mercredi 23 décembre 2009

Le NOA (Nouvel Ordre Astrologique) : distinguer les niveaux 1 et 2

L'idée du NOA ne consiste nullement à régenter les pratiques astrologiques de A jusqu'à Z. Il n'est pas question ici d'un quelconque projet totalitaire, comme on pourrait le penser pour le système de J. P. Nicola voire de Rudhyar. Il s'agit, tout au contraire, d'un certain lâcher prise de la démarche théoricienne avec des contreparties, somme toute, assez mineures et que bien des praticiens semblent disposés à accepter. Avec le NOA, il n'est pas non plus question de prôner une déontologie déconseillant telle ou telle pratique, comme on a cru bon vouloir l'instaurer à la FDAF. Mais il ne s'agit pas non plus d'un complet laisser faire (se réduisant à un savoir faire, comme le propose un Serge Bret-Morel). Le NOA, c'est autre chose et comme pour l'œuf de Christophe Colomb, encore fallait-il y penser.
Ce que demande le NOA à ses membres, c'est d'admettre simplement de reconnaitre et d'admettre un certain modèle qui coifferait et organiserait les diverses approches de l'astrologie. Une fois le dit modèle accepté, chacun est libre de procéder comme il l'entend. Est-ce là trop demander pour permettre à l'Astrologie de trouver une certaine unité et une certaine scientificité, en amont et une efficacité sur le terrain en aval?
.Ce que demande le NOA à ceux qui reconnaissent son autorité, c'est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, les bœufs étant censés trainer la charrue et non l'inverse. Et qu'est ce qui traine et entraine l'astrologie, si ce n'est une cyclicité offrant une certaine transparence. Au NOA, on connait ce qui se passe dans la pratique et l'on sait pertinemment que les astrologues ne sont pas au clair avec la cyclicité, en dépit de leurs dires. Et il faut que cela change! Comme nous disons, au NOA, mettre en circulation trop de cycles tuent la cyclicité, noient le discours astrologique! Il ne semble pas qu'Yves Lenoble, par exemple, ait pris la mesure du problème, dans son traité sur les cycles en astrologie....
Le NOA ne propose pas un système de plus mais un supersystéme englobant tous les systèmes et seule cette faculté englobante qualifie un supersystéme.
Avant même de déterminer ce qu'est ce supersystéme, il importe déjà de préciser ce qu'il n'est pas, à savoir qu'il ne prétend aucunement proposer ou imposer un certain zodiaque, un certain système des aspects, des maisons, une certaine série de planètes. Le NOA est ouvert à tous les systèmes sans exception, du moment qu'ils acceptent de se situer dans ce que nous appelons le niveau 2.(voir nos discussions sur teleprovidence, au cours du mois de novembre 2009)
L'idée principale du NOA est en effet la distinction entre ce qu'on appellera le niveau 1 et le niveau 2. En 1, il y a unité, en 2, il y a diversité. En 1, il y a accord sur un supercycle, en 2, il y a défocalisation et invitation à la créativité de chaque astrologue. On pourrait dire que le niveau 1 est en phase avec le masculin et le niveau 2 avec le féminin, un seul et même supercycle pouvant inspirer générer un nombre illimité d'applications.
On aura compris que le niveau 1 n'a pas et n'entend pas empiéter sur le niveau 2. Rappelons encore une fois le "contrat" : chaque membre du NOA reconnait la suprématie d'un supercycle et à partir de là, il peut aménager le dit supercycle à sa guise, en le subdivisant, en le combinant comme il l'entend, ce qui signifie qu'il peut y greffer le thème natal, les transsaturniennes etc, etc.
Cette liberté du niveau 2 a un prix, elle ne se situe pas sur le plan scientifique, à la différence du niveau 1. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
Pour mettre un peu plus les points sur les "i", nous dirons que le niveau 1 laisse de côté toute forme de subdivision du cycle, chacun en faisant son affaire privée.
Mais alors, qu'est ce que l'on met dans le niveau 1 du NOA? Un minimum. A savoir le mouvement diurne avec les résultats statistiques de Gauquelin- qui ne sont que de peu d'utilité au niveau du suivi prévisionnel- et surtout une configuration principale, alliant deux astres visibles, ayant donc une corporéité en quelque sorte minérale, tout ce qui est virtuel, invisible, appartenant au niveau 2. (voir notre entretien avec Christian Lamargot, sur teleprovidence)
Certes, nous n'en disconviendrons pas, le niveau implique que des choix arbitraires aient été effectués car toute sémiologie exige de faire des choix, ce que ne fait pas la Nature. L'astrologie relève du regard de l'Homme sur le Cosmos et non du Cosmos en tant qu'entité en soi, comme le pense un J. P. Nicola. Entendons que les hommes ne se sont pas contenté d'attribuer à chaque astre quelque nom, voire quelque fonction mais ils ont trié les astres pour ne retenir, au départ, que deux d'entre eux, condition nécessaire pour établir une cyclicité. C'est précisément le rôle des spécialistes du niveau 1 que de restituer les choix ainsi opérés en procédant par élimination mais aussi en recoupant au moyen des statistiques cycliques, ce qui relève peu ou prou de ce qu'on appelle communément l'astrologie mondiale.
L'astrologie est avant tout, en son sommet, une anthropologie des configurations célestes - une anthropocosmologie comme disait le regretté Jean Hoyoux (dont nous avons mis en ligne sur teleprovidence certaines interventions, en audio) intégrées dans la vie sociale des humains, d'abord consciemment et peu à peu subconsciemment, sur une très longue durée. Ce n'est donc pas tel ou tel astre qui agirait mais le cycle constitué par cet astre en liaison avec un autre astre, l'un des astres étant nécessairement plus rapide que l'autre.
Il faut relever à ce propos un blocage/obstacle épistémologique qui tient à l'abandon par l'astrologie contemporaine occidentale des étoiles fixes - comme c'est le cas notamment pour J. P. Nicola ou pour André Barbault -et par voie de conséquence, le surinvestissement du découpage zodiacal qui en tient lieu mais sur un mode fictif. On nous rebat actuellement les oreilles avec l'entrée de Pluton en capricorne, ce qui montre bien qu'il subsiste là, très confusément, une certaine dualité planète/étoiles. Or, le zodiaque n'est qu'une subdivision de niveau 2 (cf. supra), certes commode mais sans substrat matériel ni scientifique, tout juste capable d'une transmission livresque, avec des monuments pour support.
Ce que nous proposons pour le niveau 1, c'est d'opter pour une configuration planète-étoile, ce qui offre certains avantages à savoir la préservation des équilibres numériques au sein du système solaire, à commencer par le couple Lune-Saturne doté des mêmes chiffres : le 28, le 7. Ces chiffres ne se maintiennent strictement qu'à condition de combiner une planète avec une étoile fixe ou une série d'étoiles fixes. Tout cycle entre deux planètes détruit toute cyclicité régulière et différera avec chacun de ses partenaires. En revanche, un cycle reliant une planète et une ou plusieurs étoiles offrira une grande stabilité. Dans le cas du cycle soleil-lune, rappelons que la lunaison ne coïncide pas avec le retour sidéral de la lune et que par ailleurs, chaque cycle que la lune établira avec les planètes sera d'une durée distincte, pour chacune.
Selon nous, le supercycle de niveau 1 s'est constitué à partir du modèle soli-lunaire, à savoir le processus nouvelle lune-pleine lune au cours d'un mois et non pas tant le nombre de lunaisons pendant une année. (Même si le nombre des lunaisons a par la suite influé sur la structure du zodiaque, comme l'a montré Giuseppe Bezza, dans sa thèse sur l'Historiographie de l'astrologie)
Un certain nombre de coïncidences aura conduit à élire le cycle Saturne/étoiles fixes, en tant que calque, à une autre échelle de temps mais avec les mêmes bases numériques susmentionnées. Le dit cycle saturnien, on l'a dit, a quelque chose de lunaire et peut être découpé en 4 si l'on choisit quatre étoiles formant un carré, ce qui est le cas des étoiles dites royales, servant à marquer les points cardinaux. On passait ainsi du jour à l'année, soit une temporalité environ 360 fois plus longue.
L'astrologie se rapproche plus de la musique que de la peinture. Pour Lévi-Strauss, qui vient de disparaitre, à 100 ans, la peinture se sert de données découvertes dans la nature, à savoir les couleurs -qu'elle soit figurative ou abstraite tandis que la musique génère une réalité nouvelle ."Entre peinture et musique, il n'existe donc pas de parité véritable. L'une trouve dans la nature sa matière : les couleurs sont données avant d'être utilisées et le vocabulaire atteste leur caractère dérivé jusque dans la désignation des plus subtiles nuances (...) Autrement dit, il n'existe de couleurs en peinture que parce qu'il y a déjà des êtres et des objets colorés (...) C'est seulement après coup et, pourrait-on dire de façon rétroactive que la musique reconnait aux sons des propriétés physiques (..)La peinture organise intellectuellement, au moyen de la culture, une nature qui lui était déjà présente comme organisation sensible. La musique parcourt un trajet exactement inverse : car la culture lui était déjà présente, mais sous forme sensible, avant qu'au moyen de la nature, elle l'organise intellectuellement. Que l'ensemble sur lequel elle opère soit d'ordre culturel explique que la musique naisse entièrement libre des liens représentatifs qui maintiennent la peinture sous la dépendance du monde sensible et de son organisation en objets" (Mythologiques. Le cru et le cuit, Paris, Plon, 1964, pp. 27-30)
Pour nous, en effet, l'astrologie ne serait point née d'une observation du monde- comme tant d'astrologues continuent à le prétendre- mais serait une combinatoire radicalement neuve et en cela elle échapperait au champ de l'astronomie, quand bien même la dite combinatoire se servirait-elle d'astres. Le pianiste se sert bien d'un piano....En ce sens, l'astrologie transcende la nature et en même temps l'enrichit.
Pour rester dans la sphère Lévi-straussienne, nous dirons que l'astrologie, au niveau 1, est un mythe fondateur, élaboré relativement tardivement par certaines sociétés humaines, et depuis décliné à l'infini dans les autres niveaux et c'est cette déclinaison, cette dérivation, faite d'emprunts de toutes sortes, qui lui permet de laisser son empreinte sur le monde en se laissant imprégner par lui, sans pour autant perdre son âme, ce qui exige qu'elle ne se laisse jamais définitivement marquée par ce qui se trame aux niveaux 2, 3 et 4, qui ne seraient que des avatars éphémères. En tant que mythe, constitué d'une combinatoire parfaitement arbitraire, mais servant de référentiel, de source, elle est une extraordinaire invention humaine projetée sur le monde et une autoprogrammation neurosensorielle, organique, génétique, qui ne passe pas par l'emprise aliénante de la technologie, laquelle n'existe que par la transmission culturelle. Un être humain qui nait aujourd'hui n'est dépositaire d'aucun savoir technologique, il ne sait pas instinctivement plus se servir d'un ordinateur que s'il était né cinq siècles plus tôt. En revanche, il a un rapport atavique au cosmos, du moins si son hérédité le lui permet. Rappelons que pour nous, tous les hommes n'entretiennent pas de relation directe et subconsciente avec le cosmos, sinon à un niveau primaire, celui des particules, qui ne saurait fonder l'astrologie. De proche en proche, l'astrologie se répand universellement tant comme savoir que comme effet mais il ne faudrait pas oublier que la source de tout ce processus est fort restreinte : petites causes, grands effets. Une combinatoire simple - on pourrait parler d'un accord au sens musical du terme - un nombre limité de récepteurs, un impact périodique, suffisent, à terme, par ricochet, selon un effet boule de neige, à couvrir un champ très large, ce qui est selon nous la leçon de toute causalité. A contrario, nous refusons de présenter l'astrologie, comme sont trop tentés de le faire tant d'astrologues, dans une perspective "synchroniste" selon laquelle le cosmos serait le reflet de ce que nous vivons au jour le jour, heure par heure - thème natal oblige - tous autant que nous sommes. Cela dit, rien n'empêche un astrologue de greffer, en niveau 2, 3 ou 4, ce que bon lui semble sur la trame du niveau 1...
En conclusion, nous dirons qu'une fois un tel supercycle adopté au niveau 1, chaque astrologue est libre de greffer tout ce qu'il voudra, et cela de façon illimitée. Claude Lévi-Strauss, insistait sur l'impossibilité, la vanité, l'inanité de couvrir totalement un champ de dérivations : "Autant vaudrait de reprocher à un linguiste d'écrire la grammaire d'une langue sans avoir enregistré la totalité des paroles qui ont été prononcées depuis que cette langue existe et sans connaitre les échanges verbaux qui auront lieu aussi longtemps que cette langue existera. L'expérience prouve qu'un nombre de phrases dérisoire, en comparaison de toutes celles qu'il aurait pu théoriquement recueillir (...) permet au linguiste d'élaborer une grammaire de la langue qu'il étudie" (Mythologiques. Le cru et le cuit, op. cit, p.15)
Selon nous, l'astrologie, dans le cadre du NOA, cesse d'être une nébuleuse insaisissable, dès lors que l'on prend en compte les 4 niveaux que nous avons définis, allant du "mythe" fondateur jusqu'à l'intégration des données propres au vécu du client..." En assumant et en relativisant sa diversité, elle retrouve son unité.
Dans un article (non signé) paru sur Wikipedia, donc sur Internet, "Mises en relation des Planètes avec les Signes astrologiques", nous lisons:
"Le corpus de l'astrologie est complexe et l'on peut se demander où réside son centre. Selon Jacques Halbronn, il s'agit probablement de la mise en relation(s) des planètes avec les signes astrologiques, théorie qui renvoie également aux quatre qualités élémentales et aux quatre éléments, ainsi qu'aux aspects", l'auteur s'appuyant sur une édition de nos "Clefs pour l'Astrologie", datant de 1993. Quelle est notre position, plus de 15 ans plus tard? Notre propos, déjà à l'époque, était de différencier astrologie et astronomie, de préciser, en quelque sorte, la valeur ajoutée de l'astrologie. Mais l'on notera une grave absence, celle de la cyclicité. Nous étions loin alors de nous intéresser aux étoiles fixes, d'où l'importance accordée au zodiaque. Cette combinatoire planètes/signes nous aura absorbé, durant de longues années, et déjà fin 1969, il y a donc exactement 40 ans, nous avions procédé à une restructuration/ restauration de ce dispositif, parallèlement au travail entrepris en Italie par Lisa Morpurgo, que nous rencontrâmes en 1971, à Aalen (Allemagne). Avec le recul du temps, tout cela nous semble avoir été assez vain mais nous étions tributaires des orientations prises par nos ainés, tel un Néroman ou un Carteret. Le problème, désormais, à nos yeux, n'est plus de déterminer quelle planète va avec tel signe mais bien quelle est la configuration centrale de l'astrologie, autour de quel binôme planète/étoile elle s'est constituée, ce qui relève d'une sémiologie exclusive (qui rejette, trie, choisit) et non inclusive. (qui englobe). Décalage diachronique en ce que l'astrologie qui nous intéresse désormais, en tant qu'historien, est bien plus ancienne que celle que nous livre la Tétrabible attribuée à Claude Ptolémée (IIe siècle de notre ère) et qui comporte notamment le dit dispositif des relations planètes/signes. Cela dit, il nous apparait que les doubles domiciles de la Tétrabible comportent une forte dimension cyclique, avec une phase allant des luminaires vers Saturne et une autre en sens inverse. En ce sens, ce dispositif peut parfaitement baliser tout cycle, à condition de ne pas considérer les planètes, au sein du dit dispositif, comme autre chose que des indicateurs de parcours, classés d'après leur éloignement, selon un processus de décélération et d'accélération. La présence conjointe des luminaires laisse d'ailleurs à penser qu'un tel dispositif servit d'abord pour le cycle lunaire, les planètes n'y ayant qu'une présence fictive.


JHB
19. 11. 09

Le Nouvel Ordre Astrologique (NOA) : le retour de 4 vers 1

par Jacques HalBronn

Ce qui caractérise toute cyclicité, c'est qu'elle comporte et implique une phase évolutive, de défocalisation progressive et une phase involutive de refocalisation.
Si l'on comprend bien le passage de l'un vers le multiple, du 1 vers le 4, avec des complexifications et des diversifications toujours accrues, en revanche, le retour vers le 1 semble faire sensiblement plus problème, tant épistémologiquement que psychologiquement car il s'agit d'accepter de renoncer à cette liberté de la phase évolutive, de façon à préparer la phase évolutive suivante, en libérant quelque espace pour ce faire.
Il serait donc erroné de considérer que l'on n'a que 4 phases. Il serait préférable de parler de 8 phases, chacun des quatre niveaux se scindant en deux, ce qu'exprime bien le dispositif des doubles domiciles tel qu'exposé par Ptolémée, dans sa Tétrabible (IIe siècle après JC)
Nous dirons ainsi qu'il y a le 4 évolutif et le 4 involutif et ainsi de suite, marqué par la même domination planétaire ou plutôt astro-mythologique.
Le 4 évolutif, consiste à expanser le 1 jusqu'à intégrer le réel dans toute sa complexité. En revanche, le 4 involutif consiste à décanter le réel pour commencer à y détecter des constantes qui présentent la dite complexité comme une représentation superficielle.
Ainsi, le retour involutif du niveau 4 vers le niveau 1, sera marqué par la prise de conscience des additions intervenues en phase évolutive et leur valeur relative par rapport à un niveau incarnant comme une sorte d'absolu : dégagement et mise en évidence des emprunts, des prolongements, des subdivisions comme pour retrouver quelque noyau dur en 1.
Si l'on prend le cas de la recherche astrologique contemporaine, l'on dira que Gauquelin a brillamment illustré un tel processus d'élagage pour ne retenir, en fin de parcours, qu'un nombre fort limité de donnés pour des populations elles-mêmes restreintes à une certaine élite. Le passage de 4 à 1 sera donc inévitablement réducteur au regard du processus évolutif en sens inverse.
A partir de notre schéma, l'on aura compris que l'on tend trop souvent à privilégier en astrologie actuelle la phase évolutive, d'augmentation, d'addition, d'expansion "jupitérienne" par rapport à une phase à caractère saturnien, pour recourir au jargon de l'astrologie du siècle dernier. On pourrait aussi bien opposer la vierge aux poissons, mais dans ce cas, étrangement au regard de la doxa astrologique, la vierge procéderait d'une logique d'expansion, de par un découpage toujours plus fin, une ramification incessante alors que les poissons correspondraient à Saturne, par leur tendance à unifier, à dépasser les cloisonnements. C'est le cas de signaler à quel point les définitions astrologiques qui circulent sont souvent incohérentes et mal maitrisées par ceux qui les véhiculent. C'est pourquoi, il nous semble sain de les renouveler et de les repenser périodiquement, de façon à ce que les astrologues utilisent des données qu'ils comprennent.
Faute de quoi, le risque est grand d'une sédimentation, d'une sclérose. C'est ce que nous appelons le syndrome de la linéarité, qui ne prévoit aucun retour involutif, ce qui nous semble caractériser la démarche d'un Patrice Guinard ou d'un Louis Mazuir (voir nos entretiens sur teleprovidence).et qui se prête à tous les discours de fin du monde.
Telle est la maladie chronique dont souffre, selon nous, l'astrologie, depuis belle lurette, et qui l'empêche de se renouveler, d'où les risques de sclérose qui sont son lot, ne sachant pas distinguer le bébé (niveau 1) et l'eau du bain (niveaux 2 à 4, en phase évolutive)
Bien plus, une telle infirmité cognitive l'empêche d'occuper le créneau qui lui revient et la conduit à empiéter, tel un coucou, sur les plattes bandes d'autres disciplines, ce qui la condamne à une certaine médiocrité, en raison de l'inadéquation des moyens et des fins.


JHB
19. 11. 09

Estudes nostradamiques

Nouvelles réflexions sur le premier état de la IVe Centurie
par Jacques HalBronn

Une pièce manque dans le corpus nostradamique, il s'agit de l'édition de 1588, parue à Rouen chez Raphaël du Petit Val et qui se présente -puisque l'on en a la page de titre - comme comportant "quatre centuries". Dès l'année suivante, le même libraire proposera une édition augmentée (dont Mario Gregorio nous a obligeamment fourni une photocopie (mais la fin du document manque et l'on s'arrête avant les derniers quatrains de la VIe Centurie, ce qui empêche d'observer la présence ou l'absence de l'avertissement latin). Etrangement, cette édition ne signale pas qu'il y a eu addition après le 53e quatrain à la différence des éditions parisiennes des années 1588-1589 pas plus d'ailleurs que le fait que la IVe Centurie ne comportait précédemment que 49 quatrains puisque n'y figurent pas les quatrains 44 à 47. Malheureusement, comme on a dit, on ne dispose pas d'un accès direct à cette édition de Rouen 1588 qui pourtant fut en la possession de Danie Ruzo, au moins en photocopie sinon en original..
Il reste que ces diverses éditions de Rouen et de Paris, censées parues de 1588 à 1589 ne sont pas sans nous interpeller, et ce à plus d'un titre.
On aura noté que les éditions rouennaises ont un intitulé différent de celui des éditions parisiennes: "Les Grandes et merveilleuses prédictions de M. Michel Nostradamus" et non "Les Prophéties". Cependant, la Préface à César, quant à elle, a la même présentation, tant à Rouen qu'à Paris (rappelons cependant que nous n'avons pu étudier ce texte dans l'édition de Rouen 1588):
"Préface de M. Michel Nostradamus à ses prophéties"
Force est donc de constater que le mot "prophéties" est éventuellement synonyme de "prédictions", puisque tel est le titre de l'édition rouennaise de 1589. Rappelons que dans l'édition anglaise de 1672, on trouve au titre "Prophecies or prognostications", ce qui confirme que le mot prophéties ne désigne pas ici un texte d'un genre particulier. Quant à dire que le mot "prédictions" ou "prognostications" puisse désigner un texte comme celui des Centuries, l'on peut fortement en douter. Le fait que les éditions parisiennes aient opté pour le titre "Prophéties", supprimant donc la synonymie avec Prédictions des éditions rouennaises, correspondrait à un état plus tardif où l'on aura voulu renforcer le pôle prophétique.
Mais, comme nous le signalions, les éditions parisiennes semblent s'intercaler entre l'édition rouennaise à 4 centuries et l'édition rouennaise à 6 et probablement 7 centuries (mais à combien de quatrains? voir l'édition d'Anvers 1590, avec le même titre qu'à Rouen et qui se réfère à une édition de 1555 et qui ne comporte que 35 quatrains à la VIIe). En effet, les éditions parisiennes marquent bien le passage de 53 à 100 quatrains à la VII, ce dont se dispense l'édition rouennaise de 1589, ce qui nous autorise à penser qu'il convient de supposer un état intermédiaire dans la suite des éditions rouennaises correspondant, sur ce point, à ce que présentent les éditions parisiennes.
De ces considérations, l'on est en droit de s'interroger sur le premier état de la IVe centurie comme d'ailleurs sur le premier état de la VIIe centurie, les deux centuries les plus "sensibles" de l'ensemble centurique et qui firent l'objet d'additions, jusqu'à l'époque de la Fronde (et au delà), au milieu du XVIIe siècle.
Il se trouve que les centuries IV et VII semblent particulièrement marquées par l'époque de la Ligue. On laissera de côté le cas des centuries VIII-X et notamment du quatrain IX, 86, dont nous pensons qu'il date des années 1593-1594, centuries absentes des éditions de Paris et Rouen, ainsi que l'Epître à Henri II). Parmi les recoupements avec les événements des années 1588-1594, signalons le Quatrain "Tours" en IV, 46 et le Quatrain "Marquis du Pont" en VII 24. En ce qui concerne la genèse de la centurie VII, elle est singulièrement compliquée, comme l'attestent les éditions parisiennes qui donnent l'impression d'un véritable chantier. Signalons seulement que le Marquis du Pont, appartenant à la maison de Lorraine, compta parmi les candidats à la couronne de France avant l'abjuration d'Henri IV de 1593.
Notre intérêt pour la IVe Centurie ne date pas d'hier et nous avons insisté dans une communication (aux journées Verdun Saulnier, à la Sorbonne) sur le verset "Garde toy Tours de ta proche ruine" qui selon nous visait directement la ville de Tours et ses environs, point capital du camp d'Henri de Navarre et où des accords furent conclus avec Henri III, au lendemain de l'assassinat du duc de Guise, à Blois.(décembre 1588), Henri III se rend à Tours pour demander l'aide d'Henri de Navarre. Il signe avec le Bourbon le traité de Plessis les Tours le 3 avril 1589 par lequel le roi et les protestants s'unifiaient un temps pour lutter contre la ligue. C'est dire que Tours apparut alors comme symbolisant, pour la Ligue, l'adversaire à maudire et ce qui fut demandé à... Nostradamus, dans un quatrain qui par la suite figurera dans l'édition Macé Bonhomme datée de 1555 et dont nous pensons qu'elle est en fait postérieure à l'édition de Rouen 1588 laquelle ne comporte pas le quatrain IV, 46 relatif à Tours. D'aucuns soutiennent que ces quatrains 44-47 avaient été supprimés. Nous tendons plutôt à penser qu'au début de 1588 ils n'existaient pas encore.
On nous objectera probablement que les éditions parisiennes 1588 attestent de l'existence dès cette année des dits quatrains 44- 47 mais on est là dans une chronologie très fine qui se situe plus en termes de mois que d'années. Soit la mention de 1588, dans les éditions parisiennes est antidatée, soit, elle précède de peu les événements de Blois, Henri III ayant réagi à un danger manifeste. Dès lors, l'édition de Rouen de 1588 daterait du début de la dite année, voire d'ailleurs aurait été précédée d'une édition dans les années précédentes.
Il ne nous semble pas que l'on puisse affirmer que la IVe Centurie comportait à l'origine 53 quatrains. Elle pouvait tout aussi bien en comporter que 49- voire moins tant et si bien que le nombre de ses quatrains devait être assez proche de celui de la VIIe centurie, dans ses premières moutures (Anvers, 35 quatrains à la VII), en deçà en tout cas de 50.
Examinons les 4 quatrains de la IV absents de l'édition rouennaise de 1588 :
IV, 44: un quatrain en langue occitane et qui vise donc le Languedoc comme si l'on avait voulu toucher ces populations. On a bien là un outil de propagande.

IV, 45
"Par conflit roy regne abandonnera
Le plus grand chef faillira au besoing
Mors profligés peu en réchappera
Tous débranchés un en sera tesmoing
IV 46
Garde toy Tours de ta proche ruyne etc
IV 47
Le noir farouche quand aura essayé
Sa main sanguine par feu, fer, arcz, tendue
Trestout le peuple sera tant effrayé
Voir les plus grans par col & piedz pendus"

Il nous semble bien qu'il soit ici annoncé de grands revers pour un roi (anagramme noir, à IV, 47) forcé de quitter le pouvoir (IV, 45). Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces quatrains visent des enjeux liés à la couronne. Le dernier quatrain fait allusion aux exécutions de certains "grands", tel que le duc de Guise, laissant entendre que personne n'est plus à l'abri de la vindicte, ce qui pourrait concerne d'ailleurs plus Henri III, qui a du sang sur les mains, depuis Blois, qu'Henri de Navarre. Qui sait si cette campagne n'aura pas encouragé à l'assassinat d'Henri III par le moine dominicain Jacques Clément, au tout début du mois d'août 1589 (voir les travaux d'Annie Duprat sur la propagande contre Henri III précédant sa mort à Saint Cloud)?
Certes, certains spécialistes fanatiques pourraient-ils soutenir que tout cela avait été bel et bien annoncé par Nostradamus dès 1555 ou 1557 et que cela vient prouver les facultés prophétiques du dit Nostradamus, que des quatrains ont été supprimés puis replacés..... Il nous semble qu'en réalité, les Centuries telles que nous les connaissons, toutes impressions confondues, ne sont pas antérieures à l'année 1584 qui est celle du décès du Duc d'Alençon, faisant ipso facto du protestant Henri de Navarre le successeur à venir de son cousin Henri III. Le fait que ces quatrains de circonstance figurent dans des éditions datées de 1555-1557 et 1568 devrait suffire à considérer avec la plus grande suspicion les dites éditions, étant entendu, par ailleurs, qu’un premier état perdu des Centuries a du circuler dès 1568, en tant que document posthume, sous une forme manuscrite dont Antoine Crespin, au début des années 1570, a restitué de nombreux passages. (Voir notre ouvrage paru aux Ed. Ramkat, 2002, Documents inexploités sur le phénomène Nostradamus, voir aussi lettre de Jean de Chevigny au président Larcher, 1570, voir la vidéo de notre soutenance de post doctorat (2007) sur teleprovidence.com)


JHB
17. 11. 09

Estudes nostradamiques

Guidelines for Nostradamus research
(document prepared for the interview given to the National Geographic, on 11. 14. 09)
by Dr Jacques E. Halbronn

I would like to summarize the most important points regarding Nostradamus as a result of my last 20 years of research.

1 A certain Préface to Cesar has actually been published during the lifetime of Nostradamus as an Epistle of Nostradamus to King Henry the second (Présages Merveilleux, 1557). Those documents have been used to forge false adresses.
The Preface to Cesar refers to a "memoir" that Nostradamus will leave for after his death. The 1555 document was not supposed to have been printed at this moment but only written as a sort of will. It opens the edition of the Centuries and confirms their posthumous character. There is no doubt, however, that an Epistle to Cesar was published in 1555 but not introducing centuries and not having a posthumous tone.(see Antoine Couillard's commentary of 1556).
2 Certain quatrains have been made from manuscript notes left by Nostradamus, as "touristic" quatrains due to Nostradamus travels, and deprived originally of any prophetical character whatsoever.
3 the title "Prophecies" used for many editions of the Centuries was used by Nostradamus for a certain type of publication, that has not been preserved but which is mentioned in archives of book keepers. We know, on the other hand, that imitators of Nostradamus did publish predictions covering several years at the same time. It was problaly what Nostradamus called his "Prophecies", quite a different genre as the Centuries. As a matter of fact, in 1672, the first english version has for title "Prophecies or Prognostications of Michel Nostradamus", showing that "prophecies" may just be synonymic for Prognostications.
4 The Centuries appeared first as a posthumous work, made of documents showing different dates when Nostradamus did or was supposed to have written (but not published them). In a later stade, the dates of those manuscript documents were used to forge editions as 1555 for instance.This posthumous edition has not been preserved but 1568 seems to be a good guess since many editions were later connected with 1568, that is 2 years after Nostradamus 's death.
5 From this lost first postumous edition, appeared in the 1580s, new editions with quatrains changed and adapted to the political situation, connected with the death of the Duke of alençon (1584), the death of Henry the third (1589), the civil war between "Paris" and "Tours", the attempt to elect a new king of France by both sides, the abjuration of protestantism by Henry IVth (1593) and his coronation in Chartres (1594)
6 One important document is the 1588's edition of only 4 "Centuries", in Rouen, This book belongs to the Ruzo collection and has been described by Benazra, although no copy circulates for the time being. This edition does not include IV 46 connected with Tours. In 1589, this quatrain appeared in another Rouen edition. Some say it has disapeared for some reason then reappeared. We believe, that such quatrains (44 to 47) did not exist before and that the first group of quatrains did not include 353 quatrains but only 349 quatrains, the last century having less than 50 quatrains, in the same way that the 7th Century does not pass the line of 50 quatrains.
7 The Guide des Chemins de France of Charles Estienne -a sort of travel guide of the 1550s - is one important source of some quatrains, which affords to identify additions to the original text, especially in IX, 86 where Chartres is mentioned. Also the source of the famous "Varennes" quatrain, connected with Louis XVIth. Such a content reveals that the notes and elements used had nothin to do with prophetism and were made prophetical later on.
8 The iconography of the title pages of the "Prophecies" shows that the source of the forgery came from false editions (not of the Centuries of course but of almanachs) published even before the death of Nostradamus. The woodcut used is clearly different from the official editions of the "Prognostications". The forgeries were made possible by the conservation of all sorts of documents (manuscripts and prints) which were combined to create them. As a matter of fact, such a collection included false and authentic documents but the forgers were unable to distinguish between them, so they used false elements to produce antidatededitions of the Centuries ; we could even say "lifted" editions using the vocabulary of esthetical surgery to let people/texts look younger than they are. They neglected the fact that already in the 1560s, when Nostradamus was still alive, were published false almanachs under his name with a special type of woodcut which was not the one used in the authentic Prognostications of Nostadamus.
9 The first (posthumous) "edition" of the Centuries has probably been manuscript and reserved to "happy few". As late as 1570, Jean de Chevigny was offering one of those quatrains to Larcher, which would not make sense if the book had been in circulation, in print. In 1572, Antoine Crespin gave extracts of the quatrains in his Prophéties dédiées à la Puissance Divine, and other publications, which directs us in the same direction. The expression "not yet printed" which appears in the title of additions to the first Centuries, confirms the fact that at first, only manuscripts circulated.
10 The 7 first centuries were manipulated by the Catholic Camp while the last 3 were used by the camp of Henry the IV. One will find attacks, in the lost 4 quatrains (absent from the Rouen 1588 edition of 4 centuries but present in the 1589 Rouen edition), against Tours, the capital of Henry the IVth (IV, 46), a quatrain in favour of the Marquis du Pont, catholic candidate to the throne of France (VII, 24). The use of the Guide des Chemins de France is limited to the last 3 centuries. In Paris, the last 3 centuries were never published since they were announcing the victory of the Bourbons (Vendome, mendosus) against the Guise - Lorraines (Norlaris)
11 The antidated editions include elements which were added in the 1580-1590s or which are corrupted as the Preface to Cesar. We have versions of the first versions of the Preface to Cesar which do not present such corruption (see the first sentences of the said Preface) and which were published only in the second half of the XVIIth Century (see the English translation and Antoine Besson's French edition). In the Besson edition (c 1690s) the Preface is announced as " addressée à son filz Cesar Nostradamus pour luy donner une idée des Centuries de ses Propheties"), that is "to give him an idea of the Centuries of his Prophecies") and it became at a later period, according to us, "Preface de M. Michel Nostradamus à ses Propheties", which is the canonical formula.
12 We have the example of an attemps to build a myth turning around Michel de Nostredame. The case is not so rare, as for instance, in the XXth century with Rommel. (see Benoit Lemay, "Erwin Rommel", Paris, Perrin, 2009). The case of Anastasia is also quite striking, she was manipulated by well informed crooks (see Jean des Cars,, "La saga des Romanov, de Pierre le Grand à Nicolas II", Paris, Plon, 2008, p. 351). The more you know of a subject, the more you are qualified to produce - or to sustain- a forgery.

JHB
16. 11. 09

Les pseudo-reconstitutions du passé

Jacques HalBronn

L'autre jour, à la Cinémathèque Française, nous fut projeté un film intitulé "Café de Paris" (1938) d'Yves Mirande et Georges Lacombe. A la sortie, les spectateurs exprimèrent leur perplexité au sujet d'un scénario ou en tout cas de dialogues quelque peu incohérents. En effet, un des suspects- à la suite d'un meurtre commis dans le restaurant (Le Café de Paris)- tantôt se présentait comme la sœur de la victime, tantôt comme sa femme! On se perdait en conjectures!
En fait, l'explication la plus probable était la suivante: le film que l'on nous avait proposé n'avait jamais été projeté de la sorte devant le public de l'époque, c'était une invention datant de plusieurs décennies plus tard, une "restauration" ayant d'ailleurs été annoncée, due à Renée Lichtig, récemment disparue.
Or, il eut été souhaitable que l'on nous avertît, d'entrée de jeu, des invraisemblances générées par une restauration ayant recouru, à l'évidence, à plusieurs versions, successives. Autrement dit, il est clair que deux versions de ce que l'on aurait du mal à appeler un "même film" puisque l'histoire diffère d'une version à l'autre. Il vaudrait mieux parler d'un même projet "Café de Paris" comportant des formulations et donc des tournages différents.
En nous entretenant avec le sociologue Laurent Junot, présent ce jour là, à la projection (6.11. 09), nous échafaudâmes un certain nombre d'hypothèses : pourquoi donc une version avec une "sœur" et une autre avec une "épouse"? Et laquelle des deux précéda l'autre.? Et comment se fait-il que la restauratrice en arrivât à un tel résultat hybride et sans l'indiquer explicitement comme si le public n'y verrait que du feu...?
Au vrai, tout cela faisait écho à nos recherches sur Nostradamus....Dans les deux cas, les "restaurateurs" disposaient d'un matériau assez riche, conservé depuis des lustres et qu'il s'agissait d'assembler, tel un puzzle, pour restituer le document prétendument d'origine. Car les "restaurateurs" des Centuries disposèrent eux aussi d'une large et éparse documentation, à "monter" et donc à combiner. Toujours est-il que dans les deux cas - les Centuries et "Café de Paris" - on en arriva à produire une "monstruosité", truffée de hiatus et d'invraisemblances, et ce à différents niveaux. En revanche, si l'on coupait le son, le film retrouvait une certaine cohérence, comme si la restauratrice avait considéré la partie sonore comme secondaire.
Pour en revenir à la genèse probable de "Café de Paris", film sorti il y a un peu plus de 70 ans, l'on peut raisonnablement supposer que l'on avait d'abord tourné la version "sœur" (Madame Pivert, sœur de Lambert) et que cette version fut rapidement abandonnée, avant même la sortie en salle, pour une version "épouse" (Madame Lambert). Imbroglio d'autant plus étrange que le film lui-même est nourri de faux semblants qui font tout l'intérêt de son déroulement mais quand même pas au point que la sœur se révèle être in fine l'épouse...même si une telle histoire se retrouve dans la Bible, avec Abraham, lors de son voyage en Egypte, présentant Sarah pour sa sœur alors qu'elle est sa femme...
Il semble donc que Renée Lichtig, lors de son travail de restauration, ait eu affaire à plusieurs exemplaires, dont aucun ne devait être en parfait état, ce qui obligea à prendre de chaque exemplaire ce qui était de la meilleure qualité technique. Or, il ne semble pas que la restauratrice se soit doutée de l'existence de deux versions différentes, jouées avec les mêmes comédiens, avec les mêmes costumes, dans les mêmes décors. On connait pourtant le cas de films dont la fin a été retournée...ou tronquée.
Pour en revenir à Nostradamus, le parallèle nous semble pertinent. Ceux qui ont "restauré" l'édition supposée publiée de son vivant, ont fabriqué quelque chose qui n'a jamais existé et pour la bonne raison que les Centuries sont une œuvre posthume. De même le film que l'on nous projeta à la Cinémathèque n'a jamais été présentée sous cette forme, avant la dite restauration qui, dès lors, n'en est plus une!



JHB
07. 11. 09

L'astronomie primaire sous-tendant les résultats Gauquelin

par Jacques HalBronn

Le savoir astronomique nécessaire pour actionner le "système" Gauquelin était des plus rudimentaires, ce qui témoigne de sa plus grande ancienneté au regard de l'Histoire de l'Humanité.
En effet, il n'était nul besoin aux sociétés recourant au dit "systéme" exhumé par le chercheur français, de connaitre les vitesses de révolution des planètes, vu que ces planètes, au regard du mouvement diurne, se trouvent dotées du même rythme de progression, Mercure ou Saturne avançant au même pas. C'est une astronomie littéralement au jour le jour.
Parallèlement, les repères nécessaires à capter au niveau neurologique s'en trouvent, eux aussi, réduits à quelque chose d'assez fruste.
On peut donc dire que cette astrologie "rotationnelle" correspond à un savoir sensiblement plus limité que celui exigé par l'activation d'une astrologie "révolutionnelle". En fait, cela ne signifie pas forcément que l'une soit antérieure à l'autre car il est possible qu'elle corresponde à des populations aux facultés plus limitées, dans le cadre d'une société hiérarchisée.
Le systéme Gauquelin, en effet, se caractérise par un cloisonnement et le fait même de ce cloisonnement nous apparait comme le signe d'une humanité de "bas étage". Qui dit cloisonnement, dit subdivision et toute subdivision, comme nous l'avons expliqué ailleurs, est le fait de positions socialement subalternes, marquées par une certaine cristallisation.
La régle du jeu "gauquelinien" est simple et dépend de données très spécifiques, l'heure et le lieu de la naissance, ce qui signifie qu'au même moment, sur Terre, une même planète peut se lever et se coucher....ce qui vient confirmer qu'il ne s'agit bien là que d'un signal, qui n'a rien à voir avec l'influence intrinsèque de la planète.
Il en est, a contrario, autrement, de l'astrologie que nous avons "exhumée", et qui vient compléter le tableau gauquelinien. Cette fois, le signal est le même à un moment donné pour toute la Terre mais il se situe dans une toute autre temporalité. Ceux qui captent le dit signal ont tout le temps de le faire, cela ne se joue pas à quelques heures près mais relève d’une exposition prolongée. Les effets ne sont pas non plus ponctuels et à un seul coup - l'enfant nait et l'affaire est faite- mais produisent toute une série de résultats étalés dans le temps et ayant des implications sociales étendues. Le caractère unitaire de l'astrologie non gauquelinienne, celle que nous prônons, apparait distinctement comme différent du caractère pluriel de l'astrologie gauquelinienne. Et en ce sens, ces deux astrologies nous apparaissent bel et bien comme complémentaires, tant épistémologiquement que sociologiquement.



JHB
08. 11.09

Le poids des enseignants dans la hiérarchie du milieu astrologique

par Jacques HalBronn


Quel est le public actuel des colloques d'astrologie organisés un peu partout en France? Nous dirons qu'il est largement constitué des élèves, anciens ou nouveaux des (co)organisateurs. Dans nombre de cas - à Paris, Lyon, Antibes ou Bordeaux - il faudrait d'ailleurs plutôt parler de journées d'études que de colloques. Au cours de ces journées destinées aux élèves qui suivent par ailleurs des cours tout au long de l'année, l'on voit défiler une demi-douzaine de conférenciers, donnant ce que l'on peut appeler un cours "magistral" et payés comme il se doit à l'instar des enseignants.
Il faudrait étudier depuis quand l'on paie les intervenants à des colloques. Cela n'a jamais été le cas, en ce qui nous concerne, en 35 ans d'organisation de tels événements. Il fut d'ailleurs un temps où les enseignants travaillaient aussi (quasi) bénévolement, dans les années Soixante-dix. On est entré dans une spirale où les cours coutent plus cher aux élèves et où les enseignants sont mieux payés.
Au premier abord, c'est une bonne chose que l'on ne gagne pas uniquement sa vie, en astrologie, en donnant des consultations. A ce détail près que les enjeux de l'enseignement de l'astrologie sont d'une toute autre importance pour l'avenir de l'astrologie que ceux de la consultation et donc qu'il ne faudrait pas mobiliser des enseignants uniquement au regard de la motivation pécuniaire. L'enseignement de l'astrologie ne devrait-il pas être plutôt un sacerdoce? D'autant que les élèves, du fait qu’ils paient, deviennent ipso facto des clients imposant leurs exigences. Cercle vicieux! Ces exigences que l'on retrouve d'ailleurs par rapport aux colloques.
Imaginons que nous ayons- ce qui n'est pas notre cas répétons-le! - dépensé pas mal d'argent pour faire venir X ou Y. Il y a eu contrat: X parlera tant de temps et recevra tant, plus divers défraiements. Comme X doit en donner "pour son argent" à l'organisateur, il va préparer soigneusement son exposé, de préférence en recourant au "power point", c'est à dire qu'il arrive avec un "objet" tout prêt, textes et illustrations placés selon un timing rigoureux. Il a annoncé évidemment le titre de sa conférence, en accord avec un éventuel thème du Colloque, ce qui est censé garantir un minimum de convergences entre les exposés successifs. Le problème, c'est que ces exposés n'offrent entre eux qu'une très vague synergie et en tout cas ne se répondent pas les uns aux autres, soit parce que les premiers exposés n'ont pas eu connaissance des suivants, soit parce que de toute façon il n'est pas question de changer quoi que ce soit à une mécanique bien huilée. Autant de contraintes qui tendent à plomber la dynamique de tels "colloques"! Rarement, dans ces cas là, voit-on venir des astrologues de qualité autres que ceux qui ont été dument programmés, en temps et en heure. Ils n'auraient guère l'occasion de s'exprimer si ce n'est dans les couloirs ou lors des repas.
Un tel systéme n'a jamais été conforme à notre déontologie des Colloques et il nous semble d'ailleurs, en toute modestie, que nous sommes le seul véritable organisateur de "colloques" astrologiques dignes de ce nom, lesquels reposent sur la qualité de l'échange et des débats entre les participants, c'est à dire les présents. Personne dans ces colloques n'y est prioritaire, n'a droit à un temps de parole attribué durant lequel il ne sera pas interrompu et comme personne n'est payé, on n'aura pas scrupule à le laisser sur la touche s'il n'est pas en phase avec le débat ou si c'est il est peu doué pour cela. Du coup, la liste des personnes présentes n'est que de peu d'importance, comme dans un film où compte avant tout le metteur en scène qui saura faire au mieux avec ce qui se présentera.
On nous objectera qu'un colloque exige certaines caractéristiques à commencer par l'importance du public. Il n'y aurait pas "colloque" avec moins de 200, de 100 ou de 50 personnes dans la salle et inversement un colloque sera ipso facto une "réussite" si la salle est pleine. Et puis il faut évidemment pour que le colloque soit réussi, nous dit-on, que tout ait été bien organisé, que chaque orateur ait parlé comme prévu et indiqué sur le programme. Il faut aussi qu'il n'y ait pas eu d'affrontements, que personne n'ait haussé la voix et surtout pas entre conférenciers astreints à un certain devoir de réserve. On ne crache pas dans la soupe! Reste la question de la qualité des intervenants. Un Colloque astrologique se définit-il par la participation d’astrologues renommés, de "people", ayant publié, sans être pour autant trop médiatisés? En fait, c'est un peu comme au cinéma, il y a des films d'acteurs qui en font à leur tête et des films qui doivent beaucoup au réalisateur, au metteur en scène. Pour notre part, nous ne craignons pas de faire appel à des astrologues peu connus, peu recherchés qui sont souvent d'ailleurs révélés par nos "films" mais à Rennes, par exemple, nous avions réuni, en septembre dernier, une belle "brochette" de "personnalités" (voir sur teleprovidence) que nous connaissions de longue date -sans parler du méga-congrès de novembre 2004 "L'astrologie et le monde ", où tout le gratin astrologique voulut être présent- la question étant de parvenir à instaurer un vrai dialogue entre elles et qu'ils ne se regardent pas comme chiens de faïence. (Voir prochainement la mise en ligne, en audio, de notre colloque de 1987 "La Lune au clair"). N'oublions pas la cyclicité : ce qui convient à un certain moment n'est plus de mise à un autre, en termes de centralité ou de répartition des responsabilités dans la conduite de tels événements.
Notre philosophie des colloques diffère sensiblement et ce d'autant que nous filmons depuis des décennies nos colloques et les mettons désormais en ligne sur teleprovidence (voir en novembre le colloque de Montluçon, 1991), ce qui fait que même un faible public sur place sera complété par celui des retransmissions. Pour nous, un "bon" Colloque est celui qui aura donné lieu à de bons débats, au cours desquels les astrologues auront justement démontré qu'ils étaient capables de discuter entre eux. Car, au bout du compte, ce qui apparait, c'est que les organisateurs des "autres" colloques n'en sont nullement convaincus, ce qui explique que le temps des interventions, en dehors de celles des intervenants, à la tribune, dument mandatés est souvent quasiment nul. On se demande d'ailleurs pourquoi ne pas s'être contenté de les filmer chez eux puisqu'ils ne communiquent ni entre eux ni avec la "salle".
C'est en fait tout le système d'enseignement de l'astrologie auquel selon nous appartiennent de telles "journées astrologiques" - terme à préférer à celui de colloques - qui est défaillant et qui conduit à faire du sur place, la montagne accouchant d'une souris.
Tout se passe comme si le milieu astrologique avait compris que l'organisation de colloques était une source de prestige et de légitimité pour une structure astrologique se voulant de premier plan. Un cas étonnant, à ce propos, est d'ailleurs celui de la FDAF, qui semble ne pas chercher à exister au regard des colloques, du moins pas depuis au moins dix ans et qui n'organise pas de rencontres astrologiques de quelque ordre que ce soit, pas même à un niveau régional, comme le fait le RAO avec ses GRAOLs.
Le cas de la FDAF est assez atypique. on y publie une lettre trimestrielle, donc 4 par an. On a un site (fdaf.org) qui comporte notamment un "annuaire des astrologues", on y recense de nombreux sites, on y tient un "agenda" d'un certain nombre d'activités à venir organisées par les uns et par les autres mais pas par la FDAF, comme si l'on existait par procuration, ce qui est une façon de rester au dessus de la mêlée, en dépit, en veillant à maintenir une certaine déontologie de façade, signe jugé d'honorabilité mais sans le moindre système de contrôle et d'inspection: on se repose sur l'autocensure des adhérents, en leur âme et conscience. Cela dit, on ne saurait contester que, notamment grâce à Serge Bret-Morel, des questions cruciales ne soient posées dans leur Lettre des Astrologues, même s'il n'existe pas de forum (sur le modèle de la "Clef" du CEDRA de Maurice Charvet). Cela dit, le président fondateur de la FDAF- et toujours en exercice- est bel et bien, parallèlement, directeur de l' Institut d'Etudes Astrologiques (IEA), qui est une structure d'enseignement, sur Nantes et par correspondance, ce qui lui confère un profil assez proche d'autres responsables comme Catherine Gestas (Paris), Yvette Mollier-Giroux (Lyon), Josette Betaillole (Bordeaux), Anne-Marie Roussel (Antibes) - on notera qu'il s'agit là de quatre femmes qui ont développé des modes d'action assez proches passant par une participation, une contribution financières de la part du public et des rémunérations substantielles pour les intervenants, ce qui fait que tout est bien dans le meilleur des mondes possibles. Il faudrait compléter, une autre fois, avec la Belgique, la Suisse et le Québec et comparer avec ce qui se passe dans d'autres sphères linguistiques.
En fait, le problème de l'enseignement de l'astrologie pèse lourdement sur l'avenir de l'astrologie. On s'en explique: tout enseignant qui se respecte se doit de proposer un programme - à l'instar de tout organisateur de "journées d'études" (voir plus haut). Il faut donc qu'il y ait "du contenu" de même que l'on ne peut "vendre" des débats ou des tables rondes parce qu'il n'y a pas de "contenu" précis et garanti. On ne peut rester dans le vague. Donc on va étoffer et par là même on va lester les cours d'astrologie de toutes sortes de techniques à apprendre, en un certain temps. On aura compris que l'enseignant ne peut se permettre- ce serait suicidaire - d'offrir une astrologie qui ne serait pas "bien" structurée et compartimentée. Tout élagage lui apparaitra comme une hypothèque sur le recrutement de nouveaux élèves. On ne vend pas du vent! Ce qui fait qu'il y a bel et bien un trust, un "lobby" des enseignants en astrologie qui n'a aucun intérêt à alléger les programmes. On est dans une logique d'enseignement technique : on parle d'outil à maîtriser, étant entendu que l'outil existe et que l'on ne va pas réinventer la brouette, comme disait un des tenants de cette position. Or, il semble que Serge Bret-Morel - qui d'ailleurs intervient dans le cadre de l'IEA d'Alain de Chivré (voir le site de l'IEA) se rallie, au bout du compte, à une tel modus operandi en disant -renversant ainsi la vapeur - que c'est la théorie qui est contingente, changeante et l'outil l'essentiel, ce qui est permanent. Donc apprendre cet outil est une valeur sûre car l'outil restera l'outil, la "base" : on peut donc investir dans l'outil et donc s'inscrire à des cours d'astrologie, sous quelque forme que ce soit.
Au vrai, l'enseignement astrologique, au regard du sociologue de l'astrologie, apparait comme le cœur même de la vie astrologique. Il passe avant la théorie qui n'est au mieux qu'un appoint pédagogique mais aussi avant une pratique sauvage dont il faudrait endiguer les excès par des directives déontologiques, une pratique qui en recourant à d'autres savoirs que l'astrologie tendrait d'ailleurs à relativiser l'importance de l'enseignement astrologique, ce qui serait évidemment bien fâcheux! L'enseignant astrologique apparaitrait donc comme le personnage le plus raisonnable si on le compare aux théoriciens lançant des explications plus ou moins bien reçues par le milieu scientifique et aux praticiens à la solde d'un public assez peu regardant sur les moyens. L'enseignant serait la partie la plus saine de la société astrologique. On pourrait parler ici d'une classe moyenne, d'une petite bourgeoisie, qui aurait ainsi pris le pouvoir, se démarquant d'un certain prolétariat de praticiens besogneux mais aussi d'une élite prête à brader l'argenterie de l'astrologie au nom de spéculations hasardeuses et mouvantes, et ne se souciant guère d'effaroucher la clientèle, ce qui expliquerait que l'on n'invite pas aux "colloques" ceux des chercheurs les plus en pointe, ce qui est notre cas.
Comme nous le fait remarquer (lors d'un entretien non enregistré) Hubert Brégent, les élèves ne risquent-ils pas d'être déconcertés devant la diversité des enseignements proposés? Ne faudrait-il pas reporter à un stade plus avancé l'accès à des choix (voir notre Colloque "Le(s) choix de l'astrologie")? On remet ainsi sur le tapis la question des "bases". Or, justement, ce que l'on désigne sous ce nom ne sont pas des bases mais bien plutôt des prolongements, à partir d'un centre, d'une source. Dire que les divisions en signes, maisons, aspects, planètes sont des "bases", n'est-ce pas tenter de verrouiller, de sanctuariser les pratiques astrologiques d'une certaine génération qui ne veut pas que ce qu'elle a appris devienne caduc? Quid de la formation permanente et du recyclage? Cela dit, il nous semble souhaitable qu'en première année, l'on commence par les grands principes permanents de l'astrologie qui sont assez simples (voir nos travaux et ceux de Gauquelin) puis que par la suite, l'on présente aux élèves des solutions, des propositions complémentaires en leur précisant qu'il revient à chaque astrologue d'effectuer, en aval, ses propres aménagements, pourvu que le cadre général soit bien dégagé et respecté.

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JHB
09.11. 09

Sur l'approche bret-morélienne de l'astrologie

par Jacques HalBronn

Les plus récentes positions exposées sur le site/blog "l'astrologie et la raison" de Serge Bret-Morel, suscitent, de notre part, les réactions suivantes (en vue de l'entretien que nous aurons dans quelques jours avec SBM, à Lyon, le 10. 11. 09)
Nous remarquerons que la question de la réforme de l'astrologie est reportée, de facto, sine die, si l'on s'en tient à sa "phénoménologie" globale. En effet, si tout facteur astrologique fait partie intégrante du "savoir" de l'astrologue, il n'est donc pas question de distinguer entre les parties centrales de l'astrologie et celles qui sont contingentes et qui pourraient être remplacées voire supprimées du fait justement de leur contingence. La marge de manœuvre de la réforme astrologique s'en trouve, ipso facto, sensiblement réduite sinon anéantie. En confondant les fins et les moyens, l'on accorde aux moyens un statut disproportionné, ce qui ressort quand on a perdu de vue les fins...
De même, l'on pourrait dire que la question des fondements de l'astrologie devient celle des rapports entre l'astrologue et ses clients bien plus que celle des rapports de ses clients avec les astres. Or, à notre connaissance, si astrologie il y a, c'est que certaines personnes sont marquées par certaines configurations, astrologue ou pas astrologue et thème natal ou pas thème natal. L'astrologue et son thème natal ne sont là, selon nous, que pour assister à un processus et en témoigner. Selon nous, le thème n'est au mieux que le révélateur de quelque chose qui de toute façon existe, même si le thème n'a pas de valeur, notamment en raison d'un accouchement artificiellement provoqué.
SBM semble passer totalement sous silence la question le fait que si l'astrologie est volontiers décrite comme un langage, il serait probablement plus approprié de dire que c'est une langue, la langue de substitution pour ceux qui souffrent de n'avoir rien à dire, on veut ici parler des astrologues face à ceux qui ont peur de n'avoir rien à être, les clients. L'astrologue, grâce à l'astrologie, acquiert une autorité qui s'exercera sur ceux qui viennent à lui mais il la devra à la dite astrologie et lui en sera reconnaissant, car cela aura changé sa vie. Au pouvoir des astres vient se substituer celui des astrologues chez ceux qui justement- les clients- ne trouvent pas leur énergie dans un lien direct avec les dits astres, on est là dans un certain mimétisme.
Se pose aussi la question de la promiscuité de l'astrologie avec d'autres "savoirs", comme le tarot, la numérologie, dont les bases sont totalement différentes même si les utilisations qui en sont faites tendent à converger avec celles de la pratique astrologique. Au demeurant, l'observation du positionnement des astrologues sur Internet témoigne éloquemment de l'existence de telles convergences, au niveau de la pratique de l'entretien. Les astrologues se retrouvent aux côtés d'autres pratiques et même quand ce n'est pas le cas bien des astrologues ne se privent pas de recourir à autre chose qu'à l'astrologie, du fait même de la demande de la clientèle qui non seulement a des questions à poser mais a aussi des desiderata sur la façon dont il convient d'y répondre, appréciant que l'astrologue ait d'autres cordes à son arc, pour "vérifier" et confirmer.(entretien non enregistré avec l'astrologue Solange Lacrevaz-Prandi, d'Annecy, le 07. 08. 09) et l'on ne parle pas d'autres recours de la part de l'astrologue, dont il serait vain, d'ailleurs, de tenter une quelconque recension.
En conclusion, nous dirons que tant que l'astrologie prétendra qu'elle vaut pour tout un chacun, elle ne sortira pas de l'ornière dans laquelle elle a, depuis trop longtemps, versé. L'astrologie ne s'en sortira qu'au prix d'un certain élitisme, c'est à dire en s'en tenant aux couches supérieures de la société, lesquelles sont relativement moins bousculées et ballottées par les aléas de l'existence et les décisions venues d'en haut.
Laissons -pour l'amour du ciel - au vulgum pecus, au commun des mortels, le champ de cette pratique de terrain, ouverte à tous et dont l'astrologie n'est somme toute qu'un facteur parmi d'autres, et largement instrumentalisé-servant d'alibi- et donc dénaturé.
Comme nous l'avons expliqué dans autre texte de la présente livraison de notre journal de bord, l'on pourrait soutenir que SBM fait le jeu du tout puissant "lobby" des enseignants en astrologie qui a pris le pouvoir depuis le début des années 90, avec la synergie de l'ARRC d'Yves Lenoble et du GAP (devenu AGAPE) de Solange de Mailly Nesle pour faire pièce aux Colloques "MAU" (bien que le MAU ait lui-même généré la FLAP, la Faculté Libre d'Astrologie de Paris, quinze ans plus tôt, mais sans que la FLAP ne pèse sur l'organisation de ses "congrès"). Si l'on suit, en effet, les dernières argumentations de SBM, elles peuvent se résumer en une formule :"l'outil astrologique avant tout".
Le fonds du problème est là : qu'est ce qui est contingent et qu'est ce qui ne l'est pas au niveau du "savoir" astrologique? Nous avons montré que ce qui était contingent, c'était le réseau des subdivisions (maisons, signes, aspects, planètes) parce que l'on peut en changer le nombre, la signification et que c'est au choix du praticien, pourvu que l'essentiel soit préservé, à savoir un modèle fondamental qu'il importe périodiquement de "désincruster" de toutes les taches, les macules, qui ont pu y adhérer pour le rendre à sa virginité. Tout au contraire, pour SBM, un tel ensemble doit rester permanent, envers et contre tout et c'est bien plutôt les recherches quant au super modèle, à la super théorie qui sont amovibles et remplaçables. Il y a là un véritable conflit épistémologique au sein même de l'intelligentsia astrologique, SBM apparaissant comme le cheval de Troie du camp des enseignants de la technique astrologique au sein du camp réformateur.(voir nos entretiens passés et à venir sur teleprovidence). Selon la victoire de l'un ou l'autre camp, le destin de l'astrologie au cours des prochaines décennies sera bien différent.
En conclusion, nous (ré)examinerons les enjeux d'un tel débat auquel pourraient d'ailleurs se joindre des non astrologues car il dépasse largement le cadre de l'astrologie. Revenons sur l'idée de cyclicité en recourant à une image empruntée aux sciences dures: passage du gaz au liquide et du liquide au solide, du fait du froid croissant puis, en sens inverse, passage du solide au liquide et du liquide au gaz du fait du recul du froid, de l'augmentation de chaleur. Plus le monde se refroidit et plus il se solidifie, passant de l'air à l'eau et de l'eau à la terre. (Soit trois Eléments sur les Quatre utilisés en astrologie, avec le Feu (à noter que le gaz sert à l'éclairage, depuis le "bec de gaz jusqu'au tube au néon). On peut donc prendre le parti du "solide" ou celui du "liquide" pour appréhender une science, en tant que savoir, comme pour appréhender un champ d'étude. L'approche cyclique n'est-elle pas censée maintenir un certain équilibre entre ces deux pôles.
Nous dirons que cet équilibre se situe au niveau des hommes et non des textes. Nous attendons d'un praticien -et cela englobe toute personne qui cristallise un certain savoir, à un certain moment (et donc pour commencer l'enseignant car toute pratique relève d'un enseignement en amont, à ne pas confondre avec une théorie, plus encore en amont). Nous dirons que le théoricien pose une thèse, l'enseignant produit une antithèse, en ce qu'il va donner forme, incarnation, passagère au modèle, alors que le praticien en fera la synthèse. Le statut d'enseignant-chercheur (si prisé actuellement à l'Université) apparait dès lors comme assez ambigu en ce qu'il articule et combine deux fonctions en quelque sorte antagonistes, du liquide et du solide.... Un tel paradigme unissant étrangement ces deux statuts n'est peut-être pas sans effet sur la pensée épistémologique de certains...
Résumons-nous, donc : ce qui s'est solidifié est conduit, cycliquement, à se liquéfier voire à se gazéifier, ce qui fera perdre ses contours et ses clivages au produit parvenu au terme de son évolution (ex-volution : vers l'extérieur, la périphérie du champ par opposition à in-volution, mouvement vers l'intérieur le centre du champ). Certes, le retour vers le point origine conduit-il à un état quelque peu indifférencié, "abstrait", du moins pour ceux qui n'ont pas une perception très fine et subtile des choses. Certes, cet état initial est-il "contingent" puisqu'il ne tardera pas à se retrouver structuré, chargé de nouvelles divisions, lors du prochain cycle. Mais cette contingence ne concernera, une fois de plus, que sa périphérie, elle restera fondamentalement une permanence en ce qui concerne le noyau. A contrario, la contingence de la périphérie, quant à elle, est bel et bien radicale, c'est à dire que rien ne subsistera, en principe, de ce qui avait été établi lors du cycle précédent. CQFD.



JHB
08.11. 09

Qu'est-ce que c'est qui "marche" en Astrologie?

par Jacques HalBronn

On connait la chanson : "l'astrologie, ça marche" ou "mon astrologie, elle marche!", ce qui est souvent une façon de mettre fin à un débat ou de s'y refuser au moyen d'un tel satisfecit que l'on se décerne ou que des clients auraient décerné.
Le problème, c'est qu'il faudrait encore savoir en quoi ça marche. C'est ainsi que des lunettes servent à mieux voir et en ce sens, les lunettes, ça marche!
On peut ainsi faire toutes sortes d'hypothèses sur ce que l'on attend de l'astrologie puisque le "ça marche" est fonction nécessairement de ce qu'on en attend.
Imaginons donc que telle personne cherche avant tout à dire des choses pertinentes à ses interlocuteurs et ce grâce à l'astrologie. Donc, elle va vouloir "vérifier" que quand elle parle à quelqu'un, en se servant de l'astrologie, ce qu'elle dit "passe" bien. Ce sera l'occasion de déclarer "ça marche", cela donne les résultats attendus!
Maintenant, mettons nous dans la situation d'une personne qui, dans la vie courante, ne fait pas d'astrologie et qui cherche à communiquer avec autrui. Elle souhaite que l'on trouve ses propos intéressants, que des gens approuvent son point de vue.
Et si l'astrologue ne recherchait pas autre chose qu'une telle approbation....de la part de ses interlocuteurs et que c'était cela dont il voulait voir si "ça marchait"...? Peut-être sans l'astrologie, cet astrologue souffrait-il de problèmes de communication ou tout simplement n'arrivait pas à se faire entendre ou à se faire prendre au sérieux. Et peut être qu'avec ce statut de quelqu'un qui, sans être astrologue, est identifié comme s'y connaissant en astrologie, cette personne, du fait de sa pratique de l'astrologie, constatait un "mieux" sensible. Elle pourrait dire alors que ça marche! Etant entendu qu'il s'agit là d'abord de satisfaire un besoin ou de calmer une certaine inquiétude en se rassurant sur ses propres performances. L'affirmation de soi passe souvent par le rapport à autrui et l'image qu'il nous renvoie. Il y a parfois des personnes qui souffrent d'un certain sentiment d'impuissance et la comparaison au niveau sexuel n'est pas forcément stérile, l'astrologie serait-elle un viagra de la parole et donc on peut observer que "ça marche".
Souvent des personnes qui ont du mal à se faire entendre en société, au sein d'un groupe, vont trouver par les entretiens astrologiques qu'elles conduiront une certaine compensation, quelque revanche sur le sort.
Selon nous, même si cela doit choquer certains astrologues pratiquants/praticiens, on pratique surtout l'astrologie pour s'affirmer socialement et "ça marche" d'abord pour l'astrologue! Ceux qui ne "pratiquent" pas l'entretien n'ont probablement pas une telle attente et c'est peut -être là une essentielle ligne de clivage au sein du milieu astrologique, entre ceux qui ont des problèmes personnels à régler grâce à une relation à autrui "assistée" par l'astrologie et ceux qui poursuivent des recherches sur un autre plan.. Ajoutons, cependant, qu'outre l'entretien astrologique, il y a aussi l'enseignement qui peut apporter des satisfactions du même ordre, à savoir, d'abord, qu'on écoute le prof, qui a "des choses à dire", à transmettre, ce qui comble un certain sentiment de vacuité. Le cours d'astro procure des "joies" plus complexes mais cela relève toujours du fait que l'astrologie permet d'avoir des choses à dire, de "pouvoir" communiquer, se faire entendre et même se faire payer et que "ça marche"! On aurait là affaire à une sorte de donjuanisme, de la part de gens qui ne cessent de nouer de nouveaux rapports impliquant tout de même une certaine intimité psychique, une certaine présence physique, qui passe par une certaine forme de séduction.
On comprend mieux pourquoi tant d'astrologues préfèrent donner des conseils que faire de véritables prévisions dument datées car au fond ces astrologues là ne veulent pas se faire remarquer mais plutôt rejoindre le peloton, être dans la bonne moyenne de la population. Quelqu'un qui a besoin de lunettes parce qu'il voit mal n'a pas besoin d'un télescope...En cela, nous ne rejoindrons pas tout à fait les propose de Serge Bret-Morel (sur "le savoir faire astrologique", site l'astrologie et la raison). Car SBM ne semble pas se demander -double questionnement - pourquoi l'on fait de l'astrologie et pas autre chose (c'est la question du "choix de l'astrologie" qui est le thème du Colloque des 11-12 novembre 09) et pourquoi l'on va voir l'astrologue et pas quelqu'un d'autre. En cela SBM nous semble quelque peu manquer de recul probablement parce qu'habitué à l'astrologie, il n'en perçoit plus l'étrangeté. Or, pour nous, le "choix de l'astrologie" est révélateur d'un manque, d'une absence - d'où, dans la consultation astrologique - absent de la consultation proprement psychologique et psychanalytique - le rôle de l'image, du dessin, du visible, qui, dans notre philosophie, jouent - et ce n'est pas gratuit - le rôle de substitut, de remplacement (de subrogé, en anglais "surrogate"). Ce "savoir faire" astrologique relèverait plutôt du "systéme D" -on procède avec les moyens du bord, on se débrouille, faute de mieux, faisant de nécessité vertu, tentant de présenter comme "normal", comme "allant de soi" ce qui est en fait un pis aller. Alliance de l'aveugle et du paralytique que celle de l'astrologue et de son client, chacun, quelque part, complétant l'autre. L'un prenant la parole, en "lisant" le thème ou en prétendant le lire, ce qui revient au même, en terme d'assurance, l'autre en s'efforçant de se retrouver dans le propos de 'son" astrologue, ce qui ne saurait manquer de lui faire plaisir voire de lui procurer quelque jouissance et quelque sentiment de revanche sur la vie, lui, le muet, le bègue devenu orateur écouté, enfin, avec attention.
Sentiment de pouvoir, généré par les mots qui s'imposent à l'autre parfois plus qu'ils ne le décrivent tel qu'il est. (voir l'ouvrage de Sarah Mostrel, "Osez dire Je t'aime" (Ed. Grancher, 2009)
En conclusion, il faut se mettre à la place de l'astrologue et se situer de son point de vue pour comprendre ce que son "ça marche" signifie. Il s'agit là avant tout, selon nous, d'un enjeu personnel existentiel qui passe par le rapport à l'autre mais qui renvoie d'abord à soi-même à l'aune du regard d'autrui. Qu'est ce que finalement l'astrologie apporte aux astrologues praticiens si ce n'est d'abord une "pratique" d'eux-mêmes? On conçoit que le type d'astrologie dont on se sert alors est d'assez peu d'importance, c'est "de l'astrologie" comme on dirait, sans autre précision "c'est du poulet" sans s'intéresser à la provenance. Ce qui semble compter c'est ce que cela apporte et rapporte de parler au nom de l'astrologie, sous couvert de l'astrologie, étant entendu que si le public changeait son rapport à l'astrologie, dans son imaginaire, cela risquerait de troubler un certain écosystème s'articulant sur deux populations, l'une qui cherche à se draper dans une certaine autorité transcendantale et l'autre qui a besoin d'un discours un peu musclé, corsé, pour s'activer qu'elle ne trouve pas dans la vie courante. C'est dire que le message ici importe moins que le médium - dans tous les sens du terme - et ce message - dont le caractère proprement astrologique est, au vrai, assez relatif - relève généralement du plus simple bon sens et c'est pour cela, d'ailleurs, que 'ça marche".
Tout cela était tolérable et supportable tant que les dits praticiens/enseignants ne prétendaient pas prendre le pouvoir au sein de la communauté astrologique comme il semble que cela ait été le cas, depuis une vingtaine d'années
Il est clair qu'une astrologie aux indications trop sommaires- comme celle que nous proposons- ne convient pas à ce profil de personnes dans la mesure où elle ne fournit pas une trame suffisamment riche permettant de sous tendre tout un discours. Le meilleur moyen de repérer les astrologues qui recourent à l'astrologie pour pallier à une certaine carence verbale est précisément de relever leur engouement en faveur d'une astrologie "bavarde".






JHB
05. 11. 09

L'astrologie, entre unité et diversité : les Ecuries d'Augias

par Jacques HalBronn


Il importe de comprendre que la diversification n'est pas un enrichissement du concept mais son appauvrissement. Certes, l'ensemble des subdivisions et des acceptions peut-il donner l'impression contraire mais ce serait oublier qu'il y a là un morcellement, chacun n'assumant plus dès lors que sa petite part. Il est étrange que l'on parle volontiers en astrologie de polysémie alors que parallèlement, cette polysémie se retrouve saucissonnée, charcutée par le réseau des subdivisions.
Inversement, le ciel semble marqué par la diversité, du fait du nombre d'astres qu'on peut y observer mais toute la question est justement de parvenir à l'unité, en opérant un choix permettant à un seul facteur d'assumer la totalité des possibles. Ce qui conduit au monothéisme. Le Ciel, en fait, n'est acceptable, au niveau du monde monothéiste, que s'il est polarisé sur une seule et unique configuration. Sinon, l'on en reste au niveau du paganisme et du polythéisme.
Seule la cyclicité permet à la diversité de s'inscrire dans l'unité dans la mesure où les subdivisions se contentent de constituer une graduation, ne sont qu'autant de degrés marquant l'éloignement ou le rapprochement par rapport à la conjonction.
Même les déclinaisons et les conjugaisons des grammaires ne doivent être prises que comme le passage d'une expression à une autre autour d'un seul et même verbe ou nom, ce ne sont que des dérivations, des flexions. Les trois personnes du singulier et les trois personnes du pluriel s'organisent autour de la racine, identifiable à l'infinitif, qui serait la conjonction, ce qui donne six + un, soit sept.
Nous sommes d'accord avec J. P. Nicola pour déclarer que l'astrologie doit être une, toute la question étant évidemment de savoir laquelle : probablement celle qui englobe, comprend toutes les autres. Mais ce qu'il faut immédiatement ajouter, c'est que la diversité est une nécessité car toute unité sous tend une diversification à condition, toutefois, d'en garder le contrôle.
Le problème historique de l'astrologie conditionaliste aura été de ne pas rester dans les hauteurs, au dessus de la mêlée et de proposer un certain mode de manifestation non seulement comme le "bon" mais encore comme définitif. Or, ce qui est de l'ordre de la manifestation ne saurait être que temporaire.
Rester au dessus de la mêlée, qu'est-ce à dire? Cela signifie et cela implique d'élaborer un système qui n'empiète pas sur la pratique, qui laisse celle-ci libre, sachant qu'une telle liberté est aussi la reconnaissance de quelque chose d'amovible, d'interchangeable. On n'est jamais libre que dans ce qui n'est pas essentiel et notamment dans l'avoir. Ce serait vouloir avoir le beurre et l'argent du beurre que de vouloir à la fois la liberté et la permanence et cela vaut dans les deux sens. Il y a une liberté bien comprise.
Or, si l'on considère l'ensemble du corpus de l'astrologie conditionaliste, l'on note qu'il s'agit d'une astrologie clefs en main qui certes reconnait que des facteurs non astrologiques interviennent mais qui, au niveau proprement astrologique, se veut totale. C'est là commettre un contre-sens : le savoir astrologique qui nous est parvenu nous est certes présenté comme global mais c'est une illusion d'optique. C'est comme si pour donner un exemple d'homme, j'en présentais un spécimen, ce spécimen à la fois serait représentatif mais aussi serait déjà une manifestation spécifique dont il faudrait faire abstraction faute de quoi mon modèle serait faussé par l'exemple choisi.
Il eut fallu, pour bien faire, que Nicola sût s'arrêter en chemin, quitte à déclarer, à un certain stade, qu'il donnait des exemples de ce que l'on pourrait faire, parmi tant d'autres possibles. Il eut du, distinguer l'essentiel et le contingent au sein de l'édifice astrologique. Or, visiblement, à tous les niveaux, Nicola n'aura pas su se maintenir dans les hauteurs de son système, happé par les mirages de la diversité, ce qui correspond à une pensée androgyne (animus/anima), faisant le grand écart entre le général et le particulier.
Non pas, on l'aura compris, qu'il ne faille assumer une telle dualité mais dans le cadre d'une cyclicité, d'une complémentarité entre le modèle et ses expressions et non au sein du modèle lui-même. Le modèle doit se présenter comme une source qui finit par s'écouler dans de multiples directions qu'il serait vain de formaliser. Que d'aucuns, parmi les praticiens, s'essaient à une telle formalisation du processus de subdivision, c'est leur problème.
En fait, il semble que l'on n'ait pas bien tracé la frontière entre le théoricien et le praticien. Le praticien n'est pas réductible à celui qui applique un système qui serait tout prêt, il se doit de l'accommoder, de l'ajuster, il en a la liberté avec les restrictions et sous les conditions posées plus haut. Ce qu'on appelle, de nos jours, un praticien correspondrait à un troisième personnage qui serait en quelque sorte l'élève du praticien, son collaborateur appliquant telle ou telle consigne/recette, comme dans quelque officine. En fait, bien des astrologues s'efforcent de jouer les trois rôles à la fois!
On est bien là face à une division ternaire du travail qui n'est nullement réservée à la seule astrologie, on s'en doute. Il y a celui qui, périodiquement, recentre le modèle central en le nettoyant de tout ce qui a pu s'accumuler : il fait la vaisselle, la lessive. Il y a ceux qui vont utiliser les objets ainsi lavés, récurés et donc à nouveau les salir, ce sont en quelque sorte les cuisiniers qui chargent les dits objets de telle ou telle nourriture et puis il y a les clients du restaurant qui invitent leurs amis à déjeuner ou à diner. Passage du plat à l'assiette et à la fin, toute cette vaisselle -non plus au sens de faire la vaisselle- devra être remise à neuf, et ne saurait porter le souvenir de ce qu'on y a bu ou mangé, préparé et cuisiné! L'astrologie, en ce sens, nous ferait penser à un restaurant où la saleté, la pourriture, la moisissure auraient envahi l'espace du fait que l'on ne saurait plus comment s'en débarrasser!
Tout le problème, c'est qu'à un certain stade- ce qui pose la dialectique de l'eau et de la terre- l'on ne sait plus trop bien ce qui était à l'origine et ce qui a fini par s'incruster au point de sembler faire partie du système "nu". C'est cette incrustation qui fait problème!



JHB
08. 11. 09

mardi 22 décembre 2009

L'astrologie et la lutte des classes

par Jacques HalBronn



Dans une récente conférence à laquelle nous assistâmes, place saint Sulpice, à Paris, l'écrivain Michel Butor distingua deux types d'artistes, ceux qui ajoutent et ceux qui retranchent. On pourrait inscrire une telle dualité dans une cyclicité : il y a un temps pour ajouter et un temps pour retrancher, retrancher signifiant ici revenir à l'essentiel, au "début", à la conjonction.
Dans nos relations intellectuelles, nous avons pu, au cours de quelques décennies, observer un tel clivage et notamment dans le domaine de l'Histoire de l'Astrologie et de celle des études nostradamiennes, tant au sein de l'Université qu'à l'extérieur.
Il y a deux façons d'être historien : soit l'on se contente de décrire ce que les choses sont devenues, soit l'on essaie de comprendre pourquoi elles sont devenues ce qu'elles sont devenues. La plupart de ceux qui abordent l'Histoire préfèrent s'en tenir à la première approche, en parlant de phénoménologie. Quelques uns optent, cependant, pour une approche plus génétique. Les uns s'intéressent, s'émerveillent devant l'emballage et sa complexité alors que les autres, dont nous sommes, tendent à décortiquer, à disséquer, à déconstruire. Nous y voyons là une forme de lutte des classes, découlant de programmations nous conduisant d'entrée de jeu dans une certaine direction de travail.
Le cas Nostradamus est emblématique d'une telle conflictualité. Il y a ceux qui tendent à antidater les documents et d'autres à en retarder la date de parution. Cela donne quelque chose d'assez inouï: certains parlent des Centuries comme parues à partir de 1555, d'autres, comme nous, qui les situent au plus tôt à la mort de Nostradamus, en 1566, dans un premier état et à la fin du seizième siècle sous leur forme "canonique". Autrement dit, entre les uns et les autres, il y a un écart d'une bonne trentaine d'années! Comment des chercheurs, pour une période relativement proche - moins de 500 ans - peuvent-ils différer dans leurs conclusions à ce point par rapport à des textes imprimés et qui nous sont parvenus? Selon nous, l'explication résiderait en quelque sorte dans une certaine forme de programmation psychique.
On a, en tout cas, le même phénomène au niveau de l'Histoire de l'Astrologie. Il y a, à nouveau- et parfois ce sont les mêmes chercheurs - d'une part ceux qui considèrent que ce qu'est devenue l'astrologie aujourd'hui était déjà inhérent à ce qu'elle est dès l'origine, que l'on n'a fait que découvrir progressivement ce qui était déjà là virtuellement et d'autre part, ceux qui soutiennent, comme nous, que l'astrologie a été augmentée de toutes sortes d'apports plus ou moins tardifs et dont l'importance, épistémologiquement, est marginale, contingente.(voir nos divers textes sur ces sujets)
Dans un livre intitulé "Le siècle Juif" ( titre de l'original de 2004, "The Jewish Century"), Yuri Slezkine (Paris, Ed. La Découverte, 2009, pp. 39 et seq.) distingue entre les Mercuriens et les Apolliniens. Nous aurions tendance à assimiler les Apolliniens au premier groupe décrit plus haut et les Mercuriens au second. Les "Apolliniens" sont nationalistes, c'est à dire qu'ils prennent au sérieux les clivages et découpages générés de façon aléatoire par l'Histoire tandis que les "Mercuriens" perçoivent le caractère arbitraire et contingent des constructions humaines. Pour Slezkine, les Juifs seraient les Mercuriens type.
Selon nous, le rôle des Mercuriens consiste à défaire le travail des Apolloniens. Rappelons notre modèle (exposé ailleurs) : une phase conjonctionnelle suivie d'une phase disjonctionnelle - mais que nous pourrions désormais renommer "divisionnelle", la division étant le contraire de l'union, de la con-jonction. Au cours d'un cycle, l'on passe inexorablement de l'union à la division puis de la division l'on remonte vers l'union et tout cela en 7 ans environ (selon notre Astrologie 4 Etoiles). A un certain stade, l'énergie conjonctionnelle fléchit et tend dès lors à multiplier les divisions et les subdivisions, à l'instar de l'empire de Charlemagne divisé entre ses trois fils. Il lui faut ensuite relativiser ce processus centrifuge pour renouer avec un nouveau cycle.
Le problème, c'est que les Apolliniens, pour reprendre la terminologie slezkinienne, s'accrochent aux dites subdivisions- générées d'ailleurs par les Mercuriens à titre provisoire - et s'efforcent de les cristalliser en développant toutes sortes d'arguments dans ce sens que vont réfuter et démonter les Mercuriens.
En règle générale, dans le domaine des sciences dures, les Mercuriens ont su imposer leur loi même s'ils ont encore à se battre avec les Créationnistes par exemple. En revanche, dans le domaine des sciences dites "molles", les Apolliniens ne sont guère disposés à supporter la domination mercurienne. C'est pourquoi l'arrivée de Mercuriens sur leur territoire est susceptible de provoquer des réactions collectives assez vives, comme dans le cas de Claude Lévi-Strauss, qui vient de disparaitre à l'âge de 100 ans. C'est bien entendu ce qui s'est produit et continue à se produire à propos de Nostradamus. Et l'enjeu est, il est vrai, d'importance, puisque si les Apolliniens devaient se plier au joug mercurien, dans ce domaine, il y aurait là une brèche qui pourrait s'élargir et jusqu'où irait-on? C'est donc une bataille importante -plus que l'on pourrait le penser au premier coup d'œil - qui se joue depuis quelques années autour de la datation des éditions des Centuries. (Voir sur le site du Cura.free.fr, sur ramkat.free.fr, sur grande-conjonction.org et soutenance Sorbonne de novembre 2007, sur teleprovidence.com)
En effet, si les Apolliniens sont disposés à accepter que la "Science" avec un grand S leur échappe - laissant les chercheurs débattre sur le big bang - encore que les astrologues tendent à vouloir récupérer l'astronomie en jouant notamment sur sa partie la plus arbitraire (nom des planètes, des signes, des constellations), s'ils reconnaissent que ce qui a été proposé à titre provisoire ne saurait perdurer indéfiniment, en revanche, dans le champ des sciences humaines, des "lettres", des langues, l'idée d'un retour à un point origine leur apparait comme chimérique et cela explique par exemple que les linguistes aient voulu décourager et disqualifier toute "spéculation" sur l'origine du langage. En 1865, la Société de linguistique de Paris avait dans ce sens informé ses membres dans ses règlements qu'elle ne recevrait «aucune communication concernant (..) l'origine du langage». C'est l'occasion de préciser que la linguistique est aussi un enjeu important dans la lutte entre mercuriens et apolliniens et que nous avons été également impliqués dans ce domaine
Il nous apparait clairement que les Apolliniens n'ont pas la cyclicité dans le sang ou plutôt que tout progrès est un aller simple, irréversible, définitif alors que les Mercuriens ne perdent jamais de vue la nécessité de la cyclicité, aucune "solution" ne pouvant être autre chose qu'éphémère. Le cas de la question juive est à ce propos, lui aussi, assez emblématique, puisque Slezkine traite avant tout du problème juif dans le "Siècle juif". Le sionisme est apollinien plutôt que mercurien, même s'il prétend, sous sa forme actuelle, renouer avec une origine historico-géographique. Mais pour un Mercurien, tout est cyclique, aucune solution ne saurait arrêter - dans tous les sens du terme - le cours des choses. (voir nos textes sur le néo-sionisme, la Nouvelle Sion). Les apolliniens sionistes, on s'en doute, apprécient assez peu l'approche mercurienne de la question juive. On nous dira qu'il y a là quelque contradiction puisque les Mercuriens, selon Slezkine, sont Juifs. Ce serait oublier qu'il y a toujours un moment d'accord entre Mercuriens et Apolliniens, c'est ensuite que les choses se gâtent, quand le provisoire tend à devenir permanent, du point de vue des Apolloniens alors qu'il n'était qu'une issue temporaire de celui des Mercuriens. Opposition classique entre universalisme et nationalisme, l'universalisme intégrant le nationalisme dans une cyclicité qui prévoit et intègre le provisoire, au cours de la phase divisionnelle que nous avons évoquée pus haut et qui correspond à une période de relâchement, où il faut bien, à l'instar d'un oiseau, se poser quelque part mais pour mieux repartir ensuite. La pose n'est qu'une pause.
La question du masculin et du féminin devrait également s'articuler sur une telle dialectique et nous tendrions à penser les femmes comme plutôt apolliniennes et les hommes comme plutôt mercuriens, au sens slezkinien- et non astrologique - du mot. Nous avons pu, en effet, noter que les réactions les plus viscéralement apolliniennes émanent de la gent féminine et que les hommes sont généralement même quand ils optent pour des positions apolliniennes moins typés que les femmes. Selon nous, instinctivement, les femmes tendent à vouloir maintenir, figer, fixer, prendre au sérieux, un certain statu quo au niveau de certains acquis, de l'avoir alors que les hommes sont dans l'inné et l'être, relativisant tout ce qui est arbitraire, se refusant à épiloguer. Pour elle le "progrès" n'est pas cyclique, il n'est pas question de "revenir en arrière".
Pour finir, interrogeons-nous sur la pertinence de la terminologie "slezkinienne". Pourquoi parler de Mercure pour désigner un groupe et d'Apollon à propos de l'autre groupe? Cela n'a certes pas grande importance, ce n'est là somme toute que convention. Mercure semble indiquer une idée de mouvement, de passage, d'expédient provisoire que l'on ne prendra pas trop au sérieux. Apollon, finalement, dieu solaire, n'échappera nullement à la cyclicité et même son triomphe, au solstice d'Eté, est de courte durée mais Apollon est d'abord l'astre du jour qui doit tôt ou tard se coucher. Pour nous l'humanité est avant tout nocturne, elle n'instrumentalisera le visible que dans un second temps.



JHB
04. 11. 09

Un pas de plus pour la déontologie de l'astrologie

La mise en place de teleprovidence.com devrait logiquement conduire à une nouvelle façon de choisir son astrologue. Il ne s'agissait pas, au départ, de l'objectif premier de notre entreprise mais il nous est apparu que teleprovidence pouvait non seulement modifier les rapports au sein du milieu astrologique mais aussi les relations des clients avec le dit milieu.
Nous avons récemment insisté sur le fait que l'astrologie posait le problème du récepteur. Pas de récepteur, pas d'astrologie sans qu'il soit pour autant nécessaire que chaque être humain soit un astro-récepteur...
De même nous pensons que dans toutes les formes de mancie, si celles-ci constituent des langages avec quelque structure subconsciente, dans l'acception la plus large possible, le rôle du client est déterminant.
Le postulat sous-jacent à toute consultation divinatoire- toutes catégories confondues - semble bien être le suivant: on supposera que le client aura fait en sorte de naitre à un moment astralement significatif, sinon ce moment ne sera pas pertinent. Mais comment s'en assurer? Certains répondront, non sans une certaine candeur, qu'il "suffit" de "vérifier" si le client correspond ou non à son thème. On en connait beaucoup qui ont résolu problème: ils ne se demandent pas si mais comment...(voir notre entretien avec Carole Leblay et Mireille Petit, sur teleprovidence).
Plus généralement, en astrologie horaire, l'on suppose que le moment de la question justifie que l'on regarde les configurations qui se forment alors. Dans le tarot, l'on suppose que le client choisira les cartes qui répondent et correspondent à son problème. A la limite, le praticien de tels savoirs, astrologie inclue- n'impliquerait aucun don particulier, aucune réceptivité remarquable. Il lui serait seulement demandé de savoir interpréter, traduite le tirage dans une langue compréhensible par son client, autrement dit d'aider le client à comprendre les messages qu'il a reçus, qu'il a captés.
Si l'on poursuit dans ce sens, l'on peut penser que le choix de l'astrologue -ou de tout autre spécialiste dans un domaine impliquant une certaine réceptivité par rapport à des énergies mal connues - est également le fait du client, si l'on va en amont de la consultation. Il se pourrait qu'un mauvais choix opéré par le client potentiel hypothèque le bénéfice de tels entretiens et il serait bon que le public le sache et en tienne compte.
C'est pourquoi, le GWA, le Guide Vidéo de la Vie Astrologique, nous apparait comme un support incontournable de la consultation astrologique. Si l'on réduit et minimise, en effet, comme nous le faisons le rôle du praticien, auquel nous n'accordons et dont nous n'exigeons aucune faculté particulière, et si, par contrecoup, nous amplifions celui du client, il va de soi qu'il faut donner au dit client les moyens de faire son choix, dans les meilleures conditions possibles...Il ne s'agit plus ici de tirer une carte mais de choisir un praticien qui sera pour le dit client le meilleur "médium" possible, c'est à dire, ici, celui auquel le client sera le plus réceptif et cela dans le but de permettre un meilleur "rendement" des consultations.
Les astrologues qui figurent sur notre GWA ont implicitement accepté de jouer le jeu en acceptant de se présenter sur une vidéo. Comme nous disons, ils acceptent de "se montrer", ce qui est loin d'être le cas sur les autres supports, sans vouloir être désobligeant. Une nouvelle génération de "guide" des astrologues est née et l'on nous accordera une certaine expertise en la matière, nous qui depuis 1984 avons publié plusieurs éditions de "guides" (notamment sous le titre Guide de la Vie Astrologique (GVA). En un quart de siècle, les choses changent et il serait temps de s'en rendre compte, à l'heure de la télévision vérité, d'Internet et de la vidéo.
Or, force est de constater que sur les quelques annuaires que l'on trouve sur le net - il y a un sous emploi des potentialités du web, comme c'est d'ailleurs le cas, reconnaissons-le, quand on envoie des messages par écrit (e mail, SMS). Mais à côté, la dimension audiovisuelle se développe notamment au niveau des téléphones portables et des webcams. En fait, souvent, sur Internet, on trouve des documents qui pourraient fort bien faire l'objet d'ouvrages papiers, avec des textes, quelques photos, des sites muets et statiques. Le GWA est le seul annuaire d'astrologues qui ne soit ni muet, ni statique (rappelons que le mot cinéma vient d'un mot grec qui signifie mouvement (kiné) et que notre association depuis sa création en 1975 s'appelle Mouvement.
Ces annuaires "classiques" ne sont pas appropriés à la mission implicite propre à de tels ouvrages. Ils ne permettent que fort médiocrement et insuffisamment au public de choisir, en connaissance de cause, un astrologue selon des critères pertinents au regard du champ psychique et/ou métapsychique considéré.
Pour notre part, nous trouvons le support écrit comme se prêtant à toutes sortes d'impostures, tout comme d'ailleurs la photo d'identité. Nos entretiens sur teleprovidence ne permettent pas de tels subterfuges consistant à lire un texte qui a pu être longuement cogité, mais aussi relever du copié-collé ou pis encore du plagiat, bref du faux semblant et du trompe l'œil. Quant aux photos, elles peuvent singulièrement dater ou avoir été retouchées. Bref, tout cela n'est pas vraiment du meilleur aloi même si certains "dossiers", dans ces annuaires, sont plus authentiques que d'autres. Bien plus, les gestionnaires des dits annuaires se content de répercuter les informations qu'ils ont réceptionnées, sans qu'il y ait eu d'entretien préalable. Sur le GWA, au contraire, chaque astrologue a été interviewé ou a fait l'objet d'une rencontre dans le cadre d'une discussion.(pot astro, colloque)
Cela ne signifie pas que nous avons "sélectionné" les astrologues du GWA. Ils ont accepté de figurer, alors que d'autres ne l'ont pas souhaité et surtout nous avons contribué à les montrer sous leur véritable jour, laissant au public le soin d'apprécier, chacun ayant l'astrologue qu'il mérite et vice versa. Nous ne portons donc aucun jugement sur la valeur de tel ou tel astrologue - et l'on sait que le fait de publier des livres n'est pas un gage absolu pour la consultatiion - mais, ce faisant, nous aidons les clients potentiels à choisir l'astrologue avec lequel ils ont le meilleur feeling. Il peut certes y avoir encore, qui sait?, quelque surprise quand le client rencontre l'astrologue élu mais elle sera infiniment plus limitée que par tout autre moyen proposé par ailleurs, on en conviendra. Certes, on ne voit pas sur la plupart de nos vidéos "nos" astrologues en train de donner une consultation mais on peut l'observer, souvent pendant une bonne heure, en train de s'exprimer ou de répondre à des questions posées par telle ou telle personne - questions évidemment, on le conçoit aisément; d'un tout autre ordre que celles qui seront posées en consultation. Mais voilà bel et bien, quand même, un matériau qui devrait amplement suffire au client pour se dire que tel astrologue est la personne qu'il lui faut. L'idée de cette méthode nous vient peut être du fait que nous avons toujours pensé que la personne de l'astrologue, dans la consultation ordinaire, primait sur son supposé savoir Il en serait autrement, évidemment, si nous nous placions dans un registre plus fondé scientifiquement, où un savoir bien précis était à l'œuvre. Mais en réalité, nous nous trouvons ici dans un registre sensiblement plus complexe à décrire et donc où le rapport de personne à personne sera déterminant à commencer par une certaine façon de s'exprimer.
Les codes de déontologie, ne nous voilons pas la face, ont pour raison principale, même si cela n'est pas reconnu aussi nettement- de "limiter les dégâts". On sait que nous travaillons aussi à améliorer l'outil astrologique, par ailleurs. Mais ici, il s'agit d'améliorer les conditions de la consultation, comme "outil" relationnel, passant ainsi de l'astrologie comme support d'information à l'astrologie comme support de communication. Action en amont d'un côté, action en aval de l'autre.
Donc, au niveau de notre intervention en aval, nous pensons que "limiter les dégâts" liés à un outil astrologique, stricto sensu, problématique, et en attendant que les choses changent sur ce point, consiste à faire jouer le feeling du client, ce qui a au moins l'avantage d'en revenir à des repères de la vie courante : finalement, une vidéo nous montre un homme ou une femme.
On nous objectera peut-être que certaines personnes n'ont pas assez confiance en elles pour opérer de tels choix, qu'elles ne se fient guère à leur propre jugement, à leurs impressions. Mais un tel argument vaut tout aussi bien pour toute forme de guide. Certes, l'on peut imaginer que certaines personnes préfèrent que tel nom de praticien leur tombe sous les yeux, ou qu'elles en entendent parler, ce qui laisserait le plus grand rôle au hasard. Il y a des gens qui ont du mal à se décider...Parfois, ils appellent telle association pour qu'on leur indique "un astrologue" et elles prennent celui qu'on leur propose, sans vouloir en savoir davantage. Il est vrai que la population qui demande de l'aide à l'astrologie est souvent assez désemparée et qu'il ne faut pas trop lui en demander...Mais, c'est déjà un pas vers un mieux, si le client accepte, tout de même, de prendre le temps de choisir son astrologue.
C'est pourquoi nous suggérons aux divers annuaires d'astrologues de faire des liens avec le GWA, du moins pour les astrologues qui sont inscrites dans ces divers cadres et d'encourager ceux qui ne sont pas encore sur le GWA à y figurer, selon les règles du jeu posées.



JHB
03. 11. 09






Annexe:
texte paru sur le site du GWA :

"Nous pensons que le client doit "sentir" quel est l'astrologue qui lui convient et pour cela il faut le placer devant un vrai choix et faire appel à son jugement qui fonctionne quand il est face à quelqu'un et qu'il l'entend s'exprimer. Nous vivons dans un monde où souvent nous perdons nos repères. C'est le cas quand l'on n'a pour faire son choix que quelques lignes et une photo, comme c'est le cas sur les autres annuaires d’astrologues. Qui plus est, l'on vous y propose de communiquer avec l'astrologue par e mail alors que nous fournissons automatiquement le numéro de téléphone en sus de la vidéo. Au fond, nous donnons les conditions d'une sorte de speed dating. Vous passez quelques vidéos pendant quelques minutes et vous choisissez celle que vous "sentez" le mieux en vue d'une consultation. Puis vous téléphonez, ce qui vous permet à vous et à votre interlocuteur de finaliser. Bien plus, si la consultation devait se faire par téléphone, vous auriez au moins l'entretien vidéo qui vous permettrait de mieux personnaliser la rencontre. Le GWA est un outil remarquable de rencontre avec des astrologues, quel que soit votre niveau, vous devriez trouver la personne qui vous convient."

Proposition d'une nouvelle "loi" astrologique.

par Jacques HalBronn


Comme nous l'avons souligné, à diverses reprises, le débat astrologique n'est pas fondé sur la question de savoir si "ça marche ou pas" mais si telle pratique est compatible avec l'esprit de l'astrologie, n'est pas en contradiction avec ses principes. D'aucuns, évidemment, diront, non sans un certain cynisme, que vu que les dits principes ne sont pas connus, seuls les résultats comptent, du moment que cela passe par une quelconque référence astronomique, condition nécessaire mais aussi suffisante! D'où l'urgence de préciser les dits principes pour pallier de telles dérives... Car tout ce qui est astronomique n'est pas or pour l'astrologie!
Quel est donc le principe contredit par l'astrologie horaire, chère notamment aux astrologies d'Outre Manche, et qui est aussi connue sous le nom d'astrologie des interrogations, ou astrologie questionnaire? Nous même avons publié au début des années 90 (chez Pardés) une réédition d'un traité d'astrologie horaire de Claude Dariot, datant des années 1550 (avec une présentation de Denis Labouré, spécialiste en la matière)
Ce principe est celui du décalage car l'astrologie se fonde épistémologiquement sur l'idée d'un décalage spatio-temporel, d'un détour, à la façon de ces étoiles qui lorsque leur lumière nous parvient sont déjà mortes.....
L'astrologie horaire respecte la règle du décalage spatial - les planètes dans le ciel - mais pas celle du décalage temporel puisqu'il s'agit de dresser le thème du moment de la question, de la consultation (ou de la prise de rendez-vous), date fixée par le client et qui donc, il est vrai, l'implique.
En ce sens, le fait pour un astrologue de demander la date de naissance a au moins l'avantage de respecter un tel principe de décalage dans le temps. Cela laisse entendre que ce qui se passe, se joue maintenant est fonction d'un processus impulsé dans un certain passé, et dans des sphères- dans tous les sens du terme - supérieures.
Ce principe est absolument déterminant pour circonscrire le créneau de l'astrologie non pas telle qu'elle est devenue mais telle qu'elle devrait être car toute approche se contentant de décrire l'astrologie en tant que phénomène social à décrire nous semble insuffisante, même si elle prétend en effet rendre compte de ce qui existe sous ce nom. Déjà Ptolémée, dans la Tétrabible (IIe siècle de notre ère) mettait en garde contre certains abus commis sous le nom d'astrologie..
Rappelons donc que pour nous, dans une approche causaliste, il y a forcément un décalage, du moins à un certain stade, entre les causes et les effets, et souvent l'effet est produit par une cause sensiblement antérieure et extérieure. En revanche, pour les tenants d'un certain synchronisme astrologique, non soumis à un quelconque décalage espace temps, l'astrologie horaire fait sens.
Cela dit, il y a des aspects de l'astrologie horaire qui se rapprochent assez de notre idée de l'astrologie, à savoir l'intérêt de l'observation du ciel en dehors du moment de la naissance puisque pour nous l'astrologie ne saurait qu'exceptionnellement - à savoir au moment de l'accouchement- être liée à ce moment particulier. Rappelons que pour nous le thème natal ne parle que de la dynamique de l'accouchement si ce n'est qu'il désigne par là même le type "planétaire", au sens de Gauquelin, qui détermine le moment de naitre.
On ne saurait donc nier qu'il revient à l'astrologue d'étudier le ciel au moment où certaines choses se passent dans le monde et dans la vie de certaines personnes. Mais là aussi, nous ferons prévaloir un principe de décalage d'un troisième type, à savoir que cela ne vaut pas pour tout le monde. Chacun sait en effet que nombre de situations sont le résultat de décisions prises "en haut lieu", par une certaine élite sociale, politique, économique, artistique etc. Il n'est donc pas heureux de faire le thème horaire du premier venu, comme on le laisse entendre en astrologie horaire même si celle-ci a prévu certaines contre-indications.
La prévision astrologique tourne, d'ailleurs, selon nous, autour de l'émergence, de la réaffirmation, de la reconnaissance, du surclassement, des "grands hommes", dopés par la formation de la conjonction et, à l'inverse, pénalisés par la "disjonction" qui tend à niveler la différence entre géants et nains.
C'est ce troisième type de décalage qui fait actuellement le plus problème dans le débat astrologique de la fin de la première décennie du XXIe siècle et nous sommes heureux d'avoir lancé un tel débat aux implications épistémologiques (voir nos textes dans le présent journal de bord) et déontologiques considérables. Déontologiques, en effet puisque cela remet en question la consultation astrologique pour tous ou du moins le modus operandi de celle-ci.
Précisons, en effet, que l'astrologie n' a pas à "marcher" pour tout le monde et Gauquelin nous avait bien mis en garde à ce sujet, notamment au regard des accouchements avec intervention. On ne peut donc avoir à tester l'astrologie sur n'importe qui et sur n'importe quelle population. En ce qui concerne l'astrologie horaire, celle-ci ne vaudrait donc que pour certains personnages.
En ce qui concerne la pratique de la consultation générale, peut-on, en dépit des restrictions posées, admettre qu'elle puisse exister pour tout client qui se présente? On laissera de côté, évidemment, ici, le cas des consultations placebo où l'astrologue se pare du décorum de l'astrologie pour faire passer quelque message de bon sens ou quelque intuition sous couvert de l'astrologie plutôt que de la voyance, en respectant les convictions et les représentations de son client.
On pourrait, à la rigueur, admettre, du moins dans l'état actuel de nos réflexions, de jouer cartes sur table- si l'on peut dire! - c'est à dire de faire comprendre au client qu'il n'est pas forcément maître de ce qui lui arrive. Certes, au départ, le client lambda peut ne pas être très enthousiaste à l'idée de parler du général (dans tous les sens du terme) plutôt que du particulier mais n'est-ce point là, pourtant, ce qui l'aura conduit à aller consulter un astrologue plutôt qu'un voyant ou un cartomancien, à savoir une certaine "hauteur de vue" - c'est le cas de le dire avec les astres - une certaine mise en perspective? On reste donc bien ici dans un principe de décalage qui serait le fonds de commerce de l'astrologie.
Autrement dit, il n'y a rien de déplacé de la part de l'astrologue à resituer son client au sein d'une multifactorialité de paramètres dont l'astrologie ferait partie. et dont le sort du dit client dépend à divers titres. Plus le client est au bas de l'échelle sociale, plus cette multifactorialité n'accordera à l'astrologie qu'une place minime et plus les effets proprement astrologiques ne seront ressentis qu'indirectement et de façon biaisée, du fait des divers autres paramètres. A contrario, plus le client est "haut placé" et plus le poids du cosmos sera puissant et plus l'influence que le dit client exercera sur autrui sera forte. On peut parler d'une "loi" fondée sur une proportionnalité du rapport entre pouvoir et astralité. Plus de pouvoir, plus d'astralité, moins de pouvoir, moins d'astralité. Ce qui signifie aussi que celui qui a le plus de pouvoir est plus "astro-sensible" que celui qui en a moins, qu'il est un meilleur récepteur.
Pour compléter le code de déontologie de la FDAF (voir le site fdaf.org) , nous proposons donc de faire accepter cette " loi" qui va déterminer la méthodologie de l'entretien, étant entendu, bien sûr, qu'il revient d'abord à l'astrologue de jauger son client au regard de la dite loi, de déterminer si celui-ci fait partie ou non des "puissants", c'est à dire de ceux qui sont agis avant tout par les astres et non par les actions d'autrui.


JHB
03. 11. 09

L'homme, guetteur du ciel

par Jacques HalBronn


La fréquentation du site de Serge Bret-Morel - 'L'astrologie et la raison" se révèle fructueuse de par les données historiques que l'on y trouve, au regard des origines de l'astrologie.
Nous avons relevé notamment ce passage assez édifiant :
"En fait, on ne trouve dans les plus anciens textes mésopotamiens que des présages qui ne prévoient pas, mais annoncent. Ils consistent en des énoncés selon lesquels SI « tel phénomène astronomique se reproduit » alors « tel événement surviendra ». Aucune datation n’est possible alors pour ces présages par défaut de maîtrise des régularités des mouvements planétaires"
Nous trouvons une telle observation tout à fait compatible avec notre propre modèle. En effet, le fait que l'on associe telle situation avec telle configuration, sans pour autant être en mesure d'annoncer quand se produira exactement la prochaine configuration de ce type, ne nous fait pas problème dans l'approche juridico-astronomique qui est la nôtre.
Nous pouvons tout à fait admettre que l'on pose comme loi que chaque fois que Saturne passera sur telle étoile, l'on procédera à telle ou telle action, c'est bien là une façon cohérente de fixer un certain ordre des choses, de mener à bien une certaine gouvernance.
Cela dit, les temps changent. Selon nous, à force d'accorder de l'importance à telle configuration, on finit par scruter le ciel avec une certaine attention et en quelque sorte en permanence, ce qui ne serait pas le cas si l'on savait exactement à quel moment la dite configuration se produirait. Bien plus, c'est cette imprécision, cette indécision qui va développer chez certaines populations une vigilance particulière à l'égard du ciel qui finira d'ailleurs par conduire à la mise en évidence de certaines lois. On a le même problème avec le début de chaque mois dont le commencement était déterminé par le premier croissant de lune, aussi infime fut-il, observé par un membre de la communauté. Là encore, vigilance, vigilance....
C'est donc, selon nous, cette exigence de veille qui aura forgé progressivement la faculté de l'espèce humaine - ou du moins de certains de ses membres- à tenir compte des mouvements célestes, y compris à la naissance, comme l'a montré Michel Gauquelin.
Tout cela va à l'encontre, évidemment, du moins nous semble-t-il, de la thèse selon laquelle les hommes auraient élaboré l'astrologie à la suite d'observations, de recoupements. Plus simplement, nous pensons que nous sommes en fait en présence d'interdictions, au sens étymologique, c'est à dire d'obligations à se conformer à certains signaux célestes chaque fois qu'ils se manifesteraient, en sachant que cela générerait une certaine périodicité et donc déterminerait des intervalles de temps raisonnables à la fois parce que point trop courtes et point trop longs, modèle que nos démocraties modernes ont adopté, mais cette fois sans se référer au cosmos mais seulement à des écrits et à des calculs.
Encore faut-il préciser que comme dans toute situation, il y a ceux qui sont là par ce qu'ils voulaient ou avaient à y être et il y a ceux qui y sont par hasard. A l'astrologie de distinguer ces deux cas de figure, tant en recourant à l'activité neurologique des personnes concernées qu'en étudiant si chez le groupe concerné, les mêmes causes provoquent les mêmes effets.

JHB
01. 11. 09