dimanche 11 juillet 2010

Thème de naissance et peur du temps qui passe

par Jacques HalBronn

Que représente symboliquement le thème natal si ce n'est le besoin d'un certain ancrage? Ancrage par rapport à la société qui nous aspire mais aussi par rapport au temps qui passe et corrompt tout. Double angoisse donc que la "rencontre" avec ce "mandala" est censée calmer.
Les femmes sont probablement plus sujettes à de telles inquiétudes que les hommes. D'une part, parce qu'elles sont poussées socialement à assumer le lourd "travail" de la maternité avec tout ce que cela implique, d'autre part, parce que cette maternité est limitée dans le temps et qu'il y a là comme une course contre la montre.
Mais par delà ce qui touche de près ou de loin à la maternité, les femmes voient bien que plus le temps passe et plus l'âge se fait sentir et plus leurs potentialités physiques -dans tous les sens du terme- déclinent et les mettent sur la touche.
Quant aux hommes, les choses se passent différemment Ils ne sont pas "obligés" d'avoir des enfants et physiologiquement, faire l'amour ou faire des enfants relèvent strictement pour eux des mêmes fonctions alors que chez la femme, l'utérus joue un rôle spécifique. Pas de limite dans le temps à leurs facultés de fécondation des femmes. On peut être père à l'âge de la retraite!
Cela conduit les hommes- à partir d'un certain âge, à fréquenter des femmes plus jeunes qu'eux, et capables de "faire" encore des enfants, quand bien même cela ne serait pas nécessairement l'enjeu. Tout se passe, subconsciemment, comme si c'était le cas, cela signifie que l'homme va aller vers des femmes qui montrent les signes d'une certaine jeunesse corporelle, d'autant que l'âge rend l'accouchement plus problématique.
Mais il existe d'autres raisons pour que les hommes soient indifférents au thème natal et rappelons à quel point le public assistant à des réunions astrologiques est très majoritairement féminins (on a pu encore le constater à Berck et à Roubaix, fin mars, voir sur la Télévision Astrologique), et ce quel que soit le niveau en astrologie, des débutants aux aguerris.
Le thème natal -comme l'a voulu un Dan Rudhyar ("Astrologie de la Personnalité", dans les années trente du siècle passé)- est une façon d'échapper aux carcans sociaux et catégoriels, y compris ceux relevant de l'astrologie (type zodiacal, type planétaire), donc permet de résister ou en tout cas d'assumer certaines contraintes sans s'y identifier pleinement. Mais, il est aussi, comme on l'a dit, un antidote contre l'érosion de l'existence.
La théorie des Ages, chère à beaucoup d'astrologues, est assez significative d'une approche féminine de la vie. Sous diverses formulations -et déjà dans la Tétrabible de Ptolémée (IIe siècle de notre ère - les humains passeraient de l'enfance à l'âge mûr pour terminer au temps de la vieillesse, souvent représentée par Saturne et pat la maison VIII (dernière maison dans un système à huit maisons, comme celui préconisé par Patrice Guinard, Mais un tel scénario est-il réellement celui qui est sous-jacent à l'astrologie? Il se fonde parfois sur le '"cycle " de Saturne (voir journée astrologique de Berck, sur la télévision astrologique); en prenant en considération les conjonctions, carrés et oppositions successives de Saturne avec sa position natale, ce qui donne des périodes de sept ans environ. Ce balisage de sept ans en sept ans nous parait certes assez judicieux et correspondre à une certaine expérience mais il détonne par rapport à la cyclicité astronomique qui n'a que faire du thème natal et qui s'articule sur les conjonctions se produisant réellement dans le ciel, à un moment donné et non par transit entre une position natale et une position se produisant bien des années après. On objectera que les dites conjonctions se produisant ponctuellement valent pour tout le monde alors que les transits sont plus personnalisés. Là encore, l'on perçoit la peur de la pression sociale, qui conduit tout le monde à aller dans le même sens, en même temps.
Or, qui ne voit que l'humanité ne saurait fonctionner sur un tel individualisme faisant que chacun serait décalé par rapport à son prochain et à quel point ce serait nier l'importance de notre environnement social sur notre existence, et ce sur tous les plans?
Qui ne voit, par ailleurs, que dans bien des domaines, l'âge n'est pas rédhibitoire, que ce soit dans le domaine scientifique, artistique ou politique? Seuls les êtres qui sont dans la moyenne prennent leur retraite à un âge fixé par avance pour laisser la place à d'autres, ce qui montre qu'ils ne sont pas indispensables mais bien interchangeables.
C'est pourquoi nous sommes très réticents face à toute théorie des âges qui se situerait en dehors d'un balisage interne du cycle astrologique. Autrement dit, l'on peut toujours décrire les phases d'un cycle au moyen d'une symbolique, d'une matrice liée au vieillissement mais il ne faudrait pas, pour autant, réduire l'astrologie à la dite matrice en prenant celle-ci au sens propre et non au figuré. Ce travers est observable notamment en ce qui concerne la matrice saisonnière qui si elle a inspiré la pensée astrologique ne saurait interférer en tant que tel dans les repères spatio-temporels de l'astrologue.
Entendons que la vie humaine, dans une perspective astrologique en tout cas, ne saurait se réduire à une matrice nous conduisant irréversiblement du berceau à la tombe. En une vie, les hommes parcourent des cycles successifs, ils vivent en quelque sorte plusieurs vies, avec périodiquement de nouveaux départs, d'où l'expression "refaire sa vie". C'est peut être d'ailleurs un des apports majeurs de l'astrologie en tant qu'invention sociale que d'avoir généré cette pluralité de vies de par la cyclicisation de la vie humaine.
Mais en est-il vraiment ainsi pour ce qui est des femmes? That is the question! Si elles attachent autant d'importance au thème natal, n'est-ce pas justement parce que c'est le seul vrai point de départ -et de non retour- de leur vie? Peut -être ne vivent-elles pas les cyclicités cosmiques comme le font les hommes? On nous objectera évidemment que la femme est par excellence un être "cyclique" du fait de la menstruation. Mais précisément, n'est-ce pas là sa seule expérience de la cyclicité avec celle des saisons, si l'on entend par cyclicité ce qui se représente, ce qui revient.? Selon nous, l'astrologie s'est constituée par delà et au delà de ces cyclicités basiques (y compris le cycle soli-lunaire) et aussi au delà du phénomène du vieillissement qui ne serait pour elle qu'un modèle à transposer sur un autre plan, à une autre échelle.
On comprend mieux, dès lors, la complexité des relations hommes -femmes. Selon la phase du cycle où les hommes se trouvent, ils seront en phase avec les femmes de tel ou tel âge correspondant à la dite phase. A certains stades, c'est avec les femmes jeunes qu'ils communiqueront le mieux - et ce quel que soit l'âge, au regard de l'état civil des hommes concernés - et à d'autres, c'est avec des femmes plus mûres. Quand un homme commence une relation avec une femme, il y aura un moment où il arrivera en fin de cycle et sera donc conduit à "retomber" en enfance, en quelque sorte alors que sa compagne, elle, poursuivra sur sa lancée. Ce qui pourra conduire à un décrochage au sein du couple. D'où probablement, la justification de la polygamie - sous une forme ou sous une autre - ce qui permet à un homme de vivre avec des femmes successives accompagnant les phases de son cycle. L'idée selon laquelle les femmes devraient avoir le même âge que leurs conjoints ne tient que pour la période de jeunesse de la femme. Le cinéma- y compris chez des cinéastes femmes- le plus souvent d'ailleurs illustre cette évidence de l'attirance des hommes d'un certain âge pour des femmes sensiblement plus jeunes qu'eux, surtout lorsqu'ils sont en train de se renouveler. Plus l'homme sera âgé, plus l'écart avec son partenaire féminin tendra à augmenter car même une différence de dix voire vingt ans ne suffit à ajuster le couple, au delà d'un certain âge atteint par l'homme..
Cela dit, les hommes entrainent les femmes dans leur sillage et ce qu'ils vivent a des répercussions sur l'ensemble de la société, tant sur le plan technologique que politique ou artistique. Nous vivons tous dans un monde qui se renouvelle et qui nous force, tous autant que nous sommes, à nous renouveler, ce qui permet de colmater certains décalages et facilite l'intégration des nouveaux venus dans un "monde qui change" pour tout le monde.

JHB
04. 04. 10
12(voir Gilles d'Ambra. "Pourquoi les hommes sont lâches et les femmes imprévisibles", First 2006, Livre de poche 2009).
13 (voir colloque de Toulouse, mars 2010, sur la télévision astrologique)

1 commentaire:

Jordie Nilla a dit…

Je ne prends pas assez de temps pour te lire mais à chaque fois j’en apprends toujours un paquet !
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