mardi 23 août 2022

Jacques Halbronn Autour de la notion de "nostradamique" du Repértoire Chronologique Nostradamique (RCN)

Jacques Halbronn. Autour de la notion de « nostradamique » du Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN) Posté par nofim le 23 août 2022 Jacques Halbronn. Autour de la notion de « nostradamique » du Répertoire Chronologique Nostradamique (RCN) En 1990, nous avions faite paraitre le Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra mais le titre avait été fixé par nous, car par « nostradamique », il fallait entendre un champ qui allait au delà du personnage même de Nostradamus, à savoir ses imitateurs, des continuateurs. En ce sens, nous serions d’accord avec le message de Jean Bendor dans notre groupe « Nostradamus. Recherche » (Face Book) mais alors que l’on ne se hâte pas de dire que Nosradamus « lui même » parle de ceci ou de cela! Jean Bendor « . Mais peu importe les erreurs ou les faussaires, le décryptage de l’ouvrage fera ressortir la vérité. Ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, car, à son époque, les initiés à cette doctrine, car il s’agit de la doctrine cathare, se comptaient par millions. C’est là la vraie raison de l’Inquisition. Il n’empêche que les éventuels faussaires usent des mêmes procédés de cryptage. A titre d’exemple, les majuscules sur des noms communs. Dans les faits, ils en savaient suffisamment pour continuer son œuvre, selon les mêmes règles. Idem pour le livre perdu. En dépit des contrefacteurs, les prédictions présumées controuvées entrent parfaitement dans le même cadre. Nostradamus parle lui-même d’une miliade de quatrains et je n’en vois pas en supplément » En vérité, même les faussaires voire les adversaires et bien entendu les commentateurs, les traducteurs, les éditeurs (libraires) contribuent au processus « nostradamique ». Il est donc grand temps de vouloir, comme l’aurait souhaité un Patrice Guinard (cf le site du CURA), que tout émanât de Nostradamus et ce dès les années 1550! Comme nous l’avons souligné dans une récente vidéo, même les quatrains de ses almanachs ne seraient pas de lui et c’est sur cette erreur que tout le projet centurique aurait reposé en produisant un milliers de quatrains. En ce sens, ce serait une erreur de faire de Michel de Nostredame un « poéte », sa prose ayant été versifiée par des collaborateurs.(cf Anna Carlstedt, La Poésie oraculaire de Nostradamus : Langue, style et genre des Centuries, Edsbruk, Akademitryck AB (« Cahiers de la Recherche n° 28 » ), 2005 ) De même, il est grand temps de renoncer à la thèse selon laquelle sous la Ligue, on aurait laissé de côté les Centuries VIII-X qui ne figurent pas au cours de cette période. Reconnaissons que c’est bien sous la Ligue que les Centuries se seraient constituées et que des éditions antidatées auraient été produites, ce qui permettait à des quatrains correspondant à cette période de se présenter comme prophétiques, comme dans le cas de IV, 46 mais aussi du quatrain sur Chartres, en rapport avec le couronnement d’Henri de Navarre à Chartres,. Nous avons ainsi des quatrains qui émanent, dans le premier volet des tenants de la Ligue et dans le second volet des partisans du futur Henri IV. (cf notre post doctorat (2007) sur Le Dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle, en ligne sur SCRIBD) Cet article a été publié le Mardi 23 août 2022 à 18 h 47 min et est catégorisé sous NOSTRADAMUS. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire. Les trackbacks sont fermés. Éditer cet article.

Jacqies Halbronn La résurrection de Jésus et le foie de Prométhée q...

Jacques Halbronn Les erreurs des faussaires des Centuries sous la Lig...

lundi 22 août 2022

jacques Halbronn Jésus, comme adversaire du dieu de la Genése

Jacques Halbronn, Jésus, comme adversaire du dieu de la Genése. La crucifixion prométhéenne. Equinoxe/solstice Dans une précédente étude (sur NOFIM.unblog.fr), nous avons voulu appliquer notre modéle anthrocosmologique à la dialectique Ancien/Nouveau Testaments. La phase équinoxiale serait à rapprocher de l'Ancien Testament et la phase solsticiale du Nouveau Testament, cette dernière étant en miroir de l'autre. Nous avions développé dans cette première étude la thèse selon laquelle Jésus aurait voulu -et réussi d'ailleurs- "construire "son Eglise" en vue de disposer d'un "peuple" qui serait sien, tout comme le peuple Hébreu serait celui du Dieu (cf Livre de l'Exode). Face à la Création, donc, la Construction ( Vulgate: Mathieu, Aedificabo) Il y aurait donc quelque forme de rivalité, de défi, de la part de ce Jésus à l'encontre du Dieu de la Genése; d'où ces deux Testaments au sein de la Bible.(cf aussi Jérémie XXXI, au sujet de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliances, repris dans l'Epitre aux Hébreux). Cette "Ecclesia" annoncée par Jésus et qui s'inscrit dans un temps à venir et non dans un futur immédiat, est la contrepartie du "Am", du peuple consacré par le dit Dieu. Ce qui distingue toutefois ces deux entités, c'est la liberté de choix pour entrer dans cette Eglise, par le biais du baptéme, alors que l'appartenance au peuple hébreu est dictée par la naissance, par la filiation de génération en génération. Autrement dit, l'Eglise de Jésus confère aux hommes la tâche de donner corps à un tel projet, ce qui lui octroie une immanence par opposition à la transcendance du "peuple de Dieu". En vérité, dans ce domaine, régne plus ou moins délibérément une certaine confusion puisque les Chrétiens ne se référent pas seulement à Jésus mais se présentent par dessus le marche come "peuple de Dieu" , ce qui brouille les pistes (cf la Trinité). Mais fondamentalement, l'Eglise est l'oeuvre exclusive de Jésus, ce sera "son Eglise" tout comme les Hébreux sont, pour Elohim, "son" peuple. Dans les deux cas, on trouve le possessif à la première personne: mon Eglise (Mathieu), mon Peuple (Exode). Notice Wikipedia " Prométhée, c'est ce titan de la mythologie grecque auquel sont associées deux images : le voleur de feu, et l'être souffrant cloué au rocher, et torturé par le vautour qui vient lui dévorer un foie qui renaît chaque jour." Le paralléle avec Jésus est assez frappant, on en conviendra, notamment au regard de cette "torture" que l'on retrouve dans la "crucifiixon". Jésus serait ainsi puni pour avoir pris le parti des hommes contre les dieux.(cf Ennio Floris "Prométhée et Jésus : d’Eschyle aux évangiles") Wikipedia: "Figure héritée du « transmetteur du feu », Prométhée est surtout connu pour avoir dérobé le feu sacré de l'Olympe pour en faire don aux humains. Courroucé par cet acte déloyal, Zeus le condamne à être attaché à un rocher sur le mont Caucase, son foie dévoré par l'Aigle du Caucase chaque jour, et repoussant la nuit." Ajoutons que Prométhée ne meurt pas puisque son foie repousse chaque fois, ce qui n'est pas sans évoquer la 'Résurrection" d'un Jésus. Pour en revenir à l'Astrologie EXOLS, nous rappellerons que la Solsticialité recourt à des artifices visant à occulter l'oeuvre de Dieu laquelle resurgit avec l'Equinoxialité avec une alternance de périodes de 7 ans. Tout se passe comme si -comme entre Pluton et Cérés- un compromis aurait été trouvé entre ces deux partis. N'oublions pas que pour nous, le Dieu de la Genése n'est pas le Dieu premier et nous distinguons entre Nature et Surnature. Autrement dit, nous avons bien une situation ternaire comme pour Pluton et Cérés, arbitrée par Jupiter.- ce qui constitue une forme de Trinité. Selon l'astrologie EXOLS, la solsticialité prend le contre pied de l'équinoxialité tout comme le christianisme celui du judaisme. En ce qui concerne Jérémie (XXXI), il est question d'une Ancienne Alliance qui devrait tôt ou tard, laisser la place à une Nouvelle (ce qui est d'ailleurs le sens même de "Nouveau Testament) Jésus, visiblement, laisse entendre que le temps est proche de la Nouvelle Alliance, la précédente étant révolue. Sans entrer dans la question du texte en question, l'on retiendra le ton polémique d'une telle alliance. JHB 22. 08 22

jacques Halbronn La crucifixion de Jésus et le mythe de Prométhée

Jacques Halbronn Application du Dessein Intelligent à l'astrologie et à la théologie.

jacques Halbronn Application du « Dessein Intelligent » (Intelligent design) à l »astrologie et à la théologie. Albert Einstein au congrès Solvay de 1927 déclarait « Gott würfelt nicht mit dem Universum» Dieu ne joue pas aux dés avec l’Univers. Or, à force de vouloir que l’astrologie soit un phénoméne « naturel », l’on s’autorise toutes sortes de fantaisies et d’invraisemblances.On glisse dans le n’importe quoi au nom de la complexité de la personnalité ( cf André Barbault. De la psychanalyse à l’astrologie. Ed du Seuil, 1961, j venant opportunément valider le thème natal, au nom d’une certaine idée brouillonne de l’analogie. Or, pour nous, l’ astrologie offre certains caractères d’une Constitution comme celle de la Ve République. Elle est censée fonctionner de façon autonome sans intervention humaine extérieure ni recours au dépannage. A notre connaissance, la plupart des astrologues ne se mettent pas dans la peau du concepteur, de l’architecte du modéle astrologique. Ils ne réfléchissent pas au « dessein » primordial de l’astrologie non pas comme savoir mais comme outil créé pour organiser et donc réformer notre humanité. On nous présente l’astrologie comme une découverte par les hommes d’un tel phénoméne alors que c’est l’oeuvre de « créateurs » supérieurs et il va de soi que l’astrologie doit nous être accessible, à la façon d’une Constitution qui comporterait un calendrier gravé dans le Ciel. Décidément, croire que l’astrologie aurait vocation à traiter de chaque personne grâce au thème natal est irrecevable. L’astrologie est structurée en périodes de 7 ans permettant une alternance.(avec un sommet au bout de 3 ans 1.2 soit 42 mois, chiffre biblique)Elle n’est pas liée aux personnes mais aux périodes. Il est simple de mémoriser un tel calendrier allant de 7 ans en 7 ans et notamment une douzaine d’échéances (84 ans, soit la durée d’une vie humaine) tout comme il est simple de savoir grosso modo de quel signe est quelqu’un à partir de son mois de naissance, bagage largement répandu. Si l’on passe au plan théologique, dont l’astrologie est une pièce maitresse, le Créateur de notre monde aura été amené à programmer génétiquement un certain peuple, « son peuple » pour être le gardien des institutions, c’est le « peuple élu ». En phase équinoxiale, (cf notre Astrologie EXOLS) ce plan divin est reconnu- soit pendant la moitié du temps - tant au niveau cyclologique qu’au niveau anthropologique alors qu’en phase solsticiale, ce plan fait l’objet d’un déni, ce qui ouvre la voie à une alternative qui fait que Dieu se retire pour laisser la place à l’oeuvre des hommes, dont Jésus est le représentant en vis à vis, face à Dieu. On pense à l’accord conclu entre Hadés (pluton) et Démeter (Cérés), dans la mythologie, autour de Perséphone/ Proserpine Coré. Selon nous, Jésus correspondrait à Pluton et serait assimilable à Prométhée. Notice Wikipedia « Prométhée, c’est ce titan de la mythologie grecque auquel sont associées deux images : le voleur de feu, et l’être souffrant cloué au rocher, et torturé par le vautour qui vient lui dévorer un foie qui renaît chaque jour. » Le paralléle avec Jésus est assez frappant, on en conviendra, notamment au regard de cette « torture » que l’on retrouve dans la « crucifiixon ». Jésus serait ainsi puni pour avoir pris le parti des hommes contre les dieux. Wikipedia: « Figure héritée du « transmetteur du feu », Prométhée est surtout connu pour avoir dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains. Courroucé par cet acte déloyal, Zeus le condamne à être attaché à un rocher sur le mont Caucase, son foie dévoré par l’Aigle du Caucase chaque jour, et repoussant la nuit. » JHB 22 08 22

jacques Halbronn Le caractère solsticial du christianisme versus le caractère équinoxial du judaisme

Jacques Halbronn Le caractère solsticial du christianisme versus le caractère équinoxial du judaisme Selon nous, le christianisme doit être considéré théologiquement comme un substitut au judaisme et la formule attribuée à Jésus où il parle de "fonder, construire, son Eglise devrait être comprise comme le projet de créer un autre "peuple de Dieu" et en ce sens, il y a là quelque chose de luciférien, de défi au Créateur du plan divin. L'astrologie prévoit d'ailleurs une telle dualité avec l'alternance d'équinoxialité et de solsticialité, cette dernière faisant suite à la première. Le temps de la solsticialité est le temps du déni des structures du plan divin. Ce sont les vaches maigres succédant aux vaches grasses.(Genése). En phase solsticiale, ce sont les humains qui modélent - dans l'immanence- le monde par le verbe, par la Loi alors que les dieux recourent à une biotechnologie très avancée, transcendentale. En phase équinoxiale, le plan divin s'impose à nouveau face aux constructions humaines de type juridique, politique, rituélique. On retrouve cette dualité dans l'affrontement entre Démeter et Hadés arbitré par Zeus, divisant l'année en deux temps de six mois. Force, pour nous, est de conclure à une forme d'artifice, d'imposture, et en tout état de cause de mimétisme égalitaire, de la part du christianisme. Il semble que nous ayons affaire à deux temps: le premier, celui d'être le messie attendu par les populations ostracisées du Nord, ces "brebis perdues de la maison d'Israel" , le second, de former un nouveau "peuple de Dieu," non plus sur une base génétique établie depuis longtemps mais à "construire" (Mathieu : Aedificabo ecclesiam meam ") par la seule volonté de ses membres, en l'instaurant en paralléle avec le peuple de Dieu de l'Ancien Testament. Jésus , en ce sens, aurait une dimension luciférienne. ז וַיֹּאמֶר יְהוָה, רָאֹה רָאִיתִי אֶת-עֳנִי עַמִּי אֲשֶׁר בְּמִצְרָיִם; וְאֶת-צַעֲקָתָם שָׁמַעְתִּי מִפְּנֵי נֹגְשָׂיו, כִּי יָדַעְתִּי אֶת-מַכְאֹבָיו. 7 L'Éternel poursuivit: "J'ai vu, j'ai vu l'humiliation de mon peuple('Ami) qui est en Égypte; j'ai accueilli sa plainte contre ses oppresseurs, car je connais ses souffrances. Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, chapitre 16, versets 13 à 23. et ego dico tibi quia tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam et portae inferi non praevalebunt adversum eam Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. On est passé de la création à la construction. Rappelons que le rejet des idoles ' (cf Osée), tient à ce qu'elles soient fabriquées de main d'homme. Or, pour Jésus, qui est marqué par la maison d'Israel, les hommes ont le droit de bâtir et ne sauraient s'en priver au nom d'une théologie qui nieraitaux hommes un tel pouvoir.. JHB 22 08 22

samedi 20 août 2022

jacques halbronn Le passage du 4 au 12 en Astrologie, Centuries, Mythologie, Genése

jacques halbronn Le passage du 4 au 12 en Astrologie, Centuries, Bible Nous avons pu observer que certains narratifs n'hésitent pas à soutenue que le 4 serait issu du 12, en serait comme la réduction. I La Genése et le Livre d'Ezékiel C'est ainsi que dans la Genése, il est question des 12 fils de Jacob et des 12 tribus. Selon nous, il s'agirait là d'une invention des Israélites, les ressortissants du Royaume sécessionniste d'Israel qui s'efforcèrent de faire croire qu'ils avaient la même origine que les Judéens du Sud, d'où était issu la dynastie royale de David et de Saloimon En fait, Jacob eu 4 épouses dont Léa et Rachel. Le Livre de l'Exode met en scéne une telle imposture autour des "Fils d'Israel" et de leur campement, avec un Moïse envoyé vers eux par "Elohim" Notice Wikipedia La vision d'Ézéchiel[ Dès les premières lignes de sa prophétie, Ézéchiel (Ez 1, 1-14) décrit une vision : « le ciel s'ouvrit et je fus témoin de visions divines » (Ez 1, 1). « Au centre, je discernais quelque chose qui ressemblait à quatre êtres vivants » (Ez 1, 5). « Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes (…) leurs sabots étaient comme des sabots de bœuf » (Ez 1, 6-7). « Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d'homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d'aigle. » (Ez 1, 10). "Il s'agit de quatre créatures célestes identiques dotées chacune de quatre pattes de taureau, de quatre ailes d'aigle, de quatre mains humaines et de quatre faces différentes d'homme, de lion, de taureau et d'aigle. Ces quatre créatures ont leur place au pied du trône de la gloire de Dieu. Ezechiel reviendra sur la même vision au chapitre 10 en précisant cette fois « (...) et je connus que c'étaient des chérubins. » (Ez 10, 20). II Les Centuries Dans sa bibliographie, Robert Benazra ( Répertoire Chronologique Nostradamique, 1990) dans son étude des éditions centuriques parues en 1588, décrit une édition à 4 centuries (Rouen, Raphael du Petit Val) comme lacunaire, mentionnant des quatrains "manquants " à la IVe centurie en laissant entendre que les éditions à 7 et à 10 centuries étaient déjà parues dans les années 1550-1560. Mais dans le Janus Gallicus, il est bien question de 12 centuries (cf J. halbronn. " Le Janus Gallicus comme base d’une édition critique des Centuries"). En fait, ce n'est que sous la Ligue que l'on sera passé de 4 centuries à 10 voire à 12. Il ne s'agit donc pas de centuries manquantes qui auraient été mises de côté, 20 ans après leur parution, mais bien de centuries additionnelles, marquées par la période de la Ligue (cf notre étude "les prophéties et la Ligue", 1997) C'est ainsi que le quatrain 46 de la IVe Centurie, qui manque dans l'édition de Rouen sus mentionnée renvoie clairement à la ville de Tours, capitale du parti hostile à la Ligue :"Garde toi Tours de ta proc

Ivo de Lessis sur les éditions des Centuries

Ivo de Lessinis Les différentes éditions du texte Les Prophéties Le texte que nous connaissons n'a pas été publié en une seule fois. La première édition était intitulée "Les prophéties de M. Michel Nostradadus"; elle a paru en 1555, à Lyon, chez l'imprimeur Macé Bonhomme. Il ne s'agissait que d'une version partielle, limitée aux 353 premiers quatrains; dès lors, elle ne comporte que les trois premières centuries et la première partie de la quatrième. Il n'en subsiste, dans les bibliothèques publiques, que deux exemplaires connus, l'un à Vienne et l'autre à Albi. L'ouvrage commence par une préface "ad Caesarem Nostradamum filium" datée du 1er mars. Son impression, autorisée par un privilège royal du 30 avril, a été achevée le 4 mai. C'est dans cette édition que la présentation des quatrains est la plus moderne : ils sont numérotés en chiffres arabes. Dans les éditions suivantes, ils seront numérotés en chiffres romains, de même que les centuries, puis certaines éditions ultérieures reviendron aux chiffres arabes. La deuxième édition connue date de 1557 ; elle a paru chez Antoine du Rosne, également à Lyon; elle ne comporte que les sept premières centuries, mais cette dernière demeure incomplète, alors que le frontispice de l'ouvrage indique "dont il en y à trois cents qui n'ont encores iamais esté imprimées". Seules deux versions ont pu être localisées : un premier exemplaire est conservé à Utrecht, tandis que deux autres exemplaires identiques provenant d'un tirage différent se trouvent à Budapest et à Moscou. La première version comporte 642 quatrains, dont un quatrain latin qui n'est pas numéroté et qui est placé à la fin de la sixième centurie, après le nonante-neuvième quatrain; la septième centurie comporte 42 quatrains; cette version a été achevée d'imprimer le 6 septembre; la mention du frontispice est complétée par l'indication "adioustée de nouueau par ledict Autheur". La seconde version comporte 639 quatrains; la sixième centurie paraît également incomplète, puisqu'elle ne comporte que 99 quatrains et il n'y a aucun quatrain latin; la septième centurie ne comporte que 40 quatrains; cette version a été achevée d'imprimer le 3 novembre. Dans les deux versions, l'ensemble des quatrains de la quatrième centurie sont présentés dans une numérotation continue. Les éditions les plus complètes et les plus anciennes qui soient disponibles sont datées seulement de 1568; elle sortent des ateliers de Benoît Rigaud, situés à Lyon, et comportent le texte intégral des trois dernières centuries. Plusieurs exemplaires de cette serie d'éditions sont conservés dans divers bibliothèques publiques, à Grasse, Grenoble, Chateauroux, Lyon, Marseille, Aix-En-Provence et Dresde. Moyennant une légère rectification, le frontispice reprend l'indication antérieure "dont il y en a trois cent qui n'ont encores iamais esté imprimées" complétée par l'indication "adioustées de nouveau par ledict Autheur". La première partie, qui comporte 126 pages, reprend les 742 quatrains publiés antérieurement, c'est-à-dire avec 99 quatrains à la sixième centurie, suivis par le quatrain en latin, et 42 quatrains à la septième centurie. La seconde partie, qui compte 76 pages, comporte un frontispice intitulé "Centuries VIII. IX. X. qui n'ont encores iamais estées imprimees", ainsi qu'une pagination différente, qui permettent de supposer l'existence d'une édition antérieure qui a pu être limitée à ces trois dernières centaines de quatrains, peut-être d'un tirage limité; le texte commence par une longue lettre de dédicace de 21 pages, adressée à "Henry Roy de France Second" et datée du 27 juin 1558. L'ouvrage a été édité à titre posthume, puisque la mort de Michel Nostradamus est survenue le 2 juillet 1566. Pendant exactement vingt ans, les Centuries de Michel Nostradamus n'ont été publiées qu'à Lyon. La parution, après ce délai, des éditions de Raphaël du Petit Val (à Rouen, en 1588 et 1589), Nicolas Roffet (à Paris, en 1588), Pierre Menier (à Paris, en 1588 et 1589), Charles Roger (à Paris, en 1589), Jacques Rousseau (à Cahors, en 1590) et François de Saint-Jaure (à Anvers, en 1590), fait penser à une exclusivité accordée à Benoît Rigaud par Michel Nostradamus ou sa famille, qui aurait pris fin en 1588, indique Robert Benarza dans son "Répertoire chronologique nostradamique (1545-1989)". Le même texte sera publié ultérieurement sous le titre de "Vrayes centuries et prophéties de Maistre Michel Nostradamus", avec l'indication qu'elles ont été revues et corrigées "suyvant les premières éditions imprimées à Avignon en l'an 1556, & à Lyon en l'an 1558". Aucun exemplaire de ces deux dernières éditions n'a toutefois été retrouvé, bien qu'elles aient donné lieu à divers pamphets dirigés contre l'auteur de leur publication... Cette précision figure notamment dans les éditions publiées à Leyde, en 1650, par Pierre Leffen, à Amsterdam, en 1668, par Jean Jeansson, et à Cologne, en 1689, par Jean Volcker. C'est à partir de cette époque que le terme de "centurie" apparaît dans le titre des publications, alors que Michel Nostredame n'a jamais fait d'autre utilisation que pour désigner, à l'intérieur de l'ouvrage, les groupes de cent quatrains. Dès lors, il n'existe aucune édition complète connue antérieure à la mort de Michel Nostradamus. De nombreuses autres éditions postérieures publiées par divers imprimeurs sont répertoriées; elles sont disséminées dans diverses bibliothèques publiques et collections privées. Les Almanachs et les Prognostications Indépendamment des éditions des "prophéties", Michel Nostradamus a fait publier à partir de 1555 divers ouvrages sous des titres tels que "almanach" et "prognostication"; ces courts textes basés sur les éphémérides, comportent également des "prédictions" sous la forme de quatrains du même style, dénommés "présages"; il figurent au début du commentaire concernant chaque mois; parfois un présage général est mentionné pour l'année entière. Ainsi, les présages ont paru au rythme de 13 par an (un quatrain pour l'anné et un quatrain pour chaque mois), sauf pour 1557, 1558 et 1560 (qui n'en présentent qu'un par mois) et pour 1567 (qui en présente 14, avec un quatrain très exceptionnel intitulé "La Fin de l'An"); les premiers ont paru en 1555 et les autres de 1557 à 1567, aucun quatrain n'ayant été composé pour 1556. Le terme de "présage" sera utilisé, à partir du début du 17ème siècle et jusqu'à nos jours, pour désigner les quatrains publiés annuellement dans les almanachs et les prognonostications de Michel Nostradamus. Nous suivons cet usage. Dès lors, nous limiterons l'utilisation du terme "quatrain" pour désigner les quatrains publiés dans les "prophéties". Certains présages sont manifestement de la main de Michel Nostredame, le plus souvent en se réappropriant le vocabulaire des quatrains publiés sous les titre de "prophéties". En effet, pour tout écrivain, "le style c'est l'homme même", disait Buffon. Pour d'autres présages, la paternité de l'auteur original paraît difficilement contestable, même s'ils ont parfois subi des altérations, tout comme les quatrains publiés sous le titre de "prophéties", dont l'authenticité est loin d'être indiscutable dans certains cas, en particulier à cause des substitutions de mots et des interversions de groupes de vers entre quatrains qu'a fait subir au texte l'auteur de sa publication, mais qu'il est possible de repérer en examinant les assonances finales, puisque chaque quatrain est construit selon des rimes croisées. Toutes ces publications n'ont pas été retrouvées, mais, une grande partie des "présages" conservés ou manquants figurent dans les ouvrages de Jean-Aimé de Chavigny : "La Première Face du Janus François ...", publié à Lyon en 1594, et ses "Commentaires ... sur les centuries et prognostications de Feu M. Michel de Nostradamus ...", publiés à Paris en 1596. Le premier ouvrage est d'ailleurs bilingue : l'ensemble du texte, dont les quatrains et les présages, est repris en français et en latin. Ainsi les 141 présages cités par Jean-Aimé de Chavigny ont-il été repris sous un titre distinct dans certaines éditions postérieures des "prophéties". On en trouve la première copie dans une édition datée de 1605 reprenant : "Les Prophéties de Maistre Michel Nostradamus, en dix centuries, avec 141 présages tirez de ceux faicts par Nostradamus es années 1555 et suivantes jusqu'en 1567. Avec les prédictions admirables pour les ans courants en ce siècle, recueillies par Vincent Sève". Le frontispice comporte une gravure sur bois semblable à l'illustration qui se retrouve sur les éditions imprimées à Troyes par Pierre de Ruau en 1611 et 1649 et précise que le texte a été revu et corrigé "sur la copie imprimée à Lyon par Benoît Rigaud en 1568". L'ouvrage ne comporte ni l'identité de l'imprimeur ni le lieu de l'impression, mais sa typopographie est très semblable à une autre édition parue à Troyes dans les environs de 1630 et imprimée par Pierre de Ruau, dont les visées politiques paraissent évidentes. Les 141 présages proviennent de l'ouvrage de Jean-Aimé de Chavigny, "La Première Face du Janus François", publié à Lyon en 1594. Toutefois, le deuxième présage repris dans cet ouvrage est un faux provenant de la main de l'auteur. Il a souvent été rapproché du quatrain II.59, qui a certainement servi de modèle pour sa confection. Il est publié sous un titre : "De l'épistre liminaire sur l'an 1555". Composé pour illstrer les dons prophétiques de Michel Nostradamus, il vise "le grand Tende" et "l'heroiq de Vilars", l'un et l'autre fils de René, bâtard légitimé de Savoie, et cousins de feu le Duc Emmanuel-Philibert. Le terme de "présage" sera utilisé, à partir de l'édition publiée en 1605 et jusqu'à nos jours, pour désigner les quatrains publiés annuellement dans les almanachs et prognonostications de Michel Nostradamus. Nous suivons cet usage. Dès lors, nous limiterons l'utilisation du terme "quatrain" pour désigner les quatrains publiés dans les "prophéties", c'est-à-dire dans les Centuries. A partir de cette époque que les Présages seront fréquemment publiés à la suite des Centuries, aucun éditeur ne paraisssant avoir cherché à remonter à l'ouvrage de Jean-Aimé de Chavigny, et encore mois aux almanachs et prognostications, qui étaient déjà devenus quasiment introuvables. Il en va d'ailleurs de même pour les Centuries. Les éditeurs modernes avaient tendance à présenter comme "la meilleure" l'édition qu'ils avaient sous la main : rares furent ceux qui se lancèrent dans une comparaison des différentes versions pour justifier leurs choix; aucun ne se donna la peine de remonter au-delà des éditions du 17ème siècle. Des lors, les éditions ultérieures ne sont plus que des reproductions plus ou moins lointaines et défectueuses, ajoutant souvent de nouvelles erreurs à un texte déjà passablement corrompu. Certaines versions originales des almanachs et prognostications permettent de compléter l'inventaire avec les présages qui ne sont repris ni par Jean-Aimé de Chavigny, ni par les éditions ultérieures, ce qui porte le nombre des présages connus à un total de 154, qui ont été recensés, publiés et commentés par Bernard Chevignard en 1999 dans son ouvrage "Présages de Nostradamus", sous la forme d'une première édition complète. Une base de travail commune Une version critique du texte a été établie par Rudy Cambier sur base des plus anciennes éditions disponibles dans les bibliothèques publiques lorsqu'il a commencé son travail d'analyse philologique. Dans un premier temps, il était indispensable de procéder à une comparaison minutieuse de différentes versions publiées, afin d'identifier et de rectifier les inévitables erreurs typographiques qui peuvent se retrouver d'une version à l'autre. Dans un deuxième temps, il s'agisssait de repérer les incompréhensions, les mauvaises lectures, les erreurs de transcription et les modifications du texte original perdu, réalisées par Michel de Nostredame, par une vérification rigoureuse de la syntaxe ancienne, mais aussi de l'orthographe et de la signification de chaque mot dans les dictionnaires de langue médiévale. Ce texte avait été rendu accessible par un moteur de recherche sur l’espace réservé aux membres enregistrés sur le site "www.centuria.be", ouvert par le Professeur Jean-Philippe Lahouste avec le concours de son fils, Cédric Lahouste, suite à la parution de son livre : "Les Centuries - Nostradamus : la fin d'un mythe", le 10 mai 2012, sous le pseudonyme "Jehans de la Oultre", aux éditions de "La Providence". C'est afin de permettre à tous les chercheurs de l'association de disposer d'une base de travail commune qu'il est remis en ligne sur le présent site. Pour suivre les conventions habituelles, la numérotation des quatrains comporte d'abord un chiffre romain, pour indiquer le numéro de la centurie à laquelle il appartient, et ensuite un chiffre arabe, pour indiquer la position du quatrain dans la centurie. La numérotation des présages est triple : tout d'abord l'année à laquelle se rapporte le présage et son positionnement dans la liste des présages connus pour l'année concernée (soit par l'original de l'almanach ou des prognostications, soit par les ouvrages de Jean-Aimé de Chavigny), ensuite sa position dans le texte des présages repris dans les éditions ultérieures établies sur base de l'ouvrage de Jean-Aimé de Chavigny, "La Première Face du Janus François" (de 1 à 141) précédée de la lettre J, et enfin sa position dans l'édition complète établie par Bernard Chevignard (de 1 à 156), suivi de la lettre P. Ne figurent toutefois pas dans cette version, les présages ajoutés pour compléter l'édition et les modifications apportées pour tenir compte de la source la plus ancienne, à savoir, par ordre de priorités les almanachs et les prognostications qui subsistent (1557, 1561 en partie, 1562, 1563, 1565 et 1566), le "Recueil des Présages prosaiques de M. Michel de Nostredame", achevé sous forme manuscrite en 1589 par Jean-Aimé de Chavigny, "La Première Face du Janus François" publiée par le même auteur en 1594, les traductions anglaise (1559) et italienne (1567) de deux almanachs qui ne sont pas disponibles en français et les copies des présages manquants de 1557, 1558, 1560 et 1567 faites par l'Abbé Hector Rigaux et conservées à la Bibliothèque Municipale de Lyon (Fonds Chomarat, Cote A 6126) Les variantes possibles visant à corriger les erreurs de transcription sont reprises entre parenthèses. Le reconstitution du texte original Dans la Préface adressée à son fils, datée du 1er mars 1555, Michel Nostradamus évoque clairement la source de son ouvrage et ce qu'il en a fait : "Combien que plusieurs volumes qui ont esté cachés par longs siècles me sont esté manifestés. Mais doutant ce qui adviendroit en ay faict, après lecture, présent à Vulcan, que pendant qu'il les venoit à dévorer, la flamme leschant l'air rendoit une clarté insolite, plus claire que naturelle flamme, comme lumière de feu de clystre fulgurant, illuminant subit la malson, comme si elle fust esté en subite conflagration. Parquoy aflin que a l'advenir ni feusses abusé perscrutant la parfaicte transformation tant selme que solaire, & soubz terre metaux incorruptibles, & aux undes occultes, les ay en cendres convertis." Bref, il disposait de plusieurs volumes anciens, mais après leur consultation, il les a brûlés et réduits en cendre... En droit de la procédure pénale, ça s'appelle faire disparaître des preuves... Bien pire que la police judiciaire, c'était l'Inquisition qui s'occupait à son époque des cas comme le sien, dans lesquels la possession de vieux manuscrits de forme étrange conduisait à être presque irrégrablement suspecté de sorcellerie ou de magie... Il n'est toutefois pas impossible qu'une ou plusieurs copies l'original perdu aient survécu. C'est même l'hypôthèse la plus probablement pour un texte écrit par un moine cistercien qui a terminé sa carrière en qualité d'abbé, avec, de plus, la possibilité de transmission d'un abbé à l'autre, sinon d'une transmission d'un bibliothécaire à l'autre, le cas échéant sous le sceau du secret... On sait, par ailleurs, qu'à Cambron, notamment, chaque abbé disposait d'un coffre personnel où pouvaient être conservées les archives les plus précieuses. L'exemplaire détenu par Michel Nostredame n'était peut-être d'ailleurs qu'une copie. Michel Nostradame écrit également dans sa préface : "... j'ay composé Livres de prophéties, contenant chacun cent quatrains astronomiques de prophéties, lesquelles j'ay un peu voulu rabouter obscurément ... ". Le terme "rabouter" paraît suffisamment significatif du désordre que l'auteur a voulu mettre dans la publication du texte. Certaines éditions disent : "rabouter sans ordre", ce qui est encore plus clair... Rudy Cambier explique l'état actuel du texte de la manière suivante : "Rabouter est un terme du langage des charpentiers. Il désigne l'opération qui consister à relier deux pièces taillées en biseau lorsqu'on ne dispoe pas de "longueurs" permettant de couvrir une portée en une seule volée ou lorsqu'on veut diminuer la pente dans le bas du toit pour éloigner l'eau du mur. (...) Nostradamus n'a donc pas employé un mot innocent. Ce mot définit très exactement le truc qu'il utilise (... :) il a collé des pièces rapportées, au départ étrangères les unes aux autres. Il a utilisé diverses variantes du procédé : permuter tantôt deux vers entiers, tantôt le début, tantôt la fin des deux vers. Le procédé est simpliste (...), primaire. Mais qu'importe (...) : le texte s'en trouve suffisamment destructuré, car s'il s'agit, certes, d'en brouiller le sens." Michel Nostredame publie d'abord des sortes des "ballons d'essai" (cf. les vers centuriates qualifiés dans "présages" et repris dans les almanachs et prognostications), puis le reste de l'oeuvre par fragments, en plusieurs éditions sucessives, en raboutant " les fragments provenant de son découpage. En bref, "en quoi consiste ce raboutage ? A changer les mots ou l'ordre des mots et à oscurcir le texte pour créer une atmosphère de mystère". Dans sa lettre adressée à "Henry Roy de France Second", Michel Nostredame donne une introduction à : "... ces trois Centuries du restant de mes Propheties, paracheuant la milliade". Dès lors, même si l'ordre et la composition des quatrains a été altérée, la structure générale de l'ouvrage est confirmé par Michel Nostredame : 1.000 quatrains répartis en 10 centuries de 100 quatrains. Pourtant, le texte publié sous le titre de "prophéties" demeure incomplet. Tout au plus peut-on trouver 42 quatrains dans la septième centurie dans les éditions les plus anciennes. Les éditions ultérieures n'ajoutent guère que deux à six quatrains à cette centurie. Rudy Cambier explique cette lacune de la manière suivante : "L'ensembre des 10 Centuries tel qu'il fut publié par Nostredame ne comprend que 948 quatrains. L'étude stylistique démontre qu'une vingtaine d'entre eux son incontestablement de la main du mage. Celui-ci a d'ailleurs bien tenté de faire publier 1.000 quatrains ... mais en abusant l'éditeur. Ce dernier refusa 52 des 400 quatrains fournis par Nostredame comme matière de la deuxième édition partielle des Centuries, au motif que "l'auteur" lui présentait comme nouveaux ces quatrains qu'il avait déjà publiés dans des almanachs, c'est-à-dire vendus à des concurrents. C'est la raison pour laquelle la septième Centurie est bizarrement incomplète." Le détail de cette explication se fonde sur une édition comportant 48 quatrains à la septième centurie, et non pas 40 (Version de Budapest et de Moscou) ou 42 (Version d'Utrecht). Ces quatrains sont numérotés 41, 42 (avec un texte différent de la version d'Utrecht, ainsi que des éditions ultérieures), 43, 44 (avec le texte du numéro 42 de la version d'Utrecht), puis 73, 80, 82 et 83). On retrouve les quatre derniers quatrains (73, 80, 82 et 83) dans une édition publiée à Troyes en 1611 par Pierre Chevillot, sous le titre "Autres prophéties ci-devant imprimées soubz la centurie septième". Ils se trouvaient déja dans l'édition de 1605, où ils figuraient sous un titre pour le moins curieux : "Autres quatrains tirez de 12 soubz la Centurie septiesme : dont en ont esté rejectez 8 qui se sont trouvez és Centuries précédentes ». En effet, ils figuraient précédemment sous les mêmes numéros dans l'édition imprimée à Paris en 1588 pour la Veuve de Nicolas Roffet qui "iouxte la copie imprimée l'an 1561", parmi les 12 quatrains numérotés de 72 à 83 placés après la septième centurie, sous un titre tout ausssi bizarre : "Propheties de M. Nostradamus ADioustées nouuellement. Centurie Septième". Cette numérotation s'explique par le fait que cette édition ne comportait que les quatrains I.1 à VI.71. En outre, les quatrains I.1 à IV.53 étaient séparés des quatrains IV.54 à VI.71 par un titre curieux "Propheties de M. Nostradamamus, adioustées outre les précédentes impressions. Centurie Quatre" qui fait penser à l'existence d'une édition intermédiaire ne comportant que ces quatrains. Cette édition se termine par 6 quatrains sous la huitième centure, qui ne figurent pas dans les éditions comportant une version complète de cette centurie. Toutefois, dans l'ensemble du texte 38 quatrains sont remplacés par la reproduction d'autres quatrains dont les vers sont inversés. En réalité, le quatrain n° 72 figurait déjà dans une autre Centurie (VI.31), tandis que les quatrains n° 73 à 83 constituaient les présages concernant les mois de février à décembre qui devaient être publiés dans l'Alamach pour 1561 qui a été imprimé l'année précédente à Paris par Barbe Regnault. Ce ne fut pas le cas et ils furent intégrés dans l'édition des Centuries "revue et additionnée par l'Autheur, pour l'An mil cinq cien soyxante & un, de trente neuf articles à la dernière Centurie", qui a été réalisée par le même imprimeur et dont le frontispice porte la date de 1560, mais on lit à la fin de l'ouvrage la date de 1561. Cette édition disparue a été décrite comme composée de sept centuries; elle est connue par des reproductions réalisées en 1588 et 1589. L'éditeur ne semble pas connaître l'édition lyonnaise de 1557, imprimée par Antoine du Rosne, puisque les copies de 1588 et 1589 ne comportent que 74 quatrains à la sixième centurie, ni l'édition lyonnaise de 1558 comportant la lettre à "Henry Roy de France Second" datée du 27 juin 1558, que les copies de 1588 et 1589 ne reproduisent pas. Par contre, un autre almanach pour 1561 a été publié à Paris par Guillaume le Noir et comporte les présages concernés, tant pour l'ensemble de l'année que pour chacun des mois. Les quatrains n° 73, 80, 82 et 83, qui concernent les mois de février, septembre, novembre et décembre, ont été repris par la suite, car ils n'avaient pas été transcrits par Jean-Aimé de Chavigny, ni repris dans ses ouvrages. Pour les quatrains n° 73, 82 et 83, l'ordre des vers est inversé (3, 4, 1, 2 au lieu de 1, 2, 3, 4). Les quatrains n° 42 et 43 ont été inserés dans un contexte politique particulier, à l'initiative des ennemis du Cardinal de Mazarin. Ainsi ce dernier est-il surnommé le "grand cresus", à cause de ses richesses; il était natif de l'ancien Royaume des Deux-Siciles et "Nizaram" est l'anagramme de son nom, qui était déjà connu dans un production pamphétaire antérieure. Il s'agissait de présager sa ruine, lorsque Paris (Lutèce) serait en guerre (Mars), ajoutant que son horoscope prédisait que sa puissance tomberait. Ces deux "mazarinades" figurent dans les éditions prétendûment publiées à Lyon en 1588, 1611 et 1649, mais vraisemblablement imprimées à Troyes vers 1649, établies à partir de l'édition de 1605, avec le titre suivant : "Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Médecin du Roy Charles IX. & l'un des plus excellens Astronomes qui furent jamais". L' insertion des quatrains n° 42 et 43 provoque la renumérotation du quatrain qui portait le numéro 42 dans les éditions précédentes, tel qu'il apparaît dans l'exemplaire conservé à la Bibliothèque d'Utrecht d'une édition publiée en 1557, et qui sera repris dans les éditions ultérieures qui ne compotent pas ces deux "mazarinades". L'édition de Pierre Chevillot reprend le contenu de l'édition de 1605. Après une lettre datée du 19 mars 1605 et adressée à Henry IV par Vincent Sève, l'ouvrage reprend, sous un titre "Centurie XI", d'autres "prophéties" de Michel Nostradamus "pour les ans courans de ce siècle", sous la forme de 58 sixains, dont le style paraît très étranger à celui des quatrains, et même des présages. D'autres "prophétie"s figurent encore à la fin de l'ouvrage : 2 quatrains sous un second titre "Centurie XI" (portant les numéros 91 et 97) et 10 quatrains sur un titre "Centurie XII" (portant les numéros 4, 24, 36, 52, 55, 59, 62, 65, 69 et 71). Ces douze quatrains, ainsi qu'un treizième (portant le numéro 56 et qui figurait dans l'édition de 1605) se trouvaient dans l'ouvrage de Jean-Aimé de Chavigny publié en 1594 : " La Première Face du Janus François". D'où pouvait-il tirer l'idée d'une structure en douze centuries qui n'est attestée par aucune publication connue ? Où avait-il trouvé ces 13 quatrains, qu'il cite avec leur numérotation propre ? Outre l'authenticité des deux derniers quatrains de la septième centurie se pose le problème de l'absence du centième quatrain à la fin de la sixième centurie, remplacée par un quatrain latin sans numérotation qui semble plutôt être un avertissement qui devrait figuer à la tête de l'ouvrage; certaines éditions postérieures comportent bien un centième quatrain numéroté à la fin de la sixième centurie, mais son authenticité paraît pour le moins contestable. En effet, Jean-Aimé de Chavigny avait reproduit un quatrain numéroté VI.100 dans son ouvrage intitulé "La Première Face du Janus François" et publié à Lyon en 1594. Quoiqu'il en soit, en se basant sur une version comportant 948 quatrain, Rudy Cambier donne un décompte particulièrement péremptoire résultant d'une étude stylistique et d'une analyse détaillée des quatrains et des présages : "... parmi les quatrains disséminés dans les Almanachs et les Prognostications de Nostradamus, il s'en trouve 72 qui portent incontestablement les traces de la même facture et de la même inspiration que les Centuries. Retirons donc des 948 quatrains des Centuries les 20 quatrains qui font tache; restent 928 quatrains. Ajoutons 72 quatrains susdits et le total donne 1.000 quatrains, soit 10 Centureis complètes." Dès lors, il reste à déterminer les quatrains concernés par ce décompte... Copyright : ASBL IVO DE LESSINIS - All rights reserved for all countries

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