samedi 23 janvier 2010

Les deux astrologies et les deux axes

par Jacques HalBronn

La dualité domiciles/exaltations s'articule sur les axes équinoxiaux et solsticiaux du fait de la position des luminaires. Les exaltations seraient équinoxiales et les domiciles solsticiaux. Nous dirons que les unes sont "horizontales" et les autres "verticaux". Il convient de rapprocher ce système axial d'un autre, lié au mouvement diurne, en gros le zénith et le nadir (ou le MC et le FC) correspondant à l'axe solsticial tandis que l'horizon (Ascendant/Descendant) serait à rapprocher de l'équinoxe.
Toutefois, des différences importantes sont à observer entre ces deux systèmes. Au niveau du mouvement diurne, c'est l'horizon qui est le plus évident à appréhender alors qu'à celui du processus saisonnier, c'est le solstice.
Certes, d'un seul point de vue formel, les deux systèmes semblent superposables mais si l'on introduit un critère visuel et sensoriel-si l'on raisonne d'un point de vue anthropologique, il n'en est rien. Les humains perçoivent ce qui se lève et ce qui se couche (le Levant et le couchant, l'Orient et l'Occident) et beaucoup moins les notions de culmination et -encore moins- d'anti-culmination (invisible). En revanche, les notions d'Eté et d'Hiver sont bien plus prégnantes que celle de Printemps et d'Automne qui restent assez floues ponctuellement.
C'est pourquoi l'on se demandera si le dispositif des exaltations n'est pas à réserver aux positions en maisons et celui des domiciles aux positions en signes. Car pourquoi deux dispositifs pour les positions en signes?
On nous objectera que s'il en avait été ainsi les exaltations seraient mises en relation avec les maisons et non avec les signes....Mais l'on ne peut exclure que les maisons aient été associées symboliquement aux signes et que chaque maison porte le nom d'un signe. D'ailleurs, de nos jours, la correspondance signe/maison est des plus courantes.(maison II/ Taureau, maison III, Gémeaux et ainsi de suite)/
Le cas du bélier est intéressant à ce propos. Autant la correspondance avec l'équinoxe de printemps nous semble insatisfaisante, étant donné le caractère double de l'équinoxe (équilibre jour-nuit), autant cela nous parle au niveau du mouvement diurne, à commencer par le lever du soleil. On a dit que les luminaires étaient exaltés dans les deux premiers signes bélier/taureau.
Ne pourrait-on admettre que la typologie zodiacale ait été marquée, à un certain stade, par une telle correspondance avec le mouvement diurne tant les correspondances avec les axes équinoxiaux et solsticiaux se révèlent souvent décevantes. Rappelons que le zodiaque marque aussi le processus des signes ascendants qui est lié au mouvement diurne.
Quant au soleil, lui-même, sa présence est évidemment plus tangible au niveau de la journée qu'à celui des saisons. Si la centralité du soleil a pu être ignorée au regard des révolutions astrales voire du cycle saisonnier, elle n'a jamais pu être contestée en ce qui concerne le mouvement diurne, la tombée de la nuit étant un marqueur de temps essentiel pour le judaïsme, par exemple. D'ailleurs quand on parle d'un commencement ou d'une fin, l'on se sert plus volontiers d'images liées au mouvement diurne : aube (de l'humanité)/crépuscule (des dieux) -ascension/déclin - qu'à des images saisonnières équinoxiales comme printemps/automne, qui sont des saisons d'attente, de transition bien plutôt que de début et d'aboutissement.
Les travaux de Gauquelin ont consacré les contours d'une astrologie "horizontale", articulées sur l'horizon de naissance alors qu'en astrologie mondiale, c'est un axe conjonction/disjonction qui se doit de prédominer, et qui correspond à la dialectique Solstice d'Eté/ solstice d'Hiver, la dynamique conjonctionnelle commençant symboliquement au solstice d'Eté, quand le jour commence à diminuer. Or, pour nous, la nuit est la conjonction, le lieu où toutes les différences s'estompent et où les apparences sont de moins en moins perceptibles et font de moins en moins écran avec l'être.
Nous pensons que le bélier est un des maillons faibles de l'astropsychologie. Si le bélier est le bélier parce qu'il correspond au début du printemps, force est de constater que ce moment est marqué par le flou, l'indécision, le syndrome de la chauve-souris, mi figue, mi raisin, à l'image de la demi-lune dont on ne sait jamais, au premier abord, si elle est ascendante ou descendante: quelle ambigüité, mot dont l'étymologie recoupe celle d'équinoxe. Les quelques bourgeons dont on fait un tel plat ne font que renforcer cette impression d'indéfinissable: ce n'est plus tout à fait l'hiver mais on est encore bien loin de l'Eté, c'est un 'mi-point", un compromis! Alors, il est des astrologues qui voyant que la thèse saisonnière est intenable se raccrochent à Mars. Le bélier serait martien - et de surcroit signe de feu - non pas parce que printanier mais du fait de Mars sa planète/ son dieu et d'ailleurs ne correspond-il pas, en son commencement, au mois de Mars, planète ou dieu? Mais dans ce cas, l'astrologie n'aurait plus grand chose à voir avec une quelconque vérité universelle, "naturelle"? Quels sont les fondements, demandent d'ailleurs, à juste titre, les astrologues conditionalistes, d'une telle distribution? On sort là de l'astrologie scientifique pour entrer dans une astronomie fictive qui positionne Mars (dieu ou planète) en bélier, Vénus (déesse ou planète) en Taureau et ainsi de suite, sur la course du soleil ou de la lune, de façon à moduler le parcours des luminaires, au cours de l'année ou au cours du mois.





JHB
27. 12. 09

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