vendredi 25 septembre 2026

jacques halbronn Le cas Antoine Crespin et la question de la composition des quatrains centurique. Les années 1570 et le néo-nostradamisme.

jacques halbronn Le cas Antoine Crespin et la question de la composition des quatrains centurique. Les années 1570 et le néo-nostradamisme. En 2002, nous avons publié (Ed Ramkat) les Prophéties dédiées à la puissance divine et à la nation française d'un certain Antoine Cespin" Nostradamus' (1572) à la suite de l'utilisation par Pierre Brin d'Amour (décédé en 1995) de ce même ouvrage pour son édition critique Macé Bonhomme,1555/(Droz 1996) Mais nous suivions alors une fausse piste. en pensant que Crespin aurait utilisé les Centuries sans les citer expressément.(cf pp. 55 et seq de notre étude) Nous sommes revenus en 2007 dans notre Post doctorat sur cette position et avons opté pour l'hypothèse inverse, à savoir que les faussaires auraient utilisé Crespin pour nourrir les Centuries, comme ils auraient recyclé Charles Estienne pour certains quatrains des Centuries du "second volet" ( VIII-X) ou l'Epitre de Nostradamus à Pie IV pour la Centurie VIII annonçant pour la Saint Marcelin une figure antéchristique pour 1567, tout en annonçant une échéance pour 27 ans plus tard, soit 1594/. Au départ, nous avions pensé que le texte de Crespin avait suivi de près la mort de Michel de Nostredame mais dans un second temps, il nous avait fallu situer les Centuries dans les années 1580, du temps de la Ligue (cf notre communication de 1997, Colloque Prophétes et Prophéties, Ed ENS) ce qui aurait empeché de s'en servir en 1572/ On notera que le texte de Crespin ne comporte pas de quatrains mais se présente en prose. ('cf notre communication de 2005 au Congrès des Etudes Juives, Jérusalem) en montrant que Crespin était hostile aux Juifs et que certains de ses propos se retrouvaient dans les Centuries. Aperçu IA Cette phrase est le premier vers d'un célèbre quatrain de Nostradamus, tiré de ses Centuries (plus précisément, la Centurie VIII, quatrain 38 ou parfois numéroté 53 selon les éditions originales). Voici le texte original complet de ce quatrain : Le Roy de Bloys dans Avignon regner, Une autre fois le peuple emonopolle, Dedans le Rosne par mer fera baigner, Jusques à cinq le dernier pres de Nolle." Nous avons accordé une certaine importance à l'Epitre de Nostradamus au pape Pie IV (cf notre article in RHR 1991) en montrant que ce texte avait été remplacé par la suite par une Epitre à Henri II parue en 1556, en tête des Présages Merveilleux pour 1557, reproduite dans nos Documents Inexploités (cf supra), notre argument se fondait sur certains quatrains de la Centurie VIII qui recoupaient des passages de la dite Epitre. De même, dans notre post doctorat de 2007 avions nous montré que certaines prédictions en prose des almanachs annuels de l'auteur avaient été transmutés en quatrains/ Rappelons que Chantal Liaroutzos (in RHR) avait montré que certains quatrains avaient été composés à partir de la Guide des Chemins de France de Charles Estienne. Nous avons montré que le quatrain se référant à Chartres avait été retouché à la veille du sacré d'Henri IV en 1594, puisque la source comporte Chastres et non Chartres. C'est dire que le texte centurique évolue et dépasse le cadre de la vie de Michel de Nostredame Lui attribuer un tel subterfuge nous semblait aussi diffamatoire qu'anachronique et convenait plutôt à la besogne de versificateurs stipendiés par des éditeurs, toujours à la merci d'un plagiat, par paresse. Il apparait , au vu des sondages, que les recoupements entre les éditions centuriques et les passages des Prophéties dédiées à la Puissance Divine, ne concernent que l'édition Mac Bonhomme 1555 à 353 quatrains, que cela ne vaut pas pour les éditions suivantes, à 7 (1557) et à 10 centuries.(1568). Crespin aurait -il donc servi pour la constitution d'un premier jeu de centuries si l'on exclue qu'il aurait repris les dites Centuries au sein des dites Prophéties ou bien aurait-il converti des quatrains en prose pour son édition de 1572? Nous avons montré dans une précédente étude que certains textes en prose des almanachs de Nostradamus auraient servi pour produire les quatrains "pré-centuriques" annuels des Almanachs. . Y aurait-il eu un mouvement dans les deux directions? En 1997 (un an après la publication de l'édition critique de Brind'amour), dans notre communication au Colloque Prophétes et prophéties, nous avions montré que le quatrain IV 46, faisant donc partie de l'édition de 1555 ne pouvait s'expliquer que par des événements contemporains de la ligue, point d'histoire qui avait échappé au chercheur québécois. En 2011, 14 ans plus tard, il arrivera le même désaveu à Patrice Guinard avec notre publication dans la Revue Française d'Histoire du Livre, surclassant son dossier Nostradamus de 2008 dans la même revue (n°129es éditions de Nostradamus : P. GUINARD, Historique des éditions des « Prophéties » (1555-1615)" En astrologie septénale, 1997 et 2011 correspondent au passage d'une phase DEMOS à une phase THEOS, c'est à dire à un surclassement, à un dépassement de chercheurs de moindre envergure. Brind'amour se réfère à l'auteur "inconnu de l'Eclaircissement de 1656 (p. XXVII et LXX)dont nous montrerons en 2007 qu'il s'agissait du domicicain Giffré de Réchac. Venons en justement à notre mémoire de 2007 (pp 535 et seq) avec un développement intitulé " Crespin, de la prose aux quatrains" autour de l'adresse A M. le Chevalier de Scure" , laquelle se retrouve par fragments au sein de cinq quatrains, quatre de la IXe centurie et un de la troisiéme. On ajoutera que la fin de la dite adresse ne se retrouve dans aucun quatrain des Centuries" Nous notions :" La thèse habituelle, défendue notamment par P. Brind'amour voudrair que ce fût Crespin qui eût compoé cette adresse en compilant cinq quatrains. La thèse inverse soutient que ce sont ceux qui ont réalisé les quatrains qui ont "pillé" Crespin et pour brouiller les pistes réparti les matériaux à tous vents. Etudions cette adresse qualifié de "composite": "Si fort horrible que jeunes, vieux & bestes, les ennemis du fort bien, éloignez le grand de Bloys son ami tuera, que les Jugeants fuir seront contraints premiers en bresche entrez victoire auront de la masque marquée" (cf notre reprint in Documents inexploités , p;221 Pour notre part, nous concluions dans le dit post doc (p. 537): 'En ce qui concerne Crespin,on peut le considérer comme une source de Centuries et quand il existe une variante entre tel passage de Crespin et tel quatrain canonique, l'on est en droit , selon nous, de supposer que la version Crespin est préférable. Il reste alors à examiner si le matériau crespinien fut corrompu dans les premières éditions centuriques ou bien s'il existe des éditions plus fidéles à l'original crespinien que d'autres" Il convient de situer le présent exposé dans le cadre de nos travaux sur le "néonostradamisme" qui prospère dans les années 1570, décennie, succédant au décés en 1566 de Michel de Nostredame qui englobe les Prophéties de Crespin IA L'historien et chercheur Jacques Halbronn a développé une thèse critique majeure sur le corpus de Nostradamus, largement diffusée et documentée sur la plateforme spécialisée propheties.it. Au cœur de ses recherches se trouve la déconstruction des contrefaçons et des usurpations d'identité qui ont entouré l'œuvre du célèbre astrologue. La thèse de Jacques Halbronn sur les faussaires Dans sa thèse de doctorat et ses nombreux articles publiés sur propheties.it, Jacques Halbronn soutient que les éditions anciennes des Prophéties (les Centuries) sont des faux antidatés. Selon lui, ces textes n'ont pas été rédigés par Michel de Nostredame de son vivant, mais ont été fabriqués bien plus tard par des faussaires à l'époque de la Ligue pour servir de propagande politique. Il distingue rigoureusement : Les Prédictions : Les almanachs annuels authentiques rédigés en prose par Nostradamus. Les Prophéties : Le recueil de quatrains centuriques, qu'il considère comme une production apocryphe ultérieure. Le cas de « Mi. de Nostradamus le Jeune » L'un des axes de recherche partagés sur le site concerne l'identification d'un usurpateur littéraire. L'enquête bibliographique (menée notamment avec le chercheur Robert Benazra) met en lumière la trajectoire de ce personnage : De 1564 à 1568 : Du vivant de Nostradamus puis juste après sa mort, cet auteur publie des Pronostications sous la signature ambiguë de « Mi. de Nostradamus ». Après la mort du maître : Il récidive en signant ses ouvrages sous le nom de « Michel Nostradamus le Jeune » ou « Mi. de Nostradamus le jeune » (notamment pour des publications en 1571, 1574 et 1575). Ce procédé visait à entretenir la confusion chez les lecteurs de l'époque en faisant croire à une filiation directe ou à une passation de relais éditoriale, capitalisant ainsi sur la ferveur prophétique de la fin du XVIe siècle. Les publications textuelles intégrales de ces recherches et les analyses chronologiques des éditions sont consultables dans les sections d'archives de propheties.it. " JHB 25 09 26

Aucun commentaire: