dimanche 11 juillet 2010

Quelques « vérités » sur les psychologies alternatives et parallèles

Par Jacques HalBronn

Selon nous, les praticiens des PPA sont des traducteurs, des gens qui transposent les problèmes de leurs clients dans un autre langage que celui qui se pratique ordinairement. Toute la question est de savoir si un tel « travail » est utile pour ces personnes.
Nous dirons qu’il y a une atténuation du problème du fait même qu’il ait été reformulé, reformaté. Le problème sera vécu autrement en ce qu’il y aura une prise de distance du fait même de la transposition opérée.
C’est déjà le cas quand nous nous exprimons à travers des symboles, lorsque nous écrivons des poèmes ou tout simplement des textes, dans un journal intime par exemple. Car on est encore dans le « trans », dans la transcription, c'est-à-dire dans le passage de l’oral à l’écrit, de l’intérieur à l’extérieur puisque ce qui est exprimé se montre, s’expose. Il y aura donc eu comme une extraction, voire une abstraction quand on traduit une situation, une période, par un chiffre (entre 1 et 9) comme le fait un numérologue.
Car ce que l’on oublie souvent de préciser, c’est le caractère foncièrement réducteur des PPA, dès lors que le nombre de catégories dont se sert le praticien est limité à un nombre restreint de cas de figure, que ce soit au tarot, en astrologie, en numérologie, comme le montre d’ailleurs la littérature correspondante et l’enseignement relatif à ces divers savoirs, quand bien même le praticien se mettrait à tout combiner, allant du simple vers le complexe après être, d’abord, passé du complexe vers le simple..
Les clients ont ainsi l’impression que l’on fait leur portrait et que ce portrait se situe à l’extérieur et non plus à l’intérieur puisque d’autres peuvent le voir. Le client se donne à voir et le voyant est aussi un voyeur si ce n’est qu’il trace ce qu’il verra.
Se prêter à ce type d’expérience permet de produire un certain changement quant à la perception de notre ‘ »problème », le problème pouvant être soi-même et le changement est en soi une bonne chose et c’est déjà un mouvement qui s’opère même si l’on n’a pas à se déplacer dans l’espace.
Est-ce à dire que le praticien aura « compris » qui nous sommes, ce qui nous arrive ? Non, il aura « déplacé » les choses et aura desserré l’étau qui s’était constitué quand nous sommes à la merci d’un ressenti trop immédiat. Notre dépaysement du fait de cette traduction qui nous est proposée aura calmé le jeu, par l’effet de surprise qui en découlera comme si nous nous étions libéré de nous-mêmes en nous obligeant à nous renouveler, à voir les choses différemment. Nous aurons ainsi mis de la nouveauté dans notre vie, un peu comme si l’on parlait dans une autre langue que notre langue maternelle. Et les différents savoirs propres aux PPA sont nécessairement une « seconde » langue, qui n’exerce pas le même pouvoir sur nous que la première. On sait que les étrangers sont moins réactifs, ont des réflexes moins vifs tout simplement parce qu’ils sont moins sûrs de la signification des signaux qu’ils captent.
En ce sens, ces PPA ont un effet calmant, du fait qu’ils proposent de nouveaux repères, une « relecture » des choses.
Est-ce à dire que les praticiens en question sont plus « dans le vrai », qu’ils savent mieux que nous ce que nous « sommes » ? Ils nous proposent des rapprochements inédits comme d’apprendre que telle et telle personne sont nées sous le même signe, que telle chose qui nous arrive a le même chiffre que telle autre plus ancienne dans notre histoire. Cela nous donne du grain à moudre.
La question que le client pose, en fait, au « voyant » est la suivante : « comment me voyez-vous, comment voyez-vous ma vie ? ». Le voyant est invité à jeter un autre regard sur nous, d’ailleurs, d’un autre point de vue, en se basant sur quelque chose qui est quand même censé être nous : notre date de naissance, notre nom, des choses que nous produisons devant lui (un tirage, un jet (marc de café) et qu’il va interpréter comme nous désignant. Ce dont il va se servir pour nous connaitre nous concerne mais nous n’y avions pas accordé de l’importance, n’avions pas songé que cela pourrait être une clef pour avoir des choses à nous dire que nous n’avions pas encore entendues, intégrées.
Prenons des cas extrêmes, comme dans le cas d’un médium qui nous transmet un conseil venu de l’au-delà, émanant éventuellement d’un objet, d’une photo (d’un vivant ou d’un « désincarné ») qui jusqu’à présent ne nous avaient pas semblé porteurs d’informations nous concernant bien que nous appartenant, étant en notre possession, en tout cas. De toute façon, le « voyant » voit en nous, lit en nous, des choses que nous n’avions pas perçues, captées, ce qui nous obligé à reconsidérer l’ensemble des données sur lesquelles nous réfléchissions.
Peut-on dés lors se demander si le praticien des PPA peut se tromper ? Le risque, c’est quand il se met à parler la langue que nous connaissons. Ne vaut-il pas mieux qu’il se contente de parler de nous avec son langage à lui ? Il y a là un problème déontologique : le praticien des PPA se doit, selon nous, de s’exprimer à sa manière à lui, même si c’est un peu abscons. Imaginons que nous rencontrions un aveugle, son charme vient du fait qu’il nous perçoit différemment à sa façon. Tout être qui s’adresse à nous, un chien, un chat, un cheval est porteur d’une certaine vérité, « sa « vérité. On peut admettre comme un principe que tout être a une vérité qui nous concerne dès lors qu’il est en face de nous voire simplement au téléphone. On ne lui en demande pas plus !
Que le « voyant » ait un autre regard sur nous, de par son vécu personnel, pourquoi pas mais il ne faudra pas oublier qu’il y a probablement d’’autres choses qu’il ne verra pas et que d’autres verront et ainsi de suite car toute faculté a son revers de la médaille. Nous-mêmes, d’ailleurs, sommes conduits à offrir notre regard à autrui, à notre prochain, même si nous sommes un étranger à la personne concernée. On parle d’un regard extérieur.
C’est pourquoi l’enseignement des PPA implique de cultiver, tel un artiste, notre étrangeté, notre façon à nous de parler des gens, du monde, quelle que soit notre formation et notre « déformation » professionnelle. Mais la différence tient au fait que l’artiste assume sa propre créativité, qu’il ne se cache pas sous les jupes de Nostradamus, comme Jean-Charles de Fontbrune, qu’il n’est pas dans le « Jacques a dit », dans le « c’est pas moi qui le dit, ce sont les astres/les cartes/ les anges etc ». Les praticiens des PPA sont trop souvent dans un problème d’affirmation de soi mal résolu alors que ce devrait être plutôt le problème de leurs clients. Le créateur n’a pas le même profil que le consommateur et en l’occurrence, le praticien des PPA serait plutôt un créateur. Le problème c’est quand il n’est ni l’un ni l’autre ou un peu de l’un et de l’autre. A la limite, le praticien peut se permettre de ne pas se mettre en avant en situation de consultation mais il ne doit pas pour autant nier son implication à savoir que son client/patient a un problème avec le principe d’autorité. Il faut à terme sortir de l’ambigüité et que le praticien en temps utile se pose comme quelqu’un qui exerce un certain pouvoir.
Déontologiquement, la vidéo nous apparait comme un must désormais incontournable, garant évident d’une relation honnête envers de futurs clients/patients. Le recours à une photo et à un texte ne sont plus des indicateurs et encore moins des garants. Grâce à la vidéo, le client choisit en connaissance de cause à partir d’une présence, d’une gestuelle, d’un cadre de travail.





JHB
21. 04. 10

1 commentaire:

Jordie Nilla a dit…

Un site adorable que je viens de découvrir par hasard, bravo !!
Voyance serieuse