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lundi 30 décembre 2024

Histoire des éditions des Pensées de Blaise Pascal

UN PROVINCIAL NOMMÉ BLAISE PASCAL Blaise Pascal : l'homme Son œuvre Autour de Blaise Pascal Repères & ressources Accueil Repères & ressources Son œuvre Les Pensées de Pascal - Introduction « Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose. Cette universalité est la plus belle » Transition de la connaissance de l'homme à Dieu (Fragment 228, Sellier) HISTOIRE DES ÉDITIONS Après la mort de Pascal, sa famille et ses amis, qui s’attendent à mieux de la part de l’auteur des Provinciales, sont déçus de ne trouver dans ses papiers que des textes inachevés, découpés d’une manière apparemment confuse. Portrait de Gilberte Pascal, femme de Florin Périer Gilberte Pascal, femme de Florin Périer (Cote : GRA N 119 1 29) Sa sœur Gilberte prend la précaution de faire transcrire plusieurs copies de ces manuscrits, tels qu’ils se trouvent dans les dossiers de Pascal. Par la suite, au XVIIIe siècle, pour éviter des pertes irrémédiables, les papiers originaux sont collés sur les feuilles d’un gros Recueil, sans souci de l’ordre des dossiers de Pascal. Après de longues discussions, un « comité éditorial » formé par les Périer, le duc de Roannez, Antoine Arnauld et Pierre Nicole décide de publier une sélection des textes les plus étoffés, quitte à les modifier et à les éclaircir par des additions, des coupures pour les fragments trop elliptiques ou trop polémiques, et des modifications destinées à s’accommoder au goût du public. En 1670 paraissent les Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autre sujets. Cette édition dite « de Port-Royal » et ses rééditions augmentées successives rencontrent un très grand succès, à tel point que les impressions contrefaites se multiplient. Les éditeurs postérieurs suivent tous le texte de Port-Royal, même lorsqu’au XVIIIe siècle, Condorcet en donne un commentaire hostile à son inspiration religieuse (1776). Même un éditeur comme l’abbé Bossut, qui publie le premier état des œuvres à peu près complètes de Pascal (1779), ne se soucie pas de remonter aux originaux, se contentant de publier quelques textes apparus dans les années précédentes. Des Pensées de Pascal, rapport Cousin Des Pensées de Pascal (Cote : A 50622) Cet état de fait dure jusqu’à ce qu’en 1842, Victor Cousin adresse un Rapport à l’Académie sur la nécessité d’établir une nouvelle édition des Pensées, conformes au manuscrit original dont on sait qu’au termes de diverses péripéties il a été déposé à la Bibliothèque de Saint-Germain-des-Près à Paris. L’entreprise est accomplie par Prosper Faugère (1844), qui révèle un nombre considérable de fragments tirés du Recueil original. Cependant, comme ce recueil, à la suite du collage des papiers, ne présente aucun ordre logique, il se contente de réunir les fragments voisins en suivant les renseignements que lui fournit la tradition. Cette édition marque le début d’une suite de publications qui tentent d’en améliorer le texte (Molinier, 1877), voire de le reproduire à la lettre (Tourneur, 1938, 1942), et d’approfondir la signification : l’une des plus riches est due à Ernest Havet (1852, 1866). Les érudits cherchent alors à reconstituer le plan de l’ouvrage que Pascal n’avait pas pu achever. Mais les tentatives sont assez peu convaincantes pour que, dans son importante édition des Œuvres complètes, Léon Brunschvicg se contente de présenter les fragments réunis par thèmes dans des chapitres qui ne prétendent nullement retrouver le plan de Pascal, mais qui proposent un important commentaire (1904-1914). C’est cette édition qui marquera nombre d’écrivains du XXe siècle, tels François Mauriac, Paul Valéry, Albert Camus et Paul Claudel. Cependant, un progrès considérable est accompli lorsque Louis Lafuma observe que si le manuscrit original fournit le texte des fragments, les deux copies (désignées aujourd’hui par les sigles C1 et C2) ont été établies en suivant strictement l’ordre dans lequel on a trouvé les dossiers de Pascal, de sorte qu’il faut combiner l’usage du manuscrit pour l’établissement de la lettre des textes, mais se régler sur les copies pour la disposition des parties. L’édition Lafuma s’appuie donc sur la copie C1, qui lui permet de distinguer des dossiers de « papiers classés », qui reflètent le classement provisoire des textes destinés à la composition de la défense de la religion chrétienne que Pascal préparait, et des « papiers non classés », qui comportent des textes qui ne sont pas nécessairement attachés à ce projet d’apologie. Plus récemment, Philippe Sellier établit une édition encore plus révélatrice en suivant l’ordre de la copie C2 : il parvient à établir une chronologie interne des papiers de Pascal, qui permet de suivre le travail de l’écrivain entre 1658 et 1662, avec ses développements et ses hésitations. C’est actuellement la meilleure édition disponible. Il faut aussi mentionner le travail réalisé par Pol Ernst qui, découpant des photographies des originaux des Pensées, en jouant avec les papiers comme avec un puzzle, est parvenu à reconstituer certains ensembles de feuillets originaux, tels qu’il étaient avant d’être découpés par Pascal. Enfin, le site en accès public publié sur internet par Gilles Proust et Dominique Descotes permet aux lecteurs de Pascal de prendre connaissance de ces progrès en proposant les images des originaux des Pensées.

jeudi 15 juin 2023

Jacques Halbronn Le différenteil de genre, du un vers le pluriel ou du pluriel vers le un

Jacques Halbronn Le dfférentiel du genre: du un vers le pluriel ou du pluriel vers le un. Nous dirons que les femmes veulent universaliser un sentiment personnel et les hommes appliquer leur griffe personnelle sur un corpus commun. Les femmes préférent être libre de leurs dires et être seules à pouvoir dire et raconter ce que les autres ignorent, n’ont pas vécu. Elles se projettent dans le futur, donc dans l’inconnu. Cela oblige les femmes à renforcer, à « booster » leur « ego », lequel est leur seule référence, faisant foi de façon à impacter autrui en créant un phénoméne d’empathie. A contrario, les hommes s’inscrivent dans le collectif, le consensus du passé – d’où une certaine pudeur à mettre en avant un témoignage personnel – le moi est haissable- et par conséquent n’ont pas eu à fortifier, à surdimensionner leur ego. Les enjeux se croisent : pour la femme, l’intrusion de la sphère privée dans l’espace public et pour l’homme, partir de qui est connu de tous pour y apporter un nouveau regard. Opposition entre l’être sauvage, animal la femme et l’être civilisé, policé l’homme Dans le face à face, la femme aura l’avantage mais à la longue, dans un espace temps plus ample, sa position ne tiendra pas car son assise est trop fragile.. Relisons Pascal “Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous ; car en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout le monde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il le veut asservir ; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes » JHB 16 06 22