Etudes de Critique biblique, astrologique nostradamiquej et linguistique.
dimanche 1 juin 2025
Maurice Ruben Hayoun La place et le rôle de la tradition orale dans le judaisme
La place et le rôle de la tradition orale dans le judaïsme…
Juin 8, 2018, 11:37 AM
Depuis les origines, depuis la proclamation de l’idée religieuse judéenne, le judaïsme a toujours eu deux sources auxquelles il s’est abreuvé : l’une est la Tora écrite, les vingt-quatre livres canoniques de la Bible hébraïque, la Tora shé bikhtav et la Tora orale, la Tora shé be’al péh (mot à mot, la Tora qui est sur la langue).
Donc qui n’est pas consignée par écrit mais transmise oralement de génération en génération. Si le statut de la première Tora n’a jamais été fondamentalement contestée dans le judaïsme, celui de la seconde l’a été, d’abord par les Saducéens dans l’Antiquité juive, puis par les Karaïtes lors du Moyen-Age, ces théologiens juifs avaient précédé le slogan latin sola scriptura ( l’Ecriture seule, et pas les commentaires prescriptifs de l’Eglise), et enfin par les adeptes de la réforme et du libéralisme dans le XIXe siècle allemand. Je renvoie sur ce point précis à mon ouvrage Le judaïsme libéral (Hermann Editeurs, 2016).
Je ne parle pas de l’Eglise chrétienne qui s’est, pour sa part, approprié le corpus dit vétérotestamentaire, tout en le vidant de son contenu positif, notamment tout le système juridico-légal de la Tora qui devenait superflu à la suite de l’apparition et du sacrifice de Jésus…
Donc, aux yeux de l’église chrétienne, la tradition orale n’avait aucune valeur contraignante. Ni même aucune légitimité. Plus tard, au Moyen Age, lorsque la théologie chrétienne se sera consolidée, il sera question du sensus judaicus senus carnalis (le sens juif est le sens de la chair), et donc pas de l’esprit.
Mais en quoi consiste au juste cette tradition orale qui accompagne toujours l’interprétation des versets de la Tora orale ? Il s’agit du vécu et du penser des maîtres de la tradition qui ont appris à interpréter les textes consignés par écrit. Or, on sait bien que la lettre fige, voire pétrifie ou tue alors que le verbe, la langue orale, vivifie et actualise.
On évitait ainsi un grave décalage entre l’écrit tel qu’il figure dans les Ecritures et l’évolution de la vie de tous les jours : au cours de l’évolution historique, certaines choses apparaissent qui n’étaient pas prévues depuis les origines. Par l’interprétation orale, on élargit le spectre de l’écrit pour une sorte de mise à jour ou à niveau.
Ce corpus d’interprétations orales ne devait pas quitter ce statut d’oralité. Il y avait dans la littérature ancienne un certain interdit d’écriture afin de ne pas donner au verbe humain, à l’intellect humain le même statut que celui de la Tora écrite, censée provenir du Ciel. Un passage talmudique concernant ce point est absolument clair : ce qui t’a été transmis par oral tu n’as pas le droit de le transmettre par écrit : ma shé nimsar lékha be al péh, eynekha rashaï le mossro bikhtav…
Comment, alors, en sommes nous parvenus à avoir ce volumineux corpus de traditions orales consignées par écrit ? La réponse est simple : ce sont les vicissitudes de l’Histoire juive, plus proche de la martyrologie que d’une Histoire nationale ou religieuse proprement dite, qui dictèrent cette transformation : pour sauver l’ensemble des lois de la Tora, censée en compter pas moins de 613 (taryag mitswot), pour préserver toute la tradition de l’oubli et de la disparition pure et simple, les Sages ont choisi d’enfreindre une seule loi, l’interdit d’écriture, dans le but de sauver tout le reste.
C’est ainsi que la tradition talmudique justifie ce qu’il faut bien nommer une révolution copernicienne : la mise par écrit des exégèses des Sages. C’est donc la détresse qui dominait toute l’Histoire juive au lendemain de la destruction du second Temple et de la mise à sac de Jérusalem, qui a transformé la nécessité en loi : il fallut consigner par écrit tous les enseignements des sages dans leurs académies, faute de quoi ils se seraient perdus entièrement.
Les deux plus anciennes tendances, probablement stylisées afin de camper ce que fut dans la vie concrète l’activité académique des générations, sont dénommées d’après le prénom de leurs fondateurs respectifs : Hillel et Shammaï. Et pour bien les mettre en évidence, on les a opposés l’un à l’autre.
La première brille par son humanité, sa tendresse et sa douceur, tandis que la seconde passe pour avoir été un modèle de rigueur et de dureté. Au point qu’aujourd’hui même, quand on dit qu’on défend un point de vue rigoriste, on se réclame de l’école de Shammaï.
On peut utiliser une métaphore hébraïque à son propos : Fiat justicia pereat mundus (Que la justice soit, le monde dût il en périr) ; en hébreu cela se dit : ykkov ha-din et ha ha-har: la loi percera même la montagne, s’il le faut…
Comment se présente cette tradition orale qui a donc perdu son oralité pour les raisons mentionnées ci-dessus ? Elle se révèle à nous sous la forme d’innombrables commentaires de la Tora écrite : d’un côté, on a des commentaires très sérieux, juridico-légaux, portant presque exclusivement sur le corpus juridique de la Torah, il s’agit alors des midrachim de la halakha (midréché halakha), œuvres de juristes chevronnés qui n’ont aucun sens da la fantaisie ; d’un autre côté, nous avons les midrachim plus abordables, qui mettent la Tora à la portée des plus simples. Il s’agit alors des midréché aggada, l’aggada étant un récit narratif qui vous plonge dans une situation concrète. Afin de rendre plus claire et moins abstraite la tradition.
Le Talmud va encore plus loin pour souligner l’aspect primordial de cette tradition orale faite de métaphores et d’images concrètes, en édictant le principe suivant : veux-tu connaître Celui qui a dit que le monde soit et le monde fut, alors apprends l’aggada (retsonekha la da’at mi shé amar wé haya ha olam ? Lemad aggada…)
On peut dire sans crainte de se tromper que l’aggada a horreur de l’abstraction ; elle opte entièrement pour la métaphore, pour la parabole, pour tout ce qui rapproche du réel ; elle bannit de son vocabulaire tout ce qui relève de l’intellectualisme pur. Et c’est probablement elle qui est à l’origine des récits paraboliques de Jésus conservés dans les Evangiles.
Lorsqu’elle veut visualiser un commandement, que ce soit un interdit ou au contraire un commandement positif, elle commence par dire ceci : A quoi cela ressemble-t-il ? Qu’est ce que cela peut bien signifier ? Et elle dit aussitôt ceci : pensez à un roi qui ordonne telle ou telle chose à ses sujets, etc… etc…
Voici un exemple encore plus terre-à-terre, sans que cette formule n’implique la moindre nuance péjorative : pourquoi donc la vache rousse a-t-elle des cendres aux vertus lustrales, c’est à dire purificatrices ? Certes, nous ne savons pas pourquoi il en est ainsi mais la tradition orale nous explique la situation : le veau d’or a causé un grave traumatisme dans l’histoire religieuse d’Israël. Il fallait laver cette souillure.
L’Aggada trouve la similitude suivante : Que se passe-t-il lorsqu’un enfant salit le palais du roi en y déposant ses excréments ? Eh bien, c’est sa mère qui vient nettoyer ce que son fils a souillé. De même, la vache rousse nettoie la faute du veau : c’est sa mère… Lui ne saurait être tenu pour responsable de quoi que ce soit !
Avec une telle explication si terre à terre, si triviale, les paysans incultes de Galilée comprenaient enfin le rapport entre le veau d’or et la vache rousse… Les savants de la science des religions ou des religions comparées ne seront probablement pas convaincus par cette solution mais voilà les pupitres des prédicateurs et des sermonnaires judéens des premiers siècles de l’ère chrétienne n’occupaient pas des chaires au Collège de France…
Mais cette tradition orale a suscité bien des controverses au sein même du judaïsme, et bien évidemment à l’extérieur aussi. Je vais me concentrer sur un exemple émanant d’un juif allemand qui en 1822 à Berlin a directement consacré une analyse à ce sujet portant sur les «débordements» de cette même tradition qualifiée d’arbitraire et de comportement parasitaire.
Cette critique que j’esquisse ici même provient d’un érudit nommé Lazarus Bendavid (1762-1832) et qui était aussi mathématicien. Faisant partie du célèbre Culturverein, cénacle culturel pour la renaissance juive, il y a prononcé une conférence sur la loi écrite et le loi orale. Voici ce qu’il dit en tête de son allocution.
L’arbre magnifique de la religion a été envahi par des parasites qui en ternissent l’éclat et nous font perdre de vue sa beauté et sa grandeur. Ces branches gourmandes ont rabougri les rameaux de cet arbre, en ont aspiré la sève et détruit le feuillage à l’ombre duquel une humanité réconciliée et fraternelle pouvait se reposer ; et qu’a-t-on fait pour y remédier ? rien du tout et parfois même moins que rien.
On contemplait ces excroissances avec une crainte révérencielle car on pensait qu’elles représentaient l’arbre lui-même. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pour la bonne raison qu’on n’osait pas s’en prendre à ces parasites car on ne savait pas faire le départ entre la loi écrite et la loi orale. La conséquence en fut l’impossibilité de définir l’essence du judaïsme lui-même.
Demain, je consacrerai mon article à l’analyse de cette étude de Lazarus Bendavid
à propos de l'auteurNé en 1951 à Agadir, père d'une jeune fille, le professeur Hayoun est spécialiste de la philosophie médiévale juive et judéo-arabe et du renouveau de la philosophique judéo-allemande depuis Moses Mendelssohn à Gershom Scholem, Martin Buber et Franz Rosenzweig. Ses tout derniers livres portent sur ses trois auteurs.
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« Le terrier de Franz Kafka »… Une étrange nouvelle
Juin 3, 2018, 10:28 AM
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Voilà une nouvelle de Kafka, la toute dernière avant sa disparition due à la tuberculose en 1924, qui m’a donné du fil à retordre, si l’on veut bien me passer cette expression. Après une lecture très attentive, tant la nature même de ce narrateur-constructeur m’a constamment dérouté, j’ai cherché à construire (je dis bien que c’est une construction intellectuelle de ma part, et peut-être absolument étrangère à l’esprit même de son concepteur) un ensemble intelligible, logique, à l’aide de références autobiographiques, disséminées dans le texte.
J’en ai trouvé quelques unes qui ramènent à deux éléments fondamentaux dans l’existence même de Kafka, et qui en appellent tant au conscient qu’à l’inconscient : sa judéité et sa maladie qui l’emportera en 1924 et qui fut diagnostiquée dès 1917. Je le souligne encore une fois : il se pourrait bien que je me trompe, mais je me demande aussi vraiment si Kafka a voulu respecter les normes d’une nouvelle, logique avec un début et une fin… D’ailleurs, le récit s’arrête de manière abrupte, sans avoir de fin… C’est donc une œuvre inachevée, comme toute œuvre humaine conditionnée par notre nature mortelle.
Encore un détail qui renforce bien involontairement mon désarroi d’interprète-commentateur : par le hasard des envois des éditeurs et l’ordre chronologique de mes lectures, avant de me mettre à l’étude du Terrier (traduction nouvelle par Jean-Pierre Verdet, Gallimard, 2018), j’avais achevé la lecture non moins intrigante de Thomas l’obscur de Maurice Blanchot (également paru chez Gallimard).
Je sortais donc d’un livre frappé du coin de l’imaginaire et du fantastique, des pensées morbides, mortifères de l’auteur, pour sauter dans un autre monde symbolique, kafkaïen, tout aussi pénible : j’allais donc de Charybde en Scylla… Cela m’a tellement affecté que j’ai renoncé à parler de cette longue nouvelle de Blanchot, en me promettant de réserver un meilleur sort à ses autres œuvres qui sont entre mes mains.
Revenons au Terrier. J’ai cru sentir, vers le milieu du récit, un changement de style, d’approche et même de sensibilité de ce narrateur, mi-homme et mi- animal. De quoi s’agit-il ? On nous présente un narrateur qui parle de son terrier car il ne vit pas sur terre mais sous terre où il s’est creusé un terrier afin d’échapper à tous ses ennemis, imaginaires pour la plupart , mais qui l’obsèdent de tout temps et justifient les précautions infinies dont il s’entoure, au point même de créer une fausse entrée de son gîte, une sorte de tapis de mousse visant à égarer d’éventuels intrus.
Sur plus de cinquante pages, c’est-à-dire une bonne moitié de l’œuvre, le narrateur-creuseur évoque son travail dans le terrier qui fait parfois figure de refuge, de place forte d’où personne ne pourra le déloger ; il présente aussi ses entrepôts regorgeant de carcasses d’animaux dont l’odeur embaume son gîte et dont il se repait à l’instar de tous les autres insectes qui chassent pour se nourrir.
Les galeries souterraines font penser à des dédales, des labyrinthes que le narrateur est le seul à bien connaître… Mais on se demande ce que signifient toute cette volonté, toute cette ardeur à creuser toujours un peu plus, comme si on voulait se couper définitivement du monde des hommes. Dont on n’attend plus rien : l’homme malade se sait condamné.
Voici, à présent, les différentes citations que j’ai relevées pour reconstruire un sens et tenter de percer au jour l’intention profonde de l’auteur. Je dois, cependant, rappeler quelque chose : Max Brod fut l’ami et le légataire testamentaire universel de Kafka, lequel l’avait prié de brûler toutes ses œuvres après sa mort…
Mais Brod s’est attiré l’inimitié et l’agacement des spécialistes de Kafka en raison de ses interprétations juives ou judaïsantes… Même un éminent spécialiste de Kafka comme Claude David, dont je fus jadis l’étudiant au département d’études germaniques, a contesté cette approche judaïsante de Brod… Selon moi, à tort, avec tout le respect dû à la mémoire d’un si grand spécialiste de la littérature allemande.
Une chose demeure incontestable : comme l’auteur se savait gravement malade et donc condamné, certaines déclarations se retrouvent presque automatiquement sous sa plume : Pour qui les vieux jours approchent, il fait bon avoir un terrier comme le mien, où se mettre à l’abri quand arrive l’automne (p.31). On a l’impression de lire les dernières volontés d’un homme qui se prépare à quitter le monde des vivants… L’automne c’est la saison où les arbres perdent leurs feuilles et pour les êtres humains c’st l’antichambre de la mort.
Certains critiques ont assimilé cette entreprise de creusement de galeries souterraines aux travaux d’écriture, au labeur auquel l’écrivain se soumet pour produire une œuvre : il creuse avec son front, son front ensanglanté par tant d’efforts, comme on peut le lire ici : J’étais heureux quand mon front était ensanglanté (p 33). Et quelques pages plus loin, Kafka revient sur cette image et y mêle l’idée même de Providence : Probablement parce que la Providence tenait à la conservation de mon front qui est un marteau-pilon particulièrement opportun (p.41).
On creuse avec son front. Voici une phrase qui avalise mon interprétation : Je m’égare un moment dans ma propre création (p.49)
Pourquoi ce vif sentiment de culpabilité ? C’est bien le thème central de l’œuvre de ce Juif pragois, employé par une compagnie d’assurance, lui qui n’était jamais sûr de rien et versait si facilement dans l’imaginaire.
Il sent peser sur ses épaules l’hostilité générale. Est ce une allusion à l’antisémitisme ambiant qui faisait rage à l’époque, n’épargnant personne ? Il faut bien trouver une raison à cette nécessité de vivre seul, barricadé derrière des mottes de terre où le moindre bruit, le moindre sifflement ou bruit vous met en alerte et fait que vous retenez votre souffle :
Le terrier m’offrait de bons moments au cours desquels je n’étais pas loin de me dire que l’hostilité du monde à mon égard avait peut-être cessé – ou pour le moins se calmait- ou que la puissance du terrier me dispensait du combat à mort que j’avais mené jusque là. Le terrier me protégeait peut-être plus que je ne l’avais jamais pensé ou que j’osais l’imaginer quand j’étais à l’intérieur… Cela étant, un effroi subit vous arrache à ces rêves enfantins. (p.55)
L’inévitable finit par arriver : le sentiment de solitude pèse à notre narrateur mi homme et mi animal. Ses sens sont aux aguets, (p.63 mais il ne vient personne et je suis réduit à dépendre de moi seul). Si vous êtes désespérément seul (Seul comme Franz Kafka, disait Marthe Robert), vous ne pouvez compter sur personne, aucune âme charitable ne viendra à votre secours en cas de besoin, aucun ami ne viendra à la rescousse.
De fait, le terrier a du bon mais il comporte aussi des failles : Si seulement j’avais quelqu’un en qui je puisse avoir confiance, que je puisse placer à mon poste d’observation, je pourrais alors bien sûr, descendre en toute tranquillité… Et pourtant, ce désir d’isolement dont on souffre à un moment donné n’en reste pas moins prédominant puisque l’auteur écrit ceci : Admettre volontairement quelqu’un dans mon terrier me serait extrêmement pénible (p.65) Car Le terrier et moi sommes étroitement liés (p.73).
Mais peut-on vivre éternellement sans contact avec personne ? On ne peut pas rompre tout contact avec le monde des hommes : J’ai changé d’endroit ; du monde d’en haut je suis venu dans mon terrier et j’en ressens sur le champ les effets (p.77)
Dans la citation suivante, je vois une allusion aux Juifs et à leur destin, même si le contexte renvoie aux petits insectes ou autres rongeurs dont parle l’auteur. (p.83) : Quel peuple perpétuellement actif et que leur assiduité est importune…
Cette déclaration reprend en termes plus choisis les défauts que les antisémites attribuaient aux juifs, dénonçant leur activisme dans tous les domaines, notamment culturels et économiques.
Nous avons à faire à un homme, le narrateur qui se sait condamné et dont la fin est proche. Quand il dit qu’il creuse, il signifie aussi qu’il lutte contre la maladie qui va l’emporter : n’est ce pas aussi une manière d’avoir enfin la paix ? Lisons cette citation : Alors, la paix y serait garantie et je serai son gardien. Mais justement une telle harmonie ne règne pas présentement et je dois être à mon travail, presque heureux qu’il soit désormais bien directement consacré à la place forte… (p.93).
Comment interpréter cette fausse joie, cette accalmie qui tarde à venir ? Est ce un désespoir de ne jamais voir arriver la rédemption tant attendue ? Car, au fond, quelle est la caractéristique majeure de l’époque messianique, sinon la paix, la paix univesrelle.
S’il croyait à une issue heureuse, Kafka ne serait plus Kafka : un grain de sable vient tout compromettre, Un bruit qui existe depuis toujours. Et c’est quoi, ce bruit ? Je pense que c’est l’antisémitisme, un mouvement irrationnel qui sévit depuis toujours comme le disait Théodore Mommsen.
A la fin de la nouvelle, Kafka en appelle à la raison, de manière presque désespérée : Si la raison doit revenir à l’honneur, elle doit y revenir pleinement. Il parle aussi de paix, ce qui est très révélateur : Quand je reviendrai, la paix retrouvée, je réparerai tout définitivement (p.105)
A l’évidence, le terrier ne saurait être ce havre de paix auquel aspire l’auteur : (p.129) Là du moins, je serai en paix, autant que la paix puisse régner encore ici.
Cette nouvelle retient encore par devers elle son secret, celui d’un homme de lettres qui vit dans son imaginaire, entièrement absorbé par sa création littéraire. Ne parle t il pas de son front, symbole de l’intelligence, comme d’un marteau-pilon ?
à propos de l'auteurNé en 1951 à Agadir, père d'une jeune fille, le professeur Hayoun est spécialiste de la philosophie médiévale juive et judéo-arabe et du renouveau de la philosophique judéo-allemande depuis Moses Mendelssohn à Gershom Scholem, Martin Buber et Franz Rosenzweig. Ses tout derniers livres portent sur ses trois auteurs.
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Dieu, quelle place dans la cité ?
Mai 31, 2018, 10:28 AM
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Veuillez noter que les publications sur la plateforme OPS & BLOGS proviennent de tierces personnes. Les opinions, les faits et tous les contenus médiatiques qu’elles contiennent sont présentés uniquement par les auteurs, et ni le Times of Israel ni ses partenaires n’en assument la responsabilité. Merci de nous contacter en cas d'abus. En cas d'abus,
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Tel est l’intitulé du colloque, organisé le 24 mai au soir, lors de la nuit de la philosophie, par Madame Paule Henriette Levy, la talentueuse directrice de le RCJ et responsable de l’action culturelle du FSJU. Il s’agit de la seizième édition de cette sympathique rencontre qui se tient à Aix en Provence, dans les locaux de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix en Provence, sous les auspices du centre culturel Darius Milhaud.
L’amphithéâtre universitaire où tous les orateurs ont parlé, est une ancienne chapelle aménagée pour ce nouvel usage mais tout en conservant de splendides peintures murales et une très bonne acoustique.
On conviendra aisément que le sujet – la place de Dieu dans la cité- était très vaste et que nous n’étions pas de trop pour tenter de la cerner : étaient présentes Mesdames P-H. Levy et Perrine Simon-Nahum, qui animaient les deux tables rondes qui se sont succédées, séparées par un buffet très bienvenu, offert dans la cour de l’Institut. Les participants étaient Messieurs Dan Arbib, Nicolas Baverez et Hakim Al-Karaoui.
L’auteur de ces lignes a eu l’honneur de prendre part à la première table ronde, en fait un agréable échange de vues avec Me Paule Henriette Lévy qui fut, aux côtés de la responsable du centre culturel juif d’Aix en Provence, la puissance invitante…
Comment parler de la place de Dieu dans la cité, près d’un siècle après le cri lancé par Fr. Nietzsche dans son livre, Ainsi parlait Zarathoustra qui parodie, comme chacun sait, le style biblique : Dieu est mort… Qu’est-ce qui se cache derrière cette formule à l’emporte-pièce et volontairement si provocante ? Que faut-il en déduire ?
C’est le terme d’un processus de désenchantement du monde (Entzauberung der Welt), d’une expulsion de Dieu comme l’autorité suprême de l’intelligibilité de l’univers, c’est une manière de rejeter la férule tyrannique de l’Eglise chrétienne, surtout catholique, car dans le cas de l’Allemagne, l’advenue de la religion évangélique a libéré les esprits et s’est caractérisée par une grande liberté dans la critique textuelle des textes bibliques et évangéliques révélés ou prétendus tels.
Dieu, considéré durant tout le Moyen Age de l’Europe chrétienne comme le créateur des cieux et de la terre, par sa simple volonté et son Verbe créateur à nul autre pareil, tandis que la science qui le constitue en objet, la théologie, se voyait promue au rang de reine des sciences : la critique de ce système est nettement perceptible dans la première partie du Faust de Gœthe, notamment dans le Prologue au ciel, où le héros, revenu de tout et ne croyant plus en rien, dit avoir tout étudié, toutes les sciences, y compris le droit et, pour couronner le tout, la théologie, censée donner un sens ultime, voire insurpassable au monde et aux hommes qui l’habitent.
Il était évident, et la seconde table ronde l’a amplement prouvé, nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes : mon exposé initial s’en est tenu à la philosophie, à l’histoire des idées et à la confrontation entre le pensée discursive et la Révélation, alors que la suite s’est focalisée sur les débats actuels au sein de l’hexagone autour de l’islamisme…
Or, comme le montre le dernier ouvrage de notre collègue Jean-François Colosimo (Aveuglements… Cerf, 2018), cette éclipse progressive de Dieu a commencé dès la fin du Moyen-Age, si célèbre pour sa tentative de faire de la philosophie grecque, revue et corrigée, la servante de la théologie, et donc l’asservissement de la spéculation philosophique à la foi religieuse, pour donner naissance à la scolastique ; pourtant c’est à cette même époque que la pensée gréco-arabe a permis à au moins un médecin-philosophe du XIIe siècle, Ibn Tufayl, de rédiger une épître de Hayy ibn Yaqzan (Vivant fils de l’éveillé), qui permet à un solitaire, né sans parents dans une île déserte, sans jamais avoir subi la moindre influence d’une tradition religieuse fondée sur une révélation divine, de parvenir à scruter efficacement les mystères de l’univers, d’en donner une description, fondée sur ses propres et uniques capacités intellectuelles… sans avoir jamais été catéchisé ou élevé dans une communauté religieuse.
Plus tard, même son jeune protégé, le grand Averroès (Ibn Rushd), l’auteur du fameux Traité décisif dira que la religion, donc la Révélation, est la première éducatrice de l’humanité. Sous entendu : ceux qui le méritent et savent le faire, finiront par s’émanciper du surnaturel et du miraculeux.
A la regarder de plus près, cette théorie précède de plusieurs siècles la thèse de G.E. Lessing dans son Education du genre humain (Erziehung des Menschengeschlechts). Il serait intéressant de voir s’il existe entre ces deux auteurs une relation de source à emprunteur…
Nous tenons avec cette belle épître, rédigée dans un style élégant et sobre, initialement traduite par Léon Gauthier, la toute première critique des traditions religieuses et de la notion même de Révélation. Jamais une telle entreprise n’avait eu lieu, jamais un sage ne s’était assigné pour tâche de se mesurer à un tel défi.
Qu’il l’ait ou non voulu, le sage musulman a ouvert la voie à l’idée même de critique des religions révélées et de leur message, sous forme de dictée divine ou comme une loi de même provenance. Cette épître est une sorte de manifeste humaniste qui, au milieu du XIIe siècle et au sein d’une communauté religieuse qui, de nos jours, pose tant de problèmes à l’Europe judéo-chrétienne, a dégagé un horizon absolument nouveau pour son temps : l’épître fut traduite en hébreu médiéval et le meilleur commentateur juif d’Averroès, Moïse de Narbonne (1300-1362) l’a commentée avec talent : toutes les copies de ce manuscrit, tant à notre Bibliothèque Nationale de Paris ou ailleurs dans le monde (Berlin, Munich, Leeuwarden, Oxford, Hambourg, etc…) comportent, en plus du texte de l’épître, le subtil commentaire de Moïse de Narbonne. Mais le monde chrétien, moins attentif aux productions philosophiques des milieux arabes ou andalous, a attendu quelques siècles avant de disposer d’une version latine procurée par Pococke (1604-1691)(Philosophus autodidactus) qui parla d’une Robinsonnade arabe.
Cette manière de donner congé à Dieu ne manquait pas d’élégance ; l’auteur ne mettait pas vraiment fin à la présence de Dieu dans la cité, ni dans sa cité (nécessairement musulmane), mais frayait une voie nouvelle à la sagesse orientale et promouvait une approche du divin, totalement autre. On est loin de la Cité de Dieu de Saint Augustin… C’est la hikma (hochma en hébreu) qui prenait le pas sur la falsafa (philosophie gréco-arabe). La sagesse est antérieure au savoir démonstratif.
L’époque de la Renaissance a représenté une étape importante dans cette évolution historique puisque la conscience européenne, affectée par les critiques de Spinoza et soucieuse de mieux comprendre ses assises théologiques et les sources qui les abreuvent, s’est lancée dans un vaste examen des langues anciennes… Elle ne voulait plus de commentaires des textes, inspirés par la foi religieuse mais les textes eux-mêmes, étudiés hors la présence des clercs.
Cette tendance a, comme on l’a dit plus haut, donné naissance à l’humanisme et à la Réforme de Luther (qui placarda ses thèses en octobre 1517 sur la porte de son église à Wittenberg) et qui bouleversa ainsi l’équilibre religieux des pays germaniques. Mais Luther et ses partisans ne récusaient pas Dieu en tant que tel mais simplement la vision que le catholicisme romain entendait en imposer.
Tout mouvement initial finit toujours par s’accélérer, qu’on l’ait ou non voulu : cet effort de sécularisation, de laïcisation, a fini par se développer au point de dominer le siècle des Lumières qui s’est construit contre Dieu et son régime sur terre, mais l’Aufklärung allemande est bien plus modérée que son corollaire français par exemple. Et notamment, en matière d’exégèse biblique. Un exception, peut-être : les Fragments d’un Anonyme (en fait un philosophe de Hambourg, Hermann Samuel Reimarus), publiés par Lessing en personne.
Mais l’Allemagne s’est abstenue de décocher les traits les plus violents contre la croyance religieuse, contrairement à ce qu’a fait Voltaire, par exemple. Aujourd’hui encore, des notions qui nous apparaissent, à nous Français, comme coulant de source ne sont pas perçues comme telles en Allemagne où la religion est encore et toujours une matière académique comme les autres…
Comme la société française a presque entièrement perdu son homogénéité sociologique, ce pays et sa laïcité se sont retrouvés, depuis une bonne décennie, confrontés à une contestation communautariste, essentiellement arabo-musulmane, qui ne se résout pas à cet exil de Dieu hors du monde. Les croyants ne veulent pas s’émanciper du surnaturel, du religieux ou du miraculeux… Autant de choses que la mentalité française ne parvient pas à admettre, depuis au moins la loi de séparation de 1905.
Mais les deux autres religions monothéistes se défendent pour conserver à Dieu de nombreuses prérogatives dans la cité. Pourtant, le discours religieux fait partie intégrante de la culture européenne. La Bible constitue l’humus irremplaçable de notre spéculation philosophique et ses commentaires juifs ou chrétiens ont irrigué les siècles.
Pourtant, on cite souvent ce passage talmudique où Dieu affirme en être lui-même réduit à la portion congrue dans cet univers qu’il a pourtant créé ; il se retranche, dit-il dans une légende talmudique, dans l’espace confiné séparant les deux chérubins du temple, l’un de l’autre.
La question divine revient sur le devant de la scène grâce ou à cause des revendications d’une certaine religion dont les adeptes sont devenus la seconde religion du pays. Mais même jadis, dans sa politique à l’endroit des communautés musulmanes de son empire (voir la brillante thèse de Madame Jalila Sbaï, La politique musulmane de la France, 2018) les différents gouvernements de la République ont tout fait pour corriger cette tendance qui leur apparaissait comme une sorte de déviance…
Le ministère des colonies et les autres institutions qui géraient l’empire français étaient d’avis qu’avec le temps on pourrait convertir tout ce monde aux idéaux laïcs et républicains. On connaît la suite…
Mais voilà, de nos jours, cette forte réaffirmation de la présence divine et de sa loi, se passe en France métropolitaine avec, non plus des sujets musulmans, soumis au statut de l’indigénat, mais des citoyens française à part entière, décidés à défendre leur vision ou leur conception du monde (Weltanschauung). Comment mettre fin à ces dissonances et rétablir une paix civile sans restriction aucune ?
En fait, il faudrait prendre des mesures fortes et intelligentes, respectueuses des croyances de chacun dans la mesure où elles n’entrent pas en collision avec la République qui a le dernier mot, insistant sur la complémentarité des cultures et non sur leur opposition diamétrale.
On a oublié que Maître Eckhart, le fondeur ou l’inspirateur de la mystique rhénane entendait démontrer la véridicité de sa foi chrétienne en se servant des écrits d’Averroès et de Maimonide, traduits en latin… Quel bel exemple d’universalité de l’intellect humain…
Ce problème de la coexistence dans un même état de populations d’origines différentes et régies par d’autres lois que les leurs, a déjà été évoqué dans la littérature talmudique. Il s’agissait de savoir si les enfants d’Israël devaient se soumettre aux lois des puissances étrangères d’occupation.
C’est un sage du IIIe siècle, un certain Samuel, qui émit un principe, formulé en langue araméenne et qui a fait couler tant d’encre et gaspillé tant de salive : Dina de malkhouta dina (Guittin, fol. 10b), la loi du royaume, c’est la loi. Etant entendu que ce royaume ne nous contraint pas à violer des interdits fondamentaux pour le respect desquels il vaut mieux trépasser que transgresser…
Dieu trouve toujours des voies d’accès que l’homme ne soupçonne guère. En somme, un colloque très riche, un public aixois très attentif et des intervenants de très grande valeur.
à propos de l'auteurNé en 1951 à Agadir, père d'une jeune fille, le professeur Hayoun est spécialiste de la philosophie médiévale juive et judéo-arabe et du renouveau de la philosophique judéo-allemande depuis Moses Mendelssohn à Gershom Scholem, Martin Buber et Franz Rosenzweig. Ses tout derniers livres portent sur ses trois auteurs.
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samedi 31 mai 2025
jacques Halbronn Astrologie Septénale. Le cap du changement de phase, tous les trois ans et demi. Les leaders féminin victimes du Din et les masculins du Hessed/
jacques Halbronn Astrologie Septénale. Le cap du changement de phase, tous les trois ans et demi. Les leaders féminin victimes du Din et les masculins du Hessed/
En 1973, ce fut le choc de la Guerre du Kippour, avec Golda Meir comme Première Ministre de l’Etat d’Israel.
Sur le web
« Golda Meir était une immense politique de la génération des pionniers. Inflexible, dure, morale, ascétique. Elle trébucha sur la guerre du Kippour qu’elle n’avait pas vue venir, alors que tout lui permettait de la prévoir » Or, à l’automne 1973, Saturne passait dans le signe cardinal du cancer, ouvrant une phase Din (« Jugement ») laquelle a pour effet de révéler des manques. En 1967, au lendemain de la Guerre des Six Jours, avec Saturne en bélier, ouvrant une nouvelle phase Din. La restitution des territoires gagnés alors n’aura pas été assumée, au nom notamment de la Sécurité et Golda Meïr a poussé fortement dans ce sens. Deux tâches dans son parcours politique liées chaque fois à l’entrée de Saturne dans une période « Din ».
Si l’on considère le cas d’Emmanuel Macron, c’est en période « Hessed » (Grâce) qu’il va se planter , fin juin 2024, avec la dissolution de l’Assemblée National qui lui fera perdre sa majorité relative. Saturne est en Poissons et il le reste jusqu’à l’approche du printemps 2025 quand Saturne va parvenir au bélier, profitant de la désorganisation de l’opposition, le PS ne votant plus de motion de censure.
Sur le web
4 févr. 2025 — Le patron des socialistes, qui refuse de censurer le gouvernement, estime être « guidé par l’intérêt général » » On observe que la phase Hessed est défavorable aux leaders masculins tandis que la phase Din nuit aux leaders féminins/(cf supra) Prenons le cas de Margaret Tatcher, en GB
web
»Trois candidats briguent la succession de Mme Margaret Thatcher à la tête du Parti conservateur, et donc du gouvernement britannique : MM. Michael Heseltine, ancien ministre de la défense ; Douglas Hurd, secrétaire au Foreign Office et John Major, chancelier de l’Echiquier. Les députés tories voteront mardi 27 novembre. D’ici à cette date, Mme Thatcher, qui a informé la reine Elizabeth de sa décision de démissionner, reste premier ministre. Après cette démission, les partisans de l’Europe espèrent un infléchissement de la position britannique, comme l’a déclaré M. Roland Dumas »
C’est l’époque du Mur de Berlin en 1989. Saturne est dans le signe cardinal du capricorne à l’instar de sa position dans un autre signe cardinal, le bélier (cf supra). En janvier 1983, Mitterrand assume le tournant de la rigueur. Or, Saturne est en phase Din (souvent liée à l’idée de rigueur dans la Kabbale)au tout début du signe fixe du Scorpion, qui prolonge pendant sa première moitié la dite dynamique Din. En 1972, avec Saturne en phase HEssed (Gémeaux), c’est le programme commun de la gauche que promeut Mitterrand, aux côtés de Georges Marchais (PC) Ce n’est pas sans faire penser à l’alliance entre Olivier Faure (PS) et Jean Luc Mélanchon (LFI), sous le signe des Poissons, en 2022-24 à 50 (7×7=49) ans de distance. L’intervalle d’un multiple de 7 restitue le même climat. Inversement, un écart de 3 ans et demi conduit à une situation inversée.
JHB 31 05 25
mercredi 28 mai 2025
ARCA REVUE
Arca Revue - Nouvelles importantes
Yahoo/Boîte récept.
Expéditeur :antoine@arca-librairie.com
À :halbronn@yahoo.fr
mar. 27 mai à 18:22
Chers amis, croyants, chercheurs, bibliophiles,
Nous sommes heureux de vous annoncer plusieurs nouvelles importantes :
Souscriptions pour le numéro 7 de la revue ARCA
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Souscription ouverte pour le n°7 de la revue ARCA
Le septième numéro de la revue ARCA est prêt à être imprimé ! Les souscriptions sont ouvertes jusqu’au 2 juin au tarif préférentiel de 15 € (20 € après cette date).
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Pour souscrire, merci d’envoyer un e-mail à info@arca-librairie.com avant le 2 juin
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Les anciens numéros sont également disponibles en version papier au prix de 20 € l’exemplaire.
Table des matières du n°7 :
Éditorial (O. Dapsens)
Lettres d’Emmanuel d’Hooghvorst à Bryan Quarles (2) (A. d’Aligny)
Lettres de Charles d’Hooghvorst à Rodolphe d’Oultremont (M. F. et S. d’Hooghvorst)
Guide pratique de la quête de Dieu (L. et A. de Lophem)
Précis d’anatomie sacrée (R. Dechambre)
Le Message Retrouvé et les grandes questions existentielles (C. Colignon, C. Jestaedt)
Quelques considérations sur les Aphorismes (A. Forget)
L’Évangile selon saint Jean (3) (O. Dapsens)
Le Phénix (H. Feye)
Le Message Hermétique Retrouvé expliqué par Philalèthe (Ch. d’Hooghvorst)
Saisir la chevelure dorée du Seigneur (E. Feye)
Moïse à la pêche – Coran XVIII, 60-65 (Géant Vert)
Présentation des couleurs alchimiques (Adel Chamir)
La Révélation (J. S. Le Forestier)
La Foi (Amir Al Nahl)
La Fontaine de Jouvence (E. Feye)
La Montagne (Ch. d’Hooghvorst)
De la nécessaire dissolution (Énéide I, 81-101) (A. Feye)
Genèse et symbolisme de la lettre hé (Adel Chamir)
Le Livre de la Jungle (A. Feye)
Interview sur Louis Cattiaux (R. Soulié et S. Feye)
Diane et Actéon (M. Anne)
Le sens des mots (A. de Meeûs, éd.)
Bibliographie hermétique (A. de Lophem)
Nouveau site internet de la revue ARCA
Notre revue dispose désormais d’un site dédié :
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Sur ce nouveau portail, vous trouverez gratuitement :
Un vaste espace documentation avec articles, livres, anciens numéros de la revue en téléchargement libre, dont une section pour néophytes (débutants)
Le glossaire et le dictionnaire hermétique, enrichis et mis à jour
Une concordance complète du Message Retrouvé
Un cours d’hébreu biblique et de cabale (en direct à partir de septembre 2025)
Des sessions d’études participatives, conférences, interviews à venir, etc., diffusées en direct sur YouTube autour de l’hermétisme, des œuvres de Louis Cattiaux et d’Emmanuel d’Hooghvorst.
Pour être tenu informé, pensez à nous suivre sur Facebook et YouTube — nous n’enverrons pas systématiquement de mails.
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Nous espérons que ces initiatives aideront les croyants et chercheurs d’ici et d’ailleurs dans leur quête.
Bonnes lectures et au plaisir de vous retrouver. Antoine de Lophem
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dimanche 25 mai 2025
jacques halbronn L'astrologie comme antidote au "républicanisme laïc" ainsi qu'à la Charia islamique
jacques halbronn L'astrologie comme antidote au "républicanisme laïc" ainsi qu'à la Charia islamique
Selon nous, la devise républicaine(Liberte, Egalité, Fraternité) reléve de l'esprit "Hessed"(cf nos textes sur l'Astrologie et le sefiroth) et se confronte cycliquement à l'esprit "Din". Quant à la Charia, elle correspond en son principe aux valeurs "Din" si ce n'est qu'elle n'est pas capable de les formuler correctement, pas plus que le christianisme quand il entend traiter de la "Nouvelle Alliance" (Jérémie XXI, Epitre aux Hébreux) ou le Judaisme autour des "Dix Commandements"..
Entrant, en juin, en phase Din, n'est ce pas le moment pour dénoncer un certain nombre de faux semblants incarnés par les diverses religions "monothéistes" et de rendre à César ce qui est à César, en replaçant l'astrologie au centre du jeu. On dira que l'Islam a raison de revendiquer une dualité avec les valeurs de la 'République". Comme dit l'Ecclésiaste, chaque chose en son temps. Il y a un temps pour observer les vraies lois divines venus d'en haut et un temps pour observer celles, créées par les sociétés humaines, qui émanent d'en bas. En alternance.
Le problème, c'est que les lois qui viennent d'en bas se présentent volontiers comme émanant d'en haut dès lors que l'on ne se référe pas explicitement à la "bonne" Astrologie, la septénale. Pour actionner les valeurs "Din", il faut faire appel à des gens particulièrement compétents et programmés génétiquement alors que pour les valeurs "Hessed", c'est la masse, la quantité et non plus la qualité, qui l'emportent, grâce aux anticorps appropriés. Il ne s'agit pas cependant de dépendre de quelque texte que ce soit mais de savoir reconnaitre et préserver le petit nombre de "Justes" au sein d'une société -cf le débat entre Dieu et Abraham sur le sort à réserver à Sodome (Genése)
Donc, l'Islam va trouver sur son chemin une "nouvelle" Astrologie.(pas celle de Lisa Morpurgo) porteuse d'une exigence du respect du temps., en connaissance de cause et c'est elle qui est la mieux placée pour neutraliser la Charia de l'Islam en en montrant les insuffisances par delà la question du cycle hebdomadaire que chacune des religions dites monothéistes met en avant.
JHB 25 05 25
samedi 24 mai 2025
jacques halbronn Dialectique antisémitisme/antisionisme au prisme de l'astrologie septénale
jacques halbronn Dialectique antisémitisme/antisionisme au prisme de l’astrologie septénale.
Nous distinguerons deux types de juifs, le type Hessed et le type Din, deux catégories de notre Astrologie septénale. L’un tend vers le sionisme, l’autre vers la présence diasporique. En phase din, le sionisme est ma vu, en phase hessed, le diasporisme est rejeté. Il est possible de calculer très exactement le passage d’une phase à l’autre, en rapport avec le passage de la planéte Saturne sur les axes saisonniers (équinoxiaux/solsticiaux). Le passage s’effectue avec Saturne à 15° de l’un des 4 signes fixes, tous les 3 ans et demi (28/4/2). Il y a quelques bases à acquèrir mais rien à voire avec le labyrinthe de l’astrologie « généthliaque », du thème astral.(consulter les éphémérides sur le web astro-institut ou Dame de trefle)
En novembre 1947, lorsque l’ONU accorda aux Juifs une partie de la Palestine mandataire, Saturne se trouvait au début d’une phase Hessed,à la moitié environ du signe fixe du Lion. En 1941, une précédente phase Hessed, avec Saturne à la mi-Taureau) avait conduit à la « solution finale ».
Quel rapport demandera-t-on entre ces deux périodes? Dans les deux cas, un rejet du diasporisme juif, de l’immersion juive parmi les nations. Deux solutions: leur extermination ou leur ghettoïsation,leur exfiltration aussi loin que possible. Rappelons qu’un Edouard Drumont, l’auteur de la France juive, saluera la parution de l’Etat Juif de Theodore Herzl. Le sionisme serait donc compatible avec l’antisémitisme et l’antisémitisme servirait de facto les interêts du sionisme, un fait connu et reconnu.
Inversement, en phase Din – comme c’est le cas pour la phase qui vient à présent, c’est le sionisme qui est diabolisé alors que la dispersion, l’immersion des juifs au sein de la Société ne ferait pas problème. Chacun de ces courants fait probléme, à tour de rôle.
Mais selon nous, le monde juif est constitué de deux populations de nature différente. Les Juifs d’en haut, notamment dans la sphère publique, seront visés par les mesures « antijuives » du régime de Vichy, bien plus que ceux d’en bas qui ne constituent pas un enjeu significatif. Dans un second temps,( celui de la Solution Finale), en 1942, avec la Rafle du Vel d’Hiv, ce sont les juifs du tout venant qui seront cette fois massivement interpellés et déportés, avec l’aide des fiches de l’administration, ce qui conduira au port obligatoire de l’étoile jaune;.
Historiquement, un tel clivage se manifeste à la mort du roi Salomon et la création d’un Etat d’Israel, face à un Etat de Judah (autour du temple de jérusalem), la Bible est traversé par un tel clivage( on se reportera à nos études à ce sujet) En fait, la création de l’Etat du Nord est le fait de populations locales vassalisées par les envahisseurs, instaurant une aristocratie, à l’instar de ce qui se produira au XIe siècle après JC lors de la conquête normand. On dira que les Juifs »Din » sont les descendants génétiques d’une telle aristocratie, habituée à être minoritaire et toutefois dominante. C’est dire que le sionisme n’attirera finalement, durablement (et non pas ponctuellement) que les descendants des populations colonisées des millénaires plus tôt. On doit également inclure dans ce groupe les habitués des synagogues. En 1978, nous avions fondé le CERIJ (Cercle d’Etude et de Recherche sur l’Identité Juive) en opposition au grégarisme tant synagogal qu’israélien, à la suite d’une expérience dAlya entre 1968 et 1969. Il est vain de rechercher à voire une entité d’un seul tenant dans le monde juif et d’ailleurs, il y a une forme d’incompréhension entre ces deux volets dont les tenants se rejettent volontiers la responsabilité des affres de la condition/identité juive. En juin 1967, De Gaulle dressera un portrait sévére des Juifs en tant que peuple, au lendemain de la Guerre des Six Jours, alors que l’on est en phase Din, peu favorable à un tel rassemblement . Au lendemain de la Révolution Française, Clermont Tonnerre rejettera l’idée d’une « nation » juive alors qu’il accueillera les Juifs en tant que citoyens à part entière.
JHB 24 05 25
mercredi 21 mai 2025
jacques halbronn Astrologie. Discours de la Méthode
jacques halbronn Astrologie. Discours de la Méthode
En 1976, il y aura sous peu 50 ans, nous avons publié dans la revue féminine Cosmopolitan (dir Juliette Boisriveaud) un gros dossier intitulé 'Astrologie Sensorielle".
COSMOPOLITAN FRANCE 1977 RITA TELLONE CLOTILDE RAQUEL WELCH FASHION BEAUTY RARE | eBay Nous proposions des tests liés aux 4 sens (ouie, odorat, vue, gout) associés à 4 planétes - Mars, jupiter, Saturne et Uranus dont nous fournissions des courbés basées sur les aspects du Seleil avec l'une de ces 4 planétes. On était encore loin de l'Astrologie selon Saturne, direction que nous prendrons au début des années 90.
La méthode préconisée, à l'époque, ne partait pas des courbes astrologiques mais bien d'un critère sensoriel. Pourtant, ces courbes, nous les présentions mais elles n'étaient pas censées constituer un point de départ. Or, en astrologie, il faut passer par le calendrier mais non pas pour ériger le thème natal, une fois pour toutes, mais pour établir un certain profil de vie non pas personnel mais que nous partageons avec autrui, ce qui permet de faire des statistiques. Michel Gauquelin aura été, comme Barbault, un précurseur avec ses limites.
D'où la question que nous posons ici d'un "discours de la méthode" (cf Descartes, qui, d'ailleurs, dans son texte, s'en prenait à l'Astrologie au début du XVIIe siècle, siècle que nous qualifierons de siècles des critiques, précédant le XVIIIe, dit "siècle des Lumières" (cf notre post doctorat 2007 sur la naissance de la critique nostradamique)
Selon nous, il faut partir d'un modéle astrologique bien défini, bien repérable à l'instar d'un phare au milieu des ténébres. Autrement dit, l'astrologie n'est pas un point d'arrivée mais de départ car elle offre une certaine simplicité dès lors qu'elle s'articule sur un schéma clairement établi. Clarté des périodes, clarté de leur signification.
Or, force est de constater que l'astrologie mondiale, qui devrait montrer l'exemple, que l'on étudie les ouvrages d'un André Barbault ou à sa suite d'un Charles Ridoux, en est arrivée à partir des événements pour mettre en avant telle ou telle configuration astrale et non l'inverse.
Certes, l'on peut comprendre que d'aucuns puissent être tentés par une telle "méthode et s'imaginer que c'est ainsi que l'astrologie aura pu, peu à peu, se constituer. Avec une telle méthode, plus on dispose d'une panoplie imposante de possibilités, de combinaisons, mieux cela vaudra puisqu'il y aura toujours un "match" en perspective!
Or, pour notre part, nous pensons l'inverse, à savoir que l'astrologie doit jouer cartes sur table avec des catégories immuables, fixées une fois pour toutes et donc éminemment prévisibles alors que l'on ne sait jamais ce qu'un astrologue ordinaire va tirer de son chapeau! Mais cela correspond à une phase de maturité de l'Astrologie , finis les tâtonnements de l'enfance! Ce n'est pas l'astrologie qui doit chercher à sa valider en montrant qu'elle n'est jamais à court d'explications mais c'est au monde de s'aligner sur une certaine astrologie. L'astrologie doit signaler des temps forts, des temps de bascule à respecter, déterminer des bornes de temps. Avant l'heure, après l'heure, les comptes à rebours exigeant une grande précision dans l'action. Faute de quoi, on agira et réagira avec retard, ne sachant ni quand commencer, ni quand arrêter. L'astrologie donne des antennes même si elle agit en nous.
Encore faut-il souligner que telle phase (dite Din en Astrologie Septénale) concerne une élite de personnalités alors que telle autre (dite Hessed) concerne le vulgum pecus, la masse. Comme dit l'Ecclésiaste, il y a un temps pour chaque chose et c'est notre astrologie qui est en mesure de l'indiquer, pas l'astrologie ordinaire , sans colonne vertébrale. Celui qui ne suit pas les phases que nous avons définies court à l'échec et au discrédit. Tel est bien le véritable en jeu de l'Astrologie selon Saturne.
JHB 21. 05 25
dimanche 18 mai 2025
jacques halbronn Linguistique. Pour une nouvelle pédagogie du français. (FLE) Etymologie et Morphosémantique.
jacques halbronn Linguistique. Pour une nouvelle pédagogie du français. (FLE) Etymologie et Morphosémantique.
En hommage à notre grand mère maternelle, Claude Jonquière (1885-1957) auteur d'une Orthographe d'usage rendue facile, qui écrivait: "Notre méthode de perfectionnement du français comporte deux stades. Le premier (étymologique) consiste à rassembler un maximum de mots autour d'un même radical. Le second (morphosémantique) à commenter les liens existant entre les mots relevant d'un même ensemble.
I Collecte étymologique
Les étudiants seront invités à réunir un maximum de mots d'une même famille mais variant du fait de préfixes, suffixes, des temps (conjugaison), des marqueurs de genre, de nombre, de négation. Cela peut aussi concerner les déclinaisons relevant de finales à fort impact sémantique (cf infra)
II Connexions morphosémantiques.
L'étude de la collection ainsi réunie fera apparaitre des clivages majeurs. Il est clair, par exemple, que le préfixe pourra introduire une négation (fini et infini), usage du "re" ou du "de/dis"), ce qui est l'expression dialectique d'une dualité, d'un revirement. Construction/destruction. Un tel basculement peut tenir à un ajout minimal, ce qui n'est pas le cas des langues "contrastées" que nous opposons aux langues fluides, subtiles aux variations très fines..
En fait, connaitre une langue, c'est être capable d'en appréhender, d'en reconnaitre toutes les formes associées à un même radical, qui en dérivent étymologiquement, d'en percevoir les variations de ses, les connexions sémantiques.
Annexes
Morphosémantique des préfixes et des suffixes
jacques halbronn
Nous avions déjà consacré, il y a une quinzaine d’années une étude aux préfixes « re » et « de », (reproduite en annexe ci-dessous, lesquels référent selon nous à une dimension cyclique : retour et départ. et antérieurement Linguistique de l’erreur et épistémologie populaire 1987 et. Essai de description critique du systéme du français à la lumière des relations interlinguistiques 1989.
On retrouve un tel dispositif en anglais. Nous avons par ailleurs mis en évidence nn systéme ternaire en ce qui concerne , cette fois, les suffixes, se substituant au sytéme binaire en vigueur -participe présent/participe passé signifiant-signifié en introduisant le suffixe en « ble »: possible, capable, également passé en anglais. Là encore, il importe de dégager une dimension morphosémantique. Nous insisterons sur le phénoméne des calques, lors du passage subreptice d’une langue à une autre, ce qui permet d’élargir sensiblement la question de l’emprunt linguistique. L’idée est notamment de montrer que les préfixes sont dotés d’une forte charge sémantique et sont donc assimilables à des noms. Cette catégorie est à distinguer des marqueurs de déclinaison et de conjugaison.
Prenons le cas Malaise/ qui devient en anglais Disease parce que ‘mal » est souvent rendu dans cette langue par « dis » On parle de « malfunction » alors qu’en français moderne on parle de « dysfonctionnement ».
I SUFFIXES Ble, ant, ed
Ces trois préfixes correspondent à des champs de plus en plus restreints, et au passage de la présence à l’absence, C’est comme dans une compétition: au début tout le monde participe et puis au bout d’un certain temps, le nombre de personnes en lice se rétrécit comme peau de chagrin. En amont du participe présent et du participe passé il y un stade du possible, condition nécessaire mais pas suffisante.L’approche trinitaire.
la forme en « ble » indique une « possibilité » qui n’est pas passée en acte, ce qui est en capacité; en potentialité
La forme en ‘ant » correspond déjà une détermination plus forte, ce qui est en train de se faire
La forme en « ed » (ancien français, soit le « é » en français moderne) est celle de la réalisation., de ce qui est fait accompli
II SUFFIXES er, eur, or
Une autre catégorie est celle de finales masculines du français à valeur substantivalle. Joueur, qui devient en anglais player. Il est important de ne pas manquer un tel calque, d’autant qu’il conserve un suffise français, ce qui en trahit l’origine. Il est d’autant plus étrange que l’on persiste à considérer leader comme le type même de l’emprunt du français à l’anglais! On aurait tort de considérer leader comme une forme anglaise à part entière. Il s’agit en fait d’un calque particulier avec un suffixe français en « er » associé à un équivalent anglais pour ce qui est du radical « lead » En français, l’on dispose du masculin et du féminin: ul y a joueur mais aussi joueuse e t l’on pourrait tout à fait dire leadeur et leadeuse.
Rappelons que le français (cf nos vidéos à ce sujet) introduit une dualité entre la présence d’une consonne à l’écrit et son absence à l’oral ce qui est un phénoméne assez unique qui recoupe le ternaire exposé plus haut (ble.ant.ed)) On sait notamment que les consonnes finales sont censées ne pas s’entendre à l’oral, sauf fans certains cas. Au niveau morphosémantique, cela signifie que tout ce qui existe sur le papier ne doit pas nécessairement se « réaliser », c’est ce qui distingue l’électeur et l’élu.
JHB
01 08 20
Modulations préfixales et suffixales : une nouvelle approche (2020)
par Jacques Halbronn
On a coutume, dans les grammaires usuelles, de limiter les notions de préfixe et de suffixe à des éléments n’ayant pas d’autonomie et n’existant pas par eux-mêmes, et qui doivent donc se greffer avant (préfixe) ou après (suffixe) le mot. Or, dans certaines langues, ce qui tient lieu de préfixe ou de suffixe est assuré par des termes indépendants : on pense à la construction du futur en anglais, par le recours à un verbe dit auxiliaire ou au fait que dans les langues sémitiques l’article défini soit collé au mot (cf. infra). Pour notre part, nous proposons une acception sensiblement élargie du préfixe et du suffixe et qui dépasse les spécificités propres à telle ou telle langue. Pour nous, est pré ou suffixe tout ce qui vient moduler un nom ou un verbe, étant entendu que par nom et par verbe, nous entendons, à la base, des formes non pré ou suffixées. Il ne faudrait donc surtout pas se fier aveuglément aux définitions en vigueur de ce qu’est un pré ou un suffixe. Il est dommage que l’on ait opté traditionnellement pour un critère impliquant la transformation du mot et pas seulement son environnement. Notre définition, pour sa part, on l’aura compris, est environnementale.
Le français est une langue qui tend à sacrifier ses finales et à privilégier le recours aux préfixes. On sait en effet qu’une règle encore largement appliquée prévoit de ne pas prononcer une consonne à la fin d’un mot quand celle-ci n’est pas immédiatement suivie d’une voyelle, ce qui est le cas notamment des adjectifs au masculin ou au pluriel. C’est ainsi que le français ne comporte pas de marqueurs suffixaux oraux pour le pluriel. Ne parlons pas de l’absence de déclinaison suffixale en français.
En revanche, le français semble largement pourvu au niveau préfixal et c’est là que réside sa complexité en comparaison de la simplicité voire de la simplification au niveau suffixal.
Nous prendrons deux exemples : la préfixation du verbe et ce que nous avons appelé la déclinaison préfixale.
Alors que dans les langues germaniques, les verbes comportent souvent une désinence suffixale (par exemple : to go out), le français, pour sa part, s’est attaché à caractériser le verbe au niveau préfixal, notamment en créant des verbes à partir de noms (par exemple : encourage).
Or, nombre d’emprunts au français concernent précisément ces verbes préfixés à commencer par le préfixe de répétition : re, là où d’autres langues useraient d’un suffixe (Do it again).
La préfixation en français va jusqu’à privilégier le recours aux pronoms personnels là où d’autres langues se passent de ces formes, considérant que le verbe stricto sensu se suffit à lui-même.(Quiero, quieres en espagnol, sans Yo, Tu), ce qui permet ainsi au français de ne pas différencier à l’oreille le verbe, la différenciation résidant dans le préfixe. On retrouvera le même phénomène avec le rôle assigné à l’article placé devant des noms non différenciés.
Certes, les déclinaisons ont-elles disparu en français mais encore faudrait-il s’entendre sur les définitions. Nous soutiendrons, pour notre part, l’existence en français d’un assez lourd système de déclinaisons “préfixales”, c’est-à-dire se plaçant devant le nom.
Quand on dit en français “je veux de l’eau” ou tout simplement “de l’eau”, ce qui précédé le mot “eau” sera ainsi, de notre point de vue, qualifié de déclinaison préfixale, c’est-à-dire précédant le mot en question. Une approche comparative fait ressortir la spécificité d’un tel phénomène puisque là où le français dit “de l’eau”, d’autres langues européennes se contentent d’indiquer le mot signifiant “eau” sans “préfixe” : water, agua etc. Dans certains cas, le mot comportera une déclinaison postfixale, comme en russe, vodou.
Ainsi, là où de nombreuses langues se dispensent d’un tel appareillage devant le nom, le français, pour sa part, en maintient l’usage, lequel tournera le plus souvent autour de formes de type de/du/de la (singulier) des (pluriel) généralement associé à l’idée d’un génitif alors que cela couvre également l’accusatif. Cela explique notamment l’absence de cas possessif en français, forme fort répandue dans les langues germaniques.
Dire “donnez-moi du pain” – forme accusative- est à mettre en parallèle avec “la forme du pain” – forme génitive mais dans un cas cela s’articule directement sur un verbe, dans l’autre, ce n’est pas le cas. Or, ce qui nous intéresse ici concerne essentiellement la déclinaison du mot associé à un verbe, lequel peut être sous entendu comme dans “du pain, s’il vous plaît”, avec une ellipse de formes comme “j’en veux”, “donnez m’en” etc.
On peut d’ailleurs accorder à l’article défini un tel rôle de préfixation, d’autant qu’en français, c’est souvent le seul facteur de différenciation, du moins oralement, en raison de la non réalisation des marqueurs suffixaux de pluriel. Ex : La femme/Les femmes, le pont/les ponts etc.
On pourrait donc parler d’une véritable déclinaison préfixale qu’il conviendrait de décrire comme telle dans l’enseignement du français.
Bien entendu, le datif sera représenté préfixalement par la préposition “à” : je parle à mon père, ce qui est une forme assez répandue dans nombre de langues européennes, à la différence de l’accusatif préfixal ou du génitif préfixal.
On notera que l’anglais a quelque peu suivi le modèle français quand il fait précéder les noms de “some”, “any”. Par exemple : give me some water.
En fait, le français préfixe les noms dans les formes positives alors que nombre de langues réservent la préfixation aux formes négatives : no quiero agua. (espagnol) et restrictives (un peu) : quiero un poco (poquito) de agua.
Il y a donc des langues préfixantes et d’autres qui sont suffixantes, certaines comportant des marqueurs préfixaux et d’autres des marqueurs suffixaux. On notera cependant qu’en hébreu ou en arabe, le futur est préfixé (par rapport au radical consonantique) tandis que le passé, lui, est suffixé. Dans ces langues sémitiques, la suffixation concerne d’ailleurs le marqueur du possessif (en hébreu haBen shéli, littéralement : le fils qui est à moi) alors qu’en français, on marque la possession par un préfixe (ex : mon fils), ce qui est carrément impossible dans les langues sémitiques. De même en hébreu, le démonstratif est-il suffixal à la différence de nombre de langues européennes : Hasefer Hazé, ce livre. En arabe en revanche, autre langue sémitique, le démonstratif est préfixal.
On observera que la préfixation en arabe a souvent été mal analysée, ce qui explique que nombre d’emprunts à l’arabe (alcool, par exemple) comportent l’article défini : Al, lequel normalement aurait du être abandonné. Le non repérage d’une situation préfixale peut donc aisément conduire à un mauvais découpage morphologique avec maintien du préfixe de la langue prêteuse alors que le dit préfixe aurait du être remplacé par un équivalent propre à la langue emprunteuse.
Une des particularités du français réside bel et bien dans la difficulté à faire abstraction du préfixe pour appréhender le mot “nu”. Il est vrai que certaines préfixations vont jusqu’à se réduire à une seule lettre comme dans “j’aime” ou “l’oiseau”. On notera une certaine similitude entre le J’ français et le I anglais, pour la première personne du singulier.
Notons que dans les langues latines comme l’italien et l’espagnol, à la différence du français, le pronom personnel est souvent évacué, ce qui allège d’autant la suffixation: no puedo plutôt que Yo no puedo, en espagnol.
Dans le cadre du système préfixal français, on observera une lacune en ce qui concerne les pronoms personnels qui ne comportent pas de marqueur de genre, à la différence notamment des langues sémitiques, où existe une flexion du pronom, à toutes les personnes. (tu, neutre , en hébreu, ata (m), at (f). Il est remarquable que dans des sociétés où la marque du masculin et du féminin devrait être déterminante, on s’adresse en français de façon quasi identique à un homme et à une femme, du moins pour la construction du verbe.
Ce problème n’est d’ailleurs pas limité au français, les langues germaniques et latines restant morphologiquement dans le vague au niveau verbal alors qu’au niveau adjectival, elles établissent clairement une différence. Le phénomène est d’autant plus remarquable que la répartition des mots en masculin, féminin (le français, le et la) voire neutre (cf. cas de l’allemand, das) confirme une certaine tendance à fixer des marqueurs de genre.
On notera qu’en français, dans nombre de cas le marqueur ne concerne pas le sujet s’exprimant en tant qu’homme ou femme mais le genre de l’objet traité : ma maison n’indique pas que celui qui parle est une femme mais que le mot maison est féminin. En anglais et en allemand, le recours à la troisième personé désigne bien le genre du locuteur, ce qui n’est pas le cas en français : His child, son enfant à lui, Her child, son enfant à elle. En allemand, Sein (m) et Ihr (f) jouent le même rôle. Dans les langues latines, l’identité du sujet parlant n’a pas d’incidence préfixale mais uniquement suffixale : je suis surpris (e), tu es surpris(e). C’est probablement cette flexion suffixale qui pourrait expliquer le déficit préfixale en la matière mais cela suppose que le verbe était initialement suffixé selon le genre, ce qui n’est vrai que pour le passé composé : sono perduto/a (en italien). Le problème, c’est qu’en français, la marque suffixale du féminin au niveau du passé composé, visible à l’écrit est devenue généralement inaudible à l’oral, sauf si le passé composé se termine par une consonne : je suis perdu(e), je suis enchanté(e), alors que la distinction orale suffixale se maintient pour nombre d’adjectifs : je suis grand(e) mais je suis maudit (e).
On observe donc que le système des marqueurs de genre en français est dans son état actuel assez défectueux, que le préfixal ne compense pas toujours les manque du suffixal et vice versa. La désuffixation n’a pas débouché sur une préfixation rigoureuse.
Il reste qu’au niveau de la didactique des langues, il nous semble qu’il est urgent de mettre l’accent sur ces questions de préfixation et de suffixation, notamment quand il s’agit d’opposer la langue d’origine de l’élève de la langue cible. Préfixes et suffixes doivent être présentés comme des manières de préciser le contexte spatio-temporel – synchronique/Diachronique – dans lequel le mot est employé.
Encore faudrait-il se demander à quoi sert de dire “du pain” plutôt que “pain”, comme on le fait dans tant de langues européennes. Encore faudrait-il observer le recours fréquent à un marqueur quantitatif devant le mot : un peu (d’eau), beaucoup (d’eau). Ce qui est étonnant en français, c’est justement que l’on ne dise pas seulement : donnez moi un peu d’eau ou beaucoup d’eau mais donnez-moi de l’eau, ce qui génère d’ailleurs souvent chez les élèves la confusion : un peu de l’eau au lieu d’un peu d’eau, un peu du pain au lieu d’un peu de pain. L’usage de du (pain) au lieu de de (pain) introduit ici une notion de défini par opposition avec l’indéfini. On peut dire en français donnez-moi un peu de l’eau qui est dans la carafe, un peu du pain qui est sur la table, ce qui implique de préciser de quelle eau et de quel pain il est question. Mais que signifie : donnez -moi de l’eau, sans autre précision ? On ne peut pas parler de génitif, puisque ce serait “d’eau” et non pas “de l’eau”, comme dans “un verre d’eau”.
On pourrait également considérer comme un préfixe la marque de la négation encore qu’en français, on ait un régime mixte, puisque les éléments de la négation entourent le mot concerné : je ne veux pas alors qu’en anglais la négation est préfixale : I do not (don’t) want. Dans la plupart des langues d’ailleurs (comme en russe ou en arabe) la négation est exclusivement préfixale. Bien plus en français parlé, la préfixation négative est sautée, le poids étant mis sur la suffixation négative.
Paradoxalement, le français, dont la morphologie reste essentiellement préfixale, aura surtout exporté ses constructions suffixales comme en témoigne en anglais une très longue série de mots français signalés par leurs finales, en ot, et, ine, ure, etc.
En conclusion de cette brève étude, on aura compris que nous avons adopté une conception extensive des termes préfixes et suffixes, ne réservant pas cet emploi à ce qui est collé devant ou après le mot, à l’écrit, mais incluant, dans cette acception, les formules qui précédent ou suivent le mot, quand bien seraient-elles isolées spatialement du mot considéré. De même avons-nous assimilé préfixe et suffixe à un régime flexionnel, au même titre que les déclinaisons et les conjugaisons. On notera cependant qu’un préfixe peut aussi être dans ces conditions appréhendé comme un suffixe : quand je dis “je veux de l’eau”, est-ce que “de” est préfixal par rapport à “l’eau” ou suffixal par rapport à “je veux” ? Selon notre approche, nous préférons y voir un préfixe.
On ne saurait qualifier, pour autant, le français de langue préfixale : c’est ainsi que la marque du futur en français est suffixale et non préfixale, à la différence des langues sémitiques : je chanterai, (ani) Ashir (hébreu). Il reste que le français tend fortement à se désuffixer, non seulement par l’absence des déclinaisons, mais aussi par des conjugaisons peu différenciées oralement : ex : il chante/ils chantent, ce qui entraîne la nécessité d’un renforcement de la préfixation, d’où la notion de déclinaison préfixale que nous suggérons, si bien que l’on ne saurait affirmer que la suppression de la déclinaison suffixale allège nécessairement une langue. Signalons également le cas de la préfixation adjectivale dans nombre de langues, comme l’allemand qui ne place jamais l’adjectif après le nom, pas plus d’ailleurs que l’anglais alors que l’italien et l’espagnol optent pour une position suffixale de l’adjectif. En français, le régime est mixte avec des nuances sémitiques : un homme grand et un grand homme.
Dans le cadre de nos travaux sur l’influence du français sur l’anglais et sur le rôle du français comme vecteur de convergence entre langues européennes, ce qui peut leur conférer une impression trompeuse d’unité, comment la suffixation du français se manifeste-t-elle sur l’anglais ? L’anglais n’a pas emprunté aux langues latines la préfixation des formes possessives comme dans je te parle alors que l’anglais est suffixant puisqu’il donne I speak to you. I shall tell you, la forme suffixale étant emphatique en français, je te le dis à toi. En revanche, on l’a vu la négation verbale en anglais (don’t, doesn’t) est bien différente de celle de l’allemand et paraît somme toute plus se rapprocher du français, par sa préfixalité comportant le ”ne” préfixal. En revanche, la formation du futur en anglais et en allemand est préfixale (I shall pray, je prierai) encore que cela puisse se rapprocher de formes françaises du type je vais prier.
L’usage du préfixe « Re » en français
La langue française comporte un préfixe bien commode, le re. Quand on interroge des locuteurs sur son emploi, on nous parle de répétition, en songeant à refaire, à redire etc. mais est-ce que reconnaître signifie connaître à nouveau, encore ? Et pourquoi ne dit-on pas, en français “je reconnais que j’ai raison” alors que l’on dit “reconnaître ses torts” ?
C’est que ce préfixe est finalement mal décrit ou plutôt que son champ sémantique a été mal balisé. Décalage, au demeurant, entre l’usage et la conscience de l’usage.
En fait, dans ce re-, il y a une insistance, il y a un retour par rapport à un premier mouvement, une “second thought”, comme disent les anglais.
Imaginons que l’on me présente la photo d’un enfant et qu’il me semble qu’il s’agit d’un de mes amis que je connais depuis quelques années seulement mais qui a une cinquantaine d’années, je dirai : “je crois que je reconnais X”, ce qui signifie : je n’en suis pas absolument certain, vu l’ancienneté de la photo mais, finalement, oui, c’est probablement X. Mais il reste un doute.
Ce préfixe -re n’exprime donc nullement l’évidence mais une insistance en dépit des obstacles, des doutes. Ce re implique une réflexion. Quand je dis : on va recommencer”; cela signifie en fait que l’on pourrait s’arrêter mais que – au bout du compte – on va réessayer. Autrement dit, on serait tenté de ne pas poursuivre mais on va quand même s’y remettre.
Le re- implique une forme de restriction mentale, de tendance à ne pas insister mais que l’on va vouloir dépasser. Je reconnais ceci ou cela mais cela me coûte. C’est pourquoi on ne dira pas : je reconnais avoir raison parce que cela ne coûte guère d’être satisfait de soi-même. On dira plutôt : j’estime avoir raison.
On est donc assez loin de la seule idée de répétition à moins d’admettre que toute répétition est coûteuse. On dit à quelqu’un : attention, je ne veux pas avoir à vous le redire ! Parce que, en effet, l’acte même de se répéter pose problème.
Est -ce que ce re dès lors n’est pas l’expression d’une conscience, dans tous les sens du terme ? En me répétant, est-ce que je ne deviens pas une machine ? Je me répète, quand même, mais en sachant que ce n’est pas forcément la meilleure chose à faire que de passer d’un propos spontané à un processus répétitif. Ce re est, quelque part, transgressif, on franchit un certain Rubicon !
Ainsi, une relance, c’est ne pas se résigner à l’épuisement d’une précédente tentative. Il faut rebondir. On ne devrait pas se répéter mais, tout de même, on y consent.
Est-ce que ce re- a le même sens que le “encore” ? Je le refais, je le fais encore. Ce serait plutôt un “encore que” et il est remarquable que encore suivi de que, ait un sens apparemment différent quand on ne se rend pas compte que le fait de dire “encore” implique un “encore que” tant toute répétition est en soi, éthiquement, problématique.
Ce re qui serait une abréviation du enco(re), a perdu son enjeu dans notre société, tant le fait de se répéter ne pose plus problème, comme si nous avions adopté les valeurs des machines qui ne demandent qu’à refaire les choses indéfiniment. L’effort du encore est étranger à la machine. Et d’ailleurs, quelle différence entre copier à la main un texte et le photocopier ! Ce re ne nous coûte plus cher.
Nous avons là un exemple de par cette perte de conscience de la signification du encore, de notre propre perte de conscience face à l’acte de reproduction, dans tous les sens du terme. Il y a comme une banalisation, une dédramatisation, de l’encore.
Si on prend le mot “recherche”, qu’est ce à dire par rapport à “chercher” ? Est-ce que cela signifie chercher encore ? D’ailleurs, on parle d’un chercheur mais de recherche. Il y a un acte plus intensif dans la recherche. Je cherche une poubelle. On ne dit pas : je recherche une poubelle ou alors il faut préciser que ce n’est pas de n’importe quelle poubelle qu’il s’agit. Autrement dit, il y a là une quête plus pointue dans rechercher que dans chercher.
Prenons le verbe “rentrer” : je rentre chez moi. Je pourrai ne pas le faire, rester hors de chez moi indéfiniment mais je me résous, au prix d’un certain effort, à rejoindre mon domicile.
Dans l’idée d’encore, il y a aussi la crainte d’une certaine inutilité, de quelque vanité : je vais revoir ce film mais est-ce que cela en vaut vraiment la peine puisque j’en avais gardé un certain souvenir, une certaine trace. Or, dans le Livre de l’Ecclésiaste, dont le thème principal est justement la vanité, il est question de ce qui se répète : rien de nouveau sous le soleil. L’Ecclésiaste serait donc l’expression d’un certain scepticisme qui refuse le encore tant cet encore nous apparaît comme un pari. Une éthique qui se refuse à recommencer puisque cela ne sera pas -forcément- mieux, la prochaine fois ou avec quelqu’un d’autre. C’est l’idée de la rencontre, qui suppose d’aller vers un autre et cette altérité est aussi une forme d’encore. Mais à quoi va nous servir de rencontrer quelqu’un de nouveau ? Il faut pour accepter ce renouvellement, avoir matière à espérance, avoir des raisons d’attendre quelque heureuse surprise.. .Il y a dans cet encore l’idée d’une possible résurrection, d’un retour..
Prenons le verbe : représenter. C’est précisément dans l’absence et non dans la présence que l’on représente, autrement dit, on essaie de rendre présent ce qui ne l’est pas, en dépit, au mépris de l’absence. Je me représente est d’ailleurs synonyme de je m’imagine, je suppose.
Il y a d’ailleurs dans cet encore quelque chose d’hypothétique : quand je dis “au revoir”, il faudrait souvent dire “sait-on jamais ?”, “pourquoi pas ?”. Rien d’évident de revoir quelqu’un que précisément on quitte, qu’on ne verra peut-être plus de sitôt. C’est le retour de l’enfant prodigue, celui dont on n’avait plus de nouvelles et qui, soudain, réapparaît, donne signe de vie.
Le Club Méditerranée a d’ailleurs récemment utilisé ce préfixe dans ses publicités, rendant heureux par “re” comme si la répétition était source de bonheur alors qu’elle a un caractère involutif, régressif mais peut être est-ce cela précisément que le bonheur surtout quand ce re a quelque chose de virtuel ?
Ce “re” implique de repartir à zéro comme si de rien n’était, en faisant quasiment abstraction du passé. Ce re a quelque chose d’amnésique.
Plus et encore
A l’opposé d’encore, nous avons plus. Pas dans le sens de j’en veux plus mis dans celui de je n’en veux plus, donc avec une négation (voit notre article sur la négation sur ce site).
Curieusement, ce plus revêt deux sens opposés selon le contexte et on sait qu’en français, on ne prononce pas plus de la même façon dans les deux cas, ce qui est bien utile, étant donné que l’on a tendance à ne pas user de la négation dans la communication orale : T’en veux plus (on n’entend pas le s final) ou t’en veux pluss ou plus encore. Mais nous intéresse à présent, le plus qui s’oppose à encore et non celui qui est en redondance avec lui.
On sait, en effet, qu’ un terme ne peut se définir que par rapport à son opposé : encore se définit par plus, pas plus ou si l’on préfère, encore ne fait sens que parce qu’il y a la perspective du pas plus. Bien que l’on puisse être amené à en rester là (pas plus), on n’en continue pas moins (néanmoins) : re-. Dans cette forme néanmoins, il y a moins – minus – qui dit bien tout ce qui justifierait que l’on n’aille pas plus loin. On s’aperçoit donc que les deux plus ne font qu’un : plus et pas plus. Mais dans la forme, je n’en veux plus, on ne pense pas à plus (+) tout comme dans néanmoins, on ne pense pas à minus (-)
Nous aurions là affaire à une sorte d’arithmétique, où l’on additionne ou soustrait, où l’on accroît ou décroît, où l’on augmente et où l’on diminue. Et de fait, une grande question existentielle est de savoir, à un moment donné, face à une situation donnée, s’il faut continuer ou bien tourner la page. Il est normal que le langage porte les marques d’une telle problématique.
Une tonalité restrictive
Plus ou moins, that is the question ! Notre re- est du côté du plus (encore) mais il n’oublie nullement le (pas) plus (moins), il en tient compte. Il n’y a pas de plus en soi, il n’y a de plus que par rapport au moins. D’où ce -re qui nous dit : tout en sachant qu’il y a des raisons pour le moins (ce qui impliquerait : stopper, faire halte, s’accorder en tout cas une pause), je vais essayer d’en faire plus (aller de l’avant, se reprendre). Dans ce re- positif, il y a un dépassement dialectique du négatif, c’est la synthèse qui est dépassement de l’antithèse (-)
Reconnaître son enfant, au sens juridique, cela signifie que l’on pourrait ne pas le faire, s’en dispenser mais que l’on acceptera, cependant, de s’en dire le père. Il y a là une concession, presque un sursis. On va réessayer mais si cette fois ça ne marche pas, eh bien on n’insistera pas/plus.
Il serait évidemment souhaitable de réexaminer tous les verbes français construits avec -re, dont le préfixe re- est partie intégrante, pour en dégager cette dynamique plus ou moins enfouie. A cela s’ajoute le fait que désormais ce -re est plus ou moins devenu passe-partout et qu’on peut le placer, à l’occasion, dans n’importe quelle phrase. Par exemple : tu en reveux, revouloir n’étant pas dans le dictionnaire.
On voit que la recherche linguistique ne peut faire abstraction de certains enjeux éthiques et qu’elle peut nous révéler l’état d’une société selon les nuances devenues inconscientes. On serait ainsi passé d’un langage prenant en compte une dialectique complexe à une simple idée d’un re- pour dire, à nouveau comme si la nouveauté n’était pas un combat contre une certaine cristallisation"
JHB 18 05 25
)jacques halbronn Histoire juive. Le paradoxe des "Enfants", de la 'Maison" d'Israel
)acques halbronn Histoire juive. Le paradoxe des "Enfants", de la 'Maison" d'Israel
A la mémoire d'Edouard Gourévitch, aumonier au Lycée Pasteur, Neuilly (92 qui le prépara à sa Bar Mitzwa en 1960, célébrée à la synagogue de cette ville.
wikipedia
"Édouard Gourévitch est apprécié des élèves de ses cours d'instruction religieuse – dont Jacques Halbronn, au lycée Pasteur – qui lui manifestent une fidélité jusqu'à la fin de sa vie. Le rabbin Jérôme Cahen lui succède à ce poste.
En quoi consiste ce "paradoxe"? alors que l'on peut lire qu'au VIIIe siècle avant JC, le Royaume d'Israel fut détrui, force, néanmoins, est de constater que la référence aux "enfants d'Israel" ou à la Maison d'Israel aura perduré jusqu'à nos jours , cette référence figurant dans le livre de l'Exode, dans le "Shema israel", dans le Kadish en araméen,,dans les Evangiles ("brebis perdues de la Maison d'Israel" sans parler du Livre du prophéte Amos (cf Anthonioz (Stéphanie) " Le livre d’Amos La fin du royaume d’Israël ou la narration d’une autodestruction"in Collectif : Les Récits de destruction en Méditerranée orientale ancienne) Revenons à Exode iii, quand Moïse rencontre le peuple de Yahwé dans la région de Madian/, la situation est plus nette que pour Abraham auquel est promis une belle progéniture à venir.Genèse 17
…4Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d'une multitude de nations. 5On ne t'appellera plus Abram; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d'une multitude de nations. 6Je te rendrai fécond à l'infini, je ferai de toi des nations; et des rois sortiront de toi.… D'un côté; on a un peuple virtuel, au futur, de l'autre, un peuple déjà constitué certainement depuis déjà quelque temps(". Cela n'est pas sans faire penser à ce qui se produira en Palestine avec l'annonce virtuelle d'un Foyer Juif " (A national hjome for the Jewish People) encore dans les limbes (1917 Déclaration Balfour, mandat de la SDN accordé aux Britanniques) On a déjà signalé à quel point la Shoah n'avait pas eu affaire - à la différence de l'Arménie - à un peuple installé dans un territoire depuis des générations. Encore de nos jours, les immigrés nord africains en France imaginent que les Juifs qui s'y trouvent ont des aieux "là bas" et parlent tous plus ou moins l'hébreu. Qu'est ce qui a donc pu se passer pour que l'on en soit arrivé là avec cette omniprésence du mot Israel, tant à la synagogue actuellement, dans les livres de prière que pour nommer le nouvel Etat en 1948? Il est vrai que le Livre de la Genése entretient l'idée des 12 tribus, descendants de Jacob, fils d'Isaac et petit fils d'Abraham, ce qui est une fiction si l'on admet que la révolte contre la maison de David émanait de populations asservies. Il y a là décidément l'élaboration d'un narratif en décalage avec les Livres des Prophétes, lesquels évoquent fréquemment le schisme d'après la mort de Salomon. Notons qu'à la synagogue, les rouleaux de la Torah ne concernent que le Pentateuque, même si l'on y greffe (haftarah) quelques passages des livres dits prophétiques. Il y a bien là, quoi qu'il en soit, un fait accompli qui n'aura guère de nos jours suscité de protestations. Mais n'est-il pas temps, en cette phase "Din" (selon notre Astrologie Septennale) de signaler un tel état de choses, fortement syncrétique?
En fait, il semble bien que dans les synagogues se fasse surtout entendre la voix des colonisés, des asservis, des occupés - les gens d'Israel- ("Nos ancêtres les Gaulois") qui tentent de s'intégrer, de s'imprégner; en s'inventant une fausse filiation faisant remonter à Jacob alias Israel les 12 tribus.
Genése XLV
א וַיִּקְרָא יַעֲקֹב, אֶל-בָּנָיו; וַיֹּאמֶר, הֵאָסְפוּ וְאַגִּידָה לָכֶם, אֵת אֲשֶׁר-יִקְרָא אֶתְכֶם, בְּאַחֲרִית הַיָּמִים. 1 Jacob fit venir ses fils et il dit: "Rassemblez-vous, je veux vous révéler ce qui vous arrivera dans la suite des jours.
ב הִקָּבְצוּ וְשִׁמְעוּ, בְּנֵי יַעֲקֹב; וְשִׁמְעוּ, אֶל-יִשְׂרָאֵל אֲבִיכֶם. 2 Pressez-vous pour écouter, enfants de Jacob, pour écouter Israël votre Père.
alors que les Juifs 'laïcs" seraient du côté des colonisateurs, à l'instar d'un Moïse. Le texte ci dessous, issu du Cinquiéme livre -ajouté"- du Pentateuque - s'adresse aux colonisateurs.
Deutéronome VI :10-12
"Tu posséderas de grandes et bonnes villes que tu n'as pas construites, des maisons pleines de toutes sortes de biens et que tu n'as pas remplies, des citernes que tu n'as pas creusées, des vignes et des oliviers que tu n'as pas plantés."
JHB 18 05 25
samedi 17 mai 2025
jacques halbronn Histoire juive. Le paradoxe des "Enfants", de la 'Maison" d'Israe
jacques halbronn Histoire juive. Le paradoxe des "Enfants", de la 'Maison" d'Israel
A la mémoire d'Edouard Gourévitch, aumonier au Lycée Pasteur, Neuilly (92 qui le prépara à sa Bar Mitzwa en 1960, célébrée à la synagogue de cette ville.
wikipedia
"Édouard Gourévitch est apprécié des élèves de ses cours d'instruction religieuse – dont Jacques Halbronn, au lycée Pasteur – qui lui manifestent une fidélité jusqu'à la fin de sa vie. Le rabbin Jérôme Cahen lui succède à ce poste.
En quoi consiste ce "paradoxe"? alors que l'on peut lire qu'au VIIIe siècle avant JC, le Royaume d'Israel fut détrui, force, néanmoins, est de constater que la référence aux "enfants d'Israel" ou à la Maison d'Israel aura perduré jusqu'à nos jours , cette référence figurant dans le livre de l'Exode, dans le "Shema israel", dans le Kadish en araméen,,dans les Evangiles ("brebis perdues de la Maison d'Israel" sans parler du Livre du prophéte Amos (cf Anthonioz (Stéphanie) " Le livre d’Amos La fin du royaume d’Israël ou la narration d’une autodestruction"in Collectif : Les Récits de destruction en Méditerranée orientale ancienne) Revenons à Exode iii, quand Moïse rencontre le peuple de Yahwé dans la région de Madian/, la situation est plus nette que pour Abraham auquel est promis une belle progéniture à venir.Genèse 17
…4Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d'une multitude de nations. 5On ne t'appellera plus Abram; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d'une multitude de nations. 6Je te rendrai fécond à l'infini, je ferai de toi des nations; et des rois sortiront de toi.… D'un côté; on a un peuple virtuel, au futur, de l'autre, un peuple déjà constitué certainement depuis déjà quelque temps(". Cela n'est pas sans faire penser à ce qui se produira en Palestine avec l'annonce virtuelle d'un Foyer Juif " (A national hjome for the Jewish People) encore dans les limbes (1917 Déclaration Balfour, mandat de la SDN accordé aux Britanniques) On a déjà signalé à quel point la Shoah n'avait pas eu affaire - à la différence de l'Arménie - à un peuple installé dans un territoire depuis des générations. Encore de nos jours, les immigrés nord africains en France imaginent que les Juifs qui s'y trouvent ont des aieux "là bas" et parlent tous plus ou moins l'hébreu. Qu'est ce qui a donc pu se passer pour que l'on en soit arrivé là avec cette omniprésence du mot Israel, tant à la synagogue actuellement, dans les livres de prière que pour nommer le nouvel Etat en 1948? Il est vrai que le Livre de la Genése entretient l'idée des 12 tribus, descendants de Jacob, fils d'Isaac et petit fils d'Abraham, ce qui est une fiction si l'on admet que la révolte contre la maison de David émanait de populations asservies. Il y a là décidément l'élaboration d'un narratif en décalage avec les Livres des Prophétes, lesquels évoquent fréquemment le schisme d'après la mort de Salomon. Notons qu'à la synagogue, les rouleaux de la Torah ne concernent que le Pentateuque, même si l'on y greffe (haftarah) quelques passages des livres dits prophétiques. Il y a bien là, quoi qu'il en soit, un fait accompli qui n'aura guère de nos jours suscité de protestations. Mais n'est-il pas temps, en cette phase "Din" (selon notre Astrologie Septennale) de signaler un tel état de choses, fortement syncrétique?
JHB 17 05 25
jacques halbronn Réflexions autour de son texte « La pensée astrologique » (préambule à l’Histoire de l’Astrologie, avec Serge Hutin, ed Artefact henry Veyrier 1986.
jacques halbronn Réflexions autour de son texte « La pensée astrologique » (préambule à l’Histoire de l’Astrologie, avec Serge Hutin, ed Artefact henry Veyrier 1986.
En 1986, nous avions proposé comme fondement au phénoméne de l’Astrologie une thèse selon laquelle, les humains auraient instrumentalisé le systéme solaire en s’auto-déterminant. Cette thèse avait choqué, notamment, Patrice Guinard car elle accordait par trop d’importance aux initiatives de notre Humanité et il préférait, à l’instar de son maître de l’époque, Jean-Pierre Nicola, une Astrologie liée à la Nature. Dans la conclusion de notre Essai, nous parlions des « astronomes disqualifiés » (p. 145)
» Contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre recherche sur la formations de la pensée astrologique n’aboutit pas à reconnaitre aux astronomes un droit à statuer sur la validité de l’astrologie. Paradoxalement, notre conclusion les élimine du débat. Si l’homme est lié aux astres, c’est la « faute » à l’homme et c’est en l’Homme qu’il faut examiner s’il a été possible qu’il se relie aux planétes, c’est un probléme neurophysiologique plus que cosmobiologique ou astrophysique. Il ne s’agit pas de se demander si les astres émettent mais si les homme sont agis ou mieux peuvent « se faire agir » Que cette relation entre l’homme et les astres soit aberrante et regrettable est une chose, qu’elle n’ai pas fini par devenir réalité en est une autre ». 40 ans plus tard – car l’écriture de notre texte date de 1985- nous avons adopté la représentation suivante: il faut certes faire la part des entreprises humaines – notamment avec l’astrologie « horaire » mise en lumière- selon nous- par Michel Gauquelin,(cf notre étude parue en 1992 à la suite de ses « Personnalité planétaires » (Ed Grande Conjonction.- Trédaniel) mais nous pensons qu’une autre astrologie est le fait de « dieux » extra-terrestres – une Humanité supérieure – qui ont façonné, reformater notre systéme solaire en lien avec notre humanité.(cf Genése I, 1-2)?
Pour nous, les peuples se seront inventés des dieux et cela ne signifie pas que ceux-ci préexistaient à cette « création »; Mais cela n’empêche nullement qu’il ait existé aussi des dieux en amont. On aurait donc deux registres, celui d’en bas et celui d’en haut qui ne s’excluent pas mutuellement, pour autant. De même, d’ailleurs, qu’il y a des lois conçues et constitués par notre Humanité et d’autres qui relévent d’une « Sur Nature » et il importe de ne pas confondre ces plans!
jacques halbronn Réflexions autour de son texte
* L ‘ETRANGE HISTOIRE DE L’ASTROLOGIE J HALBRONN & S HUTIN ASTROLOGIE
JHB 17 05 25
vendredi 16 mai 2025
jacques halbronn L'astrologie est science du court terme et du récurrent et non du long terme et de l'exceptionnel.
jacques halbronn L'astrologie est science du court terme et du récurrent et non du long terme et de l'exceptionnel.
On commet l'erreur de croire que l'Astrologie aurait vocation à rendre compte d'événements remarquables et distants les uns des autres. Laissons ce genre de mirage aux historiens ordinaires. Quant aux astrologues du XXe siècle, encore attachés au Ciel astronomique dans toute sa splendeur, ils n'auront pas compris que l'astronomie est un matériau brut qui doit être transmuté par l'astrologie et donc considéralement décanté et élagué, ce que nous rappelle le judaisme quand il privilégie un certain jour et une certaine nuit par rapport à l'ensemble des jours et des nuits.ls n'auront pas compris que l'
Nous avons toujours éprouvé une certaine admiration face à ces astrologues qui manient, qui jonglent avec un nombre incroyable de facteurs à la manière d'un Charles Ridoux (Evolution géopolitique mondiale. Le tournant (1980-2020) Ed du Rocher 2002) se voulant "dans la lignée des travaux d'André Barbault"
L'usage même des planétes au delà de Saturne nous semble bien être le péché originel de cette astrologie "moderne". Pour nous l'astrologie est née pour éclairer les hommes depuis des millénaires et elle n'aura pas attendu la fin du XVIIIe siècle pour disposer des moyens qui lui étaient nécessaires. En tout état de cause, l'astrologie a une obligation de simplicité et c'est ce glissement vers une complexité débridée qui aura été à l'origine du métier d'astrologue, seul capable, nous dit-on, de se repérer dans un tel labyrinthe cosmique. D'ailleurs, l'informatique n'aura fait qu'aggraver la situation à telle enseigne que bien des astrologues sont impuissants sans l'aide de leur machine. On pense à l'ACB de Roger Héquet; On n'est plus du tout avec ces gens là dans l'observation directe du ciel (et encore moins avec les astres invisibles à l'oeil nu) C'est là un contre sens anthropologique de première magnitude que nous n'aurons cessé de dénoncer depuis 1976, avec en 1994, notre Astrologie selon Saturne qui n"était encore qu'une ébauche.
En ce qui concerne l'enseignement de Barbault en matière d'astrologie mondiale, on notera que son graphique confère à l'aspect d'opposition un statut allant à l'encontre de celui de la conjonction alors que ces deux aspects sont tout à fait comparables tout comme la nouvelle et la pleine lunes, dans le même axe, à l'instar des deux équinoxes et des deux solstices. Autrement dit, l'opposition de Saturne à Neptune aurait la même portée que la conjonction, ce qui donnerait des échéances tous les 18 ans et non tous les 36 ans. C'est d'ailleurs ce qu'avait laissé entendre Barbault dans la Crise Mondiale (1964) à propos de l'échéance de 1971. Mais par la suite, il préférera s'en tenir au seul retour de la Conjonction, ce qui avait l'avantage de diminuer sensiblement le nombre de rendez- vous, réduit à moins de 3 par siècle (3 fois 36 = 108 ans) ! On est loin d'une science du "court terme"! L'ouvrage de Ridoux est celui d'un littéraire, jonglant avec toutes sortes de personnages comme dans les romans et les pièces de théatre ou dans les films. Le lecteur sature très vite face à cette usine à gaz multifactorielle, diffuse et confusé ô combien. L'astrologie n'a vraiment que faire d'un tel soutien! L'informatique aura conduit l'astrologie à une impasse en faisant sauter les garde fous que sont nos aptitudes naturelles à capter une information à échelle humaine. Désormais, les astrologues sont appareillés. Pour notre part, on l'aura compris, que nous sommes en faveur d'une astrologie offrant un maximum de lisibilité commmune, accessible à toute une Société. Avec le seul calcul mental, l'astrologie septénale permet, à partir d'une date donnée de baliser tant en aval qu'en amont, de 7 ans en 7 ans, et de déterminer des périodes inversées au bout de 3 ans et demi. Un jeu d'enfants!
JHB 16 05 25
jacques halbronn Diversité des dieux, des lois, des sociétés, des peuples.
acques halbronn Diversité des dieux, des lois, des sociétés, des peuples.
Il y a divers types de lois et de dieux, les lois et les dieux émanant des sociétés et des lois et des dieux issus de la Nature ou de la SurNature. Il importe absolument de ne pas confondre ces différents niveaux, on a d'un côté des fabrications humaines en matière de lois et de dieux et de l'autre des dieux et des lois qui ne dépendent pas des sociétés humaines mais les impactent. Mais il importe également de ne pas confondre les rassemblements de population, constitués artificiellement et ceux qui, en quelque sorte, préexistent, "naturellement". Dans l'Ancien Testament, on trouve d'une part un dieu premier créateur du Ciel et de la Terre et des dieux liés à des peuples spécifiques selon la formule: tu est mon peuple et je serai ton Dieu. On admettra que chaque peuple peut générer un certain dieu avec lequel se constituera un lien exclusif.
Abordons à présent le cas de rassemblements artificiels, c'est le cas du Suffrage Universel où l'on invite à voter au même moment des populations extrémement variées spatialement à la différence des élections par circonscriptions, pour des populations bien circonscrites: Le cas de la Shoah est caractéristique de "concentration" de populations, en un espace temps donné, qui ne forment pas pour autant société. Aushwitz est le cas d'un rassemblement artificiel à la différence du génocide arménien qui visait une région bien précise, marquée par des pratiques sociales communes; JHB 16 05 25
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