Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
samedi 16 septembre 2023
jacques halbronn Commentaire autour d'une conférence de Sylvain Bouchet "tLes Centuries de Nostradamus ou les "Fake News" de la Renaissance"
Jacques halbronn Commentaire autour d'une conférence de Sylvain Bouchet
Nous avons apprécié que cet auteur parle de "quatrains ajoutés après la mort " de Nostradamis, "truqués voir totalement inventés" En revanche, quand Sylvain Boucjet écrit. "Ce passage n’apparaît pas dans les Prophéties, tout simplement parce que Nostradamus s’exprimait en quatrains et que, la forme employée ici, n'est pas celle du quatrain." Pour nous, le quatrain n'est nullement la marque de Nostradamus" Ce sont ses textes en prose; ses Epitres - et notamment celle adressé en 1561 au pape Pie IV qui générent des quatrains lesqiels sont l'oeuvre de versificateurs qui agencent les mots à leur guise. Nous avons ainsi montré que le second volet des Centuries était précédé d une épitre à Pie IV et à Henri II car on retrouve dans les dites centuries des termes qui sont absents de l'Epitre au Roi de France alors qu'ils figurent dnas la Préface au Pape. Mais peut être Sylvian Bouchet n'aura jamais pris connaissance du texte adressé à Pie iV et d'ailleurs très vite traduit en italien (voir sur Gallica BNF)
JHB 16 09 23
Université inter-âges du Bugey
Les Centuries de Nostradamus ou les "Fake News" de la Renaissance
Date de la conférence : 17/01/2019
PRÉSENTATION DE LA CONFÉRENCE
"Les Prophéties" de Nostradamus, dont la première publication date de 1555, est sans doute le texte français qui aura été le plus manipulé.
Sans parler des interprétations farfelues du protégé de Catherine de Médicis, ce sont bien les quatrains ajoutés après la mort de l'auteur, truqués voir totalement inventés, qui trahissent la volonté, comme les "Fake News" actuels, de modifier l'opinion publique à des finalités politiques et idéologiques.
Il faut dire que le style littéraire original des quatrains et la biographie même de Nostradamus (largement construite sur des légendes et des fausses informations d'ailleurs!) se prêtent à merveille à ce genre de manipulation.
Ainsi, au gré des contrefaçons, Nostradamus s'est vu tour à tour asseoir les pouvoirs d'Henri IV et de Louis XIV, discréditer Mazarin, appuyer les idées de la Révolution Française jusqu'à, plus récemment, être au centre d'une lutte psychologique franco-allemande lors de l'Occupation.
Quelle était la véritable démarche de Nostradamus? En quoi son style d'écriture est propice à l’actualité contrefaite?
Comment les faussaires ont opéré et pourquoi?
Sylvain Bouchet, historien spécialiste de Nostradamus, se propose de revenir sur ces questions et de mettre en parallèle l'époque qui a vu naître l'imprimerie et le colportage avec celle, actuelle, d'Internet et des réseaux sociaux.
23 mars 2020
Depuis quelques jours circule sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Facebook, une prétendue prédiction de Nostradamus (1503-1566) annonçant l’actuelle épidémie de Coronavirus (Covid-19).
Voici le message, tel qu’il apparaît dans ce qui est une véritable Fake News:
« Nostradamus a écrit en 1555 ceci ! Il y aura une année jumelle (2020) d’où surgira une reine (Corona) qui viendra de l’Orient (Chine) et qui étendra une plaie (Virus) dans les ténèbres de la nuit, sur un pays aux 7 collines (Italie) et transformera en poussière (Mort) le crépuscule des hommes, pour détruire et ruiner le monde. Ce sera la fin de l’économie mondial (sic) tel que vous le connaissez. »
Première remarque. Ce passage n’apparaît pas dans les Prophéties, tout simplement parce que Nostradamus s’exprimait en quatrains et que, la forme employée ici, n'est pas celle du quatrain.
Ensuite, s’il l’on prend la peine de vérifier le texte original (certes publié en 1555 comme annoncé sur Facebook… mais il y aura d’autres éditions augmentées), aucun quatrain n’évoque, de près ou de loin, cette prétendue prédiction. Nous avons donc affaire ici à un véritable montage, ou création apocryphe du texte de Nostradamus, comme il est d’ailleurs fréquent de rencontrer au fil de l’Histoire, en particulier lors des périodes d’inquiétude et/ou de grands changements : Révolution Française, Guerres napoléoniennes, Guerres mondiales, et plus récemment le 11 septembre 2001…
Pour ce dernier évènement, voici le quatrain qui se mit à circuler sur le tout jeune réseau Internet :
In the year of the new century and nine months,
From the sky will come a great King of Terror…
The sky will burn at forty-five degrees.
Fire approaches the great new city.
Indice de la supercherie, le quatrain n’est pas numéroté. En étudiant le texte original, il est possible de retrouver une approximative correspondance (la traduction du français à l’anglais permet d’ailleurs beaucoup d’arrangements !) dans deux quatrains écrits par Nostradamus. Les voici :
X-72 (= quatrain numéro 72 de la Xe Centurie) [au passage, publié deux ans après la mort de Nostradamus]
L’an mil neuf cens nonante neuf sept mois,
Du ciel viendra vn grand Roy d’effrayeur:
Resusciter le grand Roy d’Angolmois,
Auant apres Mars regner par bon-heur.
VI-97 (= quatrain 97 de la VIe Centurie)
Cinq & quarante degrésciel bruslera,
Feu approcher de la grande cité neusve,
Instant grand flamme esparse sautera,
Quant on voudra des Normans faire preuve.
Comme vous le voyez, la lecture d’un quatrain de Nostradamus est d’une grande complexité (ancien français, métaphores et autres figures de style…). Par conséquent, et c’est ce qui fait le succès de Nostradamus : il est possible de lui faire dire tout et n’importe quoi (et surtout de faire dire exactement ce que l’on veut lui faire dire !). Toutefois, malgré cette immense souplesse d’interprétation, il arrive qu’un évènement ne trouve pas sa correspondance dans le texte d'origine. Dans ce cas, la ruse consiste à extraire des séquences de quatrains en les associant ensuite entre eux, « à la manière de », pour créer une coïncidence avec un fait d’actualité (c’est le cas avec l’exemple du 11 septembre 2001).
Pour la fausse prédiction qui nous intéresse ici, celle du Coronavirus, la manipulation est encore plus grande puisque seuls quelques mots isolés sont utilisés… or ces mots (Nuit, Orient, Plaie…) sont d’une grande banalité. Seule l’année jumelle aurait été une évocation « troublante » mais, nulle part dans les Prophéties, ce terme apparaît (et d’ailleurs pourquoi penser à 2020 ? 1818, 1919, 2222… fonctionneraient tout autant pour une année jumelle).
Voici, sous forme de tableau, les correspondances et récurrences entre la fausse prédiction et le texte original de Nostradamus :
Nous sommes donc loin, très loin, d’une prédiction du Coronavirus par Nostradamus. Et n’oublions pas que, sur près de 1000 quatrains que comportent les Prophéties, la probabilité d’une correspondance avec un ou deux mots est immense.
Cependant, si Nostradamus n’évoque pas le Coronavirus, une autre épidémie traverse littéralement ses Prophéties : la peste. Pas moins de 40 récurrences (avec les variantes : pestilence et pestiférer) envahissent ses quatrains. Et pour cause, la peste, en ce XVIe siècle, est le quotidien de Nostradamus. Sa première Université à Avignon ferme ses portes en raison d’une épidémie (1520), interrompant net les études de Nostradamus et de ses camarades. Il reprend, dix ans plus tard, le chemin de l’Université, à Montpellier cette fois, pour devenir médecin. À ce titre il est appelé à Marseille, Aix-en-Provence, Lyon et Salon (sa cité de résidence), sinon pour soigner, du moins pour tenter de contenir les épidémies successives. Il relate son expérience lors de la publication d’un Traité des Fardements (1555) et d’un Traité de la peste (connu à travers une édition de 1598). Il prône des règles d’hygiène élémentaires comme se laver les mains ou la destruction des effets personnels contaminés. Au passage, une épidémie emportera sa première épouse et leurs deux enfants.
Nostradamus, dans ses Prophéties, parle avant tout de son époque, pensant, peut-être tout simplement, que les malheurs d’hier sont les malheurs d’aujourd’hui… et seront les malheurs de demain. Guerre, épidémie, catastrophes naturelles…
Mais dans cette noirceur réelle du texte de Nostradamus (inutile donc de créer de faux quatrains dans le but de produire du sensationnel et de l’angoisse), il y a sans doute un message tout simple. Le message d’un médecin au contact de malades, le message d’un veuf, le message d’un père qui a perdu deux de ses enfants : Prendre conscience de la fragilité, de la beauté et du caractère unique de la vie.
Sylvain BOUCHET, le 19 mars 2020 Historien, Spécialiste de Nostradamus
9 JUIN 2021
Sylvain Bouchet nous informe de la parution d'une suite de la conférence ci dessus :
" Nostradamus. Docteur Astrophile "pièce de théâtre commentée par Sylvain Bouchet Edition Chomarat
RÉSUMÉ DU CONFÉRENCIER
LE CONFÉRENCIER
sylvain-bouchetSylvain BOUCHET
Sylvain Bouchet, historien spécialiste de l'Antiquité (Thèse sur les Jeux Olympiques, Lauréat du Prix Coubertin) s’intéresse depuis une dizaine d'années maintenant à la restitution de la culture greco-romaine par les Humanistes de la Renaissance.
Et, parmi cette effervescence culturelle du XVIe siècle, le personnage de Nostradamus, que Sylvain Bouchet analyse avec les outils d'un historien en se gardant de toute interprétation.
Sylvain Bouchet est un historien, spécialiste des Jeux Olympiques. Lauréat du Prix Coubertin pour sa thèse de doctorat consacrée aux cérémonies olympiques. Il assure des commissariats d’expositions, notamment à l’Exposition universelle de Shanghai, donne des conférences et anime des émissions de radio sur l’histoire du sport et de l’olympisme.
Il enseigne à l'ISCOM de Lyon (Institut Supérieur de la Communication et de la Publicité) le lobbying et la communication des grands évènements mondiaux: Jeux Olympiques et Expositions Universelles.
Passionné par le lien entre les civilisations antiques et modernes, il consacre les plus récents de ses travaux à l'Humanisme de la Renaissance. Intéressé par les arts du spectacle et la mise en scène, il enseigne depuis 2007 la dramaturgie à l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques de Théâtre (ENSATT).
Jacques halbronn L'astrologie mondiale d'André Barbault. L'indice cyclique et la dialectique Tension Détente
jacques halbronn L’astrologie mondiale d’André Barbault. L’indice cyclique et la dialectique Tension/détente
Le graphique de l’indice cyclique avec la courbe qui monte et qui descend (sur la base des conjonctions au sein d’un bouquet de 5 planétes, de Jupiter à Pluton) a été présenté ( Les astres et l’HIstoiure, 1967) comme faisant alterner périodes de tension et de détentte.
Sur Intenet
« En astrologie mondiale, l’indice cyclique peut-il être un paramètre astronomique pertinent pour apprécier et prévoir les périodes de tension et de détente à l’échelle mondiale?’
Or, selon nos recherches, il n’y a pas une seule forme de détente pas plus qu’il n’y a qu’une seule forme de tension et d’ailleurs, tout concept est voué à une telle dualité. Nous avons ainsi pu montrer qu’en phase « solsticiale », il y avait détente à l’intérieur des entités politiques et tension entre celles-ci et que c’était l’inverse qui se produisait en phase « équinoxiale ». Il n’est donc guère pertinent de parler d’une alternance de détente et de tension sans autre précision.
En revanche, l’on peut prévoir une aggravation des tensions internationales durant telle période (de 7 ans ) ou au contraire, une baisse de tension, ce qui est déjà en soi une indication précieuse en géopolitique. Mais on n’oubliera pas qu’au niveau intérieur de chaque pays, l’équation s’inversera. On sait que l’unité nationale est de rigueur quand un pays est en guerre alors que cette unité bat de l’aile quand les clivages sociaux à l’échelle mondiale sont nettement perceptibles et donc ne peuvent faire l’objet d’un déni. On connait la formule « Prolétaires de tous les pays unissez-vous! »Les luttes sociales ne s’arrêtent pas aux frontières. Le cas de 1848 est bien connu:
Sur Internet : Eric Anceau « 1848, le Printemps des peuples européens » ‘En 1848, une vague révolutionnaire ébranle l’ordre conservateur qui a présidé aux destinées de l’Europe depuis la chute de Napoléon et le congrès de Vienne de 1815. Des insurrections chassent les souverains ou les contraignent à octroyer une constitution, instaurent de nouveaux régimes fondés sur la souveraineté nationale et les libertés fondamentales. C’est le « printemps des peuples ». La dimension européenne de l’événement est à la fois indéniable, mais doit se discuter dans sa forme comme dans son contenu ».
Si l’on considère, par exemple, le cas actuel de l’Iran en 2023, force est de constater que ce pays n’est pas condamné au niveau international à l’isolement alors même qu’il vit sous tension à l’intérieur. On aurait bien tort d’ignorer la récurrence d’un tel paradoxe apparent qui en fait obéit à le doxa astrologique.
On peut lire ainsi sur Internet « Les BRICS intégreront six nouveaux membres en 2024 : l’Iran, l’Argentine, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis » Il est en effet fréquent que la politique étrangère d’un pays contraste avec ce qui se joue en son sein. On dira même que c’est la régle. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Dès lors, annoncer un temps de tension laisse par trop de marge de manoeuvre à une prévision astrologique car on est sûr que tension, quelque part, il y aura. On ne joue pas ici à pile ou face!
JHB 16 09 23
André Vauchez Prophétes et prophéties.
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André Vauchez (dir.) Prophètes et prophétisme, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Histoire », 2012, 475 p.
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1« Homme de l'attente », selon la formule de Henri Desroche, le prophète surgit au moment où l'histoire qu'il habite semble se clore, toute signification perdue. Il surmonte cet échec, lui donnant sens, et transfigure la désespérance du siècle, et les figures sociales du désenchantement, en instances capables de « faire advenir du nouveau ». Loin donc de « prédire », le prophète dit, et, par sa parole, son action, et ses propres blessures, prend acte des faillites de son temps pour en indiquer l'issue désirable. Ainsi le prophétisme traverse-t-il toute l'histoire de l'Occident judéo-chrétien comme l'une de ses agences les plus essentielles de bouleversement, fondé sur ce que Weber définissait comme « puissance révolutionnaire » du charisme. Regroupant les différentes formes et dispositifs prophétiques, de l'aube biblique à nos jours, mais en Afrique contemporaine aussi bien, en Amérique latine (J.-P. Bastien) et en Amérique du Nord (I. Richet), l'ouvrage dirigé par André Vauchez propose un parcours en terres inspirées, où les interprètes de la parole divine prennent en charge les déficits de leur temps propre pour en énoncer le caractère irrémissible et la nécessité, et l'urgence, d'une refondation, par quoi l'histoire reprendrait cours nouveau. Je m'en tiendrai aux prophétismes européens et africains, matrices premières et fécondes.
2Au temps biblique d'Israël, analyse Pierre Gibert, le prophète, plus interprète que messager de Dieu, fonde son autorité sur le lien « exclusif et définitivement garanti à Yhwh », à ce Dieu dont il fait cette « expérience personnelle » qui détermine sa vocation et son autorité. Par ses « oracles », ses paraboles, ses énigmes, ses « poèmes », et jusqu'à la « mise en scène du silence », le prophétisme est attestation irrécusable d'un face à face avec Dieu, « unique, exclusif de toute autre divinité » – et contribue de façon décisive à l'évolution religieuse d'Israël vers la formalisation du monothéisme comme accomplissement nécessaire d'une rupture d'histoire. Dans les livres « historiques » de la Bible, du Pentateuque aux Livres des Rois, et aux grands Prophètes qui suivent, s'avère cette « nouveauté totalement originale », que représente la genèse d'un culte nouveau. Telle est la propriété exceptionnelle du peuple hébreu, que d'avoir pu penser, par le recours prophétique, le dépassement du sens immédiat d'un temps et d'un espace, pour se déployer en des temporalités exigeant d'autres attributions de sens. Ainsi de l'apocalyptisme, des prophéties de malédiction ou de consolation, etc., qui exigent une relation entièrement renouvelée du peuple à son dieu, de Job à Yhwh, d'Israël à la Loi. Par la personnalisation du salut, et « à travers une figure humaine liée à Dieu », le christianisme se réappropriera le prophétisme, que Paul dira apanage de tous les chrétiens, et claire parole, seule capable d'édifier la communauté des croyants.
3De l'Antiquité tardive à la fin du Moyen Âge, A. Vauchez présente les différentes modalités et lectures du prophétisme. De la condamnation par saint Augustin du millénarisme, à l'inscription nécessaire du charisme sous le seul contrôle de l'Église, revendiquée par Irénée de Lyon ; de l'émergence du moine et de l'ermite comme figures prophétiques de l'humanité, à l'entrée en scène de la thématique de l'Antéchrist ; de la formulation de la mission messianique portant délivrance de Jérusalem, à la question de la conversion des Juifs – le prophétisme engage l'ensemble des sociétés christianisées dans des sursauts d'histoire et des reconfigurations essentielles, qui prennent en charge le défi des fins dernières, et les tourments eschatologiques qui l'accompagnent. Disposer l'événement à venir comme accomplissement de « types » déjà présents en l'Écriture sainte, permet de « comprendre en profondeur la signification des choses passées », et de donner sens à ce qui vient en urgence de temps. Il s'agit donc moins de « prévoir l'avenir » note l'auteur, que « d'expliciter à l'humanité pècheresse le message divin et ses exigences ». Au xiie siècle, ne voyant dans l'histoire qu'un « long déclin inéluctable », Hildegarde de Bingen, pour la délivrance de ce message, « fait retour au langage des origines », avant que ne soit consommé le péché. Joachim de Flore, son contemporain, opposé à cette vision pessimiste du destin de l'homme, se tourne résolument vers l'avenir, et annonce, à partir d'une théologie trinitaire du temps, l'avènement prochain de l'âge de l'Esprit saint. Et met l'accent, précise Vauchez, sur « la liberté humaine et le libre arbitre » des croyants. Ainsi l'humanité devient-elle, dans la prophétie joachimite, « un acteur à part entière de l'œuvre rédemptrice ». Dès lors qu'au xiiie siècle Thomas d'Aquin distingue le statut scientifique de la théologie, du caractère indéterminé du message porté par le verbe prophétique, les voies de la prophétie s'ouvrent aux laïcs, aux siècles suivants, tissus d'apocalyptisme, de sentiment d'imminence de l'Antéchrist, et de positions politiques en référence à la crise de la papauté opposant Rome et Avignon. Arnaud de Villeneuve, évangéliste radical, Jean de Roquetaillade, millénariste, sainte Brigitte, la « sibylle du Nord », Romaine avant tout, sont figures capitales de ces siècles voués à prophétie. D'autres prenant à l'esprit la lettre, et la prophétie en la radicalité de son dire, vont, comme Dolcino, partisan de la pauvreté absolue, proclamer « la fin du règne de l'Église charnelle », ou, tels Wyclif et Hus, prêchant un messianisme politique, animer des mouvements sociaux de révolte, lollards et hussites. La prophétie vient à l'histoire vive comme rupture ici et maintenant.
4Une longue séquence s'ouvre, de la fin du Moyen Âge aux abords de la Révolution française, saturée de prophétisme et d'attentes réformatrices. Savonarole, en exergue des temps : « Les anges de Dieu viendront converser avec les hommes ». Cela vaut, note J.-R. Armogathe, conviction généralisée d'un nouvel âge d'or, précédée de la venue de l'Antéchrist. Si les grands Réformateurs protestants, Luther en partie, Calvin plus rigoureusement, sont réticents quant aux passions apocalyptiques, Zwingli rappelle que « le magistrat ne peut rien faire en l'absence de prophètes », inscrivant ceux-ci au centre de l'institution ecclésiale. L'Antéchrist est la papauté, disent les Réformés. Échos des soulèvements des siècles précédents, des dissidences surgissent : en terre de Réforme, Müntzer et les anabaptistes ; en catholicité, G. Bruno et sa demande d'« éthique universelle », Campanella et son « utopie républicaine ». Le prophétisme se greffe sur des savoirs nouveaux, ou des visions longuement déchiffrées d'avenir possible et pensable (Comenius, évêque des frères Bohèmes, de filiation hussite). Et sur des catastrophes culturelles ou politiques : jansénisme en convulsion après la dispersion de Port-Royal et l'appel contre la Bulle Unigenitus ; camisards et peuple cévenol en insurrection et prophéties, après la révocation de l'Édit de Nantes. Et toutes « sectes » de Réveil, quakers, seekers, « french prophets », qui essaiment en Nouveau Monde, pluralisant les sources de croyances et des interprétations de l'Écriture et des messages divins. Ces prophétismes à hauteur d'homme se veulent à hauteur de Dieu, et marquent sans doute l'irruption des sujets du croire dans le déploiement de la parole divine.
5Les prophètes, ces « déchireurs d'histoire », qui semblent « mettre à nu l'avenir », selon l'expression de G. Bessière (Le Feu qui rafraîchit, 1978), trouveront dans le Romantisme, au xixe siècle, un espace d'enchantement privilégié. Philippe Boutry en donne la raison : symbolisme virtuel des choses cachées, « haute valeur spirituelle de l'Art », « régénération historique du genre humain ». Et tout ce qui se déploie désormais, dans cette profusion de signes et de mystères, ressortissant de la quête prophétique – parfois s'y égarant : spiritisme, magnétisme, scientisme, ésotérisme. Tout un champ d'expériences aux limites du profane, qui trouvent leur accomplissement dans les grandes œuvres des penseurs visionnaires : Comte, Hugo, Nerval, Baudelaire, etc. Dans le contre-coup de la Révolution française, un prophétisme plus politique se met en place, à partir de lectures eschatologiques de ce bouleversement : châtiment et purification de l'ordre ancien, punition infligée au peuple pour avoir rompu avec les valeurs chrétiennes, ou, par volonté divine, aube d'un jour nouveau, après des siècles d'infamie. Le plus souvent, prophétisme radicalement hostile au nouvel ordre révolutionnaire, « péché originel d'une humanité coupable et d'une modernité viciée dans ses principes ». Figure emblématique de cette vision catastrophique de l'histoire : Joseph de Maistre, concentré d'intransigeance catholique. L'autre versant du prophétisme, cet énoncé réversible : la dimension utopique. Rouvrir à tout prix l'histoire, forcer le sens et se maintenir en son excès : Saint-Simon, Fourier, Cabet. À l'assomption d'un temps autre, répondre par l'assurance d'un espace alterne. Telle conjonction affecte à l'utopie une incomparable capacité de subversion. En elle, souligne Ph. Boutry, s'effectue « le télescopage historique de la prophétie sociale et de la prophétie religieuse ». La « République de Dieu », de David Lazzaretti, et son messianisme révolutionnaire, en est l'exemple le plus pur.
6Si le Romantisme fut le creuset où le prophétisme trouva un nouvel essor, ce fut d'avoir promu le dire poétique comme seul capable de manifester la parole divine – parole sans origine ni fin, devenue, précise Sylvie Barnay, la « propre chair » et le « propre sang » des annonciateurs d'un sens au cœur caché du monde. Au xxe siècle, les prophétismes européens vont être le lieu même d'accomplissement d'une poétique de la parole, qui agrège ce qui relève de la prophétie et ce qui ressortit de la poésie, en un seul bloc d'illumination. Par là, la prophétie demeure à l'écoute des catastrophes advenues en l'histoire réelle des hommes, et n'annonce tant les malheurs à venir que comme déjà de notre héritage. Parole au « futur antérieur », propose S. Barnay, dans une analyse qui constitue sans aucun doute le meilleur de l'ouvrage. Si le prophète est bien, selon P. Ricœur, « l'historien de l'imminence, le décrypteur et annonciateur de l'histoire en marche », c'est d'être cette figure vers laquelle convergent les désastres d'histoire, capable d'en déceler les raisons et les enchaînements. Chez Péguy, l'autrefois et le maintenant, « le plus originel et le plus actuel », entrent en « collision ». Non que le temps de prophétie soit de pur recommencement – au contraire, il est cette « force de vie » qui autorise les plus vastes saccages et les insoumissions les plus radicales. Contre toute clôture d'histoire, le prophète, écrit Blanchot, « brise l'impossibilité de l'avenir », et n'en finit avec le temps présent que pour repartir de zéro. Benjamin, Bloch, Buber, figures de renaissants, et « avertisseurs d'incendie », ne sont tels que d'avoir pleinement assumé l'inscription de la prophétie dans la chair même du langage, suivant l'antique leçon d'Abraham Aboulafia (ASSR, 144).
7Si « le messianisme juif interrompt l'histoire pour lui donner un nouveau cours », et si le prophétisme est bien cette « apparition du lointain », et sa révélation, les prophètes africains, présentés par Valerio Petrarca, assurés que la modernité « ne marche pas droit vers le désenchantement », brisent également formes et statuts sociaux et rompent, en un premier temps, le cadre des relations entre l'individu et le groupe d'appartenance. Harris, Koudou-Gbahié, Kimbangu, éminents prophètes et conducteurs d'« Églises fragiles », provoquent de véritables traumatismes culturels, en appelant aux symboles des puissances coloniales pour interpréter les malheurs et les échecs de la modernité. Mais tout, dans ce prophétisme, très vite s'inverse, et se joue en un second temps dans la réinterprétation des signes de la modernité dans le langage sorcellaire de la persécution, et le rapatriement des marqueurs de la crise socioculturelle dans l'univers propre du fidèle : lignage, culte des ancêtres, seule façon d'apaiser les peurs et de reprendre la maîtrise de soi et de son destin collectif. Nul syncrétisme, ici, mais la mise en correspondance des symboles de la religion des conquérants avec les « motifs symboliques des religions locales ».
vendredi 15 septembre 2023
jacques Halbronn La question du vrai et du faux, du masculin et du féminin au prisme de l'Intelligence Artificielle
Jacques Halbronn La question du vrai et du faux, du masculin et du féminin au prisme de l'Intelligence Artificielle
L'essor de l'IA a mis en avant la question du vrai et du faux puisqu'il deviendrait de plus en plus possible de créer du faux, des imitations parfaitement crédibles. Mais il semble que le débat est "faussé" quand on confond l'imitation d'une personne et celle d'un savoir. Car en épistémologie, il ne s'agit pas tant de savoir ce qui serait ou non authentique , contrefaçon, fausse monnaie mais de distinguer 'le" vrai du faux, ce qui reléve d'une toute autre quête, d'un tout autre enjeu.
Dans un cas, on a affaire à du mimétisme, à du remplacement alors que dans l'autre, il s'agit de parvenir à une certaine vérité (sofia) qui serait d'ailleurs toujours en suspens comme le montre toute l'Histoire des Sciences. Or, au regard de l'IA, son impâct ne semble pouvoir impacter que le premier cas de figure, c'est à dire ce qui reléve de l'idiosyncrasie, l'original étant connu et bien spécifique alors que dans le second cas, on ne joue pas dans la même cour, on n'est plus dans le champ du particuluer mais dans celui du général, dans le champ du féminin mais du masculin. Ce seraient donc les femmes qui, selon nous, seraient les plus menacée par l'IA. Il y a une vingtaine d'années nous avions qualifié cette situation de "tselem", pour reprendre l'expression hébraique du Livre de la Genése (Ch I et V) cf ci dessous notre texte de 2002 (sur le site Ramkat. free.fr)
La zone Tsélem ou la convergence des clivages
par Jacques Halbronn
Jacques Halbronn étudie la représentativité des différents clivages, et défini ce qu'il nomme l'espace Tsélem, en référence au récit de la Genèse, lequel décrit le passage obligé du Créateur à la Créature, du Maître à l'Esclave, ou d'un monde de l'Emanation (continu) - la Source ou Maqor - à un monde de la Formation (discontinu), pour employer le langage de la Kabbalah, en d'autres termes, ce qui sépare le Qodech (Saint) du Khol (Humain), ce qui n'est pas sans nous rappeler la double nature (ondulatoire et corpusculaire) de la Lumière.
Si l’on considère l’ensemble des clivages à caractère social qui nous interpellent : entre l’homme et l’animal, l’homme et la machine, l’homme et la femme, la question des étrangers, des Juifs, des personnes âgées, des malades mentaux etc, existe-t-il un espace de convergence ? Il nous semble que oui et nous l’avons désigné sous le nom de zone Tsélem (dans l’Ancien Testament, il est dit que l’homme a été crée à l’image (tsélem) de Dieu). On usera de termes hébraïques : Tselem (copie (tsiloum), ombre (tsel) et son opposé Maqor (origine, source).
Tsélem serait un lieu accessible par toutes sortes de populations, mais c’est aussi un seuil au delà duquel on bascule vers ce que l’on pourrait appeler le domaine du “maître” et celui de l’ “esclave”, du Créateur et de la Créature.
D’une certaine façon, cette zone Tsélem pourrait correspondre à un élément intermédiaire entre le corps et l’esprit, c’est pourquoi c’est un lieu de jonction et de rapprochement.
Dans le rapport de l’homme et la machine, le Tsélem est l’espace de l’activité humaine qui s’offre à la machine, qui lui est, à terme, accessible. La zone Tsélem est marquée par la contingence en ce que la machine n’agit que sous l’action de stimulations ou d’impulsions qui lui sont extérieures. Elle est en quelque sorte “programmée” pour gérer la contingence : s’il ne se passe rien, elle ne fait rien, elle n’a rien à faire qu’à attendre. Au hasard des contingences, son animation est très variable. La seule machine qui échappe à ce sort est celle qui marque le temps. En revanche, ce n’est pas le cas du réveil-matin qui sonne ou ne sonne pas selon son réglage. Longtemps, il a fallu “remonter” les montres, lesquelles s’arrêtaient, autrement, au bout d’un certain temps. D’ailleurs, les sonneries, en général, avant de s’automatiser, étaient actionnées, à chaque reprise, par les hommes : sans l’homme, il n’y avait pas de sonnerie.
La femme évolue énormément dans le champ Tsélem. Elle est extrêmement réactive à certains événements ou plutôt types d’événements auxquels elle assiste et qu’elle ne prend pas la peine de contextualiser. S’il fallait replacer chaque signe dans son contexte, la femme devrait rester le plus souvent dans l’expectative, donc dans un certain chômage technique. C’est pourquoi elle est à l'affût de tout ce qui peut lui donner prétexte à intervenir et s’insurge contre ce qui pourrait reporter une telle occasion.
Le champ Tsélem est un monde intermédiaire entre l’humain et le non humain (ce qui ne l’est pas encore ou qui ne l’est plus). L’enfant qui commence à grandir investit avec enthousiasme le Tsélem tout comme la vieille dame qui veut montrer qu’elle est encore vive. L’étranger qui souhaite montrer qu’il est déjà dans le coup, dans sa culture d’accueil, s’essaiera au Tsélem tout comme le malade mental qui cherchera à donner le change en montant sa maîtrise tsélémique. L’animal ne sera vraiment intégré dans le monde humain que s’il se rend utile au niveau du Tsélem, sous la conduite de l’homme qui le domestiquera, le dressera.
Les éléments les plus marquants de l’état de Tsélem sont les suivants : l’aptitude à observer et à signaler ce qui se passe autour de soi, les changements qui se produisent, ce qui ne correspond pas à la norme, le fait d’assumer une fonction surmoïque en ce qui concerne des actes considérés comme répréhensibles chez autrui.
De nos jours, on n’a guère conscience, il nous semble, de la frontière qui sépare le champ du Tsélem de celui des activités spécifiquement humaines. Le Tsélem est en effet le lieu où l’Homme se décharge d’un certain nombre de corvées, à commencer par le fait de porter l’enfant des mois durant ou d’avoir précisément à l’initier au Tsélem.
Or, cette frontière est essentielle dans la mesure où elle signale ce qui sépare l’homme de la machine. Tôt ou tard, en effet, la machine investira pleinement le domaine du Tsélem.
Certes, la machine est la création de l’Homme encore que l’on puisse dire que l’Homme, tel que nous le connaissons, n’existe pas sans elle. Autrement dit, en créant la machine, l’Homme se serait ipso facto transformé en un Homo ex machina. La machine est aussi vieille que le monde, elle répond à un besoin d’organisation qui conduit l’Humanité à se structurer du fait même de la machine qu’il met en place.
Nous définirons l’idée de machine comme tout processus de fonctionalisation mettant fin à un état d’indifférenciation. La sexuation serait à ce titre déjà liée au phénomène machine et elle n’a pas commencé avec l’Homme, elle conduit à conférer à certains êtres des tâches spécifiques qui libèrent les autres d’avoir à les assumer. D’une certaine façon, le vivant a pris exemple sur la nature et ses rythmes, en particulier sur les astres. Mais cette mise en relation - corrélation - ne se réduit nullement à subir ou à décoder des “influences”, mais à conférer des significations à des configurations perceptibles, selon un encodage arbitraire, car toute émission fait l’objet d’une sélection du fait du récepteur. Il n’y a pas d’émission totale, intégrale ; toute influence est nécessairement instrumentalisée.
En même temps, on peut dire que la machine revêt un caractère mimétique, ce qui peut sembler paradoxal dans la mesure où c’est l’Homme qui la produit : disons que par la machine, l’Homme s’imite lui-même avec plus ou moins de succès et ce faisant il se découvre, se déconstruit.
Nous avons défini le Tsélem comme le monde de la contingence. Pour éviter tout malentendu, précisons ce point : quelqu’un est programmé pour capter ou réagir à certaines informations, mais cela n’empêche pas que son comportement n’impliquera pas pour autant de régularité puisqu’il dépendra de stimuli extérieurs dont l'occurrence est largement imprévisible.
A contrario, le monde au delà du Tsélem ne vivra pas au rythme des contingences et des accidents, nous entrons alors dans le monde de la nécessité. Non pas qu’à l’origine de la nécessité, il n’y ait du contingent mais par la suite celui-ci sera réduit à la portion congrue et on ne s’y laissera point distraire par des aléas.
Le monde du Maqor est celui de la contextualité, il vit donc à une cadence différente, aux réactions plus lentes, moins primaires et disons-le plutôt secondaires, selon la typologie de la caractérologie. Ceux qui quittent ce monde pour se réfugier dans celui du Tsélem y étaient mal à l’aise, on pourrait parler d’une tentation d’être plus en prise sur les choses plutôt que d’évoluer dans un monde parallèle.
Mais celui qui se plonge dans le monde du Tsélem ne sera pas seul, il y retrouvera toutes sortes de populations entraînées par les mêmes mirages d’une pseudo-vie, que nous qualifierons de condition d’esclave par opposition à celle du maître.
Dans le monde du Tsélem, si les contingences ne sont pas prévisibles, en revanche, ceux qui y interviennent le sont totalement car ils réagissent, selon des automatismes, à des signaux pour eux considérés comme bien spécifiques et sans prendre la peine de mener une enquête avant de passer à l’acte. On conçoit dès lors que cette “réalité” dont il est ici question est terriblement appauvrie et limitée dans la perception que l’on en a.
Le Maqor est plus fatiguant même si l’activité y est retardée par la qualité d’une enquête toujours en progrès et susceptible de ne jamais s’achever. Cela revient à quelqu’un qui ne pourrait jamais se reposer, avec des problèmes restant indéfiniment non résolus. En revanche, c’est un monde où il n’ y a pas de pause, celui de la nécessité. L’esclave a des moments de relâche quand la tâche qui lui a été demandée est accomplie alors que le maître doit veiller à ce que la vie ne cesse. C’est pour cette raison que nous disons que le monde du Tsélem n’est pas celui de la vie, il est une pseudo-vie, avec ce que cela peut avoir de diabolique.
Le Tsélem est en effet un monde artificiel, qui comporte des simulacres de vie et il est étonnant à quel point nos contemporains semblent incapables de le distinguer du monde de la vraie vie, eux qui sont capables de fabriquer des machines toujours plus perfectionnées ! Cela dit, ce n’est pas le vivant qui ressemble à la machine mais la machine qui imite le vivant.
Il faut apprendre à identifier les états de Tsélem quand on les rencontre et ne pas se laisser leurrer, en confondant la copie avec l’original, l’automate et son modèle. Combien d’entre nous ne sont plus que des automates tout juste capables d’enregistrer et de répéter à la demande. Coupez-les d’un environnement tonique et ils s’éteignent, dépérissent. L’olivier symbolise la sagesse parce qu’il se nourrit de peu et qu’il en tire le maximum. Dans le Tsélem, au contraire, il y a un énorme gaspillage et une dispersion d’énergie.
Dans notre monde, tant de morts vivants nous entourent dont l’activité est machinale, c’est-à-dire non pas continue mais discontinue quant à son contenu. Nous parlons souvent avec ces personnes qui fonctionnent à la fois comme des caméras et des disques, observant fidèlement et répétant les mêmes propos ou les mêmes gestes chaque fois que cela leur sera demandé.
Le monde du Maqor est-il menacé par celui du Tsélem ? Quantitativement, certainement. La logique de (pseudo) vie du Tsélem est largement majoritaire sur notre planète, au point de devenir la norme.
Rappelons que le Tsélem n’existe initialement que comme prolongement en vue de taches et de corvées dont le vivant veut se décharger, et la sexuation a produit du Tsélem puisqu’il s’agit d’un clivage introduit par le vivant pour qu’une partie de lui-même fonctionne dans un autre registre, libérant ainsi du temps pour une activité spirituelle qui doit suivre son cours et qui ne peut s’arrêter un seul instant comme un coeur qui ne peut cesser de battre. Les animaux avec leur instinct ne sont-ils pas des êtres tombés dans le Tsélem ? Car le Tsélem n’est pas au commencement des choses, il n’existe que par rapport à la Vie dont il est l’imitation. Certains s’imaginent au contraire que l’on part du Tsélem pour essayer de passer à un autre niveau dont la réalité est discutable ! Pour eux, la vraie vie serait précisément celle du Tsélem !
La femme n’est pas étrangère à une telle croyance et d’une certaine façon, celui qui est prisonnier du Tsélem est castré. Peut-on imaginer un monde qui serait dominé par le Tsélem et d’où le Maqor serait évacué ou refoulé ? Serait-il viable ? Chacun y vaquerait à sa tâche spécialisée, indifférent à ce qui ne lui correspond pas. Personne ne serait responsable de la supervision des multiples activités plus ou moins mécaniques. Rappelons que le monde du Tsélem est hétéroclite, qu’il passe du coq à l’âne du fait que ce n’est pas l’objet qui compte mais le sujet qui perçoit et qui décrit ce qui défile devant son oeil (celui de la caméra) : qu’importe, ici, le contenu, l’important c’est que l’on contienne.
En fait, le comble du mimétisme, on l’a dit, c’est de nier l’existence même de celui que l’on imite et dont on ne sera jamais qu’un pâle reflet. En ce sens, le Tsélem désire consciemment ou non l'annihilation de ce qui lui a donné naissance et pour cela il doit prendre sa place, d’où le rêve d’un monde qui jubilerait de la mort du Père.
Le monde du Tsélem conduit à une canalisation d’énergies humaines et en ce sens il s’apparente, dans son principe, par son émergence à la canalisation d’énergies non humaines (ex. poudre, vapeur, énergie nucléaire) ou animales. Sa mise en place tend à mettre fin à un certain état de précarité et de contingence en en systématisant les manifestations.
Le monde du Tsélem est la création de l’Homme, il explique ce qu’est l’Homme mais il n’est pas l’Homme. Encore un paradoxe : ce que crée le Créateur n’est pas lui mais c’est ce qui le pose en tant que Créateur et c’est aussi ce qui lui permet de rester dans le monde du Maqor. Le Tsélem est l’émanation du Maqor et non une structure ayant une autre origine, encore que le modéle cosmique a probablement influé sur la formation du Tsélem.
Ajoutons qu’il est probable qu’il existe une cyclicité des clivages, liée à une instrumentalisation du Ciel, c’est-à-dire qu’à certains moments les frontières tendent à s’estomper entre ces deux plans et qu’à d’autres, celles-ci se renforcent"
A l'avenir, la question du "faux " exigera des compétences particulières alors que de nombreux chercheurs ne semblent pas avoir été formés dans la détection des erreurs, des faux. C'est pour cette raison que nous avons récemment insisté sur la présence d'experts en ce domaine du repérage des contrefaçons et nous avons pu affirmer que cette compétence était dévolue aux Juifs si l'on admet que cette question qui avait déjà été marquante avec l'invention de l'imprimerie - on pense aux fausses éditions antidatées de Centuries de Nostradamus (cf nos thèses de doctorat et de post doctora, 1999 et 2007) prend une dimension nouvelle avec les derniers progrés de l'AI.
JHB 15 09 23
jacques halbronn Epistémologie. Erreur ponctuelle er erreur chronique.
jacques halbronn Epistémologie. Erreur ponctuelle et erreur chronique.
L'erreur ponctuelle ne dure qu'un instant, comme dit la chanson à propos du Plaisir d'Amour mais peut avoir des conséquences durables, à long terme, notamment quand cela conduit au meurtre, au viol, à l'accident. Inversement, certaines erreurs, qui sont finalement des errances, sont susceptibles de perdurer et de se renouveler indéfiniment, d'où la formule Errare humanum est, perseverare diabolicum. La question épistémologique et éthique qui se pose est celle de la gravité de ces deux types d'erreur. Sur le thème de l'erreur, nous renvoyons à notre Eloge de l'erreur; (1990) et rappelons que nous avons consacré beaucoup de temps aux contrefaçons qui sont des erreurs persistantes non pas seulement quant à leurs auteurs mais aussi et surtout à ceux qui leur ont emboité le pas et ont donc prolongé leur impact d'autant.
Au niveau juridique, le probléme se pose : quelle condamnation, quel chatiment pour l'erreur d'un instant fatal? Et comment sanctionner une faute qui se sera déployée dans le temps, non seulement quant à ses effets mais aussi quant à ses causes, ses mobiles. On oppose volontiers ce qui a été prémédité, plus ou moins longuement préparé, à ce qui a été un instant (instantané.(Augenblick, le temps d'un clignement de l'oeil) d'une seconde. Le crime de Cain - à en croire la Bible -reléva de l'instantané, la Shoah s'était installée dans la durée. La crucifixion de Jésus (selon les Evangiles) s'inscrit dans une très courte durée effective mais son instrumentalisation aura traversé les siècles.
L'erreur ponctuelle peut donner lieu à des regrets dans la mesure où il s'en fallut de peu qu'elle eut pu être évitée tandis qu'une erreur pleinement assumée de bout en bout, prolongée sur le long terme, serait vécue tout autrement voire tout à fait justifiée, légitimée. Mais n'est il pas justement plus facile de prouver l'erreur ponctuelle, accidentelle - qui reléve d'un déraillement - que de dénoncer une erreur séculaire comme dans le cas de l'antijudaisme, de l'antisémitisme, des persécutions même si les pogroms ne durent que peu de temps.? Il est en tout cas des "erreurs" qui s'instituent, qui revêtent un caractère, sont chargées d' un poids identitaire et qui sont d'ailleurs vouées au déni comme le génocide arménien de 1915.
On aura compris que dans bien des cas, il peut être tentant de glisser d'un type d'erreur à l'autre et ce, dans les deux sens. Ce qui n'était au départ qu'accidentel peut accéder à une dimension emblématique et ce qui fut le résultat d'une tendance profonde de la société -comme le colonialisme - peut être présenté comme une erreur de parcours...
JHB 15 09 23
jeudi 14 septembre 2023
Jacques Halbronn La vie astrologique. LE point sur les errements d'André Barbault en Mondiale. Quel paralléle entre 1953 et 1989?
jacques halbronn La vie astrologique. Le point sur les errements d'André Barbault en Mondiale/ Quel paralléle entre 1953 à 1989
. Il faut comprendre que 36 ans (cycle conjonctionnel Saturne Neptune), c'est 29 +7, ce qui signifié qu'au bout de 29 ans d'un cycle saturnien s'ajoute 7 années qui vont carrément inverser la tendance, en prendre le contre -pied, ce qui équivaut à un carré, tout comme il y a 90° entre O° bélier et 0° cancer; En d'autres termes, la tonalité de 1953 diffère radicalement de celle de 1989. Dès lors, on est en droit de se demander ce que prévoyait, dans sa tête, le dit Barbault quand il avança l'année 1989, prochaine rendez vous de sa chère conjonction. Nous répondrons qu'il n'en avait pas la moindre idée! Quand on étudie la tonalité de la période 1953-54, au niveau mondial (puisque l'on est bien dans le champ de l'astrologie "mondiale"), l'on note que 1954, fut l'année des Accords internationaux de Genéve. wikipedia "Les accords de Genève marquent la fin de la guerre d'Indochine qui, depuis 1946, opposait principalement la France au Việt Minh dirigé par Hô Chi Minh. Le traité est rédigé à la suite de la chute du camp retranché de Ðiện Biên Phủ. Il est officiellement signé le 20 juillet 1954 à minuit puis ratifié le 21 juillet 1954, à Genève, entre la République française pour laquelle le général Henri Delteil représente le gouvernement Mendès-France et la république démocratique du Viêt Nam, nom utilisé depuis 1945 par le gouvernement Việt Minh." Il est étrange, tout de même, que Barbault n'ait pas prévu la fin de la Guerre d'Indochine pour une période qu'il avait eu spécialement à analyser. Cette période est particulièrement significative à l'Ouest avec l'essor de la Communauté Européenne laquelle va constituer un "bloc" et finalement plus marquante à l'Ouest qu'à l'Est. Mais ce qui est à souligner, c'est que 36 ans plus tard, la tendance supranationale va s'inverser et cela donnera les dislocations des années 1989 du fait du retour en force de la solsticialité Déjà en 1956, avec l'entrée de Saturne en phase solsticiale, l'on trouve les prémisses de ce qui se produira en 1989, encore en phase solsticiale. Budapest 1956 annonce Berlin 1989 alors que la mort de Staline en 1953 en phase équinoxiale ne saurait annoncer Berlin 1989! Le cycle Saturne Neptune est moins pertinent que le cycle Saturne/ Axes équinoxiaux et solsticiaux
JHB 10 09 23
mercredi 13 septembre 2023
jacques halbronn Astrologie eXOLS Les rendez vous équinoxiaux tous les 14-15 ans redistribuent les cartes
jacques halbronn Astrologie EXOLS Les rendez vous équinoxiaux tous les 14-15 ans redistribuent les cartes.
On célébre actuellement les accords d’Oslo de septembre 1993:
Wikipedia
‘Résultat d’un ensemble de discussions menées en secret, en parallèle de celles publiques consécutives à la conférence de Madrid de 1991, entre des négociateurs israéliens et palestiniens à Oslo en Norvège, pour poser les premiers jalons d’une résolution du conflit israélo-palestinien ’…)) Le 9 septembre 1993 , la direction de l’OLP, sous Yasser Arafat, accepte le droit d’Israël à une existence en paix et sécurité etc’
Or, en 2020, seront signés les Accords d’Abraham
wikipedia
»Les accords d’Abraham sont deux traités de paix entre Israël et les Émirats arabes unis d’une part et entre Israël et Bahreïn d’autre part. Le premier, entre Israël et les Émirats arabes unis, est annoncé le 13 août 2020 par le président des États-Unis Donald Trump. Ils sont signés le 15 septembre 2020 à la Maison-Blanche à Washington, accompagnés d’une déclaration tripartite signée aussi par le président américain en tant que témoin. Ces accords sont prolongés par ceux avec le Soudan, et le Maroc« .
Ce sont là deux dates marquantes, à environ trente ans de distance, pour la diplomatie israélienne qu’il convient de relier à nos travaux en Astrologie EXOLS. fondés sur le cycle de Saturne, à travers le Zodiaque (axes équinoxiaux Vierge Poissons) Actuellement, il est question d’un accord entre la Russie et la Corée du Nord.
Sur Internet
« Le leader nord-coréen Kim Jong-un accueilli par le ministre russe des Ressources naturelles et de l’Environnement à son arrivée à la gare de Khasan, pour le début de sa visite officielle en Russie. 12 septembre 2023. »
Kim Jong-Un en Russie : « La mise en scène du rapprochement entre Moscou et Pyongyang est avant tout un moyen très efficace de faire pression sur Séoul » « La Corée du Nord va-t-elle fournir à la Russie les armes et les munitions qui lui font défaut en Ukraine ? » Rappelons qu’en 1939 avait été conclu, déjà en phase équinoxiale, le Pacte germano-soviétique. « officiellement traité de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique (..) un accord diplomatique signé le 23 août 1939 à Moscou, par les ministres des Affaires étrangères allemand, Joachim von Ribbentrop, et soviétique, Viatcheslav Molotov, en présence de Joseph Staline. Des protocoles additionnels seront signés le 28 août et le 28 septembre. » Ce type de processus fonctionne à tous les niveaux. C’est ainsi que nous avions multiplié les accords internationaux dans les années 1978-1981 dans le milieu astrologique (cf nos Guides astrologiques 1978, 1997, 2006), en période équinoxiale, quinze ans avant les Accords d’Oslo.
Revenons sur le bilan en Astrologie Mondiale d’André Barbault (cycle Saturne Neptune et indice cyclique). En 1953, la conjonction Saturne Neptune coinciderait avec la mort, dans son lit, de Staline. Information bien aléatoire comparée à des accords majeurs comme ceux signés à Genéve, mettant fin au conflit de la France en Indochine sans parler de la construction européenne en cette même décennie. Il convient de souligner que comme son nom l’indique l’Astrologie mondiale est à traiter à l’échelle mondiale et non dans les limites de tel ou tel pays puisque le propre de l’éqquinoxialité est précisément de dépasser le cadre des frontières.
JHB 13 09 23
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