Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
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lundi 30 juin 2025
Patrice Guinard Bilan sur les publications annuelles de Nostradamus (1550-1567) CORPUS NOSTRADAMUS 190 —
Patrice guinard Bilan sur les publications annuelles de Nostradamus (1550-1567)
nostradamus
CORPUS NOSTRADAMUS 190 — par Patrice Guinard
Le Pronostico sulla disposizione delle quattro parti dell’anno 1561, traduction italienne par Lucia Bellizia de « La pronostication des choses de perpetuelle memoire sur la disposition des quatre parties de l’An Mil cinq cens soixante et un » dont j’ai récemment découvert (le 17 avril dernier, exactement deux mois après la mise en ligne de sa version numérisée) une version latine manuscrite à la bibliothèque de Munich, ainsi qu’une traduction latine manuscrite de l’Almanach pour la même année dont quelques fragments avaient été retrouvés à Paris il y a trente ans, est l’occasion de dresser un bilan des publications annuelles de Nostradamus, almanachs et pronostications, qui paraissaient chaque automne pour l’année suivante entre 1549/50 et 1566/67, et malgré qu’ils aient connu une immense diffusion et été l’objet de copies et contrefaçons innombrables, intéressent encore fort peu les milieux académiques.
Les almanachs de Nostradamus ou mis au nom de Nostradamus s’écoulaient chaque année par dizaines de milliers. Une production considérable pour l’époque, bien au-delà des ouvrages que les universitaires dissèquent depuis quatre siècles dans leurs officines. Peu d’entre eux se sont penchés sur la question en raison des dissensions idéologiques suscitées par de telles recherches. Et Nostradamus n’appartenait pas à la crème intellectualisante des clubs et cercles littéraires qui commençaient à poindre à cette époque dans les milieux parisiens, pas plus que Rabelais et Montaigne d’ailleurs. Prophéties et Almanachs sont rédigés dans un langage hermétique, syntaxiquement déroutant, voire incorrect. Les propos sont énigmatiques ; les intentions sont insaisissables. L’étude de ces textes n’est pas une manne pour opportunistes et carriéristes. Il n’en faut pas plus pour orienter les profils vers des sujets plus juteux et conformes aux postes convoités.
Il n’existe toujours aucune édition des oeuvres complètes de Nostradamus, pas même limitée aux fameuses Prophéties. En aucune langue ! Les éditions existantes s’appuient sur des textes corrompus, sans qu’aucune recherche comparative textuelle n’ait été effectuée. Je renvoie à mon appel de 2008 (CN 94) et à l’indigence des études universitaires passées et présentes (CN 59). Les deux récents ouvrages universitaires ne traitent de Nostradamus et de ses oeuvres que par des voies détournées. D. Crouzet de la Sorbonne en 2011, au prix d’un nombre incalculable de déformations, réévalue les quatrains à l’aune des orientations confessionnelles et religieuses de l’époque. Comme si Nostradamus ne s’en fichait pas des chamaillages partisans, catholiques ou protestants, papistes et huguenots ! S. Gerson de l’université de New York en 2012 retrace avec de nombreuses lacunes la postérité de Nostradamus sans s’intéresser aux textes du XVIe siècle (cf. CN 130 et CN 165). Mais laissons cette misère pour entrer au vif.
Au fil des années et notamment avec l’avènement de la section Nostradamica au CURA, de nouveaux textes ont été révélés et édités. A mi-parcours, et ne sachant si la seconde moitié du travail à effectuer le sera, je souhaite à l’occasion de cette nouvelle rencontre Apotélesma et à l’invitation de Lucia, effectuer un bilan de l’état actuel des recherches (i.e. de mes recherches) concernant les publications annuelles de Nostradamus.
DIFFUSION DES TEXTES
Ces textes, Almanachs, Pronostications, et peut-être aussi Présages, étaient imprimés en octobre et diffusés en novembre lors de la foire lyonnaise de la Toussaint. Il y avait à Lyon à l’époque 4 grandes foires annuelles à Lyon : la fête des Rois ou de l’Épiphanie en janvier, celle de Pâques ou de la Quasimodo (commençant le lendemain du premier dimanche après Pâques), la foire estivale d’Août, celle de la Toussaint en novembre. Elles furent établies au début du XVe siècle : deux foires en 1420, au nombre de trois en 1444, puis finalement quatre en 1463 par lettres patentes du roi Louis XI. C’est un peu l’équivalent de nos soldes actuelles de janvier et de juillet. Elles firent de Lyon un carrefour commercial de premier plan entre l’Allemagne, l’Italie et la Suisse. On y trouvait des draps et toiles, des denrées cosmétiques et alimentaires, des métaux, du cuir, des armes, des peaux, des dés et cartes à jouer, des livres. Elles duraient deux à trois semaines et commençaient toujours le lundi.
Ainsi en 1560, 1561 et 1562 (d’après les Almanachs Lenoir pour les dites années, en E7v, E7v, et C5v) :
- pour la foire des Rois du lundi 8 au lundi 29 janvier 1560, du lundi 13 au lundi 03 février 1561, du lundi 5 au lundi 19 janvier 1562
- pour la foire de Pâques du lundi 22 avril au mardi 14 mai 1560, du lundi 14 avril au lundi 05 mai 1561, du lundi 13 au lundi 27 avril 1562
- pour la foire d’Août du lundi 5 au lundi 26 août 1560, du lundi 4 au vendredi 22 août 1561, du lundi 3 au lundi 17 août 1562
- pour la foire de la Toussaint du lundi 4 au mardi 12 novembre 1560, du lundi 3 au jeudi 20 novembre 1561, du lundi 2 au lundi 16 novembre 1562
En réalité la foire de la Toussaint de 1562 a été annulée (ainsi que les deux premières foires de 1563) en raison des troubles provoqués par l’occupation des Protestants à Lyon en 1562 (Brésard, p.85). Nombreux semblent avoir été ceux qui n’ont pu se procurer l’Almanach et la Pronostication de Nostradamus pour cette année 1562. Ainsi l’allemand Hans Rosenberger, dans une lettre du 15 décembre 1561, demande expressément à Nostradamus s’il peut lui envoyer lui-même deux ou trois exemplaires de l’Almanach dédié au pape Pie IV dont la version lyonnaise est perdue mais dont on connaît deux exemplaires légèrement différents d’une impression parisienne trafiquée (cf. CN 181). Des faux circulent un peu partout, même à Lyon. On ne peut se fier à quiconque, et pour Rosenberger, seul Nostradamus est susceptible de lui fournir le texte authentique.
A LA RECHERCHE DES TEXTES PERDUS
C’est exactement notre problème et le point crucial qui nous occupe aujourd’hui : la recherche de ce qu’a vraiment écrit Nostradamus ! Car éradiquées les falsifications et contrefaçons de toutes provenances, principalement d’origine parisienne, même les pronostications et almanachs lyonnais les moins douteux souffrent pour la plupart des erreurs, transformations, ajouts et réécriture des imprimeurs, éditeurs et intermédiaires. On n’a conservé qu’un seul manuscrit d’une telle publication annuelle, calligraphié en 1561 par Chevigny le secrétaire de Nostradamus : « Les praedictions de l’almanach de l’an 1562″ dont le texte diffère beaucoup de la version parisienne abrégée retrouvée (cf. CN 181). Il y a donc trois strates dans l’appréhension de ces documents : les textes authentiques de Nostradamus (idéalement les manuscrits signés de sa main), les textes transmis puis imprimés par ses éditeurs autorisés, les textes reproduits, transformés ou falsifiés mis au nom de Nostradamus.
Idéalement seul le premier niveau m’intéresse, mais la plupart des documents conservés appartiennent évidemment aux deux autres strates. Quelques exemples. Dès 1554, l’imprimeur lyonnais Jean Brotot reçoit l’Almanach et la Pronostication et, jugeant inopportune la double publication, décide de fondre les deux textes en un seul et de l’imprimer sous l’intitulé « Prognostication nouvelle, & prediction portenteuse, pour l’an 1555″. Ce texte curieux et unique par sa composition comme par son iconographie a été redécouvert en 2007 lors de la vente Ruzo à New York (cf. CN 14).
A partir de 1561, Jean de Chevigny est recruté par Nostradamus pour retranscrire ses textes à destination de ses correspondants et de ses imprimeurs. Chevigny y ajoute ici et là du sien, adoucissant le texte original jugé trop brut, trop obscur, « décalé », voire subversif. L’Almanach avignonnais Pierre Roux pour l’an 1563 est l’exemple typique d’une telle « collaboration ». En 1589, le même Chevigny, sous le nom de Chavigny, entreprend de retranscrire, à partir des opuscules en sa possession à cette date, l’essentiel des « présages », c’est-à-dire des formulations à vocation oraculaire, hormis les explications d’ordre astrologique et météorologique, dans un manuscrit de 722 pages, le « Recueil des Presages prosaïques ». Le précieux manuscrit, en partie inédit, ayant appartenu à un médecin dijonnais au XVIIIe siècle avant d’être racheté par la bibliothèque de Lyon (BM Lyon, ms 6852), a hélas subi des dégradations irréversibles. C’est pourtant le seul document qu’il nous reste pour certains opuscules. B. Chevignard en a réalisé en 1999 une version partielle s’arrêtant à l’année 1559.
En 1594, le même Chavigny fait imprimer à Lyon un volumineux ouvrage intitulé « La premiere Face du Janus françois » qui aborde cette fois l’explication des quatrains versifiés de Nostradamus, pris dans ses Almanachs comme dans ses Prophéties. Le texte des quatrains, comme celui des Présages au manuscrit évoqué, est parfois modifié en vue d’une plus grande clarté aux yeux de l’interprète. C’est ainsi que le texte de Nostradamus subsiste parfois dans des versions « arrangées » dont ne subsiste aucune version originale.
D’autres textes, hormis les extraits donnés par Chavigny, n’existent qu’en traduction : les originaux français sont perdus. C’est le cas de l’Almanach pour l’an 1559 en version anglaise (cf. CN 75), de la Pronostication pour l’an 1564 en version italienne (cf. CN 165 et le Convegno di Genova en 2012), et de la Pronostication pour l’an 1561 en version manuscrite latine (traduction italienne Lucia Bellizia, et bientôt française).
REPÉRAGE ET NOMBRE HYPOTHÉTIQUE DES TEXTES ORIGINAUX
Il a pu exister une trentaine de ces publications annuelles, éphémères rédigés l’année précédente pour l’an à venir, et diffusés lors de la foire lyonnaise d’Automne. J’en ai recensé 33, un nombre hypothétique dépendant des informations recueillies de sources diverses et de leur interprétation : ce sont les 15 PRONOSTICATIONS pour les années 1550 à 1564, les 15 ALMANACHS pour les années 1553 à 1567, et les PRÉSAGES MERVEILLEUX pour les années 1555, 1557 et 1558. La plupart de ces textes sont perdus, quelques rares d’entre eux peuvent être reconstitués, certains ne subsistent qu’à l’état fragmentaire grâce à Chavigny. Les quatrains accompagnant le calendrier des saints pour chaque mois, au nombre de 12 ou 13, n’existent que pour l’année 1555 et les années 1557 à 1567. On peut estimer, grâce à la parution du Recueil de Chavigny (et suite à mon étude « L’Isle à Cumes : Les quatrains perdus de l’almanach pour 1556 et la milliade de quatrains », CN 159) que la totalité de ces quatrains nous sont connus. C’est l’objet même de cette présente communication d’analyser, année par année, les textes dont nous disposons.
LES PRÉSAGES MERVEILLEUX
On n’a conservé qu’un texte intitulé PRÉSAGES MERVEILLEUX, celui pour l’an 1557 (édité par moi-même aux CN 46, 128 et 157). Il a pu exister deux autres textes similaires pour les années 1555 et 1558, et a priori tous adressés au roi de France Henry II, lequel se les faisait lire devant la Cour selon le témoignage de Montluc : « Sa Majesté faisoit lire les presages de Nostradamus le jour de devant, & lisoient pour le lendemain bonnes nouvelles, au Roy. Le courrier y arriva ce jour mesmes : & le lendemain y avoit ‘ville rendue’. » (cf. CN 143). Ce pourrait être une allusion à la prise de Thionville (bastion espagnol) en juin 1558, et l’expression « ville rendue » a pu figurer soit au calendrier de l’Almanach pour 1558, soit dans les Présages Merveilleux pour 1558. Les deux textes sont perdus. Quant à l’existence de « Présages Merveilleux pour l’an 1555″, elle me semble indiquée par le témoignage de Nostradamus lui-même dans son adresse au roi Henry II aux Présages pour 1557 : « à cause que l’annee passee l’air n’estoit en telle serenité ne les astres disposez, ne me feut possible si amplement specifier les faictz & predictions futures de l’an cinq cens cinquante & six » (cf. CN 46) et par celui d’Alexandre de La Tourette qui dans une lettre à Jean Morel, datée du 12 décembre 1554, déclare envoyer à son correspondant des « presaiges merveilleux » de Nostradamus (cf. CN 16). Ainsi Nostradamus aurait adressé au roi de France depuis 1555 jusqu’en 1558 (sauf en 1556, et il s’en excuse) des textes énigmatiques appelés PRÉSAGES MERVEILLEUX que le roi se faisait lire par distraction ou réel intérêt devant la Cour et probablement certains ambassadeurs. Henry II décède en juillet 1559. Aucun texte similaire n’est attesté pour cette année-là (cf. CN 51).
L’ASTROLOGIE DES QUARTIERS LUNAIRES
Hormis la dédicace, le texte est constitué de considérations sur les quartiers lunaires, au nombre de 49 pour l’année 1557, du premier quartier de janvier 1557 au premier quartier de décembre 1557. La composition suit une trame plus ou moins variable : situation astrologique et positions planétaires remarquables, considérations météorologiques dépendantes de la configuration astrologique, conséquences médicales et énumération des maladies liées aux configurations météorologiques, parfois conséquences sur les récoltes, et surtout présages et visions politiques pour le quartier lunaire en cours. C’est l’intérêt du texte nostradamien et ce pourquoi on le recherche et on le lit encore aujourd’hui en dépit de la cécité académique.
Les moments astrologiques et les configurations planétaires sont approximatifs : ainsi le premier quartier lunaire de janvier 1557, donné pour le 7 janvier à 21 heures, a lieu en réalité le lendemain à 7 heures du matin (sous la latitude de Lyon), et la conjonction Saturne-Lune donnée à 16° du Bélier, a lieu d’après les calculs modernes le 7 janvier à 14 heures 50, et à 18°50 du Bélier. Les qualités traditionnelles de la planète Saturne (froideur et siccité) impliquent un temps froid et sec, et les maladies qui en découlent. Les considérations politiques et événementielles, voire les révélations oraculaires propres au texte nostradamien, bien que semblant s’appuyer sur les matériaux qui précèdent, nous semblent étranges, improbables, illogiques, voire incompréhensibles dans leur formulation. C’est ce qui fait l’originalité du texte nostradamien, et ce en quoi il se distingue des productions similaires. Tout ce passe comme si le matériau astrologique ne servait que de support à l’acte divinatoire. Nostradamus, souvent considéré comme le plus célèbre astrologue moderne, ne fait que se servir de l’astrologie, de ses symboles, de ses codes, de son langage et de sa logique.
STRUCTURE ET CONTENU DES ALMANACHS ET PRONOSTICATIONS
Les Almanachs appartiennent eux aussi à cette astrologie des quartiers lunaires. On y trouve en plus un calendrier des saints comprenant pour chaque jour de l’année une formule laconique et pour chacun des douze mois un quatrain versifié, ainsi que diverses pièces annexes (fêtes mobiles, foires, etc.). Le calendrier est morcelé avec les quartiers lunaires du mois (comme dans l’Almanach pour 1557), ou il les précède (comme dans les Almanachs pour 1559 et 1560). Le calendrier semble avoir été adressé à l’imprimeur séparément du texte des présages.
Les Pronostications ont une structure différente : elles sont composées de présages pour chacune des saisons, précédés d’une dédicace et suivis d’un relevé sommaire des phases lunaires mensuelles ainsi, accessoirement, d’un petit texte sur les éclipses de l’année. Dans les premières pronostications (pour 1553 et 1555), les présages saisonniers sont suivis de présages géopolitiques pour les principales régions européennes. Dans les pronostications pour les années 1560 et 1561 les thèmes d’ingrès précèdent et illustrent le texte des présages saisonniers.
Ainsi l’entrée du Soleil en signe cardinal (Bélier, Cancer, Balance, Capricorne) caractérise l’astrologie des Pronostications, et non plus seulement les quartiers lunaires. L’unité temporelle n’est plus la semaine soli-lunaire, mais le trimestre. On résumera les caractéristiques principales des trois séries de publications annuelles comme suit :
PRÉSAGES : DÉDICACE, QUARTIERS LUNAIRES
ALMANACHS : DÉDICACE, CALENDRIER (avec QUATRAINS et FORMULES JOURNALIÈRES), QUARTIERS LUNAIRES
PRONOSTICATIONS : DÉDICACE, PRÉSAGES SAISONNIERS, PHASES LUNAIRES SOMMAIRES, ÉCLIPSES
ALMANACHS ET PRONOSTICATIONS : LE BILAN
Nous ne connaissons les premières publications annuelles de Nostradamus que par les extraits laissés par Chavigny dans son Recueil précité. Probablement moins consistantes que les publications ultérieures d’après les extraits rapportés, elles furent probablement toutes publiées à Lyon. Ce n’est qu’après 1555 que paraissent des versions aussi imprimées en d’autres lieux : peut-être Anvers en 1555 (pour l’année 1556), et surtout Paris à partir de l’année suivante. Ces tout premiers opuscules ne contenaient pas de quatrains.
01. La Pronostication pour l’an 1550
On ignore l’imprimeur lyonnais : peut-être Jean Pullon de Trin, imprimeur de la première édition du Traité des Fardements et Confitures de Nostradamus sous le titre hypothétique « Le vray & parfaict embellissement de la Face, & la maniere de faire des confitures » (édition perdue). Chavigny n’a laissé que 10 présages de ce texte que j’ai supposé être une Pronostication, et non pas un Almanach (CN 02). Le destinataire du texte est inconnu.
02. La Pronostication pour l’an 1551
On ne sait rien du texte paru l’année suivante. Chavigny lui-même déclare ne pas avoir réussi à la retrouver (CN 03).
03. La Pronostication pour l’an 1552
Comme pour la Pronostication pour 1550, on ignore le destinataire de l’épître comme l’imprimeur lyonnais. En revanche on sait qu’il s’agit bien d’une Pronostication et non d’un Almanach car un astrologue du nom de Laurent Videl cite en 1558 deux présages de cette « pronostique » ou « pronostication », ultérieurement rapportés par Chavigny (CN 141). Chavigny a consigné 26 présages de ce texte, y compris les deux rapportés par Videl (CN 04). La pronostication a été plagiée par un autre astrologue et faiseur d’almanachs du nom de Claude Fabri dans un texte antidaté peut-être imprimé à Agen en 1559 : « La Vraye Prognostication Nouvelle pour l’An 1552″ (CN 24).
04. L’Almanach pour l’an 1553
A partir de cette année, Nostradamus aurait fait publier deux opuscules annuels : un Almanach et une Pronostication. Videl a retenu 7 ou 8 présages de cet Almanach inconnu de Chavigny (CN 141). Il aurait été dédié à un grand seigneur, et Nostradamus aurait déclaré à son propos que ni la lyre de Jupiter ni Saturne (le temps) ne sauraient le détruire ! Malheureusement pour l’heure il est perdu (CN 05). On le retrouvera. Peut-être à Aix.
05. La Pronostication pour l’an 1553
Comme pour les textes précédents, on ignore le destinataire de l’épître comme l’imprimeur lyonnais. Chavigny nous a laissé 53 extraits de ce texte composé de présages généraux pour l’année, de présages pour les quatre saisons, puis de présages pour l’Italie, la France, l’Espagne et l’Allemagne (CN 06).
06. L’Almanach pour l’an 1554
C’est le premier texte dont des fragments assez nombreux (149) nous sont parvenus, toujours grâce à Chavigny. On ignore le destinataire de l’épître comme l’imprimeur lyonnais, peut-être Antoine du Rosne dit Lizerot, comme l’attesterait un acte notarial retrouvé par Louis Gimon en 1882 (CN 07).
07. La Pronostication pour l’an 1554
C’est le second opuscule totalement perdu. On sait par l’acte notarié précité que Nostradamus en a interdit la diffusion à l’imprimeur Bertot dit la Bourgogne, en raison de l’extrême corruption de son impression, et ordonné de le transmettre à son confrère Antoine du Rosne, qui deviendra l’un de ses imprimeurs pour les Prophéties. Les deux versions sont perdues et Chavigny ne les connaît pas.
08. Les Présages Merveilleux pour l’an 1555
Le texte est perdu (cf. supra).
09. L’Almanach pour l’an 1555
Chavigny nous a laissé des extraits de deux textes pour l’année 1555, un Almanach et une Pronostication. Les manuscrits et imprimés de ces textes sont perdus. Et nous avons une Pronostication (actuellement à la BM de Lyon) qui est un collage, comprenant des quatrains versifiés, réalisé par l’imprimeur Jean Brotot à partir des deux textes précités. C’est le seul cas d’une pronostication contenant des quatrains. L’imprimeur explique ses intentions dans une lettre adressée à Nostradamus (CN 13). L’Almanach est en outre attesté par Videl qui en donne trois à quatre extraits non repris par Chavigny qui en donne 43, hormis ceux repris dans la Pronostication imprimée (CN 16). Je pense avoir identifié la dédicace de l’ouvrage (à Claude de Savoie, comte de Tende) dans un éphémère traduit en allemand à Nuremberg (CN 17).
10. La Pronostication pour l’an 1555
Le texte original de la Pronostication est perdu. Le collage imprimé par Brotot a été édité par moi-même en avril 2007 et décembre 2008 (CN 56 et 101). La Pronostication était adressée au prévôt de Cavaillon Joseph des Panisses. Chavigny a laissé 5 présages du texte originel (manuscrit ou imprimé) non repris dans l’exemplaire Ruzo de la bibliothèque de Lyon. Ces extraits sont corroborés dans un Almanach parisien tardif qui est une contrefaçon de textes antérieurs (CN 14).
11. L’Almanach pour l’an 1556
Chavigny a retenu 130 présages de cet almanach perdu, aussi mentionné par Videl qui nous en laisse trois de plus. Imprimeur et dédicataire nous sont inconnus (CN 35). L’almanach ne contient pas de quatrains contrairement à tous ceux des années ultérieures (mais cf. CN 159).
12. La Pronostication pour l’an 1556
Chavigny nous a laissé 30 extraits de ce texte perdu dont on ignore tout par ailleurs.
13. Les Présages Merveilleux pour l’an 1557
A partir de 1557 la situation s’améliore car les éditions lyonnaises sont doublées de parisiennes dont quelques exemplaires nous sont connus. L’exemplaire de Daniel Ruzo est actuellement à la bibliothèque de la Maison Nostradamus à Salon. Le texte est adressé au roi Henry II. Il a été édité par moi-même en trois fois : en janvier 2007, septembre 2010 et décembre 2011 (CN 46, CN 128 et CN 157).
14. L’Almanach pour l’an 1557
On a conservé un exemplaire ayant appartenu au même Ruzo, acheté à la vente Swann de New York en avril 2007 (aussi à la bibliothèque de la Maison Nostradamus à Salon). Comme le précédent, il est imprimé par Jacques Kerver à Paris. Je l’ai édité dès décembre 2006 à partir d’une copie qui circulait parmi les nostradamologues (CN 41). Le texte est adressé le même jour que le précédent à Catherine de Médicis, l’épouse du roi.
15. La Pronostication pour l’an 1557
Il existe deux exemplaires de la version parisienne, imprimée à Paris par Guillaume Le Noir pour Jacques Kerver (l’un au Musée Paul Arbaud à Aix, l’autre au centre Bandy à Nashville). Le texte est adressé à Antoine de Bourbon, père du futur Henry IV. J’en ai donné une édition au CURA en février 2007 (CN 47). Aucune édition lyonnaise de ces textes pour l’an 1557 n’a été conservée.
16. Les Présages Merveilleux pour l’an 1558
Ce texte hypothétique est perdu (cf. supra). Chavigny l’ignorait.
17. L’Almanach pour l’an 1558
Le texte aurait été imprimé à Lyon, puis à Paris, Gand et Anvers. Il n’en subsiste aucun exemplaire, mais seulement les 202 présages recueillis par Chavigny, ainsi que quelques autres maquillés dans un opuscule parisien (cf. mon étude à paraître). Il pourrait avoir été adressé à Jeanne d’Albret (CN. 58 et CN 61). Les dates des privilèges (5 juillet et 20 septembre 1557) confirment que les éditions lyonnaises ont bien précédé les parisiennes.
18. La Pronostication pour l’an 1558
Le texte est adressé au sénéchal de Lyon Guillaume de Gadagne, chez qui Nostradamus a séjourné lors de son voyage à Paris durant l’été 1555. C’est le seul texte dont ont été retrouvées les deux éditions, l’une lyonnaise en collection privée (vente Thomas-Scheler, 2010), l’autre parisienne à la bibliothèque royale de La Haye. J’ai édité le texte de la version parisienne en septembre 2007 (CN 73) et prépare une édition comparative des deux versions.
19. L’Almanach pour l’an 1559
Ce texte est perdu mais peut être en partie reconstitué, comme je l’ai montré pour le mois de Janvier (CN 75) grâce aux 300 présages choisis par Chavigny dans son Recueil de 1589 (CN 186) et à trois traductions anglaises dont la première donne le texte des quatrains et les formules du calendrier (An Almanacke for the yeare of oure Lorde God 1559 ), la deuxième les données astrométriques du calendrier (An Almanacke for the yere, from the birthe of our saviour Iesu Christ 1559 ), et la troisième, mal nommée « pronostication », l’ensemble des présages pour chacun des douze mois (The Prognostication for the yeare of oure Lorde 1559 ). On ignore cependant le dédicataire de l’épître, probablement le roi François II.
20. La Pronostication pour l’an 1559
Le texte est perdu. On se contentera des 140 présages laissés par Chavigny. Il est adressé à Charles de Guise, cardinal de Lorraine (CN 123).
21. L’Almanach pour l’an 1560
C’est le second almanach adressé au même destinataire, Claude de Savoie, comte de Tende et ami de Nostradamus. L’exemplaire Ruzo de la version parisienne a été acquis à la vente Swann de New York en avril 2007. J’en ai donné séparément le texte de l’épître en juin 2008 (CN 97), celui des hauts de page rognés et des quatrains en décembre 2011 (CN 148 et 155), et récemment, en août 2014, le texte des présages jusqu’à la fin de l’almanach (CN 183).
22. La Pronostication pour l’an 1560
La version lyonnaise de cet opuscule, récemment redécouvert (catalogue Thomas-Scheler, 2010) mais auparavant sauvegardé par Ruzo, a été éditée au CURA en décembre 2011 (CN 152).
23. L’Almanach pour l’an 1561
On ne sait rien de la version lyonnaise de cet almanach, adressé à la duchesse Marguerite de Valois, soeur du roi Henry II. J’ai établi une reconstitution de la version parisienne d’après les fragments laissés par Chavigny et l’exemplaire défectueux de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris : i.e. la dédicace en mars 2011 (CN 137), le texte des présages en décembre 2011 (CN 153), et les quatrains en décembre 2013 (CN 173). J’ai découvert en avril 2014 à la bibliothèque de Munich une traduction latine manuscrite de cet opuscule dont la traduction permettrait de compléter mon texte.
24. La Pronostication pour l’an 1561
Chavigny a légué 221 présages dont les versions françaises sont perdues. Mais il existe une traduction latine manuscrite de cet opuscule (récemment découverte à Munich avec l’opuscule précédent), établie par Augustinus Güntzer, et traduite en italien par Lucia Bellizia. Le texte est adressé à Renée de Valois, la fille cadette du roi Louis XII et tante du roi Henry II.
25. L’Almanach pour l’an 1562
Il existe deux exemplaires légèrement différents de la version parisienne de l’Almanach pour 1562, ainsi qu’une version manuscrite des présages de l’almanach. Un cas unique qui permet de se faire une idée des déformations subies par le texte à l’impression par rapport au texte nostradamien originel. J’ai édité au CURA en avril 2014 les deux versions de l’épître adressée au pape Pie IV et les formules du calendrier, et donné un fac-similé des présages d’après une copie établie par l’abbé Hector Rigaux en 1906 (CN 181).
26. La Pronostication pour l’an 1562
La version lyonnaise, éditée par Pierre Brotot et imprimée par Antoine Volant, est parue avec une préface douteuse, non datée et adressée à Jean de Vauzelles. Une contrefaçon parisienne reprend le texte de la préface avec quelques modifications. En avril 2014, j’ai édité les deux versions de la préface et transcrit les présages saisonniers de la pronostication (CN 181 et 182).
27. L’Almanach pour l’an 1563
On ne connaît ni version lyonnaise ni parisienne de cet almanach, mais une version avignonnaise qui semble avoir été retouchée par Chevigny, le secrétaire de Nostradamus. L’épître dédicatoire est rédigée en italien, et le destinataire, Fabrice de Serbelloni, semble avoir été imposé à Nostradamus. Plus de deux mois séparent le faciebat de la date de la dédicace.
28. La Pronostication pour l’an 1563
Ce texte est totalement perdu. Chavigny n’en a conservé aucun présage dans son Recueil. On connaît un exemplaire d’une contrefaçon italienne suspecte, qui ne recoupe probablement pas le texte qui aurait été imprimé à Florence par Giorgio Marescotti.
29. L’Almanach pour l’an 1564
Chavigny nous a laissé 455 présages et les 12 quatrains de ce texte dont aucun exemplaire ne subsiste. On ignore le dédicataire de l’épître.
30. La Pronostication pour l’an 1564
Le texte original est perdu. On le connaît par les 185 présages qu’en donne Chavigny et par la traduction florentine imprimée par Giorgio Marescotti. Le texte est adressé au roi de France Charles IX.
31. L’Almanach pour l’an 1565
Une version du texte a été imprimée par Benoist Odo, nouvel imprimeur lyonnais de Nostradamus. Le texte est dédié au roi Charles IX comme le précédent. Aucune pronostication n’est attestée pour cette année et pour les deux suivantes.
32. L’Almanach pour l’an 1566
On a retrouvé deux exemplaires de la version lyonnaise de l’Almanach pour 1566, l’un à Naples, l’autre à Montréal. Le texte aurait été dédié en octobre 1565 à Honorat de Savoie, le fils de Claude décédé en avril 1566.
33. L’Almanach pour l’an 1567
Cet almanach a été imprimé par Benoist Odo comme celui pour l’année 1565. Il en existe une copie en collection privée établie par l’abbé Hector Rigaux en 1904. Il existe aussi une traduction italienne dont un exemplaire se trouve à Cracovie.
LE NAUFRAGE DE LA LITTÉRATURE NOSTRADAMIENNE
La moitié des opuscules sont perdus ; six parmi les survivants sont conservés en Provence dont quatre à Salon et deux à Aix. Parmi les 17 textes retrouvés, cinq concernent des versions lyonnaises, sept leur réplique parisienne, l’un d’entre eux est une édition avignonnaise, deux autres n’existent qu’en traduction italienne, un autre encore qu’en traduction latine, et le dernier grâce à plusieurs traductions anglaises. Un résumé de la situation apparaît au tableau qui suit ; dans la colonne « contenu édité », les cases jaunies correspondent aux textes et fragments restant à éditer.
OPERA NOSTRADAMICA, Oeuvres (in?)-Complètes de Nostradamus, Almanachs, Pronostications, Prophéties, 1550-1567, mise à jour PG, CURA, 24-07-2016
mise à jour du tableau 24-07-2016
Parmi les autres textes de Nostradamus, j’ai publié au CURA, puis en février 2015 dans Nostradamus traducteur : Horapollon et Galien, la traduction versifiée des Signes hiéroglyphes d’Horapollon (CN 166, 12-2013) et celle de la Paraphrase de Galien sur l’Exhortation de Ménodote (CN 67, 08-2007), et en mars 2015, dans Nostradamus occultiste : Codes et Procédés de chiffrement dans l’oeuvre de Nostradamus, le Testament de Nostradamus (CN 175, 04-2002 puis 11-2013). J’ai édité au CURA les Significations de l’Eclipse qui sera le 16 Septembre 1559 (CN 119, 11-2009, deux lettres de Nostradamus datant de l’année 1566, l’une à Catherine de Médicis imprimée par Benoist Rigaud (CN 174, 12-2013), l’autre, manuscrite et inédite, à Joachim de Cléron et datée du 25 février 1566 (CN 100, 07-2008), et le Traité des Fardements et des Confitures (édition Volant, 1555 ; CN 202, 09-2015).
Les lettres de la correspondance choisie de Nostradamus, les Clarorum virorum epistolae, ont été éditées par Eugène Lhez en 1961 (seulement la traduction des lettres envoyées par Nostradamus), par Jean Dupèbe en 1983 (texte latin et traduction partielle des lettres, expurgées des données astrologiques), par Robert Amadou en 1991 (traduction des lettres par Bernadette Lécureux et données astrologiques brutes), et par Pierre Brind’Amour en 1993 (analyse critique des données astrologiques seules). Parmi les autres textes de Nostradamus restant à éditer figurent les fameuses Prophéties dont il n’existe encore aucune édition fiable après 450 ans d’errements (Brind’Amour en 1996 n’édite que 4 centuries, Petey-Girard en 2003 seulement 7 dans une version contestable, en ignorant la véritable édition de 1557, avalisant ainsi les erreurs d’éditions plus tardives, « 1557 Du Rosne » i.e. ca. 1560, et « 1568 Benoist Rigaud » i.e. 1568A ca. 1571), et La nativité du prince Rodolphe (un manuscrit inédit de 1565), soit au total une dizaine de textes en plus des 33 publications annuelles.
Malheureusement il n’existe pas en France d’éditeur motivé, bienveillant ou éclairé : seulement des marchands de fadaises à trois balles, comme il n’existe pas d’intérêt pour Nostradamus en Université et dans les centres de recherches subventionnés, si ce n’est pour l’édition de comparables fadaises motivées par des intérêts idéologiques et leurs impératifs pseudo-didactiques. Comme pour l’astrologie et son histoire, voire pour l’épistémologie du fait astrologique, les sphères intellectualisées et conformistes sont plombées par des groupuscules de malfaiteurs pseudoscientistes, lesquels irriguent aussi les sous-produits de la culture que sont les encyclopédies en ligne du genre Wikipedia. Partout le même discours consensuel piloté par les daubards de lettres qui ne veulent rien voir ni entendre. Cette surdité a son pendant dans le recyclage des quelques traits pertinents pillés dans les études originales. J’en ai fait l’expérience lors de la parution de mon Manifeste pour l’Astrologie, traduit en quatre langues, singé ici ou là par quelque pisse-bec, mais rarement cité à propos. Aussi renvoie-je mon lecteur à mon appel salonnais de 2008 (CN 94) : A quand une édition (in)complète des oeuvres de Nostradamus ?
Tolosa-Genova, 02 août 2014 (Discours à l’occasion du VIIème congrès de l’association Apotélesma de Lucia Bellizia, Gênes, 18 octobre 2014)
(cf. le programme de la réunion génoise : VII Convegno Apotélesma, le compte-rendu sur le site Apotélesma : VII CONVEGNO APOTÉLESMA, et la traduction par Lucia de la version initiale de ce texte : Bilancio sulle publicazioni annuali di Nostradamus)
Patrice Guinard, octobre 2014 Lucia B. Patrice G., octobre 2014
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Bilan sur les publications annuelles de Nostradamus (1550-1567)
(Discours de Gênes, Congrès Apotélesma, 18-10-2014)
http://cura.free.fr/09-10nostra/1410gen.html
24-10-2014 ; revised 24-07-2016
© 2014-2016 Patrice Guinard
mercredi 29 mai 2024
jacques halbronn Etudes nostradamiques. La dialetique prose- quatraiins. Les trois épitres, à César, Henri II, Pie IV
jacques halbronn Etudes nostradamuqyes. La dialectique prose/quatrains. Les trois épîtres à César, Henri II, Pie IV
Entre 2008 et 2011, la Revue française d'Histoire du Libre a produit, à l'instigation de Gérard Morisse un dyptique, dont la première partie fut réalisée par Patrice Guinard et la seconde par nous meme. Cette formule reprenait celle adoptée par Abraham Ibn Ezra, bien des siècles auparavant (cf notre éditon du Commencement de Sapience et du Livre des fondements Ed Retz 1977) La première partie s'intitulait Historique des éditions des Prophéties de Nostradaùis (1555-1615) et adoptait une posture plutôt apologétique alors que la seconde relvevait d'une méthodologie critique.
Notre approche s'articulait sur la dialectique entre textes en prose et textes versifiés et nous avons poursuivi dans ce sens jusqu'à aujourd'hui. Toute la question est de retrouver la source des quatrains, laquelle en constitue la matrice. Plus il y aura de recoupements entre les deux corpus, et plus l'authenticité du texte en prose sera validable et validée. Or; dans la partie "guinardienne", l'on trouve en appendice (pp/ 120 et seq) une "généalogie et filiation des éditions des Prophéties" consacrée largement à la Préface à César. On renvoie également à l'édition diligentée par Pierre Brind'amour (Droz 1996) en ce qui concerne la dite Préface (pp 1-43). En 2002 dans nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, nous avons publié la première Epitre au Roi en tête des Présages Merveilleux pour 1557 qui avait servi et inspiré l'idée de la fabrication de la seconde placée en tête du second volet des Centuries. En ce qui concerne la Préface à César, Brind'amour se référait à un textes daté de 1556 signé Couillard du Pavillon. Dans notre seconde partie, nous signalions notre préférence pour une édition Antoine Besso, certes tardive mais sensiblement plus probable, étant entendu que des publications plus anciennes peuvent être imprimées après des publications plus tardives, et ce d'autant que les dates de publications sont, de toute façon, toujours à valider. De fait, la mouture à César comporte quelques éléments se retrouvant dans certains quatrains des premières centuries. En revanche, l'Epitre à Henri II ne permet pas de tels recoupements, ce qui tendrait à la disqualifier en tant que matrice. On nous objectera peut etre que rien n'empêchait les rédacteurs de cette seconde Epitre au Roi de récupérer des éléments de tel ou tel verset. Mais il semble que cette interdépendance entre prose et vers n'ait plus été appréhendée alorx comme elle avait pu l'être pour la confection de la Préface à César laquelle dut paraitre en même temps que les toutes premières Centuries sous la Ligue. Guinard apporte certes des éléments en faveur de la primauté de l'édition Macé Bonhomme 1555 par rapport à d'autres versions mais cela ne conforte aucunement l'authenticité de la dite édition à la date indiquée Tout au plus, s'agirait il de la première version ayant accompagné une édition antidatée produite en 1588-1589.
En ce qui concerne l'Epitre au pape (cf notre première étude in Réforme Humanisme Renaissance, 1991), en revanche, les connexions entre le texte en prose et des quatrains du second volet des Prophéties, sont patentes alors qu'elles font défaut en ce qui concerne la nouvelle Epitre au Roi, datée de 1558, à la veille de sa mort. Guinard n'exploite pas dans sa première partie une telle piste, n'ayant notamment pas eu accès à une édition du début du XXe siècle de celle-ci et n'ayant pas accordé assez 'd'attention à la traduction italienne des années 1560 de la dite Epitre. (conservée à la BNF) On y trouve la clef de certains quatrains de la Centurie VIII (la mention d'un temps de 27 ans, liée à l'Antéchrist, le terme "macelin") Paradoxalement, la prose, ici, constitue une sorte de commentaire des quatrains On retrouve ici une problématique anthropologique et linguistique, qui nous est chère avec le passage d'un premier état vers un second état,, en forme de binome.
JHB 29 05 24
lundi 27 mai 2024
jacques halbronn Réflexions autour de l'Historique des éditions des Prophéties de Nostradamus (1555- 1615) de Patrice Guinard .
jacques halbronn Réflexions autour de l'Historique des éditions des Prophéties de nostradamus (1555-1615) de Patrice Guinard( Revue française d'histoire du Livre, n°129, 2008)
L'auteur de l'Historique est interpellé par l'existence d'éditions "tronquées"et il propose l'explication suivante (p. 43)" Certes, Nostradamus a volontairement "tronqué" son texte (septiéme centurie incompléte) (..)afin de rendre moins aisées les analyses des sceptiques; C'est une architectonique partielle, ouverte à toutes les dénégations hasardeuses, que le prophéte salonais a décidé de construire en rempart contre ses détracteurs et en prévention contre toute tentative de contrefaçon ultérieure. Car, autrement, il n'y aurait aucune raison d'imaginer des centuries incomplétes dont l'organisation serait précisément en contradiction avec les mentions apposées (..) Ce scénario me semble être l'éclaircissement majeur à l'aporie sur laquelle se sont échinés nombre de commentateurs" (..) Et la probabilité est quasi nulle pour que de supposés faussaires imaginent une telle organisation et surtout pour qu'ils puissent en reproduite les articulations d'une édition à l'autre" (" A parté en guise d'épilogue") Guinard nous déclare donc que son "scénario" est le plus vraisemblable. Il nous revient d'en proposer un autre. Dans notre communication de 1997 lors du Colloque "Prophétes et prophéties" (Actes parus aux presses de l'Ecole Normale Supérieure), nous signalions la présence insolite du quatrain 46 de la IVe Centurie, figurant dans la prétendue toute première édition (macé Bonhomme, Lyon, 1555), laquelle Centurie est justement celle qui est "incompléte"(.http://nostredame.chez-alice.fr/nhalb102.html) mais qui aurait été "complétée" dans les éditions Antoine du Rosne (1557) pour donner un ensemble de six centuries, mais cet ensemble, à son tour, affublé d'une septiéme centurie, également déclarée "incompléte". Mais, comme dirait Guinard, suivant sa démarche apologétique - tout va très bien madame la marquise - tout était prévu. RAS. Guinard, on l'a vu, concluait que " la probabilité est quasi nulle pour que de supposés faussaires imaginent une telle organisation". Pourtant, si l'on admet que le premier état des Centuries, dont on ne dispose pas d'exemplaire, et qui devait être de 3 centuries, aura ensuite été instrumentalisé pour se voir doté d'additions ou éventuellement avec des quatrains modifiés, il n'est plus question d'un plan de départ mais bien d'une succession de circonstances, de conjonctures, d'un raccommodage, ne faisant sens que par rapport à une actualité immédiate, celle de la Ligue, avec notamment le départ de Paris d'Henri III pour les environs de Tours, ce qui est le thème de IV, 46., au lendemain de l'assassinat du Duc de Guise (1588). On est face au chantier, au brouillon des Centuries qui se constitue en l'espace de quelques années et en l'absence des centuries VIII-X pourtant censées parues, selon l'historique de Guinard, 20 ans plus tôt, en 1568, lequel n'explique pas qu'on ne les ait point republiées alors avec l'epitre de 1558 (peu avant sa mort en tournoi) à Henri II.
Mais revenons à l'édition Macé Bonhomme 1555 qui a été retrouvée dans les années 1980 (par Benazra). On peut se demander pourquoi cette éditions est à 353 quatrains mais Guinard nous a donné son scénario visant à égarer les détracteurs. Force est de constater le contraste entre le peu d'éditions différentes des années 1550 et le grand nombre de variantes des années 1580.Pourtant, cela se conçoit fort bien. les faussaires et les libraires qui sont de méche et qui les emploient, avec des motivations, des mobiles politiques évidents, n'allaient pas se fatiguer à reproduire in extenso sous forme antidatée, toute la production ligueuse (ou antiligueuse); Il leur suffirait, pour donner le change, d'en fournir quelques échantillons comportant toutes des additions, soit des "Centuries" incomplétes. Cela peut sembler maladroit mais c'est au sein de ces additions que se trouvaient les quatrains les plus en prise avec la conflictualité du moment alors que dans les années 1550, cela serait tombé à plat mais les lecteurs des éditions ainsi antidatées vivaient bien dans les années 1580 et non dans les années 1550! Guinard revient ( p; 84) sur l'édition( rouennaise à 4 centuries en son titre, signalée et décrite mais non reproduite à ce jour) que nous avions signalée à propos de IV, 46 "Il n'y a aucune raison de penser que cette édition ait pu censurer des quatrains ou des vers en apparence favorables aux ligueurs et hostiles à Henri IV dans le contexte politique des années 1588-89. (..) les quatre quatrains manquants ont été écartés pour des raisons de mise en page car ils sont reproduits dans l'édition de 1589(..) La suppression de quatre quatrains afin de respecter la mise en page est une nouvelle preuve en faveur de l'authenticité de l'édition Bonhomme de 1555 qui comprenait 353 quatrains"
On notera d'abord que l'édition Bonhomme 1555 comportant de facto 4 centuries ne mentionne pas en son titre un tel contenu à la différence de l'édition 1588 rouennaise -mention de lieu qu'il ne faut pas nécessairement prendre à la lettre- de 1588. "divisée en quarte centuries", seul cas d'une telle mention au titre dans toute la bibliographie centurique car l'on peut être tenté de faire dire à l'adversaire ce qui le dessert. Or, pour nous, la disparition d'une mention est propre à une édition plus tardive non retrouvée sinon en sa redatation 1555. Autrement dit, l'édition Macé Bonhomme serait postérieure à l'édition de Rouen 1588. Les Quatrains en question n'ont pas été écartés, ils ont été ajoutés et on les trouve justement dans Macé Bonhomme 1555 ainsi que dans une édition de 1589, comme le rappelle Benazra dans le RCN. Guinard , on l'a vu, n'est pas avare de scénarios pour valider ce qui le géne aux entournures. On, rappellera enfin que les vignettes de page de titre de l'édition Macé Bonhomme ne correspondent pas à celle des pronostications authentiques des Pronostications de Nostradamus mais reprennnent, par inadvertance, celles des faux almanachs au nom de Nostradamus circulant au début des années 1560. Les faussaires disposaient d'une bibliothèque nostradamique dans laquelle on avait mélangé le vrai et le faux. Ironie du sort, les faussaires n'avaient pas compris que de précédents faussaires étaient intervenus du temps même de Nostradamus!
JHB 27 05 24
dimanche 26 mai 2024
jacques halbronn En reponse à la critique Patrice Guinard dans son Historique des éditions des Prophéties de NOstradamis (1555 1615)
jacques halbronn En reponse à la critique Patrice Guinard dans son Historique des éditions des Prophéties de NOstradamis (1555 1615)
"
Il y a 22 ans que nous avions publié nos "Documents Inexploités".C'est l'occasion à propos des commentaires de feu Guinard de faire le point sur nos recherches depuis 2002 en rappelant la soutenance en 2007 de notre post doctorat sur la "naissance de la critique nostradamique au XVIIe siècle" (EPHE Ve section) et notre travail parue sur la Revue Française d 'Histoire du Livre (2011) On retiendra le passage suivant:
Halbronn entend ' dessaisir Nostradamus de ses oeuvres, en inventant des éditions inexistantes et des équipes de faussaires des deux camps (réformés et ligueurs), en falsifiant les dates des éditions connues et attestées, et en ignorant les véritables éditions antidatées ou en les faisant passer pour les plus anciennes. (..) Il présuppose que pour crédibiliser leurs agissements, les prétendus faussaires devaient produire simultanément une édition contemporaine à une autre antidatée (p.12), mais il s'avère incapable d'en fournir la moindre preuve. Or le meilleur exemple reconnu de cette pratique est l'édition antidatée de 1605, que précisément il ignore. Il s'avère au contraire qu'aucune des éditions les plus anciennes n'a eu d'équivalent plus tardif : que ce soient les éditions de 1555, de 1557 ou de 1568 (cf. CN 31, CN 71 et CN 105 notamment)."
On répondra que ce sont ceux qui veulent ignorer les manipulations du nom de Nostradamus lesquelles portent atteinte à sa mémoire et à son oeuvre! Que pense, notamment à l'article de Chantal Liaroutzos « Les prophéties de Nostradamus : suivez la Guide », in Réforme, Humanisme et Renaissance, 23 (1986), Lyon. où l'on montre que certains quatrains du second volet sont repris d'un guide de (saints) voyages. Faudrait- il sérieusement attribuer à Michel de Nostredame de tels procédés propres à la contrefaçon -cf notre étude sur les Protocoles des Sages de Sion, Prophetica Judaica, Beth; ed Ramkat 2002? En fait, le cas de Guinard est typique des résistances à toute forme de décantation, d'élagage: il entend, par principe, tout garder, quitte à procéder à des reinterprétations, que ce soit pour le Centuries ou pour l'Astrologie, puisqu'il va jusqu'à garder les maitrises planétaires évacuées par son maitre Jean Pierre Nicola. En d'autres termes, Guinard est bloqué sur la case "solsticiale" et disjoncte quand on passe en phase critique équinoxiale, quitte à se lancer dans des spéculations sur l'application des quatrains sur des périodes modernes, ce qui viendrait valider, imagine-t-il le statut prophétique des Centuries prises comme un tout indissociable! (cf son Nostradamus ou l'éclat des empires Ed Eclat, 2011 ainsi présenté:"L'oeuvre fulgurante et trouée de lacunes du voyant provençal, Prophéties et Almanachs, reste méconnue. Ayant subi les trois traitements possibles des politiques de bannissement (la censure et l'exclusion, la critique diffamatoire, la falsification et la fabrication de faux), jugée indigne de figurer aux panthéons des littératures, voire dans leurs antichambres, régulièrement vilipendée, censurée, trahie par des obscurantismes tenaces, elle aura néanmoins réussi à traverser les siècles, et à ressurgir authentifiée et plus étoffée au crépuscule du XXe et à l'aube du suivant." Cela dit, depuis 20 ans et plus, nos travaux auront sensiblement progressé. Nous considérons désormais que c'est Crespin qui aura été utilisé par les faussaires pour fabriquer de faux quatrains; ce que Brind'amour n'avait pas compris dans son édition critique de la pseudo édition 1555 (Droz, 1996) Dans nos Documents, nous reproduisons la première épitre à Henri II -déjà reproduite partiellement par Daniel Ruzo dans son Testament de Nostradamus, Ed Rocher) qui aura été utilisée pour fabriquer une fausse épitre au Roi en remplacement de la véritable épitre de Nostradamus au pape Pie IV qui devait être recyclée pour introduire le second volet, comme le montre l'étude de plusieurs quatrains du dit volet qui en dérivent.("macelin" à partir de Marcelin)/
Dans son Historique des éditions des Prophéties de Nostradamus (1555-1615, RFHL, 2008), Guinard vise (p. 84) notre communication de 1997 dans le cadre des journées Verdun Saulnier -Prophétes et Prophéties) où nous déconstruisons l'édition critique de Pierre Brind'amour (Droz, 1996) en (dé)montrant que le quatrain IV 46, faisant partie de la 'première édition" 1555; date en réalité des années 1588-89. Guinard ne parvient pas à faire son deuil de ces éditions se présentant comme parues du vivant de Michel de Nostredame et nous parle de quatrains que l'on aurait évacués à un certain stade pour de pures raisons techniques de place! Il ne nous explique pas pourquoi les centuries VIII à X ne sont pas rééditées en 1588-89 ne voulant pas admettre qu'elle n'avaient pas encore été fabriquées et qu'elles ne le seront qu'à la veille du couronnement d'Henri IV. En fait, Patrice Guinard semble incapable de faire preuve de "bon sens" (Descartes, Discours de la Méthode) et se laisse mener par le bout du nez par les subterfuges des libraires de l'époque. C'est ainsi qu'il n'est pas autrement surpris par le fait que la première édition serait à 353 quatrains comme si cela pouvait faire sens. On voit bien qu'il y avait au départ, chez les faussaires, un plan à 300 quatrains et que l'on est en face d'une édition augmentée donc plus tardive. Dès 2011, la Revue en question aura pris conscience qu'elle s'était fourvoyée en publiant l'Historiuqe de Guinard et accueiillera un nouveau dossier ' Jacques HALBRONN, « Vers une nouvelle approche de la bibliographie centurique »
JHB 26 05 24
lundi 20 mai 2024
Patrice Guinard sur Jacques Halbronn (English) in the year
Patrice Guinard sur Jacques Halbronn (English) in the year 2000
24. Jacques HALBRONN
- born December 1, 1947 at 11.25 am (11:25) in Paris 17 ( at 12.30 pm according to his mother)
(source : Patrice Guinard, r.p.)
- Ph.D (several theses), historian and ethnologist of the astrological "milieu", astrology congress organizer since 1975.
- author of ten books and more than thirty articles. The Guide astrologique (1984; Paris, Laurens, 1997) which carries on the idea put forth by De Herbais De Thun, is an index of astrologers and their activities.
- in the bibliography of his article "Astrologie" in the Encyclopaedia Universalis (1992), he only cites 3 books - in the twenty mentioned - in which he has no direct connection, either as a publisher or author. That goes to show the seriousness of the academic intelligentisia on the subject.
- in his extensive introduction to the truncated Histoire de l'astrologie by Serge Hutin (Paris, Artefact, 1986), he considers astrology to be a cultural reality : the relationship between the stars and mankind being only "A link created by man alone." (p.144). We are still waiting for the historical analysis that would justify this cultural "Lamarckism".
- his most useful works remains La vie astrologique il y a cent ans [from Alan Leo to F.Ch.Barlet], Paris, Grande Conjonction & Trédaniel, 1992.
- Prefering to do research on his own, historian and untimely sociologist, quick-tempered organizer of symposiums, quarrellsome observer of astrological life, megalomaniac and maladjusted character, Halbronn is sort of a Socrates in the French astrological milieu. He seeks to deliver people's consciousness and exerts a kind of dualistic "maieutics" that is ignored by the majority of astrologers and incomprehensible for the believer. "In the last analysis, astrology would be too serious a thing to be entrusted to astrologers and the counseling session a too important meeting not to be rethought about in the second degree." (in L'astrologue face à son client (Les ficelles du métier), Paris, Grande Conjonction, 1995, p.46). He successively supports conflicting theses in his works: from "sensory astrology" (1977) to "cosmotherapy" (1995), or "astrology of Tarot" (1983) to "stellar astrology" (2000), he deepens the superficial, brightens the ordinary. With time he has come to think of himself as the director of a hospital for the insane. Often in relation (and by reaction) to certain discussions that he had with me since 1983, he has developed more complex problematics. Halbronn is a better speaker than writer. He excells in confrontation, and recently reached (in December 2000, at the CURA-MAU symposium in Paris) the summit of his art. While working out new "nearly-astrological" theories, he polished up his dialectic machine and moved the boundary between astrology and anti-astrology. It appears now that all the joint anti-astrological argumentation (first the one by astronomers, but mainly the one coming from the university circles, of sociological or historical orientation) remains at a level short of the problematics that he put in place, insidious and convoluted, nevertheless salutary and invigorating for any reflection on astrology."
vendredi 26 janvier 2024
Jacques halbronn Comment Patrice Guinatd est passé à coté de l'Epitre de Nosradamus au Pape Pie IV
Jacques Halbronn Comment Patrice Guinard est passé à côté de l’Epitre de Nostradamus au pape Pie IV
En 1991, nous avons signalé un document (conservé à la Bibliothèque Nationale mais fort mal signalé alors (avant l’informatisation des collections) au fichier des anonymes) resté totalement ignoré des chercheurs dans le champ centurique et le Bulletin de l’Association d’études sur l’humanisme, la réforme et la renaissance, année 1991, volume 33, numéro 33, p. 43-72.s’empressa de publier notre étude (reprise sur Persée)sous le titre »Une attaque réformée oubliée contre Nostradamus (1561) ». Il était fortement question du pape Pie IV dans ce « Cantique Spirituel et consolatif A Monseigneur le Prince de Condé. Avec un écho sur l’adieu du Card. de Lor. Plus la déclination des Papes, contre pronostication à celle de Nostradamus » Publication : Reims, 1561 : ark:/12148/cb332787384 Notice n° : FRBNF33278738
Nous résumions ainsi notre étude « Les relations entre Nostradamus et Pie IV (1559-1565) n’ont pas fait l’objet d’une monographie, si bien que l’on a généralement privilégié ses Epîtres au pouvoir temporel. C’est ainsi qu’en 1556, Nostradamus s’adressa coup sur coup à Catherine de Médicis, à Henri II, et à Antoine de Navarre.
La découverte de la Contrepronostication nous a amené à examiner la nature des relations entre Nostradamus et le Pape. Pourquoi y reprochait-on notamment à l’auteur des Prophéties d’être en quelque sorte à la solde du souverain pontife ? De fait, en cette année 1561, Nostradamus rédigea deux Epîtres au Pape et l’année précédente, il lui accorde un passage significatif de son Almanach pour ladite année 1561. »"
Laissons la parole à Patrice Guinard ;
CORPUS NOSTRADAMUS 179 — par Patrice Guinard
Les faux Nostradamus italiens des années 66-67 : il vero Giuditio, il vero Pronostico, li Presagi et Pronostici
Après la mort de Nostradamus en juillet 66, la belle vie commence vraiment pour les usurpateurs de tous poils, imposteurs et faussaires des oeuvres et du patronyme du prophète salonnais, dont un certain Michel Nostradamus le Jeune qui signe aussi Mi. de Nostradamus (cf. CN 180). Une floraison de pronostics divers, mis au nom de Nostradamus, commence à envahir les foires et les étals de libraires, à commencer par deux pronostications italiennes parues dans diverses éditions, Il vero et universale giudicio et Li Presagi et Pronostici.
179A Il vero et universale giudicio sopra le quattro stagioni, di M. Michele Nostradamo Astrologo Eccellentissimo, Et Medico di Salon di Craus [sic] di Provenza,
Nel qual si vede brevemente quanto mostrano le stelle, & Pianeti di mese in mese, & di quarto in quarto, dell’anno 1566
… Tradotto fidelmente di Francese iu [sic] Italiano.
Trino (Trento), [Giovanni Francesco et Giolito de Ferrari ?], « con licentia de Superiori », 1566, in-4, 4 ff. (vignette au frontispice)
° BC Trento: t-G 2-op f 60
Il vero et universale giudicio sopra le quattro stagioni Il vero, et universale Giuditio
179B Il vero, et universale Giuditio di M. Michiele Nostradamo, astrologo Eccell(entissimo) & Medico di Solon [sic] di Craus [sic] di Provenza,
nel quale si vede brevemente quanto mostrano le stelle, & Pianeti di mese in mese, & di quarto in quarto dell’anno 1566
… Deo semper laus, & gloria
Trino (Trento), [Giovanni Francesco Giolito de Ferrari], « con licentia delli Superiori » (A4v), [1566], in-4, 4 ff. (pas de vignette)
° BN Marciana Venise: MISC 1339. 017
→ Giuseppe Dondi & Marina Bersano Begey, Le cinquecentine piemontesi, vol. 3, Turin, 1966, p.241, n.1373
→ Chomarat, 1989, n.78
La première pronostication existe en deux versions : l’une avec un vignette au frontispice et dite traduite du français, l’autre sans vignette et au titre et précisions modifiés au frontispice. Elle contient les quartiers lunaires sommairement commentés pour chacun des douze mois de l’année avec un faciebat controuvé de Nostradamus, et un commentaire de l’éclipse lunaire d’octobre 1566 dans un contexte italien. Les données des quartiers ne correspondent pas à celles de l’Almanach de Nostradamus pour l’année 1566. Il s’agit d’un faux, probablement concocté après la mort de Nostradamus, peut-être traduit d’une version française perdue. Le texte ne présente aucun intérêt.(sic)
179C Il vero Pronostico calcolato dall’eccell(entissi)mo astrologo, et filosofo M. Michel Nostradamo Francese.
Il qual narra diligentemente tutte le perverse calamità, che deve incorrere l’Anno 1566 come per ragioni Astronomiche lo dimostra.
Bologna, Alessandro Benatio, « Con licentia delli Superiori », 1566, in-4, 4 ff.
° BNF Paris: Rés V 1196
→ Leoni, 1961, p.87
→ Chomarat, 1989, n.77
→ Benazra, 1990, p.77
→ Brind’Amour, 1993, p.492
→ CAT Ruzo-Swann, Avril 2007, n.9 (vendu 390 $ avec d’autres fac-similés)
Cette seconde pronostication est à rattacher à la première par les données astrométriques similaires pour l’éclipse lunaire du 28 octobre 1566 : à 23 h 50 et 15° Taureau, durée 3 h 40 (Giuditio, A4v) vs 24 h 50, durée 3 h 40 (Pronostico, A2v). L’introduction sur un feuillet (incipit « Il divino Mosè nel Sesto del Genesi » ; explicit « o gli effetti nelle cose inferiori ») cite en seconde page une série d’autorités en matière astrologique : le chapitre 4 du second livre du Tetrabiblos de Ptolémée, Hali Rodoan, Albumasar, Messahalla, Almansor, et un astrologue du nom de Pierre Maynard (Pietro Mainardo). Suivent un aperçu de l’année 1566 (avec un faciebat controuvé de M. « Nostrodamus »), un descriptif de l’éclipse lunaire du 28 octobre 1566 (A2v), et des présages attribués à Nostradamus et adressés au duc d’Orléans (le futur Henry III).
Il vero Pronostico calcolato Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo Francese
179D Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo,
Quale principiando l’anno 1565 diligentemente discorrendo di Anno in Anno fino al 1570.
Chiaramente ci dimostra tutto quello che gl’influssi Celesti dinotano, tanto di bene, quanto di male, si delli raccolti boni, quanto delli rei.
Genova, S.n. [Antonio Bellone ?], « con licenza de superiori » (A4v), « 1564″ (A4v) [1567 ?], in-4, 4 ff.
° BNF Paris: Rés V 1195 ; BM Lyon: Rés A 508196
179E Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo Francese.
S.l. [Genova ?], S.n., S.d. [1567 ?], in-4, 4 ff. (vignette aux deux astrologues au titre)
° BNF Paris: Rés V 1194 (page de titre manquante) ; BN Marciana Venise: MISC 2636. 061
→ Leoni, 1961, p.87
→ Chomarat, 1989, n.62 (sous 1564) et n.67 (sous 1565)
→ Benazra, 1990, p.67-68 (les 2 versions, sous 1564)
→ Brind’Amour, 1993, p.491
→ CAT Ruzo-Swann, Avril 2007, n.9 (vendu 390 $ avec d’autres fac-similés)
Au moins deux autres éditions antidatées du précédent texte ont été imprimées vers 1567 (ou plus tardivement) avec un titre totalement remanié. Un exemplaire de la BNF précise la nationalité de l’auteur falsifié : « Francese ». Ces éditions ne précisent pas le nom de l’imprimeur, peut-être Antonio Bellone qui exerçait à Gênes à cette date, à supposer qu’il s’agisse bien d’impressions génoises (cf. Gedeon Borsa, Clavis typographorum librariorumque Italiae, Baden-Baden, 1980). Le texte est prétendument dit traduit d’un original français.(…)
Dans la dédicace, On remplace le duc d’Orléans par le pape Pie IV, ainsi que quelques formulations relatives au nouveau dédicataire et à l’année visée : on transforme par exemple l’expression « circa l’Anno 1566″ en « circa 1565 & 1566″, mais pas la suite du texte « che sarà l’anno il quale per la revolutione … » – ce qui contredit les propos du texte puisqu’il est toujours question de l’année 1566 alors que la pronostication concerne 1565 ! De même « 1566″ est remplacé par « 1565 tenendo per l’anno 1566″ (A3v). A la page précédente, l’expression « qualche grandissimo danno che non passeranno quelle annà [sic] de 1566 et 1567″ devient « qualche gran matrona che non passeranno quelli anni de 1566 et 1567″ (A3r). Dans l’édition non datée du même texte, la « gran matrona » est remplacée par « grande dame » (en français). La régente Catherine de Médicis semble visée, et la seconde mouture de 1565 pourrait avoir été concoctée dans les cercles de mécontents liés à François d’Anjou (cf. infra). Bien sûr c’est surtout le prestige de l’astrologue et conseiller royal qui est visé par la dédicace réorientée sur le pape Pie IV, décédé le 9 décembre 1565. »
Ainsi pour Guinard, la dédicace au Duc d’Orléans aurait été remplacée par celle au pape alors que c’est l’inverse qui se produisit!: Robert Benazra en 2001 publiera sur le site du CURA de Guinard l’étude suivante dont nous extrayons la partie se référant à Pie IV;
Les Pronostications et Almanachs de Michel Nostradamus
par Robert Benazra
»En 1561, Nostradamus publie son Almanach nouveau pour 1562. Composé par Maistre Michel Nostradamus, Docteur en Médecine, de Salon de Craux, en Provence… Il le fait imprimer à Paris, par Guillaume le Noir et Jehans Bonfons. [ Cet almanach est dédié, le 17 mars 1561, à « Pie IIII Pontifice Max ». [ Nostradamus a livré aux éditeurs un texte partiel, sans doute à cause des troubles civils et à l’éloignement de Salon qu’ils imposèrent à Nostradamus en avril, mai et juin 1561. [ La dédicace à Pie IV montre cependant que Nostradamus avait dans le haut clergé de puissants protecteurs.
Nostradamus compose sa Prognostication nouvelle pour l’an MDLXII. Composée par maistre Michel Nostradamus, Docteur en Medicine, de Salon de Craux en Provence, qu’il fait imprimer à Lyon par Antoine Volant et Pierre Brotot. L’épître de Nostradamus est adressée à Jean de Vauzelles.
Il existe une édition apocryphe de la Pronostication nouvelle pour l’an mil cinq cens soixante deux. Composée par Maistre Michel Nostradamus Docteur en Médecine, de Salon de Craux en Provence, imprimée à Paris chez la veuve Barbe Regnault.
Le XVIe siècle nous a transmis un manuscrit en français comportant plusieurs passages autographes de Nostradamus Les Praedictions de l’almanach de l’an 1562, 1563 et 1564 par M. Michel de Nostre dame Docteur en medicine. Faciebat M. Nostradamus. Salonae petreae provinciae. XX Aprilis 1561. [ Cette copie manuscrite de 222 pages est restée inédite. Les Prédictions sont dédiées au Pape Pie IV dans une épître, datée de « Salon de Craux en Prouence, ce XX avril 1561″. Malgré son titre, l’ouvrage porte essentiellement sur l’année 1562, avec quelques anticipations pour les années suivantes. Il ne semble pas que ce manuscrit destiné au pape lui fut envoyé, car on remarque dans le texte de nombreux espaces blancs, prouvant que Nostradamus n’avait pas entièrement revu son texte. On sait effectivement que le secrétaire de Nostradamus laissait des espaces blancs, à remplir plus tard, quand il n’arrivait pas à lire le texte original. Les troubles du printemps 1561 à Salon et la fuite de Nostradamus à Avignon expliquent sans doute ces particularité
Voici une pronostication italienne : Pronosticon del l’anno 1563 coposto et calculato par M. Michele Nostradamo dottore in medicina di Salon di Craux in Provenza. Cette pièce est dédiée au pape Pie IV avec privilège et contrôlée par le grand Inquisiteur.
Nous disposons également d’une pronostication italienne : Pronostico et Lunario de l’Eccellentiss. Filosofo, Medico, et Astrologo M. Michele Nostrodamo…, imprimée à Padoue en 1563.
[ On aura compris que l’original est bien dédié au pape et que la parution se référant au Duc d’Orléans est la contrefaçon. Guinard n’aura pas eu accés à une impression du début du siècle dernier qui met clairement en évidence que les traductions italiennes ont suivi strictement l’original français. (cf sur le site de Mario Gregorio propheties.it http://www.propheties.it › Researches21-30 ’Reproduction très fidèle d’un manuscrit inédit de M. de Nostredame. Dédié à S. S. le Pape Pie IV/ » Or, nous avons montré les liens existant entre la dite Epitre au pape et certains quatrains du début du second volet des Prophéties; Centurie VIII quatrains 77- 78 avec le mot « macelin », qui ne se comprend que par rapport à la Saint Marcelin dont il est question dans la dite Epitre au Pape. Mais le texte en question sera remplacé en tête du second volet par une pseudo Epitre à Henri II qui ne constitue pas une clef pour comprendre « Macelin »!
JHB 26 °1 24
mardi 21 novembre 2023
Réflexions autour de l'Historique des éditions des Prophéties de Nostradamus (1555-1635) par Patrice Guinard
acques halbronn Réflexions autour de l'Historique des éditions des Prophéties de Nostradamus (1555- 1615) par Patrice Guinard
En 2008,la Revue Française d'histoire du Livre (n°129), sous la conduite de Gérard Morisse, publiait un dossier de 142 pages (plus les annexes) présenté par Patrice Guinard. On sait qu'en 2011, Morisse fit paraitre notre propre étude en contradiction avec l'Historique en question, ce qui correspondait à une forme de désaveu. Nous avons pensé utile d'examiner le travail de Guinard. constitué de 4 parties. On s'intéressera d'abord à un texte intitulé 'Florent de Crox, le plus doué des imitateurs de Nostradamus (pp 261 et seq) . Ce qui ressort de cette étude, c'est que les auteurs cités ne se référent pas aux Prophéties mais aux quatrains des almanachs annuels. Ceux-ci auront d'ailleurs donné l"idée d'en produire des centuries entières. Ainsi Florent de Crox n'aura pas pour autant "imité" les Centuries des Prophéties, lesquelles ne paraitront d'ailleurs qu'à la fin des années 1580; Si tant est que l'on retrouve certains quatrains "centuriques" chez Florent de Crox, ce sera dû au fait que les faussaires se seront emparés de ce genre néo-nostradamique et non parce que Crox aura récupéré des quatrains centuriques. En ce sens le fait d'avoir voulu adjoindre à son Historique cette étude sur Florent de Crox se révéle plutot contre-productif pour Guinard tout comme les autres annexes d'ailleurs. On pense d'ailleurs aux Lettres Inédites ('Dupébe, Droz 1983) qui ne prouvent strictement rien quant au corpus centurique
Venons -en donc au dit "Historique des éditions des Prophéties". Nous sommes visés directement bien que nos textes ne soient même pas signalés dans la bibliographie (pp: 135)
,"Cette étude invalide définitivement les hypothèses tendant à disqualifier les premières et authentiques éditions des Prophéties au profit d'éditions ultérieures (fin XVIe, voire début XVIIe siècle) Il aurait fallu en effet que les prétendus faussaires élaborent en concertation une série d'éditions antidatées toujours plus impeccables à mesure que l'on remonte dans le temps, en améliorant la préface et en la rendant plus proche du style supposé de Nostradamus, tout en éliminant progressivement un nombre toujours plus grand de quatrains! Quelques amateurs ici ou là le plus souvent débarquant dans le champ miné des études nostradamiques, mal informés et n'ayant pas effectué les recherches nécessaires, ont pu mollement préter l'oreille à ces tenatives"(p. 130)
Il y a là allusion à notre communication de 1997, aux Journées Verdun Saulnier "les Prophéties et la Ligue" où nous mettions en avant le quatrain IV 46 "Garde toi Tours de ta prochaine ruine." ce qui remettait en question l'édition Macé Bonhomme 1555 dont Pierre Brind'amour venait de publier une éditions critique. On ignore ce qu'il aurait pensé de notre exposé s'il était resté en vie mais nous pensons qu'il en aurait tenu compte par honnetéte intellectuelle. Dix ans, donc, après notre communication, Guinard (lui qui décédera à son tour en 2020) aura persévéré.
On sait que Benazra parlera de quatrains "manquants" dans son RCN de 1990. en ce qui concerne les éditions parues dans les années 1588-1589, à commencer par le fait que durant ces années, on ne voit point paraitre les Centuries VIII-X censées avoir été publiées en 1568, soit 20 ans plus tôt. Giuinard; quant à lui, s'en tient à cette formule "tout en éliminant progressivement un nombre toujours plus grand de quatrains" Il n'est pourtant pas difficile de comprendre que l'on assistait là à des additions successives liées à l'actualité en cours car on aurait bien du mal à imaginer qu'un premier état comporterait une centurie "incompléte" alors qu'il s'agit d'une addition à une première fausse édition à 300 quatrains disparue. La première attestation d'une édition à 4 centuries- si on laisse de coté l'édition Macé Bonhomme qui ne comporte même pas en son titre une quelconque référence à 4 centuries - date de 1588; La page de titre est reproduite dans le Testament de Nostradamus de Daniel Ruzo et reprise en tête du Répertoire de Benazra. Il n'y a pas eu d'élimination mais bien des additions qui se sont succédé dans la période ligueuse. Dans notre communication de 1997, nous avons montré que les quatrains "manquants" des éditions 1588 comprenaient précisément le quatrain IV 46 "garde toi Tours" ce qui était de circonstance, Tours étant devenu le centre des partisans du prétendant à la couronne, henri de Navarre, rejoint par Henri iII, à la suite du tumulte parisien favorable à la maison de Guise-Lorraine. Tout se passe donc comme si Patrice Guinard n'avait pas prété assez d'attention au contexte politique , à l'arrière plan des éditions des années 1588-89, n'aurait pas, comme il l'exprime lui-même" effectué les recherches nécessaires" s'en tenant aux seules considérations d'éditions comme si la production prophétique n'était pas sensible aux enjeux politiques! C'est ainsi que l'on peut ignorer que la publication du Janus Gallicus de 1594 ait été directement en prise avec l'avénement d'Henri IV au trône de France, ce qu'on aura voulu diaboliser, dans le camp de la Ligue, en le rattachant aux spéculations antéchristiques de Nostradamus dans son Epitre à Henri IV. La question qui se pose est celle des quatrains favorables à l'un ou l'autre des camps en présence avec éventuellement des interpolations en sens inverse. Guinard n'avait visiblement pas acquis notre expérience et notre expertise quant à l'Histoire du prophétisme au cours des siècles et l'on peut douter qu'il ait pris la peine de lire notre thèse d'Etat, Le texte prophétique en France, formation et fortune, Presses Universitaires du septentrion, publie en 1999, mais disponible en microfiches dans toutes les bibliothèques universitaires de France. Quant à Gérard Morisse, en revanche, il semble bien qu'il n'ait pas été imperméable à notre démonstration. Il semble que Guinard cherche à se protéger. Il omet (dans son étude sur Florent de Crox) de citer notamment nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus (Ed Ramkat, 2002) qui traite du phénoméne Crespin lequel comporte de nombreux éléments en commun avec les quatrains centuriques mais aussi de la question d'une première épitre à Henri II qui apparait comme la matrice de la seconde, tout comme les quatrains des almanachs pour ceux des Centuries.
JHB 21 11 23
samedi 30 septembre 2023
Jacques Halbronn Les Juifs, gardiens du temps '(2001)
Les juifs gardiens du temps
le paroxysme du racisme
Un des principes de notre recherche anthropologique a toujours été de faire ressortir une fonctionnalité derrière les clivages socioculturels et autres, ce qui va à l’encontre de l’approche actuelle tendant à en estomper la portée, même lorsqu’il s’agit d’une différence aussi flagrante que la sexuation (cf. notre texte en ligne, sur ce site, sur l’Utopie Féministe). En ce qui concerne les Juifs, nous avons voulu modéliser, dialectiser, axialiser leur place dans le monde, en prenant le problème de diverses manières, jusqu’à ce que nous parvenions aux résultats que nous soumettons à présent.
JACQUES HALBRONN
En fait, ce qui nous a longtemps empêché de progresser dans notre réflexion, c’est ce qu’on pourrait appeler un tabou, selon lequel il serait inconcevable que les hommes ne pensent pas de la même manière, ce qui pourrait en effet sembler être le paroxysme du racisme. C’est d’ailleurs à cette même conclusion que nous étions parvenu concernant la différence entre l’homme et la femme, à savoir que nous ne percevons pas nécessairement le monde pareillement.
Et il ne s’agit pas là d’une simple considération d’ordre culturel, ce serait d’un ordre plus profond, matriciel. C’est dans le milieu astrologique que ces approches différentes ressortent de la façon la plus frappante. Qu’on en juge, voilà justement des personnes partageant le même bagage intellectuel, disposant des mêmes techniques, du même référentiel et cependant qui ne perçoivent pas à l’identique le rapport de l’Homme aux astres, qui n’ont pas la même philosophie de l’astrologie. C’est bien qu’il y a quelque chose de plus radical qui sépare les astrologues les uns et les autres.
Expliquons-nous, il y a ceux qui pensent que l’astrologie a d’abord à traiter du caractère, à assigner une appartenance à un type zodiacal, planétaire, ce que nous appellerons le découpage de l’espace social. Et puis il y a ceux qui soutiennent que l’astrologie est avant tout prédictive, qu’elle doit nous aider à connaître et à préparer l’avenir. Le débat est souvent rendu confus par le fait que, comme disent certains, le caractère forge un destin mais c’est bien là une façon subtile de subordonner le destin, qui est le temps, à une appartenance de nature caractérologique.
Dialogue de sourds, il nous a longtemps semblé jusqu’au jour où nous nous sommes dit que peut être chaque protagoniste percevait autrement: en ce qui nous concernait, nous avions tendance à négliger tout l’attirail astrologique différenciateur, jusqu’à ne pas nous soucier du signe ou du thème, comme si c’était bien secondaire et en face de nous, on expliquait doctement et avec la même conviction que prévoir, c’est à dire annoncer le changement, était vanité des vanités!
Or, cette controverse qui semble interne au milieu astrologique nous concerne tous, en réalité car les astrologues ne font qu’exprimer le ressenti de tout un chacun et d’ailleurs ne sont guère mieux lotis que les non astrologues, ce qui signifie que chaque astrologue apporte à l’astrologie son propre potentiel, le plus souvent plus qu’il ne reçoit d’elle.
Si l’on analyse les réactions face aux événements du 11 septembre, on s’aperçoit à quel point l’humanité est sous le choc d’un événement non prévu et non annoncé; or les astrologues n’ont guère été plus avancés, en la circonstance, que le commun des mortels. CQFD.
Dans mes discussions avec certains astrologues, comme le Français Patrice Guinard (né en 1957), nous avions vraiment l’impression que nous avions une représentation incompatible de l’astrologie. Lui, d’origine chrétienne, ne cessait d’insister, dans son “Manifeste” (http://cura.free.fr), sur l’aptitude des humains à penser la multiplicité, fondement des typologies astrologiques de toutes sortes et parallèlement il ironisait sur la prétention des astrologues à prévoir comme si, en fait, il avait le sentiment que les choses ne changeaient pas, absorbé qu’il était par les clivages socioprofessionnels et autres qui étaient une réalité beaucoup plus concrète et incontournable. A l’inverse, nous, d’origine juive, nous ne voulions même plus entendre parler du thème natal, soutenions que l’on pouvait faire de l’astrologie avec un seul et unique cycle planétaire que l’on pouvait diviser en phases alors que notre ami affirmait que l’astrologie devait faire son beurre de la totalité des planètes du système solaire.
A la fin, le débat nous fit songer à celui opposant monothéisme et polythéisme et nous nous sentions farouchement monoplanétariste et contempteur des polyplanétaristes. Mais tout se passait comme si nous étions monothéiste dans l’âme, alors que jusque là notre intérêt pour la question du dieu unique était resté des plus tièdes. Car, en effet, il nous semblait que l’on pouvait transposer le débat théologique en un débat astrologique et qu’alors la polémique retrouvait une dimension beaucoup plus concrète.
Désormais, il nous apparaissait que le fondement du monothéisme était la conviction qu’un seul dieu suffisait pour faire fonctionner le monde et cela était vrai si l’on pensait en terme de temporalité. Et en face, il y avait ceux qui étaient, tout autant persuadés, qu’il fallait plusieurs dieux-planètes pour conférer à chaque caste son totem, avec toutes les combinatoires qui pouvaient en découler.
Deux astrologies face à face mais que le syncrétisme avait rapprochées artificiellement pour ne plus faire qu’un seul corps de doctrine. Il importait de refaire apparaître la ligne de clivage entre ces deux sensibilités, l’une spatiale, l’autre temporelle, ce qui recouvre d’ailleurs la différence entre astrologie individuelle et astrologie “mondiale”, c’est à dire s’intéressant au collectif.
Ne pouvait-on en conclure que chaque astrologue devait se limiter au champ qui lui était le plus familier, qui trouvait le plus d’écho en lui-même? Car, quand bien même utiliserait-il telle ou telle technique pour accéder à une dimension qui lui était étrangère, il n’y aurait pas de miracle, il ne pourrait apporter que ce qu’il avait en lui-même. Mieux valait travailler, au bout du compte, en équipe, chacun se spécialisant dans ce qu’il percevait le plus instinctivement, le plus naturellement.
Si l’on ajoute que dans le milieu astrologique, il y a très peu de juifs, en comparaison avec d’autres créneaux, on ne sera pas surpris des médiocres succès prédictionnels et de la tendance générale à privilégier, de façon parfois obsessionnelle et caricaturale, les différences individuelles, c’est à dire spatiales, horizontales par rapport aux différences de génération, de phase, soit verticales.
Et en ce qui nous concernait, nous astrologue juif, nous étions en porte à faux avec notre planète unique qui nous suffisait à structurer le temps et à conférer à chaque phase une spécificité que la plupart des astrologues tendaient à brouiller en multipliant les cycles à l’infini. Autrement dit, trop de cycles tuent le cycle.
Et à partir d’une telle prise de conscience, l’idée nous vint que juifs et chrétiens, au sens racial plus que proprement religieux, astrologues ou non, nous percevions des dimensions complémentaires sinon incompatibles.
A partir d’un tel constat, nous parvenions enfin à toucher du doigt, phénoménologiquement, une différence qui sous tendait les seules appartenances socioculturelles plus qu’elle n’était constituée par elles.
Si nous appliquons de telles grilles de lecture, nous comprenons ce que les uns et les autres tendent à minimiser et à relativiser. Pour les “spatiaux”, il est bien difficile de croire que le temps humain soit structuré autrement que par le cycle des saisons, qu’il y a des choses qui ne conviennent pas à une phase donnée, tant ces gens là sont branchés sur le découpage spatial, qui leur semble tellement plus réel que tous les cycles du monde lesquels n’auraient que très peu d’incidence sur ces structures basiques que sont les constantes de caractère. Pour les “temporels”, la notion d’individu apparaît comme un artefact, une exagération, une enflure ne résistant pas au cours de l’Histoire. On aura compris que chaque camp voit midi à sa porte et relativise les valeurs de l’adversaire. Dialectique espace/temps qui implique deux regards distincts et qui n’est pas sans rappeler l’alternative entre quanta et mécanique ondulatoire, c’est à dire que c’est l’un ou l’autre mais pas les deux à la fois.
Certes, le “spatial” prétend savoir ce que c’est que le temps et le “temporel” ce que c’est que l’espace mais en pratique, c’est bien la portion congrue. On spatialise le temps ou on temporise l’espace car on ne peut totalement évacuer l’autre membre de l’équation.
Les Juifs seraient ainsi les bâtisseurs du temps face aux bâtisseurs de l’espace, plus aptes à percer les secrets de l’Histoire tant passée qu’à venir, à respecter la spécificité d’une époque donnée sans tout écraser ou mélanger, en une sorte de bouillie anachronique. Ce peuple de prophètes prendrait les alternances de phase au sérieux, se projetterait sur un avenir à long terme sans se réfugier jamais dans la linéarité, mais cela se ferait aux dépends des autres hommes, vagues silhouettes, dont les préoccupations ne sauraient faire obstacle au sens de l’Histoire. N’est-ce pas ce qui se passe au niveau des relations israélo-arabes?
Les Juifs seraient le peuple d’un seul dieu, le dieu du temps, Chronos, le Saturne latin qui est attribué à une planète, l’unicité étant avant tout un signe d’un découpage dans la durée. En face, les autres peuples, les goyim, les “gentils”, selon l’expression consacrée, occuperaient le plan de l’espace, en mettant à contribution le maximum de planètes. C’est dire que la controverse sur monothéisme et polythéisme n’est pas prête de se terminer et qu’elle va même trouver un second souffle.
Il importe de comprendre les enjeux techniques et épistémologiques qui recouvrent et recoupent les enjeux théologiques et spirituels, ce qui conduit à faire de l’astrologie, en cette aube du XXIe siècle, un savoir très sensible et incontournable.
On savait déjà que les astres avaient reçu des noms de dieux, on savait également que le mot “Ciel” désignait en fait le monde divin tant monothéiste que polythéiste. Mais on ne comprenait pas la véritable signification d’un débat qui semble de nos jours – faussement – dépassé, qu’il s’agisse d’ailleurs des astres ou des dieux.
C’est pourquoi il est urgent de comprendre que ce débat reste tout à fait actuel, qu’il conditionne notre rapport au monde: si chacun d’entre nous n’est véritablement capable d’appréhender que le temps ou l’espace, on se rend compte à quel point nous sommes incomplets, ce qui fait éclater le concept même d’individu, éminemment syncrétique, et qui se nourrit de faux semblants. Nous prétendons être une totalité, en tant qu’individus, mais une partie de nous-même est factice.
Le Juif est gardien du temps, le non Juif gardien de l’espace et ils ne le sont pas par choix, mais par une disposition naturelle de l’être. Au demeurant, la définition que nous proposons est plus souple qu’il peut sembler au premier abord: rien n’empêche de qualifier telle personne de “juive” ou de “non juive” quand bien même le doute existerait sur son pedigree mais désormais on peut sérieusement parler d’une philosophie juive et d’une philosophie non juive et réécrire l’Histoire de la Philosophie.
La philosophie juive – par delà toute dimension judaïque, c’est à dire se référant explicitement au fait juif – est d’essence monothéiste en ce sens qu’elle refuse la dualité spatiale, il n’y a qu’un Créateur mais celui-ci peut se retirer, au septième jour, il n’y a qu’une Loi mais cette Loi prévoit qu’au septième jour de la semaine, on entre dans un autre temps, celui du Shabbat. Il y a aussi un temps où il faut suspendre les cultures agricoles.. Les exceptions se situent dans le temps, non dans l’espace. La pensée juive nous montre à quel point les hommes sont semblables en faisant ressortir, comme le fait Freud, ce qui est récurrent chez tous, avec notamment le complexe d’Oedipe qui est lié à un stade à franchir..
La philosophie non juive, pour sa part, perçoit des dualités, un manichéisme, le monde serait traversé, comme chez les Perses, par des forces contraires – le bien et le mal – alors que pour la pensée juive, il faudrait dépasser ce clivage et le resituer, comme le fait Marx, dans une dialectique thèse/antithèse et dépasser les clivages de classes. En ce sens, le rejet du communisme serait un rejet de la pensée juive.
L’astrologie traditionnelle, celle des 12 signes du zodiaque, nous apparaît dès lors comme l’expression la plus marquante d’une pensée non juive et, dans sa thèse, Patrice Guinard (L’astrologie, fondements , logique, et perspectives, Université Paris I, 1993) a montré à quel point tout un pan de la philosophie allait dans le même sens, à savoir un besoin de découper le monde en catégories vouées à cohabiter.
Mais l’astrologie que Guinard préconise reste éminemment syncrétique, c’est à dire qu’il n’évacue pas pour autant la dimension du temps et défend l’idée que chaque planète est aussi porteuse de changement dans son rapport dynamique avec le thème natal. L’astrologie qu’il endosse est multiple quant à ses acteurs planétaires mais chaque individu aurait son propre temps, ce qui correspond littéralement à une spatialisation du temps.
Or, pour une astrologie juive, il est clair, tout au contraire, que le temps s’impose à tous dans la simultanéité, dans la synchronie, toutes distinctions confondues, la loi s’impose à tous, indistinctement, au même moment, ce qui implique de fait l’évacuation du thème natal qui viendrait moduler le rapport au temps.
Guerre des astrologies qui ne fait que révéler un conflit plus profond, celui du Juif et du non Juif, ce qui est somme toute normal et où chacun veut faire basculer l’astrologie selon son sens. Pour notre part, nous ne contestons nullement l’existence d’une astrologie spatiale, que les travaux statistiques du Français Gauquelin (1929-1991) ont mis en évidence (cf. notre étude à la suite de ses Personnalités Planétaires, Paris, Trédaniel, 1992 et notre travail sur la Pensée astrologique, in Histoire de l’Astrologie de J. Halbronn et S. Hutin, Paris, Artefact, 1986) cette distribution d’un certain nombre de planètes selon les orientations professionnelles. En revanche, nous n’acceptons pas que l’on se serve du zodiaque comme référentiel du thème natal, mais seulement les “maisons”, sur la base du lieu et de l’heure de naissance, ce qu’a montré précisément Michel Gauquelin, à partir de 1955. Le Zodiaque est en effet une structure temporelle, permettant de baliser; sur l’écliptique, le parcours d’un astre privilégié qui, selon nous, est Saturne dont on dit qu’il a dévoré ses enfants, c’est à dire les autres astres.
Dans ce mythe de Saturne/Kronos, nous prenons ainsi la mesure de cette opposition entre un dieu unique, le Temps (Kronos en grec signifie le temps) et le passage à une dimension spatiale exprimé par la multiplicité de sa progéniture qui veut écraser le temps, le châtrer, ce que fera Jupiter à l’encontre de son père.
Saturne, l’astre le plus lent connu de l’Antiquité dont les phases sont de sept ans, ce qui sous tendrait l’interprétation par Joseph l’Hébreu du songe de Pharaon, concernant la succession des vaches grasses et des vaches maigres. Joseph, astrologue de cour, conduisant le souverain d’Egypte à comprendre que le temps n’est pas linéaire mais comporte des hauts et des bas. Certes, dans la Bible, est- il question des douze tribus entre lesquelles se répartirait le peuple juif mais il s’agit là selon nous d’un aspect syncrétique et parasite qui n’a jamais rempli de fonction précise.
Tant que les Juifs n’ont pas démontré qu’ils avaient un rôle éminent à jouer, ils risquent soit l’assimilation, soit l’extermination. Soit, une forme de négationisme leur dispute tout droit à une différence radicale, ils ne seraient qu’un peuple parmi bien d’autres, soit, on les identifie aux forces du mal à anéantir, selon une forme de diabolisation typique de la pensée non juive.
Le christianisme est-il réellement un monothéisme? On peut en douter. La dimension multiple y est flagrante, le Père, le Fils mais aussi la Vierge, mère immaculée de Jésus. Et si le Père était Kronos sacrifiant son Fils, une autre façon de le dévorer, tout comme Abraham fut amené à conduire Isaac sur l’autel, quand bien même serait-il sauvé in extremis….Et dans l’Évangile, Jésus survit à la crucifixion tout comme Jupiter échappe à la dévoration de Saturne.
Décidément, ni l’astrologie, ni la mythologie ne peuvent être évacuées si l’on veut comprendre cette civilisation judéo-chrétienne qui, précisément, marie le Temps et l’Espace.
Jacques Halbronn, Paris le 20/10/01
samedi 19 août 2023
Jacques halbronn Les usagers de la Bibliotheca Astrologcia, de Patrice Guinard à Gilles Bucherie.
Jacques halbronn Les usagers de la Bibliotheca Astrologica, de Patrice Guinard à Gilles Bucherie.
La présente étude est consacrée à l'utilisation de la Bibliotheca Astrologica (BURA: Bibliothèque Universitaire de Recherche Astrologique) -sise au 8, rue de la Providence, 75013 Paris, par des candidats à un diplome universitaire. Il s'agit du doctorat de troisiéme cycle de Patrice(Hervé) Guinard, soutenu en 1993, et du Diplome de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes Ve section, de Gilles Bucherie, soutenu en 2015. On s'efforcera de restituer l'usage qui aura été fait de nos collections, chez ces deux chercheurs et de l'impact qui en aura découlé, à tel ou tel titre..
I "L'astrologie : fondements, logique et perspectives" (1993)
par Hervé Guinard
Guinard - avec lequel nous étions en relation depuis 1983, emprunta un grand nombre d'ouvrage à notre centre, ce qui lui permit d'étoffer son travail de thèse,dans les années qui précédèrent la soutenance en 1993.
Thèse de doctorat en Philosophie Sous la direction de Françoise Bonardel. Soutenue en 1993 à Paris 1 . On trouve cette description
" Champ d'interactions magnétiques et gravitationnelles entre planètes, "impressionne" le système nerveux et le façonne selon une "matrice", forme quadruple des structures astrales (planétaires, sectorielles, cycliques et zodiacales), et paradigme combinatoire de l'"incidence" astrale que la psyché différencie selon quatre registres ou décompose selon quatre milieux conditionnels (énergie, espace, temps, structure). Ces fondements structuraux (planétaire, dominion, cyclade, zodiaque) s'harmonisent au sein d'un nouveau modèle ayant valeur de compréhension pour l'individuel (niveau éthique) comme pour le collectif (niveau anthropologique)""
Patrice (Hervé) Guinard né en 1957, décédé en 2020].
Fondateur du Centre Universitaire de Recherche en Astrologie. Le CURA publie divers types d'ouvrages :
articles originaux,
textes réédités en raison de leur intérêt particulier,
bibliographies,
fiches de travail,
traductions et éditions de textes anciens.
Citation
« Si l'incidence astrale n'est pas un leurre, c'est-à-dire s'il existe, à quelque niveau de réalité que ce soit, quelque force, de quelque nature qu'elle soit, qui influe sur nos modes d'être et que la modernité veut ignorer, alors il n'est qu'une "pratique" possible de l'astrologie : l'astrologie radicale. Tout le reste est commerce et littérature. » - Présentation du CURA.
↑ Jacques Halbronn, Guide astrologique, ed. Laurens, 1997, ISBN 9-782911-838040, p. 133.
↑ Digital International Astrology Library.Digital International Astrology Library (DIAL) A Repertory of Ancient Astrological Works (FIRST SET : before 1400) by Patrice Guinard PhD
C.U.R.A. Centre Universitaire de Recherche en Astrologie The International Astrology Research Center 1999-2021 Created by Patrice Guinard, PhD Philosophe, Astrophile, Nostradamiste, Ludologue
II Gilles Bucherie
" La vie et l’œuvre de F. C. Barlet (Albert Faucheux 1838-1921) : un occultiste entre science, astrologie et religion au tournant des xixe et xxe siècles »(2015)
"En charge des imprimés à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Diplômé de l’EPHE (École Pratique des Hautes Études) pour une étude sur Barlet et le mouvement occultiste, il collabore à différentes revues dont la revue scientifique Politica Hermetica dans laquelle il vient de présenter pour son numéro consacré aux « Stratégies éditoriales et ésotérismes » (2020) une contribution sur « René Alleau : une pensée traditionnelle dans la modernité. »
En vue de préparer un diplome de l'EPHe (Ve section Sciences Religieuses), sous la direction de Jean Pierre Brach, qu'il soutiendra en 2015, Bucherie avait pris contact avec la Bibliotheca Astrologica, sachant que nous étions l'auteur d'un ouvrage dont le titre se référait à Barlet, paru en 1992, Ed trédaniel La grande Conjonction. La vie astrologique il y a cent ans D'Alan Leo à Barlet (ouvrage collectif avec Patrick Curry et Nicholas Campion, dont nous traduisimes les contributions de l'anglais). cf Emile Poulat, son compte rendu dans les Archives de Sciences Sociales des Religions Année 1996 96 p. 15, En 2015 Bucherie présenta donc son travail intitulé « La vie et l’œuvre de F. C. Barlet (Albert Faucheux 1838-1921) : un occultiste entre science, astrologie et religion au tournant des xixe et xxe siècles », par Gilles Bucherie, diplôme soutenu le 30 juin 2015 mais sans nous inviter à la soutenance. Un ouvrage paraitra par la suite " F.-Ch. Barlet – Fragments d'une histoire secrète, Alcor Editions, octobre 2022," ...
F.-Ch. Barlet
Résumé:
Malgré une œuvre littéraire conséquente, F.-Ch. Barlet – de son vrai nom Albert Faucheux (1838-1921) – n’a pas été jusqu’à ce jour sujet d’études. Il demeure pourtant l’une des personnalités majeures de l’histoire moderne de l’ésotérisme occidental. Par ses écrits et ses activités, Barlet permet d’étudier l’évolution de sociétés restées fort énigmatiques quant à leurs origines et projets. En lien aussi bien avec la H. B. of L. (Fraternité Hermétique de Louxor) dont il fut le représentant pour la France, qu’avec la Société Théosophique pour laquelle il oeuvra à son développement, Barlet, membre du premier Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste en 1891, fut aussi un proche du marquis de Saint-Yves d’Alveydre (1842-1909). Le choix des documents présentés ici, dont la plupart sont inédits, se rattachent à des sujets, des acteurs, des organisations qui vont animer le mouvement occultiste. Cette première étude sur F.-Ch. Barlet présente l’élaboration d’une oeuvre volumineuse et complexe, en grande partie encore manuscrite, dont les Entretiens sur les Nombres.
» (cf compte-rendu par Victor-Emile Michelet et biographie essentielle de Gilles Bucherie.)
JHB 19 08 23
dimanche 5 février 2023
jacques halbronn et le texte de Patrice guinard : les faux Nostradamus italiens des annnées 66-67
Jacques Halbronn et le texte de Patrice Guinard « Les faux Nostradamus italiens des années 66-67 : il vero Giuditio, il vero Pronostico, li Presagi et Pronostici) » (2014)
Posté par nofim le 5 février 2023
jacques halbronn et le texte de Patrice Guinard « Les faux Nostradamus italiens des années 66-67 : il vero Giuditio, il vero Pronostico, li Presagi et Pronostici) » (2014)
Patrice Guinard (qui ne signale pas notre article de 1991 dans la revue Réforme humanisme Renaissance) ne mentionne pas la réédition de l’Epitre au Pape Pie IV parue au début du XXe siècle et qu’il importe de comparer aux éditions italiennes. En tout état de cause, Nostradamus a bien situé la naissance d’un Antéchrist en 1567 et cela explique les quatrains VIII 76-77 relatifs à une échéance au bout de 27 ans. Par ailleurs, la mention d’un « macelin » dans VIII 76 ne se comprend qu‘en rapport avec l’epitre à Pie IV comme nous l’avons expliqué ailleurs. Jeu sur Marcelin et Macelin. Le fait que ce texte figure dans le second volet nous invite à penser que c’est l’épitre à Pie IV qui aurait du ouvrir le second volet car elle comporte la clef des quatrains 76 et 77, elle aura été remplacée par une pseudo Epitre à Henri II, reprise d’une première épitre datant de 1556 (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002)
76.
Plus Macelin que roy en Angleterre,
Lieu obscure nay par force aura l’empire:
Lasche sans foy sans loy saignera terre,
Son temps s’approche si presque je soupire.
77.
L’antechrist trois bien tost annichilez,
Vingt et sept ans sang durera sa guerre:
Les heretiques mortz, captifs, exilez,
Sang corps humain eau rogi gresler terre.
« Après la mort de Nostradamus en juillet 66, la belle vie commence vraiment pour les usurpateurs de tous poils, imposteurs et faussaires des oeuvres et du patronyme du prophète salonnais, dont un certain Michel Nostradamus le Jeune qui signe aussi Mi. de Nostradamus (cf. CN 180). Une floraison de pronostics divers, mis au nom de Nostradamus, commence à envahir les foires et les étals de libraires, à commencer par deux pronostications italiennes parues dans diverses éditions, Il vero et universale giudicio et Li Presagi et Pronostici.
179A Il vero et universale giudicio sopra le quattro stagioni, di M. Michele Nostradamo Astrologo Eccellentissimo, Et Medico di Salon di Craus [sic] di Provenza,
Nel qual si vede brevemente quanto mostrano le stelle, & Pianeti di mese in mese, & di quarto in quarto, dell’anno 1566
… Tradotto fidelmente di Francese iu [sic] Italiano.
Trino (Trento), [Giovanni Francesco et Giolito de Ferrari ?], « con licentia de Superiori », 1566, in-4, 4 ff. (vignette au frontispice)
° BC Trento: t-G 2-op f 60
Il vero et universale giudicio sopra le quattro stagioni Il vero, et universale Giuditio
179B Il vero, et universale Giuditio di M. Michiele Nostradamo, astrologo Eccell(entissimo) & Medico di Solon [sic] di Craus [sic] di Provenza,
nel quale si vede brevemente quanto mostrano le stelle, & Pianeti di mese in mese, & di quarto in quarto dell’anno 1566
… Deo semper laus, & gloria
Trino (Trento), [Giovanni Francesco Giolito de Ferrari], « con licentia delli Superiori » (A4v), [1566], in-4, 4 ff. (pas de vignette)
° BN Marciana Venise: MISC 1339. 017
→ Giuseppe Dondi & Marina Bersano Begey, Le cinquecentine piemontesi, vol. 3, Turin, 1966, p.241, n.1373
→ Chomarat, 1989, n.78
La première pronostication existe en deux versions : l’une avec un vignette au frontispice et dite traduite du français, l’autre sans vignette et au titre et précisions modifiés au frontispice. Elle contient les quartiers lunaires sommairement commentés pour chacun des douze mois de l’année avec un faciebat controuvé de Nostradamus, et un commentaire de l’éclipse lunaire d’octobre 1566 dans un contexte italien. Les données des quartiers ne correspondent pas à celles de l’Almanach de Nostradamus pour l’année 1566. Il s’agit d’un faux, probablement concocté après la mort de Nostradamus, peut-être traduit d’une version française perdue. Le texte ne présente aucun intérêt.
179C Il vero Pronostico calcolato dall’eccell(entissi)mo astrologo, et filosofo M. Michel Nostradamo Francese.
Il qual narra diligentemente tutte le perverse calamità, che deve incorrere l’Anno 1566 come per ragioni Astronomiche lo dimostra.
Bologna, Alessandro Benatio, « Con licentia delli Superiori », 1566, in-4, 4 ff.
° BNF Paris: Rés V 1196
→ Leoni, 1961, p.87
→ Chomarat, 1989, n.77
→ Benazra, 1990, p.77
→ Brind’Amour, 1993, p.492
→ CAT Ruzo-Swann, Avril 2007, n.9 (vendu 390 $ avec d’autres fac-similés)
Cette seconde pronostication est à rattacher à la première par les données astrométriques similaires pour l’éclipse lunaire du 28 octobre 1566 : à 23 h 50 et 15° Taureau, durée 3 h 40 (Giuditio, A4v) vs 24 h 50, durée 3 h 40 (Pronostico, A2v). L’introduction sur un feuillet (incipit « Il divino Mosè nel Sesto del Genesi » ; explicit « o gli effetti nelle cose inferiori ») cite en seconde page une série d’autorités en matière astrologique : le chapitre 4 du second livre du Tetrabiblos de Ptolémée, Hali Rodoan, Albumasar, Messahalla, Almansor, et un astrologue du nom de Pierre Maynard (Pietro Mainardo). Suivent un aperçu de l’année 1566 (avec un faciebat controuvé de M. « Nostrodamus »), un descriptif de l’éclipse lunaire du 28 octobre 1566 (A2v), et des présages attribués à Nostradamus et adressés au duc d’Orléans (le futur Henry III).
Il vero Pronostico calcolato Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo Francese
179D Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo,
Quale principiando l’anno 1565 diligentemente discorrendo di Anno in Anno fino al 1570.
Chiaramente ci dimostra tutto quello che gl’influssi Celesti dinotano, tanto di bene, quanto di male, si delli raccolti boni, quanto delli rei.
Genova, S.n. [Antonio Bellone ?], « con licenza de superiori » (A4v), « 1564″ (A4v) [1567 ?], in-4, 4 ff.
° BNF Paris: Rés V 1195 ; BM Lyon: Rés A 508196
179E Li Presagi et Pronostici di M. Michele Nostradamo Francese.
S.l. [Genova ?], S.n., S.d. [1567 ?], in-4, 4 ff. (vignette aux deux astrologues au titre)
° BNF Paris: Rés V 1194 (page de titre manquante) ; BN Marciana Venise: MISC 2636. 061
→ Leoni, 1961, p.87
→ Chomarat, 1989, n.62 (sous 1564) et n.67 (sous 1565)
→ Benazra, 1990, p.67-68 (les 2 versions, sous 1564)
→ Brind’Amour, 1993, p.491
→ CAT Ruzo-Swann, Avril 2007, n.9 (vendu 390 $ avec d’autres fac-similés)
Au moins deux autres éditions antidatées du précédent texte ont été imprimées vers 1567 (ou plus tardivement) avec un titre totalement remanié. Un exemplaire de la BNF précise la nationalité de l’auteur falsifié : « Francese ». Ces éditions ne précisent pas le nom de l’imprimeur, peut-être Antonio Bellone qui exerçait à Gênes à cette date, à supposer qu’il s’agisse bien d’impressions génoises (cf. Gedeon Borsa, Clavis typographorum librariorumque Italiae, Baden-Baden, 1980). Le texte est prétendument dit traduit d’un original français.
L’introduction commençant par une référence à la Genèse est reprise de l’édition précédente, avec quelques rares modifications, par exemple l’ajout de la mention « si per certo, & non men della Noetica » (bas de A1v), l’ajout d’un numéro : « differenza 8″ pour « differenza » (A2r), etc. Au présage sommaire (« Presagio somario » pour « Presagio, et sommario »), on se contente de changer l’année 1566 en 1565 et de corriger la mention fautive « Nostrodamus ». Le reste du texte est inchangé.
Les dates et données de l’éclipse lunaire sont modifiées en conséquence : l’éclipse du 28 octobre 1566 est remplacée par celle du 17 novembre 1565 : une donnée erronée puisque l’éclipse lunaire de 1565 a eu lieu le 7 et non le 17 (cf. Cyprian Leowitz, Eclipsium omnium ab anno Domini 1554 usque in annum Domini 1606, Augsburg, Philipp Ulhard, 1556). En outre, et c’est la preuve de la supercherie, l’ensemble du commentaire sur l’éclipse de 1566 reste inchangé pour le faux daté de 1565 : par exemple la position du Soleil dans la 8e maison (« il Sole nell’ottava mansione »).
Ci-suivent le thème de l’éclipse lunaire de 1566 dans le traité de Leovitius, le même thème calculé pour la latitude d’Augsburg à environ 16 heures 16, et un autre proche des données (approximatives) du Pronostico de Benatio : recalculé à environ 13 heures 53 avec le FC à 16° en Gémeaux comme indiqué au texte (« se ne oscurera punti 16 & particelle dieci sotto il duplicato segno di Gemini ») et le Soleil et Mars au milieu de la maison VIII selon la domification de Regiomontanus.
thème de l'éclipse Leowitz thème de l'éclipse 16 h 16 thème de l'éclipse Benatio
Dans la dédicace, on remplace le duc d’Orléans par le pape Pie IV, ainsi que quelques formulations relatives au nouveau dédicataire et à l’année visée : on transforme par exemple l’expression « circa l’Anno 1566″ en « circa 1565 & 1566″, mais pas la suite du texte « che sarà l’anno il quale per la revolutione … » – ce qui contredit les propos du texte puisqu’il est toujours question de l’année 1566 alors que la pronostication concerne 1565 ! De même « 1566″ est remplacé par « 1565 tenendo per l’anno 1566″ (A3v). A la page précédente, l’expression « qualche grandissimo danno che non passeranno quelle annà [sic] de 1566 et 1567″ devient « qualche gran matrona che non passeranno quelli anni de 1566 et 1567″ (A3r). Dans l’édition non datée du même texte, la « gran matrona » est remplacée par « grande dame » (en français). La régente Catherine de Médicis semble visée, et la seconde mouture de 1565 pourrait avoir été concoctée dans les cercles de mécontents liés à François d’Anjou (cf. infra). Bien sûr c’est surtout le prestige de l’astrologue et conseiller royal qui est visé par la dédicace réorientée sur le pape Pie IV, décédé le 9 décembre 1565.
Il s’agit donc d’une version trafiquée d’un faux, destinée à discréditer Nostradamus, le protégé de Catherine de Médicis. On attribue au mathématicien et humaniste italien Francesco Barozzi alias Barocius (1537-1604) le premier commentaire d’un texte de « Nostradamus », à savoir un commentaire de cette pronostication controuvée.
Francesco Barozzi
179F Pronostico universale di tutto il Mondo
Il qual comincia dal principio dell’ anno 1565 & finisce al principio dell’ anno 1570.
Raccolto dalli Presagi del Divino Michiele Nostradamo, & dalli Pronostici di molti altri Eccellentissimi autori : & con brevi annotationi illustrato
Bologna, « Alla libraria del Mercurio » [Giovanni Rossi ?], « Con Privilegio del Rever. Mons. Bossio Vicelegato », « Con licentia de Superiori », « 1566″ [1567 ?], in-4, 12 ff.
° BNF Paris: Res V 1193 ; Mazarine 4° Res 15954-1
→ Chomarat, 1989, n.79
→ Brind’Amour, 1993, p.496
Barozzi, Pronostico universale di tutto il Mondo
Le texte tient en 7 chapitres, précédés d’une préface (en A2r) et d’annotationi après les chapitres 2 et 4. La préface, adressée aux académiciens bolognais, est datée de Bologne le 20 janvier 1566 (ancien style, i.e. 1567 ?). Le texte cité et commenté par Barozzi n’est ni celui du « Vero Pronostico » ni celui des « Presagi et Pronostici », mais un texte intermédiaire mentionnant (en C1r) l’éclipse lunaire du 28 octobre 1566 avec une lune correctement positionnée à 16° du Taureau (comme dans la version bolognaise), et l’allusion au décès d’une « gran Matrona » (comme dans la version génoise). Il est probable que le modèle utilisé soit une autre version du même texte. Il n’est fait aucune allusion à une dédicace au duc d’Orléans ou au pape Pie IV. Et les données de l’éclipse sont celles de l’Almanach authentique de Nostradamus : à 23 h 45 apres midy (horloge) ou 4 h 39 apres midy à 15° Tau, durée 3 h 45, points lunaires éclipsés 17 et 22 minu. (Nostradamus, Almanach pour 1566, A2v) versus à 23 h 45 (horloge) ou 4 h 39 à 16° Tau, durée 3 h 45, points lunaires éclipsés 17 et 22 minu. (Barozzi, C1r).
Il faut donc attribuer ce commentaire à Barozzi et le dater du début de l’année 1567 (nouveau style) en raison du sérieux des données formulées, et écarter je crois l’hypothèse d’une contrefaçon tardive (ca. 1616) qui suit et que je soumets au lecteur sans conviction : en effet Barozzi, poursuivi et condamné par l’inquisition en 1583 et 1587 pour des motifs obscurs, pourrait avoir été la victime d’une contrefaçon tardive — mais quel enjeu à cette date ? : Justifier les décisions inquisitoriales au moment où les défenseurs de Barozzi demandent des comptes dix ans après sa mort ? et/ou renforcer le dispositif des contrefaçons mis en place un demi-siècle auparavant, grâce au crédit d’un érudit prestigieux et dont on connaît les intérêts pour les matières occultes ? — par la confusion entretenue entre les Bossi ou Bossio, tous deux vice-légats bolognais à cinquante ans d’intervalle : Francesco Bossi en 1566 et Girolamo Bosio en 1616, d’autant plus qu’à Bologne les héritiers de Giovanni Rossi continuaient à imprimer à cette époque (cf. par exemple Al direttorio monastico di canto fermo, Bologna, heredi Giovanni Rossi, Con licenza de superiori, 1615).
179G Pronostico di Michele Nostradamo
tradotto dallo francese in lingua italiana nel 1565
– incipit : « La variacione de tempi, secondo Hipocrate, é causa dell’ infermita, di modo, che quanto piu questa variatione sia frequente … »
° Biblioteca Ambrosiana, Milano: N 263 sup (Vol. 23 degli inventari), ms. de 24 ff.
Batta, Pronostico tradotto nel 1565, p.1 Batta, Pronostico tradotto nel 1565, p.2 Batta, Pronostico tradotto nel 1565, p.6 Batta, Pronostico tradotto nel 1565, p.45
Traduction manuscrite d’un texte mis au nom de Nostradamus, traduite en italien en 1565, et répertoriée par Mario Gregorio en 2006 dans son Répertoire, n.1563-003 [sic] au lieu de 1565-004.
Le texte est précédé d’une dédicace du traducteur au gouverneur de Milan Gabriel de la Cueva y Girón (1515-1571) datée du 22 décembre 1564 et signée Giovanni Batta (?) Il s’agit d’une traduction italienne sur 45 pages d’un faux non identifié incluant de nombreuses mentions à des auteurs classiques, notamment Hippocrate, Galien, Aristote et Avicenne. Il contient un discours sur les 12 signes zodiacaux (Discorso dei dodeci segni, p.35) et une recette contre la peste (Rimedis ottimi, generali, et universali contra la peste, p.44), à rapprocher de la traduction anglaise du pseudo-traité de Nostradamus sur la peste (cf. CN 32). La traduction est datée in fine de Milan, le 12 janvier 1565.
Mantova, 9 Febbraio 2014
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