Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
mercredi 9 avril 2025
mardi 8 avril 2025
jacques halbronn Le Kadish et les questions chronologiques relatives au messianisme de Jésus.
jacques halbronn Le Kadish et les questions chronologiques relatives au messianisme de Jésus.
A l'occasion du XIXe Congrés Mondial des Etudes Juives (Université Hébraïque de Jérusalem) (4-8 Aout 2025) World Union of Jewish Studies https://www.jewish-studies.org
Le Kadish figure dans la liturgie du monde juif et l'on peut s'en étonner à plus d'un titre et se demander s'il ne serait pas éventuellement souhaitable de l'en éliminer en connaissance de cause ou bien, au contraire, d'en assumer en toute conscience les implications. C'est une telle ambiguité de la part de l'univers synagogal et rabbinique qui nous interpelle. Quelle relation les fidéles juifs entretiennent ils avec la "Maison d'Israel" et quelle relation le christianisme entend-il adopter avec la dite "Maison d'Israel"? On a l'impression d'être en présence d'un judaisme liturgique à la dérive, qui ne sait pas très bien où il va ni d'où il vient. Pourquoi, donc, avoir conservé un texte aussi étrange que l'on réprend chaque vendredi soir et chaque samedi matin dans toutes les synagogues, sous la houlette de la caste rabbinique qui officie et demande aux fidéles de le valider par un "Amen"? Ne se souvient on pas que Jésus avait nettement affirmé - ou en tout cas, c'est ce qu'on lui fait dire- qu'il visait avant tout, quant à sa mission, son engagement, cette "Maison d'Israél" (Mathieu XV, 24)? Il apparait, en tout cas, que cette référence - à moins que cela ne soit un point aveugle refoulé - pourrait bien être, quelque part, une interface entre Juifs et Chrétiens.
Pièces du dossier:
Lors de ses funérailles, "le cardinal Lustiger avait souhaité que ce soit son cousin, Arno, qui la prononce, ce qu'il a fait hier en soulignant que « le kaddish est une des rares prières dites en araméen, la langue du Christ ».
web
"Le kaddish,
C’est une prière traditionnelle juive qui fut composée quand la Judée était sous domination romaine. C’est un texte constitué de versets des Psaumes, de Job, de Daniel et d’Ézéchiel. Cette prière élève le nom divin et lui rend toute la gloire. Nous pouvons penser que Jésus et les apôtres, l’ont aussi dite de nombreuses fois…"
Extrait du Kadish
"Puisse-t-il établir son royaume de votre vivant et de vos jours et des jours de toute la Maison d'Israël, promptement et dans un temps proche; et dites, Amen." »
Evangile. Matthieu 15:24
Jésus répondit: Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël.
On débouche, de toute façon, sur une problématique chronologique. Rappelons que Moïse, dans sa relation avec les "Enfants d'Israel"- mais le Livre de l'Exode est certainement postérieur à la création du Royaume d'Israel, à la mort de Salomon -n'aura pas fait l'objet d'un culte, à la différence d'avec Jésus. On est en droit de penser que Jésus était au courant des attentes messianiques propres à la Maison d'Israel de son temps et qui se retrouvent dans le texte araméen du Kadish.
Début du Kadish: (traduit de l'araméen, langue pratiquée du temps de Jésus) Maison d'Israel et temps du Messie s'y cotoient:
Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom dans le monde qu’Il a créé selon Sa volonté,
et puisse-t-Il établir Son règne, faire fleurir Son salut, et hâter le temps du messie,
de votre vivant et de vos jours et des jours de toute la maison d’Israël,
dès que possible et dites : amen !
Selon nous, le message de Jésus est fortement impacté par la communauté à laquelle il s'adresse, à savoir la "Maison d'Israel" et les attentes qui l'imprégnaient de longue date.. Et c'est pourquoi l'on peut bel et bien se demander les raisons qui auront pu présider à une telle promiscuité à la fois entre Maison d'Israel et Maison de Juda, entre Maison d'Israel et Christianisme et donc engtre Christianisme et Maison de Juda -puisque Jésus en est issu de par sa naissance à Betlehem, où naquit le roi David, ce qui constitue une sorte de triangulation.
Il nous apparait en tout cas que la rédaction du Kadish est antérieure à la reconnaissance de Jésus comme Messie puisque le texte reste explicitement dans l'attente d'un tel avénement. Des textes plus marquants figurent dans le Nouveau TEstamen ne comporte d'ailleurs pas le Kadish! Dans l'Epitre aux Hébreux, au sein du canon néo-testamentaire, c'est à la prophétie de Jérémie (cg XXXI) qu'il est expressément fait référence autour de l'attente d'une Nouvelle Alliance qui se démarquerait sensiblement de l'Ancienne. Or, nous avons déjà précédemment, montré les liens entre le Shema Israel et le texte de Jérémie à propos de commandements "gravés dans le coeur" des Israélites. Mais il est ensuite question de placer ces commandements sur des poteaux, ce qui est contradictoire car si c'est gravé dans le coeur, cela n'a plus à l'être autour de soi! On reléve là une certaine ambguité
Traduction française Transcription Texte original
Écoute, Israël, l’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est UN. Shemâ, Israël, Adonaï Elo-henou, Ado-naï Ehad’
שְׁמַע, יִשְׂרָאֵל: יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָד.
Tu aimeras l’Éternel ton Dieu, de tout ton cœur,
de toute ton âme
et de tous tes moyens Veahavta ett Ado-naï Elo-hekha, bekhol levavekha,
ou bekhol nafchekha,
ou bekhol meodekha
וְאָהַבְתָּ, אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, בְּכָל-לְבָבְךָ
וּבְכָל-נַפְשְׁךָ,
וּבְכָל-מְאֹדֶךָ.ּ
Que les commandements que je te prescris aujourd’hui
soient gravés dans ton cœur Vehayou hadevaril ha’ele
acher Anokhi metsavekha hayom al levavekha
וְהָיוּ הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה,
אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם–עַל-לְבָבֶךָ ּ
tu les inculqueras à tes enfants, tu en parleras (constamment),
dans ta maison ou en voyage, en te couchant et en te levant. Vechinantam levanekha, vedibarta bam,
bechivtekha beveithekha ouv’lekhtekha baderekh, ou’bchokh’bekha ouv’koumekha
וְשִׁנַּנְתָּם לְבָנֶיךָ, וְדִבַּרְתָּ בָּם, בְּשִׁבְתְּךָ בְּבֵיתֶךָ וּבְלֶכְתְּךָ בַדֶּרֶךְ, וּבְשָׁכְבְּךָ וּבְקוּמֶךָ
Attache les en signe sur ta main,
et porte les comme un fronteau entre tes yeux Oukchartam le’ot al yadekha,
vehayou letotafot bein einekha
וּקְשַׁרְתָּם לְאוֹת, עַל-יָדֶךָ; וְהָיוּ לְטֹטָפֹת, בֵּין עֵינֶיך
Écris-les sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.
En conclusion, le Kadish nous apparait comme un stade antérieur, préparatoire, à la venue de Jésus, un chainon manquant entre Ancien et Nouveau Testament, absent de la Bible , mais présent dans la pratique synagogale qui se développa au lendemain de la destruction du Second Temple, autour de Yavné. On ne peut donc y voir une empreinte chrétienne, stricto sensu, ce qui serait anachronique. Mais la référence à la Maison d'Israel - aux Enfants (Beney Israel) d'Israel, notamment dans le Livre de l'Exode, met face à face un Moïse, envoyé pat Yahwé vers cette communauté, et un Jésus qui affirme sa priorité envers la Maison d'Israel. Dans la liturgie synagogale, c'est bien à la Sortie d'Egypte qu'il est fait référence et à la Tora, "donnée par Moîse" aux Enfants d'Israel.
Nouvelle Ambiguité, cette Tora est donnée aux Enfants d'Israel c'est à dire à ceux qui rejetèrent la maison de Juda et de David. Nous sommes donc bien face à un triangle et les Enfants d'Israel sont en situation d'interface par rapport au monde juif et au monde proprement chrétien, la Synagogue, elle même, au prisme du Kadish auquel elle semble tant attachée, tend à se trouver dans ce cas de figure, pré-chrétien, ce qui devrait interpeller les Amitiés judéo-chrétiennes.
JHB 08 04 25
lundi 7 avril 2025
jacques Halbronn La survivance de la maison d'Israel au delà de la fin du Royaume du même nom , jusque dans la liturgie judaique actuelle
jacques Halbronn La survivance de la maison d'Israel au delà de la fin du Royaume du même nom , jusque dans la liturgie judaique actuelle
La thèse que nous soutenons ici est la suivante; le message (La Bonne Nouvelle) porté par Jésus aura été marqué par la population à laquelle il s'adressa au départ, médium il aura laissé son empreinte contextuelle sur le dit message. Or, selon nous, la synaogue aura été impactée par cette première mouture et ce jusqu'à nos jours, comme on peut l'observer à loisir dans la littérature liturgique en circulation encore au XXIe siècle, cmmme nous l'avons montré par l'étude du Livre de Prière diffusé par le MJLF (Mouvement juif Libéral de France) Selon nous, non seulement, on trouve la trace; l'empreinte, la mention de la Maison d'Israel dans la liturgie shabbatique mais aussi une théologie distincte selon nous de celle du Judaisme. Dans le "Adon Olam", (Seigneur du Monde), on peut lire ce vibrant éloge d'un Dieu premier qui n'est pas celui du premier Chapitre de la Génése"
א בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ. 1 Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
ב וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ, וְחֹשֶׁךְ, עַל-פְּנֵי תְהוֹם; וְרוּחַ אֱלֹהִים, מְרַחֶפֶת עַל-פְּנֵי הַמָּיִם. 2 Or la terre n'était que solitude et chaos; des ténèbres couvraient la face de l'abîme, et le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.
ג וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים, יְהִי אוֹר; וַיְהִי-אוֹר. 3 Dieu dit: "Que la lumière soit!" Et la lumière fut.
ד וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-הָאוֹר, כִּי-טוֹב; וַיַּבְדֵּל אֱלֹהִים, בֵּין הָאוֹר וּבֵין הַחֹשֶׁךְ. 4 Dieu considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres.
comme celui exposé en tête des Dix Commandemts:א וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֵת כָּל-הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה לֵאמֹר. {ס} 1
Alors Dieu prononça toutes ces paroles, savoir:
ב אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, אֲשֶׁר הוֹצֵאתִיךָ מֵאֶרֶץ מִצְרַיִם מִבֵּית עֲבָדִים: לֹא-יִהְיֶה לְךָ אֱלֹהִים אֲחֵרִים, עַל-פָּנָי. 2 (1)
"Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, d'une maison d'esclavage. (2)
"Tu n'auras point d'autre dieu que moi." Il n'est pas dit qu'il n'existe pas d'autres dieux Dans les livres de prières il ne s'agit plus d'un Dieu s'adressant aux hommes mais d'une prière vers Dieu::
Adon Olam
Seigneur du monde, Dieu a régné avant
que rien ne fut créé. Lorsque Dieu créa
par Sa volonté du nom de roi Dieu fut
nommé (...= Quand je m’éveille, quand je
m’endors, je mets mon âme dans Sa main;
et je Lui donne aussi mon corps ; Dieu est
avec moi, Je ne crains rien.
(d’après Edmond Fleg)
Dans l'Epître aux Hébreux, (Nouveau Testament), on reprend des éléments de la Prophétie de Jérémie en lien avec La Maion d'Israel:
XXXI Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle.
VIII, 10 Car voici l'alliance par laquelle je m'allierai avec la maison d'Israël après ces jours-là, dit le Seigneur : en donnant mes lois, c'est dans leur pensée et dans leurs cœurs que je les inscrirai. Je deviendrai leur Dieu, ils deviendront mon peuple. Comment expliquer cette persistance; cette insistance, à se référer à la Maison d'Israel si ce n'est par le fait que Jésus s'est d'abord adressé aux "brebis perdues de la Maison d'Israel", à savoir une population en marge du monde juif tout en étant bien proche. On a quand même l'impression que tout comme pour le pentateuque, les Livres des Prophénes auront été- à l'instar du Livre de Jérémie, reconfigurés pour englober la 'Maison d' Israel".
C'est le cas aussi du Deutéro Isaïe (ch 45) se substituant à Ezra I :
א כֹּה-אָמַר יְהוָה, לִמְשִׁיחוֹ לְכוֹרֶשׁ אֲשֶׁר-הֶחֱזַקְתִּי בִימִינוֹ לְרַד-לְפָנָיו גּוֹיִם, וּמָתְנֵי מְלָכִים, אֲפַתֵּחַ--לִפְתֹּחַ לְפָנָיו דְּלָתַיִם, וּשְׁעָרִים לֹא יִסָּגֵרוּ. 1 Ainsi parle l'Eternel à son Oint, à Cyrus je l'ai pris par la main pour mettre les nations à ses pieds et délier les ceintures des rois, pour ouvrir devant lui les battants et empêcher que les portes lui soient fermées :
ב אֲנִי לְפָנֶיךָ אֵלֵךְ, וַהֲדוּרִים אושר (אֲיַשֵּׁר); דַּלְתוֹת נְחוּשָׁה אֲשַׁבֵּר, וּבְרִיחֵי בַרְזֶל אֲגַדֵּעַ. 2 "Je marcherai devant toi, j'aplanirai les hauteurs, je briserai les portes d'airain et abattrai les verrous de fer.
ג וְנָתַתִּי לְךָ אוֹצְרוֹת חֹשֶׁךְ, וּמַטְמֻנֵי מִסְתָּרִים: לְמַעַן תֵּדַע, כִּי-אֲנִי יְהוָה הַקּוֹרֵא בְשִׁמְךָ--אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל. 3 Je te donnerai des trésors enfouis dans les ténèbres, des richesses cachées dans des lieux secrets, pour que tu saches que je suis l'Eternel, le Dieu d'Israël, qui t'appelle par ton nom.
ד לְמַעַן עַבְדִּי יַעֲקֹב, וְיִשְׂרָאֵל בְּחִירִי; וָאֶקְרָא לְךָ בִּשְׁמֶךָ, אֲכַנְּךָ וְלֹא יְדַעְתָּנִי. 4 C'est en faveur de mon serviteur Jacob, d'Israël mon élu, que je t'ai appelé par ton nom, que je t'ai décerné un titre, bien que tu ne me connusses pas.
En 1978, lors de la création du CERIJ (Cercle d'Etude et de Rercherche sur l'Identité Juive), nous avions mis en garde contre les "modéles dominants"à savoir l'Etat d'Israel et le rabbinisme synagogal. Mais à l'époque, nous n'avions pas remarqué l'empreinte de la "Maison d'Israel" sur les livres de prières (sidour) . En fait, c'est le mot même d'Israel qui faisait probléme,à quoi pouvait correspondre une telle résurgence moderne d'un Royaume censé avoir été anéanti au VIIIe siècle avant JC?
Web:
" Le royaume d'Israël est conquis par les Assyriens en deux phases : ses territoires de l'est, du nord et de l'ouest sont amputés par Tiglath-Pileser III en 734, alors que Samarie, la capitale, succombe avec le reste du royaume au siège de Sargon II en 722. L'ancien royaume est transformé en quatre provinces assyriennes". Mais la "Maison d'Israël" lui aura remarquablement survécu puisque Jésus s'y réfère des siècles plus tard, y voyant là une mission à accomplir et à mener à bonne fin.
JHB 07 04 25
dimanche 6 avril 2025
jacques hallbronn Critique de liturgie juive autour du Ecoute Israel dans les Livres de prière. Le cas des Centuries
jacques hallbronn Critique de liturgie juive autour du Ecoute Israel dans les Livres de prière. Le cas des Centuries
Nous avons déjà abordé ce terrain des livres de prières à l'usage des synagogues et il s'agira par la suite de se demander à partir de quel moment les "Enfants d' Israel" auront littéralement envahi l'espace judaïque. Cette étude devrait contribuer à mieux appréhender l'émergence du christianisme à partir de cet "israélisme"/
Mais pour l'heure, on se contentera de traiter leur présence dans la littérature actuellement en circulation, notamment celle reprise dans l'édition propre au Judaisme libéral. Dans la partie intitulée "Bénédiction de la Tora" (pp. 112-115 du Siddour Taher Libénou (Ed MJLF 1997-2001), récitée sur un rythme hebdomadaire sans que les rabbin(e)s qui officient ne sourcillent, on peut lire:
"Eternel (Yahwé), notre Dieu, rends agréables les paroles de la Tora, à notre bouche et à celle de Ton peuple, la maison (Bayt) d'Israel (sic)puissions nous, nous et nos descendants et les descendants de Ton peuple, la maison d'Israel (sic), reconnaitre ton nom et étudier la Tora. Sois loué, Eternel, qui enseignes la Tora à ton peuple Israel" Plus haut, dans ces Bénédictions matiinales, on peut lire " Nous sommes la postérité de Jacob à qui tu assignas parmi les peuples une vocation sacrée; la comunaiuté d'Israel chargée de proclamer Ta souveraine Unité (...)Ecoute Israel, l'Eternel est notre Dieu, l'Eternel est un".
Il convient de souligner que l'on est ici en présence d'une occurence du fameux "Shema Israel" dans un contexte sensiblement différent de la lecture du texte intégral récité solennellement plus loin (p. 159) Or, l'on s'aperçoit que le dit texte du Shema reprend la formule des pages 112 et 113 où le contexte "israelite" est bien plus fortement prononcé..
Revenons à présent à la présence du "Shema" dans les Livres des Prophétes en reproduisant notre étude de 2021 :
"Jacques Halbronn Ezékiel comme source du Ecoute Israel
Il importe de bien prendre la mesure du Ecoute Israel qui est caractéristique du syncrétisme judaique.
Il est clair qu’Eézkiel ne s’adresse pas à la maison de Juda mais bien à la maison d’Israel
Dans Ezéchiel, ch. III, on emploie le même terme que dans le « Shéma Israel » à savoir le mot « Devarim ». C’est sous cette appellation que l’on désigne dans la tradition hébraique les Dix Commandements, Asséret Hadibroth.
« Fils de l’homme, debout! Va auprès de la maison d’Israël et communique-leur mes paroles. »
L’on traduit en français par « commandements » par l’ hébreu est bien « ehayou hadevarim ha’èlè
acher Anokhi metsavekha hayom al levavekha C’est le verbe DABER qui se retrouve dans les deux passages.
Que les commandements que je te prescris aujourd’hui
soient gravés dans ton cœurc
ב כִּי זֹאת הַבְּרִית אֲשֶׁר אֶכְרֹת אֶת-בֵּית יִשְׂרָאֵל אַחֲרֵי הַיָּמִים הָהֵם, נְאֻם-יְהוָה, נָתַתִּי אֶת-תּוֹרָתִי בְּקִרְבָּם, וְעַל-לִבָּם אֶכְתְּבֶנָּה; וְהָיִיתִי לָהֶם לֵאלֹהִים, וְהֵמָּה יִהְיוּ-לִי לְעָם. 32 Mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel: Je ferai pénétrer ma loi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple.
Ce texte du Shéma est également à rapprocher de Jérémie XXXI à propos de la Nouvelle Alliance: 3C’est dans leur coeur que je ‘inscrirai » C’est le verbe KOTEV qui se retrouve dans les deux passages
On parlera de syncrétisme quand les utilisateurs de ces textes n’ont plus conscience de l’origine et de l’enjeu à la base. Ezékiel s’adresse aux ennemis de la maison de Juda et rappelons que Jésus déclare être venu uniquement pour les brebis perdues de la
maison d’Israel. Que le mot ISRAEL en soit arrivé à désigner de nos jours les juifs est source de bien des confusions car l’on interpréte les propos d’Ezékiel comme s’adressant aux Juifs!!!
On notera l’accent mis sur le Verbe SHOMEA écouter dans Ezékiel Ch3 « Ils ne veulent pas m’écouter »..
ז וּבֵית יִשְׂרָאֵל, לֹא יֹאבוּ לִשְׁמֹעַ אֵלֶיךָ–כִּי-אֵינָם אֹבִים, לִשְׁמֹעַ אֵלָי: כִּי כָּל-בֵּית יִשְׂרָאֵל, חִזְקֵי-מֵצַח וּקְשֵׁי-לֵב הֵמָּה. 7 Mais la maison d’Israël ne consentira pas à t’écouter, car ils ne veulent pas m’écouter; car la maison d’Israël tout entière a le front rétif et le coeur endurci.
Signalons que le Deutéronome, le cinquiéme de Pentateuque - commence par « Devarim » et est désigné ainsi dans la tradition juive
א אֵלֶּה הַדְּבָרִים, אֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה אֶל-כָּל-יִשְׂרָאֵל, בְּעֵבֶר, הַיַּרְדֵּן: בַּמִּדְבָּר בָּעֲרָבָה מוֹל סוּף בֵּין-פָּארָן וּבֵין-תֹּפֶל, וְלָבָן וַחֲצֵרֹת–וְדִי זָהָב. 1 Ce sont là les paroles que Moïse adressa à tout Israël en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plaine en face de Souf, entre Pharan et Tofel, Labân, Hacéroth et Di-Zahab.
La confusion dans les esprits vient du fait qu’il est ici question de Moise s’adressant à Israel, ce qui se retrouve dans le Livre de l’Exode. Cela tient au fait que le Pentateuque est largement constitué, selon nous, d’un narratif marqué par les tenants de la maison d’Israel. Le rôle de l’approche « régénérative » est de remédier aux effets du syncrétisme."
Nos travaux autour des éditions centuriques (cf en 2011, in Revue Française d'Histoire du Livre) avaient mis en évidence la cohabitation au sein d'un seul et même recueil de textes appartenant à des camps opposés, ceux (Valois) de la Ligue (cf notre communication de 1997 au Colloque Prophétes et prophéties, Ed CNRS) et ceux du camp Bourbon, respectivement dans le premier (Centuries I - VII, introduites par la "Préface à César" et dans le second volet-(Centurie VIII, IX, X, introduites par une Epitre à Henry Second, s'agissant d'éditions des années 1588 1590 et seq)NOus avions montré en 2003 que certains quatrains annonçaient la ruine de Tours (IV, 46) alors que d'autres prophétisaient la fin de la maison de Lorraine (Norlaris) cf aussi notre ouvrage Papes et prophéties, Ed Axiome, 2005.
Du caractère partisan des Centuries
par Jacques Halbronn
Il y a bien des inconvénients à considérer les Centuries comme un ensemble d’un seul tenant et qui plus est prophétique, c’est que l’on est conduit à minimiser sinon à ignorer purement et simplement certaines contradictions qui ne s’expliquent, selon nous, que par la diversité de leurs auteurs.
A contrario, considérer les Centuries comme ayant été non seulement l’oeuvre de faussaires, mais de faussaires appartenant à des camps voire à des temps différents nous paraît singulièrement fécond.
Si, en effet, les Centuries sont prophétiques, elles peuvent annoncer indifféremment et successivement la victoire ou la débâcle des uns et des autres, puisque l’Histoire est faite de retournements. On ne s’étonnera pas alors qu’elles soient tantôt antijuives et tantôt judaïsées, tantôt pour les Catholiques contre les Protestants, tantôt pour les Protestants contre les Catholiques.
Notre expérience de la littérature prophétique nous enseigne tout à fait autre chose : que les prophéties sont récupérées voire retournées, qu’elles n’échappent pas aux clivages politico-religieux qui traversent les lieux et les temps. Ce qui signifie que la notion d’auteur en la matière est fictive et factice, le texte vivant de sa propre vie, alternativement au service des uns et des autres, et d’ailleurs s’il n’en était pas ainsi sa fonction sociale serait en question. Il n’y a pas de prophétisme sans cause à défendre ou à pourfendre.
Nous avons déjà souligné le rapprochement à faire entre l’antijudaïsme d’Antoine Crespin et certains quatrains des Centuries (comme VIII, 38, 52), consacrés à Avignon, ville pontificale où les juifs français s’étaient réfugiés au XIVe siècle et dont les relations avec le Royaume de France restaient complexes. Cet antijudaïsme nous semble assez peu compatible avec les ascendances juives de Michel de Nostredame, quand bien même serait-il de famille convertie et ayant lui-même écrit au pape Pie V. Mais on ne lui connaît pas de menaces contre le dit pape comme ne se priva pas de le faire le fameux Crespin Nostradamus.1
Mais nous voudrions nous arrêter ici sur le conflit qui opposa catholiques et réformés au cours de la seconde moitié du XVIe siècle. Selon nous, le premier volet des Centuries (I à VII) est à la solde des Catholiques tandis que le second volet (VIII - X) est à celle des Protestants. C’est ainsi que l’on trouve à la Centurie IV (quatrain 46, “Garde-toy Tours de ta proche ruine”) une attaque contre Tours, capitale des partisans d’Henri IV, sous la Ligue2 et l’annonce maintes fois répétée de la victoire de la maison de Vendôme (anagramme Mendosus) sur celle des Guise-Lorraine (anagramme Norlaris). Est-ce le même auteur qui aurait pris successivement, alternativement ou parallèlement, parti pour ou contre les deux camps ?
Toutefois, si l’on admet par ailleurs que Crespin aurait marqué de son antijudaïsme les centuries VIII - X, alors qu’il était par ailleurs farouchement dans le camp catholique, au point d’avoir pu inspirer la Saint Barthélémy3, il semble qu’il y ait contradiction.
Or, dans les passages que l’on peut identifier des quatrains dans la compilation de Crespin, Prophéties dédiées à la Puissance Divine (1572), on ne trouve trace des anagrammes, Mendosus et Norlaris. On notera que dans l’almanach pour 1562, au mois d’octobre - repris au n° 118, dans le Janus Gallicus où cet anagramme est décodé - on trouve un autre anagramme, Lorvarin (“Estre à l’escoute tacite LORVARIN“, majuscules dans le texte), ce qui peut sembler insolite : pourquoi Michel de Nostredame aurait-il recouru à deux anagrammes différents ? Tout se passe comme si les faussaires n’avaient pas repéré cette forme dans cet almanach et avaient conçu un anagramme de leur cru. Le Janus Gallicus explicite aussi la forme Norlaris : (VIII, 60) : “Norlaris, nom contourné de Lorrain, par lequel est entendu ledit duc de Guise” (n° 321). Le Janus Gallicus aborde donc les deux anagrammes du Lorrain, Norlaris et Lorvarin, sans se poser de question.
Nous en conclurons que ces termes sont apparus par la suite et ne figuraient pas dans l’édition utilisée par Crespin. Autrement dit, ce n’est que par la suite que les Centuries VIII - X auraient été récupérées par le camp réformé, à telle enseigne que les dites Centuries ne furent pas publiées à Paris, sous la Ligue, tant elles étaient, selon nous, marquées par le camp de l’adversaire. L’absence des Centuries VIII - X ne s’explique pas autrement et il serait pour le moins étonnant que les dites Centuries, sous cette même forme, n’eussent pas dérangé vingt ans plus tôt.
Si à l’époque on avait considéré que ces Centuries étaient bel et bien de Michel de Nostredame, les aurait-on ainsi exclues ? Bien entendu, par la suite, ces oppositions cessèrent d’être sensibles et l’on parvint à réunir les dix Centuries au sein d’un même ensemble, tout en maintenant une division marquée entre les deux volets.
Le fait que les éditions datées de 1568, comportant des mots en majuscules (par exemple premier quatrain de la Centurie VIII), disposent de références à Mendosus et à Norlaris, donc antérieurement à la compilation de Crespin de 1572, montre bien qu’elles sont antidatées.
Rappelons la liste des quatrains des Centuries VIII - X relatifs à ces deux familles rivales :
VIII, 60
Quatrain (VIII.60)
IX, 45
Quatrain (IX.45)
IX, 50
Quatrain (IX.50)
Et enfin un quatrain qui ne recourt même plus aux anagrammes !
X, 18
Quatrain (X.18)
Ce dernier verset de quatrain “en clair” montre à quel point le prophétisme est ici un prétexte pour une littérature de combat. On jette le masque !
Dans un travail consacré au prophétisme protestant français au XVIIe siècle4, nous avons montré l’importance accordée à l’An 2000. Et il nous semble devoir rapprocher de cette échéance le fameux quatrain à la comète :
Quatrain (X.72)
Ce qui confirme le caractère réformé des trois “dernières” Centuries.
Notre raisonnement est le suivant : les Centuries VIII à X, telles qu’elles figurent dans les éditions datées de 1568 appartiennent à une période plus tardive. En outre, en 1568, les Guises n’exercent plus le pouvoir qui fut le leur sous François II et Marie Stuart, leur parente. C’est sous la Ligue que les Guise joueront à nouveau un rôle essentiel, ayant même des prétentions sur la couronne de France, se voulant descendants de Charlemagne - rappelons l’assassinat du duc de Guise, à Blois, en 1588, sur ordre d’Henri III - et c’est pourquoi ils sont à ce point en ligne de mire des centuries protestantes.
Quand bien même admettrait-on, par extraordinaire, que Michel de Nostredame serait l’auteur de dix Centuries, l’on ne saurait envisager qu’elles se fussent présenté à l’origine avec cet élément polémique qui entache les prétendues premières éditions (1555, 1557, 1568).
On notera donc que les premières éditions, celles de 1555 et de 1557, ne comportent pas les éléments pro-Vendôme, elles auraient donc été réalisées à la demande du camp catholique, sous la Ligue. En revanche, le camp protestant n’aurait pas réalisé d’édition antidatée puisque la seule édition antidatée connue des Centuries VIII - X comporte aussi les premières Centuries qui menacent Tours. Il faudrait donc dater cet ensemble à dix Centuries au plus tôt de 1594. Ce qui n’exclue nullement une précédente édition à 1000 quatrains mais sans de tels éléments polémiques surajoutés.
C’est en fait, avec le Janus Gallicus que se trouvent enfin réunies, du moins dans le cadre d’un commentaire en français et en latin, les dix Centuries, c’est-à-dire lorsque Henri IV Bourbon, roi de Navarre (de la maison de Vendôme / Mandosus) l’emporte définitivement et se convertit au catholicisme en 1594 (“Paris vaut bien une messe”) : la boucle est bouclée, on s’achemine en 1598 vers l’édit de Nantes qui impose la tolérance entre les deux camps et ce n’est que dans un tel climat de réconciliation que l’on peut imaginer apparaître conjointement les dix centuries sous la forme que nous leur connaissons. Les éditions antidatées nous semblent donc souffrir d’un certain anachronisme.
On notera que dans le Janus Gallicus / Janus François, où il est fait mention du quatrain 46 de la Centurie IV (n°s 103 et 228), Tours n’est pas associé aux Réformés et n’apparaît pas comme une menace contre Henri de Navarre.
En ce qui concerne Mendosus, le Janus Gallicus commente curieusement ainsi (n° 300, sur le quatrain IX, 45) : “Les trois vers derniers, pour le moins les deux, ne sont de ce temps ains appartiennent à la Seconde Face de nostre Janus”. On ne nous décode pas l’anagramme. Cependant, l’auteur y reviendra dans une annexe rajoutée, “De l’Advénement à la couronne de France de Tres illustre et très généreux Prince Henry de Bourbon, roy de Navarre”, dédié à d’Ornano :
Sur la Centurie IX, deuxième quatrain :
“Le grand Vendomois (car en Mendosus est escrit Vendosme par un anagrammatique (sic) obtiendra le Royaume etc. ”
On y cite aussi la Centurie IX, 50 et surtout sur la Centurie X, 18 : “Que sa Majesté déchassera lesdits Princes Lorrains, cela est clair (...) par ce présage Centurie 10, quatrain 18 etc.”
Comme nous l’avons expliqué dans notre thèse d’Etat5, il semble bien que le J. G. ait été initialement conçu en faveur des Catholiques avant de basculer en faveur des Réformés, le commentateur ayant ainsi changé son fusil d’épaule.
L’addition au Janus Gallicus de l’Epître à d’Ornano symbolise bien un certain syncrétisme politique dont les Centuries portent les stigmates.
Jacques Halbronn
Paris, le 20 février 2003
Notes
1 Cf. notre étude sur le Site du CURA, sur la critique nostradamique. Retour
2 Cf. notre étude “Les prophéties et la Ligue”, Colloque Prophètes et prophéties au XVIe siècle, Cahiers V-L. Saulnier, 15, Paris, Presses de l’Ecole Normale Supérieure, 1998. Retour
3 Cf. notre ouvrage, Documents inexploités sur le phénomène Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002. Retour
4 Cf. “Pierre du Moulin et le thème du pape Antéchrist”, Colloque Formes du millénarisme en Europe à l’aube des temps modernes, Marseille 1998, dir. J. R. Fanlo et A. Tournon, Réforme Humanisme Renaissance, Paris, Honoré Champion, 2001. Retour
5 Cf. Le texte prophétique en France, formation et fortune, Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 2002. Retour
JHB 06 04 25
jacques halbronn Psychosociologie. Le roman policier: le héros détective. Sherlock Holmes, Hercule Poirot
jacques halbronn Psychosociologie. Le roman policier: le héros détective. Sherlock Holmes, Hercule Poirot
Il nous est apparu que le roman policier contribuait à forger l'image du Surhomme, daté de facultés supérieures, qui vient en quelque sorte sauver la mise, trouver la clef. Agatha Christie a été très loin dans la mise en scène d'un tel héros providentiel Notamment dans la nouvelle intitulée Cerberus parue au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, en 1947 mais déjà proposée à l'édition en 1940, au temps de la domination nazie.
wikipediia
"La Capture de Cerbère (The Capture of Cerberus) est une nouvelle policière d'Agatha Christie mettant en scène le personnage d'Hercule Poirot. C'est la 12e et dernière affaire des douze travaux d'Hercule Poirot, ayant trait à la capture de Cerbère par Héraclès.
Initialement rejetée par The Strand Magazine en 1940, une seconde version de la nouvelle a été directement reprise en recueil en 1947 dans The Labours of Hercules au Royaume-Uni et aux États-Unis. Cette version a été publiée pour la première fois en France dans la collection Série rouge en 1948, puis dans le recueil Les Travaux d'Hercule en 1966.
La version originale de la nouvelle est publiée pour la première fois en 2009 dans Agatha Christie's Secret Notebooks de John Curran, et en France en 2011 dans Les Carnets Secrets d'Agatha Christie." Considérons notamment ce passage (in Les Travaux d'Hercule, Ed Le Masque, 2023,pp/ 411 et seq) " Mais vous ne m'avez toujours pas dit, observa Hertzlein, comment vous m'aviez trouvé? Hercule Poirot sourit : C'était facile, du moins pour une personne ayant mes capacités intellectuelles'(...) Hertzlein demeura silencieux un moment: Finalement, il dit,d' une voix qui recélait de nouveau cette note émouvante, hypnotique. -Vous avez accompli une chose plus grande que vous n'en avez conscience. C'est ici le commencement de la paix...de la paix en Europe... de la paix dans le monde entier! C'est mon destin de guider l'espèces humaine vers la paix et la fraternité." Hercule Poirot murmura avec douceur : "Qu'il en soit ainsi". On voit de quelle façon Agatha Christie s'efforce d'intervenir dans le contexte de l'époque en faisant jouer à son détective un rôle clef. Ce Hetzlein est un Hitler ayant trouve son "Chemin de Damas". Cette littérature exaltant les hommes supérieurs aura certainement éveillé des vocations chez ceux qui ont pu s'identifier à l'un de ces détectives surdoués, dont les dons étaient précisément mis en évidence par des partenaires médiocres, tels que Watson ("Elementaire!) au près d'Holmes. C'est en vérité par la biais de cette littérature que la verticalité, la supériorité de certains par rapport au vukgum pecus, sera le mieux reçue.
JHB 06 04 25
samedi 5 avril 2025
jacques halbronn Les trois identités de Moïse dans le Livre de l'Exode
jacques halbronn Les trois identités de Moîse dans le Livre de l'Exode
La Bible met en scène la rencontre entre un homme et un peuple, le cas le plus remarquable est campé dans le livre de l'Exode, quand l'Hébreu Moîse est dirigé par "Yahwé" vers ceux qui se disent "Enfants de Jacob/Israel" L'on ne peut que noter une grande confusion, délibérée ou non, dans la lecture et l'interprétation de ce deuxiéme Livre du Pentateuque (qui est lu, par péricopes, en ce moment dans les synagogues). Si on examine le discours sur la "Sortie d'Egypte" (événement célébré annuellement à Pâques (Pessah), on se demande qui est concerné, les Hébreux ou les Beney Israel?
Exode XIII
א וַיְדַבֵּר יְהוָה, אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר. 1 L'Éternel parla à Moïse en ces termes:
ב קַדֶּשׁ-לִי כָל-בְּכוֹר פֶּטֶר כָּל-רֶחֶם, בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל--בָּאָדָם, וּבַבְּהֵמָה: לִי, הוּא. 2 "Consacre-moi tout premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les enfants d'Israël, soit homme, soit animal: c'est mon bien."
ג וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל-הָעָם, זָכוֹר אֶת-הַיּוֹם הַזֶּה אֲשֶׁר יְצָאתֶם מִמִּצְרַיִם מִבֵּית עֲבָדִים, כִּי בְּחֹזֶק יָד, הוֹצִיא יְהוָה אֶתְכֶם מִזֶּה; וְלֹא יֵאָכֵל, חָמֵץ. 3 Et Moïse dit au peuple: "Qu'on se souvienne de ce jour où vous êtes sortis de l'Égypte, de la maison de servitude, alors que, par la puissance de son bras, l'Éternel vous a fait sortir d'ici et que l'on ne mange point de pain levé.
ד הַיּוֹם, אַתֶּם יֹצְאִים, בְּחֹדֶשׁ, הָאָבִיב. 4 C'est aujourd'hui que vous partez, dans le mois de la germination."
Il n'est pas question du départ des Hébreux mais bien des Enfants d'Israel sous la conduite, certes, de l'Hébreu Moise (cf Exode ch. II et III) Au tout début du Livre de l'Exode, il est narré les persécutions des Enfants d'Israel mais au verset 15, il est question des Hébreux!
יג וַיַּעֲבִדוּ מִצְרַיִם אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, בְּפָרֶךְ. 13 Les Égyptiens accablèrent les enfants d'Israël de rudes besognes.
יד וַיְמָרְרוּ אֶת-חַיֵּיהֶם בַּעֲבֹדָה קָשָׁה, בְּחֹמֶר וּבִלְבֵנִים, וּבְכָל-עֲבֹדָה, בַּשָּׂדֶה--אֵת, כָּל-עֲבֹדָתָם, אֲשֶׁר-עָבְדוּ בָהֶם, בְּפָרֶךְ. 14 Ils leur rendirent la vie amère par des travaux pénibles sur l'argile et la brique, par des corvées rurales, outre les autres labeurs qu'ils leur imposèrent tyranniquement.
טו וַיֹּאמֶר מֶלֶךְ מִצְרַיִם, לַמְיַלְּדֹת הָעִבְרִיֹּת, אֲשֶׁר שֵׁם הָאַחַת שִׁפְרָה, וְשֵׁם הַשֵּׁנִית פּוּעָה. 15 Le roi d'Égypte s'adressa aux sages femmes hébreues, qui se nommaient, l'une Chifra, l'autre Poûa
טז וַיֹּאמֶר, בְּיַלֶּדְכֶן אֶת-הָעִבְרִיּוֹת, וּרְאִיתֶן, עַל-הָאָבְנָיִם: אִם-בֵּן הוּא וַהֲמִתֶּן אֹתוֹ, וְאִם-בַּת הִוא וָחָיָה. 16 et il dit: "Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous examinerez les attributs du sexe: si c'est un garçon, faites-le périr; une fille, qu'elle vive."
יז וַתִּירֶאןָ הַמְיַלְּדֹת, אֶת-הָאֱלֹהִים, וְלֹא עָשׂוּ, כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר אֲלֵיהֶן מֶלֶךְ מִצְרָיִם; וַתְּחַיֶּיןָ, אֶת-הַיְלָדִים. 17 Mais les sages-femmes craignaient Dieu: elles ne firent point ce que leur avait dit le roi d'Égypte, elles laissèrent vivre les garçons.
יח וַיִּקְרָא מֶלֶךְ-מִצְרַיִם, לַמְיַלְּדֹת, וַיֹּאמֶר לָהֶן, מַדּוּעַ עֲשִׂיתֶן הַדָּבָר הַזֶּה; וַתְּחַיֶּיןָ, אֶת-הַיְלָדִים. 18 Le roi d'Égypte manda les sages-femmes et leur dit: "Pourquoi avez-vous agi ainsi, avez-vous laissé vivre les garçons?"
יט וַתֹּאמַרְןָ הַמְיַלְּדֹת אֶל-פַּרְעֹה, כִּי לֹא כַנָּשִׁים הַמִּצְרִיֹּת הָעִבְרִיֹּת: כִּי-חָיוֹת הֵנָּה, בְּטֶרֶם תָּבוֹא אֲלֵהֶן הַמְיַלֶּדֶת וְיָלָדוּ. 19 Les sages-femmes répondirent à Pharaon: "C'est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme celles des Égyptiens, elles sont vigoureuses et avant que la sage-femme soit arrivée près d'elles, elles sont délivrées."
Or, Moïse nait d'une femme "hébreue" pour ensuite se voir donner pour mission de guider les "Israélides".(Exode III). Mais qui est esclave de Pharaon? Les Hébreux ou les Enfants d'Israel? Rappelons que le territoire de Madian où se trouvent les Enfants d'Israel se situe en marge de l'Egypte, à Madian et c'est là que Moïse était venu se réfugier en raison des poursuite dont il faisait l'objet. Ce sont les hébreux qui sont esclaves et non les Enfants d'Israel. Selon nous, Moïse est un" Adamite" né au sein du peuple "hébreu" et qui va devoir intervenir au sein du peuple "israélite": Autrement dit, nous aurions affaire à trois entités: les Adamites,les Hébreux et les Israélites. Les premiers ne constituent pas un peuple au sens strict du terme, leur présence s'inscrit dans le temps;. Les deuxiémes sont bel et bien un peuple asservi au sein d'un certain territoire, l'Egypte. Tout se passe comme si Moïse avait reçu deux missions successivement, l'une par rapport aux Enfants d'Israel qui l'ont accueilli, l'autre par rapport aux Hébreux qui l'ont vu naitre en leur sein. En fait, Moïse aurait trois identités: Adamite par le sang de sa généalogie, Hébreu par le sol de sa naissance, Israélite par sa mission à l'étranger.
On est tenté de rapproche Jésus de Moïse lequel, né à Bethléem, en Judée,dans des conditions assez mystérieuses (rôle des Rois Mages), qui conduiront le roi Hérode à s'en prendre aux premiers nés - du fait d'un recensement, d'où l'exil de sa mère et de son époux (qui n'est pas le père de jésus) vers l'Egypte, va en quelque sorte s'exiler en Galilée pour se charger des "brebis perdues de la Maison d'Israel", la Galilée étant en marge de la Judée tout comme Madian l'était par rapport à l'Egypte.
JHB 05 03 25
jeudi 3 avril 2025
jacques halbronnn Etudes nostradamiques Nouvelle approche des éditions centuriques datées de 1568. Préfaces et épitres recyclées
jacques halbronn Etudes nostradamiques. Nouvelle approche des éditions centuriques datées de 1568 . Préfaces et épitres ercyclées
Il importe de reconnaitre que certaines pièces du corpus Nostradamus n’ont été conservées qu’indirectement et qu’il nous manque , du moins jusqu’à nouvel ordre, certains documents originaux. C’est notamment le cas en ce qui concerne les épîtres adressées par Nostradamus à César, à Henri II et à Pie IV et cela impacte la bibliographie en question. Dans une précédente étude, nous avons expliqué que certaines références à une adresse de l’auteur à son fils, nouveau -né, César; notamment dans les Prophéties signées Antoine Couillard, (1556) ne prouvaient pas qu’il ait existé à cette date une édition des Centuries mais seulement une Préface à César qui aura été reprise pour réaliser une fausse édition 1555, trente ans plus tard (cf notamment le quatrain IV 46 marqué par le temps de la ligue (cf notre communication Colloque Prophétes et Prophéties, 1997,)https://editionsgrandeconjonction.blogspot.com/2022/01/jacques-halbronn-sur-limpact-de-son.html) Cela ne signifie pas pour autant que le texte d’origine ait été repris tel quel.
Mais le cas de l’épitre à Henri II est comparable à plus d’un titre, ce dont nous n’avions pas pris toute la mesure jusqu’à présent. Certes, nous avions soutenu que le second volet des éditions centuriques s’ouvrant par une épitre à Henri II avait remplacé une épitre de Nostradamus au pape Pie IV, en nous fondant sur les quatrains 77 et 78 de la Centurie VIII qui ne font sens que par référence à la dite épitre au souverain pontife, certes, nous avions publié la première épitre de Nostradamus au roi, figurant en tête des Présages Merveilleux pour 1557 (in Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Ed Ramkat 2002) où l’on pouvait observer le recyclage d’une première épitre au roi mais nous n’avions pas pour autant poussé notre réflexion assez loin car nous avions négligé la question des fausses éditions centuriques, Benoist Rigaud, 1568 (.https://www.qwant.com/?client=brz-moz&q=guinard++%C3%A9ditions+Benoist+Rigauf++1568&t=web) Or, c’est dans ces éditions comportant le second volet centurique que figure l’Epitre à Henri II.
Nos travaux consacrés à l’Epitre à Pie IV ont mis en évidence l’importance accordée à l’année 1567, date qui devait être celle, selon Nostradamus, de la naissance de l’Antéchrist (selon la dite épitre, cf notre récente étude sur Saint Marcellin). Nous avons montré que cette date de 1567 était la clef nécessaire pour comprendre un quatrain se référant à 57 ans, du fait de la date de 1594 fixée pour le couronnement du roi à Chartres.(voir notre étude sur le quatrain centurie VIII, 78 mentionnant 27 ans, ce qui correspond à 1567 + 27 = 1594. Mais il aurait fallu aller encore plus loin et rendre compte de cette année 1568 qui vient s’ajouter à la série 1555-1557 mais qui est postérieure à la mort de Nostradamus.. Il nous apparait, désormais, que le choix de cette année est lié à la naissance présumée d’un Antéchrist en 1567, selon l’Epitre au Pape.
Selon nous, il y aurait bien eu en 1568 une publication comportant la dite Epitre au Pape tout comme il y aurait eu une publication en 1555 comportant une Préface à César mais dans les deux cas, ces textes n’étaient pas suivis des Centuries telles qu’elles paraitront dans les années 1580-90. Bien plus, le second volet ne comportera pas l’epitre au Pape mais une nouvelle mouture de l’Epitre à Henri II, calquée sur celle adressée au roi dans les Présages Merveilleux. En effet, vers 1590, date de la première parution probable du second volet des Centuries, l’attente pour 1567 avait fait long feu, n’avait plus cours, et c’est vers la fin du XVIIIe siècle que l’on se reportera alors, avec le fameux passage sur 1792 – absent de la première Epitre au Roi, ce qui sera évidemment rapproché par la suite de la Révolution Française, par les commentateurs..
Il importe d'attacher une certaine importance aux interrelations entre prose et vers, car certains quatrains sont calqués sur certaines prédiction annnuelles en prose de Nostradamus : il s'agit des quatrains parus dans les almanchs et désignés dans les édtions "complétes", comme "présages"(bien que le terme désigne en princope le champ "prosaique", d'où le Recuei de présages prosaïques publié par B Chevignard (Seuil, 1999)
Selon nous, les préfaces ou épitres en prose ont pu également généré des quatrains repris en tête des seconds voles des éditions centurique, il s'agit d'une première mouture de la préface à César et d'une Epitre à Pie IV; respectivement dans les Centuries I et VIII.
C'est ainsi que nous avons pu montrer que la Centurie VIII avait accompagné l'Epitre au pape Pie IV en ce qu'elle lui emprunte, notamment dans les quatrins VIII 77-78 des motifs issue de la dite Epitre au Pape
JHB 04 04 25
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