lundi 8 mars 2010

Vers une astrologie christique

par Jacques HalBronn

En ces lendemains de Noël, notre attention est inévitablement orientée vers le solstice d'hiver avec lequel cette fête coincide quasiment. Mais cette fête est liée au personnage de Jésus qui nous apparait comme une figure solsticiale caractéristique, du fait que cet homme se veut Dieu ou/et fils de Dieu. On est loin avec Jésus Christ (Christ signifiant Messie (Mashiah, en hébreu), Oint, en grec) de l'idée d'une astrologie équinoxiale et égalitaire pour tout un chacun! Jésus est celui qui apporte la Bonne Nouvelle à moins qu'il ne soit lui-même la Bonne Nouvelle (en grec Evangile). Et bien entendu, nous sommes là dans une perspective monothéiste bien éloignée du pluralisme paien auquel l'astrologie actuelle semble bel et bien se rallier (Neptune par ci, Mars par là)
En dépit de nos origines juives, nous ne pouvons nous empêcher, depuis quelque temps, de trouver dans l'épopée christique un écho à l'astrologie que nous pronons.
A commencer par cette solsticialité qui se retrouve d'ailleurs avec un Nouvel An, également très proche de la ligne solsticiale et qui correspond à la circoncision (Brit Mila) de Jésus, huit jours après sa naissance, comme il se doit, ce qui s'inscrit d'ailleutrs dans le cadre hebdomadaire, la circoncision ayant lieu un même jour de la semaine que la naissance..
La solsticialité dont il s'agit n'est pas celle de l'Eté mais bien celle de l'Hiver. Elle voit triompher la nuit sur le jour, processus engagé à partir de l'équinoxe d'automne (qui correspond au nouvel An juif (Rosh Hashana), suivi du Jour du Pardon(Yom Kippour), lequel appartient donc, déjà, à une perspective hivernale et nocturne). Les religions judéo-chrétiennes favorisent la croissance de la nuit par rapport au jour. Et ce n'est qu'au passage de l'équinoxe de printemps que le jour prendra enfin sa revanche en l'emportant, en durée, sur la nuit. Il est donc faux de situer cette revanche au solstice d'hiver même s'il y a un repli car ile ne met pas fin pour autant à la domination de la nuit sur le jour. Et inversement en ce qui concerne le solstice d'Eté. Il n'en reste pas moins que le passage équinoxial correspond à une période de transition, ce qui nous conduit à penser qu'il n'existe fondamentalement que deux saisons et non pas quatre (le mot saison étant à rapprocher de station, d'étage, en italien, stagione)
Mais pourquoi cette prédilection pour la nuit? C'est que la nuit est en analogie avec la conjonction, avec la Nouvelle Lune (conjonction soleil-lune), l'équinoxe d'automne (la demi lune décroissante) est l'antichambre de la dite conjonction, il la prépare, il l'annonce, comme Jean Baptiste précède la venue de Jésus.
Quant au personnage de Jésus, il évoque pour nous l'homo astrologicus, c'est à dire un être touché par la dite conjonction et qui va conduire les autres, leur insuffler une dynamique. Tout le monde n'est pas Jésus! Et nous pensons que tout le monde n'a pas droit à un thème natal, le thème natal étant d'ailleurs sous sa forme actuelle un concept avant tout divinatoire et puissamment démagogique (c'est à dire marqué, dévié par le peuple)/ Jésus donne et se donne aux hommes et qu'obtiendra-t-il en retour? Tout le christianisme tourne autour de cette (in)gratitude envers lui.(le mot grâce est synonyme de merci, comme grazie, gracias, dans d'autres langues latines), on est là dans une dynamique de l'échange qui n'est pas celle du talion (dent pour dent) et qui obéit à une cyclicité qui est elle-même au coeur de l'astrologie (voir notre étude dans la présente livraison du JBA). On trouve l'idée de rendre grâce à Dieu dans l'Islam (Hamdullah) ou de la bénédiction (Brakhah), chez les Juifs pour les dons de Dieu aux hommes (le pain, le vin, le shabbat etc) sans oublier la formule de l'Evangile: rendons (grâce) à César ce qui est à César!
Cela dit, au regard de l'astrologie, l'on se demandera si Jésus n'est pas plutôt le fils du ciel (Ben Shamayim) que le fils de Dieu (Ben Elohim), c'est à dire qu'il fait partie de ceux qui sont directement en phase avec les cycles cosmiques. Jésus incarnerait ainsi la série des personnages qui, tout au long de l'Histoire, transmettraient à l'Humanité un Temps cosmique, non pas le temps soli-lunaire qui est accessible à tous mais le temps planétaire, celui des planètes "extérieures" (dont le temps de révolution est supérieur à celui de l'année terrestre) qui est réservée à une élite.
.Face à cette astrologie solsticiale et nocturne, se dresse, en effet, une astrologie équinoxiale dont le nom même implique qu'elle vaut pour tous (équi: égalité), à mi chemin entre le jour et la nuit. Et une astrologie de l'équinoxe de printemps, ce qui a privilégié le point vernal comme commencement du zodiaque. Il faudra attendre 1564, du temps de Nostradamus, en France pour que le Ier janvier l'emporte sur la Pâque comme déterminant le changement d'année mais les almanachs respectaient depuis longtemps janvier comme commencement (Janus, le dieu aux deux fronts, l'un vers le passé, l'autre vers l'avenir, mot qui signifie en latin porte (voir notre entretien avec Luce Jame sur la télévision astrologique, directrice des Editions de Janus)
Notre astrologie actuelle serait donc selon nous équinoxiale et vernale, aux antipodes d'une astrologie christique. Elle en prendrait carrément le contrepied puisque l'équinoxe de printemps est l'annonce du triomphe du jour sur la nuit, pendant six mois, elle est du côté de Proserpine et de Cérés, s''opposant à Pluton-Hadés qui est le dieu de l'équinoxe d'automne (justement associé en astrologie avec le scorpion qui est déjà un dieu hivernal en réalité puisque pour nous l'hiver commence au lendemain du passage de l'équinoxe d'automne, car pour nous l'automne n'est pas une saison comparable à l'hiver, il est déjà le début de l'Hiver, c'est à dire du dépassement du jour par la nuit. Rappelons que les humains se ressourcent la nuit et se reposent l'hiver, du moins dans les sociétés traditionnelles. Le Shabbat (Samedi) est, par analogie, en rapport avec les valeurs nocturne et hivernal, tout comme le septième jour de la Création, ce jour est censé ne permettre aucun travail à la différence des autres jours de la semaine. C'est le Dimanche (jour du Seigneur) des Chrétiens.
Il nous faut insister à nouveau sur le contresens, commis par nombre d'astrologues, qui présentent le solstice d'hiver comme le moment où le jour prend sa revanche sur la nuit. Certes, le solstice d'hiver correspond-il à un maximum mais la période de domination de la nuit dure bel et bien six mois, depuis l'équinoxe d'automne jusqu'à celui de printemps. Et inversement pour le solstice d'Eté qui correspond en fait au milieu de l'Eté et non à son début.
Mais pourquoi, demandera-t-on préférer l'Hiver à l'Eté? Nous avons déjà répondu en ce qui concerne la conjonction qui est le moment où l'homo astrologicus se ressource, tel Antée, recevant tous les sept ans, un nouvel élan qui le fait sortir du rang.
Nous avons dit (voir nos divers textes dans le JBA) que l'astrologie qui est pour nous d'essence saturnienne ou qui si l'on préfère met en scène le triomphe de Saturne sur les luminaires, se construisit pour faire pièce à une temporalité soli-lunaire, s'inscrivant dans un cycle annuel de quelques 300 jours et des poussières (l'année lunaire est de 354 jours, l'année solaire de 365 jours 1/4) et c'est pour cela que nous refusons l'idée selon laquelle l'astrologie serait un prolongements du processus soli-lunaire alors qu'elle en prend carrément le contre-pied, refusant de se laisser dicter sa loi par le cycle saisonnier et par le rayonnement solaire.(tant au niveau saisonnier que quotidien). On notera d'ailleurs que chez les Juifs, le Sabbat commence à la tombée de la nuit et non pas à minuit, encore moins au lever du jour. Le Sabbat est foncièrement hivernal, il est un retour à l'essentiel, tous les 7 jours, ce qui fait pendant aux 7 ans du "sabbat" saturnien (le mot Sabbat d'ailleurs étant à rapprocher -et inversement - de Shabtai, nom de la planète Saturne en hébreu médiéval). Rappelons que le chiffre 7 se dit Shéba ou Shéva (le Beith étant une lettre double se prononçant tantôt v, tantôt b, coutume que l'on retrouve en espagnol)
Nous serions donc bel et bien en face de deux astrologies à la fois complémentaires et antagonistes, la première en date étant soli-lunaire et orientée vers le triomphe du Soleil en Eté- donc du jour à partir de l'équinoxe de printemps tandis que la seconde en date serait stellaro-saturnienne.Ce qui est l'occasion d'évoquer cette Etoile des Mages si liée à Noël.qui a fait couler beaucoup d'encre. D'aucuns parmi les astrologues, tel Kepler, y ont vu une conjonction Jupiter-Saturne, à partir des concepts astrologiques de la Renaissance mais, quant à nous, nous y verrions plutôt une conjonction de Saturne avec l'une des quatre étoiles fixes royales.(sans entrer ici dans un débat chronologique sur la base de la position de Saturne à la naissance présumée de Jésus car le problème de l'historicité de Jésus est une autre affaire).
L'astrologie des journaux appartiendrait évidemment au premier type avec sa référence annuelle et saisonnière, fondée sur le passage du soleil d'un signe zodiacal à l'autre et qui vaudrait pour tous les humains. En face, logiquement, devrait se trouver une astrologie saturnienne (ce qui se rapprocherait davantage de ce qu'on appelle l'astrologie mondiale, d'une certaine façon). Mais à la place, l'on trouve un ensemble hybride et syncrétique sous la forme du thème natal pour tous et .... pour tout, englobant .toutes les planètes, luminaires compris. Cela tient à des périodes où l'on aura regroupé, sans distinction, tout ce qui avait trait au cosmos au sein de recueils dont on affirmera par la suite qu'ils constituent un ensemble d'un seul tenant, où chaque facteur a sa place, ce qui sera le rôle essentiel de l'éxégèse astrologique jusqu'à ce jour, les astrologues excellant à vous expliquer la fonction spécifique de chaque notion.(voir notre entretien avec Jean-Yves Espié pour la télévision astrologique, autour de soleil, lune, ascendant, puis de Mars, Vénus, Mercure).
Or, le processus de démultiplication est, selon nous, typiquement estival, il est propre à une dynamique de déploiement, il correspond aux branches qui partent d'un même tronc et aux feuilles d'une même branche....alors que l'hiver, en faisant tomber les feuilles, les fleurs et les fruits, est un retour à l'unité/unicité. Il y a un pommier mais il y a des pommes. On juge un arbre (unité) à ses fruits (pluralité). On comprend mieux pourquoi l'hiver en tant que retour à l'Unité est conjonctionnel au sens où nous l'entendons.
Celui qui est inspiré par les astres n'est pas tant, comme on le dit si souvent, l'astrologue mais bel et bien son client, l'astrologie ayant vocation à étudier ceux qui sont marqués par les astres, ce qui n'est pas nécessairement le cas des astrologues qui font métier d'un certain savoir livresque, tout comme le cancérologue a vocation à connaitre ceux qui sont marqués par le cancer, sans être lui-même atteint par ce mal. Dans le premier aphorisme du Centiloque -texte attribué à Ptolémée de façon discutable- il est dit que "ce sont seuls ceux qui sont inspirés d'en haut qui prédisent les choses particulières"(texte repris dans un texte attribué à Nostradamus, voir site http:///nostredame.chez-alice.fr/nrbz1html, info communiquée par Michel Kohn). Mais en fait, ce qui compte ce ,n''est pas ici l'astrologue mais bien ceux qu'il est censé suivre et conseiller. A contrario, quelqu'un qui n'est pas inspiré par les astres et qui se rend malgré tout chez l'astrologue pour que l'on examine "son" thème natal ou son parcours de vie est un imposteur.

1 commentaire:

christoforos a dit…

A contrario, quelqu'un qui n'est pas inspiré par les astres et qui se rend malgré tout chez l'astrologue pour que l'on examine "son" thème natal ou son parcours de vie est un imposteur.

L'astrologie, dans le cadre possible de son influence connue (entre le mec né au pôle nord et celui né au pôle sud) dur, dur pour monter un thème. A croire que les solstice préfigurent la sortie d'influence des astres. Autant naître au pôle pour échapper aux astres!

Donc, dans le cadre "équinoxial" bienvenue de l'influence des astres. Peut t'on établir une sorte de racisme, entre ceux qui sont nés trés trés au sud , et ceux nés trés trés au nord. Ce peut-il que l'astrologie soit conditionnelle? Vouée a la prise en compte de parametres vachement subtils, comme l'homme , en fait?r