mercredi 9 juin 2021

Jacques Halbronn La dialectique émisssion -réception. De l'héritage au mimétisme. Les moeurs des chercheurs

Jacques Halbronn La dialectique émission/réception. De l’héritage au mimétisme. Les moeurs des chercheurs Posté par nofim le 9 juin 2021 Par Jacques Halbronn Il est plus facile d’émettre que de recevoir. Celui-ci pourra s’exprimer en telle langue et ne comprendra qu’à moitié ce qu’on lui dira dans la dite langue, soit parce que son vocabulaire est limité, soit parce qu’il est troublé par le passage de l’écrit à l’oral, du fait de codes de prononciation qu’il ignore. On le comprend mais lui ne comprend pas tout, même s’il nie la chose.. Celui-ci dira des choses qui ne sont pas de lui d’où la formule : ce que vous dites d’intéressant n’est pas de vous et ce qui est de vous n’est pas intéressant. Nous mettons en garde contre les fausses causalité : le récepteur a fort bien pu instrumentaliser l’émetteur en s’alignant sur lui alors même que le dit émetteur n’avait ni la conscience, ni la volonté d’influer sur lui. Lorsqu’un auteur puise dans un ouvrage des éléments de son propre travail, peut-on encore parler d’une dialectique émission/réception ? L’historien des textes est évidemment confronté à de telles situations quand il s’agit d’apprécier équitablement l’apport d’un certain travail et cela vaut sur le plan artistique, de la musique au cinéma en passant par la peinture. Il ne suffira pas d’aimer telle œuvre mais de s’interroger sur ce qui l’aura marquée de façon à ne pas lui attribuer une originalité qui ne lui correspond pas. Le résultat final ne saurait en aucune façon épuiser le débat car cela fausse les perspectives. Rendons à César ce qui est à César. Or, force est de constater qu’une telle déontologie est hors de portée de la plupart des « chercheurs » qui font l’impasse sur certaines informations disponibles, ce qui est rendu bien plus aisé avec les moteurs de recherche qu’il y a encore une vingtaine d’années. L’ exigence d’exhaustivité est la règle. Autrement dit, on demande à ce qu’un auteur non seulement cite correctement ses sources mais encore mentionne systématiquement à ses lecteurs les travaux qui ont précédé les siens, ce dont il devra absolument s’en enquérir. Il devra le faire de façon transparente, en ne se contentant pas de citer des textes en vrac dans une « bibliographie » mais en signalant, le moment venu, les recoupements et les pistes à suivre au moyen de notes en bas de page. On peut également étudier en aval l’impact d’une œuvre, d’autant qu’il arrive que certaines sources ne finissent par émerger que tardivement. Ainsi, tel auteur a pu s’inspirer d’un manuscrit inédit lequel finira par paraitre , ce qui risque de fausser la chronologie. Afin d’illustrer notre propos, nous reprendrons le cas d’une thèse de doctorat, soutenue fin 1993 d’Hervé Drévillon et qui sera publiée en 1996 chez Chamvallon. Nous comparerons notamment le texte de la thèse et celui de l’imprimé, trois ans plus tard en ce qui nous concerne plus ou moins directement puisqu’il s’agit en l’occurrence de la façon dont Dréville se référe à nos propres publications ou mémoires. Titre de la thèse (EHESS 1993) Titre de l’imprimé (1996) On commencera par le remaniement de la bibliographie. Lors de la soutenance, fin 1993, Drévillon ne semble pas avoir pris encore connaissance de deux publications parue au printemps de cette même année, aux éditions Guy Trédaniel-La Grande Conjonction alors qu’en 1996, il les signalera dans sa bibliographie. Etrangement, des éléments figurant dans la bibliographie de la thèse auront disparu dans l’imprimé trois ans plus tard. On pense notamment à notre « Introduction Bibliographique à l’étude de l’Astrologie ????», qu’il mentionne comme datant de 1989 en tant que mémoire universitaire d’une bonne centaine de page qui lui avait été communiqué sans que nous sachions exactement dans quelles circonstances. En tout état de cause, Drévillon ne prend pas la peine de signaler, ne serait-ce qu’en note de bas de page, l’usage qu’il en aura fait et donc de quelle façon cela l’aura aidé. Mais comme on l’a dit, cette mention de notre Introduction Bibliographique ne figurera plus en 1993. En revanche, d’autres de nos travaux s’y trouveront, à savoir les deux éditions signalées parues en 1993 et le Catalogue de l’exposition « Astrologie et Prophétie » que nous organisâmes au tout début de l’année 1994. La question qui se pose est la suivante ; quelle est la différence entre la thèse et l’imprimé et est-ce que cela tient – et jusqu’à quel point- à la prise de connaissance de ces trois publications ? D’emblée, un point est saillant lors de la confrontation entre les deux corpus bibliographiques. Tout en tête de sa bibliographie de 1996, Drévillon mentionne comme seules sources manuscrites des recueils de l’Académie Royale des Sciences dont il ignorait totalement l’existence au vu de sa thèse de 1993. Or, ces références sont directement liées à la prise de connaissance de notre ouvrage consacré au reprint du Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin en la postface que nous lui avions adjointe. A aucun moment, Drévillon ne signale ce qu’il nous doit, si ce n’est très vaguement en mentionnant dans sa bibliographie le dit ouvrage. Est-ce à dire que dans son esprit, il va de soi que ce qu’il présente dans sa thèse serait repris des travaux qu’il aura pris la peine de signaler en vrac ? Est-ce que le jury de thèse aura fait la part des choses pour lui accorder son titre et sa mention ? A propos de Nicolas Bourdin, traducteur de Ptolémée, on note une absence étonnante, dans la thèse tout comme dans l’imprimé, c’est celle de notre édition des Remarques Astrologiques de Jean-Baptiste Morin sur le dit Commentaire de Bourdin (Ed. Retz, 1975) Or, il est évident qu’en 1993 nous avions mentionné notre édition de 1975. Eh bien en 1996, Drévillon ne jugera pas utile de réparer cette lacune d’autant plus criante qu’il va s’attarder et sur le cas de Morin de Villefranche et sur celui du Marquis de Villennes alias Nicolas Bourdin, dont nous traitions comme il se doit dans notre Introduction à notre réédition de 1975 ! Passons au dossier Eustache Lenoble qui apporte un nouvel éclairage à la production astrologique du dernier tiers du XVIIe siècle et dont par ailleurs, en puisant dans les ressources de la Bibliotheca Astrologica dont nous sommes le directeur, Patrice Guinard avait traité dès 1987 (dans la revue Astralis, Lyon) Or, Lenoble est absent de la thèse mais fort présent dans l’imprimé. En effet, l’autre ouvrage paru en 1993 consacré à l’Astrologie du Livre de Toth, accorde une place considérable à cet auteur qui publie son Uranie à la fin du siècle. Mais revenons à ce propos aux documents de l’Académie des Sciences dont nous traitions dans l’ouvrage consacré à Bourdin. Dans notre postface, citée par Drévillon, mais seulement dans sa partie bibliographique (il ne donne pas d’index) nous montrions que lors de la dite Académie,fondée par Colbert en 1666, l’on aura pu dans ses premières décennies faire des communications liée à l’astrologie et nous y donnions l’exemple d’un certain Graindorge. Autrement dit, on aura compris qu’entre 1993 et 1996, Drévillon aura eu l’occasion- grâce à nous – de réviser complétement son propos sur la situation de l’astrologie à la fin de ce siècle qui fait l’objet de son travail. On note aussi que Drévillon a enrichi entre 1993 et 1996 sa bibliographie en ce qui concerne Pierre Bayle en y mentionnant non seulement les Pensées sur la Cométe mais les « Continuations » aux dites Pensées, ouvrage témoignant de l’activité astrologique à la fin du dit siècle. Or, nous avions en 1993 montré que Bayle s’était intéressé à Lenoble, ce qui nous avait d’ailleurs mis sur la piste du dit Lenoble/ Nous aborderons pour finir les questions relatives au volet proprement lié à l’histoire du prophétisme dans ce qu’il faut bien appeler la « compilation » d’Hervé Drévillon dont le titre de la thèse couvre un champ fort large association Astrologie et Prophétie, ce qui est, on l’a vu, le titre de notre exposition et de notre catalogue à la Bibliothèque Nationale de 1994. Signalons aussi notre article Astrologie dans l’Encyclopaedia Universalis (1994) Il se trouve que Drévillon aborde dans sa thèse de 1993 des sujets dont nous traitons dans notre Introduction Bibliographique, qu’il cite dans sa bibliographie, en ce qui concerne la fortune du Mirabilis Liber et du personnage de Sainte Brigitte, ce qui sera développé dans notre thèse d’Etat, Le texte prophétique en France soutenue en 1999, donc après la parution de l’ouvrage de Drévillon en 1996 chez Champvallon. (cf notre étude plus tardive dans la Revue Française d’Histoire du Livre sur Lichtenberger) Faut-il aussi rappeler que Drévillon cite les Actes du Colloque de Londres de 1984 tenu au Warburg Institute- et dont nous avions été l’instigateur- que Patrick Curry publiera en 1987 sous le titre Astrology, Science and Society, avec une étude de notre part « The revealing ?????) Autrement dit, quand nous parcourons les deux documents produits par Drévillon, nous avons nettement et de façon récurrente une impression de déjà -vu tant et si bien que nous éprouvons un sentiment de paternité à leur égard. Signalons notre étude(L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques ») sur le Nostradamus que Drévillon a produite en 2003 avec Jean-Pierre Lagrange, chez Gallimard, Cette fois, bien que Drévillon mentionne nos travaux de 2002 « Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Prophetica Judaica, Ed. Ramkat)- mais pas notre thèse d’Etat de 1999 ( Le texte prophétique en France, Presses Universitaires du Septentrion) dans sa bibliographie en insistant toute fois sur le fait que les positions qui y sont défendues sont « controversées », on ne peut dire qu’il en aura tenu compte dans le corps de sa publication comme co-auteur, ce qui d’ailleurs aura considérablement hypothéqué, à ses dépens, la valeur scientifique de celle-ci. Pour la petite histoire, on notera que Jean Céard aura dirigé notre thèse d’Etat depuis 1985 et qu’il sera dans le jury de thèse de Drévillon et que le même Drévillon sera dans notre jury de thèse pour la soutenance de notre post Doctorat, en 2007, à l’EPHE Ve Section, « Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle), soit 4 ans après la parution de son Nostradamus, l’Eternel Retour, qui remettait évidemment en question son propre travail, consacré non plus au XVIIe mais au XVIe siècle. A ce propos, nous avons consacré dans « L’inversion de la controverse et l’Entre soi apologétique autour des Centuries « nostradamiques » la partie centrale de notre étude à la critique du Nostradamus de Drévillon et Lagrange, notamment dans leur interprétation biaisée de l’Elégie de Ronsard à Guillaume des Autelz et au caractère très improbable de la chronologie proposée des premières éditions des Centuries. Pour terminer le présent travail consacré aux influences et aux emprunts, venons-en brièvement à la récente parution par Denis Labouré de ‘Astrologie & Religion au Moyen Age ». (Domuni Press 2019), ouvrage largement consacré à Pierre d’Ailly. Nous avions déjà étudié par ailleurs les Origines de l’Astrologie, aux Ed. du Rocher, du même Labouré lequel avait publié en 1990 aux éditions ????un traité de Claude Dariot dont il avait pris connaissance à la Bibliotheca Astrologica avec notre postface.. Dans ses Origines de l’Astrologie, Labouré avait largement utilisé notre traduction des traités d’Abraham Ibn Ezra (Le Livre des fondements astrologiques, Préface de G . Vajda, Ed Retz 1977) en ne mentionnant pas cependant notre nom. Toujours, dans l’optique des emprunts et de leur (non) reconnaissance, on commencera par noter deux absences dans la bibliographie de Labouré : Le Monde Juif et l’astrologie, issu de notre thèse de 1979 (EPHE) La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age Espagnol et notre thèse d’Etat Le texte prophétique en France. Formation et fortune (1999). On y ajoutera notre étude consacrée spécifiquement au cardinal, parue dans le Bulletin de la Société Historique de Compiégne, 1993 (Colloque européen 16-17 mai 1992 de Pierre d’Ailly à Christophe Colomb) « Pierre d’Ailly et l’Antéchrist » (pp. 49-78)/ En conclusion, la copie se substitue à l’original et tend à prendre sa place, ce qui constitue assurément un appauvrissement et une perte de compétitivité pour les sociétés qui tolèrent ce pillage, ce dépouillement, c »est là une cause majeure de médiocrité et les éditeurs ne devraient pas être complice de telles impostures, en se montrant plus vigilants quant à la qualité de ce qui leur est proposé. JHB 10 06 21

lundi 7 juin 2021

jacques Halbronn La question de la répartition des planères et la genése de l'indice cyclique d' André Barbault

La question de la répartition des planétes  et la genése de l’Indice Cyclique d’André Barbault. (Supplément à La Vie Astrologique ; années trente cinquante, 1992) de Maurice Privat à Dom Néroman) Par Jacques Halbronn     On sait l’importance qu’André Barbault accordera dans les Astres et l’Histoire (Paris, Pauvert, 1967) à ce critère, à la base de son indice cyclique.  Barbault s’y  référe à  Henri Gouchon et mentionne des publications introuvables parues  une vingtaine d’années auparavant  «  exposé dans le cadre d'études ronéotypées consacrées à des prévisions pour les années 1946 à 1949 » (et donc sans dépôt légal à la BNF) Mais pourquoi Barbault ne mentionne-t-il un ouvrage de Gouchon  paru dès 1933, intitulé Les Secrets du Zodiaque (Cours d’astrologie scientifique), édité par le dit Gouchon,  écrit en collaboration avec Robert Dax, avec une préface de Paul Clément Jagot, deux ans avant la parution du Dictionnaire Astrologique de Gouchon qui n'est en fait qu'une reprise (mais cette fois sans mention de Dax) de ce qui était en œuvre dans les Secrets à savoir une présentation alphabétique de toute une série de notionset  qui comporte une entrée (p 91) intitulée « Répartition des planètes » (n°42).  Mais on trouve dans le Dictionnaire également une entrée « Répartition des planétes ». (p. 363, Ed 1948) donc à la même date où Gouchon produisit son « Indice de Concentration Planétaire » à la base du dit Indice Cyclique)  Il est i intéressant de comparer les deux textes vu qu’il ne nous est pas matériellement possible de déterminer lequel des deux co-auteurs a  rédigé l’entrée de 1933. Mais commençons  par analyser le texte  de 1933, donc durant l’Entre Deux Guerres. D’entrée de jeu, le nom de Caslant apparait dès la première ligne : « Les travaux du colonel Caslant ont fait ressortir l’importance primordiale de la répartition des planètes sur le Cercle  Nous ne sommes pas qualifiés pour traiter à fond cette question, nous allons seulement donner quelques directives susceptibles de rendre service. Si les planètes se répartissent, se déploient à peu près régulièrement sur l’ensemble du  Cercle, il y a tendance  à l’équilibre mais sans caractéristique de grande envergure. Si les planètes forment des amas , il y a  en quelque sorte un déséquilibre du côté de cet amas «  Mais ce texte vise l’étude du  thème individuel et non l’astrologie mondiale. En 1935, Caslant avait publié, aux Ed. Véga de A. Rouhier, un « traité élémentaire de géomancie » (qui sera réédité) dans lequel il déclare (pp. 141 et seq) ; « L'interprétation de la figure de géomancie présente de grandes analogies avec celle d'un thème astrologique » Passons à l’article du Dictionnaire : Gouchon renvoie à la loi de création de Wronski dont  traite Caslant. 1 « Cette  répartition serait plus importante que tous les aspects habituellement utilisés par les astrologues. Un soin particulier doit être   accordé à l’examen  des planètes massives(voir cet article qui enumère   Soleil, Jupiter, Saturne, Uranus  et Neptune (Pluton était juste découvert depuis 1930  et le Soleil n’est pas une planète « lente ») On renvoie aussi à l’article « Pentagone » :  « D’après  E. Caslant, les cinq planétes lentes disposées  en pentagone  (à environ 72° l’une de l’autre) constituent la  disposition  la plus heureuse que l’on puisse souhaiter » L’on en reste à une étude du thème natal et toujours pas d’application à la Mondiale. « Pour  résumer  sommairement  cette théorie, nous dirons  qu’une  répartition  à peu près homogéne revéle  en général   un thème moyen, sans points particulièrement saillants ni dans la psychologie, ni   dans la destinée alors que  les  amas  indiqueraient les faits saillants, les destins sortant de l’ordinaire, soit en bien, soit en mal » Or, l’article de Gouchon figure dans une réédition de 1948 de son Dictionnaire –(cf BNF 4+ R 6184), donc postérieure à la Second e Guerre Mondiale. On s’étonnera  de  ne trouver ici aucune référence concernant l’astrologie mondiale et la succession des deux grands conflits alors même que selon Barbault Gouchon aurait au même moment publié une brochure relative à ce événements. En 1949  parait  de l'éléve de Caslant, Marie Louis Herboulet, La loi de Wronski adaptée à l'astrologie. Théorie, technique, interprétation. . Editions du Nouvel Humanisme, Garches. L'ouvrage est largement consacré à l'étude de thèmes de psychanalystes et l'on sait que Barbault se consacra à ce domaine (ce qui débouchera sur De la psychanalyse à l'Astrologie, Ed du Seuil, 1961) dès cette même époque.  Une réedition  est réalisée  en  1993  sous le titre Les lois de la création de Wronski appliquées à l'astrologie. théorie,  Editions du Rocher (cf   Francis Warrain, L'œuvre philosophique de Hoené Wronski   Textes, commentaires et critique. (Trois tomes parus sur six prévus), Paris, Éditions Véga, 1933, 1936, 1938.) On note que le texte de Warrain  parait dans les années Trente qui  correspondent  à l’émergence de cette idée de « répartition des planétes » chez Dax et Gouchon. Dax est le pseudonyme de Marx Enkin,  israélite comme Henri  Selva  (cf ) : Psychologie zodiacale, définition et classification des douze types fondamentaux de tempéraments et des cent quarante quatre types de caractères généraux : Vichy,, 1950. In-8°  (réédition 1983)  avec lequel nous avons été en contact et qui demeurait dans la région lyonnaise, à Bron. Cet ouvrage se proposait notamment de bien distinguer les ascendants successifs entre eux, Quant à Gouchon, nous l’avons cotoyé, des années durant (1967-1976),notamment dans le cadre du Centre International d’Astrologie dont il fut un temps Président. . Son Dictionnaire a été réédité chez Dervy en 1975. Il serait intéressant d’étudier les changements d’une édition à l’autre  sur une quarantaine d’années.. En tout état de cause, il semble bien que l’on ait songé à appliquer  une telle approche au thème « mondial » mais André Barbault, à notre connaissance, ne se sera pas référé à Eugéne Caslant, un des « grands «  astrologue de l’Entre Deux Guerres ni à la Loi de Wronski, préférant s’en tenir à  un document au demeurant assez confidentiel Pourtant, notre premier réflexe aura été d'examiner ce qui dans le Dictionnaire Astrologique de Gouchon pouvait annoncer, d'une façon ou d'une autre, la mise en œuvre de son Indice de Concentration planétaire, ce qui nous aura permis de remonter à 1933 et aux Secrets du Zodiaque, qui sont la première mouture du dit Dictionnaire. .  En tout cas  Barbault (cf l’article dans Wikipedia)utilise  bel  et bien  la formule «  répartition des planètes »  dont on  a observé  l’usage dès 1933  (Barbault avait 13 ans): « Je tiens personnellement cet indice pour la clé de l'astrologie mondiale; il représente le coefficient de répartition des planètes autour du Soleil » Il est remarquable que jusqu’à ce jour, l’on n’ait pas jugé bon d’aborder  un d’ équilibre  et  de déséquilibre e telle filiation sémantique d’autant que Barbault recourt littéralement mêmes expressions d’équilibre  et de déséquilibre. Tout se passe comme si Barbault n’avait pas souhaité faire apparaitre le nom du Colonel Eugéne  Caslant,(1865-194)  dont on connait pat ailleurs  les  Bases élémentaires de l’Astrologie (Ed  Traditionnelles 1976).  Tout au plus  aurait- on pu lui attribuer l’application de cette « loi » à la Mondiale mais comme il le reconnait lui-même cela aurait déjà été envisagé par Gouchon. Il reste qu’il y a bien un télescopage lorsque l’on  attribue à Barbault le mérite de cette notion de répartition des planètes sans signaler que cette notion était en vogue  dans l’Entre Deux Guerres  lorsqu’il  s’initia à l’astrologie (2 Au  regard de l’Histoire de l’Astrologie, il importait de remettre les choses à leur juste place. (cf notre ouvrage La vie Astrologique, Années trente-cinquante, Ed Trédaniel- La Grande Conjonction, 1995 ) Ci –dessous le texte de l’ouvrage de  Barbault ( sur la plateforme NUMILOG)  relatif  à Gouchon :     « , Essai exposé dans le cadre d'études ronéotypées consacrées à des prévisions pour les années 1946 à 1949. Selon le texte des Prévisions pour l'année astrologique 1946, l'auteur, déçu de n'avoir pu prévoir avec clarté la crise de 1939-1945 selon les méthodes astrologiques existantes, se mit à chercher des voies nouvelles lorsqu'il « lui vint l'idée de relever certaines distances angulaires pour le début de chaque année astrologique (21 mars) et, avec les chiffres ainsi obtenus, de dresser un graphique pour la période 1880-1950. Comme il s'agit d'une donnée purement astronomique — la mesure d'une distance, — aucun facteur d'interprétation ne peut agir sur ce graphique ». Or les résultats lui semblèrent curieux, et même frappante l'allure générale du graphique, notamment avec une baisse caractéristique du diagramme entre 1914 et 1918, et une autre encore plus accentuée de 1941 à 1945, soit deux énormes chutes de la courbe. Ce qui l'amena sur-le-champ à formuler de judicieux pronostics sur la guerre et la paix (pas de danger de guerre avant 1950-1951). Le président du C.I.A., en homme très prudent, avait déjà travaillé sur un tel graphique en 1940, mais s'était refusé à en tirer des conclusions logiques, à savoir « que la guerre puisse se continuer encore pendant quatre ans... », car il avait craint « une de ces coïncidences qui sont si fréquentes dans les recherches astrologiques ». Dans ses Prévisions mondiales pour l'année 1947, il se risque toutefois à avancer : « Certes, il serait téméraire de vouloir expliquer toutes choses d'après ce graphique, mais c'est cependant le meilleur facteur astral que nous ayons trouvé pour rendre compte des grandes maladies du monde, et, malgré les quelques exceptions qu'on peut constater, il semble utile d'introduire cette donnée parmi les éléments de l'astrologie mondiale. » Puis il revient à la charge dans ses Prévisions mondiales pour 1948, où, devant la gravité de la situation internationale et le pessimisme généralisé des informateurs politiques, il tente de montrer que son pronostic d'improbabilité de guerre pour 1948 repose sur un facteur « où toute interprétation personnelle est exclue » : « On pourra voir ainsi qu'il ne s'agit pas d'une simple intuition, d'un simple jeu de pile ou face, de guerre ou de paix, mais d'une déduction ayant réellement une base astrologique tout à fait vraisemblable. » Et c'est ainsi qu'il en vient à exposer sa découverte : : « On doit se demander si ce que nous pouvons baptiser indice de concentration des planètes lentes ne serait pas un nouveau facteur à prendre en considération en astrologie mondiale, à côté des grandes conjonctions, des éclipses, des lunaisons et surtout des taches solaires, dont le rôle est admis par la science officielle. A moins d'un concours extraordinaire de circonstances, on dirait bien qu'il existe, en effet, une relation entre ce graphique et les périodes de bouleversements mondiaux, surtout économiques, comme on peut le voir en 1914-1918 et 1938-1945. Chaque dépression ne correspond pas à une guerre, mais elle cadre toujours avec quelque anomalie d'ordre économique. On peut donc dire qu'il semble y avoir une relation entre les mauvaises périodes que traverse le monde et la répartition des planètes lentes sur le zodiaque, et la concentration semble plus importante que les aspects traditionnels. Ce graphique est établi en mesurant, au début de chaque année astrologique, l'arc de cercle qui englobe toutes les planètes lentes de Jupiter à Neptune. Tout se passe comme si l'accumulation de ces quatre corps célestes d'un même côté du zodiaque produisait une sorte de déséquilibre ayant ses répercussions sur notre monde sublunaire. Tandis qu'une répartition plus homogène favoriserait l'équilibre et la prospérité. Nous avons également l'impression que ce graphique donnerait encore de meilleurs résultats si on pouvait l'utiliser en corrélation avec les taches solaires. Seulement, l'amplitude de ces dernières est impossible à prévoir tandis que le graphique pourrait être établi cinquante ans d'avance... »   On retiendra surtout  le passage suivant  au regard de l’histoire des textes (cf Les Astres et l’Histoire p. 33) en notant qu'Yves Lenoble pas plus que Barbault – et ce en dépit de sa référence à Gouchon et à ses seules publications annuelles « ronéotypées » d'après guerre,lui même, n'auront réussi à retracer de façon satisfaisante la genése de ces « indices » lesquels se situent dans la continuité de l'interprétation des « amas planétaires » dans le thème natal avec notamment cette idée de déséquilibre. C'est d'autant plus étonnant que Barbault devait faire paraître, au cours des années soixante des textes d'une part en rapport avec la psychanalyse (1961) et d'autre part en rapport avec l'Histoire (1967) Quant à Yves Lenoble (,La Découverte de l’Astrologie Mondiale par les cycles Correspondances des cycles avec les grandes étapes historiques mondial3e) il se permet d'écrire  bien imprudemment et non sans un ton par trop affirmatif et déplacé de panégyrique qu'André Barbault est « le premier astrologue à vraiment prendre en compte les planètes récemment découvertes Uranus, Neptune et Pluton. Au lieu de les considérer comme des octaves de Mercure, de Vénus et de Mars, ils les traitent à part entière, aussi bien d’ailleurs en astrologie mondiale qu’en astrologie individuelle, comme en témoigne son ouvrage écrit en 1950 avec Jean Carteret Analogies de la dialectique Uranus-Neptune » Or, l'usage du quatuor Jupiter-Saturne-Uranus- Neptune est attesté comme on l'a vu dès les années trente-quarante, notamment en astrologie individuelle sans parler de l'ouvrage de Marie- Louise Herboulet de 1949  truffé de thèmes se servant des dites planétes. Gouchon résume ainsi son approche dans son Dictionnaire mais à usage purement psychologique :  «  Tout se passe comme si l'accumulation de ces quatre corps célestes d'un même côté du zodiaque produisait une sorte de déséquilibre ayant ses répercussions sur notre monde sublunaire. Tandis qu'une répartition plus homogène favoriserait l'équilibre et la prospérité. » ce qui  fait manifestement écho  aux deux  articles abordés plus haut. On note l’abandon du Soleil et pas encore le recours à Pluton, d’où  la mention de « quatre corps célestes  (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune) On observe la transposition des  termes  de  l’analyse   du thème natal  vers le thème  « mondial » comme si l’astrologie mondiale n’était pas encore parvenue à se dégager du cadre d’une  astrologie généthliaque. On sait que pour notre part,  il importait –cf l’Astrologie selon Saturne 1994 1995- que la Mondiale s’émancipât   par rapport à un tel modèle en renonçant à combiner les planètes entre elles. .     JHB 07 06 21  

Jacques Halbronn Commentaire sur un texte de Patrice Guinard consacré à la critique nostradmique

Commentaire sur un texte de Patrice Guinard consacré à la critique nostradmique par Jacques Halbronn Nous revenons sur un texte datant du printemps 2007 et dont nous reprenons le passage ci-dessous; CORPUS NOSTRADAMUS 59 -- par Patrice Guinard Misère de la recherche académique et universitaire sur Nostradamus Chagrin de la Recherche Académique et Universitaire sur Nostradamus de Salon de CRAU : hormis les études du CURA, il faut chercher péniblement dans les revues, comptes-rendus et actes de colloques spécialisés, ou douteusement prétendus tels pour les études nostradamiennes, de rarissimes articles susceptibles de contenir quelque information substantielle concernant Nostradamus. Quatre siècles après les ouvrages de Chavigny, secrétaire de Nostradamus entre 1561 et 1566 sous le nom de Jean de Chevigny, la situation n'a guère évolué. Mis à part les essais de Pierre Brind'Amour, décédé en janvier 1995, et qui a obtenu une aide au Canada pour entreprendre son ouvrage de 1993, la recherche vivante se développe principalement chez des passionnés, à l'écart des institutions culturelles. Force est de constater qu'elle continue de proliférer en dehors des cercles académiques, dans l'édition dite populaire et maintenant sur internet. De pseudo-spécialistes et des fonctionnaires patentés et rétribués par les institutions culturelles étatiques, que ce soit en France ou à l'étranger, sont parfois commandités par des éditeurs et responsables de collection pour couvrir un sujet pour lequel ils n'ont pas la connaissance requise. C'est ainsi qu'on découvre avec une certaine stupéfaction des erreurs, des contre-vérités, des problématiques et des propos désuets dans les articles les plus récents. J'en étudierai quelques uns pour la période 2001-2006 (plus un article de 2012 rajouté et analysé le 29 Septembre 2013). G. Morisse observe que Nostradamus "ne commence que bien timidement à être toléré dans certains magasins de bibliothèques universitaires, sans doute exaspérées [qui ? les bibliothèques ? et l'herméneutique du texte n'est-elle pas le dessein final des études nostradamiennes ?] par les diverses interprétations des Prophéties." (in Revue Française d'Histoire du Livre, n.122-125, Bordeaux, 2004, p.293). Il reste effectivement d'immenses rattrapages à effectuer, et il n'existe par exemple aucune édition des Prophéties à l'université toulousaine (la quatrième ville universitaire de l'hexagone après Paris-Versailles-Créteil, Lille et Lyon), pas plus que dans le Réseau des bibliothèques universitaires de Toulouse et de Midi-Pyrénées, ni ancienne, ni récente, alors que la médiathèque municipale d'Albi possède le seul exemplaire connu de la toute première édition des Prophéties ! La dite "exaspération" et les états d'âme des spécialistes ne datent pas d'hier, et la raison invoquée semble bien insuffisante pour expliquer ces lacunes et ces tares. En réalité la politique d'acquisition des bibliothèques universitaires françaises en ce qui concerne Nostradamus et dans des domaines proches comme l'astrologie ou l'histoire de l'astrologie (cf. ma thèse de 1993) relève d'hostilités viscérales, de présupposés idéologiques, et d'un obscurantisme maladif, issus des idéologies positivistes et pseudo-rationnelles des XVIIIe et XIXe siècles. Morisse note l'intérêt universel pour Nostradamus via une comparaison établie (en 2003 ?) à l'aide du moteur de recherche Google : 569.000 de pages indexées pour Nostradamus, 184.000 pour Rabelais, et 97.700 pour Ronsard (p.42 de son intoduction à Nostradamus : cf. infra). En mars 2006, j'ai noté 6.000.000 de pages pour Montaigne, 4.500.000 pour Rabelais, 3.000.000 "seulement" pour Nostradamus et 1.000.000 pour Ronsard, mais à la mi-mai 2007 : 8.440.000 de pages pour Nostradamus, 7.250.000 pour Montaigne, 2.660.000 pour Rabelais et 1.030.000 pour Ronsard, à comparer aussi aux 45.700.000 entrées pour Shakespeare, aux 23.400.000 pour Cervantes, aux 20.500.000 pour Erasmus, et aux 10.400.000 pour Descartes. Ainsi Michel de Nostredame serait en passe de devenir d'ici peu l'auteur français le plus présent sur la toile. Tendance infirmée et même inversée environ dix ans après, puisque Nostradamus est le seul à stagner (relevés de fin mars 2018 et mi fév. 2020) : 2003 2006 2007 2018 2020 Nostradamus 569.000 3.000.000 8.440.000 8 590 000 9 440 000 Rabelais 184.000 4.500.000 2.660.000 6 390 000 8 310 000 Ronsard 97.700 1.000.000 1.030.000 3 110 000 3 690 000 Montaigne 6.000.000 7.250.000 19 200 000 18 700 000 Shakespeare 45.700.000 178 000 000 187 000 000 Cervantes 23.400.000 61 000 000 84 000 000 Descartes 10.400.000 26 400 000 28 700 000 "Nostradamus représente ce qu'il y a de meilleur dans la civilisation provençale de l'époque", note Emmanuel Le Roy Ladurie qui se déclare à raison sceptique sur les interprétations d'un Prévost forçant le sens des quatrains pour l'enserrer dans le carcan de chroniques moyenâgeuses reconstituées : "Nostradamus est un grand poète : l'obscurité même de ses textes fait de lui en quelque mesure le contemporain de nos poètes actuels, qui sont souvent fort obscurs, mais très éloignés d'avoir son talent." (in Le Figaro magazine, n.17055, 1999, p.64). "Nostradamus, en fait, est un grand poète, à l'hermétisme fascinant, qui se situe pour moi quelque part entre Mallarmé et Saint-John Perse." ajoute-t-il en 2001 ("Le roman de la Provence", in Nouvel Observateur, n.1918, 2001). Et c'est bien en effet vers l'analyse poétique que s'orientent la plupart des articles récents. Soulignons cependant que la survie et la renommée de Nostradamus ne proviennent aucunement des recherches académiques, mais des études d'autodidactes passionnés, parfois aux lectures jugées irrecevables pour la petite raison consensuelle, et de son immense influence sur l'inconscient collectif populaire. Et si les recherches académiques, universitaires et para-universitaires amorcent quelque récent intérêt pour l'astrophile salonnais, elles conserveront une dette vis-à-vis des études antérieures, ne leur en déplaise. Polizzi prend curieusement ses citations de la seconde partie des Prophéties (contenant la préface à Henry et les centuries 8 à 10) dans une édition tardive, à savoir une édition Pierre Rigaud (c.1603, BM Lyon Res 808.163), ignorant le fac-similé d'une édition Benoist Rigaud de "1568" paru en 2000 ainsi que les exemplaires accessibles signalés par Ruzo et les bibliographes ultérieurs, alors même qu'il souligne la nécessité de s'appuyer sur le texte des premières éditions (p.434). A l'occasion il signale les travaux iconoclastes et facétieux de J. Halbronn (p.435), et loue le travail critique de Brind'Amour qui aurait rétabli les "bonnes" graphies "d'après la source" (p.434). Rappelons que pour la première partie des Prophéties, des fac-similés des éditions de 1555 et 1557 sont parus et ont été préfacés par Robert Benazra en 1984 et 1993, et que pour la seconde partie, Brind'Amour ne s'appuie que sur une édition rouennaise du XVIIe

Jacques Halbronn Prophetica Judaica Guimel; Etudes thélogiques autour de la Prophétie de Jérémie sur les Alliances

https://fr.scribd.com/document/510860200/Prophetica-Judaica-Guimel-Jeremie-Abcd Jacques Halbronn PROPHETICA JUDAICA GUIMEL Etudes théologiques autour de la Prophétie de Jérémie sur les Alliances. La grande Conjonction 2021 Introduction Il s'agit là du troisième opus des Prophetica Judaica, les deux premiers parurent en 2002, aux Éditions Ramkat dirigées par Robert Benazra, il y a donc près d'une vingtaine d'années. Prophetica judaica, documents inexploités sur le phénomène nostradamique, Aleph Prophetica judaica, le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, Beith Préface d'Hervé Gabrion. Nous n'avions pas à l'époque envisagé – même dans nos rêves - que nous pourrions apporter une contribution significative à l'étude du prophétisme biblique. Mais il se trouve que nous avons été conduits à une connaissance plus approfondie de la Bible, malgré un parcours universitaire passé par l'INALCO (ex Langues 0) et par une thèse de doctorat consacrée à la Problématique Astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age Espagnol. (Université Paris III, 1979) qui deviendra Le Monde Juif et l'Astrologie. Histoire d'un vieux couple. Milan, Ed Arché, 1985. Pendant la période qui suivit la parution de ces deux volumes, nous avons notamment fréquenté certains milieux religieux, en suivant régulièrement des offices synagogaux mais aussi des groupes chrétiens, ce qui nous aura familiarisés avec le Nouveau Testament. De 1993 à 2009, nous avons fourni des communications dans le cadre du Congrès Mondial des Études Juives qui se tient tous les quatre ans à Jérusalem, à l'Université du Mont Scopus. -cf notamment en 1993 ( "RÉSHIT HOKHMAH" D'ABRAHAM IBN EZRA: PROBLÈMES DE TRADUCTION au MOYEN AGE ») Notre connaissance de l'hébreu, acquise depuis 1967 se révéla évidemment d'un certain secours. Par ailleurs, du fait de notre thèse d’État soutenue en 1999 'Le texte prophétique en France. Formation et fortune (parue aux Ed. Universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq) consacrée au néo-prophétisme moderne ainsi que de l'exposition dont nous fumes chargés, à la BNF, en 1994, « Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images. Éditions de la BNF, il était assez logique que nous accédions tôt ou tard à une critique du texte biblique, selon une méthodologie que nous avions développée (cf nos études parues dans la Revue Française d'Histoire du Livre entre 2011 et 2015) et dans la réédition de trois volumes étalés sur les XVIe – XVIIe et XVIIIe siècles, entre 1990 et 1993 aux éditions Pardés et Guy Trédaniel). Par ailleurs, un post doctorat soutenu en 2007 (Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, École Pratique des Hautes Études, Ve Section, Histoire du Catholicisme) prolongeait notre travail sur Nostradamus, faisant suite à la parution en 2005 de Papes et Prophéties. Décodages et Influence. Ed Axiome, Boulogne  Seine. Par ailleurs, nous montrions que cette critique nostradamique était contemporaine de la critique biblique dans laquelle nous allions nous inscrire par la suite. Il apparaîtra dans les études qui suivent – où il est fait appel à des liens entre astrologie et théologie - que nous avons parallèlement mené des travaux consacrés à la pensée astrologique et que la question des relations entre astrologie et prophétisme n'aura pas manqué de se poser (d'où notre exposition à la BNF) , notamment autour du personnage de Nostradamus, médecin astrologue de métier mais auquel on aura attribué des Prophéties sous forme de quatrains dont nous avons contesté l'authenticité mais avant lui autour de Lichtenberger dont la Pronosticatio combine étude des conjonctions et tradition prophétique. Précisément, l'on observera que le présent travail connecte in finé l'astrologie avec la Prophétie de Jérémie. Nous avons choisi de publier une dizaine d'études rédigées, sauf toutefois dans le cas de la première qui en constitue l'arrière-plan, au cours du premier semestre 2021 lesquelles études permettent de suivre pas à pas les derniers stades de nos recherches. En tout état de cause les trois volumes de la série Prophetica Judaica ne sauraient clôturer aucunement nos investigations ni en aval ni en amont. JHB Juin 2021

vendredi 4 juin 2021

Jacques Halbronn Saturne et la Nouvelle Alliance au sens du prophéte Jérémie XXXI

Saturne et la Nouvelle Alliance au sens de Jérémie XXXI par Jacques Halbronn Le texte de Jérémie XXXI a fait l'objet de nombreux commentaires.1 On sait par ailleurs que Thomas d'Aquin s'intéressait à l'astrologie 2 On lui attribue l'adage « Astra inclinant sed non necessitant ».3 Il fut un temps où nous avions voulu consacrer un mémoire à cette question avant suggérer cette piste à notre collaborateur et ami (décédé) Max Lejbowicz, avec Jean Jolivet, à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (Ve Section, science des religions) et avions opté pour ce qui paraitrait en 1985 sous le titre « Le Monde Juif et l'Astrologie . Histoire d'un vieux couple » (Ed Arché, Milan) et dès 1977 la parution de notre édition du diptyque astrologique d'Abraham Ibn Ezra, préfacée par Georges Vajda, notre directeur de thèse.(Ed Retz, Collection Bibliotheca Hermetica) , dont la traduction en roman était contemporaine de la période de Thomas d'Aquin, le XIIIe siècle.4 A l'époque, nous n'avions pas établi de lien entre le texte de Jérémie et l'Astrologie. Or, c'est à un commentaire astrologique de Jérémie que nous nous sommes déjà prétés, auparavant mais sans nous référer jusque là au commentaire qu'en fit le «  Docteur Angélique »En revanche, nous nous sommes déjà intéressés à la présence, à la reproduction du chapitre XXXI de Jérémie dans l'Epitre aux Hébreux dans le « Nouveau Testament » et à son influence sur le « Ecoute Israel », considéré comme une sorte de profession de foi récitée dans la plus grande solennité par les fidéles à la synagogue. La lecture que propose ou reprend Thomas d'Aquin met l'accent sur la dimension eschatologique. On ne doit en effet pas négliger la conclusion au futur de ce texte rapporté par Jérémie  au nom de « Dieu » :« Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d'Israël, au terme de cette époque, dit Yahwé »Nous avons déjà exploré cette voie en considérant (cf nos textes en ligne) que cette prophétie nous semble avoir trouvé anthropologiquement son accomplissement à la charnière du XV et du XVIe siècle laquelle marqua notamment le Meguilat haMegalé, somme astrologique d'Abraham Bar Hiyya (cf le chapitre qui lui est consacré dans notre Monde Juif) Le sang du Christ 5 serait, à suivre les commentateurs Chrétiens, le catalyseur ayant sous tendu le passage vers la dite Nouvelle Alliance6 « La loi nouvelle, résume François Tonon, est une réalité intérieure. Le principal en elle est la grâce du Saint-Esprit. Le docteur angélique réalise ainsi un approfondissement de la figure de la « nouvelle alliance » : le cœur de la loi nouvelle, et donc de la nouvelle alliance, c’est la grâce. Sa grande nouveauté, en regard de l’épître commentée, c’est qu’il instaure son discours théologique comme un traité eschatologique sur le dessein de salut subordonné à l’unique notion de grâce mais aussi comme un discours permanent, historiquement adapté à une chrétienté appelée à durer dans un temps qui est loin d’être arrivé à son terme ». Autrement dit, il faut laisser le temps au temps et ne pas réduire l'espace d'une prophétie au moment (kairos) de son annonce, ce qui permet à Thomas d'Aquin de ne pas avoir à entendre que l'accomplissement serait déjà advenu.En fait, ce temps là se rapprochait déjà sensiblement, selon nous, en ce XIIIe siècle. Mais, Thomas d'Aquin ne prend pas la mesure de la dégradation impliquée par la dite prophétie et c'est bien là tout le drame d'un tel malentendu !. Revenons donc au texte formulant les conditions de cette « Nouvelle Alliance », lequel texte est adressé- point essentiel – à la « maison d'Israel », expression reprise dans les Evangiles quand Jésus déclare qu'il est venu pour « les brebis perdues de la maison d'Israel », ce qui inscrit sa démarche dans le fil de la dite Prophétie. Notons aussi que le Ecoute Israel s'adresse également à la dite « maison » (Bayt, qui est aussi le nom de la deuxiéme lettre de l'alphabet, en grec Béta) et est repris des injonctions des prophétes à l'encontre du Royaume du Nord ou d'Israel (par référence à Jacob dont c'est le surnom), résultat d'une sécession à la mort de Salomon. 32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d'Israël, au terme de cette époque, dit l'Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c'est dans leur coeur que je l'inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. 33 Et ils n'auront plus besoin ni les uns ni les autres de s'instruire mutuellement en disant: "Reconnaissez l'Eternel!" Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit l'Eternel, quand j'aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu'au souvenir de leurs péchés. Cette Nouvelle Alliance est en fait, un chatiment, une sorte de prison psychique, à l'encontre de ceux qui ont fauté, désobéi car on ne peut plus faire confiance à leur bonne volonté. Et précisément, le caractère contraignant de l'astrologie va tout à fait dans ce sens. L'on comprend alors pourquoi le Talmud (traité Shabbat) déclare que les Juifs ne sont pas concernés par le système astrologique-le Mazal. On nous objectera que le Talmud se référe ici à Israe  par cet adage « Ein Mazal le Israel » On a le même probléme qu'avec le « Ecoute Israel » liturgique. C'est là le résultat d'un syncrétisme qui aura conduit, avec le temps, les Juifs – par ignorance (amnésie) de leur propre Histoire - à confondre en une seule les deux « maisons » d'Israel et de Juda, toutes deux d'ailleurs mentionnées dans Jérémie .30 « Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle «  Mais là encore, il y a risque de confusion et d'interpolation, la mention « maison de Juda » ne figurant plus ensuite. D'ailleurs, le Ecoute Israel n'affirme-t-il pas, n'annonce-t-il pas en sa première phrase quelque « unité » entre les deux maisons (Ehad) ? La forme double « Yahwé Elohim » est révélatrice et on la trouve dans certains passages de la Genése (notamment aux cbapitres II et III) mais aussi des Nombres (ch XV), ce qui aura bien embarrassé les traducteurs. .31 Ce n'est pas tant l'unité de Dieu qui est ici concernée mais bien la fin du schisme.Le terrain est piégé. Ce qui est annoncé, avec cette Nouvelle Alliance, c'est qu'il sera désormais impossible aux Juifs de pécher. 33 Et ils n'auront plus besoin ni les uns ni les autres de s'instruire mutuellement en disant: "Reconnaissez Yahwé!" Car tous, ils me connaîtront, du plus petit au plus grand, dit Yahwé, quand j'aurai pardonné leurs fautes et effacé jusqu'au souvenir de leurs péchés. La Nouvelle Alliance ne laissera point place à la faute à la différence de l'Ancienne ! On pense à ces gens que l'on enferme physiquement ou chimiquement, pour qu'ils soient dans l'impossibilité, l'impuissance à commettre de délit. On pourrait parler de castration voire de lobotomie !. Dans le texte du Ecoute Israel, dont la partie finale est tirée du Livre des Nombres (chapitre XV (17- 41), il est question de « tentation » : « vous les respecterez sans être tentés de suivre les mauvais penchants (qui) vous entrainent à l'infidélité » Nos récents travaux en Histoire de l'Astrologie –nous ont conduit à la thèse selon laquelle la planéte Saturne serait le vecteur de cette « Nouvelle Alliance »,déterminant cycliquement pour tout un collectif le même mode de comportement, au même moment, durant la même période, de sept ans en sept ans, rythme qui est en rapport avec le songe de Pharaon autour des 7 vaches maigres dévorant 7 vaches grasses, et l'on voit bien que le second temps- celui de la Nouvelle Alliance - est celui des vaches maigres. Signalons que si l'on divise la course de Saturne de 28 ans par 4, on trouve 7 ans. Il ne semble pas d'ailleurs que l'astrologie vue par Thomas d'Aquin ait pu lui permettre de proposer la lecture qui est la notre si l'on en croit l'adage qui lui est attribué (cf supra). Nous avons récemment signalé que cette prophétie sur des temps plus ou moins lointains à venir correspondait peu ou prou au moment d'émergence du « protestantisme » et sa doctrine de la prédestination. Or, précisément Thomas d'Aquin serait plutôt du côté des astres qui déterminent plutôt que des astres qui « nécessitent »  Il en aurait même pris le contre pied avec son « non necessitant », ce qui ne le prédisposait pas à interpréter correctement la dite prophétie, ce qui est révélateur de toute l'ambiguite du christanisme pré-Réforme quant à la vraie portée de celle-ci. Logiquement, le péché est inconcevable dans le cadre de la Nouvelle Alliance. Dans le Ecoute Israel, il semble que l'on ait proposé des moyens infaillibles pour neutraliser toute tentation : il y est question d'un « cordon d'azur » (Nombres XV) , le « Petil Tekhelet » פְּתִיל תְּכֵלֶת.  7. à ajouter aux « tsitsith » (franges) On retrouve cette couleur dans les châles (Tefilin) de prières et sur le drapeau de l'Etat d'Israel (1948). Nombres XV לז וַיֹּאמֶר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר.  37 Yahwé parla à Moïse en ces termes: לח דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, וְעָשׂוּ לָהֶם צִיצִת עַל-כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם, לְדֹרֹתָם; וְנָתְנוּ עַל-צִיצִת הַכָּנָף, פְּתִיל תְּכֵלֶת.  38 "Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur de se faire des franges (Tsistith) aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d'ajouter à la frange de chaque coin un cordon d'azur. (Petil Tekhelet) לט וְהָיָה לָכֶם, לְצִיצִת, וּרְאִיתֶם אֹתוֹ וּזְכַרְתֶּם אֶת-כָּל-מִצְוֺת יְהוָה, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם; וְלֹא-תָתוּרוּ אַחֲרֵי לְבַבְכֶם, וְאַחֲרֵי עֵינֵיכֶם, אֲשֶׁר-אַתֶּם זֹנִים, אַחֲרֵיהֶם.  39 Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements de l'Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l'infidélité. מ לְמַעַן תִּזְכְּרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֶת-כָּל-מִצְוֺתָי; וִהְיִיתֶם קְדֹשִׁים, לֵאלֹהֵיכֶם.  40 Vous vous rappellerez ainsi et vous accomplirez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu. Le Talmud enseigne que les pratiques pieuses permettent de se libérer du déterminisme astral (cf notre Monde Juif et l'astrologie), ce qui montre que le judaisme n'entend pas s'inscrire dans le cadre de la Nouvelle Alliance annoncée par Jérémie, il désigne l'astrologie comme ce qui lui est étranger (Avoda Zara). Revenons sur l'Epitre aux Hébreux, dans le Nouveau Testament, et sur son traitement de la prophétie jérémienne.8 Il y est question du repos du septième jour, du Shabbat, le 7 étant lié on l' a vu à Saturne (dont le nom hébraique est Shabtay). Ce Shabbat vient s'ajouter aux Six Jours de la Création (Genése ch I) et en cela il correspond à la Nouvelle Alliance. Il faut rappeler que selon nous, le Pentateuque est en grande partie des « Fils d'Israel » comme on les désigne tout au long du Livre de l'Exode. Entendez par là que ce sont les tenants ou les descendants de la « maison (royaume) d'Israel qui auraient pris le contrôle éditorial, rédactionnel du Pentateuque mais non du volet des Prophétes, si ce n'est pour le Deutéro Isaïe à partir du chapitre 44. Quand on vous disait que le terrain était miné. Ce « repos » annoncé – ce qui est d'ailleurs le sens de Shabbat – caractérise l'instauration de cette Nouvelle Alliance mais cela fait penser à une « maison de repos ». La hantise de la faute, le risque de l'oubli y seraient aboli. Autrement dit, cette « Nouvelle Alliance » serait un jeu, un marché de dupes proposé à des pécheurs repentis et qui seraient soulagés d'être réduits à un état inoffensif. Face à cette perspective, les Juifs incarneraient en effet l'Ancienne Alliance, ce qui se traduirait par une « Lutte des Classes » car à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. On voit que les textes et les pratiques devraient être expurgés de ce syncrétisme à commencer par la lecture hebdomadaire du Pentateuque (sauf quant au Premier chapitre de la Genése à préserver mais non la suite) et la récitation du Ecoute Israel. Ce Pentateuque qui a, en revanche, tout à fait,à juste titre, comme préambule au Nouveau Testament,puisqu'il lui est associé depuis toujours au sein du canon biblique chrétien. JHB 04 05 21

vendredi 28 mai 2021

Jacques Halbronn La Shoah au prisme de la dialectique Jupiter saturne

La Shoah au prisme de la dialectique Jupiter-Saturne Par Jacques Halbronn Selon nous, il y a aurait deux humanités, la jupitérienne et la saturnienne. On trouve dans la Bible des références plus ou moins explicites à une telle dualité : dans le livre du prophète Jérémie, à propos des deux Alliances, l'ancienne et la nouvelle (chapitre XXXI) et dans le livre du prophéte Ezékiel à propos du taureau et de l'aigle,, composantes du « tétramorphe » (avec le Lion et l'homme) Selon nous, la grande majorité de l'Humanité serait saturnienne et une minorité, jupitérienne. La partie saturnienne correspond à ce que l'on appelle le « peuple » et elle est en tension avec la partie jupitérienne. Les « dieux » ont établi un modus vivendi instaurant une forme de coexistence entre ces deux catégories, le cycle de Saturne permettant aux saturniens de reprendre périodiquement le contrôle de la situation tout en offrant aux jupitériens la possibilité de laisser leurs marques sur le renouvellement des structures sociales. On dira que les jupitériens sont des « empêcheurs de tourner en rond ». Pour les Saturniens, les jupitériens sont des « étrangers », des déracinés en ce qu'ils n'ont pas vocation à s'intégrer mais à déconstruire les structures vieillissantes, sclérosées et somme toute caduques. Comprendre Jupiter, c''est quelque part appréhender la « question juive » si souvent mal posée. Le débat est en effet souvent faussé : si les Juifs sont assez aisément perçus comme « autres », cela ne dépend pas de leur présence prolongée ou non dans un pays donné et inversement, des populations récemment arrivées dans un pays peuvent ne pas faire problème. Une fois de plus, l'on s'aperçoit que lorsque l'on ne dispose pas de la bonne grille, l'on s'échine en appliquer d'inappropriées. Un saturnien fera corps avec le groupe au sein duquel il demeure, même de fraiche date, alors qu'un jupitérien, même « de souche » locale restera indéfiniment en décalage. En fait, là est le seul et unique clivage qu'il faille absolument savoir gérer, au mieux.. Si l'on aborde le drame de la Shoah, force est de constater que cela met en évidence un tel clivage entre ces deux énergies et ces deux alliances, entre l'aigle saturnien et le taureau jupitérien, entre programmation collective (nouvelle alliance) et programmation individuelle (ancienne alliance). En fait, il nous apparaît que les saturniens seraient une « nouvelle » humanité, quelque peu robotisée comme annoncée dans Jérémie, ayant perdu sa liberté d'action alors que se serait maintenue l'ancienne humanité, de type jupitérien. Force est de constater que les saturniens sont amateurs d'un statu quo valable pour tous alors que les jupitériens sont des instigateurs de progrès, de renouvellement car toute structure est vouée à terme à se corrompre, à s'altérer,à se diversifier et il leur incombe d'instaurer de nouvelles pratiques pour tous.On voit donc à quel point la complémentarité Jupiter- Saturne est vitale pour éviter la sclérose. Avec la Shoa, avec le projet d'extermination des Juifs, par delà toute question de foi religieuse, un tel modus vivendi aura été singulièrement menacé et l'on se doute que les Saturniens ont pu largement adhéré, d'une façon ou d'une autre, à une telle entreprise d 'élimination, d'éradication systématique. Est ce à dire pour autant que tous les Jupitériens seraient Juifs ou que tous les Juifs seraient jupitériens ? Ce qui est clair, c'est que tous les Juifs, de nos jours, ne sont pas ipso facto jupitériens comme le montre l'existence même de l'Etat d'Israel qui a un mode de fonctionnement typiquement saturnien. Mais tous les Juifs ne vivent pas en Israel, ne se reconnaissent pas en cet Etat, préférent vivre en « diaspora ». En revanche, il reste envisageable que tous les Jupitériens puissent être qualifiés de « juif s » au sens où nous l'avons entendu et ce quelle que soit leur pratique religieuse y compris dans une posture antisémite. Depuis le XVIe siècle, comme nous l'avons montré par ailleurs, bien des juifs se seront illustrés dans les registres les plus divers, et ce en dehors de la sphère proprement judaïque, sous une forme « laïque ». Logiquement, les Juifs n'auraient pas vocation à se rassembler car ils sont programmés pour vivre « parmi les nations », au milieu de Saturniens. Comme dit un adage, « Ein Mazal leIsrael », les Juifs ne sont pas liés au cosmos, ce ne sont pas des aigles dans les airs, mais des taureaux, les pieds sur terre, leur cyclité ne dépend pas d'un mazal, d'un astre mais d'une horloge interne.(cf nos textes à ce sujet en Anthropocosmologie) mais comme on a dit, ils s'inscrivent en creux dans le cycle saturnien..La dépendance des astres est le fait de la Nouvelle Alliance annoncée par Jérémie et dont l’avènement date d'environ un demi-millénaire.. La Shoa engagée dans les années quarante du siècle dernier, nous apparaît - comme en réaction contre cette présence juive programmée pour empécher l'emprisonnement dans des habitudes mortifères et dans des dispositifs se délabrant assez vite..Il revient à l'anthropocosmologie d'élucider le mode de fonctionnement duel de notre monde. JHB 28 05 21

dimanche 23 mai 2021

Jacques Halbtonn L'accomplissement de la prophétie de Jérémie à partir du XVIe siècle

L’accomplissement de la prophétie de Jérémie à partir du XVIe siècle par Jacques Halbronn Au chapitre XXXI ( versets 31 et seq) on trouve dans le Livre de Jérémie une prophétie qui aura fait couler beaucoup d’encre relative à la formation d’une Nouvelle Alliance, censée se manifester un beau jour et qui fonctionnera différemment de la Première. On retrouve d’ailleurs une telle terminologie avec les intitulés Ancien et Nouveau Testaments. Or, il nous apparaît que cette prophétie aura commencé à s’accomplir – pour employer une formule des Evangiles – à la charnière du XVIe siècle et ce à double titre, ce qui crée une convergence assez remarquable. D’une part, le phénoméne de la Réforme, de l’autre, la mutation se produisant dans le monde juif vers une forme de laïcisation. En ce qui concerne la Réforme, l’on relévera la question du mariage des prêtres, le refus de l’idée de papauté, la mise en cause du libre arbitre, la distance par rapport à la Vierge. Autant de facteurs qui correspondent à notre compréhension de la Nouvelle Alliance, donc quinze siècle après le sacerdoce de Jésus. C’est dire que l’annonce d’une Nouvelle Alliance aura été parfois fort prématuré. Nous nous propsons de traiter ces questions au prisme du paradigme Jupiter-Saturne que nous avons eu maintes fois l’ccasion d’exposer. La Nouvelle Alliance serait liée à Saturne alors que la Première Alliance le serait à Jupiter. Saturne correspondant à un principe collectif dépassant la dimension individuelle alors que Jupiter s’intéresse à la personnalité propre à chaque protagoniste, ce qui complexifie singulièrement les choses. Jérémie annonce que le modèle jupitérien ne pourra plus s’appliquer et laissera la place au modèle saturnien plus rigoureux et laissant moins de place à l’initiative individuelle. Par ailleurs, Saturne est lié au deuxiéme chapitre de la Genése alors que Jupiter correspondait au premier. Saturne c’est le Ish doté de sa Isha, Adam accompagné par Eve alors que Jupiter est, à l’image du Créateur à la fois masculin et féminin, donc androgyne. Le catholicisme romain est jupitérien. Il met en avant le Pape, figure jupitérienne et le célibat. De l’autre côté, nous avons le monde juif, à la même époque, avec l’apparition progressive de personnalités « d’origine juive » se distinguant dans toutes les branches de la création et ce en dehors du carcan religieux, d’où la prise en compte de Juifs s’étant convertis à telle ou telle religion. Ce qui correspond à une tendance jupitérienne qui va d’ailleurs cohabiter à terme avec un sionisme de tendance saturnienne, d’où la création de l’Etat d’Israel La Shoah est un phénoméne typiquement saturnien qui prend le monde juif comme un tout d’un seul tenant et donc méritant un même sort. On voit que le judaisme tout comme le christianisme connaissent l’un et l’autre une mutation et nous offrent une certaine complémentarité…Les nouveaux juifs vont susciter un certain antisémitisme distinct de l’ancien antijudaisme (cf notre ouvrage Le sionisme et ses avatars au tournant du Xxe siècle. Ed Ramkat 2002) et cet antisémitisme ne croit pas à la valeur des conversions comme on le croyait encore à la fin du Xve siècle et l’expulsion des Juifs d’Espagne refusant la conversion. et le protestantisme saturnien marquera l’Allemagne nazie. Mais très vite, ces conversions seront mise en cause et cela donnera naissance au marranisme. Le Juif jupitérien diffère singulièrement du Juif saturnien en ce qu’il s’affirme dans sa singularité, dans le cadre d’une laïcité et en cela le clivage est marqué avec le Juif saturnien, polarisé sur l’Etat d’Israel. Emerge ainsi une double dualité tant au sein du monde chrétien que du monde juif, avec d’un côté Catholiques et Juifs diasporiques et de l’autre Protestants et Juifs sionistes. Rappelons que le sionisme aura été largement porté par le mouvement évangéliste, notamment depuis le XIXe siècle. JHB 23 05 21

jeudi 20 mai 2021

Jacques Halbronn La double dimension additionnelle du chapitre II de la Genése.

La double dimension additionnelle du chapitre II de la Genése . Saturne-Shabbat et la Femme. Par Jacques Halbronn Le chapitre II du Livre de la Genése témoigne d'un certain revirement dans le premier projet de la Création. Cela commence par l'ajout d'un septième jour.(Yom haShevii) alors que la Création avait été accomplie en six jours. Dernier verset (31) du chapitre I On voit bien que c'est un verset conclusif « Dieu examina tout (Kol) ce qu'il avait fait » jusque là. . לא וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה, וְהִנֵּה-טוֹב מְאֹד; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם הַשִּׁשִּׁי.  {פ} 31 Dieu examina tout ce qu'il avait fait c'était éminemment bien. Le soir se fit, puis le matin; ce fut le sixième jour. Premiers versets du chapitre II : א וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, וְכָל-צְבָאָם.  1 Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec tout ce qu'ils renferment. ב וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה.  2 Dieu mit fin, le septième jour, à l’œuvre faite par lui; et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu'il avait faite. ג וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ:  כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת.  {פ} 3 Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu'en ce jour il se reposa de l’œuvre entière qu'il avait produite et organisée. ד אֵלֶּה תוֹלְדוֹת הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, בְּהִבָּרְאָם:  בְּיוֹם, עֲשׂוֹת יְהוָה אֱלֹהִים--אֶרֶץ וְשָׁמָיִם.  4 Telles sont les origines du ciel et de la terre, lorsqu'ils furent créés; à l'époque où l'Éternel-Dieu fit une terre et un ciel. Passons à un autre aspect de ce même chapitre II non sans avoir faire remarquer que le commandement (l'un des « Dix Commandements ») sur le Shabbat (Exode XX) renvoie à ce même début du chapitre II  et ce nom même de Shabbat est lié à Shabtai qui est le nom de la planète Saturne (dans le Livre de la Création, Sefer Yetsira). Autrement dit, le respect du Shabbat découle dans la mise en place dans un deuxième temps, d'un septiéme jour  dont nous verrons qu'il est problématique. ח שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ.  8 Durant six jours tu travailleras et t'occuperas de toutes tes affaires, ט וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי--שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ:  לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ.  9 mais le septième jour est la trêve de l'Éternel ton Dieu: tu n'y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes murs. י כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יְהוָה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יְהוָה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת--וַיְקַדְּשֵׁהוּ.  {ס} 10 Car en six jours l'Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment et il s'est reposé le septième jour; c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du Sabbat et l'a sanctifié. Mais là n'est pas la seule addition véhiculée par ce même chapitre II du Livre de la Genése et nous y voyons quelque forme d'analogie : notons une discontinuité entre les 10 premiers versets et les suivanats dans le nom meme de Dieu : d'un côté Yahvé et de l'autre Yahvé Elohim, d'où deux formulations distinctes dans la traduction française : d'un côté L'Eternel, de l'autre l'Eternel-Dieu. יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, לֹא-טוֹב הֱיוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ; אֶעֱשֶׂה-לּוֹ עֵזֶר, כְּנֶגְדּוֹ.  18 L’Éternel-Dieu dit: "Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui." כא וַיַּפֵּל יְהוָה אֱלֹהִים תַּרְדֵּמָה עַל-הָאָדָם, וַיִּישָׁן; וַיִּקַּח, אַחַת מִצַּלְעֹתָיו, וַיִּסְגֹּר בָּשָׂר, תַּחְתֶּנָּה.  21 L’Éternel-Dieu fit peser une torpeur sur l’Homme, qui s’endormit il prit une de ses côtes, et forma un tissu de chair à la place. כב וַיִּבֶן יְהוָה אֱלֹהִים אֶת-הַצֵּלָע אֲשֶׁר-לָקַח מִן-הָאָדָם, לְאִשָּׁה; וַיְבִאֶהָ, אֶל-הָאָדָם.  22 L’Éternel-Dieu organisa en une femme la côte qu’il avait prise à l’homme, et il la présenta à l’homme. כג וַיֹּאמֶר, הָאָדָם, זֹאת הַפַּעַם עֶצֶם מֵעֲצָמַי, וּבָשָׂר מִבְּשָׂרִי; לְזֹאת יִקָּרֵא אִשָּׁה, כִּי מֵאִישׁ לֻקְחָה-זֹּאת.  23 Et l’homme dit: "Celle-ci, pour le coup, est un membre extrait de mes membres et une chair de ma chair; celle-ci sera nommée Icha, parce qu'elle a été prise de Ich." כד עַל-כֵּן, יַעֲזָב-אִישׁ, אֶת-אָבִיו, וְאֶת-אִמּוֹ; וְדָבַק בְּאִשְׁתּוֹ, וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד.  24 C'est pourquoi l'homme abandonne son père et sa mère; il s'unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair. כה וַיִּהְיוּ שְׁנֵיהֶם עֲרוּמִּים, הָאָדָם וְאִשְׁתּוֹ; וְלֹא, יִתְבֹּשָׁשׁוּ.  25 Or ils étaient tous deux nus, l'homme et sa femme, et ils n'en éprouvaient point de honte. Ce même chapitre II non seulement introduit un septième jour,-ce qui va également affecter le nombre de jours de la semaine- mais annonce qu'il va apporter de l'aide (Ezer) à Adam, avec la création de la femme qui n'était pas prévue davantage dans le premier programme. C'est dire que ce chapitre II est un moment clef dont on trouve l'écho dans la genése de la tradition astrologique avec le passage du 6 au 7.(cf notre étude de la Tétrabible de Ptolémée sur le chapitres des rapports planètes-signes) Saturne serait une planète additionnelle tout comme la Nouvelle Alliance (Jérémie XXXI) est évidemment additionnelle. Structurellement, l'ajout de Saturne vient perturber également l'agencement des lettres de l'alphabet hébraïque tel que présenté dans le Sefer Yetsira, où un groupe de six lettres « doubles » se voit adjoint une septiéme lettre, le Resh. On perçoit le paralléle entre Genése II et Jérémie XXXI, cette « nouvelle alliance' (Brith Hadasha), reprise dans le « Nouveau Testament » correspondant un virage quant à la constitution même d'une certaine humanité et dont on trouve un écho dans le Shéma Israel,(Ecoute Israel) actuellement considéré comme la manifestation par excellence de la foi juive alors même que la maison d'Israel ne saurait être confondue avec la maison de Juda (cf le verset 30) ל הִנֵּה יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יְהוָה; וְכָרַתִּי, אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל וְאֶת-בֵּית יְהוּדָה--בְּרִית חֲדָשָׁה.  30 Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, לא לֹא כַבְּרִית, אֲשֶׁר כָּרַתִּי אֶת-אֲבוֹתָם, בְּיוֹם הֶחֱזִיקִי בְיָדָם, לְהוֹצִיאָם מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם:  אֲשֶׁר-הֵמָּה הֵפֵרוּ אֶת-בְּרִיתִי, וְאָנֹכִי בָּעַלְתִּי בָם--נְאֻם-יְהוָה.  31 qui ne sera pas comme l'alliance que j'ai conclue avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d'Egypte, alliance qu'ils ont rompue, eux, alors que je les avais étroitement unis à moi, dit le Seigneur. לב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם.  32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d'Israël, au terme de cette époque, dit l'Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c'est dans leur coeur que je l'inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Une telle problématique additionnelle concerne aussi le rapport du puiné-celui qui arrive après- à l'aîné, de Jacob- qui prendra le nom d'Israel à la suite de son combat avec l'Ange- par rapport à Esaü. Cela nous renvoie aux affrontements survenus à la suite de la mort du roi Salomon, ce qui conduira à la formation d'un Royaume d'Israel qui fera pendant au Royaume de Juda, ce qui constitue une donnée politique nouvelle. Rappelons que Jésus déclare qu'il est venu pour « les brebis perdues de la maison d'Israel » et c'est lui qui brandit l'idée de Nouvelle Alliance. N'oublions pas la distinction entre Ancien et Nouveau Testaments,ce qui va dans le même sens additionnel. Il n'est pas étonnant, dans ces circonstances, que la Bible chrétienne ait englobé l'Ancien Testament. Boyarin insiste sur certaines convergences en soulignant l'évolution du judaisme mais il semble oublier que cette évolution fait déjà problème en elle-même et que le christianisme n'est que la continuité, l' »accomplissement », de ce qui s'est joué autour du Royaume d'Israel, bien des siècles avant le temps de Jésus ! Pour nous, il nous semble qu'il importe de prendra acte d'un tel revirement et de comprendre que l'Ancien Testament aura déjà fait l'objet de manipulations, ce dont le judaisme actuel ne semble pas avoir pris la mesure, véhiculant de facto une approche qui appartient au dit Royaume d'Israel. Pour nous, le scandale de la récitation du Shema Israel comme expression de la foi juive devra cesser tôt ou tard, mais cela vaut aussi pour la célébration du « septième jour » qui est une invention « israélite » en ce qu'elle constitue bel et bien une subversion. C'est bien là un « Cheval de Troie » ! JHB 20 05 21

mardi 18 mai 2021

Jacques Halbronn Astrologie Le tétramorphe et la Lutte des Classes

Astrologie . Le tétramorphe et la Lutte des Classes. par Jacques Halbronn Comme dans le cas des Centuries de Nostradamus, qui ne se comprennent qu'au prisme des quatrains de ses almanachs (cf nos trois études sur le passage du Nostradamus premier au Nostradamus bis.) on doit se demander quelle a pu être la matrice des 12 « signes » zodiacaux (de Zoé, la vie en grec, l'animal (zoon), d'où le zoo) et selon nous, ce fut ce qu'on appelle le « tétramorphe) (de tetra : quatre, décidément, on ne sort pas du 4) Le tétramorphe a ses lettres de noblesse:on le trouve dans la vision des « Hayoth » (de Hayim : la vie - à rapprocher du Zoon grec ) d'où l'expression juive pour trinquer), dans le Livre du prophéte Ezékiel, dans les arcanes majeurs du Tarot avec l'arcane « Le Monde » avec les 4 étoiles fixes Royales qui se trouvent placées au sein de 4 constellations que sont le Taureau (Aldébaran), le Lion (Régulus), l'Aigle (Scorpion (Antarés) et l'Homme (Adam, le Verseau, Fomalhaut( dans la constellation du Poisson Austral)/ Ce sont les quatre signes « fixes » de l'astrologie. Les 4 Evangélistes sont associés à ces « êtres vivants » en rapport avec les quatre saisons. .Initialement, es 4 étoiles fixes devaient correspondre aux équinoxes et aux solstices mais cela aura cessé de s'accorder du fait de la précession des équinoxes. On pense aussi aux composantes de certains sphunx : visage humain, corps de taureau, aile d'aigles et pattes de lion. Selon nous, le taureau correspondrait à Jupiter et l'Aigle à Saturne mais nous retiendrions surtout l'idée de prédateur et même de rapace sinon de charognard de cet oiseau qu'affrontera Héraklés lors de l'un de ses Douze Travaux (cf Dupuis, L'origine des cultes), les Oiseaux du Lac de Stymphale mais Hercule affrontera aussi le Taureau de Crète Le Taureau c'est aussi la Vache, la « vache à lait », le bœuf étant un animal de sacrifice comme le mouton. Selon nous, le bœuf et le lion incarnent les « bonnes » saisons, printemps et Eté tandis que l'aigle et le serviteur sont en rapport avec les « mauvaises » saisons, Automne et Hiver, ce qui renvoie au conflit entre Déméter (Cérés) et Hadés (Pluton) Il est clair que les bonnes saisons permettent de faire des provisions pour les mauvaises, comme les vaches « grasses » du Songe de Pharaon par rapport aux vaches « maigres » C'est à l'automne que l'on tue le cochon pour en faire de la charcuterie (chair cuite) et il est étrange que cet animal ne soit pas représenté dans l'iconographie zodiacale occidentale alors qu'il est présent dans le zodiaque chinois. Ce que nous voulons montrer ici, c'est que Jupiter, le 'Grand Bénéfique » correspond au Taureau et que Saturne, le » Grand Maléfique », en astrologie, correspond à l'Aigle,à l'oiseau de proie. Jupiter, c'est le chef, le guide, le pasteur alors que Saturne, c'est le peuple, la masse, la foule qui manifeste pour qu'on la nourrisse de pain et qu'on lui offre des jeux : panem et circenses. On a vu pendant la pandémie à quel point la suspension/ suppression de toutes sortes de loisirs aura rencontré de protestations. Dans une précédente étude, nous avions montré ce que pouvait signifier, impliquer le glissement de l'Ancienne vers la Nouvelle Alliance (cf le Livre du Prophéte Jérémie ch.XXXI), du régime de Jupiter à celui, plus contraignant, de Saturne. Cette Nouvelle Alliance est en fait un chatiment infligé par Dieu à la maison d'Israel, en rupture avec la maison de Judah, qui ne respecte pas ses commandements. Actuellement, le judaisme adhère à une religion hybride, synthétique, à telle enseigne qu'on récite dans les synagogues un « Ecoute Israel »  non plus perçu commme une condamnation par les prophétes mais comme une profession de foi  un peu comme dans les Eglises, on réservait des propos méprisants pour les Juifs « impies ». Le cas du Verseau est typique d'une certaine confusion, ce qui empêche de bien cerner le sens du tétramorphe : Paul Le Cour rapproche ce signe du personnage de Ganyméde dans son ouvrage sur l'avénement du verseau, paru avant la Seconde Guerre Mondiale. Or, Ganyméde est un serviteur, un échanson qui sert à boire, à la table des dieux, d'où son surnom de « verseau » (Aquarius), il incarne l'ouvrier, l'employé, le mercenaire, qui reçoivent un salaire pour leur travail. En cela, le Verseau à l'instar de l'Aigle, sont des êtres « intéressés » dont les actes sont dictés par l'appât du gain. Ils n'ont pas la générosité de la vache, ni la dignité du lion. En ce sens, l'ère du Verseau serait prolétarienne et Marx serait son prophète. Pour nous, le personnage de Jésus correspond au Taureau confronté au peuple saturnien (voir la scène de la Tentation) qui va le condamner en lui préférant Barrabas pour échapper au supplice..Saturne, c'est Satan. Ce sont les scènes de lynchage pratiqué par une foule s'acharnant sur un homme accusé à tort ou à raison. Le tétramorphe illustre le combat entre deux mondes et nous y voyons une forme de manichéisme. Au signe de la balance, qui correspond à l'équinoxe d'automne, (symbole de la Justice), on passe des bonnes aux mauvaises saisons. Les Juifs y inscrivent le Jour du Pardon, le Yom Kippour. A l'inverse, à l'équinoxe de printemps, on retrouve une nature généreuse. C'est le temps de la Pâque, de l'agneau pascal. L'astrologie doit se réapproprier le tétramorphe, qui orne souvent les cathédrales (cf le Christ pantécrator) car on y trouve une dimension cyclique, une forme d'alternance voire de dilemme entre le pouvoir du chef et celui de la masse, du « démos » (démocratie). Pour en revenir à ce que nous évoquions au sujet des Alliances, ancienne et nouvelle, il y a, comme dit l'Ecclésiaste, un temps pour ceci et un temps pour cela. Un temps qui est celui d'un leader (Jupiter) qui guide un peuple par son charisme, d'un pasteur et de son troupeau – image courante dans les Evangiles - et un temps où le peuple est mu par des forces subconscientes (Saturne) qui s'emparent de son esprit. Saturne met parfois une chape de plomb qui ne laisse à la Société aucune marge de manœuvre mais assure une forme d'égalité, par un nivellement par le bas -cela correspond au passage équinoxiale et au solstice, Jupiter vient libérer le peuple de son esclavage, chaque période durant 7 ans, ce qui nous renvoie au Songe de Pharaon tel qu'interprété par l'Hébreu Joseph. Le cycle de Jupiter est plus de deux fois plus rapide que celui de Saturne (trois ans par période au lieu de sept ans, et Jupiter est alors en mesure de libérer ses frères et sœurs avalés par leur père Saturne-Kronos, notamment quand Jupiter passera au carré du soleil natal de tel ou tel chef , - mais tout dépend de l'élection du « bon » chef- ce qui se produit tous les six ans.( cf nos études à ce sujet). On aura compris que la Gauche, en politique correspond à Saturne et la Droite à Jupiter. Ce sont là deux formes d'exercice du pouvoir qui comportent l'une et l'autre leurs excés. La Gauche incarne la base (le « bottom ») et la Droite rassemble des notables, une certaine élite dirigeante. L'astrologie est en mesure d'arbitrer, pensons nous, la Lutte des Classes. JHB 17 05 21