vendredi 17 juin 2022

jacques Halbronn Les Juifs et les Israélites dans le Nouveau Testamen:: quel distinguo?

jacques Halbronn Les Juifs et les Israélites dans le Nouveau Testament. Quel distinguo? Qui sont donc ces "paiens" sinon en fait les Israélites, cette maison d'Israel dont Jésus est venu "sauver" les brebis perdues"? On est en droit de se demander en quoi ces paiens pouvaient avoir envie de se rapprocher des Juifs. En revancne, cela convient tout à fait pour les Israélites qui avaient vécu des siècles dans le voisinage des Judéens. Rappelons l'attachement de Jésus à la Galilée, y compris lors de sa Résurrection Evangile de Mathieu 28, 7 " "Aux femmes venues au tombeau le matin de Pâques, l’ange déclare : « Allez dire à ses disciples : il est ressuscité d’entre les morts, et le voilà qui vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez » Les gens de Galilée étaient dans une situation compliquée et c'est vers eux que Jésus le Judéen se rendit et non vers des "paiens" étrangers au monde juif, ce qui nous semble bien invraisemblable. Quant à la question de la circoncision, l'on peut supposer que cela leur était interdit.(cf Epitre aux Ephésiens II; Epitre aux Romains IV) Le sang du Christ a rapproché ces populations. En cela, on peut parler de véritable "miracle"/ Au fond, un clivage assez comparable existe au sein du Christianisme entre Catholiques et Protestants et l'édit de Nantes de 1598 aura tenté de les rapprocher, Henri IV en cela offre une certaine figure christique. On pense également à la situation des Algériens avant l'indépendance de 1962. En tout état de cause, l'on peut se référer à un phénoméne mimétique générant une certaine proximité. En tout état de cause, ces "paiens" dont on nous parle, entretenaient certainement de longue date des relations avec le "monde juif" Paradoxalement, l'Ancien Testament nous apparait comme truffé de références aux "enfants d'Israel", notamment dans le livre de l'Exode et force est de constater que les Juifs d'aujourd'hui ont perdu conscience de telles problématiques au point de conférer au "Shema Israel" (Ecoute Israel) une portée solennelle incongrue. JHB 17 06 22

Jacques Halbronnn Théologie et débat autour de la Science

jacques Halbronn Théologie et débat autour de la Science. Entre les sciences "dures" et les arts et techniques, l'on trouve une sorte de purgatoire avec les "sciences sociales" dont le terrain apparait comme singulièrement miné. Or,ce terrain reléve d'une théologie en souffrance qui ne reléve ni de la Nature, ni de la création humaine mais d'une création des "Fils de Dieu", à l'image de Dieu.(cf Epitre aux Colossiens, I, 15) C'est au nom de la Science que le champ des sciences sociales ne cesse d'être harcelé de nos jours au nom du Wok selon lequel l'homme peut faire et défaire tout ce qui concerne l'organisation de nos sociétés. L'astrologie ne serait donc pas "scientifique", la distinction entre hommes et femmes ne le serait pas davantage (théorie du genre) pas plus que la spécificité juive. On aura compris que selon nous, il s'agit bien d'un conflit d'ordre théologique ente la théologie du Dieu-Nature et celle de la "Surnature" avec une théologie centrée sur l'Homme qui serait contraire à ce que Dieu déclare dans le Livre d'Osée, quand il rejette les idoles faites de main d'homme. JHB 17 06 22

Jacques Halbronn Théologie Le Fils à l'image du Père et le livre de la Genése

jacques Halbronn Théologie Le Fils à l'image du Père et le Livre de la Genése. On comparera ces deux textes qui traitent chacun à sa façon de ce qui est créé "à l'image du Père" I Nouveau Testament Colossiens I 12 Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière, 13 qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, 14 en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. 15 Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. II Ancien Testament Genése V א זֶה סֵפֶר, תּוֹלְדֹת אָדָם: בְּיוֹם, בְּרֹא אֱלֹהִים אָדָם, בִּדְמוּת אֱלֹהִים, עָשָׂה אֹתוֹ. 1 Ceci est l'histoire des générations de l'humanité. Lorsque Dieu créa Adam, il le fit à sa propre ressemblance On se demandera si la formule "crée à l'image de Dieu" ne vaut pas davantage pour le "Fils de Dieu" que pour l'homme (Adam) JHB 17 06 22

Jacques Halbronn Epistémologie. Critique nostradamique, critique biblique, cririque linguistique, cririque astrologique

jacques Halbronn Epistémologie. Critique nostradamique, critique biblique, critique linguistique, critique astrologique En 2007, notre post-doctorat avait pour sous titre « naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle et nous comparions la méthodologie de cette critique nostradamique à celle de la critique biblique qui lui était contemporaine. La méthode critique que nous exposions traitait notamment des clivages de temps et d’espace qui permettaient de déceler des syncrétismes et des antidatations. Dix ans plus tôt en 1997, nous avions posé les bases de la critique nostradamique lors d’une communication aux Journées Verdun Saulnier, à la Sorbonne ( “Les prophéties et la Ligue”, Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V. L. Saulnier, 15, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure. 1998) Nous montrions que tel quatrain du premier volet des Centuries s’en prenait ai camp d’Henri IV: Garde-toi Tours de ta proche ruine et était donc marqué par une période nettement postérieure aux années 1550 où la plupart des chercheurs entendaient cantonner la publication du dit quatrain IV, 46, à savoir l’année 1555. Sous la Ligue, la France était comme divisée en deux, Paris et Tours servant notamment, à un moment donné, de capitale pou les camps respectifs; autour de deux « »religions », la catholique et la réformée. Dans les années 2010, nous allions contribuer à l’avancement de la critique biblique en insistant sur le clivage entre le Royaume de Judée et celui d’Israel, schisme qui remontait aux lendemains de la mort du roi Salomon, au Xe siècle avant notre ère. Nous montrâmes que le Livre de l’Exode, au sein du Pentateuque, mettait en scéne les « fils d’Israel » et que dès lors, l’Ancien Testament était marqué par le dit schisme dans sa rédaction même tout comme les Centuries avec leurs deux volets réunis sous un seul et même volume, à l’approche de l’édit de Nantes de 1598. (cf 2002, Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat et Papes et Prophéties Ed Axiome 2005) Mais notre démarche couvrait encore d’autres domaines. Celui de l’anglais, avec ses composantes germaniques et « latins » (cf notre Essai de description critique du systéme du français à la lumière des relations interlinguistiques 1989) où nous abordions un corpus constitué d’apports très différents mais qui se combinaient au sein d’un seul et même ensemble et celui de l’Astrologie dont nous montrions les relations complexes avec l’astronomie. Nous avions donc travaillé sur quatre corpus dont l’apparente synchronie ne résistait pas à l’approche diachronique. JHB 18 06 22

jeudi 16 juin 2022

Jacques Halbronn Théologie et politique. Le leader est étranger au peuple qu'il doit "sauver"

jacques Halbronn Théologie et politique. Le leader est étranger au peuple qu'il doit sauver Dans le contexte démocratique actuel, celui de la représentativité, on a tendance à vouloir que le chef émane, est issu du groupe qu'il entend conduire. Une telle vision des choses n'aura cessé d'être source de confusion Dans nombre de cas, on aura maquillé les textes afin d'enteriner une telle idée . Les Juifs veulent ainsi se persuader que Moïse était un Hébreu venu au secours de "son" peuple alors que c'est Dieu qui envoie ¨Môise pour "sauver" 'son' peuple, à lui Dieu. De même Jésus, l'hébreu, n'aura pas été envoyé vers les siens mais vers un autre "peuple", celui d'Israel, comme il le déclare: Je suis venu pour les brebis perdues de la maison d'Israel, et il ne s'inclue nullement dans un tel ensemble. La notion d'envoyé est explicite et elle sera même reprise dans l'Islam avec mahomet "rassoul Allah", envoyé de Dieu et l'on n'envoie pas quelqu'un vers un lieu qui est le sien, dont il est issu. Il nous faut donc qualifier d'interpolation tous les passages qui tendent à présenter Moïse comme Hébreu(au chapitre II) , ce qui va à l'encontre du Chapitre suivant, III. Cela montre que le Livre de l'Exode aura été interpolé et antidaté. Exode II א וַיְהִי בַּיָּמִים הָהֵם, וַיִּגְדַּל מֹשֶׁה וַיֵּצֵא אֶל-אֶחָיו, וַיַּרְא, בְּסִבְלֹתָם; וַיַּרְא אִישׁ מִצְרִי, מַכֶּה אִישׁ-עִבְרִי מֵאֶחָיו. 11 Or, en ce temps-là, Moïse, ayant grandi, alla parmi ses frères (Ahiv) et fut témoin de leurs souffrances. Il y a une solution de continuité entre le chapitre II et le chapitre III du Livre de l'Exode où Dieu déclare à Moise: י וְעַתָּה לְכָה, וְאֶשְׁלָחֲךָ אֶל-פַּרְעֹה; וְהוֹצֵא אֶת-עַמִּי בְנֵי-יִשְׂרָאֵל, מִמִּצְרָיִם. 10 Et maintenant va, je t'envoie (Eshlakhkha) vers Pharaon; et fais que mon peuple, les enfants d'Israël, sortent de l'Égypte." Nous avon signéle en son temps un procédé comparable pour le début du Livre de la Genése, qui précéde le Livre de l'Exode en montrant que les 4 premiers chapitres avaient été rajoutés et qu'en réalité le dit Livre commençait au chapitre V, dont les premières lignes comportent le terme "Toldoth" qui peut être traduit par Genése, bien plus que celui de "Béréshit" (au commencement) Genése V C'est le livre des générations א זֶה סֵפֶר, תּוֹלְדֹת אָדָם: בְּיוֹם, בְּרֹא אֱלֹהִים אָדָם, בִּדְמוּת אֱלֹהִים, עָשָׂה אֹתוֹ. 1 Ceci est le livre (Sefer) des générations de l'humanité. Lorsque Dieu créa l'être humain, il le fit à sa propre ressemblance. ב זָכָר וּנְקֵבָה, בְּרָאָם; וַיְבָרֶךְ אֹתָם, וַיִּקְרָא אֶת-שְׁמָם אָדָם, בְּיוֹם, הִבָּרְאָם. 2 Il les créa mâle et femelle, les bénit et les appela l'homme, le jour de leur création. Le cas de Cyrus, le roi de Perse, est emblématique de la stature d'un Sauveur étranger au peuple qu'il doit conduire. En fait, selon nous, Moise et Jésus sont des calques de Cyrus, qualifié de Messie. Mais il importe de séparer le bon grain de l'ivraie et de garfer la substantifique moelle sans jeter le bébé avec l'eau du bain Même dans les contrefaçons, il y a une part de vérité, tout comme dans les emprunts: Livre d'Isaïe (Deutéro) 45 א כֹּה-אָמַר יְהוָה, לִמְשִׁיחוֹ לְכוֹרֶשׁ אֲשֶׁר-הֶחֱזַקְתִּי בִימִינוֹ לְרַד-לְפָנָיו גּוֹיִם, וּמָתְנֵי מְלָכִים, אֲפַתֵּחַ--לִפְתֹּחַ לְפָנָיו דְּלָתַיִם, וּשְׁעָרִים לֹא יִסָּגֵרוּ. 1 Ainsi parle l'Eternel à son Oint (Messie, Mashiah), à Cyrus je l'ai pris par la main pour mettre les nations à ses pieds et délier les ceintures des rois, pour ouvrir devant lui les battants et empêcher que les portes lui soient fermées : ב אֲנִי לְפָנֶיךָ אֵלֵךְ, וַהֲדוּרִים אושר (אֲיַשֵּׁר); דַּלְתוֹת נְחוּשָׁה אֲשַׁבֵּר, וּבְרִיחֵי בַרְזֶל אֲגַדֵּעַ. 2 "Je marcherai devant toi, j'aplanirai les hauteurs, je briserai les portes d'airain et abattrai les verrous de fer. ג וְנָתַתִּי לְךָ אוֹצְרוֹת חֹשֶׁךְ, וּמַטְמֻנֵי מִסְתָּרִים: לְמַעַן תֵּדַע, כִּי-אֲנִי יְהוָה הַקּוֹרֵא בְשִׁמְךָ--אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל. 3 Je te donnerai des trésors enfouis dans les ténèbres, des richesses cachées dans des lieux secrets, pour que tu saches que je suis l'Eternel, le Dieu d'Israël, qui t'appelle par ton nom. ד לְמַעַן עַבְדִּי יַעֲקֹב, וְיִשְׂרָאֵל בְּחִירִי; וָאֶקְרָא לְךָ בִּשְׁמֶךָ, אֲכַנְּךָ וְלֹא יְדַעְתָּנִי. 4 C'est en faveur de mon serviteur Jacob, d'Israël mon élu, que je t'ai appelé par ton nom, que je t'ai décerné un titre, bien que tu ne me connusses pas Nous avons déjà souligné le subterfuge visant de la part des Israélites à se substituer aux Judéens, libérés par Cyrus de la "Captivité de Babylone) au VIe siècle avant JC, le Deutéro Isaie étant un supplément au Livre d'Isaie au delà du chapitre 44. Tout cela nous conduit à penser que les juifs de par leur "étrangeté" même ont vocation à conduire les nations mais ils ne peuvent y parvenir que chacun dans le milieu qu'il s'est choisi et non en tant que collectif. Il leur faut se disperser et intervenir chacun de son côté. Et toute concentration, toute concertation de Juifs ne peut être que contre productive. Il leur faut agir isolément et en même temps c'est l'ensemble de leurs actions dispersées qui fait sens. C'est dire que la notion d'Eglise, pronée par les Chrétiens, n'est pas recevable du fait même qu'elle désigne un groupe soudé et non des individus isolés. On trouve dans les Evangiles cette contradiction entre d'une part les apôtres, les envoyés et de l'autre l'Eglise.(cf le sermon adressé à Pierre). Cette ambiguité est récurrente: le Sauveur doit sortir d'un peuple mais ce n'est pas le peuple qui est mandaté en tant que tel mais ses rejetons. D'ailleurs, la notion de "fils d'une Vierge" est un contre sens si on prend la formule à la lettre, la Vierge (Bétoula), ici, désigne, le peuple qui accouchera de guides pour les nations.(cf Livre de Jérémie) Dialectique entre l'individuel et le collectif: ב אָז תִּשְׂמַח בְּתוּלָה בְּמָחוֹל, וּבַחֻרִים וּזְקֵנִים יַחְדָּו; וְהָפַכְתִּי אֶבְלָם לְשָׂשׂוֹן וְנִחַמְתִּים, וְשִׂמַּחְתִּים מִיגוֹנָם. 12 Alors, la jeune fille (Bétoula) prendra plaisir à la danse, adolescents et vieillards [se réjouiront] ensemble; je changerai leur deuil en allégresse et en consolation, et je ferai succéder la joie à leur tristesse. Il importe de comprendre que le tâche du chef exige des capacités particulières lui permettant de se rendre indispensable tout en étant voué à un certain rejet de par sa mission même. Face à lui se dressent les tenants d'un certain statu quo, d'un consensus traditionnel.Certaines sociétés seront assez sages pour accepter une telle intrusion alors que d'autres résisteront coûte que coûte, par tous les moyens. Dans le domaine scientifique, cette "intrusion" est acceptée de bonne grâce alors que dans d'autres, elle est le plus souvent mal vécue, ce qui exige des leaders particulièrement inspirés pour vaincre, surmonter un tel entêtement. Le chef se retrouve alors seul contre tous mais il n'y parvient que parce qu'il s'est rendu, d'une façon ou d'une autre, étranger au groupe. Paradoxalement, les étrangers quand ils sont en situation d'immigrés seraient plutôt marqués par un désir d'assimilation (cf la rhétorique d'un Eric Zemmour)., ils se veulent plus royalistes que le roi, plus rigides que les populations "de souche". Le leader doit savoir se situer dans un rapport de verticalité -au dessus de la mélée car l'horizontalité est dans le collectif. JHB 16 06 22

jacques Halbronn Théologie. Jésus roi des Juifs ou Roi d'Israel

Jacques Halbronn Théologie ; Jésus, Roi des Juifs ou Roi d'Israël? Une grave confusion existe et persiste quant à la mission dévolue à Jésus? Selon l'Evangile de Mathieu, Il était annoncé pour "Roi des juifs" alors que selon les Actes des Apôtres, il était attendu pour rétablir le Royaume d'Israel. Rappelons les initiales INRI, généralement rendu par Jésus de Nazareth roi des Juifs mais selon nous le "I" vaut aussi bien pour roi d'Israel. Evangile Mathieu I, 2 01 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem 02 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterne Actes des Apotres I, 6 Alors les apôtres réunis lui demandèrent: Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël? 7Il leur répondit: Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.… Références Croisées Actes des Apôtres (13, 22-26) En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. » Certes, pour beaucoup, Israel renvoie aux Juifs. Pourtant historiquement le Royaume d'Israel est bien distinct du Royaume de Judée., comme nous l'avons montré dans de précédentes études. Or, une confusion est attestée en ce qui concerne Cyrus dont le chapitre 45 du Livre d'Isaie fait le sauveur d'Israel alors que la version officielle rappelle que ce sont bien les Juifs qui furent ramenés à Jérusalem. Wikipedia "Dans le Livre d'Esdras (1:1-4, décret en hébreu ; 3:6), Yahweh inspire à Cyrus un décret proclamant l'autorisation de reconstruire le Temple de Jérusalem, avec pour le financer la restitution des trésors dérobés par Nabuchodonosor II lors de la destruction du sanctuaire" On mentionne nommément et exclusivement les seules tribus de Juda et de Benjamins. א וּבִשְׁנַת אַחַת, לְכוֹרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס, לִכְלוֹת דְּבַר-יְהוָה, מִפִּי יִרְמְיָה: הֵעִיר יְהוָה, אֶת-רוּחַ כֹּרֶשׁ מֶלֶךְ-פָּרַס, וַיַּעֲבֶר-קוֹל בְּכָל-מַלְכוּתוֹ, וְגַם-בְּמִכְתָּב לֵאמֹר. 1 Dans la première année de Cyrus, roi de Perse, à l'époque où devait s'accomplir la parole de l'Eternel annoncée par Jérémie, l'Eternel éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse; et celui-ci fit proclamer dans tout son empire, par la voix [des hérauts] et aussi par des missives écrites, ce qui suit: ב כֹּה אָמַר, כֹּרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס--כֹּל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ, נָתַן לִי יְהוָה אֱלֹהֵי הַשָּׁמָיִם; וְהוּא-פָקַד עָלַי לִבְנוֹת-לוֹ בַיִת, בִּירוּשָׁלִַם אֲשֶׁר בִּיהוּדָה. 2 "Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: L'Eternel, Dieu du ciel, m'a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c'est lui qui m'a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée. ג מִי-בָכֶם מִכָּל-עַמּוֹ, יְהִי אֱלֹהָיו עִמּוֹ, וְיַעַל, לִירוּשָׁלִַם אֲשֶׁר בִּיהוּדָה; וְיִבֶן, אֶת-בֵּית יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל--הוּא הָאֱלֹהִים, אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם. 3 S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à son peuple, que son Dieu soit avec lui, pour qu'il monte à Jérusalem, qui est en Judée, et bâtisse le temple de l'Eternel, Dieu d'Israël, de ce Dieu qui réside à Jérusalem! ד וְכָל-הַנִּשְׁאָר, מִכָּל-הַמְּקֹמוֹת אֲשֶׁר הוּא גָר-שָׁם--יְנַשְּׂאוּהוּ אַנְשֵׁי מְקֹמוֹ, בְּכֶסֶף וּבְזָהָב וּבִרְכוּשׁ וּבִבְהֵמָה; עִם-הַנְּדָבָה--לְבֵית הָאֱלֹהִים, אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם. 4 Tous ceux qui restent [de ce peuple], quelle que soit leur résidence, leurs compatriotes devront les gratifier d'argent, d'or, d'objets de valeur et de bêtes de somme, en même temps que d'offrandes volontaires destinées au temple de Dieu à Jérusalem." ה וַיָּקוּמוּ רָאשֵׁי הָאָבוֹת, לִיהוּדָה וּבִנְיָמִן, וְהַכֹּהֲנִים, וְהַלְוִיִּם; לְכֹל הֵעִיר הָאֱלֹהִים, אֶת-רוּחוֹ, לַעֲלוֹת לִבְנוֹת, אֶת-בֵּית יְהוָה אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם. 5 Alors s'apprêtèrent les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les Lévites, tous ceux en qui Dieu avait éveillé le désir d'aller bâtir le temple de l'Eternel à Jérusalem. On est donc en droit de consiférer que l'Evangile de Mathieu a subtitué à Israel la référence aux Juifs, ce qui évidemement fausse totalement le projet. Si Jésus s'adressaut aux Israélites, on ne saurait reprocher aux Juifs de ne pas l'avoir reconnu pour roi d'autant que le Royaume de Judée était en place sous Hérode. Il faut se demander si le narratif de la naissance de Jésus n'aurait pas été calqué sur celui de la naissance de Moïse (cf Le monde juif et l'astrologie, Milan, Arché, 1985) Exode I טו וַיֹּאמֶר מֶלֶךְ מִצְרַיִם, לַמְיַלְּדֹת הָעִבְרִיֹּת, אֲשֶׁר שֵׁם הָאַחַת שִׁפְרָה, וְשֵׁם הַשֵּׁנִית פּוּעָה. 15 Le roi d'Égypte s'adressa aux sages femmes hébreues, qui se nommaient, l'une Chifra, l'autre Poûa טז וַיֹּאמֶר, בְּיַלֶּדְכֶן אֶת-הָעִבְרִיּוֹת, וּרְאִיתֶן, עַל-הָאָבְנָיִם: אִם-בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אֹתוֹ, וְאִם-בַּת הִוא וָחָיָה. 16 et il dit: "Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous examinerez les attributs du sexe: si c'est un garçon, faites-le périr; une fille, qu'elle vive." כב וַיְצַו פַּרְעֹה, לְכָל-עַמּוֹ לֵאמֹר: כָּל-הַבֵּן הַיִּלּוֹד, הַיְאֹרָה תַּשְׁלִיכֻהוּ, וְכָל-הַבַּת, תְּחַיּוּן. {פ} 22 Pharaon donna l'ordre suivant à tout son peuple: "Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve et toute fille laissez-la vivre." Le scénario de la condamnation à mort des jeunes enfants est en effet repris dans l' Evangile de JC selon mathieu , Chapitre II 13 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » 16 Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Dans l'Epitre aux Hébreux; au chapitre XII, il est écrit 25" Prenez garde, ne refusez pas d’entendre celui qui vous parle ; car si les fils d’Israël n’ont pas échappé au châtiment quand ils ont refusé d’entendre celui qui les avertissait par un oracle sur la terre, à plus forte raison nous n’y échapperons pas non plus, si nous nous détournons de celui qui nous parle depuis les cieux" Ce sont les "fils d'Israel", selon la forme récurrente dans le Livre de l'Exode (Beney Israel) qui sont ici visés, c'est à dire cette "maison d'Israel", que Jesus désignait comme "les brebis perdues". auxquelles il s'adressait., dont il entendait changer le sort. Ce sont eux qui 'ont refusé d'entendre" et non les Juifs. JHB 16 06 22

Jacques Halbronn Le Guide est envoyé vers un groupe dont il ne fait pas partie

jacques halbronn Le Guide est envoyé vers un groupe dont il ne fait pas partie. De nos jours, il semble que l'on ait du mal à admettre que Jésus, puisque né Juif, avait reçu mission de guider des non juifs. Pourtant, on connait la formule du Nouveau Testament "nul n'est prophéte en son pays". Une chose est l'origine du guide, du messie, une autre celle de sa destination. Celui qui est envoyé, en principe, vient d'ailleurs. Le personnage de Cyrus, le roi Perse, est emblématique de ce "Juste" venu pour "sauver" des Juifs mais inversement, les Juifs n'auraient-ils point vocation à sauver des non Juifs? Dans le cas des Chrétiens, il ne s'agirait donc pas pour le Juif Jésus de sauver ses "frères" mais de s'occuper des "brebis perdues de la maison d'Israël", c'est à dire de non Juifs vivant certes aux côtés des juifs mais tenus à distance, ostracisés et désigné comme un autre peuple comme il est dit lors du refus du successeur de Salomon d'agréer à leurs doléances.. Ce qui vient brouiller notre perception tiendrait à des interpolations visant à faire de Moise un Hébreu et non un Egyptien. Même dans le cas du Sionisme, il convient de rappeler (cf notre étude Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, 2002), que ceux qui constituèrent le gros des troupes des sionistes appartenaient à un autre monde que celui des Juifs "occidentaux". Il s'agissait surtout de populations d'Europe Centrale et Orientale en quête d'un asile, d'un refuge.. De la même façon, un Juif ne se réalisera qu'au milieu de non Juifs, à la façon d'un Jésus préchant en Galilée, autour du Lac de Tibériade, loin de son lieu de naissance à Bethléem. On le fait vivre à Nazareth, au coeur de la Galilée, mais c'est selon nous une interpolation. Ses parents se rendent à Nazareth à la suite d'un songe de Joseph, l'époux de Marie. On sait à quel point, le rassemblement, la "concentration" des Juifs en un même lieu a pu être synonyme d'extermination et c'est encore de nos jours une menace "nucléaire" qui plane sur l'Etat d'Israel. D'ailleurs, au lendemain de la Déclaration d'Indépendance, le monde arabe ne se préparait-il pas à commettre un second génocide en écrasant les Juifs de Palestine? Nous dirons qu'en aucun cas, les Juifs ne sauraient être considérés comme un "peuple" comme les autres - ce qui pour nous est en soi une forme de déni de leur présence au monde. Nous distinguons les peuples de l'horizontalité, qui se constituent au sein d'Etats et le peuple juif qui reléve de la verticalité et qui-à l'instar des femmes, ont le privilége de circuler librement dans le monde dont ils sont les citoyens. JHB 15 06 22

mercredi 15 juin 2022

Jacques Halbronn Astrologie:: sur son succés prévisionnel concernant les mouvements sociaux de 1995

jacques Halbronn Astrologie : sur son succés prévisionnel concernant les mouvements sociaux de 1995. Il y a près de 30 ans, en 1994, nous avions publié une prévision astrologique , dans L’Astrologie selon Saturne, correspondant à un événement majeur dans l’Histoire des mouvements sociaux. Cela reste une réussite remarquable parmi les prévisions astrologiques du XXe siècle d’autant que c’est la seule que nous ayions jamais produite. IL ne s’agissait pas de prévoir le résultat d’une élection mais bien d’annoncer un événement non programmé, ce qui est une toute autre affaire et l’on sait que bien des échecs sont dus soit à une prévision qui ne s’est pas réalisée, soit à un événement non prévu et sans nous, l’on peut penser que les mouvements sociaux de 1995 ne figureraient pas au palmarés des réussites astrologiques. Cette réussite ne fut permise que grâce à un changement de modéle, à savoir le passage de Saturne sur les axes saisonniers, ce que nous proposions comme base cyclique à la place de ce qui était admis jusque là à savoir un aspect entre deux planétes. Il est possible que nombre d’astrologues n’aient pas souvenir du climat social de 1995,car ils vivent surtout dans l’actualité immédiate ou à quelques rares repéres chronologiques comme Mai 68. Eh bien justement, 1995 fut assez comparable à Mai 68, du fait même que Saturne passait au même endroit du ciel, dans les deux cas. Il fut suivi dans la foulée, en 1997 d’une cohabitation de 5 ans de Chirac avec l’équipe de Jospin. En fait la prévision pour 1995 fait pendant à celle de Barbault pour 1989, quelques années plus tôt à ceci près que Barbault n’avait pas précisé de quel type d’événement il s’agirait si ce n’est que cela aurait à voir avec l’URSS, d’une façon ou d’une autre. L’idée d’associer les astres à des pays ne nous semble d’ailleurs rien moins qu’évidente. Revenons sur 1995, autour d’une étude de Christian Chavandier « Les gréves de 1995″ (in Histoire des mouvements sociaux en France, de 1814 à nos jours, sous la direction de Michel Pigneret et de Danielle Tartakowky (Ed la Découverten 2012-2014,pp. 653 et seq) On y note qu’il y avait de la part du gouvernement une recherche d’orthodoxie financière en contradiction avec les promesses électorales entendues quelques mois plus tôt comme s’il y avait eu tromperie sur la marchandise offerte. Or, c’est le propre des périodes de transition entre une phase de solsticiaité et une phase d’équinoxialité de se révéler explosif dans la mesure où cela correspond à une inversion du rapport de force. Celui qui se croyait fort ne l’est plus pour longtemps. (cf la bibliographie p. 639) Cela dit, il serait imprudent d’y voir un rapport de cause à effet. Il est toujours délicat de se faire élire à la fin d’une période car l’on risque d’être mis assez vite en porte à faux. Il nous semble éminemment souhaitable que la science politique se dote d’une gille, telle celle que nous proposons permettant d’anticiper et le début d’un processus et sa fin. Selon notre philosophie, la phase équinoxiale renforce la dynamique de la lutte des classes, en tant que constante historique majeure alors que la phase solsticiale tend à occulter cette réalité en en relativisant l’importance notamment du fait du nationalisme lequel suspend peu ou prou, notamment par la guerre, la conscience d’un tel clivage. L’assassinat de Jaurés en 1914, en début de phase solsticiale, sonne l’avénement d’un autre éclairage, d’un autre Zeitgeist. (cf le livre de l’Ecclésiaste) JHB 15 06 22

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Jacques Halbronn Café philo Mcdo avec Jean Paul L'alternance politique

mardi 14 juin 2022

Mvlintock and Strong Biblical Cyclopaedia NOSTRADAMUS

McClintock and Strong Biblical Cyclopedia Nostradamus Nostradamus (Nostre Dame), MICHAEL, a notable astrologer, and the most celebrated of modern seers, flourished in the 16th century. Among the generations immediately following his own time he almost rivaled the oracular fame of Merlin in the dim Middle Ages, and nearly equaled the mystical reputation of the ancient sibyls. In the period of the French Revolution his vaticinations were often cited; nor were they wholly denied notice and influence in so recent an aera as the revolutionary commotions in the middle of the current century. The prestige of the name, the rarity or inaccessibility of the oracular texts, — and their more than Delpliic obscurity, prolonged the renown of the prophet, while readily permitting bold forgeries or violent adaptations to new occurrences. Such is the fortune of all vulgar prophecy. 1. Life. — Nostradamus was born Dec. 14,1503, in the quaint old town of St. Remy, in Provence, which is now included in the Department of Bouches-du-Rhone. His family was reputed to be of Jewish descent, and of the tribe of Issachar, wherefore they predicted his gift of prophecy. His father, Jacques Nostre-dame, was notary of St. Remy. His mother Rdnde's grandfathers had been noted for their knowledge of mathematics and physics, which, in the earlier part of the 15th century, meant chiefly astrology, alchemy, and magic. One of these grandparents had been physician, or wonder-worker, to the weak but amiable Rene, titular king of Jerusalem and the Two Sicilies, and count of Provence. The other had held the same responsible position with Rene's son, John, the daring and adventurous duke of Calabria. From his maternal grandfather, the son of one of these courtleeches and star-gazers, the young Michael received his first instructions in mathematics, after whose death he was sent to school at Avignon. Thence he proceeded to Montpellier to study philosophy and medicine. From this great medical school he proceeded to Narbonne, Toulouse, and Bordeaux in succession. At Bordeaux he commenced the practice of his profession when he was twenty-two years of age. Four years later, in 1529, he returned to Montpellier to obtain his degree, which he took with great distinction. Going thence to Toulouse, he was induced to remain there by the residence in that place of his familiar friend, Julius Caesar Scaliger. Here he contracted a respectable marriage, and had two children. In a very few years his wife and children all died, and he became a wanderer in Italy and Sicily. In 1544 he married a second time, and settled at Salon; but in 1546 he was retained, at the public expense, by the city of Aix to minister to the sufferers by the plague, which was again raging with great violence. After three years thus honorably employed he returned to Salon de Craux. His life appears to have always been respectable, and surrounded with respectable associations, though often vagrant. His home, however, continued henceforth to be at Salon; and here his family of three sons and a daughter was brought up. Nostradamus acquired his first oracular reputation by the production of almanacs, in which "he did so admirably hit the conjuncture of events that he was sought for far and near," like an African rain-doctor. The popularity and success of these almanacs threatened to be damaging to the fame they had acquired for him. They tempted the ingenious fraternity of booksellers to vend spurious almanacs with the attraction of his name. This gave him occasion to complain that many false prophecies had been fathered upon him; and his eulogist, M. de Garencibres, believed that it furnished the foundation for the piquant epigram of Etienne Jodelle, his contemporary: "Nostra damns, cum falsa damns, nam fallere nostrum est: Et, cim falsa damns, nil nisi Nostradamus." Nevertheless, the supposed familiarity of Nostradamus with the secrets of futurity was largely bruited about, and readily believed in the credulous and nefarious age of Catherine de' Medici. The confidence of Nostradamus in his own miraculous gifts was strengthened; and he employed his time in completing and preparing for the press the first series of his Centuries of Prophecy. It was published at Lyons in 1555, and was preceded by a Preface, dated March 1, of that year. The work contains the singular and very ambiguous prediction of the remarkable death of Henry II by the lance of Montgomery, which happened more than four years later. It cannot be imagined that this was deemed applicable at the tine of its appearance to the king, who was in the vigor of manhood. But the fame of Nostradamus, either through his almanacs or his Centuries, reached the ears of the court, and he received an invitation from Henry to visit the royal abode. On his arrival he was treated with great consideration, was liberally compensated for his fatigues, and was sent to Blois, to see the royal princes and to report upon their destinies. Having satisfied the curiosity and secured the favor of the crown, Nostradamus returned to Salon, and employed himself in the manufacture of more oracles. In the course of the ensuing two years he completed his Ten Centuries, corresponding to the ten ages of the Sibylbvy adding three more Centuries to the seven hundred prophecies first published. These additional Centuries have the merit of surpassing their rude predecessors in obscurity, triviality, and apparent aimlessness. They were dedicated to Henry II in what is called by his English translator a "Summary Epistle," which is dated June 27, 1558. This dedication is marked by even greater assurance than its predecessor. Its tone is more confident, its pretensions loftier, and its indications more unmeaning. These thousand prophecies constituted only a part of the oracular calculations of Nostradamus. He refers to fuller declarations in his "other prophecies, written in soluta oratione," or prose. These prose predictions, however, never saw the light, except such as were introduced into his almanacs. The assertion of their existence may have been only a convenient provision for the manufacture of metrical vaticinations after the occurrences had transpired to which they were to be applied. It certainly afforded a tempting and plausible foundation for the forgery of later prognostications, and their attribution to Nostradamus. Henry II did not long survive this dedication of the last three Centuries, being killed within thirteen months, in the tournament which celebrated the restoration of peace between France and Spain. This. strange and fatal casualty was pretended to have been foretold by Nostradamus in the following quatrain: "Le lion jeune le vieu x surmontera, En champ belliqne, par sinlgulier duelle, Dais cage d'Or l'eil lui crevera, Deux playes une, puis mourir cruelle." This prediction, so singularly accomplished, or so violently wrested to imply its accomplishment, greatly augmented the renown of Nostradamus, and attracted multitudes of gaping visitors, often of the highest distinction, to his humble abode at Salon. The duke of Savoy came in October, 1559; and about two months later his affianced bride, the princess Margaret of France. In the year 1564, in the long progress which preceded the deadly Conference of Bayonne, Charles IX was welcomed by him to Salon in the name of the town, and he was summoned to meat his majesty at Aries or Lyons. He was appointed physician in ordinary to the king, and was gratified with a royal donation of two hundred crowns of gold, while the queen-mother, Catharine, bestowed upon him a purse of nearly equal amount. Nostradamus did not long enjoy his honors. He died of dropsy at Salon July 2, 1566. The time of his death. was said to have been anticipated exactly by him. In the Calendar for the year he is asserted to have written opposite the end of June, "Hic prope mors est" — death about this time. Had the work been published-had it even been discovered inn that age — this entry might have been supposed to be only a modified transcript, of the observation of Joannes Lydus (De Signis, for June 30): "If it thunder, death will shortly abound." It might well have been transmitted among the mediaeval traditions of signs, days, and portents. Nostradamus was buried in the church of the Franciscans at Salon, and a mural tablet was erected by his widow to his memory. 2. Works. — The Ten Centuries of the Prophecies of Nostradamus were his chief production, and the sole cause of the long celebrity of his name. He wrote prophecies in prose never published, except such as were contained in his series of Astrological Almanacs (1550-1567), which have already been noticed. He was the author of some other works, which have long ceased to be sought after, and which are now almost entirely forgotten. These are, De Fardements et Senteurs (1552), a cookery book: — Litere de Recettes Curieuses entrefenir la sante du corps (Poictiers, 1556), hygienic:Des confitures (Antwerp, 1557), cosmetics for beautifying the hands and face: — Paraphrases de Galen (Lyons, 1557), translated from the Latin. After his death appeared the Eleventh and Twelfth Centuries of his prophetic quatrains, which are almost certainly spurious, being those later accessories which are always engendered by popular collections of oracles. 3. — Prophecies. — The vaticinatiois of Nostradamus which secured his fame are in verse, and are written in quatrains of rough, rude, unintelligible, and incorrigible French, in tottering and halting metre, with rugged, harsh, and often unmanageable rhymes, clattering or jingling at the ends of the alternate lines., M. de Garencieres, the English editor and translator of these oracles, asserts, of his own knowledge, that they were used as crabbed texts for the instruction of children in French in the land, of their nativity. It was a time when education sought insurmountable difficulties for the neophyte, rather than to level the high-roads of learning, and to make the rough places smooth. They remain for the most part incapable of comprehension, and are scarcely rendered more perspicuous by the English version or the explanatory comments of M. de Garencieres. Notwithstanding their unintelligibility — probably on account of their unintelligibility and consequent pliancy — the prophecies of Nostradamus were long in vogue: and continued to be occasionally revived, in genuine or supposititious forms, till a very recent period, if it can be said that they are totally discredited even now. It is unnecessary to discuss on the present occasion the character of the fraudulent pretensions and the hallucinations,: the deliberate artifices and the diseased temperaments which generate oracle-mongering. Usually such pretensions are entirely fraudulent; but frequently honest delusion is so strangely amalgamated with the growing habit of only half-recognized deception that it is impossible to consider the prophetic mania as anything else than a real mental distemper. The vaticinations of Nostradamus seem to have sprung, at least originally, from such a morbid frame of mind; though increasing renown, the deference paid to him, the emoluments of an accepted profession. and the apparent accomplishment of several of his predictions, may have easily induced him in his later years to trust much to chance and obscurity, and deliberately to delude others, while seeking to delude himself also. A person believed to possess supernatural knowledge or powers cannot extricate himself from the consequences of the popular credulity which he has encouraged, and by which he maintains himself in repute. An elaborate apology for Nostradamus, in seven formal chapters, is offered by M. de Garencieres as an introduction to his English version of the Centuries. This may be passed over with little notice, though the fourth chapter consists of "proofs setting forth evidently that Nostradamus was enlightened by the Holy Ghost." If the prophet aimed at deception, his interpreter was thoroughly deceived. If the prophet was himself deluded, the delusion of his translator was even more complete than his own. The position of Nostradamus in his own age and among. his own people was eminently respectable, and on other grounds than his oracular endowments. He was an educated, regular, and successful practitioner of medicine. His sons obtained honorable distinction in the province in which they had been born and brought up. There is no stain on the character of the -man or of his family. There is an air of sincerity in the declarations 'of Nostradamus, even when most extravagant, that induces hesitation in ascribing them to shameless effrontery and imposture. He seems on many occasions to claim divine inspiration, and it is freely accorded to him by his apologist; but he usually ascribes his prevision to mathematical science and to astrological calculation. He evidently trusted much to luck; and especially to the luck of being perfectly incomprehensible in his thoroughly impenetrable farrago of names, symbols, types, and dark utterances. He had also great confidence in congenital adaptation for his marvelous mission, in his ancestral gifts, and in "the hereditary word of occult predictions." There was a craze in the blood, which both favored self- delusion and presented the appearance of honest intent. There is, however, one broad shadow of conscious concealment and insincerity which lies over the whole series of these Centuries. He constantly denounces the Reformers and the Reformed religion, and predicts their confusion and overthrow — no erroneous forecast, so far as France was concerned. He died in the avowed profession of the old faith, though he had apparently lived with little regard to the external requirements of any religion. He was buried in a monastic church. Nevertheless there is a hint in his writings that his real sentiments were. in strong opposition to all these indications of belief, and that, like his contemporary, Rabelais, he disguised. His actual though lukewarm opinions in a cloud of enigmatical sentences, or cloaked them by disingenuous signs. He says, in his Prefatory Letter, "that if I should relate what should happen hereafter, those of the present reign, sect, religion, and faith would find it so disagreeing with their fancies that they would condemn that which future ages shall find and know to be true, . . which hath been the cause that I have withdrawn my tongue from the vulgar and my pen from paper. But afterwards I was willing to enlarge myself in dark and abstruse sentences, declaring the future events; chiefly the most urgent, and those which I foresaw (whatever human mutation happened) would not offend the hearers, all under dark figures more than prophetical." The last sentence is very significant, and the parenthesis somewhat singular for a professed prophet. It would be venturing much too far to suspect Nostradamus of any real attachment to the cause of the Reformation; but, in the midst of a population with Protestant proclivities in the south of France, he may have acquired a distaste for Catholicism, and, prophet as he was, may have expected or apprehended the ultimate overthrow of the ancient creed. It is not so much as an illustration of his religious views as it is for a. manifestation of intentional deception that this inconsistency has been noted. This inconsistency, if such it be, is by no means the only incongruity which occurs in the prophetic volume of Nostradamus. Many of his qulatrains were manifestly composed after the events to which they seem designed to refer. Some predictions can be discerned to be unquestionably false. On the other hand, it must be admitted that many have met with apparently marvelous accomplishment. This may be due to that luck which the seer recognized as a genuine constituent of prophetic inspiration; or it may be due to the impossibility of missing everything, when the arrows, though shot in the dark, are launched in every conceivable direction. The chief explanation, however, probably is that the expression is so loose-and vague that it occasionally admits of application to subsequent transactions, Wholly foreign to any prevision of the prophet. The instances of such agreement between the vaticination and the occurrence are often very singular. 4. Prophecies strangely accomplished. — It is not meant that there is anything more than an accidental coincidence between the prophecies of Nostradamus and the events by which they have been ostensibly verified. The verification is ascribed to no inspiration, to no natural or supernatural endowments, to no astrology, to no other science or art, but to that supreme source of Nostradamus's renown to luck (Diva Fortuna). With this explanation, there is much interest in noting a few of the remarkable and often clear instances of the realization of these prophecies. Thus, too, will be afforded some slight taste of the peculiar flavor, some knowledge of the curious fabric of his prophetic strains. Attention has already been directed to the prophecy — strained in its application — of the manner of Henry II's death, which, more than anything else, heightened the reputation and credit of Nostradamus. That which was fitted to Cromwell was scarcely less celebrated a century later: "Du regne Anglois le digne d'chasse, Le colseiller par ire mis a fen. Ses adhreuts ilront si bas tracer Que le bastard sera demy receu" (3:82). "From the English kingdom the worthy driven away The counsellor through anger shall be burned. The partners shall creep so low That the bastard shall be half received." The worthy is, of course, Charles I; the counsellor, Strafford or archbishop Laud; the partners are Cromwell's military junta. The translation of Garencieres is given because no one else could venture to do into English the anomalous French of Nostradamus. Of this French only one more, specimen will be given. Among the most remarkable of the series are the quatrains which may be applied to the scenes and characters of the French Revolution, and to the fortunes of the Bonapartes. The period from the accession of Louis XVI to 'the close of the Reign of Terror may be prefigured in these lines: "Soubs un la paix, par tout sera clemence, Mais non long temps, pille et rebellion., Par refus ville. terre, et mer ent amce, Morts et captifs le tiers d'un million" (1:92). "Under one shall be peace, and everywhere clemency, But not a long while; then shall be plundering and rebellion, By a denyal shall town, land, and sea be assaulted; There shall be dead and taken prisoners the third part of a million." "The words and sense are plain," observes M. de Garencieres; but it will be observed that they are equally suitable for the wars of the League in France. The following might be fitted to Napoleon I. M. de Gaiencibres, writing in 1672, said truly, "This prophecy is for the future:" "An emperor shall be born near Italy, Who shall cost dear to the empire; They shall say, 'With what people he keepeth company!' He shall be found less a prince than a butcher" (1:60), The coronation of Napoleon by the pope may be announced in Cent. v. 6. The surrender of Sedan and the capture of Louis Napoleon may be imagined to be involved in this quatrain: "After that the deserter of the great fort Shall have forsaken his place, His adversary shall do such great feats That the emperor shall soon be condemned to death" (4:65). The last line, literally rendered, would be, "That the emperor, soon dead, shall be condemned." This may serve for an old announcement of the Prussian siege of Paris: "Round about the great city Soldiers shall lye in the fields and towns; Paris shall give the assault, Rome shall be attacked; Then upon the bridge shall be great plundering" (v. 30). Garencieres interprets this as referring to the siege and capture of Rome by the Constable de Bourbon; but this would convert it into a prophecy after the event. These few examples, which constitute only a small portion of those that might be cited in the present connection, may suffice to show the stuff of which. the dreams of Nostradamus are made. The collection is a treasury of unmeaning nonsense; the vaticinations are words, words, words, of doubtful manufacture and more dubious meaning, which scarcely even rattle as they fall. Yet it is well to ascertain out of what materials has been framed a reputation which has lasted three centuries, partly from the obscurity, but mainly from the inaccessibility of the oracles by which it has been gained. 5. Literature. — The principal editions of the prophecies of Nostradamus are, Centuries de Nostradame (Lyon ou Troye, 1568, sm. 8vo); Nostradamus, Les Vrayes Centuries et Prophities, avec la Vie de l'Auteur et des Observations sur ses Propheties (Paris, 1667); Centuries de Nostradame (Amsterd. 1668); Les Vraies Centuries de M. Michel Nostradame (Paris, 1652, 8vo) — a forgery directed against cardinal Mazarin; Garencieres, The true Prophecies or Prognostications of lichael Nostradamus (Lond. 1672, fol.). This work is without commemoration in Allibone's Dictionary. It has furnished the chief foundation for the present article. Of works on the life or the prophecies of Nostradamus, the following deserve mention: Tronc du Condoulet, Abrege de la Vie de M. Nostradame, s. d.; Eclaircissement des veritables Quatrains de Maistre Nostradamus, Docteur et Professeur en Medecine, etc. (Anonymous); Badius, Virtutes nostri Magistri Nostradanzi (Geneva, 1562); Clavigny, Commentaires sur les Centuries de Nostradamus (Paris, 1596, 8vo); Guynaud, Concordance des Propheties (ibid. 1693, 12mo); La Clef de Nostradamus: Isagoge ou Introduction a un veritable sens des propheties de cefameux auteur (ibid. 1710); Hartze, Vie de Nostradame (Aix. 17i2, 12mo); Jaubert, Vie de M. Nostradanus, Apologie et Histoir-e (Amster.d. 1656); Astruc, — Memoires pour servir. a l'Histoire de la Faculte de Montpellier (Paris, 1767); Bonys, Nouvelles Considerations puisees dans la clairvoyance instinctive de l'homme, sur les oracles, les Sibylles, les prophetes, et particulierement sur Nostradamus (ibid. 1806,:8vo); Bareste, Nostradamus (4th ed. ibid. 1842). There is a notice of the prophet and his predictions in Morhofii Polyhistor (Psalm i, lib. i, c. x, § 32-36) (Lubecse, 1732, 4to). Some of the prophecies that may be conceived to have been realized are pointed out in the Companion to the British Almanac, 1840. Adelung has given Nostradamus a place in his Hist. de la Folie Humaine, 7:105 sq. (G. F. H.)

WIKIDECK Les Protocoles des Sages de Sion

Les Protocoles des Sages de Sion Les Protocoles des Sages de Sion, en russe : Протоколы сионских мудрецов ou Сионские протоколы, est un texte inventé de toutes pièces par la police secrète du tsar et publié pour la première fois en Russie en 19031,2. Ce faux se présente comme un plan de conquête du monde établi par les Juifs et les francs-maçons. Traduit en plusieurs langues et diffusé à l'échelle internationale dès sa parution, il devient un best-seller. Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf comme argument justifiant à ses yeux la théorie du complot juif et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich. Cet opuscule joue également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis. Il est devenu aujourd'hui tout à la fois un symbole de l'antisémitisme et de la falsification. Historique Premières publications en russe Le texte connu actuellement sous le titre Protocoles des Sages de Sion, parfois surtitré Programme juif de conquête du monde, paraît en Russie en deux temps et deux versions : d'abord des extraits en 1903 dans le journal Znamia (Знамя), puis une version complète en 1905 éditée par Serge Nilus et, en 1906, par Gueorgui Boutmi, officier et écrivain nationaliste3, 4. Dès avril 1902, l'existence de ce texte avait été évoquée et fait l'objet d'un article publié dans Novoïé Vrémia5. Il existait donc une version antérieure à 1903 et il est probable qu'elle ait circulé d'abord sous forme manuscrite ou en impression artisanale. En 1905, Serge Nilus publie le texte intégral des Protocoles au douzième et dernier chapitre de la réédition de son livre, Velikoe v malom i antikhrist (Le Grand dans le Petit : La venue de l'Antéchrist et la règle de Satan sur Terre). Il y affirme que le texte provient du premier congrès sioniste tenu en 1897 à Bâle en Suisse6. Cette allégation de Nilus, reprise par d'autres promoteurs des Protocoles, est mensongère. Traductions en allemand, anglais, français Première édition anglaise du Jewish Peril - Protocols of the Learned Elders of Zion, Eyre & Spottiswoode Ltd. 1920 Les Protocoles sont traduits en allemand en 1909 et lus en séance au Parlement de Vienne7. Avec la Révolution d'Octobre en 1917 et la fuite de contre-révolutionnaires russes vers l'Europe de l'Ouest, leur diffusion s'élargit8. Ils deviennent internationalement connus lorsqu'ils paraissent en Allemagne en janvier 1920. La notoriété de l'ouvrage s'accroît à la faveur d'un article du quotidien britannique The Times. Dans son édition du 8 mai 1920, un éditorial titré « Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d'enquête » évoque ce « singulier petit livre », et tend à démontrer le caractère authentique du texte9 en insistant sur sa nature de prophétie réalisée. Cet article est publié alors que les Russes blancs sont en train de perdre la guerre civile et que les « durs » du parti conservateur veulent discréditer les nouveaux maîtres du Kremlin en dénonçant une « Pax Hebraica »10. Les thèmes des Protocoles sont repris au cours des années suivantes dans de nombreux ouvrages antisémites (polémistes, savants ou de fiction) publiés à travers l'Europe9,11. Les premières traductions françaises sont publiées en 1920 sous le titre Protocols. Procès-verbaux de réunions secrètes des sages d'Israël, édition de la revue La Vieille-France, Paris VIIe, 143 pages, tiré à 20 000 exemplaires, en 1922 par le prêtre catholique Ernest Jouin dans la Revue internationale des sociétés secrètes sous le titre Les Protocoles de 1901, en 1924 par le journaliste antisémite Urbain Gohier sous le titre Les Protocoles des sages d'Israël12, puis en 1932 sous le titre "Protocols" des sages de Sion. Édition définitive, par les Éditions Bernard Grasset avec une introduction de l'écrivain monarchiste Roger Lambelin. Jouin publie aussi une synthèse en français en 193213. Protocoles de Sion, confisqués par la police bâloise sur plainte de Jules Dreyfus-Brodsky et Marcus Cohn, 1933, dans la collection du Musée juif suisse. Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf comme argument justifiant à ses yeux la théorie du complot juif14, et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich15. Aux États-Unis, le constructeur automobile Henry Ford les diffuse à travers son journal The Dearborn Independent. Pour Ford, les Protocoles des Sages de Sion sont un ouvrage « trop terriblement vrai pour être une fiction, trop profond dans sa connaissance des rouages secrets de la vie pour être un faux »16,17. Les Protocoles joueront également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis18. Dénonciation comme un faux Recension des articles de Philip Graves dans le New York Times du 4 septembre 1921. Dès leur publication, Les Protocoles sont suspectés d'être un faux : un an après avoir présenté l'opuscule comme véridique, le Times de Londres revient sur le sujet, mais cette fois pour publier la preuve du faux sous le titre La fin des Protocoles. La présence de larges emprunts à Maurice Joly, auteur d'un pamphlet contre Napoléon III intitulé Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, publié à Bruxelles en 1864, vient corroborer le caractère fallacieux des Protocoles. La supercherie est évidente grâce à une comparaison ligne à ligne des deux textes. C'est ce que fait en 1938 le prêtre jésuite Pierre Charles dans son étude critique et comparative19. Le discours de Machiavel dans le Dialogue est transposé ; l'« internationale juive » y remplace l'empereur des Français. Jacques Bainville, dans l’Action française, fait écho à l'article du Times montrant la falsification vers 192120. Umberto Benigni, grand promoteur des Protocoles, félicitant Ernest Jouin en 1921 pour sa campagne de diffusion du texte, lui confie : « Plus j'étudie la question et plus je me persuade de la non-authenticité formelle et de l'immense valeur réelle de ce document »21. Malgré tout, Les Protocoles des Sages de Sion sont encore mentionnés par des groupes antisémites, voire certains régimes, comme preuve de l'existence d'un « complot juif international »22,23,24,25,26. Origine du texte Modèles Le Juif errant par Eugène Sue, illustré par P. Gavarni, 1851 Selon Umberto Eco, le Protocole des Sages de Sion et, de façon plus générale, le mythe du complot juif, trouve son origine littéraire dans le roman-feuilleton français du xixe siècle27 : « [le texte des Protocoles] révèle son origine romanesque car il est peu crédible, sauf dans l'œuvre de Sue, que les “méchants” expriment de façon si voyante et si éhontée leurs projets maléfiques […] : “nous avons une ambition sans limites, une cupidité dévorante, nous sommes acharnés à une vengeance impitoyable et brûlante de haine.” » Le modèle du pamphlet de Maurice Joly contre Napoléon III, est le complot jésuite de Monsieur Rodin dans Le Juif errant et Les Mystères du peuple d'Eugène Sue27. Un autre modèle littéraire se trouve dans Joseph Balsamo d'Alexandre Dumas (1849) : Cagliostro y rencontre les Illuminés de Bavière pour ourdir le complot maçonnique de l'affaire du collier de la reine27. En 1868, un auteur de libelles calomnieux ouvertement antisémites, Hermann Goedsche, publie, sous le pseudonyme de sir John Retcliffe, un roman populaire, Biarritz, où il plagie Dumas, en mettant en scène le Grand Rabbin annonçant son plan de conquête du monde aux représentants des douze tribus d'Israël réunis dans le cimetière juif de Prague. En 1873, le roman est repris par un pamphlet russe, Les Juifs, maîtres du monde, présenté comme une vraie chronique27. En 1881, la revue russe Le Contemporain le publie comme venant d'un diplomate anglais, sir John Readcliff (pseudonyme de Goedsche). En 1896, c'est le Grand Rabbin qui se nomme John Readcliff, dans Les Juifs, nos contemporains de François Bourmand. Le plan jésuite de Sue, mêlé à la réunion maçonnique de Dumas, attribué par Joly à Napoléon III, devient ainsi le complot juif, et sera repris sous diverses formes, avant la publication connue du grand public des Protocolei27. Les dernières années du xixe siècle sont marquées par l'antisémitisme qui culmine en France de façon passionnelle avec l'affaire Dreyfus. En 1889, paraît Le Juif selon le Talmud, traduction du Talmudjude du professeur catholique August Rohling avec une préface du journaliste antisémite Édouard Drumont. Cet ouvrage a une influence considérable. Il prétend prouver que les juifs ont ordre de blesser et de tuer les chrétiens chaque fois que c'est possible, en vue d'assurer leur domination sur le monde. Selon Jacques Halbronn, les Protocoles constituent une tentative d'élaboration d'un Talmud laïc — d'où l'usage du mot de « Sages », qui a une connotation talmudique — permettant d'inclure les juifs non religieux au sein du camp antijuif. Rohling serait donc, au moins indirectement, une source des Protocoles ; son cadre, qu'il faudrait confronter avec le pamphlet de Joly, en constitue le contenu. Attribution à Mathieu Golovinski Depuis les années 1920, la paternité des Protocoles est régulièrement attribuée, par les adversaires du texte, à un agent de l'Okhrana : Mathieu Golovinski. Ce dernier aurait rédigé le faux, à Paris, sur ordre du chef de la police secrète tzariste en France : Pierre Ratchkovski. Cette origine, bien que séduisante, semble pour le moins fragile à l'examen de ses sources. La genèse des Protocoles demeure mystérieuse. L'identification de Golovinski en tant que rédacteur des Protocoles est établie en 1917 par l'historien et juriste Serge C. Svatikov, ancien menchevik, alors commissaire du gouvernement provisoire russe chargé de démanteler les services secrets tsaristes à l'étranger, notamment à Paris. Il consigne dans son rapport le témoignage du français Henri Blint, supérieur hiérarchique de Golovinksi au sein de l'Okhrana et proche collaborateur de Ratchovski28. En 1921, la princesse Catherine Radziwill donne une conférence privée à New York, dans laquelle elle affirme que les Protocoles étaient un faux établi en 1904-1905 par les journalistes russes Mathieu Golovinski et (ru) Ivan-Fedorovitch Manasevich-Manuilov, sous la direction de Pierre Ratchkovski, chef des services secrets russes à Paris29. Cette théorie se retrouve présentée lors du procès de Berne de 1933-1935, ouvert à la suite de la plainte de la (de) Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund et de l'(de)Israelitische Kultusgemeinde Bern, contre le (de) Bund Nationalsozialistischer Eidgenossendans, distributeurs suisses des Protocoles. Les plaignants et leurs témoins y déclarent que les Protocoles ont été initialement écrits en France à la fin des années 1890 par des agents de la police secrète russe, puis traduits en russe. Selon leur version, les principaux auteurs étaient le commandant de la police, Pierre Ratchkovski, et son collaborateur Mathieu Golovinski30. Ces accusations à l'encontre de Ratchkovski se retrouvent en 1939 sous la plume d'Henri Rollin, membre du deuxième bureau français, dans L'Apocalypse de notre temps (réédité aux Éditions Allia en 2005) qui entend montrer le processus de création puis d'utilisation de ce texte par les courants d'abord pro-tsaristes, puis fascistes et nazis31. En 1944, c'est au tour de l'écrivain allemand Konrad Heiden d'identifier Golovinski en tant qu'auteur des Protocoles32. Cette théorie d'une rédaction par Mathieu Golovinski sous les ordres de Ratchkovski est relancée, en novembre 1999, par l'éditeur russe Mihkail Lepekhine qui affirma, dans l'hebdomadaire français L'Express, avoir trouvé les preuves de ces allégations33. Lepekhine considère les Protocoles comme faisant partie d'un stratagème visant à convaincre le tsar Nicolas II que la modernisation de la Russie était une manœuvre juive visant à abattre la Russie par un complot juif et à contrôler le monde. Le rôle attribué à Golovinski dans la rédaction des Protocoles fut contesté par les historiens (en) Michael Hagemeister, (en) Richard S. Levy et (en) Cesare De Michelis, face à l'absence de source rendant le récit historiquement invérifiable34,35,6,36,37. En 2009, Pierre-André Taguieff, qui avait soutenu l'« hypothèse Golovinski »38 est lui-même revenu sur ses affirmations dans l'hebdomadaire Marianne28. Un manuscrit français introuvable Protocoles des Sages d'Israël , traduit par Sergueï Nilus, édité par Urbain Gohier, réédition de la Vieille France à Paris, 1924 Le chercheur italien, Cesare G. De Michelis étudie, dans son livre Il manoscritto inesistente «I Protocolli dei savi di Sion: un apocrifo del XX secolo» de 1998, les premières publications des Protocoles. Ces derniers sont mentionnés pour la première fois dans la presse russe en avril 1902 par le journal de Saint-Pétersbourg Novovye Vremya (Но́вое вре́мя - Le Nouveau Temps). Dans un article intitulé « Des complots contre l'humanité », le publiciste conservateur (ru) Mihkail Menshikov décrit sa rencontre avec une dame — Yulianna Glinka — qui l'aurait imploré de se familiariser avec un mystérieux document, volé par un journaliste français à Nice. Après avoir lu des extraits de cette matrice probable des futurs Protocoles, Menchikov, sceptique quant à leur origine, ne les a finalement pas publiés. Si De Michelis révèle une possible origine ukrainienne du faux, comme en témoigneraient certains ukrainismes dans le texte, la question de l'existence d'un prétendu manuscrit original en langue française de la fin du xixe siècle demeure hypothétique. De Michelis montre que cet « original français » est un document extrêmement mystérieux, dont l'existence est supposée par presque tout le monde, mais que très peu de témoins de l'époque affirment en définitive avoir réellement vu. Les importantes recherches de l'historien (en) Michael Hagemeister sur les origines des Protocoles l'ont également amené à douter de l'origine française du document et à rejeter l'implication de la police secrète russe dans la création du faux. Il met notamment en lumière le fait que le principal témoin à charge lors du procès de Berne, le comte Alexandre du Chayla (en) avait exigé une grosse somme d'argent pour son témoignage et que les plaignants eux-mêmes le considéraient comme hautement suspect39. Ces recherches historiques appuient l'analyse textuelle de Cesare G. De Michelis. Les travaux d'Hagemeister ont été salués par le monde académique, l'historien spécialiste des mythes antisémites, (en) Richard S. Levy, allant jusqu'à qualifier l'universitaire d'« autorité suprême en la matière »35. Les premières versions russes Édition russe par Sergueï Nilus de 1905 Cesare G. De Michelis a identifié pour la période 1902-1906 neuf impressions de cinq éditions distinctes des Protocoles qui peuvent se réduire en réalité à trois textes40. K : l'original ; un travail apparemment en cours. X : deuxième rédaction. Y : troisième rédaction. La liste complète des premières impressions et éditions d'après les recherches de Cesare G. De Michelis est la suivante: Q : source hypothétique proposée par De Michelis, fournissant la base de K et Y. M : (ru) Mihkail Ossipovitch Menshikov (1902) - Première référence textuelle aux Protocoles, dans un article de journal d'extrême droite qui affirme qu'ils ont été volés par un « journaliste français » à Nice et en cite un extrait. K : (en) Pavel Krusevan (1903) - De Michelis démontre qu'il s'agit de la version la plus ancienne du texte, publiée dans un périodique de qualité médiocre. Disparu des archives historiques jusqu'au procès de Berne de 1934, le texte n'a jamais été traduit. Sans titre, il se découpe en 22 chapitres non numérotés, et présente de nombreux ukrainismes. L : Hippolytus Lutostansky (1904) - Citation directe de K ; sans révision du texte, mais avec des indications chronologiques utiles. Z : rédaction hypothétique après K, mais avant X ou Y. X : 27 Protocoles issus de Z. A1: Anonyme (1905) - Publié anonymement par un éditeur gouvernemental russe blanc et fondé sur K. B : Gueorgui Butmi (1906a) - Ressemble à A1, mais contaminé par croisement avec Y. Y : 24 Protocoles, réédités, mais qui ne dérivent pas directement de Z -- impliquant l'existence d'un manuscrit Q. A2 : Anonyme (1905) - Ressemble à A1, mais avec du matériau nouveau. N : Sergueï Nilus (1905) - Réédition importante, utilisant apparemment A2 comme base, mais introduisant une grande quantité d'éléments empruntés à Maurice Joly. Base de la plupart des traductions. I: Anonymous [1917] / [1996] - Un abrégé concis de N. attribue le texte à Theodor Herzl. B3 : Butmi (1906a) - Butmi révise son propre texte pour y inclure des éléments de Y. D : Demcenko (1906) R : Document beaucoup plus court, partageant ses sources avec K et X, mais non pas avec Y. R1 : G. Skalon ; Date d'origine inconnue [1996] - Publié en 1996 par Yuri Begunov41 qui a démontré par le truchement de la philologie l'existence de la branche R, affirmant qu'elle date du xixe siècle et qu'elle révélait une origine « juive ». R2 : N. Mordvinov (1905) - Abrégé utilisant des sources similaires à R1. R3 : Anonyme (1906) - Fermez copie de R2. R4 : Anonyme (1906) - Copie de R2 avec des éléments supplémentaires. Utilisations Le Serpent symbolique du troisième protocole, dessin paru en France, environ 1920. Au terme d'une de ses études sur les Protocoles, Pierre-André Taguieff propose cinq fonctions qu'ils peuvent remplir dans l'imaginaire — et dans la réalité, puisque la mise au jour d'un complot (n'existant que dans l'esprit de ses découvreurs) est souvent suivie de l'organisation bien réelle d'un contre-complot : identifier les forces occultes à l'origine du prétendu complot — et confirmer qu'elles sont impitoyables ; lutter contre ces forces en révélant les secrets qui les rendent puissantes ; justifier la contre-attaque contre l'ennemi désormais identifié ; mobiliser les foules (et/ou les autorités) en faveur de la cause opposée au complot ; recréer un monde enchanté42. Les Protocoles remplissent ces fonctions depuis leur diffusion dans les années 1920. Leur utilisation sans cesse réactualisée montre la recherche permanente d'explications prétendument rationnelles à la marche du monde43 : les Protocoles ont servi aux politiques antisémites, antisionistes, antiaméricaines ou antimondialistes. Dans l'Allemagne nazie Dans Mein Kampf, Adolf Hitler écrit15,14 : « Les Protocoles des sages de Sion, que les Juifs renient officiellement avec une telle violence, ont montré d'une façon incomparable combien toute l'existence de ce peuple repose sur un mensonge permanent. « Ce sont des faux », répète en gémissant la Gazette de Francfort et elle cherche à en persuader l'univers ; c'est là la meilleure preuve qu'ils sont authentiques. Ils exposent clairement et en connaissance de cause ce que beaucoup de Juifs peuvent exécuter inconsciemment. C'est là l'important44. » Pendant de nombreuses années, Joseph Goebbels n'utilise pas les Protocoles dans la propagande antisémite qu'il dirige. Ce n'est qu'après une lecture du texte et une discussion du 13 mai 1943 avec Hitler qu'il pense pouvoir les utiliser. Dans la recension qu'il fait de la discussion, Goebbels se dit « stupéfait » à la fois par la modernité du texte et par la rigueur dans l'exposition du projet juif de domination mondiale45. En Union soviétique Dans l'Union soviétique de Staline, dans les années 1933-1935, les journaux soviétiques gardent un silence total sur l'arrêt du procès de Berne, qui a conclu à la fausseté des Protocoles. Pourtant les Izvestia dépêchent sur place Ilya Ehrenbourg. Celui-ci est chargé de suivre les développements du nazisme et de l'antisémitisme, questions spécialement débattues alors à la Société des Nations. L'article d'Ehrenbourg, dûment écrit et transmis, n'est jamais paru46. Dans le monde arabo-musulman Premières traductions Les Protocoles en espagnol, 1930 Il existe au moins neuf traductions différentes en arabe du Protocoles des Sages de Sion, c'est-à-dire plus que dans n'importe quelle autre langue47. La première traduction des Protocoles des Sages de Sion en arabe (à partir d'une version française) est publiée au Caire en 1925 puis à Jérusalem en 1926. Selon Gilbert Achcar, ils n'ont « néanmoins connu qu'une diffusion marginale dans les pays arabes avant 1948 » ; il souligne qu'elle a été le fait de chrétiens et non de musulmans48. Muhammad Rashid Rida, que Gilbert Achcar décrit comme « le père spirituel de l'intégrisme islamique arabe moderne49 » s'en inspire dans un texte qui fait suite aux émeutes de 1929 en Palestine mandataire : son « argumentation anti-juive […] y puise à toutes les sources, combinant des arguments conformes à la tradition musulmane la plus hostile aux juifs »50. Une traduction de 1951 est diffusée dans le monde musulman après « l'intense exacerbation du conflit palestinien de 1948 » et de la Nakba (« catastrophe », exode palestinien de 1948)48. En 1967, les Presses islamiques de Beyrouth publient la version française de Roger Lambelin sous le titre Protocoles des Sages de Sion : texte complet conforme à l'original adopté par le congrès sioniste réuni à Bâle (Suisse) en 189751. Pour Achcar, les « insanités que contient ce pamphlet ont connu une diffusion beaucoup plus vaste que le pamphlet lui-même » et elles ont largement contribué à la « diffusion de l'antisémitisme dans le monde arabe48 ». Il insiste sur les différences de motivation des propagandistes des Protocoles en Europe, qui n'avaient que des desseins antisémites, et celle de leurs diffuseurs dans le monde arabe qui cherchaient à « excuser la défaite infamante […] des États arabes devant le mouvement sioniste et à expliquer pourquoi ce dernier avait pu gagner le soutien de l'ensemble des puissances du camp victorieux de la Seconde Guerre mondiale52 ». Des personnalités arabes font référence aux Protocoles dans des rencontres officielles ou dans des écrits : Par exemple, en 1929, à la suite de sa comparution devant la commission Shaw chargée d'étudier les causes des émeutes de 1929 en Palestine mandataire, le mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini se réfère aux Protocoles pour démontrer que les sionistes ont attaqué les Arabes53. Tom Segev rapporte le cas d'un notable palestinien qui, bien que conscient du discrédit qui pèse sur les Protocoles, ne peut expliquer la défaite arabe dans la guerre de 1948 sans une collusion entre le sionisme et le communisme, dans le cadre d'un plan visant à la domination du monde54. En septembre 1958, le président égyptien Gamal Abdel Nasser demande à un journaliste, lors d'un entretien, s'il connaît les Protocoles et lui en conseille la lecture, car ils démontreraient que « 300 sionistes, dont chacun connaît tous les autres, gouvernent le destin du continent européen et élisent leurs successeurs parmi leur entourage55. » Cette littérature participe de la propagande antisémite diffusée internationalement par les pays arabes et s'est répandue dans d'autres pays musulmans comme le Pakistan, la Malaisie ou l'Indonésie47. Usages et références actuels La charte du Hamas fait référence aux Protocoles et à d'autres poncifs antisémites56,57. L'article 32 y indique que « le plan sioniste […], après la Palestine […] ambitionne[] de s'étendre du Nil à l'Euphrate […] dans « Les Protocoles des Sages de Sion » »58,59. Gilbert Achcar rapporte cependant que la charte serait en cours d'amendement, se référant à Azzam Tamimi, un proche du Hamas qui, « sensible au dommage causé à l'image du mouvement palestinien [par l'antisémitisme de la charte] » a déclaré dans The Jerusalem Post en février 2006 que : « Toutes ces absurdités sur Les Protocoles des Sages de Sion et les théories du complot – toutes ces bêtises – seront éliminées » dans la version amendée60. En Arabie saoudite, il est enseigné que Les Protocoles est un « document authentique » « approuvé lors du premier Congrès mondial du sionisme à Bâle » et même si les Juifs le nient, la preuve en est donnée par les changements géo-politiques, économiques et médiatiques qu'a connus le siècle passé, qui correspondent à ce qui est indiqué dans cet ouvrage61,62,63,64. En 2003, la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie inaugure son musée de manuscrits où figure une traduction en arabe des Protocoles à côté de manuscrits de la Torah. Le directeur le justifie en déclarant : « Il se peut que le livre des Protocoles des Sages de Sion soit plus important pour les juifs que la Torah, puisqu'ils gèrent leur vie selon ses principes65. » Le propos des Protocoles est également popularisé dans le monde arabe par divers feuilletons télévisés : Un feuilleton télévisé égyptien, repris par de nombreuses télévisions arabes, Le Cavalier sans monture, évoque de façon centrale dans l'intrigue, les Protocoles des Sages de Sion présentés comme un écrit tenu secret par des Juifs, mais supposé authentique66. Le feuilleton Ash-Shatat (en) ( الشتات, Diaspora), diffusé par Al-Manar, la télévision du Hezbollah, dépeint les Juifs se livrant à un complot visant à dominer le monde et reproduit les traditionnelles accusations de « crime rituel » perpétré sur des enfants chrétiens, afin d'utiliser leur sang pour fabriquer des matzot cashères67,68. Produit en Syrie sur des crédits du ministère de la sécurité, du ministère de la culture, du commandement de la police de Damas et du Département des antiquités et des musées67, ce programme est diffusé à la télévision libanaise Al-Manar, en Iran en 2004 et en Jordanie en 2005, sur le réseau satellite Al-Mamnou69. Al-Manar a suspendu la diffusion de la série après avoir constaté l'antisémitisme des premiers épisodes et présenté ses excuses à ses téléspectateurs70. Une série télévisée Al-Sameri wa Al-Saher, sur Al-Alam Télévision, la télévision iranienne, qui comprend non seulement une dénonciation du supposé pouvoir des Juifs sur le monde, mais un négationnisme ouvertement exprimé à l'égard des crimes commis envers les Juifs. En Afrique Dans le documentaire Général Idi Amin Dada : Autoportrait du réalisateur suisse Barbet Schroeder, sorti en 1974, le dictateur ougandais Idi Amin Dada fait allusion au livre et présente les Protocoles des Sages de Sion en sa possession pour prétendre à l’existence d'un complot juif mondial. Influence des Protocoles dans le temps Influence internationale Plusieurs auteurs, dont Pierre-André Taguieff et Catherine Nicault, ont mis en évidence les multiples utilisations des Protocoles à travers le temps : dénonciation de prétendus complots judéo-bolchéviques ou judéo-capitalistes, propagande fasciste ou nazie71. Alain Goldschläger écrit en 1989 que cet ouvrage est un faux « avéré, dont les conséquences sont des actes de haine et de destruction »72. Les complotistes s'appuient sur les Protocoles pour étayer leur propagande. Le britannique David Icke se défendant d'antisémitisme déclare que les Protocoles des Sages de Sion, qui inspirent certains de ses ouvrages, témoignent non d'un complot juif, mais d'un « complot reptilien »73. Alice Walker, militante anti-raciste et prix Pulitzer, devenue New Age, dit en 2018 apprécier la « liberté d'esprit » d'Icke, un homme « assez courageux pour poser les questions que d'autres craignent de poser »74,75,76. En 1991, le théoricien du complot Milton William Cooper republie Les Protocoles dans son ouvrage intitulé Behold a Pale Horse, où il accuse les Illuminati (souvent assimilés aux Juifs) et non les Juifs de vouloir établir un « Nouvel ordre mondial »77. En 2011, le conspirationniste chrétien New Age et antisémite Texe Marrs publie une édition des Protocoles avec des notes additionnelles par l'hitlérien américain Henry Ford78. Le texte est encore diffusé, en particulier dans les milieux antisémites et/ou antisioniste et dans le monde arabo-musulman79,80. Bien que la preuve philologique que ce texte soit un faux ait été administrée, elle n'atteint pas les auteurs complotistes. « L’argument de ceux qui résistent étant que ce sont peut-être des faux matériellement, mais qu’ils sont authentiques selon l’esprit ; ou bien que l’on peut éliminer les Protocoles comme texte, mais qu’il y a bien un complot juif mondial visible à l’œuvre quotidiennement ; ou bien encore que si les Protocoles ne décrivent pas l’actualité, ils sont une prophétie81 ». En droit français Article détaillé : Liste de livres censurés en France#Contestations contentieuses de l'article 14 ou des interdictions. Les Protocoles ont été interdits de diffusion en France pendant une vingtaine d’années, à la suite de l’arrêté du 25 mai 1990 du ministre de l’Intérieur français Pierre Joxe, « considérant que la mise en circulation en France de cet ouvrage est de nature à causer des dangers pour l’ordre public en raison de son caractère antisémite82. » Cette interdiction n'est plus en vigueur83 : la diffusion des Protocoles des Sages de Sion est légale en France. Leur dernière parution est celle de 2010, éditée et présentée par Philippe Randa84, éditeur et militant politique d’extrême droite85. Le texte intégral est disponible en ligne (voir Liens externes ci-dessous). Les Protocoles dans la littérature La rédaction des Protocoles des Sages de Sion constitue l'ossature du roman d'Umberto Eco, Le Cimetière de Prague (2010). Le Complot. L'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion de Will Eisner (1917-2005), auteur américain de bande dessinée. Ce livre a inspiré l'industriel antisémite américain Henry Ford pour son ouvrage Le Juif international (1920). Notes et références Le nom de Sion est souvent pris comme symbole de Jérusalem Le titre varie en fonction des éditions en langue française, certaines sont intitulées Protocoles des Sages de Sion, sans l'article Les Pour la généalogie et les différences entre versions, voir De Michelis 1997. Walter Laqueur : L'antisémitisme dans tous ses états. Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, p. 117 & suiv., 127 & suiv., 2010, éd. Markus Haller, (ISBN 9782940427086) Jacques Halbronn, « Le texte prophétique en France. Formation et fortune », thèse d'État, université Paris X, 1999. (en) Cesare G. De Michelis, The Non-Existent Manuscript : a Study of the Protocols of the Sages of Zion, University Of Nebraska Press, 2004, 419 p. (ISBN 978-0-8032-1727-0, lire en ligne). Halbronn 2002b. Taguieff 2006, p. 120-121. Taguieff 2006, p. 123. Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth. Essai sur la désinformation, Paris, Calmann-Lévy, 1983, 194 p. (ISBN 2-7021-1240-4), p. 27. Poliakov 1983, p. 27. Édition de la Vieille France. Ernest Jouin, Le péril judéo-maçonnique : les "Protocols" des sages de Sion : coup d'oeil d'ensemble, Paris, Revue internationale des sociétés secrètes. Émile-Paul frères., 1932, 24 p. (lire en ligne) Adolf Hitler, Mein Kampf, p. 160 [lire en ligne]. (en) Norman Cohn, Warrant for Genocide : The Myth of the Jewish World-Conspiracy and the Protocols of the Elder of Zion, New York, Harper & Row Publishers, 1966, p. 32–36. (en) Henry Ford, The International Jew. (en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene: Historical Artifact or Current Threat? », dans Richard Allen Landes et Steven T. Katz, The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, 2012, p. 172-176. (en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene: Historical Artifact or Current Threat? », dans Richard Allen Landes et Steven T. Katz, The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, 2012, p. 181. Pierre Charles, « Les Protocoles des sages de Sion », Nouvelle Revue théologique, vol. 65,‎ 1938, p. 56-78, 966-969, 1083-1084. Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux, Paris, Fayard, 2004. (Taguieff ne donne pas la date mais il semble d'après le contexte que ce soit dès 1921). Il semble qu'il s'agisse d'un article paru le 19 août 1921, où Bainville reste néanmoins incertain et réaffirme une vision complotiste et antisémite de la Révolution russe. Bibliothèque nationale de France, mss, FM7, 17, RISS, lettre de Benigni à Jouin du 9 février 1921. Tristan Mendès France et Michaël Prazan, Une tradition de la haine : Figures autour de l'extrême-droite, Paris-Méditerranée, 1998, 153 p. (ISBN 978-2-84272-054-4), p. 14. Jérôme Jamin, L'imaginaire du complot : discours d'extrême droite en France et aux Etats-Unis, Amsterdam, Amsterdam University Press, coll. « IMISCOE dissertations », 2009, 342 p. (ISBN 978-90-8964-048-2, lire en ligne), p. 60 « Reconnus comme un faux, les Protocoles des Sages de Sion ont donc malgré tout réussi à s'imposer au fil des années » Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite : de 1945 à nos jours, vol. 43, Editions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle : Identités politiques européennes », 1991, 221 p. (ISBN 978-2-87027-404-0, lire en ligne), p. 42 « En Italie, la brochure publicitaire des éditions Europa tenues par la tendance Ordre Nouveau, circulait lors des congrès du MSI en 1970 et 1973 ; y figuraient la traduction de Mein Kampf, le texte des Protocoles des Sages de Sion […]. » Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : Comment l'extrême droite remporte la bataille d'Internet, Flammarion, 2016, 318 p. (ISBN 978-2-08-135491-3, lire en ligne) « Le visionnage de ces vidéos postées sur Youtube révèle ainsi un discours syncrétique, empruntant à toutes les traditions de l'antisémitisme : la vieille tendance « de gauche » qui identifie les juifs au système capitaliste ; une lecture complotiste plus ancienne encore, culminant autour des célèbres faux Protocoles des Sages de Sion ; […]. » France Culture, « Mécanique du complotisme. 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L'arrêté n’est plus en vigueur puisqu’il se basait sur l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881 relatif au contrôle de la presse étrangère, lequel article, après avoir été modifié à plusieurs reprises, notamment par le décret-loi du 6 mai 1939, fut définitivement abrogé à la suite de l'avis n° 380.902 du Conseil d’État rendu le 10 janvier 2008. (Voir le résumé des modifications concernant l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881.). Cet avis faisait suite à la décision n° 243634 du Conseil d’État en date du 7 février 2003, selon laquelle le décret-loi du 6 mai 1939, qui modifiait l'article 14 de la Loi du 29 juillet 1881, était abrogé par l'article 1er du décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004 (Décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004 portant abrogation du décret-loi du 6 mai 1939 relatif au contrôle de la presse étrangère. NOR: INTD0400141D. le texte). Philippe Randa (dir.), Protocoles des Sages de Sion. Un paradoxe politique, théorique et pratique, Paris, Déterna, 2010. « […] La majorité des livres diffusant les thèses d'extrême droite sont édités chez Dualpha. Son patron, Philippe Randa, est lui-même un ancien activiste de l'extrême droite musclée. Il assure la diffusion de ses propres livres et des auteurs qu'il édite (notamment la réédition d'ouvrages doctrinaux d'idéologues nazis comme Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg, un théoricien du IIIe Reich) », Martine Vandemeulebroucke, « L'extrême droite en un clic », Le Soir, mardi 8 janvier 2008. Voir aussi Sur les autres projets Wikimedia : Bibliographie Henri Rollin, L'Apocalypse de notre temps, Allia, 1991 (1re éd. 1939). Norman Cohn (trad. Léon Poliakov), Histoire d'un mythe : la « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion [« Warrant for genocide »], Gallimard, coll. « La Suite des temps », 1967, 300 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne]. Réédition : Norman Cohn (trad. de l'anglais par Léon Poliakov), Histoire d'un mythe : la « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion [« Warrant for genocide »], Paris, Gallimard, coll. « Folio / Histoire » (no 44), 1992, 302 p., poche (ISBN 2-07-032692-6). Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme (de Voltaire à Wagner), Paris, Calmann-Lévy, 1968. Léon Poliakov, La Causalité diabolique, Paris, Calmann-Lévy, 1980. Renée Neher-Bernheim, Le Best-seller actuel de la littérature antisémite : les « Protocoles des Sages de Sion », Pardès, 1988. Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, Paris, Berg International, 1992 : Tome I : Un Faux et ses usages dans le siècle, 408 p. (2e édition revue et augmentée, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-62148-9)) ; Tome II : Études et documents, 816 p. (ISBN 2-911289-57-9). Pierre-André Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, coll. « Les Petits Libres », 2006, 213 p. (ISBN 2-84205-980-8). Walter Laqueur : L'Antisémitisme dans tous ses états. Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, p.115 & suiv.; 2010, éd. Markus Haller; (ISBN 9782940427086). Pierre-André Taguieff, « Hitler, les Protocoles des Sages de Sion et Mein Kampf », Revue d'histoire de la Shoah, Paris, Mémorial de la Shoah, no 208 « Les racines intellectuelles de Mein Kampf »,‎ mars 2018, p. 239-273. Catherine Nicault, « Le procès des Protocoles des Sages de Sion : une tentative de riposte juive à l'antisémitisme dans les années 1930 », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, no 53,‎ janvier-mars 1997, p. 68-84 (lire en ligne). Cesare G. De Michelis, « Les Protocoles des sages de Sion : philologie et histoire », Cahiers du monde russe, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, vol. 38, no 3,‎ juillet-septembre 1997, p. 263-305 (lire en ligne). Will Eisner (trad. de l'anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, préf. 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Filmographie Marc Levin a tourné un documentaire Les Protocoles de la rumeur sur l'usage du Protocoles des Sages de Sion dans l'antisémitisme moderne. La vérité est ailleurs ou la véritable histoire des Protocoles des Sages de Sion, documentaire de Barbara Necek, prod. Doc en Stock. Diffusé le 6 mai 2008 sur Arte. Articles connexes The Secret Relationship Between Blacks and Jews : pseudo étude historique qui promeut l'idée que les Juifs sont les principaux instigateurs de la traite des noirs. Prophétie de Franklin et Le Talmud démasqué : autres faux aux intentions antisémites. Liens externes Sur les autres projets Wikimedia : Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuelBibliothèque nationale de France (données)Système universitaire de documentationBibliothèque du CongrèsGemeinsame NormdateiBibliothèque nationale d’IsraëlBibliothèque nationale tchèqueWorldCat Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Dizionario di StoriaEncyclopædia BritannicaEncyclopædia UniversalisEncyclopédie Treccani [audio] « Les Protocoles des Sages de Sion, le complot centenaire », série produite par Roman Bornstein et réalisée par Alexandre Manzanarès, France Culture, 2 septembre 2020 : « 1 : les faussaires du Tsar » (16 min) ; « 2 : un passeport pour le génocide » (15 min) ; « 3 : du péril juif au complot sioniste » (15 min). William Audureau, « Les Protocoles des sages de Sion », fake news antisémite à succès des années 1920 », Le Monde,‎ 15 août 2021 (lire en ligne, consulté le 18 août 2021).

Robert Benazra L'élaboration de mythes pseudo-théologiques à partir du Talmud et du Choul'han Aroukh

BIBLIOTHECA HERMETICA 7 L’élaboration de mythes pseudo-théologiques, à partir du Talmud et du Choul’han Aroukh par Robert Benazra La présente étude fait suite à la publication par nos soins de la deuxième partie de la thèse universitaire de Jacques Halbronn. L’ouvrage de l’historien de l’Esotérisme est ainsi consacré au Sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle, et comporte essentiellement deux études approfondies, une sur le Judenstaat de Théodore Herzl et l’autre sur le Prologue qui introduisit les Protocoles des Sages de Sion (PSS). Une des thèses principales de notre auteur, c’est que les Protocoles, pour forger le mythe d’une “conspiration juive mondiale”, se sont fortement inspirés des Actes des premiers congrès sionistes, vers la fin du XIXe siècle - qu’on appelait d’ailleurs “protocoles” - associés à un antitalmudisme primaire, hérité du Moyen-Age. Pour conforter cet antijudaïsme, les auteurs anonymes du pamphlet ont apporté un certain nombre de citations - diffusées notamment par des Juifs convertis, plus ou moins lettrés, vers le milieu du XIXe siècle - dans lesquelles notamment, “les Juifs traitent les Gentils comme des animaux”, etc. Il n’est pas dans notre intention de faire ici une étude complète sur la manière dont les non-Juifs (ou GOYIM1) sont “traités” dans les ouvrages législatifs des RABBANIM (ou rabbins érudits), qu’il s’agisse notamment du TALMUD, ouvrage le plus attaqué par les détracteurs du peuple juif, lesquels sont généralement dépourvus d’un quelconque bagage sur la connaissance des doctrines talmudiques, ou du CHOULKHAN AROUKH, ouvrage de prédilection, résumé beaucoup plus accessible pour la plupart des lettrés chrétiens qui se sont intéressés au Judaïsme, ou plus exactement qui ont recherché dans les doctrines juives de quoi alimenter une haine dont les causes réelles se perdent dans la nuit des temps. La Théologie fait partie de ces sciences humaines dont on ne peut parler et discuter sérieusement qu’entre initiés, un peu comme certaines branches ardues des Mathématiques, telle la Théorie des groupes par exemple, et qui ne sont pas accessibles au commun des mortels sans initiation préalable. Et “se mettre dans le contexte de l’époque” ne suffit pas toujours pour comprendre un état d’esprit dont la “cartographie” du langage même semble totalement désuète relativement au schéma linguistique utilisé par l’individu d’aujourd’hui. Dans le texte russe, qui a servi de préface à la 1ère édition des Protocoles des Sages de Sion, on trouve plusieurs références chiffrées du Talmud et du Choul’han Aroukh (Even Ha’Ezer, transcrit Eben-Gaezar et Orakh ’Haïm transcrit Khopaïm, etc.). Jacques Halbronn a retrouvé la quasi-totalité des sources du Talmud et du Choul’han Aroukh contenues dans les nombreuses versions protocoliennes du faux antisémite, dans un ouvrage allemand de 1884, une sorte de Critique du Judenspiegel de Justus Briman, par un certain Dr. Jacob Ecker. La recherche de Jacques Halbronn s’arrête ici, mais en tant qu’éditeur de ces textes “sensibles”, il m’a semblé utile de donner au lecteur, dans cette brève étude, quelques éléments de compréhension, notamment sur l’usage des citations talmudiques pour d’une part, compléter la thèse d’Halbronn, et d’autre part, apporter quelque lumière au lecteur néophyte, qui prendrait au pied de la lettre les dites citations. J’ai auparavant vérifié que ces citations (reproduites ci-après dans le texte original) étaient bien celles contenues dans les éditions courantes du Talmud et du Choul’han Aroukh.2 Avant de situer toutes ces citations, à partir des textes originaux tirés de la littérature talmudique, de les traduire et d’en expliquer le sens, tel que la tradition talmudique l’entend, nous voulons analyser brièvement les causes de l’antisémitisme, dont la résurgence inquiète certaines composantes de la communauté juive occidentale. Il y a plusieurs causes à l’explosion antisémite à la fin du XIXe siècle en Europe. Mais le facteur essentiel, à mon sens, et qu’on doit nécessairement prendre en considération pour tenter une explication raisonnable du phénomène de judéophobie, est lié à la pure calomnie et à l’invention d’un mythe spécifiquement chrétien à la base, devenu un archétype qui hante les consciences universelles. C’est la naissance du nationalisme qui a exacerbé à un très haut degré la xénophobie populaire, et bien évidemment, les Juifs - bouc émissaire idéal - en furent les premières victimes. L’essor formidable du Socialisme, qui allait de pair avec une nouvelle vision économique du monde, reportait sa haine indescriptible sur les banquiers juifs, en particulier sur l’un d’entre eux, Rothschild. Le Juif était un étranger pour le xénophobe européen, mais il était aussi un “parent” de Rothschild pour le prolétaire ! Au tournant du XXe siècle, le Juif, doublement honni, va être caricaturer jusqu’au grotesque. Et les antisémites les plus cultivés vont rechercher dans les textes législatifs des Juifs, des passages, qui une fois sortis de leur contexte, vont perdre leur signification ontologique. La vulgarisation de textes mal interprétés, dans la hâte de nuire, va conduire à l’élaboration du mythe de la “conspiration juive”, prenant le pas sur le reproche de déicide de l’antisémitisme chrétien d’origine. On va s’efforcer de démontrer que les Juifs jouissent d’une immense influence sur les rouages du monde. Dans cette quête, la raison semble des plus absente au profit d’un ésotérisme de façade. Dès 1869, l’expression “judéo-maçonnique” de Gougenot des Mousseaux, sera popularisé, une quarantaine d’années plus tard, par Mgr. Jouin. Les antisémites vont désormais s’appuyer sur une explication quasi manichéenne de l’histoire, en invoquant, à l’appui de leur doctrine des documents historiques, notamment les fameux Protocoles des sages de Sion - vulgarisés quelques décennies plus tard par le Mein Kampf d’Adolf Hitler3 - ou même des notions hébraïques comme par exemple le Kahal, détourné de son sens par le Juif converti Jacob Brafman au début de la IIIe République, un terme propagé officiellement par le gouvernement russe, vers la fin du XIXe siècle, ou encore le terme goy qui par le même processus d’appropriation aura un succès médiatique plus prononcé et durable. Le rejet du peuple juif, qu’un Edouard Drumont, auteur de la France juive, appellera le “peuple de Satan”, est un dogme pseudo-théologique et une constante de l’antijudaïsme chrétien. Il nous faut ainsi remonter à l’historien Flavius Josèphe qui notait, à propos des Egyptiens, que “notre piété diffère de celle qui est en usage chez eux, autant que l’être divin est éloigné des animaux privés de raison”.4 Josèphe reproche à Apion d’avoir inventé ce que nous retrouverons dans les PSS : “Il forge aussi un serment par lequel, prétend-il, en invoquant Dieu (…) nous jurons de ne montrer aucune bienveillance envers l’étranger…”5 Le mythe était en route et se forgera inlassablement au cours des siècles. Les antisémites n’ont donc pas hésité à exploiter les passages littéralement rendus par le Talmud, notamment, pour accentuer ce reproche séculaire au peuple juif de sa haine du genre humain, à la dureté de sa loi - de la loi de ce peuple qui donna pourtant naissance au Jésus des Chrétiens, “un peuple qui demeure à part et qui ne peut être pensé parmi les nations”.6 Ainsi, l’antisémite présuppose une hostilité naturelle du Juif envers le non-Juif. Mais l’histoire de l’humanité ne montre-t-elle pas que c’est le peuple juif qui a été persécuté ? Le peuple juif est un peuple rebelle, voilà sa vraie nature : une rébellion contre ceux pour qui l’instinct de survie serait le but essentiel de la vie, une rébellion contre la non-soumission au Créateur de l’Univers, une recherche permanente des “règles” de fonctionnement du monde tant matériel que spirituel, une quête permanente de l'indicible raison d'être. Nous voulons ici rappeler le caractère particulier des recueils de textes rabbiniques qu’on a rassemblé sous le nom de Talmud. Il ne s’agit point d’une école de haine envers les non-Juifs, comme l’a répété pendant des siècles un virulent antitalmudisme, l’équivalent intellectuel de l’antijudaïque, devenu par la suite un pure produit démagogique avec l’antisémitisme, dont on observe aujourd’hui un surprenant renouveau associé à un antisionisme médiatique, qui se confond parfois avec un antimondialisme, voire un antiaméricanisme de circonstance : il s’agit toujours et encore de trouver un responsable aux malheurs de la planète, sans faire l’effort de comprendre, et surtout en exonérant habilement ceux vers qui devrait être tourné la réprobation générale : l’ignorance n’est-elle pas sœur du malheur des peuples ? Tous les passages relatifs aux non-Juifs, et rapportés avec un malin plaisir, parfois par des Juifs renégats, ne devraient pas être ressortis de leur contexte, sans une “prise de conscience”, car il s’agissait pour les Rabbanim de se conformer aux prescriptions halakhiques7, c’est-à-dire à l’orthodoxie religieuse, notamment vis-à-vis des mariages mixtes et également de résister aux tentations syncrétistes issues de la fréquentation avec les non-Juifs. L’athéisme, c’est-à-dire la négation - quelque part dogmatique - de l’existence d’une divinité, de la croyance en un Dieu unique, est certainement la source de toutes ces réflexions rabbiniques, que d’aucuns ont pu considérer comme blessantes ou insultantes à leur égard. Celui qui conteste l’existence d’un Créateur, ou plus exactement, celui qui refuse de croire qu’un esprit supérieur, même s’il existait, se soit intéressé à l’existence matérielle de ses créatures8, est nommé dans le Talmud, APIKOROS (ou “Epicurien”, par transfert linguistique), celui dont seule la perspective matérialiste, dans la recherche exclusive des plaisirs matériels lui procure une certaine satisfaction. L’exemple moderne de cet épicurisme a donné au philosophe juif Karl Marx de quoi alimenter ses thèses matérialistes. L’Epicurien nie donc le principe même de la religion, ce que les Rabbanim - dont rappelons-le, le “rabbi” Jésus de Nazareth (selon les Evangiles eux-mêmes) - ne pouvaient évidemment point admettre.9 En ce qui concerne toutes les interdictions contenues dans la Thorah, les Rabbanim enseignent : si on dit à un Juif : “Transgresse ces lois, et tu auras la vie sauve”, le Talmud (Sanhédrin 74 a) nous dit qu’il peut y consentir pour éviter la mort, à la condition expresse de ne commettre aucun des trois “péchés capitaux” suivants : AVODA ZARA (littéralement “culte des idoles”), c’est-à-dire l’idolâtrie, GUILOUILLE ARAYOTH (littéralement “révélation de la nudité”), c’est-à-dire les relations sexuelles illicites et CHEFIKHOUT DAMIM (littéralement “effusion de sang”), c’est-à-dire le meurtre, pour lesquels un Juif devra préférer la mort plutôt que la transgression de ces interdits. Parmi les 613 Commandements qui incombe au Juif, le seul qui concerne directement notre relation avec un non-Juif est justement celui du devoir d’aimer l’étranger. La Thorah ordonne aux Juifs, en effet, de ne pas faire souffrir l’étranger de quelque manière que ce soit, et au contraire d’être toujours bienveillant envers la personne qui le représente, indépendamment de ses idées. Dans la Thorah, on appelle GUER toute personne originaire du peuple non-juif, et venu se joindre au Rassemblement d’Israël (QAHAL). C’est en parlant de lui que le texte dit : “Vous aimerez l’étranger”.10 Le non-Juif n’est pas tenu d’observer les lois alimentaires (KACHEROUT) que la Thorah stipule. C’est pourquoi, le Juif de la Thorah (généralement, mais pas toujours, celui qu’on nomme aujourd’hui “juif religieux”) ne fait pas participer le Goy au repas de PESSA’H (Pâque), par exemple. Nous lisons dans un verset de l’Exode (XII, 43) : “nul étranger n’en mangera”. Selon les Rabbanim, il s’agit de toute personne dont les actions sont comme étrangères à l’égard du Dieu de la Thorah. L’interdiction des Rabbanim, à la participation de Goyim au repas de Pessa’h, est inspirée par l’idée que le sacrifice de l’agneau pascal doit rappeler aux Hébreux et à leurs descendants leur libération, suivie de leur entrée dans l’Alliance du Sinaï, et donc, seuls ceux qui font partie de cette Alliance11, et qui l’ont accepté, pourront y participer, nous enseigne le traité talmudique de Shabbath (96 b). Après ces préliminaires, nous allons fournir pour chacune des références rabbiniques citées - le texte hébreu contenu dans la Critique du Judenspiegel par Jacob Ecker dont Jacques Halbronn a montré qu’il s’agissait de la source même des citations dont se sont nourries les versions primitives des Protocoles des Sages de Sion - la référence tirée des éditions courantes du Talmud et du Choul’han Aroukh. La traduction des passages talmudiques est relativement délicate, en ce sens qu’une traduction mot à mot donnerait des textes quasi incompréhensibles. Pour nous aider dans cette tâche, nous avons fait appel aux connaissances talmudiques de M. Yaniv PEREZ. Dans les ouvrages rabbiniques, on désigne parfois l’idolâtre par l’abréviation (AKOUM), c’est-à-dire, littéralement en hébreu : “Celui qui se prosterne devant les étoiles et les constellations“ : c’est donc le “païen”, proprement dit, qui est visé, et par extension, le “non-Juif”. Les propos rabbiniques concernant l’AKOUM vise donc tout simplement l’idolâtre. Cela apparaît déjà dans le 1er Commandement divin : “Tu n’auras point d’autre Dieu”. L’Eternel est un Dieu “jaloux”, nous rappelle-t-on, d’où ces multiples allusions négatives à l’égard de ceux qui vénèrent les étoiles, et par extension, toutes formes d’idoles et leur “fan club”. Les Rabbanim font cependant une nette distinction avec ceux qui étudient les étoiles. Nous avons dit précédemment que dans la Thorah il y a 613 MITSVOTH (ou Commandements), soit 248 commandements dits positifs (Tu feras) et 365 Commandements dits négatifs (Tu ne feras pas). Les 30 premiers Commandements négatifs concernent l’idolâtrie et les cultes païens, et les 29 suivants, la sorcellerie et les relations avec l’idolâtre12, c’est dire l’importance pour le Juif des prescriptions divines de la Thorah, l’Ancien Testament des Chrétiens. Le Samaritain (KOUTI) est un Juif qui ne se réfère, en substance, qu’à la loi écrite, essentiellement la Thorah et le Livre de Josué. Les KOUTIM (pluriel de KOUTI) ont leurs propres prophètes qui ne sont évidemment pas reconnus par les Juifs “de la première heure”. A l’origine, on considérait les KOUTIM comme des Juifs, quoi qu’on s’en méfait certainement. On peut donner cet exemple, repris du Talmud : on ne pouvait répondre “Amen” à une bénédiction prononcé par un KOUTI que seulement si on entendait la totalité de la bénédiction, car on craignait, parfois à juste titre - et l’histoire allait donner raison à ses détracteurs - que cette bénédiction ne soit dédiée à une divinité étrangère. Et en effet, cela a duré jusqu’au jour où l’on a découvert que les Samaritains adoraient en secret une divinité en forme de colombe. A partir de ce jour, les KOUTIM ont été considérés comme des non-Juifs à part entière.13 Le Talmud distingue le KOUTI du Juif orthodoxe ou rabbinique, et les quelques réflexions désobligeantes qu’on peut trouver dans les nombreux traités talmudiques s’adressent d’ailleurs autant aux Samaritains qu’aux non-Juifs.14 I - Le Choul'han Aroukh 1ère référence Even Ha 'Ezer (16,1) Judenspiegel / Even Ha 'Ezer 16,1 Version du Judenspiegel Choul'han Aroukh / Even Ha 'Ezer 16,1 Version du Choul'han Aroukh Traduction et interprétation : “Le Juif qui contracte un mariage avec une Samaritaine, ou bien une Juive qui épouse un Samaritain15, ne sont pas reconnus du point de vue de la Thorah, ainsi qu’il est écrit : Tu ne contracteras point de mariage avec eux”.16 On notera que l’auteur de la critique du Judenspiegel, utilise indifféremment, dans sa transcription des textes, le mot AKOUM à la place de celui de KOTI. On part ainsi, dans les textes authentiques, d’une expression particulière (le Samaritain, d’origine juive, rappelons-le) pour aboutir dans un texte à usage propagandiste, à une forme aussi généraliste que celle de AKOUM !17 2ème référence Even Ha 'Ezer (44,8) Judenspiegel / Even Ha 'Ezer 44,8 Version du Judenspiegel Choul'han Aroukh / Even Ha 'Ezer 44,8 Version du Choul'han Aroukh Traduction et interprétation : “Le mariage rituel [d’un Juif avec] une Samaritaine ou une esclave [non juive] n’est pas valable. De même, le mariage rituel d’un Samaritain ou d’un esclave avec une Juive n’est pas admis.”18 Ainsi, pour un Juif qui contracte une alliance (charnelle ou autre) avec une KOUTITE ou une esclave (non-juive), le mariage ne sera pas pris en considération, car les partenaires ne sont pas aptes à recevoir les KIDDOUCHIN. Quant bien même les KIDDOUCHIN seraient établis, le mariage ne serait pas valable du point de vue de la Thorah. Et il en est de même avec un KOUTI ou un esclave qui a contracté un mariage avec une Juive. 3ème référence Orakh 'Haïm (14,1) Judenspiegel / Orakh 'Haïm 14,1 Version du Judenspiegel Choul'han Aroukh / Orakh 'Haïm 14,1 Version du Choul'han Aroukh Traduction et interprétation : “Règles concernant les Tsitsith (franges rituelles) faits par un AKOUM ou par une femme : Les Tsitsith fait par un idolâtre (AKOUM) ne sont point valables, comme le confirme l’Ecriture : Parles aux Enfants d’Israël…19 à l’exclusion des idolâtres…”.20 II - Le Talmud (dit de Babylone) 4ème référence Yevamoth (61 a) Judenspiegel / Yevamoth 61 a Version du Judenspiegel Talmud / Yevamoth 61 a Version du Talmud Traduction et interprétation : “La tombe de l’AKOUM21 ne rend pas impur22 avec OHEL23, parce qu’il est dit : Quant à vous, vous êtes mon troupeau, le troupeau que je fais paître, vous êtes des hommes.24 On en déduit : vous, vous êtes appelé ADAM25, mais l’AKOUM n’est pas appelé ADAM.” Ainsi, cette loi, qui provient directement des textes de la Thorah, nous dit que seul celui qui est appelé ADAM rend impur avec OHEL. 5ème référence Yevamoth (98 a) Judenspiegel / Yevamoth 98 a Version du Judenspiegel Talmud / Yevamoth 98 a Version du Talmud Traduction et interprétation : “Thorah a rendu HEFQER (non valable)26 le sperme de l’idolâtre parce qu’il est écrit : dont la chair est celle des ânes et le sperme celui des chevaux”.27 Le problème de la Guemara, pour résumer le plus schématiquement possible, c’est de savoir si pour deux frères qui ne sont pas juifs et qui se sont pas convertis, on peut leur appliquer la loi de IBOUM et HALITSA.28 Même si ce sont des frères jumeaux (et donc le problème de la fraternité ne se pose pas), la loi de IBOUM et HALITSA n’est pas applicable sur eux. Alors le Talmud déduit de là la non-validité du sperme d’un idolâtre. 6ème référence Qiddouchin (68 a) Judenspiegel / Qiddouchin 68 a Version du Judenspiegel Talmud / Qiddouchin 68 a Version du Talmud Traduction et interprétation : “Rabbi Hona dit : D'où sait-on [que lorsqu'on contracte une alliance avec une non-Juive, le mariage n'a aucune valeur juridique] ? Il est écrit dans la Thorah : Restez là avec (IM) l'âne29, un peuple (AM) qui ressemble à l'âne.30 On en déduit que les KIDOUCHIN ne sont pas valables avec une esclave non-juive.” 7ème référence Sanhédrin (105 a) Talmud / Sanhédrin 105 a Version du Talmud Rappelons que cette citation du traité Sanhédrin figure notamment dans l’ouvrage Acten und Gutachter (Vienne, 1890). Traduction et interprétation : “Rabbi Eliézer a dit : Les mécréants (RECHAIM) d’Israël [Juifs] et tous les GOYIM qui oublient Dieu retourneront en Enfer. Mais Rabbi Yéochoua n’est pas de cet avis car pour lui, les RECHAIM sont les GOYIM qui oublient Dieu, c’est-à-dire qu’un GOY mécréant ne peut pas accéder au monde futur.” Nous avons par ailleurs ces deux enseignements des Rabbanim : - Si on dit à propos du prophète païen BILAAM qu’il n’a pas de part au monde futur, on sous-entend qu’un autre non-Juif pourrait avoir une part au monde futur. - Tout Juif a une part au monde futur. 8ème référence Tossaphoth Sanhédrin (74 b) Judenspiegel / Tossaphoth Sanhédrin 74 b Version du Judenspiegel Talmud / Tossaphoth Sanhédrin 74 b Version du Talmud Traduction et interprétation : On peut noter deux interprétations de ce passage : 1 - “Aussi, il est enseigné dans la MEGUILAH (ou Rouleau) d’Esther (page 15) : Si je dois périr (de la maison de mon père), que je périsse”31 2 - “De la même manière que j’ai été perdue de la maison de mon père, ainsi j’ai été perdue de toi.”32 Et le texte poursuit : “De la même manière, au sujet de son mari, on ne peut pas penser que la cohabitation avec un idolâtre est comme la couche d’un animal.33 Avec ce type de relations sexuelles (celles d’un non-Juif), une Juive ne peut pas se marier avec un Prêtre (COHEN), quant bien même que dans les relations sexuelles avec un animal, elle peut toujours l’être de par le fait qu’il n’existe pas de concept de ZENOUT (adultère, ou plus exactement relation interdite) avec les animaux, comme il est expliqué dans le chapitre du Traité Yevamoth (page 59) : La semence de l’idolâtre est comme celle de l’APICOROS. Lorsque la Thorah a rendu HEFQER la semence d’un non-Juif, c’est à propos de la vie spirituelle, mais quant à la relation sexuelle elle-même, la Thorah ne l’a pas rendue HEFQER, et donc cette relation sexuelle existe bien et on ne peut pas en faire abstraction, et puisqu’elle a été interdite au mari, elle aussi interdite à celui qui a eu avec elle des relations sexuelles.” La suite du texte reprend le sujet principal et sort du cadre de la présente étude. 9ème référence Tossaphoth Ketouvoth (3 b) Judenspiegel / Tossaphoth Ketouvoth 3 b Version du Judenspiegel Talmud / Tossaphoth Ketouvoth 3 b Version du Talmud On remarquera que c’est quasiment le même texte que précédemment. Traduction et interprétation : “Aussi, dans la Meguillah il est enseigné : de la même manière que j’ai été perdue de la maison de mon père, ainsi j’ai été perdue de toi. On voit donc que vis-à-vis de son mari, les relations sexuelles d’un Egyptien34 ne sont pas considérées comme celles d’une animal et il en est de même pour celui avec lequel elle a eu des relations sexuelles, même si le concept de ZENOUT n’existe pas à propos des animaux et que les relations sexuelles avec une animal n’interdisent pas, dans l'absolu, de se marier avec un Cohen, comme il est dit dans le Traité Yevamoth : les relations sexuelles d’un Egyptien sont considérées comme de véritables relations sexuelles, et lorsque la Thorah a rendu HEFQER son sperme, c’était à propos de la vie “spirituelle”, et c'est la raison pour laquelle son sperme est considéré comme celui d’une animal.” Voilà résumé brièvement les quelques citations qui ont servi à alimenter l'antisémitisme au tournant du XXe siècle, reposant sur une incompréhension volontaire de textes inaccessibles. Ainsi, des documents rabbiniques tel le Talmud - lequel fut pourtant imprimé au vu et au su de tout un chacun dès le début du XVIe siècle - devenaient “occultes” par la force des choses et finirent par être le substrat d'un mythe qui donna naissance à l'idée machiavélique d'une “conspiration juive mondiale”. Robert Benazra Nissan 5763 Notes 1 Le GOY représente pour les Juifs celui qui n’est pas juif, qu’il soit chrétien, musulman ou bouddhiste, mais un Juif “athée” reste juif, de même qu’un Juif converti au christianisme (Monseigneur Lustiger, par exemple) demeure toujours juif. En fait, le terme GOY, au sens général de la Thorah, désigne une nation, un peuple ou une organisation politique. Retour 2 Nous verrons que parfois Ecker utilise le mot KOTI (samaritain) à la place de AKOUM (idolâtre), peut-être pas innocemment d’ailleurs. Retour 3 Cf. l’étude de Jacques Halbronn dans cette même rubrique Retour 4 Cf. Contre Apion, I, § 224. Retour 5 Cf. Contre Apion, II, § 121. Retour 6 Cf. Nombres (XXIII, 9). Retour 7 La HALAKHA (littéralement, chemin à suivre), une des manifestations créatrices de la pensée rabbinique, concerne toutes les questions juridiques. Retour 8 Nous ne sommes pas très éloignés des conceptions du philosophe juif hollandais Baruch de Spinoza. Retour 9 Pour résumer, nous dirons que le terme APIKOROS dans le Talmud désigne soit celui qui nie l’existence de Dieu, soit celui qui croit en plusieurs dieux ou même un Juif qui s’éloigne des prescriptions de la Thorah. Retour 10 Cf. Deutéronome VIII, 19. Retour 11 Le symbole de cette Alliance est la circoncision. Ainsi, le Goy ne pourrait participer au sacrifice de l’Agneau que s’il est circoncit. Retour 12 Selon la nomenclature du Rambam (Maïmonide). Retour 13 M. Yaniv PEREZ nous précise cependant que la compilation de la Michna est postérieure à ce décret des Rabbanim, même si parfois on trouve dans ce recueil certaines lois concernant les KOUTIM datant d’avant le décret. Retour 14 Parfois, dans certains passages spécifiques du Talmud ou du Choulhan Aroukh, c’était généralement pour éviter les tensions et les persécutions permanentes avec l’Eglise florissante, que les Sages hébreux utilisaient les termes KOUTI et AKOUM à la place du terme GOY. Il est un fait que, sortis de leur contexte et point du tout replacés dans l’atmosphère des temps passés, certains passages du Talmud ont fait l’objet d’une polémique millénaire et ont alimenté pour des générations l’antisémitisme des Chrétiens, notamment. L’isolement religieux des Juifs se retrouve d’ailleurs dans la quasi totalité des écrits des Pères de l’Eglise. Retour 15 Il s’agit là d’une union par le biais des relations sexuelles, qui est une des trois façons de se marier, selon la Thorah, les deux autres étant la signature d'un contrat (KETOUBAH) et la dot remise directement à l'intéressé(e). Retour 16 Dans le Deutéronome (VIII, 3), Dieu ordonne aux Enfants d’Israël quelle devra être leur attitude vis-à-vis des sept nations qui occupent la Terre promise : Hittites, Guirgachites, Amorrhéens, Cananéens, Perizzites, Hiwwites et Jabouséens : “Tu ne contracteras point de mariage avec ces nations”. Retour 17 Cependant, nous précise Yaniv PEREZ, Rabbi Yossef Karo, l’auteur du Choulkan Aroukh, a cependant voulu inclure tous les non-Juifs dans cette loi, à la suite des persécutions permanentes de l’Eglise. Retour 18 L’expression consacrée pour le mariage rituel juive est “recevoir les KIDDOUCHIN”, c’est-à-dire, “sanctifié” l’union charnelle, ou plus exactement “réserver” une personne pour soi-même. En d'autres termes, avec les KIDDOUCHIN, l’homme s’engage à être fidèle et entier pour sa femme, et il en est de même pour la femme. Ainsi, les Rabbanim considèrent que cette “réception des KIDDOUCHIN” (ou sanctification) est un préalable obligatoire au mariage, sans lequel le mariage sera déclaré nul et non avenu, mais il n'est pas suffisant car même si les KIDDOUCHIN sont établis selon la forme, les conditions ne seront pas remplies avec un partenaire KOUTI notamment. Retour 19 Dans les Nombres (XV. 37 à 38), on décrit l’habit rituel que les Enfants d’Israël devront porter. Le texte débute ainsi : “Dieu dit à Moïse : Parles aux Enfants d’Israël; tu leur demanderas de confectionner une frange (ou une houppe, TSITSITH) aux pans de leurs habits, dans toutes les générations”. Retour 20 Le Talmud en déduit logiquement que ce Commandement sur les TSITSITH ne concerne donc que les Juifs. Par contre, une femme non-juive pourrait parfaitement fabriquer de tels habits ! Retour 21 Rappelons que l'AKOUM pour le Talmud est un idolâtre (non-juif), au sens le plus large du terme. Retour 22 Si quelqu’un ou quelque chose se trouve avec la tombe dans un même espace et que cet espace est couvert. Retour 23 Le terme OHEL désigne une tente, et au sens de la Halakha, c’est tout espace couvert d’au moins dix téphakhim, le téphah étant l’équivalent de la hauteur d’un poing fermé. Retour 24 Cf. Ezéchiel (XXXIV, 31). Le verset ajoute : “… et moi, je suis votre Dieu …” Retour 25 Dans la littérature talmudique, ADAM désigne l’homme au sens restreint du terme, celui qui a accepté le joug de la Thorah. Retour 26 Dans la littérature talmudique, on nomme HEFQER quelque chose qui n’appartient à personne et qui n’a pas d’existence spirituelle. Par extension, c’est un objet dont personne ne veut devenir le propriétaire. Retour 27 Cf. Ezéchiel (XXIII, 20). Retour 28 La loi hébraïque appelle IBOUM le fait qu’un homme se doit d’épouser la femme de son frère mort sans descendance (lévirat) et HALITSA (littéralement “retirer la chaussure”), c’est l’exception, lorsque l’homme ne veut pas épouser sa belle-sœur ou lorsque ce n’est pas possible, du fait qu’il soit un Prêtre (COHEN) par exemple. Retour 29 Ce verset est dans l'histoire de AQUEDAT ITSKHAQ (Sacrifice d'Isaac), lorsqu'Abraham est parti pour sacrifier Isaac sur le Mont Moriah. Il a dit à ses serviteurs (non-juifs) qui l'accompagnaient, de rester sur place avec l'âne qu'Abraham a amené et de l'attendre jusqu'à son retour. Cf. Genèse (XXII, 5). Retour 30 Il y a là un jeu de mot avec les termes hébraïques IM et AM qui comportent les mêmes lettres : “avec l'âne” (IM HAKHAMOR) et un “peuple qui ressemble à l'âne” (AM HAKHAMOR) ! Retour 31 Dans la Méguilah (IV, 16), Mardochée demande à Esther d’intervenir auprès du roi Assuérus en faveur des Juifs, menacés d’extermination par le vice-ministre Aman. Réticente au début, Esther fit cette réponse à Mardochée : “Demande au peuple juif de jeûner trois jours consécutifs. Je jeûnerai également et je demanderai audience au roi (sans attendre d’être convoqué, comme cela se pratique habituellement), si je dois périr, que je périsse.” Ce dernier propos, repris par le commentateur, KAACHER AVADTI AVADTI, a la même tonalité que celui prononcé par Jacob (Genèse XLIII, 14), lorsqu’il laisse partir son fils Benjamin pour l’Egypte : “Pour moi, si je dois être privé de mes enfants, que j’en sois privé” (VAANI, KAACHER CHAKHALTI CHAKHALTI). Cette résignation de Jacob, et ici, de la reine Esther, est simplement le résultat d’une confiance absolue en l’Eternel. Retour 32 C’est Esther qui parle à Mardochée, son mari, d’après cette interprétation, car le terme “perdue” est ici employé du fait qu’Esther, ayant eu des relations sexuelles avec Assuérus, ne pouvait plus être la femme de Mardochée. Retour 33 En d’autres termes, on constate donc que vis-à-vis de son mari, les relations sexuelles d’un non-Juif (Assuérus) ne sont pas considérées comme celle des animaux. Retour 34 Ici le terme Egyptien est synonyme de non-Juif au sens général. Retour