mardi 27 juin 2017

Céline Lépine sur la bibliographie nostradamique


Études modernes

Eugen Parker, « La légende de Nostradamus et sa vie réelle », Revue du Seizième Siècle, tome X, 1923, p. 93-106, 148-158. (À la suite de l'anonyme du Mercure de France, explique certains quatrains des Prophéties par des évènements qui leur sont antérieurs.)
Eugène Lhez, « Aperçu d'un fragment de la correspondance de Michel de Nostredame », Provence Historique, t. 11, 1961.
Eugène Lhez, « L'ascendance paternelle de Michel de Nostredame », Provence Historique, t. 18, 1968.
Éric Muraise, Saint-Rémy de Provence et les Secrets de Nostradamus, 1969
Dr Edgar Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, éd. Bergerac, 1972 (rééd. Jeanne Laffitte, Paris, 1993).
Georges Dumézil, « ...Le moyne noir en gris dedans Varennes» Sotie nostradamique (1984). Dumézil déçoit le lecteur rationaliste (deux ans avant la bombe de Chantal Liaroutzos, il soutient l'interprétation traditionnelle du quatrain de Varennes comme annonçant la fuite de Louis XVI), mais il s'est aperçu que Nostradamus « trichait » parfois et il en donne deux très bons exemples : les quatrains V, 6 et V, 75, très probablement inspirés de l'inauguration du roi Numa telle que racontée par Tite-Live.
Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, Paris, 1985. Soutient que les Prophéties sont une chronique de la première moitié du seizième siècle (p. 67). Il y a peut-être à glaner, mais l'auteur n'indique guère ses sources et on peut craindre qu'il n'adapte parfois l'histoire aux besoins de sa thèse. Par exemple, où a-t-il trouvé que, conformément au quatrain I, 86, Marie de Hongrie était dévêtue quand elle traversa le Danube lors de la bataille de Mohacs (p. 69-70) ? Le rapprochement qu'a fait Brind'Amour entre ce quatrain et l'héroïne romaine Clélie est beaucoup plus convaincant.
Chantal Liaroutzos, « Les prophéties de Nostradamus : suivez la Guide », in Réforme, Humanisme et Renaissance, 23 (1986), Lyon, consultable en entier sur Persee et en partie sur Google Books. Révéla que des enfilades toponymiques des Prophéties, et notamment celle du fameux quatrain de Varennes, ont certainement été empruntées au Guide des Chemins de France, de Charles Estienne. (Selon J. Halbronn, les Voyages, du même Charles Estienne, ont encore plus de points de rencontre avec les Prophéties.)
Michel Chomarat, avec la collaboration de Jean-Paul Laroche, Bibliographie Nostradamus xvie - xviie ‑ xviiie siècles, Baden-Baden et Bouxwiller, 1989. (« Indispensable pour toute recherche sur Nostradamus », selon Chevignard.)
Michel Dufresne, Dictionnaire Nostradamus, Chicoutimi (Québec), éd. J.C.L., 1989. Définition, fréquence et contexte de chacun des six mille mots contenus dans l'édition de 1605 des Centuries.
Robert Benazra, Répertoire chronologique nostradamique, 1990. Recommandé par tous les spécialistes universitaires de Nostradamus.
Pierre Brind'Amour, "Nostradamus et l'histoire romaine", dans Hommage à la mémoire de Ernest Pascal, (dans Cahiers des Études anciennes, t. 23), 1990, t. 1, p. 55-65. Élucide diverses allusions à l'histoire de la Rome antique éparses dans les Prophéties. Semble ignorer qu'il a été précédé par Dumézil dans l'interprétation des quatrains V, 6 et V, 75.
Pierre Brind'Amour, Nostradamus Astrophile, 1993. Ce livre révéla les emprunts de Nostradamus au De honesta disciplina, de Petrus Crinitus.
Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France, formation et fortune, Thèse, Paris X-Nanterre. Dir.: Jean Céard, 1999. (à lire sur propheties.it) ; "Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002. Dans cette thèse et dans divers articles, l'auteur soutient que toutes les éditions anciennes conservées des Prophéties attribuées à Nostradamus sont antidatées et ne sont pas l'œuvre de Nostradamus mais de faussaires du temps de la Ligue. Voir aussi de cet auteur, son post doctorat (EPHE Ve section, 2007): « Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamienne au xviie siècle ».
Roger Prévost, Nostradamus, le mythe et la réalité, 1999. Dans la ligne de l'anonyme du Mercure de France et de Brind'Amour, explique les Centuries comme des allusions à des évènements qui appartenaient déjà au passé quand les « prophéties » étaient rédigées. Pour les besoins de sa thèse, il lui arrive de supposer que l'édition de 1555 est antidatée. Selon Denis Crouzet77, le livre de R. Prévost figure parmi les « exemples de surinterprétation absolument arbitraire par recherches de référents historiques ».
Bernard Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999. (Livre I d'une édition scientifique des Almanachs.)
Dr Lucien de Luca, Logodaedalia, 2001. (A notamment découvert dans le quatrain V, 31, un emprunt au poème médiéval Architrenius ou Archithrenius. Le même auteur a découvert que la strophe latine citée par Nostradamus dans sa Paraphrase de C. Galen provient du livre Inscriptiones sacrosanctae vetustatis, de Petrus Apianus et Bartholomeus Amantius, édité à Ingolstadt en 1534 ; voir son site Internet Logodaedalia.)
(en) Ian Wilson, Nostradamus The Evidence, Londres, éd. Orion, 2002.
(de) Elmar R. Gruber, Nostradamus, Sein Leben, sein Werk und die wahre Bedeutung seiner Prophezeiungen, 2003. L'auteur est un tenant du paranormal, mais le présent livre est d'inspiration rationaliste. Il semble que Gruber soit le premier (à part Lemesurier, 2003) à avoir fait le rapprochement entre le quatrain 7, 41 et la lettre 7, 27 de Pline le Jeune.
(en) Peter Lemesurier, The Unknown Nostradamus, 2003 (biographie) et Nostradamus: The Illustrated Prophecies (comprenant de nombreuses gravures contemporaines), qui évoquent tous deux les origines historiques de la plupart des Prophéties, ainsi que Nostradamus, Bibliomancer, 2010, qui propose que le mage ait écrit ses prophéties en pratiquant la bibliomancie, c'est-à-dire en ouvrant des sources historiques au hasard à n'importe quelle page et en projetant dans le futur ce qui se présentait alors à ses yeux.
(en) Ian Wilson, Nostradamus. The Man Behind the Prophecies, New York, 2007. (Édition révisée du livre de 2002 du même auteur.)
Denis Crouzet, Nostradamus. Une médecine des âmes à la Renaissance, Paris, 2011.

1 commentaire:

rosy123 a dit…

Franchement vous êtes formidable d'avoir fait un site pareil
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