenoble, par exemple, ait pris la mesure du problème, dans son traité sur les cycles en astrologie....
Le NOA ne propose pas un système de plus mais un supersystéme englobant tous les systèmes et seule cette faculté englobante qualifie un supersystéme.
Avant même de déterminer ce qu'est ce supersystéme, il importe déjà de préciser ce qu'il n'est pas, à savoir qu'il ne prétend aucunement proposer ou imposer un certain zodiaque, un certain système des aspects, des maisons, une certaine série de planètes. Le NOA est ouvert à tous les systèmes sans exception, du moment qu'ils acceptent de se situer dans ce que nous appelons le niveau 2.(voir nos discussions sur teleprovidence, au cours du mois de novembre 2009)
L'idée principale du NOA est en effet la distinction entre ce qu'on appellera le niveau 1 et le niveau 2. En 1, il y a unité, en 2, il y a diversité. En 1, il y a accord sur un supercycle, en 2, il y a défocalisation et invitation à la créativité de chaque astrologue. On pourrait dire que le niveau 1 est en phase avec le masculin et le niveau 2 avec le féminin, un seul et même supercycle pouvant inspirer générer un nombre illimité d'applications.
On aura compris que le niveau 1 n'a pas et n'entend pas empiéter sur le niveau 2. Rappelons encore une fois le "contrat" : chaque membre du NOA reconnait la suprématie d'un supercycle et à partir de là, il peut aménager le dit supercycle à sa guise, en le subdivisant, en le combinant comme il l'entend, ce qui signifie qu'il peut y greffer le thème natal, les transsaturniennes etc, etc.
Cette liberté du niveau 2 a un prix, elle ne se situe pas sur le plan scientifique, à la différence du niveau 1. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
Pour mettre un peu plus les points sur les "i", nous dirons que le niveau 1 laisse de côté toute forme de subdivision du cycle, chacun en faisant son affaire privée.
Mais alors, qu'est ce que l'on met dans le niveau 1 du NOA? Un minimum. A savoir le mouvement diurne avec les résultats statistiques de Gauquelin- qui ne sont que de peu d'utilité au niveau du suivi prévisionnel- et surtout une configuration principale, alliant deux astres visibles, ayant donc une corporéité en quelque sorte minérale, tout ce qui est virtuel, invisible, appartenant au niveau 2. (voir notre entretien avec Christian Lamargot, sur teleprovidence)
Certes, nous n'en disconviendrons pas, le niveau implique que des choix arbitraires aient été effectués car toute sémiologie exige de faire des choix, ce que ne fait pas la Nature. L'astrologie relève du regard de l'Homme sur le Cosmos et non du Cosmos en tant qu'entité en soi, comme le pense un J. P. Nicola. Entendons que les hommes ne se sont pas contenté d'attribuer à chaque astre quelque nom, voire quelque fonction mais ils ont trié les astres pour ne retenir, au départ, que deux d'entre eux, condition nécessaire pour établir une cyclicité. C'est précisément le rôle des spécialistes du niveau 1 que de restituer les choix ainsi opérés en procédant par élimination mais aussi en recoupant au moyen des statistiques cycliques, ce qui relève peu ou prou de ce qu'on appelle communément l'astrologie mondiale.
L'astrologie est avant tout, en son sommet, une anthropologie des configurations célestes - une anthropocosmologie comme disait le regretté Jean Hoyoux (dont nous avons mis en ligne sur teleprovidence certaines interventions, en audio) intégrées dans la vie sociale des humains, d'abord consciemment et peu à peu subconsciemment, sur une très longue durée. Ce n'est donc pas tel ou tel astre qui agirait mais le cycle constitué par cet astre en liaison avec un autre astre, l'un des astres étant nécessairement plus rapide que l'autre.
Il faut relever à ce propos un blocage/obstacle épistémologique qui tient à l'abandon par l'astrologie contemporaine occidentale des étoiles fixes - comme c'est le cas notamment pour J. P. Nicola ou pour André Barbault -et par voie de conséquence, le surinvestissement du découpage zodiacal qui en tient lieu mais sur un mode fictif. On nous rebat actuellement les oreilles avec l'entrée de Pluton en capricorne, ce qui montre bien qu'il subsiste là, très confusément, une certaine dualité planète/étoiles. Or, le zodiaque n'est qu'une subdivision de niveau 2 (cf. supra), certes commode mais sans substrat matériel ni scientifique, tout juste capable d'une transmission livresque, avec des monuments pour support.
Ce que nous proposons pour le niveau 1, c'est d'opter pour une configuration planète-étoile, ce qui offre certains avantages à savoir la préservation des équilibres numériques au sein du système solaire, à commencer par le couple Lune-Saturne doté des mêmes chiffres : le 28, le 7. Ces chiffres ne se maintiennent strictement qu'à condition de combiner une planète avec une étoile fixe ou une série d'étoiles fixes. Tout cycle entre deux planètes détruit toute cyclicité régulière et différera avec chacun de ses partenaires. En revanche, un cycle reliant une planète et une ou plusieurs étoiles offrira une grande stabilité. Dans le cas du cycle soleil-lune, rappelons que la lunaison ne coïncide pas avec le retour sidéral de la lune et que par ailleurs, chaque cycle que la lune établira avec les planètes sera d'une durée distincte, pour chacune.
Selon nous, le supercycle de niveau 1 s'est constitué à partir du modèle soli-lunaire, à savoir le processus nouvelle lune-pleine lune au cours d'un mois et non pas tant le nombre de lunaisons pendant une année. (Même si le nombre des lunaisons a par la suite influé sur la structure du zodiaque, comme l'a montré Giuseppe Bezza, dans sa thèse sur l'Historiographie de l'astrologie)
Un certain nombre de coïncidences aura conduit à élire le cycle Saturne/étoiles fixes, en tant que calque, à une autre échelle de temps mais avec les mêmes bases numériques susmentionnées. Le dit cycle saturnien, on l'a dit, a quelque chose de lunaire et peut être découpé en 4 si l'on choisit quatre étoiles formant un carré, ce qui est le cas des étoiles dites royales, servant à marquer les points cardinaux. On passait ainsi du jour à l'année, soit une temporalité environ 360 fois plus longue.
L'astrologie se rapproche plus de la musique que de la peinture. Pour Lévi-Strauss, qui vient de disparaitre, à 100 ans, la peinture se sert de données découvertes dans la nature, à savoir les couleurs -qu'elle soit figurative ou abstraite tandis que la musique génère une réalité nouvelle ."Entre peinture et musique, il n'existe donc pas de parité véritable. L'une trouve dans la nature sa matière : les couleurs sont données avant d'être utilisées et le vocabulaire atteste leur caractère dérivé jusque dans la désignation des plus subtiles nuances (...) Autrement dit, il n'existe de couleurs en peinture que parce qu'il y a déjà des êtres et des objets colorés (...) C'est seulement après coup et, pourrait-on dire de façon rétroactive que la musique reconnait aux sons des propriétés physiques (..)La peinture organise intellectuellement, au moyen de la culture, une nature qui lui était déjà présente comme organisation sensible. La musique parcourt un trajet exactement inverse : car la culture lui était déjà présente, mais sous forme sensible, avant qu'au moyen de la nature, elle l'organise intellectuellement. Que l'ensemble sur lequel elle opère soit d'ordre culturel explique que la musique naisse entièrement libre des liens représentatifs qui maintiennent la peinture sous la dépendance du monde sensible et de son organisation en objets" (Mythologiques. Le cru et le cuit, Paris, Plon, 1964, pp. 27-30)
Pour nous, en effet, l'astrologie ne serait point née d'une observation du monde- comme tant d'astrologues continuent à le prétendre- mais serait une combinatoire radicalement neuve et en cela elle échapperait au champ de l'astronomie, quand bien même la dite combinatoire se servirait-elle d'astres. Le pianiste se sert bien d'un piano....En ce sens, l'astrologie transcende la nature et en même temps l'enrichit.
Pour rester dans la sphère Lévi-straussienne, nous dirons que l'astrologie, au niveau 1, est un mythe fondateur, élaboré relativement tardivement par certaines sociétés humaines, et depuis décliné à l'infini dans les autres niveaux et c'est cette déclinaison, cette dérivation, faite d'emprunts de toutes sortes, qui lui permet de laisser son empreinte sur le monde en se laissant imprégner par lui, sans pour autant perdre son âme, ce qui exige qu'elle ne se laisse jamais définitivement marquée par ce qui se trame aux niveaux 2, 3 et 4, qui ne seraient que des avatars éphémères. En tant que mythe, constitué d'une combinatoire parfaitement arbitraire, mais servant de référentiel, de source, elle est une extraordinaire invention humaine projetée sur le monde et une autoprogrammation neurosensorielle, organique, génétique, qui ne passe pas par l'emprise aliénante de la technologie, laquelle n'existe que par la transmission culturelle. Un être humain qui nait aujourd'hui n'est dépositaire d'aucun savoir technologique, il ne sait pas instinctivement plus se servir d'un ordinateur que s'il était né cinq siècles plus tôt. En revanche, il a un rapport atavique au cosmos, du moins si son hérédité le lui permet. Rappelons que pour nous, tous les hommes n'entretiennent pas de relation directe et subconsciente avec le cosmos, sinon à un niveau primaire, celui des particules, qui ne saurait fonder l'astrologie. De proche en proche, l'astrologie se répand universellement tant comme savoir que comme effet mais il ne faudrait pas oublier que la source de tout ce processus est fort restreinte : petites causes, grands effets. Une combinatoire simple - on pourrait parler d'un accord au sens musical du terme - un nombre limité de récepteurs, un impact périodique, suffisent, à terme, par ricochet, selon un effet boule de neige, à couvrir un champ très large, ce qui est selon nous la leçon de toute causalité. A contrario, nous refusons de présenter l'astrologie, comme sont trop tentés de le faire tant d'astrologues, dans une perspective "synchroniste" selon laquelle le cosmos serait le reflet de ce que nous vivons au jour le jour, heure par heure - thème natal oblige - tous autant que nous sommes. Cela dit, rien n'empêche un astrologue de greffer, en niveau 2, 3 ou 4, ce que bon lui semble sur la trame du niveau 1...
En conclusion, nous dirons qu'une fois un tel supercycle adopté au niveau 1, chaque astrologue est libre de greffer tout ce qu'il voudra, et cela de façon illimitée. Claude Lévi-Strauss, insistait sur l'impossibilité, la vanité, l'inanité de couvrir totalement un champ de dérivations : "Autant vaudrait de reprocher à un linguiste d'écrire la grammaire d'une langue sans avoir enregistré la totalité des paroles qui ont été prononcées depuis que cette langue existe et sans connaitre les échanges verbaux qui auront lieu aussi longtemps que cette langue existera. L'expérience prouve qu'un nombre de phrases dérisoire, en comparaison de toutes celles qu'il aurait pu théoriquement recueillir (...) permet au linguiste d'élaborer une grammaire de la langue qu'il étudie" (Mythologiques. Le cru et le cuit, op. cit, p.15)
Selon nous, l'astrologie, dans le cadre du NOA, cesse d'être une nébuleuse insaisissable, dès lors que l'on prend en compte les 4 niveaux que nous avons définis, allant du "mythe" fondateur jusqu'à l'intégration des données propres au vécu du client..." En assumant et en relativisant sa diversité, elle retrouve son unité.
Dans un article (non signé) paru sur Wikipedia, donc sur Internet, "Mises en relation des Planètes avec les Signes astrologiques", nous lisons:
"Le corpus de l'astrologie est complexe et l'on peut se demander où réside son centre. Selon Jacques Halbronn, il s'agit probablement de la mise en relation(s) des planètes avec les signes astrologiques, théorie qui renvoie également aux quatre qualités élémentales et aux quatre éléments, ainsi qu'aux aspects", l'auteur s'appuyant sur une édition de nos "Clefs pour l'Astrologie", datant de 1993. Quelle est notre position, plus de 15 ans plus tard? Notre propos, déjà à l'époque, était de différencier astrologie et astronomie, de préciser, en quelque sorte, la valeur ajoutée de l'astrologie. Mais l'on notera une grave absence, celle de la cyclicité. Nous étions loin alors de nous intéresser aux étoiles fixes, d'où l'importance accordée au zodiaque. Cette combinatoire planètes/signes nous aura absorbé, durant de longues années, et déjà fin 1969, il y a donc exactement 40 ans, nous avions procédé à une restructuration/ restauration de ce dispositif, parallèlement au travail entrepris en Italie par Lisa Morpurgo, que nous rencontrâmes en 1971, à Aalen (Allemagne). Avec le recul du temps, tout cela nous semble avoir été assez vain mais nous étions tributaires des orientations prises par nos ainés, tel un Néroman ou un Carteret. Le problème, désormais, à nos yeux, n'est plus de déterminer quelle planète va avec tel signe mais bien quelle est la configuration centrale de l'astrologie, autour de quel binôme planète/étoile elle s'est constituée, ce qui relève d'une sémiologie exclusive (qui rejette, trie, choisit) et non inclusive. (qui englobe). Décalage diachronique en ce que l'astrologie qui nous intéresse désormais, en tant qu'historien, est bien plus ancienne que celle que nous livre la Tétrabible attribuée à Claude Ptolémée (IIe siècle de notre ère) et qui comporte notamment le dit dispositif des relations planètes/signes. Cela dit, il nous apparait que les doubles domiciles de la Tétrabible comportent une forte dimension cyclique, avec une phase allant des luminaires vers Saturne et une autre en sens inverse. En ce sens, ce dispositif peut parfaitement baliser tout cycle, à condition de ne pas considérer les planètes, au sein du dit dispositif, comme autre chose que des indicateurs de parcours, classés d'après leur éloignement, selon un processus de décélération et d'accélération. La présence conjointe des luminaires laisse d'ailleurs à penser qu'un tel dispositif servit d'abord pour le cycle lunaire, les planètes n'y ayant qu'une présence fictive.
JHB
19. 11. 09
Ce que demande le NOA à ses membres, c'est d'admettre simplement de reconnaitre et d'admettre un certain modèle qui coifferait et organiserait les diverses approches de l'astrologie. Une fois le dit modèle accepté, chacun est libre de procéder comme il l'entend. Est-ce là trop demander pour permettre à l'Astrologie de trouver une certaine unité et une certaine scientificité, en amont et une efficacité sur le terrain en aval?
.Ce que demande le NOA à ceux qui reconnaissent son autorité, c'est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, les bœufs étant censés trainer la charrue et non l'inverse. Et qu'est ce qui traine et entraine l'astrologie, si ce n'est une cyclicité offrant une certaine transparence. Au NOA, on connait ce qui se passe dans la pratique et l'on sait pertinemment que les astrologues ne sont pas au clair avec la cyclicité, en dépit de leurs dires. Et il faut que cela change! Comme nous disons, au NOA, mettre en circulation trop de cycles tuent la cyclicité, noient le discours astrologique! Il ne semble pas qu'Yves Lenoble, par exemple, ait pris la mesure du problème, dans son traité sur les cycles en astrologie....
Le NOA ne propose pas un système de plus mais un supersystéme englobant tous les systèmes et seule cette faculté englobante qualifie un supersystéme.
Avant même de déterminer ce qu'est ce supersystéme, il importe déjà de préciser ce qu'il n'est pas, à savoir qu'il ne prétend aucunement proposer ou imposer un certain zodiaque, un certain système des aspects, des maisons, une certaine série de planètes. Le NOA est ouvert à tous les systèmes sans exception, du moment qu'ils acceptent de se situer dans ce que nous appelons le niveau 2.(voir nos discussions sur teleprovidence, au cours du mois de novembre 2009)
L'idée principale du NOA est en effet la distinction entre ce qu'on appellera le niveau 1 et le niveau 2. En 1, il y a unité, en 2, il y a diversité. En 1, il y a accord sur un supercycle, en 2, il y a défocalisation et invitation à la créativité de chaque astrologue. On pourrait dire que le niveau 1 est en phase avec le masculin et le niveau 2 avec le féminin, un seul et même supercycle pouvant inspirer générer un nombre illimité d'applications.
On aura compris que le niveau 1 n'a pas et n'entend pas empiéter sur le niveau 2. Rappelons encore une fois le "contrat" : chaque membre du NOA reconnait la suprématie d'un supercycle et à partir de là, il peut aménager le dit supercycle à sa guise, en le subdivisant, en le combinant comme il l'entend, ce qui signifie qu'il peut y greffer le thème natal, les transsaturniennes etc, etc.
Cette liberté du niveau 2 a un prix, elle ne se situe pas sur le plan scientifique, à la différence du niveau 1. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
Pour mettre un peu plus les points sur les "i", nous dirons que le niveau 1 laisse de côté toute forme de subdivision du cycle, chacun en faisant son affaire privée.
Mais alors, qu'est ce que l'on met dans le niveau 1 du NOA? Un minimum. A savoir le mouvement diurne avec les résultats statistiques de Gauquelin- qui ne sont que de peu d'utilité au niveau du suivi prévisionnel- et surtout une configuration principale, alliant deux astres visibles, ayant donc une corporéité en quelque sorte minérale, tout ce qui est virtuel, invisible, appartenant au niveau 2. (voir notre entretien avec Christian Lamargot, sur teleprovidence)
Certes, nous n'en disconviendrons pas, le niveau implique que des choix arbitraires aient été effectués car toute sémiologie exige de faire des choix, ce que ne fait pas la Nature. L'astrologie relève du regard de l'Homme sur le Cosmos et non du Cosmos en tant qu'entité en soi, comme le pense un J. P. Nicola. Entendons que les hommes ne se sont pas contenté d'attribuer à chaque astre quelque nom, voire quelque fonction mais ils ont trié les astres pour ne retenir, au départ, que deux d'entre eux, condition nécessaire pour établir une cyclicité. C'est précisément le rôle des spécialistes du niveau 1 que de restituer les choix ainsi opérés en procédant par élimination mais aussi en recoupant au moyen des statistiques cycliques, ce qui relève peu ou prou de ce qu'on appelle communément l'astrologie mondiale.
L'astrologie est avant tout, en son sommet, une anthropologie des configurations célestes - une anthropocosmologie comme disait le regretté Jean Hoyoux (dont nous avons mis en ligne sur teleprovidence certaines interventions, en audio) intégrées dans la vie sociale des humains, d'abord consciemment et peu à peu subconsciemment, sur une très longue durée. Ce n'est donc pas tel ou tel astre qui agirait mais le cycle constitué par cet astre en liaison avec un autre astre, l'un des astres étant nécessairement plus rapide que l'autre.
Il faut relever à ce propos un blocage/obstacle épistémologique qui tient à l'abandon par l'astrologie contemporaine occidentale des étoiles fixes - comme c'est le cas notamment pour J. P. Nicola ou pour André Barbault -et par voie de conséquence, le surinvestissement du découpage zodiacal qui en tient lieu mais sur un mode fictif. On nous rebat actuellement les oreilles avec l'entrée de Pluton en capricorne, ce qui montre bien qu'il subsiste là, très confusément, une certaine dualité planète/étoiles. Or, le zodiaque n'est qu'une subdivision de niveau 2 (cf. supra), certes commode mais sans substrat matériel ni scientifique, tout juste capable d'une transmission livresque, avec des monuments pour support.
Ce que nous proposons pour le niveau 1, c'est d'opter pour une configuration planète-étoile, ce qui offre certains avantages à savoir la préservation des équilibres numériques au sein du système solaire, à commencer par le couple Lune-Saturne doté des mêmes chiffres : le 28, le 7. Ces chiffres ne se maintiennent strictement qu'à condition de combiner une planète avec une étoile fixe ou une série d'étoiles fixes. Tout cycle entre deux planètes détruit toute cyclicité régulière et différera avec chacun de ses partenaires. En revanche, un cycle reliant une planète et une ou plusieurs étoiles offrira une grande stabilité. Dans le cas du cycle soleil-lune, rappelons que la lunaison ne coïncide pas avec le retour sidéral de la lune et que par ailleurs, chaque cycle que la lune établira avec les planètes sera d'une durée distincte, pour chacune.
Selon nous, le supercycle de niveau 1 s'est constitué à partir du modèle soli-lunaire, à savoir le processus nouvelle lune-pleine lune au cours d'un mois et non pas tant le nombre de lunaisons pendant une année. (Même si le nombre des lunaisons a par la suite influé sur la structure du zodiaque, comme l'a montré Giuseppe Bezza, dans sa thèse sur l'Historiographie de l'astrologie)
Un certain nombre de coïncidences aura conduit à élire le cycle Saturne/étoiles fixes, en tant que calque, à une autre échelle de temps mais avec les mêmes bases numériques susmentionnées. Le dit cycle saturnien, on l'a dit, a quelque chose de lunaire et peut être découpé en 4 si l'on choisit quatre étoiles formant un carré, ce qui est le cas des étoiles dites royales, servant à marquer les points cardinaux. On passait ainsi du jour à l'année, soit une temporalité environ 360 fois plus longue.
L'astrologie se rapproche plus de la musique que de la peinture. Pour Lévi-Strauss, qui vient de disparaitre, à 100 ans, la peinture se sert de données découvertes dans la nature, à savoir les couleurs -qu'elle soit figurative ou abstraite tandis que la musique génère une réalité nouvelle ."Entre peinture et musique, il n'existe donc pas de parité véritable. L'une trouve dans la nature sa matière : les couleurs sont données avant d'être utilisées et le vocabulaire atteste leur caractère dérivé jusque dans la désignation des plus subtiles nuances (...) Autrement dit, il n'existe de couleurs en peinture que parce qu'il y a déjà des êtres et des objets colorés (...) C'est seulement après coup et, pourrait-on dire de façon rétroactive que la musique reconnait aux sons des propriétés physiques (..)La peinture organise intellectuellement, au moyen de la culture, une nature qui lui était déjà présente comme organisation sensible. La musique parcourt un trajet exactement inverse : car la culture lui était déjà présente, mais sous forme sensible, avant qu'au moyen de la nature, elle l'organise intellectuellement. Que l'ensemble sur lequel elle opère soit d'ordre culturel explique que la musique naisse entièrement libre des liens représentatifs qui maintiennent la peinture sous la dépendance du monde sensible et de son organisation en objets" (Mythologiques. Le cru et le cuit, Paris, Plon, 1964, pp. 27-30)
Pour nous, en effet, l'astrologie ne serait point née d'une observation du monde- comme tant d'astrologues continuent à le prétendre- mais serait une combinatoire radicalement neuve et en cela elle échapperait au champ de l'astronomie, quand bien même la dite combinatoire se servirait-elle d'astres. Le pianiste se sert bien d'un piano....En ce sens, l'astrologie transcende la nature et en même temps l'enrichit.
Pour rester dans la sphère Lévi-straussienne, nous dirons que l'astrologie, au niveau 1, est un mythe fondateur, élaboré relativement tardivement par certaines sociétés humaines, et depuis décliné à l'infini dans les autres niveaux et c'est cette déclinaison, cette dérivation, faite d'emprunts de toutes sortes, qui lui permet de laisser son empreinte sur le monde en se laissant imprégner par lui, sans pour autant perdre son âme, ce qui exige qu'elle ne se laisse jamais définitivement marquée par ce qui se trame aux niveaux 2, 3 et 4, qui ne seraient que des avatars éphémères. En tant que mythe, constitué d'une combinatoire parfaitement arbitraire, mais servant de référentiel, de source, elle est une extraordinaire invention humaine projetée sur le monde et une autoprogrammation neurosensorielle, organique, génétique, qui ne passe pas par l'emprise aliénante de la technologie, laquelle n'existe que par la transmission culturelle. Un être humain qui nait aujourd'hui n'est dépositaire d'aucun savoir technologique, il ne sait pas instinctivement plus se servir d'un ordinateur que s'il était né cinq siècles plus tôt. En revanche, il a un rapport atavique au cosmos, du moins si son hérédité le lui permet. Rappelons que pour nous, tous les hommes n'entretiennent pas de relation directe et subconsciente avec le cosmos, sinon à un niveau primaire, celui des particules, qui ne saurait fonder l'astrologie. De proche en proche, l'astrologie se répand universellement tant comme savoir que comme effet mais il ne faudrait pas oublier que la source de tout ce processus est fort restreinte : petites causes, grands effets. Une combinatoire simple - on pourrait parler d'un accord au sens musical du terme - un nombre limité de récepteurs, un impact périodique, suffisent, à terme, par ricochet, selon un effet boule de neige, à couvrir un champ très large, ce qui est selon nous la leçon de toute causalité. A contrario, nous refusons de présenter l'astrologie, comme sont trop tentés de le faire tant d'astrologues, dans une perspective "synchroniste" selon laquelle le cosmos serait le reflet de ce que nous vivons au jour le jour, heure par heure - thème natal oblige - tous autant que nous sommes. Cela dit, rien n'empêche un astrologue de greffer, en niveau 2, 3 ou 4, ce que bon lui semble sur la trame du niveau 1...
En conclusion, nous dirons qu'une fois un tel supercycle adopté au niveau 1, chaque astrologue est libre de greffer tout ce qu'il voudra, et cela de façon illimitée. Claude Lévi-Strauss, insistait sur l'impossibilité, la vanité, l'inanité de couvrir totalement un champ de dérivations : "Autant vaudrait de reprocher à un linguiste d'écrire la grammaire d'une langue sans avoir enregistré la totalité des paroles qui ont été prononcées depuis que cette langue existe et sans connaitre les échanges verbaux qui auront lieu aussi longtemps que cette langue existera. L'expérience prouve qu'un nombre de phrases dérisoire, en comparaison de toutes celles qu'il aurait pu théoriquement recueillir (...) permet au linguiste d'élaborer une grammaire de la langue qu'il étudie" (Mythologiques. Le cru et le cuit, op. cit, p.15)
Selon nous, l'astrologie, dans le cadre du NOA, cesse d'être une nébuleuse insaisissable, dès lors que l'on prend en compte les 4 niveaux que nous avons définis, allant du "mythe" fondateur jusqu'à l'intégration des données propres au vécu du client..." En assumant et en relativisant sa diversité, elle retrouve son unité.
Dans un article (non signé) paru sur Wikipedia, donc sur Internet, "Mises en relation des Planètes avec les Signes astrologiques", nous lisons:
"Le corpus de l'astrologie est complexe et l'on peut se demander où réside son centre. Selon Jacques Halbronn, il s'agit probablement de la mise en relation(s) des planètes avec les signes astrologiques, théorie qui renvoie également aux quatre qualités élémentales et aux quatre éléments, ainsi qu'aux aspects", l'auteur s'appuyant sur une édition de nos "Clefs pour l'Astrologie", datant de 1993. Quelle est notre position, plus de 15 ans plus tard? Notre propos, déjà à l'époque, était de différencier astrologie et astronomie, de préciser, en quelque sorte, la valeur ajoutée de l'astrologie. Mais l'on notera une grave absence, celle de la cyclicité. Nous étions loin alors de nous intéresser aux étoiles fixes, d'où l'importance accordée au zodiaque. Cette combinatoire planètes/signes nous aura absorbé, durant de longues années, et déjà fin 1969, il y a donc exactement 40 ans, nous avions procédé à une restructuration/ restauration de ce dispositif, parallèlement au travail entrepris en Italie par Lisa Morpurgo, que nous rencontrâmes en 1971, à Aalen (Allemagne). Avec le recul du temps, tout cela nous semble avoir été assez vain mais nous étions tributaires des orientations prises par nos ainés, tel un Néroman ou un Carteret. Le problème, désormais, à nos yeux, n'est plus de déterminer quelle planète va avec tel signe mais bien quelle est la configuration centrale de l'astrologie, autour de quel binôme planète/étoile elle s'est constituée, ce qui relève d'une sémiologie exclusive (qui rejette, trie, choisit) et non inclusive. (qui englobe). Décalage diachronique en ce que l'astrologie qui nous intéresse désormais, en tant qu'historien, est bien plus ancienne que celle que nous livre la Tétrabible attribuée à Claude Ptolémée (IIe siècle de notre ère) et qui comporte notamment le dit dispositif des relations planètes/signes. Cela dit, il nous apparait que les doubles domiciles de la Tétrabible comportent une forte dimension cyclique, avec une phase allant des luminaires vers Saturne et une autre en sens inverse. En ce sens, ce dispositif peut parfaitement baliser tout cycle, à condition de ne pas considérer les planètes, au sein du dit dispositif, comme autre chose que des indicateurs de parcours, classés d'après leur éloignement, selon un processus de décélération et d'accélération. La présence conjointe des luminaires laisse d'ailleurs à penser qu'un tel dispositif servit d'abord pour le cycle lunaire, les planètes n'y ayant qu'une présence fictive.
JHB
19. 11. 09
Le Nouvel Ordre Astrologique (NOA) : le retour de 4 vers 1
par Jacques HalBronn
Ce qui caractérise toute cyclicité, c'est qu'elle comporte et implique une phase évolutive, de défocalisation progressive et une phase involutive de refocalisation.
Si l'on comprend bien le passage de l'un vers le multiple, du 1 vers le 4, avec des complexifications et des diversifications toujours accrues, en revanche, le retour vers le 1 semble faire sensiblement plus problème, tant épistémologiquement que psychologiquement car il s'agit d'accepter de renoncer à cette liberté de la phase évolutive, de façon à préparer la phase évolutive suivante, en libérant quelque espace pour ce faire.
Il serait donc erroné de considérer que l'on n'a que 4 phases. Il serait préférable de parler de 8 phases, chacun des quatre niveaux se scindant en deux, ce qu'exprime bien le dispositif des doubles domiciles tel qu'exposé par Ptolémée, dans sa Tétrabible (IIe siècle après JC)
Nous dirons ainsi qu'il y a le 4 évolutif et le 4 involutif et ainsi de suite, marqué par la même domination planétaire ou plutôt astro-mythologique.
Le 4 évolutif, consiste à expanser le 1 jusqu'à intégrer le réel dans toute sa complexité. En revanche, le 4 involutif consiste à décanter le réel pour commencer à y détecter des constantes qui présentent la dite complexité comme une représentation superficielle.
Ainsi, le retour involutif du niveau 4 vers le niveau 1, sera marqué par la prise de conscience des additions intervenues en phase évolutive et leur valeur relative par rapport à un niveau incarnant comme une sorte d'absolu : dégagement et mise en évidence des emprunts, des prolongements, des subdivisions comme pour retrouver quelque noyau dur en 1.
Si l'on prend le cas de la recherche astrologique contemporaine, l'on dira que Gauquelin a brillamment illustré un tel processus d'élagage pour ne retenir, en fin de parcours, qu'un nombre fort limité de donnés pour des populations elles-mêmes restreintes à une certaine élite. Le passage de 4 à 1 sera donc inévitablement réducteur au regard du processus évolutif en sens inverse.
A partir de notre schéma, l'on aura compris que l'on tend trop souvent à privilégier en astrologie actuelle la phase évolutive, d'augmentation, d'addition, d'expansion "jupitérienne" par rapport à une phase à caractère saturnien, pour recourir au jargon de l'astrologie du siècle dernier. On pourrait aussi bien opposer la vierge aux poissons, mais dans ce cas, étrangement au regard de la doxa astrologique, la vierge procéderait d'une logique d'expansion, de par un découpage toujours plus fin, une ramification incessante alors que les poissons correspondraient à Saturne, par leur tendance à unifier, à dépasser les cloisonnements. C'est le cas de signaler à quel point les définitions astrologiques qui circulent sont souvent incohérentes et mal maitrisées par ceux qui les véhiculent. C'est pourquoi, il nous semble sain de les renouveler et de les repenser périodiquement, de façon à ce que les astrologues utilisent des données qu'ils comprennent.
Faute de quoi, le risque est grand d'une sédimentation, d'une sclérose. C'est ce que nous appelons le syndrome de la linéarité, qui ne prévoit aucun retour involutif, ce qui nous semble caractériser la démarche d'un Patrice Guinard ou d'un Louis Mazuir (voir nos entretiens sur teleprovidence).et qui se prête à tous les discours de fin du monde.
Telle est la maladie chronique dont souffre, selon nous, l'astrologie, depuis belle lurette, et qui l'empêche de se renouveler, d'où les risques de sclérose qui sont son lot, ne sachant pas distinguer le bébé (niveau 1) et l'eau du bain (niveaux 2 à 4, en phase évolutive)
Bien plus, une telle infirmité cognitive l'empêche d'occuper le créneau qui lui revient et la conduit à empiéter, tel un coucou, sur les plattes bandes d'autres disciplines, ce qui la condamne à une certaine médiocrité, en raison de l'inadéquation des moyens et des fins.
JHB
19. 11. 09
Ce qui caractérise toute cyclicité, c'est qu'elle comporte et implique une phase évolutive, de défocalisation progressive et une phase involutive de refocalisation.
Si l'on comprend bien le passage de l'un vers le multiple, du 1 vers le 4, avec des complexifications et des diversifications toujours accrues, en revanche, le retour vers le 1 semble faire sensiblement plus problème, tant épistémologiquement que psychologiquement car il s'agit d'accepter de renoncer à cette liberté de la phase évolutive, de façon à préparer la phase évolutive suivante, en libérant quelque espace pour ce faire.
Il serait donc erroné de considérer que l'on n'a que 4 phases. Il serait préférable de parler de 8 phases, chacun des quatre niveaux se scindant en deux, ce qu'exprime bien le dispositif des doubles domiciles tel qu'exposé par Ptolémée, dans sa Tétrabible (IIe siècle après JC)
Nous dirons ainsi qu'il y a le 4 évolutif et le 4 involutif et ainsi de suite, marqué par la même domination planétaire ou plutôt astro-mythologique.
Le 4 évolutif, consiste à expanser le 1 jusqu'à intégrer le réel dans toute sa complexité. En revanche, le 4 involutif consiste à décanter le réel pour commencer à y détecter des constantes qui présentent la dite complexité comme une représentation superficielle.
Ainsi, le retour involutif du niveau 4 vers le niveau 1, sera marqué par la prise de conscience des additions intervenues en phase évolutive et leur valeur relative par rapport à un niveau incarnant comme une sorte d'absolu : dégagement et mise en évidence des emprunts, des prolongements, des subdivisions comme pour retrouver quelque noyau dur en 1.
Si l'on prend le cas de la recherche astrologique contemporaine, l'on dira que Gauquelin a brillamment illustré un tel processus d'élagage pour ne retenir, en fin de parcours, qu'un nombre fort limité de donnés pour des populations elles-mêmes restreintes à une certaine élite. Le passage de 4 à 1 sera donc inévitablement réducteur au regard du processus évolutif en sens inverse.
A partir de notre schéma, l'on aura compris que l'on tend trop souvent à privilégier en astrologie actuelle la phase évolutive, d'augmentation, d'addition, d'expansion "jupitérienne" par rapport à une phase à caractère saturnien, pour recourir au jargon de l'astrologie du siècle dernier. On pourrait aussi bien opposer la vierge aux poissons, mais dans ce cas, étrangement au regard de la doxa astrologique, la vierge procéderait d'une logique d'expansion, de par un découpage toujours plus fin, une ramification incessante alors que les poissons correspondraient à Saturne, par leur tendance à unifier, à dépasser les cloisonnements. C'est le cas de signaler à quel point les définitions astrologiques qui circulent sont souvent incohérentes et mal maitrisées par ceux qui les véhiculent. C'est pourquoi, il nous semble sain de les renouveler et de les repenser périodiquement, de façon à ce que les astrologues utilisent des données qu'ils comprennent.
Faute de quoi, le risque est grand d'une sédimentation, d'une sclérose. C'est ce que nous appelons le syndrome de la linéarité, qui ne prévoit aucun retour involutif, ce qui nous semble caractériser la démarche d'un Patrice Guinard ou d'un Louis Mazuir (voir nos entretiens sur teleprovidence).et qui se prête à tous les discours de fin du monde.
Telle est la maladie chronique dont souffre, selon nous, l'astrologie, depuis belle lurette, et qui l'empêche de se renouveler, d'où les risques de sclérose qui sont son lot, ne sachant pas distinguer le bébé (niveau 1) et l'eau du bain (niveaux 2 à 4, en phase évolutive)
Bien plus, une telle infirmité cognitive l'empêche d'occuper le créneau qui lui revient et la conduit à empiéter, tel un coucou, sur les plattes bandes d'autres disciplines, ce qui la condamne à une certaine médiocrité, en raison de l'inadéquation des moyens et des fins.
JHB
19. 11. 09
Estudes nostradamiques
Nouvelles réflexions sur le premier état de la IVe Centurie
par Jacques HalBronn
Une pièce manque dans le corpus nostradamique, il s'agit de l'édition de 1588, parue à Rouen chez Raphaël du Petit Val et qui se présente -puisque l'on en a la page de titre - comme comportant "quatre centuries". Dès l'année suivante, le même libraire proposera une édition augmentée (dont Mario Gregorio nous a obligeamment fourni une photocopie (mais la fin du document manque et l'on s'arrête avant les derniers quatrains de la VIe Centurie, ce qui empêche d'observer la présence ou l'absence de l'avertissement latin). Etrangement, cette édition ne signale pas qu'il y a eu addition après le 53e quatrain à la différence des éditions parisiennes des années 1588-1589 pas plus d'ailleurs que le fait que la IVe Centurie ne comportait précédemment que 49 quatrains puisque n'y figurent pas les quatrains 44 à 47. Malheureusement, comme on a dit, on ne dispose pas d'un accès direct à cette édition de Rouen 1588 qui pourtant fut en la possession de Danie Ruzo, au moins en photocopie sinon en original..
Il reste que ces diverses éditions de Rouen et de Paris, censées parues de 1588 à 1589 ne sont pas sans nous interpeller, et ce à plus d'un titre.
On aura noté que les éditions rouennaises ont un intitulé différent de celui des éditions parisiennes: "Les Grandes et merveilleuses prédictions de M. Michel Nostradamus" et non "Les Prophéties". Cependant, la Préface à César, quant à elle, a la même présentation, tant à Rouen qu'à Paris (rappelons cependant que nous n'avons pu étudier ce texte dans l'édition de Rouen 1588):
"Préface de M. Michel Nostradamus à ses prophéties"
Force est donc de constater que le mot "prophéties" est éventuellement synonyme de "prédictions", puisque tel est le titre de l'édition rouennaise de 1589. Rappelons que dans l'édition anglaise de 1672, on trouve au titre "Prophecies or prognostications", ce qui confirme que le mot prophéties ne désigne pas ici un texte d'un genre particulier. Quant à dire que le mot "prédictions" ou "prognostications" puisse désigner un texte comme celui des Centuries, l'on peut fortement en douter. Le fait que les éditions parisiennes aient opté pour le titre "Prophéties", supprimant donc la synonymie avec Prédictions des éditions rouennaises, correspondrait à un état plus tardif où l'on aura voulu renforcer le pôle prophétique.
Mais, comme nous le signalions, les éditions parisiennes semblent s'intercaler entre l'édition rouennaise à 4 centuries et l'édition rouennaise à 6 et probablement 7 centuries (mais à combien de quatrains? voir l'édition d'Anvers 1590, avec le même titre qu'à Rouen et qui se réfère à une édition de 1555 et qui ne comporte que 35 quatrains à la VIIe). En effet, les éditions parisiennes marquent bien le passage de 53 à 100 quatrains à la VII, ce dont se dispense l'édition rouennaise de 1589, ce qui nous autorise à penser qu'il convient de supposer un état intermédiaire dans la suite des éditions rouennaises correspondant, sur ce point, à ce que présentent les éditions parisiennes.
De ces considérations, l'on est en droit de s'interroger sur le premier état de la IVe centurie comme d'ailleurs sur le premier état de la VIIe centurie, les deux centuries les plus "sensibles" de l'ensemble centurique et qui firent l'objet d'additions, jusqu'à l'époque de la Fronde (et au delà), au milieu du XVIIe siècle.
Il se trouve que les centuries IV et VII semblent particulièrement marquées par l'époque de la Ligue. On laissera de côté le cas des centuries VIII-X et notamment du quatrain IX, 86, dont nous pensons qu'il date des années 1593-1594, centuries absentes des éditions de Paris et Rouen, ainsi que l'Epître à Henri II). Parmi les recoupements avec les événements des années 1588-1594, signalons le Quatrain "Tours" en IV, 46 et le Quatrain "Marquis du Pont" en VII 24. En ce qui concerne la genèse de la centurie VII, elle est singulièrement compliquée, comme l'attestent les éditions parisiennes qui donnent l'impression d'un véritable chantier. Signalons seulement que le Marquis du Pont, appartenant à la maison de Lorraine, compta parmi les candidats à la couronne de France avant l'abjuration d'Henri IV de 1593.
Notre intérêt pour la IVe Centurie ne date pas d'hier et nous avons insisté dans une communication (aux journées Verdun Saulnier, à la Sorbonne) sur le verset "Garde toy Tours de ta proche ruine" qui selon nous visait directement la ville de Tours et ses environs, point capital du camp d'Henri de Navarre et où des accords furent conclus avec Henri III, au lendemain de l'assassinat du duc de Guise, à Blois.(décembre 1588), Henri III se rend à Tours pour demander l'aide d'Henri de Navarre. Il signe avec le Bourbon le traité de Plessis les Tours le 3 avril 1589 par lequel le roi et les protestants s'unifiaient un temps pour lutter contre la ligue. C'est dire que Tours apparut alors comme symbolisant, pour la Ligue, l'adversaire à maudire et ce qui fut demandé à... Nostradamus, dans un quatrain qui par la suite figurera dans l'édition Macé Bonhomme datée de 1555 et dont nous pensons qu'elle est en fait postérieure à l'édition de Rouen 1588 laquelle ne comporte pas le quatrain IV, 46 relatif à Tours. D'aucuns soutiennent que ces quatrains 44-47 avaient été supprimés. Nous tendons plutôt à penser qu'au début de 1588 ils n'existaient pas encore.
On nous objectera probablement que les éditions parisiennes 1588 attestent de l'existence dès cette année des dits quatrains 44- 47 mais on est là dans une chronologie très fine qui se situe plus en termes de mois que d'années. Soit la mention de 1588, dans les éditions parisiennes est antidatée, soit, elle précède de peu les événements de Blois, Henri III ayant réagi à un danger manifeste. Dès lors, l'édition de Rouen de 1588 daterait du début de la dite année, voire d'ailleurs aurait été précédée d'une édition dans les années précédentes.
Il ne nous semble pas que l'on puisse affirmer que la IVe Centurie comportait à l'origine 53 quatrains. Elle pouvait tout aussi bien en comporter que 49- voire moins tant et si bien que le nombre de ses quatrains devait être assez proche de celui de la VIIe centurie, dans ses premières moutures (Anvers, 35 quatrains à la VII), en deçà en tout cas de 50.
Examinons les 4 quatrains de la IV absents de l'édition rouennaise de 1588 :
IV, 44: un quatrain en langue occitane et qui vise donc le Languedoc comme si l'on avait voulu toucher ces populations. On a bien là un outil de propagande.
IV, 45
"Par conflit roy regne abandonnera
Le plus grand chef faillira au besoing
Mors profligés peu en réchappera
Tous débranchés un en sera tesmoing
IV 46
Garde toy Tours de ta proche ruyne etc
IV 47
Le noir farouche quand aura essayé
Sa main sanguine par feu, fer, arcz, tendue
Trestout le peuple sera tant effrayé
Voir les plus grans par col & piedz pendus"
Il nous semble bien qu'il soit ici annoncé de grands revers pour un roi (anagramme noir, à IV, 47) forcé de quitter le pouvoir (IV, 45). Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces quatrains visent des enjeux liés à la couronne. Le dernier quatrain fait allusion aux exécutions de certains "grands", tel que le duc de Guise, laissant entendre que personne n'est plus à l'abri de la vindicte, ce qui pourrait concerne d'ailleurs plus Henri III, qui a du sang sur les mains, depuis Blois, qu'Henri de Navarre. Qui sait si cette campagne n'aura pas encouragé à l'assassinat d'Henri III par le moine dominicain Jacques Clément, au tout début du mois d'août 1589 (voir les travaux d'Annie Duprat sur la propagande contre Henri III précédant sa mort à Saint Cloud)?
Certes, certains spécialistes fanatiques pourraient-ils soutenir que tout cela avait été bel et bien annoncé par Nostradamus dès 1555 ou 1557 et que cela vient prouver les facultés prophétiques du dit Nostradamus, que des quatrains ont été supprimés puis replacés..... Il nous semble qu'en réalité, les Centuries telles que nous les connaissons, toutes impressions confondues, ne sont pas antérieures à l'année 1584 qui est celle du décès du Duc d'Alençon, faisant ipso facto du protestant Henri de Navarre le successeur à venir de son cousin Henri III. Le fait que ces quatrains de circonstance figurent dans des éditions datées de 1555-1557 et 1568 devrait suffire à considérer avec la plus grande suspicion les dites éditions, étant entendu, par ailleurs, qu’un premier état perdu des Centuries a du circuler dès 1568, en tant que document posthume, sous une forme manuscrite dont Antoine Crespin, au début des années 1570, a restitué de nombreux passages. (Voir notre ouvrage paru aux Ed. Ramkat, 2002, Documents inexploités sur le phénomène Nostradamus, voir aussi lettre de Jean de Chevigny au président Larcher, 1570, voir la vidéo de notre soutenance de post doctorat (2007) sur teleprovidence.com)
JHB
17. 11. 09
par Jacques HalBronn
Une pièce manque dans le corpus nostradamique, il s'agit de l'édition de 1588, parue à Rouen chez Raphaël du Petit Val et qui se présente -puisque l'on en a la page de titre - comme comportant "quatre centuries". Dès l'année suivante, le même libraire proposera une édition augmentée (dont Mario Gregorio nous a obligeamment fourni une photocopie (mais la fin du document manque et l'on s'arrête avant les derniers quatrains de la VIe Centurie, ce qui empêche d'observer la présence ou l'absence de l'avertissement latin). Etrangement, cette édition ne signale pas qu'il y a eu addition après le 53e quatrain à la différence des éditions parisiennes des années 1588-1589 pas plus d'ailleurs que le fait que la IVe Centurie ne comportait précédemment que 49 quatrains puisque n'y figurent pas les quatrains 44 à 47. Malheureusement, comme on a dit, on ne dispose pas d'un accès direct à cette édition de Rouen 1588 qui pourtant fut en la possession de Danie Ruzo, au moins en photocopie sinon en original..
Il reste que ces diverses éditions de Rouen et de Paris, censées parues de 1588 à 1589 ne sont pas sans nous interpeller, et ce à plus d'un titre.
On aura noté que les éditions rouennaises ont un intitulé différent de celui des éditions parisiennes: "Les Grandes et merveilleuses prédictions de M. Michel Nostradamus" et non "Les Prophéties". Cependant, la Préface à César, quant à elle, a la même présentation, tant à Rouen qu'à Paris (rappelons cependant que nous n'avons pu étudier ce texte dans l'édition de Rouen 1588):
"Préface de M. Michel Nostradamus à ses prophéties"
Force est donc de constater que le mot "prophéties" est éventuellement synonyme de "prédictions", puisque tel est le titre de l'édition rouennaise de 1589. Rappelons que dans l'édition anglaise de 1672, on trouve au titre "Prophecies or prognostications", ce qui confirme que le mot prophéties ne désigne pas ici un texte d'un genre particulier. Quant à dire que le mot "prédictions" ou "prognostications" puisse désigner un texte comme celui des Centuries, l'on peut fortement en douter. Le fait que les éditions parisiennes aient opté pour le titre "Prophéties", supprimant donc la synonymie avec Prédictions des éditions rouennaises, correspondrait à un état plus tardif où l'on aura voulu renforcer le pôle prophétique.
Mais, comme nous le signalions, les éditions parisiennes semblent s'intercaler entre l'édition rouennaise à 4 centuries et l'édition rouennaise à 6 et probablement 7 centuries (mais à combien de quatrains? voir l'édition d'Anvers 1590, avec le même titre qu'à Rouen et qui se réfère à une édition de 1555 et qui ne comporte que 35 quatrains à la VIIe). En effet, les éditions parisiennes marquent bien le passage de 53 à 100 quatrains à la VII, ce dont se dispense l'édition rouennaise de 1589, ce qui nous autorise à penser qu'il convient de supposer un état intermédiaire dans la suite des éditions rouennaises correspondant, sur ce point, à ce que présentent les éditions parisiennes.
De ces considérations, l'on est en droit de s'interroger sur le premier état de la IVe centurie comme d'ailleurs sur le premier état de la VIIe centurie, les deux centuries les plus "sensibles" de l'ensemble centurique et qui firent l'objet d'additions, jusqu'à l'époque de la Fronde (et au delà), au milieu du XVIIe siècle.
Il se trouve que les centuries IV et VII semblent particulièrement marquées par l'époque de la Ligue. On laissera de côté le cas des centuries VIII-X et notamment du quatrain IX, 86, dont nous pensons qu'il date des années 1593-1594, centuries absentes des éditions de Paris et Rouen, ainsi que l'Epître à Henri II). Parmi les recoupements avec les événements des années 1588-1594, signalons le Quatrain "Tours" en IV, 46 et le Quatrain "Marquis du Pont" en VII 24. En ce qui concerne la genèse de la centurie VII, elle est singulièrement compliquée, comme l'attestent les éditions parisiennes qui donnent l'impression d'un véritable chantier. Signalons seulement que le Marquis du Pont, appartenant à la maison de Lorraine, compta parmi les candidats à la couronne de France avant l'abjuration d'Henri IV de 1593.
Notre intérêt pour la IVe Centurie ne date pas d'hier et nous avons insisté dans une communication (aux journées Verdun Saulnier, à la Sorbonne) sur le verset "Garde toy Tours de ta proche ruine" qui selon nous visait directement la ville de Tours et ses environs, point capital du camp d'Henri de Navarre et où des accords furent conclus avec Henri III, au lendemain de l'assassinat du duc de Guise, à Blois.(décembre 1588), Henri III se rend à Tours pour demander l'aide d'Henri de Navarre. Il signe avec le Bourbon le traité de Plessis les Tours le 3 avril 1589 par lequel le roi et les protestants s'unifiaient un temps pour lutter contre la ligue. C'est dire que Tours apparut alors comme symbolisant, pour la Ligue, l'adversaire à maudire et ce qui fut demandé à... Nostradamus, dans un quatrain qui par la suite figurera dans l'édition Macé Bonhomme datée de 1555 et dont nous pensons qu'elle est en fait postérieure à l'édition de Rouen 1588 laquelle ne comporte pas le quatrain IV, 46 relatif à Tours. D'aucuns soutiennent que ces quatrains 44-47 avaient été supprimés. Nous tendons plutôt à penser qu'au début de 1588 ils n'existaient pas encore.
On nous objectera probablement que les éditions parisiennes 1588 attestent de l'existence dès cette année des dits quatrains 44- 47 mais on est là dans une chronologie très fine qui se situe plus en termes de mois que d'années. Soit la mention de 1588, dans les éditions parisiennes est antidatée, soit, elle précède de peu les événements de Blois, Henri III ayant réagi à un danger manifeste. Dès lors, l'édition de Rouen de 1588 daterait du début de la dite année, voire d'ailleurs aurait été précédée d'une édition dans les années précédentes.
Il ne nous semble pas que l'on puisse affirmer que la IVe Centurie comportait à l'origine 53 quatrains. Elle pouvait tout aussi bien en comporter que 49- voire moins tant et si bien que le nombre de ses quatrains devait être assez proche de celui de la VIIe centurie, dans ses premières moutures (Anvers, 35 quatrains à la VII), en deçà en tout cas de 50.
Examinons les 4 quatrains de la IV absents de l'édition rouennaise de 1588 :
IV, 44: un quatrain en langue occitane et qui vise donc le Languedoc comme si l'on avait voulu toucher ces populations. On a bien là un outil de propagande.
IV, 45
"Par conflit roy regne abandonnera
Le plus grand chef faillira au besoing
Mors profligés peu en réchappera
Tous débranchés un en sera tesmoing
IV 46
Garde toy Tours de ta proche ruyne etc
IV 47
Le noir farouche quand aura essayé
Sa main sanguine par feu, fer, arcz, tendue
Trestout le peuple sera tant effrayé
Voir les plus grans par col & piedz pendus"
Il nous semble bien qu'il soit ici annoncé de grands revers pour un roi (anagramme noir, à IV, 47) forcé de quitter le pouvoir (IV, 45). Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces quatrains visent des enjeux liés à la couronne. Le dernier quatrain fait allusion aux exécutions de certains "grands", tel que le duc de Guise, laissant entendre que personne n'est plus à l'abri de la vindicte, ce qui pourrait concerne d'ailleurs plus Henri III, qui a du sang sur les mains, depuis Blois, qu'Henri de Navarre. Qui sait si cette campagne n'aura pas encouragé à l'assassinat d'Henri III par le moine dominicain Jacques Clément, au tout début du mois d'août 1589 (voir les travaux d'Annie Duprat sur la propagande contre Henri III précédant sa mort à Saint Cloud)?
Certes, certains spécialistes fanatiques pourraient-ils soutenir que tout cela avait été bel et bien annoncé par Nostradamus dès 1555 ou 1557 et que cela vient prouver les facultés prophétiques du dit Nostradamus, que des quatrains ont été supprimés puis replacés..... Il nous semble qu'en réalité, les Centuries telles que nous les connaissons, toutes impressions confondues, ne sont pas antérieures à l'année 1584 qui est celle du décès du Duc d'Alençon, faisant ipso facto du protestant Henri de Navarre le successeur à venir de son cousin Henri III. Le fait que ces quatrains de circonstance figurent dans des éditions datées de 1555-1557 et 1568 devrait suffire à considérer avec la plus grande suspicion les dites éditions, étant entendu, par ailleurs, qu’un premier état perdu des Centuries a du circuler dès 1568, en tant que document posthume, sous une forme manuscrite dont Antoine Crespin, au début des années 1570, a restitué de nombreux passages. (Voir notre ouvrage paru aux Ed. Ramkat, 2002, Documents inexploités sur le phénomène Nostradamus, voir aussi lettre de Jean de Chevigny au président Larcher, 1570, voir la vidéo de notre soutenance de post doctorat (2007) sur teleprovidence.com)
JHB
17. 11. 09
Estudes nostradamiques
Guidelines for Nostradamus research
(document prepared for the interview given to the National Geographic, on 11. 14. 09)
by Dr Jacques E. Halbronn
I would like to summarize the most important points regarding Nostradamus as a result of my last 20 years of research.
1 A certain Préface to Cesar has actually been published during the lifetime of Nostradamus as an Epistle of Nostradamus to King Henry the second (Présages Merveilleux, 1557). Those documents have been used to forge false adresses.
The Preface to Cesar refers to a "memoir" that Nostradamus will leave for after his death. The 1555 document was not supposed to have been printed at this moment but only written as a sort of will. It opens the edition of the Centuries and confirms their posthumous character. There is no doubt, however, that an Epistle to Cesar was published in 1555 but not introducing centuries and not having a posthumous tone.(see Antoine Couillard's commentary of 1556).
2 Certain quatrains have been made from manuscript notes left by Nostradamus, as "touristic" quatrains due to Nostradamus travels, and deprived originally of any prophetical character whatsoever.
3 the title "Prophecies" used for many editions of the Centuries was used by Nostradamus for a certain type of publication, that has not been preserved but which is mentioned in archives of book keepers. We know, on the other hand, that imitators of Nostradamus did publish predictions covering several years at the same time. It was problaly what Nostradamus called his "Prophecies", quite a different genre as the Centuries. As a matter of fact, in 1672, the first english version has for title "Prophecies or Prognostications of Michel Nostradamus", showing that "prophecies" may just be synonymic for Prognostications.
4 The Centuries appeared first as a posthumous work, made of documents showing different dates when Nostradamus did or was supposed to have written (but not published them). In a later stade, the dates of those manuscript documents were used to forge editions as 1555 for instance.This posthumous edition has not been preserved but 1568 seems to be a good guess since many editions were later connected with 1568, that is 2 years after Nostradamus 's death.
5 From this lost first postumous edition, appeared in the 1580s, new editions with quatrains changed and adapted to the political situation, connected with the death of the Duke of alençon (1584), the death of Henry the third (1589), the civil war between "Paris" and "Tours", the attempt to elect a new king of France by both sides, the abjuration of protestantism by Henry IVth (1593) and his coronation in Chartres (1594)
6 One important document is the 1588's edition of only 4 "Centuries", in Rouen, This book belongs to the Ruzo collection and has been described by Benazra, although no copy circulates for the time being. This edition does not include IV 46 connected with Tours. In 1589, this quatrain appeared in another Rouen edition. Some say it has disapeared for some reason then reappeared. We believe, that such quatrains (44 to 47) did not exist before and that the first group of quatrains did not include 353 quatrains but only 349 quatrains, the last century having less than 50 quatrains, in the same way that the 7th Century does not pass the line of 50 quatrains.
7 The Guide des Chemins de France of Charles Estienne -a sort of travel guide of the 1550s - is one important source of some quatrains, which affords to identify additions to the original text, especially in IX, 86 where Chartres is mentioned. Also the source of the famous "Varennes" quatrain, connected with Louis XVIth. Such a content reveals that the notes and elements used had nothin to do with prophetism and were made prophetical later on.
8 The iconography of the title pages of the "Prophecies" shows that the source of the forgery came from false editions (not of the Centuries of course but of almanachs) published even before the death of Nostradamus. The woodcut used is clearly different from the official editions of the "Prognostications". The forgeries were made possible by the conservation of all sorts of documents (manuscripts and prints) which were combined to create them. As a matter of fact, such a collection included false and authentic documents but the forgers were unable to distinguish between them, so they used false elements to produce antidatededitions of the Centuries ; we could even say "lifted" editions using the vocabulary of esthetical surgery to let people/texts look younger than they are. They neglected the fact that already in the 1560s, when Nostradamus was still alive, were published false almanachs under his name with a special type of woodcut which was not the one used in the authentic Prognostications of Nostadamus.
9 The first (posthumous) "edition" of the Centuries has probably been manuscript and reserved to "happy few". As late as 1570, Jean de Chevigny was offering one of those quatrains to Larcher, which would not make sense if the book had been in circulation, in print. In 1572, Antoine Crespin gave extracts of the quatrains in his Prophéties dédiées à la Puissance Divine, and other publications, which directs us in the same direction. The expression "not yet printed" which appears in the title of additions to the first Centuries, confirms the fact that at first, only manuscripts circulated.
10 The 7 first centuries were manipulated by the Catholic Camp while the last 3 were used by the camp of Henry the IV. One will find attacks, in the lost 4 quatrains (absent from the Rouen 1588 edition of 4 centuries but present in the 1589 Rouen edition), against Tours, the capital of Henry the IVth (IV, 46), a quatrain in favour of the Marquis du Pont, catholic candidate to the throne of France (VII, 24). The use of the Guide des Chemins de France is limited to the last 3 centuries. In Paris, the last 3 centuries were never published since they were announcing the victory of the Bourbons (Vendome, mendosus) against the Guise - Lorraines (Norlaris)
11 The antidated editions include elements which were added in the 1580-1590s or which are corrupted as the Preface to Cesar. We have versions of the first versions of the Preface to Cesar which do not present such corruption (see the first sentences of the said Preface) and which were published only in the second half of the XVIIth Century (see the English translation and Antoine Besson's French edition). In the Besson edition (c 1690s) the Preface is announced as " addressée à son filz Cesar Nostradamus pour luy donner une idée des Centuries de ses Propheties"), that is "to give him an idea of the Centuries of his Prophecies") and it became at a later period, according to us, "Preface de M. Michel Nostradamus à ses Propheties", which is the canonical formula.
12 We have the example of an attemps to build a myth turning around Michel de Nostredame. The case is not so rare, as for instance, in the XXth century with Rommel. (see Benoit Lemay, "Erwin Rommel", Paris, Perrin, 2009). The case of Anastasia is also quite striking, she was manipulated by well informed crooks (see Jean des Cars,, "La saga des Romanov, de Pierre le Grand à Nicolas II", Paris, Plon, 2008, p. 351). The more you know of a subject, the more you are qualified to produce - or to sustain- a forgery.
JHB
16. 11. 09
(document prepared for the interview given to the National Geographic, on 11. 14. 09)
by Dr Jacques E. Halbronn
I would like to summarize the most important points regarding Nostradamus as a result of my last 20 years of research.
1 A certain Préface to Cesar has actually been published during the lifetime of Nostradamus as an Epistle of Nostradamus to King Henry the second (Présages Merveilleux, 1557). Those documents have been used to forge false adresses.
The Preface to Cesar refers to a "memoir" that Nostradamus will leave for after his death. The 1555 document was not supposed to have been printed at this moment but only written as a sort of will. It opens the edition of the Centuries and confirms their posthumous character. There is no doubt, however, that an Epistle to Cesar was published in 1555 but not introducing centuries and not having a posthumous tone.(see Antoine Couillard's commentary of 1556).
2 Certain quatrains have been made from manuscript notes left by Nostradamus, as "touristic" quatrains due to Nostradamus travels, and deprived originally of any prophetical character whatsoever.
3 the title "Prophecies" used for many editions of the Centuries was used by Nostradamus for a certain type of publication, that has not been preserved but which is mentioned in archives of book keepers. We know, on the other hand, that imitators of Nostradamus did publish predictions covering several years at the same time. It was problaly what Nostradamus called his "Prophecies", quite a different genre as the Centuries. As a matter of fact, in 1672, the first english version has for title "Prophecies or Prognostications of Michel Nostradamus", showing that "prophecies" may just be synonymic for Prognostications.
4 The Centuries appeared first as a posthumous work, made of documents showing different dates when Nostradamus did or was supposed to have written (but not published them). In a later stade, the dates of those manuscript documents were used to forge editions as 1555 for instance.This posthumous edition has not been preserved but 1568 seems to be a good guess since many editions were later connected with 1568, that is 2 years after Nostradamus 's death.
5 From this lost first postumous edition, appeared in the 1580s, new editions with quatrains changed and adapted to the political situation, connected with the death of the Duke of alençon (1584), the death of Henry the third (1589), the civil war between "Paris" and "Tours", the attempt to elect a new king of France by both sides, the abjuration of protestantism by Henry IVth (1593) and his coronation in Chartres (1594)
6 One important document is the 1588's edition of only 4 "Centuries", in Rouen, This book belongs to the Ruzo collection and has been described by Benazra, although no copy circulates for the time being. This edition does not include IV 46 connected with Tours. In 1589, this quatrain appeared in another Rouen edition. Some say it has disapeared for some reason then reappeared. We believe, that such quatrains (44 to 47) did not exist before and that the first group of quatrains did not include 353 quatrains but only 349 quatrains, the last century having less than 50 quatrains, in the same way that the 7th Century does not pass the line of 50 quatrains.
7 The Guide des Chemins de France of Charles Estienne -a sort of travel guide of the 1550s - is one important source of some quatrains, which affords to identify additions to the original text, especially in IX, 86 where Chartres is mentioned. Also the source of the famous "Varennes" quatrain, connected with Louis XVIth. Such a content reveals that the notes and elements used had nothin to do with prophetism and were made prophetical later on.
8 The iconography of the title pages of the "Prophecies" shows that the source of the forgery came from false editions (not of the Centuries of course but of almanachs) published even before the death of Nostradamus. The woodcut used is clearly different from the official editions of the "Prognostications". The forgeries were made possible by the conservation of all sorts of documents (manuscripts and prints) which were combined to create them. As a matter of fact, such a collection included false and authentic documents but the forgers were unable to distinguish between them, so they used false elements to produce antidatededitions of the Centuries ; we could even say "lifted" editions using the vocabulary of esthetical surgery to let people/texts look younger than they are. They neglected the fact that already in the 1560s, when Nostradamus was still alive, were published false almanachs under his name with a special type of woodcut which was not the one used in the authentic Prognostications of Nostadamus.
9 The first (posthumous) "edition" of the Centuries has probably been manuscript and reserved to "happy few". As late as 1570, Jean de Chevigny was offering one of those quatrains to Larcher, which would not make sense if the book had been in circulation, in print. In 1572, Antoine Crespin gave extracts of the quatrains in his Prophéties dédiées à la Puissance Divine, and other publications, which directs us in the same direction. The expression "not yet printed" which appears in the title of additions to the first Centuries, confirms the fact that at first, only manuscripts circulated.
10 The 7 first centuries were manipulated by the Catholic Camp while the last 3 were used by the camp of Henry the IV. One will find attacks, in the lost 4 quatrains (absent from the Rouen 1588 edition of 4 centuries but present in the 1589 Rouen edition), against Tours, the capital of Henry the IVth (IV, 46), a quatrain in favour of the Marquis du Pont, catholic candidate to the throne of France (VII, 24). The use of the Guide des Chemins de France is limited to the last 3 centuries. In Paris, the last 3 centuries were never published since they were announcing the victory of the Bourbons (Vendome, mendosus) against the Guise - Lorraines (Norlaris)
11 The antidated editions include elements which were added in the 1580-1590s or which are corrupted as the Preface to Cesar. We have versions of the first versions of the Preface to Cesar which do not present such corruption (see the first sentences of the said Preface) and which were published only in the second half of the XVIIth Century (see the English translation and Antoine Besson's French edition). In the Besson edition (c 1690s) the Preface is announced as " addressée à son filz Cesar Nostradamus pour luy donner une idée des Centuries de ses Propheties"), that is "to give him an idea of the Centuries of his Prophecies") and it became at a later period, according to us, "Preface de M. Michel Nostradamus à ses Propheties", which is the canonical formula.
12 We have the example of an attemps to build a myth turning around Michel de Nostredame. The case is not so rare, as for instance, in the XXth century with Rommel. (see Benoit Lemay, "Erwin Rommel", Paris, Perrin, 2009). The case of Anastasia is also quite striking, she was manipulated by well informed crooks (see Jean des Cars,, "La saga des Romanov, de Pierre le Grand à Nicolas II", Paris, Plon, 2008, p. 351). The more you know of a subject, the more you are qualified to produce - or to sustain- a forgery.
JHB
16. 11. 09
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