jeudi 18 juin 2026

Jacques halbronn La production prophétique à la fin du XVIe siècle . Pour une approche comparative des corpus malachique et centurique

Jacques halbronn La production prophétique à la fin du XVIe siècle . Pour une approche comparative des corpus malachique et centurique Il y a 20 ans, nous avions été conviés, du fait de la mot du pape, Jean Paul II traiter de la Prophétie des papes, texte qui faisait partie du corpus de notre thèse d’Etat (1999) : Papes et prophéties. Décodages et influences (Ed Axiome 2005). Nous y faisions remarquer à quel point les dernières années du XVI siècle avaient été fécondes au regard de la production néo-prophétique ( https://www.cultura.com/p-les-propheties-de-m-michel-nostradamus-ed-1595-1605-9782012579606.html) Nous préparions à l’époque un mémoire de post doctorat (EPHE VE section) que nous soutiendrons deux ans plus tard, consacré à la critique nostradamique et au Jésuite Giffré de Réchac alias Jean de Sainte Marie. auteur anonyme d’un Eclaircissement des véritables quatrains de Maistre Michel Nostradamus. (1656) Nous montrerions dans notre post doc que les quatrains centuriques étaient des versifications de divers textes en prose, épitres et prédictions annuelles et donc que Nostradamus n’en était pas l’auteur, stricto sensu d’autant que les centuries qui ne paraitraient pas avant la fin des années 1580, quoi qu’en disent la plupart des nostradamologues actuels, à commencer par les auteurs des publications liées au 500e anniversaire de la naissance de Nostradamus, en 2003. Ce que l’on retiendra, ici, est l’usage du prophétisme dans le cadre d’une élection pontificale et dans le couronnement du successeur du défunt roi Henri III Valois. Il est clair que la parution de la prophétie des papes visait à peser sur l’élection d’un nouveau pontife romain, comme nous le montrions dans notre ouvrage. Mais concernant la série des quatrains et non pas des devises pseudo malachiques, la chose est moins reconnue encore de nos jours. Qu’un même procédé et un même enjeu de succession, d’élection ait été mis en branle, quasiment au même moment, pose question, ce qui nous conduit à situer la production centurique une trentaine d’années après ce qu’il est généralement prétendu. En 1997, nous avions mis le projecteur sur le quatrain IV, 46, appartenant au premier volet centurique censé être paru en 1555 alors qu’il correspondait à l’actualité de 1588 et de la formation d’un centre anti ligue à Tours. Un peu plus tard, nous signalions la retouche d’un quatrain repris de la Guide des Chemins de France de Charles Estienne, emprunt signalé par Chantal Liaroutzos mais sans l’exploiter suffisamment! Cette retouche conduisait à changer Chastres et Chartres, ce qui militait en faveur du choix de la Cathédrale de Chartres début 1594 (au lendemain de la reconversion du futur Henri IV (« Paris vaut bien une messe ») et non pas de Reims pour le couronnement à venir. En effet, les faussaires à la solde du roi de Navarre avaient su exploiter une suite de villes de la banlieue parisienne, figurant dans la « Guide » faisant ainsi pendant à l’usage (cf supra) que les Ligueurs avaient entrepris à propos de la ville de Tours. Or, c’est dans ces années 1594-96 qu’un véritable élan prophétique est manifeste avec notamment la publication du » Janus Gallicus » par Jean Aimé de Chavigny dont le commentaire de quatrains issus de tout un corpus pseudo-nostradamique vise à consolider l’unité d’inspirations , masquant ainsi le fait ce ceux-ci sont le fait de camps opposés, catholiques et réformés dans un esprit de conciliation marqué par l’esprit du futur Edit de Nantes de 1598. Un tel syncrétisme n’est pas sans nous renvoyer à la critique biblique visant à démystifier la thèse d’une prétendue rédaction unique de l’Ancien Testament par Moïse (cf la critique d’un Spinoza) Par la suite, nous montrerons que certains quatrains du second volet des Centuries sont la versification d’un Epitre de Nostradamus au pape Pie IV laquelle aura disparu du dit corpus centurique remplacée par une fausse Epitre de Nostradamus au Roi Henri Second (cf nos Documents Inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) Dans notre étude des dernières devises de la prophétie des papes (cf p.171), nous fournissions le texte biblique qui avait été utilisé pour constituer celles-ci, le probléme des faussaires étant d’être des plagiaires comme dans le cas des Protocoles des Sages de Sion (cf notre texte « le sionisme et ses avatars au tournant du !XXe siècle Ed Ramkat 2002). Décidément, la formation d’un historien doit passer par la question des contrefaçons antidatées: JHB 18 06 25

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