mardi 22 décembre 2009

L'essentiel et le faux en astrologie

par Jacques HalBronn

Notre approche des origines de l'astrologie ne saurait se réduire à ce qui en est dit dans tel ou tel livre d'Histoire de l'astronomie ou de l'astrologie pour l'excellente raison que nous pensons que nos textes contribuent activement à ce champ de recherche et tendent à le renouveler.
C'est ainsi que dans nos efforts pour dégager ce qu'aurait pu être une astrologie originelle ou si l'on préfère une astrologie matricielle ayant laissé une puissante empreinte dans l'Inconscient Collectif, pour employer ici un terme bien vague mais qui suffira ici, nous n'avons pas voulu raisonner en termes de "vrai" ou de "faux", de ce qui marche ou non mais selon un autre principe qui est celui de l'essentiel et du secondaire.
Nous posons ici un principe simple, sur le plan méthodologique et épistémologique, à savoir que tout modèle tend à se complexifier, à se subdiviser et qu'il importe de faire la part de ce qui vient ainsi se greffer sur lui. En ce sens, d'ailleurs, nous nous distinguons assez nettement de la démarche d'un Serge Bret-Morel (voir son site 'l'astrologie et la raison") lequel ne semble pas avoir adopté une telle démarche et avoir plutôt opté pour une approche phénoménologique alors que nous serions plutôt dans la quête du noumène.
Expliquons- nous : dans le domaine juridique, une loi est votée puis appliquée et son application donne lieu à des développements qui viennent prolonger, compléter la dite loi mais qui n'en sont pas moins contingents et qui d'ailleurs peuvent varier d'un endroit à l'autre, selon la fantaisie des exécutants. Nous avons pu ainsi observer à la BNF (site Tolbiac) dont l'espace est divisé en un certain nombre de salles que des règlements différents opéraient d'une salle à l'autre, ce qui peut laisser un peu rêveur mais qui correspond à une évolution normale si elle n'est pas contrée en temps utile.
En ce qui concerne l'astrologie mais aussi l'astronomie, il est clair que sont venus s'ajouter des éléments dont l'intérêt est, d'un point de vue scientifique, secondaire voire pouvant être qualifiés de parasitaires...
Tout adversaire de l'astrologie pourra admettre que tout ce qui s'est accumulé sous le nom de l'astrologie ne revêt pas la même valeur, n'est pas aussi signifiant et il serait bon aussi que tout astrologue le reconnaisse également, en se gardant de figer les choses au nom d'une pratique devant et pouvant avoir le dernier mot.
Il en est ainsi pour tout ce qui concerne le zodiaque qui nous apparait comme pouvant être considérablement dénudé et réduit à la ligne écliptique et à l'espace traversé par les planètes (jusqu'à Saturne, soit 8°30' de par et d'autre). Quant au nombre de signes, de constellations, à leur nom, aux significations accordes par les astrologues, cela ne fait pas, selon nous partie du débat sur l'Astrologie. Ce sont des expédients commodes d'ailleurs souvent proposés par les astronomes eux-mêmes et qui n'en étaient probablement pas moins nécessaires tout en pouvant être remplacés par des solutions analogues qui auraient tout autant pu donner satisfaction. A un certain stade, la solution devient le problème dès lors qu'elle s'incruste et se prétend "finale". D'où d'ailleurs, précisément, la diversité des référentiels zodiacaux qui en montre le caractère tout relatif. Donc, tout le débat serait de savoir s'il y a encore astrologie sans les dites subdivisions, si le passage d'une planète d'un signe à l'autre, d’une constellation à l'autre - peu importe!- est ou non crucial ou simplement indicatif d'une certaine progression sur un parcours.
Que l'on nous comprenne bien: nous n'interdisons pas aux astrologues de se servir de ces données mais que cela soit à leur juste place. Et nous en dirons autant en ce qui concerne les 12 maisons. Cela a pu être utile, mais on peut faire autrement, doubler le nombre de maisons et donc répartir les activités humaines en 24 et non plus en 12 secteurs. Et cela importe peu car l'essentiel n'est point là comme l'a montré Gauquelin mais comme l'a montré aussi, pour le zodiaque, du moins avec son indice de concentration planétaire (dit aussi indice cyclique) André Barbault et cela vaut aussi pour le cycle Saturne-Neptune, par exemple, dont il est tout à fait secondaire de savoir dans quel signe la conjonction a eu lieu. C'est ce que l'on peut appeler un repli stratégique! Paradoxalement, pour nous, la position zodiacale de Saturne est pour nous déterminante, non pas du fait que tel signe aurait une influence sur sa signification mais parce qu'elle indique le rapport de Saturne par rapport aux quatre étoiles fixes royales, les dites étoiles étant totalement ignorées par l’école française d'astrologie mondiale de la seconde moitié du XXe siècle..
On pourrait d'ailleurs en dire autant des planètes, et notamment de Pluton. L'astrologie a- t-elle besoin de considérer tout ce qui traine dans le système solaire pour se fonder? Tel n'est pas notre avis. D'ailleurs, tous ces dieux ne sont-ils pas les émanations d'un principe unique que l'on aura décliné, ne constituent-ils pas eux aussi des subdivisions marquant une certaine progression?
Or, tout se passe comme si Serge Bret-Morel avait pris de toutes autres options en cherchant à valider ces diverses subdivisions -quant au nombre de secteurs, de planètes, et quant aux significations leur étant attribuées- comme faisant partie intégrante de l'Astrologie.
On se demandera pourquoi une telle tentative de la part de ce respectable penseur de l'astrologie? Il est clair que toutes ces données que nous avons jugé contingentes et amovibles constituent bel et bien l'outil privilégié de la plupart de ceux qui se targuent d'être astrologues. Dont acte. Nous ne disons pas que ces données sont fausses, mais qu'elles ne sont pas indispensables à l'Astrologie, qu'elles sont arbitraires. qu'elles en sont des prolongements, comme une sorte de méta-astrologie.
Si l'on prend le cas de la linguistique - nous sommes diplômé des Langues O' (1973), titulaire d'une maîtrise d'hébreu (Université Paris III, 1976), d'un DEA de linguistique anglaise, Université Lille III, 1981- il importe de distinguer entre les racines et leurs dérivés, sachant que des dizaines de dérivés émanent d'une même racine, à commencer par les déclinaisons, les conjugaisons, mais aussi les préfixations etc. etc. Du point de vue de l'histoire des langues, l'on s'accorde à séparer ce qui est grammatical - ce qui est le cas somme toute des dérivés - et ce qui est lexical - les racines. Cela dit, bien des locuteurs ne font pas un tel distinguo et appréhendent une langue comme formant un tout un et indivisible. Or, il est bien possible que c'est un tel paradigme linguistique qui agisse sur l'approche de SBM. Là encore, avec quelque prétention, nous ne nous référons pas à tel ou tel traité de linguistique mais à nos propres travaux, ce qu'on voudra bien nous pardonner! Car on ne fait pas de la bonne recherche avec des travaux de seconde main.
Mais revenons à nos moutons astrologiques! Actuellement, on nous parle beaucoup des effets de l'entrée de Pluton dans le signe du capricorne. Or, nous avons dit que Pluton n'était pas forcément un facteur essentiel de l'Astrologie et que l'entrée d'un certain astre dans un certain signe ne l'était pas non plus. Ce qui n'empêche pas évidemment les astrologues de s'entendre, puisque l'on est dans le domaine du langage. Les réunions d'astrologues (animées par Didier Geslain, par Catherine Gestas (Association Source, à Paris, les GRAOLS etc ) servent souvent à un tel exercice consistant à parler l'astrologique autour d'un certain nombre de cartes du ciel de personnalités, d'événements, plus d'ailleurs que dans un souci de relation à autrui. Il convient assurément de les distinguer des colloques qui sont des lieux de réflexion sur l'Astrologie.
Mais là où nous différons radicalement de SBM, c'est que pour lui, le problème n'est pas tant l'outil qui est ce qu'il est que la façon dont on s'en sert, d'où les préoccupations déontologiques. Il ne cherche pas nécessairement à légitimer la pratique en vigueur mais il maintient que le savoir astrologique n'en a pas moins sa valeur par delà ce que les uns ou les autres en font. En fait, nous nous rejoignons sur un point, à savoir qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain : mais pour SBM l'eau du bain à changer c'est une pratique à réformer, qui attend trop de l'outil dont elle use alors que pour nous, l'eau du bain, ce sont toutes sortes de subdivisions que SBM aurait tendance à sanctuariser et c'est l'outil qu'il faut revoir en amont et non son utilisation en aval. Car tant que l'on ne réforme pas l'outil, la pratique ne pourra évoluer sérieusement. Nous avons toujours pensé, en effet, qu'il était vain de donner des directives - comme le fait par exemple l'astrologie conditionaliste qui implique une déontologie du fait même du statut de l'astrologie comme conditionnement parmi d'autres- si l'on maintenait des découpages en l'état, qui conduisent de par leur complexité même à ce que l'astrologue soit tenté d'appréhender toute la complexité du monde, voire à l'induire par son propre discours. (voir A. Barbault, De la psychanalyse à l'astrologie, Paris, Seuil, 1961)
Un des postulats que SBM semble maintenir absolument, est celui d'une astrologie qui vaudrait pour tous les humains, ce qui a des conséquences épistémologiques considérables. Nous sommes, pour notre part, tout à fait disposés à renoncer à un tel postulat, considérant que l'astrologie concerne exclusivement les agents de pouvoir, aussi bien au niveau des travaux de Gauquelin que ceux que nous menons en astrologie mondiale. Bien entendu, le pouvoir de quelques uns, d'une oligarchie affectera le sort de tous mais il s'agit là d'une conséquence, d'un épiphénomène en quelque sorte tout comme les dérivations dont nous traitions plus haut. Toute la question est de savoir si une telle position est recevable par les milieux scientifiques plus facilement que l'idée d'une influence universelle directe de l'astrologie sur l'ensemble de l'Humanité.
SBM réfute toute idée de synchronicité comme mode d'explication se suffisant à lui-même et nous le suivrons sur ce point. Or, dès lors que l'on se place dans une perspective causaliste, cela implique une cyclicité spatio-temporelle: à partir d'un point de départ, des effets à plus ou moins long terme, passage du centre vers la périphérie. Pour nous, le ciel structure dominante traite d'une humanité dominante (dominus, en latin, le maître, le seigneur, qui a d'ailleurs donné le Dimanche, en italien Domenica) Tout se passe comme si SBM, en maintenant notamment l'idée d'un thème natal pour chacun, ce qui est la base de la pratique astrologique actuelle, qu'il ne condamne pas sur ce point - se trouvait en contradiction avec le causalisme qu'il prône. Encore une fois, il est vain de changer de philosophie, si l'on maintient des structures inadéquates.
On connait l'adage selon lequel "le diable est dans les détails". Si par détail, on entend toute forme de dérivation, de subdivision, il est un fait que l'astrologie se perd, dans tous les sens du terme, dans les détails. Non pas qu'il ne faille passer par le stade des détails mais sans jamais oublier que ce ne sont que des détails dont le choix n'a pas été effectué dans les mêmes conditions que l'essentiel. On n'achète pas une paire de chaussures comme on achète une voiture. Il y a des gens qui semblent cependant incapables de distinguer dans leur modus vivandi ou leur modus operandi ce qui est essentiel et ce qui ne l'est pas et qui mettent tout sur le même plan. C'est selon nous le mal qui ronge et qui mine depuis des siècles l'astrologie!
Et de fait, le détail, c'est justement ce qui est apporté en fin de chaine de commandement. Il est donc "humain" que les praticiens soient attachés à leur valeur ajoutée....c'est à dire les détails. C'est un réflexe corporatif qui dépasse très largement le cas de l'astrologie. Plutôt que théoriciens et praticiens, il serait probablement plus lucide de parler de l'opposition entre les cadres et les employés, entre les dirigeants et les exécutants. On est en plein dans la lutte des classes!
L'on peut rétroactivement imaginer ce qu'aurait été l'Histoire de l'Astrologie si un tel blocage n'avait eu lieu empêchant l'astrologie de se ressourcer en renouvelant notamment les éléments accessoires, ce qui est d'ailleurs au cœur de toute dynamique cyclique. S'il en avait été ainsi, voilà belle lurette que la question de la précession des équinoxes - dont traite abondamment SBM- aurait été évacuée tout simplement parce que chacun aurait pu observer à quel point une telle subdivision joue un rôle mineur en astrologie et surtout à quel point elle est interchangeable. Or, comme les astronomes l'ont maintenue, les astrologues ont cru bon, bien à tort, de la maintenir alors que pour les astronomes, il était clair dès le départ qu'il ne s'agissait pas de donner du sens à de tels découpages spatio-temporels balisant la course des astres.
Le problème, c'est qu'à partir du moment où l'on a attribué des significations à chaque secteur (en maison, notamment), et que cela "marchait", il deviendrait difficile de changer le nombre ou l'ordre des dits secteurs de peur que cela ne marchât point aussi bien....D'où une évidente cristallisation de ce qui n'était au départ qu'une série de bornes ponctuant le parcours d'un astre, au cours du mouvement diurne. L'astronomie a certainement pour beaucoup contribué, de par son métalangage, à ce que l'astrologie ainsi se figeât, et l'on peut d'ailleurs admettre qu'elle emprunta à l'astrologie pour des raisons de commodité son zodiaque.....Mais ce n'était pas une raison pour que l'astrologie restât prisonnière d'un tel état de choses...
Si l'astrologie avait su préserver sa liberté de mouvement, elle n'aurait pas figé ses subdivisions annexes, ses solutions provisoires, et aurait maintenu le cap, à savoir le cycle des conjonctions Saturne/Etoiles fixes royales, dont nous pensons qu'il est bel et bien sa seule colonne vertébrale, quitte, une fois de plus, à ce que des praticiens s'ingénient à "compléter" le système à leur guise et pour leurs besoins propres...sans qu'en aucune façon de telles initiatives ne viennent empiéter sur l'essentiel de l' Astrologie. On sait d'ailleurs qu'un tel glissement aboutira à la constitution d'une astromancie pour tous, et c'est précisément ce passage d'une élite à une population dans son ensemble qui selon nous est une extension, une expansion qui relève d'une forme d'extrapolation. La boucle était ainsi bouclée: c'est pour élargir le public de l'astrologie que les subdivisions furent chargés de toutes sortes de significations, dont le principe initial était de déterminer ce qui n'allait pas, où cela "clochait", selon la maison où tel astre jugé maléfique se trouvait au moment de la question (ou au moment de la naissance). Au niveau médical, également, la présence d'une planète infortunée dans un certain signe affecterait la partie du corps correspondante (voir l'Homme Zodiaque) car selon nous l'astrologie pratique a d'abord été vouée aux pathologies de l'existence. Là encore, l'on retrouve une dialectique essence/existence, l'existence étant tout ce qui concerne les accidents de parcours, tout ce qui nous éloigne (ex-essence) de l'essence. L'astrologie se voit ainsi écartelée entre le centre et la périphérie et de fait toute cyclité tend à passer alternativement de l'un à l'autre, ce qui conduit les extrêmes à une certaine épreuve de force. Les savetiers sont les plus mal chaussés: l'astrologie qui devrait donner, de par son essence, l'exemple d'une bonne cyclicité est précisément victime d'un dysfonctionnement cyclique! Il revient à ceux qui dirigent la communauté astrologique de libérer l'astrologie de ses carcans, de ses scories, en faisant alterner rigoureusement les temps de subdivision et les temps d'intégration (voir les travaux de Bruno Lussato sur cette dialectique), en condamnant toutes les tentatives de blocage et toute idée que les solutions ponctuelles puissent devenir définitives. La solution doit alterner avec la dissolution.



JHB
02. 11. 09



La méthode de la "coupe" astrologique en question
par Jacques HalBronn

L'astrologie actuelle semble avoir adopté la méthode de la coupe telle que pratiquée fréquemment en laboratoire. On sait ce que peut avoir de brutal tout usage d'un instrument tranchant appliqué sur telle ou telle chose. C'est ainsi que l'on coupera une pomme en quatre, sans avoir à respecter d'autre critère que celui de la géométrie, sans se préoccuper de la structure interne du fruit. Quand il s'agit d'une orange, l'on ne respectera pas la répartition en tranches offerte par le fruit lui-même. On pourrait en dire autant quand on coupe, avec un couteau, une tranche de viande, sans tenir compte de sa structure.
Le thème natal n'est-il pas, en effet, une coupe pratiquée sur le "tissu" céleste? Une telle pratique n'est pas inoffensive. En effet, elle ne tient pas compte des cyclicités en présence. Elle impose artificiellement un certain ordre des choses. En dépit de ce que tant d'astrologues affirment, le concept même de thème de naissance ne respecte pas réellement la cyclicité.
Les travaux de Michel Gauquelin ne sont pas assimilables à une telle pratique de la coupe dans la mesure où ils ne retiennent précisément que les angularités, c'est à dire les passages de certaines planètes par rapport à l'horizon et au méridien déterminés par le lieu et l'heure de naissance. En revanche, il y aura "coupe" si l'on s'intéresse aux positions des planètes en signe à la naissance.
Mais l'on pourrait parler aussi d'une "coupe de vie" lors de l'interprétation ponctuelle du dit thème, pratiquée à l'occasion d'une consultation et c'est notamment le cas de l'astrologie dite horaire selon laquelle un thème est dressé à un moment donné décidé par l'astrologue et qui n'est pas nécessairement fonction de la cyclicité, avec laquelle cela aurait plutôt tendance à interférer.
Or, lors de la consultation, il s'agit bel et bien, nous semble-t-il, d'une coupe de vie, d'un arrêt sur images. Et voilà qui relativise sensiblement une telle façon de procéder. L'astrologue est censé se mettre en phase avec le ressenti immédiat de son interlocuteur. Il va proposer des explications, des grilles qui sur le moment ne sembleront pas forcément fausses mais qui demanderaient à être vérifiées par la suite. Si je dis à quelqu'un que les fruits qu'elle a mangés expliquent que la personne se sente mal et que bien qu'en ayant de consommer de tels fruits, la personne est toujours aussi mal, c'est que mon explication ne ''tient pas la route". Si une autre fois, le fait de manger ces fruits ne la rend pas spécialement malade, on devra aussi s'interroger..Si, lors de la consultation, la personne est dans un certain état d'esprit et que plus tard, elle n'est plus dans cette même humeur, ce que l'astrologue aura dit deviendra assez contingent et passager et ainsi de suite.
Ainsi, la pratique de la consultation - coupe a l'avantage, de par la brièveté du champ spatio-temporel ainsi circonscrit - de valoir sur le moment mais "il faut le dire vite" et l'inconvénient d'avoir une échéance de consommation fort brève, au delà de laquelle, le propos risque de faire de moins en moins sens. C'est un château de sable vite balayé par les flux et les reflux.
C'est pourquoi nous recommandons de renoncer à cette double pratique de la coupe, en étudiant les gens dans leur devenir ainsi bien entendu que les configurations astrales dont ils pourraient dépendre. La notion de thème-coupe, tant au niveau astronomique que de l'interprétation, nous semble globalement à rejeter.

JHB
06. 11. 09

De la naissance à la reconnaissance: les deux astrologies du dominant.

par Jacques HalBronn

L'astrologie du XXIe siècle pourrait bien être une astrologie "dominante" par opposition à une astrologie du XXIe siècle qui fut fortement marqué par une certaine démocratisation (horoscopes des journaux, astroflash) qui ne lui aura pas trop bien réussi.
Ce que nous appelons ici astrologie du dominant est un retour aux sources de l'astrologie. C'est une évidence que de dire que c'est au Ciel que l'on place les forces qui nous dirigent- à commencer par Dieu, dans le monothéisme et les dieux dans le polythéisme- que ce qui est en haut désigne ce qui est supérieur.
Le grand problème, c'est comment savoir qui est concerné par cette astrologie du dominant. On dira tout le monde puisque par définition ce qui domine exerce une influence, a le bras long mais on est là dans des généralités. Il n'est d'ailleurs pas mauvais que l'astrologie ne renonce pas à occuper, comme elle le fait trop souvent, le terrain des généralités pour ne s'intéresser qu'aux cas particuliers, d'espèce. Cela explique d'ailleurs la tactique de tant d'astrologues à mettre en avant leur talent d'interprète comme si en réussissant une consultation, ils allaient, ipso facto, "sauver" l'astrologie. Une telle alliance entre l'entregent du praticien et les enjeux épistémologiques propres à l'astrologie nous semble parfaitement déplacée et ridicule!
Il reste que de sérieux problèmes de méthodologie se présentent pour l'astrologie du dominant. Certains astrologues n'hésiteront d'ailleurs pas, il faut s'y attendre, à affirmer que c'est le thème qui nous renseigne sur les facultés de leaders. Or, si seuls les futurs leaders ont droit à un thème, il ne sert à rien de dresser le thème de ceux qui n'y ont pas droit. Evitons de tomber dans ce piège! Rappelons en passant que le thème natal ne devrait de toute façon que comporter les planètes en maisons, pas en signes. Même si ce n'est pas ce qu'on "nous" a appris!
Si l'on prend les résultats Gauquelin, il apparait que seuls les personnages remarquables ont des thèmes significatifs et nous dirons plus largement ont des thèmes qui veulent dire quelque chose. Mais si l'on dresse le thème de quelqu'un qui n'est pas marqué par les astres, à sa naissance ou plutôt qui n'est pas parvenu à naitre en phase avec certaines configurations - ce qui est la marque de l'astro-sensibilité- comment le saura-t-on? Il serait trop simple de croire que cela se voit d'après le thème. Toujours cet argument spécieux!
Le travail de Gauquelin semble bien ne fonctionner qu'a posteriori, après coup et il est tout à fait vain d'en faire un outil prévisionnel si ce n'est dans les généralités: on dira que toute personne vouée à sortir du rang tend à naitre sous une configuration exceptionnelle, au regard des angularités (horizon-méridien). En d'autres termes, on prévoira que la probabilité est grande pour un futur leader de naitre au moment où l'une des cinq planètes gauqueliniennes (Lune, Mars, Jupiter, Saturne, Vénus) est '"dominante" au sens de son angularité en fonction du lieu et de l’heure de naissance, étant entendu que ces astres traversent cycliquement l'espace à chaque rotation, quotidienne, de la Terre. On est là dans une micro-astrologie adaptée aux conditions spécifiques de la venue au monde, qui se jouent sur des durées et des délais très brefs une fois la phase finale amorcée.
Mais en est-il autrement pour le cycle saturnien, tel que nous l'avons défini, dans nos propres travaux? Nous répondrons d'une part que la temporalité n'est plus du tout la même. On est dans une macro-astrologie. Ce n'est plus une question d'heures mais d'années et le temps pour se "retourner" est à une toute autre échelle!
L'on peut d'ailleurs garder l'image d'une naissance dans la mesure où c'est au moment de telles configurations, cette fois au niveau stellaire et zodiacal, que "naissent", publiquement, les leaders. On aura compris que l'on ne parle plus ici de la sortie du ventre de la mère mais de l'émergence sociale du chef et de sa reconnaissance.
On pourrait d'ailleurs poser le problème tout à fait autrement en disant que c'est lorsque certaines configurations se produisent que certaines personnes sont "poussées" en avant, au sens physique comme au sens psychique, la naissance étant une poussée, tout comme la reconnaissance qui détermine une certaine réputation.
Donc, il suffirait d'observer quelles sont les personnes qui sont "poussées" par les dites configurations au moment où celles-ci se produisent.
Un protocole d'expérience pourrait être en vérité établi dont on pourrait esquisser les grandes lignes. Au moment où telle planète se lève ou domine, l'on note, dans les hôpitaux, les enfants qui sont nés à ce moment là, sous réserve que le processus s'est déroulé naturellement, sans intervention chirurgicale ou chimique. Les parents de ces enfants reçoivent un certificat qui donnera à leur enfant accès à certaines filières particulières, étant bien entendu qu'une proportion des dits enfants ne sera venue au monde dans ces circonstances que par hasard. Mais le jeu en vaut la chandelle car ainsi l'on aura présélectionné une quantité significative, dans le tas, d'enfants voués à une réussite particulière. Cela pour les données Gauquelin.
En ce qui concerne, notre propre modèle - qui vient compléter et non se substituer à celui qui ressort des résultats Gauquelin - la démarche est évidemment différente mais en gros, la problématique reste la même avec les déchets à prévoir.
Il convient d'examiner ce qui se passe dans une société donnée, au sein de toutes sortes de structures, au moment où la conjonction saturnienne se produit, à savoir tous les 7 ans environ mais l'on peut aussi aborder la question des incidences disjonctionnelles, à mi-parcours (voir nos travaux sur ce sujet). On relèvera les noms des personnes, à tous les âges, qui semblent avoir été propulsés à ce moment là et avoir joui de ce fait d'une certaine reconnaissance et là encore, ces personnes seront traitées de façon particulière, notamment en vue des échéances à venir. Rappelons que nous pensons que ces phénomènes sont liés à des modifications de l'activité cérébrale. En effet, pour que les personnes en question soient agies par les astres, encore faut-il qu'elles puissent fonctionner en tant que capteurs, que récepteurs. A contrario, les personnes ne présentant aucune variation de la dite activité pourraient être exclues de la sélection.
Rappelons que les personnes les plus marquées par la cyclicité sont des leaders "nés". Ils se caractérisent notamment par une forte expansion spatio-temporelle, en ce sens qu'ils couvrent de vastes populations, en des pays divers et qu'ils se projettent sur de larges périodes de temps, allant d'un passé lointain à un futur anticipé.
On aura compris que le sort de l'astrologie du XXIe siècle passe par une prise en charge de ces questions à un très haut niveau d'implication sociale et exige des moyens à grande échelle mais il s'agit bien là pour une société d'exploiter au mieux ses ressources humaines, son or "gris", sa "matière grise". Dans un monde où les hommes seront de plus en plus menacés par l'emprise technologique, l'on devrait au cours des prochaines décennies, en arriver à un stade où, paradoxalement, face à un certain nivellement des performances, aidées par ordinateur, les sociétés seront en quête de personnages exceptionnels, mus par d'autres énergies que celles de la machine terrestre et qui dépendent de la "mécanique céleste". Car l'Humanité ne saura tenir bon face à la machine qu'en renforçant son potentiel humain au plus haut niveau, en identifiant ses surhommes. Certains Etats prendront certainement de l'avance voire le dessus sur d'autres en recourant au service de cette nouvelle astrologie que nous prônons, d'autres poursuivront en se soumettant toujours plus au progrès technique, quitte à asservir totalement les hommes qui ne vaudront plus que par les machines qui leur seront affectées. Passage de l'être à l'avoir, de la croissance interne à la croissance externe. En attendant, on peut en faire des scénarios de science-fiction pour marquer les esprits!


JHB
02. 11 09

Le choix des cinq planètes gauqueliniennes

par Jacques HalBronn

La succession des jours de la semaine en rapport avec des noms de planètes est un sujet d'étonnement : soleil-lune-mars-mercure-jupiter-vénus-saturne. Néroman, dans les années 40 (Grandeur et Pitié de l'astrologie, Ed. Sorlot) en proposa une clef consistant à placer les jours sur un cercle et à les relier selon l'ordre astronomique, ce qui conduit à une forme intéressante, une étoile à cinq branches. Nous même (voir Mathématiques Divinatoires, Paris, La Grande Conjonction-Trédaniel, 1983) avons aussi étudié les rapports entre ces deux agencements dont l'un semble bien dériver de l'autre.
Voilà donc encore un exemple de dérivation dont nous traitons dans cette livraison du journal de bord mensuel et qui vient s'ajouter à toutes sortes de subdivisions.
Mais nous voudrions ici nous contenter d'observer sous un jour un peu nouveau ce fameux dispositif qui a traversé les siècles en dépit de son apparente étrangeté et continue à marquer le nom des jours de la semaine dans l'Occident latin ou latinisé.
Disposons donc cette fois les 7 astres en deux colonnes avec le soleil en haut/


SOLEIL
Saturne - Lune
Vénus - Mars
Jupiter - Mercure

A chaque ligne, nous avons face à face une planète "intérieure" (Mercure, Vénus et d'une certaine façon la Lune) et une planète '"extérieure" (Mars, Jupiter, Saturne)
On retrouve d'ailleurs les couples planétaires du dispositif des domiciles: Vénus (balance-Mars (bélier) , Jupiter (sagittaire)-Mercure (gémeaux), Lune (cancer)-Saturne (capricorne)
Voilà qui montre que l'on accordait une importance évidente à une telle classification entre ces deux groupes de planètes lesquelles différent par leur vitesse de révolution, un groupe se plaçant dans le cadre solaire et un autre y échappant, du moins sous un certain angle.
Le groupe "solaire" est en effet constitué de deux planètes qui ne s'en éloignent guère, Mercure et Vénus et de la Lune dont les rapports avec le Soleil étaient un fait bien connu, notamment en ce qui concerne la nouvelle lune et la pleine lune.
L'autre groupe offre une cyclicité sensiblement plus ample, permettant ainsi de déterminer des périodicités plus longues, par delà le cycle annuel, la Lune permettant quant à elle de dépasser le cycle diurne pour le remplacer par celui de la semaine (et du mois).
Dans le système Gauquelin, on notera l'absence du soleil et de Mercure. Selon nous, cela faisait en effet double voire triple emploi.
L'on peut imaginer que les astro-législateurs qui déterminèrent le recours à cinq planètes, souhaitaient que chaque planète ait un cycle bien distinct des autres. Or, en géocentrique, Vénus, Mercure et le Soleil ont un cycle à peu près de même durée. Quant au choix de Vénus, il semble que soit il ait été arbitraire - il fallait bien choisir- soit qu'il ait été dicté par sa visibilité supérieure à celle de Mercure, trop proche du soleil et par l'absence nocturne du soleil.

Lune: 1 mois
Vénus 1 an (en géocentrique)
Mars 686 jours (et 780 jours pour la période synodique, temps mis par cette planète pour revenir à la même configuration Terre-planète-Soleil)
Jupiter 12 ans
Saturne 28 ans.
Nous sommes là placés dans une problématique de choix (dont nous avons fait le thème du colloque des 11 et 12 novembre, à Marseille et Montpellier). Cette idée de choix semble être en effet totalement "squeezée" par la pensée astrologique contemporaine qui se caractériserait plutôt par le non -choix, le déni du choix. Le cas des transsaturniennes est significatif: il est toujours possible de soutenir que ces planètes étaient là de toute éternité, que leur intégration récente n'est que justice, ce qui correspond notamment à la position de J. P. Nicola.
Ce qui gène, entre autres, chez Gauquelin, mais qui est justement extrêmement instructif, c'est que toutes les planètes ne semblent pas agir du moins sur le plan qui est le sien. Elles peuvent évidemment "agir" sur leurs clients par le truchement et la volonté des astrologues....
L'idée de choix est évidemment au cœur de toute approche anthropologique à laquelle tant d'astrologues semblent être ou vouloir être totalement étrangers, ce qui explique qu'ils aient le plus grand mal à distinguer (voir nos autres textes) entre les choix fondamentaux et les choix accessoires quand il s'agit de repenser ou/et de réformer l'astrologie.
Un autre choix majeur, outre celui mis en évidence, il y a un demi-siècle par Gauquelin (mort en 1991) est celui de Saturne comme servant à constituer, selon nous, le grand cycle, la "grande année". Nous employons à dessein cette expression généralement affectée à des périodes beaucoup plus longues, de plusieurs millénaires car nous pensons que le passage d'1 an à 30 ans peut aisément être qualifié de "grande année". On aura compris, en effet, que le choix d'un cycle détermine une temporalité spécifique. Plus le cycle est court et plus le temps imparti le sera et inversement.



JHB
02. 11. 09

Astrologie et sémiologie

par Jacques HalBronn


Il nous semble que l'on ne peut comprendre le phénomène astrologique sans aborder la question de la perception et de la captation des signes, tant cosmiques que sociaux en précisant que la hiérarchie sociale est largement fonction de nos facultés sémiologiques.
Nous avons déjà abordé, lors de précédents travaux, la délicate question des inégalités humaines face aux signes cosmiques, seule une certaine élite, à notre avis, étant en mesurer de se brancher sur une certaine dynamique céleste. Ce point est contesté par les tenants d'une astrologie "pour tous" et notamment du thème natal, comme bagage dont chaque humain serait doté à la naissance et qui serait comme un gage d'égalité, en dépit des différences existant entre les cartes du ciel.
Mais un autre angle- psychopathologique- mérite aussi d'être considéré qui expliquerait le recours à l'astrologie chez certaines populations souffrant de difficultés de repérage sémiologique au sein des milieux où elles résident. Ce qui pose, sous un jour nouveau, la question du langage astrologique (voir notre récent entretien avec Carole Leblay, sur teleprovidence.com, à Paris, le 31.10. 09)
Dans les deux cas de figure, nous avons affaire à des messages particulièrement subtils qui ne sont pas décodés automatiquement par tous et qui, au demeurant, ne sont pas évidents à traduire dans la mesure où ils ne passent pas par le langage ordinaire.
Et c'est justement là que l'astrologie intervient en ce qu'elle prétend traduire une langue qui ne serait pas comprise par certains. Rien à voir cependant avec le langage des astres que seul le subconscient de certains "élus" pourrait déchiffrer et "traduire " en actes. Cette idée de traduction en actes nous semble essentielle : la meilleure façon de montrer que l'on a compris un signe, c'est d'agir, de se comporter en conséquence. Celui qui n'adopte la bonne attitude en société prouve par là qu'il n’a pas enregistré certains signes/signaux et il en paie les conséquences. On est là dans une forme de sociopathie caractéristique des comportements des marginaux (enfants, émigrants, psychopathes, malades etc) Et ce seraient justement ces marginaux qui seraient la cible, au sens commercial du terme, des astrologues de terrain, venus demander de l'aide au niveau sémiologique de façon à adopter un comportement plus approprié aux circonstances rencontrées.
En ce sens, le rôle de l'astrologue sera d'optimiser des façons d'agir chez ses clients, plutôt que de procéder à un portrait psychologique. Comme nos actes en société déterminent des effets, l'on peut parler ici de prévision. Changez votre comportement et les choses changeront à terme autour de vous. En ce sens, il est juste de dire que l'astrologue doit conseiller, coacher, doit proposer de nouvelles attitudes, l'aspect psychologique ne jouant ici que pour comprendre ce qui viendrait bloquer la compréhension des signes sociaux environnants et la mise en œuvre des bons choix comportementaux.
En d'autres termes, nous dirons que l'astrologue est censé aider son client à mieux capter les signes que lui envoient les personnes avec qui il a affaire. Il le fera en étudiant le thème des dites personnes et éventuellement réalisera une synastrie (une comparaison de thèmes) avec le thème de son client. Il va de soi que les gens "normaux" se débrouillent sans recours à l'astrologie mais -comme nous l'avons souligné ailleurs - les techniques d'aide tendent à être adoptées par des populations beaucoup plus larges que celles qui sont visées au premier chef, et ce dans toutes sortes de domaine dont l'astrologie.
Bien sûr, pour un malentendant, un sourd muet, il y aura aussi un certain déficit sémiologique tout comme pour un non ou un mal voyant, un aveugle. Et pour pallier de tels handicaps, l'on a élaboré des langages, comme le braille, la "langue des signes". L'aveugle qui s'initie au braille pourra donc lire les textes en braille qu'on lui présentera et ainsi de suite. La personne qui ne capte pas certains signes (au niveau de la gestuelle, au niveau du discours etc, voir le Guide Pratique de Michael Curtis, "Comment Décrypter Le Langage du Corps : "http://www.progagnez.com/Langageducorps/pagedevente.html) apprendra l'astrologie pour pouvoir ensuite lire des textes accessibles en "astrologique" et qui sont constitués par des cartes du ciel mais aussi par une certaine terminologie planétaire, zodiacale etc plus ou moins étoffée.
Le problème, outre le caractère illusoire d'une telle "solution", c'est que dans le cas de la consultation astrologique, l'astrologue recourt à un langage astrologique que ses clients, en règle générale, ne maitrisent guère. Il en serait autrement si le client suivait des cours d'astrologie et rencontrait des initiés à l'astrologie. D'où la séparation radicale entre cours et consultation d'astrologie, le cours pouvant être une approche de la consultation mais non l'inverse.
Une autre question qui se pose est évidemment celle de la pertinence de la traduction d'une certaine signalétique sociale dans le langage astrologique. Si l'attitude conseillée par l'astrologue ne donne pas de bons résultats, c'est que le système est défectueux. Mais comme les conseils de l'astrologue ne sont pas uniquement dictés par l'astrologie, une évaluation du travail reste bien difficile à envisager, surtout si le dit astrologue n'est pas atteint des maux dont souffre son client. A contrario, un astrologue aussi démuni sémiologiquement que son client constituerait un cas plus intéressant à étudier. Le moins que l'on puisse attendre d'un astrologue est d'ailleurs qu'il sache doser son propos de façon à permettre à son client de l'intégrer. En fait, chez certaines personnes qui n'existent que parce qu'elles se sont approprié, savoir ce que l'autre revendique être peut suffire à le connaitre puisque nous ne serions que ce que nous prétendons et déciderions d' être...
Il nous semble que le terme de coach astrologique serait hautement recommandé dans la mesure où l'astrologue, selon nous, serait d'abord celui qui améliore les actions de ses clients. Rappelons que le mot karma signifie action en sanscrit. Certes, le client de l'astrologue peut aussi s'interroger à son propre sujet mais il nous semble assez évident que le client ne peut être aussi étranger à lui -même qu'à autrui dont il ne capte pas les intentions encore que si le client se situe mal face à autrui, il risque effectivement de ne pas avoir un regard approprié sur lui-même. C'est donc bien la question des relations du client avec autrui qui relèverait du champ d'une certaine astro-pathologie.
En conclusion, nous dirons qu'il ne s'agit pas "simplement" de traduire en français (ou en toute autre langue vernaculaire) ce qui serait dit par telle ou telle personne s'exprimant dans une langue étrangère mais bien de "traduire" en actes des informations qui auraient été mal captées par le client, au sein d'une société donnée.
Ainsi, dirons-nous que le langage astrologique se présente comme une interface entre une psycho-socio-sémiologie relative à un milieu donné et le client s'exprimant dans une certaine langue vernaculaire. Il s'agit de lui "mettre les points sur les i", de lui faire comprendre des points dont il n'aurait pas bien saisi la signification.
Tout le champ de l'astrologie tournerait donc autour d'enjeux sémiologiques, en rapport avec la captation de signes subtils, exigeant des "antennes" pour être perçus. Deux domaines s'offrent ici: une première astrologie élitique à caractère cyclique pouvant aider le monde à repérer ses chefs et aux futurs chefs à connaitre les cycles dont ils dépendent et une seconde astrologie visant à aider une population désorientée, maitrisant mal ses relations à autrui. L'une est dans un registre de temps, de périodicité, l'autre d'espace, relationnel. La première nous semble promise à un bel avenir au cours du XXIe siècle et plus largement du Troisième Millénaire tandis que la seconde nous semble assez peu crédible mais sauve sa mise par le truchement de l'astrologue qui "y met du sien" et "fait la part des choses". L'on se demandera pourquoi deux champs aussi différents peuvent cohabiter sous le même label. Cela tient au fait qu'autour de tout système, se développe un "SAV", un service après vente, de dépannage voué à traiter toutes sortes de dysfonctionnements. Rappelons que toute la théorie de l'individualisme est née de recherches pathologiques. (Les tempéraments d' Hippocrate) car ce qui nous distingue de notre prochain, c'est notre idiosyncrasie avec toutes nos bizarreries physiques et psychiques, nos "signes particuliers" qui nous décalent par rapport à la norme, de là à envier ceux qui se distinguent par leurs différences et à faire de cela un idéal de vie...., le grand chic étant désormais d'être inclassable.
L'astrologie nous dirait ce que signifient les astres au travers de leur langage mais en réalité, ce qui intéresse les gens, ce n'est pas ce que disent les astres mais bien ce que disent les hommes et les astres nous aideraient à comprendre les hommes, eux-mêmes marqués peu ou prou par les astres. On retiendra que le recours à l'astrologie devrait être réservé à des cas pathologiques d'une part, à des cas de destins exceptionnels de l'autre. Rien de ce qui est dans la norme, dans la médiocrité (au sens de moyenne) ne relève, selon nous, de l'astrologie laquelle a à traiter de ceux qui s'élèvent très haut, se placent au centre, au sommet et de ceux qui descendent très bas, dans les marges, à la périphérie.
Nous terminerons en mettant en garde ces astrologues qui présentent l'astrologie comme étant un langage sans peser ce que cela peut signifier. Qu'est ce qu'en effet peut signifier le mot "langage" dans la bouche de la plupart des astrologues? D'aucuns diront que c'est un moyen de comprendre ce qui se passe, qui s'applique à tout et n'importe quoi et qui donne toujours quelque indication, quelque réponse : on trace le thème et on déchiffre un peu comme avec le marc de café! On ne peut s'empêcher d'y trouver des relents de divination, de mancie/mantique dès lors qu'au lieu d'étudier les cycles cosmiques lesquels déterminent des dates à l'échelle de l'humanité, l'on fait le thème pour le moment de la consultation ou pour celui de la naissance du client, comme si ces moments là faisant automatiquement sens sur le plan astrologique, ce dont nous nous permettons de douter. L'astrologie, alors, nous parle, comme le ferait la Pythie, dans un langage oraculaire que l'astrologue aurait la formation pour traduire à la façon dont Joseph interprétait le songe de Pharaon (Bible) en sachant donner sens à la symbolique (7 vaches grasses, 7 vaches maigres).
Que dire du préjugé à la mode chez nombre d'astrologues à l'encontre des "voyants"? On notera d'abord qu'il existe une évidente promiscuité : nombre d'astrologues, sur Internet, ne figurent-ils pas dans des annuaires intitulé "réseau des voyants", "guide des voyants et des astrologues" sans parler des pages jaunes où l'on ne sait jamais à qui l'on a affaire. Qu'est ce qui distingue, finalement, l'astrologue du voyant? D'abord, nombre de voyants ont des notions d'astrologie et nombre d'astrologues ont certaines facultés d'intuition. En fait, le débat concerne plutôt les techniques concurrentes de l'astrologie et non les facultés parapsychologiques. Nous dirons que le clivage est celui des "pouvoirs" et des "savoirs". Les pouvoirs sont une affaire personnelle, les savoirs relèvent d'une recherche collective, impliquant de facto une certaine hiérarchie et une transmission de haut en bas de la pyramide astrologique socioprofessionnelle. En dernière instance, les astrologues sont censés, à l'instar des médecins, s'inscrire au sein d'une structure- d'une Faculté- déterminant des orientations s'appliquant à tous ceux qui en relèvent. Autrement dit, les astrologues sont censés - et c'est au cœur de leur image de marque- s'inscrire au sien d'une "Cité scientifique", à laquelle ils collaborent ou à laquelle ils se soumettent quand de nouvelles approches sont mise en place. En est-il réellement ainsi? Au final, plus ou moins.... Il y a une certaine transmission, il y a des maitres à penser qui font école, l'astrologue n'est pas censé être seul dans son coin comme pourrait l'être un voyant qui n'aurait de compte à rendre qu'à lui-même. Dans les faits, néanmoins, l'astrologue semble préférer, bien souvent, une attitude plus ambivalente, à mi-chemin entre celle du médecin voué à respecter certaines consignes de son "Ordre" (Science) et celle du praticien qui s'en tient à sa cuisine personnelle (Art) et qui n'apprécie pas de dépendre d'une quelconque autorité supérieure.
En fait, il ne faudrait jamais perdre de vue le fait que l'astrologue commence par vouloir s'aider lui-même, par l'astrologie, avant de tenter de conseiller autrui. Or, s'aider soi-même est une affaire qui se joue 24h/24 et 7 jours/7, ou du moins pendant les heures de veille, impliquant une certaine existence sociale. On comprend la difficulté à passer, ensuite, à un niveau scientifique, exigeant de passer du sujet à l'objet et de se demander non plus ce dont on a besoin mais comment le monde est structuré. Déclarer à un astrologue que l'astrologie ne donne que des informations à certains moments et pas en permanence, c'est remettre, ipso facto, l'investissement quotidien du dit astrologue qui risque d'être en manque, comme si l'on demandait à quelqu'un de n'utiliser ses lunettes qu'à heures fixes et non en permanence. Ajoutons que ces deux astrologies qui s'opposent sont fort différentes quant à leurs outils: l'une est un véritable kaléidoscope dont la diversité semble apte à refléter la complexité du vécu individuel tandis que l'autre est bien plus dépouillée et vise à fixer une série de rendez-vous cosmiques sensiblement espacés. On retrouve d'ailleurs la trace d'une telle conflictualité entre astrologie individuelle et astrologie mondiale, les tenants de l'une accusant les tenants de l'autre de concourir à la perte de l'Astrologie (voir notre entretien avec Daniel Véga, sur teleprovidence.com)
Nous établissons un lien entre sémiologie et somatologie. Lorsque le corps devient douloureux, dans bien des cas, il y a message. Notre corps nous indique de la sorte que quelque chose ne va pas mais ce n'est pas la douleur en question qui fait problème puisqu'elle n'est que signe mais ce qu'elle exprime. Une fois le message entendu, il n'a plus à se manifester par ce biais somatique. Selon nous, une des principales causes de malaise se situe dans notre rapport à la technique lorsque celle-ci se substitue à quelque chose de plus "naturel" à commencer par la présence de l'autre. Notre corps supporte mal les mystifications dont il est ainsi l'objet. Mettre fin à certaines d'entre elles contribuera à faire baisser le degré de somatisation. Une fois de plus, celui qui ne capte pas les signes -que ce soit au niveau cosmique, au niveau social ou au niveau personnel et parfois aux trois niveaux à la fois- est condamné à l'imprévoyance et donc à la surprise quant aux conséquences de ses dires et de ses actes.
La nature n'est pas, par elle-même, sémiologique (voir notre entretien de novembre 2009 avec Serge Bret Morel, sur téleprovidence) car cela exigerait qu'elle portât un regard sur elle-même. C'est probablement le fait de ne pas avoir saisi ce point qui aura entrainé nombre de maîtres à penser de l'école française d'astrologie du siècle dernier (J. P . Nicola, André Barbault, Dane Rudhyar) à pratiquer une approche globale du cosmos ou en tout cas du système solaire. Il importe, en effet, de distinguer le point de vue de la Nature et le point de vue de l'Homme regardant, contemplant, considérant la dite Nature. Selon le premier point de vue, trop vite adopté par la plupart des astrologues modernes, la Nature est un tout indivisible, où tout est solidaire. On ne peut prendre une planète et pas une autre, ce ne serait pas "logique", arguent-ils. Selon l'autre point de vue, le notre, l'Homme instrumentalise le monde, à sa guise, selon ce qu'il en perçoit, à un moment donné et selon ce qu'il entend en faire. Si j'ai besoin de bois pour fabriquer un bateau, je prendrai le bois qui est à ma portée et dans la quantité nécessaire. Je n'aurai pas besoin de couper toute une forêt pour ce faire. Si l'on admet que l'astrologie est un bateau, un vaisseau, que les hommes se sont construit pour mieux traverser, baliser, le temps, l'on comprendra qu'il n'était nullement nécessaire de tout prendre du cosmos pour atteindre ce but, bien au contraire cela eût été contre-productif. Certes, quand je cherche quelque chose, je dois avoir une perception globale pour repérer la chose en question mais seule celle-ci m'importera au final.
La nature, répétons-le, ne détermine pas de signaux. Ce sont les hommes qui se (lui) forgent une sémiologie. Une planète, isolée, ne saurait nous intéresser, astrologiquement, il importe qu'elle forme une certaine combinatoire avec un autre astre et la Nature comporte un nombre infini de combinatoires. Or, l'Homme n'a que faire, pour organiser sa propre vie, tant individuelle que collective, de l'infinitude....On ne saurait se dire "humaniste" si l'on ne comprend pas cela! En fait, tout se passe comme si certains astrologues rêvaient d'une signalétique qui n'aurait pas été établie, élaborée par les Hommes et qui, pour cette raison, prévaudrait. Une sorte de super-signalétique émanant directement du Cosmos et dont les astrologues seraient les zélés interprètes. Si de nos jours, une telle signalétique cosmique existe et est à observer, c'est parce que des hommes l'ont, en d'autres temps, déterminée, fixée, en opérant des choix que le cosmos lui-même aurait été bien en peine d'effectuer. Il y là une dialectique entre le règne minéral d'une part, les règnes végétal et animal de l'autre, les seconds structurant le premier, non pas sur un plan objectif mais subjectif, par le regard porté sur le premier.


JHB
20. 11. 09

Critique d'une astronomie prise comme matrice structurelle

Par Jacques HalBonnn


La grande idée de Jean-Pierre Nicola aura été de trouver un moyen de différencier astrologiquement les planètes entre elles sur la base de certaines de leurs caractéristiques astronomiques (vitesse de révolution et éloignement relatif, qui vont d'ailleurs de pair).
Certes, le corps humain est-il un exemple de différenciations fonctionnelles entre les organes qui le constituent (cœur, poumons, estomac, bouche, yeux etc, etc). L'Homme Zodiaque est bien connu iconographiquement pour représenter les correspondances entre les parties du corps et les signes du zodiaque. Mais justement un tel dispositif se révéla surtout utile aux médecins devant traiter telle partie malade. Plus généralement, nous dirons que c'est la pathologie, la carence, qui sont cause de nombreuses différenciations et aussi de certains progrès, notamment au niveau technique. C'est ainsi que la théorie des tempéraments (d'Hippocrate) est certainement liée à des dysfonctionnements organiques de certaines "humeurs" (bile (jaune, noire), sang, muqueuse)
En effet, quand un organisme connait un dysfonctionnement, il faut intervenir ponctuellement là où il y a problème, ce qui conduit à un besoin de différenciation en vue d'une localisation. La plupart des divisions astronomiques visent à localiser un astre, à baliser le système solaire, tout comme l'on nomme les rues d'une ville pour se repérer ou les membres d'un même groupe. De là à chercher des fonctions du fait des dénominations, il y a un pas que franchit l'astrologie en général et la "conditionaliste" en particulier.
Il faut comprendre que de telles appellations sont aléatoires, interchangeables et somme toute conventionnelles. Celles là ou d'autres....L'important est que l'on s'entende, que l'on sache de quoi on parle...Ni plus, ni moins.
Y-a-t-il un quelconque intérêt pour l'astrologie à conférer des significations à des éléments d'un ensemble qui, au niveau astronomique, ne correspondent pas à des fonctions distinctes. On pourrait par exemple comprendre que l'on établisse des correspondances entre certains organes du corps et certaines fonctions psychiques mais au niveau astronomique, une telle différenciation n'existe pas. Mars n'a pas une fonction distincte de Jupiter au regard de l'astronomie alors que pour la médecine, le cœur n'a pas la même fonction que le foie... Cela dit, l'on peut s'amuser à mettre en correspondance une planète avec un organe du corps mais ce n'est pas l'astronomie qui est ici le point de départ mais bien le corps humain qui est la matrice. De même pourrait-on dire que les planètes aient pu être mises en correspondance avec des dieux de la mythologie (la couleur rouge de telle planète rapprochée de l' 'Horus égyptien, du Arès grec ou du Mars latin) mais certainement pas l'inverse?
Autrement dit, tout se passe comme si le cosmos avait été rapproché d'autres domaines plus structurés que lui et non l'inverse. Qu'ensuite, à partir de certaines qualités attribuées aux astres, l'on ait cru que l'on pouvait partir des astres, il y a là bel et bien un contresens épistémologique voire métaphysique. Au mieux, les dénominations astrales ne seraient qu'un maillon d'une chaine de correspondance et non leur point de départ, comme semble le laisser penser Nicola. Erreur de perspective d'autant plus surprenante que Nicola prend ses distances par rapport à toute une tradition sans pour autant aller jusqu'à détrôner le cosmos d'un statut matriciel qui n'est pas le sien, diachroniquement.
En revanche, le corps humain nous parait bel et bien jouir d'un tel statut, avoir pu servir de référentiel par rapport auquel toutes sortes de séries, d'ensembles auraient pu être raccordés et donc unifiés au sein d'un ensemble plus vaste d'analogies.
Dans le cas des planètes "Gauquelin", dont la pérennité à travers les âges semble avoir été démontrée statistiquement depuis déjà un bon demi-siècle on a bel et bien affaire à un référentiel planétaire correspondant à des fonctions socioprofessionnelles bien différenciées. Mais, comme nous l'avons dit, cette mise en correspondance ne s'appuie pas en réalité sur un matriciel astronomique mais sur des correspondances issues de la mythologie et probablement de la médecine. En évacuant les dites correspondances, pour ne s'en plus tenir qu'aux planètes proprement dites, Nicola se voit contraint de surinvestir ce plan en affirmant - ce qui renvoie à la question de la poule et de l'œuf - que tout le système de correspondance découle du système solaire alors qu'il nous semble assez évident que le système solaire n'a pas conféré mais reçu des attributions par mimétisme avec d'autres plans, donc de façon parfaitement anthropocentrique.
Tout le système RET de Nicola n'a point d'autre raison d'être que d'autonomiser la symbolique astronomique et d'en faire le commencement et non le milieu voire la fin d'une chaine analogique. Tel semble bien, avec le recul, avoir été le pari et l'enjeu de sa démarche, consistant à traduire en termes philosophiques la position de chaque planète au sein du système solaire, de la Lune jusqu'à Pluton selon le code R pour représentation, E pour existence, T pour transcendance. Véritable "révolution copernicienne" qui ferait du système solaire non pas une entité en orbite autour des représentations humains mais le centre des dites représentations.
Nous ne suivrons absolument pas Nicola dans cette direction, ce qui ferait bien trop d'honneur au cosmos. Le seul signe qui nous semble "parlant" au niveau des mouvements cosmiques, est celui des conjonctions. Ce n'est pas comme le soutient Nicola le mouvement ou/et la distance de telle planète par rapport au soleil qui importerait mais les "aspects" entre les planètes et la sphère des étoiles fixes ou, du moins entre deux planètes, comme l'avait bien compris Kepler dont Nicola semble par ailleurs se revendiquer....Les planètes ne s'exprimeraient, selon nous, que par le ballet qu'elles forment entre elles ou entre elles et les étoiles (selon notre propre approche) et non pas leur vertu propre.
On ne reviendra pas ici sur un autre problème qui est celui de la non nécessité pour l'astrologie de tenir compte de toutes les planètes du système solaire. En tout état de cause, à partir du moment où le système solaire perd le statut matriciel que voulait lui conférer Nicola, la question ne se pose ni ne s'impose plus. Il semble que Nicola soit parti du constat qu'en astrologie, toutes les planètes comptaient au niveau de la pratique pour en faire un postulat sous forme de sophisme: si en astrologie, chaque planète importe, et si l'astrologie découle de l'astronomie, donc chaque planète du système solaire est porteuse de signification de façon intrinsèque.
Pour nous, la question des dénominations des planètes n'est qu'un épiphénomène - comme le sont toutes formes de correspondance- ce qui n'exclut certes pas que d'aucuns astrologues-législateurs aient conféré aux dénominations affectées aux planètes une signification, notamment au regard des intitulés mythologiques respectifs et aient mis en correspondance planètes et castes. Les dénominations astronomiques sont bel et bien de seconde main et l'on sait que lorsque l'on emprunte à un champ quelconque, l'on en arrive à conférer le statut de source à ce qui ne l'est aucunement. Cas de figure banal en textologie (Histoire des textes) et que nous avons largement abordé dans nos travaux universitaires (thèse d'Etat, post doctorat, voir notre article " Jacques Halbronn", sur Wikipedia).
Nous dirons que plusieurs exégèses se sont développées autour du ciel. L'une à partir des attributions mythologiques propres à chaque planète, -dont nous avons montré qu'elles ne s'originent pas dans le cosmos mais qu'au contraire elles annexent celui-ci l'autre, qui correspond à notre "école" veut que le seul signe pertinent soit celui formé, cycliquement, par les rapports entre les astres eux-mêmes, ce qui, somme toute, correspond à une acception satisfaisante de la notion de signal, au sens pavlovien du terme. Tout comme le chien de Pavlov - dont Nicola traite assez abondamment - la formation de la conjonction stimule un certain comportement à mesure que la conjonction est de plus en plus évidente et inversement quand celle-ci peu à peu se dénoue.
En ce qui concerne le processus conjonctionnel et plus largement cyclique, nous dirons qu'il est le seul "signe" qui émane du système solaire et encore, selon nous, à condition, de connecter une planète avec une étoile. Or, il existe un nombre infini de configurations possibles, bien plus important que le nombre de planètes. C'est ainsi, pour ne prendre que le cas de Saturne, il y a Saturne-Mars, Saturne-Jupiter, Saturne-Uranus, Saturne-Neptune, Saturne Pluton sans parler des rapports avec un nombre considérable d'étoiles fixes. Et tout est à l'avenant si l'on prend d'autres planètes....Il aura donc bien fallu faire des choix pour isoler la configuration de référence, celle à laquelle il serait accordé astrologiquement quelque importance. Selon nous, le choix qui s'opéra fut celui des conjonctions de Saturne avec une série d'étoiles fixes, dites royales et correspondant initialement aux 4 directions de l'espace. Les raisons d'un tel choix, de toute façon nécessaire, furent, selon nous, le parallèle avec le rapport soleil-lune, structuré en 4 périodes de 7 jours. L'on voulut retrouver le même système à une autre échelle, d'où un choix permettant de formater 4 périodes de 7 ans, sans que chacune de ces périodes n'ait à être différenciée quant à sa signification.
En conclusion, nous dirons que l'on doit distinguer les vraies et les fausses matrices "symboliques". On entendra par vraies matrices celles qui sont porteuses objectivement d'une certaine structure -l'organisme humain, les saisons, le jour et la nuit- pour les distinguer des imitations analogiques projetées sur des données qui en elles-mêmes ne génèrent pas de structure mais peuvent se nourrir des structures existantes, se calquer sur elles. Il est urgent qu'un tel tri s'opère en ce qui concerne l'astrologie. C'est ainsi que les mois de l'année nous semble être un cas limite: ils sont certes articulés sur les saisons mais ils sont aussi dus aux lunaisons (rencontres mensuelles lune-soleil) lesquelles ne sont pas, en elles-mêmes, une structure signifiante, ce qui oblige à plaquer dessus les saisons au prix d'un passage du 4 au 12, tout à fait arbitraire.
Il serait bon d'approfondir les "vraies" matrices qui sont souvent bafouées par la technique. C'est ainsi que la dialectique du masculin et du féminin se retrouve enfouie par des réseaux de correspondances qui finissent par être considérés comme ayant une quelconque valeur matricielle. N'oublions pas que les astres, au regard de l'astrologie, sont plus souvent des supports- c'est le dieu Mars qui intéresse l'astrologie gauquelinienne et non la planète Mars - que des causes directes, ce qui complique évidemment le rapport entre astrologie et astronomie/

JHB
28. 10. 09

Les tares de la communication astrologique.

par Jacques HalBronn

Nous mettons en ligne dans quelques jours des extraits d' une émission de FR3 tournée en l'An 2000, à Lyon et qui vient compléter celle que nous avons déjà présentée, il y a peu, passée sur TF1, fin 1992. On s'interrogera sur la "communication" des astrologues, comme on dit.
Ce qui frappe finalement, c'est que ceux-ci semblent incapables de s'entendre sur ce qui fait le cœur de l'astrologie et mettent en avant ce qui souvent est secondaire et qui plus est varie d'un astrologue à l'autre, ce qui va de pair.
Mais leurs adversaires, également, ne semblent pas trop savoir ce qui compte vraiment pour la cause astrologique et partent le plus souvent sur de fausses pistes qui restent en surface.
C'est d'ailleurs là tout l'inconvénient de faire représenter l'astrologie par des praticiens ou des enseignants de la pratique astrologique, c'est qu'ils proposent un produit "clefs en main", qui comporte forcément à la fois les fondations mais aussi le type de lavabo voire de tapis pour le salon, sinon le téléviseur ou les fleurs du jardin. Bref, chacun propose "son" astrologie et celle-ci est évidemment indéfendable sous cette forme "globale" ne serait-ce que parce que toutes sortes de facteurs non astrologiques et non maîtrisées interfèrent, comme des effets de mode, comme ce qui est tombé sous la main etc L'avoir se mélange avec l'être, l'occasionnel avec l'essentiel si bien que l'hétérogène l'emporte sur l'homogène. La maison est effectivement habitée, meublée, décorée mais ce n'est pas ainsi que l'on enseigne l'architecture ou la maçonnerie!
Pour le praticien/enseignant - car pour nous ils offrent les mêmes défauts - on est dans le tout ou rien. C'est comme pour une langue: on ne se contente pas du squelette. Chaque détail compte et chaque détail peut faire l'objet d'attaques contre l'astrologie. Le problème, c'est que chaque astrologue est attaché à sa façon de faire et n'est pas vraiment intéressé à défendre l'astrologie en général ou plutôt parait incapable de distinguer ce qui est fondateur en astrologie et ce qui ne l'est pas.
Prenons le cas du zodiaque: la plupart des astrologues praticiens n'imagineraient pas l'astrologie sans zodiaque et pourtant c'est tout à fait possible et en outre il y a plusieurs écoles qui se disputent à ce sujet précisément parce que cela n'est pas si important que cela. Le zodiaque a pris une place excessive dans l'imaginaire de l'astrologue.
Certes, ne jouons pas sur les mots: si par zodiaque on entend le trajet suivi par les planètes sur l'écliptique, il va de soi que c'est incontournable. Mais si par zodiaque on entend la signification des différents secteurs traversés par les planètes, c'est une toute autre affaire. Or, on tend plus ou moins délibérément à amalgamer ces deux niveaux qui ne relèvent pas de la même épistémologie.
Nous voudrions que les astrologues fassent la part de l'objectif et du subjectif en astrologie. Qu'ils disent carrément "moi je travaille comme ceci ou comme cela" mais qu'ils ne mettent pas cela sur le compte de l'Astrologie avec un grand A mais de leur astrologie, avec un petit a....Tout le monde comprendrait qu'un praticien doit faire des choix plus ou moins aléatoires pour s'y retrouver comme lorsque l'on aménage une maison, pour garder cette comparaison qui nous semble parlante. Tout se passe comme si nos astrologues avaient un problème pour affirmer leur subjectivité, comme s'ils avaient été brimés, dans leur enfance, au niveau d'une libre expression du moi, d'où des façons un peu sournoises de procéder, pas très franches du collier. Pourtant, il ne viendrait à personne faisant visiter sa maison de laisser croire qu'il l'a achetée comme elle est, qu'il n'y a rien changé, ni apporté, qu'elle lui a été vendue telle quelle!
Les anti-astrologues ne devraient pas tomber dans le piège et faire la part des choses. Ils ont affaire à des personnes qui ne sont pas libres dans leur expression et c'est d'ailleurs pour cela qu'elles en sont venues, pour la plupart, à l'astrologie. Qu'ils s'adressent à des gens ne souffrant pas de tels symptômes et de tels syndromes! Passer du temps à débattre autour du zodiaque pour discuter du bien-fondé de l'astrologie est peine perdue! Même la question de Pluton n'est pas déterminante dès lors que l'on a compris que l'astrologie n'est pas obligée de se servir de tout ce qui existe dans le système solaire! Jean-Pierre Nicola fait partie de ceux qui ont cru bon d'affirmer l'existence de liens absolus entre l'astronomie du système solaire et l'astrologie, celle-ci se devant de donner du sens à chaque planète, sans en oublier une seule. Dans les années soixante, Pluton semblait en effet être une planète à part entière mais l'astrologie n'avait pas attendu que l'on découvrît cet astre (1930) pour exister. Que d'aucuns aient cru bon d’y ajouter Pluton est leur affaire! Comme on avait cru bon, quelques décennies plus tôt d'inclure sous le nom de Vulcain une hypothétique planète intra-mercurielle (dont on trouve encore la trace dans les premiers numéros des Cahiers Astrologiques de Volguine, d'avant guerre). Ca va et ça vient.
Est-ce que le débat autour de l'astrologie doit sérieusement tourner autour du fait que l'astrologie doit impérativement rendre compte de chaque planète du système solaire y compris de celles que l'on pourrait un jour découvrir et qui seraient soi terriblement petites, soit considérablement lointaines et lentes? Est-ce à un tel supplice que l'astrologie serait condamnée pour l'éternité avec cette épée de Damoclès au dessus de sa tête? Peut être, certains astrologues ne font là que projeter sur l'astrologie leur propre angoisse existentielle, leur sentiment d'insécurité comme ces parents qui élevés dans la difficulté et la précarité font vivre leur progéniture dans un même climat....? N'est-il pas temps de déclarer : "pouce, on arrête. La question du choix des planètes nouvelles est une affaire personnelle de l'astrologue qui n'engage pas l'Astrologie!" . Le problème, c'est que l'astrologie a beaucoup de médecins à son chevet et que chacun y va de sa panacée, de sa trouvaille, de son gadget!
Disons les choses clairement: même si une seule planète était agissante sur le cours des choses humaines, cela suffirait à fonder l'Astrologie à condition de ne pas jouer, une fois de plus sur les mots. Cela ne justifierait pas l'astrologie de tel ou tel astrologue mais l'Astrologie en tant que Science sur laquelle chaque astrologue pourrait installer ses petites affaires personnelles sans conférer à celles-ci plus d'importance qu'elles ne le méritent. Pour le praticien de l'astrologie, certes, ce qui compte, c'est de légitimer "son' astrologie, sa façon de travailler. Et c'est là que réside le grand malentendu. On ne parle pas de la même chose! Que l'on imagine, dans un débat autour de l'Astrologie un tel déballage de recettes individuelles, de solutions personnelles! Or c'est exactement ce à quoi l'on assiste...Comme si l'astrologie du voisin importait peu puisqu'il s'agit de vendre l'astrologie que l'on pratique!
Voilà donc que l'on organise des débats autour de l'Astrologie, de ce qui la fonde et que cela devient tout autre chose, dans un désordre total avec cette seule constante: chacun défend '"son" astrologie. Le problème, c'est que l'on risque de mettre sur le même pied la façon dont chacun aménage son astrologie et la question de ce qui fait l'essentiel de l'astrologie. C'est ainsi que si quelqu'un arrive en disant qu'il a élaboré un nouveau modèle en astrologie, on confondra son propos avec les petites modifs apportés par tel ou tel praticien! Or, on ne joue pas dans la même cour!
Mais pour que l'on ne mélange pas tout, encore faudrait-il que les théoriciens, les penseurs de l'astrologie restent à leur place et n'empiètent pas non plus sur le territoire des praticiens et donc évitent le concept d'astrologie "clefs en main". Nous pensons qu'un modus vivendi doit être obtenu entre ces deux "corporations", avant même d'aborder les astrosceptiques, étant entendu que le nombre de vrais théoriciens- qui sont des patriciens de l'astrologie et non des praticiens - est infiniment plus restreint que celui des praticiens.
On attend du théoricien -ce qui correspond à un membre d'une certaine aristocratie de la société astrologique- qu'il dessine les grandes lignes et laisse en option le reste à la façon dont un architecte n'impose pas à tous les habitants de l'immeuble dont il a tracé les plans les mêmes meubles. Dialectique intéressante entre immeuble et meuble! En astrologie aussi, il y a l'immeuble et les meubles. Le théoricien fait construire l'immeuble et ensuite il passe la main à ceux qui vont l'habiter, qui l'ont acquis (habitat (comme habit, habitude) vient de habere, avoir, en latin)
Quand quelqu'un reçoit chez lui des invités, il peut tout ignorer des lois de l'architecture. Il présentera "sa maison" mais en fait ce ne sera que l'espace dans lequel il vit, il s'est installé. Là encore, il y a des glissements sémantiques! Eh bien, pour l'astrologue praticien, c'est pareil. Si on lui demande comment l'immeuble a été conçu et construit, quels matériaux on a utilisés, pourquoi tel agencement et pas tel autre etc., qu'il se réfère à l'architecte et évite de dépasser son niveau d'incompétence! Mais l'astrologie ne donne-t-elle pas l'illusion de pouvoir parler pertinemment de ce qu'on ignore, à commencer par le client qui se présente devant l'astrologue ou tout simplement du futur voire du passé?
Certes, l'on comprend la tentation de vouloir s'approprier l'astrologie, de A jusqu'à Z mais c'est infantile. Celui qui est en A n'est pas en Z et vice versa. On est dans la dualité entre le tronc et les branches. Il est vrai que dans la vie courante, les gens sont souvent frustrés de ne pas maitriser quelque chose entièrement. Mais l'astrologie n'a pas à souffrir de tels fantasmes!
Quand bien même, l'astrologie ne serait réellement fondée que sur un nombre limité de planètes et ne concernerait directement qu'un nombre limité de personnes, son socle n'en serait pas moins bel et bien établi car à partir d'un noyau dur, un effet peut se diffuser de proche en proche à un niveau global encore que les modalités d'une telle diffusion, quant à elles, puissent être contingentes de par leur diversité même . Petites causes, grands effets.
En ce qui concerne la définition de l'Astrologie, il nous semble éminemment préférable de parler de l'influence de configurations et non d'astres, en excluant la notion de "passage" dans tel ou tel secteur (signe zodiacal, que ce soit en tropique ou en sidéral). La notion même de signal est liée selon nous à celle de configuration, bien plus intéressante que celle de mouvement. Nous dirons que l'astrologie est l'étude du retentissement de certaines configurations (impliquant le rapport entre deux facteurs célestes) sur le rythme de certaines activités humaines. On pourrait parler ici d'une sorte de newtonisme psychique. Le concept central de l'astrologie est la conjonction entre deux facteurs célestes. On notera d'ailleurs que le mot "début" correspond bien au commencement d'un cycle, puisque, étymologiquement, cela signifie s'éloigner du but et le but c'est la conjonction, à la fois but (comme au foot ball, d'où le gardien de buts) et début, à la fois fin et commencement. Le mot "départ" va dans le même sens, il indique- par le préfixe "dé" l'idée de quelque chose qui se sépare.
Bien entendu, il n'est pas conseillé de mettre en avant le fait que l'astrologie s'intéresse à tout un chacun. Est-ce que le zoologue prétend étudier le cas de chaque chien en particulier? Non, il fixe une norme. A partir de là, le vétérinaire en tirera des enseignements pour sa pratique, quand il s'agira de traiter le cas de Bobby ou de Mirza! Dire d'entrée de jeu que chaque personne dépend directement des astres relève de l'argument commercial plutôt que scientifique. Comme nous ne cessons de le répéter depuis quelque temps, l'astrologie n'a pas besoin de "marcher" pour tout le monde. Ce n'est pas une condition sine qua non de son épistémologie tout comme elle n'a pas non plus à affirmer que toutes les planètes du système solaire ont une action de son point de vue. Ce sont là des erreurs de positionnement stratégique! Il vaut mieux parler d'un processus de diffusion spatio-temporel: il y a les récepteurs principaux, à savoir une minorité d'humains, directement en phase avec certaines configurations. Et puis, à partir de cet instant T de réception du signal conjonctionnel par la dite minorité, l'influence cosmique s'exercera de proche en proche et bien entendu avec un décalage croissant dans le temps par rapport au point d'impact. Nous dirons que l'astrologie détermine la rythmicité des forces directrices de l'Humanité, elle est donc liée à l'exercice du pouvoir, au plus haut niveau, d'où le terme de cosmocratique que nous avons proposé comme nouveau concept de la pensée politique du XXIe siècle.






JHB
27. 10. 09

La conjonction et le mouvement, clé de l'astrologie

par Jacques HalBronn

Nous lisons des louanges à l'adresse du président brésilien "Lula" (Courrier International, n° 991, 29 octobre). L'auteur de l'article a calculé le nombre de jours que Lula a passé durant son dernier mandat en déplacements. Voilà, nous semble-t-il, un personnage typiquement conjonctionnel!
Et nous ne disons pas cela au regard de son thème natal mais bien à partir de faits.
Il est temps que les astrologues ne s'autorisent à attribuer une signature astrale à quelqu'un qu'en se fondant sur le thème natal! Il faut bien comprendre que si nous sommes marqués par les astres, cela ne se joue pas à la naissance...Si l'on prend les travaux de Gauquelin, il est clair que l'on peut être martien sans que Mars soit positionné de telle façon, si effectivement l'accouchement a été provoqué car être martien est d'abord une réalité génétique, qui entretient quelque lien avec le cosmos mais l'on pourrait dire que c'est résiduel. Au départ, il y a des milliers d'années, c'était probablement déterminant mais à présent, c'est assez secondaire sinon au niveau de la statistique qui capte cette connexion résiduelle. Car, au bout du compte, les travaux de Gauquelin ne sont guère d'utilité pour la conduite du monde, d'autant que le classement par profession peut être observé et validé empiriquement et n’a pas spécialement à être prévu astrologiquement.
En revanche, la question conjonctionnelle se révèle d'une toute autre importance en ce qu'elle peut et doit jouer un rôle crucial, à partir du XXIe siècle, dans la conduite des affaires humaines. Comme dans le cas de Lula, le rayonnement d'une structure (Etat, entreprise) dépend fortement de la conjonctionalité de ceux qui la dirigent et l'animent.
Le centre de gravité, au niveau géopolitique, notamment, dépendra largement de la présence de responsables ayant un fort potentiel de déplacement, de mouvement, ce qui leur permet non seulement une certaine omniprésence mais de tisser des réseaux interactifs, tout en tenant compte des spécificités locales dont ils prennent connaissance sur le terrain.
Il est vital de prévoir ces phases qui sont marquées par l'émergence de certains personnages singulièrement remuants et qui servent de catalyseurs. On dira que ceux-ci sont conjonctionnels de facto et nous prônons en effet une astrologie du constat. Cela dit, étant donné que les processus que nous décrivons sont cycliques, ils tendent donc à se reproduire avec une certaine régularité (tous les 7 ans dans notre système, par exemple) et donc une fois qu'ils ont été observés, l'on peut les projeter sur le futur. C'est ce que nous avons décidé d'appeler la phase neptunienne.
A partir d'un certain seuil, quand la conjonction se défait, les choses vont évoluer et petit à petit une diversification va se manifester par un processus de délégation, ce qui explique que Lula ne souhaite pas briguer un troisième mandat, d'ailleurs non prévu par la constitution brésilienne mais on aurait pu l'amender dans ce sens...Il ne faudrait pas cependant se faire trop d'illusions sur la phase de disjonction qui se révèle souvent décevante, du fait même de la répartition des pouvoirs et des tâches. Ce que l'on gagne en "démocratie", on le perd souvent en efficacité et en cohérence de l'ensemble. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
D'ailleurs, inévitablement, à un certain stade, le phénomène de dispersion sera si marqué - c'est le temps que nous avons appelé plutonien- qu'il devient quasiment ingérable, du fait des cloisonnements qui se sont multipliés et intensifiés. Les temps sont mûrs alors pour un recentrage sous la houlette de leaders conjonctionnels. Il n'est pas d'unité d'action sans unité de commandement.
On peut donc prévoir, avec quelque degré d'assurance, que l'on risque fort de faire à nouveau appel à Lula, à la prochaine conjonction (Saturne/Antarès, début Sagittaire) en 2015-2016. En toute logique, si Lula laisse la place pour un mandat à un autre président, en 2010, il serait heureux qu'il reprenne sa place lors de l'élection suivante, quatre ans plus tard.
Mais le calendrier de Lula, on l'aura compris, est strictement identique à celui d'autres dirigeants au caractère également conjonctionnel qui vont à présent devoir lâcher du lest, soit parce qu'en fin de mandat, soit en se déchargeant sur leurs divers ministres, avec les risques de fractionnement qui ne peuvent qu'en découler. On pense à Nicolas Sarkozy qui, lui aussi, s'est pas mal agité, au cours de la même période. On pense au Démocrate Obama qui circula énormément pour se faire élire aux primaires (face à Hilary Clinton) puis face à MacCaine, le candidat républicain. Pour ces gens et pour d'autres, les années à venir 2010-2013 impliqueront sinon un retrait, du moins un partage du pouvoir qui ne sera pas forcément un garant d'efficacité mais qui aura au moins l'avantage de les mettre moins en avant, sur la brèche. Ce sera alors une chance pour des personnages moins charismatiques et plus limités dans leurs mouvements, d'occuper des postes clef et de passer à un stade d'application plus protectionniste et respectant mieux les intérêts locaux.
Et il semble bien qu'il en ait été ainsi depuis des millénaires.....et qu'il en sera encore ainsi longtemps, tant qu'il y aura des personnages capables de recevoir les signes conjonctionnels.
On aura compris que l'on ne saurait multiplier le nombre de conjonctions astrologiquement signifiantes. Un seul cycle conjonctionnel suffit. La question est de savoir: lequel? Celui qui fonctionne, répondrons-nous, par delà toutes les raisons théoriques (voir nos récents journaux de bord), celui qui est en phase avec ces poussées de déplacement qui sous tendent les rassemblements au sommet, les rapprochements fédératifs : on notera que le traité de Lisbonne prévoyant des fonctions de président, notamment, vient d'être enfin ratifié par les 27 membres. Si l'on avait attendu plus longtemps, la phase de disjonction aurait rendu cela de plus en plus difficile et il faut d'ailleurs s'attendre à des problèmes du côté des Conservateurs britanniques s'ils arrivent, comme prévu, au pouvoir, l'année prochaine.
Il est grand temps, précisément dans une perspective conjonctionnelle, que s'impose un "super-cycle" accepté par tous les praticiens et qui coiffe et contrebalance des pratiques individuelles diversifiées (voir le pot astro à Montpellier, sur teleprovidence, avec Daniel Véga). Plus est établi un axe central, plus des libertés sont possibles à d'autres niveaux subalternes à condition que ces libertés soient perçues pour ce qu'elles sont et ne soient pas mises sur le même plan que le dit axe central, ce qui est déjà une tendance chez les astrologues qui mettent le soleil au même niveau, astrologiquement, que d'autres planètes, et notamment des transsaturniennes. Nous proposons de créer un consensus entre astrologues autour de la prochaine conjonction Saturne-Antarès et de tous travailler pour en baliser les effets et les suites. Notons pour l'anecdote que nous sommes nés avec Antarès en position clef dans notre thème, conjoint au soleil et à Jupiter. Ce sera certainement plus intéressant que l'échéance de 2012 dont on nous rebat les oreilles! Mais il convient de rappeler que la dite conjonction n'aura rien d'exceptionnel, elle se reproduit, avec les trois autres étoiles fixes, tous les 7 ans mais à l'échelle de notre société, elle incarne la faculté des hommes à maitriser leur avenir et en ce sens elle est épistémologiquement un enjeu majeur. En tout état de cause, cette prochaine conjonction portera sa propre dynamique et donc nous avons bon espoir que l'Astrologie marque alors des points cruciaux.




JHB
31. 10. 09

Théorie et pratique: un débat récurrent en Astrologie

par Jacques HalBronn

Quand on parle avec des astrologues de telle réforme à envisager pour l'astrologie, on en vient assez naturellement à la question de la pratique. D'abord, parce que toute réforme, quelque peu approfondie, met en cause des pratiques appliquant un modèle antérieurement admis et suivi. Ensuite, parce qu'il s'agit d'apprécier la valeur des changements proposés.
Voilà qui pose à l'évidence le problème de la pratique, mot qu'on emploie et que l'on met en avant plus ou moins opportunément. A entendre certains, la théorique serait validée par la pratique, sans que l'on sache exactement où ils sont allés chercher cette idée, dans quels ouvrages, dans quel cadre....A moins que cela ne fasse partie de ces clichés et autres lieux communs que l'on accepte un peu vite. On est là dans une épistémologie populaire de plus ou moins bon aloi.
Quels rapports, en vérité, "la" théorie entretient-elle avec "la" pratique? Quel est leur niveau d'interdépendance? De quelle pratique parle-t-on?
On commencera par faire remarquer qu'une pratique confuse ne prouve rien, ce qui est le plus souvent de celle que l'on observe en astrologie, à savoir des conditions d'expérimentation - mot également très prisé et qui fait scientifique - rendant très difficile d'isoler et de suivre un facteur donné au sein de tout un ensemble, assez disparate.
Ensuite, nous insisterons sur le fait qu'une théorie est vouée à évoluer par elle-même, en quelque sorte, en prenant conscience de ses incohérences et des interférences dont elle a pu être victime et cela sans passer par une pratique.
Un autre problème est celui de trouver la bonne application d'une théorie. Il lui faut une interface. Si l'on n'a pas la bonne interface, une théorie risque de rester en plan ou ne pas être utilisée à bon escient, ce qui n'empêcherait d'ailleurs pas le praticien de s'en trouver satisfait.
Enfin, nous dirons qu'il revient précisément au praticien de déterminer les conditions d'applicabilité d'une théorie en lui apportant les compléments nécessaires, au moyen notamment de subdivisions commodes et "pratiques". Autrement dit, une théorie est toujours "brute" et ne saurait être appliquée telle quelle sans un certain nombre d'aménagements.
Il ne faudrait pas non plus confondre pratique et observation. Il va de soi que le théoricien observe le monde. On pense à la légendaire pomme de Newton qui l'aurait mis sur la voie de sa théorie de la gravitation. Il est clair que l'on ne peut faire, par exemple, de l'astrologie mondiale sans relever certains événements, certaines récurrences mais ce n'est point là ce qu'on peut appeler de la pratique.
En revanche, quand on a élaboré une certaine loi - mot qui est parfois préférable au mot pratique- il s'agit d'en confirmer l'existence. Mais très vite, se pose un problème de définition, d'analyse des faits au regard de la dite loi. C'est ainsi que l'on se rendra compte que les formulations utilisées sont soit trop rigides, soit trop souples. Dans un cas, cela ne marche quasiment jamais et dans l'autre, cela marche dans tous les cas, quelle que soit la loi considérée. Mais en fait, il n'est nullement indispensable pour un bon théoricien de passer par une pratique pour se rendre compte des insuffisances de sa théorie et souvent c'est une réflexion structurelle qui fait progresser la théorie et non telle ou telle application. La pratique est une aide, un palliatif à une démarche théorique insuffisamment prévoyante.
Le grand danger, on s'en doute, pour le théoricien est de croire un peu trop vite que sa théorie a été validée par telle ou telle expérimentation, surtout s'il l' a lui-même conduite, ce qui est bien souvent le cas dans un milieu astrologique fort mal organisé et hiérarchisé, où il n'est pas aisé de trouver des collaborateurs.
Insistons sur le point suivant: une théorie est plus facile à discuter sur le plan théorique que sur le plan pratique. Si par exemple nous contestons certains travaux de Jean-Pierre Nicola (cf. journal de bord d'octobre et de novembre), ce n'est pas parce que ça ne marche pas mais bien parce que leur formulation, en tant que telle, fait problème. Or, ce qui n'est pas acceptable, ne "tient pas debout" sur le papier n'a pas à passer au stade de la pratique, dans une sorte de solution de repêchage, de "second chance" (en anglais). On doit retirer d'une pratique une théorie qui aura fait long feu et ce en dépit de tous les résultats avancés, c'est là une règle d'or pour une cité scientifique et qu'il faudrait commencer à respecter dans celle de l'astrologie. C'est un principe que nous avons posé depuis 40 ans quand nous travaillions sur les dispositifs des domiciles. Si un dispositif n'est pas théoriquement satisfaisant, il est tout à fait vain de tenter de l'appliquer. On sait que Suzel Fuzeau-Braesch pensait autrement: on observe les résultats -dans des conditions d'ailleurs qui nous semblent bien aléatoires - et cela vient valider la théorie aussi opaque serait-elle.
Ajoutons que dès lors que l'on en est au stade de la pratique, les discussions entre praticiens sont le plus souvent des dialogues de sourds, chacun d'ailleurs s'appuyant sur des résultats expérimentaux qu'il n'est nullement en mesure de présenter alors que les discussions entre théoriciens ont nettement plus de tenue et que chacun peut en suivre l'argumentation laquelle ne saurait s'appuyer sur des données inaccessibles.
C'est finalement bien plutôt par une interaction entre l'astrologie et d'autres domaines que la théorie astrologique - qui est l'ensemble cognitif auquel tous les astrologues qui se respectent sont censés contribuer mais aussi se soumettre- peut se réformer. Bien plus qu'avec la bénédiction d'une quelconque clientèle au nom de laquelle l'astrologue praticien prétendrait dicter aux théoriciens sa loi. Il y a là une tentative de renversement de la pyramide astrologique qui n'est nullement innocent et qui relève de la dialectique du savoir et du pouvoir. Si, en effet, l'astrologie est de l'ordre du savoir, elle doit être dominée par ceux qui en ont la maitrise théorique, épistémologique, historique. Si, a contrario, elle est de l'ordre du pouvoir ou plutôt des pouvoirs (télépathie, voyance, intuition), alors son destin est aux mains des "hommes de l'art" et les théoriciens sont seulement invités à expliquer comment et pourquoi "ça marche". C'est, en vérité, ce mélange d'intellectualisme et d'anti-intellectualisme, de rationalité et d'irrationalité qui fait du milieu astrologique actuel un ensemble singulièrement hybride et quelque peu schizophrénique, jouant indistinctement sur tous les tableaux.




JHB
31.10. 09

Technologie et civilisation judéo-chrétienne

par Jacques HalBronn

La question de l'armement nucléaire au Moyen Orient prend actuellement des proportions assez considérables.
Il faut tout de même rappeler que l'Etat d'Israël se dota relativement tôt de bombes atomiques. Il le fit pour compenser un sentiment de faiblesse face au monde arabe environnant. C'tait pour lui la solution pour parvenir à un certain rééquilibrage des forces en présence. Le cas de la Corée du Nord est emblématique: la possession de la bombe compense un certain isolement diplomatique.
Il est clair que pour Israël, le recours à la technologie la plus sophistiquée est la solution à son problème et donc, quelque part, à la question juive. C'est en recourant à une technologie plus élémentaire (trains, chambres à gaz, fours crématoires) que les camps de concentration furent censées servir, il y aura bientôt 70 ans, par l'anéantissement de millions de Juifs, à résoudre la dite question.
Plus généralement, comme le disait dans une interview le président Shimon Perez, la technologie serait l'avenir -économique - d'Israël. La nanotechnologie remplacerait les diamants...
Nous avons écrit, dans divers textes, à quel point la voie technologique nous semblait particulièrement redoutable pour l'avenir de l'Humanité et l'on sait que si l'Humanité doit un jour disparaitre, ce sera par la technologie, qu'il s'agisse d'une catastrophe nucléaire ou d'une soumission toujours plus accrue à la machine (voir le film américain de science-fiction "Surrogates" (très mal traduit par le mot "clones" - car il s'agit de robots téléguidés par des hommes - avec Bruce Willis, pour ne pas mentionner "Matrix", évidemment)
Notre diagnostic est le suivant : tout progrès technique est dicté par des manques par rapport à une norme. Il concerne donc une minorité qui cherche à compenser certaines carences, certains retards, par quelque artifice, la technique étant un artifice recourant à la Science en vue d'améliorer, du moins apparemment, le sort de certaines catégories de population souffrant de quelque handicap. C'est ainsi que l'écriture, initialement, aurait été inventée pour les sourds muets, serait simplement à l'origine un "langage des signes" pour pallier une atrophie ou une dégradation de l'ouïe. Tout se passe comme si l'humanité avait cédé le pouvoir à une caste médicale, tant sur le plan physique que psychique, qui aurait mis en avant l’idée, fort charitable au demeurant, selon laquelle les plus faibles, les plus démunis, devaient être secourus par la technique. En ce sens, notre civilisation technologique serait fortement marquée par un certain christianisme, ne voulant ignorer aucune de ses brebis. Religion et technologie iraient de pair....Par amour du prochain, l'on serait prêt à donner le pouvoir aux machines....Cette théorie vient compléter ou remplacer celle proposée par Max Weber, sur la sociologie du progrès technique dans son rapport avec le religieux. Nous dirons que plus une société est préoccupée par ses éléments les plus faibles, plus elle progresse sur le plan technologique. A contrario, des sociétés qui tendent à rejeter, à sacrifier, les dits éléments progresserait sensiblement moins.
Si l'on en vient à Darwin, dont on célèbre, en cette année 2009, le 150e anniversaire de la première parution de son célèbre ouvrage, il est question de sélection, de "struggle for life" et il ne semble pas que la sauvegarde des éléments les plus fragiles ait été un moteur de progrès. Or, selon nous, à un certain stade, le progrès aura changé de nature, du fait précisément d'une évolution des mentalités et des valeurs. A partir de là, l'homme ne va plus progresser que par le truchement, le biais de la machine, donc au prix d'une certaine aliénation.
Selon nous, il est grand temps pour l'Humanité de changer radicalement d'attitude avant qu'il ne soit trop tard. Mais cela exige une véritable révolution qui, au départ, ne pourrait évidemment concerner que certains Etats avant de s'étendre éventuellement à l'ensemble. On retrouverait là un clivage-mais sous une toute autre forme - équivalent à celui qui régna tout au long du XXe siècle, entre le monde dit "communiste" et le monde dit "capitaliste".. En tout état de cause, il nous semble extrêmement périlleux que l'Humanité ne suive qu'un seul et unique modèle, ce qui est la conséquence de la mondialisation. Il faut instaurer une véritable alternative.
D'ailleurs, l'existence de deux "mondes, côte à côte, permettrait d'éviter certains excès propres à chacun d'entre eux et laisserait le choix aux hommes. entre deux voies de civilisation. Si l'on admet, ainsi, que l'alternative que nous préconisons n'admettrait pas les "anomalies" liées à des carences physiques ou psychiques ou en tout cas n'admettrait pas que cela puisse justifier un recours à la technologie, il faudra bien que les populations concernées soient transférées vers les pays ayant une autre optique. Et vice versa, ces pays hypertechnologisés deviendront irrespirables pour certaines populations qui seront bien heureuse de pouvoir se réfugier dans "notre" monde.
Nous pensons revendiquer le droit pour certaines communautés, pour certaines entités de vivre autrement, d'explorer d'autres modes, d'autres règles de vie à une certaine échelle, d'autant qu'il y a là des enjeux écologiques, comme on l'imagine aisément, la panacée technologique étant cause de pollution au niveau planétaire.
Si nous voulons restituer à l'Humanité une capacité, qu'elle avait dans le passé, de progresser par croissance interne et non par croissance externe, il convient de s'émanciper des solutions techniques "externes", instrumentales pour en revenir à des solutions organiques, et donc aux effets héréditaires, génétiques. Ce qui implique un certain eugénisme, c'est à dire axer l'humanité non sur ses éléments les plus faibles, les moins performants mais les plus forts, les plus doués, sans chercher à tricher en recourant à des palliatifs techniques, masquant certaines différences. On aura compris que si l'on veut jauger la valeur d'une personne, l'on doit procéder scientifiquement, c'est à dire en évacuant tous les facteurs qui pourraient fausser l'analyse. Si je veux savoir si quelqu'un est en bonne santé, je ne vais pas l'examiner avec tout son arsenal technique qui pourrait, par exemple, dissimuler le fait qu'il lui manque un bras ou une jambe! Le médecin demande à ce que l'on se déshabille et cela vaut dans tous les sens du terme, que l'on quitte les masques. Bien des revendications égalitaires et paritaires ne trouvent un semblant de justification que du fait de certains subterfuges techniques, qui faussent le jugement que l'on peut porter, à terme, cela est cause de dysfonctionnements comme au niveau organique (infarctus), immunitaire.
Force est de constater que plus un individu est faible, plus il va s'accrocher à la technique, ce qui explique d'ailleurs l'importance que l'enfant attache à l'apprentissage de la lecture, censée lui permettre de rattraper l'adulte, à la façon de quelque baguette magique, ce qui est d'ailleurs déjà le cas pour l'acquisition des mots, perçus comme des objets dont on s'enrichit. Tant l'enfant que le vieillard investissent dans la technique comme moyen de dissimuler leurs manques. Mais le problème, c'est que ces solutions finissent par être adoptées par la grande majorité de la population, que l'on prenne le cas des voitures individuelles, qui sont un véritable prolongement de l'individu, à la différence des transports en commun.
On connait l'énigme du sphinx: "Qui a quatre pattes le matin, deux à midi et trois le soir? Au soir de sa vie, l'homme s'aide d'une canne....Cette canne est un élément extérieur qui l'aide à se tenir quand le corps lâche. Nous serions donc face à une humanité vieillissante.....Nous ne pensons pas cependant qu'une telle évolution soit irréversible car notre approche est cyclique, il y a recommencement. Il est temps d'en revenir aux fondamentaux, de respecter la différence entre le jour et la nuit qui est constamment bafouée par la technologie ("Paris, ville lumière", "by night"). Comment s'étonner quand l'humanité est toute fière de faire du jour en pleine nuit qu'elle s'amuse à nier ce qui distingue l'homme de la femme? Et comment ne pas voir que les populations marginales - de l'enfant au vieillard, de l'émigré à l'infirme, et tous ceux qui en traitent, soient le plus naturellement complices du progrès technique?
Le film "2012" qui vient de sortir en France, se termine par une assez jolie formule face à un monde totalement bouleversé, de fond en comble. A la question d'un de ses enfants, le héros répond que l'important n'est pas le lieu où l'on se trouve mais la communauté que l'on constitue. Contrairement à de nombreux Juifs (récemment, entretien, non enregistré, avec Benjamin Duvshani), il ne nous semble nullement nécessaire que les Juifs aient pour principale destination la terre de leurs ancêtres, même si l'on peut y trouver quelque forme de cyclicité, du fait d'un "retour". Pour nous, le "retour'" qui importe serait d'ordre ontologique, c'est à dire une libération par rapport à toutes les solutions ponctuelles. Le XXe siècle aura été, pour les Juifs, celui d'une double aberration, l'une matérielle, l'autre spirituelle : celle de la Shoah qui carrément s'attaque à l'être juif, au point de vouloir l'éradiquer de la surface de la Terre et celle du Sionisme qui tente d'enfermer le peuple juif dans un "avoir" historico-géographique, au risque de lui faire perdre son âme.

JHB
20. 11. 09

La consultation astropsychologique dans l'urgence

par Jacques HalBronn

Les astrologues s'intitulent volontiers "praticiens" et prétendent évaluer la valeur des théories astrologiques mais comment évaluer leur travail à eux? Quelle est la véritable part d'astrologie dans leurs résultats?
On nous dit que "ça marche" mais qu'est ce qui "marche"? Comment savoir si ça marche vraiment si bien que ça?
Dans certains domaines, quand un praticien s'exprime ainsi, l'on pense, l'on s'attend à une guérison, à la disparition d'un "mal", dans la réussite d'une prévision. Mais même alors, sait-on exactement ce qui a permis d'aboutir à tel ou tel résultat? Dans la Bible, un Jésus guérissait effectivement ceux qui l'approchaient. Cela marchait et d'ailleurs lui marchait sur les flots, multipliait les pains etc
Mais l'astropsychologue, de quoi est-il réellement capable? On nous répondra qu'il dit des choses justes ou du moins qui sonnent juste....que les gens se retrouvent dans ce qu'il leur (pré)dit. Que cela les éclaire sur eux-mêmes..... Que cela leur permet de comprendre pourquoi ils en sont là où ils en sont etc, etc Et là encore, qu'est ce qui relève de l'astrologie et qu'est ce qui tient à l'astrologue avec tous les moyens du bord?
On rappellera qu'en règle générale le temps de l'entretien astrologique est bref, que rarement l'astrologue ne reverra son client/patient au delà de ce temps qui se réduit à un moment d'une journée (rarement plus de deux heures). Quels effets peut-on obtenir et jauger en un si court laps de temps? Comment l'astrologue peut-il honnêtement décrire son travail et ses enjeux?
On nous dira que l'astrologue répond à des questions qui lui sont posées ou que son client se pose à son propre sujet? Tout se passe comme si l'astrologue avait vocation à donner une réponse ou un semblant de réponse et que cela apaisera son interlocuteur, pour un temps, que cela le distraira éventuellement, que cela atténuera certaines tensions. En ce sens, il semblerait que l'astrologue ait à agir dans l'urgence, calmer un trouble, dans l'immédiat.
Astrologie et urgence : une piste intéressante. Il conviendrait de rapprocher la pratique ordinaire de l'astrologie de l'ensemble des interventions d'urgence. Les similitudes sont assez frappantes: une "opération" qui doit s'effectuer sans attendre, qui doit donner des résultats positifs, c'est à dire conduire à une amélioration ponctuelle de l'état de la personne concernée, de sorte qu'elle se sente "mieux". Le client, qui sort de chez l'astrologue, doit se sentir mieux! Et plus au départ, il allait "mal", plus le rétablissement même à un niveau basique sera salutaire même si à terme, l'on risque fort de basculer dans le palliatif (voir nos études sur ce sujet), c'est à dire que l'on ne parvient pas à un rétablissement durable mais plutôt à une acceptation de son, ce qui est déjà beaucoup si l'objet est de faire baisser la douleur. L'astrologie serait une sophrologie.(voir les travaux de Denise Daprey, par exemple, entretien sur teleprovidence.com)
Cela dit, aucun théoricien sérieux de l'astrologie ne saurait définir l'astrologie comme une sophrologie mais un sociologue de l'astrologie est en droit de le faire, en pratiquant une phénoménologie de la relation de l'astrologue avec son "consultant" (puisque le mot désigne de façon ambigüe les deux personnages en présence). Maintenant, qu'un praticien auréolé de tels services rendus en vienne à prétendre nous dire ce qu'est l'Astrologie, en soi, à nous affirmer qu'il ne faut pas "toucher" à son astrologie, à son "Pluton", il y a vraiment de l'abus et pis encore s'il s'agit d'un théoricien qui s'appuie sur une telle pratique sophrologique pour "valider" son propos. Il y a là un amalgame intolérable! D'autant que la pratique astrologique sur le terrain s'apparentant à de la cuisine chinoise, l'on a bien du mal à en identifier les composantes. Sur le plan gastronomique, on pourrait parler de "soupe", de "salade", d''omelette", de "farce", de "purée", de "pizza" voire de "couscous", se prêtant à toutes sortes de garnitures et d'ingrédients, autant de recettes qui impliquent des mélanges sans parler du recours à diverses sauces. Une poule n'y retrouverait pas ses petits. Isoler un facteur, dans ces conditions, c'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin.... C'est en sortant de la dynamique du thème astral que l'on procédera à des statistiques.
Une théorie ne va certainement pas se valider dans de pareilles conditions expérimentales. Il ne faudrait pas, en effet, confondre une telle "pratique" avec les rapports qu'un travail théorique doit entretenir avec les "faits" lesquels d'ailleurs dépendent de la grille de lecture utilisée.
Il nous semble que si la pratique ordinaire de l'astrologie peut éviter la prévision, il n'en est pas du tout de même de la théorie astrologique qui est fondée sur le fait que certains mouvement célestes sont en synchronie avec certaines évolutions sociales, sociétales. Cela dit, certaines théories astrologiques ne visent qu'à procéder à un ravalement de la tradition astrologique sans en percevoir le syncrétisme et la place de subdivisions tout à fait aléatoires.
Quid des résultats Gauquelin? Il s'agit de montrer que certains cycles planétaires, au niveau du mouvement diurne, déclenchent la naissance de certaines personnes, en aucune façon toute personne. Si l'on prend un groupe quelconque, le résultat est nul. Si l'on prend un groupe d'individus ayant réussi remarquablement dans leur carrière, le résultat semble être significatif. En fait, la théorie astrologique en arrive actuellement à considérer que l'effet astrologique n'est pas universel au niveau d'une synchronie, mais réservé à une élite qui entraine les autres derrière elle, avec un certain décalage dans le temps et des effets divers et variés. Tel est d'ailleurs probablement le principal obstacle épistémologique que la pensée astrologique contemporaine doit franchir.
On aura compris, en tout cas, qu'entre une astro-sophrologie s'adressant à tous ceux qui "croient" en l'astrologie et qui vont demander conseil à l'astrologue en vue d'une amélioration plus ou moins ponctuelle, qui leur permet de passer un cap, de calmer un état de crise, et une cosmocratique (terme sous lequel nous désignons le champ authentique de l'astrologie ) qui n'est concernée que par la caste dirigeante de nos sociétés, il existe un certain hiatus. Si au moins, les praticiens contribuaient financièrement aux recherches des théoriciens, l'on arriverait à un certain modus vivendi mais ce qui ressort de nos observations et de nos enquêtes, c'est, tout au contraire, un refus chez les praticiens de toute autorité hiérarchique, ce qui est en contradiction radicale avec l'esprit de l'astrologie.
Cette tendance de tant d'astrologues (cf. les débats que nous mettrons en ligne le mois prochain, en audio pour les plus anciens et en vidéo) à vouloir répondre aux questions, quelles qu'elles soient, qui leur sont posées, quitte à les traiter à leur façon, nous semble trahir des implications assez peu "professionnelles" et plutôt "personnelles". Si dans la vie "pro", les services que nous rendons et que nous facturons sont bien spécifiques, dans la vie courante, les limites sont beaucoup plus floues et ce n'est pas parce que l'on n'a rien à dire qu'il faut se taire, selon l'adage : on parle de tout et de rien, comme avec un copain ou une copine. Voilà qui tendrait à montrer que la pratique de l'astrologie correspond à un besoin de la part de l'astrologue de pouvoir s'exprimer "normalement", avec l'assistance de l'astrologie. Qu'il en fasse sa profession viendrait dans un deuxième temps, ce qui expliquerait que tant d'élèves en astrologie n'envisagent pas dans l'immédiat d'exercer.




JHB
27.10. 09

Emergence de l’astrologie à l'ère du visuel

par Jacques HalBronn


Nous avons consacré beaucoup de textes à la question du jour et de la nuit, ce qui recoupe largement celle de la vue et de l'ouïe. Il semble que l'on puisse classer assez évidemment - c'est le cas de le dire- l'astrologie dans le champ du visuel même si le ciel ne s'observe bien que la nuit.
On rappellera que la nuit, l'on communique plus par le son que par l'image, le "signe" (au sens d'expression visuelle et non dans le sens le plus large). Dans un monde où le son prime, les astres n'ont pas de place.
Pour nous, le passage du son au signe est le fait, comme dans bien des cas, de certaines carences que l'on aura cherché à pallier. Le sourd muet qui ne capte pas le son développera d'autant sa perception visuelle et vice versa l'aveugle sera très sensible aux sons.
On concevra qu'avant d'aller regarder le ciel, les hommes avaient déjà parcouru un certain chemin, ce qui fait de l'astrologie un savoir relativement récent dans l'histoire de l'évolution humaine.
Historiquement, on a écrit -fait visuel - bien avant d'avoir parlé - fait oral (d'un mot latin qui signifie bouche). Et cela reste vrai pour l'enfant qui ne commence pas par apprendre à écrire, et ce d'autant que l'écrit n'est qu'une transcription approximative de l'oral, notamment dans les langues sémitiques qui ne comportent pas de voyelles. Il est possible que l'on ait utilisé sa bouche avant de se servir de ses mains qui sont essentielles dans le "langage des signes" (sourds muets)
On voit beaucoup plus loin que l'on entend même si parfois l'on entend quelque chose avant de la voir, par exemple un train.
C'est ainsi que nous relierons l'émergence de l'astrologie à une ère où le visuel a fini par compte fortement, ce qui tend à conférer à ce qui n'est pas l'homme une importance croissante, passant peu à peu de l'organique (la bouche) à l'instrumental (le stylet, le symbole), du subjectif (le sujet) à l'objectif (l'objet)
L'astrologie serait donc liée à tout ce qui concerne l'instrumentation et l'instrumentalisation, c'est à dire au renforcement des rapports de l'homme avec ce qui lui est extérieur, qu'il s'agisse de comprendre le monde tel qu'il est ou de l'utiliser pour signifier ce que l'on veut qu'il signifie, par delà sa dimension intrinsèque et intégrale.
On notera que l'astrologie, au sens où Gauquelin l'a révélée, s'articule sur le lever ou la culmination d'un astre par rapport à un certain lieu, en un instant T, ce qui correspond à la sortie de l'obscurité et de l'invisibilité, passant de l'oral au visuel. Il semble qu'à l'échelle d'une journée, il ait été possible de calculer, sans trop d'erreur, le temps que mettrait un astre pour atteindre tel ou tel point du ciel, sous l'angle de la rotation de la Terre en 24 heures (ou selon toute autre division, cette division étant arbitraire). D'où d'ailleurs, l'intérêt du découpage de la journée.
Le "signe" visuel vient ainsi se substituer à ce qui est dit, à l'interdit, c'est à dire au départ ce qui est dit à tous (pas seulement ce qui est défendu), à la consigne. Ce qu'on appelle le calcul mental, c'est la faculté de compter sans avoir à écrire. Le "par cœur", consiste à réciter par le souvenir sans avoir à lire. Mais tout signe implique des choix comme les couleurs sur un drapeau. Le drapeau de l'astrologie ne saurait ainsi être constitué de toutes les couleurs existantes, c'est à dire, en l'occurrence, de toutes les planètes connues.
Bien souvent, le visuel vient au secours des carences de la mémoire, de la pensée, de l'expression. Il est une prothèse, une béquille pour ceux dont les fonctions mentales sont déficientes (manque de concentration, perte de mémoire et bien entendu carence de l'audition et de l'expression etc).
Recourir à des signes cosmiques, c'est permettre à ceux qui n'entendent pas - dans tous les sens du terme - d'être en communication avec la société "parlante" et dominante à la façon de ces dessins s'adressant à des analphabètes sur les bulletins de vote, dans certains pays.
En fait, le scribe est l'interface entre ceux qui entendent et ceux qui voient. Il permet de voir ce qui est dit (l'oral) et de dire ce qui est à voir (l'écrit). Il joue donc un rôle charnière au niveau social entre ces deux registres sensoriels. C'est au sens strict, un traducteur, un passeur.
Rappelons que la nuit, le sentiment d'unité est plus fort que celui de diversité et que c'est l'impression inverse le jour. C'est donc la nuit que l'homme développe l'approche la plus globale, les concepts les plus généraux. Le jour tend à tout diversifier, tout multiplier et il faut que la nuit revienne pour que l'on puisse à nouveau revenir à l'essentiel, à l'unitaire.
Ce qui rend bien difficile la mise en évidence de telles dialectiques, c'est le mimétisme de l'une par rapport à l'autre et nous reconnaissons avoir longtemps erré. C'est ainsi que l'on ne peut mettre sur le compte de la nuit l'imitation du jour ou sur l'hiver l'imitation de l'Eté. Telles sont bien les limites d'une approche phénoménologique. Ce n'est pas, en effet, parce que certaines civilisations ont tenté d'abolir les différences en question que nous devons refléter de telles dérives en les modélisant. Selon nous, la nuit n'a pas à imiter le jour- même si l'on observe à quel point cela se fait. Et ce d'autant plus qu'à plus d'un titre, c'est le jour qui...singe la nuit et non l'inverse. L'exemple de l'écriture est éloquent qui apparait bien après le langage lequel n'a pas besoin, sous sa forme orale initiale, du jour pour exister. Le passage de la nuit au jour, c'est l'emprise de plus en plus grande de la technique : on ne peut écrire sans une lumière, on ne peut, sans voir, forger et utiliser la plupart des instruments dont nous avons dit qu'ils viennent pallier des carences tout comme l'écriture remédie à la surdité. A plus d'un titre, donc, on en conviendra, l'humanité du jour est à la traine de celle de la nuit même si de nos jours l'on puisse être aisément victime d'erreurs de perspective. De façon générale, ce qui est amorcé la nuit "voit le jour" dans un deuxième temps, et il n'y a pas de printemps sans le travail hivernal de la Nature. Que les almanachs d'autrefois témoignent de scènes de banquet, à la lumière de torches ne fait pas nécessairement référence, ce sont là des empiétements du jour sur la nuit. La nuit est d'abord faite pour dormir, pour se coucher en tout cas dans l'obscurité, quitte à palabrer dans le noir. Ceux qui sont sourds sont évidemment pénalisés par le monde nocturne et trouvent leur revanche dans le monde diurne qui leur donne les moyens d'une compensation au point que désormais tout le monde est censé savoir lire et écrire plus encore que parler (par exemple sur Internet).
Comme le note Serge Bret-Morel, sur son blog (L'astrologie et la raison), l'émergence de l'astrologie est relativement tardive au regard de l’Histoire de l'Humanité. Mais ce sur quoi nous souhaitons insister, c'est qu'à la différence de beaucoup d'historiens de l'astrologie, nous ne pensons pas que l'objet Astrologie ait préexisté à l'intérêt que les hommes ont développé par rapport aux astres. L'astrologie en tant que savoir coïnciderait, en quelque sorte, pour nous, avec la réalité même de l'astrologie. Les premiers astrologues ne découvraient pas les lois astrologiques mais les posaient, plus en législateurs qu'en observateurs de quelque influence astrale objective. Ce n'est qu'avec le temps que l'astrologie aura consisté à restituer, par l'observation, en quoi avait consisté le travail des premiers astrologues.(voir le débat au colloque de Montréal, juin 2009). A partir du moment où l'astrologie se situe dans le domaine du visible et non de l'oralité, elle ne peut en effet qu'être tardive selon la thèse que nous avons défendu plus haut, à savoir que la communication par le son aurait précédé celle par le signe (au sens visuel du terme), tout comme l'enfant apprend à parler avant d'apprendre à écrire, les langues sémitiques, notamment, étant des langues qui ne sont accessibles qu'à celui qui les parle, en raison de leur absence de voyelles et du fait que le même schème consonantique peut être rendu diversement par la vocalisation.(on retrouve là d'ailleurs la dialectique de l'un et du multiple, de la racine et de ses dérivés, à la différence des langues européennes où on a l'illusion de la spécificité de chaque mot)




JHB
7. 11. 09