Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
vendredi 2 juillet 2021
Jacques Halbronn Nostradamus et l'Antéchrist
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Nostradamus et l'Antéchrist
par Jacques Halbronn
Nous avons eu l'occasion de traiter du thème de l'Antéchrist, notamment à propos de Pierre d'Ailly et de Pierre du Moulin :
Pierre d'Ailly et l'Antéchrist. Colloque Européen 16-17 mai 1992 De Pierre d'Ailly à Christophe Colomb, Bulletin de la Société Historique de Compiégne, 1993.Tome 33/ et Pierre du Moulin et le thème du pape Antéchrist, in Formes du millénarisme en Europe à l'aube des temps modernes. Actes du Colloque International de l'Association Renaissance, Humanisme, Réforme, Marseille 10-12 septembre 1998 édités par Jean Raymond Fanlo et André Tournon, Paris, H. Champion, 2001./ Entre ces deux personnages des Xve et XVIIe siècles, se situe Nostradamus, homme du XVIe siècle dont nous traiterons ici de son intérêt pour une telle thématique, ce qui nous conduira à éclairer la source de certains quatrains des Centuries
Notre corpus comportera deux documents édités en 1905 et 1906 à Mariebourg Sub st Michaelis Invoc :
Reproduction très lisible d'un manuscrit de M. de Nostredame dédicacé à S. S. le Pape Pie IV. Les praedictions de l'almanach de l'an 1562, 1563, et 1564, , daté de 1561.
et
Michel de Nostredame Almanach pour l'an de grâce 1563.
On peut penser que ces « praedictions », de par leur caractère pluri-annuel, complétent un autre manuscrit à savoir le Recueil des présages prosaïques (cf l'édition de B. Chevignard, Paris, Seuil, 1999) et nous montrent une autre facette de Nostradamus, justement plus intéressé par la question de l'Antéchrist qu'on ne le dit généralemen au vu de ses almanachs et prognostications.
C'est ainsi, comme on le verra, que le quatrain VIII, 76, dans le second volet, doit être appréhendé au prisme du recueil des « praedictions »
« Plus Macelin que Roy en Angleterre » et VIII, 77 « L'antechrist trois bien tost annichilez ».
puisque le mot « macelin » trouve son explication dans les dites « praedictions ».
On note que dans l'almanach pour 1563, il est fait mention explicitement -p. 29 de l'édition 1905 des dites « praedictions de l'almanach de l'an 1562, 1563, et 1564 », : dans la « prédiction de février » : « en l'année 1562, 1563, 1564 & inclusivement iusques en l'année 1567 »
D'ailleurs, le pape Pie IV est mentionné dans le dit Almanach pour 1563 au sein de l'épitre datée du 20 juillet 1562 adressée à Fabrice de Serbelloni ; général pour Nostre Saint Père aux choses de la guerre en la Comté du Venaissin (cf R. Benazra, RCN, op. Cit. Pp ; 55 et seq Dans l'almanach pour 1563, Nostradamus reconnaît qu'il ne peut tout annoncer : (p. 20) dans les prédictions de janvier « combien (=bien que) qu'il me soit à demy défendu de ne manifester ce que les astres démonstrent »
Nous reprendrons ici un texte mis en ligne en 2012 sur le site propheties.it de Mario Gregorio ;
121 - Antoine Crespin et le quatrain VIII, 76 Plus Macelin que roy en Angleterre
Par Jacques Halbronn
On sait que l’une des questions lancinantes concernant la genèse des quatrains centuriques tient au fait qu’Antoine Crespin, dans les deux éditions de ses Prophéties dédiées à la nation française et à la puissance divine, y a inscrit un grand nombre d’éléments qui recoupent des quatrains centuriques. Est-ce le signe que Crespin avait, au début des années 1570, eu sous les yeux une édition à 10 centuries, puisque les quatrains ainsi concernés se répartissent entre les deux premiers volets de l’ensemble centurique ou bien est ce l’indication que l’on aurait récupéré des textes de Crespin pour confectionner une partie des quatrains répartis entre les dix centuries ?
Il apparait au réexamen d’un manuscrit insuffisamment exploité, dont le collectionneur de nostradamica Daniel Ruzo avait une copie, à savoir Les praedictions de l’almanach de l’an 1562, 1563 et 1564 (sic), daté du 20 avril 1561 repris dans une Reproduction très fidèle d’un manuscrit inédit (sic) de M. de Nostredame, dédié à S. S. le Pape Pie IV, Marienbourg, 1906. Robert Amadou s’est fortement intéressé au document dont il s’agit ici[10] dans une annexe de son « dossier » L’astrologie de Nostradamus’, Poissy, ARRC, 1992 (pp. 402-413) sous le titre « Nostradamus au Pape Pie IV. Lettre ouverte (1561) »
Pour Robert Amadou, cette épitre-préface au Pape, en italien, est apocryphe : « Nous tenons pour apocryphe le texte, différent des deux précédents, d’une prétendue lettre de Nostradamus à Pie IV qui n’existe plus qu’en traduction italienne » . Amadou n’a pas vu qu’il ne s’agissait pas de l’épitre mais de la Préface, tronquée, qui lui fait suite...
Quant à Robert Benazra il passe à côté de la « Préface », coincée entre l’épitre au pape et les prédictions pour 1562 (Les pronostications et almanachs de Michel Nostradamus, site CURA) :
« Le XVIe siècle nous a transmis un manuscrit en français comportant plusieurs passages autographes de Nostradamus Les Praedictions de l'almanach de l'an 1562, 1563 et 1564 par M. Michel de Nostre dame Docteur en medicine. Faciebat M. Nostradamus. Salonae petreae provinciae. XX Aprilis 1561. Cette copie manuscrite de 222 pages est restée inédite. Les Prédictions sont dédiées au Pape Pie IV dans une épître, datée de "Salon de Craux en Prouence, ce XX avril 1561". Malgré son titre, l'ouvrage porte essentiellement sur l'année 1562, avec quelques anticipations pour les années suivantes. Il ne semble pas que ce manuscrit destiné au pape lui fut envoyé, car on remarque dans le texte de nombreux espaces blancs, prouvant que Nostradamus n'avait pas entièrement revu son texte. On sait effectivement que le secrétaire de Nostradamus laissait des espaces blancs, à remplir plus tard, quand il n'arrivait pas à lire le texte original. Les troubles du printemps 1561 à Salon et la fuite de Nostradamus à Avignon expliquent sans doute ces particularités. » Or, la fortune de l’ouvrage en Italie précisément pour des années ultérieures prouve qu’il n’en est rien.
L’éditeur du manuscrit qui, lui, a compris, le lien entre le texte français et le texte italien, écrit en marge « Macelin Boucher, v . Barozzi 1566, fol.. 9 verso », ce qui est pertinent puisque le manuscrit en question a été traduit, du moins partiellement, en italien, en ce qui concerne la fin de la « Préface », et que Francesco Barozzi en a fait un commentaire dans ses Annotationi au chapitre V de son Pronostico Universale, Bologne, 1566.(BNF V 1193) « Delli horibili specttacoli & avenimenti dell’anno 1567.
On prendra pour exemple le cas du quatrain VIII 76 dont certains éléments se trouvent dans les Prophéties du dit Crespin. On ne peut s’empêcher de faire un rapprochement entre ce quatrain et un passage, situé à la fin de la « Préface » que Nostradamus consacre à la période allant jusqu’à l’an 1570, et qui fait suite à son épitre à Pie IV. En fait, l’ensemble ne va guère au-delà de 1567, comme d’ailleurs son almanach. Il faudrait vérifier si le dit almanach fait écho à de telles prédictions apocalyptiques.
« Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’Avril naistra un (sic) de quelque grand Roy et monarque, qui fera sa fin cruelle et sanguinolente mais la ruine de son régne oncques ne fut pire ne plus sanguinaire. On le nommera MARCELLINUS mais on lui ostera de son nom l’R.’ »
Si on enlève, le R de Marcellinus, on arrive à macellinus, ce qui nous renvoie à « macelin », boucher, Ce qui est à rapprocher du quatrain VIII 76 : En latin, le macellum est le « marché aux viandes » Le quatrain ne restitue pas le jeu de mots et ne fait sens que par référence au texte en prose.
« Plus macelin que roi en Angleterre
Lieu obscur nay par force aura l’empire
Lasche sans foy, sans loy saignera terre
Son temps s’approche si pres que je souspire »
Ce quatrain est souvent utilisé pour qualifier Cromwell (Garencières, 1672) et plus tard Napoléon..
On trouve le premier vers chez Crespin :
« A la maison de monsieur de Cursol
Plus macelin que roy en Angleterre, lieu obscur nay par force aura l’empire, froid, siccite, danger vers les frontières, mesmes où l’oracle a pris commencement »
On trouve le mot « boucherie » dans l’almanach de Nostradamus pour 1565 :
« L’oracle qui est en apres présage de merveilleux ?????as par la mort de plusieurs par la inenarrable cruauté d’un qui sera cause d’une grande boucherie »
Nous pensons que Nostradamus a fait un jeu de mot, il est passé de boucher, macelin, à Marcellinus.
Dans les années 1560, un ouvrage joue un rôle important, sous le nom de
Livre merveilleux contenant en brief la fleur et substance de plusieurs traictiez tant des Propheties et revelations qu’anciennes Chroniques, ouvrage lié au nom de Telesphore de Cosenze.[11]. et qui porte un nom très proche de celui qui sera associé au Mirabilis Liber, alors qu’il ne faut pas confondre les deux recueils de « prophéties et révélations »
On y parle de Satan « mis hors de prison ». et qui va régner un temps mais « en l’an 1569, la terre changera de seigneur » (In Prophétie de l’abbé de Cambrézy, trouvée en un vieil exeplaire,laquelle commence au regne du Roy François, à la fin du recueil, Fol 52 verso). Certaines éditions portent l’année 1566 en page de titre. Par la suite, l’ouvrage sera doté d’une annexe lui permettant d’être en prise sur les années 1580.
- Barozzi cite littéralement et mot à mot le passage de Nostradamus concernant un avenir très proche, puisque son texte parait en 1566, en le reprenant d’une traduction italienne parue depuis peu et dont a conservé plusieurs éditions :
« L’anno 1567 nel mese d’April nascera un di cualche gran Re & Monarcha (..) & si chiamera Marcellino ma sara levato dal suo nome la R. »
Barozzi pense qu’il doit s’agir d’un Antéchrist « tutto contrario » au Christ
Il est étonnant que l’on n’ait pas fait le rapprochement avec le quatrain VIII 76, du fait de ce mot Macelin si particulier en français. Il est clair que Barozzi n’a pas connaissance, à l’époque, des Centuries et pour cause.
Epilogue
On nous dit que l’almanach de Nostradamus pour 1567 est introuvable bien qu’il ait été réédité – on en connait actuellement la seule page de titre, au début du XXe siècle. Heureusement, nous disposons de sa traduction imprimée en italien
Almanach per l’anno DMLXVII composto per M. Michele Nostradamo Monte Regale; conservé à Cracovie (Pologne), daté du 15 juin 1566.
C’est la continuation du programme de 1563 qui devait couvrir jusqu’en 1570- en fait il n’était pas allé plus loin que 1567. Cette fois, Nostradamus a en vue les années 1567, 1568 & 1569/1570/.
On aura compris que selon nous, un certain nombre de quatrains des centuries sont composés à partir de prédictions en prose de Nostradamus et que cela ne se limite pas aux seuls quatrains des almanachs. En ce sens, Nostradamus serait bien l’auteur de quatrains centuriques mais de façon indirecte, c’est à dire que sa terminologie se serait maintenue mais non l’agencement de son discours.
En ce qui concerne les épitres en prose figurant en tête des deux premiers « livrets », nous relèverons deux points.
En ce qui concerne la Préface à César, le mot Préface pourrait se référer à l’almanach pour 1562, où ce mot figure à deux reprises. Que penser, par ailleurs, de ce passage (p. 138) « J’ai réservé à cette calculation et autres présages pour un petit opuscule apart où plus amplement j’ay mis par escrit ses significations « ? Ailleurs : « comme plus à plein je déclareray à la préface du présent présage »
On rapprochera ces extraits de la fin de la Préface à César qui pourrait en dériver : « comme plus à plein i’ay rédigé par escrit aux miennes autres prophéties » et « espérant toy déclarer une chacune prophétie des quatrains ici mis ». Il est peu probable que les explications annoncées de Nostradamus se limitaient à des séries de quatrains. A l’évidence, Nostradamus, comme le montre l’almanach, dans sa version complète, pour 1562, nous montre au contraire un homme qui entend se faire comprendre sans détour.
En ce qui concerne l’Epitre à Henri II, nous noterons que dans l’épitre au Pape, ce n’est pas au roi (mort en 1559) mais à la reine mère que Nostradamus déclare transmettre ses recherches : « laquelle préface au commencement de ma calculation je communiquay à la Sérénissime Maiesté de la Royne, Régente du Royaume, monarque d’incomparable débonnairité «
Entendez par « préface » non pas l’épitre qui justement la précède et l’annonce mais une présentation d’ensemble. Nous découvrons un autre visage de Nostradamus, qui n’est celui du poéte qui se cache derrière un certain hermétisme se prétant à toutes les lectures, ni celui de l’astrologue ne considérant que l’année qui vient. A partir des années 1560, c’est un Nostradamus qui n’hésite pas à embrasser plusieurs années à la fois- ce qu’il faisait d’ailleurs dans ses consultations (cf Lettres Inédites, intr. J. Dupébe,Droz, 1983) - et à dire les choses de façon assez forte pour que tout le monde comprenne et se prépare. La connaissance des textes en prose est d’autant plus importante qu’elle sous-tend littéralement les quatrains qui en sont issus/
Quant à Crespin, peut-être a-t-il eu accès aux traductions italiennes du manuscrit, lui qui semble assez fortement marqué par l’Italie. Ainsi sa Pronostication générale est située en la cité de Messsine, Sicile , au 17 juin 1572. Mais quand il emprunte aux Prédictions pour 1562, cela ne peut se faire qu’en ayant eu accés au dit manuscrit, ce qui suppose bel et bien une proximité avec le cercle restreint familial et les documents dont le testament de 1566 leur a confié la garde »
On notera que même si certains n’ont pas eu accés à l’édition « Mariebourg » du début du siècle dernier, comme Benazra, il leur restait la possibilité d’en prendre connaissance par le biais des traductions italiennes. Reprenons ce passage de notre étude de 2012 :
-« Barozzi cite littéralement et mot à mot le passage de Nostradamus concernant un avenir très proche, puisque son texte parait en 1566, en le reprenant d’une traduction italienne parue depuis peu et dont a conservé plusieurs éditions :
« L’anno 1567 nel mese d’April nascera un di cualche gran Re & Monarcha (..) & si chiamera Marcellino ma sara levato dal suo nome la R. »
Barozzi pense qu’il doit s’agir d’un Antéchrist « tutto contrario » au Christ
Il est étonnant que l’on n’ait pas fait le rapprochement avec le quatrain VIII 76, du fait de ce mot Macelin si particulier en français. Il est clair que Barozzi n’a pas connaissance, à l’époque, des Centuries et pour cause »Il ne connait la forme « macelin » ni par VIII 76 mais bien du fait de l’Epitre de Nostradamus au Pape.
Reste la question du premier vers qui se retrouve chez Crespin (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat, 2002):
« A la maison de monsieur de Cursol
Plus macelin que roy en Angleterre, lieu obscur nay par force aura l’empire, froid, siccite, danger vers les frontières, mesmes où l’oracle a pris commencement » à rapprocher du quatrain centurique en ce qui concerne les deux premiers versets.
« Plus macelin que roi en Angleterre
Lieu obscur nay par force aura l’empire
Lasche sans foy, sans loy saignera terre
Son temps s’approche si pres que je souspire »
On admettra que le quatrain du moins en sa première moitié aura été repris de Crespin et non point directement de l’Epitre à Pie IV. Quant à Crespin, il a bien fallu qu’il se serve de la dite Epitre de Nostradamus à Pie IV que ce soit en français ou en italien, ce qui montre la complexité de la relation entre Crespin et Nostradamus. Certes, on aura repris des éléments de Crespin pour fabriquer certains quatrains mais Crespin lui-même avait déjà emprunté à Nostradamus, non pas en ce qui concerne ses centuries mais pour ce qui est de son épitre au Pape. Nous avions rassemblé tous les éléments du puzzle mais n’étions pas encore parvenu à l’assembler correctement et une fois de plus, il nous est revenu de le faire puisque d’autres chercheurs n’ont pas su profiter en temps utile des pièces du dossier qui leur avait été fourni, il y aura 20 ans dans quelques mois.
Revenons à ce propos sur le premier élément fourni il y a 30 ans dans le Bulletin Réforme Humanisme Renaissance (n°33) : « Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus(1561) » que ni Chomarat ni Benazra n’avaient répertoriées dans leurs bibliographies de 1989 et 1990, où nous reproduisons en fac simile des pages des traductions italiennes (tous conservés à la BNF) et pas moins de trois pages de titre en cette langue :
Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo quale principiando l’anno MLXV etc (..) diligentemente estratti dall Originali francesi, dont Nostradamus fut lui-même l’éditeur et pas seulement l’auteur -comme l’indique la page de titre » Michele Nostradamo Medico di Salon de Craux in provensa Alla Santita di Papa Pio IIII(..)Con privilegio del Re & di S.S.
Ce document est probablement le plus remarquable puisqu’il atteste de l’initiative même de Nostradamus, peu avant sa mort, pour rayonner hors de France avec un privilége du pape.
Pronostico universale( …) raccolto dalli Presagi, del Divino Michel Nostradamo, Bologne 1566 de Francesco Barozzi,
Vero Pronostico calcolato dall Eccelentissimo astrologo (…) M. Michel Nostradamo Francese Il qual narra diligentemente le perverse calamita che deve incorrerera l’anno 1566, Bologne, Alessandro Benatio, 1566
Nous reproduisons à titre de curiosité quatre notices de la BNF puisque la BNF a mieux conservé les éditions italiennes que françaises de la production de Nostradamus de son vivant. Force est de constater que la recherche aura subi les conséquences de l’obstacle linguistique et que ces textes n’auront pas été sérieusement traités avant notre étude de 1991.
Auteur(s) : Nostradamus (1503-1566) Voir les notices liées en tant qu'auteur
Titre(s) : Il Vero Pronostico calcolato dall' eccellmo astrologo et filosofo M. Michel Nostradamo Francese, il qual narra diligentemente tutte le perverse calamità, che deve incorrere l'anno 1566... [Texte imprimé]
Publication : In Bologna : per Alessandro Benatio, 1566
Description matérielle : In-4° , 4 ff., fig. au titre, notes mss.
Notice n° : FRBNF31025934
Barozzi, Francesco (1537-1604)
Pronostico universale di tutto il mondo, il qual comincia dal principio dell' anno 1565 e finisce al principio dell'anno 1570, raccolto dalli "Presagi" del divino Michiele Nostradamo et dalli pronostici di molti altri eccellentissimi autori... per M. Francesco Barozzi,...
libraria del "Mercurio"
Livres
Consultable sur Gallica
2 1564
Nostradamus (1503-1566)
Li Presagi et pronostici di M. Michele Nostradamo, quale principiando l'anno M.D.LXV. diligentemente discorrendo di anno in anno fino al 1570... Diligentemente estratti dalli ori-ginali francesi, nella nostra italica lingua...
Livres
3 1565
Nostradamus (1503-1566)
Li presagi et pronostici di M. Michele Nostradamo Francese , quale principiano l'anno M.D.LXV diligentemente discorendo di anno in anno fino al 1570... diligentemente estratti dalli originali francesi nella nostra italiana lingua...
Livres
Consultable sur Gallica
Notre article de 1991 est accessible sur :
https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1991_num_33_1_1808
et résumé sur
https://cour-de-france.fr/histoire-et-fonction/histoire-et-fonctionnement/politique-et-religion/etudes-modernes/article/une-attaque-reformee-oubliee-contre-nostradamus-1561
JHB
02. 07 21
Amalgames autour des idées de dieux et d’hommes
Par Jacques Halbronn
Une grande confusion régne présentement dès qu’il est question de dieux et/ou d’hommes comme s’il n’y avait qu’une seule catégorie de dieux et/ou d’hommes. Dans le Livre de la Genése, notamment, de quoi s’agit-il ? Et même , il nous faut nous demander s’il est question du même dieu dans les premiers chapitres de ce Livre ?
Pour nous, le dieu du premier chapitre de la Genése est un dieu qui a structuré notre humanité terrestre ainsi que le systéme solaire, ce qui est somme toute fort peu de choses en comparaison de l’immensité de l’Univers. Ce dieu n’est ni le dieu de Spinoza –Deus sive Natura- ni l’homme-dieu en tant que créateur au niveau
mercredi 30 juin 2021
jacques Halbronn Amalgames autour des idées de dieux et d'hommes
Amalgames autour des idées de dieux et d’hommes
Par Jacques Halbronn
Une grande confusion régne présentement dès qu’il est question de dieux et/ou d’hommes comme s’il n’y avait qu’une seule catégorie de dieux et/ou d’hommes. Dans le Livre de la Genése, notamment, de quoi s’agit-il ? Et même , il nous faut nous demander s’il est question du même dieu dans les premiers chapitres de ce Livre ?
Pour nous, le dieu du premier chapitre de la Genése est un dieu qui a structuré notre humanité terrestre ainsi que le systéme solaire, ce qui est somme toute fort peu de choses en comparaison de l’immensité de l’Univers. Ce dieu n’est ni le dieu de Spinoza –Deus sive Natura- ni l’homme-dieu en tant que créateur au niveau artistique, technique, politique. Pour nous Möïse –s’il a existé ou en tout cas ce qu’il représente- tout comme Jésus, appartiennent à ce troisiéme stade qui est celui du « génie », et au prisme de notre anthropocosmologie, du Jupitérien ; D’ailleurs le terme même d’anthropocosmologie met l’accent sur la dualité entre Terre et Ciel
Dans l’Evangile selon Mathieu, on connait ce célébre passage « Que ton régne arrive sur la Ciel comme sur la terre » qui fait écho à Genése I « Dieu créa le Ciel ET la Terre » Toujours cette dualité qui figure dans la Table d’Emeraude.
Selon nous, il y a trois niveaux de divinités, la première qui serait à l’origine de l’Univers dans sa totalité et qui serait à comparer à une plante qui ne cesse de croitre –ce que nous désignerons en hébreu par « Tsémah » pour l’opposer à « Tsélem », que l’on trouve dans Genése I : « à l’image de Dieu », ce qui est fait à sa ressemblance, donc qui reléve d’une toute autre dynamique, mimétique/ Ce deuxième niveau est le moins bien appréhendé , coincé qu’il est entre le « Deus sive natura » de Spinoza et le troisiéme niveau qui est celui de « messies » comme Moise ou Jésus, qui sont des Jupitériens capables de subvertir les anciennes coutumes que ce soit sur le plan des pratiques, des savoirs.
On évitera de commettre des confusions, par ailleurs, à propos de la notion d’Homme à commencer par l’homme jupitérien (qui s’inscrit dans le troisiéme niveau de divinité) et l’homme saturnien. Ce dernier est à considérer en tant que couple, à l’instar des Chapitres II et III du Livre de la Genése qui voit se créer la femme, la ‘Isha ». Au sein de cette humanité duelle, hommes-femmes-il y a un équilibre à trouver certes mais on ne saurait confondre un tel enjeu avec la dualité Jupiter-Saturne ! si la femme peut se mesurer avec l’homme saturnien, il serait vain qu’elle le tentât avec l’homme jupitérien. Or, l’on ne cesse de confondre ces deux plans. Si l’égalité au sein du couple saturnien fait sens, elle est irrecevable pour le Jupitérien du premier chapitre de la Genése, à la fois masculin et féminin – zakhar /neqéva.
En conclusion, il importe de corriger deux erreurs : celle de confondre Jupiter et Saturne, d’une part et de l’autre l’homme jupitérien et le dieu « jardinier » qui aménagea notre binome Ciel et Terre. Pour nous Jésus appartient au troisiéme type. Ni plus ni moins/. Et en ce sens, il est le prototype du Jupitérien, c’est-à-dire du « Juste » (Tsadiq) au sens du dialogue entre Dieu et Abraham au sujet du sort de Sodome (Genése xV) Et Jésus aura bel et bien été victime du « peuple » saturnien en précisant que les Jupitériens n’appartiennent pas au « peuple ». dont ils ont la charge de le libérer de ses chaines.
JHB
30 06 21
JHB
30 06 21
mardi 29 juin 2021
Jacques Halbronn Trente ans après . Sur son étude "Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus"(1991)
Trente ans après « Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus »
Par jacques Halbronn
Il y a 30 ans paraissait une étude consacrée à un texte non recensé dans les bibliographies de Chomarat et de Benazra qui venaient de paraitre. La contrepronostication, ouvrage que nous avions découvert dans les fichiers non encore informatisés du site Richelieu de la BNF. Notre étude « Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561) «
Réforme, Humanisme, Renaissance Année 1991 33 pp. 43-72 accordait la plus grande importance aux épitres que Michel de Nostredame adressa au début des années 1560 au pape Pie IV.
Or, dans une étude parue sur son site du CUA
CORPUS NOSTRADAMUS 181 « Les publications de l'année 1561 pour l'an 1562 »,Patrice Guinard ne mentionne (en 2014 ni en 2020, dans sa mise à jour) ni notre article ni le texte auquel il lui est consacré tout en reproduisant un ensemble de textes et de pages de titre qui figuraient déjà dans le dit article de 1991 pourtant tout à fait accessibme et signalé sur les moteurs de recherche et l’on découvre que notre étude bien signalée sur « Persée » ; https://www.persee.fr/doc/rhren_0181-6799_1991_num_33_1_1808) aura été largement recensée
Bibliographie internationale de lH̀umanisme et de la Renaissance
https://books.google.fr › books
1996
2655 HALBRONN ( Jacques ) , Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus ( 1561 ) , in R.H.R. , XVII ( 1991 ) , n ° 33 , p.43-72 , fac - sim . , bibliogr .
Bibliographie Internationale de l''Humanisme et de la ...
https://books.google.fr › books
1995
1448 HALBRONN ( Jacques ) , Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus ( 1561 ) , in RHR , 33 ( 1991 ) , p.43-72 . 1449 MANOLESCO ( Ionela ) ...
Storie di libri e tradizioni manoscritte dall’Antichità ...
https://books.google.fr › books
Cecilia Mussini, Stefano Rocchi, Giovanni Cascio • 2018 • Books
114–132 Halbronn, Jacques (1991): “Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561)”, in: Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, ...
Bibliographie Nostradamus – Valorisation du patrimoine et ...
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1.
GERSON, S., Nostradamus, le prophète de nos malheurs XVI-XXI, Paris, Tallandier, 2012; HALBRONN, J., Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus ...
Jacques Halbronn Les modes de validation des faussaires, Les faux ...
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jacques halbronn Sur les derniers avis de Patrice Guinard quant au ...
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Analyse nostradamienne : Avatars du centurocentrisme et du ...
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1.
“Mr. Halbronn pense que le quatrain X, 18 des Prophéties, qui commence par ce vers ... L'année suivante, une attaque contre Ronsard, devenu fervent partisan des ... 6 Cf. “Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561)”, Réforme, ...
Analyse nostradamienne : Les épîtres nostradamiques, leur ...
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1.
par Jacques Halbronn ... En 1991, quand nous avons publié notre article, “Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561)” dans Réforme ...
Thèse de Jacques Halbronn : Bibliographie des études sur le ...
http://ramkat.free.fr › thalbb
1.
2.
-Benazra, R. (1993), Intr. à la réédition des Prophéties de Nostradamus de 1557, ... -Halbronn, J. (1991.3), “Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus ...
Analyse nostradamienne : Réponse aux observations parues dans ...
http://ramkat.free.fr › nhalb27
1.
1 - Un faux almanach de Nostradamus paru sous la Ligue ... Notre recherche nostradamologique - collaboration Halbronn - Van Berkel - a conduit ... période, notre étude “Une attaque réformée ou-bliée contre Nostradamus (1561)”, Réforme, ...
Researches 51-60 - Mario Freedom's ...
http://www.propheties.it › Researches51-60
1.
par Jacques Halbronn. A examiner le corpus centurique, on a parfois l'impression que Nostradamus n'est jamais mort. ... (cf. notre article dans la revue RHR, °33 « Une attaque réfor-mée oubliée contre Nostradamus », datant de 1561.). A la fin ...
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1.
L'attaque des cháteaux de Thuin el de Mirwart par l'éveque de Liege Adolphe de ... Une attaque réforme oublie contre Nostradamus • Halbronn, Jacques E..
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Plus étonnant, nous trouvons sur le site du CURA une étude de Robert Benazra qui mentionne notre étude sans que Guinard en ait pour autant pris connaissance !
Les Pronostications et Almanachs de Michel Nos-tradamus avec une note de Patrice Guinard :
Note P.G.: Ce texte de l'auteur du "Répertoire Chronologique Nostradamique" (Paris, Trédaniel et La Grande Conjonction, 1990) pourra être complété et au besoin corrigé par les études de la section "Almanachs & Pronostications" du Corpus Nostradamus, et comme la recherche avance, voir mon bilan d'octobre 2014..
On ne peut que s’interroger-au bout de trente ans sur l’absence de mention d’un texte que l’on peut juger important, publié par une revue estimée, Réforme Humanisme et Renaissance qui avait publié en 1986 l’étude de Chantal Liaroutzos sur l’emprunt des Centuries à la Guide des Chemins de France et largement signalé dans les travaux de Patrice Guinard d’autant que sa propre publication recoupe largement notre étude évidemment signalée dans notre thèse d’Etat de 1999. On comparera notre étude de 1991 (sur Persée) avec celle de P. Guinard que nous avons signalée pour déterminer sur la dite étude aura été utilisée- malgré son silence- par Guinard ou bien si le fait de ne pas y recourir a pu hypothéqué sa publication.
Trente ans après, il est clair que nous pourrions apporter des éclairages supplémentaires notamment sur l’usage de certains passages des épitres au Pape que l’on retrouve dans tel ou tel quatrain des éditions centuriques (cf notre post doctorat soutenu en 2007, il y aura donc bientôt 15 ans ; « Le dominicain Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au xVIIe siècle » on le trouve sur SCRIBD_ autour de l’ Eclaircissement des veritables Quatrains de Maistre Michel Nostradamus, Amsterdam(?), 1656, édition dont Guinard ne dit mot dans sa série d’articles du Corpus Nostradamus • Ce post doctorat est signalé dans Wikipedia dans l’article qui nous est consacré.
Signalons notamment notre étude de 2012 sur le site propheties.it
Researches 121-130
121 - Antoine Crespin et le quatrain VIII, 76 Plus Macelin que roy en Angleterre
Par Jacques Halbronn
On sait que l’une des questions lancinantes concernant la genèse des quatrains centuriques tient au fait qu’Antoine Crespin, dans les deux éditions de ses Prophéties dédiées à la nation française et à la puissance divine, y a inscrit un grand nombre d’éléments qui recoupent des quatrains centuriques. Est-ce le signe que Crespin avait, au début des années 1570, eu sous les yeux une édition à 10 cen-turies, puisque les quatrains ainsi concernés se répartissent entre les deux premiers volets de l’ensemble centurique ou bien est ce l’indication que l’on aurait récupéré des textes de Crespin pour confectionner une partie des quatrains répartis entre les dix centuries ?
Il apparait au réexamen d’un manuscrit insuffisamment exploité, dont le collectionneur de nostra-damica Daniel Ruzo avait une copie, à savoir Les praedictions de l’almanach de l’an 1562, 1563 et 1564 (sic), daté du 20 avril 1561 repris dans une Reproduction très fidèle d’un manuscrit inédit (sic) de M. de Nostredame, dédié à S. S. le Pape Pie IV, Marienbourg, 1906. Robert Amadou s’est for-tement intéressé au document dont il s’agit ici[10] dans une annexe de son « dossier » L’astrologie de Nostradamus’, Poissy, ARRC, 1992 (pp. 402-413) sous le titre « Nostradamus au Pape Pie IV. Lettre ouverte (1561) »
Pour Robert Amadou, cette épitre-préface au Pape, en italien, est apocryphe : « Nous tenons pour apocryphe le texte, différent des deux précédents, d’une prétendue lettre de Nostradamus à Pie IV qui n’existe plus qu’en traduction italienne » . Amadou n’a pas vu qu’il ne s’agissait pas de l’épitre mais de la Préface, tronquée, qui lui fait suite...
Quant à Robert Benazra il passe à côté de la « Préface », coincée entre l’épitre au pape et les prédic-tions pour 1562 (Les pronostications et almanachs de Michel Nostradamus, site CURA) :
« Le XVIe siècle nous a transmis un manuscrit en français comportant plusieurs passages auto-graphes de Nostradamus Les Praedictions de l'almanach de l'an 1562, 1563 et 1564 par M. Michel de Nostre dame Docteur en medicine. Faciebat M. Nostradamus. Salonae petreae provinciae. XX Aprilis 1561. Cette copie manuscrite de 222 pages est restée inédite. Les Prédictions sont dédiées au Pape Pie IV dans une épître, datée de "Salon de Craux en Prouence, ce XX avril 1561". Malgré son titre, l'ouvrage porte essentiellement sur l'année 1562, avec quelques anticipations pour les années suivantes. Il ne semble pas que ce manuscrit destiné au pape lui fut envoyé, car on remarque dans le texte de nombreux espaces blancs, prouvant que Nostradamus n'avait pas entièrement revu son texte. On sait effectivement que le secrétaire de Nostradamus laissait des espaces blancs, à remplir plus tard, quand il n'arrivait pas à lire le texte original. Les troubles du printemps 1561 à Salon et la fuite de Nostradamus à Avignon expliquent sans doute ces particularités. » Or, la fortune de l’ouvrage en Italie précisément pour des années ultérieures prouve qu’il n’en est rien.
L’éditeur du manuscrit qui, lui, a compris, le lien entre le texte français et le texte italien, écrit en marge « Macelin Boucher, v . Barozzi 1566, fol.. 9 verso », ce qui est pertinent puisque le manuscrit en question a été traduit, du moins partiellement, en italien, en ce qui concerne la fin de la « Préface », et que Francesco Barozzi en a fait un commentaire dans ses Annotationi au chapitre V de son Pronostico Universale, Bologne, 1566.(BNF V 1193) « Delli horibili specttacoli & avenimenti dell’anno 1567.
On prendra pour exemple le cas du quatrain VIII 76 dont certains éléments se trouvent dans les Prophéties du dit Crespin. On ne peut s’empêcher de faire un rapprochement entre ce quatrain et un passage, situé à la fin de la « Préface » que Nostradamus consacre à la période allant jusqu’à l’an 1570, et qui fait suite à son épitre à Pie IV. En fait, l’ensemble ne va guère au-delà de 1567, comme d’ailleurs son almanach. Il faudrait vérifier si le dit almanach fait écho à de telles prédictions apoca-lyptiques.
« Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’Avril naistra un (sic) de quelque grand Roy et monarque, qui fera sa fin cruelle et sanguinolente mais la ruine de son régne oncques ne fut pire ne plus sanguinaire. On le nommera MARCELLINUS mais on lui ostera de son nom l’R.’ »
Si on enlève, le R de Marcellinus, on arrive à macellinus, ce qui nous renvoie à « macelin », boucher, Ce qui est à rapprocher du quatrain VIII 76 : En latin, le macellum est le « marché aux viandes » Le quatrain ne restitue pas le jeu de mots et ne fait sens que par référence au texte en prose.
« Plus macelin que roi en Angleterre
Lieu obscur nay par force aura l’empire
Lasche sans foy, sans loy saignera terre
Son temps s’approche si pres que je souspire »
Ce quatrain est souvent utilisé pour qualifier Cromwell (Garencières, 1672) et plus tard Napoléon..
On trouve le premier vers chez Crespin :
« A la maison de monsieur de Cursol
Plus macelin que roy en Angleterre, lieu obscur nay par force aura l’empire, froid, siccite, danger vers les frontières, mesmes où l’oracle a pris commencement »
On trouve le mot « boucherie » dans l’almanach de Nostradamus pour 1565 :
« L’oracle qui est en apres présage de merveilleux ?????as par la mort de plusieurs par la inenarrable cruauté d’un qui sera cause d’une grande boucherie »
Nous pensons que Nostradamus a fait un jeu de mot, il est passé de boucher, macelin, à Marcellinus.
Dans les années 1560, un ouvrage joue un rôle important, sous le nom de
Livre merveilleux contenant en brief la fleur et substance de plusieurs traictiez tant des Propheties et revelations qu’anciennes Chroniques, ouvrage lié au nom de Telesphore de Cosenze.[11]. et qui porte un nom très proche de celui qui sera associé au Mirabilis Liber, alors qu’il ne faut pas con-fondre les deux recueils de « prophéties et révélations »
On y parle de Satan « mis hors de prison ». et qui va régner un temps mais « en l’an 1569, la terre changera de seigneur » (In Prophétie de l’abbé de Cambrézy, trouvée en un vieil exeplaire,laquelle commence au regne du Roy François, à la fin du recueil, Fol 52 verso). Certaines éditions portent l’année 1566 en page de titre. Par la suite, l’ouvrage sera doté d’une annexe lui permettant d’être en prise sur les années 1580.
- Barozzi cite littéralement et mot à mot le passage de Nostradamus concernant un avenir très proche, puisque son texte parait en 1566, en le reprenant d’une traduction italienne parue depuis peu et dont a conservé plusieurs éditions :
« L’anno 1567 nel mese d’April nascera un di cualche gran Re & Monarcha (..) & si chiamera Mar-cellino ma sara levato dal suo nome la R. »
Barozzi pense qu’il doit s’agir d’un Antéchrist « tutto contrario » au Christ
Il est étonnant que l’on n’ait pas fait le rapprochement avec le quatrain VIII 76, du fait de ce mot Macelin si particulier en français. Il est clair que Barozzi n’a pas connaissance, à l’époque, des Cen-turies et pour cause.
Epilogue
On nous dit que l’almanach de Nostradamus pour 1567 est introuvable bien qu’il ait été réédité – on en connait actuellement la seule page de titre, au début du XXe siècle. Heureusement, nous dispo-sons de sa traduction imprimée en italien
Almanach per l’anno DMLXVII composto per M. Michele Nostradamo Monte Regale; conservé à Cracovie (Pologne), daté du 15 juin 1566.
C’est la continuation du programme de 1563 qui devait couvrir jusqu’en 1570- en fait il n’était pas allé plus loin que 1567. Cette fois, Nostradamus a en vue les années 1567, 1568 & 1569/1570/.
On aura compris que selon nous, un certain nombre de quatrains des centuries sont composés à partir de prédictions en prose de Nostradamus et que cela ne se limite pas aux seuls quatrains des al-manachs. En ce sens, Nostradamus serait bien l’auteur de quatrains centuriques mais de façon indi-recte, c’est à dire que sa terminologie se serait maintenue mais non l’agencement de son discours.
En ce qui concerne les épitres en prose figurant en tête des deux premiers « livrets », nous relèverons deux points.
En ce qui concerne la Préface à César, le mot Préface pourrait se référer à l’almanach pour 1562, où ce mot figure à deux reprises. Que penser, par ailleurs, de ce passage (p. 138) « J’ai réservé à cette calculation et autres présages pour un petit opuscule apart où plus amplement j’ay mis par escrit ses significations « ? Ailleurs : « comme plus à plein je déclareray à la préface du présent présage »
On rapprochera ces extraits de la fin de la Préface à César qui pourrait en dériver : « comme plus à plein i’ay rédigé par escrit aux miennes autres prophéties » et « espérant toy déclarer une chacune prophétie des quatrains ici mis ». Il est peu probable que les explications annoncées de Nostradamus se limitaient à des séries de quatrains. A l’évidence, Nostradamus, comme le montre l’almanach, dans sa version complète, pour 1562, nous montre au contraire un homme qui entend se faire com-prendre sans détour.
En ce qui concerne l’Epitre à Henri II, nous noterons que dans l’épitre au Pape, ce n’est pas au roi (mort en 1559) mais à la reine mère que Nostradamus déclare transmettre ses recherches : « laquelle préface au commencement de ma calculation je communiquay à la Sérénissime Maiesté de la Royne, Régente du Royaume, monarque d’incomparable débonnairité «
Entendez par « préface » non pas l’épitre qui justement la précède et l’annonce mais une présenta-tion d’ensemble. Nous découvrons un autre visage de Nostradamus, qui n’est celui du poéte qui se cache derrière un certain hermétisme se prétant à toutes les lectures, ni celui de l’astrologue ne con-sidérant que l’année qui vient. A partir des années 1560, c’est un Nostradamus qui n’hésite pas à embrasser plusieurs années à la fois- ce qu’il faisait d’ailleurs dans ses consultations (cf Lettres Iné-dites, intr. J. Dupébe,Droz, 1983) - et à dire les choses de façon assez forte pour que tout le monde comprenne et se prépare. La connaissance des textes en prose est d’autant plus importante qu’elle sous-tend littéralement les quatrains qui en sont issus/
Quant à Crespin, peut-être a-t-il eu accès aux traductions italiennes du manuscrit, lui qui semble assez fortement marqué par l’Italie. Ainsi sa Pronostication générale est située en la cité de Messsine, Sicile , au 17 juin 1572. Mais quand il emprunte aux Prédictions pour 1562, cela ne peut se faire qu’en ayant eu accés au dit manuscrit, ce qui suppose bel et bien une proximité avec le cercle restreint familial et les documents dont le testament de 1566 leur a confié la garde.
JHB
29. 06 21
dimanche 27 juin 2021
jacques Halbronn Dix ans après.'Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique
Dix ans après « Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique »
Par Jacques Halbronn
En 2011, Gérard Morisse avait fait paraitre, à Bordeaux, dans la Revue Française d’Histoire du Livre un ensemble d’études consacrées au corpus Nostradamus (n° 132) sur environ 150 pages. C’était 4 ans après notre soutenance de postdoctorat à l’Ecole Pratiques des Hautes Etudes intitulé « Le Dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle ». Trois ans plus tôt, le même Gérard Morisse avait publié un travail de Patrice Guinard sur le même corpus dont nous prenions le contre- pied à moins que cela n’ait été le contraire puisque Guinard défendait le dit corpus contre nos critiques.
C’est l’occasion, avec dix années de recul, de faire le point sur l’avancée de nos travaux sur le sujet. Cela dit, en 2013, nous avons mis en ligne toute une série d’études sur le site de Mario Gregorio, Propheties.it. ce qui venait déjà prolonger le dossier de 2011.
Notre principale contribution concerne la notion de « Nostradamus Bis », où nous montrons dans une série de trois articles, mis en ligne notamment sur Nofim.unblog Halbronn, que les contrefaçons sont essentiellement des recyclages de textes parus dans un autre contexte que celui des éditions centuriques. Le cas le plus intéressant est probablement celui de la Préface à César et de la parodie qu’en fit en 1556 Antoine Couillard Du Pavillon. Le probléme du Recueil des Présages Prosaiques, édité en 1999 par Bernard Chevignard (ed Seuil) tient au fait qu’il ne comporte ni les Préfaces, ni les développements techniques. Or, nous pensons que l’une des publications annuelles de 1555 devait comporter une Préface de Nostradamus à son fils, César, qui venait de naitre. La même équivoque pour l’Epitre à Henri II mais cette fois nous disposons de l’exemplaire concerné que nous avons reproduit en 2002 dans nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus » (Ed Ramkat). Il s’agit des Présages Merveilleux pour 1557 dont le titre même mentionne une Epitre au Roi mais celle-ci est datée de 1556 et non de 1558 Déjà en 1982, Daniel Ruzo, dans le Testament de Nostradamus, avait fourni la reproduction de certaines donnnées et d’ailleurs c’est de lui (ou de sa veuve), envoyés depuis le Mexique, que nous avions obtenu les documents.reproduits en 2002. Mais apparemment, les chercheurs n’avaient pas daigné en tenir comote.
Un autre paramétre qui aura contribué à brouiller les pistes est le recyclage de quatrains imités de ceux des almanachs de Nostradamus et notamment ceux que l’on trouve chez un autre Antoine, Antoine Crespin. En 2002, nous en étions encore à penser que Crespin avait pillé les Centuries pour sa
propre production. Mais, désormais, il est clair que c’est l’inverse qui s’est produit à savoir que les faussaires auront récupéré les textes de Crespin pour fabriquer des Centuries de quatrains.
Enfin, il apparait que ce n’est qu’au début des années 1590 que va émerger le second volet des Centuries,. Alors que pour le premier volet, nous disposons d’éditions successives entre 1588 et 1590, en ce qui concerne le second volet, on ne dispose que d’une seule et unique mouture de 300 quatrains. La thèse selon laquelle le second volet serait déjà paru en 1568 est absolument indéfendable malgré le zéle d’un Patrice Guinard..
Une pièce manque à notre documentation, bien que décrite par Ruzo, c’est une édition de 1588 dont on ignore ce qu’elle a pu devenir ; Or, la question qui se pose à son sujet est celle de la numérotation des quatrains de ce qui est probablement la toute première édition centurique authentique. Cela permettrait notamment de montrer que le texte de 1570 sur l’Androgyn qui a la particularité insigne de désigner le numéro du quatrain signalé et bien entendu la Centurie, est un un faux antidaté tout à fait anachronique.
Insistons enfin , une fois de plus, sur les preuves iconographiques, à savoir que les vignettes utilisées pour fabriquer les éditions lyonnaises 1555 (à 4 centuries) et 1557 (à 7 centuries) sont prises d’almanachs pirates parus du vivant de Nostradamus, au début des années 1560 (notamment chez Barbe Regnault) dont les vignettes différaient sensiblement de celles des almanachs officiels de Michel de Nostredame. Enfin, il importe d’accorder la plus grande attention à tout ce que Nostradamus a envoyé au pape Pie IV, à partir de 1562 et dont on a notamment des traductions italiennes. Nous disposons d’une réédition du début du XXe siècle d’un tel corpus, conservé à la Réserve Bibliothèque de Lyon La Part Dieu et que nous mettrons prochainement en ligne. Dans ce dossier, Nostradamus fait des prévisions pour 1566-67 autour d’un personnage qu’il appelle Marcelin et qui a une dimension antéchristique. Ce Marcelin se retrouve dans un quatrain des Cenruries en « Macelin ».
JHB
26 06 21
samedi 26 juin 2021
Jacques Halbronn La dimension anthropocosmologique de l'Astrologie Mondiale des Grandes Conjonctions
La dimension anthropocosmologique de l’Astrologie Mondiale des Grandes Conjonctions
Par Jacques Halbronn
Dans notre thèse de 3e cycle en Etudes Orientales (1979 Paris III EPHE Ve section, parue en 1985 sous le titre « Le Monde Juif et l’Astrologie » (Ed Arché, Milan), nous avons consacré un de nos trois volets, à Abraham Bar Hiyya et à Abraham Ibn Ezra et si le second est bien connu, il semble que le premier ait été négligé par certains historiens de l’astrologie des Conjonctions Jupiter Saturne . On pense notamment à Denis Labouré dans son récent ouvrage « Astrologie et Religion au Moyen Age ». qui ne mentionne d’ailleurs pas notre thèse dont le titre initial était La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age espagnol (cf Le Monde Juif, pp. 139 et seq). En fait, Labouré semble vouloir ignorer la contribution juive à l’Histoire de l’Astrologie Mondiale en se focalisant sur l’apport des astrologues musulmans, suivant en cela Richard Lemay (Abu Mashar, Beyrouth, 1962)
On retiendra qu’un certain consensus existait pour fixer une échéance importante pour la fin du XVe siècle (LE RECOURS AU LANGAGE ASTROLOGIQUE DANS. LA FORMULATION DE LA PENSEE JUIVE AU MOYEN AGE. par JACQUES HALBRONN Commmunication congrès SIEPM ; Bonn, 1980), et force est de constater que des changements majeurs eurent lieu à cette époque (Réforme, Grandes Découvertes, intégration des Juifs dans la culture occidentale etc)
Nous pensons utile de mettre en perspective cette théorie des Grandes Conjonctions par rapport à l’Histoire de l’Astrologie Mondiale au XXe siècle. D’aucuns nous reprocheront de nous intéresser à la modernité de l’astrologie mais celle-ci éclaire rétrospectivement les siècles antérieurs.
C’est ainsi que l’on ne met pas suffisamment l’accent sur l’importance accordée par la dite théorie au zodiaque en se focalisant sur les planètes. Il est vrai qu’au prisme de l’astronomie, les configurations astrales offrent une réalité « scientifique » plus évidente que le cycle des saisons et notamment les équinoxes et les solstices dont on serait tenté de penser que cette référence reléve du métalangage astronomique. Albumasar, en tout cas, n’aurait pas songé à déconnecter les dites conjonctions des signes qui les accueillaient ou en tout cas des Eléments auxquels les dits signes appartenaient : Feu, Terre, Air, Eau – ce qu’on nomme Triplicités puisque chaque Elément regroupe 3 signes formant un triangle. On peut certes avoir des doutes sur la pertinence d’un tel classement et d’une telle répartition mais ce que nous retiendrons, c’est la dialectique structurelle entre cycle planétaire et cycle saisonnier (tropique). C’est cette dialectique qu’André Barbault dans ses travaux en astrologie « mondiale ». Il n’aura retenu que l’idée de conjonction entre deux planétes en évacuant le référentiel saisonnier, à savoir à quel endroit de l’écliptique la rencontre avait lieu, ce qui lui permettait d’espèrer d’être mieux vu par les astronomes, comme on l’a expliqué plus haut.
C’est bien là une question majeure pour la pensée astrologique que d’intégrer ou non une telle dialectique que nous qualifierons d’anthropo-cosmologique, c’est-à-dire connectant phénoménes terrestres et célestes, ce qui nous renvoie évidemment à une forme de géocentrisme, d’anthropocentrisme.
Pour notre part – car notre démarche d’historien n’exclue pas, en ce qui nous concerne, notre propre recherche dans le domaine en question- nous pensons que la recherche doit commencer par noter si certains événements ou séries d’événements n’ont pas lieu dans les mêmes régions de l’écliptique (cf notre Astrologie selon Saturne, ed La grande conjonction, 1994) et ce n’est que dans un deuxiéme temps qu’il conviendrait de déterminer quels sont les facteurs qui ont pu impacter les zones en question, ce qui est d’ailleurs assez secondaire, à un premier niveau. Que nous importe, en effet, si telle ou telle configuration astrale avait lieu dans les- dites zones, ce qui compte n’’est-il pas que ces zones soient bel et bien circonscrites. On pourrait certes qualifier d’empirique une telle méthodologie mais cela évite d’inverser la démarche en partant du cosmos pour aller vers l’anthropos au lieu du contraire. En effet, le cosmos englobe toutes sortes de facteurs et de combinatoires, d’aspects entre planétes sans oublier les étoiles fixes, les constellations - alors que l’anthropos se contente de noter que certaines zones de l’écliptique sont particulièrement sensibles. Avec Barbault, on est en présence d’une astrologie « hors sol » qu’il s’agisse de la conjonction Saturne-Neptune ou de l’indice cyclique (cf Le Pronostic Expérimental en astrologie, Paris, Payot, 1973).
Rappelons que chez Albumasar, tout son systéme repose sur le passage périodique d’une triplicité élémentaire à une autre. Pour notre part, nous observons plutôt le passage sur les axes équinoxiaux et solsticiaux, ce qui reléve des quadruplicités – les signes dits cardinaux- et non des triplicités. Notons que les triplicités s’articulent sur les trigones et les quadruplicités sur les carrés et les opositions.
Cela dit, nous comprenons qu’une astrologie liée au cycle des saisons puissent faire probléme car les dits axes ne sont pas matérialisés par astres repérables. Que peut signifier en effet le passage d’une planéte sur l’ axe équinoxial ? On peut à la rigueur préférer une configuration entre une planéte et une étoile fixe. Or,qu’est ce qui a permis de découvrir la précession des équinoxes, n’est ce pas le fait de noter l’étoile fixe correspondant aux dites équinoxes et notamment à celui de printemps dans l’hémisphère nord ? Cela prouve bien que la pratique de connecter les équinoxes avec des étoiles fixes a été établie de longue date. (cf les textes de l’astrologue britannique William J. Tucker). On voit qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre zodiaque saisonnier et étoiles fixes, contrairement à ce que pensent les astrologues dits « sidéralistes ».
En refusant d’ancrer l’astrologie planétaire sur le cycle saisonnier – sous une forme ou sous une autre- André Barbault- et ceux qu’il entraina derrière lui allait se priver ipso facto d’une méthodologie valable comme celle décrite plus haut, commençant par relever les zones de l’écliptique impactées par telle série d’événements du même ordre, au regard de l’anthropologie.
Si l’on prend le cas des Deux Guerres Mondiales, note Barbault (cf Les astres et l’Histoire, Paris, Pauvert, 1967), on remarque des « amas » planétaires (planetarium), du fait d’une non « répartition » (cf Dictionnaire de Gouchon) égale des planétes, lors de ces moments historiques. Mais Barbault tombe alors dans l’excés inverse, à savoir que cette notion de « concentration » planétaire (de Jupiter jusqu’à Pluton en un seul et même graphique ) ne comporte aucune cyclicité régulière, ce qui est le propre de l’analyse astronomique du systéme solaire et par ailleurs, les régions zodiacales impactées dans les deux cas ne relévent pas davantage d’une quelconque cyclicité saisonnière.
JHB
26. 06 21
vendredi 25 juin 2021
jacques Halbronn Benoist Rigaud et le second volet des Centuries, dans le camp d'Henri de Navarre
Benoist Rigaud et le second volet des Centuries, dans le camp d’Henri de Navarre.
Par Jacques Halbronn
En 1997, nous avions montré (les prophétie et la Ligue, Colloque Prophétes et Prophéties, Ed de l’ENS) que le premier volet des Centuries nostradamiques, était marqué par une hostilité à l’encontre du camp d’Henri de Navarre, autour du quatrain IV, 46 , qui avait été rajouté en 1589,
« Garde-toi Tours de ta proche ruine », Tours étant la capitale du camp en question qu’avait rejointe Henri III, peu avant son assassinat à Saint Cloud.
Le présent texte entend apporter cette fois un éclairage en ce qui concerne le second volet. On s’intéressera notamment à la récupération de certaines formules d’Antoine Crespin, qui paraissent dans ses textes des années 1570 puis aux emprunts à la Guide des Chemins de France de Charles Estienne qui sous tendront des quatrains du même second volet (introduit par l’Epitre à Henry Second)
Dés 1992, nous avions signalé l’intérêt que nous portions à l’œuvre d’Antoine Crespin , avant donc la parution l’année suivante de l’édition critique par Pierre Brind’amour des 453 premiers quatrains centuriques (Lyon, Macé Bonhomme, 1555) qui en fera un usage important notamment à partir de l’ouvrage du dit Crespin , » Prophéties dédiées à la puissance divine (1572) » que nous citons-« que nous reproduirons en 2002 dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus ed Ramkat) Dans notre thèse d’Etat de 1999, nous lui avions déjà consacré une certaine place (Le texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion). L’étude dont il s’agit s’intitule « Pierre d’Ailly ; des conjonctions planétaires à l’Antéchrist » Colloque européen 16-17 mai 1992 De Pierre d’Ailly à Christophe Colomb, Bulletin de la Société Historique de Compiégne (1992, pp. 68-70)
On y trouve quelques pages relatives à ce Crespin : « sous le titre « Crespin, un « Nostradamus » hostile aux Juifs.
Nous débutons ainsi : » Sans vouloir ici donner la totalité du dossier,nous nous intéresserons à un certain Antoine Crespin Marseillais qui fait partie de ceux qui se servirent du nom de Nostradamus pour faire carrière » Et nous nous référions à la Centurie VIII (dans le second volet des éditions à 10 centuries) avec la mention « Roy de Bloys dans Avignon régner » que l’on trouve au quatrain 38 et au quatrain 52. Nous concluions « Il ne semble pas que Crespin soit ici un imitateur de Michel de Nostredame : le contexte nous semble au contraire indiquer que c’est une idée qui lui est chère et pour laquelle il milite » On trouve un échantillon remarquable de la judéophobie de Crespin dans son Epitre à la Reyne mère du Roy. Nous signalions aussi – il y aura près de 30 ans – le quatrain 66 de la Centurie IX ; avec son verset « La Synagogue stérile sans nul fruit ». En 2005, nous ferons une communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Jérusalem sur l’antijudaisme de Crespin : » Crespin and the French Avignon problem An important source of antisemitism » « French Antijudaism and the Avignon problem on the Eve of Saint Barthelemy » … (cf aussi sur le site Hommes et faits, Pour une approche ésotérique de la question juive, 1997)
Le second volet des Centuries semble avoir largement emprunté comme l’a montré Chantal Liaroutzos (1987, Suivez la guide, in RHR)/ Cela vaut notamment pour la Centurie IX. Or, selon nous, le second volet était une construction des partisans du futur Henri IV alors que le premier volet servait les intérêts du camp ligueur.(cf aussi Pseudo-Nostradamus: Quatrain IX,87 sur le Duc d’Etampes http://www.corpusetampois.com/
… A l’évidence, le quatrain « Chartres » n’aura pu être rédigé qu’à l’approche du couronnement d’Henri de Navarre en la cathédrale de Chartres, en janvier 1594, à la veille de la parution de l’éditions Benoist Rigaud qui paraitra alors (et qui donnera lieu à une édition antidatée pour 1568 chez les même libraire, un quart de siècle plus tôt..
Signalons que Benoist Rigaud faisait imprimer certains textes à Chartres (cf propheties.it), ce qui montre qu’il oeuvrait dans le camp d’Henri de Navarre comme c’est le cas pour cet ouvrage politique ;
Proposition des Princes, Prelats Officiers de la Couronne et principaux Seigneurs Catholiques, tant du Conseil du Roy, qu’autres estants pres sa Majesté, tendant afin de paruenir au repos tant necessaire à ce Royaume, pour la conseruation de la Religion Catholique et de l’Estat, faicte à Monsieur le Duc de Mayenne et autres Princes de sa maison, Prelats, Seigneurs et autres personnes enuoyees par aucunes villes et communautez, se trouuans à present assemblez dans la ville de Paris. (27 janvier.) [Texte imprimé], Lyon : B. Rigaud, iouxte la copie imprimee à Chartres, 1594 (cote BNF 8-LB35-444 (A)
C’est à cette même époque que parait le Janus François de Jean Aimé de Chavigny lequel comporte des extraits commentés des centuries VIII –X. Or, le libraire qui publie le Janus est dans la descendance (« héritiers ») de Pierre Roussin, un proche de Benoist Rigaud.
On aura compris qu’il s’agit là d’une série de « terminus » situant la confection des deux volets dans une fourchette embrassant les années 1588 et 1594. D’aucuns ont soutenu que Nostradamus avait « prévu » de tels événements mais la mention de Tours (premier volet) et de Chartres (second volet) est nettement liée au contexte politique de l’époque. Par ailleurs, les textes de Crespin repris dans certains quatrains du second volet sont révélateurs des méthodes des faussaires, n’hésitant pas à recycler des textes d’imitateurs de Nostradamus. Faut-il conclure, pour autant, à l’antijudaisme du camp d’Henri de Navarre, sur la base de textes allant dans ce sens ? Il semble bien que le doute ne soit guère permis encore que l’on puisse penser que les faussaires aient récuperé en vrac toutes sortes de sources, sans y accorder trop d’importance comme c’est souvent le cas dans le domaine des contrefaçons.
JHB
25 06 21
jeudi 24 juin 2021
mercredi 23 juin 2021
mardi 22 juin 2021
lundi 21 juin 2021
Jacques Halbronn Astrologie. Le système des 9 planétes et les 9 chiffres
Astrologie. Le système des 9 planétes et les 9 chiffres
Par jacques Halbronn
Nos travaux consacrés aux maitrises planétaires auront commencé à la fin des années soixante, soit depuis plus de cinquante ans (cf Clefs pour l’astrologie, Ed Seghers, Ed 1976 et 1993 (plus traduction espagnole, Madrid 1978) et nous continuons à tirer de ce dispositif de nouveaux enseignements
C’est ainsi que la succession des planétes dans le système solaire serait marquée par une série de dualités avec chaque fois un pole masculin et un pole féminin/.
Lune (fémin) Soleil (masculin) domiciles Cancer & Lion
[Mercure]
Vénus(féminin) Mars (masculin) Domiciles Balance & Scorpion
Jupiter (masculin) Saturne (féminin) Domiciles Sagittaire & Capricorne
Et Uranus (masculin) Neptune (féminin) Domiciles Verseau & Poissons
Sans oublier Mercure, le neuviéme facteur « neutre », qui s’intercale en vierge entre Lune –Soleil et Vénus Mars. Cela va donc du cancer aux poissons, dernier signe du zodiaque. Nous pensons que Pluton ne fait pas partie du dispositif et d’ailleurs il n’a plus depuis 2006 le statut de planéte à part entière et est assimilé à un astre du type « Cérés ». L’attribution de Pluton au signe du scorpion serait aberrante si l’on s’en tient à notre schéma du Cancer jusqu’aux Poissons, qui constituent une limite structurelle
Ce qui est remarquable, c’est que ces 9 facteurs célestes seraient à rapprocher des 9 chiffres »arabes ».
Or, au-delà des six premières planétes, l’on note une étrange correspondance phonétique avec le sept pour Saturne, le (h)uit (en latin octo) pour Uranus et le neuf pour Neptune. Est-ce une simple coincidence ? On nous objectera peut être que notre rapprochement concerne le nom des dieux « romains » ; Et pourtant, il y a bien là quelque chose/ En ce qui concerne, par ailleurs, l’origine des glyphes de ces 9 chiffres, nous avions déjà produit une étude (in Mathématiques Divinatoires, préface de Jean-Charles Pichon, Paris, Trédaniel-La Grande Conjonction, 1983) où nous montrions les liens entre la cursive hébraique et dessin des dits chiffres)
L’étude des maitrises planétaires aura d’ailleurs induit en erreur avec la notion d’exil accordée au signe opposé. En réalité, les signes opposés sont en harmonie, ils appartiennent à la même quadruplicité (au même « mode ») et au même genre et c’est pourquoi, notamment nous plaçons Lune et Saturne dans le même groupe alors que la Lune est domiciliée en cancer et Saturne en capricorne. A contrario, les signes qui se suivent –demi-sextile- sont de nature radicalement différente, pas du même genre et pas de la même quadruplicité (cardinaux, fixes, mutables).
JHB
21 06 21
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