dimanche 11 juillet 2010

Place de l’Astrologie au sein des psychologies parallèles et alternatives

Par Jacques HALBRONN (Nouvel Ordre Astrologique)

Nous avons toujours pensé qu’il convenait de désenclaver l’astrologie et de l’intégrer dans un ensemble plus vaste. Mais le problème, c’est qu’il y a en quelque sorte deux Astrologies, celle d’en haut et celle d’en bas et que chacune d’entre elles s’inscrit dans un contexte bien différent.
Si celle d’en haut doit être rattachée au champ de la métrologie et plus précisément de la chrono-métrologie et de l’anthropo-métrologie, c'est-à-dire aux sciences s’intéressant à la mesure du temps (cf. nos textes sur ce sujet in JBA mars 2010), en revanche, celle d’en bas relèverait selon nous de ce que l’on pourrait appeler les psychologies parallèles ou/et alternatives (PPA)
Préalablement, il importe de faire un point d’ordre sémantique autour du mot « pratique ». Contrairement à ce que pense l’homme de la rue, une langue est faite de chausse-trappes et si l’on prend une même racine, l’on observe que chaque dérivé a développé une certaine autonomie par rapport aux autres. C’est ainsi qu’un praticien est une chose et la pratique en est une autre. Quand on parle de la dialectique de la théorie et de la pratique, cela n’est pas la même chose que la dualité du théoricien et du praticien en ce sens que le praticien ne dépend que très vaguement du théoricien alors que toute théorie implique une pratique. Un tel malentendu perdure en astrologie depuis des décennies…le praticien croyant à tort faire pendant au théoricien. Cela n’est vrai que d’un point de vue étymologique.
Il est donc de remettre les pendules à l’heure et de faire le constat que ce qu’on appelle Astrologie renvoie également à des réalités bien différentes. Ce que nous désignons par astrologie d’en bas appartient en fait à un ensemble que nous désignerons sous l’étiquette de psychologies parallèles et alternatives et cela inclut ce que l’on désigne sous les termes les plus divers tels que tarot, voyance, radiesthésie, parapsychologie, divination, astrologie etc.
Entendons par là des disciplines qui ont en commun un langage que l’on pourrait qualifier de « décalé », de quelque peu étrange et c’est d’ailleurs cette étrangeté qui est caractéristique et qui est en quelque sorte nécessaire. On pourrait parler d’un « autre monde », d’une autre façon (d’où le terme alternatif, de même racine) d’aborder les problèmes.(voir notre brochure, L’Astrologue face à son client, préface de Jean-Paul Sauzéde, Paris, La Grande Conjonction, 1995, traduit en anglais par Geoffrey Dean et le concept de cosmothérapie, in Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers, 1994)
Certains ont parlé à propos de l’astrologie (voir notre récent entretien avec Daniel Cobbi, sur la Télévision Astrologique) d’une contre-culture, ce qui au fond correspond à une alternative, à une alternance, un autre regard avec ce qu’il peut avoir de dépaysant.
Le problème, c’est que ces divers praticiens, pour la plupart, n’assument pas pleinement un tel statut, ils nient à leur savoir ce caractère alternatif - qui est mieux assumé en médecine, où l’on se sert d’expressions comme « médecines parallèles », ce qui a le mérite de clarifier le débat. En fait, bien des praticiens des PPA ne sont pas en mesure de parler pertinemment de leur domaine et des raisons pour lesquelles il existe et prospère. Ils ne comprennent pas que leurs clients, en revanche, sont généralement lucides et cherchent à résoudre leurs blocages en recourant à d’autres voies dont ils attendent un certain salut que les voies ordinaires ne leur permettent plus comme s’ils en avaient épuisé les vertus ; ces clients sont donc en quête d’autre chose, de savoirs ayant un autre look, plus ou moins insolite.
Mais déontologiquement, la question qui se pose est la suivante : les praticiens de PPA doivent-ils ou non avoir les mêmes besoins que leurs clients ? Nous tendrions à répondre par la négative, ce qui peut sembler paradoxal. Nous pensons que les praticiens des PPA doivent montrer une certaine distance, quand ils ne sont pas en consultation et notamment quand ils sont en colloque ou en position de formateurs. La légitimité des PPA doit rester d’ordre thérapeutique aux fins de faire passer un message qui ne serait pas reçu sous une forme ordinaire et qui devra donc être transmis par des voies extraordinaires, qui sortent de l’ordinaire.
Tout comme l’astrologie s’est émancipée de l’astronomie en élaborant un système parallèle à celle-ci, de même, elle a intégré les PPA dans une optique bien différente de celle qui avait été la sienne initialement. Bien évidemment chaque stade ne fait pas disparaitre le stade précédent mais la coexistence de ces trois stades aura généré bien des confusions du fait notamment, comme nous le disions plus haut, d’acceptions sémantiques diverses à partir d’une même racine, modulée notamment par des adjectifs qui sont comme autant de préfixes, de flexions.
Certes, il n’est pas si aisé de distinguer entre les deux niveaux d’astrologie, celle qui s’inscrit dans le cadre des PPA et celle qui se situe sur le plan de la recherche scientifique. Actuellement, il y a un certain mélange des genres qui est fâcheux à plus d’un titre du fait d’une certaine promiscuité des publics, des méthodes, des enjeux.
En situant une certaine astrologie dans les PPA, on libérera ainsi une autre astrologie des contraintes de la consultation pour déboucher sur une « pratique » digne de ce nom qui ne saurait se situer dans le cadre d’une consultation , en tout cas pas avec le premier venu, dont on ne connait que ce qu’il veut bien nous dire, sans aucune possibilité de recoupement avec des données objectives.
Dire que la pratique actuelle de l’Astrologie s’inscrit au sein de l’ensemble des PPA signifie que l’astrologie a donné naissance à un langage car toute psychologie alternative est porteuse d’une faculté de transposition, de traduction. La question est de savoir ce qu’apporte aux patients une telle « translation ». Nous dirons que le fait de se servir de mots, de signifiants qui ne sont pas connotés comme le sont ceux de la vie quotidienne, qui ont marqué notre parcours depuis notre naissance, peut se révéler salutaire, même si le signifié reste peu ou prou le même. En traduisant, l’on enlève aux mots une certaine charge. Ce n’est pas pareil de dire que l’on est marqué par le Scorpion et que l’on est « agressif » tout simplement parce que la valeur Scorpion se situe dans un autre environnement sémantique, qui est celui des 12 signes du Zodiaque ou des dieux de l’Olympe (Pluton). Parler d’un carré ou d’une opposition dans un thème diffère de telle ou telle expression usuelle pour désigner un accident, une épreuve et ainsi de suite. On pense à Molière et à ses Précieuses Ridicules ou à ses médecins, au Bourgeois Gentilhomme qui faisait de la « prose » sans le savoir. Une certaine pratique répandue de l’astrologie relèverait d’une telle ‘préciosité » du langage mais cela vaut pour toutes les PPA qui permettent de traiter des sujets les plus divers sans se heurter à des mots par trop marqués.
L’astrologue interprète, donc traduit mais que fait-il sinon de représenter une personne, une situation avec des mots nouveaux ? Mais ce faisant, ne risque-t-on pas de se déconnecter de nos réactions les plus viscérales en procédant à quelque opération de change, comme on dit à propos de l’adoption d’une nouvelle monnaie. Le cas de l’euro nous interpelle, qui aura conduit à un changement d’unité de mesure qui aura rendu le consommateur moins réactif par rapport aux prix, ayant perdu ses réflexes. Il y a dans toute transposition, un effet anesthésiant qui permet certes de parler de ce qui fait souffrir mais qui, à la longue, peut générer une formule d’indifférence au réel, à un certain déphasage qui n’est pas sans évoquer les effets d’une drogue.
La poésie relève de cette stratégie de transposition, on pense notamment aux Centuries attribuées à Nostradamus, à ces quatrains que l’on met en corrélation avec tel événement, avec tel personnage.
Le problème, c’est que les praticiens des PPA tiennent un autre discours et parlent d’une « vérité »à laquelle on aurait accès par ce « biais ».
Deux thèses semblent donc en présence : selon l’une, le changement de langage permettrait de vivre les choses autrement, sur un mode moins immédiat – le langage faisant en quelque sorte écran – et selon l’autre, en recourant à ces diverses techniques, le praticien est en mesure de dire ce qu’il en est au regard du tarot, de l’astrologie, de la numérologie et il faudrait alors traduire en langage ordinaire ce qui est ainsi signifié.
Autrement dit, est-ce que l’on passe du langage basique au langage alternatif ou vice versa ?




14.04.10

1 commentaire:

Meera Saif a dit…

En voilà une bonne idée de futur article en effet On lit un peu tout et parfois son contraire sur le sujet !
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