Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
samedi 27 février 2021
200 études de Jacques Halbronn sur Nostradamus Site Propheties.it de Mario Gregorio
Etudes de Jacques Halbronn sur Nostradamus site propheties.it
anti(-astrologie astrologie nostradamus
P r o p h e t i e s O n L i n e
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Halbronn’s Library - 1st Part
Halbronn’s Library - 2nd Part
Halbronn’s Library - 3rd Part
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vendredi 26 février 2021
jacques Halbronn La vraisemblance dans l'approche critique de la chronologie centurique
La vraisemblance dans l'approche critique de la chronologie centurique
par Jacques Halbronn
Nous commentons ci après certaines formules utilisées par Patrice Guinard pour valider sa chronologie des éditions centuriques au prisme de l'argument de la vraisemblance que celui-ci n'hésite d'ailleurs pas à manier.
Mais commençons par afficher d'entrée de jeu ses conclusions à l'aide de son « Résumé des résultats et conjectures de cette recherche » :
- Les Prophéties sont originellement parues à Lyon en trois fois (1555, 1557, 1558).
- Elles ont été rééditées à Paris en 1556, en 1557, et probablement en 1558.
- Elles ont été réimprimées sous un autre titre et avec quelques modifications à Avignon vers 1559-1560.
- Deux contrefaçons parisiennes, parues vers 1561, attestent de l'existence des premières éditions.
- Une traduction anglaise de la contrefaçon parisienne est parue à Londres en 1563. Une traduction des Prophéties en hébreu est parue à Constantinople.
- Aucune édition complète ne serait parue du vivant de Nostradamus. Benoist Rigaud fait imprimer en 1568 la première édition complète en deux volets rassemblant le texte des éditions de 1557 et 1558 (cf. CN 38) ».
On commencera par la formule choisie par ce chercheur :
« Editions tronquées et éditions complètes » selon une chronologie inversée : d'abord complètes puis « tronquées » et l'on se demandera quelle est la thèse la plus « vraisemblable » :
« Les éditions des Prophéties dans la seconde moitié du XVIe siècle s'étagent sur trois périodes : celle des premières éditions (1555-1563), objet du présent article, la période Benoist Rigaud (c. 1568-1585), qui est aussi la période de diffusion des éditions "complètes" du texte, et la période ligueuse (c. 1588-1600), celle des éditions tronquées et atrophiées parues après les assassinats de Henry de Guise et de Henry III, et de la réaction des éditions Rigaud, de Benoist en fin de carrière puis de ses héritiers. «
Chacun a ses critères de vraisemblance. Ainsi, un événement très particulier peut-il être annoncé à l'avance comme le fait que la capitale de l'ennemi soit la ville de Tours ou que le roi de France soit couronné non à Reims mais à Chartres. Pour Guinard, il n'y a pas de probléme puisque Nostradamus est un prophéte. Ce n'est pas notre position !
Que dire de l'analyse qu'il propose pour les éditions de 1557 à propos du travail de Gérard Morisse ?
Patrice Guinard :
« Reste l'argument concernant le nombre de quatrains et les dates d'impression :
"Achevé d'imprimer le 6 du moys de Septembre. 1557." (exemplaire d'Utrecht à 642 quatrains)
"Achevé d'imprimer le troisiesme de Novembre." (exemplaire de Budapest à 639 quatrains)
D'abord on comprend mal, dans l'hypothèse Morisse, pourquoi une édition portant la date de 1557 au frontispice, aurait été imprimée une année avant, et j'ai signalé en septembre 2002 : "que les dates d'achevé d'imprimer des deux tirages de cette série, probablement contemporains, à savoir les 3 novembre et 6 septembre 1557, sont espacées de 58 jours, exactement égaux aux 58 quatrains prétendument "manquants" à la septième centurie." (cf. "Les Nombres du Testament comme fils d'Ariane au Corpus nostradamique", Les Nombres du Testament). »
Il y a un point aveugle dans l'argument avancé par Patrice Guinard : il raisonne sur la base d'un auteur, le dit Michel de Nostredame » censé se comporter logiquement. « On comprend mal etc » Il oublie ou feint d'oublier que dans le domaine des contrefaçons, ce point ne pése pas lourd. Il révéle au contraire la disparité des entreprises, trente ans après la date en question, lesquelles ne s'ajustent pas entre elles. En ce sens, il est tout à fait vraisemblable que ces bizarreries montrent que ce n'est pas Nostradamus ni d'ailleurs son libraire qui sont les acteurs de l'affaire !
Autre échantillon de l'argumentation de Guinard
"Cette édition n'est attestée que par une mention à la dernière page de l'édition d'Anvers (Les grandes et merveilleuses predictions, François de Sainct-Jaure, 1590) : "Fin des Professies de Nostradamus reimprimées de nouveau sur l'ancienne impression imprimée premierement en Avignon par Pierre Roux Imprimeur du Legat en l'an mil cinq cens cinquante cinq." (f.M3v). Le titre et le sous-titre hypothétiques sont donnés par Ruzo qui pense que cette édition aurait été reproduite par celle de Raphaël du Petit Val (Rouen, 1588), laquelle s'achève sur le quatrain 53 de la IVe Centurie (selon le seul exemplaire connu, celui de sa bibliothèque, aujourd'hui dispersée).
Cependant l'édition rouennaise ne mentionne pas celle d'Avignon, et l'édition anversoise, qui contient sept centuries, et non quatre, peut difficilement reproduire une édition à sept centuries parue en 1555. Par conséquent, si cette édition Saint-Jaure reproduit bien une édition d'Avignon, ce serait celle datée de 1556 (comme le feront d'autres éditions plus tardives) et il s'agit simplement d'une erreur typographique (1555 pour 1556) ou voulue, l'éditeur sachant que les Prophéties de Nostradamus ont commencé à paraître en 1555.(...) Ajoutons encore la mention suspecte "divisées en quatre Centuries" qui n'apparaît pas dans l'édition lyonnaise originale et qui sous-entend qu'il pourrait y avoir d'autres centuries à paraître. Or comment l'imprimeur avignonnais l'aurait-il su en 1555 ?" Le seul hic, c'est que Guinard raisonne sur des bases fausses, à savoir que l'on aurait affaire à un processus naturel d'édition alors qu'il s'agit d'une construction parfaitement aléatoire qui ne fait que se donner quelque apparence auprès d'un public non averti et point trop regardant. On laisse le lecteur rechercher d'autres exemples du même acabit de cette "méthode" dans la production guinardienne (sur le site du CURA). .
JHB 26 02 21
jacques Halbronn Nostradamus, le tournant des années 1560
Nostradamus . Le tournant des années 1560
par Jacques Halbronn
A partir des années 1560, le contexte nostradamique va changer sensiblement. On voit apparaitre des fausses éditions des almanachs et pronostications de Michel de Nostredame, notamment du fait de libraires parisiens comme Barbe Regnault, ce qui a été signalé dans les bibliographies de Chomarat et de Benazra dans le Répertoiure Chronologique Nostradamisque que nous avons édité; qui parlent d’éditions « pirates »..(cf RCN pp. 42 et seq) Nous avons signalé que le frontispice de ces contrefaçons n’était pas le même que celui des Pronostications authentiques. On notera que chez Nostradamus, seules les pronostications comportent une vignette représentant l’auteur alors que dans les éditions pirates, les vignettes figurent tant pour les almanachs que pour les pronostications. et ces vignettes ne sont pas identiques chez le vrai et chez le faux Nostradamus, erreur qui aura été fatale pour les tenants des éditions antidatées des années 1555 -1557. C’est le détail qui tue. On ne saurait négliger la preuve iconographique!
Mais, par ailleurs, Nostradamus va se hasarder dans une veine prophétique. En 1991, nous publiame dans la revue Réforme, humanisme, Renaissance -n°53 une étude intitulée Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus dont nous reproduisons ci dessous le résumé paru :
« Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre. La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561 Cet article a été reris sur internet sur différents supports.(https://cour-de-france.fr/histoire-et-fonction/histoire-et-fonctionnement/politique-et-religion/etudes-modern, et Persée) et signait notre entrée dans le domaine nostradamologique. Pie IV est le grand absent des éditions centuriques qui ne reproduisent pas les textes de Nostrdamus adressés au pape. Ce qui est un signe de leur caractère décalé de deux décennies. L’imporrance de ces textes avait été notamment signalée en 1906 avec la « Reproduction très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame dédié à SS le Pape Pie IV » Mariebourg (cf RCN, p. 449) où l’on précise qu’il s’agit de l’almanach pour 1563. En 1905 était paru chez le même éditeur une « réimpression de l’almanavh de Michel de Nostredame pour l’année 1563 (Avignon, donc dans les territoires pontificaux français, Pierre Roux)dédié à Pie IV
Etrangement, Benazra ne fait pas le rapprochement -p. 52) avec les Praedictions de l’almanach de 1562, 1563 1564″ D’une certaine façon, ce volume manuscrit ferait pendant au Recueil des Présages Prosaiques (dont une partie a été éditée par B. Chevignard en 1999; Ed. Seuil). Dans les deux cas, il s’agit de volumes rassemblant des textes envoyés aux libraires. Mais l’on notera qu’il s’agit là de deux séries distinctes. Le Recueil des Présages Prosaiques concernant les almanachs et pronostications, les « Praedictions » concernant un autre genre dont il va être question et la différence des intitulés n’est pas indifférente. On ne connait d’ailleurs une impression de ces Prédictions que dans leur version italienne mieux conservée , curieusement, à la BNF que la série des almanachs et -pronostications de Nostradamus, la BNF n’en possédant aucun en propre (cf RCN pp. 62-77) Signalons aussi l’article de Robert Amadou -(RCN, p. 618) paru dans la revue L’Autre Monde (février 1986) « De Nostradamus au pape Pie IV.. Lettre ouverte ».
Abordons la présentation de 1906 qui met exergue des extraits qui selon nous, sont d’un autre style que la production annuelle habituelle de Nostradamus. On sort de la triplicité aquatique pour entrer dans la triplicité de feu, ce qui réfère à la théorie des grandes conjonctions de Jupiter et de Saturne, notamment exposée par Leovitius comme on peut le voir dans ce « Discours contre Cyprien Leovitius & autres modernes astrophiles, touchant la grande conjonction du monde, & des quatre Eclipses de Soleil » de Francesco Liberatil, imprimé à Paris & au Mans par Hierosme Olivier l’an 1576. Nostradamus pointe le milieu des années 1560. Rappelons que lui même décédera en 1566 alors mêmes que se précisent certaines échéances. D’ailleurs, les Significations de l’écliose de 1559 seraient déjà marquées par cette influence ( CORPUS NOSTRADAMUS 133 — par Patrice Guinard
Prédictions des Choses mémorables et Pronostication du Cercle solaire), RCN p. 30. Réimpression 1904)
Se pose la question de l’édition datée de 1556 des Prophéties d’Antoine Couillard Du Pavllon Les Lorriz, lequel publia en 1561 des Contreditz aux faulses & abusifves prophéties de Nostradamus & autres astrologues, Paris, Charles L’angelier. (RCN, p. 45) ouvrage où il est fait référence aux dires conjonctions. Selon nous, le texte daté de 1556 pourrait avoir été antidaté en s’inspirant de du pamphlet de 1561, d’où certains anachronismes à commencer par l’usage du mot Prophéties dès 1556. On notera que le nom de Nostradamus ne figure pas dans ce texte, ce qui montre que l’on s’attaque à un auteur bien reconnaissable, ce qui selon nous n’était pas encore le cas alors.. Parmi les étrangetés, (fol B II), cette parodie de la Préface à César figurant dans l »édition antidatée de 1555 des « Prophéties » du dit Nostradamus. on retrouve le meme procédé chez un Antoine Crespin (cf notre éditions Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus) dans ses Prophéties dédiées à la Puissance Divine (1572) que P. Brind’amour exploitera dans son édition de 1996 du volet daté de 1555 (Droz), lesquelles reproduisent sans citer leur source un grand nombre de versets figurant dans les éditions contrefaites (cf notre post doctorat 2007 sur ce point, Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle); On note l’instrumentalisatin d’imitateurs de Nostradamis en vue d’authentifier les fausses éditions et les Prophéties de Couillard datées de 1556 appartiennent au genre du pastiche. Tout le monde se trouve piégé : aussi bien ceux qui veulent situer les premières éditions en 1555 que ceux qui parlent d’éditions posthumes comme celle, prétendue, de 1568. Dans le même genre, on citera le texte de l’Androgyn Lyon, Michel Jove, 1570 ‘cf RCN pp; 95-97) attribué à Jean de Chevigny et qui renvoie à Dorat. Toute une production destinée à valider la thèse d’éditions du vivant de NOstradamus ou suivant de peu sa mort et qui égareront les chercheurs naifs.
On aura compris que pour nous, au cours des années 1560 -et en fait un peu avant- Nostradamus fut happé par la théorie apocalyptique des grandes conjonctions (d’Albumasar), ce qui le conduisit à une forme de prophétisme qui ne s’était pas révélée auparavant, et c’est ce qui le conduira à s’adresser au pape Pie IV. Autrement dit, dans les années qui précédèrent cette décennie, nostradamus ne se voulait point prophète. Rappelons que la Préface à César fait partie de ce corpus de contrefaçons puisqu’elle ouvre l’édition des « Prophéties » Lyon, Macé Bonhomme 1555 et est reprise en 1557 chez Antoine du Rosne. Double bévue donc des faussaires, quant aux pages de titre tant en ce qui concerne les vignettes que les intitulés des oeuvres, laquelle bévue n’aura pas été décelée, malgré nos avertissements, depuis plus de 20 ans par les prétendus « spécialistes -cf « .CORPUS NOSTRADAMUS 49 — par Patrice Guinard Les Prophéties d’Antoine Couillard (1556) : Une parodie des Prophéties de Nostradamus)
Revenons donc sur le « pastiche » de 1556 (cf sa reproduction http://www.propheties.it/1556-005%20Pavillon,%20Les%20Propheties/slides/1556-005-011.htm) avec au folio B II « un millier de ses autres folies. C’est évidemment une référence aux dix centuries de cent quatrains qui constitueront in fine le canon centurique. Or, il est clair qu’en 1556 on en était encore très loin puisque la formule des 10 centuries ne saurait être antérieure à 1568 pour les tenants de cette édition et au début des années 1590 pour les plus sceptiques dont nous sommes. A vouloir trop prouver…. Abordons à présent la question de la fortune de l’interpellation du pape par Nostradamus, telle que nous la restitue l’édition de 1906 du manuscrit. Sur la forme, il est clair qu’on assiste à un changement de statut de Nostradamus lequel met en avant des échéances dépassant largement le cadre annuel auquel il s ‘était tenu jusque là. L’erreur des faussaires est de ne pas avoir pris la mesure du tournant des années 1560 en le plaquant dès les années 1550, logeant tout ce qui leur tombait de nostradamique sous la main à la même enseigne, sans considération d’espace ni de temps..
Le quatrain 76 de la centurie VIII du second volet, ne se comprend ainsi que sur la base du manuscrit en question: « Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’avril naistra un de quelque grand Roy et monarque qui fera sa fin cruelle et sanguinolente (…)On le nommera MARCELLINUS (en majuscules ndlr)mais on ostera de son nom l »R’ » Ce qui donne ‘Plus Macelin que Roy en Angleterre (…) son temps s’approche » Marcelin sans R donne Macelin.rapproché de l’italien pour boucher. » Nostradamus est au moment de sa mort puissamment marqué par la théorie des conjonctions (cf édition 1906 p. 10) qui impressionnera dans les années 1580 jusqu’à un Jean Bodin dans un chapitre de sa République. Ce quatrain de la huitième centurie montre que le corpus prophétique de Nostradamus avait été exploité par ceux qui se chargèrent de la confection du second volet des Centuries – le camp favorable à l’avénement d’Henri de Navarre à la Couronne de France, selon la formule du Janus Gallicus (1594) En ce sens, l’on ne saurait affirmer que les Centuries ne relévent pas formellement d’une certaine façon de l’oeuvre de Nostradamus mais certainement pas de la période des années 1550. Tout comme les quatrains des almanachs, la prose de Nostradamus aura servi à nourrir un certain nombre de quatrains des Centuries.
(cf notre précédente étude sur Nofim: « Sur les derniers avis de Patrice Guinard quant au corpus Nostradamus »)
JHB 26 02 21
mercredi 24 février 2021
Jacques Halbronn Sur les derniers textes de Patrice Guinard quant au corpus Nostradamus
Sur les derniers textes de Patrice Guinard quant au corpus Nostradamus
Jacques Halbronn
Nous énumérons brièvement le réquisitoire concernant les fausses éditions antidatées. Les personnes intéressées à approfondir le sujet trouveront aisément toutes les références que nous évoquons, en cherchant sur Internet ou en se reportant au Répertoire Chronologiuque Nostradamique de R. Benazra dans la plupart des cas.
Argument de la mauvaise iconographie
Les faussaires en puisant dans la bibliothèque nostradamique à leur disposition ont confondu vraies et fausses éditions des pronostications. La vignette de couverture du Répertoire Chronologique Nostradamique -que nous avions fournie - est issue d'une édition pirate par Barbe Regnault – Pronostication nouvelle pour l'an 1562-et elle ressemble comme une goutte d'eau à l'édition antidatée de 1555 (cf le fac simile des Amis de Michel Nostradamus 1984) Dans notre quatrième de couverture du RCN nous écrivions : »La littérature nostradamique comporte (..)aussi bien l'oeuvre proprement dite de Nostradamus que celle de ses adversaires , incluant les imitateurs et les commentateurs de telle ou telle partie du corpus recensé »
Argument du chantier centurique
Il est connu que certaines éditions de la Ligue ont comporté plus de quatrains que d'autres, ce qui montre que nous avons affaire à un chantier en progrès (cf communication Verdun Saulnier 1997) C'est ainsi que Benazra dans le RCN (p 123) note « Il manque les quatrains 44, 45,46, 47 de la Centurie IV. Mais les éditions suivantes comporteront les dits textes y compris les éditions datées de 1555 et autres !!!! Comme par hasard, un des quatrains additionnels (IV, 46) comportait une mise en garde contre ce qui se passait à Tours à cette époque.
Argument de la fabrication des quatrains
Il ne semble pas que Guinard ait daigné tenir compte du travail de Chantal Liaroutzos concernant l'emprunt à la Guide des Chemins de France ( cf Réforme et Humanisme). Nostradamus se serait il amusé à recopier des pages de cet ouvrage ? C'est bien plutôt l'oeuvre de faussaires besogneux plagiant un ouvrage extérieur au domaine pour étoffer leur contrefaçon . On connait le procédé pour les Protocoles des Sages de Sion avec la récupération de Maurice Joly
La source des « présages »
Nous avons montré que ces quatrains des almanachs étaient une versification de textes en prose y figurant.
La source du quatrain « macelin »
Elle est à chercher dans un ouvrage prophétique de Nostradamus que Guinard ne mentionne pas et qui ne nous est connu que par un manuscrit réédité au début du Xxe siècle. Il s'agit là d'une versification du texte. Là encore, on voit mal Nostradamus s'amuser à une telle besogne.
Prédictions de l'almanach pour 1562
« Et ne veux rien mettre de l’an 1567 que dans le mois d’Avril naistra un (sic) de quelque grand Roy et monarque, qui fera sa fin cruelle et sanguinolente mais la ruine de son régne oncques ne fut pire ne plus sanguinaire. On le nommera MARCELLINUS mais on lui ostera de son nom l’R.’ »
Si on enlève, le R de Marcellinus, on arrive à macellinus, ce qui nous renvoie à « macelin », boucher, Ce qui est à rapprocher du quatrain VIII 76 : En latin, le macellum est le « marché aux viandes » Le quatrain ne restitue pas le jeu de mots et ne fait sens que par référence au texte en prose.
« Plus macelin que roi en Angleterre
Lieu obscur nay par force aura l’empire
Lasche sans foy, sans loy saignera terre
Son temps s’approche si pres que je souspire » -cf nos études sur propheties.it.
Nostradamus aurait il apprécié de telles fabrications ?
Guinard part du principe que la « critique nostradamique », selon la formule de notre post doctorat) s'en prend à la mémoire et à l'image de Nostradamus. Bien au contraire, il s'agit de nettoyer cette image ! Il y a là un énorme contre sens !
La référence à la bibliothèque de Nostradamus
Certaines éditions attestent du caractère posthumes des contrefaçons. Même les faussaires au départ ne soutenaient pas que les premières éditions des Centuries seraient parues du vivant de Nostradamus. Ce n'est que dans un deuxième temps que l'on aura basculé, en une sorte de surenchère vers cette position. Les premières fausses éditions posthumes n'ont pas été conservées.
Le second volet des Centuries
A l'évidence, il n'était pas connu sous la Ligue et il n'y est pas fait référence avant 1590. Le seul exemple d'une édition à 10 centuries est l'édition posthume de 1568 qui aurait donc été inutilisée par les éditions suivantes des 1588-89. Ce second volet ouvert par l'Epitre à Henri II (calquée sur celle parue en tête des Présages pour 1557 mais ne s'y référant pas!) nous semble appartenir au camp adverse de celui de la Ligue, celui dont la capitale était autour de Tours (visée à la Centurie IV) Par la suite, l'on aura réuni ces deux volets sous un seul et même volume, lesquels seront commentés dans le Janus Gallicus comme s'il s'agissait d'un ensemble d'un seul tenant (1594)
Le quatrain du couronnement d'Henri IV 1594
Ce quatrain IX, 86 comporte le mot Chartres car c'est là que ce couronnement eu lieu mais il se sert d'un des passages de la Guide des Chemins de France qui comportait le nom de « Castres », opportunément rendu par Chartres dans les Centuries. Rappelons que les rois de France sont généralement couronnés à Reims,inaccessible à l'époque sous le contrôle de la Ligue. Ce quatrain IX, 86 figure dans le second volet qui est le support du camp d'Henri de Navarre. On dispose donc d'un terminus pour ce quatrain qui ne saurait être antérieur à 1593 alors qu'il figure dans la fausse édition de 1568.
LA récupération d'imitateurs
Pour mener à bien leur entreprise, les éditeurs des contrefaçons auront puisé dans le corpus de ses imitateurs des quatrains de ses almanachs des années 1570 sans parler du cas de Morgard et de ses sixains ! On pense au cas Crespin dont s'est servi Brind'amour.
Conclusion : on ne se laissera pas impressionner par l'accumulation de références qui masquent mal les lacunes de ses positions. Quant à réfuter certaines de nos analyses liées à des événements des années 1588-1594 par la thèse selon laquelle certains quatrains auraient bien été prophétiques, c'est là un argument spécieux qui interdit toute approche critique sérieuse. On en arrive ainsi d'ailleurs à un proces d'intention selon lequel ceux qui usent de tels arguments viseraient à refuser la dimension prophétique de Nostradamus ! Or, si Nostradamus a été tenté à la fin de sa vie par le prophétisme, comme on peut le voir dans son Almanach ???, il ne semble pas qu'il ait le moins du monde souhaité s'exprimer par le biais de quatrains ! Même les quatrains de ses almanachs n'ont même pas été son œuvre mais celle de quelque versificateur. Nostradamus, en effet, voulait en bon médecin astrologue, asseoir son discours sur des données astronomiques avérées et sur une certaine chronologies clairement exposée. En en faisant un vaticinateur inspiré (cf les premiers quatrains de la Centurie I) c'est bien là que l'on trahit sa mémoire !
Bibliographie
Jacques Halbronn, éditeur du Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra, 1990
Jacques Halbronn
1991 Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561 … in revue Réforme et Humanisme
Astrologie et Prophétie. Merveilles sans images L'appareil iconographque dans la littérature divinatoire française au XVIe siècle. Ed. Bibliothèque Nationale 1993
Les Prophéties et la Ligue in Prophétes et prophéties, Journées Verdun Saulnier Presses de l'Ecole Normale Supérieure 1998
Le texte prophétique en France.Formation et fortune, 1999 (thèse d'Etat)
Le dominicain Giffré de Rechac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle 2007 « post doctorat)
Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus. 2002
2003 Etudes sur le site Espace Nostradamus de R. Benazra
Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique Revue Française d'Histoire du livre 2011
2012 sur le site propheties. it. de Mario Gregorio.
2017 Dernières avancées de la critique nostradamique sur le site editions grande conjonction blogspot. com
JHB
24. 02. 21
mardi 23 février 2021
Jacques Halbronn sur le catalogue des thèses universitaires relatives à l’astrologie par Patrice Guinard
Jacques Halbronn sur le catalogue des thèses universitaires relatives à l’astrologie par Patrice Guinard paru sur son propre site du CURA qu’il avait donc l’occasion de compléter et de corriger » « L’astrologie (et l’épi-astrologie) à l’université: Un siècle de thèses doctorales »/
Sa dernière recension remonte à 2004:
2004 HAYTON Darin: Astrologers and astrology in Vienna during the era of Emperor Maximilian I (1493-1519), University of Notre Dame
En guise de préambule nous dirons que la constitution d’un ensemble ayant vocation exhaustive – bibliographie, catalogue, guide, répertoire est le lieu de certaines tentations abusives, de ressentiments, aboutissant à ne pas mentionner certains travaux, attitude d’autant plus trouble que le lecteur aura été mis en condition de croire à une telle exhaustivité affichée. En ce sens, on pourrait parler d’abus de confiance.
On commencera donc par signalés dans ce catalogue d’étranges omissions nous concernant.. Certes, Guinard mentionne -t-il notre thèse soutenue en 1979
1979 HALBRONN Jacques: La problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen Age espagnol, Université de Paris III. Ce disciple de Georges Vajda a fait paraître sa thèse en 1985 sous le titre Le monde juif et l’astrologie (Milano, Archè).
Il reste qu’on dénombre pas moins de quatre absences d’importances diverses.
Guinard arguera peut être qu’il ne s’agit pas dans deux cas d’une thèse mais d’un DEA ou DESS et dans les deux autres que cela traite surtout du prophétisme, oubliant – alors que c’est un domaine qu’il aura longuement exploré- que Nostradamus est un médecin astrologue tout comme son comtemporain Auger Ferrier auquel nous avons consacré un DEA qu’il ne mentionne pas. . 1981 « La traduction anglaise des « Jugements astronomiques sur les … d’Auger Ferrier« , Mémoire de DEA, Departement Anglais, Université Lille III, « ?Or, on trouve dans son catalogue pour 1984 son propre » Le temps cyclique astral », D.E.A., Université de Paris I, Département de Philosophie (dir. Jacques Bouveresse) Deux poids, deux mesures. En 1993, Guinard avait lui même soutenu à Paris L’astrologie : Fondements, Logique et Perspectives, Université de Paris I, Département de Philosophie (dir. Françoise Bonardel) On peut donc dire qu’il était personnellement impliqué.
Or, en janvier 1999, donc dans la période que Guinard prétend couvrir, nous avons soutenu puis publié une thèse d’Etat, à Paris X Nanterre, Le texte prophétique en France. Formation et fortune. Editions Universitaires du Septentrion. – en outre sur microfiches dans les bibliothèques universitaires- Or Guinard ne mentionne-t-il pas pas moins de six thèses impliquant le prophétisme comme il ressort de la mention qu’il en donne et des publications qui en découlent?
1955 KURZE Dietrich: Johannes Lichtenberger, Universität Berlin
=> Un aperçu de ce travail est paru en traduction anglaise : « Popular astrology and prophecy in the fifteenth and sixteenth centuries : Johannes Lichtenberger » (in Paola Zambelli (éd), ‘Astrologi hallucinati’, Walter de Gruyter, Berlin & New York, 1986
1980 BARNES Robin: Prophecy and the Eschaton in Lutheran Germany (1530-1630), University of Virginia (DAO
1987 * CURRY Patrick Murphy: The decline of astrology in early modern England (1642-1800), University College of London
=> Son ouvrage, Prophecy and power, est paru chez Polity Press à Cambridge (UK) en 1989.
1988 GENEVA Ann: England’s propheticall Merline decoded : A study of the symbolic art of astrology in seventeenth century England, State University of New York, Stony Brook Thèse en partie reprise dans son ouvrage, Astrology & the seventeenth century mind (Berkeley, 1993; Manchester University Press, 1995).
1991 * SMOLLER Laura: History, prophecy, and the stars : The christian astrology of Pierre D’Ailly (1350-1420), Harvard University
=> La thèse de référence sur le cardinal de Cambrai. L’ouvrage est paru en 1994 (Princeton University Press, New Jersey).
1994 DRÉVILLON Hervé: Lire et écrire l’avenir. Astrologie, prophéties et prédictions dans la France du 17è siècle (1610-1715), École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris (parue chez Champvallon en 1996 n. d. l. r.)
Par ailleurs s, Guinard signale aussi une thèse sur la divination:
1989 GOURDAIN Christian: Le Tao de la divination. Le dieu structural et la théologie de l’unification, Université de Nice
Qu’est ce qui peut donc justifier, expliquer un tel oubli ou une telle omission.
Dans cet ensemble de trois tomes , soit plus de 1350 pages, on trouve en effet plusieurs développements relatifs à l’astrologie
Tome I sur Pierre d’Ailly et 1789 L’attente de l’ère du Verseau. Le Zodiaque de Dendérah
Tome II sur L’astrologie savante sous Louis XIV avec notamment le procés du Fatum Universi d’Yves de Paris alias Alliacus Le répérage astrologico -astronomique. avec des développements importants sur Lichtenberger, qui recoupent la thèse de Kurze citée par Guinard pour 1955..
Tomz III sur l’astrologie des bergers Statut de l’astrologie dans la Préface à César I Almanachs et pronostication Le recours au langage astrologique
Nous pourrions aussi nous étonner de ne pas voir mentionné notre Post doctorat soutenu en 2007 à l’EPHE Ve section et on ne voit pas pourquoi Guinard n’aurait pas poursuivi sa recension jusqu’en 2007, ce qui date quand même de plus de 13 ans! Ce travail s’intitule le Dominicain Giffré de Réchac (1604-1660) et la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle. (sur plus de 700 pages); Dans le jury figurait Hervé Drévillon dont Guinard signale la thèse
Lire et écrire l’avenir. Astrologie, prophéties et prédictions dans la France du 17è siècle (1610-1715), École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris
Or, le nom de NOstradamus, on l’a dit, est un sujet très sensible pour Guinard. et à propos duquel il aura polémiqué avec nous avec une cetaine hargne. Dans une autre recension L4astrologie française au XXe sièvlen Guinard écrit dans notre norice;
» C’est ainsi que son récent canular relatif aux centuries de Nostradamus (qui auraient été fabriquées par des faussaires du XVIIe siècle) ne peut se développer qu’en s’adressant à des interlocuteurs qui ignorent presque tout des premières éditions. Halbronn en est ainsi amené à s’adresser à un public de moins en moins mûr pour asseoir des spéculations farfelues qui relèvent essentiellement de la mystification. » Est-ce pour cette raison que Guinard n’aura mentionné ni notre doctorat d’Etat de 1999 ni notre post doctorat de 2007? Il est vrai que dans cette même notice, il critique la bibliographie de notre article « Astrologie » dans l’Encyclopaedia Universalis mais cet article n’avait aucune prétention à une quelconque recension comme nous avons pu le vouloir dans notre CATAF, Catalogue alphabétique des Textes Astrologique Français -(1999) ou dans notre répertoire des historiens de l’Astrologie (1984)
On s’étonnera de l’absence dans la recension de Guinard de la mention de la thèse d’Etat soutenue en 1ç45-46 à l’Université de Rennes de Julien Eymard d’Angers (alias lr R. P. Charles Chesneau) Le Père Yves de Paris et son temps (1590-1678) / qui traite de l’auteur d e traités d’astrologie.(Fatum Universi etc), un auteur auquel nous avons consacré une certaine attendtion dans notre thèse d’Etat.
Signalons aussi en 1097, la soutenance de Magix and Divination at the Court of Birgundy and France. Test and Context of LAurens Pignon Contre les devineurs (1411 de Jan Riepke Veenstra,, Univetrsité Royale de Groningue. , éditée chez Brill.
Quant au quatrième mémoire universitaire oublié par Guinard, il s’agit d’un DESS de 1995 « Le milieu astrologique. Ses structures et ses membres »,dont une partie paru aux ed O. Laurens, en 1997 sous le titre « Le guide astrologique » qui fut repris sur le site du dit Guinard. On ne nous a pas, depuis, à notre connaissance, reproché d’omissions douteuses. Notons que plusieurs des thèses qu’il mentionne lui ont été transmises dans le cadre de la Bibliotheca Astrologica que nous dirigeons.
JHB*23 02 21
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