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mercredi 19 novembre 2025

Jacques Halbronnn Theodor hertzka et Théodor herzl. d'étranges similitudes utopiques

Jacques Halbronnn Theodor hertzka et Théodor herzl. d'étranges similitudes utopiques Sur le web Theodor Hertzkas' Freiland is a complicated machine with lots of teeth and wheels that even engage each other, but nothing proves to me that they could be put into operation. And even seeing Freeland clubs arise, I shall regard the whole thing as a joke.—Theodor Herzl, “Der Judenstaat”1Theodor HertzkaTheodor Herzl’s contemptuous remark on Theodor’s Hertzka’s Freiland (1890) is rather surprising when one compares his own novel Altneuland to it, as the two utopias share many themes and narrative structures, to say the least, and both utopias critique Vienna’s fin-de-siècle decadence. While Herzl’s Altneuland went on to become the world-renowned manifesto of Zionism, Hertzka’s Freiland enjoyed popularity only at the time of its publication. Herzl’s utopia is set in Palestine; Hertzka’s narrative takes place in the empty space of East Africa. If Altneuland oscillates between a vision of a sparsely populated Near East and a geopolitical action plan, Freiland seeks to inhabit previously unpopulated territory. Hertzka’s vision to found a new civilization on vacant land in Africa coincided with European colonialism and the surge of anti-Semitism in Vienna. In what follows, I investigate if Hertzka merely posits Freiland as a critique of Vienna’s fin-de-siècle culture or if he produces a viable alternative.Utopian fiction as a literary genre dramatizes the need for social change; these visions of a better society are meant to shatter and overcome society’s ideo-logical status quo. Yet narrative utopias are neither literature presenting fictional experiences nor social theory presenting totalities. Paradoxically, utopias achie" wikipedia "He studied at the universities of Vienna and Budapest, and in 1872 became a member of the editorial staff of the Neue Freie Presse of Vienna. In 1879 he founded the newspaper Wiener Allgemeine Zeitung, which he edited until 1886. He was a friend of Johannes Brahms. Hertzka has been called the "Austrian Bellamy", because his novel Freiland, ein soziales Zukunftsbild[1] had a similar theme to that of Edward Bellamy's novel Looking Backward. Though Hertzka was not a Zionist and his utopian vision was directed at human beings in general, Theodor Herzl acknowledged the influence of Hertzka on his own ideas in the opening chapter of his book Der Judenstaat, envisioning the creation of a Jewish state. On notera que le Freiland de Hertzka se situe en Afrique Orientale, ce qui correspond à la proposition britannique "Ouganda". Le Plan Ouganda, un Etat juif en Afrique noire Ecrit par Olivier de Marliave - Auteur des "Terres promises avant Israël" L’uchronie est un genre littéraire relevant de la fiction et qui consiste à réécrire l’histoire en imaginant les conséquences de la modification d’un événement précis. C’est donc un récit alternatif. Cette rubrique se propose d’appliquer ce principe à des grands moments de l’histoire juive. Et si... l’établissement d’un État juif en Afrique noire avait vraiment eu lieu, comme cela fut un temps envisagé ? Mise en regard des faits historiques et d’un conte alternatif. https://www.arllfb.be/ebibliotheque/communications/trousson140392.pdf sur le web QUAND L’OUGANDA ÉTAIT UN ESPOIR POUR LE PEUPLE JUIF Tout a commencé à partir d’un roman. En 1890, paraît Freiland -traduit en français, en 1894, sous le titre « Terre libre, une image sociale de l’avenir », signé Theodor Hertzka. Ce journaliste de Budapest (1845-1924) était chargé de la rubrique économique au Neue Freie Presse de Vienne. Il fondera plus tard le Wiener Allgemeine Zeitung, alors qu’il s’était lié avec Theodor Herzlet qu’il militait dans les rangs de la cause sioniste. Son ouvrage décrit l’histoire de Juifs européens arrivant au port de Mombasa et qui se mettent en marche vers l’intérieur du pays (l’actuel Kenya) en soumettant les tribus masaïs, jusqu’à un haut plateau intérieur où ils créent la cité de Freiland. Cette utopie s’accompagne de descriptions précises de ce que pourrait être une colonie au type de développement calqué sur un modèle européen. Freiland serait entourée d’une nature richement exploitée, avec une faune sauvage à présent domestiquée, entourée de manufactures desservies par des voies ferrées, et le mont Kenya enneigé deviendrait même un vaste terrain de jeux pour les enfants ! Au-delà de ce scénario édénique, Hertzka défend un système social permettant un libre accès à la terre dans des collectivités se situant entre le capitalisme de la propriété privée et l’étatisation des biens de production défendue par les marxistes. Le succès de ce roman fut tel qu’il aboutit à la création de l’association Freeland League (la « Ligue de la Liberté »), destinée à repérer un territoire qui pourrait être réservé à une population juive émigrée. Pour Hertzka, un petit groupe d‘hommes décides devait suffire dans un premier temps à jeter les bases de cette terre de liberté. Une expédition sera donc mise sur pied, mais l’étude envisagée sur les conditions de vie n’ayant pas été très poussée sur le terrain, elle sera de retour à la fin du mois de juillet 1894. Aucune suite ne lui sera donnée, mais tout va rebondir sous une forme bien différente, dix ans plus tard. En effet, le 23 août 1903, Theodor Herzl et ses compagnons Nordau et Greenberg, proposent aux six cents délégués du sixième Congrès sioniste de Bâle une option est-africaine dénommée « plan Nairobi ou plan Ouganda ». La controverse sera très violente pour Theodor Herzl durant cette ultime assemblée. Sur le papier, la proposition (soutenue par les Britanniques) réunit tous les atouts pour plaire : il s’agit d’allouer aux Juifs du monde un vaste territoire en Afrique orientale doté d’une certaine liberté administrative, religieuse et culturelle. Herzl croit sincèrement à cette solution de l’Afrique de l’Est, comme il le confie dans son Journal. Pour lui, « ce sera, pour la première fois depuis la diaspora, une quasi-reconnaissance de la nécessité d’aider le peuple juif en tant que nation ». Dans une ambiance très tendue, mettant en évidence le clivage entre les « Territorialistes » et les « Sionistes » qualifiés de « palestino-centrés », le plan Nairobi est voté, par 295 voix contre 177, ce qui déclenche la fureur des délégués russes. Cette ambiance va exténuer Herzl, que certains accuseront de trahison à la cause non plus sioniste, mais tout simplement juive, alors qu’il voulait surtout sauver les victimes des pogroms russes sans perdre de vue le lointain objectif palestinien. Herzl a 49 ans, et il est déjà très fatigué par son hyperactivité ; il ne lui reste alors que six mois à vivre. La tentative d’assassinat de Max Nordau, fondateur avec Herzl de l’Organisation Sioniste Mondiale, le 19 décembre 1903 à Paris, illustre bien l’ambiance dramatique entourant les débats sur le projet Ouganda qui a radicalisé l’opposition des sionistes intransigeants. Un jeune étudiant russe de 27 ans, Zelig Luban, tente en effet d’assassiner Nordau en hurlant : « À mort Nordau l’Africain ». Luban rate son coup et échappe à Ia justice pour cause de déséquilibre mental. Il se trouve que le secrétaire aux Colonies, le Britannique Joseph Chamberlain, avait lu le roman de Theodor Hertzka qu’il avait fortement apprécié. De plus, Chamberlain avait une réelle sympathie pour la cause sioniste, et les pogroms russes le révulsaient. En décembre 1902 il avait inauguré le trajet ferroviaire de la Uganda Railwayen compagnie de son épouse et, séduit par ces terres, il avait discuté quelques mois plus tard avec Herzl de l’opportunité que pourrait constituer une colonisation d’un territoire situé entre les actuels Ouganda et Kenya, au nord-est du lac Victoria. Et Chamberlain de vanter à l’infatigable Herzl cette zone au climat favorable, propre à la culture du coton et de la canne à sucre, et qui ressemblerait aux collines du Sussex, si ce n’est à un charmant parc anglais ! L’avantage d’un développement colonial ici pouvait, du point de vue de la chancellerie britannique, décourager les velléités territoriales allemandes, tout en rentabilisant la voie du chemin de fer. Le 25 janvier 1904, sir Clement Hill, directeur au Foreign Office, rejoint l’avis de Chamberlain pour préconiser la colonisation d’un territoire de quelque 5000 miles carrés couvrant précisément le plateau Uasin Ngishu de Nandi, au sud-ouest du mont Elgon, une zone avantageusement située près de la voie ferrée et du lac Victoria. Cette région en partie inconnue était gérée depuis 1895 par le British East Africa Protectorate. Le Parlement anglais débat de la question jusqu’au 20 juin, mettant face à face adversaires et partisans du plan. Les premiers font valoir qu’une colonie de l’empire ne peut en aucun cas devenir un territoire plus ou moins national, et qu’au mieux on pourrait attribuer à celle-ci un « gouvernement municipal ». La presse anglaise s’oppose plutôt à ce plan Ouganda. Dans le Times, Harry Johnston dénonce une affaire qui finirait dans le même ridicule que la tentative, dix ans auparavant, inspirée par Theodor Hertzka. Johnston représente une voix de poids dans ce débat car cet homme, explorateur et administrateur colonial sa vie durant, est un spécialiste des conflits ethniques, frontaliers et nationaux en Afrique. Il a longtemps défendu, avec le magnat anglais Cecil Rhodes, le projet avorté consistant à relier par le chemin de fer les possessions britanniques du nord au sud de l’Afrique, depuis Le Cap jusqu’au Caire. Autre opposition, sur place celle-là : le tout nouveau journal de Nairobi (créé en 1902), The African Standard, lance une campagne de presse contre « une invasion » qui aboutirait à la création d’un Jewganda. Malgré tout, l’histoire se répète donc à dix ans d’intervalle lorsque, le 13 janvier 1905, arrivent à Mombasa trois hommes, au profil autrement plus professionnel que leurs prédécesseurs. Cette seconde expédition a été montée à l’initiative de Leopold Greenberg à l’aide de fonds privés et avec la participation inattendue d’Harry Johnston dont l’opinion, d’abord hostile à une solution est-africaine, a ensuite évolué. A la tête des experts venus étudier les conditions de vie de l’Est africain se trouve le major Alfred Saint Hill Gibbons, vétéran de la guerre des Boers. Il a exploré la zone mythique entre l’Égypte et le Congo, et a publié un grand classique de la littérature de voyage, Exploration and Hunting in Central Africa. À ses côtés, le Suisse Alfred Kaiser a lui aussi parcouru l’Afrique, depuis la Somalie jusqu’au Maghreb, et il parle couramment arabe et swahili. Mais surtout ce naturaliste a passé six ans à travers les déserts du Sinaï et du Néguev pour comprendre comment le « peuple juif » avait pu errer quarante ans durant, sous la conduite de Moïse, dans ces zones pour le moins inhospitalières ! Le troisième homme, tout aussi haut en couleur, l’ingénieur russe Nahum Wilbuschewitz, à peine âgé de 25 ans, avait déjà travaillé avec les Turcs pour des adductions d’eau dans le Golan. Plus tard, Wilbusch comme on l’appelait couramment, ouvrira à Haïfa le premier collège technique de l’Empire ottoman et il deviendra ensuite un magnat de la production d’huile végétale en lsraël. Son attirance pour la Palestine, qu’il avait parcourue à cheval, aurait faussé son jugement sur l’Afrique ; on l’accusera même d’avoir délibérément saboté cette seconde expédition Ouganda. Les explorateurs embauchent sur place un des meilleurs guides, Feradji qui, suprême référence, a servi aux côtés du fameux Stanley ; il dirigera une troupe de quarante porteurs, domestiques, cuisiniers et autres gardes. Pour professionnel qu’il se présente, Feradji commettra pourtant de grosses erreurs dans la logistique de l’expédition qui finira par manquer de vivres. Arrivé en train sur zone, le groupe a aussi le tort de se diviser pour mieux visiter ces terres, alors que des porteurs refusent d’approcher des tribus jugées agressives. On se répartit hommes, matériel et vivres, en se fixant un rendez-vous six jours plus tard. En fait, les trois hommes se perdent, Wilbusch s’égarant même durant une semaine supplémentaire. Des dissensions apparaissent aussi entre les explorateurs. A. H. Gibbons est supposé rendre un rapport de toute façon favorable : à son avis, ce haut plateau d’Uasin Ngishu est une des régions les plus agréables qu’il ait fréquentées en Afrique. Kaiser, lui, constate la présence de lions, et chacun observe les risques de maladies, d’épidémies de peste bubonique et de malaria endémique à proximité du lac Victoria. En fait, le plan Nairobi échouera du fait de l’administration coloniale britannique qui voit d’un très mauvais œil la création d’une région autonome sur un de ses territoires. Cet argument, déjà opposé en 1894, est renforcé par l’idée que cette terre est-africaine est peu peuplée car peu fertile et inhospitalière. Au contraire, les partisans du plan appuient leurs arguments sur la disponibilité de cette vaste contrée. Leur raisonnement : puisque personne ne vit sur ces hautes terres, on pourra faire nos preuves et démontrer au monde entier de quoi le peuple juif est capable ! Tout cela viendra en discussion au septième Congrès sioniste de Bâle, à partir du 27 juillet 1905, un peu plus d’un an après la mort de Theodor Herzl. Ce congrès sera encore une fois dramatique dès le début, avec l’opposition de plus en plus violente entre les Sionistes, pour qui le seul horizon est celui de la Palestine, et ceux que l’on définit comme les Territorialistes. La Jewish Territorialist Organization (J.T.O.) verra, en effet, le jour à Bâle cet été 1905, à l’initiative d’Israël Zangwill, qui sera rapidement pris d’une véritable frénésie de projets à travers le monde." JHB 08 10 24 https://www.arllfb.be/ebibliotheque/communications/trousson140392.pdf

mardi 5 août 2025

jacques halbron Théodore Herzl et l'Etat Juif. , asile pour les juifs en souffrance

jacques halbron Théodore Herzl et l'Etat Juif. , asile pour les juifs en souffrance En 2002, nous avons publié un volume de plus de 400 pages ("Le Sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle") sur la naissance du sionisme (ed Ramkat, Préface de H. Gabrion). Claude Klein, en 2003 (Ed de la Découverte) n'en fit point mention. dans son volume intitulé "L'Etat des Juifs . Etrangement, il ne traduit pas le sous titre Essai d'une solution moderne de la question juive (.Der Judenstaat. Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage Judenfrage fait délibérément pendant à Judenstaat. Faudrait-il alors parler de la "question des Juifs"??? L'allemand a une autre façon de traiter les adjectifs et en tout état de cause, selon nous, le titre français fut bel et bien choisi par Herzl lors de la première parution française dans la Nouvelle Revue internationale(31 décembre 1896) (Annexe IV pp. 324-325) Nous avons trouvé assez vain que l'on propose une autre traduction que celle qui parut dans la dite revue., 30 ans plus tard. Herzl n'aurait-il d'ailleurs pas supervisé la traduction de l'allemand en 1896 (reprise en 2023 Ed Ardavena)? En tout cas, Baruch Hagani déclare en 1926 reprendre le texte de 1896 ( Librairie Lipschutz, p. 10) Selon nous, Herzl proposait un foyer - un asile - aux Juifs en souffrance et non à l'ensemble des Juifs. De même Jésus entendait s'occuper des "brebis perdues de la maison d'Israel" et non à l'ensemble des Juifs. C''est une vision misérabiliste de la condition juive qui aura conduit, dans les deux cas, à des erreurs d'interprétation quant aux propos de Herzl et de Jésus. Quand Herzl aborde les "causes de l'antisémitisme", Le mot "asile" renvoie à une situation d'urgence, laquelle valait surtout dans l'Est de l'Europe dont les juifs furent les plus enthousiastes à l'égard du projet "sioniste". Mais il semble bien que pour Herzl, il valait mieux que cet asile ne fut point instauré là où existait déjà une présence, une "communauté" juive. Pour Herzl, cette nouvelle terre devait être vierge de Juifs, d'où son intérêt pour l'Argentine puis pour l'Ouganda, à la toute fin de sa vie. De même, c'étaient les Juifs qui avaient le moins à perdre qui devaient fournir les bataillons du mouvement. Au fond, Herzl entendait ainsi protéger les communautés juives florissantes d'une invasion venue de l'Est. On sait d'ailleurs que la France sera amenée à accueillir nombre de juifs étrangers, de Turquie par exemple- Sur le web "Après la Première Guerre mondiale et la fondation de la République de la Turquie en 1923, avec la politique de « turquisation », l'immigration de Juifs continue. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il y a entre 20 000 et 50 000 Juifs de Turquie vivant en France." alors que le "Foyer" juif (Déclaration Balfour 1917) aurait pu les accueillir, les recueuilir. C'est une telle présence qui va conduire à voir dans tous les Juifs des "immigrés"! JHB 05 08 25

lundi 25 mars 2024

jacques halbronn La dialecique Etat Juif (Herzl) Héros juif ( Jésus)

jacques halbronn La dialectique Etat Juif (Herzl)/héros juif (Jésus), La présence juive au monde est double avec d'une part, une dimension collective et de l'autre une dimension "personnelle", ce qui sous tend la dialectique Etat/héros. Nous avons consacré au monde juif différents travaux: en 1985 parut "Le Monde juif et l'astrologie, histoire d'un vieux couple" (Ed Arché, Milan, Bibliothèque de l'Unicorne) et en 2002, le Sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle (Ed Ramkat Prophetica Judaica (beith) où nous reproduisions l'intégralité de la première version française du 'Judenstaat'.de Theodore Herzl. (1896) et avons fondé et dirigé les Cahiers du CERIJ (Centre d'Etude et de Recherche sur l'Identité juive, à partir de 1978 et donné des conférences de 1993 à 2009 au Congrès Mondial des Etudes juives, Jérusalem; Cette dualité est absolument essentielle à comprendre et cela vaut notamment pour le personnage de Jésus qui pour nous est emblématique du "héros juif", ce qui vaut également pour Herzl, à près de 2000 ans de distance. Dans les deux cas, nous avons un homme qui s'adresse au départ à une population marquée, impactée par le judaisme, ce qui convient aussi pour le personnage de Moïse, tel que campé, dessiné dans le Livre de l'Exode, encore 2000 ans environ avant JC. Quand Herzl publie son Judenstaat , il entend proposer un asile, un refuge pour les populations juives persécutées, entravées, ce qu'il qualifiera d'Etat Juif; aboutissant à la création (1947 (ONU)-48) de l'Etat d'Israel, au lendemain de l'holocauste perpétré par les Nazis, en passant par le temps du mandat britannique sur la Palestine, dans le cadre de la Société des Nations au début des années 20. Nous avons, dans d'autres textes, tenté de mettre en évidence le fait que Jésus n'appartenait pas à la population à laquelle il s'adressait pas plus que Moïse, un Hébreu allant à la rencontre des Enfants d'Israel, missionné par leur dieu, Yahwé (Exode III) Dans le cas de Herzl, c'est la population juive de l'Europe Orientale qui se mobilisera autour du "sionisme" alors que celle du monde occidental restera en retrait, Herzl lui même relevant de cette Europe évoluée. Par la suite, c'est la population juive du monde arabe; à commencer par celle du Maghreb, qui rejoindra après la Seconde Guerre mondiale, le dit Etat d'Israel. On voit ainsi le destin d'un homme face à celui d'un "peuple". Rappelons cette formule de Jésus "je suis venu pour les brebis perdues de la maison d'Israel"(c'est à dire descendants de ceux qui s'étaient révoltés contre le pouvoir de la dynastie davidienne alors que Jésus, lui-même, était descendant du Royaume de Juda Autrement dit. le "chef" , le "guide" a un autre profil que les populations qu'il va entrainer. On pense à un autre héros juif, Karl Marx, né d'une famille juive convertie au protestantisme, qui sera au "marxisme" ce que Jésus "Christ" avait été au "christianisme". On ne saurait donc contester la judéité de ces héros juifs sous prétexte que leur message ne visait pas le monde dont ils étaient issus et au risque de choquer certains, Jésus nous apparait bel et bien comme le "héros juif" par excellence voué à impacter largement le monde. En ce sens, Jésus serait exemplaire et l'on pense à cette "Imitation de Jésus" , attribuée à Thomas a kempis, dont Pierre Corneille donnera une traduction au XVIIe siècle sur laquelle nous reviendrons dans une autre étude. Si l'on cerne assez bien ce que nous entendons par "héros juif" et les exemples ne manquent pas: un Baruch Spinoza, un Emile Durkehim, un Sigmund Freud, un Henri Bergson, un Albert Einstein, un Léon Trotsky, un Marc Bloch, un Léon Blum, un Pierre Mendés France, un Claude Lévi Strauss, un Edgar Morin, et il n'est pas question d'exclure un Jésus dit de Nazareth (INRI) d'une telle liste, quid, en revanche, de l'Etat Juif? On pense aux réflexions assez désabusées d'un Georges Friedann (Fin du peuple juif, Ed Gallimard, Collection Idées, 1964) à propos de la société israélienne de l'époque, il y a déjà 60 ans. Il est clair qu'il importe de dissocier ces deux face de l'identité juive, l'une collective, l'autre représentée par une minorité de fortes personnalités, dispersées (Diaspora) de par le monde et au fil des siècles, que l'on peut qualifier de "lumières".. Jésus aura montré l'exemple en allant au devant des non juifs. Il aurait végété en restant au milieu de ses semblables. Mais c'est peut être ce que les antisémites favorables au sionisme espèrent. Décidément, toute tentative de parquer les Juifs que ce soit à Auschwitz ou à Tel Aviv ne conduirait-elle pas à une forme de dépérissement, par delà la différence évidente des procédés?L'antisémitisme vise à décourager les Juifs de s'immerger hors de leur ghetto et Israel correspond à cette image du ghetto. Il y a beaucoup d'ambiguité par rapport à cette idée d'Etat Juif, y compris chez les protestants américains qui attendent le retour des Juifs en Palestine comme signe de la fin des temps (/https://www.cairn.info/revue-francaise-d-etudes-americaines-2014-2-page-77.htm) On sait par ailleurs à quel point les tensions liées à l'Etat d'Israel peuvent affecter la condition juive en dehors et donc hypothéquer une telle présence juive, notamment en France qui abrite une forte minorité arabo-musulmane à la suite de la colonisation française du Maghreb. En tout état de cause, nous pensons que sous le terme de "Juifs", l'on mélange allégrement les Hébreux et les Israélites alors que nous avons montré que le Livre de l'Exode, dès ses premiers chapitres, signale la différence entre Moise l'Hébreu et les Fils d'Israel qu'il ne rencontre qu'au chapitre III ainsi que leur dieu, Yahwé (Buisson Ardent) qui est le dieu de ces Israélites On pense à Jésus allant au devant des Galiléens en affirmant "Nul n'est prophéte en son pays", ce qui signifie que le prophéte doit s'exiler. Tout se passe comme si Herzl par le biais du sionisme était parvenu à separer le bon grain (les Hébreux) de l'ivraie (les Israélites). Ce nom d'Israel ne fait d'ailleiurs que se référer au nom d'une certaine région.(Eretz Israel), ce qui vaut aussi pour celui de Palestine, adopté de nos jours par les Musulmans alors qu'il était d'usage courant chez les Juifs avant l'Indépendance, on parlait alors de l'Agence juive pour la Palestine Sur le Web: "L'Agence juive (הסוכנות היהודית en hébreu) est une organisation sioniste créée en 1929 sous le nom d'Agence juive pour la Palestine pour être l'exécutif de l'Organisation sioniste mondiale en Palestine mandataire britannique. C'est Chaïm Weizmann qui en fut l'un des principaux initiateurs et dirigeant." Selon nous, les populations du Nord qui se rebellèret au lendemain de la Mort de Salomon ne comportaient pas de Juifs contrairement aux représentations biblique autour des 'Fils de Jacob"; C'était là une fiction syncrétique et d'ailleurs Jésus le reconnait, ce qui d'ailleurs donne précisément du sens à son action! JHB 25 03 24

mardi 10 août 2021

Jacques Halbronn Sur le traitement du Judenstaat de Theodor Herzl

Sur le traitement du Judenstaat de Herzl. Par Jacques Halbronn Il y a près de 20 ans, nous avions publié dans Prophetica Judaica, des documents concernant Theodor Herzl ( ed Ramkat 2002) –Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle. Nous nous proposons ici, avec le recul, de revisiter ce dossier notamment quant à la question de la chronologie des éditions et du titre français. Claude Klein écrit (L’Etat des Juifs, La Découverte, 2003, p. 7) : » La Première édition française suivit de quelques mois seulement l’édition originale. Elle parut dans la Nouvelle Revue Internationale en deux parties, la première le 31 décembre 1896, la seconde le 15 janvier 1897. Quelques semaines plus tard, cette même traduction paraissait en brochure séparée comme Extrait de la Nouvelle Revue internationale. Cette première traduction à l’impression très serrée ne couvre que quarante- trois pages. Curieusemenement, aucune indications n’est fournie quant au nom du traducteur » ‘ L’édition allemande date du 15 février 1896 : Der Judenstaat, Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage soit près d’un an avant la publication du texte en français sous le titre de l’Etat Juif. On peut se demander pourquoi Claude Klein propose une traduction française de l’allemand alors qu’il existe une tra-duction française d’époque, du temps de Herzl lui-même, qu’il aura probablement supervisée , la dite traduction ayant été reproduite dans notre édition de 2002 avec pour titre l’Etat Juif. Le probléme, c’est que la question de la traduction se pose à deux reprises dans le titre, ce qui conduit Klein à une cer-taine gesticulation : « L’Etat des Juifs. Contribution à une solution moderne de la question juif ». Donc dans un cas, on rend Judenstaat par « Etat des Juifs » et dans l’autre « Judenfrage » par « Question Juive ! Klein se garde bien sur la page de titre de mentionner le sous- titre quelque peu embarrassant. Il substitue en quelque sorte, de facto, le sous -titre d’origine en annonçant un ‘essai sur le sio-nisme ». Il est vrai que l’usage même du mot « solution » est génant,(Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage ) puisque cela fait songer à la « solution finale » des nazis. Endlösung. D’ailleurs, Claude Klein note (p. 6) que ce titre (Versuch einer Modernen Lösung der Judenfrage ) avait été choisi au départ par Herzl et restera comme sous- titre par la suite. Klein se garde bien de noter (p. 7) sous quel titre parut la traduction française d’ailleurs validée –par erreur ? - par Herzl lui-même lequel demeura à Paris un certain temps. Dans son journal, Herzl rcconnait qu’il lui aura fallu près d’un an (tout au long de 1896) pour « caser » la traduction française (L’Etat juif, suivi de Extraits du Journal, Préface de Moché Scharf, Ed Stock, 1981, p. 176) On peut penser que la forme « Etat Juif » posait moins probléme que « l’Etat des Juifs » si tant est que ce point ait été même évo-qué. Curieusement, la « Question des juifs » nous apparait comme « passant » mieux que la « Question juive » alors que l’Etat Juif « passerait » mieux que l’Etat des Juifs car ici « des » a la portée d’une possession, d’une appartenance. Se pose d’ailleurs la question du sens même du mot « Etat ». On pense à Vichy avec son « Etat Français » comme on dit « République Française » et non République des Français. Quant à Louis Philippe, il sera qualifié de « Roi des Français » et non roi de France. On connait la formule « la France aux Français » ou encore «Algérie Française. » Selon nous la qualification de l’Etat est déterminante et n’est nullement exclusive d’une certaine diversité des populations, ce qui devient restrictif sous la forme « Etat des Juifs », c’’est à dire « pour les Juifs » On sait d’ailleurs de quelle façons la question est devenue cruciale ces dernières années et peu compatible avec une ouverture. En ce sens, l’adjectif ‘Juif » se situe plus sur un plan philosophique alors que la forme « des Juifs » serait plus d’ordre ethnique.( cf Claude Raphael Samama, Réflexions nouvelles sur des questions juives . Du singulier à l’universel, Paris, ed. Maisonneuve & Larose, 2007) Ainsi, nous aurions tendance à traduire le titre de Herzl : l’Etat Juif, essai de solution de la question des Juifs ! 1. En fait, il convient de constater le mode de passage du français vers l'allemand et vice versal/ Pour dire « langue maternell e » en allemand, cela devient « Muttersprache », la langue de la mère et pour dire taches solaires, cela devient en allemand Sonnenflecke/ Dans les deux cas l'adjectif français est rendu en allemand par un nom et donc l'Etat Juit devient en allemand « Judenstaat », l'Etat des Juifs si l'on devait traduire littéralement tout comme l'on dirait – à tort- la langue de la mère ou les tâches du Soleil/ Tiergarten le jardin des animaux devient en français jardin zoologique, avec la formation d' un adjectif ais signe zodiacal. JHB 06 08 21