Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mardi 1 août 2023
Jacques Halbronn Autour de l’Enquéte de Thomas Römer sur la Sortie d’Egypte
Jacques Halbronn Autour de l’Enquéte de Thomas Römer sur la Sortie d’Egypte
La lecture de ce travail datant de 2015 fait apparaitre des forces et des faiblesses dans la méhodologie de Römer (né en 1955) au regard de nos avancées actuelles, ce qui en fait un ouvrage daté, dépassé. Certes, (Chaire du Milieu Biblique au Collége de France depuis 2007) prend il bonne note des interferences successives. Dans l’introduction, l’on nous parle d’ »archéologie textuelle », d »"énigme policière » à résoudre. IL reconnait que « les contradictions et les doublons s’y détéctent facilement » qui seraient la preuve selon lui qu’il ne saurait s’agir d’un seul auteur. Dont acte.
Sa « Conclusion » (pp 263 et seq) rappelle qu’« après 722, les traditions de l’exode arrivent à Jérusalem où les scribes du roi Josias rédigent une « vie de Moise (…)Après la destruction de Jérusalem en -587 la déportation de l’intelligentisa judéenne à Babylone, l’histoire de Moise est doublement revisitée (..) Vers le milieu de l’époque perse, les versions deutéronomisres et sacerdotale ont été combinées par des rédacteurs etc ». Certes; Römer prend il le relais de la critique biblique autour de la diversité des versions et des rédacteurs. IIl est certes tentant de comparer les diverses versions de tel ou tel épisode (cf notre Monde Juif et l’astrologie,Histoire d’un vieux couple.Ed Arché, 1985, thèse dirigée par Georges Vajda). Sauf erreur de notre part, Römer manque à signaler que deux courants s’opposent, celui qui tourne autour d’ELohim et d’Adam (Genése I) et celui qui s’articule sur Yahwé et Moïse.(Exode III), celui qui se référe aux « Benei Adam » et celui qui met au centre du récit les « Benei Israel ». Encore eut-il fallu accorder l’importance qu’il mérite au Livre de l’Ecclésiaste qui fait pendant en quelque sorte à celui de l’Exode. La mise en vis à vis des deux documents est frappante et semble ne pas avoir concerné Thomas Römer. En fait, Römer n’insiste-t-il pas outre mesure sur l »idée que l’ AncienTestament serait une compilation dans laquelle on se perd? Selon nous, la coexistence de ces deux textes ne plaide aucunement ne faveur de l’idée de compilation tant chacun de ces textes est spécifique. Tout se passe en fait comme si le canon ainsi constitué aurait réuni des textes extrémement différents sans souci de les harmoniser aucunement. On ne saurait donc supposer un dessein d’édiiton visant à une certaine cohérence!
Certes,le propos de Romer se concentre-t-il sur le seul Livre de l’Exode mais cela ne saurait excuser un certain manque de perspective : Le Livre de l’Exode fait partie de ce qu’il faut bien appeler une Anthologie qui, dans l’ensemble, ne craint pas, ne se soucie guère de faire cohabiter des discours paralléles et en quelque sorte alternatifs, ce qui ne peut que sourire à l’historien lequel dispose ainsi de documents ayant préservé leurs spécificités respectives.Cela dit, dans le cas du Livre de le Genése, le mélange est flagrant et en ce sens, la Genése fonctionne autrement que l’Exode, et nous avons montré l’impact du binome Yahwé Elohim dans les chapitres II à IV. Et il ne nous a pas semble que Rômer avait accordé l’importance que méritait une telle combinatoire, du coup des plus syncrétiques et que l’on retrouve dans les formes « Yahvé Elohénou » (du Ecoute Israel)Autrement dit, Romer ne signale pas suffisamment l’étanchiéité au sein de cette « anthologie » mais ne s’arrête non plus sur la dite combinatoire des deux noms de divinité, celle-ci étant occultée par les traductions qui rendent par un étrange « Eternel Dieu » ou pire l’Eternel, notre Dieu, ce qui conduit à l’affirmation du « Ehad » dans le dit Shema Israel.
En tout état de cause, on note deux versions de l’édit de Cyrus décrétant le retour des Juifs de Babylone vers leur terre ancestrale, Isaie 45 et Ezra. Et l’on voit à quel point le Deutédro Isaie substitue les Israélites aux Judéens mais cela n’empêche pas que les deux versions cohabitent au sein du Tanakh; comme si de rien n »était. On peut certes s’interroger sur les raisons présidant à un tel statu quo mais les faits sont là. Certes, par la grâce de l’herméneutique, les commentateurs croient ils tout pouvoir concilier ne serait ce qu’au prix d’une synonymie faisant d’Israel et de Juda des synonymes.
Par ailleurs, on ne peut tout à fait exclure que le « mauvais « exemple aura été donné par les Juifs eux mêmes qui sont les premiers à affurmer l’unité du Pentateuque, du fait de leur récitation annuelle (par péricope/paracha). Car si les Juifs eux mêmes ne se sont pas alertés de cette double théologie, on ne devrait pas être plus royaliste que le roi, n’est ce pas?
JHB 01 08 23
lundi 31 juillet 2023
jacques halbronn Le Livre de L'Ecclésiaste comme fondement de la théologie de la maison de Juda. Fils d'Adam versus Fils d'Israel. l'Exode calque du Qohélet. Yahwé contre Elohim
jacques halbronn Le Livre de L'Ecclésiaste comme fondement de la théologie de la maison de Juda. Fils d'Adam versus Fils d'Israel. l'Exode calque du Qohélet Yahwé contre Elohim
/Selon nous, ll n'est pas de meilleur exposé de la théologie juive telle que nous l'entendons que ce livre qui fait partie intégrante de l'Ancien Testament. Il y a là une dimension cyclique parfaitement assumée avec l'idée de récurrence (rien de nouveau sous le Soleil), celle de rassembleur ( Kohélet). Mais la notion même de vanité (Hevel) vise tous ceux qui voudraient rivaliser avec la création divine.
Ecclésiaste Ch. I
א דִּבְרֵי קֹהֶלֶת בֶּן-דָּוִד, מֶלֶךְ בִּירוּשָׁלִָם. 1 Paroles de Kohélet, fils de David, roi à Jérusalem.
ב הֲבֵל הֲבָלִים אָמַר קֹהֶלֶת, הֲבֵל הֲבָלִים הַכֹּל הָבֶל. 2 Vanité des vanités, a dit Kohélet, vanité des vanités; tout est vanité!
ג מַה-יִּתְרוֹן, לָאָדָם: בְּכָל-עֲמָלוֹ--שֶׁיַּעֲמֹל, תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ. 3 Quel profit tire l'homme de tout le mal qu'il se donne sous le soleil?
Il nous apparait que le Livre de l'Exode est un calque du Livre de l'Ecclésiaste tout comme le chapitre 45 de l'Ecclésiaste concernant Cyrus est un calque du Livre d' Esdras 1.1-11) On a un paralléle entre Elohim faisant alliance avec les fils d'Adam et Yahvé faisant alliance avec les fils d'Israel (alias Jacob) Dans son Enquéte, il est dommage que Thomas Römer n'ait pas su relier le Livre de l'Exode avec celui de l'Ecclésiaste (Moise en version originale. Enquéte sur le récit de la Sortie d'Egypte (Ed Bayard 2015).
Au niveau lexical, on ne trouve trace dans l'Ecclésiaste du nom "Yahvé", ce qui le rapproche du premier chapitre de la Genése avec lequel il est en parfaite harmonie: Il parle des Benéi Adam et non des Beney Israel et en ce sens, l'Ecclésiaste serait l'antidote du livre de l'Exode lequel traite de Yahvé et des Enfants d'Israel.
La seule fausse note est la référence à Israel - "Roi d'Israel""!! - tout en se référant à Jérusalem.
Chapitre I
ב אֲנִי קֹהֶלֶת, הָיִיתִי מֶלֶךְ עַל-יִשְׂרָאֵל--בִּירוּשָׁלִָם. 12 Moi, Kohélet, je suis devenu roi d'Israël, à Jérusalem.
On montrera que le Livre de l'Exode a remplacé le lien entre Elohim et les Fils d'Adam par un lien entre Yahvé et les Fils d'Israel.
Ecclésiaste III
ט כִּי מִקְרֶה בְנֵי-הָאָדָם וּמִקְרֶה הַבְּהֵמָה, וּמִקְרֶה אֶחָד לָהֶם--כְּמוֹת זֶה כֵּן מוֹת זֶה, וְרוּחַ אֶחָד לַכֹּל; וּמוֹתַר הָאָדָם מִן-הַבְּהֵמָה אָיִן, כִּי הַכֹּל הָבֶל. 19 Car telle la destinée des fils d'Adam, telle la destinée des animaux; leur condition est la même, la mort des uns est comme la mort des autres; un même souffle les anime: la supériorité de l'homme sur l'animal est nulle, car tout est vanité.
כ הַכֹּל הוֹלֵךְ, אֶל-מָקוֹם אֶחָד; הַכֹּל הָיָה מִן-הֶעָפָר, וְהַכֹּל שָׁב אֶל-הֶעָפָר. 20 Tout aboutit au même endroit: tout est venu de la poussière et tout retourne à la poussière.
כא מִי יוֹדֵעַ, רוּחַ בְּנֵי הָאָדָם--הָעֹלָה הִיא, לְמָעְלָה; וְרוּחַ, הַבְּהֵמָה--הַיֹּרֶדֶת הִיא, לְמַטָּה לָאָרֶץ. 21 Qui peut savoir si le souffle des fils d'Adam monte en haut, tandis que le souffle des animaux descend en bas, vers la terre?
Eoode III
יג וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל-הָאֱלֹהִים, הִנֵּה אָנֹכִי בָא אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתִּי לָהֶם, אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵיכֶם שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם; וְאָמְרוּ-לִי מַה-שְּׁמוֹ, מָה אֹמַר אֲלֵהֶם. 13 Moïse dit à Dieu (Elohim): "Or, je vais trouver les enfants d'Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m'envoie vers vous... S'ils me disent: Quel est son nom? que leur dirai-je?"
יד וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים אֶל-מֹשֶׁה, אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה; וַיֹּאמֶר, כֹּה תֹאמַר לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל, אֶהְיֶה, שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם. 14 Dieu répondit à Moïse: "Je suis l'Être invariable!" Et il ajouta: "Ainsi parleras-tu aux enfants d'Israël: C'est l'Être invariable qui m'a délégué auprès de vous."
1 Il y a un temps pour tout, et chaque chose a son heure sous le ciel.
א לַכֹּל, זְמָן; וְעֵת לְכָל-חֵפֶץ, תַּחַת הַשָּׁמָיִם. {פ}
ב עֵת לָלֶדֶת, וְעֵת לָמוּת;
עֵת לָטַעַת, וְעֵת לַעֲקוֹר נָטוּעַ. 2 Il est un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour déraciner ce qui était planté;
ג עֵת לַהֲרוֹג וְעֵת לִרְפּוֹא,
עֵת לִפְרוֹץ וְעֵת לִבְנוֹת. 3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour bâtir;
ד עֵת לִבְכּוֹת וְעֵת לִשְׂחוֹק,
עֵת סְפוֹד וְעֵת רְקוֹד. 4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser;
ה עֵת לְהַשְׁלִיךְ אֲבָנִים, וְעֵת כְּנוֹס אֲבָנִים;
עֵת לַחֲבוֹק, וְעֵת לִרְחֹק מֵחַבֵּק. 5 un temps pour jeter des pierres et un temps pour ramasser des pierres, un temps pour embrasser et un temps pour repousser les caresses;
ו עֵת לְבַקֵּשׁ וְעֵת לְאַבֵּד,
עֵת לִשְׁמוֹר וְעֵת לְהַשְׁלִיךְ. 6 un temps pour chercher [ce qui est perdu] et un temps pour perdre, un temps pour conserver et un temps pour dissiper;
ז עֵת לִקְרוֹעַ וְעֵת לִתְפּוֹר,
עֵת לַחֲשׁוֹת וְעֵת לְדַבֵּר. 7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler;
ח עֵת לֶאֱהֹב וְעֵת לִשְׂנֹא,
עֵת מִלְחָמָה וְעֵת שָׁלוֹם. {פ} 8 un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix.
ט מַה-יִּתְרוֹן, הָעוֹשֶׂה, בַּאֲשֶׁר, הוּא עָמֵל. 9 Quel avantage tire le travailleur de la peine qu'il se donne?
י רָאִיתִי אֶת-הָעִנְיָן, אֲשֶׁר נָתַן אֱלֹהִים לִבְנֵי הָאָדָם--לַעֲנוֹת בּוֹ. 10 J'ai observé la besogne que Dieu (Elohim) a assignée aux fils d'Adam (Benei haAdam) pour se fatiguer en efforts.
יא אֶת-הַכֹּל עָשָׂה, יָפֶה בְעִתּוֹ; גַּם אֶת-הָעֹלָם, נָתַן בְּלִבָּם--מִבְּלִי אֲשֶׁר לֹא-יִמְצָא הָאָדָם אֶת-הַמַּעֲשֶׂה אֲשֶׁר-עָשָׂה הָאֱלֹהִים, מֵרֹאשׁ וְעַד-סוֹף. Nous reproduisons ci dessous un article de 2022 à mettre en paralléle avec celui -ci." La double lecture de l’édit de Cyrus, celle des Judéens revue par les Israélites (Beney Israel)" Si l’on voulait une preuve flagrante de la manipulation du texte biblique par les ressortissants du Royaume sécessioniste d’Israel, il convient de lire le Deutéro Isaïe, postérieur au Retour de Bablylone des Judéens alors que le Royaume d’Israel avait été anéanti par les Assyriens au VIIIe siècle, donc bien avant la » Captivité de Babylone ». Cela atteste de la perpétuation de la cause des Beney Israel des siècles durant. Le « texte » biblique nous fournit en effet deux versions de l’Edit de Cyrus, l’une sur le mode judéen, l’autre sur le mode israélite. C’est dans une addition au Livre d’Isaie – désignée sous le terme de « Deutéro Isaie » que l’on trouve un document assez étonnant et que seule la confusion entre les deux « partis » a pu faire négliger lorsque l’on considére Juifs et Israel comme des synonymes. Mais la Bible ne nous fournit pas moins une autre version laquelle correspond, quant à elle, à la vérité historique concernant la portée de l’Edit de l’empereur de Perse, Cyrus. C’est à la toute fin de l’Ancien Testament, donc du troisiéme volet, dit des Hagiographes, que notre document figure:
Edit de Cyrus
( Livre d’Esdras 1.1-11)
Le texte du Livre d'Ezra est hybride, il se référe tantot à Elohim et tantôt à Yahwé!
כֹּה-אָמַר יְהוָה, לִמְשִׁיחוֹ לְכוֹרֶשׁ אֲשֶׁר-הֶחֱזַקְתִּי בִימִינוֹ לְרַד-לְפָנָיו גּוֹיִם, וּמָתְנֵי מְלָכִים, אֲפַתֵּחַ–לִפְתֹּחַ לְפָנָיו דְּלָתַיִם, וּשְׁעָרִים לֹא יִסָּגֵרוּ. 1 Ainsi parle Yahwé à son Oint (Mashiho), à Cyrus je l’ai pris par la main pour mettre les nations à ses pieds et délier les ceintures des rois, pour ouvrir devant lui les battants et empêcher que les portes lui soient fermées
Le verset 4 d’Isaie 45 renvoie explicitement à « Jacob-Israel »
לְמַעַן עַבְדִּי יַעֲקֹב, וְיִשְׂרָאֵל בְּחִירִי; וָאֶקְרָא לְךָ בִּשְׁמֶךָ, אֲכַנְּךָ וְלֹא יְדַעְתָּנִי. 4 C’est en faveur de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, que je t’ai appelé par ton nom, que je t’ai décerné un titre, bien que tu ne me connusses pas.
ט לֹא בַסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי, בִּמְקוֹם אֶרֶץ חֹשֶׁךְ–לֹא אָמַרְתִּי לְזֶרַע יַעֲקֹב, תֹּהוּ בַקְּשׁוּנִי; אֲנִי יְהוָה דֹּבֵר צֶדֶק, מַגִּיד מֵישָׁרִים. 19 Ce n’est pas en secret que j’ai parlé, dans un lieu obscur de la terre; je n’ai point dit aux enfants de Jacob (Israel): Recherchez-moi dans la solitude! Moi, Yahvé, je dis ce qui est juste, j’annonce ce qui est vrai.
On trouve dans ce chapitre 45 des références au premier chapitre de la Genése lequel est selon nous, à l’instar des 4 premiers chapitres, d’inspiration Israelite
verset 12:
ב אָנֹכִי עָשִׂיתִי אֶרֶץ, וְאָדָם עָלֶיהָ בָרָאתִי; אֲנִי, יָדַי נָטוּ שָׁמַיִם, וְכָל-צְבָאָם, צִוֵּיתִי. 12 C’est pourtant moi qui ai fait (Assiti) la terre(Eretz) et créé (bariti) Adam sur elle, c’est moi dont les mains ont déployé les cieux (Shamayim), et qui ai mis en rang toute leur armée »
verset 18 Car ainsi parle Yahwé, le Créateur des cieux ce Dieu qui a formé, façonné la terre, qui l’a affermie, qui l’a créée non pour demeurer déserte mais pour être habitée : « Je suis Yahwé, et il n’en est pas d’autre.
Dans Genése I, l’on trouve le même verbe hébreu pour créer: (bara) ainsi que Assa, faire,utilisés à propos d’Adam dans Isaie 45 et la Terre (Eretz) et le Ciel. (Shamaym) On y parle dans les deux cas de la « lumière » et des ténébres avec la même terminologie
יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע; אֲנִי יְהוָה, עֹשֶׂה כָל-אֵלֶּה. {פ} 7 Je forme la lumière (Or) et crée les ténèbres (Hoshekh), j’établis la paix et suis l’auteur du mal: moi Yahwé, je fais tout cela. »
Genése I, 1
La Genèse – Chapitre 1 - בְּרֵאשִׁית
א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 1 Au commencement, Dieu-Elohim créa(Bara) le ciel et la terre.
ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם. 2 Or la terre n’était que solitude et chaos; des ténèbres (hoshekh) couvraient la face de l’abîme, et le souffle de Dieu-Elohim planait à la surface des eaux.
ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר. 3 Dieu Elohim dit: « Que la lumière (Or) soit! » Et la lumière fut.
ד וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ. 4 Dieu Elohim considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres.
ה וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד. {פ} 5 Dieu-Elohim appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir, il fut matin, un jour.
ו וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי רָקִיעַ בְּתוֹךְ הַמָּיִם, וִיהִי מַבְדִּיל, בֵּין מַיִם לָמָיִם. 6 Dieu Elohim dit: « Qu’un espace s’étende au milieu des eaux, et forme une barrière entre les unes et les autres. »
ז וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים, אֶת-הָרָקִיעַ, וַיַּבְדֵּל בֵּין הַמַּיִם אֲשֶׁר מִתַּחַת לָרָקִיעַ, וּבֵין הַמַּיִם אֲשֶׁר מֵעַל לָרָקִיעַ; וַיְהִי-כֵן. 7 Dieu Elohim fit l’espace, opéra une séparation entre les eaux qui sont au-dessous et les eaux qui sont au-dessus, et cela demeura ainsi.
ח וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָרָקִיעַ, שָׁמָיִם; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם שֵׁנִי. {פ} 8 Dieu Elohim nomma cet espace le Ciel. Le soir se fit, le matin se fit, – second jour.
ט וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יִקָּווּ הַמַּיִם מִתַּחַת הַשָּׁמַיִם אֶל-מָקוֹם אֶחָד, וְתֵרָאֶה, הַיַּבָּשָׁה; וַיְהִי-כֵן. 9 Dieu -Elohim dit: « Que les eaux répandues sous le ciel se réunissent sur un même point, et que le sol apparaisse. » Cela s’accomplit.
י וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לַיַּבָּשָׁה אֶרֶץ, וּלְמִקְוֵה הַמַּיִם קָרָא יַמִּים; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב. 10 Dieu -Elohim nomma le sol la Terre, et l’agglomération des eaux, il la nomma les Mers. Et Dieu (Elohim considéra que c’était bien.
יא וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תַּדְשֵׁא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע, עֵץ פְּרִי עֹשֶׂה פְּרִי לְמִינוֹ, אֲשֶׁר זַרְעוֹ-בוֹ עַל-הָאָרֶץ; וַיְהִי-כֵן. 11 Dieu -Elohim dit: « Que la terre produise des végétaux, savoir: des herbes renfermant une semence; des arbres fruitiers portant, selon leur espèce, un fruit qui perpétue sa semence sur la terre. » Et cela s’accomplit.
יב וַתּוֹצֵא הָאָרֶץ דֶּשֶׁא עֵשֶׂב מַזְרִיעַ זֶרַע, לְמִינֵהוּ, וְעֵץ עֹשֶׂה-פְּרִי אֲשֶׁר זַרְעוֹ-בוֹ, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב. 12 La terre donna naissance aux végétaux: aux herbes qui développent leur semence selon leur espèce, et aux arbres portant, selon leur espèce, un fruit qui renferme sa semence. Et Dieu considéra que c’était bien.
יג וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם שְׁלִישִׁי. {פ} 13 Le soir se fit, le matin se fit, – troisième jour.
יד וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי מְאֹרֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמַיִם, לְהַבְדִּיל, בֵּין הַיּוֹם וּבֵין הַלָּיְלָה; וְהָיוּ לְאֹתֹת וּלְמוֹעֲדִים, וּלְיָמִים וְשָׁנִים. 14 Dieu -Elohim) dit: « Que des corps lumineux apparaissent dans l’espace des cieux, pour distinguer entre le jour et la nuit; ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours, pour les années;
טו וְהָיוּ לִמְאוֹרֹת בִּרְקִיעַ הַשָּׁמַיִם, לְהָאִיר עַל-הָאָרֶץ; וַיְהִי-כֵן. 15 et ils serviront de luminaires, dans l’espace céleste, pour éclairer la terre. » Et cela s’accomplit.
טז וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים, אֶת-שְׁנֵי הַמְּאֹרֹת הַגְּדֹלִים: אֶת-הַמָּאוֹר הַגָּדֹל, לְמֶמְשֶׁלֶת הַיּוֹם, וְאֶת-הַמָּאוֹר הַקָּטֹן לְמֶמְשֶׁלֶת הַלַּיְלָה, וְאֵת הַכּוֹכָבִים. 16 Dieu (Elohim fit(Yaassé) les deux grands luminaires: le plus grand luminaire pour la royauté du jour, le plus petit luminaire pour la royauté de la nuit, et aussi les étoiles.
יז וַיִּתֵּן אֹתָם אֱלֹהִים, בִּרְקִיעַ הַשָּׁמָיִם, לְהָאִיר, עַל-הָאָרֶץ. 17 Et Dieu (Elohim) les plaça dans l’espace céleste pour rayonner sur la terre;
יח וְלִמְשֹׁל, בַּיּוֹם וּבַלַּיְלָה, וּלְהַבְדִּיל, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב. 18 pour régner le jour et la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres. Dieu (Elohim) considéra que c’était bien.
יט וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם רְבִיעִי. {פ} 19 Le soir se fit, le matin se fit, – quatrième jour.
כ וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים–יִשְׁרְצוּ הַמַּיִם, שֶׁרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה; וְעוֹף יְעוֹפֵף עַל-הָאָרֶץ, עַל-פְּנֵי רְקִיעַ הַשָּׁמָיִם. 20 Dieu(Elohim) dit: « Que les eaux fourmillent d’une multitude animée, vivante; et que des oiseaux volent au dessus de ta terre, à travers l’espace des cieux. »
כא וַיִּבְרָא אֱלֹהִים, אֶת-הַתַּנִּינִם הַגְּדֹלִים; וְאֵת כָּל-נֶפֶשׁ הַחַיָּה הָרֹמֶשֶׂת אֲשֶׁר שָׁרְצוּ הַמַּיִם לְמִינֵהֶם, וְאֵת כָּל-עוֹף כָּנָף לְמִינֵהוּ, וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב. 21 Dieu(Elohim) créa(Vayivra) les cétacés énormes, et tous les êtres animés qui se meuvent dans les eaux, où ils pullulèrent selon leurs espèces, puis tout ce qui vole au moyen d’ailes, selon son espèce; et Dieu considéra que c’était bien.
כב וַיְבָרֶךְ אֹתָם אֱלֹהִים, לֵאמֹר: פְּרוּ וּרְבוּ, וּמִלְאוּ אֶת-הַמַּיִם בַּיַּמִּים, וְהָעוֹף, יִרֶב בָּאָרֶץ. 22 Dieu -Elohim) les bénit en disant: Croissez et multipliez remplissez les eaux, habitants des mers oiseaux, multipliez sur la terre! »
כג וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם חֲמִישִׁי. {פ} 23 Le soir se fit, le matin se fit, – cinquième jour.
כד וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, תּוֹצֵא הָאָרֶץ נֶפֶשׁ חַיָּה לְמִינָהּ, בְּהֵמָה וָרֶמֶשׂ וְחַיְתוֹ-אֶרֶץ, לְמִינָהּ; וַיְהִי-כֵן. 24 Dieu-Elohim dit: « Que la terre produise des êtres animés selon leurs espèces: bétail, reptiles, bêtes sauvages de chaque sorte. » Et cela s’accomplit.
כה וַיַּעַשׂ אֱלֹהִים אֶת-חַיַּת הָאָרֶץ לְמִינָהּ, וְאֶת-הַבְּהֵמָה לְמִינָהּ, וְאֵת כָּל-רֶמֶשׂ הָאֲדָמָה, לְמִינֵהוּ; וַיַּרְא אֱלֹהִים, כִּי-טוֹב. 25 Dieu (Elohim) forma (Vayass) les bêtes sauvages selon leurs espèces, de même les animaux qui paissent, de même ceux qui rampent sur le sol. Et Dieu considéra que c’était bien.
כו וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ; וְיִרְדּוּ בִדְגַת הַיָּם וּבְעוֹף הַשָּׁמַיִם, וּבַבְּהֵמָה וּבְכָל-הָאָרֶץ, וּבְכָל-הָרֶמֶשׂ, הָרֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ. 26 Elohim dit: « Faisons (naassé) l’homme (Adam) à notre image, à notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail; enfin sur toute la terre, et sur tous les êtres qui s’y meuvent. »
כז וַיִּבְרָא אֱלֹהִים אֶת-הָאָדָם בְּצַלְמוֹ, בְּצֶלֶם אֱלֹהִים בָּרָא אֹתוֹ: זָכָר וּנְקֵבָה, בָּרָא אֹתָם. 27 Dieu (Elohim) créa (Vayivra) l’homme (haAdam) à son image; c’est à l’image de Dieu qu’il le créa (bara). Mâle et femelle furent créés à la fois.
כח וַיְבָרֶךְ אֹתָם, אֱלֹהִים, וַיֹּאמֶר לָהֶם אֱלֹהִים פְּרוּ וּרְבוּ וּמִלְאוּ אֶת-הָאָרֶץ, וְכִבְשֻׁהָ; וּרְדוּ בִּדְגַת הַיָּם, וּבְעוֹף הַשָּׁמַיִם, וּבְכָל-חַיָּה, הָרֹמֶשֶׂת עַל-הָאָרֶץ. 28 Dieu (Elohim) les bénit en leur disant « Croissez et multipliez! Remplissez la terre et soumettez-la! Commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, à tous les animaux qui se meuvent sur la terre! »
כט וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, הִנֵּה נָתַתִּי לָכֶם אֶת-כָּל-עֵשֶׂב זֹרֵעַ זֶרַע אֲשֶׁר עַל-פְּנֵי כָל-הָאָרֶץ, וְאֶת-כָּל-הָעֵץ אֲשֶׁר-בּוֹ פְרִי-עֵץ, זֹרֵעַ זָרַע: לָכֶם יִהְיֶה, לְאָכְלָה. 29 Dieu (Elohim) ajouta: « Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture.
ל וּלְכָל-חַיַּת הָאָרֶץ וּלְכָל-עוֹף הַשָּׁמַיִם וּלְכֹל רוֹמֵשׂ עַל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר-בּוֹ נֶפֶשׁ חַיָּה, אֶת-כָּל-יֶרֶק עֵשֶׂב, לְאָכְלָה; וַיְהִי-כֵן. 30 Et aux animaux sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède un principe de vie, j’assigne toute verdure végétale pour nourriture. » Et il en fut ainsi.
לא וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה, וְהִנֵּה-טוֹב מְאֹד; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם הַשִּׁשִּׁי. {פ} 31 Dieu (Elohim) examina tout ce qu’il avait fait (assa) c’était éminemment bien. Le soir se fit, puis le matin; ce fut le sixième jour.
Livre d'Ezra Chapitre I On note un mélange de références tantot à Yahwé, tantot à Elohim.
א וּבִשְׁנַת אַחַת, לְכוֹרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס, לִכְלוֹת דְּבַר-יְהוָה, מִפִּי יִרְמְיָה: הֵעִיר יְהוָה, אֶת-רוּחַ כֹּרֶשׁ מֶלֶךְ-פָּרַס, וַיַּעֲבֶר-קוֹל בְּכָל-מַלְכוּתוֹ, וְגַם-בְּמִכְתָּב לֵאמֹר. 1 Dans la première année de Cyrus, roi de Perse, à l'époque où devait s'accomplir la parole de l'Eternel(Yahwé) annoncée par Jérémie, l'Eternel(Yahwé) éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse; et celui-ci fit proclamer dans tout son empire, par la voix [des hérauts] et aussi par des missives écrites, ce qui suit:
ב כֹּה אָמַר, כֹּרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס--כֹּל מַמְלְכוֹת הָאָרֶץ, נָתַן לִי יְהוָה אֱלֹהֵי הַשָּׁמָיִם; וְהוּא-פָקַד עָלַי לִבְנוֹת-לוֹ בַיִת, בִּירוּשָׁלִַם אֲשֶׁר בִּיהוּדָה. 2 "Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: Yahwé, Dieu du ciel, m'a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c'est lui qui m'a donné mission de lui bâtir un temple à Jérusalem, qui est en Judée.
ג מִי-בָכֶם מִכָּל-עַמּוֹ, יְהִי אֱלֹהָיו עִמּוֹ, וְיַעַל, לִירוּשָׁלִַם אֲשֶׁר בִּיהוּדָה; וְיִבֶן, אֶת-בֵּית יְהוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל--הוּא הָאֱלֹהִים, אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם. 3 S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à son peuple, que son Dieu soit avec lui, pour qu'il monte à Jérusalem, qui est en Judée, et bâtisse le temple de Yahwé Dieu d'Israël, de ce Dieu qui réside à Jérusalem!
ד וְכָל-הַנִּשְׁאָר, מִכָּל-הַמְּקֹמוֹת אֲשֶׁר הוּא גָר-שָׁם--יְנַשְּׂאוּהוּ אַנְשֵׁי מְקֹמוֹ, בְּכֶסֶף וּבְזָהָב וּבִרְכוּשׁ וּבִבְהֵמָה; עִם-הַנְּדָבָה--לְבֵית הָאֱלֹהִים, אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם. 4 Tous ceux qui restent [de ce peuple], quelle que soit leur résidence, leurs compatriotes devront les gratifier d'argent, d'or, d'objets de valeur et de bêtes de somme, en même temps que d'offrandes volontaires destinées au temple d' Elohim à Jérusalem."
ה וַיָּקוּמוּ רָאשֵׁי הָאָבוֹת, לִיהוּדָה וּבִנְיָמִן, וְהַכֹּהֲנִים, וְהַלְוִיִּם; לְכֹל הֵעִיר הָאֱלֹהִים, אֶת-רוּחוֹ, לַעֲלוֹת לִבְנוֹת, אֶת-בֵּית יְהוָה אֲשֶׁר בִּירוּשָׁלִָם. 5 Alors s'apprêtèrent les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les Lévites, tous ceux en qui Yahwé avait éveillé le désir d'aller bâtir le temple de Yahwé à Jérusalem.
ו וְכָל-סְבִיבֹתֵיהֶם חִזְּקוּ בִידֵיהֶם, בִּכְלֵי-כֶסֶף בַּזָּהָב בָּרְכוּשׁ וּבַבְּהֵמָה וּבַמִּגְדָּנוֹת--לְבַד, עַל-כָּל-הִתְנַדֵּב. {ס} 6 Et tous leurs voisins les munirent de vases en argent, d'or, d'objets de valeur, de bêtes de somme et de joyaux précieux, sans compter tous les [autres] dons volontaires.
ז וְהַמֶּלֶךְ כּוֹרֶשׁ, הוֹצִיא אֶת-כְּלֵי בֵית-יְהוָה, אֲשֶׁר הוֹצִיא נְבוּכַדְנֶצַּר מִירוּשָׁלִַם, וַיִּתְּנֵם בְּבֵית אֱלֹהָיו. 7 Le roi Cyrus fit produire les ustensiles du temple de Yahwé, que Nabuchodonosor avait emportés de Jérusalem et déposés dans le temple de son dieu.
ח וַיּוֹצִיאֵם, כּוֹרֶשׁ מֶלֶךְ פָּרַס, עַל-יַד, מִתְרְדָת הַגִּזְבָּר; וַיִּסְפְּרֵם, לְשֵׁשְׁבַּצַּר, הַנָּשִׂיא, לִיהוּדָה. 8 Cyrus, roi de Perse, les fit produire par l'entremise de Mithridate, le trésorier, qui les remit, après les avoir comptés, à Chêchbaçar, le prince de Juda.
ט וְאֵלֶּה, מִסְפָּרָם: אֲגַרְטְלֵי זָהָב שְׁלֹשִׁים, אֲגַרְטְלֵי-כֶסֶף אָלֶף, מַחֲלָפִים, תִּשְׁעָה וְעֶשְׂרִים. {ס} 9 En voici l'énumération: trente bassins d'or, mille bassins d'argent, vingt-neuf coutelas;
י כְּפוֹרֵי זָהָב, שְׁלֹשִׁים-- {ס} כְּפוֹרֵי כֶסֶף מִשְׁנִים, אַרְבַּע מֵאוֹת וַעֲשָׂרָה; כֵּלִים אֲחֵרִים, אָלֶף. {ס} 10 trente écuelles d'or, quatre cent dix écuelles d'argent géminées et mille autres ustensiles.
יא כָּל-כֵּלִים לַזָּהָב וְלַכֶּסֶף, חֲמֵשֶׁת אֲלָפִים וְאַרְבַּע מֵאוֹת; הַכֹּל הֶעֱלָה שֵׁשְׁבַּצַּר, עִם הֵעָלוֹת הַגּוֹלָה--מִבָּבֶל, לִירוּשָׁלִָם. {פ} 11 Tous les ustensiles, tant en or qu'en argent, étaient au nombre de cinq mille quatre cents; Chêchbaçar emporta le tout, lorsque les exilés partirent de Babylone pour Jérusalem.
Bien que la mention du nom Israel apparait accessoirement dans ce passage qui ouvre le Livre d’Ezra, en ses dix premiers versets, il est clair que c’est bien la maison de Juda qui est visée dans l’édit. Cyrus y est d’emblée désigné comme le Messie, l’oint( Mashiah) et l’on retrouve l’idée d’accomplissement qui se retrouve dans les Evangiles, dans la bouche de Jésus.
verset 2
2 «Voici ce que dit Cyrus, roi de Perse: L’Eternel, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre et m’a désigné pour lui construire un temple à Jérusalem, en Juda. »
Verset 5 « Les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les Lévites, tous ceux dont Dieu réveilla l’esprit, se levèrent pour aller reconstruire la maison de l’Eternel à Jérusalem. »
Juda et Benjamin sont les deux « tribus » qui n’ont pas été englobées dans le Royaume d’Israel/ Abordons à présent la version remaniée figurant au chapitre 45 du Livre d’Isaie:(donc dans le deuxiéme volet de l’Ancien Testament)
Isaïe – Chapitre 45 - יְשַׁעְיָהוּ
א כֹּה-אָמַר יְהוָה, לִמְשִׁיחוֹ לְכוֹרֶשׁ אֲשֶׁר-הֶחֱזַקְתִּי בִימִינוֹ לְרַד-לְפָנָיו גּוֹיִם, וּמָתְנֵי מְלָכִים, אֲפַתֵּחַ–לִפְתֹּחַ לְפָנָיו דְּלָתַיִם, וּשְׁעָרִים לֹא יִסָּגֵרוּ. 1 Ainsi parle Yahwé à son Oint(Mashiho), à Cyrus je l’ai pris par la main pour mettre les nations à ses pieds et délier les ceintures des rois, pour ouvrir devant lui les battants et empêcher que les portes lui soient fermées :
ב אֲנִי לְפָנֶיךָ אֵלֵךְ, וַהֲדוּרִים אושר (אֲיַשֵּׁר); דַּלְתוֹת נְחוּשָׁה אֲשַׁבֵּר, וּבְרִיחֵי בַרְזֶל אֲגַדֵּעַ. 2 »Je marcherai devant toi, j’aplanirai les hauteurs, je briserai les portes d’airain et abattrai les verrous de fer.
ג וְנָתַתִּי לְךָ אוֹצְרוֹת חֹשֶׁךְ, וּמַטְמֻנֵי מִסְתָּרִים: לְמַעַן תֵּדַע, כִּי-אֲנִי יְהוָה הַקּוֹרֵא בְשִׁמְךָ–אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל. 3 Je te donnerai des trésors enfouis dans les ténèbres, des richesses cachées dans des lieux secrets, pour que tu saches que je suis Yahwé, le Dieu d’Israël, qui t’appelle par ton nom.
ד לְמַעַן עַבְדִּי יַעֲקֹב, וְיִשְׂרָאֵל בְּחִירִי; וָאֶקְרָא לְךָ בִּשְׁמֶךָ, אֲכַנְּךָ וְלֹא יְדַעְתָּנִי. 4 C’est en faveur de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, que je t’ai appelé par ton nom, que je t’ai décerné un titre, bien que tu ne me connusses pas.
ה אֲנִי יְהוָה וְאֵין עוֹד, זוּלָתִי אֵין אֱלֹהִים; אֲאַזֶּרְךָ, וְלֹא יְדַעְתָּנִי. 5 C’est moi qui suis Yahwé et nul autre hors de moi, point de Dieu! Je te ceins de force, bien que tu ne me connaisses pas,
ו לְמַעַן יֵדְעוּ, מִמִּזְרַח-שֶׁמֶשׁ וּמִמַּעֲרָבָה, כִּי-אֶפֶס, בִּלְעָדָי: אֲנִי יְהוָה, וְאֵין עוֹד. 6 afin qu’on sache, là où se lève le soleil et là où il se couche, que hors de moi il n’y a rien, que moi je suis Yahwé et nul autre;
ז יוֹצֵר אוֹר וּבוֹרֵא חֹשֶׁךְ, עֹשֶׂה שָׁלוֹם וּבוֹרֵא רָע; אֲנִי יְהוָה, עֹשֶׂה כָל-אֵלֶּה. {פ} 7 Je forme la lumière (Or) et crée (boré) les ténèbres (Hoshekh), j’établis la paix et suis l’auteur du mal: moi Yahwé, je fais tout cela. »
ח הַרְעִיפוּ שָׁמַיִם מִמַּעַל, וּשְׁחָקִים יִזְּלוּ-צֶדֶק; תִּפְתַּח-אֶרֶץ וְיִפְרוּ-יֶשַׁע, וּצְדָקָה תַצְמִיחַ יַחַד–אֲנִי יְהוָה, בְּרָאתִיו. {ס} 8 Cieux, là-haut, épanchez-vous, et vous, nuées, laissez ruisseler la justice! Que la terre s’entrouvre pour faire tout ensemble fleurir le salut et germer la vertu! Moi, Yahwé, j’accomplis tout cela.
ט הוֹי, רָב אֶת-יֹצְרוֹ–חֶרֶשׂ, אֶת-חַרְשֵׂי אֲדָמָה; הֲיֹאמַר חֹמֶר לְיֹצְרוֹ מַה-תַּעֲשֶׂה, וּפָעָלְךָ אֵין-יָדַיִם לוֹ. {ס} 9 Malheur à celui qui entre en lutte avec son Créateur vase fragile au milieu d’autres vases de terre! L’argile dira t-elle au potier qui la pétrit: « Que fais-tu? Ton œuvre est imparfaite! »
י הוֹי אֹמֵר לְאָב, מַה-תּוֹלִיד; וּלְאִשָּׁה, מַה-תְּחִילִין. {ס} 10 Malheur à celui qui dit à son père: « Pourquoi engendres-tu? » à la femme: « Pourquoi es-tu en travail d’enfants? »
יא כֹּה-אָמַר יְהוָה קְדוֹשׁ יִשְׂרָאֵל, וְיֹצְרוֹ: הָאֹתִיּוֹת שְׁאָלוּנִי, עַל-בָּנַי וְעַל-פֹּעַל יָדַי תְּצַוֻּנִי. 11 Ainsi parle Yahwé, le Saint d’Israël, son Créateur: « Ils me questionnent sur les événements prochains! Vous me faites des recommandations au sujet de mes enfants, de l’œuvre de mes mains!
יב אָנֹכִי עָשִׂיתִי אֶרֶץ, וְאָדָם עָלֶיהָ בָרָאתִי; אֲנִי, יָדַי נָטוּ שָׁמַיִם, וְכָל-צְבָאָם, צִוֵּיתִי. 12 C’est pourtant moi qui ai fait (assiti) la terre (Eretz) et créé (bariti) Adam qui est sur elle, c’est moi dont les mains ont déployé les cieux, et qui ai mis en rang toute leur armée.
יג אָנֹכִי הַעִירֹתִהוּ בְצֶדֶק, וְכָל-דְּרָכָיו אֲיַשֵּׁר; הוּא-יִבְנֶה עִירִי, וְגָלוּתִי יְשַׁלֵּחַ–לֹא בִמְחִיר וְלֹא בְשֹׁחַד, אָמַר יְהוָה צְבָאוֹת. {ס} 13 C’est moi qui l’ai suscité selon la justice, j’aplanirai toutes ses voies: il rebâtira ma ville, renverra libres mes exilés, sans rançon et sans présents: c’est Yahwé-Cebaot qui le dit. »
יד כֹּה אָמַר יְהוָה, יְגִיעַ מִצְרַיִם וּסְחַר-כּוּשׁ וּסְבָאִים אַנְשֵׁי מִדָּה, עָלַיִךְ יַעֲבֹרוּ וְלָךְ יִהְיוּ, אַחֲרַיִךְ יֵלֵכוּ בַּזִּקִּים יַעֲבֹרוּ; וְאֵלַיִךְ יִשְׁתַּחֲווּ אֵלַיִךְ יִתְפַּלָּלוּ, אַךְ בָּךְ אֵל וְאֵין עוֹד אֶפֶס אֱלֹהִים. 14 Ainsi parle Yahwé: « Les biens de l’Egypte, le négoce de l’Ethiopie et des Sabéens, à la haute taille, passeront entre tes mains et seront à toi; ces peuples suivront tes pas, s’avanceront dans les chaînes; ils se prosterneront devant toi et, suppliants, te diront: « En toi seul il est un Dieu; hors de lui, il n’y en a pas d’autre! »
טו אָכֵן, אַתָּה אֵל מִסְתַּתֵּר–אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, מוֹשִׁיעַ. 15 À coup sûr, tu es un Dieu caché, Dieu d’Israël, qui sauves!
טז בּוֹשׁוּ וְגַם-נִכְלְמוּ, כֻּלָּם: יַחְדָּו הָלְכוּ בַכְּלִמָּה, חָרָשֵׁי צִירִים. 16 Tous ils sont honteux et humiliés, ils marchent dans la confusion, les fabricants d’idoles.
יז יִשְׂרָאֵל נוֹשַׁע בַּיהוָה, תְּשׁוּעַת עוֹלָמִים: לֹא-תֵבֹשׁוּ וְלֹא-תִכָּלְמוּ, עַד-עוֹלְמֵי עַד. {פ} 17 Mais toi, ô Israël, tu seras sauvé par Yahwé, sauvé pour toujours; jusque dans l’éternité, vous n’éprouverez ni honte ni confusion.
יח כִּי כֹה אָמַר-יְהוָה בּוֹרֵא הַשָּׁמַיִם הוּא הָאֱלֹהִים, יֹצֵר הָאָרֶץ וְעֹשָׂהּ הוּא כוֹנְנָהּ–לֹא-תֹהוּ בְרָאָהּ, לָשֶׁבֶת יְצָרָהּ; אֲנִי יְהוָה, וְאֵין עוֹד. 18 Car ainsi parle Yahwé le Créateur des cieux ce Dieu qui a formé, façonné la terre, qui l’a affermie, qui l’a créée non pour demeurer déserte mais pour être habitée : « Je suis Yahwé et il n’en est pas d’autre!
יט לֹא בַסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי, בִּמְקוֹם אֶרֶץ חֹשֶׁךְ–לֹא אָמַרְתִּי לְזֶרַע יַעֲקֹב, תֹּהוּ בַקְּשׁוּנִי; אֲנִי יְהוָה דֹּבֵר צֶדֶק, מַגִּיד מֵישָׁרִים. 19 Ce n’est pas en secret que j’ai parlé, dans un lieu obscur de la terre; je n’ai point dit aux enfants de Jacob: Recherchez-moi dans la solitude! Moi, Yahwé je dis ce qui est juste, j’annonce ce qui est vrai.
כ הִקָּבְצוּ וָבֹאוּ הִתְנַגְּשׁוּ יַחְדָּו, פְּלִיטֵי הַגּוֹיִם; לֹא יָדְעוּ, הַנֹּשְׂאִים אֶת-עֵץ פִּסְלָם, וּמִתְפַּלְלִים, אֶל-אֵל לֹא יוֹשִׁיעַ. 20 Assemblez-vous et venez, approchez tous, vous qui vous êtes échappés parmi les nations, vous qui faites preuve d’inintelligence en transportant avec vous vos idoles de bois et en invoquant un dieu incapable de secourir!
כא הַגִּידוּ וְהַגִּישׁוּ, אַף יִוָּעֲצוּ יַחְדָּו: מִי הִשְׁמִיעַ זֹאת מִקֶּדֶם מֵאָז הִגִּידָהּ, הֲלוֹא אֲנִי יְהוָה וְאֵין-עוֹד אֱלֹהִים מִבַּלְעָדַי–אֵל-צַדִּיק וּמוֹשִׁיעַ, אַיִן זוּלָתִי. 21 Faites votre récit, avancez vos raisons, délibérez ensemble: qui a, dans un passé lointain, annoncé tout cela? Qui l’a révélé dès longtemps? N’est-ce point moi, Yahwé à côté de qui il n’est pas de Dieu, moi, le Dieu juste et secourable, qui n’ai point de rival?
כב פְּנוּ-אֵלַי וְהִוָּשְׁעוּ, כָּל-אַפְסֵי-אָרֶץ: כִּי אֲנִי-אֵל, וְאֵין עוֹד. 22 Tournez-vous vers moi, et, vous serez sauvés, vous tous qui habitez les confins de la terre; car moi, je suis Dieu et personne d’autre.
כג בִּי נִשְׁבַּעְתִּי–יָצָא מִפִּי צְדָקָה דָּבָר, וְלֹא יָשׁוּב: כִּי-לִי תִּכְרַע כָּל-בֶּרֶךְ, תִּשָּׁבַע כָּל-לָשׁוֹן. 23 J’ai juré par moi-même c’est une parole véridique qui est sortie de ma bouche et qui ne sera pas révoquée j’ai juré qu’en mon honneur tout genou ploiera et toute langue prêtera serment.
כד אַךְ בַּיהוָה לִי אָמַר, צְדָקוֹת וָעֹז; עָדָיו יָבוֹא וְיֵבֹשׁוּ, כֹּל הַנֶּחֱרִים בּוֹ. 24 En l’Eternel seul, qui m’a parlé, résident le salut et la force; vers lui reviendront, couverts de honte, tous ceux qui s’étaient emportés contre lui.
כה בַּיהוָה יִצְדְּקוּ וְיִתְהַלְלוּ, כָּל-זֶרַע יִשְׂרָאֵל. 25 En Yahwé seront justifiés et glorifiés tous les descendants d’Israël. »
dimanche 30 juillet 2023
samedi 29 juillet 2023
jacques Halbronn Métholdologie. Qui est le préteur, qui est l'emprunteur.? La fabrique des Centuries
Jacques Halbronn méthodologie ; qui est le préteur, qui est l'emprunteur? La fabrique des Centuries
Il arrive que l'on soit confronté au questionnement suivant: qui a pris à qui? Est- ce la français qui a emprunté à l'anglais ou bien l'inverse, est- ce tel auteir qui aura pillé tel autre ou le contraire? probléme d'import-export et de plagiat.
La méthodologie que nous suggérons ici est la suivante. Il est clair que celui qui manifestement ne s'est pas donné les moyens d'obtenir tel résultat est celui qui aura "emprunté", "importé, plagié. Un pays qui n'a pas d'industrie ne saurait prétendre avoir produit telle ou telle machine. Un chercheur qui ne s'est pas constitué une bibliothèque importante et ne dispose que des quelques éléments dont il se sert est certainement en dette envers un autre chercheur.
Nous dirons que l'emprunteur commet inévitablement des erreurs de copie et que l'original se révélera plus cohérent, plus complet, plus articulé. Il en est ainsi pour l'emprunt linguistique où le plus souvent, l'emprunt n'est que ponctuel, partiel à la différence du corpus dont il aura été extrait sans parler des contre-sens encore que parfois l'erreur pourra se révéler créative et donner l'impression d'une certaine originalité. (cf notre Eloge de L'erreur (in Collectif Eloge, Ed Le lierre et le coudrier, 1990). L'historien doit avoir été formé par ses maitres à détecter les contrefaçons, les documents antidatés, les supercheries, faute de quoi il hypothéquera ses diverses productions dès lors qu'un chercheur plus avisé et plus consciencieux dévoilera tôt ou tard le pot aux roses. C'est ainsi que la première victime (collatérale) des emprunts non reconnus sera celui qui les aura pris pour argent comptant
Nous aborderons le cas de Crespin, réputé imitateur de Nostradamus. et dont Pierre Brind'amour se servit pour établir son édition critique du premier volet des Centuries (353 quatrains. ed Macé Bonhomme, 1555. Ed Droz 1996) en revenant sur notre étude parue en 2002 (Ed Ramkat). qui lui fut consacrée. La confrontation entre la prose de Crespin et les quatrains centuriques pose la question suivante: la prose précédé-t-elle les vers ou est-ce l'inverse,? Pour le chercheur québécois (cf notre étude par ailleurs), la prose de Crespin dériverait de la poésie de Michel de Nostredame . Or, il nous apparait qu'une telle thèse est difficilement défendable d'une façon générale, d'où l'expression "versifier", "versification" qui n'a pas son corrollaire.
Examinons donc les correspondances prose-quatrains que nous avions signalées, il y a 20 ans, en collaboration avec Robert Benazra quo s'était prêté au jeu.(in Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus) cf nos 'Enseignements sur la compilaton crespinienne" (pp. 55 et seq) et un paragraphe s'intitulé "Du vers à la prose" en nous référant au récent travail de Brind'amour. Nous notions alors que certaines centuries n'ont pas été traités par Crespin (p; 58) On s'arrêtera sur le fameux quatrain I, 35 censé avoir annoncé la mort du Roi en 1559 (p 66) A props d'unbe variante, nous notions :" "comment Crespin aurait il pu placer un pluriel ave "le lion jeune les vieux surmontera" au lieu du singulier dans les Centuries. "le vieux". Il semble que l'on aura voulu modifier le texte de Crespin pour le faire coller avec l'annonce de la mort du Roi. De même ,pat rapport au quatrain "Chartres" annonçant le couronnement d'Henri IV, on aura changé l'original "Chastres" en Chartres pour que cela "colle".(cf la Guide des Chemins de France de Charles Estienne qui servit à la composition de plusieurs quatrains.-(cf article de Ch. Liaroutzos RHR 1986). En 2002, la thèse que nous avions adoptée était la suivante, Crespin se serait inspiré d'une version manuscrite antérieure à l'imprimée ou bien carrément d'une précédente édition disparue.(cf p. 74). Depuis, nous pensons (cf notre post doctorat 2007) que c'est Crespin qui a servi à composer toute une série de quatrains, son texte pouvant avoir été remanié pour conférer une dimension prophétique plus assurée aux Centuries,
JHB 28 07 23
jacques halbronn Robert Amadou et son exploration du corpus Nostradamus (1989)
jacques halbronn Robert Amadou et son exploration du corpus Nostradamus (1989)
En 1989, il avait été question que le regretté Robert Amadou rédige une préface pour le Répertoire Chronologique Nostradamique de Robert Benazra mais c’est à Jean Céard que nous donnâmes finalement la préférence (Ed La Grande Conjonction-Guy Trédaniel, 1990) Amadou déposera au mois de mars son texte polycopié à la BNF sous le titre « Nuées et intelligences, préface en forme d’excursion » ( autour de Robert Nenzra Bibliographie des écrits relatifs à Nosradaus, second volume) Suivons donc pas à pas la dite excursion et Amadou s’arrête sur des textes d’adversaires de Nostradamus qui, selon lui, attestent de la parution en 1555 de la première édition des « Prophéties » (Centuries) dont le dit Benazra avait retrouvé depuis peu un exemplaire, publié par les « Amis de Michel Nostradamus » Initialement, le Répertoire de Benazra aurait du paraitre en deux volumes, l’un préface par le Professeur Céard, l’autre par Amdou mais l’on s’en tint à un seul volume, préfacé par Jean Céard. C’est ainsi qu’Amadou va aborder la couverture centirique faite de la Révoluion Française. Commentant l’Epitre à Henri II, R. A. note (p. 12) que celle ci ne comporte pas l’an 1789 mais 1792, à la différence de Richard Roussat, s’en tenant à Pierre d’Ailly. Amadou revient sur le quatrain I, 35 très souvent associé à la mort en tournoi du roi Henri II, en 1559, ouvrant la voie à la régence de Catherine de Médicis. « Lors du tournoi nul ne s’avisa d’en lire la prédiction dans les centuries »(p.22) et pour cause, dirons-nous, puisque ces centuries n’étaient pas encore parues; Nous avons signalé le jeu de mots » Dans cage d’or’, qui selon nous renvoie au meurtrier du Roi Gabriel d’Orges, ce qui, par sa précision même, indique qu’il s’agit d’un texte écrit après coup car la prophétie a ses limites On pense aux anagrammes qui marqueront les sixains au début du XVIIe siècle. Amadou passe au Janus de Chavigny qui atteste bien, cette fois, de la parution des Centuries à la date de 1594/ (p. 24) Amadou signalé à juste titre la parution d’un commentaire, faussement attribué à un certain Jaubert – son auteur était en fait le dominicain Giffré de Réhac (cf notre post- doctorat, EPHE 2007) et signalé que ce commentaire sera traduit en anglais par Garancières : il s’agit de l’Eclaircissement des véritables quatrains » Ce point ne semble pas avoir été signalé par Benazra.(????) Passant en revue toutes les références à Nostradamus pour les deux derniers siècles, Amadou manque de signaler la parution en 1906 de la réédition des adresses de Nostradamus à Pie IV en 1561, dont il avait pourtant traité par ailleurs (revue L’Autre Monde n° 103) Amadou ne semble pas, dès lors, avoir saisi toute l’importance que Nostradamus attribuait à l’an 1567- n’ayant probablement pas abordé les traductions italiennes se référant à Nostradamus dans les années 1560.(pourtant conservées à la BNF) et à la naissance d’un Antéchrist, ce qui est repris dans viii 76 dans un quatrain que les faussaires tireront de la dite Epitre au pape. Amadou évoque le projet d’une édition critique des Centuries (p/ 30) laquelle sera confiée à Pierre Brind’amour (1996, Droz) dont nous avons montré toutes les limites. Peu après la parution du RCN de Benazra et du texte d’Amadou, nous avons fait paraitre en 1991 dans la revue Réforme, Humanisme, Renaissance ‘Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (volume 33, numéro 33, p. 43-72.) Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? « De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561″, almanach retrouvé par Amadou, à la Bibliothèque Sainte Geneviève, Paris.
Amadou signale une sorte de pastiche de la Préface à César (qu’il situe à la fin du xVIe siècle, ce qui fut bel et bien sa véritable date de parution et non mars 1555) (cf de Patrice guinard, CORPUS NOSTRADAMUS 116 « Quelques manuscrits des Prophéties, vaticinations et vagabondages (XVIIe siècle ») et CORPUS NOSTRADAMUS 60 –et sa »Biblio-iconographie du Corpus Nostradamus » (2016) Le texte, intégralement reproduit par Amadou en 1989) débute en se référant au « reste du siècle présent », soit les dernières années du XVIe.qui correspond au moment véritable de première parution des Centuries. et cette fois contrairement à ce qu’avait considéré Amadou pour authentifier l’édition de 1555, celaconstitue bien, selon nous, un témoignage valable.
Amadou aborde le cas de ceux qui usèrent du nom de Nostradamus (pp/ 43 et seq) y compris Antoine Crespin Archidamus dont nous avons traité longuement ainsi que Pierre Brind’amour dans son « édition critique » sur Nostradamus le Jeune, cf en 2002
nos – « Recherches autour de Nostradamus le Jeune » (site propheties.it)
In finé Amadou revient sur l’almanach pour 1561 et à la dédicace à Pie IV (p 53) Il affirme « les présages des almanachs valent, à mes yeux, ceux des centuries » Amdou n’avait pas eu, accés au manuscrit du ‘Recueil des présages prosaiques » que B. Chevignard éditera partiellement en 1999 (ed Seuil) dont se sert Chavigny dans le Janus Gallicus. Il ne remarque pas que les quatrains des almanachs sont issus de la prose de Nostradamus pour la même année tout comme les quatrains des Centuries sont calqués sur les épitres en prose des éditions des Prophéties, si ce n’est que cela renvoie non pas à l’Epitre à Henri II mais à l’Epitre à Pie iv qui aurait du figurer au début du second volet. Au fond, la même mésaventure affectera Robert Amadou dont la « Préface » initialement prévue ne sera pas retenue….
JHB 29 07 23
vendredi 28 juillet 2023
Jacques halbronn Quid d'un "judaisme" se référant constamment aux Enfants d'Israel?
jacques halbronn Quid d'un judaisme se référant constamment aux Enfants d'Israel?
Thomas Römer, Professeur au Collége de France, est parvenu dans son "Enquête sur le récit de la Sortie d'Egypte", à la conclusion que l'influence du Royaume d'Israel sur la rédaction du texte du Pentateuque serait assez évidente (. Bayard, Labor et Fides 2015)
Moïse en version originale : enquête sur le récit de la sortie d'Egypte (Exode 1-15) - Thomas Römer
MOÏSE EN VERSION ORIGINALE :
La question qui se pose pour nous, comme nous nous en sommes expliqués ailleurs, concerne le syncrétisme de l'Ancien Testament et la cohabitation non pas des différentes empreintes, sacerdotales, deutéronomiques et autres, mais bien celle de dénomination Judéens et Israélites. Comment se fait-il que l'on parle de "judaisme" et qu'en même temps, l'on se référe constamment à Israel, notamment jusque dans les livres de prières en circulation de nos jours (cf notre étude à ce sujet) C'est ainsi que le MJLF mouvement juif libéral de France (fondé en 1977) ne cesse de mentionner Israel dans sa littérature liturgique alors même qu'il se situait face à l'Union Libérale Israélite. D'un côté, l'on parle de nos jours plus volontiers des Juifs que des Israélites, comme on le faisait sous la IIIe République, mais sans réviser les appellations fleurissant dans les textes On frise la schizophrénie! Situation compliquée chez les juifs libéraux qui n'auront pas su profiter de la critique biblique pour moderniser le judaisme (cf l'Alliance pour un judaisme traditionnel et moderne, AJTM, faisant partie du nouvel ensemble JEM Judaisme en mouvement (avec l'e MJLF et l'UlI(F)..
JHB 28 07 23
jacques halbronn Etudes nostradamiques Antoine Crespin ou l'arroseur arrosé, l'imitateur récupéré. L'édition Brind'amour 1996
:jacques halbronn Etudes nostradamiques Antoine Crespin ou l'arroseur arrosé., l'imitateur récupéré. L'édition Brind'amour 1996
Nous allons revenir sur un texte paru il y a près de 30 ans, du à la plume du regretté Pierre Brind'amour. (Titre Les Premières Centuries ou Prophéties (édition Macé Bonhomme. 1555). Edition et commentaire de l'Epitre à César et des 352 premiers quatrains. Ed Droz Avertissement Pierre Kunstmann 1996.) Dans son introduction, le chercheur québécois, peu avant sa mort, à propos d'Antoine Crespin:(pp. XXV-XXVI) voyait en cet auteur un imitateur laborieux de Nostradamus, lequel Crespin n'avait pas hésité à se présenter sous le surnom d'Archidamus (cf aussi Patrice Guinard http://nostredame.chez-alice.fr/nhalb92.html). Rappelons que nous avons été le premier à révéler le travail de Crespin, cette imitation des Centuries n'aura été signalée ni par Ruzo, ni par Chomarat, ni par Benazra dans leurs bibliographies respectives.
La première remarque que nous ferons est la suivante: comment un tel "plagiat" (daté de 1572) a-t-il pu être ignoré au lendemain de la mort de Nostradamus (1566)? Comme nous l'avons montré dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Ed Ramkat 2002), On retrouve dans les "Prophéties à la puissance divine" des éléments figurant ou plutôt repris, dans les Dix Centuries, prétendument parues en 1568 chez Benoist Rigaud à Lyon et dont traitera longuement Guinard. La thèse de Crespin imitateur ne tient pas dès lors que cette édition à 10 centuries apparait comme antidatée et pour cause, puisque dans les années 1588 89, on ne trouve aucune édition des trois dernières centuries, censées constituer le second volet des Centuries! D'aucuns se dépécheront pour parler de quatrains "manquants" puisque selon eux attestés 20 ans plus tôt (cf notamment Robert Benazra,Répertoire Chronologique Nostradamique, 1990 Préface de Jean Céard lequel faitt partie du "Comité de publication des textes littéraires français" chez Droz). On est là dans un labyrinthe et l'on a besoin d'un fil d'Ariane qui fait terriblement défaut à ceux qui s'y sont risqués. Pour Brind'amour, les Prophéties de Crespin vont l'accompagner tout au long de son édition "critique" même s'il s'en sert parfois comme repoussoir au lieu d'envisager que son texte ait pu être "amendé" pour la circonstance. Tout dépend en effet de quel point de vue l'on se place, quel parti on adopte dans la polémique autour de Crespin. En tout cas, Brind'amour aura pris pour argent comptant ce cadeau empoisonné et si l'on parle ici de cadeau, c'est que l'on se demande dans quelles conditions, il en a pris connaissance, lui qui n'en dit mot dans son Nostradamus astrophile de 1993.(pp/ 55-56) signalant en passant(en 3 lignes) que Chomarat dans sa Bibliographie Nostradams recense 17 publications sous ce nom. Pas question ici , pour Brind'amour, à ce stade, de traiter du contenu des dites pronostications mais simplement de l'emprunt "Archidamus). Entre temps, juste avant sa mort, Brind'amour, à la différence de Chomarat et Benzara, aura réalisé tout ce que Crespin aurait emprunté aux Centuries. Eureka! En revanche, il n'avait pas réalisé, sur ces mêmes bases bibliographiques, que le quatrain IV, 46, faisant partie intégrante de l'édition "Macé Bonhomme" était dicté par les circonstances propres au temps de la Ligue!
Voyons donc comment en 1995, Brind'amour sera parvenu, in extremis - c'est le cas de le dire- à appréhender l'apport de Crespin! Brind'amour note toutes sortes de divergences avec l'édition 1555 et constate que cela s'apparente parfois aux éditions centuriques des années 1580. On se demande d'ailleurs comment Brind'amour sera parvenu à établir la relation entre la production de Crespin et celle qu'il attribue à Nostradamus! En outre, il ne se demande pas si le texte de Crespin n'est pas plus cohérent que celui des Centuries, ce qui inverserait le processus influentiel.
Selon nous, comme nous l'avons montré dans notre Post doctorat sur la naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle (EPHE 2007);kes dites Prophéties de Crespin sont antidatées tout comme l'Androgyn de 1570 lequel se référe obligeamment aux Centuries..propheties.it http://www.propheties.it › biblio L'androgyne né à Paris le 21 juillet 1570 illustré des vers latins de Jean Dorat, ... avec la traduction d'iceux en françois par Chevigny"
En fait, l'on peut se demander si Brind'amour a étudié les rapports de Crespin non pas seulement avec les "premières" Centuries mais avec l'ensemble de dix centuries dont nous pensons qu'il ne se constitua qu'autour de 1590.En 2002, nous en étions resté à la thèse d'une parution posthume des Centuries puisqu'il n'existait aucun document antérieur à 1569 concernant une quelconque parution du premier volet des Centuries. Ce n'est que par la suite, nous avons réalisé que Crespin avait développé une forme d'antijudaisme que l'on retrouvait dans certains quatrains (cf notre communication au congrès mondial des études juives 2005 ("Fortune du prophétisme d’Antoine Crespin Archidamus") Brind'amour note certaines tonalités antijuives qu'il juge tout à fait incompatibles avec le positionnement de Nostradamus sans s'apercevoir que les dits passages auront bel et bien "contaminé" certains quatrains comme ce quatrain "Roy de Bloys en Avignon régnes"(cf notre étude .L’hypertexte centurique des années 1590) lequel condamne la trop grande tolérance du pape envers "ses "Juifs,en Avignon. Apparemment, Brind'amour n'aura pas pris la mesure de l'article de Chantal Liaroutzos dans RHR , 5 ans avant notre propre texte) Les prophéties de Nostradamus : suivez la guide Réforme, Humanisme, Renaissance Année 1986 23 . Brnd'amour aurait compris que les faussaires, les faiseurs de quatrains n'avaient pas trop de scrupules pour remplir les "cases" avec à peu près n'importe quoi.§
Nos travaux sur le syncrétisme ont montré qu'assez vite des clivages majeurs cessent d'être perçus comme dans l'Ancien Testament à propos du schisme entre les maisons d'Israel et de Juda, au lendemaine de la mort du roi Salomon. Rien ne semble plus incompatible. l'ignorance du fait de la méconnaissance des anciens cliaages est la meilleur assurance d'impunité pour le syncrétisme
JHB 25 07 23
Le Livre de l'xode et le Royaume du Nord (Israel) par Tomas Rômer
L’Exode et l’histoire
Notre compréhension des liens entre l’histoire le récit de l’Exode a profondément été modifiée par les découvertes archéologiques, les comparaisons littéraires avec les textes du Proche Orient ancien ainsi que l’utilisation des méthodes scientifiques appliquée aux textes bibliques.
De nombreuses recherches ont tenté de trouver dans tel ou tel épisode de l’histoire égyptienne la base historique de l’Exode. Mais à ce jour, aucun document extra-biblique ne présente un épisode pouvant directement être référé à l’histoire de Moïse.
Une question complexe et discutée
Vu la complexité de la question, il est impossible en une page de présenter l’ensemble des options, des recherches et des hypothèses existantes sur cette question. C’est pourquoi, la synthèse présentée ci-dessous est le résultat d’un choix informé par les travaux d’un des meilleurs spécialistes en la matière, le professeur Thomas Römer du Collège de France. Les lignes qui suivent sont un résumé de ses travaux . Si vous souhaitez aller plus loin, n’oubliez pas de consulter les liens figurant en bas de page. Selon lui, l’histoire de Moïse dans l’Exode se présente comme une construction complexe que l’on peut décrire en cinq étapes.
Dans le royaume du Nord d’abord
Les origines orales de la tradition de la sortie d’Égypte remonte au IXème ou VIIIème siècle avant notre ère dans le royaume du Nord,. Yahvé, le Dieu d’Israël, y est présenté comme étant« celui qui fait sortir Israël du pays d’Égypte». Cette tradition s’est peut être constitué sans le personnage de Moïse. Car de nombreux textes bibliques présentent Yahvé comme étant le seul auteur de la sortie d’Égypte. La tradition orale de l’Exode reflète sans doute des situations conflictuelles entre l’Égypte et des groupes nomades vivant entre l’Egypte et Canaan.
Dans le royaume de Juda ensuite
Le transfert de la tradition de l’exode dans le royaume de Juda et la construction d’une « vie de Moïse » prend place au VIIème siècle avant notre ère. Après la chute de Samarie en – 722, les traditions de l’exode arrive à Jérusalem. Les scribes du roi Josias rédige une vie de Moïse, en construisant ce Moïse à l’image des rois assyriens. Moïse devient un héros qui est chargé de libérer le peuple de Yahvé de l’oppression, laquelle vise, à son niveau du récit, l’occupation assyrienne.
A la période de l’exil à Babylone
Après la destruction de Jérusalem en – 587 et la déportation de l’élite judéenne à Babylone, l’histoire de Moïse est doublement revisité. Le milieu deutéronomiste, qui se compose des familles des anciens hauts fonctionnaires, construit Moïse comme étant le premier des prophètes d’Israël. Moïse devient ainsi le précurseur de tous les prophètes qui, selon la théologie deutéronomiste, sont avant tout les prédicateurs de la loi. La défaite des Égyptiens, noyés dans la mer rouge, reprend, dans cette version, le thème de la guerre de Yahvé, élaborée à partir de l’ idéologie proche-orientale selon laquelle les dieux interviennent dans les guerres des hommes.
La version sacerdotale, qui s’élabore en même temps et qui est partiellement en concurrence avec la version deutéronomiste, introduit Aaron, l’ancêtre des prêtres, comme frère de Moïse. Elle insiste sur la collaboration nécessaire entre Moïse et Aaron lors de la confrontation avec Pharaon. Le miracle de la mer rouge, dans le récit des prêtres, ressemble à une nouvelle création ou à la création d’Israël comme peuple de Yahvé (cf. Genèse 1).
A l’époque perse
Vers le milieu de l’époque perse, les versions de deutéronomiste et sacerdotale sont combinées par des rédacteurs qui ont enrichi cette compilation par d’autres récits. Ainsi, l’on trouve, à l’origine de l’histoire de Moïse, plusieurs épisodes insistant sur l’apport des femmes étrangères qui le sauve de danger de mort (par ex, l’épisode des sages femmes des Hébreux) . Ces passages sont le reflet de débat de l’époque perse sur la ségrégation ou l’intégration des étrangers. Contrairement aux livres d’Esdras ou de Néhémie, qui prônent la dissolution des mariages mixtes, l’exode montre l’importance de femmes étrangères sans lesquelles l’histoire de Moïse n’aurait jamais pu se débuter.
Finalisée durant le 4ème siècle
Finalement, au moment de la promulgation du Pentateuque entre 400 et 350 avant notre ère, l’histoire de Moïse est encore une fois révisée par des rédacteurs.
Pour aller plus loin
Thomas Römer, Moïse en version originale. Enquête sur le récit de la sortie d’Egypte. Bayard – Labor et Fides, paris – Genève, 2015.
Pour voir le cours complet du professeur Römer au collège de France sur: « Le livre de l’Exode: mythes et histoires »
Pour une histoire plus globale sur la formation de l’Ancien Testament, une vidéo du professeur Dany Nocquet de Montpellier.
jacques halbronn Linguistique. Le role à repréciser des lettres "e" et "i" dans l'oralité du français
Jacques halbronn Linguistique. Le rôle à repréciser des lettres « e » et « i » dans l’oralité du français
Nous avions déjà bien avancé dans divers textes dans la redéfinition du rôle de cette lettre dans la prononciation du français mais nous n’étions pas allé tout à fait au bout de notre raisonnement. C’est ainsi que nous avions butté sur la conjugaison de la troisiéme personne du pluriel au présent mais aussi à l’imparfait. Nous avions notamment mis en évidence le fait que le e placé après une consonne la mettait en valeur alors que placé devant une consonne, il l’occultait.
Une application de cette loi est manifeste dans des cas comme « aspect », « respect », où la forme « ct » est effacée à l’oral alors qu’elle s’entend dans aspecter, respecter etc. Quid alors de la forme en « ent », ne devrait-elle pas se prononcer tout simplement « é »? Ils mangent devrait donc s’entendre « ils mangé » tout comme la forme ancienne « ed » du participe, forme qu’a conservé l’anglais mais sans respecter la régle du e devant une consonne. C’est en fait à l’imparfait que le probléme se pose de façon particulière, faut de quoi ils mangent et ils mangeaient se prononceraient pareillement.
C’est finalement sur la question du rôle de la lettre « i » que notre attention va se porter. En effet, la prononciatioin en « é » du « ai » qui nous semble devoir être revue et corrigée.. Prenons le cas du verbe essayer. On a essai, ils essaient, qu’ils essayent ou payer, ils paient, feuille de paie etc Ce son « eye » et non « aye » qui nous semble le plus approprié. On distinguera ainsi, ils chantent à prononcer « chanté » et ils chantaient, à prononcer « ils chanteyent », la forme actuelle du présent et de l’imparfait étant à évacuer. Si l’anglais prononce le « ai », « é », c’est son affaire comme dans day, say, may qui correspondent à l’allemand Tag, sagen, môgen etc
Il faut rendre au « i » sa prononciation « ye » ou « aille ». Les exemples ne manquent pas: roi donne royal, joie joyeux, craie crayeux, soie, soyeux alors qu’on devrait le prononcer « roye », sans parler de cry, try où l’anglais a su préserver la « bonne » lecture. notons en russe les formes « tvoy » pour le possesif , « Somnoy »: avec moi. Ne dit-on pas « langue d’oil », en prononçant le oye?
Nous proposerons la pratique langagière suivante:
Présent de l’indicatif . ils chantent, prononcer « ils chanté », le e effaçant le groupe qui le suit
Imparfait de l’indicatif, ils chantaient, prononcer « ils chantéyé », ce qui évite de confondre chantent et chantaient.
Revenons à la question du statut des marqueurs de nombre en français: tout se passe comme si l’on avait généralisé la non prononciation du « s » comme marqueur de pluriel, à partir du cas des formes où le s est précédé du « e », ce qui va l’occulter. En « bon » français, il faudrait dire : les grandes vacances sous la forme « lé grandé vacancé » à côté de chansons, chantons, avec un « s » bien sonore. L’anglais, lui, aura extrapolé en sens inverse et décidé de ne pas respecter la régle du e devant une consonne ou un ensemble de consonnes; ce par ignorance de la régle exposée plus haut . Avec l’usage de l’accent sur le « e », à l’écrit, cette régle s’est formalisée en français mais n’est respectée qu’à cette condition.
JHB 27 07 27
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