Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
vendredi 16 janvier 2026
« LIVRE BLANC » DE 1939 : LA GRANDE-BRETAGNE PROPOSE LE PARTAGE DE LA PALESTINE PUIS RETIRE SA PROPOSITION
« LIVRE BLANC » DE 1939 : LA GRANDE-BRETAGNE PROPOSE LE PARTAGE DE LA PALESTINE PUIS RETIRE SA PROPOSITION
L’idée de partager la Palestine en deux États, l’un arabe et
l’autre juif, est apparue pour la première fois en 1937, soit
dix ans avant le vote par l’ONU du plan de partage de
novembre 1947.
La proposition émanait d’une commission royale, la com-
mission Peel, envoyée en Palestine pour enquêter sur les
troubles qui avaient embrasé le pays. Déclenchée par le mou-
vement du Shaykh Ezzedine al-Qassam en novembre 1935, la
Révolution s’était généralisée à partir d’avril 1936, en protes-
tation notamment contre l’immigration juive, qui, avec l’ap-
probation des Britanniques, atteignait des chiffres records. En
effet, 4 565 immigrants juifs étaient arrivés en 1931, 9 553
en 1932, 30 327 en 1932, 42 359 en 1934, et 61 854 en
1935.
A son arrivée, la commission trouva la Palestine en état de
guerre. Les affrontements s’étaient étendus à l’ensemble du
pays. Inaugurée par une grève générale et ininterrompue de
six mois, la « Révolution de 36 » avait rapidement débouché
sur de très nombreux incidents armés. Infiltrés à partir de la
frontière syrienne, des volontaires arabes, commandés par
Fawzi al-Qawouqji, prêtaient main-forte aux partisans palesti-
niens.
Sabotage de pipe-lines, dynamitage de convois ferroviaires,
destruction des installations électriques et téléphoniques,
attaques contre les colonies juives et batailles rangées avec les
troupes coloniales anglaises forcèrent bientôt les armées du
mandat à faire usage de l’aviation, des chars et de l’artillerie
de campagne avant d’acheminer vers la Palestine des renforts
à partir de l’Égypte et de Malte.
Près de mille Palestiniens tombèrent durant la première
phase de la Révolution, des milliers d’autres furent faits pri-
sonniers et les troupes anglaises menèrent de très nombreuses
opérations punitives contre les villages. Des centaines de mai-
sons furent ainsi plastiquées et la majeure partie de la vieille
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ville de Jaffa, devenue une des places fortes des insurgés, fut
évacuée de force puis rayée de la carte, pour l’exemple, par
les unités de génie britanniques.
Regroupant l’ensemble des partis palestiniens, le Haut
comité arabe, dirigé par Amin al-Husseini, mufti de Jérusalem
et président du Haut Conseil islamique, céda alors aux pres-
sions des rois Abd al-Aziz ibn Séoud, Ghazi d’Irak, et du
prince Abdallah de Transjordanie. Il accepta de suspendre le
soulèvement pour « donner une chance » à la commission
d’enquête qui allait venir de Londres.
Le séjour de la commission Peel dura de novembre 1936
à janvier 1937, et ses conclusions appelant au partage du pays
furent rendues publiques en juillet 1937.
Le rapport Peel
La politique anglaise depuis la déclaration Balfour en vue
de l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, la peur
des Palestiniens de devenir une minorité dans leur propre
patrie du fait de l’arrivée massive des immigrants et de leur
volonté proclamée de s’emparer du pays, avaient mis le feu
aux poudres. Les causes de la Révolution, telles que dégagées
par le rapport,. recoupaient les analyses palestiniennes. Mais il
n’en allait pas de même quant au remède prescrit.
Réfutant la thèse mandataire qui prétendait que les aspira-
tions des deux peuples pouvaient être satisfaites dans le cadre
de la déclaration Balfour, Peel concluait à l’impossibilité d’une
telle solution, et préconisait le partage.
Cette annonce plongea les Palestiniens dans la stupeur,
d’autant plus qu’à la publication du rapport, les juifs repré-
sentaient moins du tiers de la population de la Palestine et
détenaient moins de 5,5 % des terres.
En vertu de ce plan, la Galilée, dont la plaine intérieure de
Marj ibn Amir qui s’étend du golfe de Haïfa jusqu’au sud du
lac de Tibériade, tout comme la majeure partie de la plaine
côtière allant de la ville de Jaffa jusqu’à la frontière libanaise,
au nord, seraient « cédées » à l'État juif. Par ailleurs, « le
cœur » du pays, à savoir toute la région de Jérusalem, jusqu’à
la côte, ainsi que les villes de Ramallah, Bethléem, Nazareth
et des dizaines de villages, resteraient sous mandat britannique
pour une période illimitée...
Le tableau qui suit, montre la répartition des terres et des
deux populations entre les deux Etats pressentis.
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LA CONQUÊTE DE LA PALESTINE
Population Population Surface cultivable
juive arabe (en dunums)
tat juif : 304 900 294 700 3 098 000
Etat arabe : 7 200 485 200 3 074 000
Ainsi, si le plan Peel était appliqué, la population arabe de
L’Etat juif serait quasiment égale à la population juive, alors
que les terres cultivables échues à l’Etat juif dépasseraient les
terres cultivables allouées à l’État arabe. Pour tourner ces dif-
ficultés, Peel accompagna sa proposition de deux mesures sup-
lémentaires : transfert force de la population arabe hors de
’État juif et rattachement de l’État arabe palestinien à l’émi-
rat de Transjordanie !
Le mouvement sioniste ne pouvait espérer en 1937 une
meilleure proposition qui lui cédait la moitié du pays, lui assu-
rait une continuité territoriale, entérinait l’idée du transfert
forcé de la population palestinienne hors de l’État juif et affir-
mait, publiquement et pour la première fois, que le « foyer
national » serait un Etat juif. Aussi le projet Peel, même s’il
ne fut jamais appliqué, constitua-t-il un acquis véritable et
devint la pierre angulaire de toutes les revendications sionistes
ultérieures.
La Grande-Bretagne réprime la Révolution
puis abandonne le plan de partage
La Révolution embrasa à nouveau la Palestine tout au long
des années 1937-1939. Des régions importantes du pays tout
comme la vieille ville de Jérusalem et la ville de Bir al-Sab"
tombèrent aux mains des patriotes palestiniens. La Grande-
Bretagne fut alors contrainte d’appeler à une mobilisation par-
tielle des troupes de l’empire. Et l’élite de ses chefs militaires
— Wavell, qui commandera plus tard le front égyptien face aux
puissances de l’Axe, Montgomery, le futur vainqueur de
Rommel, et Haining, chef des opérations de guerre et des ren-
seignements militaires au War Office - furent dépêchés sur le
terrain pour mater les insurgés.
Dans ses rapports à son commandement, Montgomery
décrit en détails les unités palestiniennes qu’il affronta alors
en Galilée. « Elles sont constituées, écrit-il, de groupes de 50
à 150 combattants, extrêmement mobiles » et « j’ai décidé de
concentrer mes efforts pour en éliminer le plus grand nombre.
J’ai dispensé mes principaux adjoints de toutes les tâches
administratives et je les ai lancés à la chasse aux insurgés. Nous
en avons tué plus d’une centaine ces dix derniers jours. De
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nombreuses difficultés demeurent, mais commençons par le
plus important, à savoir la concentration de nos efforts en vue
de les éliminer physiquement ».
Quant à Haining, il signale dans l’un de ses rapports cou-
vrant la période du 1er novembre 1938 au 1er mars 1939 qu’il
a liquidé « 19 insurgés le 9 novembre ; 24, le 10 novembre ;
34, le 28 novembre ; 38, le 2 décembre ; plus de 30, le
18 décembre ; 14, le 8 février ; plus de 19, le 27 février ; et
45, le 11 mars ». Ces chiffres donnent une idée de la cadence
des affrontements entre partisans palestiniens et soldats bri-
tanniques. De son côté, témoin direct de la Révolution dont
il fut l’un des organisateurs, Muhammad ‘Izzat Darwaza,
affirme, à propos des pertes palestiniennes : « Le nombre des
détenus avoisine les 50 000, celui des martyrs, 7 000 ; celui
des blessés, 20 000 ; sans compter que deux mille maisons ont
été rasées [en représailles]. »
Mais la puissance coloniale ne se contenta pas de cette
répression féroce. Elle l’accompagna d’une série de mesures
coercitives.
Elle ordonna la dissolution de la totalité des organisations
politiques palestiniennes, dont le Haut comité arabe, les par-
tis, les clubs, les comités patriotiques, et arrêta une bonne par-
tie des membres du Haut comité arabe puis les déporta aux
Seychelles, dans l’océan Indien. Mais le mufti, Amin al-
Husseini, tout comme son bras droit, Jamal al-Husseini, par-
vinrent à s’échapper et à trouver refuge au Liban.
Pour désarmer la population palestinienne, les autorités
appliquèrent également une stratégie implacable, qui dura
d'ailleurs jusqu’en 1945 et aboutit à ce que le peuple pales-
tinien se retrouve littéralement désarmé face à ses adversaires.
C’est ainsi qu’entre 1937 et 1945, les troupes coloniales
saisirent 7 617 fusils, 4 891 revolvers, 1 376 grenades, 695
fusils de chasse et 347 375 balles. En revanche, les
Britanniques ne se contentèrent pas de fermer les yeux sur la
formation des unités sionistes sous le drapeau de la Haganah,
mais fournirent à cette dernière aide et entraînement.
En 1937, les effectifs de la Haganah approchaient les
20 000 hommes. Ce nombre fut doublé entre 1937 et 1939
par la constitution d’une armée juive parallèle, entraînée et
équipée par l’armée anglaise, et placée sous commandement
conjoint judéo-britannique. Des unités de commandos furent
créées dans ce cadre, et notamment les célèbres « Night
squads ». Cette nouvelle armée juive fut appelée, par mesure
de « camouflage », la « Police des colonies ».
Néanmoins, et malgré cette reprise en mains, la Grande-
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LA CONQUÊTE DE LA PALESTINE
Bretagne se rendait compte de l’ampleur de l’opposition pales-
tinienne au principe meme du partage et de la contestation
grandissante à laquelle elle faisait face tant dans les pays arabes
que dans le monde islamique. Elle se mit alors à la recherche
d’une porte de sortie.
Une deuxième commission d’enquête fut dépêchée en
Palestine. Cette « commission technique » - il ne fallait pas
montrer que la Grande-Bretagne avait cédé — avait en prin-
cipe pour mission « l’étude des modalités d’application du plan
de partage ». Elle arriva en Palestine en avril 1938 et repartit
en août. Son rapport fut publié au mois de novembre.
A l’opposé de la commission Peel, la commission tech-
nique jugea impossible de créer un Etat juif « délesté » des
Palestiniens et de leurs terres. Peel avait, il est vrai, résolu le
problème en préconisant le déplacement massif et forcé des
Palestiniens... Mais la commission technique refusa implicite-
ment le recours à ce principe du transfert et insista sur le
fait que ce refus devait être pris en compte dans toute dis-
cussion d’un éventuel projet de partage.
La Grande-Bretagne conclut alors que la commission tech-
nique avait abouti à la conclusion que le partage était « impra-
ticable », et s’en servit comme alibi pour abandonner le plan
Peel et annoncer simultanément son intention de convoquer
un congrès sur la Palestine. Une réunion était prévue à
Londres avec la participation des représentants des juifs, des
Palestiniens et des pays arabes. Cette annonce eut lieu en
novembre 1938.
Le Congrès de Londres et le « Livre Blanc »
Le congrès ouvrit ses travaux le 7 février 1939 au palais
Saint James sous la présidence de Neville Chamberlain, pre-
mier ministre, et de Lord Halifax et Malcolm Mac Donald,
respectivement ministres des affaires étrangères et des colo-
nies.
Les parties arabes refusèrent de s’asseoir à la même table
que les dirigeants sionistes, et les délégués britanniques firent
la navette entre les délégations. Le gouvernement britannique
refusa de son côté de convier le mufti Amin al-Husseini car
il avait pris la tête de la Révolution armée, mais Londres libéra
par contre les déportés des Seychelles. La délégation palesti-
nienne était constituée de Jamal al-Husseini, Husayn Fakhri
al-Khalidi, Raghib al-Nashashibi, Mousa al-Alami, Georges
Antonius, Amin al-Tamimi, Alfred Rock, et Ya‘qoub al-
Ghusayn. Quant aux délégations arabes, elles se présentaient
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comme suit : la délégation saoudienne était dirigée par l’émir
Faysal ibn Abd al-Aziz ; la délégation égyptienne par le prince
héritier, l’émir Abd al-Mun‘im ; la délégation irakienne par le
premier ministre Nuri Pacha al-Said ; la délégation du Yémen
par l’émir Husayn, le fils de l’Imam ; et la délégation trans-
jordanienne était placée sous la direction du premier ministre,
Tawfiq Abou al-Houda.
Les travaux durèrent jusqu’au 17 mars 1939 mais sans
aboutir au moindre résultat, ce qui amena la Grande-Bretagne
à proclamer unilatéralement un « Livre Blanc » définissant la
politique qu’elle allait unilatéralement mettre en oeuvre.
1 : Fondation dans un délai de dix ans d’un État palesti-
nien regroupant Arabes et juifs, et lié par un traité à la Grande-
Bretagne. Le mandat prendra fin au terme de ces dix ans, sauf
si les conditions sur le terrain ne le permettent pas, auquel cas
la Grande-Bretagne consultera les représentants palestiniens et
juifs, la Société des Nations et les États arabes, en vue de défi-
nir toute solution future.
2 : 75 000 immigrants juifs seront autorisés à venir en
Palestine durant les cinq prochaines années. Au terme de cette
période toute immigration sera soumise à « l’approbation des
Arabes de Palestine ».
3 : Les transferts de propriété aux juifs seront interdits dans
certaines zones, soumis à conditions dans d’autres et libres
dans le reste du pays.
Il est incontestable que ces dispositions allaient dans le sens
des aspirations arabes. Le principe de création d'un État pales-
tinien constituait en soi un rejet de l’idée du partage, et les
réglementations restrictives de l'immigration et de la vente des
terres allaient à l’encontre des intérêts sionistes. Les déléga-
tions arabes, tout comme le parti al-Istiqlal de Raghib al-
Nashashibi, opposé au mufti de Jérusalem, étaient enclins à
accepter le « Livre Blanc ». Mais le mufti et ses partisans le
refusèrent parce qu’il remettait sine die la proclamation de l’in-
dépendance.
Alors au zénith de son pouvoir, le mufti hajj Amin al-
Husseini eut gain de cause, et les États arabes qui n’avaient
pas encore le dernier mot concernant les affaires palesti-
niennes, rejetèrent le « Livre Blanc ». Officiellement du
moins.
La réaction de la partie sioniste fut également négative, mais
pour des raisons diamétralement opposées. Les juifs déclen-
chèrent une grève générale en Palestine, et le 21e
congrès sio-
niste, réuni le 16 août 1939 à Genève, proclama son désaveu
et son rejet de la politique du « Livre Blanc », sans pour autant
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LA CONQUÊTE DE LA PALESTINE
aller jusqu’à la rupture avec la Grande-Bretagne. La Deuxième
Guerre mondiale se profilait à l’horizon.
Ce double refus n’empêcha pas Malcolm Mac Donald de
soumettre le « Livre Blanc » aux Communes. Les débats furent
houleux et Winston Churchill fut l’un des plus durs opposants
au projet gouvernemental. Farouche partisan des thèses sio-
nistes et du projet du foyer national depuis la Première Guerre
mondiale, lorsqu’il était ministre des colonies, Churchill qua-
lifia le « Livre Blanc » de « déni de la promesse » faite par son
pays aux dirigeants sionistes. Mais le gouvernement persista
dans sa démarche. Le « Livre Blanc » fut voté et devint la poli-
tique officielle que la Grande-Bretagne allait appliquer en
Palestine, abstraction faite des positions arabes ou juives.
Quelques semaines plus tard, le conflit mondial débuta, éclip-
sant l’ensemble de ces question
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