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samedi 10 juin 2023

Yves Lenioble. Du nouveau à propos du Centiloque de Ptolémée.

Du nouveau à propos du Centiloque de Ptolémée Publié le 5 juillet 2014 par Yves LENOBLE « Après de longues années de recherche sur le Centiloque pseudo-ptolémaïque (appelé Le Livre du fruit, Karpos), Giuseppe Bezza – qui nous a quitté prématurément le 18 juin 2014 – vient de faire publier aux Editions Mimesis (Milano, septembre 2013) un ouvrage extrêmement riche sous le titre Commento al Centiloquio tolemaïco. L’oeuvre contient, entre autres documents, sa traduction en italien des cent aphorismes publiés en langue arabe (1) puis grecque, assortis de leurs commentaires (2). Ces deux versions inédites du Centiloque (traduction des textes arabe et grec) renouvellent notre compréhension des cent aphorismes et de leurs commentaires, à savoir ceux dont nous disposons en France, et parmi les plus connus, ceux traduits du latin par Nicolas Bourdin (3) sous le titre Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie (1641, 1993), et ceux également traduits du latin par Julevno (4) sous le titre Les cent sentences astrologiques (1938, 1984). » Note 1 : C’est Franco Martorello qui a établi le texte arabe de Ahmad Ibn Yusuf Ibn al-Daya. Note 2 : Aphorismes et commentaires sont accompagnés d’une grande quantité de notes, d’un glossaire, d’une bibliographie détaillée, et d’une Introduction sous la plume de Giuseppe Bezza, qui fait le point sur la question de la paternité de l’ouvrage, très discutée pendant des siècles (Introduction traduite en français par mes soins, et désormais disponible sur le site du RAO). Note 3 : Nicolas Bourdin a traduit du latin la Tétrabible (publication en 1640), ainsi que le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie, publié chez Cardin Besongne à Paris, en 1651, et réédité par les Editions Tredaniel en 1993. Nicolas Bourdin « est le traducteur incontournable de Ptolémée en français » (Jacques Halbronn), mais il n’est pas le premier. Dans la postface de l’édition de 1993, J. Halbronn écrit qu’il existe à la Bibliothèque Nationale des manuscrits de l’ouvrage datant du règne de Charles V (1348, 1349). Note 4 : La traduction du latin (texte de Pontanus) par Julevno (Jules Evenot) a été publiée en 1938 par Paul Chacornac sous le titre Le Centiloque ou les cent sentences. Elle a été reprise par les Editions Traditionnelles sous la dénomination Les cent sentences astrologiques, Paris, 1984. Quelques aphorismes du Centiloque Il serait sans doute pertinent d’évoquer désormais, à leur tour, quelques sentences ayant trait, plus spécifiquement, à l’art de l’astrologie lui-même. Pour cela, procédons à l’analyse des aphorismes n° III, n° V, n° VIII, et n° XXIX, tels que nous pouvons les lire chez Nicolas Bourdin (Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie, traduit du latin, 1641, 1993) et chez Julevno ( Les Cent sentences astrologiques, également traduites du latin, 1938, 1984), puis dans les versions arabe et grecque récemment mises à l’honneur par Giuseppe Bezza (Commento al Centiloquio tolemeo, septembre 2013). Sentence III : aptitude/astre puissant – Version de Nicolas Bourdin :« Celui qui est habile à quelque chose telle qu’elle soit, aura certainement aussi l’astre qui signifie cette chose, grandement puissant en sa naissance ». Grandement puissant, c’est-à-dire « bien situé, soit au respect du monde [par rapport aux angles], soit dans le zodiaque [par ses dignités], soit par ses aspects, soit d’autre sorte » (Nicolas Bourdin voulait-il par là suggérer la nature de l’astre ?). Par exemple, dit-il, celui qui est ingénieux et éloquent aura Mercure bien placé, celui qui est vaillant, Mars, etc.Ainsi, « nous verrons de la prudence en ceux que Saturne gouverne, de l’équité aux joviaux, de la vaillance aux martiaux, de la douceur aux vénériens, de la finesse aux mercurialistes, le Soleil donnera de l’éclat, la Lune de l’activité ». Les effets engendrés par telle ou telle planète bien placée seront toujours identiques. Le reste du commentaire est consacré à quelques exemples. Ainsi, Cicéron doit sa grandeur à la disposition de son ciel natal : « son Soleil montant au Lion sur l’horizon, le Lion gouvernant l’Italie,…lui décerna cet éclat illustre…, avec Mercure, Vénus, Mars et le Roitelet, alors au premier degré du Lion où était son AS », ce qui lui donna « ce torrent d’éloquence que nous admirons encore tous les jours en ses écrits ». Sixte V, de basse condition, fut élevé à la dignité pontificale, grâce à son Soleil et à son Jupiter sur son AS, conjoint à Mercure et à Mars, ce qui le fit changer de métier « de gardien de troupeaux pour celui de pasteur universel de l’église ». Le roi Gustave de Suède, redoutable conquérant, avait Mars (au trigone de sa Lune) maître de X, alors que Jupiter, maître du Soleil et de l’AS, se trouvait en maison II avec la Part de fortune. Le cardinal de Richelieu avait Vénus maître de I placée au MC, Mars et Mercure respectivement logés en l’AS et en XI, en leurs dignités, tandis que le Soleil était maître du MC. – Version de Julevno : « Celui qui possède des aptitudes pour un art quelconque aura, certainement, une étoile propice à cette indication, placée puissamment dans sa nativité ». Julevno parle-t-il d’une étoile fixe, ou d’un astre errant ? Nous n’en saurons rien, vu que le commentaire brille par son absence. Et nous ne savons pas non plus, bien sûr, ce qu’il entend par une étoile « placée puissamment » dans une nativité. – Version arabe : « Ptolémée a dit : celui qui par nature est disposé à une chose est celui qui, dans sa nativité, a le significateur de cette chose puissant ». Après nous avoir renvoyés à la sentence LXXXVI, où il est dit que les planètes, par leur qualité, par leur force, par leurs opérations, sont comme les éléments des corps (voir en fin d’article note 1), Al Daya affirme qu’une planète puissante dans la nativité d’une personne rend visibles ses opérations ; la personne aura alors une disposition naturelle excellente, prompte à réaliser ce qu’indique la planète. Mais qu’appelle-t-on une planète puissante ? Ou plus exactement, dans quels cas peut-on attribuer à un astre ce qualificatif de « puissant » ? Le commentateur arabe répond à cette question de façon très précise, qui peut étonner, et même éblouir les yeux de nos contemporains, peu habitués à la richesse de l’enseignement des Anciens. Une planète est puissante lorsqu’elle se trouve : 1) dans sa « participation » (hazz)(note 2) ; 2) dans son champ d’action (hayyiz)(3) ; 3) dans l’angle qui lui est compatible (watad)(4) ; 4) dans une configuration favorable vis-à-vis du Soleil (Sams)(5), comme par exemple l’orientalité (tasriq)(6) pour les planètes supérieures et l’occidentalité (tagrib)(7) favorable aux planètes inférieures. 5) Et autres positions qui lui sont propres. Si nous mettons de côté les dignités et l’angularité des planètes, communément reconnues aujourd’hui comme facteurs de puissance, nous ne pouvons malheureusement que déplorer le manque de connaissance de nos contemporains, qui négligent ces notions de « faction », d’orientalité vis-à-vis du Soleil, et plus spécialement de lever héliaque, pourtant si efficaces. Il faut remercier chaudement Giuseppe Bezza d’avoir mis à disposition tous ces aphorismes, et notamment le III, qui rappelle ces notions essentielles. – Version grecque : « Celui qui est apte à une chose quelconque a certainement l’astre qui la signifie puissant dans sa nativité ». Le commentaire est remarquablement bref. On peut le citer entièrement : « En vérité, l’homme viril a Mars puissant, l’intellectuel Mercure, et ainsi de suite pour les autres astres ». C’est évidemment très clair, très concis, très concret. On peut néanmoins regretter qu’il ne soit pas précisé dans quelles conditions un astre est puissant, considération certainement inutile pour les astrologues de l’époque, familiers avec toutes ces notions. Sentence V : détourner les maux – Version de Nicolas Bourdin : « Celuy qui est savant peut éviter plusieurs événements des astres, lorsqu’il aura connu leur nature, et se préparer soi-même avant leur événement ». Deux mots-clé dans cette sentence : « éviter » et « se préparer ». Pour être en mesure d’éviter plusieurs événements qui le menaceraient, le savant doit connaître « la nature et la science », la nature [c’est-à-dire le don du ciel], la science [c’est-à-dire la science des hommes]. Ainsi les événements ne répondront pas tous à une fatalité. Cet aphorisme reprend le célèbre passage de la Tétrabible, dans lequel Ptolémée expose sa philosophie de l’art : « Les événements, communs ou particuliers, lesquels n’ont d’autre origine que les causes célestes, …se produisent inévitablement selon une nécessité absolue. Mais il en est d’autres, qui ne naissent pas du seul mouvement des cieux et qui se peuvent aisément transformer par des remèdes contraires…Ceci est du ressort de la science des hommes, qui, en cette rencontre, ne sont point enchaînés à une fatale nécessité. » Et plus loin : « Ces mêmes événements sont, ou totalement détournés, ou de beaucoup adoucis, alors qu’ils ont été prévus et qu’on y donne soin à l’aide des remèdes naturels reconnus comme ayant une force contraire efficace » (I, 2, traduction du latin du même Nicolas Bourdin). Il est donc possible, dit Nicolas Bourdin, d’éviter les maux « à l’aide de la science ». – L’existence de ce passage de la Tétrabible pouvait laisser penser que l’auteur du Centiloque était bien Ptolémée en personne, ce qui n’est en aucune façon une preuve en soi, plusieurs auteurs différents pouvant développer les mêmes idées selon l’état de leurs convictions ! Ceci dit, le savant doit se préparer à recevoir les effets menaçants des astres. Là encore, nous pouvons renvoyer à un autre passage de la Tétrabible, toujours dans le chapitre 2 du Livre I, où le prince des astrologues affirme que «la prévision acclimate et affermit l’esprit en sorte que l’attente des choses futures se passe comme si celles-ci étaient déjà présentes, préparation qui nous permet de les recevoir avec sérénité ». Toutefois, Nicolas Bourdin demeure circonspect quant à l’efficacité des savants, « vu que plusieurs ont tenté vainement d’éviter les maux qu’ils craignaient ». Ainsi se moque-t-il tant soit peu de l’excellent astrologue qui avait prévu la mort violente du duc de Milan, par une poutre qui tomberait sur lui, et qui, mené au supplice pour cette prédiction malheureuse, fut lui-même écrasé, avec beaucoup d’autres, par une tour de la cathédrale ! Le discours qui clôt ce commentaire se perd dans des méandres ténébreux… – Version de Julevno : « Celui qui connaît la nature des astres peut facilement en détourner les mauvais effets, en sachant se mettre en garde contre leur maléfique influence, avant qu’elle ne se manifeste ». Mais comment détourner les mauvais effets des astres ? C’est ce que nous ne savons pas ; en effet, la science des hommes n’est mentionnée nulle part. Pour le reste, le contenu de la sentence est le même, avec toutefois un « facilement » qui laisse rêveur. Dans son commentaire, Henri Selva affirme que, si l’homme averti ne peut absolument pas éviter les événements qui reposent sur une loi immuable, du moins peut-il « se préparer à soutenir leur choc », et « amortir leur effet », non pas par des remèdes contraires (il n’en dit mot), mais par une « volonté sage et forte » – là encore, on ne peut être qu’incrédule devant cette foi en la volonté. – Version arabe : « Ptolémée a dit : l’astrologue est parfois en mesure de conjurer beaucoup d’effets des étoiles, encore faut-il qu’il connaisse la nature de ce qui agit, et qu’il prépare celui qui reçoit les effets à les tolérer, avant qu’ils ne se vérifient ». Nous voici revenus à plus de réalisme, attendu que l’astrologue est « parfois » en mesure d’éviter les effets des étoiles, et non pas « facilement », comme le relate Julevno. En effet, dans son commentaire, Al-Daya nous rappelle que les astres n’agissent pas de la même façon, du fait que les sujets qui sont atteints par leurs effets sont eux-mêmes différents. Mais il est en notre faculté de porter ces sujets vers l’augmentation ou vers la diminution de l’état où ils se trouvent, ceci par une juste régulation. Lorsqu’il craint un événement pour un sujet, celui qui connaît les astres doit nécessairement pousser ce sujet vers un état opposé à celui dont il craint les effets. Ainsi, celui qui était prédisposé à subir ces effets ne sera pas frappé par ce qui, auparavant, était à craindre. Par exemple, dit-il, si nous connaissons la nativité de celui qui subit l’action des astres, et s’il s’y trouve des indications d’astres liés à une maladie de la nature de Mars, nous porterons sa constitution d’un état d’équilibre à un autre qui lui est éloigné. En fait, avant que se produise l’opération de Mars, nous porterons vers le froid cet état d’équilibre, de la même quantité existant entre l’état d’équilibre et l’excès de chaud. Par conséquent, quand adviendra l’action de Mars, la personne l’aura déjà précédée par l’intermédiaire d’une disposition contraire : confrontée à ce que Mars lui promettait, sa nature répondra en tendant vers l’équilibre. L’astrologue qui connaît la nature de Mars attribuera ainsi une constitution différente à celui qui subira l’action de l’astre, et il procèdera de façon analogue pour les autres planètes, pour autant que cela soit possible. – Version grecque : « L’expert peut détourner beaucoup d’opérations d’astres quand il connaît leur nature et qu’il se prépare avant que n’adviennent leurs opérations ». Commentaire : L’âme bien adaptée qui se conduit de la meilleure façon pousse ce qui est en puissance à changer la disposition préexistante du sujet et à la tourner vers le plus ou vers le moins. Exactement comme si, après avoir examiné ce qui allait advenir, nous reconnaissions avec certitude qu’une fièvre élevée surgirait chez le natif, à cause de la configuration de Mars. Donc, connaissant cela par avance, nous porterons la constitution du sujet vers une tonalité plus froide, en mesurant avec attention de quelle quantité se changera sa constitution préexistante. De cette façon, avec un Mars qui réchauffe les corps, et qui serait atteint par des configurations adverses, la bonne harmonie sera rétablie. L’on peut observer que les textes dont nous disposons en langue française restent dans les généralités, tandis que les versions arabe et grecque nous plongent dans des considérations plus concrètes, comme par exemple les effets d’un Mars (de nature chaude) blessé dans un thème, effets que l’on peut détourner en faisant intervenir chez le sujet une complexion plus froide, ceci avant que Mars puisse opérer. Sentence VIII : soutenir le bien – Version de Nicolas Bourdin : « Le sage contribue à l’opération céleste, de la même sorte que l’excellent jardinier en labourant et en nettoyant ». L’excellent laboureur sait parfaitement ce que son champ peut porter, le blé dans la plaine, le vin dans le coteau, les légumes en terre grasse, le sainfoin en terre aride, l’herbe dans les fraîcheurs, le bois sur les roches, les sillons étroits pour écouler les excès d’eau, les plantes nuisibles qu’il lui faut arracher, et ainsi de suite… Tout comme le laboureur cultive sa terre, le sage doit cultiver les dons qu’il a reçus du ciel. Si dans son thème Saturne est puissant, qu’il s’adonne à l’agriculture et aux choses graves ; si Jupiter lui est favorable, qu’il embrasse des emplois qui conviennent à cette planète, etc.. Le sage doit collaborer avec ce que lui a conféré le ciel, sans chercher à revendiquer des choses qu’il ne peut obtenir. Ainsi, l’homme « ne peut pas espérer de biens solides, si Saturne et le maître de IV sont affligés ; des richesses, si Jupiter et le maître de II font mal ; des charges dans la guerre, si Mars est dans les maisons cadentes et dans sa ruine ; des honneurs et des dignités si le Soleil et le maître de X sont faibles ; des faveurs et des bienfaits des femmes si Vénus et le maître de XI sont mal logés ; des emplois dans les négociations et les ambassades si Mercure et le maître de IX sont affligés ; de l’action et de l’estime populaire si la Lune n’est pas bien placée ». Ainsi se termine, de façon très utile pour le praticien, le commentaire de Nicolas Bourdin. Que va nous dire Julevno ? – Version de Julevno : « L’astrologue habile et sagace peut combattre les effets des influences du ciel, de même que le laboureur expérimenté peut combattre la mauvaise nature d’un champ, en l’améliorant par la culture ». « Combattre les effets du ciel » ? Combattre les « avertissements » du ciel, combattre les « accidents » et les « dangers », comme l’affirme Fomalhaut dans son commentaire ? Faut-il accepter cette version de la sentence VIII, qui ne fait que réitérer celle de la sentence V – répétition parfaitement inutile ? « Combattre » les effets du ciel, comme le martèle Julevno, alors que la version de Nicolas Bourdin souligne, au contraire ici, dans la sentence VIII, la nécessité qu’a le sage de « contribuer à l’opération céleste » ! – Version arabe : « Ptolémée a dit : l’âme savante collabore avec l’action de la sphère céleste comme le paysan collabore avec les forces de la nature en labourant et en taillant ». Il s’agit ici également, de « collaborer » avec, et non de « combattre », les forces de la sphère. L’âme savante connaît ces forces et sait comment elles s’appliquent aux individus. Donc, lorsque le savant percevra l’action d’un bien dans le thème d’un natif, il encouragera ce dernier à être bien disposé pour accueillir ce bien, qui sera ainsi amplifié et clarifié. Puis Al Daya, estimant en avoir assez dit, renvoie à son commentaire de la sentence V. – Version grecque : « L’âme savante aide la vertu du ciel de la même façon que le paysan parfait aide la nature en labourant et en désherbant ». Par « âme savante », on doit comprendre l’âme qui connaît les vertus de la nature et la constitution des astres, celle qui sait anticiper ce qui va advenir aux hommes, que ce soit un succès ou un revers. Elle invite ceux qui sont sur le point de prospérer à favoriser une amplification de leur bonne fortune. Mais aussi, elle exhorte à fuir la disgrâce imminente ceux qui sont sur le point de subir un revers sous le coup d’un mauvais démon, comme c’est le lot de la nature humaine. De façon analogue, l’excellent paysan, en labourant et en désherbant, jette les graines dans son champ, et ce qui naît de la terre devient un aliment utile, qui toutefois ne peut devenir comestible sans désherbage. L’allusion à l’excellent paysan, reprise dans toutes les versions, illustre parfaitement les deux volets de l’action de l’astrologue savant, à savoir favoriser le bien (sentence VIII) et fuir le mal (sentence V), avant même que se produisent leurs effets. Tout comme le labour favorise la bonne qualité de la terre et des grains, tandis que le désherbage lutte contre l’action des plantes nuisibles. Sentence XXIX : félicités des étoiles – Version de Nicolas Bourdin : « Les étoiles fixes apportent des félicités irraisonnables et admirables, que, pour la plus grande part, elles rendent remarquables par des infortunes ; si ce n’est que les planètes s’accordent à cette félicité ». Dans son commentaire, Nicolas Bourdin souligne le côté inattendu des félicités accordées par les étoiles fixes ; néanmoins il leur reconnaît une action « frêle et caduque » si elles ne sont pas soutenues par celle des planètes. Suit ensuite un très long développement sur ces étoiles, dont nous ne dirons que l’essentiel. Divers auteurs, dit notre commentateur, les ont méprisées sous le prétexte qu’elles ne produisent rien. Pourtant, « la grandeur de leur corps, l’immensité de leurs sphères, l’infinie multitude de leurs corps, la brillante clarté de quelques unes, leurs levers et couchers avec le Soleil », les donnent pour essentielles. « Sans elles, il n’y aurait ni vie, ni mouvement, ni action, ni passion mutuelle, ni génération, ni vicissitudes des temps ». Hommage est rendu à Galilée, dont les lunettes nous ont fait découvrir un immense univers bien ordonné, une immensité de « globes suspendus qui se soutiennent et s’assistent les uns les autres ». Parmi toutes ces étoiles, nous serons plus affectés par les plus proches et les plus grandes, celles qui ont le plus d’éclat. Parmi elles, N. Bourdin cite le Grand Chien (Sirius), Arcturus, le Roitelet (Régulus), Antarès, l’œil du Taureau (Aldébaran), la Lyre, l’Epi, le Bouc, la bouche du Monstre. Comment expliquer leur influence ? Par la transmission de lumière qui se fait grâce à l’attraction solaire, par leur puissance magnétique, par le « lien étroit qui unit et joint toutes choses » dans l’univers. Les astres ont en effet les mêmes éléments (étain, plomb, argent, etc.) que les entrailles de la terre, l’homme étant « un petit monde abrégé qui nous enseigne à connaître le grand ». N. Bourdin rappelle que, pour les Platoniciens, il existe une âme universelle qui règne sur le monde. « Tout le monde animé, tous les globes, tous les astres, l’admirable Terre aussi, sont gouvernés dès le commencement par les âmes qui lui sont propres et destinées ». Mais pourquoi les félicités accordées par ces étoiles demeureraient-elles « frêles et caduques » et seraient-elles suivies d’infortunes immenses ? Ce fait, reconnu par l’expérience, survient lorsque ces étoiles « ne sont pas fécondées par les errantes », c’est-à-dire lorsqu’elles ne sont pas « jointes aux principaux significateurs ». Quels significateurs ? Nous aimerions le savoir, mais nous ne le saurons pas. Ce que nous saurons, c’est que ces globes éloignés « donnent bien les choses avec plus d’éminence, mais avec moins de proportion à notre respect , de sorte que leurs faveurs ne se sauraient trouver ni fermes, ni assurées, si les astres plus voisins ne concourent à soutenir ce bonheur » – Le manque d’efficacité durable des étoiles serait donc dû à leur éloignement !!! Nicolas Bourdin termine son discours par quelques exemples d’infortunes tirés de l’Antiquité. – Version de Julevno : « Les étoiles fixes produisent des fortunes surprenantes et prodigieuses qui, souvent, sombrent dans le malheur ou dans une catastrophe, à moins que les planètes ne promettent par elles-mêmes, dans la nativité, le succès ou la fortune ». Julevno consacre à cette sentence un commentaire plus court que celui de Nicolas Bourdin, mais qui se veut explicatif. Satisfera-t-il notre curiosité ? Le commentateur énonce tout d’abord quelles sont les étoiles fixes les plus efficaces : celles de 1ère grandeur, celles situées sur l’écliptique ou en déclinaison Nord, celles qui sont unies à une planète par conjonction ou par antisce, celles qui se lèvent ou culminent avec une planète, leur orbe de lumière étant estimé à 5°. Lorsqu’elles sont situées dans les angles d’un thème (surtout à l’AS et au MC) et avec le Soleil ou la Lune, les étoiles dites royales élèvent le natif à une condition exceptionnelle, même si ce dernier sort d’un milieu très modeste. Il s’agit d’Aldébaran, de Régulus, d’Antarès, des Pléiades ( ?), de Fomalhaut, de l’Epi de la Vierge, de Rasalgethi. Toutefois, les bienfaits qu’elles accordent peuvent tourner à la ruine et au malheur, à moins que les significateurs ne soient protégés par Jupiter ou par Vénus (par aspect), capables par eux-mêmes de donner des biens durables, les significateurs étant le Soleil, la Lune et le MC. Malgré quelques points discutables (l’orbe des étoiles, leur antisce avec une planète quelconque par exemple), ce commentaire de Julevno semble mieux répondre à nos attentes que celui de N. Bourdin, souvent entortillé et ténébreux – peut-être les connaissances de l’époque et la langue du XVIIème siècle en sont-elles responsables ? – Version arabe « Ptolémée a dit : les étoiles fixes accordent des dons qui vont au-delà de ce qui est attendu des thèmes d’origine, mais souvent ils s’accompagnent d’une disgrâce ». Voici le commentaire d’Ibn Al Daya : Après la naissance et les quatre années de nutrition (tarbiyah)(8), l’une des choses qu’il est nécessaire de connaître dans une nativité est la dignité des astres et ce qui l’indique, comme le tasriq(9) des planètes, leur dasturiyah (10), et en outre les significateurs [de vie] puissants dans les angles. Tout ceci montre que le natif parviendra à une meilleure condition que celle de ses prédécesseurs. Qu’ajoutent de plus les étoiles fixes (celles qui sont les cœurs [Cœur du Taureau, Cœur du Lion, etc.] et celles de première grandeur) ? Lorsqu’elles se trouvent sur l’angle de l’AS ou du MC, sur le luminaire conditionnel (11) et sur la Part de fortune, elles élèveront la situation du natif jusqu’à son aspiration maximale, au-delà de ce que l’on pouvait attendre, de telle sorte qu’il administrera les affaires d’un grand règne, même si ses ancêtres étaient inconnus et d’origine modeste. – Les étoiles ainsi définies et ainsi placées apporteront un maximum de bienfaits, beaucoup plus puissants que ceux accordés par les planètes. Toutefois, lorsque ces étoiles ne sont pas soutenues par l’action des planètes, lorsqu’elles sont les seules à signifier la fortune, le natif mourra de mort violente. Voilà sans doute, sans autre explication, sans bavardage d’aucune sorte, un fait d’expérience, qui peut nous déconcerter. La version grecque nous fournira-t-elle quelque éclairage ? – Version grecque : « Les astres non errants provoquent des fortunes extraordinaires et inattendues, mais, plus d’une fois, elles se terminent par un malheur, à moins que les planètes ne soutiennent leur succès ». Le succès provient du lever matinal des astres (12), du camp qui leur convient (13), et de leur angularité. Dans ces cas-là, celui qui naît deviendra plus illustre que ses propres géniteurs. Mais que font les étoiles fixes, les cœurs et celles qui sont de première grandeur, précise bien le commentateur ? Lorsque l’une d’elles se retrouve sur l’angle de l’AS ou du MC, sur le Soleil le jour et sur la Lune la nuit, ou sur la Part de fortune, le sort de celui qui naît s’élèvera grandement, au point qu’il deviendra l’intendant d’un grand roi, même si ses géniteurs sont d’humble condition. Et si le succès lui parvient par la seule signification des étoiles fixes, sa mort sera très malheureuse et non naturelle. Cette version est très proche de la précédente, et toutes deux très peu éloignées des deux versions en langue française. Toutefois, entre les « infortunes » des étoiles fixes énoncées par Nicolas Bourdin et « le malheur ou une catastrophe » avancés par Julevno, il y a une marge avec « la mort violente » du sujet lui-même, prédite par le texte arabe, exprimée tout aussi violemment, et la « mort très malheureuse et non naturelle » du texte grec. Les Anciens n’hésitaient pas à dire les choses de façon directe, simplement et crûment ! ce qui peut satisfaire les esprits épris de vérité ! Les aphorismes du Centiloque, dans les versions arabe et grecque heureusement transmises par G. Bezza, méritent donc que l’on s’attache à leur enseignement, tant ils nous apparaissent justes, précis, concrets, faisant ainsi mentir Morin de Villefranche, qui, chez les Chaldéens, chez les Egyptiens, et pour ce qui nous concerne ici chez les Arabes, ne voyait que de « vaines fictions » (Préface du XXIème Livre de l’Astrologia Gallica). Danièle Jay jay-daniele@orange.fr Bibliographie – Bezza, Giuseppe, Arcana Mundi, Antologia del pensiero astrologico antico, biblioteca universale Rizzoli, Milano, 1995. – Bezza, Giuseppe, Commento al primo libro della Tetrabiblos di Claudio Tolemeo, Nuovi Orizzonti, Milano, 1990, 1992. – Bezza, Giuseppe, Commento al Centiloquio tolemaico, Mimesis, septembre 2013, disponible à la librairie Ibis Esoretica, via Castiglione, 31, 40124 Bologna. – Bourdin, Nicolas, Tetrabiblos, Editions Vernal/Philippe Lebaud, Paris, 1986. – Bourdin, Nicolas, Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie, réédité par Guy Tredaniel, Paris, 1993. – Jay, Danièle, Le Ciel en mouvement, Editions Sep-Hermès, Paris, 2006, 2010. – Julevno, Les Cent sentences astrologiques, Editions Traditionnelles, Paris, 1984. – Ptolémée, Claude, Tetrabiblos, traduction de Pascal Charvet sous le titre Le Livre unique de l’astrologie, Nil Editions, Paris, 2000. notes 1) Sentence LXXXVI : « Ptolémée a dit : le Soleil est source de la force vitale, la Lune de la force naturelle, Saturne de la force de rétention, Jupiter de la force d’accroissement, Mars de la force d’irascibilité, Vénus de la force de concupiscence, Mercure de la force de cogitation. Dans les nativités, Mars, Vénus et Mercure sont les significateurs des inclinations et des professions ». Dans le commentaire, nous lisons que les dispositions naturelles, la générosité, l’avarice, la sincérité, le mensonge, etc., proviennent du mélange de ces trois inclinations et professions, et du comportement de ces trois planètes. 2) Une planète dans son hazz occupe une portion du zodiaque conforme à sa nature – c’est le lieu du zodiaque où elle possède une dignité (domicile, exaltation, terme, triplicité, face). Elle « participe » au signe qu’elle occupe, ce qui entraîne bonne fortune et félicité. 3) Une planète dans son hayyiz se trouve placée dans le milieu qui lui est naturel, dans sa sphère d’influence, dans sa « faction » ; elle est dans sa faction si, diurne, elle se trouve dans un thème diurne (Soleil au-dessus de l’horizon), et si, nocturne, elle se trouve dans un thème nocturne (Soleil au-dessous de l’horizon). Ce terme arabe est l’équivalent du terme grec « haïresis ». 4) Watad : il s’agit des quatre angles de la figure. 5) Sams : indique le Soleil. 6) Tasriq désigne l’orientalité des planètes supérieures par rapport au Soleil (elles se lèvent avant lui), mais surtout leur lever héliaque, qui est le moment où la planète sort des rayons du Soleil et où elle reprend toute sa vigueur. « La planète après la combustion, après son passage sous les rayons, est comme celui qui avance de la maladie à la convalescence et à la force ; l’orientalité perfectionne sa force… » (Al Biruni). 7) Tagrib : désigne l’occidentalité des planètes inférieures par rapport au Soleil (elles se couchent après lui). 8) Tarbiyah : lorsque l’enfant est faible à la naissance, on ne sait s’il survivra. Il faut attendre quatre ans, les quatre années de nutrition, pour se prononcer sur l’avenir de l’enfant. 9) Tasriq : c’est l’orientalité des planètes par rapport au Soleil, surtout leur lever héliaque ; voir la note 6 de la sentence III. 10) Dasturiyah : c’est la position d’autorité d’une planète. 11) Le luminaire conditionnel est le luminaire « de la condition », c’est à dire le luminaire qui s’accorde avec la condition diurne ou nocturne, soit le Soleil en thème diurne, la Lune en thème nocturne. 12) Lever matinal : c’est le lever héliaque qui se fait le matin. 13) Le « camp » n’est autre que la « famille » de l’astre, la sphère d’action où il se trouve à son aise. Un astre diurne est dans son « camp » lorsqu’il se trouve dans un thème diurne, un astre nocturne dans un thème nocturne. Cette condition est désignée en langue grecque sous le terme d’haïrésis.

vendredi 25 mars 2022

Jacques Halbronn L'astrologie groupale selon Yves Lenoble et selon Halbronn

Jacques Halbronn L’astrologie groupale selon Yves Lenoble et selon Halbronn Si Yves Lenoble a eu parfaitement raison d’insister sur la notion de groupe en astrologie, il en resté à l’outil du thème natal, y compris pour ce qui est des groupes comme le montre l’extrait suivant de son texte de présentation : Pour une astrologie groupale – Yves Lenoble « J’ai pendant longtemps développé mes recherches dans deux grandes branches de l’astrologie : d’une part en astrologie mondiale et d’autre part en astrologie individuelle. J’éprouve de plus en plus le besoin d’établir le lien entre ces deux dimensions de notre art. On sait qu’à ses débuts les astrologues pratiquaient avant tout l’astrologie mondiale et qu’avec les Grecs l’astrologie individuelle s’est fortement développée. Cette astrologie individuelle a pris au cours du XXème siècle une importance si considérable que beaucoup d’astrologues contemporains minimisent l’astrologie mondiale. Ce qui est bien dommage, car cela va à l’encontre de l’enseignement de Ptolémée pour qui il est absolument indispensable de subordonner l’astrologie généthliaque à l’astrologie mondiale, le particulier dépendant de l’universel. J’ai eu la chance d’avoir des maîtres en astrologie qui m’ont appris aussi bien l’astrologie mondiale que l’astrologie généthliaque. Par ailleurs j’ai suivi des études en sciences humaines. Les maîtres de ces disciplines m’ont appris les notions essentielles de la psychologie, de la sociologie et de l’ethnologie mais ils m’ont familiarisé également avec la psychosociologie. Il m’est apparu depuis déjà fort longtemps que l’astrologie souffrait d’une grave lacune et qu’il devenait indispensable, dans la perspective d’une approche unitaire de l’astrologie, de développer ce que l’on pourrait appeler l’astrologie groupale. I L’INTERET DE L’ASTROLOGIE GROUPALE Le groupe se situe à l’articulation de l’individuel et du collectif. On peut dire en un certain sens que le collectif s’incarne à travers le groupe qui préexiste à l’individu car nous naissons au sein d’une famille, d’un milieu social, d’un pays, d’une époque et nous sommes imprégnés pendant longtemps par les valeurs de notre famille, de notre milieu, de notre culture, etc. La dimension individuelle existe peu à notre naissance et au début de notre vie. Elle n’émerge qu’au fur et à mesure de notre développement et se manifeste pleinement à l’âge adulte. Néanmoins, la dimension individuelle reste toujours très liée au collectif et aux groupes auxquels nous appartenons. Quand on y regarde de près on se rend compte que nous passons le clair de notre temps à aller de groupe en groupe, la majeure partie de notre temps étant partagée entre notre groupe professionnel, notre groupe familial et nos groupes amicaux, associatifs ou de loisirs. Les spécialistes des sciences humaines se sont intéressés tardivement à cette dimension du groupe. Il a fallu attendre les années 40 pour que Kurt Lewin pose les premiers jalons de l’étude des groupes. Les astrologues, quant à eux, ne se sont guère penchés sur cette dimension du groupe qui pourtant me semble fondamentale. Je me suis rendu compte de l’intérêt de mettre en place une astrologie groupale lors du congrès astrologique international de Zurich de 1981. Nous étions à quelques semaines de l’élection présidentielle de Mai 1981. Mon maître Jean-Pierre Nicola me fit remarquer que, si l’on adoptait des orbes larges, on pouvait noter dans le ciel une conjonction Jupiter-Saturne au carré de Neptune. A cette simple constatation je me suis entendu lui dire : « François Mitterrand sera le prochain président ». Pourquoi tout d’un coup cette certitude qui se révéla justifiée quelques semaines plus tard ? Et bien parce qu’une même configuration était récurrente dans le thème de François Mitterrand (astrologie généthliaque), dans le thème du printemps 1981, dans le thème des cinq républiques françaises (astrologie mondiale) et dans le thème du parti socialiste (astrologie groupale) dont François Mitterrand était à la fois le fondateur et l’actuel premier secrétaire. A la suite d’André Barbault, qui a établi de solides correspondances entre l’histoire des grands pays et les cycles planétaires, on peut mettre en parallèle par exemple l’histoire des Etats-Unis et le cycle Saturne-Uranus, l’histoire de l’U.R.S.S. et le cycle Saturne-Neptune, l’histoire de l’Inde et le cycle Saturne-Pluton. De la même manière on peut mettre en parallèle les événements politiques français avec les phases des cycles Jupiter-Saturne-Neptune. En témoignent les configurations des 5 républiques : 1ère République : Jupiter-Neptune opposé Saturne (22-9-1792 à 9h18 à Paris) 2ème République : Saturne-Neptune trigone Jupiter (25-2-1848 à Paris) 3ème République : Saturne opposé Jupiter trigone Neptune (4-9-1870 à 16h45 à Paris) 4ème République : Saturne sextile Neptune carré Jupiter (30-10-1946 à 15h30 à Paris) 5ème République : Saturne semi-carré Jupiter-Neptune (6-10-1958 à 18h43 à Paris) » Or, pour nous, tous les groupes sont impactés simultanément par les mêmes périodes de 7 ans et cela ne dépend aucunement de quelque thème « natal », de fondation que ce soit. Tantôt le groupe sera marqué par une phase d »équinoxialité, tantôt, par une phase d’équinoxialité, selon le déplacement de la planéte Saturne sur l’écliptique et son passage sur l’axe équinoxial ou sur l’axe solsticial (ou si l’on préfére sur l’étoile équinoxiale (vernale ou automnale) ou solsticiale correspondante). En effet, la démarche préconisée par Lenoble nous apparait comme aléatoire et brouillonne puisque chaque groupe sera impacté différemment, et donc en des temps différents alors que pour nous, tous les groupes seront impacté de façon identique, la différence tenant à la réaction des leaders et à leur gestion de la période ainsi traversée. Si l’on prend ce qui se passe actuellement, l’on imagine la cacophonie que produirait le systéme « groupal » de Lenoble qui, comme il le reconnait, reste marqué par l’astrologie généthliaque dans son rapport à l’astrologie mondiale. Bien plus, Lenoble, dans la suite de son texte (non reproduit ici) insiste sur les correspondances entre les pays et les configurations astrales, s’alignant ainsi peu ou prou sur ce qu’on appelle « géographie sacrée » (cf Jean Richer. Géographie sacrée du monde grec), avec notamment l’attribution de tel signe zodiacal à telle région du monde. Or, pour nous, l’impact astrologique est universel et n’exerce pas d’effet spécifique selon tel ou tel critère comme dans le cas de la conjonction Saturne-Neptune associée par André Barbault et la Russie( URSS) dont nous avons montré l’inanité. JHB 25 03 22

jeudi 2 décembre 2021

Jacques Halbronn La dérive des astrologues vers Pierre d'Ailly et Nosttradamius :: Denis Labouré, Yves Lenoble, Patriice Guinard

La dérive des astrologues vers Pierre d’Ailly et Nostradamus: Denis Labouré, Yves Lenoble, Patrice Guinard par Jacques Halbronn On s’efforcera ici de comprendre ce qui aura conduit certains chercheurs en astrologie à se référer à des oeuvres assez hybrides telles que celles associées à Pierre d’Ailly (XVe siècle) et à Nostradamus(XVIe siècle) Nous sommes d’autant plus à traiter de ce phénoméne que nos travaux universitaires (thèse d’Etat 1999 et post-doctorat, 2007) traitent du prophétisme alors que notre première thèse (1979) parut (en 1985) sous le titre « Le monde juif et l’astrologie »‘. Comment comprendre, interpréter un tel glissement? Denis Labouré a publié récemment « Astrologie a Religion au Moyen Age » tout en s’y consacrant essebntiellement au cardinal Pierre d’Ailly comme indiqué sur la 4e de couvertur e qui ne mentionne que ce seul « rédigea au XIIIe siècle » alors qu’il appartient à la fin du XIVe siècle et au début du XVe! (1351-1420), ses textes principaux datant du XVe siècle et notamment ceux qui traitent de la fameuse année 1789 et qui datent de 1414! Or l’astrologie de Pierre d’ailly n’est pas du meilleur aloi en ce qu’elle combine allégrement données astronomiques et computations numériques habillées allégrement d’astronomie. En effet, la série 889-1189-1489-1789 ne comporte aucun support astronomique valable car le fait d’observer que les 300 ans qui séparent ces différentes dates renverrait à Saturne est « tiré par les cheveux », si ce n’est que cela témoigne sociologiquement d’un certain intérêt pour cet astre dans la tradition astrologique avec ses environ 30 ans de cyclicité. C’est un peu prendre des vessies pour des lanternes. Yves Lenoble - pas trop regardant – met pour sa part en avant la « réussite » prévisionnelle de Pierre D’Ailly à mettre au crédit de l’Astrologie. » L’astrologie s’est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l’Histoire. Ainsi, le cardinal d’Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l’avance la révolution de 1789. Et d’ores et déjà, les prochains rendez-vous planétaires du XXIè siècle sont annoncés » (Le Voyage etc) On instrumentalise donc Ailly au service de la cause astrologique. Il eut convenu, plus prudemment, de saluer la tentative assez vaine de la part du cardinal en faveur de l’astrologie, ce qui lui permettait de reporter les échéances prophétiques vers un futur lointain, en ces temps agités du début du XVe siècle. Au XVIe siècle, ces spéculations se retrouveront chez Richard Roussat mais aussi dans la pseudo épitre de Nostradamus adressée au Roi de France Valois Henri II , datée de 1558. »icelle année sera faicte plus grande persécution de l »église chrestienne que n’a esté faicte en Afrique & durera cette cy iusques l’an mil sept cens nonante deux que l’on cuydera estre renovation de siecle Après commencera le peuple Romain de se redresser & déchasser quelques obscures ténébres recevant quelque peu de leur pristine clarté non sans grande division et continuel changement » Or selon nous, ce texte qui ouvre le second volet des Centuries est en phase avec l’inspiration réformée des trois dernières centuries, où l’on annonce la victoire contre les Lorrains, c’est à dire la maison de Guise, au coeur du camp ligueur. Autrement dit, il s’agit de l’annonce d’une victoire de l’Eglise Chrétienne, ce qui désigne ici les Protestants, les Catholiques devant à terme se « redresser » et renoncer à leurs errances. Patrice Guinard aura beaucoup investi, dans les 20 dernières années de sa vie, sur Nostradamus mais ce ne fut pas spécialement sur la partie proprement astrologique de l’oeuvre authéntique de cet auteur mais bien autour des Centuries dont le contenu astrologique se limite aux textes en prose -dédiés à César et à Henri II, pour l’essentiel; outre le fait que la mention de 1792, on l’a montré plus haut, ne comporte qu’artificiellement un contenu proprement astrologique. Mais qu’était allé faire le fondateur du CURA dans cette galère, comme si une fois soutenue sa thèse de doctorat sur l’astrologie, en 1993, il avait voulu passer à autre chose, ce qui peut se comprendre, d’un point de vue cyclique? Voilà donc Yves Lenoble se référant-on l’ a vu- à Pierre d’Ailly et à Nostradamus pour des textes qui n’ont d’astrologique que le nom..Notons que Lenoble s’est lui aussi beaucoup intéressé à Nostradamus, comme l’atteste en novembre 2004, sa participation active à la session Nostradamus que nous avions organisée et filmée. De même Guinard, en décembre 2000 avait il débattu sur le sujet lors d’un colloque co organisé MAU-CURA (également filmé).. On est donc là dans les marges de l’astrologie, de l’instrumentalisation de celle-ci à des fins politiques. Demandons-nous donc, à présent, quelles ont pu être les causes d’un tel glissement vers des formes douteuses de la production » astrologique » au cours des dernières décennies. On notera que Lenoble et Guinard, nés à 10 ans d’intervalle (1947 et 1957), ont en commun d’avoir été marqués dans leur formation par l’enseignement de Jean-Pierre Nicola ‘(né en 1929) et de nous avoir fréquenté l’un et l’autre, l’un dans les années 70, l’autre dans les années 80 et au delà. Pourtant Guinard avait trouvé quelque intérêt dans l’Histoire de l’astrologie à la fin du XVIIe siècle, (et notamment de l’oeuvre d’Eustache Le Noble, 1697) du fait de la fréquentation assidue de notre Bibliotheca Astrologica, ce qui fut d’ailleurs aussi le cas de Denis Labouré, d’où la publication, chez Pardés, du traité d’astrologie horaire de Claude Dariot, contemporaine de Nostradamus, en 1990. A vrai dire, nous nous souvenons assez mal de ce qui a pu entrainer Patrice Guinard dans le champ nostradamique mais nous tendons à penser que ce fut peu ou prou à notre exemple. Il est vrai que l’HIstoire de l’astrologie a pu sembler moins excitante pour l’esprit que celle du prophétisme et singulièrement du personnage de Michel de Nostredame.(1503-1566) et Guinard ne se sera d’ailleurs pas privé de se lancer dans l’interprétation de certains quatrains centuriques, et dans une démarche hagiographique que nous avons pour notre part, entendu démystifier, ce qui nous aura souvent opposés, notre approche étant sensiblement plus critique. Cela nous fait penser à ces étudiants en médecine trouvant la matière par trop aride et obliquant vers la psychiatrie, voire vers la psychanalyse. Il est possible également que le débat autour de Nostradamus entre spécialistes avait une autre tenue que celui entre astrologues. Guinard a pu penser qu’il saurait mieux faire la preuve de ses talents parmi les uns que parmi les autres mais il dut se heurter à nos propres positions qui ne l auront pas toujours épargné et l’on est en droit de penser que cela aura pu le miner. Le probléme de Guinard aura tenu au fait qu’il se focalisait exclusivement sur le dossier Nostradamus et qu’il n’abordait pas le champ du prophétisme dont le dit dossier n’était qu’une manifestation parmi d’autres, trop centré sur la période d’activité de Nostradamus dans le temps comme dans l’espace, ce qui l’empecha probablement d’opérer certains recoupements intertextuels et de faire la part de l’imposture et de l’antidatation qui sont au coeur de tout le corpus prophétique et astrologique. Pour en revenir à Yves Lenoble, lequel place André Barbault au même niveau que Nostradamus ! »Il y a trente ans André Barbault annonçait une pandémie mondiale pour 2020 après avoir prédit, entre autres, dès 1955 la chute de l’Empire soviétique en 1989! L’astrologie s’est en effet toujours voulu annonciatrice des grands événements de l’Histoire. Ainsi, le cardinal d’Ailly et Nostradamus avaient prévu très longtemps à l’avance la révolution de 1789. Et d’ores et déjà, les prochains rendez-vous planétaires du XIè siècle sont annoncés » (Le Voyage etc). Etrange erreur que de situer le texte de Barbault sur la pandémie « 30 ans en arrière alors qu’il parut en 2011: Mais que dire de l’annonce de la « chute de l’empire soviétique » mis sur le même pied que celle de la Révolution Française de 1789? Dans les deux cas, il y a abus: Barbault aura point certes 1989 mais aucunement dans le sens que décrit Lenoble. Tout prouve au contraire que Barbault voyait -du moins jusque ans le cours des années soixante, en 1989 la victoire finale de l’URSS. Quant à 1789, le contexte de l ‘EPitre à Henri II ne permet nullement d’affirmer que ce qui était annoncé aura en quoi que ce soit correspondu aux événements de la fin du XVIIIe siècle, comme nous l’avons montré plus haut. Saluons tout de même ce paralléle mis en exergue entre 1789 et 1989. . JHB 02 12 21

lundi 4 octobre 2021

Jacques Halbronn Les astrologues croient-ils (encore) en l'astrologie? Les savetiers sont les plus mal chaussés

jacques Halbronn Les astrologues croient-ils (encore) en l'astrologie? Les savetiers sont les plus mal chaussés L'observation du milieu astrologique sur un demi-siècle semble devoir nous conduire à certaines conclusions quant à la relation que les astrologues -qui se déclarent tels- entretiennent avec l'Astrologie et notamment avec la prévision tant à l'échelle individuelle que collective, 'mondiale" L'ouvrage récemment publié d'Yves Lenoble relatif à la "généalogie" du milieu astrologique serait ainsi marqué par une certaine absence de référence à un quelconque modéle à caractère astrologique, ce qui est quand même un comble. Antérieurement, nous avions signalé le cas d'un Didier Geslain -dont nous avons filmé les conférences (au Café Le Connétable) consacrées à l'histoire de la chanson française, lequel n'avait jamais jugé bon de situe les étapes de la carrière des chanteurs dont il traitait en rapport avec le moindre facteur planétair, s'en tenant uniquement à la carte du ciel de naissance. Tout se passe comme si l'astrologie servait exclusivement à nourrir les cours et les consultations et d'ailleurs, au niveau de la vie associative astrologique, il ne nous souvient pas que l'on ait jamais avancé d'argument d'ordre astrologique pour justifier un choix de personne ou de date, comme si l'astrologie était réservée à un usage externe au milieu astrologique, c'est à dire traitée comme un produit d'exportation. Mais venons -en à l'ambitieux travail d'Yves Lenoble qui aura débuté en 2003 par "L'arbre généalogique du milieu astrologique français en 2003 et qui couvre une grande part du XXe siècle. Nous ne reviendrons pas sur nos précédents commentaires pointant les lacunes et les omissions de son "Grand voyage en soi et dans l'avenir, L'astrologie" (2020) mais nous en tiendrons ici aux carences proprement techniques au regard d'une entreprise historique conduite par un "astrophile" -selon l'intitulé de son site. En fait sauf erreur, la référence à une contextualité astronomique pour rendre compte de la vie du milieu astrologique ne semble pas avoir été proposée alors même que Lenoble ne se prive pas de saluer certains succés prévisionnels notamment d'André Barbault. C'est pourquoi, nous nous proposons ici de remédier à une telle absence étonnante de repéres cycliques. En fait, cette absence est le symptome d'une crise épistémologique, d'un manque de consensus pour le moins quant à un quelconque modéle applicable à l'Histoire d'une société, d'une communauté donnée et ce en dépit des accomplissements que Lenoble met au compte, à l'actif du dit Barbault, décédé à la fin de 2019. Nous proposerons donc, pour notre part, une grille de lecture de la période 1974-2004. Nous aborderons in fine la question de la période suivante pour laquelle on manque peut être de recul et de perspective. Notre modéle est celui du cycle de Saturne dans ses rapports avec les axes équinoxiaux et solsticiaux, puisque nous récusions la division en 12 du Zodiaque, qu'elle soit tropicaliste ou sidéraliste, empruntée au méta-langage de l'astronomie. En 1973, Saturne entrait briévement dans le signe du capricorne, donc sur l'axe solstical du fait de la rétrogradation puis définitivement au printemps 1974. Pour nous, la phase solsticial est une phase de résistance face à une invasion, une expansion laquelle reléve de la phase équinoxiale. On est là en face d'une série de phases de sept ans, soit le quart du cycle sidéral de Saturne, lequel se calcul par le temps que met la planéte pour repasser sur la même étoile fixe, quelle qu'elle soit. Selon nous, cette phase solsticiale mettait fin à la domination du CIA (Centre International d'Astrologie) au cours des 15 années précédentes, ce qui nous amené au milieu des années cinquante (c. 1958) Lenoble note que cette période 1974-75 voit apparaitre le GERASH de Patrice Louaisel et le MAU de Jacques HAlbronn mais il ne s'en explique pas, on l'a dit, d'un point de vue proprement astrologique et s'exprime comme le ferait un "non astrologue" à base de psychologie et de sociologie. La phase équinoxiale marque une expansion, une invasion du MAU dont il est largement traité dans les Guides de la Vie astrologique (1985, 1997), ce qui va notamment provoquer l'auto-dissolution du GERASH en 1986 -politique de la terre brûlée. A noter que Lenoble participa à la période du MAU, notamment lors du colloque Astrologie et Science de mai 1978 dont il assura l'une des deux journées. Or; Lenoble était bien placé pour s'intéresser au passage suivant de Saturne sur l'axe solsticial, cette fois au début du signe du Cancer puisque c'est à partir de 1990 qu'une certaine résistance à la domination cette fois du MAU va s'organiser, parallélement à ce qui se passait dans le bloc communiste, toutes proportions gardées et dont Lenoble traite à propos du cycle Saturne Neptune et de la conjonction se produisant alors, 36 ans après celle de 1953. Durant les 15 ans qui suivront, l'on assiste en effet à une certaine domination manifestée notamment par le Salon annuel des astrologues, qui tend à marginaliser le MAU...Mais 15 ans plus tard, la roue va encore tourner avec le retour de Saturne en capricorne et c'est notamment le super - Congrès MAU de 2004 qui va sonner le glas de le domination de Lenoble, lequel intervint d'ailleurs à cette occasion et par la suite la création de Téléprovidence en 2008. On voit donc à quel point Lenoble se sera privé d'un outil dont la fiabilité est de moins en moins susceptible d'être écartée. Comment analyser les configurations en cours et à venir? En 2018, Saturne a franchi une fois de plus l'axe solsticial et l'on a pu voir se manifester des opérations de marginalisation du MAU : hommage à André Barbault, décédé, fin 2019, Journées de la Fédération des Astrologues francophones, à Paris, en mars 2020, animée par Marc Brun, président de la FDAF, Colloque de lyon d'octobre 2021 sous l'égide d'une structure intitulée ORA Organisation pour la Recherche Astrologique et connectée avec la plupart des groupes astrologiques, MAU excepté. SAMEDI 16 OCTOBRE 2021 - 9h 17h au CISL 103 boulevard des Etats Unis Lyon 8° " LA RELATION AU MONDE EN ASTROLOGIE "

mercredi 15 septembre 2021

Jacques Halbronn Sur les cycles planétaires selon Yves Lenoble

Jacques Halbronn Sur les cycles planétaires selon Yves Lenoble En 1994, Yves Lenoble publiait son premier ouvrage, à 47 ans, Initiation à la pratique des cycles planétaires, dans le cadre des "éditions de l'ARRC' (à Poissy, 78)) qu'il avait fondées. Nous avons pensé qu'il serait intéressant et instructif de nous pencher sur cette publiction. C'est en cette même année que nous faisions paraitre "L'Astrologie selon Saturne" aux éditions de la Grande Conjonction. Arrêtons nous sur une formule qui nous convient : "Signification de la division du cycle en 4" (p. 26) avec le premier carré formé entre deux planétes, et ainsi de suite, si ce n'est que selon nous la division en 4 ne saurait être fondée sur la technique des aspects mais sur les relation d'une planéte donnée avec les axes équinoxiaux et solsticiaux Nous suivrons Lenoble quand il signale que la notion de cycle est perceptible à différents niveaux, "au long de notre vie, en nous et autour de nous" ainsi que son rappel des "quatre saisons". Tout cela n'impliquant pas en soi un quelconque savoir astrologique. Cela vaut aussi, note l'auteur pour les cycles économiques. Lenoble évoque également les "métamorphoses des groupes sociaux" Le hic tient au passage vers les corrélations astronomiques (cf 'la dimension cyclique en astrologie") Lenoble constate:"C'est André Barbault qui, patiemment et minutieusement, met en corrélation dans Les Astres et l'Histoire les cycles des planétes lentes et les événements de l'histoire des XIXe et XXe siècles."On s'arrêtera sur le développement "Concordance des planétes et des âges" où la révolution de chaque planéte est mise en relation avec un certain âge de la vie. On commence par Uranus parce que la durée de son "cycle" "est prohe de la durée d'une vie humaine" (84 ans) mais Neptune n'est pas oublié (pp. 48- 49) pas plus que Pluton, à la suite.* Dans sa bibliographie, Yves Lenoble ne signale pas nos deux éditions de Clefs pour l'astrologie, chez Seghers (1976 et 1993) alors que nous y traitions de ces questions, graphiques à l'appui. Chez Lenoble; e lecteur se voit d'entrée de jeu imposé l'idée selon laquelle un cycle planétaire implique le recours à deux planétes du systéme solaire, à l'instar du cycle soli-lunaire. A aucun moment, il n'est mentionné la possibilité de commencer par une seule planéte, ce qui pourrait sembler être la base et ce qui constituait le fondement de nos "Clefs pour l'Astrologie" où à aucun moment nous ne traitons de la combinatoire de deux planétes. Or, la question des rapports entre planétes et âges se fonde sur la révolution de telle ou telle planéte et non sur le lien entre deux planéte. Prenons le cas de Saturne, son "cycle" est bien de 29 ans comme l'indique Lenoble (p. 34) et n'est pas à géométrie variable, de 20 ans quand il se combine avec Jupiter ou de 36 ans quand il se combine avec Neptune et tout à l'avenant! A moins d'avoir mal lu son ouvrage, à aucun moment, Lenoble ne prend même la peine de réfuter la thèse d'un cycle articulé sur la révolution d'une seule planéte. Pour lui, il va de soi, que la division en 4 passe par les aspects entre deux planétes et non par le passage d'une planéte sur les axes équinoxiaux et solsticiaux: 0+ bélier, 0° cancer, 0° balance, 0° capricorne, ce qui constitue une alternative tout à fait envisageable et qui respecte les "nombres" des planétes dont il traitait à propos des âges. Il est vrai que cette tradition combinant deux planétes a une longue histoire et une page glorieuse avec le couple Jupiter- Saturne mis en avant par Albumasar. Cela dit, il existe également une tradition qui s'intéresse au passage d'une planéte au travers des 12 signes du zodiaque et notre approche monoplanétaire ne fait que reprendre cette idée autour des axes équinoxiaux et solsticiaux qui encadrent les 12 signes (cf le classement en signes cardinaux, fixes et mutables) qui est bien plus satisfaisant que le classement en signes liés aux 4 Eléménts lequel ne respecte pas la structure 4x3 mais lui substitue une structure 3x4! On pense à Pluton, planéte lointaine. Corrélation de l'astrologie et de l'histoire, Paris, Ed Véga, 1958, ouvrage absent de la bibliographie de Lenoble qui se prétendait pourtant assez exhaustive. (pp. 178-180) mais c'est bien là le probléme chez cet auteur qui donne l'impression, l'illusion, d'être complet alors qu'il exclue toutes sortes de données comme on aura eu l'occasion de le montrer lors de la sortie de son Astrologie: L’Astrologie: le grand voyage en soi et dans l’avenir JHB 15 09 21

samedi 16 septembre 2017

Yves Lenoible sur le Centiloque de Ptolémée

Du nouveau à propos du Centiloque de Ptolémée

“Après de longues années de recherche sur le Centiloque pseudo-ptolémaïque (appelé Le Livre du fruit, Karpos), Giuseppe Bezza – qui nous a quitté prématurément le 18 juin 2014 – vient de faire publier aux Editions Mimesis (Milano, septembre 2013) un ouvrage extrêmement riche sous le titre Commento al Centiloquio tolemaïco. L’oeuvre contient, entre autres documents, sa traduction en italien des cent aphorismes publiés en langue arabe (1) puis grecque, assortis de leurs commentaires (2).

Ces deux versions inédites du Centiloque (traduction des textes arabe et grec) renouvellent notre compréhension des cent aphorismes et de leurs commentaires, à savoir ceux dont nous disposons en France, et parmi les plus connus, ceux traduits du latin par Nicolas Bourdin (3) sous le titre Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie (1641, 1993), et ceux également traduits du latin par Julevno (4) sous le titre Les cent sentences astrologiques (1938, 1984).”
Note 1 : C’est Franco Martorello qui a établi le texte arabe de Ahmad Ibn Yusuf Ibn al-Daya.
Note 2 : Aphorismes et commentaires sont accompagnés d’une grande quantité de notes, d’un glossaire, d’une bibliographie détaillée, et d’une Introduction sous la plume de Giuseppe Bezza, qui fait le point sur la question de la paternité de l’ouvrage, très discutée pendant des siècles (Introduction traduite en français par mes soins, et désormais disponible sur le site du RAO).
Note 3 : Nicolas Bourdin a traduit du latin la Tétrabible (publication en 1640), ainsi que le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie, publié chez Cardin Besongne à Paris, en 1651, et réédité par les Editions Tredaniel en 1993. Nicolas Bourdin “est le traducteur incontournable de Ptolémée en français” (Jacques Halbronn), mais il n’est pas le premier. Dans la postface de l’édition de 1993, J. Halbronn écrit qu’il existe à la Bibliothèque Nationale des manuscrits de l’ouvrage datant du règne de Charles V (1348, 1349).
Note 4 : La traduction du latin (texte de Pontanus) par Julevno (Jules Evenot) a été publiée en 1938 par Paul Chacornac sous le titre Le Centiloque ou les cent sentences. Elle a été reprise par les Editions Traditionnelles sous la dénomination Les cent sentences astrologiques, Paris, 1984.
Quelques aphorismes du Centiloque 
Il serait sans doute pertinent d’évoquer désormais, à leur tour, quelques sentences ayant trait, plus spécifiquement, à l’art de l’astrologie lui-même. Pour cela, procédons à l’analyse des aphorismes n° III, n° V, n° VIII, et n° XXIX, tels que nous pouvons les lire chez Nicolas Bourdin (Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie, traduit du latin, 1641, 1993) et chez Julevno ( Les Cent sentences astrologiques, également traduites du latin, 1938, 1984), puis dans les versions arabe et grecque récemment mises à l’honneur par Giuseppe Bezza (Commento al Centiloquio tolemeo, septembre 2013).
Sentence III : aptitude/astre puissant
Version de Nicolas Bourdin :« Celui qui est habile à quelque chose telle qu’elle soit, aura certainement aussi l’astre qui signifie cette chose, grandement puissant en sa naissance ». Grandement puissant, c’est-à-dire « bien situé, soit au respect du monde [par rapport aux angles], soit dans le zodiaque [par ses dignités], soit par ses aspects, soit d’autre sorte » (Nicolas Bourdin voulait-il par là suggérer la nature de l’astre ?). Par exemple, dit-il, celui qui est ingénieux et éloquent aura Mercure bien placé, celui qui est vaillant, Mars, etc.Ainsi, « nous verrons de la prudence en ceux que Saturne gouverne, de l’équité aux joviaux, de la vaillance aux martiaux, de la douceur aux vénériens, de la finesse aux mercurialistes, le Soleil donnera de l’éclat, la Lune de l’activité ». Les effets engendrés par telle ou telle planète bien placée seront toujours identiques.
Le reste du commentaire est consacré à quelques exemples.
Ainsi, Cicéron doit sa grandeur à la disposition de son ciel natal : « son Soleil montant au Lion sur l’horizon, le Lion gouvernant l’Italie,…lui décerna cet éclat illustre…, avec Mercure, Vénus, Mars et le Roitelet, alors au premier degré du Lion où était son AS », ce qui lui donna « ce torrent d’éloquence que nous admirons encore tous les jours en ses écrits ».
Sixte V, de basse condition, fut élevé à la dignité pontificale, grâce à son Soleil et à son Jupiter sur son AS, conjoint à Mercure et à Mars, ce qui le fit changer de métier « de gardien de troupeaux pour celui de pasteur universel de l’église ».
Le roi Gustave de Suède, redoutable conquérant, avait Mars (au trigone de sa Lune) maître de X, alors que Jupiter, maître du Soleil et de l’AS, se trouvait en maison II avec la Part de fortune.
Le cardinal de Richelieu avait Vénus maître de I placée au MC, Mars et Mercure respectivement logés en l’AS et en XI, en leurs dignités, tandis que le Soleil était maître du MC.
Version de Julevno :
« Celui qui possède des aptitudes pour un art quelconque aura, certainement, une étoile propice à cette indication, placée puissamment dans sa nativité ».
Julevno parle-t-il d’une étoile fixe, ou d’un astre errant ? Nous n’en saurons rien, vu que le commentaire brille par son absence. Et nous ne savons pas non plus, bien sûr, ce qu’il entend par une étoile « placée puissamment » dans une nativité.
Version arabe :
« Ptolémée a dit : celui qui par nature est disposé à une chose est celui qui, dans sa nativité, a le significateur de cette chose puissant ».
Après nous avoir renvoyés à la sentence LXXXVI, où il est dit que les planètes, par leur qualité, par leur force, par leurs opérations, sont comme les éléments des corps (voir en fin d’article note 1), Al Daya affirme qu’une planète puissante dans la nativité d’une personne rend visibles ses opérations ; la personne aura alors une disposition naturelle excellente, prompte à réaliser ce qu’indique la planète.
Mais qu’appelle-t-on une planète puissante ? Ou plus exactement, dans quels cas peut-on attribuer à un astre ce qualificatif de « puissant » ? Le commentateur arabe répond à cette question de façon très précise, qui peut étonner, et même éblouir les yeux de nos contemporains, peu habitués à la richesse de l’enseignement des Anciens. Une planète est puissante lorsqu’elle se trouve :
1) dans sa « participation » (hazz)(note 2) ;
2) dans son champ d’action (hayyiz)(3) ;
3) dans l’angle qui lui est compatible (watad)(4) ;
4) dans une configuration favorable vis-à-vis du Soleil (Sams)(5), comme par exemple l’orientalité (tasriq)(6) pour les planètes supérieures et l’occidentalité (tagrib)(7) favorable aux planètes inférieures.
5) Et autres positions qui lui sont propres.
Si nous mettons de côté les dignités et l’angularité des planètes, communément reconnues aujourd’hui comme facteurs de puissance, nous ne pouvons malheureusement que déplorer le manque de connaissance de nos contemporains, qui négligent ces notions de « faction », d’orientalité vis-à-vis du Soleil, et plus spécialement de lever héliaque, pourtant si efficaces. Il faut remercier chaudement Giuseppe Bezza d’avoir mis à disposition tous ces aphorismes, et notamment le III, qui rappelle ces notions essentielles.
Version grecque :
« Celui qui est apte à une chose quelconque a certainement l’astre qui la signifie puissant dans sa nativité ».
Le commentaire est remarquablement bref. On peut le citer entièrement : « En vérité, l’homme viril a Mars puissant, l’intellectuel Mercure, et ainsi de suite pour les autres astres ». C’est évidemment très clair, très concis, très concret. On peut néanmoins regretter qu’il ne soit pas précisé dans quelles conditions un astre est puissant, considération certainement inutile pour les astrologues de l’époque, familiers avec toutes ces notions.
Sentence V : détourner les maux
Version de Nicolas Bourdin :
« Celuy qui est savant peut éviter plusieurs événements des astres, lorsqu’il aura connu leur nature, et se préparer soi-même avant leur événement ».
Deux mots-clé dans cette sentence : « éviter » et « se préparer ».
Pour être en mesure d’éviter plusieurs événements qui le menaceraient, le savant doit connaître « la nature et la science », la nature [c’est-à-dire le don du ciel], la science [c’est-à-dire la science des hommes]. Ainsi les événements ne répondront pas tous à une fatalité. Cet aphorisme reprend le célèbre passage de la Tétrabible, dans lequel Ptolémée expose sa philosophie de l’art : « Les événements, communs ou particuliers, lesquels n’ont d’autre origine que les causes célestes, …se produisent inévitablement selon une nécessité absolue. Mais il en est d’autres, qui ne naissent pas du seul mouvement des cieux et qui se peuvent aisément transformer par des remèdes contraires…Ceci est du ressort de la science des hommes, qui, en cette rencontre, ne sont point enchaînés à une fatale nécessité. » Et plus loin : « Ces mêmes événements sont, ou totalement détournés, ou de beaucoup adoucis, alors qu’ils ont été prévus et qu’on y donne soin à l’aide des remèdes naturels reconnus comme ayant une force contraire efficace » (I, 2, traduction du latin du même Nicolas Bourdin). Il est donc possible, dit Nicolas Bourdin, d’éviter les maux « à l’aide de la science ». – L’existence de ce passage de la Tétrabible pouvait laisser penser que l’auteur du Centiloque était bien Ptolémée en personne, ce qui n’est en aucune façon une preuve en soi, plusieurs auteurs différents pouvant développer les mêmes idées selon l’état de leurs convictions !
Ceci dit, le savant doit se préparer à recevoir les effets menaçants des astres. Là encore, nous pouvons renvoyer à un autre passage de la Tétrabible, toujours dans le chapitre 2 du Livre I, où le prince des astrologues affirme que «la prévision acclimate et affermit l’esprit en sorte que l’attente des choses futures se passe comme si celles-ci étaient déjà présentes, préparation qui nous permet de les recevoir avec sérénité ».
Toutefois, Nicolas Bourdin demeure circonspect quant à l’efficacité des savants, « vu que plusieurs ont tenté vainement d’éviter les maux qu’ils craignaient ». Ainsi se moque-t-il tant soit peu de l’excellent astrologue qui avait prévu la mort violente du duc de Milan, par une poutre qui tomberait sur lui, et qui, mené au supplice pour cette prédiction malheureuse, fut lui-même écrasé, avec beaucoup d’autres, par une tour de la cathédrale !
Le discours qui clôt ce commentaire se perd dans des méandres ténébreux…
Version de Julevno :
« Celui qui connaît la nature des astres peut facilement en détourner les mauvais effets, en sachant se mettre en garde contre leur maléfique influence, avant qu’elle ne se manifeste ».
Mais comment détourner les mauvais effets des astres ? C’est ce que nous ne savons pas ; en effet, la science des hommes n’est mentionnée nulle part. Pour le reste, le contenu de la sentence est le même, avec toutefois un « facilement » qui laisse rêveur.
Dans son commentaire, Henri Selva affirme que, si l’homme averti ne peut absolument pas éviter les événements qui reposent sur une loi immuable, du moins peut-il « se préparer à soutenir leur choc », et « amortir leur effet », non pas par des remèdes contraires (il n’en dit mot), mais par une « volonté sage  et forte » – là encore, on ne peut être qu’incrédule devant cette foi en la volonté.
Version arabe :
« Ptolémée a dit : l’astrologue est parfois en mesure de conjurer beaucoup d’effets des étoiles, encore faut-il qu’il connaisse la nature de ce qui agit, et qu’il prépare celui qui reçoit les effets à les tolérer, avant qu’ils ne se vérifient ».
Nous voici revenus à plus de réalisme, attendu que l’astrologue est « parfois » en mesure d’éviter les effets des étoiles, et non pas « facilement », comme le relate Julevno. En effet, dans son commentaire, Al-Daya nous rappelle que les astres n’agissent pas de la même façon, du fait que les sujets qui sont atteints par leurs effets sont eux-mêmes différents. Mais il est en notre faculté de porter ces sujets vers l’augmentation ou vers la diminution de l’état où ils se trouvent, ceci par une juste régulation. Lorsqu’il craint un événement pour un sujet, celui qui connaît les astres doit nécessairement pousser ce sujet vers un état opposé à celui dont il craint les effets. Ainsi, celui qui était prédisposé à subir ces effets ne sera pas frappé par ce qui, auparavant, était à craindre.
Par exemple, dit-il, si nous connaissons la nativité de celui qui subit l’action des astres, et s’il s’y trouve des indications d’astres liés à une maladie de la nature de Mars, nous porterons sa constitution d’un état d’équilibre à un autre qui lui est éloigné. En fait, avant que se produise l’opération de Mars, nous porterons vers le froid cet état d’équilibre, de la même quantité existant entre l’état d’équilibre et l’excès de chaud. Par conséquent, quand adviendra l’action de Mars, la personne l’aura déjà précédée par l’intermédiaire d’une disposition contraire : confrontée à ce que Mars lui promettait, sa nature répondra en tendant vers l’équilibre. L’astrologue qui connaît la nature de Mars attribuera ainsi une constitution différente à celui qui subira l’action de l’astre, et il procèdera de façon analogue pour les autres planètes, pour autant que cela soit possible.
Version grecque :
« L’expert peut détourner beaucoup d’opérations d’astres quand il connaît leur nature et qu’il se prépare avant que n’adviennent leurs opérations ».
Commentaire : L’âme bien adaptée qui se conduit de la meilleure façon pousse ce qui est en puissance à changer la disposition préexistante du sujet et à la tourner vers le plus ou vers le moins. Exactement comme si, après avoir examiné ce qui allait advenir, nous reconnaissions avec certitude qu’une fièvre élevée surgirait chez le natif, à cause de la configuration de Mars. Donc, connaissant cela par avance, nous porterons la constitution du sujet vers une tonalité plus froide, en mesurant avec attention de quelle quantité se changera sa constitution préexistante. De cette façon, avec un Mars qui réchauffe les corps, et qui serait atteint par des configurations adverses, la bonne harmonie sera rétablie.
L’on peut observer que les textes dont nous disposons en langue française restent dans les généralités, tandis que les versions arabe et grecque nous plongent dans des considérations plus concrètes, comme par exemple les effets d’un Mars (de nature chaude) blessé dans un thème, effets que l’on peut détourner en faisant intervenir chez le sujet une complexion plus froide, ceci avant que Mars puisse opérer.
Sentence VIII : soutenir le bien
Version de Nicolas Bourdin :
« Le sage contribue à l’opération céleste, de la même sorte que l’excellent jardinier en labourant et en nettoyant ».
L’excellent laboureur sait parfaitement ce que son champ peut porter, le blé dans la plaine, le vin dans le coteau, les légumes en terre grasse, le sainfoin en terre aride, l’herbe dans les fraîcheurs, le bois sur les roches, les sillons étroits pour écouler les excès d’eau, les plantes nuisibles qu’il lui faut arracher, et ainsi de suite…
Tout comme le laboureur cultive sa terre, le sage doit cultiver les dons qu’il a reçus du ciel. Si dans son thème Saturne est puissant, qu’il s’adonne à l’agriculture et aux choses graves ; si Jupiter lui est favorable, qu’il embrasse des emplois qui conviennent à cette planète, etc.. Le sage doit collaborer avec ce que lui a conféré le ciel, sans chercher à revendiquer des choses qu’il ne peut obtenir. Ainsi, l’homme « ne peut pas espérer de biens solides, si Saturne et le maître de IV sont affligés ; des richesses, si Jupiter et le maître de II font mal ; des charges dans la guerre, si Mars est dans les maisons cadentes et dans sa ruine ; des honneurs et des dignités si le Soleil et le maître de X sont faibles ; des faveurs et des bienfaits des femmes si Vénus et le maître de XI sont mal logés ; des emplois dans les négociations et les ambassades si Mercure et le maître de IX sont affligés ; de l’action et de l’estime populaire si la Lune n’est pas bien placée ».
Ainsi se termine, de façon très utile pour le praticien, le commentaire de Nicolas Bourdin. Que va nous dire Julevno ?
Version de Julevno :
« L’astrologue habile et sagace peut combattre les effets des influences du ciel, de même que le laboureur expérimenté peut combattre la mauvaise nature d’un champ, en l’améliorant par la culture ».
« Combattre les effets du ciel » ? Combattre les « avertissements » du ciel, combattre les « accidents » et les « dangers », comme l’affirme Fomalhaut dans son commentaire ? Faut-il accepter cette version de la sentence VIII, qui ne fait que réitérer celle de la sentence V – répétition parfaitement inutile ? « Combattre » les effets du ciel, comme le martèle Julevno, alors que la version de Nicolas Bourdin souligne, au contraire ici, dans la sentence VIII, la nécessité qu’a le sage de « contribuer à l’opération céleste » !
Version arabe :
« Ptolémée a dit : l’âme savante collabore avec l’action de la sphère céleste comme le paysan collabore avec les forces de la nature en labourant et en taillant ».
Il s’agit ici également, de « collaborer » avec, et non de « combattre », les forces de la sphère. L’âme savante connaît ces forces et sait comment elles s’appliquent aux individus. Donc, lorsque le savant percevra l’action d’un bien dans le thème d’un natif, il encouragera ce dernier à être bien disposé pour accueillir ce bien, qui sera ainsi amplifié et clarifié. Puis Al Daya, estimant en avoir assez dit, renvoie à son commentaire de la sentence V.
Version grecque :
« L’âme savante aide la vertu du ciel de la même façon que le paysan parfait aide la nature en labourant et en désherbant ».
Par « âme savante », on doit comprendre l’âme qui connaît les vertus de la nature et la constitution des astres, celle qui sait anticiper ce qui va advenir aux hommes, que ce soit un succès ou un revers. Elle invite ceux qui sont sur le point de prospérer à favoriser une amplification de leur bonne fortune. Mais aussi, elle exhorte à fuir la disgrâce imminente ceux qui sont sur le point de subir un revers sous le coup d’un mauvais démon, comme c’est le lot de la nature humaine. De façon analogue, l’excellent paysan, en labourant et en désherbant, jette les graines dans son champ, et ce qui naît de la terre devient un aliment utile, qui toutefois ne peut devenir comestible sans désherbage.
L’allusion à l’excellent paysan, reprise dans toutes les versions, illustre parfaitement les deux volets de l’action de l’astrologue savant, à savoir favoriser le bien (sentence VIII) et fuir le mal (sentence V), avant même que se produisent leurs effets. Tout comme le labour favorise la bonne qualité de la terre et des grains, tandis que le désherbage lutte contre l’action des plantes nuisibles.
Sentence XXIX : félicités des étoiles
Version de Nicolas Bourdin :
« Les étoiles fixes apportent des félicités irraisonnables et admirables, que, pour la plus grande part, elles rendent remarquables par des infortunes ; si ce n’est que les planètes s’accordent à cette félicité ».
Dans son commentaire, Nicolas Bourdin souligne le côté inattendu des félicités accordées par les étoiles fixes ; néanmoins il leur reconnaît une action « frêle et caduque » si elles ne sont pas soutenues par celle des planètes.
Suit ensuite un très long développement sur ces étoiles, dont nous ne dirons que l’essentiel. Divers auteurs, dit notre commentateur, les ont méprisées sous le prétexte qu’elles ne produisent rien. Pourtant, « la grandeur de leur corps, l’immensité de leurs sphères, l’infinie multitude de leurs corps, la brillante clarté de quelques unes, leurs levers et couchers avec le Soleil », les donnent pour essentielles. « Sans elles, il n’y aurait ni vie, ni mouvement, ni action, ni passion mutuelle, ni génération, ni vicissitudes des temps ». Hommage est rendu à Galilée, dont les lunettes nous ont fait découvrir un immense univers bien ordonné, une immensité de « globes suspendus qui se soutiennent et s’assistent les uns les autres ». Parmi toutes ces étoiles, nous serons plus affectés par les plus proches et les plus grandes, celles qui ont le plus d’éclat. Parmi elles, N. Bourdin cite le Grand Chien (Sirius), Arcturus, le Roitelet (Régulus), Antarès, l’œil du Taureau (Aldébaran), la Lyre, l’Epi, le Bouc, la bouche du Monstre.
Comment expliquer leur influence ? Par la transmission de lumière qui se fait grâce à l’attraction solaire, par leur puissance magnétique, par le « lien étroit qui unit et joint toutes choses » dans l’univers. Les astres ont en effet les mêmes éléments (étain, plomb, argent, etc.) que les entrailles de la terre, l’homme étant « un petit monde abrégé qui nous enseigne à connaître le grand ». N. Bourdin rappelle que, pour les Platoniciens, il existe une âme universelle qui règne sur le monde. « Tout le monde animé, tous les globes, tous les astres, l’admirable Terre aussi, sont gouvernés dès le commencement par les âmes qui lui sont propres et destinées ».
Mais pourquoi les félicités accordées par ces étoiles demeureraient-elles « frêles et caduques » et seraient-elles suivies d’infortunes immenses ? Ce fait, reconnu par l’expérience, survient lorsque ces étoiles « ne sont pas fécondées par les errantes », c’est-à-dire lorsqu’elles ne sont pas « jointes aux principaux significateurs ». Quels significateurs ? Nous aimerions le savoir, mais nous ne le saurons pas. Ce que nous saurons, c’est que ces globes éloignés « donnent bien les choses avec plus d’éminence, mais avec moins de proportion à notre respect , de sorte que leurs faveurs ne se sauraient trouver ni fermes, ni assurées, si les astres plus voisins ne concourent à soutenir ce bonheur » – Le manque d’efficacité durable des étoiles serait donc dû à leur éloignement !!!
Nicolas Bourdin termine son discours par quelques exemples d’infortunes tirés de l’Antiquité.
Version de Julevno :
« Les étoiles fixes produisent des fortunes surprenantes et prodigieuses qui, souvent, sombrent dans le malheur ou dans une catastrophe, à moins que les planètes ne promettent par elles-mêmes, dans la nativité, le succès ou la fortune ».
Julevno consacre à cette sentence un commentaire plus court que celui de Nicolas Bourdin, mais qui se veut explicatif. Satisfera-t-il notre curiosité ?
Le commentateur énonce tout d’abord quelles sont les étoiles fixes les plus efficaces : celles de 1ère grandeur, celles situées sur l’écliptique ou en déclinaison Nord, celles qui sont unies à une planète par conjonction ou par antisce, celles qui se lèvent ou culminent avec une planète, leur orbe de lumière étant estimé à 5°.
Lorsqu’elles sont situées dans les angles d’un thème (surtout à l’AS et au MC) et avec le Soleil ou la Lune, les étoiles dites royales élèvent le natif à une condition exceptionnelle, même si ce dernier sort d’un milieu très modeste. Il s’agit d’Aldébaran, de Régulus, d’Antarès, des Pléiades ( ?), de Fomalhaut, de l’Epi de la Vierge, de Rasalgethi. Toutefois, les bienfaits qu’elles accordent peuvent tourner à la ruine et au malheur, à moins que les significateurs ne soient protégés par Jupiter ou par Vénus (par aspect), capables par eux-mêmes de donner des biens durables, les significateurs étant le Soleil, la Lune et le MC.
Malgré quelques points discutables (l’orbe des étoiles, leur antisce avec une planète quelconque par exemple), ce commentaire de Julevno semble mieux répondre à nos attentes que celui de N. Bourdin, souvent entortillé et ténébreux – peut-être les connaissances de l’époque et la langue du XVIIème siècle en sont-elles responsables ?
Version arabe 
« Ptolémée a dit : les étoiles fixes accordent des dons qui vont au-delà de ce qui est attendu des thèmes d’origine, mais souvent ils s’accompagnent d’une disgrâce ».
Voici le commentaire d’Ibn Al Daya : Après la naissance et les quatre années de nutrition (tarbiyah)(8), l’une des choses qu’il est nécessaire de connaître dans une nativité est la dignité des astres et ce qui l’indique, comme le tasriq(9) des planètes, leur dasturiyah (10), et en outre les significateurs [de vie] puissants dans les angles. Tout ceci montre que le natif parviendra à une meilleure condition que celle de ses prédécesseurs.
Qu’ajoutent de plus les étoiles fixes (celles qui sont les cœurs [Cœur du Taureau, Cœur du Lion, etc.] et celles de première grandeur) ? Lorsqu’elles se trouvent sur l’angle de l’AS ou du MC, sur le luminaire conditionnel (11) et sur la Part de fortune, elles élèveront la situation du natif jusqu’à son aspiration maximale, au-delà de ce que l’on pouvait attendre, de telle sorte qu’il administrera les affaires d’un grand règne, même si ses ancêtres étaient inconnus et d’origine modeste. – Les étoiles ainsi définies et ainsi placées apporteront un maximum de bienfaits, beaucoup plus puissants que ceux accordés par les planètes.
Toutefois, lorsque ces étoiles ne sont pas soutenues par l’action des planètes, lorsqu’elles sont les seules à signifier la fortune, le natif mourra de mort violente. Voilà sans doute, sans autre explication, sans bavardage d’aucune sorte, un fait d’expérience, qui peut nous déconcerter. La version grecque nous fournira-t-elle quelque éclairage ?
Version grecque :
« Les astres non errants provoquent des fortunes extraordinaires et inattendues, mais, plus d’une fois, elles se terminent par un malheur, à moins que les planètes ne soutiennent leur succès ».
Le succès provient du lever matinal des astres (12), du camp qui leur convient (13), et de leur angularité. Dans ces cas-là, celui qui naît deviendra plus illustre que ses propres géniteurs. Mais que font les étoiles fixes, les cœurs et celles qui sont de première grandeur, précise bien le commentateur ? Lorsque l’une d’elles se retrouve sur l’angle de l’AS ou du MC, sur le Soleil le jour et sur la Lune la nuit, ou sur la Part de fortune, le sort de celui qui naît s’élèvera grandement, au point qu’il deviendra l’intendant d’un grand roi, même si ses géniteurs sont d’humble condition. Et si le succès lui parvient par la seule signification des étoiles fixes, sa mort sera très malheureuse et non naturelle.
Cette version est très proche de la précédente, et toutes deux très peu éloignées des deux versions en langue française. Toutefois, entre les « infortunes » des étoiles fixes énoncées par Nicolas Bourdin et « le malheur ou une catastrophe » avancés par Julevno, il y a une marge avec « la mort violente » du sujet lui-même, prédite par le texte arabe, exprimée tout aussi violemment, et la « mort très malheureuse et non naturelle » du texte grec. Les Anciens n’hésitaient pas à dire les choses de façon directe, simplement et crûment ! ce qui peut satisfaire les esprits épris de vérité ! Les aphorismes du Centiloque, dans les versions arabe et grecque heureusement transmises par G. Bezza, méritent donc que l’on s’attache à leur enseignement, tant ils nous apparaissent justes, précis, concrets, faisant ainsi mentir Morin de Villefranche, qui, chez les Chaldéens, chez les Egyptiens, et pour ce qui nous concerne ici chez les Arabes, ne voyait que de « vaines fictions » (Préface du XXIème Livre de l’Astrologia Gallica).
Danièle Jay
jay-daniele@orange.fr
Bibliographie
– Bezza, Giuseppe, Arcana Mundi, Antologia del pensiero astrologico antico, biblioteca universale Rizzoli, Milano, 1995.
– Bezza, Giuseppe, Commento al primo libro della Tetrabiblos di Claudio Tolemeo, Nuovi Orizzonti, Milano, 1990, 1992.
– Bezza, Giuseppe, Commento al Centiloquio tolemaico, Mimesis, septembre 2013, disponible à la librairie Ibis Esoretica, via Castiglione, 31, 40124 Bologna.
– Bourdin, Nicolas, Tetrabiblos, Editions Vernal/Philippe Lebaud, Paris, 1986.
– Bourdin, Nicolas, Le Centilogue de Ptolémée ou la seconde partie de l’Uranie, réédité par Guy Tredaniel, Paris, 1993.
– Jay, Danièle, Le Ciel en mouvement, Editions Sep-Hermès, Paris, 2006, 2010.
– Julevno, Les Cent sentences astrologiques, Editions Traditionnelles, Paris, 1984.
– Ptolémée, Claude, Tetrabiblos, traduction de Pascal Charvet sous le titre Le Livre unique de l’astrologie, Nil Editions, Paris, 2000.
notes
1) Sentence LXXXVI : « Ptolémée a dit : le Soleil est source de la force vitale, la Lune de la force naturelle, Saturne de la force de rétention, Jupiter de la force d’accroissement, Mars de la force d’irascibilité, Vénus de la force de concupiscence, Mercure de la force de cogitation. Dans les nativités, Mars, Vénus et Mercure sont les significateurs des inclinations et des professions ». Dans le commentaire, nous lisons que les dispositions naturelles, la générosité, l’avarice, la sincérité, le mensonge, etc., proviennent du mélange de ces trois inclinations et professions, et du comportement de ces trois planètes.
2) Une planète dans son hazz occupe une portion du zodiaque conforme à sa nature – c’est le lieu du zodiaque où elle possède une dignité (domicile, exaltation, terme, triplicité, face). Elle « participe » au signe qu’elle occupe, ce qui entraîne bonne fortune et félicité.
3) Une planète dans son hayyiz se trouve placée dans le milieu qui lui est naturel, dans sa sphère d’influence, dans sa « faction » ; elle est dans sa faction si, diurne, elle se trouve dans un thème diurne (Soleil au-dessus de l’horizon), et si, nocturne, elle se trouve dans un thème nocturne (Soleil au-dessous de l’horizon). Ce terme arabe est l’équivalent du terme grec « haïresis ».
4) Watad : il s’agit des quatre angles de la figure.
5) Sams : indique le Soleil.
6) Tasriq désigne l’orientalité des planètes supérieures par rapport au Soleil (elles se lèvent avant lui), mais surtout leur lever héliaque, qui est le moment où la planète sort des rayons du Soleil et où elle reprend toute sa vigueur. « La planète après la combustion, après son passage sous les rayons, est comme celui qui avance de la maladie à la convalescence et à la force ; l’orientalité perfectionne sa force… » (Al Biruni).
7) Tagrib : désigne l’occidentalité des planètes inférieures par rapport au Soleil (elles se couchent après lui).
8) Tarbiyah : lorsque l’enfant est faible à la naissance, on ne sait s’il survivra. Il faut attendre quatre ans, les quatre années de nutrition, pour se prononcer sur l’avenir de l’enfant.
9) Tasriq : c’est l’orientalité des planètes par rapport au Soleil, surtout leur lever héliaque ; voir la note 6 de la sentence III.
10) Dasturiyah : c’est la position d’autorité d’une planète.
11) Le luminaire conditionnel est le luminaire « de la condition », c’est à dire le luminaire qui s’accorde avec la condition diurne ou nocturne, soit le Soleil en thème diurne, la Lune en thème nocturne.
12) Lever matinal : c’est le lever héliaque qui se fait le matin.
13) Le « camp » n’est autre que la « famille » de l’astre, la sphère d’action où il se trouve à son aise. Un astre diurne est dans son « camp » lorsqu’il se trouve dans un thème diurne, un astre nocturne dans un thème nocturne. Cette condition est désignée en langue grecque sous le terme d’haïrésis.

dimanche 25 juin 2017

163 Etudes nostradamiques par Jacques Halbronn et al.

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Les quatrains attribués au médecin-astrologue provençal
Michel de Nostredame (1503 - 1566),
descendant d'une famille de Juifs convertis,
ne sont pas stricto sensu une somme astrologique,
mais n’occupent pas moins une place importante dans l’arsenal prospectif de l’Occident,
depuis environ quatre siècles et demi,
depuis les almanachs des années 1550 - 1560,
jusqu’aux Prophéties se présentant sous la forme de Centuries.

Cette Rubrique, ouverte à tous,
est ainsi consacrée à l'analyse pertinente de divers articles et ouvrages,
et notamment au droit de réponse et compléments d'information des auteurs,
ainsi qu'à la présentation d'études inédites.

Comme il existe une critique biblique, il s’est constituée une critique nostradamique
qui divise les spécialistes et les exégètes.
Comment expliquer le succès renouvelé de ce “canon” :
cela tient-il au génie du prophète ou bien à celui de faussaires ?



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Sommaire :
    1 - Avertissement à la critique nostradamique de J. Halbronn, par P. Guinard
    2 - Jean Dorat et la « miliade », par J. Halbronn
    3 - Le débat J. Halbronn versus P. Guinard, par L. de Luca
    4 - Réponse à J. Halbronn, par « Connetable »
    5 - Réponse à « Connetable » par J. Halbronn
    6 - La question des Centuries incomplètes, par J. Halbronn
    7 - L’Epître à César et la prétendue humilité de Michel de Nostredame, par J. Halbronn
    8 - Le Janus Gallicus et les mots rendus en majuscules ou initiales, par J. Halbronn
    9 - Procédés compilatoires dans la littérature pseudo-nostradamique, par J. Halbronn
  10 - Du caractère partisan des Centuries, par J. Halbronn
  11 - Le système centurique en tant que mode de régulation sociale, par J. Halbronn
  12 - Le nostradamisme, du mimétisme du passé à celui du futur, par J. Halbronn
  13 - Réflexions sur quelques pseudonymes dans l'oeuvre de Nostredame, par L. de Luca
  14 - Lucien de Luca ou la stratégie de la terre brûlée, par J. Halbronn
  15 - Les échéances nostradamiques et le recoupement par les traductions, par J. Halbronn
  16 - Contribution aux recherches biographiques sur Michel de Nostredame, par J. Halbronn
  17 - L’Epître à Henri II et les commentaires et paraphrases des Ecritures Saintes, par J. Halbronn
  18 - A time schedule of the prophecies, by T. W. M. van Berkel
  19 - Le cinquième centenaire de la naissance de Michel de Nostredame, par J. Halbronn
  20 - Les contrefaçons centuriques et l’Edit de Nantes (1598), par J. Halbronn
  21 - Les escrocs du nostradamisme, par J. Halbronn
  22 - Caractère et carrière posthumes des Centuries, par J. Halbronn
  23 - The French original of the Horoscope for Prince Rudolph, by Elmar R. Gruber
  24 - The 1941-Vreede-translation and the 1558-Lyon-Edition, by T. W. M. van Berkel
  25 - A rejoinder to Halbronn’s review of my book on Nostradamus, by Elmar R. Gruber
  26 - Le problème des éditions datées du vivant de Michel de Nostredame, par J. Halbronn
  27 - A supposed correspondence between a présage and a quatrain, by T. W. M. van Berkel
  28 - L’image oubliée d’un Michel de Nostredame, premier exégète des Centuries, par J. Halbronn
  29 - Le témoignage de Videl pour la recherche nostradamologique, par J. Halbronn
  30 - An astrological structure in the Centuries, by T. W. M. van Berkel
  31 - Pour une relecture du Recueil des Présages Prosaïques, par J. Halbronn
  32 - Les Centuries comme commentaire des textes en prose, par J. Halbronn
  33 - The Millennium model versus the Trithemian cycle, by T. W. M. van Berkel
  34 - Les premiers garants de la publication des Centuries de Nostradamus, par R. Benazra
  35 - Des prophéties perpétuelles aux centuries tronquées, par J. Halbronn
  36 - Contribution aux méthodes de description du corpus centurique, par J. Halbronn
  37 - The second biblical chronology in the Epistle to Henry II, by T. W. M. van Berkel
  38 - Les emprunts à Leovitius dans les deux épîtres nostradamiques de 1558, par J. Halbronn
  39 - Les années 1580 : d’une ère centurique à l’autre, par J. Halbronn
  40 - Réponse aux observations du n° 26 du CURA consacré à Nostradamus, par J. Halbronn
  41 - Les femmes dans les Prophéties de Nostradamus, par L. de Luca
  42 - Letter on Nostradamus to Théo Van Berkel, by J. Halbronn
  43 - Epîtres et épitaphes lors de la phase génétique du canon nostradamique, par J. Halbronn
  44 - Astrological traces of forgery in Les significations de l’éclipse, by T. W. M. van Berkel
  45 - La centurie VI et l’an cinq cens octante plus & moins, par J. Halbronn
  46 - La production nostradamique et le seuil de 1559, par J. Halbronn
  47 - Les cadavres exquis des almanachs de Michel de Nostredame, par J. Halbronn
  48 - Le rôle des vraies Epîtres dans la datation du faux centurique, par J. Halbronn
  49 - Indices de contrefaçon de la Préface à César, par J. Halbronn
  50 - Les trois canons centuriques et leur couplage exégétique, par J. Halbronn
  51 - De la date du “Brief Discours sur la vie de Michel de Nostredame”, par J. Halbronn
  52 - L’importance des leitmotive pour l’herméneutique nostradamologique, par J. Halbronn
  53 - La carence nécrologique des éditions des Centuries datées de 1568, par J. Halbronn
  54 - Le labyrinthe des éditions centuriques “Rigaud”, par J. Halbronn
  55 - Les Significations de L’Eclipse 1559 : Its origin, its disqualification, by T. W. M. van Berkel
  56 - Le principe trinitaire (300) des Centuries, par J. Halbronn
  57 - L’hypertexte centurique des années 1590, par J. Halbronn
  58 - Le vrai pedigree de l’édition Benoist Rigaud 1568, par J. Halbronn
  59 - Les paradoxes du prophétisme centurique, par J. Halbronn
  60 - La question des deux éditions Antoine du Rosne 1557, par J. Halbronn
  61 - Le Janus Gallicus comme base d’une édition critique des Centuries, par J. Halbronn
  62 - La question des éditions pseudo-rigaldiennes et l’édition de Cahors, par J. Halbronn
  63 - The prognostication for 1559 and the Recueil des présages prosaïques, by T. W. M. van Berkel
  64 - Forgery and fallacy in Nostradamus : A reply to Jacques Halbronn, by Elmar R. Gruber
  65 - Les Significations : Authentic nostradamian text or fake ?, by Elmar R. Gruber
  66 - Le corpus nostradamique comme création collective, par J. Halbronn
  67 - The theft of sacred objects from the cathedral of orange, by T. W. M. van Berkel
  68 - The september 1559 lunar Eclipse and the Prognostication for 1559, by T. W. M. van Berkel
  69 - Fausse Lettre à Henry, Roy de France second ou fausse alerte ?, par M. Barrois
  70 - Questions autour du troisième volet du canon nostradamique, par J. Halbronn
  71 - Pour une histoire de l’érudition nostradamologique, par J. Halbronn
  72 - Nostradamus, Dante & Mahomet : une parabole d'Enfer, par L. de Luca
  73 - La chronicité des événements dans la Lettre à Henry, par M. Barrois
  74 - Un Nostradamus schizophrène, par J. Halbronn
  75 - An Almanach ende Pronosticatie vanden Iare M.D.LXVI (1566), by T. W. M. van Berkel
  76 - Les différentes versions de la Centurie VII, par J. Halbronn
  77 - La thèse du complot des Centuries à l’épreuve de la critique, par R. Benazra
  78 - Le rôle des variantes pour l’éxégèse nostradamique, par J. Halbronn
  79 - Importance de l'an 1568 pour l'histoire des éditions centuriques, par J. Halbronn
  80 - Sur les éditions du XVIe siècle connues et inconnues des Centuries, par J. Halbronn
  81 - Signification du nombre de quatrains des trois centuries “incomplètes”, par J. Halbronn
  82 - Le mémoire à César de Nostredame et le premier quatrain centurique, par J. Halbronn
  83 - Le décalage entre bibliographes et exégètes des Centuries, par J. Halbronn
  84 - Les chronologies officielles des quatre premières éditions des Centuries, par J. Halbronn
  85 - L’iconographie nostradamique et le Kalendrier des Bergers, par J. Halbronn
  86 - Une réflexion sur la Lettre à César, par R. Benazra
  87 - Les éditions à sept centuries prolongées, par J. Halbronn
  88 - Du rôle méconnu des exégètes des centuries au XVIIe siècle, par J. Halbronn
  89 - Les éditions des Centuries à une, deux, trois épîtres, par J. Halbronn
  90 - Les Centuries et les années 1570, par J. Halbronn
  91 - Plutarque et la Lettre à Henri II, par R. Benazra
  92 - Vers une nouvelle approche de la bibliographie nostradamique, par J. Halbronn
  93 - Genèse et fortune du “Brief Discours sur la vie de Michel Nostradamus”, par J. Halbronn
  94 - The 1941-Vreede-Translation and the Epistle to Henry II, by T. W. M. van Berkel
  95 - Discours sur la méthode de J. Halbronn, par M. Barrois
  96 - Les avatars des quatrains centuriques aux XVIe et XVIIe siècles, par J. Halbronn
  97 - Remontrances à un ami nostradamologue à ses heures, par J. Halbronn
  98 - La théorie des Grandes Conjonctions au prisme du canon nostradamique, par J. Halbronn
  99 - Un homme de la Renaissance face aux tragédies du XXe siècle, par M. Barrois
100 - Vocation première et usage des Centuries, par J. Halbronn
101 - La critique des méthodes dites rationalistes, par P. Guinard
102 - Nostradamus, Duns Scot et Zénon l’Isaurien, par A. Delcour
103 - Nostradamus, entre géographie et histoire, par J. Halbronn
104 - Nostradamus et l’Archit(h)renius, par A. Delcour
105 - Orientations et limites de la nostradamologie, par J. Halbronn
106 - Nostradamus, the Netherlands and the Second World War, by T. W. M. van Berkel
107 - L’émergence du néonostradamisme dans le dernier tiers du XVIe siècle, par J. Halbronn
108 - Grogne, grecque ou grègue ?, par A. Delcour
109 - L’utilisation de quatrains des Prophéties hors du contexte centurique, par R. Benazra
110 - Production néonostradamique et sources précenturiques, par J. Halbronn
111 - Le ranc lorrain fera place à Vendosme... quinze ans avant la Ligue, par A. Delcour
112 - Avatars du centurocentrisme et du nostradamocentrisme, par J. Halbronn
113 - A la recherche du manuscrit idéal des Centuries, par J. Halbronn
114 - Qu’attendre du deuxième Colloque Nostradamus de Paris ?, par J. Halbronn
115 - Nostradamus lecteur d’Apianus, par L. de Luca
116 - Les Centuries comme pseudo-recueil de prophéties, par J. Halbronn
117 - Astrological anomalies in texts of Nostradamus, by T. W. M. van Berkel
118 - Les deux facettes de la nostradamologie : sources et faux, par J. Halbronn
119 - Nostradamus comme archétype du savant juif moderne, par J. Halbronn
120 - L’Epitre à Henri II et la mort du Roi, par J. Halbronn
121 - Panorama de la recherche nostradamologique au XXe siècle en France, par J. Halbronn
122 - Des fluctuations de la masse centurique, par J. Halbronn
123 - The prophecies during the Second World War : “brochure 18”, by T. W. M. van Berkel
124 - Le vieillissement du nostradamisme anglo-saxon, par J. Halbronn
125 - Petite contre encyclopédie nostradamus, par J. Halbronn
126 - Nostradamisme et astrologisme devant la critique, par J. Halbronn
127 - Nostradamus et la mort de l’astrologie, par J. Halbronn
128 - Epistémologie comparée des recherches nostradamiques et astrologiques, par J. Halbronn
129 - The 1941-Vreede-translation of the Prophecies, by T. W. M. van Berkel
130 - Nostradamus et l’éclipse du 11 aout 1999, par Y. Lenoble
131 - Les Centuries vues par l’astrologie et la numérologie, par J. Halbronn
132 - Nostradamus, ni historien, ni prophète, par J. Halbronn
133 - La présence lyonnaise de Nostradamus, par J. Allemand
134 - Valeur du découpage “1600” pour le corpus nostradamique, par J. Halbronn
135 - L’appareil iconographique des éditions Macé Bonhomme, par P. Guinard
136 - La dimension janussienne des Centuries, par J. Halbronn
137 - Fortune du prophétisme d’Antoine Crespin Archidamus, par J. Halbronn
138 - Enquête sur les deux plus célèbres vignettes nostradamiques, par J. Halbronn
139 - Le protonostradamisme de Michel de Nostredame, par J. Halbronn
140 - Catalogue du fonds Nostradamus de la Bibliotheca Astrologica, par J. Halbronn
141 - Le rapport texte/prétexte autour des contrefaçons nostradamiques, par J. Halbronn
142 - Observations sur la Correspondance Nostradamus, par J. Halbronn
143 - Les Centuries et l’Angleterre. La question des sources, par J. Halbronn
144 - Evaluation de la clef géographique des Centuries, par J. Halbronn
145 - Les épîtres nostradamiques, leur fortune, en France et en Italie, par J. Halbronn
146 - Le système de codage de l’Orus Apollo (1541), par P. Guinard
147 - L’Epître à César au hasard des attaques et des rééditions, par J. Halbronn
148 - Du nombre initial de quatrains des Centuries V, VI et VII, par J. Halbronn
149 - Nostradamus : the Halbronn hypotheses, par P. Lemesurier
150 - L’iconographie nostradamique et le Kalendrier des Bergiers (II), par J. Halbronn
151 - Nostradamus et la versification des Hieroglyphica d’Horapollon, par J. Halbronn
152 - Comments to Lemesurier’s Nostradamus : the halbronn hypotheses, by T. W. M. van Berkel
153 - Méthodes et hypothèses de la recherche nostradamologique, par J. Halbronn
154 - Décryptage de la pseudo genèse du processus centurique, par J. Halbronn
155 - The first biblical chronology, by T. W. M. van Berkel
156 - The second biblical chronology, by T. W. M. van Berkel
157 - Des Vaticinations Perpétuelles aux Quatrains astronomiques, par J. Halbronn
158 - La forêt du Touphon & le duc d'Etampes, par L. de Luca
159 - The ´Janus hypothesis´, by P. Lemesurier
160 - Le quatrain du siège de Ravenne, par A. Delcour
161 - The printing of the Propheties: the evidence to date, by P. Lemesurier
162 - Questionnements autour de la septième centurie, par J. Halbronn
163 - Some remarks to the printing of books and to Peter Lemesurier's last two articles, by W. Zannoth