dimanche 11 juillet 2010

La question du délestage astrologique des étoiles fixes

Par Jacques HalBronn

Serge Bret Morel a raison de rappeler que la façon dont les astrologues se représentent la naissance de l’astrologie est assez peu vraisemblable :

« On serait tenté de penser qu’il suffit d’observer « régulièrement » le ciel de nuit pour comprendre très vite que ces « petits » changements de positions parmi les fixes constituent progressivement des trajectoires continues, donc révèlent des mouvements réels eux-mêmes continus »

Mais il nous semble que SBM lui-même butte sur la question des étoiles fixes qui sont, bel et bien, le talon d’Achille de l’astrologie, c'est-à-dire le point par lequel il fallut bien « tenir » l’astrologie comme Achille enfant fut tenu par le talon pour qu’on l’imprègne de quelque potion magique à la façon d’Astérix, version gauloise du dit Achille (d’où la même initiale suivie d’une sifflante/chuintante)
A aucun moment, en effet, SBM ne se permet d’affirmer que l’astrologie a « perdu » ses étoiles fixes en cours de route ou qu’elle les a remplacées par la série des constellations zodiacales puis par un repérage tropicaliste faisant totalement abstraction des dites étoiles.
Tout se passe comme si pour SBM l’Histoire de l’Astrologie se résumait à étudier à quel moment serait apparue une certaine astrologie telle que nous la connaissons aujourd’hui, à quel moment, par exemple, on aurait tracé les premiers zodiaques et ainsi de suite. On peut supposer que SBM nous répondrait qu’il faut bien remonter du connu vers l’inconnu….et que l’inverse semble bien chimérique comme de préférer le thème de conception à celui de naissance.
Pourtant, SBM ne cherche-t-il pas à nous décrire les conditions initiales d’observation du Ciel, d’un ciel qui d’ailleurs n’était pas celui qui nous est proposé actuellement avec ses transsaturniennes et sans…. les étoiles fixes !
Tout se passe comme si pour SBM l’astrologie serait précisément née de certains choix auxquels elle se serait tenue et c’est cette astrologie qui nous intéresserait puisque….c’est celle qui se pratique car n’oublions pas que le point de départ de SBM est la dite pratique qu’il s’agit de mettre en perspective.
Or, pour nous, il est inconcevable de penser la genèse de l’astrologie sans respecter la dialectique planètes/étoiles fixes dont SBM est le premier à reconnaitre que sa mise en évidence fut un moment fondateur pour l’Astrologie planétaire. On pourrait dire que l’Astrologie est née d’une mère étoile et d’un père planète ou l’inverse.
On ne sera d’ailleurs pas trop surpris de cette naissance « monoparentale » - qui finalement est celle de Jésus- quand on sait, comme nous l’avons montré à de nombreuses reprises, à quel point la dualité est mal traitée/ maltraitée, dans tous les sens du terme par l’Astrologie dominante. Mais ne faisons pas de psychanalyse sauvage !
Il reste que dans certains récits relatifs à l’Histoire de l’astrologie, il y aurait comme un déséquilibre liée à l’évacuation des étoiles fixes remplacées par une symbolique, une re-présentation de substitution. On est en tout cas en plein hiatus, on nage dans les solutions de continuité !
En fait, on voudrait nous faire croire que l’astrologie serait née de ce rejet même des étoiles fixes, lesquelles appartiendraient à la seule « sphère » de l’astronomie ! Au fond, c’est dans cette articulation que SBM verrait la rupture entre astrologie et astronomie puisque de fait c’est bien ce qui aura fini par se produire. CQFD.
Or, pour nous, il n’en pas été ainsi : le largage des étoiles fixes n’appartient pas au moment fondateur de l’astrologie puisque précisément l’astrologie serait née de la découverte du binôme planètes –étoiles fixes, qui n’existait pas dans une astronomie plus ancienne. L’astrologie serait liée précisément à l’émergence d’une nouvelle Astronomie, tout comme d’ailleurs l’astrologie contemporaine doit énormément à la découverte des planètes au-delà de Saturne par l’astronomie post galiléenne.
En revanche, l’astrologie traditionnelle telle que nous la transmet un Ptolémée, dans la Tétrabible (IIe siècle de notre ère) ne correspond à aucun tournant historique au regard de l’Astronomie, ce qui en fait quelque chose d’ assez bâtard et d’ailleurs le décrochage de l’ astrologie par rapport aux étoiles fixes s’est effectué progressivement et a produit diverses solutions de substitution, à commencer par le zodiaque lui-même, sous ses divers avatars (tropicaliste, sidéraliste)
Autrement dit, l’astrologie actuelle – ou même celle qui prédomine avant la fin du XVIIIe siècle – n’est pas sortie toute armée du « front » de l’astronomie., sous la forme que nous lui connaissons chez un Morin de Villefranche, par exemple (mort dans les années 1650) Cette complexité de l’astrologie telle que la décrit fort bien par ailleurs SBM n’est pas une donnée de départ de l’Astrologie mais bien le résultat d’une évolution dont il conviendrait de saisir les causes et les « raisons ».(il n’y a qu’en français que l’on dise « avoir raison » et que l’on parle des « raisons » d’une action)
En fait, SBM nous semble être prisonnier d’un modèle qui rejoindrait peu ou prou celui d’un Jean-Pierre Nicola pour qui l’astrologie est un commentaire de l’astronomie perçue en tant que système solaire. Mais ne serait-ce pas justement l’acte de naissance astronomique de l’astrologie moderne que la mise en évidence, à la Renaissance, d’un système solaire, ce qui, à terme, aurait condamné les étoiles fixes, du fait qu’elles n’en faisaient pas partie ? Voilà donc une astrologie dont la naissance ne remonterait pas avant la révolution copernicienne ! On est rendu bien loin de l’Astrologie et de l’Astronomie babyloniennes dont nous parle SBM ! Sur un autre site -« Astrologie pour tous » -, l’on trouve ce jugement, ce verdict sans appel : « Les étoiles fixes, dénommées ainsi car elles se déplacent très lentement, n’ont guère de valeur dans l’astrologie en raison de leur éloignement de la Terre ».
Le cas du thème natal nous apparait également comme faisant problème au regard de l’origine de l’astrologie. L’on peut certes « faire » l’Histoire de ce procédé mais cela n’épuise nullement celle de l’Astrologie.
A entendre certains astrologues, la réforme de l’astrologie voire sa restauration dans une pureté originelle consisterait à corriger certaines « erreurs » notamment au niveau astronomique.
SBM : « L’historien peut rétorquer que les premiers devins du ciel n’utilisaient pas les mêmes techniques et n’avaient pas les mêmes discours que les astrologues contemporains. Il peut rappeler aussi que la croyance astrologique s’inscrivait très bien dans les croyances des époques anciennes, quand elles se fondaient sur une conception erronée du monde »
Il importe peu, en fait, que l’astrologie initiale soit fondée sur quelque « erreur » mais bien de comprendre sur quoi elle se fondait, à moins que de telles erreurs hypothèquent son propos, comme dans le cas de la précession des équinoxes. Mais rappelons que cette précession est liée à l’utilisation du zodiaque des constellations dont nous avons dit qu’elle correspondait à un état plus tardif que le simple rapport planète/étoile/

JHB
19. 04.10

1 commentaire:

Meera Saif a dit…

J’aime beaucoup ton article, je le trouve très bien écrit et structuré cela change car on a pas souvent l’occasion de voir ce genre d’article.
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