Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
jeudi 7 mai 2026
jacques halbronn Anthropolinguistique. la France, gardienne de la diphtongaison.
jacques halbronn Anthropolinguistique. la France, gardienne de la diphtongaison.
La langue qui est parvenue à préserver le trésor des diphtongues est celle qui s'est implantée en France et qui a été transmise sur de multiples générations par le peuple français Longtemps, nous avions négligé le critère de l'oralité (cf nos mémoires avec Louis Jean Calvet, Paris V, 1987-1989.) Or, la dialectique de l'écrit et de l'oral est centrale. Elle nous était d'ailleurs devenue familière lors de notre immersion, à l"âge de 20 ans dans la langue hébraique laquelle marque nettement la différence entre ces deux plans, si ce n'est que l'oralité de l'hébreu aura connu bien des vicissitudes en raison des discontinuités : ne parle-t-on pas d'une renaissance de l'hébreu ? On n" avait pas assez , avant nous, souligné cette particularité éminente du français et la question des emprunts au français par l'anglais, l'allemande, l'italien et l'espagnol, notamment. Auparavant, nous avions insisté sur l'ampleur quantitative de l'emprunt des langues germaniques mais pas assez sur la dimension qualitative bien que dès 1987 nous avions accordé une grande importance à l'erreur (LINGUISTIQUE DE L'ERREUR ET EPISTEMOLOGIE POPULAIRE ) . Ce n'est que peu à peu que la question de la diphtongaison aura revêtu toute son importance et que nous avons distingué entre le diphtongable et le diphtongué, à la suite de notre réflexion sur le triangle signifiable, signifié et signifiant, lequel corrigeait et complétait le dualisme saussurien.. En ce sens, l''oral pouvait prendre appui sur l'écrit et l'on pouvait notamment observer le hiatus entre ce qui était prévu et ce qui était réalisé. C'est ainsi que le probléme de l'emprunt de l'anglais ne se situait plus au niveau d'une orthodoxie orthographique mais bien d'une orthodoxie phonologique.
Nous allions avoir à étudier, dans la foulée, les solutions de rechange élaborées par l'emprunteur anglais face à des modes prononciation pour lesquelles il n'avait pas été formé, initié, à commencer donc par les suffixes diphtongués en "ment" (Parliament, Governement) et en "ant" , constant, brillant (participe présent) . Quant à l'allemand, il gardait à l'écrit des éléments diphtongables mais il en ignorait le mode d'emploi : ein, nein, sein, mein, dein, n'étaient pas diphtongués.
Dans le cas des langues latines, nous avons montré qu'elles dérivaient largement du français (momento pour moment, lontano pour lointain) tout en conservant souvent la forme écrite du français (possible), Il s'agit là d'une autre volet également inaccessible pour les langues étrangères à la langue d'oil du nord de la France L'anglais ainsi change "centre" en "center", autre en "other" etc alignant son écrit sur son oralité marquée par le moindre effort. On pourrait certes être tenté de soutenir que ces langues ont en commun une source commune mais c'est là un piètre expédient visant à nier le rayonnement remarquable du français sur d'autres langues.
Cela dit, il n'y a pas de création ex nihilo et le français a certainement des antécédents tout comme il a des avatars. Il convient de distinguer ce qui est de l'ordre du vouloir, du savoir et du pouvoir. Modifier une source peut relever de ces divers paramétres. Il y a certes eu des solutions de facilité, dues à une transmission hors de portée mais il peut aussi s'agir d"un désir assumé de simplification, de réduction sans que l'on soit en mesure de trancher dans un sens ou dans un autre. Dans la relation entre le français et l'italien (toscan), il faut faire la part de ce que le français aura emprunté à l'italien, au prisme d'une certaine esthétique de la langue et ce que l'italien aura adapté du français, en raison de conventions, de codes, qui ne lui étaient pas familiers. C'est ainsi que nous avons pu lister un certain nombre de cas où les formes françaises en "au" et en "ou" auraient produit en italien du "l": escoute donnant ascolta, chaud donnant caldo, haut, alto, be émeraude donnant esmeralda, beau et bello, moult et molto, saut et salto etc Est ce caldo qui a donné chaud ou haut alto? On peut concevoir un moyen terme, le français dériverait du latin et l'italien dériverait du français, d'où une certaine cyclicité.
JHB 07 05 2026
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